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Guantanamo

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Guantanamo

Message  ivo le Sam 10 Avr - 10:22

AFP, Mise a jour : 09/04/2010 23:26
Guantanamo: Bush savait que la plupart des détenus étaient innocents

L'ex-président américain George Bush savait que la majorité des détenus de la prison de Guantanamo étaient innocents mais les a maintenus en détention pour des raisons politiques, affirme l'ex-bras droit de Colin Powell dans un document dont l'AFP s'est procuré copie vendredi.

Lawrence Wilkerson, directeur de cabinet de l'ancien secrétaire d'Etat américain entre 2002 et 2005, raconte dans une déclaration jointe à la plainte d'un ancien prisonnier de Guantanamo comment il a découvert que les détenus de Guantanamo avaient en majorité été arrêtés par erreur.

Dans cette déclaration datée du 24 mars et révélée par le quotidien britannique The Times vendredi, M. Wilkerson affirme que l'ancien vice-président Dick Cheney et l'ex-secrétaire à la Défense Donald Rumsfeld savaient que la majorité des personnes détenues en 2002 sur la base étaient innocentes mais qu'il était "impossible politiquement de les relâcher".

"J'ai parlé au secrétaire Powell des détenus de Guantanamo. J'ai appris qu'il était d'avis que ce n'était pas seulement le vice-président Cheney et le secrétaire Rumsfeld, mais également le président Bush qui était impliqué dans tout le processus de décision concernant Guantanamo", écrit-il.

Parmi les 742 détenus que le camp de détention accueillait en 2002, "la plupart n'avaient pas été arrêtés par les forces américaines" mais vendus 5.000 dollars par tête aux Etats-Unis, assure M. Wilkerson.

En revanche, "aucun élément à charge n'accompagnait le prisonnier" et "il n'y avait pas vraiment de moyen de savoir pour quelle raison il avait été arrêté au départ".

La déclaration du colonel a reçu l'appui du général Powell, qui a quitté l'administration Bush en 2005, selon le Times.

MM. Cheney et Rumsfeld ne voulaient pas relâcher les "innocents" car cela aurait "révélé la confusion incroyable" qui entourait les conditions de détention à Guantanamo, ajoute-t-il. Le maintien "d'innocents se morfondant à Guantanamo pendant des années était justifié par la guerre contre le terrorisme et le petit nombre de terroristes responsables des attentats du 11 septembre 2001".

M. Wilkerson raconte également combien M. Powell était soucieux de constater que certains détenus de Guantanamo avaient été arrêtés "à 12 ou 13 ans", ou "à 92 ou 93 ans".

Cette déclaration a été produite en soutien à la plainte pour torture et mauvais traitements que Adel Hassan Hamad, un Soudanais détenu à Guantanamo de 2003 à 2007, a déposé devant un tribunal fédéral dW Washington.

Sa plainte en Habeas corpus (contestation du bien-fondé de sa détention), ainsi que celle de 104 autres anciens détenus de Guantanamo, a été rejetée au début du mois par un juge de la capitale fédérale américaine. Il a estimé que les hommes ayant été relâchés, leur action en justice s'éteignait.

Barack Obama, le successeur de George Bush, a ordonné la fermeture de la prison sur la base américaine à Cuba mais il n'a pas pu tenir son engagement en raison du casse-tête politique, judiciaire et humanitaire que cela représente.

Environ 180 personnes sont encore détenues à Guantanamo.
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Re: Guantanamo

Message  niouze le Sam 10 Avr - 11:30

même pas étonner!!!!

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Re: Guantanamo

Message  ivo le Lun 25 Avr - 11:54

WikiLeaks : A Guantanamo, des adolescents victimes de machinations
http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/article/2011/04/25/wikileaks-a-guantanamo-des-adolescents-victimes-de-machinations_1512383_1446239.html


Sur les 779 détenus qui ont séjourné à Guantanamo, plusieurs dizaines étaient encore adolescents à leur arrivée. Les rapports d'interrogatoire révélés par WikiLeaks et consultés par Le Monde révèlent que beaucoup de ces jeunes ne comprenaient pas ce qu'ils faisaient là, et que dans certains cas, leurs interrogateurs étaient du même avis.

Lorsque Mohammed Omar est transféré à Guantanamo en juillet 2002, il déclare avoir 15 ou 16ans – il n'est pas très sûr. Peu après, les autorités du camp lui font subir des examens radiologiques pour déterminer sa densité osseuse, et donc son âge réel. Les médecins affirment qu'il a achevé sa croissance, ce qui fait de lui "un adulte au sens anatomique", et calculent qu'il avait sans doute 16 ans et 9 mois à son arrivée.

Patiemment, les interrogateurs ont reconstitué son histoire. Né au Pakistan, Mohammed Omar a été envoyé en Afghanistan fin 2001 par un de ses camarades de classe, qui lui avait simplement parlé d'un séjour dans une école d'arts martiaux. Une fois sur place, Mohammed se retrouve interné dans un camp d'entraînement militaire taliban. En fait, il ne reçoit aucune formation, car dès son arrivée, la zone est bombardée en permanence par l'aviation américaine. Il décide alors de s'enfuir pour rentrer au Pakistan. En chemin, il est pris en charge par des Afghans qui prétendent l'aider, mais qui le font prisonnier et le livrent aux Américains.

Il reste incarcéré en Afghanistan pendant six mois, puis il est envoyé à Guantanamo, à cause de sa connaissance supposée du fonctionnement du fameux camp d'entraînement.

Dès juillet 2003, les interrogateurs américains estiment qu'il doit être libéré, car il ne détient aucun renseignement utile, n'est "ni membre d'Al-Qaida ni chef taliban" et n'a "jamais exprimé de pensées violentes ni de menaces envers les Etats-Unis". Il ne connaît même pas la signification du mot "djihad". Pourtant, Mohammed ne sera renvoyé dans son pays qu'un an et demi plus tard, à cause des pesanteurs bureaucratiques et des allers-retours de son dossier entre Guantanamo et le CITF – Criminal Investigative Task Force, la commission d'enquête criminelle du Pentagone.

UN TON PRESQUE COMPASSIONNEL

Dans les rapports, les récits similaires se succèdent. Lorsque les interrogateurs racontent les mésaventures de certains jeunes détenus, ils adoptent parfois un ton presque compassionnel. Naqib Ullah, originaire d'un petit village afghan, n'a que 14 ans quand il arrive à Guantanamo en janvier 2003. Au fil des interrogatoires, on découvre que le jeune garçon a d'abord été kidnappé par une bande d'une douzaine d'hommes, qui l'ont violé sous la menace d'une arme, puis l'ont obligé à travailler pour eux.

Quand des soldats américains s'approchent du camp où Naqib est prisonnier, ses ravisseurs lui donnent un fusil et lui ordonnent de se battre contre les assaillants, puis ils s'enfuient. L'adolescent est capturé alors qu'il tient à la main une arme n'ayant jamais servi. Il est quand même envoyé à Guantanamo, car "il a peut-être connaissance des actions de résistance des talibans locaux et de leurs leaders".

Après huit mois d'interrogatoire, les auteurs du rapport en arrivent à la conclusion que Naqib détient peut-être quelques renseignements intéressants, mais qu'il n'a jamais été un "combattant ennemi", loin de là. Ils le classent officiellement dans la catégorie des "victimes d'enlèvement et enrôlés de force".

Il faut donc avant tout "retirer ce garçon de son environnement actuel, et lui donner une chance de s'affranchir de l'extrémisme auquel il a été soumis, puis de devenir un membre productif de sa société". Ils recommandent de le confier à une association caritative, le temps qu'il se reconstruise. En fait, Naqib sera renvoyé en Afghanistan après un an de détention.

UNE SÉRIE DE MÉPRISES ET D'INCOMPÉTENCES

Dans certains cas, les interrogateurs semblent convaincus que des adolescents afghans ont été raflés au hasard dans le chaos de la guerre et envoyés à Guantanamo à la suite d'une série de méprises et d'incompétences.

Fin 2001, Mohammed Ismail, âgé de 14 ans, errait de village en village, avec un oncle et un cousin, dans l'espoir de trouver du travail sur un chantier. Un jour, près d'un canal d'irrigation en construction, il rencontre un soldat, qui lui propose de travailler pour les talibans, mais il s'agissait d'une ruse : dès qu'il accepte, il est livré à un commandant antitaliban, qui l'emprisonne. Croyant naïvement obtenir sa libération s'il passe aux aveux, il se dénonce comme taliban. Il est aussitôt interné dans un camp américain, puis transféré à Guantanamo.

Dès juin 2003, les interrogateurs recommandent sa libération, car son transfert à Guantanamo ne repose sur aucune raison sérieuse. Mais un mois plus tard, le CITF décide de son maintien en détention, car "son cas n'a pas été entièrement évalué". Il sera finalement relâché début 2004.

De même, Hezbullah Abd Jalil Andar, un paysan de 18 ans, réquisitionné dans son champ de luzerne par des soldats américains qui avaient besoin d'un guide, a ensuite été confondu avec un prisonnier par une unité de la police militaire venant d'arriver sur les lieux. Apparemment, la décision de l'envoyer à Guantanamo ne repose sur aucun élément précis.

Parfois, les enquêteurs croient même deviner que quelques-uns des jeunes échoués à Guantanamo ont été victimes d'une machination : des talibans, auteurs d'attaques contre des soldats de la coalition, auraient ensuite réussi à se faire passer auprès des Américains pour des miliciens proches de l'Alliance du Nord. Puis, afin de détourner les soupçons, ils leur auraient livré des jeunes pris au hasard, affirmant qu'il s'agissait des coupables.

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Mohammed Sadiq, 89 ans, disculpé par les interrogateurs
Quand Mohammed Sadiq arrive en mai 2002 en provenance d'Afghanistan, il a 89 ans et souffre d'un cancer de la prostate, de sénilité avancée, de dépression aiguë et d'ostéoarthrite.
M. Sadiq fut arrêté dans son village par des soldats américains, après avoir été dénoncé par un garçon du voisinage, âgé de 13 ans, qui prétendait avoir trouvé chez lui un téléphone satellite ainsi que des "listes de numéros et de documents suspects". En réalité, selon les interrogateurs, M. Sadiq ne savait pas se servir du téléphone, qui appartenait peut-être à un autre habitant du village. Une fois à Guantanamo, il est soumis à un détecteur de mensonge, qui ne révèle rien de particulier. Les renseignements obtenus lors de ses nombreux interrogatoires ont été classés "sans valeur et tactiquement inexploitables". "En juin 2002, les enquêteurs recommandent son rapatriement, qui aura lieu quatre mois plus tard."
A lire également dans "Le Monde" daté 26 avril
- "Le dossier Guantanamo", par Sylvie Kauffmann. Le Monde a eu accès, par WikiLeaks, aux fichiers de quelque 750 détenus soupçonnés de terrorisme. Ils donnent une vision inédite d'un système en perdition.
- "Procédures d'exception et censure", par Corine Lesnes
- "Arrêté par malchance, détenu par erreur", par Corine Lesnes. Le cas d’Abdul Majid Muhammed, Iranien catholique, illustre l’arbitraire des arrestations et des procédures.
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Mar 26 Avr - 11:44

Wikileaks : Des enfants-soldats devenus enfants-prisonniers
http://www.lemonde.fr/documents-wikileaks/article/2011/04/26/wikileaks-des-enfants-soldats-devenus-enfants-prisonniers_1512813_1446239.html


Prisonniers du camp X-Ray de Guantanamo, en janvier 2002.AFP/SHANE T. MCCOY

Les rapports d'évaluation rédigés par les interrogateurs de Guantanamo et révélés par WikiLeaks montrent que parmi les dizaines de détenus arrivés à Guantanamo alors qu'ils étaient encore mineurs, beaucoup ont directement été classés dans la catégorie des "combattants ennemis", et donc traités comme des adultes et maintenus en détention indéfiniment.

Cette attitude est conforme à la tradition judiciaire américaine : jusqu'en 2010, dans divers Etats, un criminel de moins de 16 ans pouvait être condamné à la prison à perpétuité sans possibilité de libération anticipée, même s'il n'avait tué personne. Cette pratique a été interdite en 2010 par la Cour suprême, mais les mineurs coupables de meurtre ne sont pas concernés par cette décision. En 2011, ils sont près de 2500 dans les prisons américaines.

Parfois, les interrogateurs de Guantanamo ne possèdent ni preuves ni aveux, mais en se basant sur des déclarations contradictoires ou des dénonciations d'autres prisonniers, ils en déduisent que le jeune détenu ment, ou dissimule une partie de sa vie. Il est alors considéré comme "faisant preuve de duplicité lors des interrogatoires". A elle seule, cette qualification peut justifier le maintien indéfini à Guantanamo.

Certains adolescents reconnaissent volontiers avoir combattu les forces de la coalition en Afghanistan, et travaillé pour les talibans ou Al-Qaida. Les interrogateurs apprécient leur franchise, tout en refusant de considérer leur jeune âge comme une circonstance atténuante, même s'ils reconnaissent que dans les communautés où ces garçons ont grandi, l'obéissance aux aînés est la seule conduite imaginable.

UNE VINGTAINE DE "TEENAGERS"

En avril, sur les 172 détenus encore enfermés à Guantanamo, une vingtaine étaient des "teenagers" à leur arrivée. Le plus jeune s'appelle Omar Ahmed Kadr, citoyen canadien d'origine pakistanaise, né à Toronto en septembre 1986. Les interrogateurs se sont longuement penchés sur son cas. Selon eux, Omar est issu d'une famille d'islamistes "proches d'Oussama Ben Laden".

Quand il est envoyé en Afghanistan en juin2002 pour se battre contre les Etats-Unis, il a 15 ans et demi. Il participe aux combats pendant quelques semaines, mais dès juillet, il est blessé et fait prisonnier. Sans fournir de preuve formelle, les Américains l'accusent d'avoir jeté une grenade qui aurait causé la mort d'un de leurs soldats. Il est transféré à Guantanamo en octobre 2002, peu après son 16e anniversaire, "à cause de son rôle dans la mort du soldat et de son affiliation à Al-Qaida".

En 2004, les interrogateurs notent qu'Omar est un garçon intelligent et instruit, "qui comprend la gravité de ses actes et de ses affiliations", et qui a souvent été "coopératif et sincère". Mais ils relèvent aussi des points négatifs: "il n'a jamais exprimé de remords sincère pour le meurtre du soldat", il devient "de plus en plus hostile envers ses interrogateurs et ses gardiens", et reste fidèle "à ses valeurs islamistes extrémistes".

En 2010, Omar Kadr est jugé comme un adulte, malgré les protestations de nombreuses organisations, dont l'ONU et l'Unicef. Pour éviter de purger une condamnation à quarante ans de prison, il plaide coupable de "meurtre et tentative de meurtre en violation des lois de la guerre, conspiration, soutien matériel à une entreprise terroriste et espionnage". Il pourrait être rapatrié au Canada prochainement, mais vu le peu d'empressement du gouvernement canadien pour le récupérer, il est possible qu'en septembre 2011 il fête son vingt-cinquième anniversaire à Guantanamo.

Dans son malheur, Omar a un atout: grâce à sa nationalité canadienne, son cas a été très médiatisé en Amérique du Nord. D'autres jeunes détenus sont moins connus, et leurs chances de s'en sortir encore plus minces.

SOURCE POTENTIELLE "DE HAUTE VALEUR

C'est le cas de Hassan Ali ben Attash, né en 1985 en Arabie saoudite d'un père yéménite. Il aurait lui aussi grandi dans une famille de militants proches d'Al-Qaida. Lorsqu'il est envoyé dans un camp d'entraînement afghan en 1997, il a à peine 13 ans. Dès lors, il mène la vie mouvementée des activistes clandestins. Il voyage entre l'Afghanistan, le Pakistan et l'Arabie saoudite, toujours sous le contrôle de ses frères aînés ou de militants plus âgés.

Arrêté au Pakistan en septembre 2002, Hassan Ali ben Attash est livré aux Américains qui le transfèrent en Jordanie, où il restera seize mois et où il affirme avoir été torturé, puis à Guantanamo. Selon le rapport d'évaluation datant de 2008, il serait un expert en explosifs. Entre 1997 et 2002, il aurait "eu connaissance" de la préparation de plusieurs attentats, et d'un projet avorté d'attaque de pétroliers dans le détroit d'Ormuz. Circonstance aggravante, il aurait rencontré Oussama Ben Laden et lui aurait juré fidélité lors d'une cérémonie.

Oubliant qu'au moment des faits il avait entre 13 et 17 ans, les Américains le considèrent comme un combattant aguerri, et même comme un décideur. En 2008, ils continuent à voir en lui une source potentielle "de haute valeur". Ils affirment que s'il était libéré, il constituerait un "risque élevé pour les Etats-Unis et leurs intérêts". A la même époque, son père était en prison en Arabie saoudite, deux de ses frères avaient été tués au combat en Afghanistan, un troisième était en prison au Yémen, et un quatrième était comme lui à Guantanamo. En avril2011, il était toujours incarcéré.

DIFFICULTÉS À ÉVALUER LA VALEUR DU DÉTENU

Parfois, des confusions sur la date de naissance rendent les rapports un peu irréels. Selon un document de mai 2008, Mohammed El-Gharani serait né en Arabie saoudite de parents tchadiens en 1981. Arrêté au Pakistan fin 2001, il est remis aux autorités américaines début 2002.

Puis les enquêteurs énumèrent une liste impressionnante d'activités terroristes: M.El-Gharani aurait appartenu à une cellule d'Al-Qaida basée à Londres, puis transporté des messages et du matériel dans plusieurs pays, participé à la préparation d'attentats-suicides, combattu à Tora Bora aux côtés des talibans…

Incidemment, les interrogateurs reconnaissent qu'ils ont du mal à évaluer la valeur du détenu en termes de renseignement, "à cause du manque de détails fournis dans ses déclarations, et d'une information provenant d'une seule source, qui n'a pas été corroborée".

Or, d'autres services de renseignement américains, ainsi que divers observateurs extérieurs, estiment qu'il serait né en 1986 ou 1987: il aurait donc mené toutes ces activités et exercé toutes ces responsabilités entre 13 et 16 ans… M.El-Gharani a toujours nié ces accusations.

En janvier 2009, un juge américain décide de le faire libérer, contre l'avis des interrogateurs de Guantanamo, car les principales charges contre lui reposaient sur des dénonciations de détenus dont la crédibilité était remise en cause par les enquêteurs eux-mêmes. Il est transféré au Tchad cinq mois plus tard, après sept ans et demi de détention.

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Re: Guantanamo

Message  ivo le Jeu 23 Fév - 12:55

Un détenu de Guantanamo accepte de témoigner contre d'autres détenus
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2012/02/23/un-detenu-de-guantanamo-accepte-de-temoigner-contre-d-autres-detenus_1647074_3222.html


Un détenu pakistanais de Guantanamo a passé un accord avec les procureurs militaires qui le conduirait à témoigner comme cerveau présumé des attentats du 11-Septembre, en échange d'une réduction de peine, indique le Washington Post.
Majid Shoukat Khan, 31 ans, détenu depuis 2006 dans la prison américaine située à Cuba, doit être formellement accusé la semaine prochaine à Guantanamo, notamment pour tentative d'assassinat contre l'ancien président du Pakistan Pervez Musharraf. Il encourt la prison à perpétuité. Détenu depuis près de neuf ans dans la prison militaire de Guantanamo, il dément toute implication dans des attentats. Lors d'une audience à Guantanamo en 2007, il avait déclaré que sa connaissance d'Al-Qaida se limitait à ce qu'il apprenait "en regardant trop Fox News".

DÉTENU "DE HAUTE VALEUR"

Khan fait partie des 14 prisonniers "de haute valeur" détenus à l'isolement et dans des conditions de très haute sécurité à Guantanamo, selon un document de la prison de Guantanamo. C'est le premier accord passé avec un détenu "de haute valeur" qui a été incarcéré dans une prison secrète de la CIA avant d'être transféré à Guantanamo, estime le Washington Post.

Cet accord passé avec les procureurs militaires pourrait lui rendre sa liberté s'il témoigne dans les procès d'autres prisonniers, selon le Washington Post qui cite des responsables sous couvert de l'anonymat. "M. Khan a le droit de passer tous les accords qu'il souhaite avec la justice", a déclaré Todd Breasseale, porte-parole du Pentagone. Il a ajouté que "la seule chose qu'il puisse confirmer est la lecture de son acte d'accusation mercredi" 29 février. Son avocat civil, Jonathan Dixon, a indiqué qu'il ne pouvait "ni confirmer ni démentir" cet accord, déclinant tout commentaire sur ce dossier.

Selon le Washington Post, M. Khan aurait accepté de témoigner devant des tribunaux militaires d'exception au cours des quatre prochaines années et pourrait alors être transféré au Pakistan. Les procès de six détenus passibles de la peine de mort devraient se tenir dans les quatre ans qui viennent devant la justice militaire : ceux d'Abd-Al-Rahim Nachiri, le cerveau présumé de l'attentat contre le navire américain USS Cole, et des cinq accusés des attentats du 11-Septembre, dont leur cerveau présumé Khaled Cheikh Mohammed.

Ces derniers jours, Khan aurait été extrait du camp VII où sont incarcérés ces prisonniers de "haute valeur" en vue de sa comparution la semaine prochaine où il plaidera coupable, ont ajouté les sources du Washington Post. Khan a été inculpé de "complot, assassinat et tentative d'assassinat en violation des loi de la guerre, soutien matériel à une entreprise terroriste et espionnage".

Le Pakistanais, qui a vécu aux Etats-Unis de 1996 à 2002 avant d'être arrêté en 2003 au Pakistan, est accusé d'avoir comploté avec Khaled Cheikh Mohammed, le cerveau présumé des attentats du 11 septembre 2001, pour préparer l'explosion de réservoirs d'essence dans des stations-services aux Etats-Unis. Il est soupçonné d'avoir, sous la direction de ce compatriote, enregistré une "vidéo martyr" et attendu le président pakistanais Pervez Musharraf dans une mosquée dans le but de l'assassiner.

Il est également poursuivi pour avoir livré une somme de 50 000 dollars de fonds attribués à Al-Qaida à des membres de l'organisation à Jakarta, des fonds qui, selon le texte du Pentagone, auraient servi à un attentat à la bombe contre un hôtel Marriott de la capitale indonésienne en août 2003 faisant 11 morts.


c'est quoi ce délire encore ?? ......
elles sont magnifiques les "démocraties" occidentales .....
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Mar 16 Oct - 10:27

A Guantanamo, le cerveau du 11-Septembre dénonce un tribunal sans "justice"
http://www.liberation.fr/depeches/2012/10/16/guantanamo-les-accuses-du-11-septembre-de-nouveau-devant-la-justice-militaire_853376

Croquis d'audience de Janet Hamlin représentant le Pakistanais Khaled Cheikh Mohammed, l'un des accusés des attentats du 11-Septembre, comparaissant devant la justice militaire à Guantanamo, le 15 octobre 2012 (Photo AFP/Janet Hamlin. AFP)

Les accusés du 11-Septembre sont sortis de leur mutisme lundi pour leur retour devant la justice militaire d'exception à Guantanamo, le cerveau des attentats dénonçant d'emblée un tribunal sans "justice".

Cette audience de cinq jours vise à préparer le procès qui ne devrait pas s'ouvrir avant un an à Guantanamo, après onze années de rebondissements depuis les attentats et la vaine tentative de l'administration de Barack Obama de l'organiser devant un tribunal de Manhattan.

"Je ne pense pas qu'il y ait une quelconque justice dans ce tribunal", a dénoncé Khaled Cheikh Mohammed, qui a revendiqué les attaques "de A à Z".

Vêtu d'une tunique blanche, coiffé d'un turban et portant une épaisse barbe teinte au henné, M. Mohammed, alias KSM pour ses initiales en anglais, répondait aux questions du juge militaire, sur ses droits à se soustraire aux débats.

Assis sans entrave sur des bancs séparés, mais chuchotant de temps en temps entre eux pendant les cinq heures d'audience, ses co-accusés, les Yéménites Walid Ben Attach et Ramzi ben al-Chaïba, le Saoudien Moustapha al-Houssaoui et le Pakistanais Ammar al-Baluchi étaient vêtus de tuniques traditionnelles et de turbans ou coiffes blanches sur la tête.

L'un d'eux a déroulé son tapis de prière pendant une suspension d'audience, pendant que neuf proches des victimes des attentats assistaient à la scène derrière une paroi vitrée.

Ces détenus "de grande valeur", incarcérés à Guantanamo dans des conditions d'extrême sécurité, ont marqué leur première apparition devant la justice en cinq mois par une participation plus active que lors de la lecture de l'acte d'accusation le 5 mai.

Après une tentative avortée de les juger en 2008, KSM et ses acolytes avaient alors défié le juge James Pohl par leur refus obstiné de répondre aux questions.

"torture"

"En mai, ils étaient en résistance pacifique, aujourd'hui ils ont participé mais cela ne signifie pas qu'ils reconnaissent la légitimité de ce tribunal", a déclaré à la presse James Connell, avocat de M. Baluchi.

KSM, 47 ans, qui a fait des études aux Etats-Unis et parle couramment l'anglais, a choisi de répondre en arabe lundi, à la différence de son neveu M. al-Baluchi.

Ce dernier, également appelé Ali Abdoul Aziz Ali, a répondu avec humour qu'il "ferait en sorte de laisser des notes" dans sa cellule de Guantanamo, lorsque le juge lui demandait s'il comprenait que la procédure le concernant se poursuivrait en cas d'évasion de la prison.

"S'échapper de prison?", a demandé, l'air perplexe, M. al-Chaïba, également en anglais.

Barbe noire et lunettes, le Saoudien Houssaoui, accusé d'être le financier du complot du 11-Septembre, a pour sa part précisé avoir été prévenu de l'audience "une heure avant de partir".

Accédant à une demande de la défense, le juge a autorisé les accusés à ne pas assister aux débats, et ce dès mardi. M. Houssaoui devrait être absent du tribunal mardi, a indiqué son avocat.

Le procureur Mark Martins, qui y était farouchement opposé, a soutenu qu'"aucun tribunal n'a reconnu le droit d'être absent".

Le colonel Pohl a pris cette décision après un bref bras de fer avec un avocat qui désirait "parler de la torture" endurée par les accusés pendant quatre ans et demi.

Le capitaine Michael Schwartz, défenseur militaire de M. Ben Attach, un proche d'Oussama ben Laden qui dirigeait le camp d'entraînement d'Afghanistan où deux des pirates de l'air ont été formés, a estimé qu'il fallait parler des "intimidations physiques et émotionnelles" pour décider de leur présence ou absence au tribunal. Mais le juge a refusé d'entendre "un argument sans fondement".

Avec 11 des 25 recours consacrés à la censure, l'audience se poursuivra mardi sur le secret que le gouvernement veut maintenir sur les déclarations des accusés, en raison de mauvais traitements assimilés à de la torture qu'ils ont subis dans des prisons de la CIA.

Le gouvernement invoque la sécurité nationale tandis que la défense, soutenue par 14 médias et l'association de défense des libertés civiles Aclu, demande la publicité et la transparence des débats.
ouhhhh .... ça va etre un joli "proces" ça ...
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Jeu 28 Mar - 13:14

La Maison Blanche s'inquiète du nombre de grévistes de la faim à Guantanamo
Le nombre de grévistes de la faim augmente dans la prison américaine de Guantanamo. Un mouvement débuté au mois de février qui inquiète la Maison Blanche qui a réitéré son souhait de fermer ce centre de détention. Une délégation du Comité international de la Croix-Rouge est venue contrôler les conditions de vie et de détention des 166 prisonniers.
>>>
http://www.franceinfo.fr/monde/la-maison-blanche-s-inquiete-du-nombre-de-grevistes-de-la-faim-a-guantanamo-933211-2013-03-28
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Lun 29 Avr - 9:19

Guantanamo : grève de la faim massive et "gavage de force"
10 commentaires
Dans le camp de détention de la base navale américaine de la baie de Guantanamo, la grève de la faim commencée il y a trois mois concerne désormais une majorité de détenus, une centaine sur 166. L'Association médicale américaine et le Comité international de la Croix rouge critiquent l'alimentation de force de ces prisonniers
>>>
http://www.franceinfo.fr/monde/greve-de-la-faim-massive-a-guantanamo-les-associations-denoncent-un-gavage-968513-2013-04-28
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Mar 30 Avr - 8:56

Renforts médicaux à Guantanamo pour surveiller de près les grévistes de la faim
Les autorités militaires américaines ont annoncé le 29 avril l’arrivée de renforts médicaux à la prison de Guantanamo, touchée par une grève de la faim dont l’ampleur fait craindre le pire. Alors que la grève de la faim entrait lundi dans sa 12e semaine et son 83e jour, de plus en plus de voix lancent un cri d'alarme pour que le président Barack Obama honore sa promesse de fermer la prison controversée, où 166 détenus sont toujours enfermés, la plupart sans charge ni procès.
>>>
http://www.rfi.fr/ameriques/20130430-renforts-medicaux-guantanamo-surveiller-pres-grevistes-faim

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Re: Guantanamo

Message  ivo le Jeu 9 Mai - 10:51

Guantanamo : comment créer des zombies en prison
http://www.mondialisation.ca/guantanamo-comment-creer-des-zombies-en-prison/5332011
Pourquoi agrandir quelque chose qui n’est pas censé exister ?

Le quelque chose en question est la prison américaine de la baie de Guantanamo, pour laquelle le Pentagone a récemment demandé un financement supplémentaire de 49 millions de dollars. Malgré la promesse faite par Obama en 2009 – l’une de ses premières promesses en tant que président – de fermer ” Gitmo “, il est évident que les États-Unis n’ont aucune intention de le faire dans un avenir proche. En fait, la seule fermeture effectuée par l’administration Obama a été celle du bureau du représentant spécial, Daniel Fried, chargé de démanteler Guantanamo. Le département d’État américain a assigné fin janvier d’autres fonctions à Fried, qui ne sera pas remplacé.

Comment mieux commémorer cette décision que par l’expansion des camps pénitentiaires ? Le nouvel établissement, auquel seront consacrés ces fonds supplémentaires, hébergera 106 prisonniers (le nombre exact est incertain), qui n’auront été ni jugés, ni inculpés.

Huit d’entre eux ont entamé leur deuxième mois d’une grève de la faim. Selon le porte-parole du commandement Sud, qui supervise Guantanamo, les grévistes sont désillusionnés parce qu’ils avaient cru à la promesse d’Obama de fermer Gitmo. Ils sont en fait libérables et ce n’est que l’incapacité d’Obama de tenir parole – et l’incapacité du Congrès américain de légiférer sur leur transfert – qui les maintient en détention. Ils ont donc le sentiment aujourd’hui que le seul moyen d’attirer l’attention de l’opinion publique internationale est d’entreprendre une ” action dramatique “.

L’une des raisons pour laquelle le Pentagone doit construire une nouvelle installation coûteuse tient au rôle que jouent les sociétés militaires privées dans la politique pénitentiaire. A Guantanamo, ce sont des contractants privés qui sont aux commandes. Ils partagent la signalisation avec les unités militaires, sont mieux logés que les soldats, gèrent les cantines et importent les travailleurs d’Asie du Sud-est chargés de construire les énormes infrastructures (qui étaient neuves lors de ma visite en 2009, ce qui fait douter de la ” détérioration ” invoquée pour justifier le nouvel apport de fonds).

Ces contractants étaient également chargés de la gestion du bâtiment du tribunal militaire, et décident même de la politique à suivre – par exemple, en déterminant ce qui pouvait ou non être dit aux médias. D’après des conflits dont j’ai été témoin, les opérateurs privés surclassaient les soldats.

Les sommes énormes, souvent impossibles à documenter, concédées à ces sociétés expliquent facilement pourquoi des installations comme Guantanamo – et des prisons appartenant à et gérées par des contractant privés aux États-Unis même – ne ferment jamais. Le transfert de fonds publics vers des sociétés privées est bien plus en vogue que le désuet capitalisme de marché.

Mais comment expliquer la brutalité de Guantanamo ? J’ai récemment visité Alcatraz, l’ancienne prison fédérale américaine sise dans la baie de San Francisco. Comme Gitmo, Alcatraz fut créée dans les années 1930 pour accueillir ceux qui étaient alors les pires d’entre les pires – les terroristes islamiques (ou accusés de l’être) de leur époque. Les tueurs en série et les gangsters – dont Al Capone – y étaient incarcérés. La prison d’Alcatraz a été fermée il y a cinquante ans, en 1963, en raison des conditions de détention jugées inhumaines, et les prisonniers transférés ailleurs. Mais j’ai été frappée à quel point le régime pénitentiaire et les bâtiments d’Alcatraz semblent humains comparés à Guantanamo.

Pour commencer, les prisonniers d’Alcatraz qui étaient violents ou contrevenaient aux règles étaient placés à l’isolement au Bloc D, dont les cellules n’avaient pas de fenêtre ; à Guantanamo, aucune des cellules montrées aux journalistes n’a de fenêtre ou de lumière naturelle. L’isolement au Bloc D était considéré comme la punition la plus dure et n’excédait jamais 48 heures. A Guantanamo – et dans d’autres pénitenciers étatsuniens – les prisonniers sont maintenus à l’isolement pendant des jours ou des semaines d’affilée, ce qui peut entraîner une psychose.

De même, à Alcatraz, les prisonniers avaient accès à une bibliothèque bien fournie, et droit à une visite mensuelle de leurs proches et à du courrier. A Guantanamo, en violation des conventions de la Croix-Rouge, les prisonniers ne peuvent recevoir ni courrier, ni visites de leur famille, leurs possibilités de lecture sont sévèrement restreintes et les nouvelles sont censurées. Ils ne sont même prévenus du décès de leurs parents ou enfants.

Les prisonniers d’Alcatraz bénéficiaient également d’une certaine intimité. Ils étaient entièrement déshabillés en arrivant, mais recevaient ensuite des vêtements et se douchaient en groupe du même sexe sous la surveillance d’un garde masculin. Les prisonniers de Guantanamo doivent se doucher dans des cabines individuelles placées dans les principaux couloirs, avec une porte vitrée, avec pour effet qu’ils sont nus sous le regard de gardes féminins.

Et, évidemment, les détenus d’Alcatraz avaient été jugés par un tribunal, défendus par un avocat avec lequel les échanges étaient confidentiels et dûment reconnus coupables. Les hommes emprisonnés à Guantanamo n’ont jamais été jugés ; les communications de leurs avocats sont enregistrées ; et leurs avocats ne peuvent même pas dire aux journalistes ou aux tribunaux ce qui leur a été fait pour obtenir une confession, parce que – par un paradoxe kafkaïen – les méthodes des enquêteurs, qui d’après les détenus comprennent la torture, sont classées secrètes.

Les huit grévistes sont alimentés de force par des tubes insérés dans leur estomac. Il s’agit d’une méthode brutale – les hommes sont attachés avec des sangles sur des chaises roulantes, deux fois par jour, et nourris de force, dans un bâtiment que j’avais visité. Un gréviste de la faim yéménite, Mohammed Saleh, était décédé lorsque je m’étais rendu à Guantanamo en 2009. Comme dans le cas de tous les grévistes de la faim morts en détention, l’armée américaine a affirmé qu’il s’agissait d’un suicide.

Peut-être qu’un jour des touristes visiteront Guantanamo et regarderont avec horreur et étonnement ce que les Américains y ont construit. D’ici là, les Américains doivent se demander ce qui a pu à ce point abrutir la conscience nationale entre 1963 et aujourd’hui. Comment se fait-il qu’une prison trop brutale pour les gangsters, trop peu américaine pour accueillir les pires d’entre les pires, était plus humaine qu’un endroit pour l’agrandissement duquel les Américains dépensent des millions de dollars ?
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Mar 24 Sep - 11:39

Guantanamo décide que sa grève de la faim est terminée
http://www.liberation.fr/monde/2013/09/24/guantanamo-decide-que-sa-greve-de-la-faim-est-terminee_934192?xtor=rss-450

Un personnel médical tient du matériel permettant d'alimenter de force les détenus de Guantanamo le 7 août 2013 (Photo Chantal Valéry. AFP)

La prison américaine a annoncé qu'elle avait arrêté de décompter le nombre de détenus en grève de la faim car ils ne sont plus assez nombreux.

La prison de Guantanamo a de fait prononcé la fin d’une grève de la faim sans précédent parmi les détenus, en décidant lundi de mettre un terme à son décompte quotidien d’un mouvement au plus bas depuis son lancement.
Dans son ultime bilan quotidien, le lieutenant-colonel Samuel House, porte-parole de la prison, a précisé que 19 détenus sur les 164 hommes incarcérés à Guantanamo, suivaient encore le mouvement lundi, un chiffre au plus bas depuis le début du mouvement il y a plus de six mois, et qui n’a plus évolué depuis le 11 septembre.

Dix-huit d’entre eux étaient toujours alimentés lundi par une sonde naso-gastrique, et plus aucun n’était hospitalisé, a précisé ce porte-parole, qui considère cette proportion comparable au nombre résiduel de grévistes de la faim à Guantanamo.


Le mouvement qu’avocats et autorités qualifiaient de «sans précédent par sa durée et sa magnitude» a atteint 106 participants au plus fort de la grève de fin juin à mi-juillet, dont un maximum de 46 étaient nourris de force et jusqu’à une poignée d’entre eux ont été hospitalisés, selon les chiffres des autorités.

«Après le décompte d’aujourd’hui, la force de coalition de la Baie de Guantanamo (qui dirige la prison) ne publiera plus de bilan quotidien de la grève de la faim», explique Samuel House: «Depuis 2007, il y a toujours eu un faible nombre de détenus choisissant de faire une grève de la faim à long terme avec d’occasionnelles augmentations et diminutions» du nombre de participants. «Depuis le 10 juillet 2013, le chiffre de grévistes baisse de manière significative et nous pensons que la participation d’aujourd’hui représente ceux qui veulent continuer le mouvement», ajoute-t-il dans son communiqué.

«ILS ONT REMIS GUANTANAMO SUR L’ÉCRAN RADAR»

«Il y avait sept hommes en grève de la faim quand ce mouvement massif a commencé», a rappelé à l’AFP l’avocat David Remes, qui représente une quinzaine de prisonniers de Guantanamo. «Tant qu’il restera une personne en grève de la faim, retenu sans inculpation ni traduit devant un tribunal injuste, la crise de Guantanamo se poursuivra», s’est insurgé de son côté Zeke Johnson, directeur d’Amnesty International en charge des questions de sécurité.

Une fouille du camp 6, où la majorité des hommes sont enfermés, avait mis le feu aux poudres, le 6 février, quand des gardiens ont examiné des corans d’une manière jugée blasphématoire par les prisonniers. Mais, depuis plus de six mois, les avocats arguent que c’est surtout leur détention illimitée depuis 11 ans, sans inculpation ni procès, que dénonçaient la plupart des protestataires.

«Les hommes ont atteint leurs objectifs», s’est félicité lundi David Remes. «Ils ont remis Guantanamo sur l’écran radar», a-t-il expliqué à l’AFP, faisant allusion au discours de Barack Obama, en mai dernier, durant lequel le président américain avait réitéré sa promesse de fermer la prison. Le rapatriement des détenus a en outre repris, avec le retour de deux Algériens de Guantanamo le mois dernier.

Zeke Johnson considère encore toutefois «inachevé» l’objectif de Barack Obama de «mettre fin aux violations des droits de l’homme». «Il peut et doit avancer en transférant les détenus déclarés transférables.»

Fin août, deux détenus algériens ont été rendus à leur pays, où ils ont été placés sous contrôle judiciaire. Il s’agissait des premiers transfèrements de Guantanamo depuis le rapatriement du Canadien Omar Khadr fin septembre 2012.

Dans son discours le 23 mai, Barack Obama a à nouveau sollicité l’aide du Congrès pour fermer la prison, et annoncé la levée du moratoire sur le transfèrement vers leur pays de détenus yéménites. Sur les désormais 164 détenus de Guantanamo, 84 --dont 56 Yéménites-- ont été désignés comme transférables dans leur pays d’origine par les administrations des présidents George W. Bush et Obama.

Quelque 46 autres sont en détention illimitée, sans inculpation ni procès faute de preuves, mais jugés trop dangereux pour être libérés de cette prison controversée.
rétention à vie sans inculpation ou proces sur une opinion.
quelle belle démocratie.....
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Mar 17 Déc - 8:05

Les Etats-Unis ont transféré deux prisonniers de Guantanamo vers l'Arabie Saoudite
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20131216-etats-unis-ont-transfere-deux-prisonniers-guantanamo-vers-arabie-saoudite
Les Etats-Unis ont transféré deux détenus de la prison militaire de Guantanamo vers l’Arabie Saoudite. Dans un communiqué, le ministère de la Défense précise que l’administration américaine s’est coordonnée avec le gouvernement saoudien afin que ces transfèrements « respectent notre politique de traitement humain ». Il reste désormais 160 détenus dans cette prison américaine située sur l’ile de Cuba.

Avec notre correspondante à Washington, Anne-Marie Capomaccio

Ces deux détenus saoudiens font partie des prisonniers contre lesquels les Etats-Unis n’ont retenu aucune charge. Ils sont des dizaines dans ce cas, sur les 160 personnes qui restent emprisonnées à Guantanamo.

Ils sont juridiquement « libérables » mais l’administration américaine se heurte à plusieurs obstacles :les pays d’accueil ne sont pas légion, et les Américains refusent de les libérer sur le sol des Etats-Unis.

► A (re)lire : Barack Obama promet à nouveau de fermer Guantanamo

Les détenus, la plupart du temps, ne souhaitent pas rentrer dans leur pays d’origine. C’était le cas des deux ressortissants algériens récemment renvoyés chez eux malgré tout. On ne sait pas en revanche à ce stade si ces deux Saoudiens ont été transférés à Djeddah contre leur gré.

On ne sait rien non plus du sort qui leur sera réservé sur place, malgré les assurances de l’administration à Washington. Barack Obama a promis de fermer Guantanamo avant la fin de son mandat. Il a nommé des envoyés spéciaux, chargés spécifiquement de négocier les transferts des prisonniers contre lesquels aucune inculpation n’a été prononcée. Ils sont à présent près de 80 dans ce cas.
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Dim 12 Jan - 9:56

Etats-Unis: Guantanamo, « un crime international » qui dure depuis douze ans
http://www.rfi.fr/ameriques/20140111-etats-unis-guantanamo-obama-algerie-yemen-fermeture-juan-mendez-wells-dixon
C'était il y a douze ans jour pour jour, 11 janvier 2002. Le centre de détention de Guantanamo recevait alors le premier transfert de prisonniers de ce que les Etats-Unis avaient appelé la « guerre contre le terrorisme ». Près de 800 détenus de nationalités diverses sont passés par Guantanamo, tous accusés d'être des « ennemis combattants ». Dès son investiture en janvier 2009, le président Barack Obama avait promis de fermer le centre de détention. Mais à ce jour, il reste à Guantanamo 155 détenus. Parmi eux, 46 ne seraient ni jugeables ni libérables selon les autorités américaines. Soixante-seize ont été déclarés libérables, mais n'ont toujours pas pu quitter le centre de détention.

Certains détenus attendent leur libération effective depuis près de douze ans. Lorsqu’ils ont été déclarés libérables par une commission américaine, autrement dit « cleared for release», cela signifie que ces détenus ne représentent pas de danger pour la société. Mais peu de pays acceptent de recevoir sur leur sol les ex-détenus de Guantanamo, même s'ils ont été reconnus innocents. Certains détenus craignent également de subir la torture s'ils sont renvoyés dans leur pays d’origine. Pourtant, ceci est clairement interdit dans la Convention contre la torture que les Etats-Unis ont ratifiée.

→ À (re)lire : Etats-Unis: le rappeur Mos Def alimenté de force comme à Guantanamo

« Pour fermer Guantanamo, le président Obama doit libérer ou transférer certains prisonniers, explique Juan Mendez, rapporteur spécial de l'ONU contre la torture. Nous-mêmes, les rapporteurs de l'ONU, nous sommes totalement d'accord pour que cela se fasse au plus vite, notamment pour plus de la moitié des détenus qui, selon les Etats-Unis eux-mêmes, ne constituent de risque pour personne, et n'ont jamais été considérés comme terroristes. En revanche, ce que nous ne pouvons pas accepter, c'est qu'ils soient transférés de force dans des pays où ils pourraient être torturés, comme cela s'est passé pour un Algérien transféré en Algérie il y a moins d'un mois ».

Une réinsertion difficile

Ce cas, c'est celui de l'Algérien Djamel Ameziane. Capturé puis vendu aux Américains par les Pakistanais, il avait été envoyé en février 2002 à Guantanamo. Déclaré libérable par les Américains en 2008, il a été transféré contre son gré le 5 décembre dernier. Wells Dixon, du Centre pour les droits constitutionnels, était l'un de ses avocats aux Etats-Unis.

« Djamel Ameziane a quitté Guantanamo de la même façon qu'il y était arrivé à Guantamano : menotté, bâillonné, et attaché au sol d'un avion-cargo, dénonce-t-il. Lorsqu'il est arrivé en Algérie, il a été traité de façon brutale par les autorités, puis il a été placé en détention au secret. Il a été détenu dans des conditions déplorables, et il a été très malade. Il continue d'ailleurs à l'être.

Un autre problème majeur pour monsieur Ameziane et d'autres ex-détenus libérés, c'est qu'ils n'ont aucun papier d'identité, ils n'ont aucun effet personnel, aucun vêtement, ils n'ont rien. Ils ne peuvent pas trouver de travail, ce sont des conditions très difficiles pour tenter de reconstruire leur vie. Monsieur Ameziane continue à être harcelé par la police, notamment parce qu'il n'a aucun papier, il est sous contrôle judiciaire, et il pourrait être jugé en Algérie. C'est à ce moment-là qu'on pourrait parler de persécution, et c'est là que la communauté internationale devrait être vigilante ».

« Discrimination sur la nationalité »

Deux autres Algériens ont ainsi été renvoyés de force en Algérie : Nabil Hadjarab en août dernier, alors qu'il n'a plus de famille en Algérie, mais en France, et Bensayah Belkecem en décembre. Autre préoccupation de Wells Dixon : sur les 155 prisonniers toujours à Guantanamo, 89 sont Yéménites, et 57 ont été déclarés libérables. Mais aucun n'a été renvoyé depuis plus d'un an et demi au Yémen.

« Guantanamo a toujours été une prison pour des hommes musulmans. Mais cela devient de plus en plus patent qu'elle est désormais une prison pour des hommes musulmans du Yémen. Si vous êtes du Yémen, peu importe de quoi vous êtes accusé, et même si vous n'êtes accusé de rien, vous ne serez pas libéré parce que vous êtes yéménite. C'est cela qui doit changer. C'est clairement de la détention arbitraire classique, de la discrimination basée sur l'origine et la nationalité. Et il faut que cela cesse ».

Cette situation constitue un crime international, selon le rapporteur spécial Juan Mendez. « En droit international, la détention est arbitraire lorsqu'il n'y a aucune preuve que les personnes aient commis des crimes, et la détention arbitraire prolongée constitue un crime international : les Etats-Unis commettent une violation très grave du droit international des droits de l'homme, en retenant indéfiniment des personnes qui n'ont aucune raison d'être détenues ».

Malgré l'accélération ces derniers mois avec le transfert de 11 détenus libérables, dont les trois derniers Ouïghours envoyés en Slovaquie, plus de soixante-dix personnes restent détenues sans motif. Malgré les promesses d'Obama, Guantanamo ne sera sans doute pas encore fermée fin 2014.
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Lun 13 Jan - 9:46

La France, complice diplomatique de Guantanamo
http://rue89.nouvelobs.com/2014/01/12/france-complice-diplomatique-guantanamo-248958
Il y a douze ans, la CIA transportait le premier détenu à Guantanamo. Plus d’une décennie plus tard, 155 hommes y demeurent détenus. Parmi eux, 77 ont été déclaré libérables depuis plusieurs années par les autorités américaines. Pour 45 autres, les Etats-Unis estiment ne pas avoir de preuves pour les faire comparaitre devant la justice mais ont également décidé qu’il devaient restés incarcérés indéfiniment.

D’emblée, la France ne semble pas avoir joué de rôle particulier dans cet épisode kafkaïen de l’histoire contemporaine. Pourtant, une analyse extensive des câbles publiés par Wikileaks semble bel et bien montrer que les autorités françaises ont été les complices diplomatiques de leurs comparses US.

En 2005, l’ambassade américaine à Paris expliquait déjà ne s’attendre qu’à « peu de réactions officielles de la part du gouvernement français » puisque l’intérêt hexagonal pour Guantanamo s’était « largement limité à la présence citoyens français » sur l’île.

Un intérêt qui ne va pas jusqu’à l’inquiètude

Cet « intérêt » pour ces Français de Guantanamo ne doit cependant pas être confondu avec un souci officiel pour le respect des droits de ces nationaux. La (non)-réaction d’un représentant français à l’annonce de l’attribution du statut d’ « ennemi combattant » à l’un de ses concitoyens par un tribunal militaire spécial en 2005 en témoigne : Après s’être vu expliquer le mode opératoire de ces « tribunaux », il déclarera ne pas avoir « de réponse substantielle immédiate ni d’inquiétude particulière ».

Cela est pour le moins surprenant puisque, dès le début, ces « tribunaux » furent décrits par beaucoup comme des cours fantoches. En 2008, la Cour Suprême américaine finira même par les juger inconstitutionnels.

Interrogatoires secrets conduits par les Français

L’ambassade américaine semble avoir choisi ses mots avec attention : la France n’avait qu’un intérêt pour Guantanamo. Cela était d’ailleurs le sentiment qui dominait après la révélation d’interrogatoires secrets conduits par les autorités françaises sur l’île cubaine. Ces interrogatoires seront ensuite utilisés contre les Français de Guantanamo.

Certains d’entre eux seront condamnés à un an et demi de prison par la justice française. Toutefois, pour l’ambassade américaine, ces peines de principe, avaient d’autres objectifs que la pure répression pénale : couvrir les interrogatoires menés par les agents français à Guantanamo et épargner au gouvernement français toute accusation de complaisance ou de complicité quant à la situation dans les camps de Guantanamo.

Un peu plus plus que complice silencieux

Tout cela laisse seulement penser que la France a été tout au plus un « complice silencieux » qui aurait tiré profit de la situation à Guantanamo pour interroger certains détenus. Toutefois, il apparait que la France n’a pas restreint son implication à cette posture opportuniste. Des discussions entre diplomates français et américains montrent que la France semble avoir été particulièrement active sur le plan diplomatique afin d’éviter toute condamnation du « système Guantanamo » par les Nations-Unies.

Preuve de cela, un câble diplomatique rapporte que les Français « ne soutiendraient pas une résolution sur Guantanamo, bien qu’ils aient été approché par l’Egypte dans ce sens ».

Dans l’hypothèse où les diplomates américains ne se seraient pas satisfaits de la position française sur la question, il était important pour la délégation hexagonale de souligner que la résolution française introduite à l’ONU et dénonçant les disparitions forcées ne visait en aucun cas les USA. « Elle avait été plutôt rédigée avec les disparitions politiques en Algérie et en Amérique latine à l’esprit ».

Contre l’initiative d’une enquêtes sur les conditions de détention

En 2004, Cuba rédigeait une résolution appelant le Comité des droits de l’Homme des nations unies à enquêter sur les conditions de détention à Guantanamo. Selon un câble diplomatique de 2005, la France allait même jusqu’à user de son influence après des états membres de l’Union Européenne afin qu’ils votent en bloc contre cette initiative.

Cuba finira par retirer sa résolution.

De même, en 2006, la diplomatie américaine relatait un entretien avec leurs homologues français visant à s’assurer de leur soutien pour tenir en échec deux résolutions similaires :

Verdict : « La France votera contre la résolution bélarusse condamnant les violations américaines des droits de l’Homme. »

En ce qui concerne la deuxième résolution bélarusse condamnant l’utilisation de sites secrets de détention, la France affirmait qu’elle « voterait contre ou s’abstiendrait ».

La France veut bien accueillir des détenus

Mais depuis, de l’eau a coulé sous les ponts. Barack Obama a été élu, a promis la fermeture de Guantanamo (il y a plus de cinq ans …) et les Etats-Unis cherchent désespérément à « relocaliser » 77 détenus déclarés libérables.

En tant qu’allié loyal, la France a également revu sa position. En 2009, la patrie des droits de l’Homme retrouve soudainement son humanisme. Et nos diplomates d’assurer à leurs collègues du nouveau monde que « la France veut aider les USA à fermer le centre de détention US à Guantanamo Bay » se proposant d’accueillir des détenus.

En 2009, un conseiller spécial auprès du ministère français des affaires étrangères et l’ambassadeur Dan Fried (envoyé spécial pour la fermeture de Guantanamo) se sont rencontrés afin de négocier la relocalisation de six détenus. La France insistait alors sur le fait qu’elle « examinerait ces cas de manière positive ».

...mais elle n’en accueilli aucun

Pourtant depuis ces déclarations, la France n’a accueilli aucun aucun des détenus ayant demander l’asile.

Quoi qu’il en soit, après douze années de campagnes et d’outrage du monde juridique, il n’y a toujours aucune perspective de voir Guantanamo fermé. La raison est peut être qu’aucun pouvoir ne s’est levé pour dire avec force : Assez !
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Sam 8 Fév - 12:14

Guantanamo : un groupe de metal réclame des droits d'auteur
http://www.liberation.fr/monde/2014/02/07/guantanamo-un-groupe-de-rock-metal-reclame-des-droits-d-auteur_978686?xtor=rss-450
Skinny Puppy réclame au Pentagone une indemnisation, avançant que sa musique avait été téléchargée illégalement pour être utilisée comme arme de torture.
Le groupe de metal industriel canadien Skinny Puppy a réclamé au ministère américain de la Défense 666 000 dollars de droits de diffusion de leur musique, à des fins de torture, à Guantanamo, selon les médias.
«Nous leur avons envoyé une facture, étant donné qu’ils avaient utilisé notre musique à notre insu, comme une arme contre des individus», a déclaré Kevin «Ogre» Ogilvie, membre fondateur du groupe sur la chaîne CTV.

Plusieurs groupes de musique comme Rage Against the Machine ou Metallica ont dénoncé avant Skinny Puppy l’utilisation de leur musique, diffusée pendant des heures, et à un volume poussé à fond, dans les cellules des prisonniers de Guantanamo dans l’enclave américaine à Cuba.

Metallica avait demandé il y a un an au Pentagone de ne pas diffuser leurs morceaux. Skinny Puppy demande des dédommagements au Pentagone pour avoir «illégalement téléchargé et utilisé notre musique pour torturer des gens», avait expliqué il y a quelques jours Kevin Ogilvie, dans une vidéo du Huffington Post. Selon le chanteur, la musique du groupe a été utilisée «au moins à quatre reprises».
notez qu'ils demandent du pognon pour droit d'auteur, pas un proces sur le fond ....
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Re: Guantanamo

Message  ivo le Sam 24 Jan - 8:25

Guantanamo : "Je peux pas... res... p... i... rer !"
Privation de sommeil, hygiène minimale, bains glacés, coups à répétition, menaces de mort, insultes, humiliations sexuelles, isolement prolongé, interrogatoires musclés, etc…. Les méthodes de torture physique et psychologique, aussi inventives qu’efficaces, sont validées au plus haut niveau de l’administration.
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http://www.france24.com/fr/20150123-guantanamo-etats-unis-prison-torture-carnets-temoignage-droits-homme-obama/
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ivo

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