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Message  ivo le Jeu 30 Déc - 12:34

Côte d'ivoire: "au bord du génocide"'
Avec Reuters
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/12/30/97001-20101230FILWWW00361-cote-d-ivoire-au-bord-du-genocide.php
La tension et la situation politique en Côte d'Ivoire ont placé le pays "au bord du génocide", a dit son nouvel ambassadeur aux Nations unies. Il y a eu "des violations massives des droits de l'homme" lorsque 170 personnes au moins sont mortes dans les manifestations post-électorales, a dit Youssoufou Bamba, nommé par Alassane Ouattara.

"Par conséquent, l'un des messages que j'essaie de faire passer dans mes conversations, c'est que nous sommes au bord du génocide. Il faut faire quelque chose", a dit Bamba lors d'une conférence de presse.
Ouattara est considéré comme le nouveau président par la commission électorale et la communauté internationale mais le président sortant Laurent Gbabo revendique lui aussi la victoire, soutenu par le conseil constitutionnel ivoirien.

Les ambassadeurs nommés par Ouattara, dont la nomination est en cours, sont désormais les seuls reconnus par les pays de l'Union européenne et par les Nations unies.
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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  spike le Jeu 30 Déc - 14:28



Le camp Gbagbo appelle à l'assaut contre le QG de son rival
201 réactions

Des partisans de Gbabo, le 29 décembre à Abidjan. (Reuters)



Les partisans de Laurent Gbagbo ont appelé mercredi à prendre d’assaut le quartier général de son rival Alassane Ouattara à Abidjan (à lire: reportage de notre envoyé spécial), protégé par les Casques bleus de la mission onusienne en Côte d’Ivoire, qui a dénoncé les «appels à la haine» à son encontre.

Après avoir reporté - en signe d’apaisement durant les négociations diplomatiques en cours - un grand rassemblement prévu ce mercredi à Abidjan, le leader des «jeunes patriotes» pro-Gbagbo a signifié que l’heure de l’affrontement était proche, à l’issue d’un mois de crise née de la présidentielle du 28 novembre.

«Au-delà du 1er janvier, moi Charles Blé Goudé et les jeunes de Côte d’Ivoire, allons libérer le Golf Hôtel les mains nues», a-t-il lancé devant quelques milliers de partisans.

Reconnu président sur le plan international, Alassane Ouattara est retranché avec son gouvernement dans cet hôtel de luxe soumis à un blocus des forces pro-Gbagbo. Le «Golf» est protégé par des éléments de l’ex-rébellion alliée à Ouattara et par les 800 Casques bleus de la mission onusienne, l’Onuci.

L'ONU accuse la chaîne de télé, RTI

Au lendemain d’une attaque contre un convoi de l’Onuci, au cours de laquelle un Casque bleu a été blessé, l’ONU a accusé la télévision d’Etat RTI, contrôlée par le régime Gbagbo.

Selon Alain Le Roy, chef des opérations de maintien de la paix aux Nations unies, la chaîne relaie des «appels à la haine» contre cette force de quelque 9.000 hommes, dont le président sortant a exigé le départ.

Alors que la crise post-électorale a été marquée par des violences meurtrières, l’ambassadeur nommé par Ouattara aux Nations unies, Youssouf Bamba, a sonné l’alarme. «Nous sommes à deux doigts d’un génocide. Il faut faire quelque chose», a-t-il exhorté, demandant à l’Onuci de protéger les civils.

Au moins 173 personnes ont été tuées selon l’ONU autour de la mi-décembre. Le gouvernement Gbagbo a évoqué un bilan de 53 morts depuis fin novembre, dont 14 membres des Forces de défense et de sécurité (FDS, loyales au sortant).

Les émissaires de l'Afrique de l'Ouest «y retournent le 3 janvier»

Dans ce contexte intérieur très tendu, l’Afrique de l’Ouest a cependant privilégié la négociation, même si elle se préparait à une éventuelle opération militaire pour chasser Gbagbo.

«Nous discutons toujours», a déclaré le chef de l’Etat nigérian Goodluck Jonathan, président en exercice de la Communauté économique des Etats d’Afrique de l’Ouest (Cédéao, 15 pays).

Mandatés par l’organisation régionale, les présidents béninois Boni Yayi, sierra-léonais Ernest Koroma et capverdien Pedro Pires étaient venus voir mardi Gbagbo à Abidjan pour lui adresser un ultimatum: céder le pouvoir ou prendre le risque d’une intervention armée ouest-africaine.

Les émissaires «y retournent le 3 janvier», a annoncé Jonathan devant la presse, après un entretien avec Koroma et Pires dans la capitale fédérale nigériane Abuja.

«Quand il y a une dispute, c’est le dialogue qui résout tous les différends, ce dialogue est en cours», a expliqué le président Jonathan.

L'option d'une intervention militaire?

Une intervention militaire «semble, heureusement, écartée pour le moment», a déclaré Jorge Borges, secrétaire d’Etat capverdien aux Affaires étrangères.

L’usage de la force restait toutefois possible puisque les chefs d’état-major des pays de la région se sont réunis mardi et mercredi à Abuja pour évoquer le dossier ivoirien.

Selon un haut responsable militaire, la réunion était notamment consacrée à «la question de la logistique». «La Cédéao souhaite envoyer une force de 2.000 à 3.000 hommes», a indiqué une source diplomatique, tout en s’interrogeant sur sa capacité à y arriver.

«L’option militaire reste sur la table», en a conclu le porte-parole du gouvernement Ouattara, Patrick Achi.

La pression internationale restait forte sur le pouvoir en place. L’Union européenne va porter à 61 le nombre de proches de Gbagbo qui seront interdits de visas, selon une source diplomatique.

Sur le terrain, après l’appel à la grève générale du camp Ouattara, l’activité était assez peu affectée dans certains quartiers d’Abidjan, mais dans d’autres la métropole avait des airs de ville morte, entre commerces fermés et circulation quasi-inexistante.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/01012310710-le-camp-gbagbo-appelle-a-l-assaut-contre-le-qg-de-son-rival
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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  ivo le Jeu 30 Déc - 17:35

Bongo et la France : corruption, mode d'emploi
http://www.rue89.com/2010/12/30/bongo-et-la-france-corruption-mode-demploi-182926

Que Bongo ait financé des politiques français, WikiLeaks ne fait que le confirmer. Voici le circuit de la « Bongo connection ».

Dans la tumultueuse histoire franco-africaine, la révélation de WikiLeaks sur la corruption de feu Omar Bongo n'est pas vraiment une nouveauté. Par contre, elle vaut par sa précision : détourner de l'argent d'une banque centrale africaine, avec la complicité du personnel, pour financer les campagnes électorales françaises. Revue de détail des mille et une manières de corrompre son prochain.

Certaines coïncidences tombent bien. Arrivé au pouvoir suprême en décembre 1967, Albert Bernard Bongo ne connaîtra que brièvement la main de fer du général de Gaulle, dernier chef d'Etat français à limiter les pratiques de corruption de la vie politique. Deux événements vont alors précipiter le phénomène et faire entrer la vie politique dans une nouvelle ère :

le départ de de Gaulle de l'Elysée en 1969 ;
le premier choc pétrolier en 1973, qui transforme le Gabon en émirat pétrolier.
1975 : une banque taillée sur mesure, la Fiba
Le « canal historique » de la corruption est élaboré par le « clan des Gabonais », rassemblement homogène d'anciens des services secrets (Maurice Robert, Maurice Delauney) et des dirigeants d'Elf-Aquitaine (Pierre Guillaumat, André Tarallo).

En 1975, il créé une banque, la French international bank of Africa (Fiba). L'établissement n'aura que trois succursales (Libreville, Paris et Brazzaville) et une activité principale : gérer la PID (provision pour investissement diversifiée), l'argent du pétrole.

La Fiba joue le rôle de collecteur et de redistributeur :

soit elle alimente d'autres comptes bancaires, en Suisse, aux Etats-Unis ;
soit elle met à disposition de ses clients (famille Bongo et amis) des sommes en liquide, à retirer directement aux guichets
L'hôtel Meurice, rendez-vous des obligés
Omar devenu El Hadj Bongo en 1973 -pour se rapprocher des pétro-monarchies du Golfe-, dispose d'un somptueux hôtel particulier à Paris. Pourtant, il préfère de plus en plus séjourner à l'hôtel Meurice, un « quatre étoiles » luxe devant le jardin des Tuileries.

Le rituel est immuable : toute la classe politique française, gauche et droite confondues, demande audience à ce politique qui connaît sa géographie électorale sur le bout des doigts. Pas une cantonale partielle qui n'échappe à sa vigilance. L'audience signifie deux choses :

être adoubé lorsque l'on est dans la catégorie « jeunes espoirs » ;
pour les poids lourds, être financé en période de campagne électorale.
Chacun repart avec une enveloppe (jeunes espoirs) ou une valise (poids lourds) remplies de cash. En février 2002, la méthode vaudra au ministre des Affaires étrangères, Jean Ping, d'être dévalisé par un rat d'hôtel. Sa mallette contenait 150 000 euros et 150 000 dollars en petites coupures !

Utiliser au mieux les circuits off-shore
Dans les années 80 et 90, la corruption suit les routes de la mondialisation financière. Circuits de plus en plus sophistiqués, recours aux plus grandes banques d'affaires, mais surtout coupe-circuits en tout genre pour qu'aucun juge ne soit en mesure de remonter la trace de l'argent détourné.

Pascaline Bongo, fille préférée mariée au grand argentier du régime Paul Toungui, est alors chargée de gérer l'ensemble de ses avoirs dissimulés sous la forme de placements mobiliers et immobiliers. Un rapport du Sénat américain montre que le dictateur est client de la Citibank depuis 1970. Aux Etats-Unis, c'est un Français, Alain Ober, qui gère ce patrimoine familial. Bongo dispose de comptes un peu partout : Bahreïn, Paris, Luxembourg, Londres, Genève et New York.

En 1985, il acquiert une off-shore : Tendin Investments Limited située au Bahamas, par laquelle transite une grande partie des 130 millions de dollars détournés des caisses publiques. Cela permet à la famille de financer son train de vie. En 1995, un virement de 1,6 million de dollars vient couvrir les frais de la délégation gabonaise qui participe au 50e anniversaire de l'ONU. Coût de ces services très spéciaux : un million de dollars par an.

L'enquête du Sénat US obligera Bongo à déménager sa fortune vers des cieux plus cléments et à « privatiser » encore plus sa gestion, en la confiant à son conseiller spécial Samuel Dossou Aworet.

Oscar, un service privé suisse sur mesure
Pendant des années, Elf-Aquitaine a aussi utilisé les services d'Oscar pour financer directement la classe politique française. L'explication avait été livrée lors du procès Elf. Le système fonctionnait de la manière suivante : une société basée en Suisse répondait sur un simple coup de téléphone d'Alfred Sirven, l'éminence grise de la compagnie pétrolière :

« J'ai besoin de tant, demain à Paris.

– D'accord, le code sera un demi-ticket de métro. »

Le lendemain, un porteur de valises se présentait dans ses bureaux de l'avenue Georges-V, exigeant le demi-ticket de métro (expédié en parallèle) en échange du colis : une valise pleine de billets. Il ne restait plus aux bénéficiaires qu'à passer à l'office du généreux distributeur.

Ce principe peut sembler archaïque, mais en réalité nul n'a trouvé mieux depuis que la corruption existe. La coupure physique permet de se mettre à l'abri de toute menace et de tout chantage.

Braquer directement la banque centrale
Avec les dernières révélations des télégrammes diplomatiques américains mis en ligne par WikiLeaks, la logique est respectée. La corruption est désormais au cœur même des circuits financiers, puisque ce sont les propres dirigeants de la Banque des Etats d'Afrique centrale (BEAC) qui détournent l'argent au profit d'un financement politique.

Telle qu'elle est détaillée par l'ambassadeur Janet Garvey, l'opération menée au moment de la mort d'Omar Bongo consiste :

soit à se faire des chèques entre eux pour placer les fonds ailleurs ;
soit à profiter de la complicité d'une banque (la Société Générale) sur un placement à risque pour « noircir » de l'argent propre.
Dans les deux cas, le ministère français des Finances est au courant, puisque la direction du Trésor a un représentant au sein du comité d'audit de la BEAC qui lève le lièvre. Qu'a fait l'Etat français ? Les haut fonctionnaires ont-ils dénoncé ces manœuvres ? On attend la réponse.

Photos : Omar Bongo à Matignon en mai 1999 (Philippe Wojazer/Reuters) ; l'hôtel Meurice à Paris (Grenouille vert/Wikimedia Commons/CC).

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► WikiLeaks : Bongo aurait financé Sarkozy et Chirac
► Tous les articles sur la famille Bongo
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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  spike le Ven 31 Déc - 15:24


Paris recommande aux familles françaises de quitter la Côte-d'Ivoire
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La France a recommandé vendredi le départ des familles françaises avec enfants résidant en Côte d’Ivoire et a annoncé le report de la rentrée scolaire dans les écoles françaises prévue en janvier, selon un communiqué du ministère des Affaires étrangères.

Le gouvernement avait déjà recommandé le 22 décembre à «tous les Français qui le peuvent de quitter provisoirement la Côte d’Ivoire», invoquant une «mesure de précaution» et de «prudence».

«Bien que les ressortissants étrangers ne soient pas jusqu’à présent directement menacés, les autorités françaises renouvellent leur conseil de différer les projets de voyages vers la Côte d’Ivoire», explique vendredi dans un communiqué la porte-parole adjointe du ministère, Christine Fages.

Les autorités recommandent aussi «à tous les Français qui le peuvent, notamment aux familles avec enfants, de quitter provisoirement la Côte d’Ivoire dans l’attente d’une normalisation de la situation», ajoute la porte-parole, rappelant que ce pays «connaît, depuis le second tour de l’élection présidentielle du 28 novembre, une crise politique aiguë».

«Dans ce contexte et par mesure de précaution, la rentrée des écoles françaises, prévue le 5 janvier prochain, est reportée au 17 janvier», poursuit le Quai d’Orsay, qui fera un «nouveau point» de la situation dans la semaine du 10 janvier.

Quelque 14.000 ressortissants français, parmi lesquels la moitié de bi-nationaux, étaient enregistrés en Côte d’Ivoire avant les violences post-électorales, qui ont fait 179 morts depuis la mi-décembre selon l’ONU.

Plusieurs centaines d’entre eux ont déjà quitté le pays après les affrontements meurtriers survenus entre partisans du président sortant Laurent Gbagbo et son rival du second tour à la présidentielle, Alassane Ouattara.

Une grande partie de la communauté internationale, notamment l’ex-puissance coloniale française, appelle Laurent Gbagbo, proclamé élu par le Conseil constitutionnel, à céder la présidence à son rival, déclaré vainqueur par la commission électorale.

(Source AFP)

http://www.liberation.fr/monde/01012310995-cote-d-ivoire-paris-recommande-le-depart-des-familles-francaises
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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  spike le Dim 2 Jan - 14:32



Côte-d'Ivoire: Laurent Gbagbo accuse l'ONU d’avoir «tiré sur des civils»

Le président sortant ivoirien Laurent Gbagbo a accusé samedi l’Opération des Nations unies en Côte d’Ivoire (Onuci) d’avoir «tiré sur des civils», et a de nouveau exigé son départ du pays. «Effectivement, l’Onuci a tiré sur nos concitoyens, deux de nos concitoyens que vous avez vus à la télévision, qui sont aujourd’hui à l’hôpital militaire d’Abidjan», a déclaré M. Gbagbo à la télévision publique RTI.

Il faisait référence à un incident qui a impliqué mercredi à Abidjan des Casques bleus à une foule hostile à Abobo (nord). L’Onuci avait alors formellement démenti avoir tiré sur la foule.

Ce n’est pas le rôle des forces de l’ONU de tirer sur les citoyens, ce n’est même pas leur rôle de faire la guerre. Leur rôle est de rassurer, or, depuis un moment, elles ne rassurent plus», affirmé M. Gbagbo. «Aujourd’hui, quand l’Onuci tire sur des civils, ce n’est pas normal et c’est pourquoi je demande leur départ», a-t-il dit. «Je demande vraiment le départ de l’Onuci et le départ de la Licorne qui les accompagne», a-t-il insisté.

L’Onuci, composée de 9.000 hommes, est appuyée par 900 soldats français de l’opération Licorne. «J’ai lancé l’appel pour qu’on les laisse tranquilles, nous avons demandé leur départ par la voie diplomatique, nous allons obtenir leur départ définitif par la voie diplomatique, mais il faut qu’ils partent» parce que, «sinon, les dérapages de ce genre vont aller en grandissant, et nous ne pouvons pas l’accepter», a-t-il dit.

Casque bleu avait été blessé à la machette

Le 18 décembre, M. Gbagbo avait déjà exigé «le départ immédiat» de l’Onuci et de Licorne, accusées d’avoir pris partie pour le camp de son adversaire Alassane Ouattara et de le soutenir militairement.

Depuis cette demande, plusieurs incidents se sont produits entre les patrouilles de l’Onuci et des civils à Abidjan. Mercredi, l’Onuci a affirmé qu’elle avait subi des tirs dans le quartier d’Abobo et qu’elle avait répliqué par des «tirs de sommation».

La veille, un Casque bleu avait été blessé à la machette et un véhicule incendié lors de l’attaque d’un convoi par une foule dans le quartier de Yopougon (ouest).

La RTI, contrôlée par le régime de Laurent Gbagbo, a affirmé qu’à Abobo, la patrouille avait tiré sur la foule et blessé des civils. Elle avait montré des images de gens blessés, présentés comme les victimes de l’Onuci.

L’ONU avait dénoncé des «appels à la haine» de la RTI contre sa mission, exprimant «son indignation» devant ses «manoeuvres destinées à inciter une partie de la population à la haine pour l’empêcher de se concentrer sur son travail au service du peuple ivoirien». Elle avait rappelé «qu’elle n’est en guerre contre personne», appelant «toutes les parties au calme, à la sagesse et à la sérénité pour une sortie de crise définitive.»

(Source AFP)
http://www.liberation.fr/monde/01012311131-cote-d-ivoire-laurent-gbagbo-accuse-l-onu-d-avoir-tire-sur-des-civils
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Message  ivo le Lun 3 Jan - 22:05

Vergès à Abidjan : « La France préparait une agression »
Par Chloé Leprince | Rue89 | 31/12/2010 | 13H25
http://www.rue89.com/2010/12/31/verges-a-abidjan-la-france-preparait-une-agression-183100

Jeudi matin très tôt, l'avocat français Jacques Vergès a atterri à Abidjan aux côtés de Roland Dumas. L'avocat controversé, connu pour avoir défendu Klaus Barbie, Slobodan Milosevic ou Tarek Aziz, et l'ancien ministre des Affaires étrangères et ex-président du Conseil constitutionnel, ont été invités par le président sortant Laurent Gbagbo. (Voir les sujets de BFM TV et d'i>Télé)






Ils rejoignent le – petit – cortège disparate des conseillers blancs qui ont en commun de s'affairer sur place à réhabiliter le sortant tout en venant d'horizons aussi divers que les anciens réseaux africains du RPR (Jean-François Probst, proche de Jean Tiberi) ou l'entourage de Jean-Marie Le Pen (Me Marcel Ceccaldi, avocat du leader frontiste).

La présence de Roland Dumas s'inscrit quant à elle dans la lignée des relations de soutien entretenues durablement par le PS français avec Gbagbo – qui est membre de l'Internationale socialiste. Même si le gros des socialistes français se tient aujourd'hui à une distance prudente de celui qu'ils ont largement aidé à s'installer au pouvoir, certains, comme Henri Emmanuelli, ne désavouent pas ce lien.

Un mois après l'annonce des résultats, Laurent Gbagbo refuse toujours de céder le pouvoir à son rival Alassane Ouattara en dépit des injonctions de la communauté internationale. Ce sont ces injonctions, et notamment la position pro-Ouattara de la France, que dénonce Jacques Vergès.

Interviewé par téléphone par Rue89 alors qu'il se trouve à Abidjan, l'avocat français ne se place pas dans une perspective d'apaisement.

Rue89 : Ce séjour est-il le début d'une longue série ? Préparez-vous une éventuelle défense de Laurent Gbagbo devant une juridiction internationale ?

Jacques Vergès : Je suis arrivé jeudi matin, je repars sans doute samedi soir. Je passerai le réveillon sur la lagune.

Nous reviendrons en effet : nous sommes venus à la demande du président Gbagbo, et parce que nous voulions nous informer de la situation pour ensuite agir en France.

« Agir en France » en vue d'un apaisement impliquerait un rôle d'intermédiaire avec les autorités françaises, peu acquises à ce jour à la cause de Laurent Gbagbo. Vous placez-vous dans cette perspective ?

Les autorités françaises ont des oreilles si elles veulent écouter. Agir en France signifie surtout tenir des conférences de presse et rendre compte de ce nous constatons sur place.

On affirme à Paris que le président sortant a été battu aux élections, or c'est complètement faux. J'ai rendez-vous ce vendredi après-midi avec le Conseil constitutionnel ivoirien pour voir des documents qui permettent de prouver le contraire.

Le Conseil constitutionnel ivoirien est clairement favorable à Laurent Gbagbo depuis l'issue du scrutin…

Il existe des pièces, que je compte bien ramener en France, qui permettent de prouver que Laurent Gbagbo a remporté les élections.

Il s'agit d'un coup d'Etat électoral organisé par le représentant de la France et le représentant des Etats-Unis en Côte d'Ivoire, qui ont pris par la main le responsable de la Commission électorale indépendante (CEI) [qui donne Ouattara vainqueur depuis le 3 décembre, ndlr] et l'ont conduit tout droit à l'hôtel du Golf [le quartier général d'Alassane Ouattara].

Dans quel but, selon vous ?

Mais, bien sûr, en vue d'une agression qui se préparait de longue date.

Etes-vous en mesure d'étayer l'hypothèse d'une telle agression ?

Absolument. Une agression militaire est préparée par la France et les Etats-Unis afin de placer un gouvernement fantoche en Côte d'Ivoire comme dans tant d'autres pays où des gouvernements de tirailleurs servent les intérêts français et américains sans mot dire.

15 000 Français vivent en Côte d'Ivoire dans de bonnes conditions. Le gouvernement a donné l'eau à Bouygues, le pétrole à Total, le port à Bolloré, mais les représentants ivoiriens voudraient bien être traités d'égal à égal.

On dit qu'Obama et Sarkozy on téléphoné à tel ou tel… mais comment prendrait-on en France que le président du Nigéria appelle au sujet des Roms ? Tous les chefs d'Etat africains n'acceptent pas d'être traités au rang de domestiques.

La question reste toutefois la légitimité du gouvernement. Avant de vous rendre à Abidjan, vous estimiez qu'on aurait pu attendre pour organiser ces élections. Avez-vous radicalisé votre position ?

Ce que j'ai dit, c'est que les élections ne résolvent pas un conflit, mais confirment un consensus. On a voulu passer en force, c'était là la grande erreur.

C'est pourtant Laurent Gbagbo lui-même qui a accepté ces élections, pensant les gagner…

Il a accepté et il les a gagnées ! C'est un coup d'Etat électoral et les forces de l'ONU se comportent comme en pays ennemi. Les militaires des Nations unies tirent à balles réelles sur des civils désarmés. Nous l'avons constaté en visitant les hôpitaux jeudi après-midi.

Mais à Paris, la presse a été intoxiquée. Or les élections ne se sont pas déroulées comme on le prétend.

Parmi les conseillers blancs de Laurent Gbagbo, dont vous faites partie, on peut citer Jean-François Probst, ou Marcel Ceccaldi, l'avocat de Jean-Marie Le Pen, Roland Dumas, ancien président du Conseil constitutionnel qui est, bien sûr, une figure de la Mitterrandie… Que répondez-vous à ceux qui trouvent qu'il s'agit d'un bien drôle atelage ?

Je ne sais rien de tout cela. Les commérages ne m'intéressent pas. On me dit qu'une guerre se prépare, c'est pour cela que je suis ici. Ce qui m'intéresse, c'est de trouver quels sont ces avions mystères qui débarquent à Bouaké [dans le nord de la Côte d'Ivoire, fief de l'ex-rébellion].

C'est ce que je rentrerai raconter à Paris et on verra bien si les intéressés me font un procès en diffamation.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Côte d'Ivoire : ces « conseillers blancs » qui soutiennent Gbagbo
► Le PS et Gbagbo : les embarras africains des socialistes français
► « La Côte d'Ivoire n'a jamais été aussi divisée qu'aujourd'hui », selon l'auteur de Aya de Yopougon


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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  ivo le Mar 4 Jan - 14:52

Pas d’ingérence militaire française en Côte d’Ivoire, assure Sarkozy
FRANCE INFO - 13:34
Le président de la République a présenté ses vœux aux forces armées, ce midi à Saint-Dizier, en Haute-Marne. Il en a profité pour préciser une nouvelle fois la position de la France dans la crise ivoirienne : "elle n’a pas vocation à s’ingérer dans les affaires de ce pays", assure-t-il. Mais il insiste sur le fait que pour lui "le président de la Côte d’Ivoire s’appelle Alassane Ouattara".
Une nouvelle version du “ni-ni” mitterrandien, appliquée à la Côte d’Ivoire. Le président de la République, Nicolas Sarkozy, a une nouvelle fois expliqué quelle était la position de la France dans le dossier ivoirien, alors qu’il présentait ses vœux aux forces armées, sur la base aérienne de Saint-Dizier, en Haute-Marne. Ni ingérence, ni neutralité, tel est donc le mot d’ordre.

Devant les militaires, qui n’ont pas oublié la guerre civile ivoirienne de 2003-2004, où ils étaient en première ligne, il a assuré qu’il n’y avait “aucune ambiguïté. Nos soldats -les soldats de la France- n’ont pas vocation à s’ingérer dans les affaires intérieures de ce pays. Ils agissent en vertu d’un mandat des Nations unies”.

Précisant le rôle de la force Licorne, toujours stationné dans le pays, le président le limite la “protection des ressortissants” français.

Mais la France ne se contente pas non plus d’être un témoin neutre. Nicolas Sarkozy l’a encore répété : “le président de la Côte d’Ivoire s’appelle Alassane Ouattara, et il a été choisi par les ivoiriens”. Une reconnaissance assortie d’un avertissement à qui de droit : “j’appelle à nouveau toutes les parties à respecter le choix du peuple ivoirien (...) Nul n’a le droit de bafouer la décision du peuple ivoirien”.

Ainsi énoncée la position de la France n’exclut rien quant au programme des militaires de Licorne dans les prochaines semaines. Sans mandat des Nations unies, la France ne fera rien, c’est entendu. Mais les Nations unies ont elles-mêmes appelé Laurent Gbagbo à quitter le pouvoir. Et un recours à la force est de plus en plus évoqué. Dans ce cas, le théorème énoncé par Nicolas Sarkozy n’oblige pas la France à “rester sur le mont Pagnotte”.
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Message  ivo le Mar 4 Jan - 14:56

Côte d'Ivoire: Ces réseaux français qui défendent Laurent Gbagbo
http://www.20minutes.fr/article/645654/politique-cote-ivoire-reseaux-francais-defendent-laurent-gbagbo
DIPLOMATIE - Au nom de vielles amitiés...

Surprise jeudi à Abidjan: Roland Dumas, ancien ministre des Affaires étrangères de Mitterrand et président du Conseil constitutionnel ainsi que Jacques Vergès, avocat renommé sont arrivés pour soutenir Laurent Gbagbo. Ce dernier, mis au ban de la communauté internationale qui le somme de quitter le pouvoir, a donc décidé préparer sa défense. «Il a fait appel à deux avocats sur le retour, assez sulfureux dans leurs relations et qui connaissent bien l’Afrique», note Philippe Hugon, spécialiste du continent africain à l’Iris. Pour Dumas, c’est «la résurgence de vieilles amitiés socialistes», quant à Vergès, c’est «le défenseur des causes les moins défendables», ajoute le chercheur, en allusion à ses ex-clients comme Klaus Barbie ou Tarek Aziz. Il est encore l’avocat de plusieurs chefs d’Etat africain, dont celui de la Centre-Afrique.

Antoine Glaser, ex-rédacteur en chef de la Lettre du Continent juge que les deux hommes sont censés mener une contre-attaque en deux temps. «Avec Vergès, c’est une défense très politique», note-t-il, sur le thème «les chefs d’Etat africain n’ont pas de leçon à recevoir des autres». «Il tiendra un discours anti-colonialiste», complète Hugon. Pour ce qui est de Dumas, on est «sur le terrain de la légitimité, du droit: en temps qu’ancien président du Conseil constitutionnel, il est apte à dire le droit», estime Antoine Glaser.

«Des amis de la Constitution ivoirienne»

L’arrivée de «deux sorciers blancs» à Abidjan est la face médiatique d’un mouvement qui s’est mis en branle depuis un mois, à Paris et à Abidjan, en faveur de Laurent Gbagbo. «Il dispose d’un certain nombre de soutiens à Paris, notamment dans les milieux souverainistes, gaullistes ou nationalistes très à droite qui défendent la légitimité de Gbagbo contre un Ouattara soutenu par les Américains», explique Antoine Glaser. «Ce sont les vieux réseaux, c’est la ‘vieille Françafrique’ de la période de la guerre froide, où la France était le gendarme de l’Afrique», reprend-il. Un attelage hétéroclite donc, puisque parmi ces lobbyiste pro-Gbagbo, on trouve aussi l’avocat Marcel Ceccaldi, défenseur de Jean-Marie Le Pen.

«Ce sont des amis de la Constitution ivoirienne et nous sommes beaucoup dans ce cas là, même si on nous laisse peu d’espace médiatique», tempête Jean-François Probst, consultant international, excellent connaisseur de l’Afrique en général et de la Côte d’Ivoire en particulier. «Quand on crache au visage du président du Conseil constitutionnel ivoirien (qui a reconnu la victoire de Gbagbo), ce n’est pas anormal qu’un ancien président du conseil constitutionnel français viennent voir ce qu’il se passe», développe cet ex-dircab de Jacques Chirac.

L’arbre à palabres

S’il dément être sous contrat avec Gbagbo – «j’aide mes amis» - il dit travailler « pour la paix» et «essayer depuis un mois de rapprocher les points de vues» par des «actions visibles ou invisibles». «J’écoute, j’entends, j’envoie des messages», dit celui qui conseillait déjà Félix Houphouët-Boigny le premier président ivoirien. Pour lui et pour tous les amis de Gbagbo, le clan Ouattara s’est livré « à des fraudes, à des trucages» et il «ne sera jamais président» car les Ivoiriens «sont sourcilleux de leur liberté». «Il faut laisser la famille régler son problème en interne. Les laisser se mettre sous l’arbre à palabres pour trouver une solution mais arrêter décréter depuis Washington ou Paris ce que doit être la Côte d’Ivoire».

Pour lui, «la symbolique de Vergès et Dumas va faire bouger les choses» et «obliger ceux qui sont entre le foie gras et les huitres à se rendre compte de ce qu’il se passe vraiment ici», c'est-à-dire un «complot» anti-Gabgbo.

Difficile de savoir quel impact aura cette contre-attaque. «Gbagbo c’est un fin politique, il doit avoir ses raisons mais elles ne sont pas évidentes, estime Philippe Hugon. Vergès a une crédibilité nulle au niveau international et son discours est hors propos». «Il veut défendre sa position à l’extérieur du pays. Peut-être essaye-t-il aussi de gagner du temps», s’interroge Antoine Glaser, selon qui l’issue de la crise en Côte d’Ivoire «est totalement imprévisible».

Maud Pierron
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Message  ivo le Mer 5 Jan - 11:23

Côte d’Ivoire : Roland Dumas et Me Vergès racontent en exclusivité sur France Info
FRANCE INFO - 09:09
L’ancien président du Conseil Constitutionnel Roland Dumas et l’avocat Jacques Vergès sont de retour de Côte d’Ivoire, où ils sont allés soutenir Laurent Gbagbo, contesté par la quasi-totalité de la communauté internationale. Les deux hommes défendent leur choix sur France info, pour la première fois depuis leur retour.


"Il faut recompter les voix". Sur France Info, Roland Dumas présente sa solution pour sortir de la Côte d’Ivoire de la crise où l’élection présidentielle l’a plongée. "C’est un conflit électoral, il faut régler ça selon les règles : recompter les voix. Or, c’est Ouattara qui le refuse" affirme l’ancien ministre.

Toutefois, Roland Dumas estime que Laurent Gbagbo est le président légitime de la Côte d’Ivoire : "il est dit dans la loi ivoirienne que c’est le conseil constitutionnel qui proclame l’élection", or le conseil constitutionnel a déclaré Laurent Gbagbo vainqueur au détriment d’Alassane Ouattara.

A Michèle Alliot-Marie qui juge "pitoyable" le choix Roland Dumas de plaider la cause de Laurent Gbagbo, l’ancien ministre répond : "l’Histoire jugera".

De son côté, Jacques Vergès raconte être allé à la rencontre des Français qui vivent en Côte d’Ivoire. "Ils font un travail utile, ils sont traités correctement, et Michèle Alliot-Marie leur a demandé de quitter le pays. C’est une provocation ! Nous, on leur a dit : restez".
Quant aux violences commises dans le pays depuis l’élection, "c’est exagéré". "Nous, on a vu une ville paisible, où les gens travaillent, où les commerces sont ouverts. Il ne faut pas exagérer".


Les deux hommes assurent par ailleurs n’avoir reçu aucun honoraire pour cette mission ivoirienne.
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Message  ivo le Jeu 6 Jan - 14:39

Confiscation du pouvoir : Pourquoi Gbagbo va partir
http://news.abidjan.net/h/386246.html
Le départ de Laurent Gbagbo est un défi pour le monde entier qui se mobilise à cet effet.

On ne le dira jamais assez, le départ de Laurent Gbagbo, au terme du second tour de la présidentielle du 28 novembre dernier, est un défi grandeur nature pour tout le monde. Alors qu'il a régulièrement été battu aux urnes, le candidat de La majorité présidentielle, s'adossant à une armée infestée de miliciens, tente de s'accrocher au pouvoir. Après que les pseudo-preuves d'irrégularité dans le fief de son rival, Alassane Ouattara, fabriquées de toutes pièces ont montré leurs limites, notamment auprès de la Commission électorale indépendante (Cei), M. Gbagbo a eu recours à son camarade de lutte au sein du Front populaire ivoirien (Fpi), Paul Yao-N'Dré. Celui-ci a été bombardé à la tête du Conseil constitutionnel, pour la cause, le 7 août 2009. Le défi que les Ivoiriens sont appelés à relever consiste, pour eux, à faire respecter leur choix exprimé le 28 novembre dernier par la voix des urnes. Peuvent-ils en effet s'accommoder d'un dirigeant qu'ils n'ont pas élu ? Là est la question. Pour la communauté internationale, notamment les grandes nations qui sont éprises de démocratie, le défi à relever est de faire échec au hold-up électoral que sont en train d'opérer Laurent Gbagbo et ses partisans. Le laisser faire équivaudrait à donner carte blanche à tous les dictateurs, assoiffés de pouvoir. Pour assurer leur maintien à la tête de leur pays, il leur suffirait désormais, de s'inspirer du modèle que tente, par ailleurs, de théoriser Laurent Gbagbo. Celui-ci, après avoir promis de battre à plate couture (aidé en cela par des sondages réalisés à grands frais), ses adversaires à la présidentielle, fut contraint à un second tour au cours duquel, il s'était encore engagé à faire de son challenger, Alassane Ouattara, une bouchée. Pour agrémenter son pronostic, il s'était même permis de proférer des injures aussi bien à l'encontre du candidat du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) que du principal soutien intérieur de M. Ouattara, à savoir l'ancien président Henri Konan Bédié en déclarant qu'il « a bu le nansidji de Ouattara ». Mais, visiblement, rien n'y fit. Echec cuisant au second tour où il est pris dans les lacs de son challenger.
Très tôt, la communauté internationale avait choisi de se ranger du côté du choix du peuple. Si elle s’était tue en effet, elle aurait eu fort à faire dans la mesure où pas moins de 19 pays africains ont rendez-vous avec les joutes électorales cette année. Après avoir expérimenté le partage du pouvoir comme moyen de régler les différends post-électoraux, les pays africains, aidés par les grandes nations dites démocratiques, veulent donc donner un signal fort aux dictateurs et autres timoniers. « Les dirigeants africains ont décidé de frapper fort, dans la perspective des prochaines échéances électorales. La Côte d`Ivoire peut être un tournant dans la façon dont l`Afrique gère ses conflits. Il n`y a jamais eu une unité aussi nette », analyse, Pascal Boniface, directeur de l`Institut des relations internationales et stratégiques (IRIS) de Paris. D'où la fin de non-recevoir opposé par certains d'entre eux à l'idée de probable partage du pouvoir entre Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo pour régler la crise. A qui le tour après Laurent!

Marc Dossa
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Message  ivo le Jeu 6 Jan - 14:42

Les violences en Côte d'Ivoire ont fait 210 morts depuis mi-décembre
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/06/les-violences-en-cote-d-ivoire-ont-fait-210-morts-depuis-mi-decembre_1461968_3212.html
Les violences en Côte d'Ivoire, laquelle est plongée dans une grave crise politique depuis la présidentielle du 28 novembre, ont fait deux cent dix morts depuis la mi-décembre, a annoncé jeudi 6 janvier un responsable de l'ONU à Abidjan.

Alors que le précédent bilan daté du 30 décembre faisait état de cent soixante-dix-neuf morts, il y a eu "trente et une personnes décédées" depuis lors, portant le bilan à "deux cent dix morts", a déclaré lors d'un point presse Simon Munzu, chef de la division des droits de l'homme de l'opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci).

Ce bilan comprend les quatorze morts enregistrées en début de semaine à la suite de violences intercommunautaires à Duékoué, ville situé dans l'ouest du pays, a-t-il précisé. "Nous estimons que ce qui s'est passé à Duékoué est le reflet de la tendance vers des tensions, des violences intercommunautaires", a indiqué M. Munzu.
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Message  ivo le Lun 10 Jan - 11:41

Côte d'Ivoire : l'histoire d'un naufrage annoncé
http://www.lesechos.fr/journal20110110/lec1_l_enquete/0201051097724.htm
Le « modèle ivoirien » a sombré sous les - mauvais -coups des politiques. Mais pas seulement. Retour sur image d'un pays, qui, en cinquante ans, a connu autant d' « années glorieuses » que d'années de dérives.


Je suis revenu à Abidjan il y a trois mois après y avoir vécu plus jeune. Je peux vous dire que rien ne semble y avoir changé depuis les années 1990 », constate cet expatrié. « C'est comme si le temps s'était arrêté », confirme un autre.
Cette région d'Afrique de l'Ouest bénie des dieux du cacao et de la caféine, avant d'être touchée par la fée pétrolière, a pourtant en son temps porté haut son titre de « pays des éléphants ». Au sortir des « vingt glorieuses », ces deux décennies d'une prospérité pilotée d'une main de fer par Félix Houphouët-Boigny après l'indépendance de 1960, la Côte d'Ivoire a sur le plan économique laissé sur place l'ensemble de ses voisins, tutoyant des taux de croissance asiatiques qui pouvaient lui faire prétendre intégrer le camp des pays émergents. Au bord de la fameuse lagune, « sa capitale ressemblait à Manhattan », rappelle le géographe Christian Bouquet dans son très riche ouvrage (1). On admirait sa modernité, ses routes, son réseau électrique, les succès de sa scolarisation, on enviait sa paix sociale et son intégration multiethnique. « Pays où tout était plus grand et mieux qu'ailleurs », la Côte d'Ivoire était une locomotive et un modèle pour sa « sous-région » - et bien au-delà. Comment donc ce pays devenu pionnier, phare et objet de la Françafrique a-t-il pu entrer dans le même laps de temps au Musée Grévin du développement ? « Un mauvais feu couvait partout », résume Christian Bouquet. Et les politiques ivoiriens n'ont jusqu'à aujourd'hui cessé de jouer les pyromanes, s'accordent les observateurs. Retour sur un drame en trois actes.
1 Le ver était dans le fruit

Le coup d'Etat de 1999 est souvent vu comme le coup d'envoi du naufrage ivoirien. Or il était à l'oeuvre bien avant la disparition du « vieux » en 1993, lorsque Alassane Ouattara était Premier ministre, car c'est le blocage du développement qui, en dégénérant, a constitué le terreau de la crise politique, estiment les analystes.
Le « modèle » a très tôt montré de sérieux signes d'épuisement : dès 1981, Abidjan était contraint de signer un premier programme d'ajustement structurel avec le Fonds monétaire international et la Banque mondiale. La poussée de la pauvreté, facteur de mise à feu des tensions sociales, était patente dès la première moitié des années 1980, rappellent les experts : à la mort d'Houphouët, le nombre des pauvres avait triplé. En 2000, le revenu par tête avait chuté de moitié par rapport à ce qu'il était en 1980. Le spectaculaire volontarisme économique du président mis en musique par un capitalisme d'Etat et son sens du compromis politique et social n'y ont rien fait. Trop centré sur une économie de plantation (cacao, dont le pays est le premier producteur mondial, et café) le modèle était trop dépendant de ces exportations, et de l'extérieur en général : des marchés, du transfert massif d'une main d'oeuvre agricole immigrée (du Mali et du Burkina-Faso, notamment), du capital, de la technologie et des cadres étrangers. « Même des pouvoirs régaliens, comme la monnaie (le franc CFA) ou la défense, étaient exercés par la France ! », ironise un chercheur. S'y est ajouté un choc démographique inédit : « C'est le pays où la croissance de la population a été la plus forte au monde : elle est passée de 3 à 21 millions en cinquante ans », explique Philippe Hugon, économiste à l'Institut international des relations stratégiques (Iris). Un peu comme si la France passait à l'équivalent de la population de l'Union européenne … « On est arrivé à un épuisement des disponibilités en terres sans que par ailleurs on puisse diversifier l'économie en profondeur », poursuit le chercheur. Pour une raison très simple : véritable carcan, le franc CFA (fort, car Paris ne voulait pas le dévaluer pour ne pas déplaire au président ivoirien) torpillait la compétitivité de toutes productions. Sans ajustement du taux de change, les programmes d'ajustement structurel ont échoué, le modèle s'est grippé et, de crises des cours du cacao et du café en fuite dans l'endettement international, « Houphouët a laissé en 1993 un pays ruiné », expliquent des diplomates. Une bombe à retardement.
2 Le poison de l'« ivoirité »

Tout occupés à leur ambition politique, les successeurs d'Houphouët-Boigny n'ont pas pris la mesure des choses. Déjà incapables de prendre le virage de la démocratie et de l'alternance, ni Konan Bédié ni Laurent Gbagbo n'ont su tirer parti des marges de manoeuvre de la dévaluation du CFA en 1994 et des aubaines de la conjoncture internationale. Les réformes libérales sont restées inabouties et le système néo-colonial est resté en place. Pire, même, le mécanisme de rente fondé sur les matières premières et toute la corruption et les gâchis qui vont avec étaientmaintenus … alors qu'était abandonnée l'indispensable redistribution sociale, si chère à Houphouët. « On est depuis 1999 face à un problème majeur de gouvernance, de réflexion stratégique et de dilapidation des recettes de l'Etat qui ne servent ni la croissance économique ni les équilibres sociaux ! » s'énervent les bailleurs de fonds d'Abidjan. L'incurie des politiques est largement reconnue. « La course au pouvoir "tout de suite" n'a laissé aucune chance à la course de fond du développement » , a ainsi écrit un groupe de chercheurs de l'IRD (Institut de recherche pour le développement-UMR DIAL) à propos de ces « entrepreneurs politiques » qui se sont fait une spécialité de creuser à leur profit des divisions entre Ivoiriens déjà avivées par l'appauvrissement et les inégalités.
Un levier politique s'est alors révélé d'une grande violence. L'introduction en 1994 du concept d'« ivoirité » par Henri Konan Bédié dans un pays peuplé d'une soixantaine de groupes ethniques et à 26 % d'étrangers venus des pays voisins voltaïques, du Togo ou du Ghana, et devenus les grands artisans du « miracle ivoirien », a servi de détonateur dans cette poudrière identitaire. Et ses effets s'en font sentir jusqu'à aujourd'hui. Il s'est décliné en trois temps. 1995 : publication d'un nouveau code pour l'élection présidentielle, retirant le droit de vote aux résidents africains non-ivoiriens, et rendant non-éligibles à la présidence (et au Parlement) ceux qui ne sont pas nés de père et de mère ivoiriens de naissance. Alassane Ouattara était ainsi exclu du scrutin. 1998, ensuite : en pleine pression sur les terres cultivables, la loi foncière de Konan Bédié favorise les autochtones en retirant aux étrangers le droit de posséder leur terre … à ceux-là même qu'Houphouët-Boigny avait fait venir en Côte d'Ivoire au nom du précepte « La terre à ceux qui la cultivent ! » 2000, enfin : les restrictions électorales sont inscrites dans la nouvelle Constitution.
« Autochtonie », « ivoirité », « ivoirisation » - autant dire « xénophobie » -ont aisément instrumentalisé les clivages ethniques et linguistiques dans ce contexte de crise économique et sociale. Une logique d'exclusion et de partition était alors en marche. Elle allait revenir en boomerang sur le développement en berne du pays.
3 Un pays « coupé en deux »

L'inévitable ne s'est pas fait attendre. Le 19 septembre 2002, la tentative de coup d'Etat contre Laurent Gbagbo conduite par les « Nordistes » soutenant les populations victimes de ces discriminations, puis leur sécession, va couper le pays en deux parties, et à nouveau condamner le redécollage économique du pays. Sur deux zones - la zone nord, soit 60 % du territoire et un tiers de la population, contrôlée par les rebelles, et la zone sud, restée dans le giron gouvernemental -s'est ainsi imposée, théoriquement jusqu'à l'accord de Ouagadougou de mars 2007, en fait jusqu'à aujourd'hui, une économie à deux vitesses. Si elle ne s'est pas effondrée, elle a fonctionné au ralenti, autorisant ici ou là un fonctionnement parfois florissant du secteur privé (banques, pétrole, téléphonie, grands groupes français, américains (...), mais a plombé l'activité et aggravé la pauvreté : aujourd'hui, même l'espérance de vie a baissé, note l'ONU. La Côte d'Ivoire reste ainsi l'économie en panne de l'Afrique de l'Ouest, et a perdu son avance sur ses partenaires.
La partition a surtout été administrative. « En 2008, il n'y avait plus aucune fonction publique au nord, remplacée par une administration féodale du type "racket contre protection" », explique un expert économique. Même les enseignants et les personnels de santé ont fui, laissant ainsi écoles et hôpitaux en déshérence. Mais ses effets économiques sont patents. « Il n'y a pas eu d'investissement de mise à niveau des infrastructures dans le pays depuis dix ans », se plaint-on à Abidjan, où le port, comme toute la zone sud, ont été partiellement coupés de leur profond hinterland régional. Car tout est devenu plus compliqué. La guerre a ensuite provoqué de nombreux départs : les capitaux sont partis vers d'autres cieux ; les investissements en part du PIB sont 4 fois moins importants que la moyenne de l'Afrique sub-saharienne, selon le FMI ; les bailleurs de fonds ont fermé leurs portes et même la prestigieuse Banque africaine de développement s'est exilée à Tunis ; les grandes entreprises ont déplacé leurs sièges régionaux à Accra au Ghana, à Dakar ou à Lomé ; 150 PME françaises et 15.000 ca-dres expatriés ont plié bagages ; et 1 million d'immigrés ont quitté le pays. Victimes d'une perte de confiance et de marchés, au total 13.000 entreprises ont fermé et le secteur privé a perdu plus de 500.000 emplois, selon la CCI d'Abidjan. « Du fait de la crise, Abidjan a perdu sa place de centre d'affaires », note sobrement l'OCDE.
Personne ne doute aujourd'hui que le moteur économique ivoirien puisse redémarrer, à la condition qu'alternance et démocratie s'installent au pouvoir. Les crises ont paradoxalement rebattu les cartes, assaini le marché, ouvert le pays à de nouvelles influences, et bailleurs de fonds et investisseurs sont dans les starting-blocks. « Gbagbo n'est pas Mugabe, il n'a pas cassé l'économie ! », ironise Philippe Hugon. Au royaume des aveugles …
DANIEL BASTIEN, Les Echos


Les étapes de la crise ivoirienne

7 août 1960 Indépendance de la Côte d'Ivoire.
27 novembre 1960 Félix Houphouët-Boigny est élu président de la République, sous un régime de parti unique. Il sera réélu 6 fois de suite jusqu'en 1990.
7 novembre 1990 Alassane Ouattara, gouverneur de la Banque centrale des Etats d'Afrique de l'ouest devient son Premier ministre.
7 décembre 1993 Décès de Félix Houphouët-Boigny. Le président de l'Assemblée nationale, Henri Konan Bédié lui succède constitutionnellement.
22 octobre 1995 Bédié est élu à la faveur d'un scrutin boycoté par Alassane Ouattara et Laurent Gbagbo, alliés au sein d'un « Front républicain ».
23 décembre 1999 Coup d'Etat du général Robert Gueï. Henri Konan Bédié fuit le pays.
22 octobre 2000 Election présidentielle dont Alassane Ouattara est exclu pour « nationalité douteuse ». Laurent Gbagbo accède au pouvoir.
19 septembre 2002 Tentative de coup d'Etat par une rébellion armée venue du nord. Elle n'aboutit pas, mais les rebelles prennent le contrôle des deux tiers nord du pays. La Côte d'Ivoire est coupée en deux.
24 janvier 2003 Signature des accords de Marcoussis prévoyant le maintien de Laurent Gbagbo au pouvoir et un gouvernement ouvert aux rebelles. S'ensuivent de violentes manifestations anti-françaises. L'ONU autorise le déploiement d'une force militaire par la France (opération Licorne).
4-8 novembre 2004 Raids de l'armée de l'air ivoirienne sur les bases rebelles du Nord, neuf soldats français sont tués à Bouaké. Paris ordonne la destruction de l'aviation ivoirienne. L'armée française tire sur des manifestants à Abidjan, faisant une vingtaine de morts selon Paris, 57 selon les autorités ivoiriennes.
9 mars 2007 Signature de l'accord de Ouagadougou entre le gouvernement et les rebelles. Le président Gbagbo nomme comme Premier ministre Guillaume Soro, le chef de la rébellion.
31 octobre 2010 Premier tour d'une élection présidentielle reportée 6 fois depuis 2005.
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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 11:14

Côte d’Ivoire : couvre-feu décrété dans deux quartiers d’Abidjan
France Info - Hier, 20:36

Après deux nuits de violences, Laurent Gbagbo a décidé d’imposer un couvre-feu, entre 19h et 6h, jusqu’à vendredi, sur les quartiers d’Abobo et d’Anyama... les fiefs de son rival, Alassane Ouattara.
(c) REUTERS/ Luc Gnago

La journée a été chaude, à Abidjan. Cinq policiers et un civil ont été tués aujourd’hui, lors de nouveaux affrontements entre forces de l’ordre, loyales à Laurent Gbagbo, et habitants d’un quartier favorable à son rival, Alassane Ouattara.
Il semble également que trois casques bleus aient été blessés à Abobo, dans une embuscade dressée par les fidèles à Gbagbo.

Les deux nuits précédentes ont également été agitées : on parle de cinq policiers tués, ainsi que deux civils, et deux membres des FDS, les Forces de défense et de sécurité, fidèles à Gbagbo.

La réaction n’a pas tardé : ce soir, Laurent Gbagbo a édité un décret qui impose un couvre-feu sur les quartiers d’Abobo et d’Anyama, entre 19h et 6h du matin, jusqu’à vendredi soir.

Quand on sait que ces quartiers sont les fiefs d’Alassane Ouattara, on comprend mieux la mesure...
Situation sous très haute tension à Abidjan, où l’envoyé spécial de France Info parle de situation insurrectionnelle. Hervé Toutain. (0'54")


Pas sûr que le couvre-feu suffise à calmer les esprits. Une nouvelle médiation africaine est attendue d’ici à la fin de la semaine, pour tenter de lever le blocage, avec la venue du Premier ministre kényan Raila Odinga, après l’ex-président nigérian Olusegun Obasanjo le week-end dernier.
Mais comme ni Gbagbo ni Ouattara n’entendent céder un pouce de terrain, cette mission semble déjà bien compromise.
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Message  ivo le Ven 14 Jan - 11:12

L'ONU prise pour cible par les forces pro-Gbagbo
http://www.courrierinternational.com/breve/2011/01/14/l-onu-prise-pour-cible-par-les-forces-pro-gbagbo
"Gbagbo-Onuci : c'est la guerre !" titre le quotidien d'Abidjan. Depuis que l'ONU a reconnu l'élection d'Alassane Ouattara à la présidentielle du 28 novembre, la tension monte entre l'organisation internationale et le camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui refuse de quitter le pouvoir. Les forces pro-Gbagbo s'en sont prises le 13 janvier à des véhicules de l'Opération des Nations unies en Côte d'Ivoire (Onuci) dans la capitale ivoirienne. Deux ont été brûlés et trois autres endommagés.

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Message  ivo le Ven 14 Jan - 20:36

L’UE décide de nouvelles sanctions et le gel des avoirs du clan Gbagbo
France Info - 14:35

L’Union européenne a décidé aujourd’hui le gel des avoirs en Europe de Laurent Gbagbo et de 84 proches de son clan. De nouvelles sanctions qui s’expliquent par le refus du président sortant de céder le pouvoir au président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara. Elles interviennent alors que l’ONU accuse des partisans de Laurent Gbagbo d’attaques contre ses véhicules.

L’Union européenne a également décidé le gel des avoirs de “11 entités” économiques notamment dans le secteur portuaire et des médias.

Ces 85 personnes sont en même temps interdites de visa dans toute l’Union européenne. Ces sanctions s’ajoutent à une première liste de personnes frappées d’interdiction de visa dans l’Union européenne, sur laquelle figuraient déjà 59 personnes dont le président ivoirien sortant Laurent Gbagbo et son épouse, adoptée fin décembre.

Sont concernés, les secteurs pétrolier, portuaire, bancaire, ainsi que les filières du cacao, du café et du caoutchouc naturel. Figurent notamment sur la liste de l’UE :
- La société nationale d’opération pétrolière de la Côte d’Ivoire Petroci
- La société ivoirienne de raffinage
- Les ports d’Abidjan et de San Pedro
- La Banque nationale d’investissement (BNI)
- La Banque pour le financement de l’agriculture, Versus Bank
- Le Comité de gestion de la filière café-cacao
- L’Association des producteurs de caoutchouc naturel
- La Société de gestion du patrimoine du secteur de l’électricité (Sogepe)
- Et la radio-télévision ivoirienne

Ces sociétés sont visées parce qu’elles "“contribuent au financement de l’administration illégitime de Laurent Gbagbo”", selon l(Union européenne
.
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 10:56

Côte d’Ivoire : les pro-Ouattara appellent à une opération "pays mort" dès mardi
La coalition de partis politiques soutenant Alassane Ouattara a appelé à une opération "pays mort" en Côte d’Ivoire à compter de mardi, jusqu’à ce que son rival Laurent Gbagbo "reconnaisse sa défaite et quitte le pouvoir".
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 11:10

L'UE prend des sanctions contre des proches de Gbagbo
http://www.courrierinternational.com/breve/2011/01/17/l-ue-prend-des-sanctions-contre-des-proches-de-gbagbo
Preuve que les 27 pays de l'Union européenne soutiennent l'élection d'Alassane Ouattara à la présidence : de nouvelles sanctions ont été prises le 14 janvier contre des personnalités ivoiriennes proches de Laurent Gbagbo, le président sortant, qui s'accroche au pouvoir. Quatre-vingt-cinq personnes, interdites de voyager, ont vu leurs avoirs gelés en Europe. Onze entreprises et organismes qui soutiennent Gbagbo ont également été sanctionnés. Le quotidien d'Abidjan publie la liste des personnes concernées.

>>>>>>

Journal officiel de l`Union européenne comportant la liste des 84 personnes ainsi que les 11 entités économiques sanctionnées
http://news.abidjan.net/documents/docs/l_01120110115fr00360048.pdf
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Message  ivo le Mer 19 Jan - 21:19

Crise ivoirienne: médiation en échec, intervention militaire "prévue"
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/top-news/20110119.AFP0178/crise-ivoirienne-mediation-en-echec-intervention-militaire-prevue.html

Le médiateur de l'Union africaine (UA) pour la crise ivoirienne, Raila Odinga, a une nouvelle fois quitté Abidjan mercredi matin sur un constat d'échec, avant d'être "récusé" par le camp du président sortant Laurent Gbagbo, qui refuse toujours de céder le pouvoir.

Dans le même temps, Alassane Ouattara, président reconnu par la communauté internationale, affirme qu'une "intervention militaire" de l'Afrique de l'Ouest "est déjà prévue, organisée" pour chasser du pouvoir M. Gbagbo, dans une interview au quotidien français La Croix à paraître jeudi.

Le médiateur de l'UA "a failli à sa mission et nous ne sommes plus prêts à le recevoir ici en Côte d'Ivoire. Nous récusons M. Odinga", a déclaré le ministre des Affaires étrangères du gouvernement Gbagbo, Alcide Djédjé lors d'une conférence de presse.

M. Odinga "prend partie pour M. Ouattara. Nous pensons qu'il est devenu un acteur dans la crise ivoirienne et il ne peut plus être envoyé spécial de l'Union africaine", a ajouté M. Djédjé.

L'émissaire de l'UA avait déploré mercredi avant son départ d'Abidjan où il était arrivé lundi, que M. Gbagbo n'avait pas honoré sa promesse de mettre fin au blocus de l'hôtel où son rival Alassane Ouattara est retranché.

Mais le ministre de M. Gbagbo a affirmé que "la levée du blocus est un stratagème mis en place pour une attaque de la ville d'Abidjan".

Un peu plus tôt dans la journée, le médiateur et Premier ministre du Kenya avait quitté la Côte d'Ivoire sur un constat d'échec: "j'ai le regret d'annoncer que la percée nécessaire n'a pas eu lieu".

L'envoyé de l'UA, dont la première médiation début janvier, avec trois chefs d'Etat africains, avait déjà été infructueuse, a toutefois assuré, depuis Accra où il a rendu compte de sa mission au président John Atta-Mills, "rester optimiste".

Mais Alassane Ouattara semblait avoir tourné la page de la médiation: "l'intervention militaire est déjà prévue, organisée. Elle sera programmée. J'ai parlé avec le président nigérian Goodluck Jonathan dimanche, il m'a assuré de sa détermination".

"C'est pour cela que les chefs d'état-major des pays de la Cédéao se sont réunis mardi à Bamako", selon lui.

La Communauté des Etats d'Afrique de l'Ouest (Cédéao, dont le président Jonathan est le président en exercice) a suspendu la Côte d'Ivoire début décembre et menacé Laurent Gbagbo d'une intervention militaire s'il ne cédait pas de lui-même le pouvoir.

"Des arrangements sont en cours pour qu'ils aillent faire des reconnaissances à Bouaké, qui sera peut-être le centre de regroupement des soldats", poursuit dans cette interview M. Ouattara retranché dans un hôtel d'Abidjan depuis le début de la crise.

Bouaké, dans le centre du pays, est le fief des ex-rebelles des Forces nouvelles, qui lui sont favorables.

La Cédéao "nous dira dans quelques jours comment elle compte procéder. Je préfère la voie de la Cédéao qui est en réalité de proposer une exfiltration", précise-t-il.

"Il s'agit de venir chercher Laurent Gbagbo, comme cela a été fait pour d'autres chefs d'État en Afrique ou ailleurs. S'il y a des fidèles qui s'accrochent, ils en feront les frais. Cette solution est meilleure que d'avoir des milliers de morts", affirme M. Ouattara

Mardi, le président burkinabé Blaise Compaoré et la ministre déléguée aux Affaires étrangères nigériane, Salamatu Suleiman, avaient pourtant répété que la Cédéao souhaitait a tout prix éviter l'usage de la force.

Le Conseil de sécurité de l'ONU a de son côté donné son feu vert au renforcement de cette mission en votant l'envoi de 2.000 hommes supplémentaires pour porter ses effectifs à 11.500.

Après l'Union européenne qui avait décidé de geler les avoirs en Europe du camp Gbagbo, la Suisse a par ailleurs fait de même pour les éventuels fonds déposés dans la Confédération.
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Message  ivo le Sam 22 Jan - 18:49

Laurent Gbagbo met "fin à l’accréditation" de l’ambassadeur de France
Selon un porte parole de son gouvernement, l’ambassadeur de France "est maintenant considéré comme un sans-emploi, un citoyen français, ordinaire, qui n’est plus pour nous un interlocuteur". Le gouvernement d’un des deux présidents de Côte d’Ivoire a déjà renvoyé début janvier les ambassadeurs britannique et canadiens.
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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  ivo le Lun 24 Jan - 11:22

Côte d'Ivoire: Ouattara ordonne l'arrêt des exportations de cacao et café
(AFP) – Il y a 2 heures
ABIDJAN — Le gouvernement d'Alassane Ouattara, l'un des deux présidents proclamés de Côte d'Ivoire, premier producteur et exportateur mondial de cacao, "informe les opérateurs économiques de l'arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao", à compter de ce lundi jusqu'au 23 février, indique-t-il dans un communiqué.
"Le gouvernement rappelle que les contrevenants à cette mesure seront considérés comme finançant les activités de l'administration illégitime de Monsieur Laurent Gbagbo et s'exposent à des sanctions internationales, sans préjudice des poursuites pénales des juridictions nationales", poursuit le communiqué signé du Premier ministre de M. Ouattara, Guillaume Soro.
"Sont exclues uniquement de cette mesure les quantités dont les droits ont déjà été perçus avant le 24 janvier 2010", et "la commercialisation intérieure du café et du cacao est autorisée", est-il ajouté.
La Côte d'Ivoire est 12e producteur mondial de café et 3e en Afrique, derrière l'Ethiopie et l'Ouganda.
Le café et le cacao représentent 40% des recettes d'exportations de la Côte d'Ivoire et environ 20% de son PIB (sources officielles).
Le port de San Pedro (sud-ouest), est le premier port d'exportation de cacao au monde.

La Côte d'Ivoire est plongée dans une grave crise politique depuis la présidentielle du 28 novembre, M. Ouattara et le chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo s'estimant chacun président légitime. M. Ouattara a été reconnu président par la quasi-totalité de la communauté internationale, qui presse M. Gbagbo de quitter le pouvoir, ce qu'il refuse.
Après l'échec de plusieurs médiations africaines qui se sont succédé à Abidjan, couper les vivres au régime Gbagbo est considéré par la communauté internationale comme une stratégie essentielle pour le pousser à céder pacifiquement le pouvoir à M. Ouattara et éviter le recours à une intervention militaire ouest-africaine pour le déloger, une option envisagée.
Depuis la présidentielle, M. Gbagbo et Ouattara ont nommé chacun leur propre gouvernement. Le chef d'Etat sortant est toujours installé au palais présidentiel, tandis que son rival est retranché au Golf hôtel d'Abidjan, souis à un blocus des forces restées loyales à M. Gbagbo.
Des violences postélectorales ont fait 260 morts dans le pays depuis la mi-décembre, selon l'ONU.
Copyright © 2011 AFP
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Message  niouze le Lun 24 Jan - 17:23

reflexions et information qui vont un peu plus loin que celle dicté par l'élysée a nos média sur le conflit i(l) voi(ent) riens
http://survie.org/billets-d-afrique/2011/198-janvier-2011/article/cote-d-ivoire-elections-piege-a-c
Qu’on ne s’y trompe pas, les victimes de cette élection ne sont pas à chercher du côté des candidats. Tout porte à croire que chaque camp préparait depuis longtemps le troisième tour. Celui dans lequel s’opposent actuellement Gbagbo et la « communauté internationale ».

Mais c’est bien la population ivoirienne, à qui l’on servait depuis 2007, que la présidentielle allait clore la crise, qui se retrouve otage d’une situation politique binaire et violente. Les positions sont tranchées et les moyens mis en avant extrémistes.

De Marcoussis aux isoloirs, huit ans de statu-quo militaire, de tensions toujours entretenues, de régression sociale et de marginalisation de la société civile. Huit ans ponctués d’accords politiques de dupes, de reconduction des contrats aux Bouygues et Bolloré. Huit ans dont le bilan le plus marquant est celui des exactions. Celles des rebelles, celles des milices et paramilitaires loyalistes, ou celles des soldats français.[ndm a ce sujet rappelez vous la massacre de 2004 ou l'armée française tire sur une foule de manifestant fesant plus de 60 mort ]

On se souvient de Michel de Bonnecorse, conseiller de Chirac pour l’Afrique, sortant, en janvier 2007, d’une audience avec Blaise Compaoré, le président burkinabé. C’était quelques semaines avant les accords de Ouaga qui firent du leader rebelle, Guillaume Soro, le premier ministre de Gbagbo. Bonnecorse annonçait (Billets n°157) un règlement de la crise seulement à l’issue des élections : « Le but des pays raisonnables est qu’il y ait des élections libres et honnêtes en octobre, ce qui donnera un président légitime qui sera soit élu, soit réélu, et c’est à ce président de mettre un terme à cette crise. »

Il sous-entendait des élections sans réunification du pays et sans désarmement des rebelles. Au lendemain des accords de Ouaga, la rumeur annonçait Gbagbo tranquille jusqu’en 2010. Bonnecorse et la rumeur ont eu raison. Dans son communiqué de presse du 23 décembre, « Côte d’Ivoire : la France pyromane ne doit pas jouer au pompier », Survie constatait donc la « responsabilité de la diplomatie française dans l’impasse » actuelle. Rappelant plus particulièrement la tuerie de novembre 2004, l’association Survie réclamait de la France « le retrait de son opération militaire au profit de troupes internationales sous commandement onusien. »

Par ailleurs, le descriptif du Programme d’appui au processus électoral impulsé par l’UE au travers du PNUD annonçait : « Pour les prochaines échéances électorales, il est à prévoir que le problème de confiance se posera avec une acuité encore plus grande et exigera le recours à des pouvoirs décisionnels exceptionnels pour contrecarrer l’incapacité d’atteindre des consensus politiques en temps utile. »

De 2006 à aujourd’hui, deux programmes se sont succédé, au bénéfice principalement de la Commission électorale Indépendante (CEI) pour des montants de 58 et 75 millions de dollars. Les organisations de la société civile en ont aussi bénéficié, dans une moindre mesure.
La résurrection du vieux parti d’Houphouët-Boigny ?

Fin 2010, c’est enfin l’heure du vote pour les Ivoiriens. Le premier tour a vu la mise à la retraite de l’ancien président Henri Konan Bédié, héritier du vieux parti unique (PDCI) d’Houphouët-Boigny.

L’entre-deux tours a vu la réactivation de l’accord politique scellé à Paris en 2005 réconciliant Ouattara et Bédié pour défaire Gbagbo au second tour. Oublié, le fait que le second instrumentalisa l’ivoirité, dans les années 1990, pour écarter le premier de l’arène politique. Le PDCI et le RDR de Ouattara, né d’une scission PDCI, se retrouvent artificiellement réunis au sein du nouveau parti Houphouëtiste, le RHDP.[ndm : Houphouet est l'ancien dictateurs qui regna sur le pays grace a la france de longue année cf http://fr.wikipedia.org/wiki/F%C3%A9lix_Houphou%C3%ABt-Boigny ]
Commission électorale non indépendante contre Conseil constitutionnel aux ordres

La composition de la CEI a été fixée par l’accord de Pretoria de 2005, qui se réfère aux signataires de l’accord de Linas-Marcoussis. Ces derniers accords rassemblaient trois mouvements rebelles – qui rapidement n’en firent plus qu’un –, quatre partis aujourd’hui rassemblés au sein du RHDP, le FPI de Gbagbo, et deux partis plus ou moins associés à Gbagbo. Compte tenu de son alliance réussie avec les rebelles et les Houphouëtistes, la CEI est très majoritairement favorable à Ouattara. Pour compenser sa composition partisane, les décisions de la CEI doivent être prises par consensus. Début 2010, Gbagbo avait obtenu la démission de la CEI après des manoeuvres douteuses de son président lors de la constitution des listes électorales. Le camp présidentiel avait tenté en vain de changer la distribution des cartes. À peine évoquée, l’idée d’y faire entrer la société civile avait avorté.

En revanche, le Conseil constitutionnel, calqué sur le modèle français, est contrôlé par le camp Gbagbo. Le scénario qui a mené au bicéphalisme actuel est le suivant : alléguant des fraudes, les membres de la CEI favorables à Gbagbo ont bloqué tout consensus sur les résultats du second tour. Le porte-parole de la CEI – issu des rebelles – tenta de passer outre et voulu annoncer des résultats régionaux. Devant les caméras, il en fut empêché par deux autres membres. Après trois jours de blocage, le Conseil constitutionnel prit le dossier en main. Avant que ce dernier ne se prononce, Youssouf Bakayoko, le président de la CEI, se rendit à l’hôtel du Golf, d’où il déclara Ouattara vainqueur. Le lendemain, le Conseil constitutionnel invalida le scrutin dans sept départements et déclara Gbagbo vainqueur.
La question de la fraude

Les chiffres de la participation ont alimenté les soupçons de gonflement des suffrages. La bonne participation annoncée le jour du vote (estimée entre 65% et 70%) est devenu excellente quelques jours plus tard avec les chiffres de la CEI (84% au premier tour, 81% au second). Six départements auraient connu un bond de participation entre les deux tours de 6 à 9,5 points, atteignant de 87% à 94% de participation au second tour. Tous ces départements, contrôlés par les rebelles, ont accordé leurs faveurs à Ouattara. Dans son rapport sur le second tour, la Convention de la société civile ivoirienne (CSCI) a regretté de ne pas pouvoir confronter ses données avec les procès verbaux recueillis par la CEI. Pour aller dans ce sens, il faut noter que la confrontation des données régionales ou nationales est insuffisante. Dans le même ordre d’idée, le nombre d’observateurs (100 observateur de l’UE, 1000 de la CSCI) devrait être accompagné de leur répartition sur le territoire, surtout dans le cas ivoirien. On sait par exemple que les renforts militaires de l’ONUCI, arrivés du Libéria pour les élections, se sont concentrés dans les zones où la mixité ethnique est la plus forte : Abidjan, Bouaké et les régions de l’ouest et du centre-ouest.
La « République du Golf »

Depuis les accords de Marcoussis, l’hôtel du Golf, où résident les ministres issus de la rébellion, est sécurisé par les casques bleus. Lorsque Bakayoko s’y rend, Henri Konan Bédié, Alassane Ouattara, Guillaume Soro, le représentant du secrétaire général de l’ONU et les ambassadeurs français et américain s’y trouvent déjà. Ces derniers lui promettent protection jusqu’à l’aéroport, en échange de la proclamation de résultats. Bakayoko annonce la victoire de Ouattara devant les caméras occidentales avant de s’envoler pour Paris.

Depuis, Ouattara et Soro vivent dans l’hôtel, véritable enclave sous protection de l’ONUCI et des militaires rebelles. Leur stratégie pour obtenir le départ de Gbagbo a connu trois phases. La première fut l’appel à leur partisans avec, le 16 décembre, un mot d’ordre lancé pour « libérer la RTI [Radio Télévision ivoirienne] », qui s’est transformé en mot d’ordre de grève – peu suivi, sauf dans les transports. La seconde est la demande aux institutions internationales de geler les comptes de l’État ivoirien, de sanctionner l’entourage de Gbagbo et de ne plus reconnaître les ambassadeurs nommés par Gbagbo. Et finalement, l’appel à une intervention militaire étrangère pour déloger Gbagbo.
La mobilisation des jeunes patriotes

On note dans le gouvernement de Gbagbo la présence de Charles Blé Goudé, le « général » auto-proclamé des « jeunes patriotes ». Blé Goudé organise des meetings dans certains quartiers d’Abidjan pour mobiliser contre Ouattara, Soro, l’ONUCI, Licorne. Sans appeler directement à la violence, il dérape volontiers, annonçant un génocide à venir perpétré par les « forces impartiales », appelant des manifestations « à mains nues » à déloger par tous les moyens Soro, ses rebelles de la « République du Golf » et les « forces impartiales ».

Il appelle en même temps à ne pas s’en prendre aux résidents français, ni à leurs entreprises. Blé Goudé espère montrer, en mobilisant les foules, que Gbagbo est indélogeable.
Les deux visages d’Abidjan

Il existe actuellement deux visages d’Abidjan. La capitale ivoirienne est fortement divisée, comme le montrent les chiffres acceptés par les deux parties, même s’ils sont légèrement à l’avantage de Gbagbo avec 52% des suffrages exprimés et 83% de participation au second tour. D’une part, les quartiers huppés et une partie des quartiers populaires ont majoritairement voté Gbagbo. Les autres sont, depuis la manifestation du 16 décembre, sous l’étroite surveillance des « corps habillés » – policiers, gendarmes, paramilitaires... – restés fidèles à Gbagbo. La journée du 16 a enregistré entre vingt et trente morts selon les deux camps. À en croire l’ONU, un mois après le second tour, le bilan serait proche de 173 morts, principalement parmi les partisans de Ouattara. La peur règne dans les quartiers Dioulas. Des informations inquiétantes circulent, faisant état de barrages tenus par des paramilitaires anglophones, d’enlèvements de nuit. Le 19 décembre, un charnier aurait été découvert près d’Abidjan. L’ONU n’a pas encore pu se rendre sur place.

Soro et Choi, le représentant de l’ONU, évoquent des escadrons de la mort à la solde de Gbagbo, des mercenaires angolais, libériens ou sierra-léonais. Le diplomate français, Alain Le Roy, chef du département des opérations de maintien de la paix de l’ONU, a confirmé la présence de mercenaires libériens.
Retour à la case CPI ?

Comme en 2003, la possibilité de traduire Gbagbo et son entourage devant la justice internationale est évoquée.La liste des crimes impunis en Côte d’Ivoire est longue, tant de la part des loyalistes que des rebelles. Mais jusqu’ici les menaces d’inculpation sont restées au stade du chantage diplomatique.

Début 2003, les médias français se sont fait l’écho d’une enquête en cours liant l’entourage du président ivoirien aux escadrons de la mort qui sévissait à Abidjan (Billets n°113). Elle est toujours restée à l’état d’enquête ouverte et ne s’est jamais concrétisée par une inculpation. Il s’agit manifestement d’un dossier qu’on gardait sous le coude... Le Monde et Paris- Match ont été condamnés pour avoir lié la présidence ivoirienne aux escadrons de la mort. La mouvance rebelle proche d’Ibrahim Coulibaly (surnommé « IB », ancien garde du corps de la famille de Ouattara, mêlé au renversement de Bédié en 1999 et présenté en 2002 comme le parrain de la rébellion) avait constitué un dossier sur les crimes du régime Gbagbo, mais pendant l’été 2003, elle avait été mise hors jeu, suite à l’arrestation d’IB par la DST à Paris, après une enquête du juge Bruguière (Billets n°188).

C’est à ce moment que Soro a vraiment pris les rênes de la rébellion, que le chemin de fer ivoiro-burkinabé exploité par Bolloré a pu à nouveau circuler. C’est aussi à cette période que l’État ivoirien a renoué avec le grand patronat français. En mai 2008, Gbagbo pouvait déclarer « il faut quand même que les gens sachent que dans tous les grands choix que nous avons opérés, ce sont les entreprises françaises que nous avons choisies ».
Impatience française

Pour le Grigri International (24 décembre), « Aurore Bergé, ambitieuse candidate en 2008 à la direction des Jeunes populaires de l’UMP » est la première à annoncer une victoire de Ouattara, le lendemain du second tour. Deux jours plus tard, le site d’information Euronews affichait un bandeau annonçant la victoire du même Ouattara, avant de s’excuser, invoquant un « problème technique » – (sic). Mais dès la nuit du second tour, le journaliste Jean-Paul Ney annonçait sur son site (LesGrandesOreilles) la victoire de Ouattara en accumulant des faits grossièrement faux : « Le couvrefeu n’est plus respecté par les gens qui dansent dans les rues », « le mouvement militaro-civil pour la libération du peuple (MCLP) menace de faire sauter le président sortant », « À Paris, une source de la DGSE confirme la victoire sans appel de Ouattara ».

L’audiovisuel français tape d’ailleurs fort en matière de désinformation. Sur France 5 les téléspectateurs ont appris qu’en 2000, c’est Gbagbo qui a surfé sur l’ivoirité pour évincer Alassane Ouattara (C dans l’air, 06 décembre). Antoine Glaser, dans une grande confusion, met tout sur le dos de Gbagbo sur France Inter « [Gbagbo] est arrivé au pouvoir en ayant écarté Alassane Ouattara et Henri Konan Bédié. Et finalement les socialistes à l’époque quand Henri Konan Bédié a [subi] le coup d’état, on était en cohabitation, Jacques Chirac à l’époque avec le conseiller Michel Dupuech, ils étaient pour remettre Bédié au pouvoir. Les socialistes ont dit non, il y a notre camarade Laurent Gbagbo qui peut quand même arriver » N’oublions pas enfin Michèle Alliot- Marie (Europe 1, 1er décembre) : « La Côte d’Ivoire a toujours été un modèle de démocratie en Afrique ».
Sanctions

Il existe un groupe d’experts nommé par l’ONU dont nous avons salué le travail à plusieurs reprises (Billets n°192). Son rôle est de contrôler l’efficacité de l’embargo sur les armes et de rapporter les infractions relevant du comité des sanctions. On s’étonne que son rôle n’ait pas été mis en avant à l’heure où tombent de nouvelles sanctions. Il a sans doute le tort d’avoir mené son travail en zone rebelle aussi bien qu’en zone gouvernementale. C’est sans doute pour cette raison que son rapport annuel, qui aurait dû être publié mi-octobre, est inaccessible ! Notons que parmi la soixantaine de personnes sous le coup de sanctions de la part de l’UE figure l’ex-légionnaire Frédéric Lafont (Billets n°196).
Offensive sarko-américaine

Devançant l’Élysée, l’administration américaine a été la première à soutenir le « nouveau président » Ouattara. L’offensive diplomatique américaine contre Gbagbo éclaire d’un jour nouveau deux incidents relevés précédemment (Billets n°195) : l’interdiction faite au président du FPI de se rendre aux États-Unis cet été et l’arrestation d’un militaire envoyé par le gouvernement ivoirien pour acheter du matériel de maintien de l’ordre peu avant les élections. Le duo franco-américain à l’ONU s’est dans un premier temps heurté à la Russie avant que celle-ci accepte la position occidentale.

L’Union africaine s’est alignée tandis que la CEDEAO, emmenée par le Nigérian Jonathan Goodluck, prenait les devant, menaçant très tôt Gbagbo d’un recours à la force. Le téléphone a bien fonctionné entre Obama, Sarkozy et Goodluck.

Dès le 8 décembre, donc moins d’une semaine après la dispute électorale, Soro déclarait au Parisien : « J’espère pouvoir compter sur la capacité de tous les défenseurs de la démocratie, des Africains comme de la communauté internationale, pour imposer à Gbagbo de céder le pouvoir comme hier les Etats-Unis l’ont fait avec Charles Taylor au Liberia. » Soro a retrouvé sa hargne du début de la rébellion, celle qui laissait deviner qu’il s’appuyait sur de puissants appuis.

Cet appel fait froid dans le dos à plus d’un titre. L’Ecomog – l’armée nigériane sous couvert de la CEDEAO – avait été envoyée combattre Charles Taylor et c’est bien ce dont on menace aussi Gbagbo. Mais cette force et ses nombreuses exactions sont de sinistre mémoire. Elle fut totalement inefficace. Assez ironiquement, la rébellion ivoirienne dont Soro est le leader avait reçu le soutien du criminel de guerre Charles Taylor. Ce sont finalement des milices libériennes, appuyées par les États-Unis et, régionalement par Gbagbo, qui renversèrent Taylor. Quant au Sierra Leone, l’Ecomog n’y a pas évité l’intervention britannique. Si le Nigeria intervenait en Côte d’Ivoire, ce serait le signe d’un tournant stratégique considérable.

Le consentement de l’Élysée pour cette solution, serait un nouveau signe de la proximité de vue entre le locataire de l’Élysée et la diplomatie américaine. Certains réseaux français verraient d’un très mauvais oeil une intervention anglo-saxonne lourde en Françafrique.

Du point de vue régional, le tandem Foccart-Houphouët avait donné à la Côte d’Ivoire un rôle de pivot de l’impérialisme français dans l’aire ouest-africaine face au géant nigérian. Cette rivalité avait atteint son paroxysme avec la guerre du Biafra et dans une moindre mesure la guerre du Libéria.

Au moment de l’arrivée annoncée d’un bâtiment militaire néerlandais à la demande des autorités françaises (RNW, 22 décembre), on lit dans un télégramme de la diplomatie américaine que les Néerlandais sont un allié très important en Europe qui « envisage d’accroître sa présence militaire en Afrique », particulièrement, mais pas seulement, en Côte d’Ivoire.

Mi-décembre, le premier ministre kenyan suggérait de déloger Gbagbo par la force. Deux semaines plus tard, l’UA lui demande d’assumer ses propose et « d’assurer le suivi de la situation en Côte d’Ivoire et de renforcer les chances de succès des efforts en cours » !

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Re: Côte d'Ivoire >>>

Message  ivo le Mar 25 Jan - 19:36

Cacao: l'appel de Ouattara a été entendu par un marché inquiet
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j3G2klJHDJ0BuVDPRUZ_k4i_jIQw?docId=CNG.691cbfc905345e530cd541b4f76409a9.981
De Julien GIRAULT (AFP) – Il y a 2 heures
LONDRES — L'appel à un arrêt des exportations de cacao par le président ivoirien reconnu par la communauté internationale, Alassane Ouattara, fait s'envoler les cours de la fève brune et inquiète les négociants, sur un marché suspendu à la crise politique du premier producteur mondial.
Opposé depuis plus d'un mois au chef d'Etat sortant Laurent Gbagbo, le gouvernement d'Alassane Ouattara a confirmé lundi avoir "informé les opérateurs économiques de l'arrêt immédiat de toute exportation de café et de cacao" jusqu'au 23 février.
Bien que raillée par le camp Gbagbo, qui affirme que "cela n'aura aucun effet sur le terrain", l'annonce a provoqué un choc sur le marché du cacao, la Côte d'Ivoire fournissant plus d'un tiers de la production mondiale.
Dès lundi matin, les cours de la tonne de cacao se sont envolés de 7%, atteignant à New-York leur plus haut niveau depuis un an et grimpant à Londres à un niveau sans précédent depuis août (tout en restant en-deçà du record de 33 ans enregistré en juillet).
Déjà soutenu par la communauté internationale, M. Ouattara semble avoir été entendu par les investisseurs, ce qui constituerait un développement important pour lui permettre d'asseoir son autorité de manière concrète sur le pays.
Pour Kona Haque, analyste de la banque Macquarie, "la plupart des grands négociants et chocolatiers devraient se plier à l'injonction de M. Ouattara: s'il est reconnu président, ils ne veulent pas se retrouver dans le mauvais camp", d'autant qu'il est appuyé par l'Union européenne et que Washington soutient son appel à un arrêt des exportations.
"Il devrait sans aucun doute y avoir un impact à court terme, une nette réduction de l'offre ivoirienne de cacao pendant un mois", alors que les courtiers misent toujours sur une consommation mondiale robuste avec Pâques en ligne de mire, a-t-elle expliqué à l'AFP.
Pour le moment, "l'appel de M. Ouattara est pour une période limitée, et il est difficile de dire à quel point cette demande sera respectée" par les grands négociants, tempérait Laurent Pipitone, économiste de l'Organisation internationale du cacao (ICCO).
Deux organisations professionnelles, la Fédération du commerce des cacaos et l'Association européenne du cacao, ont publié dès dimanche soir une déclaration commune faisant prudemment état de leurs préoccupations face à "un environnement (commercial) extrêmement éprouvant" et disant "chercher à clarifier la situation".
Selon le Financial Times, le groupe agroalimentaire américain Cargill, premier négociant de cacao dans le monde, a d'ores et déjà "suspendu temporairement" ses achats de fèves brunes en Côte d'Ivoire, ce qu'une porte-parole interrogée par l'AFP n'a voulu ni confirmer ni infirmer.
Même réserve du côté du groupe helvétique Barry Callebaut: le numéro un mondial du chocolat industriel se contente de préciser avoir des stocks "suffisants pour couvrir les besoins actuels du groupe".
"Nous avons déjà exporté (depuis la Côte d'Ivoire) la plus grosse partie de la quantité de fèves que nous avions prévu d'y acheter, nécessaire pour répondre à nos besoins", a indiqué un porte-parole, Raphael Wermuth.
La récolte ivoirienne est attendue abondante cette saison, grâce à des conditions climatiques exceptionnelles, ce qui pourrait limiter la fièvre des cours, d'autant que le marché mondial devrait être excédentaire en 2011 selon l'ICCO.
"La crise ivoirienne créé des perturbations dans la distribution mais devrait avoir des conséquences limitées sur la production du pays. L'instabilité en Côte d'Ivoire ces dernières années a surtout généré un manque d'investissement dans les infrastructures cacao du pays", relevait M. Pipitone.
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Message  ivo le Mer 2 Fév - 17:39

La Côte d'Ivoire incapable de rembourser sa dette
http://www.20minutes.fr/article/663392/economie-la-cote-ivoire-incapable-rembourser-dette
Le pays a fait défaut sur les marchés...

En Côte d'Ivoire, la lutte pour le pouvoir présidentiel est éclipsée par les récents événements en Afrique du Nord, mais elle continue à avoir de graves conséquences sur l’économie du pays.

209 millions de dollars

Dernière en date: la Côte d’Ivoire a fait défaut sur les marchés, selon des informations publiées mercredi par le journal Les Echos. Elle a été dans l’incapacité de rembourser quelque 29 millions de dollars d’intérêts à ses créditeurs. L'annonce n'est pas une surprise pour les marchés qui s'attendaient à une telle issue.

Dans le contexte politique actuel, la Côte d’Ivoire a préféré donner la priorité au paiement des fonctionnaires. «Le pays dispose de ressources naturelles importantes (cacao) qui devraient lui permettre de rendre leur cash aux investisseurs internationaux quand le pays aura retrouvé un semblant de stabilité, mais, surtout, un seul gouvernement», précisent Les Echos.
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Message  Groucho Marx le Mer 2 Fév - 20:50

http://www.cqfd-journal.org/Pompiers-pyromanes-en-Cote-d
Décryptage de la crise ivoirienne
Pompiers pyromanes en Côte d’Ivoire

paru dans CQFD n°85 (janvier 2011), par Jonathan Ludd, illustré par Caroline Sury
mis en ligne le 2 février 2011


Qui a remporté les élections en Côte d’Ivoire ? Depuis début décembre, les médias nous le répètent en boucle : c’est Alassane Ouattara, tandis que l’usurpateur Laurent Gbagbo, le chef d’État sortant, refuse de partir. Au fil des JT se dessine la figure du gentil démocrate, combattant, aux côtés de la France et de l’ONU, un méchant dictateur. Aussi simple que ça ? Pas si sûr. Décryptage de la crise ivoirienne par Rafik Houra, de l’association Survie.

CQFD : Rafik, tu es membre de Survie, l’association de lutte contre la Françafrique.

Rafik Houra : J’écris régulièrement dans Billets d’Afrique, le mensuel édité par Survie. Je me suis spécialisé sur la Côte d’Ivoire.

Quelle est la position de Survie face à la crise ? Soutenez-vous Gbagbo ou Ouattara ?

Ni l’un, ni l’autre ! Nous essayons de situer les responsabilités françaises dans cette crise. En tant que citoyen français, j’ai un droit de regard sur ce que fait l’État en mon nom. C’est le sens du combat de Survie. Et en Côte d’Ivoire, il y a beaucoup à dire !

Quelles sont les responsabilités françaises ?

Pour comprendre, il faut remonter le temps. En 1960, De Gaulle accorde l’indépendance à la Côte d’Ivoire. C’est une façade. Pendant plus de trente ans, Houphouët-Boigny règne, bardé de conseillers français. L’armée et les entreprises françaises prospèrent. La Côte d’Ivoire était la vitrine de la Françafrique. Mais au début des années 80, la contestation gronde. L’universitaire Laurent Gbagbo est une des figures des manifestations étudiantes. Il dénonce l’autocratie d’Houphouët. En 1982, il crée un parti clandestin qui, à coups de manifestations, réussit à obtenir le multipartisme en 1990. Pour la plupart des Ivoiriens, Gbagbo, c’est l’opposant historique à Houphouët. Depuis la tuerie de 2004 [1], il apparaît aussi comme un résistant face à l’impérialisme français.


Quel est le lien entre Gbagbo et le PS, à cette époque ?

De 1982 à 1988, Gbagbo s’exile en France. Il se rapproche de certains socialistes dont Guy Labertit, l’un des messieurs Afrique du PS. Mais Mitterrand, ami politique d’Houphouët depuis les années 50, ne voit pas Gbagbo d’un bon œil... Gbagbo a néanmoins gardé des appuis au PS, on l’a vu dernièrement avec Emmanuelli, Dumas ou Cambadélis.

Et Ouattara, c’est aussi un opposant politique à Houphouët ?

Ouattara, c’est un autre parcours ! Dans les années 80, la Côte d’Ivoire traverse une grave crise : le cours du cacao s’effondre, l’État est en banqueroute. Houphouët se tourne vers la Banque mondiale et le FMI. Les institutions néolibérales acceptent de renflouer les caisses si Houphouët applique leurs plans d’ajustement structurel. Lui qui n’avait jamais eu de Premier ministre, on finit par lui en imposer un : Ouattara. C’est un économiste libéral formé aux États-Unis, ancien directeur adjoint du FMI. Il fréquente la haute société. Son épouse, française, gérait les nombreux biens immobiliers d’Houphouët.

Ouattara est un ami de Sarko, non ?

Absolument. Pour la petite histoire, Sarkozy a marié Ouattara à Neuilly... Premier ministre, Ouattara coupe dans les budgets sociaux et privatise à tour de bras. Un festin pour les entreprises françaises !

C’est de cette période que date l’opposition entre Gbagbo et Ouattara ?

À l’époque, tout les sépare ! Gbagbo l’agitateur socialiste, Ouattara l’homme du FMI... Sous le fidèle Premier ministre d’Houphouët, Gbagbo passe huit mois en prison.

Comment Gbagbo est-il arrivé au pouvoir ?

Quand Houphouët décède, son dauphin Konan Bédié prend la suite. Sa politique est désastreuse. En 1999, des soldats le renversent. Le général Guéï qui dirige la junte promet des élections. Elles ont lieu en 2000, mais Guéï manipule la constitution pour disqualifier Bédié et Ouattara. Ce dernier est évincé sur le critère nauséabond de l’ivoirité.

Ouattara n’est pas ivoirien ?

Si, mais il est d’origine burkinabé. Le débat sur la nationalité de Ouattara date de l’époque Bédié. C’est l’entourage de Bédié qui a fait la promotion de l’ivoirité. Cette idéologie xénophobe et ethniciste décrivait une échelle allant des Ivoiriens « multiséculaires » aux Ivoiriens « de circonstance ». Ce concept a servi à écarter Ouattara. Mais plus généralement, il a jeté un doute sur la nationalité des populations du Nord, qui portent souvent des patronymes guinéens, maliens ou burkinabés.

Qui gagne les élections ?

Gbagbo, et c’est une surprise. Le général Guéï empêche la proclamation des résultats, mais Gbagbo prend les devants et s’annonce vainqueur. Le bras de fer s’engage dans la rue, Gbagbo finit par l’emporter. Entre-temps, il y a des affrontements avec des partisans de Ouattara qui réclament une élection pluraliste. Les similitudes avec 2010 sont frappantes.

Comment réagit l’Élysée ?

Chirac doit avaler son chapeau ! C’est la cohabitation. Chirac voulait que Bédié soit remis en selle, Jospin aurait dit non. Pour les socialistes, la victoire de Gbagbo était bonne à prendre. Mais dès 2002, une rébellion pro-Ouattara éclate au Nord du pays. Il faut dire que Gbagbo ne s’est pas démarqué du concept d’ivoirité instrumentalisé par ses deux prédécesseurs et garde la constitution de 2000.

2002, c’est aussi l’année où Chirac revient aux commandes...

Eh oui. Face aux rebelles, Gbagbo demande l’aide de la France, en vertu des accords militaires signés sous Houphouët. Chirac refuse, puis déclenche l’opération Licorne. 5 000 soldats français coupent le pays en deux et gèlent le front. La rébellion contrôle le Nord, Gbagbo le Sud.

L’armée française aurait pu repousser les rebelles, comme au Tchad en 2008...

Bien sûr ! Elle aurait aussi pu laisser les rebelles renverser Gbagbo, mais en étaient-ils capables ? La diplomatie française a maintenu Gbagbo, mais sous une épée de Damoclès. Puis elle s’est efforcée de le dépouiller de ses pouvoirs en accroissant le poids politique des rebelles, présentés dans nos médias comme des victimes de l’ivoirité. En 2003, lors des accords de Marcoussis, l’Élysée a imposé l’entrée des rebelles dans le gouvernement. En 2007, le leader rebelle Guillaume Soro est devenu Premier ministre, suite aux accords de Ouagadougou.

Depuis 2002, la France joue un rôle d’arbitre...

C’est une stratégie de pompier pyromane, avec une constante : maintenir les intérêts français. Et c’est un succès. Depuis 2003, Gbagbo fait le bonheur de nos grands patrons.

Quels sont les intérêts français sur place ?

Nombreux, dans les télécoms, les fruits tropicaux, le secteur bancaire et le BTP. Bolloré contrôle le port d’Abidjan, le chemin de fer, et de vastes plantations de palmiers à huile et d’hévéa, très rentables. Bouygues contrôle les distributions d’eau, d’électricité, et possède d’importants contrats dans le gaz. Total possède 25 % de la raffinerie et détient 60 % d’un permis d’exploration très prometteur.

Le conflit a dû perturber les Français depuis 2002...

C’est vrai pour les PME et PMI. Mais pas pour les grandes entreprises. Bouygues a remporté le juteux marché du troisième pont d’Abidjan. Sagem était l’opérateur technique préparant les élections [2]. Vinci travaille sur les chantiers pharaoniques de la capitale, Yamoussoukro. La France reste le premier partenaire commercial.

Gbagbo a-t-il mené une politique sociale ?

Il a beaucoup promis : la gratuité de l’école, l’assurance maladie universelle... Dans les faits, ses réalisations sont rares. À sa décharge, il gouverne depuis 2002 un pays divisé, difficilement gérable.

Venons-en aux élections de décembre 2010. Sont-elles démocratiques ?

Survie n’a pas envoyé d’observateurs ! Ce n’est pas notre rôle. Ce que je peux dire, c’est que les conditions n’étaient pas réunies pour éviter une large fraude, particulièrement au Nord. En effet, une partie des accords de paix n’a pas été respectée, celle qui concerne le désarmement des rebelles et la réunification du pays. Voter dans ces conditions était absurde. Quant à la Commission électorale indépendante (CEI), les rebelles y étaient surreprésentés. Pendant les trois jours dont elle disposait pour proclamer les résultats, la CEI n’a pas trouvé de consensus. C’est finalement sous la protection et les encouragements des ambassadeurs français et américains que le président de la CEI a pris l’initiative d’annoncer la victoire de Ouattara. C’est un passage en force, aussitôt validé par la France, les États-Unis et l’ONU.

Dans ces conditions, pourquoi Gbagbo n’a-t-il pas refusé les élections ?

Il jouait la montre depuis cinq ans, mais en 2010 les pressions devenaient sans doute trop fortes. Je pense que les deux camps se sont préparés à la situation actuelle.

Pourquoi les médias français donnent-ils une vision si simpliste de la situation ?

Les journalistes sont sous pression, ils répètent sans vérifier. Je ne crois pas qu’il s’agit d’un complot. C’est le fonctionnement actuel des médias.

Comment vois-tu la suite ?

Gbagbo et Ouattara disposent chacun d’une forte assise populaire. Les populations du Nord, très présentes à Abidjan, offensées par la rhétorique de l’ivoirité, s’identifient en grande partie à Ouattara. Mais Gbagbo est légèrement majoritaire à Abidjan. Il pourrait sans doute, comme en 2004, mobiliser beaucoup d’Ivoiriens contre l’ingérence étrangère. Malheureusement, tous les ingrédients d’un affrontement dramatique sont en place. Il y aurait déjà plus de 200 morts. Le battage médiatique en France et dans le monde prépare les esprits à une intervention militaire.

Mais de qui ? L’armée française ?

Peu probable. Le risque d’une réaction populaire est trop fort, surtout depuis la tuerie de 2004.

L’ONU ?

Je ne crois pas. L’ONU est perçue comme l’outil des puissances occidentales. Et puis les casques bleus présents sur place ne sont pas formés pour une véritable opération militaire. On parle beaucoup de l’Ecomog, l’armée nigériane sous mandat de la CÉDÉAO [3]. Elle avait commis de nombreux crimes au Libéria et en Sierra Leone. Dans tous les cas, une intervention risque d’être un désastre pour la population. Il faut tout faire pour éviter une guerre civile.

Un espoir ?

Oui, la population ivoirienne. Ni l’ivoirité, ni le putsch de 1999, ni ces huit années de crise n’ont entamé le courage et la tolérance des Ivoiriens. Il faut écouter la société civile ivoirienne, qui appelle à un apaisement entre les deux camps et refuse l’affirmation de la victoire de l’un sur l’autre. Et nous, en tant que citoyens français, dénonçons l’irresponsabilité de nos représentants. Croire que l’élection sortirait la Côte d’Ivoire de la crise était un leurre. Elle est plus que jamais l’otage de ses leaders politiques. Aucun d’eux ne sera capable à lui seul de guérir la société ivoirienne de ses plaies.

Notes


[1] En novembre 2004, au cours d’une offensive de l’armée ivoirienne sur les zones rebelles, neuf soldats français de l’opération Licorne trouvent la mort. Craignant un putsch orchestré par l’armée française après qu’elle a détruit l’aviation militaire ivoirienne, des manifestants envahissent certains quartiers d’Abidjan. L’armée française tire sur des manifestants, faisant plus de soixante morts.

[2] Le contrat est grimpé à 200 millions d’euros.

[3] Communauté économique des États d’Afrique de l’Ouest.
et je ne cesserai de le répéter, ABONNEZ VOUS! Wink
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Message  Invité le Mer 2 Fév - 21:12

et je ne cesserai de le répéter, ABONNEZ VOUS!
Ma bibliothèque y est abonnée, ainsi qu'au Monde Libertaire, au Canard, tout comme elle fut abonnée au défunt (sniff) plan B...
Non mais !

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