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Message  ivo le Mer 8 Déc - 9:53

La dictature Pinochet en procès à Paris
C’est un procès historique et symbolique qui s’ouvre aujourd’hui devant la cour d’assises de Paris : 14 hauts responsables de la junte chilienne, responsable de 3.200 morts entre 1973 et 1990, seront jugés. Ils sont en effet soupçonnés d’être impliqués dans la disparition de quatre Français. Pour la famille des victimes, c’est l’attente de toute une vie qui trouve enfin son aboutissement.

Georges Klein, conseiller au cabinet du président socialiste Salvador Allende. Etienne Pesle, professeur de français. Alphonse Chanfreau et Jean-Yves Claudet-Fernandez, membres du Mouvement de la gauche révolutionnaire. Quatre Français portés disparus entre 1973 et 1975, dans les premières années de la dictature d’Augusto Pinochet. Leurs familles attendent toujours justice.

Les accusés seront absents

Plus de 35 ans après les faits, la cour d’assises de Paris va enfin se pencher sur ces quatre disparitions. Au terme de nombreuses années de procédures, quatorze Chiliens, presque tous militaires, sont jugés à partir d’aujourd’hui pour enlèvements et séquestrations avec actes de torture et de barbarie. Des faits passibles de la réclusion à perpétuité.
Le principal accusé est Manuel Contreras, 81 ans, ancien chef de la Dina, la police secrète du régime.
Tous les accusés seront absents, protégés par l’absence d’accord d’extradition entre la France et le Chili.

La dictature Pinochet en procès à Paris.

Un procès filmé pour son intérêt historique

Ce qui n’empêche pas ce procès de revêtir un caractère exceptionnel. Il sera d’ailleurs filmé pour son intérêt historique. Si certains accusés ont déjà été condamnés dans leur pays pour d’autres faits, le procès est en effet le premier au monde à aborder la nature de la dictature Pinochet. Ce régime, issu du coup d’Etat militaire du 11 septembre 1973, appuyé en sous-main par les Etats-Unis, a fait 3.197 morts et disparus.

Ce procès est également la fin d’une longue attente pour les familles de victimes, qui ont déposé plainte... en 1998. A l’époque, Augusto Pinochet avait été mis en cause, mais il est mort - libre - en 2006 à l’âge de 91 ans.

"Ce procès va constituer un moment important de l’histoire de la lutte contre l’impunité, en France et ailleurs", explique Me William Bourdon, un des avocats des familles."Le fait qu’on revisite ensemble avec des juges ce passé si cruel, les conditions dans lesquelles leurs pères, leurs frères, leurs parents ont disparu est une étape extrêmement importante."



Chili

http://fr.wikipedia.org/wiki/Chili

« Je ne vois pas pourquoi il faudrait s'arrêter et regarder un pays devenir communiste à cause de (due to the) l'irresponsabilité de son peuple. »
Henry Kissinger, Secrétaire d'État de Richard Nixon, dans un discours prononcé à l'occasion de l'élection de Salvador Allende.
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Message  ivo le Lun 23 Mai - 9:41

Chili : la dépouille de Salvador Allende exhumée
FRANCE INFO - 04:57
Près de 38 ans après sa mort, la dépouille de Salvador Allende sera exhumée aujourd’hui.
Une décision importante qui permettra enfin de déterminer si le président chilien s’est suicidé dans le palais de la Moneda ou bien s’il a été abattu par l’armée lors du coup d’Etat du 11 septembre 1973.
Au Chili, près de 38 ans après sa mort, Salvador Allende est exhumé. La justice enquête sur les conditions exactes du décès de l’ancien président. A Santiago, Claire Martin (2'04")

CHILI     Allende_france_info
Pour savoir comment est mort l’ancien président socialiste du Chili Salvador Allende, sa dépouille sera exhumée aujourd’hui
©REUTERS/Ivan Alvarado

L’ancien président socialiste du Chili Salvador Allende s’est-il suicidé ou a-t-il été assassiné ?
Pour en avoir le cœur net, sa dépouille sera exhumée aujourd’hui.
Avec l’autorisation de la famille du défunt, le juge Mario Carroza a constitué une commission d’experts médico-légaux, rassemblant sept Chiliens et cinq ressortissants étrangers. Il cherche aussi à recueillir des preuves qui pourraient soutenir les accusations de crimes contre l’humanité dans les assassinats de plusieurs centaines de personnes qui ont été torturées et qui ont disparu dans les jours qui ont suivi le coup d’Etat du 11 septembre 1973.
“Ce sera extrêmement important, parce qu’avec ça, il sera possible de dissiper tous les doutes ou spéculations”, a déclaré récemment la sénatrice Isabel Allende, en se rendant au tribunal pour demander l’autopsie de son défunt père. La dépouille se trouve au Cimetière général de Santiago.

Des questions se sont posées presque tout de suite après l’assaut mené contre le palais de la Moneda, notamment parce que l’armée de Pinochet a bâclé l’enquête initiale, et a ensuite dissimulé ou modifié des détails concernant la mort de Salvador Allende, l’objectif étant de l’effacer de la mémoire collective.

Thèse du suicide privilégiée

Allende, président socialiste du Chili depuis 1970, est mort par balle dans le palais présidentiel de Santiago, bombardé par l’armée de l’air, le 11 septembre 1973. Il avait 65 ans.
Une autopsie pratiquée juste après sa mort avait semble t-il démontrée selon des témoignages, qu’il s’était suicidé en se tirant une balle sous le menton.
La famille Allende elle-même privilégie la thèse du suicide.

Pour ceux qui voyaient dans ce président le meilleur espoir ou la plus grave menace de changement révolutionnaire, la manière dont il est mort revêt une grande importance. S’est-il suicidé avec une Kalachnikov, comme l’a affirmé le seul homme qui dit avoir été témoin de la scène ? Ou Allende est-il mort en se battant, comme l’a assuré Fidel Castro ? Son corps a-t-il été déchiqueté par les balles des soldats, comme l’ont écrit deux lauréats latino-américains du prix Nobel de littérature, Pablo Neruda et Gabriel Garcia Marquez ?

Au total, un peu plus de 700 anciens agents militaires, policiers ou civils de la dictature ont été condamnés ou sont poursuivis pour des crimes contre l’humanité commis sous la dictature qui est responsable de plus de 3.100 morts ou disparus.


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Message  ivo le Jeu 5 Sep - 9:00

Chili: les juges demandent pardon pour leur passivité pendant la dictature militaire
http://www.rfi.fr/ameriques/20130905-chili-pardon-juges-passivite-dictature-pinochet
Au Chili, les actes de repentance se multiplient à une semaine de la commémoration des 40 ans du coup d’Etat de Pinochet du 11 septembre 1973. Ce mercredi 4 septembre, alors que les nostalgiques de Salvador Allende, mort (officiellement un suicide) pendant le coup d’Etat, célébraient les 43 ans de son élection (le 4 septembre 1970, avec 36,6% des voix), la justice a fait son mea culpa. Un groupe de magistrats a demandé «pardon» pour ses «actions et omissions» pendant la dictature.

Avec notre correspondante à Santiago du Chili, Laurie Fachaux

«Il est impossible d’éluder notre responsabilité historique par rapport à la violation des droits de l’homme». C’est la première fois en quarante ans que des magistrats reconnaissent les erreurs de la justice chilienne, et surtout de la Cour Suprême qui n’a pas su «protéger les citoyens».

Ces excuses viennent juste après d’autres mea culpa, politiques cette fois. Le premier à s’être jeté à l’eau, c’est Hernan Larraín, un sénateur de droite, qui a demandé pardon pour «ne pas avoir participé à la réconciliation nationale». Puis le président de centre-droit, Sebastian Piñera, a créé la surprise samedi dernier en affirmant que des complices passifs pendant les 17 ans de dictature « savaient et n’ont rien fait ou n’ont pas voulu savoir ». Face à ces déclarations, le malaise de la candidate de droite à l’élection présidentielle, qui a lieu dans deux mois. Evelyn Matthei avait voté « oui » au plébiscite pour Pinochet en 1988.

Aujourd’hui, 1 400 procès pour violations des droits de l’Homme sont encore en cours, tandis que des milliers d’autres cas ne sont pas traités par la justice. Au moins 3 200 personnes sont mortes pendant les 17 ans de dictature militaire au Chili. Alors, plus que jamais, à 40 ans du coup d’Etat, ni oubli ni pardon, une grande partie du peuple chilien réclame justice.
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Message  ivo le Mer 2 Oct - 8:42

Chili: fermeture de la prison de luxe pour tortionnaires du régime de Pinochet
http://www.rfi.fr/ameriques/20131001-chili-penal-cordillera-fermeture-prison-luxe-tortionnaires-pinochet
La prison de luxe pour les plus grands criminels de la dictature d’Augusto Pinochet, Penal Cordillera, à Santiago, vient d’être fermée sur décision du président chilien Sebastian Piñera. L’un des prisonniers a préféré se suicider avant son transfert, samedi matin.

Le 11 septembre 2013, anniversaire des 40 ans du coup d’Etat lors duquel Augusto Pinochet a renversé la démocratie au Chili, Manuel Contreras, le plus grand criminel du pays après Pinochet, a donné des interviews télévisées. Alors qu’il purge une peine de plus de 360 ans de prison, il a expliqué alors qu’il ne se considère pas en prison et que le gardien est juste là «pour lui tenir sa canne».

Terrain de tennis et maisonettes individuelles

Le scandale a évidemment éclaté, d’autant que Manuel Contreras a raison. Le Penal Cordillera, créé il y a neuf ans pour les plus grands tortionnaires de la dictature dans une banlieue chic de Santiago, n’a rien d’une prison. Terrain de tennis, maisonnettes pour les détenus avec chauffage, petite cuisine, jardins, accès à internet, radios, télévisions... Ce à quoi il faut également ajouter le personnel, en nombre : une nutritionniste, un kiné, des médecins, un psychologue. Le Penal Cordillera est en somme « l’hôtel 5 étoiles », comme disent les Chiliens. C’est donc au nom du principe de l’égalité devant de la loi que le président chilien a décidé, jeudi 26 septembre, la fermeture de cette prison de luxe.

► A (ré)écouter: Anniversaire du coup d'Etat de Pinochet

Les prisonniers qui y étaient détenus ont été transférés dans un hôtel 3 étoiles : l’autre prison pour tortionnaires de la dictature, le Punta Peuco, où sont déjà enfermés 44 détenus. Elle ressemble davantage à une prison. Son régime est aussi beaucoup plus strict et elle se situe à 50 kilomètres de Santiago. Ce transfert est donc ressenti comme un déshonneur. Certains ont d’ailleurs déposé plainte. Aucun des détenus n’estime avoir commis des crimes. Selon eux, ils n’ont fait que sauver la patrie du marxisme.

Un des détenus se suicide

Le transfert a eu lieu samedi dans la nuit. Mais il n’a concerné que neuf détenus, sur les dix initialement prévus. Le matin même, Odlanier Mena, l’un d’entre eux, a préféré se tirer une balle dans la tête. Il purgeait une peine de six ans de prison pour trois assassinats. A 87 ans, il a expliqué dans une lettre ne pas comprendre comment il pourrait recevoir les soins nécessaires à sa santé. Le Penal Cordillera se trouve en effet à côté de l’hôpital militaire.

Odlanier Mena bénéficiait d’une permission de sortie les week-ends et il avait chez lui 4 armes à feu, avec permis. Deux anomalies qui montrent combien ces prisonniers ne sont pas traités comme tel. Pendant longtemps, le pouvoir civil chilien avait peur du pouvoir militaire. C’est aussi parce que cette peur a disparu que le président chilien s’est permis de fermer la prison.

→ A (re)lire : Pinochet : l’Histoire le jugera

Un président de droite, qui plus est, dans un pays où la droite a soutenu et s’est formée sous Pinochet. La droite la plus dure, très pro Pinochet, minoritaire aujourd’hui, se sent d’ailleurs trahie. Pour elle, Sebastian Piñera est responsable de ce suicide. Ce qui choque aussi, c’est que les commandants en chef de l’armée de terre ont assisté aux obsèques. La «famille militaire», comme on l’appelle ici, protège toujours les tortionnaires.
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Message  ivo le Mar 8 Oct - 8:30

CHILI     La-Spirale_08-2-19a98
Chili, 11 septembre 1973 - « La Spirale », quand l’ancien monde refuse de mourir
Le pays a en effet constitué un laboratoire pour la mise au point des stratégies de déstabilisation de régimes constitutionnels. Les outils financiers, économiques et médiatiques que la réaction a utilisés pour décrédibiliser le socialisme démocratique et tendre un « cordon sanitaire » autour du projet de réformes appartenaient déjà à l’ère qu’on allait plus tard baptiser « globale ». L’intervention des nouvelles unités économiques transnationales en étroite alliance avec les agences de renseignement en donnait un avant-goût. De même, après le coup d’Etat, le Chili allait-il inaugurer les politiques de globalisation sauvage de l’ère néolibérale. De façon dramatique, c’est à la fois le caractère unique de la tentative de construction d’un socialisme démocratique et la nouveauté des stratégies de la réaction pour l’empêcher qui projetèrent « l’expérience chilienne » sur la scène de l’histoire mondiale. Voilà pourquoi on s’y réfère tant aujourd’hui lorsqu’on évoque la doctrine impériale dite de « sécurité nationale » ou les stratégies de déstabilisation de régimes démocratiquement élus en Amérique latine.
>>>
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/09/MATTELART/49668
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Message  ivo le Ven 11 Oct - 10:28

Chili : le juge Guzman raconte son enquête sur Pinochet
http://blogs.rue89.com/alma-latina/2013/10/10/chili-le-juge-guzman-raconte-son-enquete-sur-pinochet-231301
Il fait partie de ces juges qui ne craignent pas de s’attaquer aux politiques quand ceux-ci font disparaître des opposants, s’enrichissent grâce à la corruption. Ils ne font de cadeau à personne, ni à droite, ni à gauche. Rien n’arrête ces juges qui payent souvent très cher leur travail d’enquête.

Le juge chilien Juan Guzman fait partie de ceux-là.

Au cours du mois de septembre 2013, il a parcouru la France entière, racontant son enquête à partir de novembre 1998, un travail de fourmi, qui lui a permis d’inculper et d’accuser Pinochet. Juan Guzman a répondu à nos questions.

Rue89. Que pensez-vous quand on vous désigne pour l’instruction du dossier Pinochet, en 1998 ? Qu’est-ce que cela veut dire d’un point de vue professionnel ?

Juan Guzman. Quand on m’a remis le dossier Pinochet, j’ai compris qu’en accomplissant mon travail – comme je devais le faire par devoir –, je devrais faire face à de nombreux écueils et que cela mettait fin à toute progression professionnelle. C’était donc la fin de ma carrière.

Je savais que ce genre de procès politique signifie devoir faire face aux illusions de certains et aux gênes des autres. Personne n’est indifférent dans ce type de jugements. De plus, le contexte était compliqué : la Cour suprême chilienne ne voulait pas entreprendre de changements radicaux, les politiques voulaient des changements mais très lents et les médias jouaient à monter en épingle chaque décision afin de créer un effet de « suspense » sur la population chilienne.

Avoir été choisi pour instruire ce procès a signifié un défi incroyable pour moi, tant personnel qu’intellectuel. Je devais étudier, m’immerger dans des dossiers nouveaux pour moi, sur lesquels s’appuie la Constitution chilienne (article 5, alinéa 2).

Ce procès a également représenté un défi sur le plan humain. La qualité d’un juge se mesure surtout lorsqu’il doit résoudre un dossier compliqué et non lorsqu’il règle des cas « courants ». Au début, un juge ne sait pas s’il sera capable de juger toutes les personnes impliquées. Dans le dossier Pinochet, je me suis attaché à rester le même juge et de traiter Pinochet et tous les autres agents de l’Etat, de la même façon que j’avais traité d’autres personnes inculpées au cours de ma carrière. Et ce malgré tous les obstacles auxquels j’ai dû faire face au fil de l’enquête.

Le procureur du ministère public n’existait pas dans le droit chilien. Le juge d’instruction assurait à la fois l’enquête et l’accusation. C’est également ce juge d’instruction qui inculpait et arrêtait la personne. Que dire d’un tel conflit d’intérêts ?

Jusqu’en 2005, le système pénal chilien comptait avec un juge concentrant en une seule personne l’instruction, l’accusation et la sentence. C’était ainsi depuis les années 30… Le rôle de juge d’instruction avait été supprimé pour des raisons économiques.

Les juges qui exerçaient cette triple fonction devaient se mettre en quatre. Les procès étaient si nombreux qu’ils n’arrivaient jamais à s’en imprégner. Ils étaient assistés de fonctionnaires qui instruisaient directement les procès en fonction des directives que les juges eux-mêmes leurs donnaient.

Comment expliquer le fait que personne, au niveau politique, n’ait voulu que l’enquête dont vous étiez chargé, soit réalisée ?

Juger Pinochet n’intéressait personne. Les politiciens, que ce soit ceux de droite comme ceux de gauche s’étaient engagés à ne pas toucher à Pinochet pour s’assurer que ce dernier accepte le résultat du plébiscite du 5 octobre 1988 (lorsque le « No » à Pinochet l’a emporté sur le « Si »). En d’autres termes, juger Pinochet dérangeait tous les politiciens ; ils avaient peur que la situation politique du pays soit déstabilisée.

Vos amis vous tournent le dos dès que vous commencez votre enquête. Vous recevez même des messages vous demandant de clore l’investigation…

J’ai, en effet, reçu de nombreuses pressions, de la part d’amis et de politiques de haut rang et aussi de la part de membres de la Cour suprême… Ils voulaient tous que mon enquête s’enlise.

Est-ce que les choses ont changé quand tout le monde a su que Pinochet et sa famille avaient des comptes très bien garnis à l’étranger – après que les archives de la CIA aient été déclassées en novembre 2000 ?

Les Chiliens ont été indignés en apprenant que Pinochet et d’autres personnes de son entourage avaient participé à des affaires de fraude qui les avaient enrichis sur le plan personnel. Mais ces délits économiques ont été jugés bien plus sévèrement [surtout par les personnes du camp de Pinochet, ndlr] que les crimes perpétrés pendant la dictature.

Comment s’est comporté l’appareil de justice face à l’enquête ?

J’ai ressenti une véritable solitude professionnelle. A l’époque j’étais membre de la Cour d’appel comme la plupart de mes collègues de travail. Mais moi, contrairement à eux, j’étais complètement pris par l’enquête des crimes commis sous Pinochet. Mes amis devaient marquer une distance envers moi pour prouver qu’ils n’étaient pas influencés, ni « contaminés » par mes considérations et mes décisions. J’ai donc vécu une véritable solitude juridictionnelle.

Plusieurs juges ont enquêté sur la dictature. Avez-vous pu communiquer les uns avec les autres ?

L’indépendance des juges est très importante dans ce genre de procès. C’est la raison pour laquelle il ne fallait pas communiquer entre nous. Cela aurait pu influencer les résolutions des uns et des autres.

Avez-vous changé en suivant cette enquête ?

Evidemment. En voyant et en écoutant les victimes, on ne peut pas rester impassible. J’étais très étonné de voir que les personnes torturées pouvaient en parler comme d’une chose appartenant au passé. Mais ce qui m’a le plus marqué c’est la détresse : jamais je n’ai vu d’hommes et de femmes aussi effondrés que ceux qui ont vu disparaître un être cher. Ne plus pouvoir revoir cet être, ni vivant ni mort, les désespère. Je pense qu’aucune personne dotée de discernement, peut rester indifférente devant un procès de cette nature.

Qu’est-ce qui a changé aujourd’hui, par rapport au film « Le Juge et le général », dont le tournage a commencé au début des années 2000 ?

Le film parle de deux cas emblématiques, mais il y a eu des milliers de cas, plus de 3 000 morts, plus de 1 200 disparus, et plus de 10 000 habeas corpus (« recursos de amparo », en espagnol) rejetés par les juges… ma mission a été bien plus large que ce que montre le film.

LE JUGE ET LE GÉNÉRAL
By Elizabeth Farnsworth and Patricio Lanfranco
https://www.youtube.com/watch?v=rCjoWPCc10k&feature=player_embedded

A l’époque, j’étais convaincu que les fusillades avaient été ordonnées, et que quand un militaire avouait avoir tiré, il avait obéi à l’ordre d´un officier supérieur. Celui qui répondait ainsi à un ordre était protégé par le fait d’avoir reçu cet ordre. La légitimité de l’ordre l’excusait en quelque sorte.

J’ai appris par la suite que les agents de l’Etat avaient agi en augmentant de façon inhumaine la douleur des victimes, en les blessant au visage ou aux parties génitales, avec des armes coupantes... Et ce n’est que longtemps après avoir créé ces lésions terribles qu’ils donnaient le coup de grâce. La légitimité des ordres militaires n’a rien à voir avec la façon inhumaine dont ils ont joué de la douleur. Et c’est la même chose pour la torture.

10 000 habeas corpus ont été rejetés par les juges chiliens, dites-vous ?

L’habeas corpus est un recours judiciaire dont le but est la mise en liberté immédiate de celui qui est détenu de façon illégale, sans fondement ou sans que soient appliquées les formalités nécessaires. Les tribunaux compétents qui peuvent répondre aux sollicitudes de l’habeas corpus au Chili, sont les cours d’appel. Celles-ci n’ont pas rempli leur rôle, fondamental, d’une cour de justice, pendant la dictature. Conséquence : des milliers d’assassinats, des tortures et des disparitions de personnes ont pu se perpétrer dans l’ombre de la justice.


Les juges des cours d’appel et de la Cour suprême sont de ce fait responsables de complicité avec la dictature, tout comme le sont certains personnages de la société civile et du monde politique aujourd’hui en exercice.

Combien de dossiers ont été instruits ?

En ce moment plus de 300 personnes ont été inculpées et condamnées dont de nombreux agents de l’Etat aujourd’hui derrière les barreaux. Il existe entre 1 800 et 2 000 dossiers en cours d’instruction. Et les peines prononcées varient entre trois et dix ans. Il y a également eu des condamnations à perpétuité. Certains ont même été condamnés à plusieurs peines consécutives de prison à perpétuité.

Comment les poursuites contre les militaires ont-elles été possibles, étant donné qu’une loi d’Amnistie a été dictée sur la période 1973-1978, couvrant ainsi toutes les exactions commises par l’entourage de Pinochet ?

Cinq années après le coup d’Etat, la junte militaire a dicté un décret-loi d’Amnistie qui couvrait tous les crimes commis par les agents de l’Etat pendant les cinq premières années. Cependant, ceux qui ont rédigé cette Amnistie ne connaissaient pas le droit pénal en la matière. Ils méconnaissaient par exemple qu’il existe une distinction dans le droit pénal, entre ce que nous appelons les « crimes instantanés » et les « crimes permanents ou continus » dont le crime d’enlèvement fait partie.

Les crimes instantanés sont ceux qui sont perpétrés au moment même où l’action humaine s’effectue, c’est le cas de l’homicide, du vol, du viol, de la torture et de nombreux autres crimes. Le crime continu ou permanent commence à prendre effet au moment où s’effectuent les premiers agissements délictueux et il prend fin avec le dernier de ces agissements. En d’autres termes, l’enlèvement est un crime qui se poursuit jusqu’au moment où la victime est libérée ou que l’on découvre son cadavre.

Dans le cas des enlèvements perpétrés au Chili (plus de 1 200 cas), ceux-ci étaient couverts par l’Amnistie jusqu’à la date limite de l’Amnistie, c’est à dire entre le 11 septembre 1973 et le 10 mars 1978, mais pas un jour de plus étant donné que les corps des victimes n’ont jamais été trouvés. Grâce à cet oubli des « législateurs », nous avons pu juger les responsables des crimes d’enlèvements qui sont en cours jusqu’à aujourd’hui, puisque les corps de plus de 1 200 disparus n’ont toujours pas été retrouvés.

Au Chili, il n’existe rien après le procès pénal : lorsque le responsable d’un atteinte aux droits de l’homme meurt, l’affaire pénale se termine, parce que la personne n’est plus là et que le procès ne se justifie plus. Comment font les familles de disparus quand le responsable meurt ?

L’un des buts du procès pénal est la réparation du mal causé par les crimes perpétrés. Si l’auteur d’un enlèvement ou de la disparition de personnes, meurt, on peut quand même poursuivre l’enquête, étant donné que la « réparation du mal causé » ou la « récupération des ossements de la personne disparue » sont encore en cours, et ce jusqu’à ce que l’objectif soit atteint.

Dans quelles conditions l’enquête a-t-elle pu se faire ? Avez-vous pu être entouré de suffisamment d’experts, d’une bonne équipe de policiers ? Ou vos moyens étaient-ils limités ?

Au début j’avais très peu de moyens. Je travaillais avec un greffier qui travaillait également pour plusieurs autres juges de la Cour d’appel. J’ai souvent écrit moi-même les rapports sur une machine à écrire qui avait été mise à ma disposition. Je n’avais pas d’ordinateur…

Après un an de procédure, j’ai exigé quatre ordinateurs et quatre greffiers et j’en ai obtenu la moitié. J’ai vite compris qu’il fallait que je demande le double de ce dont j´avais besoin. Au début, je comptais avec quatre auxiliaires de justice, deux fonctionnaires de la police civile et un garde du corps, et à la fin, j’étais entouré de vingt policiers, douze gardes du corps... de grands experts, d’anthropologues, de médecins légistes, mais nous risquions à tout moment d´être mis à la porte, au cas où un nouveau coup d’Etat avait eu lieu…
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