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Message  ivo le Mar 9 Nov - 10:55

France-Afrique : enfin une enquête sur les "biens mal acquis" ?
FRANCE INFO - 04:55
Ils sont trois présidents africains (ou feu) à détenir un patrimoine immobilier et mobilier en France estimé à 160 millions d’euros. Trop pour être honnête, selon l’ONG Transparence Internationale qui se bat depuis 2007 pour que soient examinées les conditions d’acquisition de ces biens luxueux. Une âpre bataille. De classement sans suite en irrecevabilité, l’ONG arrive au terme de son combat judiciaire : la Cour de cassation doit dire aujourd’hui s’il y a a lieu d’enquêter...

la france à fric  Africains-441f4
Deux des chefs d'Etat africains incriminés par l'ONG Transparence Internationale : le guinéen Teodoro Obiang Nguema à gauche et le congolais Denis Sassou Nguesso à droite. Ici, à Bamako, lors du 23ème sommet franco-africain de 2005 © REUTERS

Les trois chefs d’État visés par la plainte de Transparence Internationale sont Denis Sassou Nguesso du Congo, Teodoro Obiang Nguema de Guinée équatoriale et le défunt chef d’État gabonais Omar Bongo Ondimda. Ce dernier et son clan possèderaient à eux seuls une trentaine de luxueux appartements ou maisons, et de nombreuses voitures de luxe, ces fameux "biens mal acquis" !

"Un financement... pour le moins atypique"

Pourtant, depuis son premier dépôt de plainte, l’ONG ne cesse de se heurter au parquet. En 2007, il classe le dossier, à l’issue d’une enquête préliminaire. Transparence Internationale dépose alors une nouvelle plainte l’année suivante, avec constitution de partie civile, procédure qui permet de contourner le parquet. En mai 2009, une juge du pôle financier de Paris donne donc son feu vert à l’ouverture d’une enquête, mais le parquet fait appel. La cour d’appel de Paris lui donne raison fin 2009. C’est alors que l’association s’est pourvue en cassation. La Cour doit donner sa décision aujourd’hui même.

"Les biens mal acquis", résultat du pillage des finances publiques africaines


Voitures de luxe

Au cours de leur enquête en 2007, les policiers avaient pourtant "mis au jour un parc automobile conséquent ". Le fiston d’un de ces chefs d’État aurait acquis en France "une quinzaine de véhicules pour un montant de plus de 5,7 millions d’euros". Des voitures de luxe, Mercedes, Aston Martin ou Ferrari, réglées de façon "pour le moins atypique", notent les policiers dans leur rapport, avec des chèques émis par des sociétés ou des tiers.

Appartements spacieux

L’Office central pour la répression de la grande délinquance financière a aussi détaillé "un patrimoine immobilier important", localisé "dans des quartiers à forte valeur marchande" comme les VIIe, VIIIe et XVIe arrondissements de Paris ou les villes de Neuilly-sur-Seine, Nice ou encore Aix-en-Provence. La superficie de ces appartements ou maisons est le plus souvent supérieure à 100 mètres carrés.

Comptes et livrets
Enfin les policiers ont fait l’inventaire des comptes et livrets bancaires détenus par ces chefs d’État et leurs proches. Et l’on apprend qu’un fils (le même ?) posséderait à son nom huit comptes dans une banque niçoise. Qu’une proche aurait quant à elle dix comptes dans trois banques parisiennes.

Enfin, un autre chef d’État africain, le Camerounais Paul Biya, est lui aussi visé par une plainte pour "recel de détournement de fonds publics", déposée début novembre par une association qui estime à plusieurs dizaines de millions d’euros son patrimoine en France. Cette plainte elle est toujours à l’étude au parquet
.
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Message  alangaja le Mar 9 Nov - 11:38

des noirs riches en France, ça paraissait louche aux enquêteurs (j'espère que ce forum n'est pas hermétique à l'humour...) !
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Message  ivo le Mar 9 Nov - 19:42

L’enquête sur les "biens mal acquis" africains peut s’ouvrir
FRANCE INFO - 15:14
Après trois ans de blocage, les poursuites judiciaires sur les avoirs douteux de trois chefs d’Etats africains en France vont pouvoir enfin être lancées. Ainsi en a décidé la Cour de cassation en début d’après-midi.
Une décision qui vise le congolais Denis Sassou Nguesso, le guinéen Teodoro Obiang, le clan gabonais Bongo, et leurs villas somptueuses, leurs voitures de luxe et leurs nombreux comptes bancaires... en France.

la france à fric  Biens_france_info
Les trois chefs d'Etat visés par la plainte de Transparence Internationale : de gauche à droite, Teodoro Obiang (Guinée Equatoriale ) en 2008, Denis Sassou Nguesso (Congo) en 2007 et feu Omar Bongo (Gabon) en 2007 © AFP/Adalberto Roque/ Patrick Kovarick

La plus haute juridiction française a annulé aujourd’hui un arrêt de la cour d’appel de Paris de 2009 qui déclarait irrecevable la plainte de l’organisation Transparence Internationale. L’ONG soupçonne en effet les dirigeants africains et leurs proches d’avoir acquis de nombreux logements de luxe, des voitures et des avoirs bancaires, avec de l’argent public détourné.

Une enquête de police de 2007 avait recensé 39 propriétés et 70 comptes bancaires détenus par la famille Bongo et ses proches, 24 propriétés et 112 comptes bancaires pour la famille Sassou Nguesso, ainsi que des limousines de luxe achetées par la famille Obiang. La Cour de cassation ordonne donc le renvoi du dossier à un juge d’instruction.

Ce dossier avait pourtant dans un premier temps été classé sans suite par le procureur Jean-Claude Marin. Un dossier qui avait provoqué de gros remous dans ces trois pays d’Afrique, avec lesquels la France entretient d’étroites relations diplomatiques, et où la première société française Total a d’importants intérêts.
De quoi laisser penser à l’ONG que le parquet avait agi comme le "bras armé de la raison d’État".


Plus rien cependant ne s’oppose désormais à l’ouverture d’une instruction. Mais lorsque celle-ci sera lancée, le ou les juges d’instructions désignés ne pourront poursuivre les chefs d’État en question, qui bénéficient d’une immunité coutumière, mais leurs proches n’en bénéficient pas et peuvent donc en théorie être questionnés, voire arrêtés, sauf immunité diplomatique.

En attendant, les dirigeants incriminés et leurs entourages nient tout détournement. Me Olivier Pardo, avocat du président de la Guinée, s’est dit "étonné" de la décision. "Elle ne signifie pas que ce qu’avance l’association Transparency est juste. Il ne faut pas prendre les chefs d’Etat africains pour des gens sans foi ni loi , déclare-t-il. C’est fini le temps des rois nègres".

L’inventaire des "biens mal acquis"

L’inventaire des biens détenus en France par trois présidents africains, réalisé par la police financière française en 2007, est le premier document officiel sur ce dossier. Au prix du marché, il y en a pour plusieurs dizaines de millions d’euros.

Gabon

Ancienne colonie française, le Gabon est le quatrième producteur de pétrole de l’Afrique sub-saharienne. Son ancien président Omar Bongo, au pouvoir depuis 1967, est mort en juin 2009 et son fils Ali a été élu en août 2009 à son poste. L’avocat de ce dernier assure qu’il ne possède rien en France.

La famille Bongo compte 39 propriétés dans les beaux quartiers de Paris et sur la Côte d’azur, 70 comptes bancaires (dont 11 étaient détenus par Omar Bongo) et au moins neuf véhicules de luxe qui valent environ 1,5 million d’euros, dont certains payés avec des chèques du Trésor public gabonais, comme celui de 390.795 euros signé le 5 février 2004 par l’épouse du président pour l’achat d’une voiture de luxe Maybach 57.

Congo-Brazzaville

Ancienne colonie française, le Congo-Brazzaville, cinquième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne a été dirigé par Denis Sassou Nguesso de 1979 à 1992. Battu aux élections, il est revenu en 1997 après une guerre civile.

La police a recensé 24 propriétés, 112 comptes bancaires et un véhicule d’une valeur de 172.321 euros.

Guinée Equatoriale

Ancienne colonie espagnole, la Guinée équatoriale, troisième producteur de pétrole d’Afrique sub-saharienne, est dirigé par Teodoro Obiang Nguema Mbasogo depuis un coup d’Etat en 1979.

La police a découvert un logement, propriété de son fils Teodorin, qui est ministre de l’Agriculture. Une série de voitures de luxe évaluée à 4.2 million euros, deux Ferrari, une Maybach, deux Bugatti, une Rolls Royce Phantom et deux Maserati
.
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Message  niouze le Mer 10 Nov - 1:24

alangaja a écrit:des noirs riches en France, ça paraissait louche aux enquêteurs (j'espère que ce forum n'est pas hermétique à l'humour...) !

aucunement ...

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Message  ivo le Ven 14 Fév - 10:07

Mon « Colonial Tour » à Paris, pour éviter les trous de mémoire
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/13/colonial-tour-a-paris-eviter-les-trous-memoire-249885
Le rendez-vous avait été donné de bon matin rue de Lille, au centre de Paris, devant le siège de la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le « bras armé financier » de l’Etat. Pour combattre le froid, du chocolat chaud Banania, servi par des militants affublés de casques coloniaux !

Le ton est donné : bienvenue au « Colonial Tour » de Paris, organisé pour la deuxième année, dans le cadre d’une « semaine anticoloniale et antiraciste », par un collectif d’organisations qui entend lutter contre l’amnésie générale entretenue sur la période de l’esclavage et du colonialisme.

Avec en maître de cérémonie Louis-Georges Tin, président du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran).

L’édition 2014 du « colonial tour » est consacrée au passé occulté de certaines entreprises dont le grand public ignore généralement leur rôle dans la traite négrière ou le travail forcé dans les colonies.

Le tout entrecoupé d’intermèdes musicaux dans le bus qui emmenait les journalistes et militants d’un site à l’autre. Avec, tout d’abord, Michel Sardou, présenté par DJ Tin.


MICHEL SARDOU « LE TEMPS BÉNI DES COLONIES »

1 La Caisse des dépôts et les francs-or haïtiens

Le choix de la Caisse des dépôts, aujourd’hui une vénérable institution publique au cœur de la stratégie gouvernementale avec la Banque publique d’investissement, n’est pas dû au hasard.

Devant les grilles fermées du siège, l’historien Marcel Dorigny improvise un cours sur une histoire dans laquelle, dit-il, « les victimes ont dû payer leurs bourreaux » :


« Le 4 février a marqué un anniversaire passé inaperçu : le 220e anniversaire de l’abolition de l’esclavage. Cette première abolition n’a duré que huit ans – Bonaparte a remis de l’ordre dans les colonies en 1802... – et a un rapport direct avec la Caisse des dépôts.

L’insurrection des esclaves de Saint-Domingue – plus puissante colonie au XVIIIe siècle –, en 1791, a obligé le commissaire de la République à abolir l’esclavage sur place. Il n’en avait pas le pouvoir, mais il était au pied du mur.

Cette abolition a finalement été ratifiée par la Convention quelques mois plus tard. Ça va aboutir, dix ans plus tard, le 1er janvier 1804, à la proclamation de l’indépendance de la République d’Haïti. Autoproclamée, sans négociations car la France de Bonaparte n’est pas d’accord, mais n’a pas le choix en raison du rapport de forces, de la guerre en Europe, etc.

La situation va rester figée jusqu’en 1825. La France ne reconnaît pas cette indépendance jusque-là, on continue de parler de “la partie française de Saint-Domingue”. Finalement, tout retour étant impossible, et l’horizon colonial français se détournant des Antilles, le roi Charles X reconnaît l’indépendance de l’ex-colonie. »

Ordonnance royale de 1825

« Là encore, pas de négociation, c’est une ordonnance royale de 1825 qui accorde à Saint-Domingue le statut d’état souverain. Avec une contrepartie qui est une indemnité pour rembourser les colons, fixée unilatéralement à 150 millions de francs-or.

La base du calcul est simple : on évalue la valeur des propriétés des colons français avant ce qu’on appelle pudiquement “les troubles de Saint-Domingue”, et on divise par dix. On estime que la guerre, les pillages, la révolte, etc., ont fait tomber de 90% la valeur.

150 millions de francs-or payables en cinq ans. Pas de marge de discussion : Haïti n’a pas d’autre choix que d’accepter.

C’est une somme énorme. Haïti paye la première annuité, 30 millions de francs-or, mais après ça s’arrête. La dette est donc de 120 millions. »


La dette haïtienne

« Tout va rester bloqué jusqu’en 1843, sous le régime de monarchie libérale de Louis-Philippe, qui signe deux traités avec Haïti, l’un diplomatique, l’autre financier qui aménage la dette, ramenée à 90 millions, payables en trente ans. En réalité, ça ira jusqu’en 1883, dernière année de paiement de cette dette.

La Caisse des dépôts et consignations est chargée de recevoir les versements de la République d’Haïti. Dans les archives de la Caisse, à Blois, il y a tous les dossiers, nominatifs, famille par famille, des personnes auxquelles sont reversées ces sommes.


Une question vient à l’esprit : qu’en est-il des esclaves ? Officiellement, rien. Dans les dossiers, qui sont très détaillés pour être remboursés, il n’est jamais question d’esclaves. Aucun colon n’a indiqué, “j’avais 350 esclaves et ça vaut tant”... Ça aurait été très choquant dans la France des années 1830-40-50. »

En raison de cette histoire, le Cran a déposé une plainte l’an dernier contre la CDC pour complicité de crime contre l’humanité. Une démarche qui ne suscite pas l’unanimité en France, même parmi ceux qui reconnaissent un devoir de mémoire par rapport à l’esclavage.


Signe du malaise que suscite ce sujet, Marcel Dorigny fait observer :

« Je me permets de vous rappeler qu’il y a à Paris une rue de la Martinique, une belle place de la République dominicaine, etc. Mais cherchez une rue d’Haïti, vous n’en trouverez pas. Alors que c’est la seule République indépendante francophone d’Amérique. Il y a un trou de mémoire sur l’histoire d’Haïti. »

2 Les fantômes du Crédit suisse

Deuxième étape du « colonial tour », le siège de la banque Crédit suisse, non loin de la place de l’Etoile. La Suisse et l’esclavage, quel rapport ?

« L’investissement en capital dans la traite négrière a été transeuropéen »
, explique Marcel Dorigny devant la grille, là aussi fermée, du Crédit suisse. Une voiture banalisée et un car de police sont garés derrière le bus du « Colonial Tour », on ne sait jamais...

« La traite rapporte, avec un taux de profit double du taux moyen de l’époque. Les capitaux, là où il y en a, se dirigent vers les placements rentables. Les Suisses, qui n’ont pas de colonies, pas de port négrier évidemment, ont investi des capitaux là où il y avait une sorte d’appel d’air, Bordeaux, Nantes, La Rochelle, Saint-Malo, mais aussi la Grande-Bretagne, premier pays négrier à cette époque. »

L’historien met en cause la banque Hottinguer, aujourd’hui rachetée par le Crédit suisse, fondée par un baron suisse installé à Paris, Jean-Henri Hottinguer, qui participera plus tard à la création de la Compagnie générale des eaux, un des piliers du capitalisme français.

Selon lui, la banque Hottinguer a participé au financement de plusieurs expéditions négrières, des entreprises coûteuses qui avaient besoin d’importants capitaux pour des missions longues et périlleuses. Il a été pris dans ce que les historiens appellent « l’engrenage négrier ».

La Société des amis des Noirs

Les banquiers suisses sont très actifs :

« La présence des banquiers suisses à Paris est très importante, à l’image de Jacques Necker [qui a laissé son nom à un hôpital parisien, ndlr] qui, philosophiquement opposé à l’esclavage, était un important actionnaire de la Compagnie des Indes qui pratiquait la traite à grande échelle dans l’océan indien.

A l’opposé, histoire de nuancer, il y a un autre banquier gènevois, Etienne Clavière, président de la Société des amis des Noirs, le mouvement anti-esclavagiste.

Cela signifie que dans le vaste mouvement des capitaux, il y a des clivages.

Certains pensent que la traite négrière n’est pas l’avenir, qu’elle va devoir s’arrêter.

Clavière est l’un de ces visionnaires qui pense que le système colonial survivra à la traite, et qu’il faut abolir la traite pour sauver les colonies. »

3 Spie Batignolles et le travail forcé

Le bus du « Colonial Tour » continue son voyage vers l’Ouest, franchissant le périph’ pour arriver à Neuilly, étape sur le chemin du quartier d’affaires de La Défense, vers les sièges de Total et Bolloré, deux entreprises dont les actions modernes en Afrique restent controversées.

Mais restons dans l’histoire enfouie dans les méandres de la mémoire défaillante. Le tour nous dépose devant le siège du géant Spie-Batignolles, dans une rue calme de Neuilly-sur-Seine. On est loin des « temps bénis des colonies » chantés par Sardou.

Spie-Batignolles, explique un autre historien, Olivier Le Cour Grandmaison, est pour partie l’héritière de Batignolles, une des grandes entreprises de construction des infrastructures de l’ère coloniale. Et donc bénéficiaire du travail forcé auquel était soumise la population sous domination coloniale, avec l’aide et les moyens de l’administration.

L’un des grands chantiers de Batignolles est la construction du chemin de fer Congo-Océan, entre Brazzaville et le port de Pointe-Noire, dont certains historiens estiment qu’il a coûté 36 vies humaines pour chaque kilomètre de voie ferrée posée.

« Le Nègre remplaçait la machine, la grue »

Albert Londres, le « père » du reportage journalistique français, s’est rendu en 1928 au Congo. Il raconte dans le journal Le Petit Parisien, (repris en livre sous le titre « Terre d’ébène », éd. Arlea, 2008) :

« J’ai vu construire des chemins de fer, on rencontrait du matériel sur les chantiers. Ici que du Nègre ! Le nègre remplaçait la machine, le camion, la grue ; pourquoi pas l’explosif aussi ?

Pour porter les barils de ciment de cent trois kilos “ les Batignolles ” n’avaient pour tout matériel qu’un bâton et la tête de deux nègres ! [...]

J’arrivai au sentier de fer. La glaise était une terre anthropométrique ; on n’y voyait que des empreintes de doigts de pied. Là, 300 nègres des Batignolles frappaient des rochers à coups de marteau. C’était la grande hurle. Des capitas transmettaient des ordres idiots avec fureur [...] le tout scandé des ordinaires “ Allez ! Saras, allez !” [...]

Les capitas et les miliciens tapaient sur les Saras à tour de bras. Et les Saras, comme par réflexe, tapaient alors sur les rochers ! [...]


Les Saras me regardaient avec des yeux de chiens souffrants comme si je leur apportais de l’huile pour adoucir les brûlures de leur dos ! [...] Epuisés, maltraités par les capitas, loin de toute surveillance européenne, blessés, amaigris, désolés, les Nègres mouraient en masse. [...] C’était la grande fonte des Nègres ! [...] D’Ouesso sur la Sanga, 174 hommes furent mis en route. 80 arrivèrent à Brazzaville, 69 sur le chantier. Trois mois après, il en restait 36. »

Ras-le-bol de la repentance ?

On pourra contester la démarche des organisateurs du « Colonial Tour », qui pointent du doigt des entreprises du XXIe siècle pour ce qu’ont pu faire leurs ancêtres il y a 150 ans (on a bien d’autres griefs aujourd’hui à l’encontre du Crédit suisse que d’avoir indirectement financé la traite négrière autrefois...).

On entendra sûrement des « ras-le-bol de la repentance » ou de l’autoflagellation par rapport à un passé dépassé.

Mais on pourra aussi s’interroger sur les « trous de mémoire » de la France moderne par rapport à ces périodes pas si éloignées où sa richesse et sa prospérité ont été basées sur des pratiques unanimement considérées aujourd’hui comme des crimes contre l’humanité.

Alors oui, la mémoire a du sens dans une société qui recèle encore en son sein les traces, nombreuses, palpables, de cette histoire sans réellement les admettre, les assumer. Le « Colonial Tour » les ramène à notre mémoire de manière pacifique, ludique, et c’est tant mieux.
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