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Afrique du Sud

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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mer 11 Déc - 7:50

Alain Gresh revient dans un premier temps sur la mort de Nelson Mandela, pour rappeler, comme déjà en juillet 2010, que l’icône a été vilipendée par ces mêmes Occidentaux qui aujourd’hui la portent aux nues.

L’Evangile selon Mandela
http://www.monde-diplomatique.fr/2010/07/GRESH/19390
par Alain Gresh, juillet 2010

« Un héros de notre temps », titre un hors-série de Courrier international (juin-août 2010). « Il a changé l’histoire », surenchérit Le Nouvel Observateur (27 mai 2010). Accompagnées du portrait d’un Nelson Mandela souriant, ces deux couvertures témoignent d’une adoration consensuelle, dont le film Invictus du réalisateur Clint Eastwood a constitué l’apothéose (1). Avec la Coupe du monde de football, la planète entière communie dans le culte du prophète visionnaire rejetant la violence, qui a guidé son peuple vers une terre promise où vivent en harmonie Noirs, métis et Blancs. Le bagne de Robben Island, où celui que ses camarades appelaient Madiba fut enfermé de longues années — et lieu de pèlerinage obligé pour les hôtes étrangers —, rappelle un « avant » un peu flou, ce temps de l’apartheid honni qui ne pouvait que susciter une condamnation universelle, et en premier lieu celle des démocraties occidentales.

Le Christ est mort sur la croix, il y a quelque deux mille ans. Nombre de chercheurs s’interrogent sur la correspondance entre le Jésus des Evangiles et le Jésus historique. Que connaît-on de la vie terrestre du « fils de Dieu » ? De quels documents disposons-nous pour tracer sa prédication ? Les témoignages repris dans le Nouveau Testament sont-ils fiables ? On pourrait présumer qu’il est plus facile de cerner le « Mandela historique », d’autant que nous disposons d’un évangile écrit de sa propre main (2), mais aussi de nombre de témoignages directs. Et pourtant la légende Mandela apparaît aussi éloignée, sinon plus, de la réalité que celle du Jésus des Evangiles, tellement il semble intolérable d’admettre que le nouveau messie a été un « terroriste », un « allié des communistes » et de l’Union soviétique (celle du « goulag »), un révolutionnaire déterminé.

Le Congrès national africain (ANC), allié stratégique du Parti communiste sud-africain, s’est lancé dans la lutte armée en 1960, après le massacre dans le township de Sharpeville, le 21 mars, qui fit plusieurs dizaines de morts ; les Noirs manifestaient contre le système de pass (passeport intérieur). M. Mandela, jusque-là adepte de la lutte légale, en fut alors persuadé : jamais la minorité blanche ne renoncerait pacifiquement à son pouvoir, à ses prérogatives. Ayant, dans un premier temps, privilégié les sabotages, l’ANC utilisa aussi, certes de manière limitée, l’arme du « terrorisme », n’hésitant pas à placer quelques bombes dans des cafés.

Arrêté en 1962 et condamné, Madiba rejeta, à partir de 1985, plusieurs offres de libération en échange de sa renonciation à la violence. « C’est toujours l’oppresseur, non l’opprimé, qui détermine la forme de la lutte, écrivait-il dans ses Mémoires. Si l’oppresseur utilise la violence, l’opprimé n’a pas d’autre choix que de répondre par la violence. » Et seule celle-ci, appuyée sur des mobilisations populaires croissantes et soutenue par un système international de sanctions de plus en plus contraignant au fil du temps, put démontrer l’inanité du système répressif et amener le pouvoir blanc à résipiscence. Le principe « un homme, une voix » acquis, M. Mandela et l’ANC surent alors faire preuve de souplesse dans la mise en place de la « société arc-en-ciel » et dans les garanties accordées à la minorité blanche. Ils durent même — mais c’est une autre histoire — en rabattre sur leur projet de transformation sociale.

La stratégie de l’ANC bénéficia d’un soutien matériel et moral de l’Union soviétique et du « camp socialiste ». Nombre de ses cadres furent formés et entraînés à Moscou ou à Hanoï. Le combat s’étendit à toute l’Afrique australe, où l’armée sud-africaine tentait d’établir son hégémonie. L’intervention des troupes cubaines en Angola en 1975 et les victoires qu’elle y remporta, notamment à Cuito Cuanavale en janvier 1988, contribueront à ébranler la machine de guerre du pouvoir raciste et à confirmer l’impasse dans laquelle il se trouvait. La bataille de Cuito Cuanavale constitua, selon M. Mandela, « un tournant dans la libération de notre continent et de mon peuple (3) ». Il ne devait pas l’oublier : il fit du président Fidel Castro l’un des hôtes d’honneur des cérémonies de son accession à la présidence, en 1994.

Dans ce choc entre la majorité de la population et le pouvoir blanc, les Etats-Unis, le Royaume-Uni, Israël et la France (celle-ci jusqu’en 1981) combattirent du « mauvais côté », celui des défenseurs de l’apartheid, au nom de la lutte contre le péril communiste. M. Chester Crocker, l’homme-clé de la politique d’« engagement constructif » du président Ronald Reagan en Afrique australe dans les années 1980, écrivait : « Par sa nature et son histoire, l’Afrique du Sud fait partie de l’expérience occidentale et elle est partie intégrante de l’économie occidentale » (Foreign Affairs, hiver 1980-1981). Washington, qui avait soutenu Pretoria en Angola en 1975, n’hésitait pas à contourner l’embargo sur les armes et à collaborer étroitement avec les services de renseignement sud-africains, rejetant toute mesure coercitive contre Pretoria. En attendant une évolution graduelle, la majorité noire était appelée à la modération.

Le 22 juin 1988, dix-huit mois avant la libération de M. Mandela et la légalisation de l’ANC, le sous-secrétaire du département d’Etat américain, M. John C. Whitehead, expliquait encore devant une commission du Sénat : « Nous devons reconnaître que la transition vers une démocratie non raciale en Afrique du Sud prendra inévitablement plus de temps que nous le souhaitons. » Il prétendait que les sanctions n’auraient aucun « effet démoralisateur sur les élites blanche » et qu’elles pénaliseraient en premier lieu la population noire.

Dans la dernière année de son mandat, Ronald Reagan tentait ainsi une ultime fois, mais sans succès, d’empêcher le Congrès de punir le régime de l’apartheid. C’était le temps où il célébrait les « combattants de la liberté » afghans ou nicaraguayens, et dénonçait le terrorisme de l’ANC et de l’Organisation de libération de la Palestine (OLP).

Le Royaume-Uni ne fut pas en reste ; le gouvernement de Mme Margaret Thatcher refusa toute rencontre avec l’ANC jusqu’à la libération de M. Mandela en février 1990. Lors du sommet du Commonwealth de Vancouver, en octobre 1987, elle s’opposa à l’adoption de sanctions. Interrogée sur les menaces de l’ANC de frapper les intérêts britanniques en Afrique du Sud, elle répondit : « Cela montre quelle organisation terroriste ordinaire est [l’ANC]. » C’était l’époque où l’association des étudiants conservateurs, affiliée au parti, distribuait des posters proclamant : « Pendez Nelson Mandela et tous les terroristes de l’ANC ! Ce sont des bouchers. » Le nouveau premier ministre conservateur David Cameron a enfin décidé de s’excuser pour ce comportement, en février 2010 ! Mais la presse a eu beau jeu de lui rappeler qu’il s’était lui-même rendu en Afrique du Sud en 1989 à l’invitation d’un lobby anti-sanctions.

Israël demeura jusqu’au bout l’allié indéfectible du régime raciste de Pretoria, lui fournissant des armes et l’aidant dans son programme militaire nucléaire et de missiles. En avril 1975, l’actuel chef de l’Etat Shimon Pérès, alors ministre de la défense, signa un accord de sécurité entre les deux pays. Un an plus tard, le premier ministre sud-africain Balthazar J. Vorster, un ancien sympathisant nazi, était reçu avec tous les honneurs en Israël. Les responsables des deux services de renseignement se réunissaient annuellement et coordonnaient la lutte contre le « terrorisme » de l’ANC et de l’OLP.

Et la France ? Celle du général de Gaulle et de ses successeurs de droite tissa des relations sans complexes avec Pretoria. Dans un entretien publié dans le numéro du Nouvel Observateur cité plus haut, M. Jacques Chirac se glorifie de son soutien ancien à M. Mandela. Il a sur ce sujet, comme nombre de dirigeants de la droite, la mémoire courte — et le journaliste qui l’interroge accepte sans broncher son amnésie. Premier ministre entre 1974 et 1976, M. Chirac entérina en juin 1976 le contrat avec Framatome pour la construction de la première centrale nucléaire en Afrique du Sud. A cette occasion, l’éditorial du Monde notait : « La France est en curieuse compagnie parmi le petit peloton de partenaires jugés “sûrs” par Pretoria » (1er juin 1976). « Vive la France. L’Afrique du Sud devient puissance atomique », titrait sur toute la largeur de la première page le quotidien sud-africain à grand tirage Sunday Times. Bien qu’ayant, notamment sous la pression des pays africains, décidé en 1975 de ne plus vendre directement d’armes à l’Afrique du Sud, la France honorera plusieurs années encore les contrats en cours, tandis que ses blindés Panhard et hélicoptères Alouette et Puma seront construits localement sous licence.

Malgré le discours officiel de condamnation de l’apartheid, Paris maintint, jusqu’en 1981 tout au moins, de nombreuses formes de coopération avec le régime raciste. Alexandre de Marenches, l’homme qui dirigea le service de documentation extérieure et de contre-espionnage (Sdece) entre 1970 et 1981, résumait la philosophie de la droite française : « L’apartheid est sûrement un système que l’on peut déplorer, mais il faut le faire évoluer avec douceur (4). » Si l’ANC avait écouté ses conseils de modération (ou ceux du président Reagan), M. Mandela serait mort en prison, l’Afrique du Sud aurait sombré dans le chaos et le monde n’aurait pas pu fabriquer la légende du nouveau messie.

Alain Gresh

(1) Mona Chollet, « Les dérobades d’“Invictus” », Le Lac des signes, les blogs du Monde diplomatique, 12 janvier 2010.

(2) Nelson Mandela, Un long chemin vers la liberté, Fayard, Paris, 1995.

(3) Ronnie Kasrils, « Turning point at Cuito Cuanavale », 23 mars 2008, IOL.

(4) Alexandre de Marenches et Christine Ockrent, Dans le secret des princes, Stock, Paris, 1986, p. 228.
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mer 11 Déc - 8:04

L'excuse tartignole de Nétanyahou
http://www.courrierinternational.com/dessin/2013/12/10/l-excuse-tartignole-de-netanyahou
Nétanyahou n'assiste pas à la cérémonie en mémoire de Mandela parce que le voyage coûte trop cher…

1,45 millions d'euros pour le transport et la sécurité, c'est trop cher ! C'est en tout cas l'excuse avancée par le Premier ministre israélien pour expliquer son absence aux funérailles de Nelson Mandela, ce 10 décembre.

Le propos prête à sourire - ou à s'indigner, selon. D'une part parce que le Premier ministre est sous le feu des critiques : plusieurs journaux ont révélé que les contribuables avaient versé près de 700.000 euros pour financer l'an dernier l'entretien de ses trois résidences - donc, les dépenses somptuaires ne l'arrêtent pas en toutes circonstances. D'autre part, il est utile de rappeler qu'Israël a entretenu des relations très étroites avec le régime de l'apartheid, et l'a soutenu jusqu'au bout. Depuis le changement de régime en Afrique du Sud, les relations entre les deux pays sont restées quasi-inexistantes. En venant en Afrique du Sud, Nétanyahou pouvait donc craindre, à juste titre, de s'y faire fraîchement recevoir.

Dessin de Aislin paru dans The Gazette

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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Jeu 12 Déc - 9:07

Mandela : un héritage en question
Alors que “Madiba” est entre la vie et la mort, l’heure est au bilan. Sa personnalité est respectée et adulée par tous. Mais les politiques économiques qu’il a menées après l’apartheid n’ont pas résorbé les inégalités dans le pays.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2013/06/26/mandela-un-heritage-en-question?page=all

Les cicatrices en couleur de l'apartheid
Vingt ans après l'abolition des lois de "développement séparé", les villes sud-africaines sont encore très largement divisées entre les "races". Le cartographe Adrian Frith propose une vue aérienne et en couleurs des ségrégations dans le pays, et notamment à Johannesburg.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2013/10/21/les-cicatrices-en-couleur-de-l-apartheid
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Jeu 12 Déc - 10:25

Pourquoi Giscard n’a pas été invité aux funérailles de Mandela
http://www.rue89.com/2013/12/11/pourquoi-giscard-na-ete-invite-funerailles-mandela-248247
L’« ex » est amer : « je n’ai pas été invité », a lâché Valéry Giscard d’Estaing à nos confrères du Lab en se rendant à l’ambassade d’Afrique du Sud à Paris pour signer le livre d’or. A-t-on « oublié » VGE dans ce voyage à Johannesburg de François Hollande ET Nicolas Sarkozy ?

Réponse : non. C’est faire injure à l’histoire que de considérer que Valéry Giscard d’Estaing aurait eu sa place à la cérémonie d’hommage à Nelson Mandela, alors qu’il a présidé la France à une époque de collaboration active avec ses geôliers. De surcroît, VGE n’a jamais rencontré le premier président noir de l’Afrique du Sud après sa libération.

Durant son unique septennat, Valéry Giscard d’Estaing a poursuivi le développement d’une collaboration entre la France et le pays de l’apartheid, symbolisé par la construction, par les entreprises françaises, de la centrale nucléaire de Koeberg, près du Cap.

Des intérêts géostratégiques

Mais au-delà de l’économie, il y a aussi des intérêts géostratégiques
. En 1974, au moment où VGE est élu, la « révolution des œillets » emporte la dictature Salazar au Portugal, et ouvre la voie à la décolonisation du Mozambique et de l’Angola, qui emportera toute la région dans la guerre.

En Angola, trois mouvements de libération rivaux se disputent le pouvoir : Paris et Pretoria partagent le même désir de bloquer les « marxistes » du Mouvement populaire de libération de l’Angola (MPLA) soutenu par les Soviétiques et les Cubains. L’armée sud-africaine pénètre en territoire angolais par le sud, tandis que les Français, présents au Zaïre (aujourd’hui la RDC) de Mobutu Sese Seko, soutiennent activement les rebelles anticommunistes.

Le MPLA d’Agostinho Neto – toujours au pouvoir en Angola quarante ans après... – remporte cette confrontation grâce à l’intervention cubaine massive, et les Sud-Africains doivent battre en retraite.

Nous sommes en 1975. Ces événements font renaître l’espoir au sein de la population noire d’Afrique du Sud.

La première manifestation contre le régime de l’apartheid après des années de « glaciation » consécutive à l’écrasement du Congrès national africain (ANC) et l’emprisonnement de Mandela a pour slogan « viva Frelimo », le mouvement de libération qui a pris le pouvoir à Maputo, au Mozambique (et qui est présidé par... Samora Machel, dont la veuve, Graça, deviendra plus tard l’épouse de fin de vie de Nelson Mandela).

Le 16 juin 1976, les jeunes de Soweto se révoltent, et meurent par centaines sous les balles de la police, et pendant plusieurs mois, le soulèvement gagne l’ensemble du pays avec une répression féroce.

Un émissaire en Afrique du Sud

A Paris, on se demande que penser, et le ministère des Affaires étrangères envoie un émissaire en Afrique du Sud pour étudier la situation.

J’étais à l’époque au bureau de l’AFP à Johannesburg. L’ambassadeur de France m’appelle et me demande, un peu embarrassé, si je peux faciliter des contacts au sein du leadership noir pour cet émissaire, l’ambassade ne voulant pas de problème avec les autorités.

J’organise alors un dîner chez moi avec l’avocat de Nelson Mandela, et un médecin de Soweto, proche de la famille Mandela...

Au même moment, les Etats-Unis ont à leur tête Jimmy Carter, qui met la défense des droits de l’homme en tête de l’agenda, et ordonne à son ambassade en Afrique du Sud d’inviter autant de Noirs que de Blancs à ses réceptions, nomme des diplomates noirs, et multiplie les signes d’hostilité au pouvoir blanc. Cette politique ne durera pas une fois Ronald Reagan élu en 1980.

La France de Valéry Giscard d’Estaing n’a jamais osé s’engager contre le régime sud-africain. Lorsque Oliver Tambo ou Thabo Mbeki, les dirigeants de l’ANC en exil, passaient à Paris, ils étaient à peine reçus par de jeunes diplomates sans pouvoir, dont un certain... Dominique de Villepin.

Le virage de 1981

Il faudra attendre 1981 et l’élection de François Mitterrand pour que l’attitude de la France change progressivement, et que l’ANC ait officiellement droit de cité à Paris.

Voilà pourquoi VGE a été « oublié », même si, on le sait bien, l’hypocrisie n’est pas étrangère au monde de la diplomatie, surtout lors des « grands » décès.
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Ven 13 Déc - 8:34

Quand la CIA livrait Mandela
http://www.bakchich.info/international/2013/12/12/quand-la-cia-livrait-mandela-62962
Le 10 décembre une centaine de chefs d'états et de gouvernement sont venus aux frais de leurs peuples, se prendre mutuellement en photo à Johannesburg au prétexte d'un hommage à Nelson Mandela.

Il y avait quelque chose d'obscène à la représentation donnée ce 10 décembre dans le Soccer Stadium de Johannesburg, au motif que Nelson Mandela y avait fait sa dernière apparition publique quelques jours avant la coupe du monde de football 2010. Un souvenir d'ailleurs peu glorieux pour le camp tricolore.

Parmi les invités de marque, pas moins de 3 présidents américains. L'actuel locataire de la Maison Blanche s'est fendu d'un discours impudique et poisseux de démagogie sur le thème de la lutte pour la liberté et la réconciliation, menée sans relâche par le héro sud-africain : «sa lutte était votre lutte» a-t-il notamment affirmé. Il aurait pu ajouter mais s'en est abstenu, qu'elle n'était pas celle de l'Oncle Sam qui, comme tant d'autres, s'accomodait fort bien de l'apartheid...

Barack Obama aurait pu conclure son éloge funèbre en soulignant que l'Histoire à la mémoire courte. Il s'est bien gardé de le faire. On comprend pourquoi.

Le 11 juin 1990, du temps où il jouissait encore d'une autorité éditoriale indiscutable, le Washington Post avait publié un article signé George Lardner Jr et David Ottaway titré «LA CIA est liée à l'arrestation de Mandela en 1962».

Nous en donnons la traduction aux lecteurs de Bakchich. Ce sera notre modeste contribution à la mémoire de l'ex-leader de l'ANC :


«Un renseignement fourni par un indicateur rétribué de la CIA est à l'origine de l'arrestation en 1962 du leader du Congrès National Africain (ANC) Nelson Mandela, a rapporté hier le Atlanta Journal-Constitution (www.ajc.com).



«L'un de nos plus jolis coups»

Citant un officier de renseignement US à la retraite qui était en poste en Afrique du Sud à l'époque des faits, le journal a affirmé qu'un officiel de haut rang de la CIA aurait revendiqué le succès de la capture de Mandela dans les heures qui ont suivi son arrestation le 5 aout 1962.


«Nous avons remis Mandela aux services de sécurité Sud-Africains». l'officier de renseignement dont le nom n'a pas été communiqué, citait l'officiel de la CIA, Paul Eckel, qui aurait déclaré en substance. «Nous leur avons donné tous les détails, la manière dont il serait vêtu, l'heure, l'endroit où il se trouverait. Ils l'ont attrapé. C'est l'un de nos plus jolis coups».

Jugé pour sabotage et conspiration pour faire tomber le gouvernement Sud-Africain, Mandela, âgé aujourd'hui de 71 ans, a passé 27 ans en prison.

Libéré en février, il se rendra aux USA la semaine prochaine pour une visite de 12 jours comprenant une parade à Manhattan, un meeting au Yankee Stadium et un discours devant les deux chambres du Congrès réunies pour la circonstance.

Dans le passé, il y eu des rumeurs persistantes sur l'implication de la CIA dans l'arrestation de Mandela mais l'information d'hier est la plus détaillée.

Selon le Constitution-Journal, l'officier de renseignement non identifié a affirmé avoir de nouveau évoqué la question avec Eckel après la condamnation de Mandela. Il a indiqué que Eckel lui avait dit que les informations sur Mandela provenait d'un informateur rétribué qui communiquait avec la CIA au travers d'une série de 'court-circuits' ou d'intermédiaires.

Mandela avait organisé l'aile militaire du Congrès National Africain, laquelle avait décidé de mettre un terme en décembre 1961 à la politique de non-violence de l'ANC et de commencer le combat armé. Il avait été exfiltré d'Afrique du Sud en janvier 1962 mais était secrètement revenu en juin.

En août, il est allé à Durban en compagnie d'un vieil ami. Dans la nuit du samedi 4 août selon l'un de ses biographes, Mandela a assisté à un diner à Durban auquel assistaient entre 12 et 15 membres locaux de l'ANC. Le lendemain il a été arrêté à un barrage routier près de Howick Falls dans la province du Natal, à 80 miles de Durban.



Gerard Ludi, un agent secret sud-africain à la retraite qui a affirmé avoir infiltré le Parti Communiste, a indiqué hier qu'il savait que la CIA avait à l'époque un agent infiltré au sein de l'ANC et de la section de Durban du Parti Communiste.

Ludi a indiqué que l'officier-traitant de l'informateur secret était son ami de longue date, Millard Shirley, cadre de haut niveau de la CIA en Afrique du Sud. «Millard était très fier de cette opération» a-t-il précisé.

Shirley est mort il y a plusieurs années dans un accident de voiture au Swaziland. Eckel qui qui a été employé par l'Office des Services Stratégiques (OSS) l'ancêtre de la CIA né dans les derniers jours de la seconde guerre mondiale, est mort en 1986 dans la région d'Atlanta où il avait pris sa retraite. Il occupait les fonctions de premier-secrétaire à l'ambassade des USA à Prétoria de 1957 à 1962 avant de rejoindre plus tard l'équipe du Conseil National de Sécurité.

Ludi, qui était en Union Soviétique lorsque Mandela a été arrêté, a affirmé ne pas savoir si la CIA avait informé la police sud-africaine. avant d'ajouter :«la CIA nous a aidé mais pas à une grande échelle». Selon lui il est peu probable que la CIA ait été intéressée par les faits et gestes quotidiens de Mandela.

D'après le quotidien d'Atlanta, sa source, l'officier de renseignement dont il n'a pas communiqué l'identité, était tellement préoccupé par le rôle de la CIA dans l'affaire qu'après l'arrestation de Mandela, il en a fait part au vice-Secrétaire d'Etat Adjoint Henry J. Tasca qui était alors chargé des relations entre la CIA et le Bureau des Affaires Africaines du Ministère des Affaires Etrangères.

L'homme aurait indiqué à Tasca que fondamentalement, Mandela était un nationaliste africain mais pas un communiste. Tasca aurait partagé son point de vue en lui indiquant qu'il allait en référer aux «autorités supérieures». D'après le Constitution-Journal, cette démarche a eu pour conséquence de devoir dorénavant obtenir l'accord du ministère avant de livrer des dissidents aux autorités sud-africaines.

Ca ne s'est jamais reproduit aurait indiqué la source au journal, bien que l'accord ait été demandé pour au moins 3 autres sud-africains.

D'après des rapports émis dans le milieu des années 80, l'officiel américain qui a fourni les informations sur Mandela aux autorités de Durban serait Donald Rickard, un agent présumé de la CIA qui exerçait les fonctions de Consul des USA. Retraité et vivant aujourd'hui dans le Colorado, il avait refusé de commenter l'information à l'époque et a de nouveau refusé de le faire hier.»
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Dim 15 Déc - 10:43

L’étoile de Mandela pâlit à Port Elizabeth
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2013/12/12/l-etoile-de-mandela-palit-a-port-elizabeth_4333123_3212.html

Aux abords du Red Location Museum, consacré à la lutte contre l'apartheid, à Port Elizabeth le 11 décembre. | BÉNÉDICTE KURZEN/NOOR POUR « LE MONDE »

Enfant, il jetait des cailloux, puis des cocktails Molotov, contre les blindés de la police de l’apartheid, les « cochons », comme on appelait alors l’ennemi, qui avait un avantage, celui d’être facile à identifier. Pour tout dire, Tsitso Klas conserve un excellent souvenir de cette période de feu et de chaos. « Personne n’allait à l’école, on jouait à la guerre avec des gens qui nous tiraient vraiment dessus. C’était grave, mais on était des gosses », sourit-il. A présent, l’ennemi n’a plus de moustache, même pas de couleur de peau bien définie, et il n’est pas facile de lui donner un visage.

Chaque jour, dans l’Afrique du Sud « libérée », des millions d’hommes et de femmes comme lui luttent pour survivre, loin, si loin des discours lénifiants en train d’être déversés à pleins seaux sur Nelson Mandela, promu au rang de pop star de la niaiserie mondiale, une denrée inconnue sur les trottoirs dangereux de Port Elizabeth, où l’ex-prisonnier devenu l’ami de Bill Clinton et des Spice Girls fait plutôt figure de traître social.

Tsitso n’a rien de spécial. Il est juste condamné à être pauvre, comme on était condamné par l’apartheid à vivre séparé. Le chômage touche plus de la moitié des jeunes Noirs du pays. Tout en racontant une vie de misère, le jeune père surveille du coin de l’œil les véhicules qui passent. Il n’y a pas de colère encore dans ses mots. Ce n’est pas l’heure, mais celle de la faim, qui pousse à ne plus espérer qu’une chose : qu’un véhicule ralentisse, qu’une vitre se baisse, et que tombe l’offre d’une poignée d’heures de travail payé à un prix indécent.

INSULTE À LA DIGNITÉ

Les Blancs, les Noirs, Nelson Mandela et la guimauve qui l’entoure, de tout cela, Tsitso se fiche éperdument, tout concentré qu’il est à gagner quelques piécettes « pour éviter de voler ». Les statistiques nationales de la criminalité, qui effraient tant, ont leur véritable explication au coin de cette rue, ou dans les cabanes de tôle qui s’étendent en bidonvilles inhumains à la lisière de presque toutes les villes du pays « arc-en-ciel ».

Ses mains qu’il cache dans ses poches parce qu’elles sont sales, après avoir ramassé des déchets de métal toute la matinée, valent sur ce marché de l’esclavage moderne moins de 20 rands de l’heure (1,50 euro). Parfois, RPM, la société de récupération de métaux qui compacte en gros cubes les déchets ferreux pour les envoyer en Chine, où ils alimenteront l’industrie chargée de fabriquer des produits vendus ensuite en Afrique du Sud, offre pour une nuit complète de 70 rands (5 euros). « OK, ce n’est pas beaucoup, mais après je dors un peu, et quand je me réveille, au moins, je sens que mes poches ne sont pas vides, je peux acheter quelque chose à manger pour mon fils. »

Cette insulte à la dignité devrait empêcher de dormir les dirigeants sud-africains. Combien de temps encore avant que la colère brise les digues de la résignation ? 2013 a été une année de grèves dures, même dans le secteur automobile, qui a son point d’ancrage dans cette région où se trouvent les usines de montage de General Motors, de BMW et de Volkswagen.

« LES HOMMES BLANCS TIRENT TOUJOURS LES FICELLES »

Le syndicat qui rassemble ces ouvriers, Numsa (Union nationale des travailleurs du métal d’Afrique du Sud) est le plus important de la confédération syndicale, la Cosatu, alliée à l’ANC (Congrès national africain) pour gouverner le pays. Après vingt ans d’une alliance tripartite (avec le parti communiste sud-africain, le SACP), tout menace de craquer.

Numsa envisage de quitter la Cosatu, et de priver de son soutien l’ANC lors des élections de 2014. A Port Elizabeth, Phumzile Nodongwe, secrétaire régional de Numsa, attend avec impatience le congrès de son organisation. « Dans le secteur automobile, comme dans les autres secteurs du pays, ce sont toujours des hommes blancs qui sont aux commandes, ou qui tirent les ficelles quand un Noir est nommé à un poste important. La politique de l’ANC n’est pas menée en faveur du peuple et des travailleurs. »

Et de s’interroger : « Est-ce qu’on va continuer longtemps à soutenir un gouvernement qui est contre la classe ouvrière et les pauvres qui sont la base de son électorat ? Est-ce qu’on va continuer à voter pour eux et assurer à l’ANC la victoire écrasante à laquelle il est habitué ? » Et encore Phumzile ne parle-t-il qu’au nom de l’aristocratie des travailleurs, ceux de l’automobile, qui, dans la description qu’en fait Tsitso, « sont les gars qui peuvent louer leur propre logement
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Lun 16 Déc - 9:01

Mort de Nelson Mandela: après l'effervescence des cérémonies, l'heure du bilan
Jacob Zuma s’est posé en président de tous les Sud-africains lors de son hommage à Mandela dimanche, un président rassurant. « Mandela, alors que ta longue marche s’achève, la nôtre se poursuit », a dit jacob Zuma. Mais dans la phrase suivante il a ajouté : « Tu laisseras éternellement le souvenir d’un homme intègre, des valeurs que l’ANC chérit ».

Or, l’intégrité de Jacob Zuma est mise à mal. Les dépenses assumées par le contribuable, pour rénover son complexe résidentiel de Nkandla dans le KwaZulu-Natal, s’élèvent à 16 millions d’euros, ne cessent de défrayer la chronique.

Au pouvoir depuis 2009, Jacob Zuma a également promis de porter un coup fatal à la pauvreté, une promesse sans cesse renouvelée par le président du pays le plus inégalitaire au monde. L’ANC présidée par Zuma est-elle réellement disposée à redistribuer les richesses ? Rien n’est moins sûr.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20131216-mandela-bilan-ceremonies-zuma-anc-corruption-holomisa
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mer 8 Jan - 9:56

Afrique du Sud: un nouveau scandale met en lumière les rivalités au sein de la police
http://www.rfi.fr/afrique/20140107-afrique-sud-nouveau-scandale-met-lumiere-rivalites-sein-police
L’ancien chef de la police sud-africaine Bheki Cele a révélé l’existence d’une hit list, une liste noire, ciblant plusieurs hauts dirigeants de la police à « écarter ». Bheki Cele, suspendu de ses fonctions de commissaire national de la police en 2012 suite à une affaire de corruption et de conflit d’intérêts, a évoqué l’existence de cette liste lors des funérailles de Sean Tshabalala, un haut responsable de la police sud-africaine, retrouvé mort dans son bureau le jour de Noël. Le ministère de la Police a pris les choses en main pour tenter d’y voir plus clair dans cette affaire embarrassante, qui met en lumière des rivalités fortes au sein de la police sud-africaine.

La scène, rapportée par quelques témoins, semble surréaliste : samedi dernier, pendant l’enterrement de Sean Tshabalala, haut responsable de la police, retrouvé mort dans son bureau quelques jours auparavant, un de ses amis prend la parole. Cet ami, Bheki Cele, l’ancien patron de la police sud-africaine fait alors des révélations fracassantes. Devant la foule en deuil, il évoque l’existence d’une liste de membres de la police à « écarter ». Tshabalala était la cible n°1, selon lui.

« Mauvais traitements »

Bheki Cele évoque encore « les mauvais traitements » dont était victime son ami. Celui-ci lui avait rendu visite peu avant sa mort, il aurait « pleuré toute la journée ». Ces révélations font l’effet d’une bombe. La fameuse liste contiendrait 18 noms de responsables haut placés, tous ont été membres de l’ex-branche armée de l’ANC, Umkhonto we Sizwe.

« Pure fabrication »

Lundi, le ministre de la Police, Nathi Mthethwa, a quitté précipitamment la réunion du congrès exécutif national de l'ANC pour réunir en urgence les 18 responsables en question, avant de déclarer dans la soirée que cette liste était « une pure fabrication » et que l’affaire s’arrêtait là. L’actuelle patronne de la police Riah Phiyega avait déjà fait savoir qu’elle n’avait jamais entendu parler de cette « liste noire ».
petite épuration maintenant que nelson n'est plus ?
ça sent la réconciliation à plein nez ^^
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Jeu 9 Jan - 9:58

La passion de l'ANC pour les BMW
Le Congrès national africain (ANC) célèbre ce mercredi son 102e anniversaire. Ces dernières années, les dirigeants du parti de Nelson Mandela ont pris goût aux voitures de luxe. Qu'importe si elles sont payées par le contribuable et que presque la moitié de la population sud-africaine vit sous sur le seuil de pauvreté.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/01/08/la-passion-de-l-anc-pour-les-bmw
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mar 14 Jan - 9:17

Afrique du Sud: Julius Malema dans le village de Jacob Zuma pour dénoncer la corruption de l’ANC
Jacob Zuma possède une résidence secondaire dont les aménagements à hauteur de 22 millions d’euros, aux frais du contribuable, ont été épinglés par un rapport de la médiatrice de la République. Un scandale qui a entaché la réputation du président sud-africain.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20140113-afrique-sud-julius-malema-village-zuma-corruption-anc
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Jeu 16 Jan - 9:21

Pénuries d'eau en Afrique du Sud: deux morts après la répression d’une manifestation par la police
http://www.rfi.fr/afrique/20140115-afrique-sud-townships-penuries-eau-morts-repression-police
En Afrique du Sud, le gouvernement appelle au calme après la mort de deux manifestants tués par la police, le lundi 13 janvier 2014. L’incident a eu lieu lors d'une manifestation contre l'absence d'eau dans deux townships à une cinquantaine de kilomètres de Pretoria. Mardi, les affrontements entre manifestants et la police ont continué et une personne a été grièvement blessée.

La manifestation dans les deux townships de Mothutlung et Damonsville a commencé dimanche dernier avec une population excédée par des semaines de pénuries d’eau, dues à la vétusté du réseau. Lundi, la manifestation a tourné à l’affrontement. Deux personnes ont été tuées par des tirs. La police aurait tiré à balles réelles pour disperser la foule.

Une enquête a été ouverte. Le ministre de la Police s’est même rendu sur les lieux, mardi, pour tenter d’apaiser la situation. Mais pour Johan Burger, chercheur à l’institut d’études de sécurité, la police n’est pas formée pour faire face à ces manifestions de plus en plus nombreuses et violentes. Il faut s’attaquer aux causes du problème : « En moyenne il y a environ 30 manifestations par jour dans le pays, dont cinq qui sont violentes. On parle de gens qui sont très colère, très frustrés de leurs conditions de vie, et ils s’en prennent à la police. Donc c’est beaucoup demander à la police que de gérer toutes ces manifestations violentes ».

En effet selon les chiffres de la police, l’année dernière il y a eu 1 880 manifestations publiques violentes dans le pays. Vingt ans après la fin de l’apartheid, les frustrations sociales persistent notamment en raison des défaillances du service public.
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Dim 19 Jan - 7:18

«Conspiration» pharmaceutique en Afrique du Sud
Il y a quelques mois, le ministère du Commerce et de l’industrie a publié un projet de réforme sur la propriété intellectuelle, qui inclut les brevets sur les médicaments. Cette réforme vise à faciliter la fabrication de médicaments génériques moins chers, notamment les antirétroviraux pour les malades du sida.
Selon le quotidien sud-africain Mail and Guardian, qui a obtenu un document confidentiel, plusieurs groupes pharmaceutiques se sont aussitôt mobilisés contre cette réforme. Ce document de 9 pages détaille la stratégie que ces groupes pharmaceutiques tentent de déployer pour contrer le projet.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20140118-conspiration-pharmaceutique-afrique-sud-sida
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Message  ivo le Ven 24 Jan - 9:39

Mineurs en grève en Afrique du Sud: le gouvernement acculé
Les mineurs de platine sont en grève depuis jeudi 23 janvier. Cette grève illimitée concerne 80 000 mineurs qui travaillent pour les trois premiers producteurs mondiaux de platine.
Le gouvernement entend mettre fin le plus vite possible à cette grève illimitée. D’abord parce qu’elle pèse sur l’économie. Le secteur minier assure 40% des exportations et est une source cruciale de devises pour le pays. Ensuite parce qu’à trois mois des élections, l’ANC (le Congrès national africain), le parti au pouvoir, n’a pas besoin d’un nouveau conflit social.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20140124-mines-platine-greve-afrique-sud-gouvernement-interet-negocier-amplats-implats-lonmin-amcu
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Sam 25 Jan - 9:49

La fièvre monte dans les townships sud-africains suite à des violences policières
Cinq personnes sont mortes au cours des manifestations violentes, en Afrique du Sud, ces deux dernières semaines. La police est soupçonnée d’avoir fait usage d’une force disproportionnée à l’encontre de ces manifestants. Plusieurs enquêtes sont en cours.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20140124-fievre-monte-townships-suite-violences-policieres
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Message  ivo le Sam 1 Fév - 9:59

L'ancien président sud-africain Frederick de Klerk s'en prend à l'ANC
http://www.rfi.fr/afrique/20140131-afrique-sud-frederick-klerk-critique-20-ans-politique-anc-discimination
En Afrique du Sud, le dernier président sous l’apartheid, Frederik de Klerk, s’en est pris à l’ANC. Il a accusé le parti au pouvoir de mener une politique de discrimination et d’avoir failli dans la transformation du pays. De Klerk s’exprimait à l’occasion d’un bilan sur les 20 ans depuis l’avènement de la démocratie en Afrique du Sud. Le pays célébrera cette année les 20 ans depuis les premières élections libres du 27 avril 1994, qui ont permis l'arrivée au pouvoir de Nelson Mandela.

Probablement la critique la plus sévère est la suivante : l’Afrique du Sud aujourd’hui est plus inégalitaire qu’en 1994. Pour Frederick de Klerk il s’agit de l’échec le plus cinglant de 20 ans de politique de l’ANC.

« Clairement, la politique gouvernementale pour promouvoir l'égalité a été un échec, a-t-il martelé. Et cela probablement parce que les principaux bénéficiaires de la politique de discrimination positive et du programme d'émancipation économique des Noirs ont été la classe moyenne noire émergente et une petite élite, et non la vaste majorité de Sud-Africains réellement pauvres ».

En effet, selon un classement international, l'Afrique du Sud fait partie des pays les plus inégalitaires au monde. Une inégalité qui n’est pas uniquement entre noirs et blancs.

Une pauvreté abjecte

Autres échecs cinglants pour l’ancien président: l’éducation et l’emploi. L'école publique, premier outil pour combattre les inégalités, est notoirement de mauvaise qualité, et les familles qui en ont les moyens envoient leurs enfants dans des écoles privées. Quant au chômage, officiellement il est à 25% pour l'ensemble de la population active, 50% chez les jeunes. Qui plus est, de nombreux Sud-Africains qui travaillent vivent dans une pauvreté abjecte.

C'est un bilan dur pour l’ANC après 20 ans au pouvoir. L’ancien président a tout de même reconnu des succès au parti au pouvoir, notamment en ce qui concerne l’accès au logement, à l’électricité et à l’eau.
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Ven 7 Fév - 9:22

Afrique du Sud: les mouvements de colère contre le manque d'infrastructures publiques dégénèrent
L’Afrique du Sud en proie à des manifestations violentes. Depuis quelques jours, le pays est secoué par des marches dans différents townships autour de la capitale Pretoria et de Johannesburg. Des manifestations qui tournent à l’émeute. Les habitants en colère protestent contre le manque d’infrastructure publiques, l’eau, l’électricité et les logements. Et le gouvernement s’inquiète de ces débordements. Hier, mercredi 5 février, les manifestations ont dégénéré, une personne a été tuée.
Ces dernières semaines, plusieurs dizaines de manifestations ont tourné à la violence. Au moins neuf personnes sont décédées lors d’affrontements avec les forces de l’ordre.
>>>
http://www.rfi.fr/afrique/20140206-afrique-sud-mouvements-colere-manque-infrastructures-publiques-degenerent-emeutes-violence-zuma
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Dim 9 Fév - 9:05

Afrique du Sud: Jacob Zuma condamne les violences policières
http://www.rfi.fr/afrique/20140209-afrique-sud-jacob-zuma-condamne-violences-policieres-mineurs-marikana
A quelques mois des élections nationales, prévues le 7 mai, les protestations se multiplient. De l’aveu même du ministre de la police, les forces de l'ordre ont tendance à répliquer de manière « disproportionnée ». Le président Jacob Zuma a condamné ces violences policières qui ont fait 9 morts depuis le début de l’année.

De nombreuses manifestations violentes ont éclaté dans les townships ces dernières semaines, à cause du manque d’eau, d’électricité et la mauvaise qualité des services publics. Les mineurs du platine sont également en grève depuis près de trois semaines, ajoutant encore à la tension sociale.

Des policiers à la « gâchette facile »

Depuis le début de l’année, 9 personnes ont été tuées dans des manifestations. Samedi, le président Jacob Zuma a dénoncé dans la presse le comportement des policiers sud-africains qui ont, selon lui, « la gâchette facile ». La veille, vendredi, un mineur gréviste avait été tué dans la province du Limpopo, suite à des heurts entre manifestants et policier.

→ A (RE)LIRE : Afrique du Sud: la police n'aurait pas dit toute la vérité sur la tuerie de Marikana

« Non, je ne suis pas content. Je ne pense pas que quiconque puisse l’être avec cette police à la gâchette facile. Ce n’est pas bien du tout », a déclaré le président Zuma dans une interview au groupe de presse Independent Newspaper. Dans un pays « enclin aux manifestations », la police « doit être formée, spécialement formée », a insisté le président sud-africain.

Un contexte social tendu

Dans son Rapport mondial 2014, Human rights watch s’est dit préoccupé par l’augmentation des violences policières en Afrique du Sud, pointant notamment « l’usage d’armes létales » par les officiers de police sud-africains.

Jacob Zuma nuance ce constat. Selon lui, l’attitude des manifestants « qui brandissent des machettes et brûlent des pneus » peut contribuer à l’escalade de la violence. « Il ne faut pas oublier le contexte », a-t-il souligné. « Nous ne pouvons pas blâmer uniquement les manifestants, mais nous ne pouvons pas non plus accuser seulement la police. »

Jacob Zuma a cependant admis que la police sud-africaine avait des points faibles, du fait de son histoire liée aux répressions de l’apartheid et de ses difficultés à gérer les mouvements de foules.

→ A (RE)LIRE : Afrique du Sud: un nouveau scandale met en lumière les rivalités au sein de la police

Le ministre de la police, Nathi Mthethwa, a pour sa part défendu ses troupes, vendredi, estimant que « la police anti émeutes sud-africaine compte parmi les meilleures du monde » et qu’elle devait faire face à des « armes dangereuses » lors de confrontation avec des manifestants.

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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Jeu 13 Fév - 9:01

AFRIQUE DU SUD - Un faux bidonville pour touristes en mal... de pauvreté
Dormir dans une cabane de tôles ondulées, s’éclairer à la bougie et cuisiner sur des réchauds, c’est l’expérience proposée par une chaîne hôtelière de Bloemfontein, ville du centre de l’Afrique du Sud. Les touristes sont invités à vivre, dans un décor de carton-pâte, comme des "millions de Sud-Africains habitant des logements précaires" et ce pour … 80 euros la nuit. Une aventure de bien mauvais goût pour notre Observateur qui, lui, a vraiment vécu dans un township.
Tout en mettant en avant le caractère "authentique" de ce voyage, la compagnie se targue d’avoir construit "le seul bidonville du monde équipé de chauffage au sol et d’un accès wifi". Un bidonville qui a par ailleurs été construit au milieu d’une réserve naturelle, sans aucun contact avec les autochtones, et propose un service cinq étoiles petit déjeuner compris, pour un tarif de 80€ la nuit, soit l’équivalent du salaire médian sud-africain.
>>>
http://observers.france24.com/fr/content/20131125-faux-bidonville-touristes-afrique-sud-bloemfontein-shanty-town-emoya-hotel
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mar 18 Fév - 9:30

Afrique du Sud: des mineurs toujours sous terre
http://www.rfi.fr/afrique/20140217-afrique-sud-mineurs-clandestins-toujours-coinces/
Des mineurs coincés, depuis samedi 15 février, dans une mine illégale, à l’est de Johannesburg, continuent de sortir du puits. Ils se sont retrouvés coincés en raison de la chute d'un bloc de rocher et de gravats, bloquant l'entrée du tunnel. L'alerte a été donnée par des policiers en patrouille. Les services de secours sont intervenus, dimanche dans la journée pour les dégager, mais personne ne sait combien de mineurs se trouvent toujours au fond.

Jusqu'à présent, plus d’une vingtaine de mineurs sont ressortis de la mine. D’après les autorités, il en resterait encore dans le fond. Personne ne sait combien, peut-être une dizaine ou une centaine. Apparemment, ils ne veulent pas sortir de peur d’être arrêtés. En effet, il s’agit d’une mine illégale, à savoir abandonnée et exploitée par des travailleurs qui n’ont pas de licence. Souvent, ces travailleurs sont d’anciens mineurs au chômage.

La police - qui est sur place depuis dimanche - a interpellé tous ceux qui sont sortis. Ils devraient comparaitre mardi 18 février pour travail clandestin et intrusion. Ce lundi 17 février dans l’après-midi, les autorités lâchaient des prospectus dans le puits pour prévenir ceux qui se trouvent encore dans le fond que l’entrée sera scellée dans les prochaines semaines.

Il faut savoir que ces mines abandonnées posent un vrai problème de sécurité. Elles sont abandonnées - quand elles ne sont plus rentables - par des propriétaires qui disparaissent sans en sceller l’entrée comme le demande la législation. D’après les spécialistes, il existe plus de 600 mines illégales dans la seule région de Johannesburg.
euh ..... j'ai bien lu ???
ils veulent vraiment sceller la mine avec les mecs dedans ????????????
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Lun 24 Fév - 7:17

Ce train des miracles qui soigne les Sud-Africains
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/08/PITRON/49519
Le système de santé sud-africain, défaillant, pâtit d’une fuite des cerveaux massive. Depuis près de vingt ans, un convoi de dix-huit voitures abritant diverses spécialités médicales sillonne le pays pour dispenser les soins de base à ses habitants.


Prendre la route plein ouest depuis Johannesburg vers la ville de Kathu revient à effectuer un voyage dans le temps. Les autoroutes laissent progressivement place à des chaussées vétustes bordées de veld (1). La voie se détériore encore passé la frontière invisible du Cap-Nord, la plus vaste et la moins habitée des provinces d’Afrique du Sud. Encore cinq cents kilomètres sur des lambeaux d’asphalte au milieu de paysages d’épineux, et presque aucun signe de vie. Puis Kathu, bourgade de dix mille habitants endormie sur les contreforts d’un chapelet de montagnes aux teintes mauves. De part et d’autre de la rue principale, un centre commercial, des échoppes de spiritueux et de luxueux lodges aux bars desquels, le soir, des jeunes filles accablées d’ennui sirotent des vodkas-fraise.

Plus vaste que l’Allemagne, le Cap-Nord, avec son million d’habitants, est « aussi désertique que déserté », dit-on ici. Pourtant, par une radieuse matinée de juin, une locomotive tractant dix-huit voitures, avec à leur bord des équipements médicaux ultramodernes, glisse sur le réseau ferré desservant ces confins du désert du Kalahari. Puis elle s’immobilise, au beau milieu des steppes, en station de Wincanton. Des affiches annonçant le passage du convoi ont été placardées dans toute la région, et les radios locales ont relayé la nouvelle. « Cela faisait deux ans que j’attendais ce moment ! », s’enthousiasme une habitante. Le Phelophepa est arrivé.

La notoriété du Phelophepa — « bonne santé » en dialectes tswana et sotho — s’explique par les difficultés de l’Etat sud-africain à fournir à ses cinquante millions de citoyens les services médicaux de base. « Nos hôpitaux devraient plutôt se trouver dans des bâtiments en dur, regrette Mme Lynette Coetzee, directrice du programme à la fondation du groupe ferroviaire public sud-africain Transnet, qui gère et finance en grande partie ce train-hôpital. Si notre travail connaît un tel succès, c’est parce que quelque chose a mal tourné depuis la fin de l’apartheid. »

Au sortir de plus de quatre décennies de politiques de « développement séparé », la jeune nation arc-en-ciel a hérité d’un système de santé de renommée mondiale, mais circonscrit aux zones géographiques à dominante blanche. Pour corriger ces déséquilibres, M. Nelson Mandela et ses successeurs ont mené une ambitieuse politique de développement des infrastructures publiques. Outre les réseaux de distribution d’eau et d’électricité, la construction et la rénovation de mille six cents hôpitaux « ont permis une répartition plus équitable de l’accès aux soins », dit Alex Van den Heever, professeur d’administration publique à l’université du Witwatersrand.

Mais, dans le même temps, « la qualité générale des services de santé s’est considérablement détériorée ». En cause : un plan de départs volontaires de médecins et de fonctionnaires, en grande majorité blancs, lancé par le gouvernement en 1997 afin de rééquilibrer la présence des Blancs et des Noirs dans les hôpitaux publics. « De nombreux professionnels sont partis dans le privé et, d’un seul coup, la mémoire du système s’est évaporée », explique Van den Heever. Pour les remplacer, le Congrès national africain (African National Congress, ANC, le parti gouvernemental) a procédé à des nominations très politiques. « Le secteur de la santé est devenu l’otage des jeux de pouvoir dans les baronnies locales du parti. Clientélisme et corruption ont achevé de mettre le système à genoux. » Et rendu le Phelophepa d’autant plus indispensable.

« Depuis 1994, nous dispensons chaque année des soins de première nécessité à quarante-six mille Sud-Africains, indique M. Onke Mazibuko. A Wincanton, notre objectif est de soigner mille deux cent cinquante personnes d’ici à la fin de la semaine. Les règles de vie sont strictes : lever à 6 heures, douche de trois minutes, puis huit heures de travail, jusqu’au dernier patient. » Costume cintré, nœud papillon coloré et chaussures impeccablement cirées, ce psychologue d’une trentaine d’années dirige le Phelophepa depuis deux ans. Il parcourt chaque année quinze mille kilomètres à la rencontre des déshérités de l’Afrique du Sud. A ses côtés, dix-neuf médecins itinérants encadrent une rotation hebdomadaire de quarante stagiaires venus des meilleures universités de médecine du pays pour valider leur cursus. « C’est leur baptême du feu », glisse M. Mazibuko.

Le lendemain de l’arrivée du Phelophepa, la gare fantôme de Wincanton s’est métamorphosée en l’un des sites les plus animés de la province. Hommes et femmes, Noirs et métis, enfants et personnes âgées : une foule bigarrée défile devant le personnel médical en blouse blanche. Les sourires sont édentés, les orbites dépourvues d’yeux, les membres abîmés par une plaie mal soignée… Et pour cause : « Le premier hôpital se trouve dans la ville de Kuruman, à cinquante kilomètres. Je n’ai aucun moyen d’y aller », explique M. Peter Thonas, venu avec son neveu de 7 ans qui souffre d’une rage de dents. Et puis, « les docteurs sont trop chers », renchérit M. Julius Tood, un jeune homme qui a fait le voyage en auto-stop depuis un township alentour. « Les gens souffrent, ici. Notre condition est comme toute cette nature qui nous entoure : immuable. »

La proximité et la quasi-gratuité des soins offerts à bord du Phelophepa ont transformé Wincanton en cour des miracles. Devant la voiture numéro 11, dévolue à la médecine générale, on dépiste un cas de diabète et on mesure la tension artérielle. Une fois leurs besoins déterminés, les patients sont redirigés vers des voitures spécialisées. Les numéros 14 et 15 hébergent la clinique ophtalmologique : sur fond de musique pop diffusée par des haut-parleurs, on patiente le temps qu’un stagiaire confectionne une paire de lunettes pour la modique somme de 30 rands (2). Pour de nombreux Sud-Africains, c’est une première : « J’ai vu des gens de 80 ans qui n’avaient jamais fait d’examen oculaire de leur vie », raconte Mme Liesbeth Mpharalala, responsable du service.

Clinique psychologique en voiture 10

Dans la clinique dentaire, voiture 12, une dizaine de petites mains insensibles au crissement des fraises s’affairent autour de leurs patients. « La plupart des nécessiteux n’ont tout simplement pas d’éducation dentaire. Ils ne savent pas comment prendre soin d’eux », déclare M. Muhammad Garu, étudiant en dentisterie à Johannesburg. Dans son bureau exigu de la clinique psychologique, voiture 10, Mme Lynette Flusk évoque les maladies de l’âme que lui confient ses visiteurs : chômage, traumatisme après un viol, pauvreté… « L’estime de soi n’est pas très forte ici. Ne vous fiez pas aux paysages : les horizons sont limités. »

Une fois les soins prodigués, Mme Elizabeth Mpya et ses assistantes prennent le relais. Leur voiture, la numéro 16, est dévolue à la pharmacie. Contre une poignée de rands, ce petit bout de femme fournit anti-inflammatoires et antibiotiques. Et, dans la voiture 13, estampillée « management », M. Mazibuko rédige une synthèse de l’ensemble de ces activités à l’attention de la Phelophepa Transnet Foundation. « Les besoins sont énormes. Or nous ne repasserons pas par Wincanton avant au moins deux ans », déplore-t-il. D’ici là, les habitants peuvent se faire soigner à l’hôpital de Kuruman ; « mais c’est un désastre, assure une femme. J’ai failli mourir lors de mon accouchement ». Autre option : gagner le dispensaire de Mme Marinda Theron, à Deben. « Les docteurs manquent et les ambulances prennent leur temps », lance cette infirmière afrikaner endurcie par quatorze années de service dans ce township de six mille résidents. « Et Placido Domingo ne nous désencombre pas ! Même lui nous confie des patients… »

A Deben, on surnomme M. Domingo « The Witch » (« le sorcier »). On le trouve après avoir tournicoté dans un dédale de ruelles bordées de cabanes en tôle. Sa maison aux murs de brique tranche, par son standing, avec le reste du township. Discrètement garées sous un auvent, deux Mercedes C 230. Dans le salon, un mobilier raffiné et des enceintes stéréo. Notre hôte ne dévoile que son nom de scène, emprunté au célèbre ténor espagnol, et parle volontiers de son amour pour les musiques traditionnelles tswanas. « D’ailleurs, j’enregistre mon second disque à Kimberley la semaine prochaine ! », jubile-t-il. Mais, à Deben, M. Domingo est surtout reconnu pour d’autres talents : « J’explique les problèmes de santé par de possibles malédictions. On maudit beaucoup chez nous ! »

Pour soigner ses malades, M. Domingo revêt un tissu bariolé et des colliers de coquillages, jette dix-sept os d’agneau au sol, interprète leur disposition, puis invoque l’aide des esprits avant de prodiguer des traitements à base de fleur de lotus et de poudres d’écorce. Quatre-vingts pour cent des Sud-Africains consultent régulièrement les deux cent mille chamanes, ou sangomas, recensés dans le pays. Il n’empêche : au passage du Phelophepa, « les résidents de Deben accourent ! », assure M. Domingo. « Médecines traditionnelle et occidentale se complètent », estime-t-il. Signe d’orgueil ou de bonne santé, lui-même ne se joindra pas à eux.

Cela n’empêche pas M. Mazibuko d’être satisfait du travail accompli : « Nous avons traité cent trente-cinq patients lundi et le double le lendemain. » La fréquentation n’était pourtant pas garantie : « Les fonctionnaires locaux sont en grève, et la municipalité n’a mis aucun transport public à disposition des habitants pour les acheminer jusqu’à nous. Même l’eau promise n’a jamais été livrée. »

Plus de deux décennies après la fin de l’apartheid, la débâcle des services publics affecte cruellement le niveau de santé des Sud-Africains : espérance de vie de seulement 53,4 ans, 17,8 % de la population adulte séropositive ou atteinte du sida, 123e rang sur 187 Etats quant à l’indice de développement humain… Et, face à ces immenses défis, le pays ne peut compter que sur un seul médecin pour 4 219 habitants, soit l’un des ratios les plus faibles de la planète. « Beaucoup quittent le pays pour de meilleures conditions de travail », dit M. Mike Waters, spécialiste des questions de santé au parti d’opposition Alliance démocratique. Particulièrement touchée, la province du Cap-Nord, dont le gouvernement local vante pourtant la vision d’un « service de santé d’excellence pour tous », ne parvient pas à pourvoir 57 % de ses postes pour les médecins et 34 % pour les infirmières (3).

« Dans ma ville, le gouvernement a construit un hôpital, et vous ne trouvez pas un seul médecin à l’intérieur », dit en écho Mme Isabelle Roberts, une métisse venue de Dingleton, à une soixantaine de kilomètres, pour se faire soigner à bord du Phelophepa. Avec son budget annuel de 25 millions de rands, le train-hôpital a, depuis 1994, permis de soigner près de six millions de Sud-Africains et sensibilisé plus de vingt mille futurs médecins au défi que représentent les déserts médicaux dans un pays plus vaste que la France, l’Italie et l’Allemagne réunies. « Je dis à mes étudiants : “Essayez de retourner dans le train après l’obtention de votre diplôme”, explique Mme Coetzee. Et beaucoup le font. »

Le Phelophepa emploie également du personnel non médical : salariés à plein temps ou intérimaires recrutés dans les gares, quatre-vingts personnes œuvrent à l’intendance. Pendant que les médecins pansent les plaies de leurs compatriotes, on stocke le matériel dans le premier wagon, on lave le linge dans le deuxième et on prépare la cuisine dans le troisième, avant de la servir dans la cafétéria, en voiture 4. A l’autre extrémité de la rame, en voiture 17, deux gardes de sécurité se meurent d’ennui devant leurs écrans de contrôle. « Ce train, c’est un peu comme un sous-marin, s’amuse M. Saazi Guza, le responsable de la clinique dentaire. Nous partageons des choses très personnelles. Les gens autour de vous finissent par faire partie de votre famille. »

« Ici, vous êtes loin de votre zone de confort »

Pas sûr que M. Colin Boucher, le responsable de la logistique, embarqué dans le Phelophepa depuis dix-huit ans, partage cette opinion. Sa famille de sang, il avoue lui avoir « fait des injustices en restant dans ce train. J’ai encore douze bonnes années devant moi ici, et, pour être franc, je ne suis pas certain de tenir ! ». Mme Flusk, la responsable de la clinique psychologique, renchérit : « Ici, vous êtes loin de votre zone de confort ; les patients sont difficiles ; vous avez du mal à tenir loin des vôtres. » Puis : « Ce train, il peut vous faire ou vous défaire. »

Dimanche, jour de relâche. De la fenêtre d’une chambre s’échappe un air d’opéra, tandis que M. Mazibuko, ensommeillé après une trop courte nuit, déambule en tongs le long des voies, le regard égaré dans le Kalahari. « Vous ne pouvez même pas imaginer tout ce que nous avons vécu à bord de ce train ! », s’exclame-t-il. Derrière l’apparente routine du quotidien, il aime à rappeler la diversité des expériences : « Où que je me trouve, il me suffit de jeter un coup d’œil par mes fenêtres pour assister à la même scène : une vieille dame venue se faire examiner la vue, un homme vacillant sur sa canne, un enfant qui court... Chaque semaine, je vais revoir ces mêmes scènes ; et pourtant elles se déroulent toutes dans un lieu différent. » Lesquelles garde-t-il en mémoire ? Ses yeux s’illuminent : « Un arrêt à Mossel Bay, dans le sud du pays, avec vue sur l’océan. Ou encore une escale dans la bourgade de Mooketsi, dans la province du Limpopo, lovée sur les contreforts des montagnes du Hanglipberge. »

Quelques voitures plus loin, Mme Mpya, la responsable de la pharmacie, scrute elle aussi le veld caressé par les rayons du soleil déclinant. « Je suis optimiste ! Demain, nous repasserons par Wincanton, et il y aura un hôpital performant à quelques kilomètres, se prend-elle à espérer. Ce jour-là, nous ne servirons plus à rien… Je ne voudrais pas mourir sans avoir vu cela. »
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mer 12 Nov - 9:54

Afrique du Sud: l'explosion de la centrale syndicale Cosatu, un séisme
http://www.france24.com/fr/20141112-afrique-sud-lexplosion-centrale-syndicale-cosatu-seisme/
Un syndicat doit-il soutenir sans faille un parti au pouvoir qui ne l'écoute pas? La question est sur le point de faire exploser le Congrès des syndicats sud-africains (Cosatu), au risque de provoquer un séisme politique en déstabilisant l'ANC.

Après des mois de procès d'intentions, de petites phrases, de déclarations enflammées et d'anathèmes, la direction du Cosatu a exclu samedi le syndicat des métallos Numsa, l'une de ses 21 composantes, et la plus importante numériquement avec près de 350.000 adhérents (sur 2,2 millions).

Le Numsa ne cessait depuis plusieurs mois de critiquer la "politique néolibérale" de l'ANC, qu'il a refusé de soutenir pour les élections législatives de mai dernier. Pire, il a annoncé le prochain lancement de sa propre formation politique, d'inspiration marxiste-léniniste, qui promet une opposition radicale au parti dominant.

Sept autres syndicats ont suspendu leur participation aux instances du Cosatu par solidarité avec le Numsa, laissant présager une implosion de la centrale syndicale. Et les noms d'oiseau ont fusé, le secrétaire général du syndicat des métallos traitant par exemple celui de l'ANC de "crétin".

"Il s'agit sans conteste de l'évolution politique la plus importante de l'histoire de l'Afrique du Sud post-1994", depuis l'arrivée au pouvoir de l'ANC, estime le politologue Dale McKinley, tandis que l'économiste Raymond Parson a évoqué un "séisme politique et économique".

Depuis sa fondation en 1985 --au temps de la lutte contre le régime d'apartheid--, le Cosatu est allié à l'ANC et au Parti communiste sud-africain (SAPC), de nombreux responsables ayant une double casquette ANC-syndicat.

Et le Cosatu a toujours mis son appareil au service de ses alliés pour mobiliser les électeurs, et aussi les aider financièrement.

Mais la centrale syndicale ne cesse d'avaler des couleuvres, le grand frère ANC restant sourd à la plupart de ses revendications, de l'interdiction du recours à l'intérim au refus d'un salaire inférieur pour les jeunes en passant par la lutte contre les péages sur les grands axes du pays.

Agitation sociale

Sur le terrain, de nombreux adhérents sous-payés sont las des appels à être "raisonnables" dans leurs revendications salariales, alors que les cadors de l'ANC siègent aux conseils d'administration des grands groupes du pays. D'où un ressentiment de plus en plus sensible, d'autant que la redistribution des richesses reste un voeu pieux vingt ans après l'arrivée au pouvoir du parti de Nelson Mandela.


Le mouvement de contestation est parti des mines de platine, amplifié par le massacre de 34 grévistes par la police à Marikana (nord) en août 2012. Le syndicat radical Amcu a défié la toute puissance du Cosatu, réussissant à obtenir de plus importantes augmentations de salaires que lui. Et le Numsa lui a emboîté le pas, lançant en juillet une grande grève qui a désespéré les responsables de l'ANC alors que l'économie sud-africaine est fragile.

"Je crains que l'agitation sociale augmente en Afrique du Sud", dit l'analyste Daniel Silke, les syndicats étant selon lui de plus en plus enclins à s'éloigner des structures de négociation traditionnelle.

"Clairement, il va y avoir des rivalités intra- et intersyndicales", tandis que l'ANC "aura du mal à garder le contrôle" de la situation, juge-t-il. Une prédiction peu enthousiasmante tant les conflits sociaux peuvent être sanglants en Afrique du Sud.

Sur le plan politique, l'ANC --lui-même divisé-- est déjà confronté à une première dissidence sur son flanc gauche, avec la fondation des Combattants pour la liberté économique (EFF) du tribun populiste Julius Malema (exclu de l'ANC en 2012).

Toujours auréolé de sa victoire sur l'apartheid, l'ANC a remporté les législatives de mai avec 62,2% des voix mais les EFF ont dépassé les 6%.

"L'exclusion du Numsa permet d'espérer une alternative politique" pour les déçus de l'ANC, écrit Dale McKinley. Le "Front uni" d'extrême-gauche que propose le syndicat des métallos pourrait en particulier attirer ceux que les outrances de Malema font hésiter.

"Est-ce que l'ANC sera plus faible?", a interrogé son secrétaire général Gwede Mantashe. "Je crois qu'il n'ira pas aussi bien que quand il avait un allié fort et bien portant."
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Sam 15 Nov - 8:38

Marikana: après deux ans, la commission achève son enquête
La commission d’enquête va désormais devoir expliquer comment la police en est arrivée là, tirer sur des mineurs qui manifestaient pour une augmentation de salaire et établir les responsabilités.
Les forces de l’ordre continuent de clamer qu’il s’agissait d’autodéfense, que les mineurs étaient armés et s’apprêtaient à les attaquer. Mais la commission a entendu des témoignages bien différents. L’ordre avait été donné de masser les grévistes. De nombreux mineurs ont été abattus dans le dos alors qu’ils tentaient de fuir. Pour l’avocat des familles des mineurs, il s’agit purement et simplement d’une exécution.
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http://www.rfi.fr/afrique/20141114-marikana-apres-deux-ans-enquete-familles-attendent-reponses/
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Re: Afrique du Sud

Message  ivo le Mar 18 Nov - 9:10

Afrique du Sud: vives tensions entre l'ANC et l'opposition
Une rencontre est prévue ce mardi 18 novembre entre le vice-président Cyril Ramaphosa et l’opposition pour tenter de trouver une solution à la crise politique, après des heurts la semaine dernière au Parlement. Un incident a éclaté après un débat sur le financement de la résidence privée du chef de l’Etat Jacob Zuma, dans son village natal de Nkandla, dans l'est du pays. Jacob Zuma est accusé d’avoir utilisé plus de 17 millions d’euros d’argent public pour sa maison. Cette fois-ci l’incident a failli finir en bagarre, la police anti-émeute est intervenue et a dû expulser certains députés.
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http://www.rfi.fr/afrique/20141117-afrique-sud-vives-tensions-entre-anc-opposition-cyril-ramaphosa-jacob-zuma/
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