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Tunisie >>>>>>>

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Re: Tunisie >>>>>>>

Message  ivo le Jeu 20 Jan - 13:14

Tunisie: tirs de sommation à Tunis
http://info.france2.fr/monde/tunisie-tirs-de-sommation-a-tunis-66696834.html
La police tunisienne a tiré en l'air pour disperser une manifestation dans le centre de Tunis jeudi matin
Les manifestations se sont poursuivis jeudi dans plusieurs villes pour protester contre la présence dans le gouvernement de membres de l'équipe du président en fuite.

33 membres de la famille du président tunisien déchu Ben Ali, soupçonnés de "crimes contre la Tunisie" ont été arrêtés selon la télévision tunisienne.

Jeudi, un ministre de l'ancien régime a annoncé sa démission du gouvernement.

Mercredi, des milliers de Tunisiens avaient à nouveau exigé mercredi à Tunis et en province le retrait du gouvernement de transition.

Par ailleurs, tous les ministres du gouvernement de transition tunisien membres du parti de l'ex-président Ben Ali, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), ont démissionné de cette formation, selon une source officielle citée par l'AFP. De son côté, le président par intérim Foued Mebazaa s'est engagé dans une allocution télévisée solennelle à "une rupture totale avec le passé".

Dans le même temps, l'Arabie saoudite où l'ancien dictateur a trouvé refuge lui a interdit toute activité politique liée à la situation dans son pays, dont il a été chassé le 14 janvier après 23 ans de règne sans partage. Les violences ont fait plus de 100 morts depuis la mi-décembre, selon l'ONU.

Les promesses de "rupture" du président par intérim
"Je m'engage à ce que le gouvernement de transition conduise une rupture totale avec le passé", a déclaré mercredi dans une allocution télévisée le président par intérim Foued Mebazaa.

"Je m'engage auprès de vous à déployer tous les efforts et à utiliser toutes mes prérogatives pour que le pays traverse cette phase difficile et qu'on aboutisse à ce que toutes les aspirations légitimes du soulèvement soient satisfaites et que se réalise cette révolution de la liberté et de la dignité", a-t-il ajouté.

Foued Mebazaa assure l'intérim de la présidence tunisienne depuis samedi, au lendemain de la fuite de l'ex-dictateur Zine El Abidine Ben Ali en Arabie Saoudite après un mois de révolte populaire sans précédent.

"Ce gouvernement va procéder à la séparation entre l'Etat et le parti", a-t-il promis, en référence au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti-Etat de l'ex-président Ben Ali symbole de corruption et de répression dont des manifestants exigent chaque jour depuis vendredi le bannissement de la vie politique.

"Nous voulons un nouveau Parlement"
A Tunis mercredi, des unités anti-émeutes de la police ont étroitement encadré une manifestation de quelque 2.000 personnes, dont des islamistes, dans le centre ville, mais ne sont pas intervenus pour les disperser, selon des journalistes de l'AFP. Aucun incident ne s'est produit à Tunis.

"Nous voulons un nouveau Parlement, une nouvelle constitution et nouvelle République", ont scandé les manifestants, qui s'en sont pris au Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti du président déchu Ben Ali. "RCD out", proclamait une banderole. "Peuple! révolte-toi contre les partisans de Ben Ali!", ont crié les manifestants.

La colère des manifestants vise les vestiges de l'ancien régime, dont des personnalités importantes ont conservé des postes clefs au sein du gouvernement de transition formé lundi par le Premier ministre Mohammed Ghannouchi.

Des manifestations identiques ont rassemblé des milliers de personnes en province, notamment à Sidi Bouzid, Regueb, Kasserine, et Thala. Ces localités, dans le centre du pays, ont été au coeur de la "Révolution du jasmin" qui en un mois d'émeutes populaires a balayé le régime autocratique de Ben Ali.

Bilan de 100 morts en cinq semaines selon l'Onu
Ce soulèvement a fait, selon le gouvernement, 78 tués et 94 blessés. Mais le Haut commissaire aux droits de l'homme des Nations unies, Navi Pillay, a donné mercredi un bilan plus élevé, de 100 morts, selon des compilations d'informations sur place.

Depuis la mi-décembre, les violences ont provoqué la mort de "plus de 70 personnes dans des tirs, sept dans des suicides de protestation, et plus de 40 dans les affrontements dans les prisons le week-end dernier", a-t-elle précisé.

Face à ce qui est perçu comme la mainmise prolongée sur les affaires du pays de dirigeants désavoués par le soulèvement populaire, quatre ministres, dont trois représentants de la puissante centrale syndicale UGTT, avaient annoncé qu'ils se retiraient. "Il nous est impossible de participer à un gouvernement qui intègre des symboles de l'ancien régime", a répété mercredi le secrétaire général de la centrale, Abdessalem Jrad.

Trois partis d'opposition légalisés
Trois partis d'opposition non reconnus sous le régime du président déchu ont par ailleurs été légalisés durant les trois derniers jours: Tunisie Verte (écologique) d'Abdelkader Zitouni, le Parti socialiste de gauche de Mohamed Kilani et le Parti du travail patriotique et démocratique tunisien, d'Abderrazek Hammami. Le journaliste et opposant tunisien emprisonné Fahem Boukadous, condamné le 6 juillet à quatre ans de prison ferme, a aussi été libéré mercredi, selon son épouse.

Sur le plan international, le ministre saoudien des Affaires étrangères Saoud Al-Fayçal a souligné que le président déchu avait été accueilli dans le royaume par respect des traditions arabes d'hospitalité, mais qu'il ne pourrait y exercer aucune activité contre son pays.

Comptes de Ben Ali et son entourage bloqués en Suisse
Et la présidente de la Confédération helvétique Micheline Calmy-Rey a annoncé que "la Suisse a décidé de bloquer avec effet immédiat d'éventuels fonds en Suisse de l'ex-président tunisien Ben Ali et son entourage". L'agence officielle tunisienne TAP a affirmé qu'une enquête judiciaire avait été ouverte contre Ben Ali et sa famille pour des transactions financières "illégales".

Mais la Banque centrale de Tunisie (BCT) a de son côté affirmé que son stock d'or "n'a enregistré aucune variation", démentant des informations faisant état de la fuite de la famille du président déchu avec 1,5 tonne d'or.

Plainte à Paris pour corruption contre Ben Ali
Trois ONG ont annoncé mercredi avoir déposé plainte à Paris, notamment pour corruption, contre l'ex-président tunisien Ben Ali et son entourage. Outre la corruption, la plainte déposée par Sherpa, Transparency International et la Commission arabe des droits humains vise le délit de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, abus de confiance et blanchiment aggravé commis en bande organisée.

"La fortune personnelle de l'ancien président tunisien, M. Zine el-Abidine Ben Ali, et de son épouse, Mme Leïla Ben Ali née Trabelsi, serait estimée à près de 5 milliards de dollars", affirment les plaignants qui reprennent des informations parues dans la presse.
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Message  spike le Jeu 20 Jan - 17:55

Mea culpa Nn je pensais que tu étais d'accord avec le texte. Pour la réponse que tu as fait à ivo, ne me fais pas dire ce que je n'ai pas dit.
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Message  ivo le Jeu 20 Jan - 18:28

Tunisie : premier Conseil des ministres pour le gouvernement de transition
FRANCE INFO - 17:20
Une journée symbolique pour la Tunisie post "révolution du jasmin". Le gouvernement de transition a réuni son premier Conseil des ministres. Objectifs : préparer les futures élections et la future séparation de l’Etat et du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD). Au même moment l’UE annonce son intention de geler les avoirs de Ben Ali et de sa famille.
Première annonce à la sortie de ce premier Conseil des ministres : le gouvernement adopte un projet de loi d’amnistie générale pour tous les détenus politiques, qui s’appliquera aussi aux islamistes d’Ennahdha. Dans la foulée le gouvernement a annoncé qu’il reconnaissait tous les partis et mouvements politiques interdits par le passé.

Une page se tourne après la chute du régime de Ben Ali, celle de la répression notamment des militants islamistes. Les familles attendent de retrouver leurs proches devant les prison du pays, dans la banlieue Sud de Tunis. Reportage de l’envoyé spécial de France Info, Grégory Philipps (2'01")

Autre question à l’ordre du jour du Conseil des ministres : la séparation de l’Etat et du RCD. Des manifestations ont eu lieu ce jeudi pour exiger la fin de l’emprise de l’ancien parti au pouvoir, sur la vie politique. Epineux problème pour le gouvernement de transition qui compte dans ses rangs des ministres appartenant au RCD. Un Conseil des ministres ne suffira sans doute pas à l’ampleur de la tâche...

Face à la pression de la rue, les autorités ont d’ores et déjà annoncé la dissolution du comité central du RCD. Un ministre accusé d’être étroitement lié à l’ancien pouvoir, Zouheir M’Dhaffar, a présenté sa démission. Un communiqué diffusé par l’agence gouvernementale TAP explique que cette décision intervient à la suite de la démission de plusieurs des membres du bureau politique, dont le président par intérim Fouad Mebazzaâ et le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, ainsi que les ministres des Affaires étrangères Kamel Morjane et de la Défense Ridha Grira qui en étaient membres.

Malgré la pression de la rue, Slim Amamou, blogueur tunisien, nouveau secrétaire d’Etat à la jeunesse, refuse de démissionner. (1'45")

Au même moment les pays européens sont tombés d’accord lors d’une réunion d’experts sur le principe d’un gel des avoirs du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali et de ses proches, dont les détails restent à préciser. L’UE attend à présent que les nouvelles autorités tunisiennes au pouvoir lui transmettent une liste précise des personnes à cibler pour ces sanctions.

Caroline Caldier, avec agences
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Message  ivo le Jeu 20 Jan - 18:32

Le matériel anti-émeutes destiné à la Tunisie : la version des douaniers
FRANCE INFO - 13:04
Que s’est-il vraiment passé vendredi dernier à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle ? Hier, le porte-parole du gouvernement Francois Baroin laissait entendre que c’est la France, sous-entendu l’Elysée, qui avait donné l’ordre de bloquer un avion transportant du matériel de maintien de l’ordre destiné à la Tunisie.
Mais les douaniers donnent une autre version des faits.

19 h 30 vendredi dernier à Roissy : on est en pleine crise tunisienne... Les douaniers de l’aéroport apprennent qu’un avion transportant du matériel de maintien de l’ordre doit décoller incessamment pour Tunis. Sa cargaison : 40 palettes de grenades lacrymogènes sifflantes et éclairantes, des boucliers et des casques.

La société privée exportatrice présente des papiers en règle. La douane, sur avis du gouvernement, avait au préalable (lors des deux derniers mois) signé l’autorisation d’exportation de cette marchandise.
Mais compte tenu de la situation en Tunisie, les douaniers décident de contrôler tout le matériel... Or la société explique que ce n’est pas possible, que les 40 palettes ne sont pas toutes là.
Résultat : le vol est suspendu. Les douaniers préfèrent laisser passer le week-end et attendre lundi pour procéder au contrôle.

Lundi dernier, la Douane avertit donc les autorités gouvernementales que cet avion existe et qu’il est toujours censé partir.
A ce moment-là seulement, le gouvernement réagit et donne l’ordre de bloquer l’appareil à Roissy.

Voilà donc la version de la Douane, qui conclut : "si les douaniers n’avaient pas, vendredi dernier, fait scrupuleusement leur travail, cet avion décollait."

Anne Lamotte
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Message  spike le Jeu 20 Jan - 19:49


Une journée symbolique pour la Tunisie post "révolution du jasmin". Le gouvernement de transition a réuni son premier Conseil des ministres. Objectifs : préparer les futures élections et la future séparation de l’Etat et du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD).

La révolution est déjà finie....
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Message  Groucho Marx le Jeu 20 Jan - 20:02

http://www.article11.info/spip/La-Tunisie-est-l-avenir-du-monde
Triste horizon et sombres nuages, tout bloqué, espoir mort ? Oh que non. En se révoltant et en mettant bas un pouvoir autocratique, les Tunisiens rappellent à tous combien il n’est rien de plus actuel que la juste rage et la saine colère. Ils sont nos frères, nos semblables, et ils montrent la voie, celle des résistances populaires à l’empire. La Tunisie est l’avenir du monde.

La Tunisie est l’avenir du monde
mercredi 19 janvier 2011, par Serge Quadruppani



Un dicton marocain, complaisamment repris par les Algériens, assure que « le Marocain est un lion, l’Algérien un homme, le Tunisien une femme ». Plaisante baffe au machisme, le premier peuple du Maghreb à s’être débarrassé du clan rapace qui le saignait, c’est celui auquel les autres refusaient ces attributs virils censés contenir le courage. Les funèbres hallucinés des organisations politico-militaires d’Euzkadi et d’ailleurs, les kamikazes de l’Oumma prêts à faire mourir les autres pour aller niquer quarante vierges au ciel, et même les crétins anarcho-insurrectionnalistes qui, en Italie, se passionnent pour la destruction des doigts des employés d’ambassade ont pris un sale coup de vieux. Nous avons besoin de révoltes « efféminées » [1] comme celle du peuple tunisien qui, avec du désespoir mué en peau brûlée, des pierres et des bâtons, a renversé en un mois un pouvoir impitoyable qui paraissait là pour toujours. Au contraire de ce que voudraient croire les commentateurs professionnels, la portée de la révolution tunisienne déborde très largement le cadre des pays arabes. Certes, du Maroc à la Syrie en passant par l’Égypte, dans ces immuables régimes dictatoriaux amis de l’Occident, les peuples, depuis la chute de Ben Ali, commencent à regarder d’un œil plus hardi les gouvernants et leurs polices.

Mais ce qui, il y a vingt ans, aurait pu passer pour une crise régionale, prend aujourd’hui, immédiatement, un caractère planétaire. Avec la crise dites des subprimes, nous sommes entrée dans une ère où s’accumulent des phénomènes naguère inimaginables. De la Fiat-Mirafiori de Turin aux Continental de Toulouse, les patrons font voter aux ouvriers des conditions de travail dont la logique profonde est de se rapprocher toujours plus des conditions contre lesquelles chinois et bengalais sont en train de se battre. On construit au bord de l’Evros, à la frontière gréco-turque, un mur comme celui qui prolonge le Rio Grande, on sous-traite à Kadhafi et à ses camps de concentration la gestion des flux migratoires africains, on aggrave sans cesse la condition de vie des immigrés, tout cela servant surtout à fabriquer une masse « clandestine », c’est-à-dire corvéable à merci [2]. Ainsi, l’Europe parachevant un processus commencé depuis longtemps en Amérique du Nord, on peut dire que l’Occident, de la Californie à Moscou en passant par Sangatte, se fabrique un tiers-monde à la maison. Quand on songe à ces bons du trésor étatsuniens détenus par la Chine qui financent l’american way of life alors que leur valeur réelle devient insaisissable, on en vient à considérer le risque que les États-Unis deviennent littéralement ce qu’ils étaient rhétoriquement dans l’ère maoïste : un tigre de papier.
En attendant, les intérêts des puissances deviennent inextricables (on parle de Chinamerica), les transferts de souveraineté et la privatisation de fonctions régaliennes sapent les fondements de l’État-nation et, tandis que les chefs d’État européens se vautrent dans le ridicule pour arracher aux anciens sous-développés une vague promesse d’achat de quincaillerie dont la technologie sera bientôt copiée et dépassée et que Pékin rachète la dette d’États européens, son modèle de société (abondance consommatoire pour la classe moyenne en échange de zéro liberté politique) semble faire rêver les gouvernants occidentaux qui ne respectent même plus les formes du rituel démocratique (guerres menées sans débat, traités européens appliqués malgré leur rejet électoral, etc.) pour imposer l’hallucination néo-libérale. La séparation du monde entre Nord et Sud, entre métropoles occidentales impérialistes et tiers-monde a perdu son sens.

Mais si le terme « impérialisme » n’a plus grand sens, il y a bel et bien un empire étendu à toute la planète. Pour citer un passage de l’introduction à mon livre La Politique de la peur [3] : « L’empire, c’est une configuration sans cesse en mouvement de puissances nationales et transnationales, à la fois autonomes et interdépendants. Oligarchies, banques internationales et firmes financières, mafias, grandes compagnies (de Big Oil, le lobby des compagnies pétrolières transnationales, à l’agro-alimentaire et à l’industrie pharmaceutique), complexes militaro-industriels et compagnies privées, industries du divertissement et des médias, services de moins en moins publics (police, magistrature, services secrets…), c’est-à-dire autrefois intégrés à l’État et de plus en plus orientés suivant leurs intérêts propres ou ceux d’une caste dirigeante, en passant par toutes les figures hybrides : grands fonctionnaires mexicains de l’antidrogue alliés des cartels ; généraux pakistanais alliés des Etats Unis et des talibans en même temps que dirigeants de certaines des plus grosses entreprises du pays ; militaires algériens kleptocrates et manipulateurs de GIA et autres Al Qaida au Maghreb islamique ; bande du Fouquet’s. Réseau de pouvoirs nationaux et transnationaux, l’empire est par essence mouvant, car l’équilibre entre les pouvoirs qui le composent ne cesse de changer. Il est aussi absolument immobile, car ces pouvoirs partagent fermement un but ultime : faire exister la civilisation qui les fait vivre. » Cette civilisation repose sur un rapport aussi vieux que le capitalisme, mais porté par le développement de la technoscience à un degré jusque là inimaginable : ce rapport, c’est l’exploitation, de l’homme par l’homme et du reste du vivant par l’homme. Tous les pays du monde sont aujourd’hui une simple province de l’empire.

Les Tunisiens sont, souvent très littéralement, nos voisins de palier. Voilà longtemps que nous vivons ensemble, qu’ils partagent avec nous (« nous » qui ne sommes pas tous blancs) le camembert, les contrôles au faciès et l’islamophobie. Ce sont souvent eux qui répondent quand nous appelons un call-center, ce sont eux que beaucoup d’entre nous retrouvent au bord du sable chaud après onze mois et demi dans les eaux glacées du calcul économique. Leurs manifs ressemblent aux nôtres, auto-photographiées, auto-filmées en permanence. Comme n’importe quel internaute de Bombay ou de Saint-Malo, ils ont su utiliser la toile pour contourner les médias aux ordres. Aussi bien que n’importe quel manifestant contre la réforme des retraites, ils savaient que le téléphone mobile, instrument d’esclavage consommatoire et de surveillance panoptique, peut se muer en vecteur de dissémination de la révolte. Les Tunisiens ont vérifié avec une intensité remarquable la portée d’une contradiction que le capitalisme ne cesse de porter à de nouveaux sommets en essayant de la dépasser : son besoin de la créativité humaine lui interdit de l’encadrer tout à fait sous peine de la tuer.

C’est pourquoi, ce qui se passe en Tunisie ébranle en profondeur notre vie, ici et maintenant. Comment ne pas voir tout ce qui, en dépit de conditions infiniment plus dures, rapprochait les chômeurs diplômés qui ont lancé la révolte de leurs semblables de Rome, Londres, Athènes, Lyon, Berlin et autres lieux, victimes eux aussi de l’aggravation de leur précarité et qui se sont, à partir de 2009, par ondes successives, avec des moyens variés mais en échangeant des modèles d’intervention [4], affrontés aux dirigeants locaux, et à travers eux à l’oligarchie mondiale qui veut faire payer aux plus exploités, en particuliers aux jeunes, la crise de son système ?

Comment ne pas voir que l’ennemi est le même ? De l’inoubliable Michèle Alliot-Marie proposant le savoir-réprimer français à Mitterand-neveu, en passant par Delanoë et trois chefs d’État français, on ne sera jamais assez reconnaissant aux amis tunisiens d’avoir un peu plus ridiculisé aux yeux du monde la classe dirigeante française. Que la corruption des « élites » soit un phénomène global a été démontré de manière éclatante quand chacun a pu sentir, derrière la cohorte des souteneurs du régime, une convergence d’intérêts qui passe par de somptueuses villas et des flux financiers occultes, mais plus profondément par l’appartenance au même club des serviteurs du monde tel qu’il va. Telle est la réalité, tel est leur cauchemar : des demeures de Carthage incendiée et visitées par un populo fier de sa révolution au Fouquet’s, aux salons des Dîners du Siècle, aux villas du Cap nègre, il n’y a pas bien loin. Sur une planète en permanence télécommuniquée, ce qui nous sépare de la mise à sac des lieux de la puissance en Europe n’est pas une distance physique, mais mentale.

On aurait rêvé que les comités populaires de quartier, au lieu de seulement protéger la population contre les exactions des nervis du régime, s’occupent d’affronter les besoins quotidiens, en répartissant entre tous les habitants les produits pillés dans les supermarchés. On aurait rêvé que des formes de pouvoir issues de la base parviennent à empêcher les vieux crabes de remettre en selle la vieille politique qui risque fort maintenant d’occuper le devant de la scène. Mais il eût fallu pour cela que l’exemple tunisien dépasse aussitôt les frontières, propageant le sentiment qu’un autre monde, une autre forme de rapport au pouvoir et à la richesse était possible. En attendant, ne boudons pas le plaisir que nous a offert la « femme du Maghreb ». Depuis 1989 et l’effondrement du capitalisme d’État qui avait volé le beau mot « communisme », nous savions les dictatures bureaucratiques à la merci d’un sursaut collectif de courage et de rage. Aujourd’hui, les gavroches de Sidi Bouzid, Kasserine, Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, ont montré que le refus de perdre sa vie à espérer la gagner peut l’emporter contre les snipers de l’oligarchie mondialisée. Le jour où les exploités européens cesseront de se contenter de la misérable vacance qu’on leur offre dans les bronze-culs low-cost en échange de leur soumission finale après tant de beaux mouvements sociaux, le jour où ils rencontreront leurs frères à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, ce jour-là, on risque bien de voir se lever le soleil qui « dessine en une fois la forme du nouveau monde ».

Notes

[1] On reprend ici au mot la rédaction de la revue Multitudes qui, dans une tribune publiée par Libération (14/01/2011) écrivait : « Contre l’impuissance des durs, qui nous menace tous, la véritable alternative à la violence des barbus comme à la brutalité des encravatés, ce serait une politique efféminée - qu’il est urgent d’inventer. »

[2] Prochain scandale annoncé : la « découverte » des conditions ignobles de vie (viol, tortures, tabassages) des camps lybiens.

[3] A paraître au Seuil (collection Non Conforme), en librairie le 17 février.

[4] Par exemple, le « Book Block », ces groupes en avant des manifs portant un bouclier en matière plastique simulant un livre au titre choisi par son porteur, qui présentait le double avantage de symboliser le bien commun culturel menacé par le néo-libéralisme et de remplir les fonctions à la fois de protection et de poussoir contre les flics. Lancé par les étudiants, il a été repris par les Anglais.
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Message  niouze le Jeu 20 Jan - 20:05

perso je suis pas d'accord avec vous; c'est bien d'une révolution dont il a s'agit ; revolution surement louper soit, mais révolution quand même ; alors oui la démocratie tel qu'on la connait en france nous fait doucement rire mais pour eux elle est primordial : ce que veulent les tunisiens c'est pouvoir s'exprimer librement(et sans craindre de finir en taule pour une blague sur l'autocrate au pouvoir) ; avoir un pouvoir élu vraiment démocratiquement (et pas par defaut faute d'opposant qui peuvent s'exprimer ) apres bien sur nous vu d'ici sa nous fait doucement rigoler on sait ce qu'est la démocratie et tout le foutage de gueule qu'elle accompagne ; mais pour eux c'est un grand changement même si celui ci risque d'etre reprit par les professionnels habituel voir par les ancien amis de ben ali comme on le voit actuellement !

edit le texte poser ci dessus est de bien meilleur explication que ce que je peut faire moi !

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Message  spike le Ven 21 Jan - 1:28

niouze a écrit:perso je suis pas d'accord avec vous; c'est bien d'une révolution dont il a s'agit ; revolution surement louper soit, mais révolution quand même ; alors oui la démocratie tel qu'on la connait en france nous fait doucement rire mais pour eux elle est primordial : ce que veulent les tunisiens c'est pouvoir s'exprimer librement(et sans craindre de finir en taule pour une blague sur l'autocrate au pouvoir) ; avoir un pouvoir élu vraiment démocratiquement (et pas par defaut faute d'opposant qui peuvent s'exprimer ) apres bien sur nous vu d'ici sa nous fait doucement rigoler on sait ce qu'est la démocratie et tout le foutage de gueule qu'elle accompagne ; mais pour eux c'est un grand changement même si celui ci risque d'etre reprit par les professionnels habituel voir par les ancien amis de ben ali comme on le voit actuellement !

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Message  ivo le Ven 21 Jan - 10:23

TUNISIE - Le siège de l'ex-parti de Ben Ali pris d'assaut par la foule
http://www.lepoint.fr/monde/tunisie-le-siege-de-l-ex-parti-de-ben-ali-pris-d-assaut-par-la-foule-20-01-2011-130784_24.php
Le Point a assisté, en compagnie du secrétaire général de l'ancien parti unique, à la tentative d'invasion du siège de l'ex-parti unique.

Tentative d'assaut du siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD) à Tunis © Martin Bureau / AFP

C'est au siège du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), avenue Mohamed V à Tunis, que Mohamed Ghariani, secrétaire général du RDC et numéro trois du régime jusqu'au départ de Ben Ali, a reçu jeudi matin Le Point et le quotidien italien La Repubblica. Le siège du parti est un luxueux immeuble de 17 étages tout de verre et de marbre. Plusieurs blindés en défendent l'entrée. De puissantes berlines allemandes sont garées devant le perron. L'immense poster de Ben Ali qui décorait jusqu'à samedi 15 janvier la façade principale a été retiré. Boiseries, moquette, canapés de cuir de marque italienne, antichambres et huissiers : le 14e étage où se trouve le bureau du secrétaire général a le standing d'un ministère.

"Le RCD est le successeur du Néo-Destour fondé en 1934 par Habib Bourguiba, explique Mohamed Ghariani. Il compte 2,2 millions d'adhérents. Il a été, depuis l'indépendance, l'instrument de l'État pour faire passer les changements dans la société. Il a modernisé la Tunisie. Mais il est resté un parti unique, car le pouvoir a dû faire face, dans les années 1990, à la montée de l'islamisme."

Le RCD pas corrompu, selon son secrétaire général

Le patron du RCD se défend des accusations de corruption dont son parti est aujourd'hui l'objet. "De nombreux hommes d'affaires nous ont financés par conviction et parce qu'ils voyaient en nous les défenseurs de la stabilité. Nous avons bénéficié de financements publics, car ces fonds étaient attribués en fonction de la représentativité au Parlement. Le RCD n'était pas la propriété de Ben Ali, et encore moins des Trabelsi. Au cours des derniers mois, Ben Ali semblait être devenu l'otage de sa famille. Il n'écoutait plus ses conseillers. Il y a peut-être eu des cas de corruption, mais ce sont des épisodes individuels."

Le secrétaire général reconnaît toutefois que, pour une grande partie de la population tunisienne, le RCD est encore lié à l'ancien régime et perçu comme un obstacle à la démocratie. "Le parti va se transformer. Il va changer de nom et se séparer de l'appareil de l'État, devenir une formation politique comme les autres. Mais la Tunisie ne peut pas écarter d'un coup de baguette magique deux millions de citoyens parce qu'ils ont une carte du RCD, cela conduirait à l'anarchie."

Mohamed Ghariani ne pourra pas poursuivre l'entretien. De l'avenue Mohamed V, arrivent, pour la première fois depuis le début de la crise tunisienne, les clameurs des manifestants. Par la grande baie vitrée de son bureau, le secrétaire général assiste, médusé, à la tentative d'assaut de l'immeuble. Des secrétaires en larmes et des employés rangent précipitamment des dossiers. Un millier de contestataires tentent de franchir les grilles. La sécurité s'organise au rez-de-chaussée, dans le jardin et dans les caves. La troupe tire plusieurs rafales d'armes automatiques en l'air. Pourtant, davantage que la démonstration de force des militaires, c'est la rumeur de la démission du gouvernement - démentie un peu plus tard - qui permet la dissolution pacifique du cortège. Mais une heure après, le bureau politique du RCD se dissout, indiquant que Mohamed Ghariani gère désormais les affaires courantes.

Si ce n'est pas la mort en direct du RCD, cela y ressemble.
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Message  spike le Ven 21 Jan - 19:39

Pour info la Tunisie compte 10 589 0252 d' habitants, donc les 2,2 millions ne sont pas majoritaire.

Sinon où est la baguette magique qu'on instaure l'anarchie Very Happy?
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Message  ivo le Sam 22 Jan - 10:36

Exclusif : Comment Zine El Abidine Ben Ali a été débarqué
http://www.maghreb-intelligence.com/les-editos/648-exclusif--comment-zine-el-abidine-ben-ali-a-ete-debarque.html
Vendredi 14 janvier. Dans la matinée, c’est un Zine El Abidine Ben Ali aux abois qui se replie sur son palais de Hammamet. Il y convoque certains membres de son gouvernement et quelques conseillers. Une équipe de la télévision tunisienne est également présente sur les lieux.
Autour du palais, le général Ali Sériati chef de la sécurité du président, veille au grain. Ses sbires quadrillent le quartier où se situe la résidence présidentielle, armes à la main. Zine El Abidine Ben Ali convoque Abdelaziz Ben Dhia, porte-parole de la présidence et Abdelwahab Abdallah, son conseiller politique et allié sans faille du clan Trabelsi. Il les informe que la situation échappe à tout contrôle et qu’il sera dans l’obligation de sacrifier quelques têtes. Les rapports qui lui parviennent des services de sécurité font état d’une révolte généralisée dans le pays. La foule serait en train de marcher sur le Palais de Carthage à Tunis. Les deux hommes effarés acquiescent dans un premier temps avant de se rebiffer et de demander la tête du chef du gouvernement Mohamed Ghannouchi. Le président hésite un moment et finit par trancher. Son téléphone n’arrête pas de sonner. C’est Leila Trabelsi qui depuis Dubaï l’incite à résister. Elle lui dit qu’il peut compter sur les milices de ses frères ainsi que sur l’appui des pays du Golfe. Ben Ali ne veut plus la prendre au téléphone. Il démet ses deux conseillers, mais cela ne calme pas la rue. La foule demande clairement le départ de Ben Ali. Deux heures après, il démet le gouvernement Ghannouchi avant de le renommer. La veille, le président avait été lâché par deux figures de son régime : le ministre des Affaires étrangères, Kamel Morjan et le général de corps d’armée, chef de l’état-major Rachid Ammar. Tous les deux forment un axe solide qui demande au président de partir pour éviter le bain de sang. Au milieu de l’après-midi, le général Rachid Ammar informe le président Ben Ali que l’armée sera obligée de décréter un couvre feu général et que dans trois heures elle procédera à la fermeture de l’espace aérien. Kamel Morjan appuie les propos du général Ammar. Il dit au président que si jamais d’autres victimes civiles venaient à tomber sous les balles de la sécurité, les Américains vont définitivement lâcher le régime et appliquer des sanctions. C’est alors qu’Abdelaziz Ben Dhia intervient et réussit à convaincre le président de «s’éclipser » quelques jours pendant lesquels la Tunisie sombrerait dans le chaos. Plusieurs attentats seraient organisés et imputés aux islamistes. Le RCD organiserait dans la foulée des marches monstres demandant le retour du sauveur. Ben Ali se laisse convaincre. Il pense tout d’abord rester en Tunisie, puis se résigne à la quitter. Dans un premier temps, c’est Malte qui est choisie parce que toute proche de Tunis. Et puis, c’est pour Paris que Ben Ali opte finalement. Là-bas, il pense pouvoir bénéficier d’une grande couverture médiatique. Alors qu’il est escorté par des éléments de sa garde rapprochée jusqu’à son avion, le premier ministre Mohamed Ghannouchi est « obligé » d’enregistrer un message au peuple tunisien où il annonce que le président Ben Ali renonce temporairement au pouvoir. Avec le général Ali Sériati, Abdelaziz Ben Dhia veille sur le déroulement de la cérémonie. Le plan est diabolique. Mais, c’est sans compter sur la détermination du duo Ammar-Morjan. Dans la soirée, les Américains font pression sur les français pour qu’ils n’accueillent pas le président déchu, alors que Hilary Clinton appelle le prince Nayef Ben Soltane pour accueillir Ben Ali. Au même moment, une réunion houleuse se déroule à Tunis. Le général Rachid Ammar fait savoir que l’armée garantira le respect de la constitution. Les ténors du RCD en viennent aux mains. Ben Dhia est pris d’un malaise. Abdelwahab Abdallah est mis en résidence surveillée chez lui. Aux premières heures du matin, l’ordre constitutionnel est rétabli sous la pression des deux amis Kamel Morjan et Rachid Ammar. Exit donc Ben Ali. L’empêchement se mue en vacance du pouvoir et le président du parlement Fouad M’bazaa, cardiaque et désintéressé, est proclamé par la Cour constitutionnelle président de la République. Pris de cour, le général Sériati et les sbires de Ben Ali fuient un peu partout. Ils veulent organiser le maquis. Ordre leur a été donné de « brûler » la Tunisie. Un scénario qui ne sera pas mené à termes. L’armée et les citoyens fraternisant ont sauvé le pays du Jasmin d’une catastrophe.



Les pays du Golfe se déchirent autour de la Tunisie
http://www.maghreb-intelligence.com/monde/647-les-pays-du-golfe-se-dechirent-autour-de-la-tunisie.html
Encore une fois le torchon brûle entre les pays du Golfe. En effet, les événements qui ont secoué ces derniers jours la Tunisie ont opposé le Qatar aux autres pays du Conseil de Coopération du Golfe.
Ainsi, à Charm Al Cheikh, lors de la réunion des ministres des Affaires étrangères arabes en marge du sommet économique arabe, les oreilles de Kamel Morjan, ministre des Affaires étrangère tunisien ont sifflé lors de sa rencontre avec ses homologues Saoudien et Koweitien. Ceux-ci ont fait savoir au responsable tunisien qu’ils étaient très mécontents de la manière dont a été traité le président déchu Ben Ali. Ils ont également fait savoir qu’ils ne reconnaîtraient pleinement le nouveau gouvernement mis en place à Tunis que si celui-ci présentait quelques garanties notamment « politiques ». Zine El Abidine Ben Ali entretenait de très bons rapports avec les pays du Golfe et notamment avec les princes des Emirats et ceux du Koweït. D’ailleurs, et d’après des sources contactées par Maghreb-intelligence en Egypte, le ministre koweitien des AE, Cheikh Mohamed Sabah Al Salem Al Sabah s’est montré particulièrement « froid et arrogant » avec son homologue tunisien. Le prince Saoud Al Fayçal s’est lui aussi montré ironique en faisant allusion au rôle présumé joué par les « Etats-Unis du Qatar », comme il aime le répéter, dans la révolution du Jasmin, notamment à travers Al Jazeera. Dans ce sens, le premier ministre du Qatar Cheikh Jassim Ben Hamad dit fièrement à tous ses interlocuteurs que le Qatar vient de réussir la première révolution « cathodique » de l’histoire grâce à Al Jazeera.


Veto de Kadhafi contre Rached Ghannouchi
http://www.maghreb-intelligence.com/tunisie/644-veto-de-kadhafi-contre-rached-ghannouchi.html
Juste après la fuite du président tunisien déchu Zine El Abidine Ben Ali, les Algériens et les Libyens ont décidé en urgence de boucler leurs frontières avec la Tunisie.
Lundi, les deux pays ont fait savoir au premier ministre désigné ainsi qu’au ministre des Affaires étrangères Kamel Morjane qu’ils n’accepteraient, en aucun cas, qu’un quelconque rôle politique soit accordé au leader du parti islamiste interdit Ennahda, Rached Ghannouchi qui vit en exil à Londres depuis 1989. Si le DRS -services du renseignement algérien- et El Mouradia se sont montrés très discret à ce sujet pour ne pas se mettre à dos l’opinion publique algérienne solidaire de la révolution du Jasmin, les Libyens sont au contraire montés au créneau et ont formulé explicitement que la Jamahiriya ne « pouvait tolérer la présence d’islamistes dans le gouvernement tunisien ». Les dirigeants libyens sont même allés plus loin. Ils ont fait savoir à leurs amis au sein du RCD -parti de Ben Ali- ainsi qu’à certains dirigeants de l’opposition notamment à Nejib Chebbi, qu’ils pourraient geler tous les accords bilatéraux signés avec la Tunisie ainsi que tous les investissements et mettre fin aux aides et aux dons. De sources concordantes à Tripoli, Maghreb-intelligence a appris qu’une cellule de crise chargée par le guide de la révolution libyenne de suivre heure par heure les développements en Tunisie a été mise en place. Elle se compose du ministre des Affaires étrangères Moussa Koussa, du patron des services de sécurité Abou Zeid Dordah et du ministre de l’Economie Mohamed Lahouej. Le principal dossier sur lequel devrait plancher cette cellule est le sort des 5000 membres de la garde rapprochée de Zine El Abidine Ben Ali qui ont trouvé refuge en Libye. Mouammar Kadhafi aimerait les garder sur le sol libyen pour les utiliser si jamais Rached Ghannouchi venait à faire une percée en Tunisie.


Les milices révolutionnaires quadrillent le pays
http://www.maghreb-intelligence.com/libye/643-les-milices-revolutionnaires-quadrillent-pays.html
Depuis l’explosion populaire qui a chassé le président Zine El Abidine Ben Ali du pouvoir, les dirigeants libyens sont sur le qui-vive. Ainsi les comités révolutionnaires libyens, soupapes de sécurité du régime de Kadhafi, sont revenus en force ces derniers jours aux devants de la scène. Comme dans les années quatre-vingt, on les voit un peu partout dans les quatre coins du pays. D’après des témoins sur place, ils quadrillent les villes et érigent même des check point à la sortie des grandes agglomérations. C’est la région du Djebel Al Akhdar, fief des courants islamistes et de la contestation amazighe, qui connaît le plus grand déploiement des Comités révolutionnaires. En effet, des dizaines d’activistes amazighs libyens auraient été arrêtés le week-end dernier dans cette région. Dans la capitale Tripoli, les Comités surveillent spécialement les quartiers populaires pour anticiper les éventuelles actions de protestation sociales ou politiques. D’ailleurs, et en réaction à ce qui s’est passé en Tunisie, le colonel Kadhafi s’est empressé d’ordonner la subvention des produits de première nécessité à hauteur de 40 %. Il a également décidé la distribution de 2000 dinars aux familles les plus démunies de la Grande Jamahiriya. Samedi et dimanche derniers, plusieurs villes libyennes ont connu des jacqueries notamment pour protester contre la cherté de la vie et le retard dans le programme des logements sociaux promis par le gouvernement.


Exclusif : Le plan secret des islamistes tunisiens pour prendre le pouvoir
http://www.maghreb-intelligence.com/les-editos/650-exclusif-le-plan-secret-des-islamistes-tunisiens-pour-prendre-le-pouvoir.html
Les islamistes tunisiens du parti interdit Ennahda sont patients et ils le démontrent chaque jour un peu plus. En reconnaissant qu’ils n’étaient pour rien dans la révolution qui a balayé le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, ils ont marqué un premier point.
Alors que plusieurs observateurs s’attendaient à ce qu’ils sautent sur l’occasion et s’attribuent un mérite qui ne leur revient pas, ils ont été plutôt et à la surprise générale dans la retenue. Il semblerait selon les informations dont nous disposons que le mot d’ordre ait été donné aux militants et aux cadres d’Ennahda aussi bien en Tunisie qu’à l’étranger, de garder un profil bas. Il s’agit de ne pas effaroucher des Tunisiens qui viennent de recouvrer leur liberté après des dizaines d’années de joug totalitaire. Ainsi, et dans une partition bien jouée, c’est Rached Ghannouchi, guide spirituel des islamistes tunisiens, qui depuis Londres donne le ton
Depuis le déclenchement des événements, il est resté très mesuré dans ses propos, rendant hommage au peuple et autres composantes de l’opposition à Ben Ali. Sa stratégie a un peu changé au lendemain du départ de l’ancien président. Il a vilipendé avec véhémence la prise du pouvoir par le premier ministre. Il a aussi violement critiqué la constitution d’un gouvernement dans lequel participent des ministres de l’ancien parti de Ben Ali. Pendant ce temps-là, alors que la contestation dans la rue commençait à s’essouffler le mardi, c’est Sadak Chourou, fidèle lieutenant de Rached Ghannouchi, qui harangue les foules défilant sur l’avenue Bourguiba contre le maintien du RCD. En agissant de la sorte, Ennahda pousse malicieusement l’UGTT à adopter une position radicale. Le plan des islamistes qui savent qu’ils ont besoin de temps pour reconstituer leurs réseaux laminés par une répression féroce, est tout simple. Laisser les partis et le syndicat s’étriper en public au point de lasser les Tunisiens, tandis qu’Ennahda serait perçu comme « la voie de la raison ». Dans sa stratégie de conquête, le parti islamiste qui commencera tout d’abord par la déposition d’une demande d’autorisation fera fi de la présidentielle. D’après une source bien informée à Londres, Ennahda s’intéresse tout d’abord au Parlement et aux municipalités. Ils savent que c’est là où réside le véritable pouvoir de proximité. Pour ce, les amis de Ghannouchi comptent réactiver l’UGTE (Union Générale Tunisienne des Etudiants) qui constituait dans le temps leur véritable pépinière. Ils comptent également profiter de la liberté de prêche dans les mosquées qui remplacera les anciens prêches officiels. Sur le plan médiatique, Ennahda bénéficie de l’appui total de la chaîne satellitaire Al Hiwar qui émet depuis Londres et qui est totalement acquise à leurs thèses. Le projet de relancer Al Fajr est aussi dans le pipe des dirigeants islamistes. La publication, hebdomadaire avant son interdiction 1991, pourrait rapidement retrouver les kiosques sous un format quotidien.
C’est donc en douceur que les islamistes tunisiens d’Ennhda s’apprêtent à prendre leur revanche sur l’histoire. Leur première vraie rencontre avec le peuple devrait être le retour du Cheikh Rached Ghannouchi de son exil anglais. Des comités ont déjà été constitués afin de préparer ce retour qui devrait donner lieu à une véritable « fête populaire ».



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Message  ivo le Sam 22 Jan - 11:23

Soutenir l'insurrection de la Tunisie
13 Janvier 2011 Par Les invités de Mediapart
Edition : Les invités de Mediapart
http://www.mediapart.fr/club/edition/les-invites-de-mediapart/article/130111/soutenir-linsurrection-de-la-tunisie
«Il faut interdire que nos soldats, nos gendarmes et nos policiers soient envoyés à l'aide d'une dictature post-coloniale corrompue», clame le chercheur Alain Joxe, directeur d'études à l'EHESS, et président du Cirpes (Coordination interdisciplinaire de recherches sur la paix et d'études stratégiques).

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«Nous proposons que le savoir-faire qui est reconnu dans le monde entier de nos forces de sécurité permette de régler des situations sécuritaires de ce type.» Michèle Alliot-Marie


Le gouvernement français –comme celui d'autres Etats– est devenu incapable, à lui seul, de gérer pour le compte des Français les paramètres économiques transnationaux qui déstabilisent actuellement la plupart des nations et provoquent des révoltes populaires.

C'est en raison de cette impuissance qu'il se tourne vers la recherche d'une solution policière aux problèmes sociaux. Mais l'Etat conserve néanmoins le monopole des prises de positions politiques extérieures.

Les encouragements adressés récemment au président Ben Ali, en pleine Assemblée nationale, par la ministre des affaires étrangères, lui proposant une aide technique dans son entreprise de répression antidémocratique, ressemble à une caricature malveillante de la presse anarchiste des années trente.

Mme Alliot-Marie a oublié sans doute un instant qu'elle n'était plus ministre de l'intérieur ni ministre de la défense. Mais ce n'est pas une excuse. Elle s'est ridiculisée en dévoilant, sur le ton d'une banalité, qu'elle avait, en effet, des critères stratégiques communs avec M. Ben Ali. Or, les spécialistes du Maghreb n'ont pas attendu cette crise pour qualifier le régime de M. Ben Ali de dictature policière et pour mentionner l'extrême corruption qui fait que la famille du Président et celle de son épouse forment un gang qui monopolise ou cherche à monopoliser la gestion des ressources du pays tout entier et exporter leurs bénéfices vers des banques privées étrangères.

L'Union européenne (UE) n'est pas faite pour résister à une crise sociale, puisqu'elle gère activement la dépossession des Etats de leur souveraineté économique. Mais elle a laissé entendre, par la voix de «sa» ministre des affaires étrangères, Mme Ashcroft, une travailliste britannique, naguère chargée des questions sociales, qu'on pouvait stigmatiser les massacres policiers en Tunisie. L'Europe néolibérale reste donc au moins chargée d'une mission de défense des droits de l'homme en cas de troubles sociaux. Clause qui fait partie obligatoirement des accords de coopération que signe l'UE.

Le développement (planifié) de la Tunisie parut un temps «bien parti» et il devait faire de ce pays instruit, laïc, artiste et pacifique, un exemple de valorisation habile de l'éducation populaire, du tourisme et de l'huile d'olive. Malgré un indice de développement humain devant rejoindre celui des pays développés, il souffre d'un épuisment des ressources en eau, d'un «surdéveloppement» de l'instruction et du détournement des investissements vers les caisses du clan Ben Ali. Le pays devient le siège d'une révolte populaire, pas islamique, de la jeunesse chômeuse urbaine et rurale, et a rencontré la sympathie et l'appui du peuple français.

Mais c'est le Maghreb qui va peut être entrer en mouvement: ce sont trois peuples proche de nous, passionnés et sincères, comme le peuple français, quand il se révolte, et c'est au nom des principes populaires de la république française, encore idéale, qu'on y défend la démocratie et la république sociale. Celle qui fut proclamée au printemps des peuples en mai 1848 et écrasée en juin, rétablie en 36, écrasée en 40 ; rétablie en 44 par le Conseil national de la résistance, en voie d'écrasement actuel.

Il faut interdire que nos soldats, nos gendarmes et nos policiers soient envoyés à l'aide d'une dictature post-coloniale corrompue. Bientôt si on persiste dans cette voie, il va falloir aussi aider le régime militaire algérien à mater le peuple algérien. Refaire la bataille d'Alger : Hourra ! cornes au cul, vive le père UBU ! Ensuite ce sera le tour du 9.3 s'il commence à imiter les Tunisiens.

L'attitude du gouvernement français actuel forme un tout qu'on doit analyser avec une malveillance précise car il est orienté en sens inverse de la défense de la démocratie et jette le pont entre les pratiques extérieures et intérieures des forces du maintien de l'ordre:
- dans l'affaire de la Côte-d'Ivoire, la présence post-colonialiste des entreprises françaises oblige à une prudence d'autant plus grande que la qualité criminelle du pouvoir de l'ex-président Gbagbo n'avait jamais été considérée comme un obstacle à la prospérité des intérêts français, bien au contraire
- dans l'affaire des otages à la frontière Niger-Mali, la violence efficace des commandos francais d'opérations spéciales, pour la première fois, a été très rapidement menée en sacrifiant expolicitement la priorité accordée normalement à la protection de la vie des otages, au profit de la manifestation des capacités d'écrasement des groupes « terroristes » ; une attitude que même l'armée colombienne estimait ne pas devoir afficher.

Ce que révèle cet ensemble, c'est que la doctrine d'emploi des forces policières et militaires, unifiée par l'influence des opérations en Afghanistan, est offerte tout azimuts comme une expertise technique, préconisée dans une partie du Livre blanc sur la défense, pour servir éventuellement à la répression des troubles sociaux internes. Cette tendance fait partie d'une stratégie à l'entraînement et qui paraît tout à fait légitime au pouvoir actuel, même si cette doctrine parait plutôt illégitime aux trois armes, réunifiées de force par l'inclusion de la gendarmerie dans la police.

En prenant le parti du peuple tunisien contre Ben Ali, nous nous plaçons dans la perspective d'une redéfinition claire de la politique de défense et de sécurité des démocraties, telle qu'elle se présente désormais dans l'Union européenne et chez ses voisins. La vraie menace, la violence offensive, c'est la menace économique et sociale qui découle des critères purement spéculatifs que la dominance du secteur financier a imposé par la dérégulation des marchés. Les «nouvelles menaces» sont désormais les catastrophes sociales et écologiques, induites visiblement par les crises financières successives. Les véritables adversaires, ce sont les groupes financiers transnationaux, ou les dirigeants corrompus, complètement dégagés de toute responsabilité sociale localisée, et qui doivent être désignés comme « l'ennemi » des démocraties et traités comme tels, en toute justice, par la loi et la justice internationale.

Ce que nous dit l'insurrection tunisienne, c'est que cette justice et cette loi auront du mal à émerger. Mais la période n'est plus au contrôle des comportements violents des jeunes chômeurs –fils de chômeurs de nos banlieues– ou à la chasse au terroristes religieux maffieux ou paramilitaires. Il faudra partout traiter les causes, celles de l'effondrement des revenus des classes populaires, et évaluer les responsabilités des personnels politiques au pouvoir; les écarter du pouvoir dans la mesure où les gouvernements paraissent avoir décidé de n'y faire face que par la répression: ce qu'on peut appeler désormais le «modèle tunisien».

Méditer sur la défense de la Liberté politique, sur l'Egalité sécuritaire des habitants qui est le contraire de la précarisation, et sur la Fraternité de la société, qui s'oblige à secourir les habitants dans le besoin quand la survie économique du peuple est menacée, cela ne sonne pas comme un simple rendez-vous d'experts, mais comme une question vitale énoncée par la déclaration des droits de l'homme de 1793, de 1848, de 1945, pour la défense et le maintien de l'identité civique et de la mobilisation sociale, seule garantie de l'indépendance et de la liberté démocratique.
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Message  ivo le Sam 22 Jan - 11:41

Chronique de la révolution tunisienne
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/chronique-de-la-revolution-tunisienne_953980.html

Alors que le pays cherche, entre espoir et chaos, les voies de l'après-Ben Ali, retour sur un événement sans précédent. Et dont la région devra méditer la leçon.

Despote vieillissant, il a fui son pays, dans la soirée du 14 janvier, après vingt-trois ans de règne sans partage et vingt-trois jours d'une révolte populaire dont la mort d'un jeune homme aura été le catalyseur. Les Tunisiens n'en sont pas encore revenus. "Jamais je n'avais imaginé que Ben Ali tomberait comme ça, si vite!" confie Ibtissem Jouini, une biologiste de 29 ans. Yes we can! Avant la révolution du Jasmin, aucun autocrate arabe n'avait été chassé du pouvoir par la rue.
La révolution tunisienne pourrait-elle faire tache d'huile? Plusieurs régimes arabes sont déjà en état d'alerte. Au Caire et à Amman, Egyptiens et Jordaniens ont manifesté leur joie et leur espoir devant les ambassades de Tunisie tandis qu'à Alger, la plupart des éditorialistes se félicitent, à l'instar du quotidien El Khabar, de la "leçon" donnée par les Tunisiens "à tous les pays arabes toujours sous la coupe de dictatures archaïques".
En début de semaine, à Paris, Marseille ou Lyon, les Tunisiens de France étaient en liesse. A Tunis, pourtant, rien ne semblait vraiment acquis. Ni la sécurité, ni la démocratie tant espérée. A la tête du pays, Ben Ali avait construit un Etat policier qui reposait sur le maillage de la population par une multitude de fonctionnaires et d'indics dépendant du ministère de l'Intérieur. A ces hommes s'ajoutait une vaste garde présidentielle, placée sous la direction du général Ali Seriati.
Nous sommes décidés à mener la révolution jusqu'au bout
Cette véritable police parallèle, forte de 10 000 à 14 000 hommes ultrafavorisés, disposait de son propre réseau de malfrats. Ce sont eux qui tentent - depuis qu'ils ont compris que leur patron était parti sans ticket de retour, à moins qu'ils aient reçu des ordres de l'ex-chef de l'Etat - de semer le chaos et la terreur dans le pays. "Les milices cherchent à faire basculer le pays dans l'anarchie afin de démontrer que le système Ben Ali constituait un rempart contre le désordre", explique l'un des chefs de service de l'hôpital Mongi Slim de la Soukra, dans la banlieue de Tunis.
Face à ces nervis de l'ancien régime, les Tunisiens résistent, décidés à protéger l'acquis de leur révolution. Dans les banlieues de la capitale et partout à travers le pays, les habitants s'organisent, créent des comités de vigilance et organisent des rondes afin d'éviter les pillages. "L'armée ne peut pas se déployer partout, poursuit le médecin de la Soukra, qui a rejoint l'un de ces groupes. Alors, nous avons installé des barrages pour empêcher des inconnus d'accéder aux maisons. En cas d'incident, on prévient les militaires. Cela leur permet d'intervenir, en ciblant leurs déplacements." Le mouvement est d'esprit civique: certains prennent en charge la collecte des déchets et nettoient les rues.

Le vrai défi, pourtant, est d'ordre politique. La Constitution rend en principe obligatoire l'organisation d'élections présidentielles dans les soixante jours qui suivent la vacance du pouvoir. Un délai bien court pour jeter les bases d'une démocratie pluraliste sur un champ politique en ruines, même s'il semble pouvoir être prorogé de quelques semaines. Le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, reconduit dans ses fonctions, s'est attelé à la constitution d'un gouvernement d'union nationale. Celui-ci, rendu public le 17 janvier, est composé pour moitié de technocrates. Outre le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), les trois partis d'opposition reconnus par le régime déchu, et eux seuls, y sont représentés.
Il n'est pas certain que cela suffise à satisfaire les aspirations de la population, en particulier des plus jeunes, qui attendent des gages : "Nous sommes décidés à mener la révolution jusqu'au bout, insiste un ingénieur. La libération du pays doit se traduire par la dissolution du RCD, des partis et une presse libre, ainsi que l'ouverture d'un vrai dialogue national. Nous serons vigilants et nous ne nous laisserons pas voler notre victoire." Une revendication commence à émerger, portée par les défenseurs des droits de l'homme: la mise en place d'une commission "Vérité et justice", sur le modèle de ce qui s'est fait, dans des contextes différents, en Afrique du Sud et au Maroc.

La tâche est d'autant plus difficile que Ben Ali a fait le vide : l'opposition était laminée et la quasi-totalité des associations indépendantes, interdites. "Son système mafieux a écrasé toute pensée libre et asservi la presse. Retrouver les conditions d'un débat démocratique ne sera pas évident!" souligne Talbi Ghofran, un chirurgien. Ex-parti unique devenu parti dominant, le RCD, issu du parti Néo-Destour fondé par Habib Bourguiba, "père" de l'indépendance et prédécesseur de Ben Ali à la tête de l'Etat, encadre étroitement la population. Plus d'un Tunisien sur dix est membre du mouvement et ses cellules quadrillent le pays. Les potentats locaux du RCD sont le passage obligé pour qui veut recevoir une aide, obtenir un permis ou un certificat. Qu'adviendra-t-il de ce réseau tentaculaire? Le RCD peut sembler puissant, mais il y a longtemps qu'il a cessé d'être un parti de militants; c'est une sorte d'administration bis, plutôt, sans idéologie autre que le clientélisme.

Face à ce mastodonte qui contrôle par ailleurs, directement ou indirectement, l'essentiel du monde associatif, il ne subsiste qu'une poignée d'organisations indépendantes - l'Ordre des avocats, la Ligue tunisienne des droits de l'homme, ou encore l'Association tunisienne des femmes démocrates - qui servent de refuge aux élites intellectuelles, ainsi que trois petits partis d'opposition, légaux mais longtemps privés des moyens de se faire entendre. Le mouvement Ettajdid (ex-Parti communiste), dirigé par Ahmed Brahim, 69 ans; le Forum démocratique pour le travail et les libertés, dirigé par Mustafa ben Jaafar, vieux routier de la politique tunisienne; le Parti démocrate progressiste, enfin, une formation de la gauche modérée fondée par Nejib Chebbi, un vieil acteur, lui aussi, de ce qui tenait lieu de scène politique. Ces trois formations participent, aux côtés du RCD, aux consultations entreprises par Mohamed Ghannouchi pour mettre la transition sur les rails. Mais leur audience dans la population est limitée. Surtout, aucune d'entre elles n'a de prise réelle sur la "génération Internet", à l'origine de la révolution du Jasmin.
Deux autres mouvements ont refusé de participer au processus: le Parti communiste des ouvriers de Tunisie (POCT), une petite formation radicale, non reconnue par le régime déchu - son chef, Hamma Hammami, a fait l'objet de multiples arrestations au cours des années Ben Ali sans jamais quitter le pays - mais aussi le Congrès pour la République, de l'ancien président de la Ligue tunisienne des droits de l'homme, Moncef Marzouki. Exilé depuis plusieurs années en France, son retour était attendu à Tunis le 18 janvier; il a d'ores et déjà annoncé sa candidature à la présidence.
Reste le parti "historique" des islamistes politiques tunisiens, Ennahda. Laminé en Tunisie, il aura survécu à l'exil. Né au début des années 1970, à une époque où la gauche occupait l'essentiel de l'espace politico-culturel en Tunisie, ce mouvement revendique son insertion dans le débat politique. Il acquiert, à l'époque, une large audience. Ses militants seront ensuite pourchassés par le régime de Ben Ali - 30 000 arrestations, dans les années 1990 - et il perd toute visibilité en Tunisie, avec le départ en exil de ses dirigeants. Le principal d'entre eux, Rached Ghannouchi, un intellectuel installé à Londres depuis 1989, prépare son retour. Il faudra donc compter avec Ennahda, d'autant que la sensibilité islamiste demeure forte dans le pays. Mais les plus jeunes, plus proches du salafisme véhiculé par les chaînes de télévision satellitaires du Golfe, savent-ils encore qui est Rached Ghannouchi?
Une dernière institution a joué et joue encore un rôle important au sein de la société: l'Union générale des travailleurs tunisiens (UGTT), la centrale syndicale longtemps liée au parti unique. Son instance dirigeante est contrôlée par le pouvoir et déconnectée de la base. Mais les membres des sections locales étaient souvent présents auprès des manifestants, ces dernières semaines, quand ils n'étaient pas aux avant-postes du soulèvement.

C'est sans doute à Kasserine, dans le centre du pays, au cours du week-end des 8 et 9 janvier, que le mouvement populaire a basculé et que la flambée de colère des jeunes chômeurs est devenue révolution. Les tirs à bout portant des forces de l'ordre font 20 morts au moins, souvent abattus d'une balle dans la tête, et des dizaines de blessés. Des tireurs d'élite, auxiliaires des basses oeuvres de la police, visent même, le 9 janvier, un convoi funéraire. Mais la répression sanglante, qui visait à intimider les contestataires, se retourne contre ses auteurs. En quelques heures, les images circulent sur la Toile. Ce n'est plus du travail, ni même du pain, que réclament désormais les manifestants, mais un changement de régime.
Ce n'est plus du pain que réclame la foule, mais un nouveau régime
Le lendemain, pour la première fois, les cortèges défilent dans la capitale et sa banlieue. Dans la soirée, Ben Ali apparaît à la télévision. Il promet de créer de nouveaux emplois par milliers... mais son peuple est déjà engagé dans un autre combat, celui de la liberté. Le mouvement ne cesse de s'étendre, malgré les dizaines de manifestants tués par les forces de l'ordre.
Face à la détermination de la rue, le chef de l'Etat n'a que deux solutions: mater la rébellion par les armes au prix d'un carnage, ou capituler. Dans un premier temps, il tente de lâcher du lest: le 13 janvier, il s'engage à quitter le pouvoir en 2014, à l'issue de son mandat. Il promet aussi que la police ne tirera plus sur les manifestants et annonce un train de mesures visant à libéraliser son régime. La constitution d'un gouvernement d'union nationale est évoquée. Trop peu, trop tard.
L'opposition politique, qui craint le chaos, est prête à saisir la perche tendue. Mais la rue comprend que le roi est nu : elle ne cède pas. Dans la matinée du 14 janvier, quelque 8 000 personnes convergent devant le siège du ministère de l'Intérieur, dans le centre de Tunis, pour exiger de Ben Ali qu'il "dégage".
La journée sera décisive. La manifestation pacifique se déroule sans incident pendant les premières heures. Mais, dans le milieu de l'après-midi, la police donne l'assaut. Elle charge, violemment, pour disperser la foule. Aux tirs de gaz lacrymogènes répondent des jets de pierre. Les jeunes sont pourchassés et matraqués par les policiers, jusque dans les entrées des immeubles. Pendant ce temps, Ben Ali annonce le limogeage du gouvernement et l'organisation d'élections législatives. Mais il n'est plus audible. Le gouvernement décrète ensuite l'état d'urgence dans l'ensemble du pays, interdisant les rassemblements et autorisant les forces de l'ordre à tirer sur tout suspect. Puis on apprend que l'espace aérien est fermé et que l'armée a pris position à l'aéroport de Tunis-Carthage. Il est un peu plus de 16 heures 30, vendredi 14 janvier, lorsqu'un convoi de limousines quitte le palais présidentiel de Carthage et prend la route de l'aéroport.


Après vingt-trois ans de pouvoir sans partage, Zine el-Abidine ben Ali prend la fuite. Sans même savoir quelle sera sa destination. Alors que son avion se dirige vers le nord de la Méditerranée, Nicolas Sarkozy le lâche afin de ne pas mécontenter la communauté tunisienne de l'Hexagone. L'émirat de Dubai, où se trouve déjà son épouse Leïla, n'en veut pas non plus. Ce sera donc Dejddah, en Arabie saoudite.
Ben Ali a-t-il été poussé vers la sortie? Embarqué sous la contrainte, pour sauver ce qui pouvait encore l'être du régime? A-t-il paniqué, conscient que la partie était perdue? Une chose est sûre: l'armée n'a pas voulu de bain de sang. Dans certaines villes, les militaires ont même tenté d'empêcher la police de tirer en s'interposant avec leurs blindés. Le chef d'état-major de l'armée de terre, le général Rachid Ammar, paye cette audace, le 12 janvier: il est démis de ses fonctions (dans lesquelles il a, depuis, été rétabli). En revanche, il ne semble pas que cette armée, qui n'a pas de tradition putschiste, ait tenté de s'emparer du pouvoir par la force, même pour le rendre ensuite aux civils, comme au Portugal, en 1974, lors de la révolution des oeillets. Mais son refus de tirer sur une population désarmée a sans doute été déterminant: "Ben Ali a compris qu'une partie de l'appareil du régime était peut-être en train de le lâcher. L'armée faisait de la résistance, des dissidences apparaissaient ici et là...", résume un bon connaisseur du sérail.
Peu après le décollage de l'appareil présidentiel, la télévision nationale interrompt la diffusion d'un reportage sur les robots pour annoncer une prochaine et importante adresse au peuple tunisien. A Tunis, les rumeurs de coup d'Etat enflent. Mais c'est le Premier ministre, Mohamed Ghannouchi, qui apparaît à l'écran, flanqué des présidents des deux assemblées législatives. Il annonce qu'il assure l'intérim à la suite d'un "empêchement provisoire" du chef de l'Etat.
Le pays a besoin d'une phase de transition. Mais la rue ne désarme pas
Ce tour de passe-passe institutionnel a pour objectif de gagner du temps et de sauver ce qui reste du régime : Ghannouchi indique qu'il "mettra en oeuvre" les décisions du président Ben Ali, dont la promesse faite, quelques heures plus tôt, d'organiser dans les six mois un scrutin législatif. Mais il ne souffle mot d'une éventuelle présidentielle. Or, en cas de vacance définitive de la présidence, le chef de l'Etat par intérim, qui est obligatoirement le président du Parlement, est tenu d'organiser une élection à la magistrature suprême dans un délai de deux mois.
Une partie de l'opposition accepte la manoeuvre : le pays a besoin, selon ces pragmatiques, d'une phase de transition. Mais la rue ne désarme pas. Le lendemain matin, en dépit de l'état d'urgence, des marches sont organisées dans plusieurs villes de province pour réclamer le départ de Mohamed Ghannouchi. Au même moment, le Conseil constitutionnel déclare le poste de président "définitivement vacant". Et proclame le président du Parlement, Foued Mebazaa, président par intérim.
Une nouvelle ère s'ouvre au pays du jasmin. Dans la villa aux murs calcinés de Belhassem Trabelsi, l'un des frères de l'ex-première dame, intensément détestée, Damak Slim est venu en curieux, comme beaucoup de ses concitoyens. Il déterre un pied de jasmin, qu'il replantera chez lui, en souvenir des journées qui ont fait bas-culer la Tunisie. "Nous n'avons plus peur, confie-t-il. Nous sommes soulagés. Libres, enfin !"



Tunisie
Population: 10,6 millions d'habitants
Espérance de vie: 76 ans (74e rang mondial)
PIB/habitant: (PPA) 7 025 euros (116e rang mondial)
Taux de chômage: 14,2%
Part des chômeurs âgés de 15-29 ans: 72%
Taux de croissance: 4,1% (estimation 2010)
(Source: CIA World Factbook, Carnegie)

55 ans d'indépendance
1956 Après soixante-quinze ans de protectorat français, Habib Bourguiba, rentré d'exil, devient Premier ministre. L'année suivante, il proclame la République et est élu président.
1975 Bourguiba devient président à vie.
1978 Grève générale, suivie d'émeutes : la répression fait plus de 200 morts.
1983-1984 "Emeutes du pain" dans le sud du pays et à Tunis.
1987 Le 7 novembre, le Premier ministre, Zine el-Abidine Ben Ali, dépose "le père de l'indépendance" pour raisons médicales et devient chef de l'Etat.
1991 Des milliers de militants islamistes sont arrêtés.
1994 Seul candidat, Ben Ali obtient 99,9% des suffrages à la présidentielle, et sera réélu en 1999, 2004 et 2009. Opposants et défenseurs des droits de l'homme sont emprisonnés ou contraints à l'exil.
2002 Attentats islamistes à Djerba contre la synagogue (21 morts).
2008 Emeutes dans la région minière de Gafsa (centre).
2011 Des manifestations parties de Sidi Bouzid (centre) gagnent un nombre croissant de villes après la mort, le 4 janvier, d'un jeune marchand, Mohamed Bouazizi, qui s'était immolé par le feu, le 17 décembre 2010.
Le 13 janvier, Ben Ali, 74 ans, annonce son intention d'abandonner le pouvoir à la fin de son mandat, en 2014. Alors que des dizaines de manifestants ont été tués depuis le début des troubles, l'armée refuse de participer à la répression. Le 14, le chef de l'Etat s'enfuit en Arabie saoudite.
Le 15 janvier, le président du Parlement, Foued Mebazaa, devient chef de l'Etat par intérim en vertu de l'article 57 de la Constitution, qui prévoit des élections dans les soixante jours. "Tous les Tunisiens [de 18 ans et plus] sans exception et sans exclusive" seront associés au processus politique, assure le nouveau président, qui charge le Premier ministre sortant, Mohamed Ghannouchi, de former un gouvernement d'union nationale. De Londres, le chef du parti islamiste tunisien Ennahda, Rached Ghannouchi, annonce son retour.
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Message  ivo le Sam 22 Jan - 11:43

L’impasse du modèle tunisien
La bonne gouvernance économique tunisienne louée par les institutions financières n'est qu'un leurre, affirme un site basé en Algérie.

http://www.courrierinternational.com/article/2011/01/22/l-impasse-du-modele-tunisien
Les récents troubles partis de la ville de Sidi Bouzid, dans le centre de la Tunisie, ont révélé au monde l’envers du décor de carte postale souvent associé au pays du jasmin. Il est apparu aux yeux d’un monde plutôt surpris que les indéniables progrès économiques de la Tunisie ne profitaient pas à tous et ne parvenaient pas à réduire le nombre de chômeurs, qui se recrutent de plus en plus dans les rangs des diplômés. Face à l’absence de perspective et à l’arbitraire, le désespoir des jeunes s’exprime de manière atroce. Celui par qui tout a commencé est un jeune chômeur de 26 ans qui s’est immolé par le feu en criant : “Non au chômage ! Non à la misère !”
Le modèle tunisien célébré par le Fonds monétaire international (FMI) et les agences de notation financière aurait-il atteint ses limites ? C’en tout cas ce que pensent beaucoup d’économistes, dont le Pr Lahcen Achy, du Carnegie Middle East Center, qui, dans un article publié le 28 décembre dernier par le Los Angeles Times, considère que la dépendance excessive de l’économie tunisienne à l’égard du marché européen est la raison principale du blocage actuel.

La spécialisation de l’économie tunisienne dans des secteurs à forte intensité de main-d’œuvre peu qualifiée semble avoir fait son temps. De ce point de vue, la Tunisie est concurrencée directement par les pays d’Asie. Elle en souffre d’autant plus que la structure de son marché du travail s’est modifiée. La proportion de demandeurs d’emploi titulaires d’un diplôme universitaire est passée de 20 % de la population active en 2000 à plus de 55 % en 2009 ! Selon Lahcen Achy, “la Tunisie affiche l’un des taux de chômage les plus élevés des Etats arabes : plus de 14 % au niveau national et 30 % pour la tranche d’âge 15-29 ans”. La situation ne devrait pas connaître d’amélioration sensible tant que le taux de croissance, de l’ordre de 3,8 % pour 2010, restera en deçà du seuil des 5 %. La concentration des échanges avec l’Europe place la Tunisie dans une situation de dépendance critique, les retournements de conjoncture et la reprise très molle de la croissance en Europe affectent directement les performances économiques du pays. Cela vaut aussi bien pour le secteur du textile que pour celui du tourisme de gamme intermédiaire, les secteurs d’activités les plus significatifs en termes de revenus externes.

Les solutions ne sont pas nombreuses. Le développement de nouveaux secteurs susceptibles d’employer les cadres de haut niveau bute sur les réticences des entrepreneurs tunisiens – rebutés par l’opacité et le déficit d’Etat de droit – à se risquer dans des créneaux d’investissements plus complexes et donc plus risqués. Les investissements dans des secteurs à forte valeur ajoutée se heurtent à la concurrence féroce d’économies mieux armées et disposant d’une expérience autrement plus affirmée. La réorientation de l’économie tunisienne vers d’autres marchés est une démarche à moyen et long terme dont les résultats ne sont pas garantis, tant les avantages comparatifs de la Tunisie sont battus en brèche par des compétiteurs redoutables, en Asie et au Moyen-Orient.

La crise du modèle tunisien est riche d’enseignements pour les pays de la région. La relative bonne gouvernance économique tunisienne ne suffit pas à installer une dynamique sociale vertueuse. La solution pourrait se trouver dans la stimulation du marché intérieur, mais son étroitesse limite fortement les marges de manœuvre. Une sortie par le haut de cette impasse passerait par une réorientation vers le marché maghrébin et la coordination des stratégies macroéconomiques régionales. Mais cela ne semble pas être à l’ordre du jour dans un Maghreb plus que jamais virtuel.
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Message  ivo le Sam 22 Jan - 18:56

En Tunisie, des policiers ont rejoint les manifestants
FRANCE INFO - 14:14
"Policiers opprimés, policiers sacrifiés". Ce sont les slogans criés par des dizaines de membres des forces de sécurité du ministère de l’Intérieur qui se sont rassemblés ce matin à Tunis pour exiger le droit de s’organiser en syndicat. La manifestation se tient place Mohamed Ali, devant le siège de l’Union générale des travailleurs tunisiens, là-même où ces mêmes policiers empêchaient il y a encore quelques jours le départ des manifestations...
En Tunisie, des policiers ont rejoint les manifestants, le reportage de Nasser Madji (1'16")

Les opposants au régime de Ben Ali ont plutôt réservé un bon accueil à ces nouveaux venus. Un journaliste de l’AFP raconte tout de même un incident, la rencontre avenue Habib Bourguiba, entre un passant et un policier : “C’est toi qui m’a torturé”.

Longtemps considérés comme les yeux et les bras du système de surveillance et de répression mis en place par Ben Ali, les membres des forces de l’ordre ont été hués par la foule pour leur rôle dans la répression des manifestations.

“ Y’en a marre de recevoir les ordres et pour une fois on veut crier notre colère” dit un policer qui préfère ne pas être identifié.

Beaucoup de policiers, qui n’ont pas participé à la manifestation, portent des brassards rouges, pour dire leur solidarité avec leurs collègues tout en continuant à maintenir l’ordre dans la rue.

Les larmes du policier

Ce rapprochement entre policiers et manifestants a commencé hier quand des membres de forces de l’ordre ont demandé pardon à la foule.

Les larmes du policier, reportage à Tunis signé Grégory Philipps (2'00")

Ce samedi, une centaine de policiers se proclamant "victimes" de l’ancien régime ont défilé à Sidi Bouzid où la contestation a débuté il y a cinq semaines, quand un jeune marchand de fruits, Mohammed Bouazizi s’est immolé par le feu après s’être fait saisir son étal et avoir été giflé par une policière.
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Message  spike le Dim 23 Jan - 1:47

Aller je te pique ta réplique ^o: "a good one is a dead one" espèrons qu'ils ,e se laisseront pas manipuler.
!
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Message  ivo le Dim 23 Jan - 10:27

Tunisie : des manifestants de province marchent vers la capitale
FRANCE INFO - 08:16
Des centaines d’habitants du centre-ouest de la Tunisie ont entamé hier une marche sur Tunis, pour réclamer le départ du gouvernement. Ils pourraient être des milliers à l’arrivée. Les premiers sont entrés ce matin dans la capitale tunisienne.
Les manifestants de province marchent vers la capitale, les premiers sont arrivés ce matin, Yves Izard, l’un des envoyés spéciaux de France Info (0'52")

La “caravane de la libération” comme l’appelle les manifestants, est partie du centre du pays. Elle a rejoint ce matin la capitale, en dépit du couvre-feu, en alternant marche et trajets en véhicules, un convoi hétéroclite de dizaines de camions, voitures, motos, camionnettes...

Hier matin, ils étaient environ 300 au départ de Menzel Bouzaiane, à 280 km au sud de la capitale, mais ont agglutiné d’autres manifestants en chemin et approchaient dans la soirée de la localité de Regueb où ils étaient attendus par la population.

Selon le correspondant de l’AFP, ils étaient environ 800 dans la soirée. Un syndicaliste qui participe à la marche, Mohamed Fadhel, a avancé le chiffre de 2.500.

Des appels circulent sur les réseaux sociaux pour que d’autres manifestants d’autres régions participent à cette "Caravane de la Libération". D’autres marches similaires vont partir de Kasserine (centre-ouest), autre foyer de la révolte populaire d’un mois qui a précipité le 14 janvier la chute du président Zine El Abidine Ben Ali, ainsi que de la ville minière de pays Gafsa (sud-ouest).

L’arrivée de tous ces manifestants dans Tunis pourrait s’étaler sur plusieurs jours.
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Message  ivo le Dim 23 Jan - 11:07

Plusieurs milliers de manifestants en France pour la démocratie en Tunisie
(AFP) – Il y a 14 heures
http://www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5j_XH2MFjkN_UJnxw9A3CppBNcWPw?docId=CNG.9d7bd8c326627ab1f38fd718f76420f9.3f1
LYON — Plusieurs milliers de personnes ont manifesté samedi en France pour soutenir l'éveil démocratique en Tunisie ou "révolution du Jasmin".
Elles ont demandé le départ de caciques de l'ancien régime Ben Ali dans le gouvernement de transition.
Environ 800 personnes selon la police, 1.500 à 2.000 selon le Comité pour le respect des libertés et des droits de l'homme en Tunisie (CRLDHT), ont manifesté dans l'après-midi de Denfert Rochereau vers l'ambassade Tunisie dans le 7ème arrondissement de la capitale.
"Démocratie en Tunisie", "Dissolution du RCD" (Rassemblement constitutionnel démocratique) au pouvoir sous le régime de Ben Ali, "Epuration du gouvernement" scandaient les manifestants essentiellement d'origine tunisienne et maghrébine, a dit Mouhieddine Cherbib, membre fondateur du CRLDHT.
Ils défilaient à l'appel du Collectif de solidarité avec les luttes des habitants de Sidi Bouzid - Tunisie, du nom de la ville située au sud de Tunis où la "révolution du Jasmin" a commencé il y a cinq semaines provoquant le départ le 14 janvier de Ben Ali.
A Lyon, on comptait entre 800 et un millier de personnes selon la police et les organisateurs, qui ont défilé dans le calme de la place Bellecour jusqu'au consulat tunisien en passant par la préfecture, où une délégation a été reçue.
"Aujourd'hui rien n'est acquis. La tête de la pieuvre est tombée mais ses tentacules tiennent encore le pays", a déclaré au micro Abdel Aziz Chaambi, du comité contre le racisme et l'islamophobie (CRI), coorganisateur de la marche avec l'association "les amis de Bouazizi" (ndlr: le jeune Tunisien qui s'est immolé par désespoir le 17 décembre à Sidi Bouziz et à l'origine de la révolte populaire).
"On a le sentiment que ça va dans le bon sens mais il n'est pas évident que les prochaines élections seront totalement démocratiques. Au préalable, il faudrait refonder la Constitution dont certains articles pourraient faire le lit d'un nouvel autoritarisme", a déclaré à l'AFP Abir Krefa, 32 ans.
Egalement en Rhône-Alpes, près d'une centaine de personnes se sont réunies à Grenoble selon un correspondant de l'AFP.
A Toulouse, la police a compté environ 200 personnes parmi lesquelles des militants de Lutte ouvrière, du NPA, de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) et d'ATTAC.
"Nous ne reconnaissons pas ce gouvernement, il faut former un gouvernement qui rassemble toutes les tendances y compris le RCD et les islamistes et le peuple décidera ensuite lors des élections", a dit un enseignant universitaire, Ahamed Djebali.
Réunis à Nice autour d'une estrade portant deux drapeaux, l'un tunisien, l'autre français, entre 200 et 400 manifestants ont écouté un orateur saluer la fierté retrouvée de la Tunisie.
"C'est historique, c'est le mur de Berlin qui tombe. Ils nous ont redonné notre fierté", a déclaré Marouane Bouloudhnine, porte-parole du "Collectif du Jasmin".
"Il est nécessaire que le jasmin qui a fleuri à Tunis exhale un parfum qui remplisse l'espace maghrébin et méditerranéen", a affirmé pour sa part Henni Mahamedi-Bouzina du collectif "Solidarité Maghreb" à Marseille. Dans cette ville, plusieurs dizaines de personnes ont soutenu une "manifestation pour la démocratie", samedi à Alger, interdite et réprimée par les autorités.
Plusieurs centaines de personnes au total ont également défilé à Nantes, Rennes et Bourges sans incident.
Copyright © 2011 AFP
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Message  ivo le Dim 23 Jan - 12:44

Frédéric Mitterrand présente ses "regrets" au peuple tunisien
FRANCE INFO - 11:58
"Lettre de Frédéric Mitterrand au peuple tunisien" ; ainsi s’intitule le texte publié aujourd’hui par l’hebdomadaire tunisien Réalités. Une lettre dans laquelle le ministre de la culture regrette ses déclarations sur le régime de Ben Ali.
“Alors que le peuple tunisien est parvenu par ses seules forces à se débarrasser de la chape de plomb qui pesait sur lui, je regrette profondément que mon attitude et les expressions qu’il m’est arrivé d’utiliser aient pu offenser des gens que j’ai toujours voulus aider et que j’admire et que j’aime. Puissent ceux qui me connaissent bien et savent ce que j’ai accompli réellement me comprendre et accepter mes regrets” explique Frédéric Mitterrand dans cette lettre.

Frédéric Mitterrand avait reconnu jeudi avoir obtenu la nationalité tunisienne dans les années 90, après l’organisation d’une année de la Tunisie en France, une série de manifestations culturelles. “Il se trouve que, sans doute peut-être, le régime a essayé de me récupérer en me donnant la nationalité, mais je n’ai pas fait de compromis, aucun”, avait assuré Frédéric Mitterrand sur France Inter. Mais il avait surtout été critiqué pour avoir jugé le 9 janvier “tout à fait exagérée” l’opinion selon laquelle le pays serait une “dictature univoque” en réponse à une question sur la répression des manifestations.
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Message  ivo le Dim 23 Jan - 18:51

Le propriétaire de la TV privée tunisienne arrêté pour haute trahison
Larbi Nasra, propriétaire de la chaîne Hannibal, a été arrêté pour "haute trahison et complot contre la sécurité de l’Etat" - il aurait voulu favoriser le retour du président Ben Ali, selon l’agence officielle TAP.

Selon le communiqué, "Larbi Nasra œuvrait par le biais de sa chaîne à faire avorter la révolution des jeunes, semer la désordre, inciter à la désobéissance et à la diffusion de fausses informations dans le but de créer un vide constitutionnel et de saboter la stabilité dans le pays et le pousser vers le chaos".

Larbi Nasra est apparenté à l’épouse de Ben Ali, Leila Trabelsi...
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Message  ivo le Dim 23 Jan - 19:22

Le nouveau gouvernement "doit tomber"
http://www.francesoir.fr/actualite/international/nouveau-gouvernement-doit-tomber-66497.html
Arrivée dimanche matin à Tunis, la « caravane de la libération » a rejoint le mouvement de colère des habitants de la capitale, qui réclament depuis une semaine un nouveau changement de gouvernement malgré le récent renversement de l'ancien régime.

Depuis lundi - jour de la mise en place du gouvernement tunisien de transition après le départ de l'ancien dictateur Ben Ali - les manifestations sont encore quotidiennes dans le pays, notamment à Tunis. En effet l'avenue Habib Bourguiba, cette artère centrale de la capitale, est un haut lieu de protestation pour les manifestants, plus d'une semaine après le renversement de l'ancien régime. Car la nouvelle formation du gouvernement, où le premier ministre intérimaire Mohamed Ghannouchi a reconduit six membres de l'ancien gouvernement de Ben Ali, ne satisfait pas le peuple tunisien qui réclame le départ du pouvoir de plusieurs caciques de l'ancien régime.

C'est pourquoi ce dimanche matin, la « caravane de la libération » partie du centre-ouest de la Tunisie - région agricole où la « révolution du jasmin » avait débuté mi-décembre - est arrivée dans la capitale et a rejoint le mouvement de contestation, soit deux jours après le ralliement aux cortèges de policiers en uniforme. « Nous sommes venus pour faire tomber les derniers restes de la dictature », a expliqué Mohammed Layani, un vieil homme drapé dans un drapeau tunisien, rapporte dimanche Ouest-France.

Partis samedi et venus de Menzel Bouzaiane, de Sidi Bouzid et de Regueb, ils sont arrivés à l'aube dans les rues désertes de la capitale, à bord de dizaines de camions, voitures, motos et camionnettes. De 300 au départ de Menzel Bouzaiane samedi matin, c'est-à-dire à 280 km au sud de la capitale, ils ont été rejoints en chemin par des centaines de manifestants avant de réaliser un sit-in devant le ministère de l'Intérieur, où ils ont déployé un vaste portrait de Mohammed Bouazizi, le jeune vendeur de fruits qui s'était immolé par le feu le 17 décembre à Sidi Bouzid.

Un bras de fer rue-gouvernement loin de prendre fin

La "Cararvane de la libération" devait à l'origine rejoindre Tunis à pied, en quatre ou cinq jours, mais les marcheurs ont expliqué dimanche qu'il n'y avait « pas de temps à perdre pour faire tomber le gouvernement ».
Cette manifestation, selon des témoignages, a été organisée de manière spontanée par des jeunes de la région. Des syndicalistes et des militants des droits de l'homme ont décidé de se joindre à leur mouvement en ce dernier jour de « deuil national » en hommage aux victimes de la « révolution du jasmin », et de la répression qui s'en est suivie ayant causé la mort de 100 personnes en un mois, selon l'Onu.
Le bras de fer rue/gouvernement est donc loin de prendre fin en Tunisie, où il est à la fois question de relance économique, et d'un autre côté, de changement immédiat du gouvernement provisoire.
Lundi, le gouvernement devrait en effet être confronté à une « grève générale illimitée » cette fois-ci, appelée par le syndicat des enseignants du primaire, alors que ce même jour doit correspondre à la reprise des cours suspendus depuis le 10 janvier dans le primaire et plusieurs établissements secondaires
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ivo

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Message  ivo le Lun 24 Jan - 9:51

Tunisie : malgré le couvre-feu, toujours des manifestations
FRANCE INFO - HIER, 21:54
Toute la journée, des milliers de personnes ont manifesté devant le siège du palais du Premier ministre. Après l’arrivée de ce que l’on a appelé "la caravane de la libération", partie hier de province, des centaines de jeunes ont pris le relais en soirée. Ils continuent à manifester dans la soirée, malgré le couvre-feu...

Devant le palais de la Kasbah, aujourd'hui. Les manifestations continuent pendant la nuit...
© REUTERS/ Zohra Bensemra

Nous n’allons pas quitter la place avant que ce gouvernement dégage” dit un manifestant déterminé. Ils sont quelques milliers à avoir manifesté aujourd’hui encore, devant le palais de la Kasbah, qui abrite les bureaux du Premier ministre.
C’était l’arrivée de la "caravane de la libération", un convoi hétéroclite parti hier du centre-ouest du pays, une région rurale et pauvre, foyer de la "révolution du jasmin" - Menzel Bouzaiane, Sidi Bouzid, Regueb, les bastions de la contestation.

Au-delà de tous les guillemets qui entourent ces expressions, il est une réalité : des milliers de personnes conspuent désormais les noms des ministres du gouvernement de transition, formé lundi dernier, et qui a bien du mal à exister.
“Le peuple vient faire tomber le gouvernement”, proclame tout simplement une banderole accrochée aux grilles du palais.


Et la détermination des manifestants semble intacte : plusieurs centaines d’entre eux ont décidé de prolonger leur campement en soirée. Bravant le couvre-feu, ils annoncent la couleur : ils ne partiront pas tant que le gouvernement ne sera pas tombé. Et sont donc prêts à passer la nuit sur place...

Un officier de l’armée lâche : “nous allons très probablement les laisser ici parce qu’ils sont venus de loin et qu’ils ne peuvent aller nulle part. Mais nous allons leur interdire de se déplacer dans la ville”.

Des centaines de manifestants rassemblés ce soir devant le palais du Premier ministre, malgré le couvre-feu. Nasser Madji est au milieu d’eux. (0'41")
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Message  ivo le Lun 24 Jan - 10:36

Tunisie : grève des enseignants, brefs affrontements à Tunis
FRANCE INFO - 10:09
A l’heure où écoles et universités rouvrent, l’appel à la grève lancé dans le monde enseignant pour protester contre la présence des caciques du régime Ben Ali dans le nouveau gouvernement semble bien suivi.
A Tunis, de brefs affrontements ont opposé manifestants et policiers devant le siège du Premier ministre.


Des centaines de jeunes venus de province campent devant la primature tunisienne pour exiger le départ du gouvernement de transition et des caciques du régime Ben Ali encore au pouvoir
© REUTERS / Zohra Bensemra

Les pierres des manifestants anti-gouvernementaux contre les gaz lacrymogènes des policiers : des incidents ont éclaté ce matin devant les bureaux du Premier ministre à Tunis, quand des policiers antiémeutes ont tenté d’exfiltrer des fonctionnaires du siège du gouvernement Ghannouchi.
Sur les centaines de manifestants qui avaient passé la nuit sur palce malgré le couvre-feu, quelques dizaines se sont précipités vers les policiers, provoquant un mouvement de foule.

L’incident a été bref mais violent. Et la tension reste vive sur la grande esplanade de la Kasbah, qui jouxte les bureaux du Premier ministre où des militaires parlementent avec les manifestants pour tenter de les calmer.
Les accès à la Kasbah ont été fermés, barrés par des barbelés et des cordons de l’armée et de la police.


Les manifestants venus notamment de la région de Sidi Bouzid d’où est partie la "révolution du jasmin" à la mi-décembre, appellent toujours au départ du gouvernement d’union nationale. "On va rester jusqu’à ce que le gouvernement démissionne et s’enfuie comme Ben Ali", lançait un manifestant.

Des centaines de manifestants venus de Sidi Bouzid campent devant la primature de Tunis pour réclamer le départ du gouvernement de transition - Grégory Philipps, l’un des envoyés spéciaux de France Info en Tunisie, est retourné à Sidi Bouzid, d’où était partie la révolution du jasmin (1'18")

Grève dans l’éducation
Ces nouveaux incidents interviennent alors que rouvrent, sur décret gouvernemental, écoles et lycées, fermées par Ben Ali juste avant sa chute.
Un appel à la grève a été lancé et il semble bien suivi, notamment dans le primaire, et dans la plupart des régions de Tunisie.

Le syndicat des instituteurs a lancé une grève illimitée pour protester contre la présence des caciques du régime Ben Ali dans le gouvernement de transition.
Cette pression populaire soutenue relance les spéculations sur la capacité de survie de ce gouvernement controversé, au sein duquel les ministres de l’ancien parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel tunisien (RCD), détiennent les postes-clés de l’Intérieur, de la Défense, des Affaires étrangères et des Finances.

Gilles Halais, avec agences
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Message  ivo le Lun 24 Jan - 10:38

"On attendait un gouvernement de rupture, pas un gouvernement d’ouverture" (Mustapha Ben Jaffar)
FRANCE INFO - 08:58
Les Tunisiens n’abdiquent pas. Des milliers d’entre eux ont encore manifesté ce week-end. Des centaines de provinciaux sont montés à la capitale, Tunis, pour crier leur colère et leur exaspération envers les classes dirigeantes. Beaucoup d’entre eux souhaitent la dissolution du gouvernement de transition. Un gouvernement qui compte encore d’anciens ministres de Ben Ali, le président déchu.
Mustapha Ben Jaffar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés, était l’invité de France Info ce matin. Selon lui, "le gouvernement actuel a fait un faux départ". " On attendait un gouvernement de rupture et non pas un gouvernement d’ouverture ", explique-t-il, soulignant le "rejet total" de l’ancien système exprimé par les milliers de Tunisiens qui ont fait la révolution du jasmin.

"Il faudrait refaire un bon départ avec un gouvernement de véritable de transition pour gérer les affaires courante", mais aussi "pour rassurer" le pays et la communauté internationale. La priorité aujourd’hui, c’est rétablir la confiance, estime Mustapha Ben Jaffar. " Il faut redémarrer dans un climat de confiance retrouvée ", explique-t-il.

Mustapha Ben Jaffar, chef du Forum démocratique pour le travail et les libertés répondait ce matin à Raphaëlle Duchemin (12'55")
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