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présidentielles 2012

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Re: présidentielles 2012

Message  niouze le Jeu 5 Mai - 11:51

petite rectification
Autre facteur : la mise en scène de la vie du candidat. Le rendre proche des gens.riche Il est comme eux, il est des leurs. Il va au restaurant,fouquet's en famille. Il fait ses courses chez fauchon, en famille. Il joue au footau golf avec ses enfants et il est très amoureux, de sa femme évidemment. Madame de droite et Madame de gauche auront un rôle central. Et la presse people s’en délecte déjà. Mais attention, les feux de la rampele yacht de bolloré, ça peut lasser.

sinon me font bien marrer les sondagier pas foutu de voir ce qu'il c'est passé en 2002 mais la c'est sur z'ont tout prevu .....
:pfffff:

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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Jeu 5 Mai - 11:56

Marine Le Pen numéro un a droite
http://www.lepost.fr/article/2011/05/05/2485685_marine-le-pen-numero-un-a-droite.html

D'après un sondage du Figaro Magazine Marine le Pen serait la personnalité préférée des sympathisants de droite .
Elle devance tous les membres du gouvernement et les dirigeants de l'UMP.
Elle a 55 % de bonnes opinions
devant Alain Juppé 52% et Christine Lagarde

Quand le sondage s'adresse aux militants de l'UMP elle n'est que 15ème .
Sur l'ensemble des Français elle est 10ème .
Pour Fabien Namias le sondage n'est pas une surprise.

Source France 2
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Jeu 5 Mai - 14:33

Présidentielle 2012: Olivier Besancenot ne sera pas candidat
http://www.20minutes.fr/article/718656/presidentielle-2012-olivier-besancenot-candidat
Il veut toutefois continuer à s'investir dans le NPA...

Olivier Besancenot, candidat à l’élection présidentielle en 2002 et 2007, passera son tour lors de l’échéance de 2012. Il l’annonce dans une lettre aux militants, relayée par le site radical Bellaciao. «Je ne serai pas le candidat du Nouveau parti anticapitaliste à l’élection présidentielle de 2012».

«Je ne renonce pas à m’impliquer, bien au contraire, dans tous nos combats, écrit Olivier Besancenot. Je revendique plutôt la possibilité, pour le NPA, de se lancer sur de nouvelles bases, conformes au projet d’émancipation qui, plus que jamais, m’anime», assure le facteur de Neuilly.

>> Tous les candidats à la présidentielle, c'est en image et par ici

Le visage du NPA avait déjà dit sa volonté de passer la main pour la campagne présidentielle de 2012. En avril dernier, celui qui a été porte-parole de la LCR puis du NPA a déjà abandonné son rôle de porte-parole en avril dernier, déjà pour faire «monter» de nouveaux visages et éviter une personnalisation à outrance. «Il s’agit d’une décision politique assumée, donc, et sans grande surprise. Il y a quelques années déjà, j’avais clairement prévenu que je ne comptais pas prendre un abonnement à l’élection présidentielle, parce que je n’aspirais pas à en être l’éternel candidat d’extrême gauche», explique le leader du NPA.

«Nous avons su créer la surprise lorsque la LCR a eu l’audace de présenter un jeune travailleur, un postier, à l’élection présidentielle de 2002. Continuons de surprendre en présentant aujourd’hui d’autres anonymes lors de ces échéances: cela soulignera d’autant ce que nous sommes réellement: un outil collectif et hétéroclite», explique encore Olivier Besancenot dans son courrier.
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Ven 6 Mai - 9:10

Nicolas Sarkozy : quatre ans au pouvoir et une cote de confiance au plus bas
FRANCE INFO - 07:04
Cela fait quatre ans jour pour jour que Nicolas Sarkozy a été élu président de la République. C’était le 6 mai 2007 : le candidat de l’UMP avait su conquérir l’électorat populaire.
Un anniversaire terni par les sondages. Le chef de l’Etat souffle en effet ses quatre bougies à l’Élysée en battant des records d’impopularité.
Dans la dernière livraison du baromètre TNS-Sofres Logica* du Figaro Magazine, sa cote de confiance est au plus bas.
Les Français ne sont plus que 20% à faire confiance au chef de l’Etat. Une chute de crédibilité de sept points depuis le mois de janvier. Nicolas Sarkozy est au plus bas niveau depuis son arrivée à l’Elysée il y a quatre ans.

Un recul inquiétant puisqu’il concerne les sympathisants UMP. Et celle qui profite le plus de cette défection, c’est Marine Le Pen. La présidente du FN gagne quatre points en un mois sur le baromètre et devient la personnalité préférée des sympathisants de droite (55%).

La cote de confiance du chef de l’Etat est au plus bas (enquête TNS Sofrès Logica) Les précisions de Marie-Eve Malouines (0'48")

En 2007, Nicolas Sarkozy avait rencontré les ouvriers de l’aciérie Vallourec, à Saint-Saulve. Quatre ans plus tard, la déception est énorme. C’est ce qu’a constaté Emilie Barraza (1'15")

Marine Le Pen n’arrive cependant qu’en dixième position pour l’ensemble des Français, loin derrière Dominique Strauss-Kahn. Le directeur général du FMI et candidat potentiel de PS pour l’élection présidentielle de 2012 arrive en première position avec 46% d’opinions favorables pour l’ensemble de la population.

* Sondage réalisé du 29 avril au 2 mai auprès de 1.000 personnes, interrogées en face-à-face à leur domicile.
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Sam 7 Mai - 19:18

Pince-sans-rire, Christophe Alévêque part en campagne pour 2012
http://www.metrofrance.com/info/pince-sans-rire-christophe-aleveque-part-en-campagne-pour-2012/mkeg!yzcLynQuPhk4Y/
Entre lard, cochon, politique et spectacle, l'humoriste en pélerinage au Fouquet's comme à chaque anniversaire de l'élection de Nicolas Sarkozy a annoncé qu'il était candidat à la présidentielle.

Christophe Alévêque, humoriste souvent corrosif et sur le terrain politique, particulièrement mordant à l'encontre de Nicolas Sarkozy, a annoncé vendredi qu'il comptait présenter sa candidature à la prochaine présidentielle.
Comme chaque 6 mai depuis 2007, le comique était hier soir devant le Fouquet's où Sarkozy et ses proches avaient à l'époque célébré la victoire électorale.
Les "Roms", "l'islam de France", "l'affaire Bettencourt", "BHL et Kadhafi" ou encore "Carla Bruni-Sarkozy", Christophe Alévèque est revenu sur les personnes et les faits qui ont marqué l'année écoulée. Entre deux railleries écorchant le pouvoir actuel et plus généralement les politiques, il a fait chanter le public et très symboliquement a lâché une colombe de bois.
Dans une veine qui se veut sans doute "coluchienne", ce fut surtout là, sur les Champs Elysées que devant une foule d'admirateurs et de badauds il a annoncé son entrée en campagne.
"Devant ce constat politique navrant, j'ai donc décidé, après avoir organisé les primaires dans les toilettes de chez moi cet après-midi, de présenter ma candidature à la prochaine élection présidentielle" a-t-il lancé, expliquant que la politique étant "devenue un spectacle", il était "normal qu'un vrai pitre fasse partie du débat".
Est-ce du lard, du cochon, un coup de pub ou un coup de gueule, il a en tout cas assuré samedi matin sur Europe 1 qu'il connaissait un "paquet d'élus" susceptibles de lui accorder l'une des cinq cents signatures préalables à toute candidature.
Petite indication quant à la nature de sa démarche : dans la foulée il a évoqué une "parodie de campagne" durant laquelle il compte caricaturer les autres candidats, "pour faire tomber les masques".
De fait, là où Coluche était en salopette, Alévêque qui arborait hier une cape rouge et or flamboyante a précisé que la candidature n'était pas vraiment la sienne, mais celle de l'un de ses personnages à la scène, "Super Rebelle".
Mi-figue mi-raisin comme à son habitude, l'humoriste a assuré qu'avec ou sans les signatures il irait "jusqu'au bout", soit jusqu'au soir du deuxième tour, mais quand on l'interroge sur l'éventuelle tenue de meetings, c'est d'une "campagne-spectacle" dont il parle, annonçant une "vraie-fausse" campagne et une tournée nationale de 30 villes.
Pour autant, il assure qu'il n'avait vraiment pas besoin de ça pour remplir les salles et craint au contraire que cette initiative lui attire de nouvelles inimitiés (lire "Zidane répond à Alévêque").
Petite précision idéologique : l'humoriste dénonce la "zemmourisation" de la société tout en précisant que Super Rebelle n'est ni de gauche ni de droite, mais en appelle aux déçus, aux oubliés, aux "paumés" comme Coluche en son temps.
Enfin, concernant son programme, notez qu'il affiche et revendique un vide béant. "Je pars avec une feuille blanche, ce qui est le summum de la démagogie et du populisme" a-t-il indiqué, insistant sur le fait que c'était une fin en soi et en tout cas la ligne politique d'Alévêque candidat... un candidat improbable qui conclut toujours acerbe qu'il comptait bien "apprendre à mentir, apprendre le métier"...
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Ven 13 Mai - 10:03

"Je votais, j’ai arrêté" : au RSA, ils sont dégoûtés par la politique
CHLOÉ LEPRINCE - 08:44
Parmi les bénéficiaires de l’aide alimentaire du Secours populaire à Fives, un quartier de Lille (Nord), on compte une grande majorité d’allocataires du RSA. Il faut vivre avec moins de 6 euros par personne et par jour pour être éligible. A Fives, gros centre en France pour le Secours populaire, 3 800 familles sont inscrites.

Mardi, ils étaient plusieurs centaines à venir acheter, pour 12 euros, des carnets de bons qui leur donnent accès à l’équivalent de 90 euros de marchandise sur le mois. Dans la queue pour les tickets ou à la vente de produits arrivés à date limite de consommation offerts par les industriels, personne pour réagir aux propos de Laurent Wauquiez. L’avant-veille, soit dimanche 8 mai, le ministre UMP avait lâché sur BFM TV sa bombe sur l’assistanat, "cancer" de la France. (Voir la vidéo)

Les métastases du cancer, ce sont eux. Votent-ils (encore) ? Parlent-ils politique ? Sont-ils inscrits sur les listes ? A Fives, les permanents du Secours Populaire ne savent pas. Ils ne parlent pas politique avec les bénéficiaires. Pas même lorsqu’ils sont bénévoles, soit tout de même une centaine de personnes impliquées dans la vie de la structure.

Sur place, personne ou presque pour m’envoyer promener sous prétexte qu’il s’agit de politique, lever les yeux au ciel parce qu’il est question de la prochaine présidentielle. La plupart ont un avis, beaucoup s’étonnent qu’on soit venu le chercher. Non pas sur ce qu’a bien pu déclarer Laurent Wauquiez – et ça tombe bien : la plupart des gens que je rencontre n’ont pas eu vent de sa sortie –, plutôt savoir ce que peut représenter une carte d’électeur lorsqu’on vit chaque mois avec :

220 euros avec quelques heures d’aide aux personnes âgées (Jonathan, 26 ans, trois enfants qui dépendent de leur mère)

705 euros pour deux avec une seule retraite (Denise, 58 ans, dix années de travail avant de s’occuper de ses enfants)

800 euros à deux avec deux enfants (Sonia, 28 ans et un mari chômeur lui aussi)

768 euros de retraite par personne (Marcelle, 60 ans, et un compagnon qui touche 700 euros de retraite)

410 euros de RSA après 28 ans de travail (Evelyne, 51 ans)

"Avant je votais. Mais ce n’est plus la même passion"

Marcelle et Denise ont a peu près le même âge. Elles sont entrées en même temps dans la vie civique et s’en souviennent précisément. Car voter comptait, même si aucune ne se souvient en avoir parlé avec ses parents, avoir su ce qu’ils votaient.

Pour Marcelle, voter compte toujours : elle parle de "fierté", dit qu’elle a "appris à ses enfants à voter". Elle est socialiste tendance Ségolène (tous citeront l’ex-candidate), prête à exhiber "toutes [ses] cartes avec tous [ses] points" – le coup de tampon au bureau de vote a presque valeur de trophée. (Ecouter le témoignage de Marcelle)


Marcelle, bénéficiaire du Secours Populaire à... par FranceInfo

Denise a dévissé socialement et a cessé de travailler après un accident de la route. On comprend qu’elle a arrêté de voter quand l’essentiel a vraiment manqué.

Aujourd’hui, elle dit son "dégoût" : de la vie, de la précarité, de l’avenir pour ses petits-enfants avec ses quatre filles actuellement sans emploi. Mais un dégoût aussi de la politique qui féconde ce sentiment d’écœurement : "Les usines qui ferment, c’est quand même pas pour rien. Les jeunes de maintenant n’ont plus de travail pour eux, les anciens on leur dit de faire plus que leur quota de trimestre. Il ne faut pas se leurrer. Le soir des élections, on arrête directement le son. […] Avant je votais, j’ai souvent voté. Mais ce n’est plus la même passion." (Ecouter le témoignage de Denise)

Denise, bénéficiaire du Secours Populaire à... par FranceInfo

Jonathan a voté "pour marquer le coup"

Marcelle ne connaît pas Jonathan, qui a mis du temps à s’inscrire au Secours populaire - "La fierté, vous comprenez… j’ai fini par le faire pour les enfants." Elle ne comprend pas ces jeunes qui ne sont plus inscrits, dit que baisser les bras finit par "poser des problèmes à la société".

Or, Jonathan qui n’a voté qu’une seule fois à 18 ans et s’en souvient comme d’un « moment important », est blasé : "J’ai voulu le faire pour marquer le coup, voir à quoi ça servait."

Il n’a pas recommencé, bien qu’il suive assidûment les débats, les propositions, "les valeurs" des uns et des autres, comme il dit. Malgré une année à la rue, à dormir avec femme et enfant durant plusieurs mois dans la voiture. Il venait de perdre son emploi au dernier jour d’une période d’essai, venait d’emménager dans un appartement plus grand dans l’euphorie d’un premier CDI qui aura tourné court et précipité le ménage dans la misère : loyer trop cher, enfants « arrivés trop vite »… ses rêves d’audiovisuel ont tourné court.

Pour Jonathan, dont le dossier de demande du RSA est en attente, la politique se résume d’abord à ces élus qu’il a démarchés sans relâche pour finalement "[se] casser les dents". (Ecouter le récit de Jonathan)


Les hommes politiques ? "Ils se la pètent de trop"

Comme lui ou Marcelle, Evelyne, 51 ans dont 28 à faire "un peu de tout" en manutention jusqu’au local poubelles d’un complexe immobilier, a les codes du jeu électoral. Elle même est plutôt écolo, socialiste au deuxième tour. Elle dit que voter va de soi parce que c’est "la loi du citoyen". Elle dit que la mort de son mari a "tout perturbé" mais qu’elle continue à voter.

Pourtant, les hommes politiques lui font plisser le nez – "Ils se la pètent de trop." Lorsqu’on lui demande ce qu’elle en espère (encore), elle est catégorique :

"J’attends rien du tout. Franchement rien du tout. Oui, j’ai été très déçue de voir qu’on donne le même argent aux jeunes qui n’ont jamais travaillé, se droguent, boivent, sont dans la violence, alors que moi j’ai travaillé dur toute ma vie. On n’encourage pas les jeunes à travailler."

Que dirait-elle aux politiques si d’aventure, en campagne électorale, ils passaient une tête dans la cité de Lille où elle vit aujourd’hui et où "c’est triste" ? "Mais vous croyez qu’on les voit dans une cité ? Vous rigolez ! Ils sont trop fiers ces gens-là ! S’ils venaient, même pas je leur parlerai. Rien. Je les ignore."

Qu’ils aient des enfants en âge de voter ou des voisins, rares sont ceux qui parlent politique avec leurs proches parmi les bénéficiaires qui ont accepté d’en discuter avec moi. Jonathan glisse même qu’il n’a aucune idée de ce que peuvent bien voter ses parents mais qu’il "préfère ne pas savoir".

Sonia vote "quand elle a le temps"

Seule Sonia, qui fut coiffeuse à 15 ans puis assistante maternelle, dit finalement qu’elle n’y connaît "pas grand-chose quand on parle du parti de droite, du parti de gauche". (Voir le témoignage de Sonia dans le hall du Secours Populaire)

Sonia, bénéficiaire du Secours Populaire à Lille... par FranceInfo

Son vote à elle, c’’est "quand elle a le temps", et souvent quand même pour la présidentielle, "parce que c’est pas pareil". Elle ne sait pas encore si elle en sera l’an prochain, ni pour qui elle votera.

Quand on lui demande si certains propos la choquent, ce n’est pas à Laurent Wauquiez qu’elle songe, mais plutôt au Kärcher de Nicolas Sarkozy en 2005 à La Courneuve : "Il paraît qu’il y en a un qui a dit qu’il fallait nettoyer les cités au Kärcher. Ça me choque. Mais je ne peux pas vous dire qui. Tout ce que je sais, c’est que ça me choque."
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 9:59

la blague du jour



DSK inculpé d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration
FRANCE INFO - 09:11
A l’origine de cette affaire, la plainte d’une femme de chambre d’un hôtel Sofitel de New York. Elle accuse Dominique Strauss-Kahn de l’avoir agressé sexuellement. Il a donc été arrêté à l’aéroport JFK avant son départ pour la France. Il a ensuite été placé en garde à vue dans un commissariat de Harlem puis inculpé d’agression sexuelle, de tentative de viol et de séquestration par le parquet de New York.
Selon le témoignage de cette femme de chambre de 32 ans, rapporté par des sources policières, elle aurait été agressée par le directeur du FMI alors qu’il sortait de de sa douche. Elle aurait réussi à s’enfuir avant de prévenir d’autres employés qui auraient eux appelé la police.

Les policiers se sont alors rendu dans la chambre de l’hôtel Sofitel de Manhattan, qu’occupait Dominique Strauss-Kahn. Une chambre vide qui semblait avoir été quittée précipitamment puisqu’il y aurait abandonné son téléphone portable et ses effets personnels. Des éléments permettant des tests ADN auraient été prélevés.

C’est à ce moment là que la décision de l’interpeller à l’aéroport aurait été prise, il était 16h45 heure locale, 22h45 heure de Paris. Il était assis en première classe quand trois officiers de l’autorité aéroportuaire de New York sont venus l’arrêter.

Selon Pierre-Yves Dugua, l’un des correspondants de France Info à Washington, il les aurait suivis sans résister, et sans qu’il soit nécessaire de lui passer les menottes.

C’est le New York Times qui a été le premier à révéler cette affaire.

Quel avenir pour la candidature de Dominique Strauss-Kahn ?
FRANCE INFO - 04:16
Entre la publication fin avril d’une photo montrant DSK montant dans une Porsche Panamera S et son arrestation à l’aéroport de New York pour agression sexuelle présumée, il s’est écoulée à peine un peu plus de deux semaines. Et ce dernier rebondissement pourrait bien avoir plombé définitivement une candidature qui semblait maintenant acquise.
DSK et le Parti socialiste n’oublieront pas ce printemps 2011. Une photo qui montre le candidat annoncé du Parti socialiste embarquant dans une Porsche suivie d’une série d’articles sur son train de vie. Puis l’annonce par communiqué qu’il a demandé à ses avocats de poursuivre en justice, pour diffamation, France Soir sur une histoire de costumes.

Un avant goût de la dureté de la campagne électorale dans laquelle le directeur général du FMI s’apprêtait à se lancer... et le voilà débarqué d’un avion pour Paris, à quelques minutes de son décollage, et placé en garde à vue, à New York, pour agression sexuelle présumée...

Dans une carrière politique, personne n’est jamais mort. Beaucoup sont revenus de situations difficiles. Et DSK est présumé innocent. L’enquête de la police de New York ne fait que commencer... Cette affaire pourrait se dégonfler... Mais à un an du premier tour de l’élection présidentielle...

Réaction de Jacques Attali sur DSK : "Personne n’est irremplaçable"
FRANCE INFO - 08:56
Interrogé sur France Inter sur l’affaire DSK, inculpé pour agression sexuelle, tentative de viol et séquestration, l’économiste et écrivain Jacques Attali a d’abord pensé à sa femme et ses enfants. Et il estime que "même si c’est une manipulation, même s’il est non coupable, il lui sera très difficile de ne pas se mettre entre parenthèses de ses fonctions au FMI... De même que la vie politique française pourrait continuer s’il était amené à ne pas être candidat".
Jacques Attali interrogé ce matin sur France Inter par Fabrice Drouelle (2'52")

“Le Parti Socialiste a à ma connaissance au moins trois autres candidats, si ce n’est quatre ou cinq. Si Dominique Strauss-Kahn était amené à ne pas pouvoir ou à ne pas vouloir être candidat... Personne n’est irremplaçable...”a affirmé Jacques Attali.

L’écrivain a par ailleurs rappelé que "toutes les hypothèses [étaient]possibles" : "Les médias s’emballent alors qu’on ne sait rien de rien sur rien", a-t-il déclaré, n’excluant pas la possibilité d’un coup monté.

"Je pense difficile que l’employée d’un hôtel respectable soit elle-même une espionne, là pour éviter qu’il ne soit candidat à l’élection présidentielle. Mais cette nouvelle est si hallucinante qu’on ne peut écarter aucune hypothèse."
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 10:23

Pour Dominique Paillé, DSK pourrait être tombé dans un piège
http://www.lepoint.fr/politique/pour-dominique-paille-dsk-pourrait-etre-tombe-dans-un-piege-15-05-2011-1330832_20.php
Dominique Paillé, membre du Parti radical et ancien porte-parole de l'UMP, a fait part de sa surprise après la mise en cause de Dominique Strauss-Kahn pour agression sexuelle.

"C'est pour moi totalement hallucinant. Si cela était avéré, ça serait un moment historique, mais dans le sens négatif du terme, pour la vie politique française parce que ça voudrait dire que des candidats potentiels à la magistrature suprême ne pourraient en aucune circonstance tenir leurs pulsions. Vous imaginez bien les dégâts que cela pourrait provoquer. Je n'ai d'autres informations que celles que vous diffusez, je suis donc extrêmement prudent ; je souhaite que tout le monde respecte la présomption d'innocence. Je n'arrive pas à croire à cette affaire-là !" a-t-il réagi sur BFM TV dimanche matin.

"Dominique Strauss-Kahn est un de mes adversaires, mais il est tout à fait envisageable qu'il puisse être tombé sur une peau de banane qu'on lui aurait mise sous la chaussure. S'il est tombé sur cette peau de banane c'est qu'on savait qu'il avait une vulnérabilité. Et quand on s'apprête à être candidat à la candidature à la présidence de la République française, on se met à l'abri de telles vulnérabilités" s'est-il interrogé.


Marine Le Pen: DSK est «définitivement discrédité comme candidat»
http://www.liberation.fr/politiques/01012337469-en-direct-dsk-agression-sexuelle-fmi-presidentielle-2012-scandale
9H50. Strauss-Kahn se «vautre dans le sexe». Bernard Debré, député UMP, a eu des mots très durs ce matin contre DSK sur Europe1. Selon lui, c'est «un homme peu recommandable». «C’est humilier la France que d’avoir un homme qui soit comme lui, qui se vautre dans le sexe et ça se sait depuis fort longtemps (...) Il est totalement déconsidéré, déjà il se vautrait dans le bling-bling, on l’avait vu dans les journaux, maintenant il se vautre dans le sexe, c’est inacceptable».

Jacques Attali a lui déjà fait une croix sur les ambitions présidentielles du directeur du FMI. Egalement sur Europe1, il a estimé que «le Fonds monétaire international va devoir au moins avoir un directeur général intérimaire et je ne pense pas, sauf manipulation dans cette affaire, que DSK soit candidat à la présidentielle».

9h40. Pour le député UMP Dominique Paillé, sur BFMTV, «C'est une croix qui lui sera difficile à porter».

9H30. Pour la présidente du Front National Marine Le Pen, qui s'exprimée ce matin sur RTL, DSK est «définitivement discrédité comme candidat» à l'élection présidentielle de 2012.

9h20. Dominique Strauss-Kahn a été dimanche formellement inculpé pour agression sexuelle. Il va être présenté à un juge dans la journée de dimanche (il fait encore nuit à New York).

9 heures. Le député PS de Paris, Jean-Marie Le Guen, a affirmé dimanche à l'AFP que l'accusation d'agression sexuelle contre le patron du FMI «ne ressembl(ait) en rien à DSK».

«Il faut se garder de toute conclusion avant que Dominique Strauss-Kahn ne se soit exprimé», a déclaré ce proche du directeur général du Fonds monétaire international.

«Et puis, et surtout, cette affaire ne ressemble en rien à DSK, l'homme que nous connaissons tous», a-t-il insisté.

8 heures. Contacté par l’AFP en début de soirée, l’avocat de M. Strauss-Kahn à Washington, William Taylor, n’était pas au courant de l’affaire.

Recontacté ultérieurement, il a indiqué qu’il n’avait jamais réussi à joindre son client.

7 heures. Dominique Strauss-Kahn «va être inculpé d’agression sexuelle, de séquestration de personne et de tentative de viol», a affirmé samedi soir à la presse un responsable de la police de New York.

Selon des sources policières, DSK aurait quitté précipitamment l’hôtel Sofitel où il était descendu, en abandonnant son téléphone portable et ses effets personnels. Une femme de chambre a raconté à la police avoir été agressée par le directeur du FMI alors qu’il sortait nu de de sa douche.

6 heures. Lire l’article de Lorainne Millot sur le blog Great America, DSK ratrappé à la culotte.

Dans la nuit de samedi à dimanche. Selon le New York Times et plusieurs médias américains comme le Wall Street Journal, le directeur du FMI, Dominque Strauss-Kahn a été arrêté à New York pour agression sexuelle présumée, puis placé en garde à vue. Une information confirmée par la police de la ville.

Il aurait été interpellé quelques minutes avant de s’envoler pour Paris à l’aéroport JFK. «Il était 16h45 quand des enquêteurs en civil de l’Autorité des ports de New York et du New Jersey ont soudainement embarqué à bord du vol Air France 23 (…) et emmené M. Strauss-Kahn en garde à vue», a déclaré John Kelly, porte-parole de l’Autorité au New York Times.

«Cela s’est passé 10 minutes avant le départ prévu du vol», selon le porte-parole cité par le journal.

«Il est accusé d’agression sexuelle sur un employée d’un hôtel de Times Square à New York plus tôt dans la journée» samedi, selon la même source.

Un porte-parole du FMI à Washington n’a fait aucun commentaire dans l’immédiat.

Les agents de l’Autorité agissaient sur la base d’une information de la police de New York qui enquêtait «sur une brutale agression d’une employée de l’hôtel Sofitel New York», selon la même source. L’agence américaine AP donne même des détails, qui n’ont pour le moment pas été confirmés.

En 2008, DSK avait été déjà au coeur d’une polémique suite à une relation extra-conjugale entretenue avec une employée du FMI.

Dominique Strauss-Kahn est l’un des favoris pour remporter la Primaire socialiste. Depuis plusieurs mois, il est toujours donné gagnant au deuxième tour contre Nicolas Sarkozy par les sondages.
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Re: présidentielles 2012

Message  niouze le Dim 15 Mai - 12:45

merci pour cette barre de rire de bon matin ...

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"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 17:24

Le FMI devra trancher sur l’avenir de Strauss-Kahn
FRANCE INFO - 15:07
L’arrestation du directeur général du Fonds monétaire international (FMI), inculpé d’agression sexuelle, tentative de viol et séquestration, risque de poser un cas de conscience à l’institution. Le FMI peut fonctionner sans chef et attendre d’en savoir plus sur l’affaire avant d’envisager le remplacement de DSK, très apprécié par ses collaborateurs. Mais l’image de l’organisation est en jeu.

Le Fonds monétaire international impose un code de conduite très strict à ses employés, garant de la respectabilité et des "standards éthiques très élevés" de l’institution. Le règlement soumet notamment le personnel à un devoir d’exemplarité. "Le statut de fonctionnaire international s’accompagne de certaines obligations de conduite, que ce soit au travail ou en dehors", lit-on sur la version anglophone du site du FMI.

On y trouve même quelques conseils basiques pour accompagner les fonctionnaires dans leurs décisions : "Est-ce légal ? Est-ce que ça me paraît juste ? L’image du FMI sera-t-elle affectée de manière positive ou négative ? Serais-je embarrassé si on savait que j’avais agi ainsi " ?
Le règlement rappelle toutefois que le FMI n’est habilité qu’à se prononcer sur le caractère éthique, et non légal, d’un comportement.


Le FMI peut choisir de retirer l’immunité

Les fonctionnaires du FMI bénéficient a priori d’une immunité liée à leur fonction. Mais le Fonds peut choisir d’y renoncer : "Le FMI attache une grande importance au respect des lois, et demande à ses fonctionnaires d’éviter de commettre des actes qui pourraient être perçus comme un abus des privilèges et de l’immunité conférés par le FMI." L’institution se donne le droit de mener une action disciplinaire, "qui peut mener à un licenciement en cas de grave violation."

Les faits reprochés à Dominique Strauss-Kahn, s’ils sont avérés, pourraient donc conduire le FMI à se séparer de son très apprécié directeur général, avant la fin de son mandat prévue en 2012. Le directeur général adjoint, l’Américain John Lipsky, prendrait alors vraisemblablement les commandes.

Le contrat de travail de DSK prévoit que même en cas de licenciement, il toucherait une indemnité de départ équivalente à 60% de son salaire annuel.

Le FMI, qui avait déjà dû gérer la délicate affaire "Piroska Nagy" en 2008, est pour l’heure très laconique. En réaction à l’annonce de l’arrestation, l’organisation a sobrement indiqué par communiqué qu’elle ne "commenterait pas l’affaire", et était toujours "pleinement opérationnelle".

DSK : le PS est sonné, à qui le scandale peut-il profiter ?
FRANCE INFO - 16:51
Un véritable séisme politique, à un an tout juste de la présidentielle.
Les responsables socialistes sont sous le choc après l’inculpation de Dominique Strauss-Kahn pour "tentative de viol" sur une employée du Sofitel de New York.
Ce coup de tonnerre met sans doute un terme à la candidature de DSK à la présidentielle, et rebat les cartes à quelques mois de la primaire socialiste.


Devant le commissariat de New York où est détenu DSK, les journalistes font le pied de grue
© REUTERS / Allison Joyce

Dominique Strauss-Kahn avait déjà été au centre d’une controverse, déjà dans le registre sexuel, en 2008 : il avait entretenu une liaison avec une employée hongroise du FMI, Piroska Nagy.
L’enquête interne avait conclu à l’absence "d’abus hiérarchique". DSK avait présenté des excuses publiques et l’affaire s’était terminée par une transaction entre le FMI et son employée hongroise.

Cette fois, les faits, s’ils étaient avérés, sont beaucoup plus graves.
La directeur général du FMI, qui a rang de chef d’Etat, a été inculpé la nuit dernière "d’agression sexuelle, tentative de viol et séquestration".
Dominique Strauss-Kahn, arrêté dans l’avion qui devait le conduire en France, est présenté à un juge à 19h, heure française.
Son avocat a déjà fait savoir qu’il plaiderait "non coupable".

Remise en liberté, libération sous caution, interdiction de quitter le territoire américain, incarcération : le juge décidera du sort de Dominique Strauss-Kahn au cours de cette audience.

Martine Aubry candidate ?

D’ores et déjà, le PS s’interroge sur la manière de gérer la crise : un conseil politique extraordinaire, réunissant la quinzaine de dirigeants du PS, pourrait être organisé rapidement.
A un mois et demi de la date limite de dépôt des candidatures pour la primaire socialiste, cette affaire rebat les cartes. Un pacte liait DSK à Martine Aubry : le mieux placé pour porter les couleurs socialistes devait s’effacer au profit de l’autre. Jusqu’à présent, DSK caracolait dans les sondages : Martine Aubry pourrait se retrouver en première ligne, poussée à la candidature par ses proches.

Face à la première secrétaire, un autre candidat déclaré pourrait bénéficier de l’éviction de DSK : c’est François Hollande, qui grattait déjà des points depuis la présentation de ses grandes priorités pour 2012.
Et quid de Ségolène Royal ? La redistribution des cartes chez les ténors socialistes pourrait remettre en selle celle qui semblait distancée dans la course à la candidature socialiste.

A droite, difficile de ne pas penser au bénéfice direct que Nicolas Sarkozy pourrait retirer d’un retrait de Dominique Strauss-Kahn, présenté dans les sondages comme son adversaire le plus sérieux.
Pour l’instant, l’Elysée se refuse à tout commentaire
.
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 19:24

«Créer c'est résister. Résister c'est créer», l'appel de Thorens-Glières
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/140511/creer-cest-resister-resister-cest-creer-lappel-
L'association Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui (CRHA) a lancé, sur le plateau des Glières (Haute-Savoie), haut lieu de la Résistance, un nouvel appel, samedi 14 mai. Raymond Aubrac et Stéphane Hessel sont parmi ses premiers signataires. En vue de la présidentielle de 2012, il propose une radicale exigence démocratique et sociale débouchant sur une Assemblée constituante.Lors de son rassemblement annuel aux Glières, l'association Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui (voir ici son site) a lancé, samedi 14 mai, le nouvel appel que l'on lira ci-dessous, avec la liste de ses premiers signataires. Le précédent appel de CRHA avait débouché sur la réédition commentée et augmentée du programme du Conseil national de la Résistance, Les jours heureux.

___________



Le 8 mars 2004, treize vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France libre lançaient un «Appel aux jeunes générations» dénonçant notamment «la remise en cause du socle des conquêtes sociales de la Libération». Cette tendance régressive s'accélère dramatiquement.

Nombre de citoyennes et citoyens s'en indignent.


Partout la prise de conscience que les valeurs, toujours actuelles, incarnées en 1944 dans le programme du Conseil National de la Résistance, ouvrent l'espoir qu'un mieux-vivre ensemble est possible. Il est aujourd'hui concevable de définir un nouveau "programme de la Résistance" pour notre siècle.

Au lieu de cela, le débat public qui s'annonce avec les élections de 2012 semble privilégier les manœuvres politiciennes au service d'intérêts particuliers sans traiter:

des causes politiques des injustices sociales,
des raisons des dérégulations internationales,
des origines des déséquilibres écologiques croissants.
Comme en 2004, nous souhaitons que tous les citoyens, tous les partis, tous les syndicats, toutes les associations participent à l'élaboration d'un Projet de Société du 21ème siècle en repartant du programme du CNR «Les jours heureux» adopté le 15 mars 1944.

Ce programme politique constitue toujours un repère essentiel de l'identité républicaine française.

Avec l'association «Citoyens Résistants d'Hier et d'Aujourd'hui» nous appelons tous les partis politiques, toutes les candidates et candidats à un mandat public dans le cadre des élections présidentielle et législatives de 2012 à prendre trois engagements qui mettront réellement en application la devise républicaine «Liberté Egalité Fraternité». 


Premièrement, afin de garantir l'égalité:

Lancer immédiatement le travail législatif et réglementaire qui permettra de reconstituer les services publics et institutions créés à la Libération pour aller vers une véritable démocratie économique et sociale. Possible en 1944, cette démarche l'est d'autant plus aujourd'hui, alors que le pays n'a cessé de s'enrichir depuis. Droit à la santé pour tous, droit à une retraite, droit à l'éducation, droit au travail, droit à la culture demeurent les seuls véritables garants de l'égalité républicaine. Une égalité qui n'a de sens que dans le respect du droit des étrangers.

Deuxièmement, afin de garantir la liberté :

Approfondir la forme républicaine du gouvernement afin de séparer clairement les pouvoirs et renforcer la démocratie parlementaire au détriment de notre régime présidentiel personnalisé.
Développer de nouvelles pratiques de la démocratie dans laquelle l'action de la société civile sera reconnue, et restaurer les conditions du principe d'ailleurs défini à l'article 2 de la constitution actuelle: «gouvernement du peuple, par le peuple et pour le peuple».
Garantir la qualité du débat démocratique et la fiabilité des contre-pouvoirs, en assurant à nouveau la séparation des médias et des puissances d'argent comme en 1944.

Ces 3 axes de débats devront aboutir à une démarche souveraine d'«Assemblée constituante» vers de nouvelles pratiques républicaines. 


Troisièmement, afin de garantir la fraternité:

Travailler les coopérations avec les peuples et les pays, en refusant l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie.
Favoriser résolument des solutions soutenables pour les équilibres écologiques, dans les limites de développement compatibles avec la survie humaine.
Ecarter de la marchandisation totale les besoins vitaux de l'être humain comme l'eau, la nourriture et l'énergie.
Il est temps de bien vivre ensemble, dans la haute nécessité de l'épanouissement du plus grand nombre et d'offrir une perspective d'avenir prometteur aux jeunes générations.

Plus que jamais, comme le proclamait en 2004 l'Appel des Résistants aux jeunes générations, à ceux et celles qui font ce siècle qui commence, nous voulons dire avec affection:

«Créer c'est résister. Résister c'est créer».



Raymond Aubrac résistant
Stéphane Hessel résistant déporté
Marie Jo Chombart De Lauwe, résistante déportée, pdte Fondation pour la mémoire de la déportation
Daniel Cordier résistant, sec de Jean Moulin
Georges Seguy résistant, déporté
Walter Bassan, résistant déporté
Henri Bouvier résistant déporté
Léon Landini résistant FTP MOI
Pierre Pranchère Résistant
François Amoudruz résistant déporté membre de la présidence nationale de la FNDIRP
Jean Marinet résistant déporté, pdt de la FNDIRP de l'Ain
Noella Rouget, résistante déportée
Odette Nilès résistante, ex-petite amie de Guy Moquet
Charles Paperon, Résistant, co président de l'ANACR Finistère
Pierre Moriau, résistant
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 19:39

Droite-extrême droite : vers un scénario à l’italienne ?
http://blogs.mediapart.fr/blog/velveth/150511/droite-extreme-droite-vers-un-scenario-l-italienne
L’accession au pouvoir de Nicolas Sarkozy a été jalonnée d’appels du pied vers les électeurs du Front national ; ainsi en 2007 Le Pen fustigeait les propositions de l’UMP comme de pâles copies de ses idées..

Les mesures prises par le gouvernement depuis 2007 sont indéniablement les marques d’un recul réactionnaire et raciste quant à la gestion de l’immigration (cf. les dernières mesures annoncées par Claude Guéant), mais aussi des différents groupes qui composent notre société : stigmatisation des Roms et des modes de vie nomades, diabolisation permanente de l’islam, lois liberticides etc.

Florence Haegel, directrice de recherches à la fondation nationale des sciences politiques, souligne que « les allées et venues de certains électeurs entre la droite et l’extrême droite sont une constante », et que la « porosité » est d’autant plus forte que les discours portés par les deux pôles convergent.

Au-delà des mesures antisociales du gouvernement, c’est l’ensemble du débat politique de ces derniers mois qui a été phagocyté par les multiples expressions du racisme de l’équipe gouvernementale.

La xénophobie de Guéant, les propos à connotation antisémites des Jacob ou Wauquiez à l’encontre de Dominique Strauss-Kahn (1), l’accueil triomphal réservé par l’UMP au « brillant intellectuel» Eric Zemmour et les acclamations de sa remise en cause des lois mémorielles, l’islamophobie permanente de Jean-François Copé…, tout cela contribue à banaliser le propos raciste.

De même, le maintien de Brice Hortefeux à son ministère (jusqu’au remaniement de février dernier), alors que la justice l’avait condamné, était un signe fort quant à l’abandon d’une certaine posture gaulliste longtemps adoptée par la droite traditionnelle.

Vers un éclatement de l’UMP  ?

« Droite populaire » et « Droite libre » entraînent les débats au sein de la majorité parlementaire vers une radicalisation continue ; leurs interventions ont pesé sur les questions de bioéthique, la déchéance de nationalité, ou sur les stratégies et consignes de vote vis-à-vis du FN (communiqué de presse de « Droite libre » du 23 mars 2011). Marianne s’aventure d’ailleurs à qualifier cette frange de la droite de « pétainiste », sans doute abusivement…

Par ailleurs, le centre droit (autour de Borloo) annonce la création d’une « confédération centriste indépendante ». Le souverainiste Dupont-Aignan évoque une « Union des républicains » cherchant sans doute à occuper le même créneau que Dominique de Villepin avec « République sociale ».

Cependant, Dupont-Aignan, « garant » de la droite gaulliste, n’hésite pas à s’exprimer sur des sites d’extrême droite et évite soigneusement de condamner les positions de Marine Le Pen, il se contente de marteler qu’il est un « meilleur candidat de second tour ».

Au sein même du gouvernement, rappelons pour mémoire le passé d’extrême droite du ministre de la Défense, Gérard Longuet, sans parler des « perles » d’Hortefeux et Guéant ou des incitations de Frédéric Lefebvre à la délation. On peut cerner le problème avec les différentes interventions de Jean-François Copé, et notamment son refus du front républicain au soir du premier tour des cantonales, rompant avec une posture historique de la droite traditionnelle. Cet éclatement possible de l’UMP se traduit dans les affrontements entre le secrétaire de l’UMP et François Fillon qui a choisi d’adopter la posture « républicaine » du refus de l’alliance avec le FN. Ces divergences se manifestent également dans les interviews de députés qui commencent à se positionner en faveur du Premier ministre pour 2012, bien qu’il ne semble pas envisageable, à l’heure actuelle, de proposer une alternative à droite à une nouvelle candidature de Nicolas Sarkozy (bien que les intentions soient versatiles, le Nouvel Observateur du 24 février 2011 indiquaient que 69% des sympathisants de droite souhaitaient la candidature du président).

Cette évolution de la droite de pouvoir est particulièrement inquiétante car elle ouvre des portes à des scénarios qui jusqu’à présent tenaient de la science-fiction. De glissements en dérapages, l’UMP a été capable d’imposer un ministère de l’Identité nationale et durcit continuellement les lois qui touchent à l’immigration. Par ailleurs les membres ou ex-membres du gouvernement multiplient les déclarations de tolérance envers la nouvelle figure du Front national. Marine Le Pen incarnerait ainsi un FN plus présentable. Comment ignorer les propos de l’ancien ministre de l’éducation Luc Ferry déclarant « préférer Marine Le Pen à Olivier Besancenot parce qu’elle au moins est raisonnable » !

Au-delà de l’anecdote, cela permet de considérer Marine Le Pen comme une figure banalisée de la scène politique française, avec qui on peut discuter et donc, a fortiori, s’allier…

Un scénario à l’italienne ?

Après son échec aux élections municipales à Rome en 1993, Gianfranco Fini, secrétaire général du Movimento Sociale Italiano (MSI), a voulu faire sortir son organisation de la marginalité et la faire peser sur la politique menée par la droite italienne y compris par des alliances de gouvernement. Entré au gouvernement en 1994, il achève le tournant de son parti en créant, en janvier 1995, l’Alliance nationale.

L’Alliance nationale se construit sur la ligne du « post-fascisme », une orientation qui revendique le fascisme comme héritage historique mais non comme une ligne politique à faire perdurer.

En l’occurrence, c’est le berlusconisme qui a fait changer l’ex-MSI en un parti de droite dure, concurrencé sur sa droite par la Ligue du Nord.


Le Front national, s’il désire nouer des alliances, veut le faire sur sa propre ligne politique. En cela il suit la logique des populistes danois du Dansk Folkeparti, qui sur cette base ont obtenu 25 sièges au parlement national.

Il renoue ainsi avec la stratégie mégrétiste dont on avait pu voir, lors des élections régionales de 1998, l’étendue des dégâts au sein de la droite française. Sachant que le contexte n’est pas le même, il faut se rappeler que c’est le « cordon sanitaire » ainsi que la mobilisation de terrain qui avaient permis de briser la dynamique frontiste et de contribuer, en grande partie, aux divisions qui menèrent à l’éclatement du FN.

Cependant, pour un certain nombre d’éditorialistes, d’élus de droite et d’intellectuels souverainistes, la « mue » républicaine est acquise… à titre d’exemple, on peut noter les positionnements de députés comme Christian Vanneste ou Jérome Rivière, ou les propos de journalistes, comme élisabeth Levy : « Je crois que l’on devrait traiter le FN comme un parti normal ». Selon l’hedomadaire d’extrême droite Minute, trois élus UMP du sud de la France auraient rencontré récemment Marine Le Pen, une « initiative » serait en préparation.

Ainsi, si « le pire n’est jamais certain », la situation actuelle laisse présager une recomposition de fond pour les années à venir. La droite bouge, et le FN semble prêt à se donner un nouveau visage, plus « respectable», plus… « crédible ». Cinq ans paraissent suffisants pour que le scénario d’un ticket gagnant UMP/FN prenne toute l’épaisseur nécessaire.

Lucia de Cleyre

(1) DSK semble devoir faire face, depuis hier au soir, à d'autres "soucis" que, faute de précisions, je ne jugerai pas dans ce billet.

http://www.europe-solidaire.org/spip.php?article21529

Paru dans "Tout est à nous".

Photo de Mathieu Colloghan.

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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Dim 15 Mai - 19:51

« Donnons le droit de vote à 16 ans, ou retirons-le aux vieux »
http://www.rue89.com/2011/05/14/donnons-le-droit-de-vote-a-16-ans-ou-retirons-le-aux-vieux-200764
A 16 ans on peut travailler, être jugé, payer des impôts… Et pourquoi pas voter ? Entretien avec le sociologue Julien Damon.

Le sociologue Julien Damon, professeur associé à Sciences Po, s'est fait connaître comme spécialiste des questions sociales. Il est ensuite devenu expert des questions urbaines. Voici qu'il se passionne pour l'insertion politique des jeunes.

A un an de l'élection présidentielle, voyez-vous émerger un « candidat des jeunes » ?

Non. Pour l'instant, un seul point est clair : on entend régulièrement scander « la jeunesse emmerde le Front national », mais une partie croissante de cette jeunesse semble prête à donner sa voix à Marine Le Pen. Pour une élection présidentielle, c'est assez nouveau.

Comment expliquer l'apparente moindre défiance des jeunes vis-à-vis du vote FN ?

Une partie de la jeunesse entend que Marine Le Pen lui propose, contre la précarité et l'insécurité sociale, des solutions radicales. Je ne suis pas sûr qu'il faille chercher d'autres explications.


Les autres partis répondent-ils à cette demande de radicalité ? Quels signaux envoient-ils à l'électorat jeune ?

Le PS nous ressort les emplois jeunes. C'est un signal. Mais il a quinze ans. Quoi d'autre ? François Hollande et Rama Yade se sont précipités dans les studios de Skyrock : on se serait crus aux Guignols ! C'est comme quand Jack Lang se réjouit d'être si populaire dans les rangs de la jeunesse… Cela n'a pas de sens politique. Ce qui s'est joué à Skyrock, c'était un conflit capitalistique, pas l'avenir de la jeunesse de France.

Trouvez-vous le rapport des politiques aux jeunes essentiellement cynique ?

Pas du tout. Depuis le milieu des années 90 et le Comité consultatif de la jeunesse qu'avait mis en place Edouard Balladur, on en est à peu près à un nouveau rapport tous les deux ans.

A chaque fois, des politiques consultent, l'espoir d'une nouvelle dynamique prend corps, mais cela ne débouche jamais sur la moindre transformation d'envergure. Pourtant, pour avoir participé à quelques unes de ces consultations, je peux témoigner du fait que les responsables politiques croient vraiment pouvoir faire quelque chose…

Mais ?

Mais les administrations s'en mêlent et bloquent tout, au nom du coût politique et économique de ces mesures. La France est un pays très conservateur. Il faudrait que tout le monde prenne conscience du fait qu'il s'agit d'une question de Justice, ce concept avec un grand J que tout le monde chérit : la justice générationnelle.

La jeunesse est la catégorie la plus défavorisée pour l'emploi, le logement, la protection sociale. Notre société n'a rien à gagner à rester à ce point déséquilibrée.

Pour rééquilibrer notre société en faveur de la jeunesse, quelles mesures concrètes préconisez-vous ?

Une dotation en capital pour tous les jeunes serait intéressante à mettre en œuvre. Plutôt que de disperser des sommes colossales dans des fonds d'aides aux jeunes, dans les missions locales, dans des prestations sociales versées à leurs parents, distribuons cet argent directement aux jeunes.

Sans dépenser plus qu'aujourd'hui, on pourrait verser au moins 10 000 euros à chacun des 800 000 jeunes d'une classe d'âge. Et d'un seul coup. En donnant de l'argent mensuellement à quelqu'un, vous changez sa vie quotidienne ; mais en installant chaque adolescent dans l'idée qu'il touchera un capital conséquent à sa majorité, vous changez sa vie.


C'est une proposition radicale. Aux sceptiques, rappelons qu'en 1945 personne ne croyait qu'on arriverait à bâtir un tel système de sécurité sociale, d'assurance maladie et d'assurance retraite. C'est d'un sursaut comparable dont la France a besoin.

Comment donner plus de poids aux volontés politiques qui sont favorables aux jeunes ?

Avec une mesure qui a l'avantage de ne pas coûter un rond : octroyons le droit de vote à 16 ans. Les partis se sentiraient obligés de rendre leurs programmes enfin plus favorables à la jeunesse, à l'avenir.

Vous connaissez l'objection : a-t-on, à 16 ans, la maturité nécessaire ?

On n'est pas mûr à 16 ans ? Mais dans ce cas, retirons le droit de vote aux vieux gâteux à qui l'on fait faire des procurations dans les maisons de retraite ! La maturité s'atteint, puis se dégrade, c'est comme ça.

Dans les centres de recherche en sciences politiques, l'idée de pondérer le vote en fonction de l'âge jouit d'un certain succès. Mais elle est impossible à mettre en oeuvre : on serait obligé de savoir qui vote quoi.

Lorsqu'ils sont interrogés par des sondeurs, les 16-17 ans semblent très réservés…

C'est ce que Martin Hirsch m'avait répondu lorsqu'il préparait son « livre vert » pour la jeunesse. Mais ce n'est pas un argument suffisant. Avant 1945, le droit de vote des femmes ne faisait pas l'unanimité parmi elles. Il est normal qu'une responsabilité nouvelle intimide.

Si cela peut rassurer les jeunes Français : le droit de vote à 16 ans est en vigueur en Autriche, dans plusieurs Länder allemands et dans plusieurs cantons suisses. Les Croates peuvent aussi voter dès 16 ans s'ils ont un emploi à temps plein.

Les opposants à une telle réforme disent aussi que les jeunes s'abstiendraient ou voteraient forcément à gauche…

Qu'en sait-on ? De l'UMP au NPA, les mouvements de jeunesse de tous bords sont plutôt favorables au vote à 16 ans. Techniquement, il n'y a aucune raison de s'y opposer. A 16 ans, on peut bosser, payer des cotisations, participer aux élections professionnelles, payer des impôts.

On peut avoir des relations sexuelles, recourir à l'IVG sans le consentement d'un parent, exercer soi-même l'autorité parentale, être entendu par la justice et condamné… Un individu doit acquérir les capacités civiles à hauteur des responsabilités pénales qu'il encourt.

Ajustons les majorités civiles, fiscales, pénales, sexuelles. On aura au moins contribué à réduire la confusion sur les âges de la vie.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
La jeunesse française doit sortir de sa torpeur
Le président Sarkozy et le sacrifice de la jeunesse
► Faut-il accorder le droit de vote dès 16 ans ?
► Député à 18 ans ? Ce sera bientôt possible
► Maxime Verner, 21 ans, candidat à l'élection présidentielle
► Pour lutter contre la pauvreté il faut cesser de se regarder le nombril (une autre interview de Julien Damon)
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Mer 18 Mai - 11:08

La gauche doit défendre les classes populaires!
http://www.marianne2.fr/La-gauche-doit-defendre-les-classes-populaires_a206090.html
Dans cette tribune, Bertrand Vasnier (1) revient sur la note de Terra Nova qui constitue selon lui l'aboutissement du glissement idéologique de la gauche. Il rappelle que raviver l'opposition classes moyennes/classes populaires est avant tout une stratégie de la droite. Or, à l'heure où les ces classes populaires sont tentées par l'extrême droite, c'est à la gauche de défendre les victimes du capitalisme mondialisé.

Je n’étais pas né le 10 mai 1981 pour l’élection de François Mitterrand à la Présidence de la République. Pas même le jour de sa réélection. Par contre, je me souviens des deux dernières élections présidentielles, du « mon programme n'est pas socialiste » de 2002, en passant par le « je ne croyais pas au Smic à 1500 euros » de 2007.

C’est donc avec pour seul vécu politique la défaite de la Gauche aux trois dernières élections présidentielles que je me suis penché sur la dernière production de la Fondation Terra nova, intitulée « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? ». Laurent Baumel et François Kalfon, secrétaires nationaux du PS, signent eux L’Équation gagnante. Qu'ils se réclament tous les trois de Dominique Strauss-Kahn démontre à quel point la question des personnes est en réalité secondaire. Quand Olivier Ferrand fait assaut d'originalité, proposant de faire un copier-coller de la campagne de Barack Obama en fixant le prisme de la clientèle jeune, diplômée, non catholique et issu des quartiers populaires, ses contradicteurs préfèrent concentrer les feux en direction des classes populaires. Dans cette overdose d’égos que nous réserve chaque jour les primaires, le débat idéologique esquisse heureusement encore quelques pas. Eux seuls nous permettent d'envisager solidement ce que la gauche devra accomplir demain.

C’est avec une particulière attention que j’ai donc pris connaissance de cette publication, qui s’était donné pour ambition de s’interroger sur la nature de l'électorat de gauche et le socle social sur lequel elle doit s'appuyer pour réaliser les transformations sociales et démocratiques.

Je ne pensais pas pouvoir vivre en 2011 la reconstitution historique parfaite de cette fracture idéologique qui scinda la famille social-démocrate entre Mitterrand et Rocard : faut-il accompagner le capitalisme dans ses tumultes et le contraindre gentiment pour en limiter les excès ou chercher à transformer radicalement la société pour que tous bénéficient des fruits de la richesse produite ?

Le camp de la « transformation sociale » et celui de « l'accompagnement social du libéralisme » s'opposeraient donc toujours au sein de la famille social-démocrate française. Pour trancher définitivement ce débat, Monsieur Ferrand propose de concentrer l’offre politique du Parti socialiste sur les classes moyennes. S’adresser en priorité aux classes populaires, qui constituent le cœur de cible et la matrice idéologique du combat de la gauche, représenterait selon lui le risque de tomber inexorablement dans un « social-populisme ».

A la lecture de cette préconisation, plusieurs réflexions me sont immédiatement venues à l’esprit. La première, simple, était que cette proposition d’abandonner politiquement les classes populaires constituait l’aboutissement d’un glissement idéologique entamé depuis bientôt trente ans : puisque nous n’avons rien à leur proposer, autant leur dire clairement que nous n’en voulons plus !

La porte ouverte par Terra nova doit être considérée avec gravité. Car la tentative d’opposer les classes populaires et les classes moyennes, en instaurant entre elles une ligne de rupture sociale et électorale constitue depuis toujours le leitmotiv de la stratégie de division de la droite. Lorsque ces deux couches de la population ne constituent pas à elles deux un socle majoritaire pour la gauche, celle-ci perd assurément les élections.
En plus de promettre la défaite à la gauche en 2012, ce retournement stratégique historique ferait, s’il était retenu, le jeu du Front national en lui offrant sur un plateau d’argent les catégories populaires.


Les enquêtes d'opinion, comme les récentes consultations électorales, ont montré à quel point les classes populaires, en France comme dans le reste de l'Europe, sont réceptives aux sirènes identitaires. La stagnation économique du continent et la violence inouïe de la crise de 2008 qui se métastasent partout en plans de rigueurs, remises en cause des modèles sociaux, mouvements de mentons de dirigeants dépassés et stigmatisations des plus démunis face aux mutations du monde ne doivent pas nous faire « désespérer de l’électorat populaire ».

Il n'y a aucune fatalité dans la montée en puissance de l'extrême droite. Bien au contraire. Le sens de notre combat est, a toujours été et restera de s'attaquer aux « racines du mal », là où pousse la mauvaise herbe qui ruine les espérances.
Abandonner les classes populaires au nom de quoi ? Pourquoi ne pas donner directement les clefs de la maison à Marine Le Pen ?
Terra nova entretient cette espérance bourgeoise jamais réalisée et totalement déconnectée de la réalité: celles d'une classe moyenne qui devait représenter jusqu’à 80% de la population française dans les années 90.
A croire que les tempêtes financières, les révolutions sociales et démocratiques, les rééquilibrages géostratégiques, les nouveaux mouvements migratoires et les bruits de bottes n'atteignent pas les candides développements de cette pensée.


En votant « non » au Traité constitutionnel européen, la majorité des Français s’était clairement exprimée en faveur d’un choix de société.
Les classes populaires avaient été alors les fers de lance du refus du millénarisme libéral de l'Europe, qui aliène toute perspective d'union fraternelle des nations, empêchées par la concurrence et le dumping social et fiscal de se projeter dans un avenir commun.
Deux ans après, ces mêmes classes populaires (ouvriers, salariés précaires et chômeurs) donnèrent pour partie leur voix à Nicolas Sarkozy. Sa politique économique, sociale et fiscale a bien évidemment été diamétralement opposée à la défense de leurs intérêts.


La nécessité aujourd'hui de convaincre les classes populaires que l'alternative politique au sarkozysme est dans l'union des forces du travail et de la jeunesse, traduite sur le plan politique par l'union des forces de gauche et écologistes, doit constituer le cœur du combat de la gauche si elle souhaite renouer avec la victoire. Elle doit pour ce faire réhabiliter la valeur première qui fonde la gauche : l’égalité. Et sa traduction politique réformiste : la transformation démocratique et sociale grâce au rassemblement de la gauche. On ne le fera pas en ripolinant une stratégie qui a montré ses limites en 2002 et 2007 au prétexte d'une modernité qui est un bien pâle cache sexe au renoncement, meilleur carburant de la défaite.

Notre seul souci doit être de rappeler une vérité simple, que cette nouvelle crise du capitalisme dans laquelle nous nous enfonçons depuis 2008 rappelle cruellement : être de gauche, ce n'est pas tourner le dos aux principales victimes des crises du capitalisme. Historiquement, c'est même le contraire.


Ouvriers, sales et méchants
http://www.liberation.fr/economie/01012337750-ouvriers-sales-et-mechants
La fondation Terra Nova (1) pense que pour gagner en 2012, la gauche (ou plutôt le PS) ne doit pas «chercher à restaurer sa coalition historique de classe» car «la classe ouvrière n’est plus le cœur du vote de gauche». Il faudrait se tourner vers la «France de demain» : «les diplômés», «les jeunes», «les minorités», «les femmes».

Les ouvriers auraient «basculé vers la droite» parce qu’ils privilégieraient «les enjeux culturels portés par la droite» sur les enjeux économiques et sociaux portés par la gauche. Pire, il serait «difficile d’empêcher le FN de devenir le parti des ouvriers» ; à droite sur les valeurs culturelles («l’ordre et la sécurité, le refus de l’immigration et de l’islam, la défense des traditions») et à gauche sur les valeurs socio-économiques, le FN serait en phase avec les attentes des ouvriers.

La distinction entre valeurs culturelles et socio-économiques, sur laquelle repose l’essentiel de l’argument de Terra Nova, est floue. Figure ainsi parmi les premières le «rejet de l’Europe» (par les ouvriers). Pourtant ce rejet n’est certainement pas indépendant des choix de politique économique et des réformes néolibérales effectués en lien avec l’intégration européenne et a peu à voir avec la culture. De même, l’ordre et la sécurité sont moins une question de valeurs que de politiques et de services publics.

La prédominance des valeurs culturelles pour expliquer les choix politiques est douteuse. A l’élection de 2007, les problèmes les plus importants aux yeux des électeurs étaient (dans l’ordre) le chômage, les inégalités sociales et le pouvoir d’achat ; pas la défense de la tradition. Un constat similaire vaut pour les autres élections. Comme disait l’autre : «C’est l’économie, imbécile !».

La désaffection des classes populaires à l’égard de la gauche de gouvernement n’aurait-elle pas quelque chose à voir avec les choix économiques faits quand le PS était au pouvoir ? La responsabilité du tournant de la rigueur et de «l’Etat ne peut pas tout» de Lionel Jospin dans la déception des attentes des ouvriers est évoquée, mais ce ne serait là que l’expression d’un réalisme et non un choix de politique économique. Dans ces conditions, le divorce entre ouvriers et gauche de gouvernement devient presque un phénomène naturel pour Terra Nova.

Il n’y a pas que la dépolitisation des questions socio-économiques qui pose problème, il y a aussi le traitement des catégories sociales. Que trouve-t-on dans la France de demain ? Les femmes, les minorités, les jeunes. Devrait-on penser qu’une jeune ouvrière issue de l’immigration a des attentes sociales radicalement différentes d’un ouvrier cinquantenaire français de souche : elle ne soucierait pas du pouvoir d’achat, du droit du travail, de la protection sociale, des services publics. Mais uniquement de valeurs culturelles, ce qui la rapprocherait de la jeune diplômée d’école d’ingénieur embauchée à prix d’or comme trader. C’est plus que douteux.

La France de demain rassemblerait ceux qui ont du mal à rentrer sur le marché du travail (chômeurs, précaires : les «outsiders») et les classes aisées dans un projet de démolition des acquis sociaux dont bénéficient encore les autres salariés (les «insiders»), tenus pour responsable du sort des outsiders. Le projet économique est néolibéral ; selon Terra Nova «l’économie sociale de marché, centré sur l’Etat-providence […] s’avère aujourd’hui incompatible avec les nouvelles conditions historiques du monde globalisé». Il faudra mettre les défenseurs du traité de Lisbonne au courant.

La seule analyse juste de Terra Nova, c’est que le PS a le choix entre deux stratégies correspondant à des bases sociales et modèles socio-économiques différentes. Pour Terra Nova, être «progressiste» c’est renoncer à la «coalition historique de la gauche […] alliant classes populaires(ouvriers, employés) et classes moyennes inférieures» pour diviser le salariat (insiders contre outsiders) et préférer des clivages de genre, d’origine ethnique et d’âge. Si le PS suit Terra Nova, il sera difficile d’affirmer que c’est la classe ouvrière qui déserte ce qu’on pourra difficilement appeler «la gauche». Ce sera plutôt le PS qui abandonne les classes populaires en négligeant leurs attentes les plus importantes en matière économique et sociale.



(1) Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? http://www.tnova.fr

Bruno Amable est professeur de sciences économiques, université Paris-I-Panthéon- Sorbonne, membre de l’Institut universitaire de France.


je tiens à rappeler que ce n'est pas parce que je surligne que je cautionne ... ^^
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Re: présidentielles 2012

Message  Invité le Mer 18 Mai - 11:17

je tiens à rappeler que ce n'est pas parce que je surligne que je cautionne ... ^^

Heureusement !^^
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Re: présidentielles 2012

Message  Invité le Mar 31 Mai - 10:41

09h15 le neuf-quinze
Hollandolâtrie normale


Qu'on se le dise, l'autoportrait de François Hollande en "candidat normal", est un coup de génie. Et bien plus qu'un coup de génie. Ce "normal" est une "botte redoutable" qui "capte un moment historique". Beaucoup d'hommes y découvriront "avec plaisir" une "force cachée". Quelle force ? Attention, voici la recette de la potion magique: "patience, perspicacité, sang froid, maitrise de soi", permettent de "rattraper les géants, et de défaire les monstres". Et surtout si, génie suprême, le "candidat normal" est doté de "qualités exceptionnelles". C'est un politologue de Sciences po qui passe ainsi, dans Le Monde, ce qu'on appelle chez nos confrères du Canard "le mur du çon", comme nous le signalions hier (1).

Il est le premier, mais il ne sera pas le seul. Aucun doute que médias et sites de gauche, sitôt rangés les habits de deuil de DSK, vont mobiliser tout ce que le pays compte de sondeurs, de politologues, de psychologues, de psychologues comportementaux, de professeurs de psychologie, de sociologues de l'image, de psychologues de la sociologie et de sociologues de la psychologie, pour chanter les louanges de la normalité (si vous en voulez un échantillon, ça commence ici (2)). A l'inverse, on peut compter sur la droite pour sortir son dictionnaire des équivalents péjoratifs (creux, terne, plat, sans relief, quotidien, banal, Dugenou, etc)

La seule chose que révèle cette soudaine glorification de la normalité, c'est la tendance persistante de la bulle politico-médiatique française à la courtisanerie. Voler au secours du succès lui est consubstantiel (c'est dès janvier dernier, que Hollande se proclama "candidat normal", sans susciter autre chose, à l'époque, que quelques levers de sourcils sceptiques). Aux plus vieux des matinautes, cela rappellera l'époque de leur jeunesse. En quelques semaines, en 1981, ayant gagné sa bataille interne contre Rocard, Mitterrand passa du statut de politicard usagé de la IV e République à celui de produit d'exception des terroirs français, de vieux sage régionaliste. Tout ce que comptait alors le pays de chroniqueurs politiques défila dans sa bergerie de Latche, pour populariser ses augures sur le vent, la pluie, la régénération des forêts landaises, et le braiement des ânes. En somme, dans la chronique politique française, la hollandolâtrie naissante ne manifeste rien que de très...normal.


[Mitterrand Latche]

Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

(1) http://www.arretsurimages.net/vite-dit.php#11297

(2) http://www.slate.fr/story/38791/fran%C3%A7ois-hollande-normal

Daniel Schneidermann

Bon, je l'ai mis là mais ça aurait pu aller ailleurs (politique politicienne, médias ?...)

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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Mer 1 Juin - 12:52

A Ce Jour, Le PS Ne Mérite Pas D’Etre Au Second Tour
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/a-ce-jour-le-ps-ne-merite-pas-d-95163
On peut espérer, comme Pierre Marcelle (dernier des Mohicans au quotidien Libération) que « tout ça [soit] plutôt bon pour la (vraie) gauche ? ». Comprendre par « tout ça », la « chute de DSK ». Sauf que, la réalité est autre. Elle est impitoyable. Dévastatrice. Désespérante. Tant DSK était ô combien utile ; un arbre immense destiné à cacher une bien triste forêt.


Oui, il était bien pratique ce DSK. Le candidat idéal. Au CV impeccable. C’était LE professeur. Celui-là même qui faisait la leçon à Sarkozy en mars 2002… Qu’allait le ventiler façon puzzle en mai 2012.

DSK ! L’homme qui plaisait à la droite, au centre, un peu (moins) à gauche, aux banquiers, au MEDEF, aux économistes, enfin, à tous ceux qui veulent préserver, bec et ongle, le « système ». Soit, les mêmes qui, en 2005, et chaque jour que les descendants de Miss Thatcher faisaient, enclumaient sur tous les médias que nous devions voter « Oui » au Traité pour une Constitution Européenne.


DSK ! Un représentant de la sociale-démocratie finissante, mais, également, le « tout-puissant » Directeur Général du FMI, l’homme qui, à en croire les ceusses précités, aurait « sauvé la zone euro ». Un gestionnaire hors-pair. Or donc, une destinée toute tracée. Après tout, François Mitterrand n’a-t-il pas dit :
« Après moi, il n’y aura plus que des comptables ! ».
Comptable du « système », gestionnaire de la « crise », elle est pas belle, la vie ?


Avec un tel homme, le PS, n’avait pas besoin d’un programme ou d’un projet.
C’était lui, DSK, le programme, le projet.
C’est aussi cela que sa « chute » révèle.
Sans lui, le PS est comme mis à nu, pris en flagrant délit de vacuité.


La rénovation ? Ils l’ont zappée ! Pourquoi vouliez-vous qu’ils se rénovent « en profondeur » étant donné qu’ils avaient – dès 2007 – trouvé leur vainqueur potentiel ? L’homme, le providentiel, qu’allait les laver, enfin, et définitivement, de l’affront, celui du 21 avril 2002. Car, ce ne sont pas quelques victoriettes aux régionales, aux cantonales et autres municipales qui pouvaient effacer un tant soit peu cette humiliation, oh non ! Tant on ne soustrait pas des navets à des carottes.

Non mais regardez-les, à présent, ces zozocialistes, comme ils rament ! Leur baobab est tombé, salement, et voilà que nous la voyons, la forêt ; un terrain vague, en vérité.
Un désert d’avenir.
De fait, et d’une certaine façon, il a raison Pierre Marcelle, oui, ce « tout ça » est « plutôt » une bonne chose. Au moins, nous voici affranchis, au parfum. Sans DSK, plus rien ne tient. Ça sent la rustine, ça pue la paresse. Aucune pensée, ni idées nouvelles. Aucun socialisme. Pas la moindre réponse à la crise actuelle. Pas de souffle, pas de beauté, pas de vie.

Pourtant, ici et là, et pas n’importe où, ça se révolte, ça s’indigne, ça bouge, y’aurait de quoi en tirer des leçons, s’exalter, quitte même à surfer sur. Tirer son épingle. Se laisser porter par…
Pensez-vous !

C’est comme si le monde n’existait pas, passée (la rue de) Solferino… Peu leur chaut, Fukushima, les printemps arabes, les grecs encolérés et tutti.
Quant à la mondialisation, alors là, c’est le néant. Et qui s’en empare ? Mélenchon, Dupont-Aignan et… Marine Le Pen, même que c’est à cette dernière que ça rapporte, nous dit-on ; sur la mondialisation, elle capitalise, la souris ! Et après, ça viendrait chouiner, lansquiner, ah mon dieu, mais courons-nous vers un autre 21-avril ?
Mais dans le cas où cela se produira, qui en sera responsable ?
Qui n’aura pas entendu les souffrances du peuple ?
Qui n’en aura pas tiré les leçons ? Où sont les réponses, les idées, le projet ?
Où est l’alternative ?


A ce jour, le PS ne nous propose rien. Sinon : gagner en 2012. La belle affaire ! Mais gagner pour faire quoi ? Pour aller où ?
Pour continuer ainsi, bon an, mal an, sans aucune remise en question du « système », avec de pauvres ajustements à la marge, un peu plus de policiers par ici, de magistrats par là, quelques emplois (précaires) pour les jeunes, une égalité salariale homme/femme qu’on nous promet depuis lustres sans jamais s’y coller, une réforme fiscale faite de bric et de broc, et ainsi de suite… C’est-y pas, un tantinet de trop, nous prendre pour des beribonos de compétition ?

Quant à la cohérence, alors là, vous repasserez. Quand je vois Fabius et ses amis préparer le prochain quinquennat « socialiste », autrement dit les mêmes qui, en 2005, défendaient le « Non » au Traité pour une Constitution Européenne, ça vaut une peignée. Une belle déculottée en 2012.
On ne peut pas, ainsi, et impunément, retourner sa veste, suivant les échéances.
On ne peut pas, ainsi, se moquer constamment du monde, et du peuple de gauche, en particulier.


Or donc, à ce jour, le PS ne mérite pas d’être au second tour. A quoi et à qui cela servirait ?
Le PS n’a pas travaillé, il n’a pas pensé, il ne s’est pas rénové. Il s’est laissé vivre. C’est une coquille vide, un bateau clairement libéral sans envergure, un cimetière.
Pour quelles raisons objectives les ouvriers, les classes moyennes, les précaires, les chômeurs, les exclus de toute nature, donneraient leurs suffrages au futur candidat du PS en 2012 ?... Pour éviter cinq ans de plus avec Sarkozy ?... C’est assez maigre comme raison. C’est même très insuffisant. Le peuple réclame plus. L’exigence.
Et ce n’est pas dix mois qu’il reste, quand on sait ce que c’est qu’une campagne présidentielle. C’est à peine six. Six mois pour proposer un véritable projet de société tenant compte des souffrances, des sacrifices. Six mois pour tirer les leçons de la « crise », des « révolutions », des « indignations ».
Six petits mois pour que « la chute de DSK » s’avère « plutôt une bonne chose pour la (vraie) gauche ».


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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Mer 1 Juin - 19:27

Nicolas Sarkozy soigne sa droite
FRANCE INFO - 10:47
Hier, Nicolas Sarkozy a reçu à l’Elysée, pendant plus d’une heure, les représentants de la "Droite Populaire", un collectif d’une cinquantaine de députés sensible aux thématiques sécuritaires et d’identité notamment. Et ce collectif entend peser sur le projet présidentiel du futur candidat...
Tous en campagne : écoutez la chronique du 01 juin 2011 de Germain Treille (2'48")

C’est la garde noire du chef de l’Etat. Les gardiens du temple sarkozyste de 2007. D’ailleurs, le secrétaire d’Etat Thierry Mariani, l’un des fondateurs de la "Droite Populaire", le dit sans ambages : " Il gagnera en 2012 en étant fidèle à 2007 ". L’objectif donc est de "droitiser" la majorité pour faire barrage au FN, martèle le député Christian Vanneste.

Que sait-on de ce rendez-vous ?
La "Droite Populaire" a donc été reçue hier par Nicolas Sarkozy. Ce fut l’occasion d’une franche explication sur le calamiteux épisode des radars. Le collectif était monté au créneau pour dire tout le mal qu’il pensait du projet gouvernemental. Nicolas Sarkozy a répliqué : " Je ne suis pas le Président des marches arrières ou des têtes-à-queue ". Et il a présenté ce qui devrait être ses priorités pour la campagne : éducation, énergie, relation franco-allemande, taxations des produits d’importations. Très flou selon un participant qui évoque des ballons d’essai.
Le député Lionel Luca et ses camarades lui ont, à leur tour, parlé de leurs propositions : lutte contre la fraude sociale, pouvoir d’achat des retraités et bien d’autres.
La "Droite Populaire" a aussi demandé à Nicolas Sarkozy de préserver les moyens de la police et de la gendarmerie malgré les contraintes budgétaires. " Pour le prochain budget sécurité, ce sera chaud à l’Assemblée " menace un membre du collectif.


La droite de la droite, un courant qui se fait entendre et qui se fait aussi détester ...
Au sein même de l’UMP : " Ils sont meilleurs dans le faire savoir que dans le savoir faire " persifle un cadre du parti majoritaire. Et aussi chez les alliés centristes, dont les idées sont aux antipodes, ce qui renforce la détermination de ces derniers à vouloir présenter un candidat indépendant en 2012. Par souci d’équilibre ou hasard du calendrier ou opération de calinothérapie, ou les trois en même temps, Nicolas Sarkozy devrait recevoir aujourd’hui les députés centristes.
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Jeu 2 Juin - 14:44

Qui défend les classes populaires ?
http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/qui-defend-les-classes-populaires-95220
Le dernier rapport de Terra Nova, « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? » , analyse les mutations du paysage électoral depuis trente ans et s’interroge sur les stratégies à mener dans la perspective de 2012. En écho à un autre exercice de sociologie électorale, mené par Laurent Baumel et François Kalfon dans leur livre L’équation gagnante, il fait l’objet d’un débat politique bien légitime. Il a en revanche été violemment instrumentalisé à des fins politiciennes par le secrétaire général de l’UMP : Terra Nova proposerait rien moins que d’abandonner les classes populaires. Dans cette tribune publiée sur le site internet du Nouvel Observateur, Olivier Ferrand revient sur la polémique : qui défend vraiment les classes populaires ?

Terra Nova vient de publier un rapport de sociologie électorale, « Gauche : quelle majorité électorale pour 2012 ? », qui suscite un vif débat. Les interrogations qu’il soulève sur les mutations du paysage politique sont bien légitimes. Mais s’y est greffée une polémique politicienne, instrumentalisée par le secrétaire général de l’UMP, Jean-François Copé : Terra Nova proposerait de « dire adieu » aux classes populaires. Rien n’est plus faux.
D’abord, les milieux populaires n’ont pas abandonné la gauche.

Le rapport identifie le cœur électoral de la gauche aujourd’hui. Ce cœur électoral – c’est-à-dire l’électorat « naturel » de la gauche, celui qui vote le plus à gauche – est en apparence composite. Il réunit : les quartiers populaires (avec notamment la France de la diversité), qui votent à 80% à gauche en 2007 ; les jeunes (70%) ; et les femmes, historiquement conservatrices mais qui basculent aujourd’hui nettement à gauche (plus de 60% aux dernières élections régionales).

Cet électorat est plus unifié qu’il n’y paraît. Il réunit avant tout les outsiders de la société, ceux qui cherchent à y rentrer, notamment sur le marché du travail, mais n’y parviennent que difficilement. Ils ont du mal car ils sont la principale variable d’ajustement d’une société qui, face à la crise, sacrifie les nouveaux entrants. Ils ont besoin de l’aide de la puissance publique pour s’émanciper – les jeunes pour briser le plafond de verre qui les empêche d’accéder à un premier emploi stable, les femmes pour leur permettre d’articuler vie familiale et vie professionnelle, les quartiers populaires pour cesser d’être discriminés. Ils partagent également les mêmes valeurs culturelles, progressistes : solidarité, ouverture, tolérance.

Cette nouvelle gauche en émergence n’est pas propre à la France. Elle est la même que celle qui se dessine partout en Europe, mais aussi en Amérique du Nord. Elle a porté au pouvoir tant Barack Obama que Jose-Luis Zapatero.
Ce nouveau cœur électoral est composé en grande partie par des Français issus des milieux populaires : les habitants des quartiers populaires, les minorités, les jeunes déclassés, les mères célibataires en situation précaire… Il est donc absurde de dire que les milieux populaires ont abandonné la gauche : au contraire, ils sont toujours au cœur de son électorat naturel.


En revanche, le rapport de Terra Nova pointe une rupture électorale contemporaine : il n’y a plus de vote unifié de classe. Les classes populaires (ouvriers, employés) votaient hier massivement à gauche : 72% pour les ouvriers, au second tour de l’élection présidentielle de 1981. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les classes populaires sont désormais divisées sur les valeurs. La grille de lecture pertinente n’est plus les classes sociales mais la division outsiders – insiders. Il y a d’un côté les milieux populaires déclassés, victimes du précariat, du chômage, de l’exclusion, et souvent discriminés : ceux-là sont au cœur de l’électorat naturel de la gauche. Il y a de l’autre les milieux populaires intégrés, qui ont un emploi stable, en CDI, mais qui, travaillés par la crise, ont peur du déclassement et sont tentés par le repli identitaire. Une partie de ces travailleurs, qui il y a trente ans votait à gauche, singulièrement pour le parti communiste, a basculé vers le Front national.
Face à ce diagnostic, Terra Nova ne propose en aucun cas d’abandonner les milieux populaires.


Au contraire : le rapport insiste sur la nécessité pour la gauche de fédérer son électorat naturel. Pour des raisons de stratégie électorale : face au risque d’un nouveau 21 avril, la mobilisation de cet électorat au premier tour est cruciale. Et pour des raisons de fond : au cœur de cet électorat, il y a les milieux populaires déclassés, c’est-à-dire les Français les plus modestes, en situation la plus difficile.

C’est à la gauche de défendre ces Français, en butte à la vindicte populiste du FN et d’une UMP radicalisée. Sous les coups de boutoir du sarkozysme, le virus anti-assistanat a métastasé au sein de la société française. Les chômeurs sont devenus des « assistés », des « profiteurs », des « fraudeurs », à qui il est urgent de couper l’accès à l’Etat-providence. Dans cette logique néoconservatrice, les Français déclassés ne doivent pas être aidés car ils sont responsables de leur sort. De fait, la solidarité décline rapidement en France.

Depuis dix ans, les minimas sociaux chutent : ils représentaient 50% du revenu médian il y a dix ans, ils n’en représentent plus que 40%. Laurent Wauquiez l’a à nouveau martelé cette semaine : 466 euros de RSA-socle pour survivre, c’est encore trop. Cette situation est spécifique à la France : les minimas sociaux en Europe atteignent en moyenne 60% du revenu médian, 75% dans les pays les plus solidaires – Allemagne, Pays-Bas, pays nordiques, Angleterre. On dit souvent que la France a l’Etat-providence le plus développé du monde. C’est vrai pour l’assurance : les Français qui travaillent et cotisent sont très bien protégés contre les risques de la vie. C’est faux pour la solidarité : nous avons les minimas sociaux parmi les plus bas d’Europe, et le gouvernement s’acharne à les rogner encore. La France cultive ainsi une exception délétère : paupériser les plus pauvres de ses concitoyens.
Ces milieux populaires déclassés sont aussi attaqués dans leur identité. Ce sont les « jeunes » fainéants, la « racaille » de banlieue… Et naturellement les Français d’immigration récente. A ceux-là, on fait comprendre qu’ils ne font pas partie de la communauté nationale. Que leur religion allogène n’a pas sa place dans la République. Que, tout simplement, ils ne devraient pas être là : « la France, tu l’aimes ou tu la quittes ».

Pour défendre cette France déclassée, la gauche doit faire campagne sur ses valeurs : au plan socioéconomique, la justice sociale et la solidarité, un Etat social fort et redistributif ; au plan culturel, une société ouverte et tolérante. En d’autres termes, elle doit combattre le populisme pied à pied, sur tous les fronts.

Le rapport de Terra Nova s’interroge ensuite sur l’élargissement de la base électorale de la gauche pour, au second tour, réunir une majorité électorale. Le rapport décrit deux stratégies.

Première stratégie : un élargissement au sein des classes populaires, pour aller chercher les Français qui ont fui vers le Front national. Ces classes populaires intégrées ont été, un temps, séduites par le discours de Nicolas Sarkozy, valorisant la « France qui se lève tôt » contre les « assistés ». Mais les promesses électorales ont été trahies : leur pouvoir d’achat n’a pas progressé, leur quotidien s’est dégradé. Les efforts du gouvernement ne leur ont pas bénéficié : ils sont allés vers les Français les plus aisés - 20 milliards d’euros par an d’avantages fiscaux accordés aux 5% des contribuables les plus riches par la droite au pouvoir. Et ces électeurs sont de nouveau tentés de voter pour le Front national, qui se nourrit de leur peur du déclassement.

L’autre stratégie, complémentaire, est un élargissement au sein des classes moyennes, pour convaincre des professions intermédiaires de plus en plus attirées par les idées de la gauche.

Aucune des deux stratégies n’est aisée, aucune n’est fermée. C’est un débat que nous avons cherché à ouvrir, et auquel le livre de François Kalfon et Laurent Baumel, L’équation gagnante, fait écho. Nous ne prétendons pas donner une réponse univoque mais le défi est de taille : la gauche, depuis 1988, n’est jamais parvenue à rassembler une majorité de Français. Il revient naturellement aux partis et aux leaders politiques de s’en saisir et d’arbitrer, en fonction des valeurs et du projet qu’ils défendent.

A l’aune de cette analyse, on peut toujours polémiquer sur l’identité politique des vrais défenseurs des milieux populaires. Ce n’est clairement pas le sarkozysme, qui a violenté les uns avant des trahir les autres. Ce n’est pas non plus le Front national, qui veut conduire les travailleurs dans une impasse anti-humaniste. C’est, cela a été et cela sera toujours la gauche – à condition, toutefois, qu’elle ne renie pas ses valeurs.


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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Ven 3 Juin - 11:13

La Révolution par les urnes
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-revolution-par-les-urnes-95258
Pour l'organisation d'une contre-campagne présidentielle, en France !

Comme prévu, et contre ceux qui pensaient l’Europe trop assise pour une révolution, ou qui avaient analysé celles du Maghreb comme de simples sursauts démocratiques contre des dictatures décadentes, le mouvement initié en Tunisie, en foulant le sol européen, montre son vrai visage. Progressant, comme nous l’avions prédit, non par mimétisme, mais par résonnance, en ajustant chaque fois ses méthodes et ses revendications à la localité où il voit le jour, il montre que ce qui réunit la jeunesse sur les places principales des grandes villes du monde, ce n’est pas seulement la démocratie, mais une certaine forme de démocratie, dont les démocraties occidentales ne sont pas, loin de là, le modèle. L’exemple de l’Espagne en fournit la preuve. Mais quelles seront les résonnances, en France, de ce gong espagnol ?

Disons le tout de suite, avec les espagnols, nous ne nous résignons pas à assister, au second tour des présidentielles, à un match plus ou moins nul entre les deux représentants d’un ordre mondial asservi aux puissances de l’argent qui a fait les preuves de sa nocivité. En avril prochain, entre le rose pâle et le bleu pastel (à moins que la nouvelle tendance « bleu marine » ne crée la surprise) nous ne choisirons simplement pas. Et si ce derby devait avoir lieu, nous irons plutôt nous adonner à nos hobbys préférés que de participer à cette parodie de démocratie, où feront semblant de s’affronter la main gauche et la main droite d’un même pouvoir dont nous voulons la tête.

A l’heure où la voix des peuples se fait entendre dans la rue, par les armes, où s’expérimente pour la première fois une forme de démocratie directe et, c’est le moins qu’on puisse dire, participative, le peuple français a peut-être aussi, une carte à jouer. La campagne, qui a déjà commencée, livre déjà son lot d’ignominies, et ce n’est bien sûr, que le début. Sur fond de scandale sexuel, on agite comme d’habitude d’un côté les fantômes de l’Islam radical et de l’autre le spectre de l’extrême droite. Double épouvantail destiné à ouvrir un boulevard, comme le 21 avril 2007, à ceux qui se présenteront comme la seule alternative raisonnable.

Mais cette politique du moins pire, qui nous fait voter depuis tant d’années avec un rictus d’amertume, doit logiquement toucher à sa fin à un moment où nous ne voyons plus très bien ce que nous pourrions attendre de pire. Nous n’oublions pas que ce sont ces gens raisonnables qui, depuis trente ans au moins, ont mené notre pays et le monde à sa perte, paupérisé les populations, liquider tous les acquis sociaux, rendus exsangues les domaines de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’art et de la recherche, exacerbés les conflits religieux ou ethniques, renfloué avec l’argent du peuple, des banques qui avaient déjà fait disparaître toutes ses maigres économies, pactisé (pardon, soutenus amicalement, voire installé) les dictatures ubuesques qui s’effondrent dans le monde arabe et ailleurs, tout en favorisant l’émergence internationale d’une oligarchie aussi riche que brutale, inculte, et sans aucune conscience éthique. Aussi, il nous paraît très raisonnable que ces gens raisonnables prennent un congé bien mérité avant de nous reparler de leurs compétences et de leur probité.

La Contre-campagne

« Démocratie réelle, maintenant ! » C’est par ce mot d’ordre que s’ouvrent les revendications du peuple espagnol, vite repris dans les autres pays européen, dans des rassemblements, minimes pour l’instant, mais qui auront désormais tout le temps de s’organiser. Démocratie « réelle », pointe tout d’abord les démocraties actuelles pour ce qu’elles sont : des parodies. Et en effet, récemment, de nombreuses décisions politiques de grande ampleur, qui auraient pu s’exposer à un rejet massif de la population furent prises sans consultation (« mini » traité de Lisbonne, entrée en guerre en Afghanistan, Réformes des service public, Plan de sauvetage des Banques, Plans de Rigueur etc.)

Avouons que nous ne savons pas encore ce qu’est une démocratie « réelle », sinon qu’elle est une démocratie où chacun exerce sa part légitime d’influence sur le destin de son peuple. Mais nous savons au moins ce à quoi elle s’oppose : le système représentatif des partis et des syndicats. Et l’on sait également ce qu’elle implique : une révision en profondeur des principes de l’exercice et de la fonction politique, ainsi que du rôle des médias. C’est pourquoi ce qui caractérise ces mouvements, dits « apartidaires », c’est d’abord la volonté d’en exclure toute bannière politique ou syndicale, et de contourner l’hégémonie des médias dominants en organisant eux-mêmes, via les réseaux sociaux, leur propre communication. Tout cela afin de faire entendre la voix du peuple de manière directe.

Car ce qui a fini de dégoûter le peuple de ses représentants, c’est, à travers les médias, la dérive « spectaculaire » de la classe politique, qui est d’abord le symptôme de son impuissance. Si la vie politique décadente de nos démocraties est rythmée principalement par les scandales, ponctuée de petites phrases, d’effet d’annonce ou de crash test, et si sont systématiquement privilégiés les débats à caractère polémiques, sensationnels, comme l’immigration, les affaires de corruption ou de mœurs, c’est que les médias, pour exister, se nourrissent du scandale. Et pendant ce temps… toutes les questions sérieuses et les débats de fond disparaissent de la scène politique. Il ne faut donc pas compter qu’avec la désinformation et la propagande, mais aussi avec l’occupation de l’espace médiatique par des sujets au mieux de valeur nulle, au pire, dégradants. Car l’alimentation permanente de la polémique dans une société, si elle est une source inépuisable de brèves de comptoir, a évidemment un effet désastreux sur la cohérence nationale, puisque qu’elle ne vit que d’opposer les uns aux autres dans l’arène médiatique, en renforçant les communautarismes, et donc en brisant la confiance qu’un peuple doit avoir en lui-même pour exister et s’inventer un destin. C’est ainsi que nous sommes arrivés à un tel degré d’inertie dans les décisions politiques. Car en posant les problèmes de manière polémique, on n’en fait un spectacle, mais on s’interdit de les résoudre.

Or, est en train de faire irruption dans ce spectacle dont on commençait sérieusement à se lasser, un autre acteur, dont le rôle n’avait pas été écrit et qui a surpris tout le monde dans son entrée en scène. Je veux parler, bien-sûr du peuple. Si personne n’avait prévu le mouvement qui a soulevé la Tunisie, c’est que nulle part, sur la carte politique, n’était répertoriée cette force, dans aucun parti existant, dans aucune classe sociale particulière. Et pour cause : elle n’était pas « représentée ». De la même manière, en Europe, où l’on a l’habitude de considérer l’abstention comme un phénomène de désintéressement du politique, voici que des milliers d’abstentionnistes descendent dans la rue, prennent les places pour exiger une démocratie « réelle ». Transformant le geste négatif de l’abstention en action positive de revendication. C’est en cela surtout que ce mouvement nouveau est à prendre très au sérieux. Car l’irruption de cette force muette, de par sa simple existence, invalide, de fait, le système démocratique lui-même. En rendant indéniable le phénomène de non-représentation, tout en mettant hors-jeu la théorie de la dépolitisation des esprits.

Qui sommes nous ?

Mais au fait, qui sommes nous ? De dangereux communistes ? Des intégristes écologistes ? Des hystériques de l’extrême droite ? Des membres d’action directe ? Des imams radicaux ? Des défenseurs de la chasse, la pêche et la tradition ? Pire, des centristes extrémistes ? Ou de lâches et incivils abstentionnistes ? Rien de tout cela, bien que l’on puisse compter parmi nous, pourquoi pas, des gens de telle ou telle faction. Nous sommes blancs, nous sommes nègres, chinois, arabes, nous sommes jeunes, et nous sommes vieux ; nous sommes chrétiens, athées, musulmans, bouddhistes, évangélistes juifs, ou tantristes, raéliens peut-être. En fait, nous sommes à peu près n’importe qui. Notre seul point commun, finalement, c’est que nous parlons la même langue, que nous habitons le même pays, et que nous n’avons pas peur les uns des autres. En terme d’identité nationale, disons que cela nous suffit. Et si nous ne savons pas toujours ce que nous voulons, vu le menu qui nous est proposé, nous savons très bien de quoi nous ne voulons plus.

En fait, nous sommes le véritable peuple français, né ici, ou venu y travailler, mais attaché viscéralement au trois valeurs qui trônent encore sur les édifices républicains, même si elles ont l’air, aujourd’hui, d’un chapeau à plume sur une cervelle de pigeon. Sommes nous nombreux ? Difficile à dire puisque jusqu’à présent personne n’est venu nous recensé que pour nous placer dans telle ou telle catégorie ennemie d’une autre. Mais nous pourrions le devenir. Combien était les opposants à Ben Ali, selon les sondages officiels ? Il se pourrait donc bien que prochainement, des millions de gens se réveillent parmi nous.

On nous reprochera à juste titre de ne pas avoir de programme, d’être, essentiellement contestataires. Et en effet, si nous ne disposons pas d’un « programme » à insérer dans ce « système », c’est que notre objectif n’est pas d’en changer quelques variables, mais d’en modifier les paramètres même. Ce qui implique une phase de crise et d’incertitude potentiellement dangereuse, due à la discontinuité de ces changements. Cette absence de programme est donc, en réalité, un des piliers de notre démarche, qui consiste à reconstruire la démocratie sur des bases « réelles », à partir d’une consultation véritablement populaire, qui n’a pas encore eu lieu.

Le temps viendra d’affiner nos revendications et de parfaire nos propositions. Mais il faut voir ces rassemblements spontanés, d’abord comme une opportunité unique d’expérimenter de nouvelles formes de décision collectives. Et ensuite comme l’occasion de nous rencontrer, de nous fréquenter, nous qui n’avons des autres que les vagues images fantasmées que les médias ressassent. Descendons donc dans la rue, sur les places, discutons ensemble pour éprouver ce que nous sommes, nous qui ne sommes là que sur un non, et voyons tout ce à quoi nous pouvons, maintenant, dire oui ensemble. Créons de véritables Agoras où se dissiperont toutes les images caricaturales que dresse de chacun de nous, ces médias qui vivent de nous opposer. Bobos, racailles, sans-papiers, fonctionnaires, bourges, salariés ou traders, croyants ou athées, employés ou patrons, voyons jusqu’à quel point cette cartographie qui nous sépare est valable, et si nous n’aurions pas beaucoup plus de choses en commun que nous l’imaginons. Mettons à l’épreuve ces clichés en mettant à jour la complexité réelle de la composition sociale, et sa continuité.

Dans ce pays où tout le monde s’accorde à penser que tout va mal, sans que personne n’ait rien à se reprocher, devenons réellement responsable, c’est à dire répondons les uns des autres : osons nous rassembler et nous faire face, au risque de la confrontation. Prenons les places, prenons la parole, travaillons sans relâche à la formulation de nos exigences, et de leur réalisation. Sans oublier, parfois, d’y chanter et d’y danser, car ce rendez-vous se doit également d’être une fête, un lieu de célébration, de rencontre et de désir, sous peine de dégénérer en ce grotesque, interminable et soporifique spectacle qu’est devenu l’Assemblée Nationale. De là ne sortira certainement pas un peuple bigarré et pacifié reprenant en chœur les tubes de John Lenon, mais de toute évidence une société civile plus consciente et confiante d’elle-même, moins peureuse et moins sectaire, et donc moins manipulable, qui saura se mobiliser au moment venu, et aussi sur quelle forces elle peut, ou ne peut pas compter.



La Révolution par les urnes

Nous appelons donc tous ceux, quels qu’ils soient, qui ne se reconnaissent pas ou plus dans les appareils du jeu politique, à nous rejoindre sur les places, et aussi tous ceux qui rongent leur frein au sein de leur parti à se désencarter massivement afin d’enfler les rangs de notre mouvement. Notre objectif, par l’occupation des places publiques de France, et en résonnance avec tous les mouvements équivalents en Europe et dans le monde, est d’organiser une contre-campagne, apartidaire, jusqu’aux élections présidentielles de 2012.

Cette opération aura l’énorme avantage de nous faire rester dans le calendrier médiatique, en devenant une référence incontournable des débats électoraux. Nous y prendrons soin de ne jamais laisser dériver le débat politique dans les caniveaux habituels de la sécurité et de l’immigration. Nous y répondrons mot pour mot aux propositions des grands partis par des alternatives radicales et réalistes, et nous ne nous arrêterons pas avant d’avoir porté au pouvoir, par les urnes, celui ou celle qui imposera à la Constitution les changements qui s’imposent. L’échéance des présidentielles, en France, est une opportunité que nous ne pouvons pas nous permettre de laisser échapper. Si nous échouons, la suite risque d’être bien plus difficile et plus violente, car il nous faudra entrer dans un rapport de confrontation directe avec le pouvoir. Nous avons onze mois pour accomplir cet exploit, c’est peu, mais c’est bien assez. Cette « révolution par les urnes » est possible, et elle est déjà là en puissance, d’une certaine manière, bien qu’elle n’ait pas encore tout à fait pris conscience d’elle-même. « Y croyez-vous ? » n’est pas ici la question que vous devez vous poser, mais plutôt « Le désirez-vous ? ». Et ensuite, si vous êtes un être entier, si vous n’êtes pas encore mort, d’assumer les choix qui découlent logiquement de votre réponse.

Non-violents, responsables, sobres, impeccables en somme : là est la clé de notre réussite. Car notre comportement sera le témoin de notre degré éthique collectif, c’est à dire du facteur principal de notre future autonomie. Si nous montrons, par l’exemple, que l’homme n’est pas toujours un loup pour l’homme, comme toute politique « réaliste » s’entend à le marteler pour justifier son pouvoir, plus personne ne nous enverra de policiers pour faire le chien de garde entre l’un et l’autre. Ceci est un point extrêmement important, car démontrer notre degré d’autonomie par l’auto-organisation, c’est à la fois prendre confiance les uns envers les autres, inspirer confiance à ceux qui ne nous ont pas encore rejoint, et surtout n’offrir aucune prise à tous ceux qui ne manquerons pas de nous attaquer et de nous décrédibiliser.

Le M.I.G. (Mouvement d’Indignation Générale)


un anti parti ??? XD
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Sam 4 Juin - 8:17

Patrick Pelloux : "La faculté a tué l’engagement politique chez les médecins"
france-info
Patrick Pelloux, 48 ans, est l’urgentiste le plus connu de France. Président de l’Association des médecins urgentistes de France (Amuf), il était l’invité de Carte d’électeur vendredi 3 juin pour réagir aux témoignages recueillis auprès de quatre internes en médecine générale au CHU de Nantes.

A un an de l’élection présidentielle, le syndicaliste et chroniqueur à Charlie Hebdo dit qu’il vote "toujours pour la gauche progressiste" et raconte sur le plateau de france-info.com l’évolution politique qu’il observe depuis peu au sein de la classe médicale. (Voir l’intégralité de l’interview vidéo)


L'urgentiste Patrick Pelloux déplore la... par FranceInfo
Frédérique, 29 ans, confiait qu’elle n’avait aucune idée de ce que votait ses plus proches amis à l’internat, alors qu’elle même considère “important” le fait de voter. Elle explique qu’il y a une forme “d’auto-censure” entre étudiants en médecine qui ont plutôt cherché à se serrer les coudes plutôt que de risquer la division.

Réaction de Patrick Pelloux :

“Je fais partie de la génération qui a fait ses études au milieu des années 80, début 90 et en l’espace d’une vingtaine d’années il y a eu un appauvrissement du débat politique en médecine. Il y a une crise de nos élites universitaires, c’est évident, certes, mais ça se décline aussi dans le désengagement des praticiens hospitaliers de la chose politique et de la chose syndicale.

On l’a vu pendant la très mauvaise réforme de Roselyne Bachelot : alors que de plus en plus de gens évoque la dégradations des conditions de travail, le débat politique est devenu compliqué... voire tabou. Les grands professeurs de médecine sont descendus dans la rue... mais seulement parce qu’on tentait d leur enlever leur chefferie de service. Une fois la chose obtenue, ils sont sortis du mouvement. Cette dépolitisation est profonde : lorsque je suis invité à des débats, la salle a généralement plus de 50 ans.”

Thomas, 29 ans, raconte qu’esquiver la politique dans les conversations entre copains d’internant va jusqu’à faire du vote FN d’un “très proche pote” “une blague”, y compris lorsqu’on est juif et que l’affichage à l’extrême-droite suscite un malaise.

Réaction de Patrick Pelloux :

Ca ne m’étonne pas du tout, ça me consterne. Arrive un moment où l’on ne peut pas se dire : je me mobiliserai si jamais l’extrême-droite prenait tout ou partie du pouvoir. C’est une erreur, c’est maintenant qu’on doit se mobiliser. Il y a une urgence à s’engager pour défendre la démocratie. Ce n’est plus ici la frontière entre la droite et la gauche mais un autre combat entre les démocrates et l’extrême-droite. Cette idéologie progresse à l’hôpital. Une petite musique se joue, et sonne totalement faux avec les valeurs humanistes et déontologiques que l’on porte. Notamment dans des services sursaturés par des malades étrangers. On entend tout d’un coup régulièrement « Il y a trop de Noirs » ou « Supprimons les allocations aux plus pauvres ».

Par la saturation, le burn out, ou le manque de moyens, vous entretenez une certaine ghetoïsation d’un certain nombre de services. La crise est passée par là, la parole se libère. Ils ont conscience que quelque part c’est contraire aux idées humanistes mais ils s’abritent derrière l’idée simpliste que la gauche comme la droite n’ont rien donné finalement. C’est extrêmement difficile d’aborder le sujet.

Thomas explique aussi que c’est parce qu’il est peu structuré politiquement, incertain sur son “bord politique”, qu’il évite de parler politique. Il raconte aussi que la formule “avoir le portefeuille à droite et le coeur à gauche” trouve un certain écho chez lui.

Réaction de Patrick Pelloux :

“Je comprends ce qu’il veut dire. Dans le monde médical et hospitalier vous aviez auparavant un respect de l’engagement, notamment des internes ou des étudiants en médecine qui s’investissaient autrefois dans le syndicalisme de la fac. Mais dans les facultés cela a été mal vu, et le corps professoral a repris les étudiants en main. En leur demandant de se taire. Mon éviction de Saint-Antoine est un signe de ce recul de la liberté syndicale.

C’est très violent, et ce que dit Thomas, c’est qu’il ne sait pas trop s’il peut sortir du bois en se déclarant par exemple socialiste pour les raisons humanistes qu’il évoque. En parlant du portefeuille à droite, il vous dit certes qu’il gagne 1500 euros mais il tait le nombre d’heures qu’il se paye en tant qu’interne, qui est incroyable. Les conditions de travail sont difficiles. Certes, ils gagneront 6000 euros...mais dans dix ans !”

Retrouvez également les réactions du syndicaliste urgentiste aux témoignages de Sarah ou Claire, qui racontaient également comment elles liaient leur vision politique à leur métier. A découvrir dans l’interview vidéo dans son intégralité.
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Re: présidentielles 2012

Message  ivo le Sam 4 Juin - 9:53

Oser lutter, oser vaincre!
http://blogs.mediapart.fr/blog/yvan-najiels/020611/oser-lutter-oser-vaincre
L'article de Serge Halimi dans la livraison de ce mois de juin du Monde diplomatique correspond à peu près à ce que nous sommes plusieurs à ressentir depuis quelques semaines ou quelques mois. Cette idée, qui débouche sur la nécessité de ce que j'appellerais une reprolétarisation du discours politique de l'émancipation, cette idée donc se voit étrangement - mais sûrement - confortée, confirmée par la triste affaire DSK. Que celui-ci soit ou non coupable de ce dont on l'accuse, son train de vie, son amour du fric et de la grande vie des élites planétaires suffisent à faire tomber de l'armoire : c'est lui, la gauche ? C'est cet homme-là, homme-lige du capital au FMI (et du reste bientôt remplacé par C. Lagarde) et épris de profits en tout genre, qui était censé incarner la gauche et que le Parti dit socialiste voulait présenter contre Sarkozy ? La blague ! La mauvaise blague !

Que ce soit clair, par ailleurs : je n'ai aucune espèce d'estime pour le Parti socialiste car si ce courant-là eut de grandes figures (Pierre Brossolette, Léon Blum, Raymond Badiou, Jean Moulin ou Daniel Mayer,...), il est désormais exclusivement un cartel d'ambitions parlementaires pieds et poings liés au néo-libéralisme et à une Union européenne anti-démocratique. Mitterrand, puis Jospin, sont passés par là : liquidation de la sidérurgie lorraine, phase finale du lâchage des ouvriers (Bernard Tapie fut le nom de cela), mépris du travail manuel (et, par conséquent, intellectuel), dézingage de l'Ecole (n'oublions pas que l'infâme climat actuel est né sous Jospin/Allègre qui ont validé et assumé, au sein de l'Etat, un poujadisme anti-enseignants) et, avec Martine Aubry, 35 heures comme cache-sexe honteux de la flexibilité des horaires de travail dans les usines...

Cette évolution de la gauche, radicalisée sous l'égide de l'homme sans principes que fut Mitterrand, a fait que le F"N", par ex., a beau jeu de parler désormais d'UMPS. Quand moi-même je parle d'UMPS, tout de suite, il y a toujours un gogo pour me renvoyer à l'extrême droite... Les faits sont pourtant têtus et aujourd'hui, d'ailleurs, dans son programme, le P"S" avalise les "réformes" Pécresse à l'université, se tait sur la ratification antidémocratique des infâmes traités européens post-TCE (rejeté, pourtant, par près de 55% des votants il y a six ans), poursuit la destruction de l'Ecole publique pour tous et reste sur la matrice du flic Chevènement quant à la question des étrangers sans-papiers vivant en France. De fait, donc, entre "gauche" (de gouvernement, comme on dit, c'est à dire réactionnaire) et droite, nulle différence de principes, juste un écart quantitatif qui fait qu'un électeur de gauche qui s'apprête à voter "socialiste" en 2012 peut dire : "Ah mais quand même, il y aura moins de réductions de postes dans l'Education et, question expulsions, ils épargneront les enfants..." (Ce qui reste à voir...). Droite et gauche sont, il faut le dire, les deux versants d'une même politique. Cette situation, du point de vue de la gauche, fait le lit de l'extrême droite contemporaine.

"J'ai compris, me disait l'autre jour un ami a priori social-démocrate, que sans l'Union soviétique, il ne peut pas y avoir de social-démocratie." Phrase terriblement vraie, phrase qui éclaire aussi, ici en France et encore un peu plus, d'un jour blafard le mitterrandisme. Sans pôle constitué prolétarien, marxiste et, d'une manière ou d'une autre, révolutionnaire, aucune amélioration substantielle dans la vie du peuple n'est envisageable. Mitterrand a détruit le PCF (avec, il faut bien le dire, l'aide des intéressés) pour prendre le pouvoir mais, du même coup, il a liquidé tout jeu politique dans le parlementarisme, dans la politique étatique. Depuis Mitterrand, "gauche" ne veut absolument plus rien dire. Celle-ci n'est plus le nom de rien et certainement pas d'une rupture politique même a minima ni celui d'une défense des humbles, des réprouvés, des prolétaires ou des bonniches contre la loi d'airain du capital. Le tragique farcesque du 10 Mai 1981 réside essentiellement dans ce fait : la soirée à la Bastille était le prélude à une désillusion aussi terrible que rapide. La gauche n'est plus qu'une équipe de foot dont les électeurs crient :"Allez, les verts ; allez, les roses !"

La gauche ayant déserté un discours de classe, un discours prolétarien, le PC s'étant effondré et sérieusement ramolli, il n'est pas étonnant que le F"N" progresse. La place désormais vide d'un discours antagonique à l'ordre social existant est occupée par des bonimenteurs haineux. Contester frontalement ces criminels de papier exige une radicalité à la fois neuve et ancienne. Cela exige aussi d'appeler un chat un chat, un patron un patron et l'Union européenne, le fondé de pouvoir continental du grand capital dont chaque gouvernement de l'UE est le vil exécutant. Cela exige aussi de refuser le nom "immigré" : l'appliquerait-on, du reste, à un Américain vivant ici, ce nom ? Derrière "immigré", il y a une réalité prolétarienne qui est une part non négligeable du peuple de ce pays. En cela, les ignominies d'un Guéant, d'un Finkielkraut ou d'un Zemmour sont des propos de classe de comptoir, des propos de haine des pauvres.

Le combat politique pour l'émancipation, c'est avant tout le combat des pauvres. C'est celui de Fantine, des femmes du 5 octobre 1789, des ouvriers de Citroën côtoyés par Robert Linhart, des émeutiers de 2005 dans les banlieues. En cela, quand l'officine PS Terra Nova ou Gérard Collomb - maire de Lyon - appellent à se détourner des classes populaires, en plus de fermer la boucle ouverte par Mitterrand puis Jospin, ils se posent clairement en ennemis politiques.

Etre contre l'euro, à entendre tous ces gens, c'est être lepéniste. Etre contre l'UE, idem. Etre contre le report de l'âge de la retraite, contre la liquidation de l'Ecole pour tous, c'est être un archaïque. C'est dans les trous béants de tels discours que s'infiltre la lèpre lepéniste. Celle-ci, de fait, est absolument intégrée au discours ambiant puisque elle est l'opposition que s'est au fond choisie le système. C'est ainsi que le P"S" fait le jeu de l'extrême droite. Eh, oui...

C'est donc à nous que revient de combattre efficacement les Doriot-farce du Front mal nommé national (ne serait-ce que parce que parmi ses membres, certains préfèrent un roi à l'idée originelle de nation). Produire un discours radical et, comme dit Alain Badiou, "au ras du réel populaire" ne peut être le fait de l'oligarchie socialiste. La question du pouvoir, dans l'immédiat, importe peu : il y avait, quoi qu'on en dise par ailleurs, un pouvoir - discursif mais réel - du PCF quand celui-ci dépassait les 20 % des voix. Cela indisposait le capitalo-parlementarisme qui lui préfère les remugles lepénistes.

Parlons donc d'ouvriers, d'opprimés, de prolétaires, d'exploitation, d'exploités, d'oligarchie, de parasites sociaux, de communisme, de capital, de patrons, de masses. Dénonçons l'UE qui ne vaut guère mieux que le FMI ; dénonçons aussi les diviseurs du peuple. Surtout, n'ayons pas peur, dans un premier temps, de passer pour des archaïques. C'est le seul - et faible - argument de nos ennemis.

Affirmons enfin qu'il y a un seul monde !
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