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Tunisie >>>>>>>

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Tunisie >>>>>>>

Message  ivo le Sam 25 Déc - 13:01

Un mort et plusieurs blessés lors d'émeutes en Tunisie
http://www.metrofrance.com/info/un-mort-et-plusieurs-blesses-lors-d-emeutes-en-tunisie/mjly!SA1cQGBSzL94o/
Après plusieurs jours de fortes tensions sociales, une personne est décédée et plusieurs ont été blessées lors d'affrontements entre manifestants et forces de l'ordre au centre de la Tunisie.


Une capture d'écran d'une vidéo diffusée sur Facebook de la manifestation à Sidi Bouzid en Tunisie, le 24 décembre 2010.
Photo : Str/AFP


Depuis plusieurs jours, la région de Sidi Bouzid située au centre ouest de la Tunisie étaient secouée par des troubles, notamment après le geste désespéré d'un jeune homme qui se sentait brimé par les autorités.
Vendredi 24 décembre, à Menzel Bouzayane, une commune située à 280 kilomètres au sud de Tunis, la capitale tunisienne, la contestation sociale a viré aux heurts violents et au drame, quand la police a ouvert le feu sur la population.
Selon le communiqué du ministère de l'Intérieur tunisien diffusé par l'agence gouvernementale TAP, le bilan de ces affrontements serait d'un mort et de deux blessés parmi les manifestants et de plusieurs agents de sécurité touchés.
Affirmant que "des groupes d'individus ont incendié la locomotive d'un train et mis le feu à trois véhicules de la garde nationale, avant d'attaquer le poste de la garde nationale de la ville", les autorités indiquent qu'après avoir vainement tenté de dissuader les assaillants, des agents de la garde nationale ont été contraints de "recourir aux armes dans le cadre de la légitime défense".
D'après Mohamed Fadhel, un syndicaliste de l'enseignement secondaire contacté par l'AFP, au moins deux mille habitants de Menzel Bouzayane avaient pris part à la manifestation qu'il qualifie de "très violente". Lui fait état de dix blessés et d'un mort, Mohamed Ammari, un jeune homme de dix-huit ans qui aurait été touché à la poitrine.
La situation reste tendue alors que des renforts policiers dépêchés depuis Sidi Bouzid à 60 kilomètres de là, ont encerclé la ville, contrôlant strictement les accès et ont procédé à une campagne d'arrestations indique le syndicaliste.
Cette vague de mécontentement sur fond de détresse économique a pris un tour nouveau le 17 décembre après la tentative de suicide de Mohammed Bouazizi, 26 ans. Ce jeune homme diplômé de l'université travaillait comme vendeur ambulant de fruits et légumes. Désespéré après que la police municipale lui a saisi ses marchandises faute des autorisations nécessaires, il s'était immolé en s'aspergeant d'essence. Grièvement brûlé, il a été pris en charge dans un centre médical près de Tunis.
Déjà ce drame avait provoqué un vif émoi dans la population et des heurts avec la police, mais le pouvoir avait minoré cet "incident isolé" et dénoncé son exploitation par l'opposition, à des fins "malsaines".
Autre détonateur social : quelques jours plus tard, le 22 décembre, dans la même région, un jeune homme s'était électrocuté contre des câbles à haute tension après avoir escaladé un poteau électrique aux cris de "plus de misère, plus de chômage", rapporte le dirigeant syndicaliste Ali Zari.
Jeudi, la veille des affrontements, le ministre tunisien du Développement, Mohamed Nouri Jouini, en visite à Sidi Bouzid avait annoncé des mesures gouvernementales visant à la création d'emplois et le financement de divers projets à hauteur de 15 millions de dinars (soit moitié moins en euros).
Du côté de l'opposition (légale...), le Parti démocratique progressiste a appelé vendredi à la fin des arrestations à répétition et au dialogue entre les autorités, la société civile et les jeunes chômeurs.
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Message  niouze le Dim 26 Déc - 23:14

Emeutes en Tunisie après l'immolation d'un jeune chômeur
Par Lina Ben Mhenni | Global Voices Online | 26/12/2010 | 16H17


Un Tunisien au chômage a tenté de s'immoler par le feu la semaine dernière pour protester contre son impossibilité à trouver du travail, ce qui a déclenché une vague de violents affrontements sur place [un manifestant a été tué vendredi, ndlr] et un mouvement de solidarité sur les plateformes de réseaux sociaux.


Tandis que le sort de Mohamed Bouazizi, 26 ans, de Sidi Bouzid, dans le sud tunisien, reste inconnu -grièvement brûlé, il a été hospitalisé-, les internautes de Tunisie se sont saisis de l'affaire pour déplorer le manque d'emplois, la corruption et la détérioration des droits humains dans leur pays.

Sur Facebook, Twitter et les blogs, les internautes ont exprimé leur solidarité avec Mohamed, diplômé de l'université de Mahdia il y a quelques années, mais dans l'incapacité de trouver un emploi.

Seul pour nourrir sa famille, il a décidé de chercher un gagne-pain et, avec l'appui familial, s'est lancé dans la vente de fruits et légumes sur un stand de rue. Son entreprise ne lui rapportait pas grand chose, juste assez pour sauvegarder la dignité de sa famille.

Mais les employés municipaux veillaient et lui ont confisqué plusieurs fois sa marchandise. Il a essayé de leur expliquer qu'il n'avait pas choisi de faire cela mais essayait seulement de survivre. A chaque fois, sa marchandise a été confisquée, et il s'est fait insulter et chasser des abords de la mairie.

La dernière fois que cela s'est produit, Mohamed a perdu tout espoir : il s'est arrosé d'essence et y a mis le feu.
« Nos médias dépravés exercent un black-out complet sur cet incident »


Sur Facebook, plusieurs groupes ont été créés pour dénoncer ces événements. « M. le Président, les Tunisiens s'immolent par le feu » (en arabe) est l'un d'eux. En moins de 24 heures, le groupe comptait 2 500 membres, et a attiré à ce jour plus de 11 000 soutiens. Mais les autorités n'ont pas attendu 24 heures pour le censurer et bâillonner Internet de leur main de fer.

Des blogueurs ont commenté les événements, exprimant leur colère. Ecrivant en arabe dialectal tunisien, Boukachen a écrit un billet intitulé « L'holocauste de Sidi Bouzid » :

« Ce qui s'est passé n'est pas nouveau. Cette situation misérable persiste depuis de nombreuses années dans les régions à l'écart. C'est le résultat d'une combinaison de conditions climatiques et de la marginalisation de ces régions, à quoi s'ajoute la totale indifférence [des autorités]. Mais l'histoire ne s'arrête pas là puisque nos médias dépravés exercent un black-out complet sur cet incident. »

Sur son blog, A Tunisian Girl a quant a elle écrit :

« Le gouvernement n'a trouvé d'autre remède que de censurer les sites internet diffusant l'affaire et d'imposer un blocus à la ville de Sidi Bouzid, où les gens donnent libre cours à leur colère en manifestant dans les rues. »

Sur Twitter, la fureur continue aussi, avec le hashtag #sidibouzid en tête chez les utilisateurs tunisiens.

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Message  ivo le Mar 28 Déc - 13:24

Manifestations violemment réprimées en Tunisie
FRANCE INFO - 12:23


Le président Zine el Abidine ben Ali accusé de réduire au silence sans ménagement toute voix dissidente.
© REUTERS/Jacky Naegelen

Depuis mi-décembre un mouvement de protestation parti de la région de Sidi Bouzid prend de l’ampleur. La population dénonce le chômage et la précarité, soutenue par les syndicats qui ont organisé hier une manifestation de soutien à Tunis.
Les troubles sociaux gagnent du terrain en Tunise. Après la région de Sidi Bouzid, à 265km de Tunis, les manifestations se sont étendues à plusieurs régions du centre et du sud, notamment dans les villes de Ben Guerdane, près de la frontière libyenne, à Kairouan, Sousse, dans les îles Kerkennah, à Sfax et Médenine.


Tout a commencé après la tentative de suicide d’un jeune diplômé le 19 décembre. Vendeur sans permis de fruits et légumes il s’était fait confisquer sa marchandise par la police municipale. Désespéré, le jeune homme s’était aspergé d’essence pour s’immoler par feu. Il a survécu mais se trouve dans un état critique. Cinq jours plus tard un autre jeune a mis fin à sa vie en s’électrocutant au contact de câbles électriques.

A l’appel de plusieurs syndicats dont ceux de l’enseignement secondaire, de la santé, de la poste et des caisses de sécurité, plusieurs centaines de personnes se sont rassemblées hier à la mi-journée place Mohamed Ali à Tunis, devant le siège de l’Union générale tunisienne du travail. "Notre revendication est l’emploi et encore l’emploi. Nous sommes ici pour soutenir la jeunesse de Sidi Bouzid et réclamer du travail", expliquent les manifestants.

"Le taux de chômage élevé des diplômés universitaires, la hausse des prix des matières premières et le recours au secteur agricole seulement sont à l’origine des troubles", a estimé le président de la section régionale de la Ligue des droits de l’Homme, Raouf Nsiri. Les manifestants ont été violemment dispersés à coup de matraque.

Caroline Caldier, avec agences
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Message  ivo le Mer 29 Déc - 12:08

Tunisie : la révolte de la jeunesse
http://www.europe1.fr/International/Tunisie-la-revolte-de-la-jeunesse-354085/

Face à la censure des médias en Tunisie, des rassemblements ont eu lieu mardi devant l'ambassade à Paris. © MAXPPP

Le malaise social s’exprime à travers de violentes manifestations, provoquées par un fait divers.

La Tunisie est depuis le 19 décembre le théâtre de violents affrontements entre manifestants, souvent jeunes, et forces de l'ordre. Le mécontentement se concentre dans le centre-ouest du pays, dans la région de Sidi Bouzid, après qu'un jeune ait tenté de mettre fin à ses jours.

Le malaise social d’une bonne partie de la jeunesse s’exprime depuis la tentative de suicide d’un jeune diplômé de l'université, vendeur sans permis de fruits et légumes qui s’était fait confisquer sa marchandise par la police municipale. Désespéré, le jeune homme s'était aspergé d'essence pour s'immoler par feu. Il a survécu mais se trouve dans un état critique.

L’exaspération de la population

Ce fait divers a fait office de déclic pour une partie de la jeunesse : cinq jours plus tard un autre jeune a mis fin à ses jours en s'électrocutant au contact de câbles électriques. Depuis, les manifestations se multiplient pour dénoncer l’absence de perspectives offertes à la jeunesse, le coût de la vie et les inégalités croissantes. Le ministère de l'Intérieur a fait état d'un mort, de deux policiers grièvement blessés et d'importants dégâts matériels lors des différentes échauffourées dans la région.

La Tunisie forme sa jeunesse mais peine à lui trouver du travail et privilégie les investissements à visée touristique, aux dépens de nombreuses régions intérieures. Le chômage des jeunes diplômés est une telle menace que même le Fonds monétaire international a mis en garde le gouvernement. Son taux atteindrait le double du taux de chômage global, estimé officiellement à 14%. En dehors des zones touristiques, trouver un emploi qualifié est souvent difficile, surtout si on ne fait pas partie d'une grande famille.

La réaction à deux temps des autorités

Face à la vague de manifestations dans la région de Sidi Bouzid, le gouvernement a d'abord dénoncé une manipulation à des fins politiques "malsaines". Le président Ben Ali a déploré “l'ampleur exagérée qu'ont prise ces événements à cause de leur instrumentalisation politique par certaines parties qui ne veulent pas le bien de leur patrie". Les sites internet d'information et les plate-formes de vidéos évoquant ces manifestations ont par ailleurs été bloqués.

Les autorités ont ensuite décidé de prendre des mesures urgentes en faveur de la région. Ces mesures annoncées par le ministre du Développement, Mohamed Nouri Jouini, portent sur la création d'emplois et des projets pour un montant de 15 millions de dinars (7,86 millions d'euros). Les manifestations se sont néanmoins poursuivies alors que des rassemblements de solidarité étaient organisés dans plusieurs villes de Tunisie et à Paris.
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Message  ivo le Jeu 30 Déc - 12:36

Mouvement social en Tunisie : un ministre débarqué
http://www.leparisien.fr/international/mouvement-social-en-tunisie-un-ministre-debarque-29-12-2010-1206452.php
Après des troubles sociaux nés dans la région de Sidi Bouzid qui ont trouvé un échos dans toute la Tunisie, le président Ben Ali a mis fin mercredi aux fonctions du ministre de la Communication Oussama Romdhani, lors d'un remaniement ministériel. La veille, le chef d'Etat avait dénoncé «l'ampleur exagérée qu'ont pris ces événements à cause de leur instrumentalisation politique», alors que la contestation avait gagné la capitale.


Cette région, à quelque 265 km au sud de Tunis, est en proie à des troubles depuis la tentative de suicide d'un jeune homme, le 19 décembre. Diplômé de l'université, ce marchand de fruits et légumes âgé de 26 ans, s'était fait confisquer sa marchandise par la police faute de permis. Désespéré, il s'est aspergé d'essence pour s'immoler, mais il a survécu et se trouve dans un état critique.

Cinq jours plus tard, un autre jeune a mis fin à sa vie en s'électrocutant au contact de câbles électriques. Le 24 décembre, de violents affrontements ont opposé des manifestants et la police faisant un mort et au moins dix blessés à Menzel Bouzayane, une localité à 60 km de Sidi Bouzid.

Les protestataires réclament «développement équitable entre les régions»

Mardi, la contestation a gagné la capitale, Tunis. Soutenant les habitants de cette partie du pays défavorisée, les manifestants ont scandé des slogans réclamant notamment «le droit de travailler» et un «développement équitable entre les régions». Un rassemblement avait également été organisé à Paris, le 23 décembre.

Le week-end dernier, des manifestations avaient eu lieu dans plusieurs villes : Souk Jedid, Ben Guerdane, Kairouan, Medenine, Sfax et Bizerte... Et ce, malgré des mesures annoncées qui porteront sur la création d'emplois et des projets pour un montant de 15 millions de dinars (7,86 millions d'euros).

«La défaillance du modèle de développement, qui a provoqué une inégalité entre les régions, a débouché sur le fait que 90% de projets sont localisés dans les régions côtières et 10% dans les régions intérieures», analyse l'opposant Rachid Khéchana. Selon lui, cette «disparité s'est accentuée avec l'arrivée sur le marché de travail de plusieurs milliers de diplômés originaires de ces régions enclavées».

L'opposition légale demandait sa démission

Le départ d'Oussama Romdhani qui a dirigé depuis 1995 le secteur de la communication en tant que PDG de l'Agence tunisienne de la communication extérieure (Atce), est le fait le plus saillant du remaniement opéré ce mercredi. Il a été remplacé par Samir Laabidi, ministre de la Jeunesse et du Sport dont le poste a été confié à Abdelhamid Slama.

Un peu plus tôt dans la journée, le Parti démocratique progressiste (PDP, opposition légale) avait appelé à la démission des ministres de l'Intérieur et de la Communication, les jugeant responsables de la dégradation de la situation à la suite des troubles sociaux de Sidi Bouzid.

«Le PDP appelle à la démission des ministres de l'Intérieur et de la Communication qui incarnent la politique de répression, de violence et du blocage médiatique et qui assument la responsabilité de l'échec dans le traitement des protestations légitimes et dans la dégradation de la situation», a déploré à la presse Ahmed Nejib Chebbi, fondateur historique de ce parti.

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Message  ivo le Jeu 30 Déc - 22:28

Mouvement social tunisien : des syndicats français solidaires
http://www.leparisien.fr/international/mouvement-social-tunisien-des-syndicats-francais-solidaires-30-12-2010-1207567.php
Après le ministre de la Communication mercredi, c'est le gouverneur de la région de Sidi Bouzid qui a été limogé ce mercredi par le président tunisien Zine El Abidine Ben Ali. Depuis le 19 décembre, les habitants de cette province défavorisée manifestent leur mécontentement en raison notamment du taux de chômage élevé même chez les jeunes diplômés et demandent un «développement équitable entre les régions».

Un collectif de syndicats français a exigé jeudi «la non-intervention des forces de police contre les mouvements sociaux» et «la libération de toutes les personnes arrêtées», après la répression des troubles de ces derniers jours dans la région de Sidi Bouzid en Tunisie.

«Avec les syndicalistes de l'UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), la CGT, la CFDT, la FSU, l'Unsa et Solidaires exigent la non-intervention des forces de police contre les mouvements sociaux» et «l'amnistie et la réintégration dans leur emploi des ex-prisonniers du bassin minier de Gafsa et de tous les condamnés».

Dénonçant une «politique caractéristique d'un Etat policier», les syndicats «exigent enfin du gouvernement français qu'il cesse son soutien systématique à ce régime».

La région de Sidi Bouzid en proie aux troubles

La région de Sidi Bouzid, à 265 km au sud de Tunis, est en proie à des troubles sociaux depuis le 19 décembre, à la suite de la tentative de suicide d'un jeune diplômé de l'université, vendeur sans permis de fruits et légumes qui s'était fait confisquer sa marchandise par la police.

Ces troubles ont fait un mort, deux blessés grièvement atteints parmi les policiers et d'importants dégâts matériels, selon le ministère tunisien de l'Intérieur.
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Message  ivo le Ven 31 Déc - 9:30

"Le pouvoir tunisien se trompe de diagnostic"
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/le-pouvoir-tunisien-se-trompe-de-diagnostic_948959.html

Manifestation de soutien aux résidents de Sidi Bouziz ce lundi à Tunis.
AFP/ FETHI BELAID
Face aux manifestations qui secouent le pays depuis plusieurs jours, un défenseur tunisien des droits de l'homme explique le malaise de la jeunesse de son pays.

Ancien député de l'opposition, ex-secrétaire général de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Khemaïs Chammari est membre du "comité Sidi Bouzid" qui s'est constitué au lendemain des premières manifestations, il y a près de deux semaines. C'est en effet dans cette ville du centre du pays que les troubles ont commencé le 17 décembre, après qu'un jeune marchand ambulant, dont la police avait confisqué la marchandise, ait tenté de s'immoler par le feu. Ils se sont ensuite étendus à plusieurs autres localités, et des manifestations de solidarité ont également eu lieu à Tunis.. Le président tunisien, Zine El Abidine Ben Ali, a pour sa part déploré les évènements, dénonçant leur "instrumentalisation politique". Il a également limogé son ministre de la communication.

Pourquoi la contestation s'est-elle aussi rapidement étendue après l'incident du 17 décembre à Sidi Bouzid?

Alors que le mouvement de protestation sociale qui avait éclaté, il y a deux ans, dans le bassin minier de Gafsa était resté circonscrit à cette région, cette fois, en effet, la contestation a fait tache d'huile. Le vent de colère qui, depuis deux semaines, s'étend du Nord au Sud est avant tout révélateur du malaise profond de la jeunesse. Il est absurde d'y voir une quelconque "instrumentalisation" de la part de Partis politiques dont tout le monde sait qu'ils n'ont pas les moyens, le voudraient-ils, de mobiliser de telles foules. Le malaise des jeunes est directement lié au chômage qui les frappe en très grand nombre. Officiellement, la Tunisie compte 14% de chômeurs. Mais, s'agissant des jeunes diplômés, nous sommes à plus de 20%. Dans les régions de l'intérieur 25% des jeunes hommes en âge de travailler et 44% des jeunes femmes sont sans emploi.
Il n'existe aucune structure de dialogue, aucune association reconnue qui permette à ces jeunes de se faire entendre
Il en résulte à la fois un sentiment de précarité et une frustration d'autant plus grande que nous sommes dans un pays ouvert au tourisme et à la société de consommation. En outre il n'existe aucune structure de dialogue, aucune association reconnue qui permette à ces jeunes de se faire entendre. Ils se sont reconnus dans le geste de désespoir du marchand ambulant de Sidi Bouzid. Au lieu d'être à l'écoute, le pouvoir a réagi en verrouillant un peu plus encore l'information, s'en tenant pendant plusieurs jours à la thèse du fait divers isolé. Ce qui ne pouvait que faire monter d'un cran encore la frustration.

Faut-il aussi, au-delà de la protestation sociale, voir dans ce mouvement l'amorce d'une contestation politique?

Il s'agit d'un mouvement spontané de citoyens et de régions- celles de l'intérieur du pays- qui se sentent laissés pour compte. Si les mots d'ordre et les slogans se sont politisés au fil des manifestations, cela tient d'abord au verrouillage du système. Cette attitude a tout naturellement débouché sur des slogans plus politiques, en particulier contre l'absence de libertés.
Beaucoup de slogans aussi concernaient les Trabelsi, c'est à dire la famille de l'épouse du président.

Y-a-t-il un lien entre la colère populaire et la mainmise de ce clan sur l'économie du pays?

Le raz le bol que suscite chez les Tunisiens le népotisme et la corruption sont de notoriété publique. Il suffit d'écouter ce qui se dit dans les ateliers, les écoles ou les cafés... Il était assez naturel que les manifestants expriment à haute voix cette colère là, contre l'enrichissement insolent de quelques-uns et leur propre marginalisation, et contre les inégalités qui se creusent depuis des années en Tunisie. Ils n'avaient pour cela nul besoin d'être "instrumentalisés".

Quel peut-être l'impact de la réaction du président Ben Ali. Il a certes dénoncé "l'instrumentalisation politique" du mouvement, mais aussi promis de débloquer de nouveaux crédits en faveur des jeunes de Sidi Bouzid...
Les mesures d'aide immédiates annoncées représentent à peu près la valeur de dix villas cossues. Cela n'est pas sérieux. Ce n'est pas avec des effets d'annonce et des mesurettes que l'on règlera le problème. L'inquiétude du pouvoir est réelle. Mais il se trompe de diagnostic. Le bon diagnostic nécessiterait une véritable remise en cause du modèle de développement tunisien, avec une vraie réflexion sur la répartition des revenus au niveau social et régionale et des fruits de la croissance. Au lieu de cela, le discours officiel consiste à désigner des boucs émissaires.

Le mouvement peut-il menacer le régime?

Il serait hasardeux de ma part d'émettre un avis.
Je déplore, en ce qui me concerne, que le diagnostic posé ne soit pas de nature à résoudre les problèmes économiques, sociaux et politiques qu'affronte le pays. Et je regrette l'absence de canaux de discussions qui puissent jouer le rôle d'écluses.

Un article du Guardian de Londres dressait hier un parallèle entre la situation en Tunisie et celle qui prévalait à la fin du règne du président Nicolae Ceausescu en Roumanie ? Que penser de cette comparaison?

Comparaison n'est pas raison.
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Message  ivo le Mar 4 Jan - 12:44

Tunisie: la chaîne Nessma TV brise le verrouillage médiatique sur les troubles de Sidi Bouzid
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20101231.FAP3017/tunisie-la-chaine-nessma-tv-brise-le-verrouillage-mediatique-sur-les-troubles-de-sidi-bouzid.html
TUNIS (AP) — Pour la première fois depuis le déclenchement des troubles à Sidi Bouzid, (centre-ouest de la Tunisie), une chaîne tunisienne privée, Nessma TV, a brisé le verrouillage médiatique en diffusant jeudi soir une émission spéciale sur ce mouvement de protestation sociale qui s'est propagé à la plupart des régions du pays, faisant deux morts et un blessé grave et engendrant de nombreuses arrestations.

Cette initiative, sans précédent dans les annales des médias tunisiens, dans le traitement des dossiers sensibles de l'actualité nationale, intervient au lendemain de la prise en main du secteur de l'information par un nouveau ministre, Samir Laâbidi.

Ouvert et inhabituel pour le téléspectateur tunisien, le débat a réuni une brochette de journalistes connus pour leur franc-parler et l'avocate et militante des droits humains, Bochra Belhaj Hamida, qui faisait sa première apparition sur une chaîne de télévision tunisienne.

L'émission, qui a duré près d'une heure et demie, était illustrée de reportages sur le terrain, où la parole a été donnée, "sans censure", aux habitants de Sidi Bouzid. Ces derniers ont fait part ouvertement de leurs revendications et des problèmes dont souffre cette région frappée par un taux de chômage élevé et le manque d'infrastructures et de commodités, à la différence des zones côtières.

Corruption, népotisme, responsables défaillants qui "ne pensent qu'à leurs fauteuils", impunité et absence de contrôle des crédits alloués par l'Etat: tout a été passé au crible, sans détours, par les citoyens interviewés, jeunes et moins jeunes, hommes et femmes.

Un témoignage émouvant a été apporté par la soeur de Mohamed Bouazizi, ce jeune vendeur ambulant de fruits et légumes qui s'est immolé par le feu. Un acte de désespoir après la saisie de sa marchandise par des agents municipaux avait été le déclencheur des troubles. "Malgré le réconfort moral et le soutien matériel que nous a apporté le président (Zine El Abidine Ben Ali) en nous recevant, mon frère, gravement brûlé, vivra handicapé et ne pourra plus travailler pour subvenir à nos besoins", a-t-elle déclaré.

Sur le plateau, deux jeunes journalistes ont considéré comme un non-sens le verrouillage médiatique à l'ère de l'Internet. "Aux premiers jours des troubles, rien ne filtrait sur les journaux et les médias audiovisuels. C'était le black out total, alors que les chaînes de télévision étrangères en faisaient état en puisant leur matière sur la toile", a noté Rym Saïdi.

L'émission de Nessma TV, dont le propriétaire est l'homme d'affaires Nabil Karoui et dont le capital est détenu en partie par le producteur de cinéma Tarik Ben Ammar, constitue "un véritable tournant , pourvu que ça dure", a commenté Mounir Souissi, correspondant de l'agence de presse allemande DPA. AP

xbb/cov/nc
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Message  ivo le Mer 5 Jan - 17:55

Tunisie : tension à Sidi Bouzid pour les adieux à Mohamed Bouazizi
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jDa17ExhN1h0p5Q-aE184oGS-PLg?docId=CNG.0f94b84a0816a5db15964dd213e44cd6.261
De Hamida BEN SALAH (AFP) – Il y a 5 heures
TUNIS — Le jeune Tunisien, dont l'immolation par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid (centre-ouest) a déclenché une révolte contre le chômage, a été inhumé mercredi dans un climat de tension, après avoir succombé à ses blessures la veille dans un hôpital de Tunis.
Mohamed Bouazizi, 26 ans, s'était immolé devant les bureaux du gouverneur (préfet) de Sidi Bouzid (260 km de Tunis) pour protester contre la saisie musclée par la police de son étal de fruits et légumes qu'il vendait sans permis pour faire vivre les siens.
Entre tristesse et colère, une foule estimée à 5.000 personnes a marché derrière son cortège funèbre en criant vengeance, jusqu'au cimetière de "Garaat Bennour", à 16 km de Sidi Bouzid, a rapporté à l'AFP Kamel Laabidi, un syndicaliste.
"Adieu Mohamed nous te vengerons!", "ton sang n'aura pas coulé pour rien", "Nous te pleurons ce jour, nous ferons pleurer ceux qui ont causé ta perte", ont scandé les habitants, a ajouté ce témoin présent dans le cortège.
La foule a aussi crié sa colère contre la cherté de la vie "qui a conduit Mohamed au suicide", répétant "Honte au gouvernement!", a dit M. Laabidi.
Selon l'oncle de la victime, Mehdi Horchani, la police massivement présente a empêché le cortège de s'approcher du siège du Gouvernerat (préfecture), là où Mohamed s'était aspergé d'essence pour s'immoler par le feu.
"Mohamed a sacrifié sa vie pour attirer l'attention sur sa condition et celle de ses frères", a-t-il ajouté, décrivant "une douleur immense et un sentiment d'injustice ressentis par tous" à Sidi Bouzid en ce jour de "deuil".
"Mohamed est devenu le symbole du refus du chômage et du mépris et son décès risque d'exaspérer la tension déjà vive à Sidi Bouzid et dans les régions alentours", a dit à l'AFP un diplomate sous couvert d'anonymat.
Bien qu'il ne soit pas diplômé de l'université, "son acte est symptomatique du malaise des jeunes diplômés acculés à gagner leur vie dans le commerce informel", a-t-il analysé.
Le mouvement de protestation parti de l'acte désespéré de Mohamed a dégénéré provoquant à ce jour quatre morts, dont deux manifestants tués par balles à Menzel Bouzaiane et deux suicides, celui de Mohamed et d'un autre jeune qui s'était jeté d'un pylone sur des cables électriques, en lançant un cri contre la misère et le chômage, selon un témoin, Ali Zari.
Le gouvernement a contesté la thèse de ce deuxième suicide et affirme mener une enquête.
De nombreux blessés et d'importants dégâts matériels ont été enregistrés au cours de ces protestations .
Le décès du jeune vendeur ambulant a été annoncé à Paris par Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme (FIDH) et par le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT).
"Il faut une enquête ou une commission nationale pour déterminer les causes et les solutions à cette protestation sociale qui a pris des formes tragiques", a déclaré à l'AFP Mme Belhassen.
Sa mort a été ensuite confirmée à l'AFP à Tunis par sa famille, avant que le ministère de la Santé n'en fasse état dans un communiqué diffusé par l'agence gouvernementale TAP.
Le ministère y affirmait que le jeune homme avait été entouré d'une "grande attention à l'hôpital des grands brûlés de Ben Arous" et rappelé qu'il avait reçu le 28 décembre la visite du président Zine El Abidine Ben Ali.
Fin décembre, M. Ben Ali avait regretté les événements de Sidi Bouzid et dénoncé une "instrumentalisation politique de certaines parties" et avait reçu sa famille au palais de Carthage.
Des mesures d'urgences étaient annoncées au profit de la population, alors que le président procédait à un mini remaniement de son gouvernement marqué pâe la nomination de nouveaux ministres, notamment à la Communication et au Commerce.
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Message  ivo le Jeu 6 Jan - 14:33

« Les Tunisiens, fatigués d'un pays tenu par quelques familles »
http://www.rue89.com/2011/01/02/les-tunisiens-fatigues-dun-pays-tenu-par-quelques-familles-183378
L'avocate engagée Bochra Beljaj Hamida détaille pour Rue89 les caractéristiques de cette mobilisation « sans précédent ».
(De Tunis) Me Bochra Beljaj Hamida était dans le cortège d'avocats malmenés par la police le 30 décembre devant le tribunal de Tunis. La veille, elle faisait sa première apparition télévisée sur la chaîne tunisienne privée Nessma TV, qui a brisé le verrouillage médiatique en diffusant une émission spéciale sur le mouvement de protestation.

Mais surtout, Bochra Beljaj Hamida est une figure des revendications démocratiques, du fait d'avoir obtenu la grâce de plusieurs condamnés à mort du temps de Habib Bourguiba. Elle considère le mouvement né à Sidi Bouzid comme sans précédent et défend plus que jamais un processus démocratique pour la Tunisie.

Je suis entré en contact avec elle la veille de notre entretien. Des policiers en civils avaient cependant été tenus au courant de ma visite chez elle à Tunis. Ils m'ont suivi quelques heures, sans intervenir.

Rue89 : Le mouvement social continue à prendre de l'ampleur avec des manifestations dans l'ensemble du pays. Va-t-il se poursuivre ?

Bochra Beljaj Hamida : Sans aucun doute ! C'est un mouvement sans précédent en Tunisie. Les gens se retrouvent dans les revendications sociales portées à Sidi Bouzid. Ils en ont assez de la corruption, de la précarité et de ce pouvoir qui n'est pas élu démocratiquement.

Dans les cortèges, certains manifestants traitent le Président de « lâche », de « voleur », comme un délinquant de droit commun en somme. Cela ne s'était jamais produit auparavant. Car l'Etat ne parvient pas à aborder les Tunisiens comme des citoyens, nous sommes infantilisés par des technocrates qui sont loin de la vraie société.

Revenons au cas des jeunes diplômés, en Tunisie. Il n'est pas possible de valider un certificat d'aptitude au travail sans soudoyer un fonctionnaire. Aussi, il ne faut pas confondre : les manifestants ne demandent pas à l'Etat de leur trouver un travail mais dénoncent le fait que, sur le marché de l'emploi, les choses ne se font jamais dans la transparence et avec justice.

On ne peut pas reprocher au gouvernement de n'avoir rien fait en matière d'emploi, des programmes ont été lancés depuis plusieurs années, mais à cause d'une corruption systématique, on perd tout ce qui a été fait. Le blocage économique est là !

Nous voulons un dialogue avec les citoyens, que les gens puissent investir et travailler librement et que cela soit une réelle volonté politique.

Finalement, le mouvement social est né à Sidi Bouzid mais il aurait très bien pu voir le jour ailleurs…

Ce n'était pas le premier suicide d'un jeune dans une situation de précarité sociale comparable. Sidi Bouzid a été l'étincelle et la contestation s'est propagée dans tout le pays.

Paradoxalement, le calme est actuellement revenu à Sidi Bouzid car la présence policière y est très forte, mais aussi parce que le gouvernement a acheté les bonnes personnes, tout en donnant l'illusion d'une écoute en limogeant les responsables locaux.

Sauf que la grogne n'est pas propre à Sidi Bouzid et que c'est tout une masse de Tunisiens qui souhaitent exprimer leur ras-le-bol de la politique menée par le gouvernement. Ils sont fatigués de la propagande, de la corruption et du fait que le pays soit tenu par quelques familles.

Vous remarquerez que je parle du gouvernement, je ne veux pas personnaliser la lutte car, plus qu'une personne, nous voulons changer tout un système.

Pourquoi les avocats sont-ils si mobilisés ?

Nous nous sommes sentis solidaires. L'Ordre des avocats est engagé pour les droits humains. Mais, surtout en Tunisie, nous sommes l'un des rares corps élus, et de manière libre et démocratique.

Le bâtonnier n'est pas nommé par le gouvernement, nos décisions sont précédées de débats et de campagnes libres.

Le mouvement des avocats suit-il l'arrestation brutale de Me Abderraouf Ayali et Me Equité et Choukri Belaïd ?

Oui, certains avocats avaient manifesté spontanément, en début de semaine, en soutien au mouvement social de Sidi Bouzid. Me Ayali et Me Belaïd ont pris la parole et la police les a considérés comme les chefs de file du mouvement des avocats.

Le lendemain, la police politique, directement commandée par le palais présidentiel, a enlevé brutalement Me Ayali et Me Belaïd. Abderraouf Ayali a été menacé et gravement maltraité. Puis, le lendemain, il a été relâché.

Deux cents avocats ont alors décidé collectivement de dénoncer cette répression devant le palais de justice, avec le port du foulard rouge en signe de ralliement. Vous connaissez la suite : nous avons été sauvagement réprimés, les avocats comme les avocates !

Ce qui m'a choquée, c'est que ce sont des policiers en civil qui sont intervenus et que tout a été fait pour que les choses ne se passent pas dans le calme, pour que cela dégénère. (Voir cette vidéo agitée postée sur YouTube par un participant à la manifestation)




Lors de son intervention télévisée vendredi, le président Ben Ali paraissait mis en difficulté…

Je crois que le gouvernement réagit brutalement car il est fragile. Contrairement au discours officiel, le mouvement de contestation n'est pas manipulé à la base, il s'agit de manifestations quasi spontanées de gens qui appellent à en finir avec ce système politique. C'est un signal d'alarme fort pour le gouvernement !

Le Président est désormais devant un choix. Si sa réponse est un simple remaniement ministériel, il n'a rien compris aux attentes des Tunisiens. On a changé de ministre de la Communication, mais moi je dis « liberté, pas de ministère de la Communication » tout court !

Nous sommes dans un mouvement important, décisif, le gouvernement doit faire le choix d'un processus démocratique et non celui de la répression.

Vous avez participé à l'émission de Nessma TV consacrée à la situation à Sidi Bouzid, qui n'a pas été censurée. C'est un autre précédent porteur d'espoir ?

Peut-être un précédent sans suite ? L'émission n'a pas été rediffusée.

Disons qu'il ne faut pas voir le gouvernement comme un seul bloc. Il y a une complexité interne, certains tirent vers l'avant alors que d'autres maintiennent une position qui défend une logique de contre-information et de répression. Le gouvernement est bousculé en son sein. Ben Ali est tiraillé entre plusieurs tendances, voire plusieurs clans.

En Europe, nous restons prudents face à ce type d'évènements, en raison de la récupération éventuelle des islamistes. Qu'en pensez-vous ?

C'est le statu quo qui renforce les extrémistes. Plus on avance, plus il y a un processus démocratique fort, plus il y a des forces de dialogue et moins la société s'islamise. C'est une bataille culturelle, une question de société. Mais il faut bien rappeler que les islamistes n'aiment pas la démocratie.

Les Européens se trompent complètement : en Tunisie, ce sont les syndicats et les militants des droits de l'homme qui portent le mouvement, pas les religieux.

En France l'UMP agite aussi la menace islamiste. Pourquoi ? Parce que Chirac et Sarkozy n'ont jamais considéré les Tunisiens sur un pied d'égalité. Ils nous ont toujours perçus comme des colonisés.

Internet est-il une interface majeure dans la construction du mouvement social ?

Le mouvement revêt un autre caractère sans précédent : il y a de plus en plus de jeunes cherchant à s'engager. On a pu penser qu'un certain confort pourrait dissuader les nouvelles générations mais les gens qui ne sont pas nés avec Bourguiba se mobilisent fortement.

Un dynamisme d'autant plus fort que tous les nouveaux réseaux sociaux type Facebook, Twitter… sont des moyens très efficaces d'organisation contournant la censure.

En Tunisie, tous le monde connaît ce qu'est un proxy [système de contournement de la censure sur le Web, ndlr]. La plupart sont téléchargés depuis la Chine où la technologie a été très développée.

Pour les mobilisations à venir, Facebook est la première source d'information.

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► Manifs en Tunisie : « On ira très loin pour défendre nos droits »
► Emeutes en Tunisie : à la télé, une brèche dans la censure
Ailleurs sur le Web
► Le portail Nawaat.org qui consacre une large place aux événements de Tunisie (en français et en arabe)
► Une interview de Bochra Bel Haj Hmida sur les droits des femmes, sur Magharebia.com
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Message  ivo le Jeu 6 Jan - 14:36

"C'est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie"
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/05/tunisie-nous-vivons-un-mouvement-sans-precedent_1461433_3212.html

Dans les villes de l'intérieur de la Tunisie, comme ici à Sidi Bouzid, les manifestations se sont multipliées depuis le suicide du jeune vendeur ambulant.AFP/STR

Mon nom est un pseudo, mon e-mail est une adresse électronique jetable et je ne suis pas professeur. Pour vous écrire, je suis passé par un proxy." Les mots d'"Ahmed*, professeur", 45 ans, l'un des nombreux Tunisiens à avoir répondu à l'appel à témoignages du Monde.fr, sont révélateurs de l'ambiance qui règne dans le pays.

Sites Internet bloqués, policiers en civil dans la rue, établissements scolaires fermés : les autorités surveillent comme le lait sur le feu une population dont la mobilisation est sans précédent depuis le suicide d'un jeune vendeur ambulant à Sidi Bouzid, dans le centre du pays. Lors de son inhumation mercredi, une foule estimée à 5 000 personnes a marché derrière son cortège funèbre en criant sa colère.

DES MOUVEMENTS CIRCONSCRITS MAIS QUI SE MULTIPLIENT

Plus de trois semaines après son geste désespéré, les heurts secouent toujours Thala, une petite ville de l'intérieur du pays, à 250 km de Tunis et à une centaine de kilomètres de Sidi Bouzid. "Une manifestation pacifique a commencé devant le lycée et s'est déplacée vers le centre-ville", raconte un jeune Thalois sous le couvert de l'anonymat. "Les policiers ont commencé à lancer des bombes lacrymogènes et ça a dégénéré, les manifestants ont mis le feu à des pneus. Ils en ont jeté un dans le jardin du poste de police, et ont incendié le local du RCD [Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti au pouvoir]. Le ciel était noir avec les fumées du gaz lacrymogène et des pneus." A Hammamet et Kasserine, plusieurs internautes font également état de rassemblement ces derniers jours.

Malgré les tensions, l'ambiance n'est pourtant pas encore celle d'un embrasement généralisé. Selon les témoignages recueillis par Le Monde.fr, les rues des grandes villes du pays sont calmes et les quelques rassemblements très vite pris en main par les forces de l'ordre. A Tunis, des étudiants de l'Institut préparatoire aux études d'ingénieurs de Tunis, sorte de "prépa" tunisienne, s'étaient rassemblés il y a quelques jours devant l'établissement : "Des agents de l'administration essayaient de dissuader les étudiant en s'infiltrant parmi les étudiants et en s'adressant à chacun pour les intimider, raconte Karim*, leur disant 'qu'est-ce que tu fais là, éloignes-toi un peu, tu ne veux pas avoir de problèmes'."

Les forces de l'ordre agissent le plus possible dans la discrétion. Malgré les quatre personnes qui ont déjà péri dans les troubles, ils tentent d'éviter que les choses s'emballent. Car si les mouvements restent pour l'instant circonscrits, l'audace des manifestants est inédite. "Travail pour tous", "à bas les pistons et les pots-de-vins", mais aussi " Tunisie Libre... Ben Ali dehors". "La foule ose scander des propos qu'on n'aurait pas osé dire en public il y a peine un mois", témoigne Anis*, 36 ans. Pour Nadia*, 26 ans, "c'est bien un mouvement sans précédent que nous vivons là pour la Tunisie", ajoute-t-elle.

LE WEB BOUILLONNE

Chez les jeunes, Facebook et Internet en général ont joué un grand rôle dans la mobilisation : les autorités ne s'y sont pas trompées, et tentent en vain de museler la Toile. "Grâce aux réseaux sociaux et à Internet, nous avons pu relayer les informations entre nous, jeunes Tunisiens", témoigne Nadia*. Certains se sont créé un profil anonyme, d'autres n'hésitent pas à relayer les informations et à les commenter sous leur propre nom. Les mots d'ordre pour des rassemblements partent souvent du Web, puis circulent par le bouche à oreille et arrivent jusque dans les cafés, très fréquentés par les Tunisiens, s'étendant à toutes les générations.

Une émission de la chaîne privée Nessma TV, en particulier, a fait beaucoup parler d'elle : les Tunisiens ont écouté avec attention un débat aussi libre qu'inédit. L'avocate Bochra Belhaj Hamida y déclare en direct : "Ce n'est pas possible d'avoir un emploi sans donner de l'argent ou devoir employer des moyens malsains." Des propos qui n'apprennent rien à beaucoup de Tunisiens, mais qui détonnent dans le paysage médiatique. "C'est extraordinaire, c'est la première fois que les gens parlent de corruption, de médias qui ne font pas leur travail", commente Sofiane*, 27 ans.


La situation sociale est tendue, en particulier chez les jeunes, où même les diplômés ont beaucoup de mal à trouver du travail.AFP/STR
UNE SITUATION SOCIALE EXPLOSIVE

Si jusqu'ici la population tunisienne acceptait un régime autoritaire mais qui lui avait apporté une certaine prospérité économique, la crise et certaines politiques gouvernementales ont changé la donne. Le chômage tourne autour de 30 % chez les jeunes. Une situation d'autant plus mal vécue que les familles les plus modestes se sont souvent endettées pour envoyer leur enfant faire des études, sans que celle-ci offrent le débouché espéré. "La voiture la moins chère en Tunisie vaut 14 000 dinars, avec un salaire minimal aux environs de 250 dinars", explique Walid*, 22 ans. "Comment voulez-vous vivre, s'occuper de sa famille, rembourser sa banque, profiter de la vie, s'amuser ?"

A Tunis, Sousse, Thala et ailleurs, beaucoup espèrent que cette vague de mobilisation puisse faire bouger les choses. "L'Etat doit comprendre qu'il est temps pour la société et les jeunes de découvrir leur droits et d'apprendre à vivre avec", conclut Mehdi*, 25 ans.

*Tous les prénoms des personnes ayant témoigné dans cet article ont été changés pour protéger leur anonymat.
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Message  ivo le Dim 9 Jan - 13:28

# Il y a 11 heure(s) - Monde - Afrique
Quatre tués par balles lors d’affrontements en Tunisie

Quatre personnes au moins ont été tuées et six autres grièvement blessées par balles dans des affrontements entre manifestants et forces de sécurité à Tala, dans le centre-ouest de la Tunisie.

Selon un instituteur syndicaliste, les victimes ont été tuées lorsque les forces de l’ordre ont ouvert le feu sur des manifestants. C’est un bilan provisoire corroboré par deux habitants ayant requis l’anonymat auprès de l’AFP.

La localité de Tala est le théâtre d’affrontements violents durant lesquels les manifestants ont saccagé des biens et mis le feu vendredi à une banque et à des bâtiments officiels.



# Il y a 2 heure(s)
Affrontements en Tunisie : deux civils tués cette nuit

Selon le gouvernement tunisien, deux civils ont été tués et huit autre blessés dans des affrontements avec la police à Thala, à 200 km au sud-ouest de Tunis. La police aurait ouvert le feu en état de légitime défense.
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Message  ivo le Dim 9 Jan - 18:26

Affrontements en Tunisie : au moins 23 morts par balles selon l’opposition
FRANCE INFO - 14:56
La situation serait en train de dégénérer en Tunisie autour des manifestations contre le chômage et le pouvoir. Elles ont commencé fin décembre dans tous le pays, mais aujourd’hui la violence est très forte dans la région de Kasserine, frontalière de l’Algérie. Bilan provisoire selon l’opposition : 23 morts par balles.
Hier soir les forces de l’ordre ont tiré sur des contestataires qui se dirigeaient vers des bâtiments publics. Le gouvernement estime que huit personnes ont été tuées dans les heurts de ces dernières 24 heures, mais selon plusieurs sources concordantes il y en a eu beaucoup plus. L’opposition annonce au moins 23 tués. Et la police aurait de nouveau aujourd’hui ouvert le feu sur les manifestants.


Au moins 23 morts, selon Ahmed Bouazi, membre du Parti démocrate progressiste, parti d’opposition. Propos recueillis par Marina Cabiten (1'52")

Samir Rabhi, syndicaliste enseignant de Kasserine évoque au moins 16 morts Joint par RFI (0'27")

8 morts seulement selon le gouvernement

Dans un communiqué, le ministère de l’intérieur indique que huit personnes sont mortes et neuf ont été blessées pendant les affrontements survenus au cours du week-end à Thala et Kasserine. Il a donc revu son premier bilan à la hausse. Ce matin il indiquait que “la police a ouvert le feu en état de légitime défense et cela a conduit à la mort de deux personnes et huit personnes ont été blessées. Plusieurs personnes ont été blessées parmi les forces de l’ordre, dont trois grièvement.”

Des émeutes pour les prix

Depuis le 17 Décembre, la population tunisienne dénonce le chômage et la précarité. Une série de manifestations a dégénéré en émeutes. Jusqu’ici, quatre personnes avaient trouvé la mort lors de ces émeutes. Pour le président Ben Ali, ces manifestations sont "inacceptables". Il les a imputé à une minorité d’extrémistes. Le mouvement est soutenu par l’Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT). Internet, qui joue un rôle majeur dans le mouvement, est dans le collimateur du gouvernement : deux blogueurs s’opposant à la censure ont été arrêtés.

Un consulat tunisien attaqué en France

Les tensions en Tunisie gagnent également la France, où vivent de nombreux Tunisiens. Le consulat de Tunisie à Pantin, en Seine-Saint-Denis, a été visé par un engin incendiaire. Les dégâts ont été très légers. Seul le portail du consulat a été noirci par les flammes.

Le consulat de Tunisie à Pantin visé par un engin incendiaire. Les précisions du maire de la ville, Bertrand Kern. (0'52")
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Message  ivo le Lun 10 Jan - 11:24

Tunisie : "on peut s’attendre à un véritable massacre si l’armée commence à tirer sur les gens" (Moncef Marzouki)
FRANCE INFO - 08:50
La révolte sans précédent que connaît la Tunisie depuis la mi-décembre contre le chômage a dégénéré ce week-end en émeutes sanglantes. Moncef Marzouki, militant tunisien des droits de l’Homme réfugié en France, était l’invité de France info ce matin. Selon lui, le nombre des victimes des émeutes n’a rien à voir avec celui donné par les autorités et la situation sur place reste extrêmement préoccupante…
Quatorze civils ont été tués dans des affrontements avec les forces de police dans trois villes de Tunisie au cours des dernières 24 heures. C’est du moins le bilan officiel avancé par les autorités. Un bilan toutefois contesté par l’opposition et la ligue tunisienne des droits de l’Homme, qui parlent aujourd’hui de plusieurs dizaines de morts. " D’après tous les renseignements recoupés sur le terrain, on en est à 50 morts et on ne compte pas les immolés par le feu ", affirme ce matin sur France info Moncef Marzouki, militant tunisien des droits de l’Homme, réfugié en France.

Mais selon lui, le plus inquiétant n’est pas là. "Le chef d’état-major des armées, le général Ammar, a été débarqué hier soir parce qu’il a refusé de tirer sur la population", affirme Moncef Marzouki. "Il a été remplacé par un autre général, probablement plus obéissant", poursuit-il, craignant " un véritable massacre si l’armée commence à tirer sur les gens ".

Tunisie : "on peut s’attendre à un véritable massacre si l’armée commence à tirer sur les gens" Moncef Marzouki, militant tunisien des droits de l’Homme. (3'38")

La Tunisie connaît depuis trois semaines une rare agitation sociale, les jeunes dénonçant la pénurie d’emplois. Le président Zine al Abidine Ben Ali a déclaré que les manifestations violentes étaient inacceptables et le gouvernement les a imputées à une minorité d’extrémistes. Une figure de l’opposition, Nejib Chebbi, fondateur du parti PDP, a invité le président Ben Ali à décréter un "cessez-le-feu" pour éviter que le sang ne continue à couler et pour respecter le droit de la population à manifester pacifiquement. L’opposition qui appelle à une grande manifestation demain à Tunis.

Reportage sur la situation sur place Nasser Madji (1'55")

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Message  ivo le Mar 11 Jan - 14:24

Tunisie : "le chaos" à Kasserine, ville livrée à elle-même
FRANCE INFO - 13:38


Situation quasi-insurrectionnelle dans certaines villes de Tunisie. Ici, dans les rues de Regueb, hier
© AFP
Malgré les appels au calme du président Ben Ali hier, les troubles se poursuivent en Tunisie, surtout dans la région du centre-ouest du pays, où tout a commencé à la mi-décembre.
La ville de Kasserine, chef-lieu de cette région, est "livrée à elle-même", indique notre journaliste sur place, Claire Lalanne.
"C’est le chaos à Kasserine", affirmait ce matin un responsable syndical de la région, évoquant notamment "une nuit de violences, de tirs de snipers, de pillages et de vols".
Ce témoignage est confirmé par notre envoyée spéciale : elle a assisté depuis son arrivée sur place à des scènes de pillage, notamment au magasin général de la ville, en partie incendié.
La ville est livrée à elle-même, on n’y voit plus aucune présence policière. Et les habitants de Kasserine, même s’ils s’inquiètent de la dégradation de la situation, comprennent la colère des manifestants : "les promesses de Ben Ali, c’est de la blague", disait ce matin un jeune homme. Avant d’affirmer que c’est tout le système politique et économique du pays qui doit changer.

Le bilan humain de ces émeutes est toujours très difficile à établir : le chiffre officiel est toujours de 14 morts. La présidente (tunisienne) de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme évoquait ce matin "au moins 35 morts", et le syndicaliste de Kasserine affirme que "plus de 50 morts" ont été recensés à l’hôpital régional.

La situation en Tunisie : Claire Lalanne est à Kasserine Elle est interrogée par Bernard Thomasson (2'11")

Dans la capitale, Tunis, des unités de la police anti-émeute ont été déployées dès hier. Une manifestation est prévue cet après-midi. Un rassemblement d’artistes, qui voulaient dénoncer la violence et l’usage des armes, a été dispersé en fin de matinée devant le théâtre
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Message  ivo le Mar 11 Jan - 14:49

Les promesses de Ben Ali n'apaisent pas la situation en Tunisie
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/les-promesses-de-ben-ali-n-apaisent-pas-la-situation-en-tunisie-11-01-2011-1284554_240.php
par Tarek Amara

TUNIS (Reuters) - La Tunisie a connu de nouvelles émeutes dans la nuit de lundi à mardi dans certaines villes parmi les plus pauvres du pays, rapportent des témoins, malgré l'allocution télévisée du président Zine el Abidine Ben Ali.

Le président Ben Ali a promis lundi soir de favoriser la création de 300.000 emplois en deux ans pour calmer l'agitation de la jeunesse, qui dénonce le chômage de masse.

Les violences, qualifiées par le président d'"acte terroriste (...) dirigé par des éléments étrangers", ont fait 14 morts durant le week-end selon un bilan officiel, 23 selon Amnesty International et 35 selon la Tunisienne Souhayr Belhassen, présidente de la Fédération internationale des Droits de l'homme (FIDH) citée sur France Inter.

Pour endiguer la contestation étudiante, le gouvernement a ordonné la fermeture de toutes les écoles et universités du pays à partir de mardi et jusqu'à nouvel ordre.

Le gouvernement tunisien est confronté à une mobilisation persistante qui se double d'une pression diplomatique nouvelle depuis l'annonce du lourd bilan humain du week-end.

Dans les villes défavorisées d'El Kef, dans le Nord-Ouest, et de Gafsa, plus au sud, le discours de Ben Ali a été suivi de manifestations, dispersées à coups de gaz lacrymogènes par la police anti-émeutes selon plusieurs témoins.

De violentes manifestations se sont également produites lundi dans la ville côtière de Bizerte, pour la première fois depuis le début de l'agitation sociale fin décembre.

Le déploiement de l'armée a semblé porté ses fruits à Thala, Kassérine, Seliana, Regueb et Meknassi, où aucune émeute nouvelle n'a été rapportée.

PRESSION DIPLOMATIQUE

La vie a également paru reprendre son cours normal à Tunis, où, fait rare, des étudiants ont manifesté lundi. La présence policière a cependant été renforcée dans la capitale en prévision d'une manifestation de journalistes, qui fait suite à une grève des avocats très suivie la semaine dernière.

Après le discours télévisé de Ben Ali lundi soir, le deuxième depuis le début de la crise, les Tunisiens ont commencé à se présenter au compte-gouttes dans les agences d'emploi.

"Le discours du président nous a donné un nouvel espoir", dit Hamdi, qui fait la queue devant une agence de Sidi Bouzid, la ville où les manifestations ont commencé.

"J'ai un master d'économie et je suis au chômage depuis quatre ans. J'espère avoir de la chance et trouver un travail bientôt", ajoute-t-il.

Le président Ben Ali a annoncé une création globale de 300.000 emplois d'ici la fin 2012, dont 50.000 dans le secteur privé en échange de réductions d'impôts et de cotisations sociales pour les employeurs pendant dix ans.

Le gouvernement a également contesté lundi les accusations de restriction des libertés publiques, qui ne viennent plus des seules ONG.

Le secrétaire général de l'Onu, Ban Ki-moon, a dit son inquiétude devant l'escalade de la violence et appelé à la retenue.

L'Union européenne a également appelé lundi "au respect des libertés fondamentales", tandis que Paris, partenaire historique de Tunis, déplorait pour la première fois les violences et le bilan humain des affrontements du week-end.

Avec le service France, Clément Guillou pour le service français, édité par Gilles Trequesser

Tunisie : un cinquième suicide en marge de la révolte
http://www.leparisien.fr/international/tunisie-un-cinquieme-suicide-en-marge-de-la-revolte-11-01-2011-1222523.php
Le bilan de la révolte sociale qui touche le centre-ouest de la Tunisie s'est aggravé. Selon la Fédération internationale des ligues de droits de l'homme, on déplorerait au moins 35 morts, après un nouveau week-end sanglant. «Le chiffre de 35 morts s'appuie sur une liste nominative», assure Souhayr Belhassen, la présidente de la FIDH.

«Mais le nombre total des victimes est plus important. Ca tourne autour de la cinquantaine, mais c'est une évaluation», a-t-elle précisé.
Cette révolte sociale s'est enclenchée le 17 décembre après l'immolation par le feu d'un jeune Tunisien de 26 ans. Quatre autres suicides se sont produits depuis, le dernier lundi soir dans la région de Sidi Bouzid. Allaa Hidouri, 23 ans, diplômé de l'université et sans emploi, a grimpé sur un pylône électrique pour se donner la mort en s'accrochant aux câbles à haute tension. Originaire du village d'El Omrane, il avait été blessé par balle dans les sanglants affrontements du 24 décembre à Menzel Bouazaine.

Pendant le week-end, de nouvelles manifestations se sont produites dans les localités de Regueb, Thala et Kasserine. Souhayr Belhassen, elle-même tunisienne, a affirmé que les blessés étaient très nombreux. «On ne peut pas les compter», a-t-elle dit.

«La France déplore les violences»

En fin de semaine dernière, avant les heurts dans ces trois villes de l'intérieur du pays, le bilan de cette vague inédite de protestation sociale s'élevait à au moins 4 morts, dont deux suicides. Selon Souhayr Belhassen, l'agitation s'est également déplacée à des villes côtières, au coeur de la Tunisie touristique. Des incidents se sont produits à Bizerte (nord) et Sousse (centre-est).

Le gouvernement avait fait état dimanche de quatorze personnes mortes pendant les affrontements ce week-end à Thala et Kasserine. Une autre ONG de droits de l'Homme, Amnesty International, a indiqué lundi qu'au moins «23 personnes» avaient été «tuées par les forces de sécurité» lors des affrontements survenus samedi et dimanche en Tunisie.

Par ailleurs, la France est sortie de son silence mardi par la voix de François Baroin. «La France évidemment déplore les violences qui ont eu lieu en Tunisie qui ont fait des victimes», a déclaré le porte-parole du gouvernement sur Europe 1. «Nous appelons évidemment à l'apaisement parce que seul le dialogue permettra de surmonter les problèmes économiques et sociaux», a-t-il ajouté.
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Message  niouze le Mer 12 Jan - 13:28

L'armée quadrille Tunis - Appel à la grève générale dans le pays - 12 janvier

Tunis, mercredi

L'armée se déploie à Tunis



L'armée tunisienne s'est déployée aujourd'hui à Tunis où la tension est montée au lendemain d'affrontements entre la police et des manifestants qui ont éclaté dans la nuit dans sa banlieue ouest populaire, a constaté l'AFP.

Ce mercredi est une journée de grève générale à l'appel des syndicats, dans toute la Tunisie.





Des renforts militaires, soldats en armes, camions, jeeps et blindés, ont fait leur apparition dans Tunis pour la première fois depuis le déclenchement des affrontements que connaît la Tunisie depuis quatre semaines. Ces renforts étaient postés à des carrefours du centre de Tunis et à l'entrée de la cité Ettadhamen (Solidarité) où des dégâts d'une nuit de violences étaient visibles.



Un blindé tout feu allumé et des soldats en armes étaient positionnés à l'entrée de ce gros faubourg où des carcasses de véhicules, dont un bus, incendiés n'avaient pas encore été enlevées, près du siège de la délégation (sous-préfecture) attaqué la veille. Des bris de verre et des pneus brûlés jonchaient la route de Bizerte qui traverse les cités Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, des quartiers populaires qui se succèdent, dans l'ouest de la capitale.



Dans Tunis, outre des renforts importants de police et unités d'intervention spéciales, deux véhicules de l'armée et des soldats en armes montaient la garde sur la place reliant les avenues de France et Habib-Bourguiba, face à l'ambassade de France et à la grande cathédrale de Tunis. Cette place avait été la veille le théâtre de manifestations étouffées par la police. Des renforts militaires étaient également visibles autour de la maison de la radio-télévision dans le quartier La Fayette, et d'autres sur la place du Passage, terminus du tramway qui fonctionnait. La circulation automobile était presque normale, de rares bouchons en banlieue étant provoqués par la pluie.



Les stations de radios nationales et privées diffusaient leurs programmes normalement, la radio gouvernementale revenant largement sur les mesures prises par le président Zine El-Abidine Ben Ali pour désamorcer la crise déclenchée par des manifestations contre le chômage dans le centre-ouest et qui s'est propagée dans la plupart des régions du pays.



Ben Ali limoge le ministre de l'Intérieur et libère les détenus

Le président tunisien Zine el Abidine Ben Ali a changé son ministre de l'Intérieur et ordonné une enquête sur des actes de corruption présumée concernant des responsables publics, a annoncé ce matin le Premier ministre.

Il a également ordonné la libération de toutes les personnes détenues depuis le début des troubles en Tunisie, a ajouté Mohamed Ghanouchi devant la presse.



Radio Kalima - Algérie, 12 janvier 2011.

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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 11:06

Tunisie : mouvement social ou révolution ?
France Info - 07:36

Alors que de nouveaux affrontements ont fait 5 morts hier en Tunisie, la contestation ne faiblit pas. De plus en plus de voix s’élèvent un peu partout dans le pays pour dénoncer la brutalité des forces de l’ordre. Depuis hier, toute la région de Tunis est concernée par un couvre-feu, ce qui n’a pas empêché de violents affrontements d’éclater en périphérie de la capitale.

Tunisie : mouvement social ou révolution ? Le point sur la situation sur place avec notre envoyée spéciale, Claire Lalanne (4'33")


PREMIÈRE NUIT DE COUVRE-FEU A TUNIS ET AFFRONTEMENTS VIOLENTS EN BANLIEUE

Interdiction de sortir dans la capitale tunisienne entre 20 heures et 6 heures du matin en raison des violences de ces derniers jours. Un couvre feu nocturne a été décrété dans tout le Grand Tunis - Tunis et sa banlieue - une mesure jamais vue depuis 1984. C’est dire si le régime Ben Ali se sent aujourd’hui menacé. Hier, les premières manifestations de rue ont eu lieu dans le centre ville où l’armée a été déployée. Aucun bilan de ces émeutes n’était immédiatement disponible mais on apprend ce matin que de violents affrontements ont opposé cette nuit les forces de sécurité à des jeunes dans la banlieue de Tunis, malgré le couvre-feu. Ces heurts ont eu lieu à environ 15 km du centre de la capitale, dans les cités d’Ettadhamen et Intilaka. C’est ce qu’indiquent à l’AFP des témoins qui se disent "ahuris" par l’ampleur des dégâts.

Des affrontements ont également éclaté en province, faisant de nouvelles victimes à Douz notamment, dans le centre du pays. Selon les derniers bilans, ces heurts auraient fait quatre morts, parmi lesquels un professeur de l’université de Compiègne, dans l’Oise. Ce père de famille franco-tunisien âgé de 38 ans était maître de conférences en génie informatique. Il était en vacances dans sa ville natale, à 550 km au sud de Tunis. Il aurait été tué par balles lors d’une manifestation qui a dégénéré.
Un professeur franco-tunisien de Compiègnes, dans l’Oise, tué dans les émeutes Le récit de Nicolas Teillard (1'11")


PREMIÈRE ARRESTATION D’UN OPPOSANT POLITIQUE

Le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, interdit), Hamma Hammami, a par ailleurs été interpellé dans la nuit à son domicile, près de Tunis, sous les yeux de sa femme et de sa fille cadette, âgée de 11 ans. Recherché par la police, il vivait dans la clandestinité jusqu’à récemment. Sa famille est sans nouvelles de lui depuis son arrestation. Il s’agit du premier dirigeant politique à être interpellé depuis le début des émeutes.
L"opposant tunisien Hamma Hammami arrêté Sa femme, l’avocate Radia Nasraoui, est très inquiète. Nous avons pu la joindre par téléphone en Tunisie (0'44")


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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 12:00

Ayrault condamne le régime tunisien et MAM
http://www.lexpress.fr/actualite/politique/ayrault-condamne-le-regime-tunisien-et-mam_952094.html
La ministre des Affaires étrangères avait proposé au président Ben Ali une coopération sécuritaire.


Le chef de file des députés PS, Jean-Marc Ayrault a jugé jeudi "inévitable" le départ du président tunisien Ben Ali et a qualifié d'"ignoble" l'évocation par la ministre des Affaires étrangères Michèle Alliot-Marie d'une éventuelle coopération sécuritaire entre France et Tunisie.

"Je voudrais dire ma solidarité avec le peuple tunisien qui se révolte contre l'injustice sociale et aussi contre un régime corrompu et policier. Il faudrait que la France condamne, moi je condamne la répression: on tire sur des gens, il y a des morts" et en France "on a le silence", a-t-il déclaré sur LCI.

Alors qu'on lui demandait si le président Ben Ali devait quitter le pouvoir, il a répondu: "Je crois que c'est inévitable. Il faut qu'il parte", mais dans le cadre d'"une solution démocratique, parce que si c'est pour mettre en place une solution encore plus dure, encore plus autoritaire, ce serait une catastrophe."

La patron des députés PS a également vivement critiqué les propos de Michèle Alliot-Marie, qui avait suggéré que "le savoir-faire, reconnu dans le monde entier, de nos forces de sécurité, permette de régler des situations sécuritaires de ce type".

Jean-Marc Ayrault a qualifié cette déclaration "d'ignoble". "Voilà la parole officielle du gouvernement devant les députés (...), je trouve que c'est ignoble de dire ça à l'égard d'un peuple qui souffre", s'est insurgé le député de Loire-Atlantique.

Selon lui, "la voix de la France devrait être une parole claire et aujourd'hui elle est totalement embarrassée, comme s'il fallait que ça s'arrange avec le président Ben Ali et le régime qui est le sien".
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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 12:01

Le soulèvement de la jeunesse en Tunisie est une vraie révolte politique
http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2011/01/13/tunisie-feux-et-contre-feux_1464923_3208.html
Cinquante morts au bas mot. Des immolés par le feu chaque jour. Des villes entières, partout le pays s'insurge. L'armée entre en lice. Un couvre-feu décrété sur le grand Tunis. Quels contre-feux pour éteindre la révolte ?

L'hiver 2011 a vu, avec le sang qui a coulé à Kasserine et à Tala la radicalisation de la protestation et l'émergence d'une révolte inédite dans une Tunisie longtemps encagée. Une révolte sans revendications sociales. Une révolte qui s'en fiche comme de l'an quarante du pain et de l'emploi. C'est une révolte politique, entière. Ce n'est pas une révolte de poussières d'individus mais de villes, de village et de cités entières. Une révolte politique radicale. Celle qui campe sur une position non négociable. Une révolte qui plaide pour le collectif contre l'individualisme, pour la loi contre celle du plus fort, l'égalité contre les privilèges, pour le citoyen contre le client. Une révolte qui traque les tièdes, les mous, les hésitants, les parvenus. Une Tunisie qui croit – encore – à la révolution contre l'involution. Elle somme Ben Ali de déguerpir : "vingt trois ans, basta !".

Du côté du pouvoir, la répression s'est naturellement radicalisée. L'irrémédiable. Ça a tourné au carnage !

Personne ne voulait de cette tournure des événements. Ni le microcosme de l'opposition en charpie, peu enclin à la confrontation, ni les puissances protectrices soucieuses de l'image – bon enfant – de ce petit pays du Maghreb.

Vite. Il faut sauver Ben Ali de Ben Ali pour que son régime ne sombre pas dans une violence sanglante. "Car la dérive du pouvoir tunisien éclabousse ses protecteurs occidentaux et amène leur opinion publique à leur demander des comptes", dit Hélène Flautre, députée européenne.

Lui tendre la perche ? Manifestement, il s'agit de pousser le résident de Carthage à opter pour un changement dans la continuité et de convaincre l'opinion publique que ce changement sans le changement est crédible. Il peut être porté par des bénalistes ou des figures de l'opposition bon teint et conciliants.

Pour cela, il faut, bien entendu, surtout ne plus parler de ce qui doit changer vraiment : la paupérisation, la confiscation des deniers publics, la prise en otage du pouvoir par la mafia, la corruption à outrance, le système policier, la torture généralisée, les procès pipés, l'omerta, la dépendance de toutes les institutions…

Désormais, les sujets abordés, le ton utilisé, les arguments avancés doivent affermir et promouvoir la certitude que la Tunisie est, avant tout, un pays ordinaire, banal. Y a-t-il une crise entre le pouvoir et la société ? "Quel pouvoir n'y est pas confronté ?", se demande Borhène Bessaies, un propagandiste de renom. Une jeunesse désabusée ? "N'est-ce pas le lot de toutes les jeunesses de la terre ?" s'indigne Samir Laâbidi, le tout nouveau ministre de la Communication. Des intellectuels militants frustrés qui redressent la tête ? N'est-ce pas le rôle de ces figures médiatiques, à l'image de l'avocat Raouf Ayadi et consorts, de dénoncer et de faire appel aux valeurs universelles ?, minimise encore un blanchisseur de Ben Ali, Béchir Tekkari, le ministre de l'enseignement supérieur. Ils oublient que ce n'est plus les temps des atermoiements. Ben Ali a à faire à un adversaire de taille : la rue qui a repris son mot à dire.

Et les formes de persécution les plus rebutantes sont des "bavures isolées" : tentatives d'assassinat, chasse à l'homme, passage à tabac, vol et saccage des biens, filature, privation de passeport, coupure de ligne téléphonique… toutefois, pour faire sérieux, on admet que ces exactions sont contre-productives. Contre-productif, voilà le terme clef à brandir chaque fois qu'il est question de remise en cause de la légitimité de ceux qui détiennent le pouvoir en Tunisie. Ce qui est une manière de valider les buts tout en récusant uniquement l'usage abusif des moyens. En somme, il faut croire que le carcan est plus bête que méchant et ceux qui ne peuvent pas le contourner ou s'y adapter, plus méchants qu'intelligents. Et pour parfaire l'acte de réhabilitation de Ben Ali, on s'attarde longtemps sur ses embellies : l'intention de libérer les manifestants, promesse de créer 300 000 emplois, la volonté de créer une commission d'enquête sur la corruption et les exactions, tandis que le premier ministre, Mohamed Ghannouchi s'efforce de faire bouger les choses (sic).

L'infra-message ne manque pas de sel : la tuerie, assure-t-on, touche peu de monde (une poignée de malfrats cagoulés, pour reprendre les dires de Ben Ali). Elle est donc plus maladroite que caractéristique du régime. Elle appelle un ajustement tactique, une gestion plus souple, plutôt qu'une remise en cause radicale. D'autant que les manifestants, les vrais, sont préoccupés du quotidien et du pain. Ils n'ont cure des aspirations politiques de la dizaine de têtes d'affiches créées par les media étrangers. Elle ne subit donc pas les affres du régime policier et répressif intentionnellement décrié. En définitive, pas de révolution à l'orée. Une révolution de palais suffira. Michèle Alliot-Marie, Frédéric Mitterrand, ou Bruno Lemaire, plaident : "Dire que la Tunisie est une dictature univoque… me semble tout à fait exagéré. Ben Ali est souvent mal jugé".

DÉFINIR LE TERRAIN COMMUN SUR LEQUEL DEVRONT S'AFFRONTER LES DIFFÉRENTES MANIÈRES DE VOIR

Allons plus loin : Ben Ali serait, paraît-il, partagé entre les clans qui s'affrontent sur la politique à mener. Il n'aurait pas encore tranché. Ce serait donc un homme réfléchi, capable d'apprécier les enjeux de la situation et disposant de ressources personnelles pour se rénover de l'intérieur. Branle-bas de combat pour présenter en toute complicité un semblant de changement : un ministre de la communication qui part, un nouveau ministre de l'intérieur qui débarque, et une valse de gouverneurs… Un exercice que les dictateurs pratiquent sans joie mais couramment. Car cette alternance truquée peut-être une brèche dont Ben Ali en personne ne connaît pas l'issue.

Ce qui est sûr, c'est que les révoltés, véritables protagonistes du cataclysme actuel seront certainement écartés de ce processus, tant les pressions extérieures seront fortes pour garantir un pouvoir acquis aux intérêts du libre-échange et conforme au rôle du partenaire docile assigné à la Tunisie dans la géopolitique internationale.

Toutefois, cette jeunesse révoltée a, aujourd'hui, un espace potentiel plus large. Saura-t-elle l'occuper ? En se situant sur les droits fondamentaux, individuels et collectifs, sur la constitution d'une démocratie vivante, de valeurs partagées et de lois communes, elle peut mieux s'ancrer dans la population et le paysage politique. L'enjeu n'est pas de choisir un porte-drapeau et de faire gagner son écurie. L'enjeu est de définir démocratiquement le terrain commun sur lequel, dorénavant, devront s'affronter les différentes manières de voir. L'appel au lancement d'une convention nationale, décentralisée, pluraliste, non sectaire, serait sans aucun doute opportun. Mais qui est en situation d'assurer sa reconnaissance, de garantir son pluralisme politique, la diversité des acteurs et son ancrage populaire ?
Taoufik Ben Brik, journaliste et écrivain tunisien
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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 17:31

Tunis quadrillée par les forces spéciales, les affrontements continuent
France Info - 14:31

Tunis reste quadrillée par les forces spéciales après une première nuit de couvre-feu.
Malgré tout, les affrontements se sont poursuivis la nuit dernière dans la capitale tunisienne et dans la banlieue. Huit personnes ont été tuées selon la Fédération Internationale des Droits de l’Homme.
Des tirs ont à nouveau retenti dans le centre de Tunis cet après-midi.
Depuis le début des émeutes, les violences ont fait 66 morts et provoqué de nombreux dégâts.


L’armée s’est retirée aujourd’hui de la capitale où elle s’était déployée depuis plus de 24 heures. Mais le pays reste plongé dans une contestation inédite du régime qui a fait 66 morts depuis un mois selon la Fédération internationale des ligues de droits de l’homme (FIDH).
L’organisation dénonce “ un massacre de civils innocents ”. “On assiste à une partie de chasse à l’homme” a déclaré sur France Info Souhayr Belhassen, la Présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme.
Aujourd’hui des blindés et des unités d’intervention de la police ont remplacé ceux de l’armée sur l’avenue centrale Habib Bourguiba et sur la place Barcelone, et seuls deux véhicules de l’armée avec des soldats en armes étaient encore postés devant l’ambassade de France. Des cars remplis de policiers anti-émeutes stationnent dans les rues latérales menant à l’avenue principale.
Les violences en Tunisie :" un massacre de civils innocents". Souhayr Belhassen, la Présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme avec Mireille Lemaresquier. (4'36")


Le retrait de l’armée intervient après de violents affrontements entre forces de sécurité et des jeunes la nuit dernière dans deux quartiers de la périphérie de Tunis, malgré le couvre-feu imposé dans la capitale et ses environs.
Les autorités tunisiennes ont décrété hier à Tunis et sa banlieue un couvre-feu nocturne pour une durée illimitée, la première mesure de ce genre depuis l’arrivée au pouvoir du président Zine El Abidine Ben Ali en 1987.
Les violences de la nuit dernière ont fait 8 morts et une cinquantaine de blessés selon la FIDH.
Des dispositifs de sécurité renforcés sont toujours visibles sur la route conduisant au palais présidentiel à Carthage, interdite à la circulation automobile. Des blindés des forces spéciales d’intervention de la police et des camions de l’armée étaient également déployés dans la banlieue nord cossue de Tunis.
Sur le campus Universitaire de Tunis des enseignants se sont rassemblés pour protester contre “l’assassinat” d’un professeur d’informatique à l’Université de Compiègne (nord de la France), Hatem Bettahar, un franco-tunisien, tué par des tirs de la police hier à Douz (sud).

Souhayr Belhassen, la Présidente de la Fédération Internationale des Droits de l’Homme réclame une commission d’enquête à l’ONU ainsi que la venue d’experts à Tunis.
Mikaël Roparz, avec agences
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Message  ivo le Jeu 13 Jan - 20:27

"La cyber-résistance" tunisienne sous surveillance ?
France Info - 17:54

En Tunisie, on ne compte plus les sites bloqués par l'état tunisien.
Depuis le début des émeutes, les violences ont fait 66 morts et provoqué de nombreux dégâts (chiffres de la FIDH).
Les internautes jouent un rôle majeur dans le mouvement de protestation sociale en Tunisie, mais on ne compte plus les sites bloqués par le gouvernement tunisien.
C’est le cas notamment des réseaux sociaux comme Facebook et Twitter.


Une grande tension persiste à Tunis où de nouveaux accrochages se sont produits aujourd’hui.
Des tirs ont à nouveau retenti dans le centre de Tunis cet après-midi.
Depuis le début de la contestation sociale le 17 décembre, les arrestations et disparitions de blogueurs et de militants connus pour leur engagement pour la liberté d’expression en ligne sont nombreuses.
Violences en Tunisie : l’Etat tunisien contrôle tout ce qui se dit sur la Toile. Khelil est tunisien. Il vit en France. Il appelle à la vigilance. (1'42")


Le web et les réseaux sociaux sont quasiment devenus le seul moyen pour les militants de communiquer.
Plusieurs blogs et groupes Facebook ont été créés. C’est le cas notamment des “Anonymes” (Anonymous) qui se présentent comme un groupe d’internautes attachés à la liberté d’expression, et qui ont organisé sur la Toile la cyber-résistance.
Des sites de plus en plus souvent bloqués par le gouvernement tunisien, qui n’hésite pas à pirater les mots de passe, et ainsi prendre le contrôle des comptes Facebook.
Mikaël Roparz

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Message  ivo le Ven 14 Jan - 10:33

Les annonces de Ben Ali vont-elles désamorcer la crise ?
France Info - 07:56

"Je vous ai compris". Le président tunisien n’a eu de cesse de l’affirmer hier soir. Dans un discours à la Nation prononcé à la télévision, Zine El Abdine Ben Ali a ordonné à l’armée de baisser les armes et fait plusieurs annonces visant à répondre aux revendications de la population. Aussitôt son discours terminé, ce sont des milliers de Tunisiens qui sont descendus dans la rue pour saluer "un souffle de démocratie", témoigne une habitante de Tunis. Des annonces qui sont loin pourtant d’avoir convaincu tout le monde.

Les annonces de Ben Ali vont-elles désamorcer la crise ? A Tunis, le reportage en direct de notre envoyée spéciale Claire Lalanne (4'46")


"Il était clair par rapport à la démocratie et par rapport à notre liberté d’expression. C’est pour ça que tout le peuple tunisien sort de joie pour s’exprimer !" A l’image de cette habitante de Tunis, qui s’exprimait au micro de l’envoyée spéciale de France Info sur place, Claire Lalanne, ce sont plusieurs milliers de personnes, visiblement soulagées, qui ont défilé hier soir dans le centre de la capitale aux cris de "Ben Ali, Ben Ali !", quelques minutes après son discours et malgré le couvre-feu en vigueur depuis mercredi soir.

"CE DISCOURS OUVRE DES PERSPECTIVES" (opposition)

Face à une vague de contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1987, le président tunisien, qui intervenait hier pour la troisième fois à la télévision depuis le début des émeutes, a non seulement ordonné aux forces de l’ordre de ne plus faire usage d’armes à feu contre les manifestants mais aussi promis la liberté de la presse et la fin des mesures de blocage de sites internet. Ben Ali qui s’est également engagé à quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014.

Ces annonces ont été plutôt bien accueillies par l’opposition, même si elle reste prudente. "Le fait positif, c’est que le président ait décidé de ne plus se représenter", a ainsi jugé Mohammed Néjib Chebbi, chef historique du Parti démocratique progressiste, formation légale mais non représentée au Parlement. " Ce discours ouvre des perspectives ", a estimé pour sa part Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, membre de l’Internationale socialiste, tandis que la militante des droits de l’Homme Bouchra Bel Haji a évoqué "un discours historique".
Les promesses de Ben Ali A Tunis, les précisions de Sebastien Laugénie (1'07")


"C’EST DE LA MANIPULATION, ON N’EST PAS DUPE" (Nadia Hammami)

Nombreuses sont les voix pourtant qui s’élèvent toujours contre Ben Ali ce matin, exprimant leur scepticisme face aux promesses du président, "les mêmes depuis plus de 20 ans". "C’est un discours totalement pathétique", réagit l’opposant tunisien Moncef Marzouki. "C’est un homme (Ben Ali) qui s’est présenté littéralement larmoyant en prétendant qu’il ne savait pas, qu’on l’a trompé, qu’il faut arrêter de tirer sur la population alors qu’on sait que c’est lui qui a ordonné de tirer sur la population [...] Et ça fait 20 ans qu’il fait les mêmes promesses".
Ben Ali "pathétique, grotesque et ridicule" Moncef Marzouki, opposant tunisien exilé en France (1'01")


- Manipulation ? Des internautes tunisiens affirment que les manifestations de joie, hier soir après le discours du président Ben Ali, ont été largement organisées. Dans cette vidéo, postée sur Facebook, un jeune Tunisois s’étonne du nombre de voitures de location présentes dans le concert de klaxons...

Nadia Hammami ne croit pas non plus au discours de Ben Ali. Elle est la fille du dirigeant du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, non autorisé), arrêté en début de semaine près de Tunis et dont elle est toujours sans nouvelle. "En Tunisie, nous sommes habitués aux propagandes et aux promesses du pouvoir et je considère que le discours d’hier visait uniquement à gagner du temps, à apaiser les Tunisiens momentanément et à influencer l’opinion publique internationale ", réagit-elle ce matin sur France Info. Ben Ali a par exemple promis de travailler avec l’opposition mais "va-t-il reconnaître les vrais partis d’opposition qu’il réprime et qu’il interdit depuis des dizaines d’années en Tunisie ? Personnellement, je n’y crois pas", poursuit la fille d’Hamma Hammami.
"C’est de la manipulation, on n’est pas dupe" Nadia Hammami, fille du dirigeant du Parti communiste des ouvriers de Tunisie Hamma Hammami (3'42")


"LES JEUNES TUNISIENS ONT PAYÉ AU PRIX DE LEUR SANG CETTE ANNONCE DU PRÉSIDENT" (Souhayr Bellassem)

Le défenseur des droits de l’Homme Mohamed Abbou lui non plus ne croit pas aux paroles de Ben Ali, déclarant qu’il " se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain ". La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) est plus mesurée. "Moi ce que je retiens de positif c’est que cette annonce puisse arrêter le massacre de jeunes tunisiens", explique Souhayr Bellassem. Il "répond aux revendications de la société civile et de l’opposition mais il faut rester extrêmement vigilent parce que ce ne sont que des promesses", poursuit-elle, rappelant que les Tunisiens, et notamment la jeunesse tunisienne, "ont payé au prix de leur sang cette annonce du président Ben Ali".
Ben Ali "en test" Souhayr Bellassem, présidente de la FIDH (0'46")


Au moment même où le président tunisien ordonnait la fin des tirs, deux civils étaient tués par la police à Kairouan, dans le centre du pays, selon des témoins. Le mouvement de contestation débuté mi-décembre et sa sanglante répression ont déjà fait au moins 66 morts, selon la FIDH.
Cécile Mimaut, avec agences
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Message  ivo le Ven 14 Jan - 11:10

Nouvelle manifestation hostile à Ben Ali à Tunis
http://info.france2.fr/monde/nouvelles-promesses-de-ben-ali-sur-fond-d-emeutes-66696834.html



Des manifestants ont de nouveau crié des slogans hostiles au président Ben Ali vendredi dans le centre de Tunis

"Soulèvement continu, non à Ben Ali", criaient quelques centaines de manifestants. Un barrage de police les a bloqués au milieu de l'avenue Bourguiba., pour les empêcher de marcher vers le ministère de l'Intérieur.

Au bout de près d'un mois d'émeutes, le chef de l'Etat s'est engagé jeudi soir à quitter le pouvoir en 2014.

"Le ministère de l'Intérieur est un ministère de la terreur", "hommage au sang des martyrs" ou encore "non, aux Trabelsi (ndlr: la belle-famille du président) qui a pillé le pays", scandaient les manifestants.

Des internautes et étudiants se sont mobilisés dans la nuit et vendredi matin pour le maintien des rassemblements prévus dans la journée dans la capitale. Une grève de deux heures est notamment programmée dans la région de Tunis, à l'appel du syndicat unique, l'UGTT.

Les manifestations, souvent violentes, se sont généralisées depuis la mi-décembre à toute la Tunisie, un pays miné par le chômage où le droit d'expression est bafoué. Elles ont gagné Tunis ces derniers jours. C'est le geste de désespoir d'un jeune de Sidi Bouzid (centre) qui a mis le feu aux poudres: il s'est immolé par le feu pour protester contre la confiscation par les agents municipaux de son étal de fruits et légumes.


Vers un gouvernement d'union nationale ?
Le chef de la diplomatie tunisienne a estimé vendredi qu'un gouvernement d'union nationale était "faisable"

Le chef de la diplomatie tunisienne Kamel Morjane, joint par téléphone par Europe 1 vendredi matin, a déclaré que la formation d'un gouvernement d'union nationale dans son pays était "tout à fait faisable" et "même normale". Il serait envisageable avec des "gens comme M. Néjib Chebbi", le chef historique du Parti démocratique progressiste (PDP), formation légale d'opposition mais non représentée au Parlement.

Ben Ali multiplie les promesses
Zine el Abidine Ben Ali, au pouvoir en Tunisie depuis 23 ans, a annoncé jeudi soir qu'il ne se représenterait pas en 2014, après des émeutes qui ont fait près de 70 morts depuis un mois.

Il a aussi annoncé la levée de la censure sur la presse et sur internet, qui a immédiatement pris effet, et ordonné l'arrêt des tirs contre les manifestants.

Au moment même où il prononçait son discours, un manifestant était tué par la police à Kairouan, dans le centre du pays, selon des témoins.

"Je vous ai compris", a martelé à plusieurs reprises le chef de l'Etat, dans un discours à la Nation, le troisième prononcé depuis le début des émeutes mi-décembre.

Il s'est engagé à ne pas briguer un nouveau mandat, disant refuser de toucher à la limite d'âge de 75 ans pour se représenter. Il aura 77 ans en 2014.

"Assez de tirs à balles réelles", a-t-il ajouté dans ce discours prononcé en tunisien dialectal, pour se faire comprendre par tous les Tunisiens.

Le président Ben Ali a également promis la "liberté totale" d'information et d'accès à internet.

Il a ordonné une baisse du prix du pain, du lait et du sucre.

Il a en outre assuré avoir été "trompé" sur l'analyse de la crise sociale et affirmé que l'enquête qu'il a ordonnée serait indépendante et établirait les "responsabilités de chacun".

Fin de la censure ?
Habituellement exempte de toute critique à l'égard du pouvoir, la télévision publique Tunis 7 a paru transformée dès après le discours du président. Pour la première fois jeudi soir, elle a invité des personnalités comme l'opposant Taoufik Ayachi, le président de la Ligue des droits de l'homme Mokhtar Trifi et l'ancien leader du syndicat des journalistes Naji Baghouri.

Les téléspectateurs ont pu assister à un débat animé au sujet des médias tunisiens au cours duquel un intervenant a brisé un tabou en critiquant un membre de la famille du président. Pendant cette émission inédite, des appels ont été lancés pour la libération le chef du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, non autorisé), Hamma Hammami, interpellé mercredi à son domicile, près de Tunis.

Le changement était aussi perceptible sur internet, que les autorités tentaient auparavant de contrôler pour éviter la diffusion des images ou des mots d'ordre des contestataires. Les sites de partage de vidéos YouTube et Dailymotion ont recommencé à fonctionner et le site du journal français Le Monde était à nouveau accessible jeudi soir après plusieurs mois de blocage.

Le site de blogueurs Nawaat.org, très en pointe sur les événements, confirmait vers 21h la levée de la censure.

Réactions plutôt positives de l'opposition
Des Tunisiens sont descendus dans la rue jeudi soir pour exprimer leur joie après les annonces du président Ben Ali.

L'opposition tunisienne, longtemps muselée par le régime, a réagi plutôt positivement au discours du président Ben Ali.

"Le fait positif, c'est que le président ait décidé de ne plus se représenter", a jugé dans une déclaration à la presse Mohammed Néjib Chebbi, chef historique du PDP (Parti démocratique progressiste), une formation légale mais non représentée au Parlement.

"Ce discours ouvre des perspectives", a déclaré Mustapha Ben Jaafar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, membre de l'Internationale socialiste. Mais "il reste à appliquer ces intentions", a-t-il toutefois ajouté.

"C'est positif, le discours répond à des questions qui ont été soulevées par notre parti", a jugé pour sa part, Ahmed ben Brahim, chef du parti Ettajdid (ex-communiste, un député au Parlement).

La militante des droits de l'Homme Bouchra Bel Haji a évoqué "un discours historique".

Sceptique, l'avocat et défenseur des droits de l'Homme Mohamed Abbou a dit ne pas croire le président et déclaré que ce dernier "se moque des Tunisiens avec des promesses sans lendemain".

Fillon condamne pour la première fois la répression
En France, le Premier ministre français François Fillon a pour la première fois jeudi condamné la répression des manifestations."On ne peut continuer dans cette utilisation disproportionnée de la violence", a-t-il dit, rejoignant les positions exprimées par l'Union européenne et l'administration Obama qui avaient déjà condamné l'usage de la force dans des termes similaires.

Destructions et pillages à Hammamet
La station balnéaire tunisienne de Hammamet, prisée par les touristes européens, a été livrée aux pilleurs jeudi en fin d'après-midi, selon des journalistes de l'AFP arrivés dans cette cité située à 60 km au sud de Tunis.



Sur une page Facebook, une vidéo intitulée "Un portrait de Ben Ali à Hamammet enlevé pour être brûlé" montre des manifestants s'en prenant à un portrait du président tunisien.

Plusieurs morts jeudi
Des affrontements meurtriers entre manifestants et forces de sécurité ont encore eu lieu jeudi à Tunis et alentour, faisant au moins cinq morts.

Selon des témoins, deux civils, cités par l'AFP, ont été tués par des tirs de la police dans la ville de Kairouan, dans le centre de la Tunisie, au moment du discours du président Ben Ali.

Deux jeunes gens ont été tués jeudi lors d'affrontements avec la police dans la ville côtière de Soliman, à une quarantaine de kilomètres au sud-est de la capitale, Tunis, ont déclaré trois témoins à l'agence Reuters. Et dans le centre de Tunis, un manifestant a été tué jeudi après-midi par les tirs de la police dans le quartier Lafayette, à proximité de l'artère centrale de l'avenue Bourguiba, ont rapporté des témoins à l'AFP.



Les syndicats français dénoncent les "droits bafoués" par "un régime à bout de souffle"
Les syndicats français ont demandé jeudi le "retrait immédiat de l'armée des villes" en Tunisie, en proie à la répression de troubles sociaux, et exprimé "leur indignation devant les déclarations" de membres du gouvernement français à ce sujet. Dans une déclaration commune, les syndicats CGT, CFDT, FO, FSU, Unsa et Solidaires "condamnent les tirs pour tuer de Thala, Kasserine et Ar-Reqab et dénoncent le raid qui a détruit les locaux de l'UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens) de Kasserine". Ces organisations "se déclarent également solidaires des revendications des syndicalistes et du peuple tunisien qui aspirent à un régime démocratique, au respect des libertés publiques, de la presse et des médias, à l'indépendance de la justice et au respect des droits syndicaux, de manifester et de grève". "Autant de droits bafoués par un régime à bout de souffle qui, d'année en année a renforcé sa répression et son autoritarisme", ajoutent-elles.

66 personnes tuées selon la FIDH
La présidente de la Fédération internationale des ligues des droits de l'homme (FIDH), Souhayr Belhassen, a affirmé jeudi détenir une liste nominative de 66 personnes tuées depuis le début des troubles en Tunisie mi-décembre, dont 8 dans la nuit dans la banlieue de Tunis, dénonçant "un massacre qui continue". "C'est un massacre qui continue. La priorité des priorités aujourd'hui et d'arrêter ce massacre", a-t-elle ajouté.


Un professeur français tué à Douz

Deux civils ont été tués mercredi par des tirs de la police à Douz (sud) lors d'une manifestation ayant dégénéré. L'une des victimes, Hatem Bettahar, 38 ans, franco-tunisien, était professeur d'informatique à l'Université de Technologie de Compiègne (France).



"Il était en Tunisie dans le cadre d'un échange universitaire avec un établissement d'enseignement à Gabès (sud-est de la Tunisie )". Lors de son point-presse quotidien, le ministère des Affaires étrangères a confirmé le décès le 12 janvier du professeur.



Internet, seul refuge de la liberté d'expression
Face à des médias muselés, des milliers de jeunes Tunisiens s'expriment sur Internet. Selon Libération, "en interdisant les sites d'information et de partage vidéo", le "régime a bien malgré lui fait migrer les Tunisiens sur Facebook, où près de 2 millions de Tunisiens (sur 11 millions) auraient une page personnelle. Mobilisation aussi sur Twitter avec le mot-clé #Sidi Bouzid. Et parmi les sites de référence, le "blog collectif indépendant nawaat.org reste largement en pointe", note également Libération.

Voir aussi :
>> Sur le site nawaat.org : tout sur Sidi Bouzid vidéos - images -info

>> Tunisie: internet au coeur de la contestation
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Message  ivo le Ven 14 Jan - 12:28

Ben Ali n’a pas convaincu, des manifestants à nouveau dans la rue
France Info - 11:42

Au lendemain des annonces de Ben Ali, qui a ordonné la fin des tirs contre les manifestants et qui s’est engagé à quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014, de nombreux Tunisiens sont redescendus dans la rue et battent en ce moment le pavé de la capitale pour demander la démission immédiate du président tunisien.

"C’est de la manipulation, on n’est pas dupe." Sur France Info ce matin, la fille du dirigeant du Parti communiste des ouvriers de Tunisie (PCOT, non autorisé), arrêté en début de semaine près de Tunis, réagissait depuis Paris aux promesses faites la veille par le président tunisien. "En Tunisie, nous sommes habitués aux propagandes et aux promesses du pouvoir et je considère que le discours d’hier visait uniquement à gagner du temps, à apaiser les Tunisiens momentanément et à influencer l’opinion publique internationale ", estime Nadia Hammami. Un avis partagé par de nombreux manifestants à Tunis, qui défilent en ce moment en criant des slogans hostiles au président : "Non à Ben Ali", "Soulèvement continu, non à Ben Ali".

D’abord une petite dizaine, puis quelques centaines, la foule est en train de gonfler. Mais il s’agit pour le moment d’un rassemblement "totalement pacifique", rapporte l’un de nos envoyés spéciaux sur place, Sébastien Laugénie, qui se trouvait vers 11h00 (heure française) devant le ministère de l’Intérieur, en bas de l’Avenue Bourguiba. Il n’y a eu pour l’instant "aucun jet de pierres sur le bâtiment publique qui est protégé par une rangée de policiers anti-émeutes", rapporte-t-il, malgré les slogans déterminés et souvent radicaux des manifestants, qui qualifient par exemple le ministère de l’Intérieur d’"association terroriste". Pour l’instant, pas de répression violente non plus de la part des forces de l’ordre, constate encore notre correspondant qui observe tout de même que l’Avenue est en train d’être bloquée en amont par un barrage de police pour empêcher la foule grossissante – au moins 5. 000 personnes maintenant selon un journaliste de l’agence Reuters - d’avancer vers le ministère.
Le point sur la situation à Tunis ce matin avec l’un de nos envoyés spéciaux sur place Sébastien Laugénie Il répond à Jean Leymarie (3'53")


Face à une vague de contestation sans précédent depuis son arrivée au pouvoir en 1987, le président tunisien, qui intervenait hier pour la troisième fois à la télévision depuis le début des émeutes, a ordonné aux forces de l’ordre de ne plus faire usage d’armes à feu contre les manifestants. Il a aussi promis la liberté de la presse, la fin des mesures de blocage de sites internet, et annoncé une baisse des prix des produits alimentaires et des services de base. Ben Ali s’est également engagé à quitter le pouvoir au terme de son mandat en 2014. "Mais la rue tunisienne est claire : elle veut son départ immédiat !" affirme Nadia Hammami.
Cécile Mimaut, avec agences
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