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les poubelles de la république

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Message  ivo le Ven 29 Oct - 11:42

Mehdi Ben Barka : le mort qui dérange toujours, 45 ans après
France Info - 05:20
C’était le vendredi 29 octobre 1965, il y a 45 ans jour pour jour. Le plus célèbre opposant marocain, Mehdi Ben Barka, était enlevé en plein coeur de Paris, devant la brasserie Lipp. Un rassemblement y aura lieu ce soir, à 18h30, selon la volonté de la veuve et des fils de l’ancien leader tiers mondiste.

Quarante-cinq ans après, cette disparition reste une énigme. Le roi Hassan II a-t-il commandité l’enlèvement ? Les services français ont-ils été complices ? La mort de l’opposant n’avait-elle pas été planifiée ? Qu’est devenu son corps ?

Beaucoup de questions restent sans réponse.


Malgré les pressions dont il ferait l’objet, un juge, Patrick Ramaël garde l’espoir de connaître un jour la vérité. Il est le huitième magistrat à hériter de ce dossier.
Il y a quelques semaines, il a réussi à mener une perquisition à la DGSE, les services secrets français. Il a fait saisir 23 dossiers classés "secret défense". Ces archives du Sdece (service de documentation extérieure et de contre-espionnage) viennent d’être déclassifiées. Hervé Morin, le ministre de la Défense, a donné son feu vert. Ces documents concernent des personnalités marocaines et d’anciens truands français qui pourraient être mêlés à l’enlèvement de Ben Barka.

Raison d’Etat

Bachir Ben Barka, l’un des fils de l’opposant à Hassan II espère que ces documents permettront de répondre aux questions que sa famille se pose depuis 45 ans. "Tant qu’on n’aura pas les réponses, on ne pourra pas faire notre deuil", assure-t-il. "Toutes les responsabilités ont-elles été établies ? Il y a eu une volonté politique, marocaine, d’éliminer mon père. Et cette volonté à trouver des complicités. Beaucoup de questions restent sans réponse car il y a une raison d’Etat qui fait que l’action de la justice ne peut pas aller jusqu’au bout. Comment se fait-il qu’aujourd’hui encore, la justice ne puisse interroger un certain nombre de personnes au Maroc ? Il y a eu des pressions !", tempête Bachir Ben Barka.

En fait, la famille Ben Barka a acquis la certitude que tout est fait pour empêcher le juge Patrick Ramaël de mener à bien ses investigations. "On tente de l’écarter car son enquête heurte les intérêts diplomatiques", dit aussi l’avocat de la famille. "Le régime actuel français est toujours très lié avec le Maroc : vacances à Marrakech, échanges, tentatives de vente d’avions au Maroc, etc. Ces relations économiques et commerciales font que Ben Barka est un mort qui gêne !", affirme maître Maurice Buttin.

Le juge, objet d’une enquête

Coïncidence ou pas, on a appris il y a quelques jours que le juge Ramaël faisait l’objet d’une enquête admnistrative à demande de la ministre de la Justice. La juge Corinne Goetzmann, membre de l’Association française des magistrats instructeurs (Afmi), y voit une tentative de destabilisation de Patrick Ramaël. "Il y a trois ans, le juge avait décerné des mandats d’arrêt contre des personnalités marocaines", raconte Corinne Goetzmann. "A cette époque, il aurait été qualifié d’irresponsable par sa hiérarchie selon un article paru dans la presse. Cela démontre bien que les actes judiciaires qu’il accomplit sont critiqués par sa hiérarchie et aussi par le politique", conclut la magistrate.

Il faut dire qu’il y a trois ans, le pouvoir avait pu s’agacer de la méthode employée par le juge. Un vrai "coup" médiatique : il avait délivré ces quatre mandats d’arrêts internationaux le jour même où le président Nicolas Sarkozy atterrissait au Maroc, accompagné par la ministre de la Justice Rachida Dati, pour un voyage officiel. Au risque de créer un incident diplomatique.

Reste qu’à la demande du Parquet, ces mandats n’ont jamais été diffusés. Ils sont bloqués depuis trois ans. "Les documents transmis à Interpol ne sont pas assez complets et pas assez motivés", nous explique-t-on à la Chancellerie.

Le juge Patrick Ramaël n’a jamais pu entendre ces personnes qu’il soupconne d’être mêlées a l’enlèvement de Ben Barka. Parmi elles, le général Hosni Benslimane, ex-capitaine, actuel chef de la gendarmerie royale, et Miloud Tounsi. Le juge a fait appel à un expert en graphologie pour prouver que Miloud Tounsi, un Marocain de 75 ans vivant à Rabat (à quelques centaines de mètres de l’avenue Ben Barka, pour la petite histoire) n’est autre que Larbi Chtouki, membre présumé du commando marocain auteur de l’enlèvement du 29 octobre 1965.

Un charnier à Rabat ?

Le juge aurait également souhaité pouvoir visiter ce que certains appellent le "PF 3", dont l’existence est niée par le Maroc. Le "point fixe 3" serait une prison secrète de Rabat, dont l’existence a été confirmée par plusieurs témoins du dossier. Selon eux, les quatre truands français mêlés à la disparitions de Ben Barka y auraient été enfermés, exécutés, puis enterrés. C’est là aussi que serait enterrée la tête de Mehdi Ben Barka, ramenée comme preuve au roi après que l’enlèvement à Paris a mal tourné.

Le juge Patrick Ramaël n’a jamais pu accéder au "PF 3", mais un grand reporter de France 3 l’a retrouvé, il l’a même filmé. Joseph Tual est le seul à avoir obtenu des images des ruines de cette ancienne prison où, selon lui, serait enterrée une centaine d’opposants à Hassan II. Un charnier sur lequel aujourd’hui poussent des orangers, entre des murs de béton et des barbelés.
Ces révélations ont valu à Joseph Tual des pressions et des menaces. "Cet endroit est la boîte de Pandore d’Hassan II, vu tous les ennuis qu’on m’a faits après avoir filmé cet endroit !", lâche le grand reporter de France Télévisions. Le journaliste marocain qui l’a aidé à localiser le "PF 3" aurait été incarcéré pendant huit mois, il n’aurait plus le droit d’exercer. Jospeh Tual a reçu des menaces verbales. Il a été le destinataire par la Poste de cercueils en papier.


Malgré ces pressions, la vérité sur les circonstances de la mort de l’opposant marocain peut encore éclater. Mais il faut aller vite. Les acteurs présumés de l’enlèvement Ben Barka qui seraient toujours en vie sont âgés. "Peu importe ce qui leur arrive", confie Bachir Ben Barka, "on ne souhaite pas qu’ils soient condamnés. Ce qu’on veut, c’est qu’ils nous apportent leur part de vérité".


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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Ven 10 Déc - 11:03

Ben Barka : encore et toujours le secret défense
FRANCE INFO - HIER, 14:21
La famille de Mehdi Ben Barka, l’opposant marocain disparu dans des conditions mystérieuses en France il y a 45 ans, est en colère. Certes, le juge Patrick Ramaël, 10e juge d’instruction dans ce dossier, a obtenu la déclassification de documents qu’il réclamait de longue date. Mais sur 484 documents "secret défense" qu’il avait demandés, il n’en a obtenu que 144... sans aucun intérêt pour l’enquête.

Le juge d’instruction chargé d’enquêter sur la disparition de Mehdi Ben Barka avait demandé à consulter les archives du SDEC (devenu DGSE, les services secrets).
Mais sur les 484 documents saisis lors de perquisitions menées cet été, seuls 144 ont été déclassifiés. Le juge aurait reçu 340 pages blanches barrées d’un "Z et sur lesquelles est inscrite la phrase suivante : "non déclassifié par décision du ministre de la Défense".

Les quelques documents déclassifiés que le juge a en sa possession, sont "inexploitables", selon Bachir Ben Barka, le fils de l’opposant marocain. Il explique à France Info que ces archives ne présentent aucun intérêt pour l’enquête. Elles seraient, pour la plupart, des coupures de journaux marocains. Sur certains documents du SDEC (devenu DGSE), les dates ont même été occultées, ce qui les rend inutilisables. "Cela fait 45 ans que la justice est menée en bateau par le pouvoir exécutif", dénonce Bachir Ben Barka.


Entrave à la justice

Pour la famille de Mehdi Ben Barka, cela signifie que la mort de l’opposant à Hassan II dérange toujours, 45 ans après. Elle y voit une nouvelle tentative d’entrave à la justice au nom, dit-elle, de la raison d’Etat.
Selon l’avocat de la famille Ben Barka, le juge est lui aussi très en colère, estimant "avoir été joué". Il aurait de nouveau, dès le 24 novembre dernier, saisi le ministre de la Défense Alain Juppé pour que l’ensemble des documents soit déclassifié.

Mehdi Ben Barka avait été kidnappé par des truands, avec la complicité d’agents secrets, devant la brasserie Lipp à Paris le 29 octobre 1965. Son corps n’a jamais été retrouvé et l’affaire jamais pleinement élucidée.


Elodie Guéguen, Gilles Halais
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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Ven 3 Juin - 13:22

Ouvéa : un ex du GIGN évoque des exécutions d’indépendantistes kanaks
FRANCE INFO - 11:00
Philippe Legorjus, ancien patron du GIGN, affirme dans le quotidien les Nouvelles Calédoniennes que des indépendantistes kanaks avaient été exécutés en 1988 lors de l’assaut de la grotte d’Ouvéa en Nouvelle-Calédonie. Deux mois après cet épisode, indépendantistes et loyalistes avaient signé les accords de Matignon.
C’est une douloureuse histoire qui revient à la Une de la presse calédonienne. A quelques mois de la sortie du film de Mathieu Kassovitz dont le scénario retrace le drame d’Ouvéa, l’un des principaux protagonistes de l’époque, sort de son silence. Philippe Legorjus était à l’époque le patron du GIGN, il a quitté la gendarmerie après l’affaire.

Ce qu’il révèle aujourd’hui dans les colonnes du quotidien les Nouvelles Calédoniennes est de nature à réveiller des tensions enfouies. Selon l’ancien gendarme en effet, l’opération "Victor" déclenchée pour libérer les otages retenus dans la grotte de Gossanah par des indépendantistes, s’est soldée par des exécutions. Deux militaires trouvèrent la mort et 19 Kanaks étaient tués, suscitant ensuite une vive controverse sur les conditions de leur mort.

"Je n’ai pas assisté aux exécutions mais j’ai vu des choses. Par exemple la manière dont Alphonse Dianou a été traité après l’assaut. Il est mort d’un manque de soins", a déclaré l’ancien militaire au quotidien calédonien. "Pour les autres (deux Kanaks, ndlr), les debriefings ont bien montré qu’il y avait eu exécution. Effectivement" , a-t-il ajouté.

Moins de deux mois après, indépendantistes kanaks et "caldoches" loyalistes avaient enterré la hache de guerre, en signant le 26 juin 1988 sous l’égide du Premier ministre de l’époque, Michel Rocard, les accords de Matignon.


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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Mar 18 Fév - 10:26

Ben Barka : l'avocat de la famille poursuivi par un suspect
http://www.franceinfo.fr/justice/ben-barka-l-avocat-de-la-famille-poursuivi-par-un-suspect-1322669-2014-02-18
Un procès ubuesque dans le cadre de l'affaire Mehdi Ben Barka, cet opposant au régime marocain enlevé à Paris en 1965 et dont on n'a jamais retrouvé le corps. Ce n'est pas un suspect mais l'avocat de la famille Ben Barka, Maurice Buttin, qui se retrouve ce mardi devant le tribunal correctionnel de Lille. Il est poursuivi pour violation du secret de l'instruction après une plainte déposée, c'est un comble, par l'un des suspects de l'enlèvement de Mehdi Ben Barka.

L'affaire avait gêné au plus haut point la diplomatie française. En octobre 2007, alors que Nicolas Sarkozy effectue un voyage d'Etat au Maroc, la presse révèle que le juge parisien en charge de l'enquête sur la disparition de Mehdi Ben Barka a lancé des mandats d'arrêt. Ils visent plusieurs personnalités marocaines et notamment l'ancien commissaire de police Miloud Tounsi.

Le juge est convaincu que derrière Miloud Tounsi se cache Larbi Chtrouki, un Marocain condamné en son absence à la perpétuité lors du procès en 1966 pour l'enlèvement de Ben Barka en 1966. Miloud Tounsi n'a jamais pu être entendu par le juge d'instruction.


Une offense pour les parties civiles

En revanche, en 2007, il a déposé plainte pour cette fuite concernant les mandats d'arrêt dans la presse française. Et c'est au titre de plaignant qu'il a donc été entendu au Maroc par un magistrat français. Le procès qui s'ouvre aujourd'hui à Lille est vécu comme une offense par les parties civiles qui se battent depuis plus de 50 ans pour connaitre les circonstances de la disparition de l'ancien opposant au roi Hassan II.
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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Ven 28 Nov - 8:38

Massacre de Thiaroye : une histoire toujours controversée, 70 ans après
http://www.france24.com/fr/focus/20141127-video-massacre-thiaroye-senegal-seconde-guerre-mondiale-camp-reportage-controversee-70-ans-apres/
Il y a 70 ans, près de Dakar, avait lieu le massacre de Thiaroye. L'armée française avait ouvert le feu contre des tirailleurs sénégalais qui réclamaient le paiement de leurs arriérés de solde. Trente-cinq d'entre eux sont morts. Cette date sombre de l'histoire de France reste un sujet sensible.

Le 1er décembre 1944, dans les environs de Dakar, l’armée française a ouvert le feu sur des tirailleurs sénégalais, regroupés dans le camp de Thiaroye, tuant 35 d'entre eux. Aujourd’hui encore, le déroulement de ces événéments reste sujet à différentes interprétations.

Selon la version officielle, il s’agissait d’une répression face à une mutinerie. Ces soldats de l’Afrique occidentale française avaient été faits prisonniers durant la Seconde Guerre mondiale par les Allemands dans des camps de travaux forcés en France. À la Libération, de retour en Afrique, ils avaient alors réclamé le paiement de leurs arriérés de solde et refusé de quitter le camp.


Soixante-dix ans après, une historienne a ouvert les archives de ce que François Hollande a qualifié en 2012 de "part d’ombre de l’histoire de France".
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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Lun 1 Déc - 8:51

Massacre de Thiaroye : 70 ans après, les zones d’ombres demeurent
http://www.france24.com/fr/20141128-massacre-thiaroye-commemoration-senegal-dakar-tirailleurs-armee-france-polemique-historien/
Il y a 70 ans, l'armée française faisait feu près de Dakar sur des tirailleurs sénégalais réclamant leurs soldes. Alors que certains veulent une réhabilitation de ces soldats, cette histoire longtemps occultée est toujours source de polémiques.

Au petit matin du 1er décembre 1944, dans le camp de Thiaroye, près de Dakar, l’armée française réprime dans le sang le mouvement de protestation de tirailleurs sénégalais (un terme qui désigne des soldats originaires de plusieurs régions de l’Afrique occidentale française) Alors que ces hommes réclament le paiement de leurs soldes, correspondant à leurs années de captivité par les Allemands en France durant la Seconde Guerre mondiale, leurs frères d’armes ouvrent le feu, faisant 35 morts.

Soixante-dix ans après, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) a annoncé jeudi 27 novembre avoir lancé deux actions en justice contre l'Etat français pour obtenir "révision et réparation". Longtemps passé sous silence, ce massacre suscite toujours de nombreuses interrogations parmi les historiens. Auteur d’une thèse à ce sujet à l’École des hautes études en sciences sociales (EHESS), Martin Mourre explique à France 24, les zones d’ombres qui subsistent autour de cet épisode polémique de l’histoire de France.

France 24 : Que s’est-il exactement passé le 1er décembre 1944 ?
Martin Mourre : Les historiens ne sont pas sûrs du déroulement exact des événements. Des tirailleurs sénégalais ont été prisonniers de guerre pendant quatre ans en France à partir de 1940. Après la libération, l’armée les fait rentrer à Dakar en novembre 1944. Ils doivent alors toucher leurs soldes, le salaire pour les militaires. L’armée française doit leur payer ¼ de ce montant à l’embarquement en France et les ¾ restants à l’arrivée au Sénégal. Ils arrivent le 21 novembre et avant de retourner dans leur pays d’origine, ils sont regroupés à Thiaroye, un camp militaire qui existait depuis la Première Guerre mondiale. Ils sont en voie de démobilisation, mais il semble que l’armée n’a pas l’intention de payer les ¾ restants. Il y a un mouvement de protestation de la part des tirailleurs qui refusent de repartir chez eux. Cela occasionne la visite du général Dagnan le 28 novembre qui leur assure plus ou moins qu’ils seront payés. Mais la veille du 1er décembre, ce général met sur pied une force de répression, dont les automitrailleuses vont tirer le lendemain sur les hommes qui sont regroupés à cet endroit.

France 24 : Soixante-dix ans après ces faits, cette histoire reste toujours très sensible. Quelles en sont les raisons ?
Martin Mourre : Il y en a plusieurs. Comme l’a aussi montré l’historienne Armelle Mabon, les archives dont on dispose sont celles de l’autorité coloniale et militaire. Ce qui apparait assez clairement, même si je ne peux pas le prouver, c’est qu’il s’agit d’archives falsifiées. L’autorité militaire, qui ordonne la répression, est bien obligée de maquiller ce qu’elle a fait pour se justifier vis-à-vis de sa hiérarchie et du pouvoir civil à Dakar et en métropole. Dans ces documents, il y a suffisamment de contradictions qui apparaissent. Sur la question des soldes, il y a un écrit postérieur au 1er décembre où il est inscrit que les soldes devaient être payés en totalité à l’embarquement en France. Du point de vue de l’autorité militaire, ils montrent ainsi qu’ils étaient dans leur bon droit. Ils affirment qu’il n’y avait pas de problème de soldes et que ce sont des tirailleurs qui ont réclamé plus et qu’ils étaient donc en état de rébellion avancée. La répression était alors légitime. Il y a d’autres documents antérieurs qui montrent au contraire que l’autorité coloniale ne s’est pas acquittée de ce qu’elle devait aux soldats.

Mais ces derniers étaient en fait dans leur bon droit. Après la répression, les autorités militaires ont désigné des tirailleurs comme des meneurs de la rébellion. Il y a un procès qui s’est tenu en mars 1945. Quand on regarde les archives, on constate des choses complètement improbables. On a notamment raconté que des tirailleurs avaient été gangrénés par la propagande allemande et qu’on avait retrouvé dans leurs affaires des photos d’Hitler.

France 24 : L’historienne Armelle Mabon estime qu’il s’agit d’un massacre prémédité. Partagez-vous cette opinion ?
Martin Mourre : Je n'en suis pas certain. Il y a des faisceaux d'indices qui pourraient aller dans ce sens là. Notamment le fait qu’il s’agissait d’une force de répression lourdement armée et qui a encerclé le camp au petit matin. A priori ce n’était pas seulement pour remettre les soldats au pas, mais aussi dans l’idée de faire quelque chose de plus grave. Dans son rapport, le général Dagnan a aussi expliqué avoir été pris en otage par les tirailleurs, ce qui justifie selon lui la mise en place de la répression. Cela parait un peu excessif. Cela rappelle l’affaire Firmin Mahé, cet Ivoirien tué par des militaires français (le chef présumé d'une bande armée en mai 2005, NDLR). Ces derniers ont dit qu’ils avaient eu un ordre de la part de leur supérieur hiérarchique, le général Poncet, qui a toujours nié. A Thiaroye, on est aussi dans un ordre oral. Il n’y a pas d’ordre écrit qui dirait "ouvrez le feu". C’est aussi le langage de l’armée de dire "Allez-y " sans que cela soit un ordre. Sur la préméditation, la question se pose donc franchement, mais cela reste à éclaircir.

Une autre zone d’ombre concerne le bilan. Tout le monde aligne des chiffres différents. Il y a un chiffre officiel qui est de 35 tués. Il n’y a pas beaucoup d’éléments pour avancer un autre chiffre. On a le nom de 11 personnes qui sont mortes des suites de leur blessure. On n’a pas la liste des 24 autres, ni le lieu de leur inhumation.

France 24 : De nouvelles actions en justice ont été lancées pour obtenir un procès en révision. Pensez-vous que cela soit une bonne idée ? Estimez-vous au contraire que le président français François Hollande avait fait un premier pas en 2012 lors de son discours à Dakar en proposant de donner les archives sur Thiaroye au Sénégal ?
Martin Mourre : Je pense que la proposition de donner les archives au Sénégal n'est pas satisfaisante car ce serait pour les donner au musée du mémorial qui est en construction. Pour moi, les archives ont plus vocation à être étudiées par les historiens qu'à être exposées comme des trophées. Sur la question de la réouverture, j'ai du mal à me positionner. Je ne suis pas totalement convaincu non plus. Je pense qu'il y a beaucoup d'autres actions en réparations à mener, que ce soit d'un point de vue symbolique comme financer un musée au Sénégal ou faire une place Thiaroye à Paris. En repassant par l'institution judiciaire, je me demande ce que cela implique. Est ce qu'on est sur une réhabilitation commune de tous les tirailleurs qui ont été condamnés ? Dans ce cas là, est ce qu'on a besoin de refaire un procès et donc de passer par la cour de cassation ? Si on va jusqu'au bout, il faut aussi trouver les commanditaires et les coupables, donc des officiers français. Je me demande tout simplement si la polémique de l'histoire a sa place dans un tribunal.

France 24 : Pourquoi tant de silence au sujet de ce massacre ?
Martin Mourre : Il y a eu clairement des volontés à différents niveaux de cacher cela. Ça se comprend du point de vue de l’autorité militaire. Le film "Camp de Thiaroye" (du réalisateur sénégalais Ousmane Sembène en 1988, NDLR) n'a pas été diffusé en France alors qu'il avait été primé au festival de Venise et qu'il a eu de très bonnes critiques. Les réseaux de distribution ne l'ont pas acheté. L'armée française avait dénoncé à l’époque l'exagération du film même si c'est une œuvre de fiction, tourné 45 ans après les faits.

Il est vrai que la question du passé est compliquée en France, tout particulièrement concernant Vichy et la Seconde Guerre mondiale. La question coloniale est aussi sensible. La Guerre d'Algérie reste encore très présente. Il peut y avoir des volontés d'occultations sur Thiaroye en particulier, mais il faut savoir que cela a été commémoré ces dernières années au Sénégal. En 2004, on avait déjà eu une première déclaration d'un ambassadeur spécial français qui avait été dépêché par Jacques Chirac en et qui avait reconnu Thiaroye à un niveau étatique et officiel.
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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Mar 9 Déc - 8:52

Le sang des Tirailleurs : Thiaroye 1944-2014
Fin novembre 1944, des prisonniers de guerre africains rescapés des mobilisations et des combats de 1939-1940 (campagne de France) et 1942-1944 (campagne d’Afrique et débarquement en Provence) sont rapatriés en AOF. Les 1280 premiers « tirailleurs sénégalais » originaires des territoires d’AOF sont internés au camp de Thiaroye, à quelques kilomètres de Dakar. L’objectif est de les démobiliser dans le contexte général du « blanchiment » de l’armée française. Le rapatriment de ces premiers prisonniers a été rapide car ils étaient détenus en France dans des frontstalag, à la demande du IIIe Reich qui par racisme ne voulait pas d’Africains (même parmi les prisonniers de l’armée française) en Allemagne.

Ces soldats africains libérés (car on oublie trop facilement qu’ils sont avant tout des soldats) devaient toucher leur solde avant leur démobilisation : celle-ci se compose des arriérés de solde depuis leur mobilisation, leur prime de démobilisation et leurs économies de la période du frontstalag. L’administration coloniale refuse à nombre d’entre eux de leur verser cet argent à l’embarquement et leur promet de régulariser la situation en Afrique. Quelques centaines de soldats africains manifestent leur refus d’embarquer dans ces conditions (notamment en Bretagne, puis à l’escale de Casablanca). Quelques maigres avances, notamment une prime de 1500 francs de mauvaise augure, sont effectuées en octobre 1944.

Le 21 novembre 1944, à leur arrivée en AOF, leur solde s'est considérablement amoindrie. Le 28 novembre 1944, l’administration coloniale procède à des conversions arbitraires de francs métropolitains en francs CFA des montants de démobilisation. Un groupe de tirailleurs, qui devaient regagner Bamako et le Soudan français, refusent de prendre la route. Le général Dagnan vient à leur rencontre au camp de Thiaroye le 30 novembre 1944. Il est pris à partie. L'affaire vire à la mutinerie selon la hiérarchie militaire. Le général Dagnan décide alors de recourir à la force.

Après avoir fait encercler le camp de Thiaroye par des éléments de gendarmerie et des soldats de régiments coloniaux appuyés par un char léger et deux automitrailleuses, le général Dagnan donne l’assaut. Le bilan officiel dressé au lendemain des événements fait finalement état de 70 morts (24 morts le jour de l'assaut et 46 blessés qui décèdent finalement à l'hôpital).

L’affaire ne s’arrête pas là, en ce début de crépuscule impérial synonyme d’autoritarisme et de brutalités coloniales : en mars 1946, 34 tirailleurs survivants des événements du 1er décembre 1944 sont jugés. Ils sont condamnés de 1 à 10 ans de prison, à une amende et ils perdent leurs droits à l’indemnité de démobilisation... cause initiale de leur mécontentement. En 1947, Vincent Auriol les gracie lors de sa visite à Dakar. Élement peu connu de la IVe République, le président Auriol est en cette année 1947 très inquiet du tour de vis autoritaire des pouvoirs coloniaux. Cependant, après 1947 à Dakar, la plaie reste ouverte : ni les soldats graciés ni leurs veuves n’ont reçu de pension. 70 tirailleurs sont morts sous les balles françaises, onze mois après le discours de Brazzaville.
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Si avec les archives le politique espère apaiser les mémoires contemporaines, l’historien sait, lui, que les archives ne disent nécessairement pas la vérité du passé.
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http://libeafrica4.blogs.liberation.fr/mon-blog/2014/12/le-sang-des-tirailleurs-thiaroye-1944-2014.html

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Re: les poubelles de la république

Message  ivo le Jeu 12 Fév - 11:11

La CIA peut-elle relancer l’enquête sur l’affaire Robert Boulin ?
En 2009 Benoît Collombat a la confirmation par la CIA que le renseignement américain dispose d’un dossier sur la mort de Robert Boulin, qui ne peut pas être communiqué “pour des raisons de défense nationale ou de politique étrangère”.
“C’est une affaire qui depuis le début n’est pas traitée judiciairement mais politiquement, car c’est une affaire politique”, remarque Benoît Collombat. En 2010 Michèle Alliot-Marie, alors Garde des Sceaux, avait d’ailleurs estimé lors d’un déplacement à Libourne que le dossier était “clos” avant même que le procureur général de Paris, François Falletti, ne se soit prononcé sur sa potentielle réouverture. On avait alors découvert que des scellés judiciaires avaient disparus de manière rocambolesque.
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http://www.lesinrocks.com/2015/02/11/actualite/la-cia-peut-elle-relancer-lenquete-sur-laffaire-robert-boulin-11561491/
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