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Re: Tunisie >>>>>>>

Message  ivo le Dim 16 Jan - 21:18

La France a lâché Ben Ali à la dernière minute
http://www.lepoint.fr/fil-info-reuters/la-france-a-lache-ben-ali-a-la-derniere-minute-16-01-2011-129917_240.php
PARIS (Reuters) - L'abandon à la dernière minute par Paris de son soutien à l'ancien président tunisien Ben Ali illustre la pression qui s'exerce sur la France pour qu'elle rompe avec des années de soutien aveugle à certains dirigeants étrangers.

La France, comme le reste du monde, a été prise de court quand les troubles en Tunisie ont finalement précipité le départ de Zine al Abidine Ben Ali vendredi. Après une réunion d'urgence au sommet de l'Etat, Paris a décidé de lui refuser son hospitalité.

La volte-face a été rapide après le long soutien de l'ancienne puissance coloniale au régime, dont la stabilité politique protégeait les intérêts économiques français et la répression des groupes fondamentalistes faisait de la Tunisie un rempart laïc.

Les analystes politiques s'interrogent désormais sur l'éventuel effet d'entraînement de ce changement de régime sur d'autres pays de la région et le président Nicolas Sarkozy est pressé de renouveler la diplomatie française en Afrique du Nord et le monde arabe.

"Il y a un risque de contagion", dit Christian Bouquet, spécialiste de l'Afrique du Nord et professeur de géopolitique à l'université Bordeaux III. "Il est clair que la France va être obligée d'avoir une position éthiquement plus correcte par rapport aux droits de l'homme, à la liberté d'expression, et donc probablement commencer à réfléchir sur ce qu'elle va dire désormais sur l'Algérie et, tant qu'on y est, sur le Maroc."

Pendant des années, la Tunisie a été considérée comme un pays en pointe en Afrique du Nord en termes de stabilité politique, de croissance économique, d'éducation et de droits des femmes. Mais des critiques ont rapidement pointé du doigt les atteintes aux droits de l'homme et aux valeurs démocratiques comme la liberté de la presse, de la part du régime de Ben Ali.

La France, occupée comme le reste du monde par d'autres autocrates plus gênants, ne s'est guère émue de problèmes qui s'aggravaient. Et dans les manifestations organisées ce week-end à Paris pour célébrer la chute de Ben Ali, les critiques sur ce mode étaient sensibles. "Ben Ali assassin, Sarkozy complice", pouvait-on lire sur une pancarte.

"La Tunisie était un régime autoritaire et c'est vrai qu'il y avait une dérive de l'autoritarisme du régime depuis la dernière réélection de Ben Ali que probablement la France n'a pas appréciée à sa juste mesure", déclare Axel Poniatowski, président de la commission des affaires étrangères à l'Assemblée nationale contacté par l'agence Reuters. "En l'espace de 72 heures, tout a basculé et je crois que la France comme la plupart des pays a été prise de court", ajoute-t-il.

LENT RENVERSEMENT

La France, où vivent 600.000 Tunisiens environ, est le premier partenaire commercial de la Tunisie. Elle y a investi 139 millions d'euros en 2009 et on compte quelque 1.250 entreprises françaises présentes en Tunisie, environ 25.000 Français y résident et plus d'un million de Français y passent des vacances chaque année.

Le gouvernement français explique qu'il est resté observateur dans les événements de ces derniers jours pour ne pas être accusé d'ingérence, mais les déclarations de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, qui a proposé en milieu de semaine d'aider Tunis dans le maintien de l'ordre, ont été vivement critiquée au parlement.

A peine deux jours plus tard, les autorités françaises refusaient une éventuelle venue de Ben Ali sur leur territoire. "Nous n'avons jamais eu aucune demande de sa part pour venir en France. Si une telle demande avait été formulée, elle aurait été refusée", dit Michèle Alliot-Marie(...) dans une interview accordée au Journée du dimanche.

Pour Christian Bouquet, ces évolutions ne sont que "de la realpolitik". "Tout d'un coup, on a fait faire machine arrière à l'avion de Ben Ali. Il y a eu incontestablement une prise de conscience brutale du fait que la position initiale de la France allait dans le mur", dit-il.

Quand, en avril 2008, Nicolas Sarkozy s'était rendu en visite en Tunisie, il avait éludé les inquiétudes sur la situation des droits de l'homme et vu dans la lutte anti-terroriste menée par Ben Ali un rempart contre l'apparition d'un régime "de type taliban" en Afrique du Nord.

Des années plus tôt, soulignant que pouvoir se nourrir, se loger et s'instruire constitue le premier des droits de l'homme, son prédécesseur, Jacques Chirac, estimait que la Tunisie était plus avancée que nombre de pays.

Quand les premières manifestations contre le chômage et la pauvreté ont éclaté, à la mi-décembre, les autorités françaises ont fait profil bas et ne se sont pas départies de cette attitude jusqu'aux dernières heures du règne de Ben Ali.

Analystes et diplomates jugent aussi que Paris a mis longtemps à comprendre que son soutien au régime de Ben Ali avait dépassé sa date de péremption.

"Les Français ont mal interprété l'ampleur du soulèvement populaire et ont commis une lourde erreur de jugement en s'accrochant trop longtemps à l'idée qu'ils pourraient aider Ben Ali à se maintenir au pouvoir", estime l'amiral Jacques Lanxade, ancien chef d'état-major des armées qui fut ambassadeur de France à Tunis à la fin des années 1990.

Paris a depuis lors appelé à des élections libres, offert son aide pour une transition démocratique et annoncé avoir pris des dispositions pour bloquer des mouvements suspects d'avoirs de l'ex-président tunisien Zine el Abidine Ben Ali et de son entourage en France.

La question qui se pose aujourd'hui est de savoir quel rôle la France pourra jouer à l'avenir en Tunisie et dans d'autres pays de la région.

Avec William Maclean à Londres; édité par Jean-Baptiste Vey et Henri-Pierre André)
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Message  niouze le Lun 17 Jan - 3:19

info direct ....(donc un peu difficile a comprendre du a la synthaxe et l'écriture, j'ai songé a réecrire mais finalement non je me dit que tel quel elle a plus de valeur (puis je suis pas journaleux moi )cependant j'ai réecrit entre parenthese un ou deux mot pour aider a la comprehension )
cette fois ci il ne s'agit pas d'info direct a proprement parler, mais plus d'une explication vu par une personne vivant la bas (toujours la même )

le président aurai quitté le pays avec le plan de revenir c'est pourquoi il a appliqué la loi 56 et à donné les reine au premier ministre mais les membres de sa famille sont resté pour organiser les mélisses(milice) qui devait mettre le pays en chaos pour que l'état du pays devient désespéré et la revenu de ben ali devient héroïque seulement son gendre (el matri trafiquant de drogue) a voulu s'en fuir ses derniers(sa famille??) se sont accroché à lui et ont voulu s'enfuir ils se sont fait arrêté et matri s'est enfui tous seul vers dubai mais hélas certain sont resté slim chiboub(son gendre à été arrêté);belhsen trabelsi(le frère de sa femme arrêté aussi en plus c'est in trafiquant d'arme);kais ben ali(son fréré a été arrêté);3imed trabelsi(fils de belhsen a été tué par une personne qui l'a reconnu).... etc. le grand organisateur et les membre de la mélisse(milice) sont respectivement mohamed ali essiriati et la garde présidentielle qui est composé d'à peu prés 5000membres qui sont choisi parmi des orphelins et entrainé depuis leur jeune age au tir combat etc.. enfin ces gars la sème le chaos dans le pays au moment présent en espérant que ben ali va revenir car il le considère à la fois comme un père et deuxièmement ils ont eu même commis beaucoup de crime et ont beaucoup d'argent ils ne peuvent se permettre de laisser un nouveau président prendre les reines et leur prendre se qu'ils ont dérobé.


voila c'est un brin confus mais faut savoir que j'arrive pas a choper la personne qui m'écrit sa directement, donc c'est une réponses mail a une demande d'info (les précedente info etait des message laisser en post it sur son msn) si vous avez des questions je peut essayer de lui transmettre

en tout cas je trouve cette info fort intérressante (surtout sur la famille )bien entendu il ne s'agit pas d'info journalistique mais le témoignage d'un tunisien !

edit faite un tour sur les nom c'est sympa de voir ce qu'on en pense en france
el matri trafiquant de drogue
le gendre vu par la france :
http://www.lemonde.fr/sujet/dd21/sakhr-el-materi.html
belhsen trabelsi(le frère de sa femme arrêté aussi en plus c'est in trafiquant d'arme)

http://fr.wikipedia.org/wiki/Belhassen_Trabelsi


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"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 9:03

juste pour le plaisir .... ^^

Le parcours fulgurant de Sakhr El-Materi, gendre du président tunisien Ben Ali €
L'homme d'affaires, millionnaire à 29 ans, brigue un siège à l'Assemblée nationale. C'est l'histoire d'un jeune homme, certes de bonne famille, mais que rien ne prédisposait à un parcours aussi fulgurant.

Belhassen Trabelsi
Belhassen Trabelsi (بلحسن الطرابلسي), né en 1963, est un homme d'affaires tunisien présent dans les secteurs du tourisme, de l'immobilier, des technologies de l'information, du transport aérien et de l'industrie1.

à voir ....
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 10:14

Difficile transition, après une nouvelle nuit de heurts à Tunis
FRANCE INFO - 06:39
Alors que le nouveau Premier ministre Mohammed Ghannouchi pourrait annoncer aujourd’hui la composition du nouveau gouvernement, de violents affrontements ont opposé cette nuit à Tunis les forces de sécurité et des francs-tireurs, fidèles au président déchu.
Le processus de transition démarre donc dans un climat loin d’être apaisé. Les autorités affirment qu’elles ne feront preuve "d’aucune tolérance" à l’égard des fauteurs de trouble.


C’est aujourd’hui que la composition du nouveau gouvernement devait être annoncée, mais au vu du chaos qui règne encore dans les rues tunisiennes, rien n’est moins sûr. Hier soir, le Premier ministre a affirmé que ses consultations avaient beaucoup progressé mais n’a rien promis, se contentant d’annoncer une nouvelle équipe "peut-être" ce lundi. Seule certitude, les partis pro-gouvernementaux en seront écartés.

A quoi va ressembler le nouveau gouvernement tunisien ? Explications de Dominique André (1'02")

Difficile d’avancer sur le terrain politique, quand les rues de la capitale sont encore aux prises avec les violences. Hier, les forces de l’ordre ont tenté de déloger des snipers pro-Ben Ali, cachés dans les immeubles notamment de l’avenue Bourguiba à Tunis. Deux auraient d’ailleurs été tués.

Nos envoyés spéciaux à Tunis et Monastir Claire Lalanne et Grégory Philipps font le point ce matin sur la tension qui règne encore, trois jours après le départ de Ben Ali (6'04")

Dans le même temps, l’armée a donné l’assaut contre le palais présidentiel de Carthage dans lequel s’étaient retranchés des membres de la garde rapprochée de Zine el Abidine Ben Ali. Mais on ignore encore le bilan de cet assaut.
Par ailleurs, la justice a annoncé l’arrestation de son ex-chef de la sécurité, le général Ali Sériati, qui a été formellement accusé d’être le responsable des pillages et exactions de ces derniers jours contre la population.

1,5 tonne d’or dans les valises
Pendant ce temps-là, le président déchu Ben Ali se remet en Arabie Saoudite, le pays où il a trouvé refuge. Et selon Le Monde, il n’y manquerait de rien. Le quotidien affirme en effet que son épouse Leïla Trabelsi se serait enfuie vendredi dernier avec 1,5 tonne d’or. Direction Dubaï, puis Djeddah. 1,5 tonne d’or représente environ 45 millions d’euros.


L’Arabie Saoudite, terre d’exil pour dictateurs A Ryad, Clarence Rodriguez (1'05")

Cécile Quéguiner, avec agences
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 11:03

Tunisie : l’opposant historique Moncef Marzouki annonce sur France Info sa candidature à la présidentielle
FRANCE INFO - 10:45
"Je suis candidat" à l’élection présidentielle, annonce au micro France Info de Nicolas Poincaré l’opposant historique tunisien Moncef Marzouki. Moncef Marzouki dirige le Congrès pour la République (CPR), parti de la gauche laïque interdit sous le régime Ben Ali.
Après la proclamation de la "vacance définitive du pouvoir" en Tunisie, le président du Parlement Foued Mebazaa a été nommé président par intérim. Charge à lui d’organiser dans un délai de 60 jours des élections présidentielle et législatives, conformément à la Constitution tunisienne.

Et ce matin sur France Info, l’opposant historique au régime de Zine el-Abidine Ben Ali, Moncef Marzouki, annonce qu’il sera candidat à l’élection présidentielle.

"Je serai effectivement candidat", annonce Moncef Marzouki. "Mais la question est : est-ce que, oui ou non, il y aura des élections libres et honnêtes et est-ce que, oui ou non, on va permettre à toutes les bonnes volontés, tous les hommes et les femmes de se présenter ?" a poursuivi l’opposant tunisien.
Est-ce que "oui ou non on va abolir le code électoral en vigueur actuellement, qui a été concocté sous la dictature pour la dictature. Sous quelle Constitution nous allons faire ces élections ? Est-ce que c’est sous la Constitution de la dictature etc..."
, a encore poursuivi l’opposant en exil en France.

Tunisie : l’opposant historique au régime Ben Ali, Moncef Marzouki, annonce sur France Info sa candidature à l’élection présidentielle - Moncef Marzouki, au micro France Info de Nicolas Poincaré (1'02")

Le Congrès pour la République (CPR), parti de la gauche laïque tunisienne, avait été interdit par le régime Ben Ali, comme tous les autres partis d’opposition. Moncef Marzouki confirme qu’il s’apprête à rentrer en Tunisie.

En attendant l’organisation des élections, les consultations s’achèvent pour la formation d’un gouvernement d’union nationale et de transition, dont la composition devrait être annoncée dans la journée.

Gilles Halais, avec agence
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 11:16

Le café infect de Ben Ali
http://yahoo.bondyblog.fr/201101120001/le-cafe-infect-de-ben-ali/

Un jeune homme d'origine tunisienne, qui a de la famille dans le grand ouest tunisien, la région la plus durement frappée par la répression, témoigne des conditions de vie déplorables qui ont provoqué le mouvement de révolte contre le raïs.

Aux bruits dans la cuisine, je devine qu’il est environ sept heures du matin. Mon oncle marmonne je ne sais quoi tandis que ma cousine lui prépare un café serré. Comme d’habitude. En Tunisie, je ne porte jamais de montre. A quoi bon puisque là-bas, rien ne presse. Les journées se répètent inexorablement sans que personne ne bronche. Ici, la routine n’a rien d’un concept abstrait. Elle est une maladie avec laquelle on apprend à vivre parce qu’au fond, il n’y a pas d’autre choix.

Et il fallait bien plus qu’une étincelle pour mettre le feu aux poudres. Car « le patron des patrons » comme le surnomment les Tunisiens, veille au grain, impitoyable avec les frondeurs. La simple évocation de son nom donne des frissons. Ben Ali n’est pas qu’un président, c’est aussi un tabou. Son portrait géant sur l’avenue Habib Bourguiba, l’équivalent tunisois des Champs-Élysées, en est la tragique illustration : quoi que vous fassiez, quoique vous disiez, il vous voit, il vous entend.

En plein déjeuner, en cette magnifique journée de juin, ma voisine s’est risquée à une petite plaisanterie sur les lunettes du raïs. Immédiatement, les éclats de rire firent place à l’inquiétude. Bondissant de sa chaise, ma cousine scruta par la fenêtre grande ouverte la présence d’éventuels badauds, qui auraient pu, par malheur, entendre cette boutade ma foi très amusante. « Si la police l’apprend, c’est la fin », dit-elle effrayée. Mais apprend quoi, au juste ? Que Zineb, cette vieille dame débonnaire, n’aime pas les lunettes du grand manitou ?

Les champions européens de la démocratie n’en tiennent pas rigueur à « leur ami » lorsqu’ils visitent le pays du jasmin. Ils savent mais feignent de regarder ailleurs. La croissance économique est au beau fixe et la lutte contre les islamistes est un succès. Quand vous les interrogez sur ce qui fâche, ils s’amusent à nuancer, comme Jacques Chirac, que le droit de l’homme le plus élémentaire est de pouvoir manger.

Chez moi, les gens sont très loin des considérations politiques. Dans cette ville située près de la frontière algérienne, il n’y a même pas de grande avenue pour se distraire et regarder les touristes. Les hivers sont rudes, les étés brûlants. Le chômage n’est pas qu’un enjeu social majeur, il est ancré dans les mœurs. Les jeunes étudient puis rejoignent presque naturellement, une fois leur diplôme en poche, la légion d’intellos assise du matin au soir dans les cafés.

Pour une ville de 45 000 habitants, le nombre de cafés par habitant doit frôler le record. A chaque coin de rue, l’odeur de la fleur d’oranger, pourtant si douce d’accoutumée, est en réalité la matérialisation olfactive du malheur des jeunes. Ils sont ingénieurs, urbanistes ou comptables, et parviennent de plus en plus mal à relativiser leur situation. Les anciens, épuisés, les regardent ; les yeux empreints de culpabilité. Par leur inertie, ils ont presque sacrifié une génération toute entière. Les discussions sont totalement sclérosées. Que dire à des amis que vous voyez tous les jours et que vous avez quittés il y a à peine quelques heures ? Rien, si ce n’est la même chose que la veille à la même heure. Le débat n’existe pas.

Le rêve non plus, puisqu’en Tunisie, on apprend très tôt à être terre à terre, surtout dans les régions les moins favorisées. Dans les médias locaux, toujours la même chansonnette : le modèle tunisien est un exemple à suivre. Soyez reconnaissants de vivre sur cette terre bénie. Oui, Ben Ali a à son actif quelques réalisations majeures. Mais depuis plus d’une décennie, le pays s’essouffle. Aujourd’hui, il suffoque, ne parvenant même plus à reprendre sa respiration. Le patron peut largement mieux faire.

Le grand ouest tunisien est totalement abandonné. La cause, tout le monde la connaît : la politique du « boss ». Les régions littorales à fort potentiel touristique monopolisent toute l’attention. Le gouvernorat du Kef, comme beaucoup d’autres régions, n’entre pas dans ce schème. Alors, tous les matins, c’est le même rituel. Après que ma cousine a servi son café à mon vieil oncle, ses quatre fils, tous diplômés de quelque chose d’intéressant, font la queue pour lui dire bonjour, et lui quémander l’équivalent en dinar d’un ou deux euros. Multipliée par quatre, c’est une somme pour un homme à la retraite. Il se lance dans une sorte de sermon pour tenter maladroitement de les sortir de leur apathie. Rien n’y fait. Tous les matins, il passe à la caisse. C’est ça ou les priver de ce qu’il leur reste de liberté ; c’est-à-dire le café.

En les accompagnant, je suis toujours mal à l’aise. En Europe, un diplôme, et j’en suis la preuve, n’apporte pas forcément un boulot. Néanmoins, je suis libre ; et cette liberté, dans mes moments de détresse, me donne le courage de croire en un futur meilleur. Eux n’ont pas ce luxe. Ils bousillent leurs poumons à fumer trois ou quatre paquets de cigarettes goudronnées et boivent jusqu’à huit tasses de cafés par jour. Dans le kawha qui fait l’angle de ma rue, certains ont même leur place attitrée. Les plus téméraires se cachent le soir pour s’envoyer quelques bières, quand bien sûr, ils en ont les moyens.

Mon cousin Kerim pensait s’en être sorti, au moins momentanément. Un commerçant de Monastir l’a employé pendant près de deux ans pour effectuer des livraisons de marchandises. A chaque fin de mois, au moment de lui verser son salaire, il lui disait qu’il était juste mais qui le paierait le mois prochain. Il lui donnait de temps à autre quelques petites avances ; de quoi lui permettre de préserver les apparences, entretenir un petit peu ses parents et ses cinq frères et sœurs.

Un jour, cet exportateur de dattes a mis la clé sous la porte. La faillite. Kerim en tout et pour tout avait à peine touché cinq mois de salaire. Aucun contrat, juste la parole de ce charlatan qui a profité des largesses du système. Fin de l’histoire. En Tunisie, tu ne peux pas te plaindre, sauf si tu as de l’argent. Lui n’est qu’un pauvre prolétaire. Affaire classée, Dieu reconnaîtra les siens.

Des Kerim aux droits bafoués et aux espoirs déchus, il y en a des centaines de milliers. Alors, le sacrifice de Mohamed Bouazizi n’a rien d’étonnant. Comme il savait qu’il n’allait rien rater ou presque, il s’est permis de partir à l’entracte. Il a anticipé parce qu’il connaissait d’avance la fin de la pièce. Son immolation par le feu aurait pu passer inaperçue. Seulement, ils sont des millions de Mohamed Bouazizi à commencer à trouver le café qu’on leur sert tout bonnement infect.

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Message  ivo le Lun 17 Jan - 11:20

La fortune des Ben Ali en question
http://www.europe1.fr/International/La-fortune-des-Ben-Ali-en-question-374963/
L'ex-président tunisien serait parti avec plus d'une tonne d'or. Sa fortune est immense.

Banques, transports, immobilier, en Tunisie les Ben Ali sont partout. L'ex-président aurait amassé une fortune estimée à 5 milliards d'euros pendant ses 23 ans à la tête de la Tunisie. Le président en fuite ne possédait rien avant d'accéder au pouvoir.

Hôtels particuliers et comptes en Suisse

Des banques privées en Tunisie, plusieurs compagnies aériennes, comme Carthago Airlines ou Nouvel Air, des hôtels 5 étoiles en Tunisie, des hôtels particuliers en Argentine ou au Brésil... la liste des biens de Ben Ali est difficile à dresser. L'ex-président tunisien posséderait également des comptes en Suisse, dont la valeur est impossible à estimer.

En France, Ben Ali serait propriétaire d'un immeuble en plein coeur de Paris estimé à 37 millions d'euros. Le président en fuite posséderait également des avoirs dans plusieurs banques françaises.
La ministre de l'Economie, Christine Lagarde, a indiqué lundi sur Europe 1 que Tracfin, l'organisme de lutte contre les mouvements suspects de capitaux, exerçait une "vigilance particulière" sur les mouvements de fonds et les demandes de transferts.

Comptes vidés et fortune transférée

La semaine dernière, au plus fort de la crise, la famille Ben Ali a liquidé tous ses comptes, selon un journaliste tunisien interrogé par Europe 1. "Ils ont vidé les caisses, jusqu'à la dernière minute, pour qu'il ne reste rien", raconte Slim Bagga.

Le Monde croit savoir que la famille aurait emporté dans sa fuite plus d'une tonne et demie de lingots d'or. L'équivalent de 45 millions d'euros, précise le quotidien. C'est Leïla Ben Ali, la femme de l'ex président tunisien, qui se serait rendue à la Banque de Tunisie pour les récupérer, avant de s'envoler pour Dubaï.

Il y a quelques mois, selon le journaliste tunisien, la femme de l'ex-président aurait également anticipé la fin de règne de son mari malade. Leïla Ben Ali, surnommée "La Régente" et détestée par le peuple tunisien, a transféré la quasi totalité de sa fortune à Mohammed, leur fils de 5 ans.


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Message  ivo le Lun 17 Jan - 12:12

La Tunisie dans l’attente d’un nouveau gouvernement
FRANCE INFO - 11:37
Au lendemain des violents heurts qui ont secoué Tunis, la vie reprend timidement dans la capitale. Quelques rares commerces ont ouvert leurs portes, et de nombreux policiers arpentent les rues. Le pays reste suspendu à l’annonce d’un gouvernement de transition, qui devrait être connu aujourd’hui. Un millier de personnes ont manifesté dans le calme pour demande la mise à l’écart du parti au pouvoir.


Trois jours seulement après le départ précipité de Ben Ali, la Tunisie devrait donc se doter aujourd’hui d’un nouveau gouvernement. Un gouvernement qui "ouvrira une nouvelle page de l’histoire de la Tunisie", a promis hier soir le Premier ministre par intérim, Mohamed Ghannouchi.

Tout le week-end, les chefs de partis politiques ont mené des négociations, pour tenter de s’accorder sur un gouvernement d’unité. Selon des sources proches des discussions, trois dirigeants de l’opposition devraient devenir ministres. Une première.
L’opposition commence à relever la tête : ce matin, sur France Info, Moncef Marzouki, dirigeant d’un parti de gauche interdit sous le régime de Ben Ali, assure qu’il sera candidat à l’élection présidentielle prévue dans deux mois (VOIR LA VIDEO).

La Tunisie dans l’attente d’un nouveau gouvernement. A quoi pourrait-il ressembler ? Eléments de réponse avec Dominique André (1'02")

"RCD dehors !"

Dans ce nouveau gouvernement devraient également figurer plusieurs membres de l’ancienne équipe, des proches de Ben Ali. Ce qui provoque la colère de certains Tunisiens : un millier d’entre eux se sont rassemblés ce matin pour demander la mise à l’écart des membres du Rassemblement constitutionnel démocratique (RCD), le parti de Ben Ali. "La révolution continue ! RCD dehors !" criaient les manifestants. Les policiers anti-émeutes sont intervenus et ont tiré en l’air.

Le calme relatif qui règne dans la capitale depuis le lever du jour semble donc précaire. Quelques cafés, bureaux de tabac et boulangeries ont levé le rideau ce matin. Des habitants font des provisions de nourriture, par crainte d’une pénurie. Des hommes en armes patrouillent dans les rues.

Dans le centre de la ville, l’air est cependant toujours imprégné d’une forte odeur de poudre, témoignant des violences de ces deux derniers jours. Après les pillages constatés samedi, plusieurs fusillades ont éclaté hier dans Tunis, notamment sur l’avenue Bourguiba. Les affrontements semblaient opposer l’armée aux fidèles de Ben Ali, membres de la sécurité présidentielle ou miliciens du RCD, le parti du président déchu.

Pas de départ de vacanciers français

Air France a repris ses vols vers la Tunisie, qui avaient été interrompus vendredi soir. En revanche, les voyagistes ont décidé de prolonger la suspension des départs de vacanciers français. Cette suspension, qui devait prendre fin ce lundi, est valable jusqu’au 23 janvier.
Ce soir, les derniers touristes français encore sur place "seront rentrés en France" , annonce par ailleurs, le président de l’Association des tour-opérateurs français, René-Marc Chikli : "900 en séjour balnéaire et 400 qui avaient pris des vols secs".
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 12:58

"Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis"
http://www.lemonde.fr/afrique/article/2011/01/17/peut-etre-on-partira-mais-on-brulera-tunis_1466502_3212.html
TUNIS, ENVOYÉE SPÉCIALE - Cet homme n'est ni grand ni petit. On ne peut pas le décrire. Il n'a pas de nom. Il faut lui en inventer un : Zyed. Il se terre dans une maison du quartier Bardo, à Tunis, qu'il fait surveiller depuis la rue par de jeunes parents, les nerfs à fleur de peau. "Je change d'endroit toutes les heures", dit-il en refoulant des larmes.

Conseiller de Zine El-Abidine Ben Ali au palais de Carthage, il avait pris contact de sa propre initiative quelques jours avant la chute de l'ex-président parce que, disait-il, il ne voulait pas "être complice des massacres". Pour le rencontrer, ce dimanche 16 janvier, il faut suivre des émissaires à travers un dédale de rues.

Zyed tente aujourd'hui de fuir la Tunisie, mais son passeport français, qu'il exhibe trop brièvement, est faux. Son récit, souvent interrompu par le bruit de tirs tout proches qui le font violemment sursauter, met en scène les intrigues d'un clan familial sclérosé et une fin de règne agonisante bien avant le début, le 17 décembre 2010, des émeutes en Tunisie. "Il régnait une atmosphère délétère au palais, souligne-t-il. En septembre, il y a eu un accrochage très sérieux entre le président et sa femme, et, à partir de là, la présence de son frère Belhassen et de son fils Imed est devenue de plus en plus forte."

L'ancien conseiller avance aussi le nom de Slim Chiboub, marié à Dorsaf Ben Ali, la fille de l'ancien président, mais écarte celui d'un autre gendre, très en vue, Sakhr El-Materi, décrit comme "un requin qui n'a pas de dents".

"QU'IL CRÈVE"

En octobre, ce clan aurait mis au point, selon lui, un scénario "diabolique" consistant à laisser "le président en poste jusqu'en janvier 2013, puis sa démission aurait été annoncée pour raison médicale, suivie d'un appel pour des élections". Les partis "amis" auraient été instrumentalisés pour créer une polémique en présentant de faux candidats. Des manifestations organisées un peu partout par le RCD, le parti du pouvoir, se seraient conclues par une "manif monstre d'un million de personnes à Tunis pour réclamer la candidature de Leïla".

Mais, le 17 décembre, le suicide de Mohamed Bouazizi, immolé par le feu, change tout. "Ben Ali était totalement indifférent, il a dit quelque chose comme : 'Qu'il crève'. A ce moment, Abdelwahab Abdallah est devenu le véritable régent, et Abdelaziz Ben Dhia le filtre sans qui rien ne passait." Ali Sériati, le chef de la garde présidentielle, fait partie du dispositif.

L'ancien conseiller décrit des acteurs de plus en plus fébriles au fur et à mesure que le mouvement de révolte prend de l'ampleur dans le pays. Le 29 décembre, au lendemain du premier discours du président, il assiste à une réunion de crise. "Abdallah a dit : 'Il faut que tout ça soit manipulé par un groupe affilié à Al-Qaida au Maghreb islamique. Pour nos amis français, c'est la seule solution.' Ce à quoi a répondu Ben Ali, très cynique: 'AQMI en Tunisie, c'est la mort du tourisme, on va se suicider'."

DES APPELS D'ERIC RAOULT

Aux Américains, un même argument devait être présenté : Kasserine, la ville où les manifestations ont été les plus durement réprimées, était un "foyer islamiste". "Il y a eu un air de fête après les déclarations de Michèle Alliot-Marie lorsqu'elle a proposé d'aider à former des policiers tunisiens, poursuit Zyed. Et Eric Raoult appelait tout le temps pour dire qu'il ne fallait pas ouvrir la brèche aux islamistes ; Abdallah l'avait surnommé la 'passerelle'."

Contacté, M. Raoult reconnaît avoir "appelé souvent", mais, assure-t-il, "des amis comme Charfeddine Guellouz ou Habiba Massabi [députée RCD], pas la présidence, ce n'est pas de mon niveau".

La situation, cependant, s'aggrave en Tunisie. Le conseiller, qui révèle que l'ancien chef de l'Etat s'était réfugié dans sa propriété d'Hammamet avant de quitter le pays et avait préenregistré son dernier discours, rapporte cette dernière réunion : "Sériati a prévenu que les militaires, ces 'fils de bâtards', a-t-il dit, fraternisaient avec la population. Il a ajouté: 'Peut-être on partira, mais on brûlera Tunis : j'ai 800 bonhommes prêts à se sacrifier. Dans deux semaines, les mêmes qui manifestent vont nous supplier de reprendre les choses en main.'" Zyed, alors, est parti de son côté.

Isabelle Mandraud
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 19:00

Tunisie : trois opposants entrent dans le gouvernement d’union nationale
FRANCE INFO - 17:07
Mais six ministres de l’ancien gouvernement conservent leur portefeuille.
Ce gouvernement est chargé de gérer la transition jusqu’à la tenue d’élections présidentielle et législatives - prévues constitutionnellement dans un délai de 60 jours.
Tout un symbole... Des opposants tunisiens nommés ministres, le tableau était tout simplement inimaginable encore la semaine dernière. Mais depuis la fuite du président Ben Ali vendredi, tout a changé.

A la tête du gouvernement d’union nationale, le Premier ministre Mohammed Ghannouchi, un homme intègre qui n’a pas trempé dans les dérives sécuritaire de l’ancien régime, est reconduit dans ses fonctions.
Ce gouvernement est chargé de conduire le pays jusqu’aux élections présidentielle et législatives - prévues, selon la Constitution, dans un délai de 60 jours. Les élections auront finalement lieu d’ici 6 mois. 60 jours, c’est “un délai qui n’est pas suffisant” pour mener les réformes nécessaires à l’organisation d’élections démocratiques a expliqué le Premier ministre tunisien.

19 personnes composent ce gouvernement. Si les postes-clés - l’Intérieur, la Défense, les Affaires étrangères et les Finances - restent aux mains de l’ancienne équipe, trois opposants font donc leur entrée dans le gouvernement.

Il s’agit de Nejb Chedid, le chef de file du Parti démocratique progressiste (PDP, une coalition de nationalistes et de représentants de la gauche) qui prend le poste de ministre du Développement régional. Il y a aussi Mustapha Ben Jafar, président du Forum démocratique pour le travail et la liberté (FDTL, gauche démocratique) à la Santé ; et Ahmed Ibrahim, du parti Ettajdid (ex-communiste) à l’Enseignement supérieur.

La Tunisie se dote d’un gouvernement d’union nationale. Sébastien Laugénie a assisté à la présentation du nouveau gouvernement. (0'58")

Des représentants de la société civile font également leur entrée, comme Slim Amamou, un cyberdissident arrêté sous Ben Ali, qui devient secrétaire d’Etat à la Jeunesse et aux Sports.

Dernière information : il n’y a plus de ministère de l’Information. Logique : le gouvernement annonce la liberté totale de l’information, et la levée de l’interdiction qui frappait jusque-là toutes les associations, comme la Ligue tunisienne des droits de l’homme.

Enfin, ce nouveau gouvernement s’est déjà engagé à libérer tous les prisonniers politiques.

Des prisonniers politiques ont déjà été libérés, assure Mohammed Ghannouchi. (0'56")

Reste que le maintien de ministres du président Ben Ali fait pas mal grincer des dents. Moncef Marzouki, l’opposant historique, qui s’est déclaré candidat à la présidentielle ce matin sur France Info, dénoncé une “mascarade” , et fustige une fausse ouverture .

Ce gouvernement n’a aucun ancrage populaire, s’emporte Taoufik Ben Brik, journaliste et opposant historique lui aussi (0'44")

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Message  ivo le Lun 17 Jan - 19:03

La France surveille les biens de Ben Ali et de sa famille
FRANCE INFO - 14:56
Paris affirme surveiller tout mouvement financier inhabituel concernant les biens du président déchu et de son entourage, et se tient "à la disposition des autorités constitutionnelles tunisiennes". Insuffisant, selon le PS et deux ONG anti-corruption, qui réclament le gel des avoirs financiers de la très riche famille de Ben Ali.
Dans un premier temps, la France a saisi Tracfin, la cellule antiblanchiment de Bercy pour empêcher la fuite des avoirs financiers détenus par l’ex-président tunisien et ses proches. Tracfin "a lancé dès hier un message d’alerte à tous les établissements financiers" a indiqué François Baroin, ministre du Budget. Ils doivent signaler "sans délai" les opérations comme des "retraits substantiels en espèces, achat de métaux précieux, envois de fonds vers l’étranger, etc."

La France surveille les avoirs financiers de Ben Ali, explique François Baroin, ministre du Budget et porte-parole du gouvernement (0'48")

Quant aux biens immobiliers que possède Ben Ali en France, ils feront l’objet d’une "procédure judiciaire". "Nous sommes à la disposition des autorités constitutionnelles tunisiennes pour savoir ce qu’elles souhaitent" en faire, affirme le porte-parole du gouvernement.

Le PS réclame le gel des avoirs

Insuffisant, selon le PS : le gouvernement ne doit pas "se contenter de mettre en alerte nos services", mais doit "geler effectivement les avoirs de Ben Ali et de sa famille en France, de façon à ce que cet argent qui appartient aux Tunisiens ne soit pas définitivement volé, confisqué par cette famille" a affirmé le porte-parole des socialistes, Benoît Hamon.

Plainte pour corruption

C’est aussi le souhait de deux ONG, Transparency International et Sherpa, qui ont décidé de porter plainte contre X pour corruption, blanchiment et recel d’abus de biens sociaux. La plainte vise implicitement le président tunisien déchu. "L’objectif, c’est d’obtenir rapidement un gel des avoirs de la famille Ben Ali en France pour éviter qu’ils ne soient transférés vers des destinations lointaines", affirme Maude Perdriel-Vaissière, juriste chargée du dossier chez Sherpa.

La plainte des ONG vise l’ancien président Ben Ali et son entourage Les précisions de l’avocat William Bourdon (avec Jacques Plana) (1'54")

La seconde épouse de Ben Ali, Leïla Trabelsi, et la famille de cette dernière, se sont accaparés les richesses du pays en utilisant l’appareil d’Etat, usant d’alliances, de corruption, de menaces. Depuis trois jours, les membres du clan sont pourchassés en Tunisie, arrêtés ou tués, et leurs somptueuses villas saccagées.

Les villas de la famille Ben Ali saccagées : exemple à Hammamet Le reportage de Grégory Philipps (1'52")
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Message  ivo le Lun 17 Jan - 21:09

La révolution du jasmin a couté 1,6 milliard d’euros à la Tunisie
La révolte populaire qui a provoqué la chute du régime tunisien du président Ben Ali et les violences qui ont suivi ont causé 3 milliards de dinars (1,6 milliard d’euros) de pertes à l’économie, a annoncé le ministre de l’Intérieur Ahmed Friaa.
de la clique ben ali donc .... ça commence bien ....

Tunisie : Michèle Alliot-Marie en ligne de mire
FRANCE INFO - 20:39
Sévèrement critiqué pour avoir mollement et tardivement soutenu la Révolution du jasmin, le gouvernement français a amorcé un début de mea culpa, en reconnaissant avoir sous-estimé la colère des Tunisiens face au régime "dictatorial" de Zine el Abidine Ben Ali.
Mais ce sont surtout les propos de Michèle Alliot-Marie qui ne passent pas.L’opposition demande des excuses, voire la démission de la ministre des affaires étrangères.
La ministre sera entendue demain à l’Assemblée nationale.


Les propos de Michèle Alliot-Marie de prêter au régime de Ben Ali le "savoir-faire" des forces de l'ordre françaises créent la polémique
©REUTERS/Philippe Wojazer

Le 11 janvier, devant l’Assemblée nationale, Michèle Alliot-Marie avait proposé le “savoir faire” français à la Tunisie pour le maintien de l’ordre et la gestion de manifestations.
La ministre a expliqué avoir voulu contribuer à mettre fin à la répression. “Il y avait des tirs à balles réelles, des morts. Pour que de telles situations ne se reproduisent pas dans l’avenir, j’ai donc dit que nous étions prêts à aider à former les forces de l’ordre tunisiennes, comme nous le faisons pour d’autres pays”, a-t-elle expliqué.


Des déclarations qui depuis, créent la polémique.
L’ancienne candidate socialiste à l’élection présidentielle, Ségolène Royal a qualifié son propos de “scandaleux”, “venant en soutien d’une dictature.” Une “grave faute”, a abondé l’ancien Premier ministre Laurent Fabius.
Le député Pierre Moscovici a dit avoir eu “honte de notre diplomatie”.
La secrétaire nationale d’Europe Ecologie-Les Verts, Cécile Duflot a estimé que Michèle Alliot-Marie “devrait s’excuser auprès des Tunisiens”.
Même dans la majorité, le centriste Hervé Morin a pris ses distances avec les déclarations de la chef de la diplomatie.


Une faute politique
Le député communiste, Jean-Jacques Candelier réclame la démission de la ministre des Affaires Etrangères. Il estime que ses déclarations d’offrir une coopération sécuritaire au régime Ben Ali étaient “une honte”.
L’ex-ministre Christine Boutin a estimé que la ministre des Affaires étrangères avait commis une faute politique en proposant une coopération sécuritaire au régime Ben Ali, après le déclenchement des émeutes en Tunisie.


Certains experts et hommes politiques relativisent la faute de la diplomatie française. Du socialiste François Mitterrand à Nicolas Sarkozy, la France a toujours soutenu Ben Ali, considéré comme “un rempart” contre l’islamisme.
Philippe Moreau-Defarges, de l’Institut français des relations internationales (IFRI), juge “excessives” les critiques, même si la proposition de Mme Alliot-Marie pouvait sembler “maladroite”. “Lorsqu’un gouvernement malgré tout ami est plus ou moins en difficulté, on ne tire pas sur une ambulance”, a-t-il dit.


“Qu’il y ait pu y avoir des maladresses ou des incompréhensions, après tout cela est possible" mais "imaginez que la France intervienne dans les affaires d’un pays qui est un ancien protectorat français, qu’aurait-on dit ?”, a justifié Henri Guaino, conseiller spécial du chef de l’Etat. Pour lui, Michèle Alliot-Marie a parlé “sans mauvaise intention du tout, à partir d’une analyse qui était la sienne”.

Mikaël Roparz, avec agences


L’après Ben Ali, une affaire franco-française…
FRANCE INFO - 19:05
La Tunisie s’invite dans la vie politique française. L’attitude des autorités françaises est sévèrement critiquée par l’opposition.
La prudence et la mesure sont-elles des qualités élyséennes, face à une révolte sociale dans un pays étranger ? c’est un peu la question posée par la révolution tunisienne.
En France, le premier communiqué officiel de l’Elysée "prenant acte" des événements n’est tombé qu’après le départ de l’ex président Ben Ali. Ce qui provoque l’indignation de l’ancien ministre socialiste, Pierre Moscovici : "ce mot de démocratie est précisément le mot que n’ont jamais prononcé les autorités françaises. La France de Sarkozy a eu un comportement indigne de A à Z ! Franchement ? j’ai eu honte de notre diplomatie, que la France ait proposé son savoir faire en maintien de l’ordre alors que se déroule une révolte sociale, avec une jeunesse qui n’en peut plus. C’est un scandale. Je trouve ça minable".

Michèle Alliot-Marie est dans la ligne de mire pour avoir proposé aux Tunisiens le "savoir-faire" français, en matière de maintien de l’ordre. La ministre des affaires étrangères, qui, à en croire Benoit Hamon, le porte parole du PS, n’aurait pas exprimé que son opinion personnelle : "elle s’est totalement disqualifiée comme l’UMP et le pouvoir. Je dis que ses déclarations de ministre ne sont pas des déclarations personnelles. C’était la mise en œuvre d’une ligne politique qui était celle de Nicolas Sarkozy."

Certains réclament la démission de Michèle Alliot-Marie, comme le communiste Jean Jacques Candelier, ou au moins ses excuses, comme l’écologiste Cécile Duflot.

Mais la majorité ne se laisse pas faire, et répond à ces accusations.
Le président UMP de l’Assemblée nationale, prend la défense de la ministre des affaires étrangère. Pour Bernard Accoyer, il faut se remettre dans le contexte : "Nul au moment où la question a été posée, n’avait mesuré la portée des événements et encore moins, ce qui allait se passer. Comme nous tous, le ministre des affaires étrangères était effaré par le déchainement de violence, et l’utilisation d’armes et de fusils à balles réelles. C’est cette dimension qui en réalité a centré sa réponse, et aucune autre intention."

On n’est jamais sûr avant, de ce qui advient après le départ d’un dictateur, justifie le maire de Marseille, Jean-Claude Gaudin : "madame Duflot pourrait regarder ce qui s’est passé en Irak, On a chassé un dictateur, tout le monde voulait la peau de Saddam Hussein, pour remplacer par quoi ? alors que les gens qui donnent des leçons aient un peu de modestie, surtout lorsqu’ils ne sont pas aux affaires, et ceux qui dirigent notre pays ont eu de la prudence, on ne peut pas le leur reprocher."

Le maire de Marseille qui emploie le terme de dictateur, qualificatif repris aussi, aujourd’hui, par le ministre de la Défense, Alain Juppé : "tous les pays occidentaux au sens large du terme, considéraient que la Tunisie était un pays stable politiquement, qui se développait économiquement, où le statut de la femme était amélioré, où les classes moyennes émergeaient, où un effort important était fait en faveur de l’éducation, et sans doute avons-nous les uns et les autres sous-estimé le degré d’exaspération de l’opinion publique face à un régime policier, un régime dictatorial."

C’est peut-être la vraie question, posée ici : comment la France a-t-elle pu sous-estimer à ce point, la réalité de l’opinion dans un ancien protectorat ?
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Message  niouze le Lun 17 Jan - 21:35

en fait aucune critique a faire le gouvernement n'a tenu qu'une position qui est la sienne et qui est celle du tout sécuritaire !!! (et accessoirement son amitié très longue à ce dictateur )
français gare a vous !

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"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 9:13

Coup de projecteur sur le clan Trabelsi, belle-famille de Ben Ali, conspué en Tunisie
FRANCE INFO - 07:48
Les Trabelsi, du nom de Leïla Trabelsi, deuxième épouse de Zine-el-Abidine Ben Ali, font partie de ces quelques familles qui tenaient jusqu’à présent toute l’économie tunisienne entre leurs mains.
Banques, hôtellerie, immobilier, transports, droits de douane, téléphonie, médias : rien n’échappe à "la femme de", ses frères et soeurs et ses dizaines de neveux.
Dans leur soulèvement, les Tunisiens s’en sont donc pris en priorité à leurs villas et leurs biens.
Enquête sur cette famille désormais honnie par tout un pays.
Les Trabelsi, leur histoire, leurs méthodes Reportage de Claire Lalanne en Tunisie (5'01")


Leïla Trabelsi, première dame de Tunisie, en octobre dernier, à Tunis. A l'époque, rien ne semblait pouvoir l'atteindre
© AFP/Fethi Belaïd

C’est en 1992 que le président Ben Ali prend Leïla Trabelsi pour deuxième épouse. Une accession au pouvoir pour sa famille tout entière. Dès lors, le clan n’aura de cesse de faire main basse sur tous les postes clés du pays et des pans entiers de l’économie tunisienne, soit "80% de la richesse nationale", selon Mahmoud Baroudi, l’un des représentants du PDP, parti d’opposition.

"Méthodes de bandits"
Accumuler un tel trésor ne s’est évidemment pas fait sans exactions : expropriations, extorsions de fonds, pots de vin, vols, intimidations... Le clan est considéré dans son pays comme une véritable "mafia", se servant dans ses banques comme dans son propre portefeuille. Alors que la parole s’est libérée ces derniers jours, les témoignages à charge abondent. Radhia Nasraoui, avocate et militante des Droits de l’Homme, dénonce des "méthodes de bandits" pour avoir vu son mari tabassé par des hommes de main des Trabelsi, au cœur de l’aéroport de Tunis.

La fuite en Arabie Saoudite
Aujourd’hui, le clan est fragilisé, contraint de se réfugier, avec le président déchu, en Arabie Saoudite. L’un des neveux, Imed Trabelsi n’a pas survécu à cette période de trouble. Soupçonné d’avoir volé un yacht, il a été tué dans ce qui ressemble à un règlement de compte le jour de la fuite de Ben Ali. La famille, en tous cas, détiendrait plusieurs millions d’euros sur des comptes français, des propriétés immobilières à Paris, à Courchevel et sur la Côte d’Azur. Leïla Trabelsi est en outre accusée d’avoir quitté le pays avec 1,5 tonnes d’or en lingots. Trois ONG ont déposé plainte pour obtenir une enquête sur les biens détenus en France.
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 9:16

"Si nous ne devions parler qu’aux régimes démocratiques, nous ne parlerions pas à grand-monde" Henri Guaino
FRANCE INFO - 08:52
Henri Guaino, conseiller spécial de Nicolas Sarkozy à l’Élysée, est revenu ce matin sur le début de mea-culpa de la France, et en particuliers d’Alain Juppé hier, sur la mauvaise appréciation des évènements tunisiens, avant la chute de Ben Ali. Invité de Raphaëlle Duchemin, il a tenté de justifier les relations étroites qu’a toujours entretenues Paris avec Tunis jusqu’à cette "révolution du jasmin".
"Je ne crois pas que le moment soit venu de faire un mea-culpa. Le régime tunisien qui est en train de s’effondrer est en place depuis 1956. Aurait-il donc fallu depuis lors ne pas parler au pouvoir tunisien, à Bourghiba puis Ben Ali ?", interroge le conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, alors que commencent à poindre des critiques sur la passivité voire le cynisme de la France à l’égard du régime de Ben Ali.

Pour Henri Guaino, il ne faut pas être simpliste, ne pas plonger dans la facilité comme, selon lui, le faisait hier Daniel Cohn-Bendit au Parlement européen. "Si dans le monde nous ne devions parler qu’aux gouvernements qui répondent à nos critères de démocratie, nous ne parlerions pas à grand-monde". Et de citer la doctrine de De Gaulle : "la France reconnait les États, pas leurs gouvernements".

Le conseiller spécial le concède pourtant : "la Tunisie est un État policier, sans doute une forme de dictature laïque. Et en même temps, c’est le pays qui a fait le plus d’effort en matière d’éducation, de droits des femmes..." Henri Guaino refuse donc l’ingérence, au profit de la discussion "avec ceux qui sont là".

Henri Guaino, conseiller spécial de Sarkozy, revient sur les relations étroites de Paris avec le régime de Ben Ali Il est interrogé par Raphaëlle Duchemin (9'37")
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 9:37

Les ministres restants "ont les mains propres"
http://www.europe1.fr/Tunisie/Les-ministres-restants-ont-les-mains-propres-376315/
EXCLU - Le Premier ministre tunisien est revenu pour Europe 1 sur la situation en Tunisie.

Émeutes, dictatures, nouveau gouvernement… le Premier ministre tunisien est revenu pour Europe 1 sur les enjeux auxquels le pays est désormais confronté. Quelques jours après le départ précipité du président Ben Ali, Mohammed Ghannouchi a estimé que le pays vivait "une mutation historique". Selon lui, la Tunisie "est en train de passer un autre cap, qui ouvre d’importantes perspectives à notre population, à notre jeunesse ". Beaucoup de jeunes se sont retrouvés dans la rue ces dernières semaines pour protester contre le parti de Ben Ali, au pouvoir depuis 23 ans.

Et les manifestations ont été sanglantes. Au moins 78 personnes sont mortes lors des émeutes. "L’armée n’a pas tiré. C’est certain, parce que l’état d’urgence a été décrété quelques heures avant le départ précipité du président", a assuré Ghannouchi. "Dès que j’ai assumé ma responsabilité, ma première instruction aux forces de sécurité a été de ne tirer en aucune façon sur la population. On peut utiliser les bombes lacrymogènes, les balles caoutchouc. Mais il vaut mieux laisser notre peau que faire un carnage", s’est-il défendu. Et de promettre que "tous ceux qui ont été à l’origine de ce massacre, de ce carnage, rendront à la justice".

"Les ministres ont les mains propres"

Quant à la formation du nouveau gouvernement, Mohammed Ghannouchi assure avoir "essayé de faire un dosage qui prend en compte les différentes forces dans le pays". Six ministres issus de l’ancien régime de Ben Ali ont été reconduits : "Tous les ministres qui sont restés ont les mains propres et une grande compétence", s’est défendu Mohammed Ghannouchi. "Grâce à leur dévouement, ils ont réussi à réduire la capacité de nuisance de certains milieux. Ils ont manœuvré, tergiversé, essayé de gagner du temps pour préserver l’intérêt national".

Interrogé pour savoir si la dictature continuait, le Premier ministre s'est montré agacé : "Ça n’est pas du tout juste ! Aujourd’hui, il y a une ère de liberté qui se manifeste dans la télé, dans la rue. Un nouvel esprit qui se dégage, totalement différent de celui qui prévalait par le passé". Ainsi, il promet de développer les libertés (la presse, internet…) : "Je le ferai, je m’y engage. Pour nous, c’est un choix essentiel".

"Des corruptions, du despotisme"

Aussi, le Premier ministre est revenu sur ses derniers mots à Ben Ali, quelques minutes avant son départ : "Je lui ai dit que la situation était explosive, grave. Et que cette situation était dictée par des corruptions, du despotisme, de l’enrichissement illicite de son entourage. Je lui ai dit, et devant témoin, parce que ma responsabilité est engagée. Je n’ai jamais fait de la complaisance avec le président. J’ai toujours été sincère pour lui faire part des difficultés", explique-t-il avant, de confier qu’il a "plusieurs fois eu l’envie de démissionner".

Mais désormais, c'est vers de nouvelles élections que se tourne la Tunisie. Et Mohammed Ghannouchi promet que ce scrutin, prévu dans six mois, sera "libre, transparent, contrôlé par une commission indépendante, et des observateurs internationaux. Ce sera la première fois depuis l’indépendance du pays", souligne-t-il. "Tous les partis seront autorisés à participer aux élections, à égalité de chances", assure celui qui s’engage à ce qu’il n’y ait "plus de favoritisme".

"C'est elle qui commandait"

Reste encore une question sur la table : Ben Ali sera-t-il jugé ? "Je ne peux pas dire cela. Dans les premières années, Ben Ali a fait beaucoup de bien à la Tunisie", a-t-il estimé. "Mais il y a eu un changement important qui s’est produit, à cause de l’enrichissement illicite de la part de son entourage". Une référence directe à la famille Trabelsi, du nom de la femme de l’ex-président, qui avait mis au point un système basé sur la corruption. "Ils auront un procès équitable. Et s’ils sont coupables, ils devront rendre à la justice", a promis Ghannouchi. "On a l’impression que c’est elle (la femme du président ,ndlr) qui commandait", a encore confié le Premier ministre.

Enfin, concernant le dossier Rached Ghannouchi, ce chef islamiste tunisien en exil à Londres, Mohammed Ghannouchi a estimé qu'il ne pourra retourner en Tunisie que "s'il y a une loi d'amnistie" effaçant sa condamnation à la prison à vie datant de 1991.
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 12:33

Manifestations en Tunisie contre un gouvernement "trop proche de Ben Ali"
FRANCE INFO - 11:39
La police tunisienne a dispersé ce matin à coups de gaz lacrymogène et de matraque une centaine de manifestants hostiles au nouveau gouvernement nommé hier en Tunisie, hostiles en particuliers à la présence d’anciens collaborateurs de Ben Ali dans cette équipe de transition.
Des manifestations étaient aussi prévues à Sfax, deuxième ville du pays, et Sousse, dans la région d’origine de l’ex-président. Même si beaucoup de Tunisiens attendent de voir...


"Le dictateur est tombé, la dictature pas encore ! Il faut que les Tunisiens achèvent la mission" : parole d’internaute tunisien sur Facebook. Les appels à manifester pleuvent sur les réseaux sociaux depuis hier et l’annonce de la composition du "gouvernement d’union nationale", contre cette équipe jugée encore trop proche du régime déchu. Certaines figures, telles que les ministres de l’Intérieur, la Défense, les Finances et les Affaires étrangères, ont conservé leurs postes régaliens. Un choix de nature à "assurer la continuité du service public tunisien", a commenté ce matin la ministre Michèle Alliot-Marie, mais un choix qu’une partie de la population tunisienne semble avoir du mal à avaler.

Ce matin, des centaines de manifestants ont défilé dans le centre de Tunis aux cris de "A bas la dictature !" et "Dehors le RCD !", allusion au Rassemblement constitutionnel démocratique, le parti de Ben Ali. Une centaine d’entre eux ont été dispersés par la police sans ménagement. Des hommes, semble-t-il, menés par un leader islamiste : Sadok Chourou, ancien président du mouvement interdit Ennahdha. Mais la puissante centrale syndicale tunisienne UGTT aussi affirme ce matin ne "pas reconnaître le nouveau gouvernement".
À côté de ces manifestations pourtant, la rue tunisienne semble très partagée sur la conduite à tenir face au nouveau pouvoir. Surtout après les semaines de trouble traversées depuis fin décembre.

Les manifestants en Tunisie partagés sur le nouveau gouvernement Témoignages recueillis ce matin à Tunis par Claire Lalanne (0'42")

Cécile Quéguiner, avec agences
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ivo

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Message  ivo le Mar 18 Jan - 14:10

Le nouveau gouvernement tunisien contesté et fragilisé
http://www.liberation.fr/monde/01012314364-le-gouvernement-transitoire-tunisien-a-les-mains-propres
L'essentiel — La composition du nouveau gouvernement de transition, avec la présence des postes-clés des ministres du président déchu Ben Ali, est de plus en plus contestée ce mardi. Dans la capitale, la police a violemment dispersé un millier de manifestants, parmi lesquels des islamistes.

13h40 Les trois ministres appartenant à la centrale syndicale tunisienne UGTT ont démissionné du gouvernement de transition, à la demande de leur organisation, annonce à l'AFP l'un d'eux, Houssine Dimassi. Les deux autres ministres démissionnaires sont Abdeljelil Bédoui (ministre auprès du Premier ministre) et Anouar Ben Gueddour (secrétaire d'Etat auprès du ministre du Transport et de l'équipement).

L'Union générale des travailleurs tunisiens, la puissante centrale syndicale tunisienne, qui a joué un grand rôle dans les manifestations ayant provoqué la chute du président Ben Ali, a décidé «de ne pas reconnaître le nouveau gouvernement».

Midi. Des milliers de Tunisiens manifestent en province contre la présence dans le nouveau gouvernement de transition de membres de l'équipe sortante du président déchu Ben Ali. Notamment à Sfax (centre-est) et à Sidi Bouzid (centre-ouest) d'où est partie à la mi-décembre la révolte populaire.

A Tunis, la police a appelé les manifestants à se disperser, conformément à l'état d'urgence en vigueur qui interdit les rassemblements, avant de tirer des gaz lacrymogènes. Rompant avec la retenue lors d'une manifestation similaire organisée lundi, les forces de l'ordre ont aussi fait usage de matraques.



11h45 Henri Guaino sur France Info: «Je ne crois pas que le moment soit venu de faire un mea culpa.»

(Source France Info)

11h36. Un homme a tenté de mettre fin à ses jours en s'immolant par le feu ce matin devant le siège du Conseil des ministres au Caire. L'homme est légèrement blessé et a été hospitalisé. Plus d'informations ici.

11h35 Une centaine de personnes manifestent sur l'avenue Habib Bourguiba, dans le centre de Tunis, contre contre la présence de membres de l'équipe du président déchu dans le nouveau gouvernement. A leur tête, Sadok Chourou, 63 ans, ancien président du mouvement islamiste tunisien interdit Ennahda.

Sur Twitter, plusieurs messages et photos font état de gaz lacrymos.

Vous êtes en Tunisie ? Vous avez un témoignage à apporter ? C'est par ici.

11h30. Ennahda, le mouvement islamiste tunisien, annonce qu'il «n'aura pas de candidat à la présidentielle» prévue dans six mois mais qu'il veut participer aux législatives, estimant qu'«il n'y aura pas de transition démocratique sans Ennahda».

10h45. Auditionnée par la commission des Affaires étrangères de l’Assemblée nationale pour faire le point sur la situation en Tunisie, Michèle Alliot-Marie doit surtout tenter d’éteindre la polémique suscitée par son faux pas de la semaine dernière. Réagissant aux manifestations meurtrières, la ministre des Affaires étrangères avait suggéré la coopération policière de la France pour «régler les situations sécuritaires de ce type».

Et pour se défendre, face à une opposition remontée - dont plusieurs personnalités ont demandé, dans le week-end, des excuses voire sa demission -, MAM choisit la contre-attaque. Minimisant «des polémiques inutiles sur des interprétations erronées», elle se dit «scandalisée par le fait que certains aient voulu déformer [ses] propos». Lesquels ont, assure-t-elle, été «coupés pour leur faire dire le contraire» de sa pensée: «J’ai été bouleversée par les tirs à balles réelles contre un certain nombre de manifestants». «Il est inenvisageable que la France prête un concours direct aux forces de l’ordre d’un autre pays», insiste la ministre. Le socialiste Gaëtan Gorce n’est pas sûr d’avoir compris le message: «il y a deux attitudes possibles, soit vous regrettez ses propos et vous vous excusez, soit vous les assumez.»


Sur l'impact des réseaux sociaux dans la révolution tunisienne, lire ici.

10h30. Tirs de gaz lacrymogènes et coups de matraque contre une centaine de manifestants hostiles à la présence de membres de l'équipe du président déchu Ben Ali dans le nouveau gouvernement de transition.

10 heures. Alain Juppé, ministre de la Défense: «Je crois qu’il n’y a pas eu de défaillance du gouvernement», a déclaré Alain Juppé sur RTL. «J’aimerais qu’on me cite un seul grand gouvernement européen ou américain qui, avant les événements de Tunisie, avait souhaité le départ de Ben Ali», a-t-il déclaré.

9 heures. Sur Internet, circulent des appels à manifester contre la formation la veille d'un «gouvernement d'union nationale».

8 heures. Les ministres qui avaient servi sous le régime Ben Ali et qui ont été maintenus dans le gouvernement tunisien ont «les mains propres» et ont toujours agi pour «préserver l’intérêt national», a déclaré sur Europe 1 le Premier ministre Mohammed Ghannouchi.

«Ils ont gardé leur portefeuille parce que nous avons besoin d’eux dans cette phase» de construction démocratique, avec la préparation d’élections dans les six mois, a affirmé le chef du gouvernement, soulignant le «grand enjeu de la sécurité» dans cette période de transition.

Retrouvez tous nos reportages, interview, analyses et édito dans notre dossier spécial sur la Tunisie. Libération a décidé de mettre en accès gratuit tous les articles concernant la révolution en Tunisie.

A lire ce mardi, un portrait de Leila Trabelsi, épouse de Ben Ali («La cleptodame»), une interview de l'écrivain Abdelwahab Meddeb...
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Message  niouze le Mar 18 Jan - 16:56

MAM choisit la contre-attaque. Minimisant «des polémiques inutiles sur des interprétations erronées», elle se dit «scandalisée par le fait que certains aient voulu déformer [ses] propos». Lesquels ont, assure-t-elle, été «coupés pour leur faire dire le contraire» de sa pensée: «J’ai été bouleversée par les tirs à balles réelles contre un certain nombre de manifestants». «Il est inenvisageable que la France prête un concours direct aux forces de l’ordre d’un autre pays»,


et la tes propos ils sont déformer connasse

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Message  ivo le Mar 18 Jan - 18:31

Tunisie : démissions en cascade du nouveau gouvernement
FRANCE INFO - 14:05
Mustapha Ben Jaafar, l’un des trois opposants entrés hier au gouvernement, a démissionné aujourd’hui pour protester contre la présence de proches de Ben Ali.
Avant lui, ce sont les trois ministres issus du syndicat UGTT qui avaient claqué la porte...
Actualisé à 17h15 avec la démission de Ben Jaafar


Le gouvernement d’union nationale a déjà fait long feu en Tunisie. Au lendemain de sa composition, c’est l’un des plus illustres opposants tunisiens qui claque la porte. Mustapha Ben Jaafar avait été nommé hier ministre de la Santé.
Il a démissionné cet après-midi, pour protester contre la présence, à ses côtés, de ministres proches du président déchu.

Avant lui, trois ministres d’ouverture avaient déjà fait leurs bagages : ceux choisis par le syndicat UGTT (Union générale des travailleurs tunisiens), qui a joué un rôle important dans les manifestations de ces dernières semaines.

Trois ministres choisis par le syndicat UGTT ont quitté le gouvernement, à l’appel du syndicat. A Tunis, les précisions de Renaud Candelier. (1'03")

Mohammed Saihi, membre du bureau exécutif régional de l’UGTT à Kasserine, revient sur la situation des trois ex-ministres. (4'29")

Houssine Dimassi, Abdeljelil Bédoui et Anouar Ben Gueddour avaient rang de secrétaires d’Etat. C’est à l’issue d’une réunion extraordinaire que la direction de l’UGTT a refusé de reconnaître le gouvernement, et, par conséquent, demandé aux ministres venus de ses rangs de remettre leurs démissions.

Houssine Dimassi, l’un des trois ministres démissionnaires, relativise la portée de son geste. (0'32")

Dans les rues de Tunis, les manifestants sont à l’unisson de la position de l’UGTT. Le reportage de Claire Lalanne. (0'49")

Le syndicat entend ainsi protester contre le maintient au pouvoir du RCD, le parti du président déchu Zine Ben Ali. Les postes clés de Premier ministre et les ministères régaliens de la Défense, des Affaires étrangères, des Affaires intérieures et des Finances n’ont en effet pas changé de main et beaucoup d’autres appartiennent au RCD.

L’histoire n’en restera peut-être pas là : l’ex-parti communiste, Ettajdid (Renouveau) a menacé de claquer la porte à son tour si tous les ministres issus du RCD ne démissionnaient pas.
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 18:36

Le parti islamiste tunisien Ennahda compte demander sa légalisation
Le parti islamiste tunisien Ennahda, interdit sous Ben Ali, va demander sa légalisation au nouveau gouvernement. L’un de ses dirigeants, Ali Laraidh, a expliqué que son parti espère devenir une force politique comme les autres : “on sera une partie du jeu politique, comme les autres, nous exercerons nos droits et nos devoirs”, a-t-il déclaré.

Ennahda a annoncé qu’il ne présenterait pas de candidat à l’élection présidentielle, mais compte participer aux élections législatives : “il n’y aura pas de transition démocratique sans Ennahda”, prévient un porte-parole à Paris. Les islamistes avaient engrangé 14% des voix aux législatives de 1989, deux ans après la prise de pouvoir de Zine Ben Ali. Ils ont été interdits après les heurts du début des années 90.
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Message  ivo le Mar 18 Jan - 18:37

Moncef Marzouki, l’opposant historique, est rentré en Tunisie
Président du parti CPR (le Congrès pour la République), Moncef Marzouki est rentré au pays aujourd’hui. Il a été accueilli à l’aéroport Tunis-Carthage par un "nombre important" de militants de son parti qui ont scandé l’hymne national ainsi que des slogans contre la situation politique actuelle.

Hier, sur France Info, il a annoncé sa candidature à la présidentielle, qui doit normalement se tenir d’ici deux mois, selon la Constitution. Et n’a pas mâché ses mots à l’encontre du gouvernement d’union nationale, qualifié de mascarade.
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