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Tunisie >>>>>>>

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Re: Tunisie >>>>>>>

Message  ivo le Lun 24 Jan - 11:14

L'attitude de la Libye suscite la méfiance des Tunisiens
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/20/l-attitude-de-la-libye-suscite-la-mefiance-des-tunisiens_1468188_3212.html
TUNIS ENVOYÉE SPÉCIALE - Griffonné à la va-vite sur un morceau de carton, un slogan se distinguait des autres, mercredi 19 janvier, dans la manifestation qui a rassemblé à Tunis, la capitale, plusieurs centaines de personnes dans un climat très calme. "La Tunisie aux Tunisiens. Non à l'intervention étrangère", pouvait-on lire.

La France, au coeur d'une folle rumeur qui lui prêtait l'intention, au plus fort du soulèvement tunisien, de débarquer des troupes armées à Bizerte, une ville sur la côte nord, aurait pu être interpellée. Mais la première source d'inquiétude, ici, reste d'abord la Libye.

Depuis les déclarations de Mouammar Kadhafi, au lendemain de la chute de l'ancien président Zine El-Abidine Ben Ali, le 15 janvier, le sujet est pris très au sérieux.

"La Tunisie vit désormais dans la peur", avait souligné le dirigeant libyen, dans un discours relayé par l'agence de presse Jana. "Des familles peuvent être attaquées et massacrées dans leurs lits, et les citoyens dans la rue tuent comme s'il s'agissait de la révolution bolchevique ou américaine", avait-il affirmé avant d'ajouter : "A quoi cela sert-il ? A renverser Zine El-Abidine ? Ne vous a-t-il pas dit qu'il s'effacerait dans trois ans ? Soyez patients pendant trois ans et vos enfants resteront en vie."

La "leçon" du "Guide de la révolution" a été perçue comme une menace à peine voilée. "Cette inquiétude est légitime, observe l'économiste Mahmoud Ben Romdhane, membre du parti Ettajdid (ex-communiste), car il détient des leviers de pression."

Pour beaucoup, la réaction du chef de l'Etat libyen pourrait ne pas se limiter aux aspects économiques mais prendre la forme de représailles directes, avec l'envoi d'armes et de mercenaires. Prenant la parole à l'aéroport de Tunis-Carthage, le président du Réseau euro-méditerranéen des droits de l'homme, Kamel Jendoubi, de retour en Tunisie le 17 janvier après un exil de dix-sept ans en France, avait lancé : "Kadhafi risque de mettre le paquet pour créer le chaos en Tunisie. Il ne faut surtout pas qu'il déstabilise le pays."

L'inquiétude est partagée. "Il suffirait qu'il ferme sa frontière et cela poserait un grave problème économique pour la Tunisie", dit-on de source diplomatique américaine. "Si j'étais tunisien, mon principal souci, ce serait la Libye", acquiesce un diplomate occidental.

L'ancien président tunisien, si l'on en croit son ambassadeur à l'Unesco, Mezri Haddad, démissionnaire quelques heures avant sa chute, "a sollicité l'aide de la Libye pour qu'elle intervienne".

L'arrestation d'Ali Seriati, le chef de la garde présidentielle de M. Ben Ali, à Ben Gardane, près de la frontière tuniso-libyenne, a renforcé les craintes de ceux qui dénoncent la présence massive, de l'autre côté, de fidèles de l'ancien chef de l'Etat réfugiés sur un "territoire sûr".

Combien seraient-ils ? Plusieurs centaines, assurent certains. A posteriori, l'hommage appuyé de l'ex-chef de l'Etat tunisien à son homologue libyen, dans l'un des discours prononcés avant sa fuite, pour le "remercier" d'avoir proposé d'accueillir les jeunes chômeurs tunisiens sur son sol, a été réinterprété comme un message de soutien, presque un code, entre les deux dirigeants.

"Ce qui s'est passé en Tunisie, analyse Souhayr Belhassen, la présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH), c'est la chute du mur de Berlin dans le monde arabe, avec des conséquences partout."

Comme en écho, Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, réunie mercredi soir à Charm-El-Cheikh, en Egypte, sur le développement économique et social des pays arabes, est revenu sur le sujet. "Ce qui arrive en Tunisie, a déclaré M. Moussa, (...) n'est pas sans rapport avec les sujets discutés lors de cette réunion : le citoyen arabe en est arrivé à un niveau d'exaspération jusqu'ici inégalé."

Pour Mme Belhassen, cette préoccupation affichée est à double tranchant : "Cela révèle l'irréversibilité de la révolution tunisienne mais également la véritable haine qu'elle suscite, notamment en Libye." L'Europe et la France, conclut-elle, "devraient ouvrir les yeux sur ce danger".

Forte, selon les estimations les plus optimistes, de 45 000 hommes, l'armée tunisienne, devenue populaire depuis la chute de l'ancien régime, apparaît plus que jamais comme un rempart aux yeux de la population.

Bien que mobilisée pour protéger les sites sensibles de la Tunisie depuis le départ de M. Ben Ali, notamment dans la capitale, elle se serait gardée, cependant, de dégarnir sa frontière dans le Sud-Est.

Isabelle Mandraud
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Re: Tunisie >>>>>>>

Message  Invité le Lun 24 Jan - 18:11

Trouvé aujourd'hui un texte émanant du courant SR de la CGT :

Chers camarades

Si aujourd’hui, nous prenons l’initiative de nous adresser à nos camarades tunisiens, ce n’est nullement pour leur donner des leçons. Nous entreprenons cette démarche car, pendant des décennies, nos militants ont lutté dans les mêmes organisations, la CGT, la CGTU puis la CGTT.

Dès la création du syndicalisme en Tunisie, et jusqu’à l’indépendance de 1956, le courant syndicaliste révolutionnaire a été le plus actif dans sa participation à la lutte des travailleurs tunisiens pour leur émancipation intégrale. Actuellement, en France, nous militons aux côtés de nos camarades immigrés tunisiens dans la construction, le nettoyage,…Et demain nous devrons renforcer nos liens pour nous coordonner face aux dirigeants des multinationales françaises, puissamment implantés en Tunisie.

Les syndicalistes tunisiens sont engagés dans une bataille fondamentale qui ne fait que commencer. La chute du régime RCD ne signifie pas pour autant la fin de la domination capitaliste. Les syndicats de l’UGTT vont devoir se positionner et adopter une stratégie qui leur permettent de construire un contre-pouvoir face au nouveau gouvernement capitaliste tunisien. Ils vont devoir avancer en s’inspirant de leur expérience mais aussi en utilisant les expériences et les échecs que d’autres mouvements ouvriers ont accumulé ailleurs dans le monde.

C’est pour nous enrichir mutuellement que nous nous adressons à vous. Nous sommes vivement intéressés pour établir des contacts directs et apprendre. Vos premières victoires doivent être analysées afin d’en dégager leurs apports stratégiques.

Nous nous permettons également de vous faire connaître nos expériences.

Depuis 30 ans nos expériences sont surtout faites d’échecs qui doivent être autant d’enseignements. Dans les années 1945-1954, le mouvement syndical tunisien a su développer une stratégie offensive et autonome. Mais cette autonomie n’a pas été construite en pleine cohérence. L’UGTT a finalement cru qu’elle pouvait faire pression sur le néo-Destour de Bourguiba, qu’elle pouvait s’appuyer sur le nouvel Etat tunisien pour faire aboutir l’émancipation des travailleurs. Le mouvement ouvrier français a commis les mêmes erreurs à de nombreuses reprises dans son histoire.

Pourtant, tout comme l’UGTT, la CGT française se revendiquait de la Charte d’Amiens, de l’autonomie politique du mouvement syndical. Mais ce programme a finalement été abandonné par nos deux organisations et nous nous sommes inféodés à des politiciens. Le capitalisme continue donc de régner dans nos deux pays. Nous subissons la domination de la même bourgeoisie, ce que explique le soutien apporté par le patronat français et les partis politiques français à la dictature du RCD.

Si, dans ces heures déterminantes, nous pouvons donner un conseil à nos camarades tunisiens, c’est de reprendre le programme originel de l’UGTT et de lui donner une totale cohérence.

Face au nouvel état capitaliste, le mouvement syndical doit se constituer en contre-pouvoir, et ne pas rejoindre un quelconque gouvernement bourgeois.
Un contre-pouvoir qui accumule des forces en syndiquant massivement et partout.
Un contre-pouvoir qui organise les travailleurs pour prendre le contrôle des entreprises et des services, comme cela est déjà le cas dans certains secteurs.


En France, nous avons subi plusieurs expériences de « gouvernements de gauche ». Ces gouvernements ne se sont jamais attaqués au pouvoir des capitalistes. Au contraire, ils ont servi de manœuvre contre-révolutionnaire, d’outil pour démobiliser les travailleurs. L’Etat est demeuré capitaliste et a continué de servir la même classe sociale.

C’est cette expérience que nous transmettons à nos camarades tunisiens. Le droit de vote appliqué de longue date en France, n’a jamais permis au travailleurs d’obtenir leur émancipation. Le combat central ne se mène pas sur le terrain institutionnel.


Le Socialisme ne peut se construire qu’avec une dynamique de gestion des entreprises et des services par les travailleurs eux mêmes. La confédération syndicale est le seul outil capable de mener à bien cette perspective. Les Fédérations Syndicales doivent gérer les branches professionnelles en s’appuyant sur des syndicats professionnels locaux (Textile, Chimie, Education, Santé,…). Les Unions Locales et Départementales de Syndicats doivent gérer la production locale et la répartition des marchandises et des services. Dans le Socialisme,il n’y a nul besoin d’une couche bureaucratique, qui gère au nom des travailleurs. Ce sont les syndicats qui doivent gérer démocratiquement grâce à des assemblées générales de syndiqués. C’est le programme politique figurant dans la Charte d’Amiens.

Ce programme qui fut celui de la CGTT et de la CGT, vous pouvez commencer à l’appliquer en Tunisie. Vous avez la légitimité et la force pour le faire.

Cette dynamique révolutionnaire ne peut aboutir que si elle dépasse les frontières, que si elle reçoit le soutien des organisations syndicales d’autres pays. C’est ce que nous vous proposons de faire aujourd’hui en transmettant aux travailleurs français et aux immigrés tunisiens l’écho de vos combats. Organisons nous ensemble dans les multinationales pour détruire le pouvoir de nos exploiteurs, car sinon la dictature continuera de régner dans les entreprises.

Votre combat est aussi le notre.

Avancez en construisant votre propre pouvoir de classe.

Salutations syndicalistes, fraternelles et internationalistes

Le secrétariat des CSR


L’histoire de nos combats communs

Le mouvement ouvrier tunisien est profondément influencé par le courant syndicaliste révolutionnaire. Mais cette histoire n’a jamais été écrite car elle dérangeait la dictature et les partis politiques qui parlent au nom des travailleurs.

En Tunisie, cette tendance naît chez les travailleurs immigrés (entre autre Italiens) mais elle va rapidement s’étendre au prolétariat arabe. Dès le début du XXème siècle, des syndicats CGT, semi illégaux, organisent les travailleurs tunisiens et se proclament « internationalistes ». En 1905, c’est un travailleur arabe qui ouvre le cortège du premier mai, portant un drapeau rouge.

La CGT de Tunisie (Bourse du Travail de Tunis, Syndicat des Cheminots de Tunis,…) participe au congrès d’Amiens de 1906 où va être adoptée la Charte d’Amiens. Puis la première guerre mondiale va être marquée par la trahison de certains syndicalistes qui soutiennent le militarisme et le colonialisme français. En 1919, les internationalistes de la CGT constituent en France, en Algérie et en Tunisie des Comités Syndicalistes Révolutionnaires.

L’action des syndicalistes révolutionnaire débouche sur les grèves de 1919 et 1920. Cette tendance diffuse un journal, l’Avenir Social, qui renforce son combat anti-colonialiste. Exclus de la CGT colonialiste, ces militants constituent une CGTU (syndicaliste-révolutionnaire) qui a pour mot d’ordre « la Tunisie aux Tunisiens et la Tunisie aux travailleurs ».

Les responsables de cette organisation syndicale sont réprimés. Robert Louzon, après 6 mois de prison, est expulsé de Tunisie. Car dès sa création la CGTU défend le mot d’ordre d’indépendance de la Tunisie. La CGTU publie plusieurs quotidiens en arabe, tous interdits, elle lance des campagnes de syndicalisation auprès des travailleurs arabes. Jean Paul Finidori prend la relève. Il est révoqué de son poste de fonctionnaire, ce qui ne l’empêche pas d’organiser de puissantes grèves à Bizerte et à Tunis en 1924 et en janvier 1925.

Ces militants syndicalistes révolutionnaires choisissent finalement de lancer la création de la CGTT en 1924. Mohamed Ali est élu secrétaire de la nouvelle centrale. La CGTT participe aux actions de l’Internationale Syndicale Rouge, qui regroupe les tendances et confédérations syndicalistes révolutionnaires[1].

Arrêté en février 1925 avec ses camarades tunisiens, Finidori est condamné à 10 ans de bannissement, tout comme son ami Mohamed Ali, en raison de son combat anti-colonial.

Finidori et Louzon vont continuer à soutenir le combat de leurs camarades tunisiens en publiant en France régulièrement des articles de soutien dans la revue des syndicalistes révolutionnaires, la Révolution Prolétarienne[2]. Les syndicalistes révolutionnaires tentent de maintenir l’action de la CGTT. C’est le cas des enseignants Charles Boussinot et Maurice Raimbault ainsi que les anciens des Jeunesses Syndicalistes. mais la CGTT ne pourra survivre à la répression coloniale.

Cependant l’influence syndicaliste révolutionnaire se maintient au sein de prolétariat tunisien. Dès la création de l’UGTT en 1944-45, Hached et ses camarades se revendiquera régulièrement de la Charte d’Amiens[3]. Cette revendication d’indépendance syndicale permet à l’UGTT d’intervenir comme une force autonome par rapport au Néo-destour. Cependant cette stratégie d’autonomie ouvrière ne sera pas maintenue avec assez de rigueur et de clarté. La centrale syndicale s’associe finalement à la gestion du nouvel Etat au lieu de construire le Socialisme, c’est à dire la gestion ouvrière. La perte de son indépendance politique constituera pour l’UGTT une impasse.

Malgré cet échec relatif, beaucoup de militants de l’UGTT continueront de défendre l’indépendance syndicale comme une forme de contre-pouvoir. C’est pourquoi les syndicalistes de l’UGTT ont été le fer de lance de la révolte de janvier 2011.

Malheureusement le syndicalisme révolutionnaire a perdu progressivement de son influence en Tunisie comme en France. Notre courant syndical est en train de se reconstruire en France.
Mais il ne peut limiter son combat à un pays car son ennemi, le capitaliste, est international.
Comme autrefois les syndicalistes de nos deux pays doivent lutter coude à coude, comme des frères.

« L’émancipation des travailleurs sera l’œuvre des travailleurs eux mêmes »

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[1] Rapport des congrès de l’ISR de 1924 et 1928

[2] Histoire du Syndicalisme dans le Monde, Jean Sagnes, Privat, pages 261-262

Aux origines des tiers-mondismes, Claude Liauzu, L’harmattan

[3] Le syndicalisme tunisien et la question de l’autonomie syndicale de 1944 à 1956,

A.B. Hamida, dans Le mouvement ouvrier maghrébin, éditions du CNRS
http://www.syndicaliste.fr/ http://redskins-limoges.over-blog.org/

Encore une fois, je ne dis pas que j'adhère à tout ce qui est dit dans ce texte, mais ça peut être une bonne base de réflexion (non pas autre topic, aïe pas sur la tête...)

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Message  ivo le Mar 25 Jan - 9:22

Le gouvernement provisoire tunisien en passe d’être remanié ou remercié
FRANCE INFO - 00:11
Des informations incertaines parviennent de Tunisie, certaines faisant état de négociations, alors que des milliers de manifestants bravent le couvre-feu, pour remplacer le gouvernement provisoire tunisien par un "comité des sages". D’autres informations évoquent un simple remaniement ministériel. L’armée, qui s’est posée en "garante de la révolution", a dénoncé le danger d’un vide politique.

Matelas et couvertures sont à nouveau de sortie à Tunis. La foule a de nouveau décidé de prendre ses quartiers devant la Primature, la résidence du Premier ministre, malgré le couvre-feu censé s’imposer dans la capitale tunisienne. Les manifestants n’en démordent pas : ils demandent la démission du gouvernement provisoire, coupable à leurs yeux d’être trop semblable à ceux de l’ancien régime. Ils ne veulent plus voir au pouvoir les anciens ministres du président déchu Zine Ben Ali.

Le général Rachid Ammar, très populaire chef de l’armée de terre, a eu beau se fendre d’un discours très applaudi, pour appeler les manifestants “à la modération” et leur demander de quitter les lieux, rien n’y a fait : “le discours du général était très bon, mais nous ne renonçons pas : nous resterons jusqu’à ce que tombe le gouvernement”, clamaient des manifestants. “Soit on nettoie tout une fois pour toutes, soit on va revenir à la dictature. Si l’arbre est pourri, il ne faut pas se contenter de couper les branches, il faut le déraciner”, expliquait un homme venu de Bizerte.

Le général Rachid Ammar est intervenu pour demander aux manifestants de se retirer. Grégory Philipps était sur place. (1'22")

Le général Ammar a assuré que l’armée était “garante de la Révolution”. Il a assuré qu’elle resterait fidèle à la Constitution, en évitant de trop soutenir l’actuel gouvernement. mais il a mis en garde les manifestants contre la vacance du pouvoir, “qui engendre la dictature”, selon lui.

Tandis que la rue voit en la Kasbah, le quartier des ministères tunisiens une nouvelle Bastille à démonter, le gouvernement provisoire est peut-être en train de compter les heures qui lui restent. Les informations sur l’ampleur des changements qui pourraient affecter l’équipe ce mardi sont quelque-peu fluctuantes. Certaines font état de négociations entamées pour la remplacer par un “comité des sages”, dont il est difficile de savoir si il remplacerait ou superviserait le gouvernement. Cette instance pourrait comprendre des responsables politiques, des représentants de la société civile, des avocats et des responsables syndicaux. “L’idée est de créer une sorte de conseil pour la protection de la révolution”, explique Sihem Bensedrine, une des figures de l’opposition à Ben Ali.

A Tunis, les rumeurs vont de la chute du gouvernement à un simple remaniement. Le récit sur place de Yves Izard. (1'01")

Mais l’existence de ces négociations n’a pas été confirmée. Au contraire, le gouvernement évoque une autre possibilité. Et la nouvelle révolution de palais annoncée pourrait se résumer à un remaniement. Le sort du Premier ministre de transition, Mohammed Ghannouchi sera en particulier suivi avec intérêt par les manifestants, qui réclament en priorité sa démission.
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Message  ivo le Mar 25 Jan - 9:43

Leïla Ben Ali préparait son installation avenue Foch
http://www.lefigaro.fr/international/2011/01/21/01003-20110121ARTFIG00545-leila-preparait-son-installation-avenue-foch.php
La fortune du clan en France serait essentiellement immobilière. Elle comprend deux hôtels particuliers parisiens, acquis l'an dernier, un chalet à Courchevel et des villas sur la Côte d'Azur.

C'est bien le président Ben Ali qui était attendu au Bourget vendredi 14 janvier. Une demi-compagnie de CRS, le préfet de Seine-Saint-Denis, Christian Lambert, la patronne de la police de l'air et des frontières et son adjoint avaient été dépêchés sur place, initialement pour accueillir le Président en fuite et son épouse. Après une longue attente, l'accès au sol français leur est refusé (sur ordre de l'Elysée?) alors qu'ils survolent la Sardaigne. Cap sur l'Arabie saoudite. Un peu plus tôt dans l'après-midi, Cyrine, une des trois filles de l'ex-président, était arrivée au Bourget à bord d'un jet privé flanquée de son mari, Marouane Mabrouk, de deux petites filles et de leur suite. Nasrine, 24 ans, la fille de Ben Ali et de sa seconde épouse, était arrivée à Paris la veille. Tout le monde prend la direction de Disneyland Paris pour un week-end discret. Mais la nouvelle de leur présence se répand comme une traînée de poudre, forçant les autorités à réagir: la famille est priée de plier bagage et de quitter la France avant samedi 14 heures. Le départ se fera finalement dans la soirée et à destination d'un pays arabe, probablement le Qatar. Les rêves de retraite dorée à Paris des Ben Ali se sont évanouis en quelques heures.

Le clan pensait pourtant avoir tout prévu. Ces derniers mois, l'épouse du Président et sa famille avaient effectué plusieurs opérations immobilières d'envergure comme si elle et les siens préparaient déjà l'après-Ben Ali sur le sol français. La révolution de jasmin aura été plus rapide que la maladie du Président.

En septembre dernier, Leïla s'est offert un somptueux hôtel particulier avenue Foch, dans le XVIe arrondissement, acheté au nom de Mohamed, presque 6 ans, son unique fils, le petit empereur choyé du clan. Deux mois plus tôt, le mari de Nesrine, Mohamed Sakhr el-Materi, 30 ans, avait dépensé 37 millions d'euros pour un prestigieux hôtel particulier du Marais. Les Trabelsi détiendraient en outre plusieurs appartements haussmanniens à Paris. La famille serait également propriétaire d'un chalet à Courchevel et d'une, voire deux villas, sur la Côte d'Azur. A l'été 2008, tout le clan s'était retrouvé à Saint-Tropez pour les vacances.

Si l'essentiel des placements semble concerner des biens immobiliers, les Ben Ali disposeraient aussi d'une solide fortune répartie sur divers comptes en banque à Paris, soit dans des banques françaises, soit dans des succursales parisiennes de banques tunisiennes et suisses.

Pour l'heure, malgré les déclarations de Christine Lagarde sur la volonté de Paris de faire preuve de la plus extrême vigilance sur d'éventuels mouvements financiers autour des Ben Ali, rien n'empêche juridiquement les titulaires des comptes de disposer de leur argent. Dès la fin de la semaine dernière, Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy, a demandé aux banques de signaler tous les mouvements sur les comptes identifiés des deux familles. En cas de nécessité, Tracfin pourrait prendre des mesures de blocage sur ces comptes pendant quarante-huit heures maximum. En outre, la ministre de l'Economie déclarait mardi à l'Assemblée nationale avoir demandé à Tracfin de «saisir les notaires et les avocats pour qu'ils exercent une vigilance absolue sur les actifs appartenant de près ou de loin à la famille Ben Ali». En d'autres termes, que la famille ne puisse pas vendre des biens en toute discrétion.

L'affaire risque de se déplacer rapidement sur le front judiciaire. Trois ONG, Transparency International, Sherpa et la Commission arabe des droits humains ont déposé plainte lundi soir auprès du parquet de Paris pour détournement de fonds publics. «Notre objectif, explique Daniel Lebègue, de Transparency, est triple: identifier de manière précise les actifs et l'état des comptes des Ben Ali, obtenir un gel durable de ces biens grâce à une décision de justice, et enfin, restituer ces biens détournés à l'Etat tunisien.»

LIRE AUSSI :

» Ben Ali, ascension et chute d'un autocrate austère

» La vie de palace de Ben Ali à Djeddah

» L'intrigante Leïla Ben Ali, «régente» déchue de Tunisie

» La petite entreprise très profitable du clan Trabelsi

» DOSSIER SPECIAL - Révolution en Tunisie, la nouvelle donne
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Message  niouze le Mar 25 Jan - 14:07

tient un truc intéressant que devrait faire les média (et pas seulement lorsqu'ils sont destituer de leur pouvoir) c'est annoncé toutes les maisons, immeubles particuliers et autre détenu en france par des dictateurs (on se rendrait surement compte que neuilly et une bonne part des quartier huppé parisien appartiennent a ce type de personnage )

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Message  ivo le Mar 25 Jan - 14:09

si y'avait que paris .... ^^

et si en plus on rajoute toutes les villas appartenant à # mafieux ...

reste plus que la zup (mais c'est des zones de non droit XD)
et les vieilles fermes en ruines (qui sont rachetées une fortune par les retraités des pays du nord XD)

memes les yourtes et autres camions sur parkings c'est plus possible ...
reste plus que des camps moi j'dis ^^

[/end of flood]
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Message  ivo le Mer 26 Jan - 13:45

L’ambassadeur de France en Tunisie remercié
FRANCE INFO - 12:20
Accusé de ne pas avoir pris la mesure assez vite de ce qui se passait en Tunisie, l’ambassadeur Pierre Ménat a été débarqué en conseil des ministres ce matin. Et remplacé par Boris Boillon, qui était jusque là l’ambassadeur de France en Irak.
Il est une des victimes collatérales de la révolution de jasmin : l’ambassadeur de France en Tunisie, Pierre Ménat, est débarqué. Accusé de n’avoir pas pris assez tôt la mesure de la situation. De source gouvernementale, on affirme évidemment que ce départ “n’est pas une sanction puisqu’il sera prochainement appelé à d’autres fonctions”.

N’empêche, la France a été sévèrement critiquée, pour avoir tardé à soutenir la révolution - ce n’est qu’après le départ de Ben Ali que Paris a publiquement appuyé le soulèvement...

Le nouvel ambassadeur sera Boris Boillon, actuellement en poste à Bagdad. Un proche de Nicolas Sarkozy : il a été pendant deux ans l’un de ses conseillers diplomatiques, avant de devenir le plus jeune ambassadeur de France, en Irak.

.................


Tunisie : mandat d’arrêt international contre Ben Ali et sa femme
FRANCE INFO - 12:52
La justice tunisienne a lancé un mandat d’arrêt international contre le président déchu Zine El Abidine Ben Ali, réfugié en Arabie Saoudite.
Son épouse Leïla Trabelsi est également concernée a annoncé le ministre de la Justice Lazhar Karoui Chebbi.


Les autorités tunisiennes ont demandé l’aide d’Interpol pour obtenir l’arrestation de l’ancien président Zine ben Ali et de son épouse Leila Trabelsi, qu’elles entendent juger pour détournement de fonds, a déclaré le ministre tunisien de la Justice.
Lazhar Karoui a indiqué aussi que les autorités tunisiennes avaient l’intention de traduire devant la justice six membres de la garde présidentielle de Ben Ali, pour incitation à des violences après la chute du chef de l’Etat.


La Suisse et la France, qui a ouvert une enquête pour corruption, ont récemment décidé de bloquer d’éventuels fonds appartenant au président tunisien déchu Zine.
L’Union européenne a également adopté le principe d’un gel des avoirs de l’ancien président.

Aucune action en justice n’est en préparation à ce stade contre Rafic Belhadj Kacem, ministre de l’Intérieur qui a dirigé la répression des manifestations fin décembre et a été limogé quelques jours avant la fuite de Ben Ali.

Le président Ben Ali a fui le 14 janvier la Tunisie, sous la pression d’une révolte populaire sans précédent, et a trouvé refuge en Arabie Saoudite.
Son épouse Leïla, honnie par la population pour avoir mis le pays en coupe réglée, a également quitté le pays, à une date et pour une destination inconnues.



Des heurts à Tunis, qui attend le nouveau gouvernement
Alors que l’annonce du remaniement gouvernemental est attendue dans la journée, les esprits s’échauffent : des heurts se sont produits ce matin aux abord du palais du Premier ministre ; la deuxième ville du pays, Sfax, est en grève générale.

Depuis dimanche, ils dorment sur l’esplanade de la Kasbah, devant le palais du Premier ministre. Et se font de plus en plus pressants...“A bas le gouvernement !” Le slogan est repris par des centaine de personnes, encore ce matin. “Nous avons une seule demande : que le gouvernement tombe, ils doivent tous partir, Ghannouchi le premier”, explique un manifestant.

Un nouveau gouvernement a beau avoir été annoncé pour aujourd’hui, rien n’y fait. Les esprits sont assez remontés. La foule réclame de plus en plus vivement le départ des anciens caciques du régime de Ben Ali.

Ce matin, la police anti-émeute a dû intervenir pour disperser un groupe qui tentait de forcer un barrage. De plus en plus nombreux, des jeunes ont jeté des pierres sur la police, qui a riposté à coups de gaz lacrymogènes.
L’armée, qui s’était interposée hier entre policiers et manifestants, est cette fois restée impassible.


De nouveaux affrontements à Tunis : reportage de Yann Gallic (1'11")

GREVE GENERALE
Alors que le pays vit dans l’attente de ce nouveau gouvernement - à même de calmer les esprits - la deuxième ville de Tunisie, Sfax, au sud, a débuté ce matin “le débrayage de milliers de travailleurs de tous les secteurs” , selon l’expression de la centrale syndicale UGTT.

Une grève générale, donc. Avec, encore et toujours, la même demande : dissolution du gouvernement de transition. Et dissolution “du RCD, le Rassemblement constitutionnel démocratique de l’ancien président Ben Ali”
.


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Message  ivo le Jeu 27 Jan - 12:59

La Tunisie toujours sous tension, en attendant le remaniement
FRANCE INFO - 08:38
Le remaniement ministériel doit être annoncé aujourd’hui en Tunisie. Les manifestants, qui sont installés depuis plusieurs jours sous les fenêtres du Premier ministre, demandent la démission du gouvernement de transition, et notamment celle des ministres proches du président déchu Ben Ali.
Mais ce matin, c’est surtout à Sidi Bouzid, berceau de la Révolution, que ça se passe : grosse manifestation dans la ville et grève générale à l’appel de la centrale syndicale UGTT.


"Non au vol de la révolution !" scandaient ce matin les milliers de manifestants réunis dans la ville du centre-ouest de la Tunisie, Sidi Bouzid, d’où la contestation est partie en décembre, après l’immolation d’un de ses habitants, un jeune marchand de fruits excédé par les humiliations policières qu’il subissait constamment.

Impossible de savoir combien de personnes défilent. "Environ 2.000" selon un policier, "plus de 10.000" selon un syndicaliste, tous les deux interrogés par l’AFP. Tous les commerces en tous cas ont gardé leur rideau baissé.

Là, comme à Tunis, les manifestants mobilisés depuis plus d’une semaine réclament le départ des caciques du gouvernement de transition. Un gouvernement qui doit annoncer son propre remaniement aujourd’hui même.

La Tunisie attend toujours le remaniement ministériel A Tunis, le reportage d’Yves Izard (1'11")


Des jeunes manifestent le 26 janvier à Tunis contre le gouvernement de transition. Une partie de la rue tunisienne réclame depuis plusieurs jours le départ des ministres de l'actuel gouvernement provisoire qui étaient membres du parti RDC du président déchu Zine Ben Ali.
©REUTERS/Zohra Bensemra

Mandat d’arrêt contre Ben Ali : la procédure risque d’être très compliquée A Ryad, les précisions de Clarence Rodriguez (0'57")

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Message  niouze le Jeu 27 Jan - 13:55

Le gouvernement français savait que des grenades lacrymogènes étaient en partance pour la Tunisie. L'affaire, racontée par Rue89, n'en finit pas de susciter des remous.

Alors que Michèle Alliot-Marie et François Fillon ont assuré que la France ignorait que la Tunisie était livrée en gaz lacrymogène par une entreprise française entre les mois de décembre et janvier, la société chargée de l'exportation de ce produit a déclaré le contraire et confirmé que le régime de Ben Ali avait bien passé commande au plus fort des émeutes :

« Sofexi a reçu des autorités françaises tous les agréments nécessaires à l'exportation de grenades lacrymogènes commandées entre décembre et janvier par le ministère tunisien de l'Intérieur.


Nous avions tous les agréments des ministères concernés. »

Pour pouvoir livrer ce type de matériel, les entreprises doivent recevoir au préalable une autorisation d'exportation (un formulaire AEPE, autorisation d'exportation de poudres et explosifs) délivrée par les ministères de l'Intérieur, des Finances et de la Défense. Le matériel ayant été sur le point de partir en Tunisie le 14 janvier dernier, il est désormais certain que cette autorisation a été donnée par le gouvernement.

Selon Le Monde, les services de MAM ont étroitement travaillé avec ceux de l'Intérieur : quatre livraisons de matériel de maintien de l'ordre auraient été acceptées par le gouvernement au courant du mois de décembre.
La fable élyséenne s'effondre

En pleine tempête depuis sa proposition de coopération policière et sécuritaire à la Tunisie, Michèle Alliot-Marie a nié toute implication, répondant à une question du député socialiste Gaëtan Gorce à l'Assemblée nationale le 23 janvier :

Gaëtan Gorce : « Mme Alliot-Marie ne s'est pas contentée de proposer une coopération policière qui devait s'adresser à un régime dont on a vu qu'il utilisait des moyens sanglants ; le gouvernement a agi en ce sens. Nous avons appris la semaine dernière qu'un avion, chargé de sept tonnes de matériel de maintien de l'ordre, avait été affrété et s'apprêtait à partir, au moment même du départ de M. Ben Ali, et n'avait été arrêté que pour une raison de procédure tenant au service des douanes. […]

Ma question ira droit au but, monsieur le Premier ministre : si un avion a été préparé et a failli partir, combien d'autres ont été éventuellement envoyés ? Pouvez-vous nous garantir qu'aucun transfert de matériel de maintien de l'ordre n'a été assuré au bénéfice du régime de Ben Ali entre la mi-décembre et la mi-janvier ? »

Michèle Alliot-Marie : « En matière de police, les choses sont très claires. Nous entretenons avec la Tunisie une coopération extrêmement faible, essentiellement institutionnelle, qui se situe dans le cadre d'Interpol. […] Nous n'avons rien à cacher en matière de coopération. Et si vous voulez davantage d'éléments, je les tiens à votre disposition. » (Voir la vidéo)


Cette information achève de faire tomber la fable élyséenne selon laquelle la France aurait bloqué des grenades lacrymogènes à destination de Tunis. Rue89 racontait la semaine dernière que le motif du blocage, administratif, avait été habilement exploité par le gouvernement pour se dédouaner de la responsabilité de cette livraison.

Dans un courrier envoyé à François Fillon, Jean-Marc Ayrault, le patron des députés socialistes, demande au gouvernement de transmettre tous les informations à l'opposition et d'indiquer « pour chaque ministère, quand les autorisations d'exportation ont été données et enfin [de nous dire] si toutes ces exportations ont été bloquées et par qui ». (Voir la vidéo des grenades lacrymogènes bloquées à Roissy)

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Message  Invité le Jeu 27 Jan - 20:08

Un petit texte d'un membre de la FA que je me suis permis de copier du Monde libertaire :
Fin d’un dictateur, pas de la dictature

« On ne négocie pas avec un dictateur, on l'abat ! 1 »
Moncef Marzouki


Le formidable mouvement populaire tunisien qui a abouti à la chute de Ben Ali et de son clan de maffieux a provoqué, au-delà de la surprise de l’événement et du surgissement de l’histoire en marche, un puissant courant d’espoir et de sympathie à travers le monde. Des deux côtés de la Méditerranée, les peuples ont vu dans cette révolution, dite du jasmin 2 (peut-être en référence à celle des œillets en 1974 au Portugal), que l’espace des possibles n’est pas clos.
En Algérie, en Égypte, en Jordanie, partout dans le monde arabe et au-delà, des mouvements de solidarité avec les Tunisiens sont apparus, et des revendications sont lancées. Des populations soumises à la dictature se mettent à rêver : ce qui fut possible en Tunisie doit l’être ailleurs. Les aspirations des Tunisiens sont universelles : égalité, liberté, justice sociale. Ils réclament la fin de la souffrance et de la misère, la fin de l’oppression économique et politique. Dans le cours des événements, des gens qui jusque-là avaient peur de leurs voisins se sont mis spontanément à se parler, à créer des liens de solidarité, à faire face ensemble aux difficultés de toutes sortes nées des circonstances. Ce qui hier encore aurait été vécu comme insupportable est allégé par la cohésion retrouvée d’une société solidaire.
Cela, les dirigeants politiques et les tenants de l’ordre l’ont aussi compris.

Ils savent le danger pour eux et leur classe à laisser s’installer durablement le sentiment révolutionnaire. Le péril que ce dernier représente pour eux doit être combattu par tous les moyens. Enfin, presque tous les moyens : laissons la matraque et le fusil dans les râteliers, et usons de moyens plus subtils : insécurité liée à des mercenaires de l’ancien dictateur, qu’on exagère délibérément ; pénuries de toutes sortes qui vont sans doute finir par avoir raison de l’élan révolutionnaire de la mère de famille ; couvre-feu et interdiction de réunion sur voie publique ; intoxication médiatique. Les bonnes recettes, qui ont marché ailleurs (par exemple en Roumanie en 1989…), pourraient bien là aussi faire leur office. Des élections vont être organisées, elles seront peut-être « libres et honnêtes », mais tout sera fait pour que le jeu reste entre politiciens respectables et présentables, et pour que le peuple retourne s’occuper de ses oignons et laisse les experts s’occuper de ce qui est bon pour lui, avec l’onction des chères démocraties avancées et du FMI.

Déjà, on entend dans nos médias français les conseilleurs ergoter à longueur d’antenne sur le danger islamiste ou sur la représentativité de tel ou tel : les Diaffoirus, les médiacrates de tout acabit accourent au chevet de la toute jeune démocratie pour délivrer leurs ordonnances et prescriptions intéressées. Car si le dictateur est parti, la dictature, elle, n’est pas finie. Son principal organe, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), parti de masse revendiquant un million de membres (soit un Tunisien sur dix !), est toujours debout et détient les postes clés dans le nouveau gouvernement. Pendant le soulèvement, des locaux du RCD avaient été incendiés, des manifestants avaient exigé que les immeubles abritant ce parti soient remis au peuple et transformés en lieux associatifs. L’incendie révolutionnaire a été éteint trop tôt, hélas ! Le peuple n’entend pas se faire voler sa révolution : des manifestations ont eu lieu pour exiger le départ des membres du RCD du gouvernement de transition. Les gens ont crié leur hostilité aux anciens obligés de Ben Ali, qui ont servi sans broncher, pendant toutes ces années, la dictature et qui aujourd’hui prennent des poses démocratiques.

Et la misère, le chômage, les inégalités ne reculeront pas du fait de la libéralisation politique : ce n’est pas pour accéder librement à YouTube que sont morts des dizaines de Tunisiens ! C’est la dictature du capitalisme qu’il faut abattre, c’est l’exploitation économique qu’il faut éradiquer. En Tunisie comme ailleurs, à bas l’exploitation, la domination et l’État ! Anarchistes, soutenons la lutte du peuple tunisien et étendons-la partout !

Mohamed, groupe Pierre-Besnard de la Fédération anarchiste

Le site du Monde libertaire

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Message  ivo le Ven 28 Jan - 11:00

Remaniement en Tunisie : Ghannouchi reste, les principaux ministres de Ben Ali partent
FRANCE INFO - HIER, 21:00
Le Premier ministre tunisien Mohammed Ghannouchi reste à la tête du nouveau gouvernement de transition en Tunisie. Mais la plupart des ministres en poste sous le régime de Zine Ben Ali quittent l’équipe. Les titulaires de la Défense, de l’Intérieur et de la Justice sont remplacés, ainsi que le ministre des Affaires étrangères, qui avait démissionné un peu plus tôt dans la soirée.
Le Premier ministre de transition tunisien Mohammed Ghannouchi a été reconduit dans ses fonctions et a annoncé un nouveau gouvernement dont les principaux caciques de l’ancien régime Ben Ali ont été écartés de postes-clé (Intérieur, Défense, Affaires étrangères, Finances).

Neuf entrants et douze sortants. Le Premier ministre tunisien, Mohammed Ghannouchi, a dévoilé le nouveau gouvernement. A Tunis, la correspondance d’Yves Izard. (1'17")

Mohammed Ghannouchi a égrené à la télévision national la liste de son nouvel exécutif chargé d’organiser des élections démocratiques dans les prochains mois, dans une intervention en direct à la télévision publique tunisienne. “Ce gouvernement est un gouvernement provisoire de transition, qui restera en poste jusqu’à ce que sa mission de mener le pays à la démocratie soit accomplie”. Il a assuré que tous les partis politiques et des acteurs de la société civile avaient donné leur accord à cette liste qui a été composée après leurs consultations, a-t-il précisé, sans doute à l’intention des manifestants.

Mais les manifestants en question ne semblent pas trouver les changements suffisants. Des cris ont accueilli l’allocution du Premier ministre : “du pain, de l’eau mais pas de Ghannouchi !”, a scandé la foule qui campe sous les fenêtres de la Primature, pour demander le départ de Mohammed Ghannouchi. “Etant donné qu’il n’a pas combattu la corruption sous Ben Ali, il est complice”, accuse un manifestant.

Le message se veut donc clair. Mohammed Ghannouchi a annoncé que des élections libres seraient organisées par une commission indépendante et en présence d’observateurs internationaux. En attendant, le gouvernement devra détricoter les lois anti-démocratiques de Zine Ben Ali, afin que que tous les candidats puissent se présenter. Les élections devraient avoir lieu dans six à sept mois. D’ici là, il ne compte plus faire de changement. Du moins il l’espère.



Tunisie : "la rupture réelle avec l’ancien régime n’est pas encore consommée" (Ahmed Mestiri)
FRANCE INFO - 09:16
Plus de deux semaines après la fuite de Ben Ali, la Tunisie s’est dotée d’un nouveau gouvernement d’union. Les principaux caciques de l’ancien régime ont été écartés. Un gouvernement largement remanié mais toujours dirigé par le Premier ministre Mohamed Ghannouchi, dont certains manifestants réclament toujours le départ. Par ailleurs, un Comité des sages devrait être mis en place pour superviser la transition vers un régime démocratique. Un comité qui pourrait être présidé par Ahmed Mestiri, 80 ans, opposant reconnu et respecté en Tunisie. Il était l’invité de France Info ce matin.
L’opposant tunisien Ahmed Mestiri était ce matin l’invité de France Info Il répond à Raphaëlle Duchemin (7'43")


La Tunisie demande au Canada d’arrêter le beau-frère de Ben Ali
La Tunisie a formellement demandé hier à Ottawa d’arrêter Belhassen Trabelsi, beau-frère de l’ex-président Ben Ali, confirmant pour la première fois officiellement que cet homme d’affaires, considéré comme le parrain d’un clan mafieux, se trouvait bien au Canada.

Les autorités canadiennes n’ont pas encore réagi à cette demande, mais elles ont annulé le statut de résident permanent canadien de Belhassen Trabelsi et de sa famille, invoquant la non-observation par ces derniers des obligations qui s’y rapportent. Selon Radio-Canada, Belhassen Trabelsi vient toutefois de demander l’asile.

M. Trabelsi est recherché par le nouveau gouvernement tunisien pour détournement de fonds publics.


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Message  niouze le Ven 28 Jan - 12:59

gaffe au source il me semble que le reseaux voltaire si je ne me trompe est tres conspirationniste(nyark nyark je crois que t'es plus calé que moi sur eux) ....donc texte a prendre avec des pincettes

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Message  niouze le Ven 28 Jan - 13:12

juste je tient a le preciser pour des lecteurs plus naif (par ailleurs l'auteur est extremement connu pour son livre conspirationniste ) donc encore une fois texte a prendre avec des pincettes et surement a recouper (pour en savoir un peu plus sur le reseaux voltaire
http://fr.wikipedia.org/wiki/R%C3%A9seau_Voltaire
http://www.lepost.fr/article/2009/05/30/1556740_reseau-voltaire-a-qui-avons-nous-affaire.html
http://www.amnistia.net/news/articles/voltaire/voltaire_552.htm )
car comme toujours chez ce genre de personne il peut y avoir du vrai et une part de délire !

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Message  Invité le Ven 28 Jan - 13:29

Ah p*** je l'avais pas encore vu celui-là...
Oui tout le monde a un cerveau .^o, mais c'est pas une raison : tout le monde n'est pas obligé de connaître Meyssan, Voltaire & cie qui s'abritent derrière des thèses séduisantes comme je l'avais déjà signalé sur un autre topic.
Que les gens aient un cerveau ne me paraît pas un argument recevable pour leur refourguer une info venant d'un malade mental copain de Dieudonné, Soral et Ahmadinejab en leur donnant juste le choix entre cette dernière et tfpoubelle : ça me paraît relever de la malhonnêteté intellectuelle.
Je pense que tu devrais retirer ce post le plus vite possible. Et comme tu es doté d'un cerveau surpuissant, tu vas sûrement nous trouver quelque chose de beaucoup mieux. Merci et sorry...

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Message  ivo le Ven 28 Jan - 14:08

apres une recherche dans les pages plus connues:

>>>>>>>>>>>



"Dégage", c'est Lotfi Abdelli, un jeune artiste tunisien, qui l'a dit
http://www.lepost.fr/article/2011/01/26/2383787_rendons-a-l-humour-tunisien-ce-qui-n-est-pas-a-la-cia.html
Rendons à la Tunisie ce qui n'est pas à la CIA


Depuis quelques temps, fleurissent sur la toile des articles qui tentent d'expliquer la révolution tunisienne des 13 et 14 janvier par une théorie du complot mettant en jeu les Chinois Extraterrestres Américains, et plus précisément la CIA.
Je ne rentrerai pas dans les détails. Se laisser aller à des élucubrations sans preuve véritable ne mène à rien, et des faits parfaitement exacts peuvent être détournés de leur signification réelle. Pour en savoir plus, il faut laisser le temps passer, et les historiens faire leur travail.

Mais enfin, dans le cadre de ces élucubrations, un point me chiffonne : l'auteur de cet article prétend que le slogan "Dégage" a été soufflé par la CIA.

Ou comment déposséder un peuple de ses aspirations légitimes... Les Tunisiens, pour cet auteur, seraient-ils incapables d'avoir des idées tout seuls ? de se lasser d'un dictateur tout seuls ?

Quoiqu'il en soit, c'est tout à fait faux.

Rendons à l'humoriste tunisien Lotfi Abdelli ce qui lui appartient : Dégage, c'est lui !


Voici la vidéo, en dialectal, postée le 13 janvier dans la soirée, mais on entend parfaitement les mots "Dégage, vieux clown périmé".
(vidéo hors ligne)



Pour ceux qui (comme moi) ne comprennent pas le Tunisien, voici la traduction :

Message très important et très urgent à Zine El Abidine, son gouvernement, et ses flics qui sont entrain de nous tuer ! Ils sont dehors à tuer les Tunisiens comme des chiens, comme des souris ! Nous ne sommes pas des animaux, laissez-nous vivre, cassez-vous, toi, Zine El Abidine, casse-toi du pouvoir, ton gouvernement aussi, vous avez foutu le feu au pays ! Nous ne sommes pas responsables de ce qui se passe, vous nous tirez dessus, les gens foutent le feu ! Cassez-vous et vous allez voir comment le pays retrouvera son calme ! Lâchez-nous ! Zine El Abidine, si tu as un minimum d'humanité, laisse le peuple vivre ! Grands, petits, le cultivé comme l'illettré, te disent DEGAGE, DEGAGE vieux clown périmé, tu es comme un yaourt qui a dépassé son délai de consommation, on te vomit ! Le peuple meurt, le peuple te vomit ! Ça fait 23 ans que tu es au pouvoir, t'as pas mal au cul à force de rester sur le trône? Cassez-vous, foutez le camp à l'étranger, vous avez amassé beaucoup d'argent, allez faire du shopping, laissez-nous notre pays, le pays est en feu et les gens meurent à cause de vous ! Ça va, c'est bon ! Tu parles de démocratie? Donne-la nous ! Mais si tu quittes le pays, tu verras, la Tunisie retrouvera son calme !


Et le lendemain :
(video hors ligne)





Non mais. La Cia, n'importe quoi.

Qui veut étouffer la révolution du jasmin ?
http://www.lepost.fr/article/2011/01/28/2386087_qui-veut-etouffer-la-revolution-du-jasmin.html
Mohammed Ghannouchi, ex chef du gouvernement du président déchu Ben Ali, a été reconduit, alors que la rue ne cesse de réclamer son départ.

Qui est Mohammed Ghannouchi et qui est cette force obscure qui œuvre au maintien de l’éternel totalitarisme des pouvoirs dictatoriaux ?

Il ne peut y avoir d’indépendance sous la dépendance de qui se soit ! Serait-ce même de ceux qui ont conduit à l’indépendance !!!

N’est-Il pas connu que les grandes puissances n’aiment pas les bouleversements politiques qui leur échappent et nuisent à leurs schémas ?

Est-il nécessaire de rappeler que le régime de Ben Ali était soutenu par les Etats-Unis et Israël, la France et l’Italie ?

La Tunisie n’est-elle pas une base arrière de la CIA et de l’OTAN ?

Alors qui impose Mohammed Ghannouchi et fait fi de la colère de la rue ?



post non vérifié par la rédaction


Sur l'Egypte, les Américains sont moins « révolutionnaires »
http://www.rue89.com/node/187608
A propos de la révolution tunisienne, la diplomatie américaine a attiré les louanges -il est vrai que le contraste avec la piteuse diplomatie française a joué en sa faveur. Les messages envoyés par Washington au peuple tunisien, pendant les derniers jours du dictateur Ben Ali, étaient de clairs encouragements à aller au bout de leur révolution. Pour autant, on aurait probablement tort de croire que Washington rêve d'un « 1989 du monde arabe », dans lequel les régimes autoritaires tomberaient les uns après les autres.

La révolte d'Egypte n'enthousiasme pas Washington autant que la révolution de Tunisie. On peut aisément le comprendre :

la Tunisie est un pays qui ne pèse pas très lourd dans la région, dont la population est très éduquée, où l'islamisme est limité et sans pétrole ou presque : la situation reste donc contrôlable ;

l'Egypte est un pays exportateur de gaz et de pétrole, il est central dans la région, et pèse lourd dans le dialogue israélo-palestinien. Par ailleurs, la chute du Président Moubarak (82 ans dont trente ans de règne) risquerait d'offrir le pouvoir aux Frères musulmans, ce qui n'est pas fait pour enchanter les Américains.

Deux phrases musclées d'Hillary Clinton
C'est à cette lumière qu'il faut lire les deux phrases, musclées, prononcées mercredi par Hillary Clinton, la secrétaire d'Etat américaine. Elle s'exprimait devant la presse, aux côtés du ministre jordanien des Affaires étrangères Nasser Judeh qu'elle recevait :

« Nous croyons fermement que le gouvernement
égyptien a, en ce moment, une occasion importante d'engager des réformes politiques, économiques et sociales pour répondre aux besoins légitimes et aux intérêts du peuple égyptien. »
« Nous appelons les autorités égyptiennes à ne pas empêcher les manifestations pacifiques ou à bloquer les communications, y compris les médias sociaux. »
Rarement un secrétaire d'Etat américain ne se sera exprimé aussi franchement sur les affaires de l'allié égyptien. Mais dans ces deux phrases, Hillary Clinton n'encourage pas les manifestants égyptiens : elle donne plutôt un conseil à Hosni Moubarak en vue de sauver son poste : pour éviter le sort subi par Ben Ali, renoncez donc à la répression, ne censurez pas Facebook, et annoncez d'urgence des réformes !

Moubarak, de son côté, semble loin d'avoir décidé de lâcher le pouvoir. Il est soutenu par son appareil policier, mais aussi par l'armée, élément essentiel du régime.

Option Tiananmen ?
Pendant la journée de mercredi, les forces de police ont réprimé sans relâche les groupes de manifestants qui cherchaient à maintenir l'élan du mouvement historique de mardi. Des centaines de personnes ont été arrêtées, et des affrontements auraient fait encore deux morts.

Le « raïs » égyptien doit aujourd'hui faire un choix :

l'option américaine : autoriser les manifestations et annoncer des réformes importantes pour calmer le courroux du peuple (au risque de donner un signe de faiblesse, et donc d'encourager le mouvement naissant) ;
l'option Tiananmen : étouffer dans l'œuf ce mouvement, quitte à accentuer lourdement la répression des opposants (au risque de faire grimper la violence).
Si Washington et l'Union européenne l'encouragent à prendre la première voie, l'option « Tiananmen » ne serait pas pour déplaire aux autres régimes autoritaires dans le monde arabe, qui craignent l'embrasement.

En France, le silence
En France, enfin, Nicolas Sarkozy se garde de commenter la situation. La ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, « déplore les morts » mais ne va guère plus loin dans la critique du pouvoir égyptien.

Pour justifier son mutisme pendant la révolution tunisienne, le président français avait mardi revendiqué « une certaine réserve » concernant les anciennes colonies de la France. L'Egypte n'en faisant pas partie, Nicolas Sarkozy pourrait se montrer plus hardi sur le sujet.

Mais pour les même raisons que l'administration américaine, il n'a visiblement pas l'intention de lâcher Moubarak (qu'il aime bien par ailleurs : ne lui a-t-il pas proposé la première co-présidence de l'Union méditerranéenne ? ).

Avec l'Egypte aujourd'hui comme avec la Tunisie hier, le mot d'ordre est donc maintenu : silence.


Les mystères de Wikileaks et de la « Révolution tunisienne » éclaircis ?
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/les-mysteres-de-wikileaks-et-de-la-87917
La révélation effarante de 250.000 notes diplomatiques états-uniennes par Wikileaks était un mystère. La soudaine « Révolution tunisienne » en était un autre. La réunion des deux tend à les éclaircir l’un l’autre, du moins selon un scénario vraisemblable dont on peut émettre l’hypothèse.

L’avènement prétendu de l’ère de la transparence

La divulgation sans précédent d’un abondant courrier diplomatique étatsunien par le site Wikileaks a été saluée par les uns comme la démonstration qu’Internet faisait entrer le monde dans l’ère de la transparence. Le secret ne résistait plus aux petits génies de l’informatique capables de pénétrer facilement dans les messageries secrètes d’un État et de pratiquer l’information extorquée, c’est-à-dire obtenue à l’insu et/ou contre le gré de l’émetteur. D’autres dénonçaient, au contraire, la mise en danger d’autrui par ces violations intempestives du secret, condition de la survie de chacun et a fortiori d’un État.

À défaut, cependant, de percer de véritables secrets, on accédait par ces révélations aux analyses que les diplomates états-uniens transmettaient à leur gouvernement sur les dirigeants des pays où ils exerçaient leurs fonctions : outre les portraits acerbes des présidents Sarkozy ou Berlusconi, on apprenait entre autres surprises que l’Arabie Saoudite était favorable à une frappe contre l’Iran et surtout que le régime tunisien était tenu par une mafia familiale dictatoriale et corrompue.

La soudaine « Révolution tunisienne »

Si on tient compte du temps nécessaire à la diffusion de l’information, la « Révolution tunisienne » a suivi curieusement de peu ces révélations sur la condamnation états-unienne du dictateur Ben Ali et de sa clique. Il ne s’est écoulé que trois semaines entre le 28 novembre 2010, date de la publication des notes diplomatiques et le 17 décembre, date du suicide tragique d’un jeune homme diplômé, soudainement privé par la police de son étal qui lui permettait de survivre en faisant du commerce. Ce drame a alors déclenché des manifestations répétitives progressivement dans tout le pays bientôt réprimées à balles réelles par une police aux ordres du dictateur. On a relevé plusieurs dizaines de morts, sans que cessent pour autant les protestations. Elles en ont même pris que plus d’ampleur.

Et on a appris que le dictateur aurait fait appel à l’armée pour mater ce qui devenait une insurrection populaire, mais que le général en chef Ben Ammar aurait refusé d’obtempérer et de faire tirer sur les manifestants, ce qui lui aurait valu son limogeage. Peu après, le 14 janvier 2011, à la surprise générale des non-initiés, Ben Ali et sa famille prenaient la fuite. Des bruits opportunément distillés ont couru sur un entretien téléphonique entre la secrétaire d’État Hillary Clinton et le général Ben Ammar, un éventuel état d’alerte de la flotte états-unienne en Méditerranée, puis sur la venue d’un émissaire états-unien en Tunisie, premier représentant occidental à entrer dans le pays depuis la chute du dictateur.

Une opération de ravalement des façades dictatoriales

De là à établir une relation de cause à effet entre les révélations de Wikileaks sur l’image de la dictature tunisienne donnée par les diplomate états-uniens et le déclenchement de l’insurrection populaire, il n’y a qu’un pas qu’on est tenté de franchir, en restant dans les limites prudentes de l’hypothèse.

Les révélations de Wikileaks apparaissent moins désormais comme une information extorquée par des génies de l’informatique que comme un leurre d’information donnée déguisée en information extorquée dont les services de renseignement sont familiers, pour préparer une opération politique de grande envergure à travers le monde.


En 1943, les services britanniques avaient utilisé, dans le cadre de « l’Opération Mincemeat », le faux cadavre d’un militaire échoué sur une plage du sud de l’Espagne avec une serviette de documents confidentiels farfelus pour détourner les Nazis des plages de Sicile choisies comme site de débarquement par les Alliés.

Aujourd’hui, les services états-uniens ne se seraient-ils pas servis de Wikileaks pour lui faire jouer, à la façon du cadavre de « l’opération Mincemeat », le même rôle de vecteur d’informations données déguisées en informations extorquées, afin de conférer de la crédibilité à l’appréciation négative du gouvernement des Etats-Unis sur des dictatures jusqu’ici amies, et livrer ainsi un signal public de désaffection définitive envers ces cliques devenues des obstacles dans une recomposition des forces face aux nouveaux enjeux internationaux.

Ce lâchage états-unien qui fragilisait le dictateur Ben Ali, aurait donné du courage à ses opposants, tant dans les cercles militaires et économiques du pouvoir que dans la population. La preuve ? Ben Ali n’a pas résisté longtemps au refus du général Ben Ammar, fort du soutien états-unien, de tirer sur les manifestants. Le bruit s’en étant opportunément répandu, les manifestants ont redoublé d’ardeur, assurés de ne plus être tirés à vue. La « Révolution tunisienne » aurait donc été programmée par une nouvelle stratégie états-unienne, comme en 1973, le renversement de Salvador Allende avait été organisé par un putsch militaire auquel les USA avait prêté main forte pour mettre un terme dans le sous continent sud américain à la progression des régimes favorables à l’Union soviétique.

La cécité et l’incompétence de la ploutocratie française

On reste pantois devant la cécité et l'incompétence de la diplomatie française, censée entretenir avec la Tunisie des relations étroites : n’est-ce pas plutôt celle d’une ploutocratie attachée à faire des affaires avec la tunisienne et qui ne s’intéresse qu’au profit à court terme, pendant que les États Unis se préoccupent du long terme en ravalant les façades de dictatures vieillissantes devenues des boulets dans la redistribution des forces régionales pour faire face à la confrontation du 21ème siècle avec la Chine. On voit, en effet, que d’autres pays stigmatisés par les analyses diplomatiques états-uniennes que Wikileaks a rendues publiques après en avoir été mystérieusement destinataire, entrent en effervescence, comme l’Égypte, le Yémen et la Jordanie : viendra peut-être bientôt le tour du Maroc, de la Libye ou de la Syrie.

Ce scénario n’est qu’une hypothèse, faute d’éléments plus probants. Mais il offre une explication vraisemblable à deux événements qui apparaissaient comme mystérieux : les révélations impromptues d’une masse de notes diplomatiques états-uniennes par Wikileaks et la survenue tout aussi inattendue d’une « Révolution tunisienne » contre laquelle, 4 jours avant la fuite du dictateur Ben Ali, la ministre française des affaires étrangères, qui décidément n’était pas dans le secret des dieux, en était encore à lui proposer le savoir-faire de la police française. Cette représentation d’une redistribution des cartes partielle organisée sous l’égide des États-Unis ôtent un peu de romantisme à la « Révolution tunisienne », sans pour autant nier le courage des manifestants qui peuvent tenter d’élargir la brèche entrouverte par les USA. Les semaines et mois qui viennent, permettront de voir s’ils y parviendront ou non. Paul Villach
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Par Ghassen25 (xxx.xxx.xxx.97) 28 janvier 13:10
Salut,je suis un Tunisien et j es été en plein actions ces derniers jours Smile


ce que vous avez écrit est très intéressant,mais je veux juste vous préciser que le début de cet révolution été totalement improvisé et spontané.
En Tunisie on connait tous,avant le fameux Wikileas,la cupidités de la familles Tarbelsi et Ben Ali mais on été pas vraiment unis,on été plutôt hyper peureux...

Ça débuter avec un accident,et on a connu un cas similaire avant,et puis la colère public a augmenté dans cet région pauvre de la Tunisie...et tout est devenu réellement nationale quand Facebook et Twitter ont servi comme journal quotidienne pour le reste de la populations avec les tirs de balles,les émeutes violentes et les morts :S

Quand tout cela est presque fini les USA est venu et la France a voulu se rattraper !
mais en fin du compte,malgré que le peuple a fait sa révolution et expulsé ce dictateur et sa famille,les USA ont joué un grand rôle avec le groupe Anonymous de la CIA et avec son soutien aux responsables qui veulent de la démocratie...

On reste vigilent tout de même Smile





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bon apres franchement je ne vais pas éclairer le conspirationisme et les manipulations du monde entier et de toute l'histoire tout seul avec mes petits bras.
d'autant que les médias et autres ne s'en sortent guere mieux et du coup ne disent rien.

appel aux sources si qqu'un en a.


sujet crée depuis ce matin
révolution fiction
http://www.pavillon-noir.info/t1869-revolution-fiction#16811

qui était à la base dédié justement à ce débat ...


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Message  niouze le Ven 28 Jan - 14:46

merci pour tout ce travail de recherche malheureusement pour ton appel au sources je suis un peu dépourvu (comme dit dans un de ces textes ce seront surement les historiens , qui démêlerons tout sa dans quelques (X) années) je ne peut donner que ma conviction profondes qui est : que c'est bien le peuple qui a démit de ses fonctions sont ancien dictateur
quand a ceux qui cherche a lié par exemple la prises de pouvoir pinochet et la "révolution" tunisienne il oublie quand même une choses pinochet a prit le pouvoir par un coup d'etat militaire , en tunisie c'est tout un peuple qui c'est levé contre ben ali et sa on a beau avoir tout les fantasmes qu'ont veut sur la CIA, elle ne le peut pas ! (sinon pourquoi est ce que Castro (même si maintenant il s'agit du frere ) Amadhinejad , Kim jong il ou encore dans une moindre mesure Chavez qui sont ennemie des états unis sont toujours en place ???)

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Message  Invité le Ven 28 Jan - 19:54

Vendredi 28 janvier 2011
Delenda est Carthago - 28 janvier

À Tunis, les manifestants exultent mais crient «Ghannouchi dégage !»

«Tunisie libre, Ghannouchi dehors !» : une explosion de joie accueille jeudi soir l'annonce du départ des principaux caciques de Ben Ali du gouvernement de transition remanié. Mais les manifestants exigent toujours la tête du Premier ministre Mohammed Ghannouchi.



«Ghannouchi est le chef du gang, il doit tomber !», crie un manifestant venu de Kairouan, dans le centre du pays. «Nous avons des hommes compétents, capables de le remplacer.»

Durant la journée, comme tous les jours depuis dimanche, les manifestants venus pour beaucoup du centre défavorisé de la Tunisie ont réclamé le départ du gouvernement sans se laisser décourager par une pluie parfois battante.

En soirée, alors que commence la distribution de sandwiches et de plats chauds apportés par des Tunisois solidaires, un homme crie soudain que tous les ministres du RCD, le parti de l'ancien président Zine el-Abidine Ben Ali, sont partis, sauf Mohammed Ghannouchi. En réalité, il en reste deux autres sur sept.

Aussitôt éclatent des cris de joie et des youyous, place du Gouvernement, à la Kasbah, où se trouvent les principaux ministères. Un premier groupe de manifestants, réuni sous les arcades du ministère des Finances, chante avec enthousiasme l'hymne national au milieu des rires.

Un autre se dirige vers l'immense esplanade située devant la mairie et récite une sourate du Coran à la mémoire des «martyrs», la centaine de Tunisiens tués pendant la répression féroce du soulèvement.

Un jeune islamiste juché sur les épaules d'un camarade prend alors longuement la parole pour réciter des prières, ponctuées par les «Amen» de la foule.

«Mais qu'est-ce qu'il fait ? Pourquoi on ne chante pas plutôt l'hymne national ?», s'agace un sexagénaire en pardessus gris. Le groupe finit par se disperser et les chants patriotiques reprennent, tout comme les «Dégage Ghannouchi !»

«À mon avis, ce changement ne correspond pas aux demandes du peuple, qui exige que l'ancien régime soit entièrement déraciné du pays. Nous continuerons notre sit-in et j'espère que (la puissante centrale syndicale) UGTT ne prendra pas de décision contraire à la volonté du peuple», affirme Nabil el-Touihri, un syndicaliste tunisois et employé de banque.

Avant l'annonce du remaniement, l'UGTT avait toutefois indiqué qu'elle acceptait le maintien de Ghannouchi.

«Il reste encore à faire dégager Ghannouchi, le plus grand des voleurs. Je vous le dis, il partira», assure Brahim Moataz, un jeune manifestant venu du bassin minier de Gafsa (centre-ouest).

Rare voix discordante parmi les plus irréductibles des manifestants tunisiens, Houssine Boukriaa, originaire de Tataouine (sud) qui se réchauffe autour d'un petit feu de camp en compagnie de ses cousins, se dit satisfait par le changement. «Les gens ne comprennent pas qu'il s'agit seulement d'un gouvernement intérimaire. Personnellement, ça me convient. Ghannouchi a dit qu'il se retirerait de la vie politique dans six mois alors qu'on le laisse travailler», dit-il.

Son entourage manifeste bruyamment son désaccord.

«Non, non, Ghannouchi doit dégager. Ils me dégoûtent, tous, ils n'ont jamais rien fait pour nous, pourquoi changeraient-ils maintenant ?», demande Néjib, un jeune chômeur de Tataouine, qui dit avoir écrit sans relâche au Premier ministère pour expliquer ses problèmes sans jamais avoir reçu de réponse.

Dans la foule des manifestants, un jeune homme s'est cousu la bouche pour réclamer le chute du gouvernement. D'autres personnes ont entamé une grève de la faim. Au moins trois d'entre elles ont dû être hospitalisées jeudi soir.

Leur presse (La Dépêche), 28 janvier 2011.


Tunisie : La révolution se poursuit

En ce jeudi 27 janvier 2011, c’est toujours l’incertitude à Tunis. Des milliers de personnes bloquent le siège du Premier ministère dans la Casbah de Tunis et le mouvement se poursuit à travers plusieurs villes et secteurs d’activité.

À Sidi Bouzid, berceau de la révolution, des milliers de manifestants défilent dans la rue pour exiger la démission du gouvernement de transition. Le puissant syndicat tunisien (UGTT) refuse de reconnaître ce gouvernement. Pas question, disent-ils, d’avoir fait tout cela pour que les ministères les plus importants soient aux mains des anciens de Ben Ali. Profitant de la liberté médiatique, les chaînes de télévision ouvrent leurs antennes aux citoyens. De nombreux Tunisiens n’hésitent pas à citer nommément, en direct, et quelquefois en leur présence, les responsables de leurs malheurs encore aux affaires.

C’est ainsi qu’un magistrat qui participait à un débat en direct a été obligé de quitter le plateau suite aux incessants appels des citoyens puis des avocats l’accusant d’avoir fait jeter en prison, à tort, des militants. Dans les entreprises publiques, ce sont les salariés eux-mêmes qui chassent les dirigeants ostensiblement impliqués dans le système Ben Ali. Cela a été le cas pour le PDG de la compagnie d’assurances et de réassurances et le PDG de Télécom Tunisie, entre autres. Quatre des juges les plus craints de l’ère Ben Ali ont été empêchés d’accéder à leurs bureaux par le personnel et chassés à coups de gros livres de procédures sur la tête.

Les traces de Ben Ali

Les hommes qui ont servi Ben Ali sont toujours en poste dans les institutions, les administrations, les entreprises publiques, dans les médias et surtout dans l’appareil sécuritaire. Même s’ils ont retourné «la veste» subitement pour se transformer en «plus démocrates que les démocrates», pour de nombreux opposants, «ils constituent une menace de confiscation de la révolution».
«Ils font les amnésiques, ils font semblant d’oublier qu’ils ont participé au système de Ben Ali, mais le peuple, lui, n’est pas amnésique», indique Sihem Bensedrine, porte-parole du Conseil national des libertés en Tunisie (CNLT). Derrière les beaux discours des ex-compagnons de Ben Ali, convertis, subitement, aux valeurs démocratiques, les vieux réflexes réapparaissent déjà, alors que la contestation se poursuit. En effet, la police politique continue d’agir, discrètement, mais elle agit. «Nous avons fait tomber Ben Ali mais nous n’avons pas encore fait tomber son système», poursuit-elle avec inquiétude. Les écoutes téléphoniques de certains opposants ont vite repris, les surveillances, certes beaucoup moins visibles, ont également repris, après quelques jours de répit. Le quotidien la Presse a dénoncé, dans son édition du samedi 22 janvier, un filtrage d’Internet, notamment de facebook. Un jeune artiste, qui a créé sur le réseau social un compte «Tunisie, la Suisse arabe», a été enlevé en pleine rue par la police politique qui l’a interrogé et brutalisé pendant de longues heures.

Contre la menace de chaos

En parallèle, de nombreuses personnalités de l’opposition ainsi que des partis politiques, reconnus ou non, approuvent la démarche de l’UGTT et refusent les menaces de chaos des défenseurs du gouvernement de transition.
L’ancien ministre de la Justice du président Bourguiba, Ahmed Mestiri, personnalité crédible et respectée, a lancé une initiative qui trouve un écho favorable. Il s'agit de la mise en place d’un conseil de la révolution, regroupant l’ensemble des acteurs de la société civile aux côtés des partis politiques de l’opposition, qui désignerait un gouvernement provisoire et légiférerait pendant cette période. Le problème se situe à ce niveau. L’Exécutif actuel, encore dominé par des personnes de l’ancien système, accepte les prérogatives de surveillance à ce «conseil en formation», mais ne veut pas lui reconnaître de pouvoir législatif. Le Conseil de l’ordre qui regroupe les avocats, qui ont joué un rôle très important dans la révolution, s’est joint à cette initiative. Il estime, dans une proposition au Premier ministre, qu’elle peut être tout à fait légale.

Le président par intérim, Lambazaa, peut, selon les avocats, créer, par décret, cette institution de préservation de la révolution, ce qui évitera un vide institutionnel. «Cette option, qu'elle soit constitutionnelle ou extra-constitutionnelle, est légitime», estime Naziha Rijabi, plus connue sous le nom «d’Oum Ziad», farouche opposante, «c’est une révolution, et par définition, on n’est pas obligé de respecter une Constitution élaborée par l’ancien régime». Pour Sihem Bensedrine, «il appartient à la société d’inventer, maintenant, ses propres institutions pour gérer la période de transition et d’aller vers des élections démocratiques». Dans tous les cas, la Révolution du jasmin ne fait que commencer. Les Tunisiens, société et élites, ont fait preuve, jusqu’à présent, d’un très haut sens des responsabilités et d’une conscience politique admirable. Ils n’ont pas du tout l’intention de se laisser «voler» leur révolution.

Yahia Bounouar - El Watan, 28 janvier.


Tunisie : le gouvernement de transition contesté compte 12 nouveaux ministres

Le premier ministre tunisien Mohamed Ghannouchi a annoncé jeudi soir la composition du nouveau gouvernement de transition qui comprend 12 nouveaux ministres par rapport à la première équipe gouvernementale, contestée en raison de la présence en son sein de nombreux ministres de l'ancien régime.

Le nouveau gouvernement compte autant de ministres (22, en incluant M. Ghannouchi) que le précédent, les nouveaux entrants étant des personnalités indépendantes.

Parmi les portefeuilles qui changent de titulaires figurent l'Intérieur, la Défense et les Affaires étrangères.

Sur les dix ministres reconduits, il ne reste que trois anciens membres de l'ex-parti au pouvoir, le Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD): le premier ministre Mohamed Ghannouchi, le ministre de la Planification et de la Coopération internationale Mohamed Nouri Jouini, et celui de l'Industrie et de la Technologie, Mohamed Afif Chelbi. Les trois hommes sont du reste considérés plutôt comme des technocrates.

Le premier ministre a déclaré à la télévision que le gouvernement, qui est «provisoire», aura pour tâche de permettre au pays d'assurer une transition démocratique et de préparer des élections au cours desquelles le peuple se prononcera en toute liberté et refléteront la volonté du peuple.

Il n'a pas précisé la date de ces élections qui devraient intervenir dans les six à sept mois à venir, selon des déclarations faites ces dernières semaines par des membres du gouvernement.

«Le gouvernement s'engage à ce que les élections soient contrôlées par une commission nationale indépendante et supervisées par des observateurs internationaux afin qu'elles se déroulent dans l'honnêteté et la transparence», a-t-il assuré.

Il aura en outre à mettre en œuvre des réformes politiques telles que préconisées par les divers partis et composantes de la société civile, citant notamment la révision de la loi sur les partis, le code électoral, la loi antiterroriste, le code de la presse, la loi sur les associations et «toutes les lois anti-démocratiques pour mettre en place les conditions propices à tous ceux qui veulent se porter candidats à la présidence de la République».

Selon M. Ghannouchi, le nouveau gouvernement transitoire est appelé également à «entreprendre des réformes économiques et sociales à même de favoriser la reprise de l'activité dans tous les secteurs et d'améliorer les conditions de vie de la population dans toutes les régions du pays».

«La situation est très délicate et nous avons devant nous de grandes difficultés à surmonter qui commandent aux Tunisiens de consentir les sacrifices nécessaires», a-t-il déclaré.

«Pour que la révolution réussisse, il importe que les Tunisiens fassent montre d'un comportement civilisé pour être au rendez-vous de l'Histoire et rester fidèles à nos martyrs, car les regards de tous les pays sont tournés vers la Tunisie», a-t-il affirmé.

Leur presse (AP), 27 janvier.

Source : Le Jura Libertaire

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Message  ivo le Ven 28 Jan - 21:14

Tunisie : nouveaux heurts entre policiers et manifestants
FRANCE INFO - 18:06
Le premier ministre Mohammed Ghannouchi est toujours la cible de violentes critiques de la part de certains Tunisiens. Ils ont manifesté dans le centre de Tunis pour réclamer son départ. Des affrontements avec les forces anti-émeutes ont fait cinq blessés.


Manifestants dans le centre de Tunis ce vendredi.
© REUTERS/Louafi Larbi

La concertation semblait prendre le pas sur la contestation. Un nouveau gouvernement de transition épuré des principaux caciques de Ben Ali a été nommé. Las, la reconduction du premier ministre Mohammed Ghannouchi passe difficilement auprès de la population.

Cet après midi des manifestants ont donc réclamé son départ autour de la place de la Kasbah. Bilan : cinq blessés. Des policiers ont tiré des grenades lacrymogènes contre des manifestants rassemblés sous les fenêtres du bureau du premier ministre et qui leur lançaient des pierres.

Les forces anti-émeutes positionnées sur une artère donnant sur la Kasbah ont fait mouvement vers l’esplanade en tirant un grand nombre de grenades lacrymogènes. Des militaires sur place ne sont pas intervenus.


La police a également fait évacuer les manifestants qui campaient depuis des jours devant les bureaux du premier ministre, toujours sur la place de la Kasbah. Sur l’esplanade, survolée par un hélicoptère, les policiers ont immédiatement démonté les tentes utilisées par les manifestants, qui protestaient depuis plusieurs jours contre M. Ghannouchi.

Caroline Caldier, avec agences
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Message  ivo le Sam 29 Jan - 10:37

Tunisiens, où est l’islamisme ?
http://www.liberation.fr/medias/01012315439-tunisiens-ou-est-l-islamisme
On les aime bien, les Tunisiens, on les adore, plus que jamais, on ne les a jamais tant aimés, mais franchement, ils ont exagéré. Imaginez ! D’abord, ils ont osé surprendre dans son confort la classe politique française. La droite (qui la veille encore proposait aimablement ses canons à eau à Ben Ali) aussi bien que la gauche (qui a découvert, quelle surprise, que le parti de Ben Ali était encore membre de l’Internationale socialiste). Et ce n’est pas tout.

Dans la même foulée, ils ont pris à contre-pied les télés, et leurs envoyés spéciaux, qui ont majestueusement attendu une bonne dizaine de jours, avant de s’aviser que peut-être, quelque chose était en train de se passer en Tunisie. Faire ce coup-là pendant les fêtes de fin d’année, pendant que les avions français patinent sur les aéroports enneigés, et que quelques centaines de touristes voient leurs vols retardés, a-t-on idée ?

Le pire, c’est le bon tour joué aux experts en poussées islamistes. Amis Tunisiens, où avez-vous donc rangé l’islamisme ? Tout de même, ils auraient pu aligner, en tête des manifs, quelques barbus photogéniques, pour faire plaisir à Sarkozy et Pujadas qui, d’une seule voix, avaient classé Ben Ali à l’inventaire mondial des «remparts contre l’islamisme». On n’en demandait pas beaucoup, deux ou trois, même avec barbe fine, mais si possible en costume typique, pour la photo.

Elle fait peine à voir, la déception à peine dissimulée des présentateurs, depuis le début des «événements». Il fallait voir Pujadas, en direct de Tunis lundi soir, cherchant ses islamistes à la lanterne, à la sortie d’une mosquée. Mais il n’y trouvait, hélas, que de simples fidèles, expliquant tranquillement que oui, bien sûr, des islamistes aux élections, au gouvernement, pourquoi pas, s’ils n’embêtent personne. Alors, ces islamistes ? Ce n’était donc qu’un fantasme ?

Car voilà : ce que viennent de faire les Tunisiens, c’est ni plus ni moins chambouler d’immémoriales représentations du JT, et donc aussi un peu les nôtres, Français. Au JT, la «rue arabe» est forcément fanatisée, elle s’exprime en hurlements de rage ou de douleur dans des capitales indistinctes, et est incapable d’autre chose que de brûler des drapeaux américains. Et soudain, d’une révolution arabe, émergent des mots d’ordre tout droit surgis des révolutions européennes et des Lumières, avec, croyait-on, copyright occidental exclusif : liberté, dignité, justice, débat pluraliste, et démocratie.

Et que voit-on ? Pendant que les présentateurs français tremblent encore de voir «des islamistes» entrer au gouvernement tunisien, c’est… un blogueur, qui y déboule, un blogueur facétieux et plein d’humour, Slim404 (ainsi baptisé en raison de la phrase «erreur 404» qui s’affichait, sous Ben Ali, à la place des sites censurés par le pouvoir). Slim404, donc, alias Slim Amamou, secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports, twitta, minute par minute, le premier Conseil des ministres.

Ce fut une après-midi sans précédent. On était autour de la table du Conseil avec les ministres du gouvernement provisoire, les nouveaux et les autres. «C’est jouissif d’entendre le ministre de la Justice lire le mandat d’arrêt commençant par le nom de Ben Ali», twittait la petite souris Slim404. Ou encore cet aveu déchirant : «Les fonctionnaires du ministère ne veulent pas du gouvernement, y compris moi.» Ou cette adresse à ses anciens copains de manifs : «Si j’ai bien compris le ministre de l’Economie, jusqu’à maintenant nous avons perdu 3 % du PIB à cause de vos conneries.» Et notre préféré, dans sa sobriété solennelle : «Le ministre de la Défense nous assure que les frontières sont bien gardées.»

En quelques heures et quelques twits, Slim404 avait dédramatisé la révolution, rendu ses droits à la légèreté au cœur d’un moment d’histoire, esquissé ce que pourrait être un contrôle citoyen sur un gouvernement, et tranquillement réinventé la fonction de porte- parole du gouvernement. Excusez du peu ! Sans doute - peut-être - ses collègues ministres vont-ils lui confisquer son jouet lors des prochaines réunions. On souhaite vivement qu’il résiste à la pression. Ce sera un test.

N’empêche. L’espace de quelques heures, c’est non seulement l’ancien régime Ben Ali, mais toute la solennité française, les comptes rendus de Conseil des ministres coincés dans les dorures, la langue de bois des communiqués, le benalisme courtisan qui gangrène les âmes, qui prennent mille ans d’un coup. C’est beaucoup. Ah non, Tunisiens, la France éternelle ne vous dit pas merci.
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Message  niouze le Sam 29 Jan - 16:52

message direct from la bas
à tous ceux qui pense que le régime ben ali c'est fini le premier ministre de ben ali, ghannouchi à pris le pouvoir et il est encore pire hier 3 morts et il y a beaucoup de personnes en prison et des personnes disparus

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