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laicité

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laicité

Message  ivo le Dim 7 Nov - 13:43

la vision tres personnelle de la laicité et de la separation des "pouvoirs" en "république française" par petite ordure 1er.

Le pasteur ou le curé ne pourront jamais remplacer l’instituteur…
Publié le 08 février 2008 par Albert
http://www.paperblog.fr/735990/le-pasteur-ou-le-cure-ne-pourront-jamais-remplacer-l-instituteur/
Les instituteurs sont incapables de «transmettre les valeurs de bien et de mal à nos enfants» ? Incroyable mais vrai et c’est notre président de la République qui l’a dit dans son discours de Latran au Vatican. Le 14 janvier dernier, il récidivait à Riad en prononçant un autre discours exaltant : « Dieu qui n’asservit pas l’homme mais qui le libère»…

Soutenir en somme que seule la religion ouvrirait sur le sens profond de la vie humaine et qu’elle mériterait ainsi un privilège public est une profession de foi discriminatoire. Sous-entendre que la «laïcité positive», c'est la même chose que la laïcité mais en mieux, c’est vider le concept de laïcité de son sens.

Le Cardinal Tarcisio Bertone, en fin observateur de cette nouvelle «rupture» de Nicolas Sarkozy, ne s’y est d’ailleurs pas trompé en saluant un «changement d’orientation» de la France…





Fervent partisan d’une «adaptation» de la loi de 1905 pour permettre le financement des associations cultuelles, Nicolas Sarkozy développe depuis plusieurs années une inquiétante conception de la laïcité, en remplaçant la «liberté de conscience» par la «liberté de religion». Dans le rapport sur "les relations des cultes avec les pouvoirs publics" remis au ministre de l’Intérieur, en septembre 2006, figurait déjà la possibilité, pour les collectivités, de participer directement et sans plafonnement au financement de la construction d’édifices religieux.


Nicolas Sarkozy entend faire jouer un rôle public de plus en plus grand aux communautés religieuses et cette attaque de la laïcité républicaine montre bien qu’elle n’est pas un acquis immuable mais un combat quotidien. Il est donc important de rappeler le véritable sens du concept de laïcité et quelques vérités historiques de bon sens.

Laissons de côté le grave passif de l'Eglise catholique dans son rapport aux sciences : elle s'est régulièrement opposée aux grandes théories scientifiques, comme celles de Copernic, Galilée ou Darwin, pour autant qu'elles mettaient en cause sa vision du monde et de l'homme. Initialement, la terre n’était pas ronde puis ne tournait pas autour du soleil. Le système de Copernic sera condamné en 1616 et Galilée, fervent défenseur de la théorie copernicienne sera condamné par un tribunal ecclésiastique en 1633. En 1860, Darwin est condamné par une réunion d'évêques qui se tient à Cologne. Le pape interviendra ensuite à plusieurs reprises pour dénoncer la thèse selon laquelle l'homme descendrait du singe...

Laissons de côté l’origine de l’Etat du Vatican qui n’est pas historiquement un Etat mais une création largement factice, suite aux accords du Latran signés le 11 février 1929 par Benito Mussolini en personne ! Le quartier de 44 hectares du Vatican a été déclaré indépendant le 7 juin 1929 : un acte bilatéral entre l’Église catholique et le régime fasciste…

Ne parlons que des grands bouleversements socio-politiques qui font désormais consensus : la République elle-même, les droits de l'homme, l'égalité de l'homme et de la femme, les conquêtes sociales, la conception civile du mariage, la libération sexuelle et l'acceptation du droit à la différence dans ce domaine (comme l'homosexualité). Tout cela a toujours été refusé et combattu violemment par l'institution religieuse.

Si la laïcité a un sens positif, c’est bien celui de libérer l’individu des croyances instituées que les différentes églises ont toujours, peu ou prou, voulu imposer. Ce n’est pas celui que lui prête notre président et l’examen attentif de quelques-unes de ses affirmations, dans son discours de Latran, est proprement édifiant :


«C'est par le baptême de Clovis que la France est devenue Fille aînée de l'Eglise. Les faits sont là.»


Le président de la République a tout simplement oublié que la France avant Clovis était païenne et qu'elle n'est pas devenue chrétienne avec Clovis. La "Fille aînée de l'Eglise" n'est pas un "fait" mais un concept de Nicolas Sarkozy qui tente ainsi de nous imposer sa lecture personnelle, très idéologique, de l'Histoire de France : celle qui met sur un même pied d'égalité le baptême de Clovis et le principe de laïcité, cadre actuel de la République.

« L'interprétation de la loi de 1905 comme un texte de liberté, de tolérance, de neutralité est en partie une reconstruction rétrospective du passé. »

Nicolas Sarkozy ose mettre en doute la sincérité d'un texte fondateur de la République. Le comble, c'est que le baptême de Clovis est considéré comme un "fait historique" tandis que la loi de 1905 serait une déviance de l’histoire…

« La morale laïque risque toujours de s'épuiser ou de se changer en fanatisme quand elle n'est pas adossée à une espérance qui comble l'aspiration à l'infini. »

C’est carrément le monde vu à l’envers, cher à son conseiller Henri Guaino (la plume de Sarkozy), habitué à nous faire prendre des vessies pour des lanternes, affirmant en autre dernièrement que l'ultralibéralisme actuel de la France et de l’Europe, c'est la faute à Mai 68 !

En réalité, le fanatisme est justement lié à la religion car elle seule a pu conduire aux croisades, aux bûchers de l’inquisition, à la torture, au massacre de la Saint-Barthélémy, à un antisémitisme passé très virulent, à des guerres de religion aujourd’hui encore très meurtrières ou à ces "fous de Dieu" capables de sacrifier leur vie ... et celle des autres pour des idées religieuses. N’en déplaise à Henri Guaino, la morale laïque n’a jamais sombré dans le fanatisme…

« La France a besoin de catholiques convaincus qui ne craignent pas d’affirmer ce qu’ils sont et en quoi ils croient »

Non seulement, Nicolas Sarkozy fait l’éloge de la religion mais en plus fait de la pub pour les catholiques. Et tous les autres croyants ? protestants, orthodoxes, musulmans, juifs, … ? Et tous les agnostiques, athées, libres penseurs, … ? Sont-ils encore des filles et des fils de France ?

« L'instituteur ne pourra jamais remplacer le pasteur ou le curé, même s'il est important qu'il s'en approche, parce qu'il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d'un engagement porté par l'espérance. »

C’est la phrase par excellence qui a été abondamment commentée et François Bayrou a sans doute répondu, mieux que personne, à Nicolas Sarkozy en disant :

« La morale de l'instituteur n'est pas inférieure à celle du prêtre. Pour Jules Ferry, elle est la morale universelle au genre humain, qui prend garde à ne choquer aucune des familles qui confient leur enfant aux maîtres. »

« Il demande aux religions, toujours dans «l'intérêt» de la République, de fonder la morale du pays. […] D'abord, il ne revient à aucune autorité civile de trancher ainsi une question de conscience. […] De surcroît, en tenant ce discours dans une société plurireligieuse, on pré pare les conditions d'un affrontement entre les différentes religions. Car, quand elles se contredisent, qui décidera qu'une religion est supérieure à une autre dans le domaine de la morale et des valeurs ? »

« Un homme qui croit est un homme qui espère. Et l'intérêt de la République, c'est qu'il y ait beaucoup d'hommes et de femmes qui espèrent. »

François Bayrou, lui encore, fournit une excellente réponse, de surcroît en citant Marx…: « La République n'a pas à sous-traiter l'espérance aux religions. La République est en charge de réaliser un monde meilleur, et pas d'inviter à l'attendre. Cette conception sociologique de la religion, fournissant «l'espérance» qui fait que les peuples se tiennent tranquilles et respectent les règles établies, […] ce n'est pas autre chose que «l'opium du peuple» que dénonçait Marx»

Le discours de Latran révèle une ignorance étonnante de l’histoire de notre pays car l'identité progressiste de la France républicaine ne s'est pas construite avec l'héritage chrétien officiel mais, pour l'essentiel, contre lui.

Dans son homélie, le président de la République, inconscient des devoirs de sa charge, a insulté tous les croyants non-chrétiens, les agnostiques, les athées avec une attention particulière pour les instituteurs… Il a confondu ainsi ses convictions personnelles et celles, dans ses fonctions, d'un président de la République qui se doit de représenter tous les Français à égalité et sans discrimination.

Aujourd’hui, si une réforme de la laïcité est nécessaire, elle doit aller dans le sens de la loi de 1905. Par exemple en mettant fin à l’exception concordataire en Alsace et en Moselle, qui constitue un véritable scandale dans la France républicaine. Le maintien du statut clérical d’exception favorise outrageusement les cultes «reconnus» : catholicisme, luthérianisme, calvinisme, et judaïsme. Plusieurs milliers de religieux sont payés à des indices de la fonction publique, ce qui représente un détournement de près de 40 millions € pour financer les religions.


Par exemple, en s’insurgeant contre le financement public d’enseignements à caractère privé. Le gouvernement verse au titre des lois Debré-Guermeur-Rocard, en remboursement des salaires des maîtres du privé, la somme de 7 milliards € à l’enseignement privé. Cette somme détournée de sa mission d’origine, l’Ecole de la République, représente l’équivalent de 200 000 postes d’enseignants (charges comprises).

Sans compter toutes les subventions locales, officielles ou plus ou moins déguisées. A Marseille, les travaux d’entretien et de conservation de Notre-Dame de la Garde, édifice privé, ont bénéficié de près de 7 millions € de fonds publics. En Vendée, les subventions attribuées par 42 communes pour les organismes de gestion et les associations de parents d’élèves de l’enseignement catholique se sont élevées à plus de 3 500 000 €. A Paris, la mairie a financé pour plus de 400 000 € des crèches Loubavitch. En Indre-et-Loire, le conseil général a attribué 334 000 € de subventions à des associations catholiques pour la réfection de cloches et de lieux de culte. En Seine-Saint-Denis, le conseil général a versé 2 292 000 € pour le fonctionnement des collèges privés.


Et il faudrait encore y ajouter, en application de l’article 89 de la loi de décentralisation du 13 août 2004, le financement imposé à toutes les communes des dépenses de fonctionnement des écoles privées hors territoire communal, estimées à 280 millions € !
>>>>>>>
Sarkozy au Latran (20 déc. 07) : “l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur” - Décembre 2007
http://www.laicite-republique.org/sarkozy-au-latran-20-dec-07-l.html
Allocution du président de la République française dans la salle de la signature du Palais de Latran – jeudi 20 décembre 2007 (extraits).

« [...] Les racines de la France sont essentiellement chrétiennes.

[...] la laïcité ne saurait être la négation du passé. La laïcité n’a pas le pouvoir de couper la France de ses racines chrétiennes. Elle a tenté de le faire. Elle n’aurait pas dû.

[...] Un homme qui croit, c’est un homme qui espère. Et l’intérêt de la République, c’est qu’il y ait beaucoup d’hommes et de femmes qui espèrent. La désaffection progressive des paroisses rurales, le désert spirituel des banlieues, la disparition des patronages, la pénurie de prêtres, n’ont pas rendu les Français plus heureux.

[...] La morale laïque risque toujours de s’épuiser quand elle n’est pas adossée à une espérance qui comble l’aspiration à l’infini.

[...] J’appelle de mes vœux l’avènement d’une laïcité positive, c’est-à-dire d’une laïcité qui, tout en veillant à la liberté de penser, à celle de croire et de ne pas croire, ne considère pas que les religions sont un danger, mais plutôt un atout.

[...] Je mesure les sacrifices que représente une vie toute entière consacrée au service de Dieu et des autres. Je sais que votre quotidien est ou sera parfois traversé par le découragement, la solitude, le doute. Je sais aussi que la qualité de votre formation, le soutien de vos communautés, la fidélité aux sacrements, la lecture de la Bible et la prière, vous permettent de surmonter ces épreuves.

Sachez que nous avons au moins une chose en commun : c’est la vocation. On n’est pas prêtre à moitié, on l’est dans toutes les dimensions de sa vie. Croyez bien qu’on n’est pas non plus président de la République à moitié. Je comprends que vous vous soyez sentis appelés par une force irrépressible qui venait de l’intérieur, parce que moi-même je ne me suis jamais assis pour me demander si j’allais faire ce que j’ai fait, je l’ai fait. Je comprends les sacrifices que vous faites pour répondre à votre vocation parce que moi-même je sais ceux que j’ai faits pour réaliser la mienne.

[...] Dans la transmission des valeurs et dans l’apprentissage de la différence entre le bien et le mal, l’instituteur ne pourra jamais remplacer le curé ou le pasteur, même s’il est important qu’il s’en approche, parce qu’il lui manquera toujours la radicalité du sacrifice de sa vie et le charisme d’un engagement porté par l’espérance. [...] »

Documents joints
071220SarkozyLatran (PDF – 199.9 ko)
http://www.laicite-republique.org/IMG/pdf/Allocution_Latran_20122007.pdf


dossier Sarkozy et la laïcité
http://www.laicite-republique.org/+-sarkozy-et-la-laicite,50-+.html



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Re: laicité

Message  spike le Dim 24 Avr - 18:37


Quinze siècles de combats pour un idéal
De l’Antiquité au début du XXe siècle, Henri Pena-Ruiz retrace les grandes étapes de l’histoire mouvementée de la laïcité.

Présentant ici les acteurs historiques de la laïcité, Henri Pena-Ruiz (lire ici son interview) donne les clés pour comprendre comment cet idéal a mis quinze siècles à s’imposer en France.

Constantin et Théodose

L’épée spirituelle et l’épée temporelle

L’idée de laïcité s’est forgée à partir d’une réalité marquante dans tout l’Occident : la collusion du politique et du religieux. Collusion qui se manifeste dès Constantin et Théodose à Rome, lorsqu’on décide que le christianisme sera l’unique religion d’empire et que, notamment après Théodose, au IVe siècle après J.C., on détruit toutes les bibliothèques de l’Antiquité. Une époque terrible où va se forger le thème des deux glaives. L’épée spirituelle et l’épée temporelle. Celle de l’excommunication, on exclut quelqu’un parce qu’il n’est pas dans la ligne. Celle de la sanction physique qui tue. L’Eglise va se doter d’une orthodoxie en dehors de laquelle il n’y a qu’hérésie, c'est-à-dire dissidence. L’hérésie arienne est la première réprimée, dès le IVe siècle : elle niait la divinité du Christ, considérant qu’il était un prophète, un homme inspiré par Dieu, et non pas Dieu lui-même incarné. Or l’Eglise interdit qu’on nie l’incarnation, qui distingue notamment le christianisme du judaïsme (Moïse n’est que prophète, il n’est pas Dieu incarné). L’autre grande hérésie est celle des Cathares, au XIIe siècle, également violemment réprimée : ils étaient accusés d’être des adorateurs du diable. Rappelez-vous l’ordre du légat du pape : «Tuez-les tous, Dieu reconnaîtra les siens.»

Cette collusion va durer en gros quinze siècles, de la fin du IIIe siècle à la Révolution française. Quinze siècles d’extrême violence, liée au fait que la foi dicte la loi. Cela se traduit par la production d’une normativité religieuse dans les relations personnelles, la sexualité, la conception de la famille, les rapports entre l’homme et la femme. Les trois monothéismes ont toujours consacré la domination de l’homme sur la femme, sans doute parce qu’on vivait dans des sociétés patriarcales, et tout religieux qu’ils étaient, ils avaient tendance à sacraliser les préjugés d’une époque. Quand Dieu de la Bible dit à Eve : «Tes désirs te porteront vers ton mari et lui dominera sur toi», évidemment un croyant d’aujourd’hui peut se demander si c’est Dieu qui dit ça ou si ce sont les hommes qui attribuent leurs préjugés à Dieu.

Luther et Henri IV

«Paris vaut bien une messe»

Huit guerres de religion en France après l’émergence du protestantisme et la critique des indulgences par Luther en 1517 vont conduire un roi, Henri IV, ancien protestant, à se convertir en 1593 au catholicisme par raison d’Etat et non par conviction. «Paris vaut bien une messe», aurait-il dit. Le summum de l’horreur est antérieur : le massacre de la Saint-Barthélemy, le 24 août 1572, ordonné par Charles IX et les Guise fanatiques, fait 3 500 morts à Paris (autant que les victimes des Twin Towers à New York).

L’acte d’Henri IV est une ouverture fondamentale : le roi se demande si une religion est indispensable pour qu’il y ait unité du royaume. Henri IV veut mettre un terme aux guerres de religion, et dans le sillage de Michel de L’Hospital, grand humaniste de l’époque, il rédige l’édit de Nantes. Un édit de tolérance, au sens où le roi, catholique, tolère, c’est-à-dire supporte - tolerare en latin signifie «supporter» - que certains de ses sujets soient protestants, qu’ils appartiennent à la religion qu’on appelait alors RPR (religion prétendue réformée). Cette tolérance institutionnelle implique cependant une inégalité. Les protestants ne tiennent pas leur liberté de culte de leur dignité d’homme qui doit être libre, ce que dira plus tard la Révolution française, ils la tiennent d’une autorisation donnée par le prince.

Louis XIV

«Un roi, une loi, une foi»

La preuve qu’il s’agit bien d’une tolérance arrive un siècle plus tard quand Louis XIV révoque l’édit de Nantes. Dans l’édit de Fontainebleau en 1685, il réinstaure une domination totalitaire du catholicisme, adoptant d’ailleurs une maxime éloquente : «Un roi, une loi, une foi.» Les persécutions contre les protestants reprennent. Dans son livre d’histoire, le Siècle de Louis XIV, Voltaire y voit la plus grande faute du règne du roi Soleil. Faute économique, car les protestants, pour des raisons théologiques, jouent un rôle déterminant dans l’économie ; faute humaine ; faute sociale (on assiste à un énorme exode des protestants vers le nord-est de l’Europe) qui implique un bouleversement de l’économie française.

Les libres penseurs et les Lumières

S’agissant des Lumières, on quitte le champ institutionnel pour la philosophie. Or, la philosophie en matière de laïcité remonte loin, puisque l’existence de Dieu est discutée depuis l’Antiquité.

Socrate, Marc Aurèle et Cicéron

La liberté de conscience et la loi naturelle

«Tout ce que je sais, c’est que je ne sais rien», pensait Socrate. Cette réflexion fonde ce que j’appellerai le principe de la liberté de conscience. L’héritage stoïcien est très important. Il pose la liberté de la conscience, que Marc Aurèle, dernier empereur stoïcien, évoquait avec cette très belle image : celle d’une citadelle imprenable, intérieure. Cicéron propose une autre idée, très forte, dans son De Re Publica : il existe une sorte de loi naturelle en amont de la loi écrite. Cicéron s’inspire là d’Antigone, quand elle s’oppose à Créon qui veut la condamner car elle a jeté à la dérobade une poignée de terre sur le cadavre de son frère, Polynice, pour qu’il soit inhumé. Elle va être emmurée vivante, et dans un dialogue très violent, Sophocle lui fait dire : «Tu prétends m’interdire ceci au nom de la loi de la cité, mais il y a une loi plus profonde qui est la loi naturelle qui veut qu’on enterre son frère.» C’est l’origine de ce qu’on appelle le jus naturalis, la théorie du droit naturel. Ce droit va se développer au fil des siècles, malgré les légistes du roi partisans du droit canon qui ne l’adoptent pas. Quand le droit canon dit que l’homme est pécheur, et à ce titre n’a pas de droits, et que les seuls droits sont ceux de Dieu, le droit naturel dit que l’homme, étant homme, a par nature des droits. Les philosophes se feront les héritiers d’un long cheminement, notamment à la Renaissance, où l’on revient à l’Antiquité.

Copernic, Galilée et Descartes

«Et pourtant, [la Terre] tourne»

Je ne dirai pas que Descartes est un penseur du droit naturel, parce qu’il ne s’est pas penché sur la question juridique. Mais lorsqu’il dit dans ses «règles de la méthode» «ne rien admettre pour vrai que je ne le connusse être évidemment tel», il oppose ce que j’appellerai le principe de raison au principe d’autorité. Des savants l’ont dit avant lui. En 1543, Copernic a acquis la conviction que le centrisme est une illusion de perspective, et qu’en vérité, c’est la Terre qui tourne autour du soleil d’un double mouvement. Il ajoute en substance : «Peut-être abusera-t-on contre moi des passages de l’Ecriture, à quoi je réponds que ce qui est affaire de mathématiciens doit être tranché par les mathématiciens et ce qui est affaire de théologie par les théologiens.» Donc il revendique le droit de libre examen. A quoi fait-il référence quand il parle des passages de l’Ecriture ? Au chapitre 13 du Livre de Josué, qui est en train de se battre sur les remparts de Gabaon. Pour parachever sa victoire, Josué a besoin que la nuit ne tombe pas et dit : «Soleil, arrête-toi au-dessus de Gabaon.» Et le soleil se serait arrêté dans le ciel. Moyennant quoi, Copernic, qui conteste les mouvements du soleil et de la Terre, sera condamné par l’autorité catholique mais aussi par Luther au nom d’une lecture littérale de la Bible. Descartes se rallie secrètement à l’hypothèse copernicienne et galiléenne. En 1632, Galilée l’a en effet reprise, cela lui vaudra une condamnation de l’Eglise qui l’oblige à se rétracter (c’est le fameux «Et pourtant elle tourne» qu’il aurait dit en aparté).

Montaigne et John Locke

L’abstention

Les philosophes préparent les outils intellectuels de l’émancipation en distinguant le principe de raison et le principe d’autorité. Les Essais de Montaigne montrent son scepticisme, mais c’est du côté des Anglais que le rôle décisif est joué. John Locke, dans son Traité du gouvernement civil, explique que la puissance politique doit s’abstenir d’énoncer des normes en matière religieuse, car elle ne gouverne pas les âmes mais les corps. Locke prône donc une abstention. Quand Nicolas Sarkozy dit «la République a besoin de croyants», il bafoue tout simplement ce que disait déjà Locke au XVIIe siècle.

Montesquieu, Voltaire et Rousseau

Le chevalier de la Barre et l’affaire Calas

Au début du XVIIIe siècle, la question posée est le transfert de cette matrice intellectuelle de la liberté au politico-social. Les réponses viendront des grands philosophes des Lumières. D’abord chez Montesquieu, dans De l’esprit des lois et même déjà dans les Lettres persanes, où il défend le principe de la séparation des pouvoirs, car il est contre l’absolutisme. Il n’admet de monarchie que parlementaire et tempérée, sur le modèle anglais et contre la monarchie de droit absolu, divin, de la France. Comme Montaigne avant lui, il dénonce les persécutions religieuses. Notamment celle que subit le chevalier de La Barre : en 1762, pour n’avoir pas salué au passage d’une procession, le jeune homme est torturé et exécuté. Voltaire va, lui, défendre Jean Calas, exécuté également en 1762 sur ordre du parlement de Toulouse, sur la base d’une calomnie : Jean Calas aurait maquillé en suicide le meurtre de son fils, alors que celui-ci s’est réellement suicidé. Le père aurait tué le fils parce que celui-ci voulait abandonner la religion protestante pour se convertir au catholicisme. La famille de Calas convainc Voltaire de son innocence. Pour moi, c’est là l’œuvre majeure de Voltaire : il obtient la réhabilitation post mortem de Calas et écrit l’un de ses plus beaux textes, le Traité sur la tolérance.

Mais on est encore dans le principe de la tolérance où l’autorité en vigueur dispose de la liberté des êtres humains. Là intervient Rousseau, qui pose une distinction entre privé et public. Dans le Contrat social, il écrit qu’il y a deux personnes en chaque personne, la publique et la privée. La personne publique est celle dont la sphère d’action a des conséquences pour autrui. La personne privée, dont Rousseau crée l’existence, est la sphère d’action sans incidence sur autrui. Il précise que l’autorité politique n’a pas à normer la conscience humaine. Surtout, Rousseau érige que les hommes sont naturellement libres et naturellement égaux, s’inscrivant dans le sillage du droit naturel. Pourquoi est-ce si important de dire que les hommes sont par nature libres et égaux ? Parce que la liberté et l’égalité ne découlent plus du bon vouloir du prince.

Mirabeau

La liberté de conscience et l’égalité de droit

La destruction de la Bastille, le 14 juillet 1789, est une façon de dire «vive la liberté». L’abolition des privilèges, le 5 août, une façon de dire «vive l’égalité». Et la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, le 26 août, une façon de jeter les fondements constitutionnels de la charte de droits sur laquelle doit se régler désormais le politique. Tous les éléments de la laïcité sont prêts. Comme le dit Mirabeau dans un très beau discours : «Je ne demande pas la tolérance, car dire tolérance suppose une autorité qui tolère, et une autorité qui tolère aujourd’hui peut très bien demain ne plus tolérer.» La philosophie sur laquelle va se poser la refondation laïque de l’Etat se retrouvera d’ailleurs dans la loi de 1905 : la liberté de conscience totale. Pas seulement la liberté religieuse que les partisans de la prétendue laïcité «ouverte» ne cessent de mettre en avant. Ce n’est pas par liberté religieuse que Sartre ou Camus seront athées, mais par liberté de conscience. Le deuxième principe fondamental est l’égalité de droit. Croire en Dieu ne donne pas plus de droits que lorsqu’on est athée. L’inverse est aussi vrai. L’Union soviétique stalinienne qui ferme les églises et persécute les orthodoxes est aussi antilaïque que la Pologne catholique qui impose la prière publique dans les écoles. Si on utilise de l’argent public pour financer des écoles privées religieuses, cela signifie qu’on fait financer par des athées la diffusion du privé, ce qui est tout à fait illégitime. Là encore, on peut s’indigner de l’inverse : imaginez des écoles privées qui feraient une catéchèse de l’humanisme athée, et qu’on exige des contribuables croyants de les financer.

Condorcet

L’éducation, nerf de la guerre

C’est Condorcet l’inventeur génial de l’école laïque et de l’instruction publique. Il est de ces hommes des Lumières qui considèrent qu’il ne suffit pas que le peuple ait conquis la souveraineté. Il faut aussi qu’il soit instruit pour exercer lucidement son suffrage. Condorcet considère que l’instruction ne peut être que laïque : indépendante du dogme religieux. Si on enseigne la science, on n’a pas à la soumettre à la censure religieuse. Le personnel enseignant doit dépendre de l’Etat, donc de la puissance publique, et en aucun cas d’une puissance privée. Ce qui ne veut pas dire que Condorcet est favorable au monopole de l’enseignement par l’Etat. Les citoyens qui voudront s’associer pour faire des écoles privées, même religieuses, pourront le faire librement. Mais l’Etat n’aura plus à financer ces écoles. Pour les Eglises, détenir les écoles est le nerf de la guerre. Ce qu’Althusser appelait un appareil idéologique. L’Eglise ne peut accepter sans combattre cette dépossession d’un privilège inouï dont elle jouissait dans l’Ancien Régime. C’est pourquoi, autour de l’école publique, il va y avoir un combat terrible. Mais c’est surtout Jules Ferry, quatre-vingt-dix ans plus tard, qui rendra l’instruction publique, laïque, gratuite et obligatoire.

Boissy d’Anglas

Le décret du 3 ventôse de l’an III

La Révolution jette donc les bases de la laïcité. C’est le moment où l’histoire rejoint la philosophie. Gardons la date importante pour ce qui nous concerne : le décret rédigé par Boissy d’Anglas du 3 ventôse de l’an III (21 février 1795), qui sépare l’Etat et l’Eglise. C’est la première avancée législative et les termes sont très clairs : nul ne peut être forcé de contribuer aux dépenses d’un culte. La République n’en salarie aucun. Cette formule, avec celle de la Commune de Paris moins d’un siècle plus tard (1871), est la plus nette pour définir la laïcité. On la retrouvera dans la loi de 1905 : la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte.

Napoléon Ier

Le retour au sacre de la puissance publique

Il est le premier à être revenu en arrière, avec le concordat de 1801 qui rétablit un statut public des cultes. Il le fait comme Sarkozy aujourd’hui : dans une perspective d’instrumentalisation politique du religieux. Napoléon n’était pas un fervent croyant. En 1801, il a déjà un projet qui n’est plus de n’être seulement le soldat de la révolution, mais à terme de reconstituer un empire et une dynastie d’Ancien Régime. Il va restaurer l’un de ses symboles majeurs, le sacre, même s’il se sacre lui-même. Sacraliser à nouveau la puissance publique, c’est remettre en question la laïcité. Car la puissance publique n’a pas à être sacralisée ; respectée, oui, mais l’opérateur symbolique du respect est le serment sur la Constitution, pas un sacre devant Dieu. Le catéchisme impérial va restaurer le financement public des religions, catholique, protestante et israélite ensuite. Les ministres des cultes redeviennent salariés. Quant à la reconnaissance du culte israélite, Napoléon semble poursuivre là l’œuvre de l’abbé Grégoire qui, avec Condorcet, dénonçait la persécution des juifs. Il faut lire le très beau livre des Badinter sur le sujet. Cesser la persécution était évidemment nécessaire, mais cela ne devait pas impliquer de financer le culte israélite.

Alfred de Falloux contre Victor Hugo

«Je veux l’Eglise chez elle et l’Etat chez lui»

Le 15 mars 1850, Alfred de Falloux, ministre de l’Instruction publique et des Cultes du prince - le président Louis-Napoléon Bonaparte - fait voter une loi qui crée deux types d’écoles, publiques et privées. Ces dernières dispensent des enseignements religieux, et elles vont être subventionnées en partie par des fonds publics. L’ensemble public-privé est contrôlé par des inspecteurs d’académie, les autorités locales et les ministres du culte. En janvier 1850, Victor Hugo avait tenu un discours tonitruant contre ce projet, qu’il accusait d’organiser le contrôle du clergé sur les écoles. Hugo est pourtant chrétien, mais il distingue le parti clérical comme il l’appelle et la religion. «Vous osez vouloir contrôler l’enseignement de la jeunesse alors que vous n’avez cessé de censurer l’humanité dans toutes ses œuvres …]. En un mot, je veux l’Eglise chez elle, et l’Etat chez lui.» Cinquante ans avant la loi de 1905, Victor Hugo prononce la formule qu’il fallait dire.

Edouard Vaillant et Louise Michel

La Commune de Paris

Il faut attendre les débuts de la IIIe République, c'est-à-dire les événements tragiques de la Commune de Paris, pour que la laïcité soit réaffirmée. C’est l’une des grandes œuvres de la Commune. Le socialiste Edouard Vaillant et Louise Michel, «la vierge rouge» comme on l’appelait (d’ailleurs une très grande amie de Hugo) en sont les principaux acteurs.

Le 17 mai 1871, Edouard Vaillant dit par exemple : il faut assurer à chacun la véritable base de l’égalité sociale, l’instruction intégrale à laquelle chacun a droit. Le 2 avril 1871, la Commune de Paris proclame la séparation de l’Eglise et de l’Etat, le budget des cultes est supprimé, et les biens appartenant aux congrégations religieuses sont déclarés propriétés nationales. Pendant ces quelques mois héroïques, la Commune de Paris a fait un travail admirable. Elle crée aussi l’idée d’écoles pour les filles, pour laquelle milite Louise Michel. L’égalité des sexes est une des valeurs majeures de la Commune de Paris, d’autant plus affirmée qu’elle va de pair avec l’affirmation de la laïcité. Pourquoi ? Parce que l’Eglise n’a jamais admis, sauf contrainte et forcée, l’égalité des sexes. Le dispositif législatif de la Commune ne survivra pas à l’assassinat légal de 20 000 communards.

Léon Gambetta, Jules Ferry et René Goblet

La séparation de l’école et de l’Eglise

De 1881 à 1889, le travail législatif de laïcisation est intense. En huit ans, c’est l’inscription dans les textes de la laïcité, centrée en gros sur la séparation de l’école et de l’Eglise. Déconfessionnalisation des cimetières, suppression des prières qui ouvraient les travaux parlementaires, instruction primaire laïque gratuite obligatoire pour les enfants des deux sexes de 6 ans à 13 ans, loi Goblet qui laïcise les personnels enseignants, et pour finir, suppression des subventions aux écoles privées. Six ans plus tard viendra la loi de séparation de l’Etat et de l’Eglise.

Aristide Briand et Jean Jaurès

La loi de 1905, compromis et entorses

La discussion de la loi de 1905 fut âpre, mais elle définit clairement la laïcité : la République ne reconnaît, ne salarie, ni ne subventionne aucun culte. Pour l’adopter, il a fallu aménager des compromis : l’entretien des églises en est un, 34 500 églises et cathédrales étant la propriété de l’Etat depuis la Révolution. Après des débats très agités, l’Etat décide qu’il reste propriétaire de ces biens, et il leur donne un statut patrimonial, de monument historique. On peut désormais entrer dans Notre-Dame sans se signer pour contempler les vitraux, voire écouter un concert d’orgues. Certains étaient partisans de prélever un loyer, mais Briand et Jaurès ont plutôt incliné vers la mise à disposition gracieuse. Depuis le 1er janvier 1906, l’Etat ne peut financer ni la construction ni l’entretien de nouveaux lieux de culte, quelle que soit la religion. Quand Jack Lang a accepté de financer sur des fonds publics la cathédrale d’Evry [Essonne] sous prétexte d’y faire un musée d’art chrétien, il est totalement hypocrite. En fait de musée, il y a deux salles avec trois objets qui se battent en duel. L’argent public d’un ministère socialiste de la Culture a servi à construire un lieu de culte. C’est une entrave à la loi de 1905. Quant à Delanoë, qui a financé une partie des travaux dans le temple de la rue Madame, dans le VIe arrondissement de Paris, il a, lui aussi, violé ouvertement la loi de 1905.

Les deniers du culte, qui sont des dons volontaires à l’Eglise, sont une autre affaire, mais ils sont aussi une entorse à la loi de 1905 : aujourd’hui encore, vos dons à l’Eglise sont défiscalisés. Si vous donnez 100 euros aux deniers du culte, l’Etat déduit 66 euros de votre impôt. Alors que la défiscalisation n’a de sens que pour des œuvres d’intérêt général. Si vous versez 100 euros aux Restos du cœur, l’Etat déduit également 66 euros, mais là, c’est légitime, car les Restos du cœur, qui donnent à manger à ceux qui ont faim, sont d’intérêt général.
http://www.liberation.fr/culture/01012333352-quinze-siecles-de-combats-pour-un-ideal
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Re: laicité

Message  darkfairy le Dim 10 Juil - 16:20

qu'on me déplace / supprime si ça ne convient pas ici. mais j'ai cherché " laïcité " afin de ne pas faire mauvais usage.
Je pensais à un truc, on nous rabâche sans cesse qu'on est un Etat laïque et tout le bla bla. Mais on est en 2011 (référence catho, et on nous parle toujours avant/après JC et c'est pas Jules César ou Jacques Chirac ce JC là, c'est Jésus...Christ ) le christ de qui ?! des catho.
et nous avons nos vacances en fonction des fêtes...catho.
Bon ici, je pense qu'on est tous athés, donc on s'en tape un peu certes.
Mais niveau laïcité on aura mieux vu.
Ok changer un système de compatage et une institution n'est pas chose évidente, mais n'empêche que la religion est bien ancrée dans la petite tête des gens, et on nous bourre le crâne avec depuis toujours, sans s'en rendre compte...
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Re: laicité

Message  Lib le Dim 10 Juil - 16:25

L'avant ou l'après, c'est juste une histoire de dates et de références, juste un repère de position temporel.

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Re: laicité

Message  Invité le Dim 10 Juil - 16:31

Le problème avec la laïcité, qui a longtemps été une notion belle et noble (et "de gauche" par rapport aux traditionalistes cathos), c'est qu'elle a été récupérée par l'extrême-droite pour parer ses théories racistes d'un voile anti-religieux. De nos jours, se revendiquer "laïque" revient à s'aligner sur les positions des anti-islamistes, anti-musulmans, et surtout anti-arabes. C'est d'ailleurs bien le nom d'un site fasciste "riposte laïque"...
D'où la nécessité d'être très prudent quand on utilise ce terme, en effet.
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Re: laicité

Message  darkfairy le Lun 11 Juil - 1:00

oui, effectivement. à la base ce terme qui veut se démarquer de l'Etat catho devient péjoratif. Les gens font un amalgame entre non religieux ou multi religieux, et anti religieux. ce qui n'est pas tout à fait pareil...
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Re: laicité

Message  ivo le Mer 25 Jan - 19:22

Le lifting de la loi de 1905 proposé par François Hollande fait réagir Nicolas Sarkozy
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La droite risque de se mordre les doigts d’avoir insisté pour que François Hollande fasse connaître ses propositions. Avec celle qu’il avance sur la laïcité, le candidat socialiste pourrait bien semer la zizanie dans le camp de son adversaire.


Manifestation pour célébrer le centenaire de la loi de 1905 sur la laicité © Maxppp Remi Ochlik
La proposition a été faite dimanche dernier lors de la première grande réunion publique de campagne du candidat socialiste. François Hollande a proposé d’inscrire dans le marbre de la constitution la célèbre loi de 1905 qui sépare l’église et l’état. Pour lui, "être président de la république, c’est être viscéralement attaché à la laïcité". Dans l’autre camp, on ne s’est pas fait prier pour répondre, et c’est même Nicolas Sarkozy en personne qui s’est chargé de le faire. Le président de la République s’interrogeant sur le besoin de "revenir sur un consensus politique vieux d’un siècle".

La droite s’inquiète pour le Concordat, la gauche répond que l’Alsace et la Moselle peuvent être sereines

Aussitôt la proposition de François Hollande connue, des voix se sont élevées à l’UMP pour s’inquiéter de l’avenir du Concordat si le texte était adopté. En l’occurrence, cela concernerait l’Alsace et la Moselle qui continuent de vivre sous le régime 1801. Concrètement, dans cette région et ce département, les communes sont chargées de l’entretien des églises et l’Etat des salaires des prêtres, pasteurs et rabbins. Cette répartition ne serait pas remise en cause a répondu ce mercredi le député Jean-Marc Ayrault. Le Président du groupe socialiste à l’Assemblée nationale précisant que cette spécificité est prévue dans le texte du candidat PS.

La loi de 1905, un piège pour Nicolas Sarkozy

Quoiqu’il en soit, voici une proposition habilement faite. Elle aurait presqu’un petit goût mitterrandien, à savoir de celles qui sont capables de diviser le camp adverse. Certes, Nicolas Sarkozy profitant de ses vœux aux représentants des cultes, a demandé aux religieux de s’exprimer sur le sujet. Mais il ne pourra pas échapper à une clarification de sa pensée. En effet, si l’opinion se souvient de la loi sur le voile intégral, de sa bataille contre les prières de rues, elle garde aussi en mémoire ses déclarations sur "les racines chrétiennes de la France" ou encore les images de ses signes de croix faits aux Invalides puis quelques temps plus tard au Vatican.

Pour Nicolas Sarkozy, le principe de laïcité est déjà inscrtit dans le préambule de la constitution

Le socialiste Jean-Marc Ayrault estime que le président de la République se trompe profondément
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Re: laicité

Message  ivo le Lun 19 Mar - 10:23

"Si la laïcité se durcit et se radicalise, les juifs seront les grands perdants"
http://www.lemonde.fr/societe/article/2012/03/17/si-la-laicite-se-durcit-et…
Joël Mergui est président du consistoire central depuis 2008. Il organise, dimanche 18 mars, le premier congrès des communautés juives de France. En clôture de cette Journée de la vie juive, une table ronde, intitulée "La laïcité menace-t-elle la liberté religieuse", réunira Claude Guéant, ministre de l'intérieur, Jean-François Copé, patron de l'UMP, Manuel Valls, porte-parole du candidat PS à la présidentielle, et Jean-Thomas Nordmann, représentant le candidat du MoDem, François Bayrou.

Déstabilisée par la polémique sur l'abattage rituel (animaux tués sans étourdissement préalable, selon le rite pratiqué dans le judaïsme et l'islam), la communauté juive est "blessée et inquiète", selon M. Mergui. Il appelle les responsables politiques à s'engager "plus fortement pour la préservation des pratiques cultuelles".

Dans quel état d'esprit se trouve la communauté juive après les débats sur l'abattage rituel et les propos du premier ministre, François Fillon, suggérant de réfléchir à une évolution de "ces pratiques ancestrales" ?

Elle est inquiète, profondément atteinte, blessée et en état d'alerte. Cette polémique renvoie un mauvais signal sur la capacité de la République à préserver une pratique religieuse. Or l'abattage rituel est le coeur de nos règles alimentaires. C'est un des fondements du judaïsme qui a survécu à toutes les époques, dans toutes les civilisations, à l'exception de la période nazie, au cours de laquelle la shehita (abattage rituel) fut interdite en Allemagne.

Depuis des siècles, tout en étant pratiquants, les juifs ont contribué à toutes les évolutions technologiques et scientifiques. Il n'y a aucune contradiction entre notre pratique religieuse, notre citoyenneté et notre contribution à la modernité.

Cette polémique a-t-elle produit des effets concrets ?

Nous constatons depuis quelques jours que des abattoirs commencent à pratiquer l'étiquetage de la viande, que d'autres ne pratiquent plus l'abattage rituel, qu'il est plus difficile d'écouler cette viande dans le circuit non casher, que d'autres pays se sont saisi de ce débat... Je crains qu'on ouvre la porte à une nouvelle forme de boycottage sous de nouveaux prétextes. J'espère que cette polémique va vite passer et qu'on va se rendre compte que l'abattage selon le rite juif ne fait pas plus souffrir les bêtes que les autres formes d'abattage.

Comment expliquez-vous l'irruption de ces thèmes dans les débats politiques ?

Jamais jusqu'à tout récemment ne s'étaient posées de questions sur l'abattage rituel, sur les dates d'examens pour les étudiants pratiquants ou sur l'existence de carrés confessionnels dans les cimetières. Des arrangements de bon sens ont toujours permis aux juifs de France de respecter leurs traditions religieuses. On est en train de perdre cet état d'esprit en raison d'une radicalisation de la laïcité. Or, si la laïcité se durcit et n'offre plus de souplesse, les juifs, dont les règles sont les plus strictes, seront les grands perdants.

Etes-vous les victimes collatérales des débats liés à l'installation de l'islam en France ?

L'organisation et l'intégration du culte musulman en France sont une nécessité. Et il n'est pas question que quiconque transfère une culpabilité sur nos concitoyens musulmans. Nous avons tous le droit à la liberté de culte individuelle ou collective dans notre pays. Sur beaucoup de ces sujets nous travaillons ensemble.

Comment qualifieriez-vous le climat actuel ?

Au début des années 2000, la communauté juive a fait face à une montée d'antisionisme qui a entraîné des actes antisémites. Après un retard de diagnostic, tous les responsables politiques ont rassuré les juifs de France. Aujourd'hui, face à une radicalisation montante de la laïcité, émerge une forme d'antijudaïsme. Après les atteintes physiques, les nouvelles inquiétudes des juifs portent, en profondeur, sur nos valeurs et notre identité. Comme il y a dix ans, cette situation va amener certains d'entre nous à se poser la question de notre avenir dans notre pays. Je n'ai pas une réunion avec des jeunes sans être apostrophé sur cette question fondamentale : "Que va-t-on devenir ?"

Or les discours récents des responsables politiques ne suffisent pas à nous rassurer ; ils sont troubles et illisibles. Les partis doivent prendre conscience qu'il ne faut pas favoriser ce durcissement de la laïcité susceptible de remettre en cause le judaïsme. Il leur faut s'assurer, avant de prendre une mesure, qu'elle ne lésera pas les pratiques de telle ou telle religion.

J'attends un message beaucoup plus clair et plus fort des candidats à la présidentielle pour garantir la préservation des identités et des pratiques religieuses. Que serait la France si les synagogues devenaient des musées ?

.........
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Re: laicité

Message  ivo le Mer 25 Avr - 13:39

En Turquie, le pianiste Fazil Say défie les islamistes
fr info
Fazil Say aime son pays ; il est né à Ankara. Mais depuis quelques mois, le pianiste n'en peut plus. Des militants islamistes l'attaquent régulièrement. Ils l'accusent de bafouer la religion. La dernière polémique est née sur Twitter.

Le pianiste, qui est connu dans le monde entier, a utilisé le réseau social pour proclamer son athéisme. Il ne croit pas en Dieu ; il le dit, et il se moque même des religieux. Des élus conservateurs protestent publiquement. Dans une interview à la presse turque, cette semaine, Fazil Say leur répond. Il annonce qu'il va s'exiler au Japon.

La Turquie a une longue tradition de laïcité. Mais depuis dix ans, depuis que le parti AKP est au pouvoir, les tensions religieuses sont ravivées. Dans le Figaro, ce matin, Thierry Hillériteau raconte le bras de fer entre le pouvoir et le pianiste, devenu un porte-parole des défenseurs de cette laïcité. En 2007, le ministre de la culture censure une oeuvre de Fazil Say, qui est aussi compositeur. L'année suivante, les conservateurs font annuler la représentation d'une autre pièce, dédiée à un poète exilé. Quand le pianiste donne des interviews et qu'il s'inquiète de la poussée islamiste, il reçoit des centaines de lettres d'injure et même des menaces de mort. En 2010, l'affrontement dépasse les frontières de la Turquie ; il se joue à Paris. Cette année là, la France organise l'année de la Turquie. Fazil Say donne plusieurs concerts au théâtre des Champs-Elysées. Mais il refuse que ces spectacles soient associés aux célébrations officielles. Il veut incarner une autre Turquie.

Le bras de fer est de plus en plus violent. Après l'affaire des tweets, un tribunal d'Istanbul ouvre une enquête. L'artiste réagit : "je suis peut-être la seule personne au monde, dit-il, à faire l'objet d'une enquête pour avoir déclaré mon athéisme". Le risque est réel. Le Figaro rappelle que la loi turque réprime l'insulte aux valeurs religieuses. Ce délit peut vous envoyer en prison. Si Fazil Say n'a pas le choix, il s'exilera. En attendant, il continue à jouer. Il est en tournée. Dans deux semaines, il sera en France.
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Re: laicité

Message  ivo le Dim 23 Sep - 9:43

La laïcité est-elle devenu le cache sexe des obsédés de l’Islam ?
http://www.atlantico.fr/decryptage/laicite-est-elle-devenu-cache-sexe-obsedes-islam-thierry-rambaud-490544.html
Marine Le Pen s'est prononcée pour l'interdiction du voile et de la kippa dans l'espace public, y compris dans "la rue", au nom de la laïcité. Mais la question est-elle vraiment celle de l'application de ce principe, ou de sa simple utilisation pour éviter de parler spécifiquement de l'Islam ?

Atlantico : Dans un entretien au Monde ce vendredi, Marine Le Pen se prononce pour l'interdiction du voile dans les espaces publics – les magasins, les transports, la rue. Alors qu'elle avait déjà adopté cette position pendant la campagne présidentielle, elle y adjoint cette fois l'interdiction de la kippa, au nom d'une laïcité totale. Cette "laïcité" est-elle devenu l’excuse facile de ceux qui sont obsédés par l’Islam ?

Thierry Rambaud : Oui, c'est ce que disent tous ceux qui craignent ou ont peur de l'islam. Ça peut être des mouvements d'extrême droite ou plus largement des gens avec une pensée radicale. Avec les caricatures de Charlie Hebdo, on voit également qu'on est dans un mouvement complètement différent de celui de Marine Le Pen, qui est plus un schéma de libre pensée et d'une attitude très laïciste vis-à-vis de toutes les religions.

Aujourd'hui, on est dans un système qui postule que toutes les religions doivent être traitées sur un pied d'égalité. Il y a donc une volonté de ne pas en viser une plus qu'une autre, car ce ne serait pas politiquement correct. Dans les discours, il y a une volonté d'habiller les choses pour ne pas donner l’impression de viser une religion en particulier, dans un système qui est censé être neutre.

Il y a aussi l'aspect juridique. Ces infractions pénales nécessitent la réunion d'un certain nombre d'éléments, mais je crois qu'il y a une volonté de ne pas tomber sous le coup des lois sur la diffamation et l'injure et sur l'incitation à la haine raciale.

Il y a incontestablement, dans cette utilisation de la laïcité, à la fois un facteur juridique et un facteur politique, qui est celui d'une stratégie qui vise à ne pas viser une religion particulière, pour consolider le discours.

Ce qui est très frappant dans l'entretien que Marine Le Pen a accordé au Monde, c'est qu'il y a une confusion complète entre le politique et le législatif. Il y a une invocation du principe de laïcité qui n'est jamais sérieusement défini. Cet entretien mélange donc les arguments techniques et politiques, avec notamment une invocation fréquente de la loi de 1905.

La deuxième chose, c'est que cette interdiction du voile et de la kippa sur la voie publique est absolument impossible juridiquement. La Constitution française définit un certain nombre de droits et de libertés, dont la liberté de conscience et de religion. De surcroit, il y a aussi une Charte européenne des Droits de l'homme, qui a une valeur supra-législative et garantit le droit d'extérioriser ses convictions religieuses. Il faut donc avoir conscience que si cette interdiction devait passer par une loi, elle serait certainement inconstitutionnelle. Et si elle passait par une révision de la constitution, elle risquerait d'être censurée par le Conseil européen des Droits de l'homme.

D'autant que si on interdisait tout port dans la voie publique de tout voile ou une kippa, il faudrait aussi interdire la croix chrétienne.

Elle ne s'est justement pas prononcée pas l'interdiction des croix. Est-ce une nouvelle preuve qu'elle - comme d'autres avant, comme le mouvement Riposte laïque - ne visait que l'islam ?

C'est quelque chose d'extrêmement préoccupant, car nous avons un certain nombre de nos concitoyens qui sont de confession musulmane, mais sont français et vivent de façon parfaitement régulière sur le territoire national. Il ne faut pas proclamer des grands mots, comme la République, la Liberté, la Fraternité, dont se réclament ces mouvements ou partis politiques, si ces mots doivent être retournés contre une confession religieuse, en plus une confession qui a une histoire longue et prestigieuse.

Qu'il y ait des points de discussion avec les autorités, qu'il y ait une grande fermeté contre tous ceux qui menacent l'ordre public, c'est normal. Mais je trouve très préoccupant que ces concepts républicains, qui doivent constituer le socle du vivre-ensemble, soient retournés contre une partie de la population française. Les citoyens français, peu importe leur confession, doivent disposer des droits et libertés fondamentaux sur le territoire de la République, sinon on est en contraction avec les principes dont se réclament ces personnes lorsqu’ils évoquent les principes constitutifs de la République.

Nicolas Sarkozy avait, selon le Figaro, déclaré le 16 février 2011 aux députés UMP reçus à l’Elysée : « On a payé très cher la cécité sur l'immigration dans les années 1980. C'était un débat tabou. Avec la laïcité et l'islam, il se passe la même chose ». Pourquoi, lorsqu'on parle de laïcité, l'islam fait-il toujours son apparition, et vice-versa ?

Le premier facteur est que la laïcité a été construite à une époque où la communauté musulmane n'était pas très présente en France. L'islam est donc arrivé plus tard dans un cadre juridique dont certains principes et notions diffèrent parfois des spécificités de la communauté musulmane.

Par ailleurs, il est évident qu'on fait face à des difficultés liées à un contexte mondial où la question de la religion islamique soulève des questions et des inquiétudes. Cela a des répercussions en France.

C'est donc le rôle des responsables publiques de réaffirmer les grands principes qui peuvent sous tendre à vivre-ensemble, et ce vivre ensemble doit faire sa place à tous les citoyens. Cela ne veut pas dire qu'il faut céder le pas au communautarisme ou accepter des revendications qui portent atteinte à l'ordre ou la sécurité publique, mais ça veut dire qu'on ne peut pas vouloir déraciner totalement des individus qui peuvent avoir leurs convictions religieuses.

L'islam, à l'inverse d'autres religions, est en expansion en France. Cela n'appelle-t-il pas logiquement une application plus stricte de la laïcité à son encontre ?

Je crois qu'il est de la responsabilité des responsables publics de proposer un modèle républicain d'intégration apaisée. Cela passe par l'éducation. Le jour où l'école appuiera, par l'instruction civique, la diffusion de repères et de valeurs communes, on verra comment la prise en considération de ce bien commun est compatible avec l'expression des convictions religieuses.

C'est la responsabilité de la République et de l'école de définir ce bien commun, d'y faire adhérer l'ensemble de la population. Lorsqu'on aura une école qui sera sur ces deux pieds pour protéger cette morale commune, les pratiques religieuses s'articuleront beaucoup mieux avec ces exigences collectives d'intérêt général.

Le fait que la laïcité soit parfois utilisée comme une arme contre l'islam ne risque-t-il pas de détourner les musulmans de cette valeur ?

Ne cesser d'invoquer les grands principes républicains, dont fait partie la laïcité, à l'encontre d'une religion particulière – en l'espèce, l'islam – est bien entendu de nature à faire mettre des doutes sur la validité de ces principes pour ces personnes, qui se sentiraient exclues de la communauté nationale. C'est un risque certain.
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Re: laicité

Message  Invité le Dim 23 Sep - 13:59

Tenez, comme je n'ai rien à récupérer de fr info ou autre, je vous fais un c/c de ce que j'ai posté sur le FAR et vous me direz si c'est pertinent ou si ça commence à ressembler à du troll (le fait de c/c d'un autre forum un post isolé dans un topic) :
de Nyark nyark » 23 Sep 2012, 12:51

Kzimir a écrit: Sinon la solution serait simple : il suffirait de faire des grands goulags dans lesquels on foutrait tout les patrons et le socialisme naîtrait.
Ben euh... Bon, bref... moi ça me gênerait pas plus que ça, mais quand tu dis "il suffirait", ça m'a pas l'air si simple. Ah, non je ne plaisante absolument pas, mais je ne développe pas, je vais partir dans un autre HS et nous sommes un forum public...

Kzimir a écrit:Ca commence à vraiment tourner en rond tout ça, j'ai l'impression d'avoir déjà écrit ça 200 fois ...

Si tu en as l'impression c'est que c'est le cas, on a tous développé tous ces arguments et contre-arguments au moins 200 fois, c'est d'ailleurs pourquoi je n'ai pas encore participé au débat.
Ah, comme c'était mieux avant : on avait la droite et la gauche. La droite, du moins extrême était raciste et pro-religion, la gauche anti-raciste et laïque. C'était simple et tout le monde retrouvait ses petits. Si tel était le cas aujourd'hui on aurait : un PS qui ne démantèlerait pas les camps de Rroms, un PC qui n'inviterait pas Michel Collon à la fête de l'Huma, un FN qui défendrait l'Islam et une extrême gauche qui voudrait qu'on brûle les mosquées et qui soutiendrait Charlie Hebdo.
S'il en était besoin, je pourrais te donner 150 liens de forums amis (le CCCForum, Dynamite) où ça s'étripe joyeusement sur le sujet. Faut-il combattre toutes les religions y compris l'Islam, faut-il, au contraire, parce que cette religion est, actuellement, en Europe, celle du prolétariat, défendre ceux qui la pratiquent ?
Différence : combattre la religion n'est pas combattre ceux qui la pratiquent. C'est là que ça se complique un peu. Défendre les gens qui prient dans la rue (dans 2 rues dans toute la France) contre les apéros saucisson-pinard, ou bouffer soi-même du saucisson en prenant la défense de la liberté de la presse ? Se rendre compte que le concept de laïcité qui était un concept "de gauche" a été récupéré, de façon fine et intelligente (malheureusement pour nous, ils ne sont pas tous cons) par la droite la plus extrême et que la ligne de partage ne se situe peut-être plus entre gauche et droite. Rajoute par là-dessus les conspis et autres tarés qui s'amusent encore plus à brouiller le jeu, comme les Lacroix-Riz, les Meyssan, les Bricmont, les PIR et autres LMSI, les gens réellement de gauche (Fontenelle, Tévanian) qui se font (peut-être) récupérer par l'ED et tu as une idée de ce dans quoi on se débat actuellement dans le milieu anarchiste.

Regardez un peu ici :
http://dynamite.lautre.net/forum/viewtopic.php?f=6&t=12060
(prenez le temps de tout lire please)

Et le fait, extrêmement grave, de mon point de vue (mais ça c'est perso) c'est qu'on se positionne toujours par rapport à l'ED : ils sont laïcards ? Donc on va prendre le contrepied et ça, ça me gène beaucoup. On devrait être capables d'avoir nos propres positions, indépendamment d'eux et de les assumer.
Sans être une intégriste (humour :hehe: ) du "ni dieu, ni maître", je pense qu'il serait important d'organiser un jour (proche, si possible) un vaste débat entre organisations anarchistes et révolutionnaires pour mettre tout cela au clair dans nos têtes. Nico Pâtre le proposait d'ailleurs il y a quelques mois sur Dynamite mais cela n'a pas été suivi d'effet, faute de précisions pratiques quant à l'organisation de ce débat. Ne pourrions-nous pas le faire, nous ?

Chiche : on l'organise le débat ???
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Message  ivo le Mar 2 Oct - 9:49

Les laïques américains déplorent le poids de la religion sur la politique aux Etats-Unis
http://www.lemonde.fr/elections-americaines/article/2012/10/01/les-laiques-americains-deplorent-le-poids-de-la-religion-sur-la-politique-aux-etats-unis_1768518_829254.html?google_editors_picks=true

Des délégués prient, à l'ouverture de la deuxième journée de la convention démocrate, le 5 septembre 2012. | REUTERS/JONATHAN ERNST

A l'occasion de leur première mobilisation dans les locaux du Congrès, les athées, agnostiques et autres libres penseurs américains déplorent l'emprise de la religion sur la politique aux Etats-Unis.
Les laïques "en ont assez d'être ignorés et exclus d'un dialogue politique et de la société en général" et sont "très inquiets de voir la direction dans laquelle va l'Amérique", a déclaré devant la presse David Niose, vice-président de la Coalition laïque pour l'Amérique (Secular Coalition for America, SCA), qui regroupe 11 organisations athées. "Il y a 30 ans, lancer une campagne présidentielle avec une prière dans un stade de football était inimaginable", a-t-il poursuivi, évoquant le premier meeting de campagne de Barack Obama. "Cela aurait été malsain même pour le parti républicain", a conclu M. Niose, également président de l'Association humaniste américaine, qui estime que dans le domaine politique, jamais la religion n'a été autant mise en avant.

Le mouvement laïque vient de lancer une campagne pour structurer les "non-religieux" dans la quasi-totalité des 50 Etats du pays, pour qu'ils fassent pression sur les élus locaux ou nationaux, ainsi que des sessions de formation pour les citoyens afin qu'ils fassent valoir leurs droits.

Il vient en outre de se doter d'une nouvelle directrice générale, Edwina Rogers, une lobbyiste confirmée. Selon la SCA, qui cite diverses études et sondages, les personnes se déclarant athées, sans religion ou refusant de s'identifier à une religion particulière, étaient entre 20 et 30 % en 2012 aux Etats-Unis, soit une hausse d'au moins 38 % depuis 1990. Les personnes se déclarant précisément athées sont passés de 1 million en 1990, à 2 millions en 2001 puis 3,6 millions en 2008, selon la SCA. La population américaine compte 310 millions de personnes dont une très forte majorité (76 %) se déclarent chrétiennes.
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Message  ivo le Jeu 8 Nov - 8:59

chassez les par la porte, ils reviennent par la fenetre ..................

Une exposition sur les religions, pour mieux comprendre le fait religieux, ou tout simplement pour s'informer. Dieu(x), Modes d'emploi, exposition itinérante arrive enfin à Paris, au musée du Petit Palais, 10 ans après le rapport Régis Debray, sur l'enseignement du fait religieux dans l'école laïque, qui préconisait la réintroduction progressive de cette vaste question dans les programmes scolaires.

La France depuis la loi de décembre 1905 sur la séparation des Eglises et de l'Etat a pris l'habitude de vivre dans une société laïque, "mais certaines clés liées au sacré et au religieux ont été perdues"
>>>
http://www.franceinfo.fr/societe/sortir-ecouter-voir/dieu-x-modes-d-emploi-une-exposition-du-musee-du-petit-palais-a-paris-793311-2012-11-08

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Message  ivo le Ven 22 Fév - 12:18

Les "sages" valident le financement public des cultes en Alsace-Moselle
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/21/les-sages-valident-le-financement-public-des-cultes-en-alsace-moselle_1836740_3224.html
Le Conseil constitutionnel a tranché, l'Etat peut – malgré son statut laïc défini dans la Constitution – continuer à rémunérer prêtres, pasteurs et rabbins en Alsace-Moselle, un statut spécifique de ces départements .
Saisis par une association de défense de la laïcité qui dénonçait le principe de cette rémunération, les "sages" ont considéré qu'aussi bien en 1946 qu'en 1958, les constituants n'avaient "pas entendu remettre en cause" la rémunération des ministres du culte dans les départements alsaciens du Haut-Rhin et du Bas-Rhin, ainsi qu'en Moselle.


Lire nos explications Laïcité : l'exception d'Alsace et Moselle attaquée
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/02/20/laicite-l-exception-d-alsace-et-moselle-attaquee_1835480_3224.html

"Pour reprendre l'expression employée par l'historien Emile Poulat, en prévoyant que la France est une République laïque, les constituants de 1946 et de 1958 auraient consacré une 'laïcité de cohabitation', exprimée par le maintien du concordat en Alsace et en Moselle", explique la décision finale.

"CONFORME À LA CONCEPTION FRANÇAISE DE LA NEUTRALITÉ DE L'ÉTAT"

Le Conseil constitutionnel a considéré que la laïcité de la France, proclamée dans l'article 1er de sa Constitution, impliquait que la République "ne salarie aucun culte". Cependant, "il ressort des travaux préparatoires" aux projets de Constitution de 1946 et de 1958 que leurs auteurs ne souhaitaient pas remettre en question ce type de spécificités locales, ont souligné les membres du Conseil.

Le régime du concordat de 1801 signé entre la France et le Saint-Siège organisait les rapports entre les différentes religions et l'Etat en France jusqu'en 1905, date de la séparation des Eglises et de l'Etat. Mais cette séparation n'était pas entrée en vigueur en Alsace et en Moselle, alors sous domination allemande.

Si le principe de laïcité inscrit dans la Constitution est "conforme à la conception française de la neutralité de l'Etat en matière religieuse", il n'a pas pour but de "remettre en cause des régimes particuliers qui demeuraient applicables sur certaines parties du territoire de la République", selon les membres du Conseil constitutionnel.
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Message  ivo le Mer 1 Mai - 10:27

Les Etats-Unis trouvent la laïcité française «agressive»
Outre les lois restreignant la liberté d’expression, un rapport énumère les restrictions croissantes concernant les signes religieux, l’abattage rituel des animaux et la construction de mosquées.
>>>
http://www.liberation.fr/monde/2013/04/30/les-etats-unis-trouvent-la-laicite-francaise-agressive_900135
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Message  ivo le Jeu 2 Mai - 9:34

« L’esprit d’entreprise » à l’école : une atteinte à la laïcité
http://www.rue89.com/2013/05/01/lesprit-dentreprise-a-lecole-atteinte-a-laicite-241969
Francis Daspe | Président de la Commission nationale éducation du Parti de Gauche


La principale critique que nous faisions du projet de loi d’orientation pour la refondation de l’école de la République de Vincent Peillon résidait dans l’accumulation de contresens et d’aveuglements idéologiques sur lesquels il repose. Le discours prononcé le 29 avril par le président de la République en clôture des assises de l’entrepreneuriat valide de fait notre analyse. Il offre en effet un condensé édifiant de ces déficiences dûment constatées.

François Hollande propose de « stimuler l’esprit d’entreprise » dans l’école, en prévoyant notamment de la sixième à la terminale un programme sur « l’entrepreneuriat ».  Ce faisant, il décline les impasses idéologiques qui obscurcissent la loi d’orientation en discussion au Parlement, votée en première lecture par les députés et prochainement soumise aux sénateurs.

C’est d’abord remettre en cause de manière frontale la laïcité qui ne se résume pas au champ du religieux. Elle vise également à garantir la neutralité en mettant à distance tous les dogmes : celui du marché et de l’économisme triomphant doivent être maintenus hors de portée des enfants.

L’augmentation du nombre de stages en entreprises, outre qu’elle vise à formater les futurs salariés à la doxa libérale véhiculée au sein de l’entreprise, réduira en conséquence la part des savoirs transmis. En effet, les stages ne se traduiront pas par des heures supplémentaires pour les élèves. C’est donc accentuer la dérive minimaliste et utilitariste du socle commun de compétences instauré par la précédente loi d’orientation de 2005 de François Fillon et confirmé par la future.

La marotte de « l’adéquationnisme »

L’intrusion au sein de l’école des façons de penser de l’entreprise et des intérêts du monde économique constitue une régression. L’école de la République s’était mise en place en s’affranchissant de tous les intérêts locaux, clientélistes, cléricaux ou mercantiles. Il s’agit d’une évolution à rebours de la construction d’un cadre national garantissant au mieux une égalité territoriale même imparfaite. C’est en définitive ouvrir la voie à plus d’autonomie, à une balkanisation de l’école et une gestion managériale.

En filigrane se dessine la marotte de « l’adéquationnisme » dans le prolongement de l’imposition à l’institution scolaire de l’acte III de la décentralisation même morcelée en trois parties devant les inquiétudes exprimées au sein même de la majorité. Au motif que l’offre de formation devrait être en adéquation avec la réalité du bassin d’emploi correspondant, les libéraux voudraient assujettir l’école aux intérêts immédiats des entreprises locales.

C’est ainsi que la tentation est grande de la part de nombre de présidents de conseils régionaux socialistes de faire en sorte que « ceux qui financent les bâtiments décident aussi de ce qui se passent entre les murs ». Cet adéquationnisme de mauvais aloi renforce puissamment les enfermements dans des déterminismes territoriaux et sociaux que l’honneur de l’école est de combattre sans faillir.

Un projet de société qui se soumet à l’austérité

Ces aveuglements idéologiques se situent bien aux antipodes de la mission première d’une école de la République digne de ses valeurs : combattre toutes les formes d’aliénation, favoriser l’émancipation. Rien dans les propos présidentiels n’y concourt :

ni la conformation annoncée à la culture entrepreneuriale ;
ni le rabougrissement programmé des savoirs ;
ni la mainmise encouragée d’une oligarchie de possédants sur l’institution scolaire ;

ni la territorialisation de l’enseignement contraire au principe d’unité et d’indivisibilité de la République.

L’actuelle majorité doit changer urgemment de logiciel en matière d’éducation, sans quoi les ruptures idéologiques avec l’ancienne ne relèveront malheureusement que du champ du cosmétique. Plus que jamais, l’école a besoin d’un projet de société de transformation qui seul lui permettra de remplir pleinement ses missions que le triptyque « instruire, qualifier, émanciper » résume au mieux.

Les propos présidentiels montrent que l’institution scolaire ne sert qu’à masquer tant bien que mal carences et renoncements d’un projet de société qui se soumet à l’austérité et ignore la réalité de la lutte des classes. Car s’en remettre à l’esprit d’entreprise comme seul viatique, c’est ni plus ni moins brader l’idéal d’émancipation.
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Message  ivo le Mer 11 Sep - 10:24

Charte de la laïcité : une imposture
http://blogs.rue89.com/journal.histoire/2013/09/10/charte-de-la-laicite-une-imposture-231086
Rentrée 2012 : rien de nouveau dans les collèges et les lycées. Rentrée 2013 : rien de nouveau dans les collèges et les lycées. Pas grand chose, non plus dans les écoles primaires, hormis des modifications marginales sur les rythmes scolaires.

La refondation du système éducatif ? Un élément de langage parmi d’autres. Tout continue comme avant. Alors, comme il faut bien donner le change, faire diversion, donner l’impression qu’on n’a pas voté pour rien, le ministre de l’Education Vincent Peillon a trouvé un filon, inépuisable : les leçons de morale laïque annoncées à grand bruit en 2012 – pour être reportées, mais beaucoup plus discrètement, à 2015 – et, en cette présente rentrée, une charte de la laïcité, placardée dans tous les établissements scolaires sous l’œil complice des caméras invitées en nombre et des médias acquis d’avance à la cause.

Overdose de grands principes

Le plus difficile pour les principaux et proviseurs chargés de la faire appliquer aura sans doute été de lui trouver une place sur les murs des établissements déjà recouverts de règlements de toutes sortes, tous censées assurer le respect du bien commun et encore plus de lui donner un semblant de crédibilité aux yeux des élèves, saturés par les dix ou vingt pages de règlement scolaire de l’établissement, soigneusement consignées dans le carnet de correspondance.

Car si, en matière d’affirmation des grands principes, l’Education nationale n’a jamais manqué de constance ni d’obstination, il n’en va pas de même de sa capacité à les faire vivre, à leur donner corps et l’on ne peut guère en vouloir aux élèves d’accueillir par des ricanements ou des haussements d’épaules ce nouveau caprice ministériel.

Des principes bien peu conformes à la réalité

Au fil des quinze principes affichés dans la charte, proclamés dans cet imbuvable prêchi-prêcha qui semble la marque de fabrique du ministre, les contradictions, les impostures ne manquent pas qui, au final, lui font perdre toute crédibilité.

Difficile, par exemple, de prendre au sérieux l’affirmation de l’égalité garantie par la République (principe 1) – quel rapport au passage avec la laïcité ? – dans un pays déchiré par la crise sociale et par une aggravation des inégalités dont la République semble s’accommoder sans forcer sa nature.

Les élèves ne sont ni aveugles ni idiots au point de ne pas se rendre compte que l’école de la république laïque et indivisible est le lieu d’une sélection et d’une ségrégation sociale brutales, que ceux d’entre eux qui se retrouvent très jeunes en difficulté, avant d’être « orientés », comme disent pudiquement leurs maîtres, en apprentissage ou en lycée professionnel sont issus presque exclusivement des milieux défavorisés.

Et si on les appliquait pour de bon ?

L’assimilation de la laïcité à la liberté, réaffirmée tout au long de la charte, relève pour le moins de l’abus de langage ou, plus sûrement, de l’escroquerie : depuis quand les élèves bénéficient-ils de la « libre expression de leurs convictions » (principe 3) ou de « l’exercice de la liberté d’expression » (principe Cool, alors même que la règle générale ou les pratiques majoritaires des enseignants exigent qu’ils se taisent sous peine de représailles ?

Les programmes scolaires usent et abusent – en cours d’histoire et d’éducation civique notamment – de références aux déclaration solennelles relatives aux droits de l’homme (Déclaration de 1789, Déclaration universelle des droits de l’homme, Convention européenne des droits de l’homme et des libertés fondamentales, etc.) qui, le plus souvent, ne suscitent aucun écho ou tombent à plat dans les salles de classe, tout simplement parce le fossé est profond entre les libertés promises et le vécu quotidien des élèves : la liberté, ce sera pour plus tard, toujours plus tard.

Demandons nous un instant ce que serait une école qui offrirait réellement aux élèves « les conditions pour forger leur personnalité, exercer leur libre arbitre et faire l’apprentissage de la citoyenneté » (principe 6), par exemple par l’intermédiaire de pédagogies coopératives ou l’exercice pratique de responsabilités, plutôt que de les afficher sur un mur ? Il y faudrait une révolution culturelle sans doute hors de portée d’un système éducatif traditionnellement porté sur l’autoritarisme et le manque de respect.

Cette charte de la laïcité, par davantage que toutes celles du même type qui encombrent les établissements scolaires, n’est en mesure de faire grandir, de former des citoyens : l’éducation ne se réduit pas au verbiage prétentieux, la morale aux leçons de morale et l’on est consterné de voir un ministre prétendument de gauche, mettant en avant à tout bout de champ un rationalisme qu’incarnerait la laïcité, se complaire dans une posture et des sermons finalement d’inspiration cléricale aussi peu fondées sur la raison et l’expérience.

La face honteuse de la laïcité

Cette nouvelle et bruyante initiative, sûrement pas la dernière, pourrait être accueillie par la dérision et l’indifférence si elle n’intervenait pas dans un contexte politique qui lui donne tout son sens : ces dernières années, la laïcité est devenue le vecteur de l’islamophobie et il faut une bonne dose d’hypocrisie pour ne pas reconnaître que cette charte, directement conçue et peaufinée dans les bureaux de l’Education nationale – ce n’est pas à son honneur - vise exclusivement la religion musulmane.


Ce n’est pas un hasard du calendrier si la publication de cette charte trouve sa place dans la foulée des déclarations venimeuses et provocatrices du ministre de l’Intérieur sur l’incompatibilité de l’Islam avec la démocratie. Derrière la revendication du vivre ensemble, c’est en réalité la stigmatisation qui est à l’œuvre. Loin de « libérer », comme le prétend Peillon, la laïcité, enfermant les individus dans une identité fantasmée, quasi ethnique, est surtout l’occasion d’occulter les conditions sociales qui fabriquent l’exclusion, empêchant ainsi l’émergence d’une société plus juste et plus harmonieuse.
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Message  ivo le Sam 21 Sep - 10:14

Les musulmans, nouveaux parias de la République ?
Le journaliste Claude Askolovitch publie Nos mal-aimés, un livre de combat en faveur des musulmans de France. Ancienne présidente de la Halde, Jeannette Bougrab s'oppose radicalement à ses prises de position. Interview croisée.
>>>
http://www.marianne.net/Les-musulmans-nouveaux-parias-de-la-Republique%C2%A0_a232052.html

Des islamistes ? Non des bisounours !
Le journaliste Claude Askolovitch publie Nos mal-aimés, ces musulmans dont la France ne veut pas (Grasset), qui présente les intégristes comme de sympathiques victimes de la laïcité et de ce qu’il appelle « l’identitarisme français ». Provocation ou égarement ?
>>>
http://www.marianne.net/Des-islamistes%E2%80%AF-Non-des-bisounours%E2%80%AF_a232317.html
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Message  ivo le Mer 2 Oct - 10:28

Le patron de l'enseignement catholique propose d'apposer un verset du livre saint sur les façades de ses établissements, à côté de la devise de la République et des drapeaux français et européen.
...
un distinguo subtil, présentant l’enseignement catholique sous contrat comme «une école dans la République et non une école de la République». Les établissements privés sous contrat suivent les mêmes programmes que les autres, et les enseignants sont rétribués par l’Etat. Mais ils revendiquent un «caractère propre», en raison de leur appartenance confessionnelle.

Pierre Balmand a par ailleurs rappelé qu’à ce titre, les établissements catholiques n’avaient pas à afficher sur leurs murs la Charte de la laïcité, que le ministre de l’Education Vincent Peillon a fait distribuer le mois dernier à toutes les écoles publiques. «Nous adhérons pleinement au premier volet (de la charte) sur la laïcité de la République, a-t-il indiqué, mais nous ne pouvons souscrire à celui sur la laïcité des établissements
...
>>>
http://www.liberation.fr/societe/2013/10/01/une-parole-d-evangile-sur-les-murs-des-ecoles-privees_936180?xtor=rss-450
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Message  ivo le Ven 7 Fév - 11:08

Qui en veut aux arbres de la laïcité ?
Depuis quelques mois, des arbres plantés pour célébrer la loi de 1905 sont décapités par des activistes anonymes qui défendent une France «catholique» et ciblent la «franc-maçonnerie».
>>>
http://www.liberation.fr/societe/2014/02/06/les-arbres-de-la-laicite-deracines-en-serie_978348?xtor=rss-450
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Message  ivo le Jeu 15 Mai - 8:40

À peine installé, Hamon recule sur la laïcité ! (UFAL)
il tombe sous le sens que la volonté d’un adulte d’imposer l’affichage de sa religion est incompatible avec le minimum requis pour l’encadrement des élèves : neutralité absolue, et égalité de traitement de tous. Un parent encadrant une sortie scolaire n’accompagne pas « son enfant », mais tous les élèves. Il doit manifester qu’il est porteur d’une mission d’intérêt général, et non porte-drapeau d’un particularisme confessionnel, ethnique, culturel, ou politique.

>>>
http://www.humanite.fr/peine-installe-hamon-recule-sur-la-laicite-ufal-528920
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Message  ivo le Jeu 26 Juin - 8:45

Laïcité : il est temps de se ressaisir !
Hommes et femmes d'horizons philosophiques, politiques et professionnels différents, nous sommes inquiets de voir à quel point, face à l'action engagée par diverses mouvances religieuses et politico-religieuses pour attenter à la laïcité républicaine, la réponse politique demeure faible.
>>>
http://www.marianne.net/Laicite-il-est-temps-de-se-ressaisir-_a239732.html
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