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"émeutes de la faim": un début ?

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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Sam 29 Jan - 12:55

La "grande Egypte"sur les pas de la "petite Tunisie" ?
FRANCE INFO - 11:15
Retour sur la crise égyptienne. Après quatre jours d’émeutes et de manifestations qui ont fait une trentaine de morts et des milliers de blessés, le président Hosni Moubarak s’est enfin exprimé tard, hier soir, vendredi 28 janvier.
Le président Moubarak a annoncé la démission du gouvernement, promis des réformes politiques et économiques, et s’est montré garant de la sécurité du pays et des Égyptiens.
Mais n’est-il pas trop déjà tard ?



Autre pays, mêmes revendications !

Il semble qu’un vent de liberté et d’aspiration à la démocratie dans le monde arabe se répandent après l’exemple tunisien. Alors tout est possible ? Si "un petit pays" comme la Tunisie parvient à faire tomber son autocrate, pourquoi pas l’Égypte ou la Syrie ?

Alain Genestar insiste sur deux points :
la nécessité d’écouter la rue arabe, avant de procéder à l’analyse politique et géopolitique.
et l’obligation pour les responsables politiques français de garder un sens de la dignité et de l’honneur face aux revendications populaires, faisant références à la boulette de MAM à l’Assemblée nationale.

Edwy Plénel rappelle lui que la situation en Tunisie a été perçue comme une révolution et un ébranlement profond de l’ensemble du monde arabe. L’histoire est en marche, sans qu’on sache ce qui va se passer. Mais d’ores et déjà, on voit des points communs entre la situation en Tunisie et l’Égypte : mêmes exigences démocratiques, sociales, loin des affrontements religieux et identitaires.


Le Duel du week-end, Célyne Bayt-Darcourt et ses éditorialistes, reviennent sur la crise actuelle en Egypte. (11'19")
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Sam 29 Jan - 12:56

Chronologie des troubles dans le monde arabe
GILLES HALAIS - HIER, 17:00
Le mouvement de contestation qui a entraîné la chute du président tunisien Zine El Abidine Ben Ali, le 14 janvier, a provoqué une onde de choc dans plusieurs pays arabes.

Egypte
25 janvier : début de manifestations sans précédent contre le régime du président Hosni Moubarak, au pouvoir depuis 1981. Ces mouvements ont été précédées de cinq cas d’immolations dont un mortel.
Au moins mille personnes sont arrêtées les deux premiers jours. Sept personnes sont tuées - cinq manifestants, deux policiers - et des dizaines blessées à travers le pays.

28 janvier : des dizaines de milliers de manifestants réclament la chute du président égyptien. Un sixième manifestant est tué dans la ville de Suez (est du Caire). L’armée est mobilisée et la télévision d’Etat annonce un couvre-feu au Caire, à Alexandrie et à Suez.

Yémen
18 janvier : les forces anti-émeutes dispersent à Sanaa une manifestation d’un millier d’étudiants qui appellent à un changement démocratique.

27 janvier : des milliers de personnes manifestent à Sanaa à l’appel de l’opposition, réclamant le départ du président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans. Le Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir) organise des contre-manifestations qui rassemblent des milliers de personnes dans la capitale.
Le gouvernement annonce une augmentation des salaires.
Au moins trois tentatives d’immolation par le feu et un décès en quelques jours.

Jordanie
14 janvier : des milliers de personnes manifestent à travers le pays contre l’inflation et la politique économique.

16 janvier : près de 3.000 personnes participent à un sit-in à Amman appelant à la propagation de "la révolution tunisienne".

21 janvier : plusieurs milliers de personnes manifestent à Amman malgré l’annonce de nouvelles mesures sociales.

28 janvier : au moins 3.000 personnes manifestent à Amman à l’appel des Frères musulmans, réclamant un changement de gouvernement et des réformes. Des rassemblements ont lieu également à Irbid (nord), Karak, Ma’an et Diban (sud).

Algérie
5 janvier : cinq jours d’émeutes contre la vie chère font cinq morts et plus de 800 blessés. Le mouvement s’arrête après l’annonce d’une baisse des prix des produits de première nécessité.

22 janvier : la police empêche une manifestation "pour la démocratie" à Alger. Une vingtaine de blessés.
Deux décès par immolation et sept tentatives depuis le 14 janvier.

Soudan
16 janvier : des partis d’opposition réclament la "fin du régime totalitaire" du président Omar el-Béchir et demandent la démission du ministre des Finances jugé responsable de la hausse des prix des denrées alimentaires.
Début janvier, des heurts avaient déjà opposé la police à des étudiants protestant contre la hausse des prix.

25 janvier : un cas mortel d’immolation sur le marché d’Omdurman, limitrophe de Khartoum.

Oman
17 janvier : près de 200 manifestants à Mascate protestent contre la cherté de la vie, un défilé modeste mais très rare dans cette monarchie arabe du Golfe.

Mauritanie
17 janvier : un homme d’affaire, mécontent du régime, s’immole à Nouakchott.

27 janvier : le président de l’Assemblée nationale mauritanienne appelle au dialogue pour faire face à la crise sociale provoquée par la hausse des prix et le chômage.

Maroc
Trois personnes tentent de s’immoler le 21 janvier, une autre le 25.
Le Maroc lance des appels d’offre pour l’achat d’importantes quantités de céréales, afin d’éviter des pénuries pesant sur le climat social.
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Dim 30 Jan - 10:20

Le sommet de l'Union africaine s'ouvre sur fond de fortes tensions
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/monde/20110129.OBS7164/le-sommet-de-l-union-africaine-s-ouvre-sur-fond-de-fortes-tensions.html
Côte d'Ivoire, Tunisie, Egypte, Sud Soudan seront notamment au menu du XVIème sommet de l'Union africaine qui s'ouvre ce dimanche.

Cote d'Ivoire, Tunisie, Egypte, Soudan... les dirigeants des 53 pays membres de l'Union africaine (UA) qui se réunissent à partir de ce dimanche 30 janvier ont du pain sur la planche. Il vont essayer, lors de ce XVIe sommet de démontrer qu'ils gardent la main sur un continent qui s'emballe, secoué par de multiples crises. "Des décisions majeures vont être prises ", a promis lundi dernier le président de la Commission de l'UA, Jean Ping.


Côte d'Ivoire


Le sommet est en grande partie consacré à la crise ivoirienne. Deux mois après la présidentielle en Côte d'Ivoire et l'installation de deux pouvoirs, celui d'Alassane Ouattara et celui du président sortant Laurent Gbagbo, une nouvelle phase de discussions importante va s'ouvrir.

Après l'échec de plusieurs médiations africaines, dont celle du Premier ministre kényan Raila Odinga au nom de l'UA, et sous la menace d'une intervention militaire des pays d'Afrique de l'Ouest, le chef de l'Etat sortant Laurent Gbagbo joue la montre, en proposant notamment un recomptage des voix.

Désormais, des chefs d'Etats africains se font publiquement les avocats d'une "solution pacifique", qui pourrait maintenir Laurent Gbagbo au pouvoir. Jean Ping a déclaré au Monde que "les Africains pensent à la démocratie mais aussi à la paix", sous-entendant qu'un partage des pouvoirs n'était pas forcément écarté, malgré la pression de la communauté internationale. Une réunion ministérielle de l'UA a décidé vendredi de confier à un panel de cinq chefs d'Etat le soin de présenter des décisions "contraignantes" d'ici un mois. Jean Ping a affirmé samedi que ce panel devait "amener Alassane Ouatarra à exercer la réalité du pouvoir" dans le pays "par la négociation".

A la recherche de soutien


Dans cette perspective, une bataille d'influence se livre en coulisse car l'unanimité affichée par la communauté internationale et les dirigeants africains en particulier pour reconnaître la victoire d'Alassanne Ouattara se fissure peu à peu. La tactique de Laurent Gbagbo de jouer la carte du temps semble payer.

Le président en exercice de l'UA, le Malawite Bingu wa Mutharika, s'est engagé à présenter les "propositions" de son "frère et ami" Gbagbo lors du sommet. Et l'entourage du président de Guinée Equatoriale Teodoro Obiang Nguema, appelé à prendre la présidence de l'UA dès ce week-end, a fait savoir que ce dernier "n'était pour personne" dans la crise ivoirienne. Par ailleurs, plusieurs autres chefs d'Etats africains voit dans le soutien à Alassane Ouattara la main mise de l'Occident pour imposer leurs candidats.

De son côté, le camp Ouattara espère voir l'UA rester dans la ligne de la communauté internationale et imposer des sanctions contre Laurent Gbagbo et son entourage. Il multiplie les rencontres officieuses. Nicolas Sarkozy, ses ministres et ses conseillers se chargeront de rencontrer les présidents les plus favorables au président Gbagbo pour tenter de les faire changer d'avis, du moins de s'assurer de leur neutralité.

Tunisie, Sud-Soudan, Somalie...


Sur les manifestations de rues en Tunisie et la chute du régime autoritaire de Zine El Abidine Ben Ali, l'UA devrait enfin s'exprimer officiellement, après avoir jusqu'à présent observé un long silence, ceci alors que le mouvement semble faire tâche d'huile dans le monde arabe, en Egypte notamment. Dans un entretien au Monde, Jean Ping a salué le fait que "la Tunisie se donne un gouvernement conforme à la volonté populaire".

La multiplication des crises fait presque passer au second plan ce qui devait être l'événement majeur du sommet : l'avènement imminent d'un 54e Etat africain, le Sud Soudan, qui vient de se prononcer par référendum à une écrasante majorité pour faire sécession du nord du pays. Mutharika a ainsi souhaité que l'UA soit la première organisation à reconnaître l'indépendance de ce nouveau pays, à quelques jours de la proclamation des résultats définitifs du référendum. Le président soudanais Omar el-Béchir et le vice-président Salva Kiir, sud-soudanais seront présent au sommet où une importante réunion est prévue lundi sur le sujet.

Le conflit en Somalie, l'enquête de la Cour pénale internationale (CPI) sur les violences post-électorales de 2008 au Kenya, les poursuites contre l'ancien président tchadien Hissène Habré ainsi que la réforme du système des Nations unies figureront au menu des discussions des chefs d'Etats africains.

Nicolas Sarkozy, invité d'honneur


Le chef de l'Etat français, Nicolas Sarkozy, invité d'honneur de ce sommet, prononcera dimanche un discours d'ouverture où il sera question des priorités du G20 et du G8. La place de l'Afrique au sein du Conseil de sécurité de l'ONU sera sans doute l'un des thèmes majeurs abordés par Nicolas Sarkozy. Il sera accompagné du nouveau Monsieur Coopération, Henri de Raincourt, ainsi que de la ministre des Affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, le conseiller Afrique à l'Élysée, André Parant, le directeur Afrique du Quai d'Orsay, Stéphane Gompertz, et la conseillère Afrique à la Coopération, Ahlem Friga-Noy.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, le secrétaire général de la Ligue arabe, Amr Moussa et le président palestinien, Mahmoud Abbas, prendront également la parole.



Changement de présidence


Après le Malawite Mutharika, le président équato-guinéen Teodoro Obiang Nguema devrait être désigné par ses pairs pour prendre la présidence en exercice de l'UA en 2011, selon son entourage. Enfin, il sera discuté du changement très symbolique du nom de la "Commission de l'UA", principal organe exécutif de l'organisation, en "Autorité de l'UA".
L'Union africaine organise deux sommets par an, un à Addis Abeba, siège de l'organisation, et l'autre dans l'un de ses Etats membres. Le dernier sommet s'était tenu en Ouganda en juillet.

(S-D avec agences)
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Jeu 3 Fév - 10:16

La crise égyptienne vue par Israéliens et Palestiniens
FRANCE INFO - 07:57
La révolte en Égypte est vue d’un très mauvais oeil par Israël et l’autorité palestinienne. Au dixième jour de contestation, Israël voit dans les évènements égyptiens, le risque d’une "période d’instabilité et d’incertitude très longue" dans la région et craint pour la paix, signé il y a 32 ans, avec le Caire. L’Autorité palestinienne, de son côté, redoute la contagion.

Comment Israéliens et palestiniens appréhendent la révolte en Egypte ? L’enquête de Frédéric Barreyre, correspondant à Jérusalem (4'54")


Malgré les inquiétudes israeliennes, des manifestations ont eu lieu devant l'ambassade d'Egypte à Tel Aviv mardi pour réclamer le départ de Moubarak
© Jack Guez

La paix en danger, la peur de l’épouvantail islamiste : l’inquiétude face à la révolte égyptienne vire à la crise d’angoisse en Israël. Et si le scénario égyptien tournait à l’iranienne. Certains l’envisagent, voyant dans la révolte égyptienne des points communs avec la révolution en Iran en 1979. Iran qui était lors l’allié d’Israël.

Mais la panique commence à gagner aussi les Palestiniens. L’autorité palestinienne, craignant que la rue ne s’inspire des manifestations du caire, a pris les devants et annoncé hier des élections municipales dès que possible. Une vraie surprise !

Il n’y a guère que le Hamas pour se réjouir de l’éventuelle chute d’Hosni Moubarak, car le régime égyptien a toujours réprimé les Frères musulmans dont est issu le Hamas. Car ce régime est aussi responsable du blocus de gaza. Pendant la guerre de Gaza, la frontière était resté fermée, empêchant les habitants de fuir les bombardements. Le Hamas tiendrait là sa petite revanche !
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 4 Fév - 11:37

Quelles leçons peut-on tirer de la crise tunisienne ?
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/01/31/quelles-lecons-peut-on-tirer-de-la-crise-tunisienne_1472920_3232.html
Deux semaines après le départ précipité du président Ben Ali et l'ivresse de la liberté de la victoire qu'a procurée la "Révolution du Jasmin", le temps de la réflexion est sans doute venue. Quelles réponses à apporter aux interrogations légitimes que l'on est en droit de se poser à propos de cet événement sans précédent dans le monde arabe. Etait-il prévisible ? La perspective de l'instauration d'une démocratie en Tunisie est-elle une menace pour les régimes autoritaires arabes ? La diplomatie française s'est-elle fourvoyée et a-t-elle manqué de clairvoyance ?

Tout d'abord, on rappellera que la surprise a été totale et ceci pour tout le monde : pour l'opinion comme pour les autorités en France et ailleurs, pour les commentateurs comme pour les diplomates, et… pour les Tunisiens eux-mêmes. Quelques jours encore avant la fuite de Ben Ali, les manifestations qui se développaient en Tunisie, reléguées dans les pages intérieures des quotidiens, étaient encore qualifiées de "troubles sociaux" sans que soit évoqué le risque de déstabilisation du régime. Ce n'est que le jeudi 13 janvier qu'apparaît l'idée que le régime est ébranlé : Ben Ali partira le lendemain.

A posteriori, cette révolution semble avoir été le produit d'un mélange détonnant dont les ingrédients sont maintenant mieux identifiées : malaise politique, affectant sans doute même le RCD de l'intérieur ; caractère de plus en plus répressif du régime développant un sentiment de peur ; absence totale de liberté d'expression, notamment dans la presse ; racket organisé de façon quasi ostentatoire par le clan familial ; difficultés de la vie quotidienne liées à la crise économique ; chômage important, en particulier parmi les jeunes diplômés ; influence des nouveaux moyens d'information, outils à la fois d'information mais aussi de mobilisation en temps réel de l'opinion ; existence d'une armée peu politisée et qui refuse de tirer sur la foule.

Ces ingrédients existent dans d'autres pays arabes, à des degrés divers et sans doute avec des pondérations différentes. Cependant, de la Mauritanie au Qatar, les vingt deux pays arabes ne se ressemblent pas, tant au point de vue politique, économique que social. Les uns développent une politique de réformes, d'autres restent dans un immobilisme total ; les uns ont des moyens financiers considérables, d'autre voient plus du tiers de leur population vivant en dessous du seuil de pauvreté ; chez certains, l'ordre règne, d'autres sont des Etats faillis ou chaotiques. Mais il est sûr que la Révolution du Jasmin, vécue en temps réel par 350 millions d'Arabes, ne sera pas sans conséquences. Déjà, comme on l'a vu, le même geste de désespoir que celui de Mohamed Bouazizi a été répété ; des manifestations, parfois violentes, ont éclaté dans plusieurs pays. Certains gouvernements, conscients du danger, ont pris des mesures d'urgence, parfois plus symboliques que réelles.

Le plus sérieusement touché, qui était le plus vulnérable, est l'Egypte : autant les événements en Tunisie ont été une surprise, autant ceux qui affectent ce pays étaient prévisibles : les nuages s'amoncelaient depuis plusieurs années, comme l'avaient noté de nombreux observateurs. Une situation explosive se focalisait de plus en plus contre la personne du président Moubarak au pouvoir depuis près de trente ans. Il est encore trop tôt pour savoir comment cette crise va se dénouer. Il est probable que l'armée, qui, par delà la personne du président Moubarak, a le pouvoir depuis près de soixante ans, est déterminée à le garder. Cependant, il est douteux qu'un "effet domino" se déclenche, balayant comme des châteaux de cartes tous les régimes autoritaires du monde arabe. En raison même de leur diversité et comme l'expérience du passé l'a montré, la démocratie ne s'exporte pas : elle est le fruit d'une construction lente, progressive, difficile par les "forces vives" de chaque pays. Mais il est sûr que ces manifestations vont se poursuivre encore dans de nombreux pays et que ces événements vont accroître la pression qui s'exerce sur les gouvernements pour qu'ils ouvrent le jeu politique.

S'agissant de la Tunisie, où le gouvernement remanié semble être maintenant accepté, elle dispose à l'évidence de nombreux atouts : une économie saine, une ouverture au monde et à la modernité, un statut personnel éclairé. Mais rien n'est encore acquis. Si elle devient une vitrine de la démocratie, son exemple contribuera à augmenter, dans de nombreux pays, les pressions existant en faveur des réformes politiques et économiques. Mais si la démocratie devait échouer, alors la Tunisie au même titre que l'Irak, deviendrait un repoussoir, un contre-exemple.

Notre diplomatie a-t-elle été aveugle ? A-t-elle réagi trop tard, en décalage avec les événements ? Au niveau de l'information, celle dont disposaient les autorités françaises était du même ordre que celle que les diplomates américains envoyaient à Washington : le même diagnostic lucide était partagé. Certes un développement économique et social était indéniable et d'ailleurs reconnu, mais le caractère policier, les atteintes au droit de l'homme et le racket du clan familial étaient bien évidemment relevées. Le contact était maintenu à Tunis, mais aussi à Paris, avec les représentants de la société civile, y compris les opposants. Mais comme l'a reconnu le président Sarkozy, le degré d'exaspération de l'opinion publique face au régime policier et dictatorial a été sous estimé et la rapidité de l'enchaînement des événements mal perçu.

On peut également rappeler que la politique menée à l'égard de la Tunisie a été d'une grande continuité depuis plus de vingt ans, qu'il s'agisse des présidences Mitterrand, Chirac ou Sarkozy. Un choix politique avait été fait, à tort ou à raison. Dans ce choix la tragédie algérienne – le coup d'Etat de 1992 suspendant les élections démocratiques suivies d'un guerre civile meurtrière – a eu un impact déterminant : la conviction était que le régime Ben Ali était un rempart contre la montée de la violence islamiste. Cette politique ne s'est sans doute pas suffisamment infléchie lorsque les dérives policières et mafieuses se sont amplifiées. Cependant, cet aveuglement était la chose la mieux partagée, si l'on en croit le florilège des propos complaisants à l'égard du président Ben Ali, exprimés encore récemment par de nombreuses personnalités et non des moindres, toute sensibilité politique confondue.

Des leçons doivent être tirées et l'ont sans doute déjà été. Le problème est naturellement moins de gloser sur le passé que de savoir que faire aujourd'hui et à l'avenir. Certes la situation en Tunisie reste encore évolutive. Mais il est clair que notre politique envers la Tunisie doit être orientée vers un appui chaleureux à cette jeune démocratie naissante qui essaie de s'organiser. Il ne s'agit pas de s'ingérer ou d'imposer un modèle, mais de contribuer, bilatéralement ou à travers l'Europe, à créer un contexte international, politique, économique et financier favorable, de façon à accompagner la mise en place d'institutions stables et démocratiques. Cependant la réflexion doit dépasser le cas particulier de la Tunisie. Le monde change, le monde musulman change, le monde arabe change et les évolutions s'accélèrent pour le meilleur mais également parfois pour le pire, comme le montre la situation au Moyen-Orient. A l'évidence les opinions ne sont plus prêtes à accepter la privation des libertés fondamentales et des situations considérées auparavant comme acceptables, pour de multiples raisons : l'ouverture, la mondialisation, l'irruption d'une jeunesse diplômé en désarroi, l'impact des nouvelles technologies sur l'information mais également sur la mobilisation des opinions. Les ressentiments à l'égard de l'Occident prennent un tour préoccupant. Il reste que, comme l'avait déjà relevé le Programme des Nations unies pour le développement il y a près de dix ans, il existe encore une exception arabe en termes de démocratie. M. Amr Moussa, secrétaire général de la Ligue arabe, soulignait le 19 janvier, à l'occasion du sommet économique et social de cette organisation, que "les citoyens arabes sont dans un état sans précédent de colère et de frustrations". Il reste à souhaiter que les gouvernements passent de la lucidité à l'action.

Denis Bauchard, conseiller spécial à l'IFRI
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 4 Fév - 13:06

ANALYSE - Monde arabe, La théorie des dominos
Tunisie, Égypte, Yémen, demain la Syrie, puis l'Algérie, rien ne semble arrêter la contagion démocratique. Les gouvernements autoritaires vacillent.

http://www.lepoint.fr/monde/analyse-monde-arabe-la-theorie-des-dominos-03-02-2011-135513_24.php

L'annonce, mercredi, par Ali Abdallah Saleh qu'il ne se représenterait pas à la présidence à l'expiration de son mandat en 2013 ne semble pas avoir suffi à calmer le jeu au Yémen. © Xinhua / Notimex

Henri Kissinger, ancien secrétaire d'État américain, l'avait éprouvée en Asie du Sud-Est dans les années 70. L'idée avait prouvé sa justesse en Europe de l'Est après la chute du mur de Berlin. Aujourd'hui, elle semble s'adapter aux pays arabes. L'onde de choc créée par la chute du régime tunisien de Zine el-Abidine Ben Ali n'en finit pas de se propager. C'est le Yémen, qui, à la surprise des Occidentaux qui le connaissent mal, suit les traces de l'Égypte. Les manifestations rassemblant des dizaines de milliers de personnes se succèdent à Sanaa depuis la mi-janvier pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, un militaire au pouvoir depuis 1978. Le deuxième le plus ancien du monde arabe après le colonel Mouammar Khadafi (1969). Le chef de l'État yéménite voulait faire amender la constitution pour disposer d'un mandat à vie puis installer son fils au pouvoir. Un projet sur lequel il est revenu le 2 février. Il ne briguera pas un nouveau mandat, ne veut plus imposer son fils et reporte les élections législatives contestées prévues le 27 avril. Le Yémen, pays le plus pauvre du monde arabe, conserve sa structure tribale. Néanmoins, hier, l'opposition parlementaire s'est unie au sein d'un forum commun qui a rassemblé près de 100 000 manifestants dans la capitale. Ils assurent vouloir poursuivre leur lutte pacifique "jusqu'à la chute de ce régime injuste". Une véritable contagion.

L'inquiétude s'empare des responsables du monde arabe, qui, du Machrek au Maghreb, rois ou présidents, civils ou militaires, mettent au point des parades pour tenter de désamorcer ou de prendre les devants des orages annoncés. Ainsi, le roi Abdallah II de Jordanie, pressé depuis trois semaines par des manifestants (Frères musulmans et partis de gauche) qui demandent des réformes, a changé de Premier ministre le 2 février. Les islamistes l'ont déjà rejeté.

D'est en ouest du monde arabe, la révolte gronde

Les Syriens commencent simplement à bouger. Via Facebook (pourtant censuré), des jeunes qui se baptisent "la révolution syrienne 2011" ont lancé un appel à manifester pacifiquement demain vendredi 4 février, contre la "monocratie, la corruption et la tyrannie". Fin janvier, les forces de l'ordre avaient empêché un rassemblement devant l'ambassade d'Égypte à Damas.

Au Maghreb, la crainte des dirigeants s'accroît. En Algérie, après une première manifestation du RCD (parti laïc) demandant plus de démocratie, réprimé par la police dans le centre d'Alger, une "marche pour la démocratie" est prévue le 12 février à l'instigation de la Coordination nationale pour le changement et la démocratie. Elle a été interdite. Ce jeudi, les autorités ont annoncé qu'elles lèveraient prochainement l'état d'urgence qui dure depuis le début de la guerre civile, il y a 19 ans. C'est une des grandes revendications de l'opposition.

Au Maroc, royaume qui connaît une certaine liberté politique, de parole, de presse, le chômage des jeunes, la pauvreté, les inégalités croissantes, la corruption, sont les points faibles du régime. Le 25 janvier, le roi Mohammed VI a annoncé qu'il maintenait les subventions sur les produits de première nécessité, cette bouffée d'air des plus pauvres. En Mauritanie, à la mi-janvier, plusieurs milliers de personnes manifestaient contre la vie chère, et le pouvoir avait annoncé une baisse des prix de 30 %. Depuis le pays n'a pas bougé, mais d'est en ouest du monde arabe, nul ne sait comment la contestation se développera. Chacun a toutefois la quasi-certitude que toutes les populations étant victimes des mêmes maux - absence de liberté, de démocratie et problèmes économiques -, peu de pouvoirs seront totalement épargnés.
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 4 Fév - 14:16

Jordanie, Syrie, Yémen… La «contagion» se poursuit
http://www.lefigaro.fr/international/2011/02/01/01003-20110201ARTFIG00587-jordanie-syrie-yemen8230-la-contagion-se-poursuit.php
Alors que plusieurs centaines de milliers de manifestants défilent au Caire, les régimes voisins sont en proie à la contestation. Au Yémen, le président a annoncé qu'il renonçait à un nouveau mandat.

L'onde de choc partie de Tunisie continue de faire trembler les régimes arabes. En écho à la contestation qui a eu raison du régime de Ben Ali et fait vaciller Hosni Moubarak, la Jordanie, aux prises avec l'une des pires récessions économiques de son histoire, traverse une période de tensions politiques. Après deux semaines de protestations, le roi Abdallah a voulu lâcher du lest ce mardi en nommant au poste de premier ministre Marouf Bakhit, son ancien conseiller militaire, en remplacement de Samir Rifaï, dont des manifestants réclamaient ces derniers jours la démission.

Il espère que la nomination de Marouh Bakhit, ancien premier ministre de 2005 à 2007, calmera la rue en Jordanie, où il jouit d'une grande popularité. Mais le choix du roi Abdallah a été immédiatement critiqué par les islamistes. Le Front de l'Action Islamique (FAI), principal parti d'opposition en Jordanie estime que «Maarouf Bakhit n'est pas un réformateur». «Il n'est pas l'homme pour diriger la période transitoire et pour sortir de la crise qu'endure la Jordanie», selon un membre du comité exécutif du FAI, qui promet la poursuite des manifestations à travers le royaume.

En Tunisie, la situation reste tendue plus de deux semaines après la chute de Ben Ali. Des centaines de manifestants se sont rassemblés mardi matin à Kasserine, dans le centre du pays. Ils exigeaient une solution urgente pour mettre fin à une situation jugée «chaotique et instable». Ils réclamaient notamment la punition des «malfaiteurs» qui se sont livrés lundi à des pillages et saccages. Les manifestants ont été dispersés par l'armée. A Carthage, dans la banlieue de Tunis, l'armée a procédé mardi à des tirs de sommation pour disperser des bandes de jeunes qui s'en sont pris à deux écoles. Personne ne semble avoir été blessé dans ces incidents.

Le gouvernement de transition s'est réuni mardi pour la première fois depuis son remaniement du 27 janvier. Le ministre de l'Intérieur Farhat Rajhi a fait un point sur la sécurité et annoncé la reconduction du couvre-feu, en vigueur depuis le 13 janvier. Le gouvernement a aussi approuvé l'adhésion de la Tunisie à la convention internationale contre la torture et trois autres protocoles internationaux relatifs aux droits de l'homme

En Algérie, une grande marche dans la capitale est prévue le 12 février pour demander le «départ du système» Bouteflika et la levée de l'état d'urgence, en vigueur depuis 19 ans. La journée de mardi est surtout marquée par la grève du personnel paramédical, qui réclame une hausse de salaire. Suivi à plus de 90%, le mouvement a provoqué l'arrêt de nombreux services dans les hôpitaux et les polycliniques. Seules les urgences fonctionnent normalement. Le personnel de l'éducation a appelé de son côté à un rassemblement devant le ministère. Les chômeurs prévoient pour leur part le 6 février un mouvement de protestation devant le siège du ministère du Travail, où ils comptent déposer une plate-forme de revendications.

Au Yémen, le président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans, a annoncé mercredi lors d'un discours devant le Parlement,qu'il renonçait à un nouveau mandat. Confronté à des protestations populaires depuis la mi-janvier, il a aussi annoncé le report des élections législatives prévues pour le 27 avril et dont la tenue en l'absence d'une réforme politique était contestée par l'opposition. Il a appelé cette dernière à arrêter les manifestations et reprendre le dialogue en vue de la formation d'un «gouvernement d'union nationale». Le discours du président Saleh intervient à la veille d'une «Journée de la colère» jeudi, à l'appel de l'opposition.

En Syrie, où la situation était jusqu'alors restée calme, un appel à manifester vendredi après-midi contre la «monocratie, la corruption et la tyrannie» du régime de Bachar el-Assad a été lancé sur Facebook, dont l'accès est pourtant bloqué. Un groupe, qui a réuni plus de 7.800 membres mardi, a lancé un appel à manifester sous le slogan de «la Révolution syrienne 2011». Il invite les jeunes à participer à «la première journée de la colère du peuple syrien et de rébellion civile dans toutes les villes syriennes». «Vous ressemblez aux jeunes de Tunisie et d'Egypte. Haussez la voix d'une manière pacifique et civilisée, car exprimer ses opinions est garanti par la Constitution», indique le groupe dans un communiqué.

Au Qatar, au Liban, en Bosnie, en Grèce, en Allemagne, en Thaïlande et aux Philippines, des manifestants se sont rassemblés devant les ambassades égyptiennes pour protester contre le régime de Hosni Moubarak.

Au Maroc, un jeune homme a été blessé après avoir tenté de s'immoler par le feu au cours d'un sit in de protestation mardi devant le ministère de l'Education à Rabat.Il participait à une manifestation de protestation d'enseignants contractuels réclamant leur titularisation. Quatre tentatives d'immolation par le feu ont eu lieu au Maroc en une dizaine de jours.
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 4 Fév - 17:44

Après la chute de Ben Ali, l'Afrique noire redoute l'effet domino
http://www.slateafrique.com/44/tunisie-afrique-noire-redoute-contagion

mise à jour 24/01/2011
Sur le continent africain, où l’on compte de nombreux régimes corrompus et autoritaires, des dirigeants redoutent un effet domino que pourrait entraîner la révolution tunisienne.

La Révolution du jasmin a balayé le régime de Ben Ali, qui s’est effondré comme un château de cartes, à la surprise générale. Cette chute brutale d’un dictateur n’a pas fini de produire des ondes de choc sur le continent africain. Et quand on sait que c’est dans cette partie du monde qu’on rencontre le plus grand nombre d’autocrates au mètre carré, l’on ne peut que s’en réjouir.

Le Maghreb craint la contagion

Les voisins immédiats de la Tunisie, qui se distinguent tous par des systèmes autoritaires et répressifs, redoutent plus que tout un effet domino qui pourraient emporter leurs régimes. Aussi, il n’est pas étonnant que le très ubuesque colonel Kadhafi, qui dirige d’une main de fer la Libye depuis 1969, se soit montré carrément déstabilisé par le coup de semonce tunisien. L’air hagard, le «Guide», dans une allocution télévisée surréaliste, s’est empressé d’apporter son soutien à son ex-collègue dictateur tunisien qu’il continue de reconnaître, sans rire, comme «le seul président légal de la Tunisie». Selon plusieurs sources, les services secrets libyens auraient même joué un grand rôle dans l’exfiltration de Ben Ali.

En Algérie, où des émeutes similaires à celles qui ont conduit à la chute du régime tunisien ont eu lieu, les autorités redoutent grandement une «contagion» qui pourrait emporter un système certes plus ouvert mais non moins corrompu, la clique militaro-affairiste au pouvoir depuis l’indépendance ayant fini de faire main basse sur les immenses richesses de ce pays. Et depuis, on assiste à une sorte d’épidémie d’immolations par le feu, geste désespéré d’un jeune marchand ambulant tunisien qui a servi d’étincelles à la désormais historique Révolution du jasmin.

L’Egypte, plus grand pays arabe du continent, n’est pas épargné par ces soubresauts. Plus que jamais, la question de la succession de Hosni Moubarak, indéfiniment réélu, se pose dans un pays en état d’urgence depuis 1981. Une figure respectée de la société civile égyptienne comme l’ancien chef de l’agence de l’énergie atomique Mohamed El Baradei a appelé ses concitoyens à s’inspirer de l’exemple tunisien pour réclamer plus de démocratie dans un pays où le jeu politique, sous le prétexte fallacieux de contrer «le péril islamiste» incarné par les Frères musulmans, reste hermétiquement verrouillé.

Ce vent de révolte qui souffle sur le Maghreb a produit aussi des conséquences en Afrique noire, où les satrapes ne manquent pas.

Le Sénégal se sent menacé

Au Sénégal, pourtant considéré pendant longtemps comme une démocratie exemplaire, avec l’alternance pacifique qui avait conduit Abdoulaye Wade au pouvoir, le cas Ben Ali a semé une véritable panique. Ayant sombré dans une dérive autoritaire, le président Abdoulaye Wade et ses partisans ont suivi de très près les évènements en cours à Tunis. Ainsi, selon le quotidien dakarois Kotch, en plein conseil des ministres, la situation «au pays de Bourguiba» a été évoquée.

Et la chute de Ben Ali a installé un véritable malaise. La Révolution du jasmin, que personne n’avait vue venir, inquiète les autorités à plus d’un titre. Elles n’en reviennent pas encore qu’un des régimes réputés être l’un des plus stables d’Afrique se soit écroulé aussi rapidement.

De même, le fait qu’un des appareils sécuritaires les plus perfectionnés au monde ne soit pas parvenu à réprimer les émeutes ne rassure pas le président Wade. Il a donné des instructions fermes pour la baisse des prix des denrées de première nécessité et le règlement dans les meilleurs délais du problème de l’électricité, source potentielle d’émeutes.

Toutes proportions gardées, la mainmise de la famille de l’épouse du président Ben Ali, les tristement célèbres Trabelsi, sur l’économie tunisienne, un des effets déclencheurs de la révolution, rappellent aux Sénégalais l’omniprésence de la famille du président Wade sur les affaires de leur pays.

Tout puissant ministre d’Etat aux attributions kilométriques, Karim Wade, le fils du Président, a été attaqué par un journaliste d’investigation sur sa gestion du dossier du sommet de l’Organisation de la conférence islamique, sans jusque là apporter de réponses convaincantes. Sa sœur Sindiély Wade s’est vu confier par son père l’organisation du dernier Festival mondial des arts nègres —une manifestation culturelle qui s’est récemment tenue à Dakar. Sindiély Wade elle aussi vivement décriée, du fait de la gestion opaque des fonds —plusieurs dizaines de millions d’euros— destinés à cette manifestation.

Aissata Diop


La valise diplomatique
http://www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-01-28-Egypte
vendredi 28 janvier 2011
Le monde arabe se révolte
De la Tunisie à l’Egypte, un air de liberté

.
La tension est à son comble en Egypte, où le président Hosni Moubarak a décrété vendredi soir le couvre-feu. Le président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée, membre du Parti national démocrate (PND) au pouvoir, a appelé le président Moubarak à « des réformes sans précédent » pour éviter une « révolution ». M. Mostapha Al-Fekki, dans des déclarations faites à la chaîne Al-Jazira, le 28 janvier, a ajouté : « L’option sécuritaire seule n’est pas suffisante et le président est le seul à même de faire cesser ces événements. » Des informations font état de fraternisation entre des soldats et des manifestants. Ces premières fissures annoncent-elle des craquements plus importants ? Que fera l’armée, le pilier du pouvoir ?

Il est impossible de répondre alors que ce 28 janvier, pour le quatrième jour consécutif, des dizaines de milliers d’Egyptiens ont manifesté au Caire, à Alexandrie, à Suez et dans les grandes villes du pays. Ils ont affronté partout la police et le pouvoir a pris des mesures exceptionnelles pour couper ce pays de 80 millions d’habitants du reste du monde – la coupure d’Internet est « une première mondiale », titrait une dépêche de l’Agence France Presse (AFP). Pourtant, les images transmises par téléphone portable ou par les chaînes satellitaires empêchent la mise en quarantaine du pays.

Au même moment, en Jordanie et au Yémen, des milliers de personnes descendaient dans la rue et appelaient à suivre l’exemple tunisien. Dans chaque cas, le contexte est particulier : tensions entre le Nord et le Sud au Yémen ; frictions entre Jordaniens « de souche » et Palestiniens ; question copte en Egypte, etc. Mais, dans le même temps, l’explosion est née de la même accumulation de problèmes, de frustrations, d’aspirations communes à l’ensemble de la région.

D’abord, le maintien de régimes autoritaires qui ne rendent jamais de comptes à leurs citoyens. S’il existe (ou plutôt existait) une « exception arabe », c’était bien celle-ci : ces régimes ont connu une longévité sans précédent, et même la grande vague de démocratisation qui a emporté l’Europe de l’Est, l’Afrique, l’Amérique latine s’est brisée sur le mur des dictatures proche-orientales et maghrébines : M. Moubarak est président depuis 1982, M. Ali Abdallah Saleh dirige le Yémen depuis 1978 et, à Amman, Abdallah II a succédé en 1999 à son père, qui lui-même avait accédé au pouvoir en 1952. Pour ne pas parler de la Syrie, où Bachar Al-Assad a remplacé son père qui avait pris le pouvoir en 1970, ou du Maroc où le roi Mohammed VI a remplacé son père en 1999, celui-ci ayant régné à partir de 1961, de la Libye où Kadhafi sévit depuis 1969 et prépare son fils à lui succéder. Quant à M. Ben Ali, il présidait sans partage depuis 1987.

De plus, dans des conditions différentes selon chaque pays, les droits individuels, politiques et d’expression du citoyen sont bafoués. Les moukhabarat, la police secrète, affirment leur toute-puissance et il n’est pas rare, en Egypte et ailleurs, que des personnes arrêtées soient maltraitées, torturées, tuées. La publication par WikiLeaks des télégrammes venus de l’ambassade des Etats-Unis au Caire confirment ce que tout le monde savait (y compris M. Nicolas Sarkozy) — mais qui n’empêchait pas les uns et les autres de saluer cet allié fidèle de l’Occident, tout en dénonçant vigoureusement des comportements similaires en Iran (« Egypte-Iran, deux poids, deux mesures », Nouvelles d’Orient, 27 novembre 2010). Cet arbitraire total, qui se manifeste aussi dans la vie quotidienne et qui met les citoyens à la merci des forces de l’ordre, alimente une révolte exprimant partout une soif de dignité.

Tous ces régimes ont accaparé non seulement le pouvoir politique, mais se sont imposés dans le domaine économique, agissant souvent en vrais prédateurs des richesses nationales, comme en Tunisie. L’Etat né des indépendances, qui avait souvent assuré à ses citoyens un minimum de protection, une certaine couverture sociale, un accès à l’enseignement, s’est délité sous les coups de boutoir de la corruption et de la mondialisation. Même l’accès à l’université, qui, naguère en Egypte, ouvrait l’accès au fonctionnariat, n’offre plus de possibilités pour une jeunesse de plus en plus frustrée qui voit se pavaner les « nouveaux riches ».

Dans les années 1970, le boom pétrolier avait offert une porte de sortie à beaucoup, qui émigrèrent dans le Golfe ; cette région n’est plus capable d’absorber les flux grandissants de chômeurs. Les chiffres de croissance affichés par ces champions du libéralisme économique — l’Egypte, la Tunisie ou la Jordanie faisaient souvent l’objet de rapports élogieux des organisations financières internationales — masquaient mal la pauvreté grandissante. Depuis plusieurs années, des mouvements sociaux s’étaient affirmés en Egypte – grèves ouvrières, luttes paysannes, manifestations dans les quartiers périphériques des grandes villes, etc. – comme en Tunisie (Gafsa), en Jordanie ou au Yémen. Mais jamais encore ne s’était exprimée ouvertement et massivement la volonté de changement politique. L’exemple tunisien a fait sauter un verrou.

On peut noter aussi que la lutte contre Israël, qui offrait souvent aux régimes du Proche-Orient un argument pour maintenir leur emprise – au nom de l’unité contre l’ennemi sioniste –, ne semble plus suffire. L’Egypte et la Jordanie ont signé des accords de paix avec Israël, et l’ensemble du monde arabe semble bien incapable de réagir au lent écrasement des Palestiniens. Que l’on ne s’y trompe pas : un éditorialiste américain, Robert Kaplan, faisait remarquer dans The New York Times (24 janvier) que « ce n’étaient pas les démocrates mais les autocrates comme Sadate ou le roi Hussein qui faisaient la paix avec Israël. Un autocrate solidement en place peut faire des concessions plus facilement qu’un dirigeant faible et élu. (…) » Et, dans un appel aux dirigeants américains à soutenir les « autocrates » arabes, il s’interrogeait : « Voulons-nous réellement que des dirigeants éclairés comme le roi Abdallah de Jordanie voient leur pouvoir miné par d’importantes manifestations de rue ? »

Et maintenant ? Tout pronostic sur l’Egypte est hasardeux, et personne ne peut prévoir la suite des événements. Que feront les Frères Musulmans, très réticents à entrer dans une confrontation avec le pouvoir et qui ont finalement décidé de se rallier au mouvement ? Mohammed El-Baradeï, l’ancien secrétaire général de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sera-t-il capable de fédérer les oppositions ? Quoi qu’il en soit, la révolution tunisienne a ouvert une porte et fait souffler, comme le chantait Jean Ferrat, « un air de liberté au-delà des frontières, aux peuples étrangers qui donnait le vertige »…

Alain Gresh
Dans Le Monde diplomatique de février, un dossier est consacré à l’« onde de choc dans le monde arabe ».


Internautes égyptiens : la Chine craint la contagion
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110129-internautes-egyptiens-chine-craint-contagion
samedi 29 janvier 2011 - Dernière modification le : samedi 29 janvier 2011

« Selon les lois en vigueur, votre recherche ne peut aboutir ». Voilà ce que peuvent lire les internautes chinois en tapant le mot « Egypte »
AFP

Le gouvernement égyptien a momentanément coupé l’accès à internet le 28 janvier dans le tout le pays afin de contrecarrer les internautes qui utilisaient la Toile pour coordonner leur mouvement de protestation contre le régime. L'action des internautes égyptiens fait peur à d'autres pays comme la Chine qui vient de censurer le mot « Egypte » sur ses principaux portails.


Avec notre correspondance en Chine, Delphine Sureau

« Selon les lois en vigueur, votre recherche ne peut aboutir ». Voilà ce que peuvent lire les internautes chinois en tapant le mot « Egypte » sur le microblog du portail sina.com, qui compte 50 millions d’utilisateurs.

Twitter étant bloqué en Chine, les microblogs ont pris le relais, et permettent aux internautes de donner leur avis sur tous les sujets, grâce à des messages instantanés.

Tous les sujets ou presque, car quand il s’agit du prix Nobel de la Paix attribué au dissident chinois Liu Xiaobo, ou de revendications démocratiques comme en Egypte, les commentaires sont nettoyés en quelques minutes.

Le Parti communiste au pouvoir veut empêcher la dissidence chinoise de s’inspirer de la contestation politique à l’étranger.

Les médias chinois – eux aussi hautement contrôlés – relaient très peu d’images des manifestations. Sur leur site internet, les journaux préfèrent titrer sur les compromis annoncés par le président égyptien Hosni Moubarak.

Officiellement, Pékin espère que l'Egypte pourra maintenir sa stabilité sociale et son ordre public.



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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 4 Fév - 19:04

Tunisie, Egypte : la contagion en passe de gagner d’autres pays ?
FRANCE INFO - 13:59
Un millier de manifestants aujourd’hui à Amman (Jordanie) pour réclamer des réformes et soutenir le peuple égyptien, des milliers de manifestants à Ankara (Turquie) contre la réforme du code du travail, un appel à défiler en Syrie, des manifestations empêchées au Yémen...
En Iran, le chef spirituel de la révolution appelle les Egyptiens à instaurer une République islamiste.
L’onde de choc de la révolution tunisienne, puis du soulèvement égyptien, continuent de se propager dans le monde arabe.


Au Yémen, de nouvelles manifestations pour réclamer le départ du président Ali Abdallah Saleh, dont les concessions n'ont pas calmé la rue
© REUTERS / Khaled Abdullah Ali Al Mahdi

Yémen
A Sanaa, les partisans du régime yéménite contrôlent la place Tahrir (place de la Liberté), haut lieu de la contestation populaire comme celle du Caire. Ils ont renforcé leurs positions pour faire barrage aux manifestants qui réclament le départ du président Ali Abdallah Saleh.
Des tentes, montées de portraits de Saleh, ont été dressées sur la place, fortement contrôlée par des hommes en armes, les forces de sécurité et les militants du Congrès populaire général (CPG).


Le parti au pouvoir a pris la place mercredi, en délogeant l’opposition qui a dû se replier et aller manifester aux abords de l’université de Sanaa.
Le régime entend ainsi priver l’opposition de cette place où elle organise des manifestations populaires depuis la mi-janvier, dans la foulée de la révolte tunisienne et des manifestations violentes en Egypte.


Pour tenter de calmer la rue, le président s’est engagé à ne pas briguer de nouveau mandat en 2013 et à ne pas transmettre le pouvoir à son fils.

Jordanie
Environ un millier de personnes s’est rassemblé à Amman à l’issue de la grande prière du vendredi pour, une nouvelle fois, exiger des réformes et soutenir la révolte du peuple égyptien. La manifestation à l’appel du Front de l’Action Islamique (FAI), principale force d’opposition soutenue par les partis de gauche, est organisée devant les bureaux du Conseil des ministres.


Le FAI n’appelle pas à un renversement du régime dans le royaume, mais réclame des réformes politiques. "Nous voulons une loi électorale satisfaisante", "nous voulons vivre en liberté", "nous voulons un gouvernement qui ne sert pas les riches, mais les pauvres", scandaient les manifestants.
La manifestation s’est ensuite dirigée vers l’ambassade d’Egypte où elle a pris de l’ampleur.


Le roi Abdallah II de Jordanie a limogé mardi son Premier ministre pour tenter de calmer la rue qui réclamait son départ. Mais l’opposition est très critique face au choix de son remplaçant, Maarouf Bakhit.

Syrie
Un groupe a lancé sur Facebook un appel à manifester également ce vendredi en Syrie, contre "la monocratie, la corruption et la tyrannie". Plusieurs milliers de personnes ont exprimé dans la semaine leur soutien à cet appel, pourtant censuré par le régime.


Le parti Baas était déjà au pouvoir en Syrie en 1963 lorsqu’il a décrété l’Etat d’urgence, toujours en vigueur près de 50 ans plus tard. Bachar el-Assad, qui tient les rênes du pays depuis le décès de son père en 2000, assure que la Syrie est "stable" et à l’abri des troubles sociaux qui ont fait tomber le Tunisien Ben Ali et ébranlent l’Egyptien Moubarak.
Pourtant, les Syriens aspirent "à la justice et à la liberté", affirment des personnalités de la société civile syrienne dans un communiqué publié dimanche. Or, les seules réponses apportées jusqu’à présent par le régime ont été d’ordre économique.


Turquie
A Ankara, la police a tiré hier sur les manifestants à coups de gaz lacrymogènes et de canons à eau. Les manifestants, qui ont riposté en lançant des pierres sur les policiers, voulaient former une chaîne humaine autour du parlement.
Ils étaient 5.000 à 10.000, salariés et étudiants confondus, à protester contre un projet de réforme du code du travail. Le texte vise, selon le pouvoir, à assouplir la législation du travail afin de favoriser la compétitivité. Mais surtout à réduire les droits des salariés, selon les manifestants.


Iran
Les vieux dictateurs du monde arabe ont jusqu’à présent réussi à tenir, avec souvent le soutien de l’occident, en s’érigeant en rempart contre l’islamisme radical.
Le guide suprême iranien, Ali Khamenei, a appelé ce matin la population égyptienne à poursuivre sa révolte jusqu’à l’instauration d’une République islamique, un "régime populaire fondé sur la religion". Et salué le "mouvement de libération islamique" que connaît le monde arabe. Les Etats-Unis vont subir une "défaite irrémédiable" dans la région, affirme Ali Khamenei.


En Iran, le guide suprême appelle la population égyptienne à instaurer une République islamique - correspondance de Siavosh Ghazi, correspondant de France Info en Iran (0'46")

Gilles Halais, avec agences


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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Jeu 10 Fév - 9:13

Sarkozy estime du "devoir" de la France "d’aider" Egyptiens et Tunisiens
FRANCE INFO - HIER, 22:54


"Qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires ?" s'interroge Nicolas Sarkozy.(...)
© REUTERS

Lors du dîner annuel du Crif à Paris, dont il était l’invité d’honneur, le chef de l’Etat a jugé "positif" le mouvement enclenché dans le monde arabe. Il a jugé du devoir des démocraties, et notamment de la France, de soutenir ce "début de printemps des peuples", mais "sans ingérence".
Après s’être laissé surprendre par la chute de Ben Ali en Tunisie, le gouvernement s’efforce visiblement de coller à la vague qui ébranle aujourd’hui le régime de Moubarak en Egypte. Ce soir, lors du dîner annuel du Conseil représentatif des institutions juives de France, Nicolas Sarkozy a ainsi salué la mobilisation du peuple égyptien. "Ce début d’un printemps des peuples est positif parce qu’il est authentique" a assuré le président de la République. Les événements de Tunisie et d’Egypte, qui ont envoyé une onde de choc dans le reste du monde arabe, ont "une dimension sans doute historique".

Sarkozy estime du "devoir" de la France "d’aider" Egyptiens et Tunisiens (0'43")

Pas question cependant de tirer pour le moment des conclusions : "Qui peut dire quelles seront les étapes à venir ? [...] "Et qui peut exclure des dérives brutales ou totalitaires ? Personne."

Le président du Crif, Richard Prasquier, avait lui-même salué auparavant les mouvements pro-démocratie qui agitent les pays arabes, tout en lançant une mise en garde contre le "fanatisme islamiste".
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  niouze le Jeu 10 Fév - 20:52

Le président du Crif, Richard Prasquier, avait lui-même salué auparavant les mouvements pro-démocratie qui agitent les pays arabes, tout en lançant une mise en garde contre le "fanatisme islamiste".
en faite ils serait bien emmerder les israeliens que la démocratie s'installe autour d'eux comment vont il pouvoir justifier leur fascisme dasn ce cas ?

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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Ven 11 Fév - 19:13

Egypte : le dictateur a démissionné. Au suivant !
http://www.mwinda.org/index.php?option=com_content&view=article&id=643:egypte-le-dictateur-a-demissionne-au-suivant-&catid=101:article
VENDREDI, 11 FÉVRIER 2011 17:02
Il faut savoir quitter le pouvoir, surtout après un long règne. Faute de quoi on le quitte sans gloire, contraint et forcé, au moment où on s’y attend le moins. Avis à ceux qui veulent y mourrir, " aimé ".

Entre dictateurs, on ne se raconte pas d'histoires... Sassou, dans des bras amis.



Après trente ans de règne au cours desquels la grande Egypte de Nasser a été ravalé au rang d’une nation arabe quelconque, à cause de la médiocrité d’un homme sans relief, Moubarak vient d'en faire l'amère expérience, chassé par le peuple comme un malpropre. Triste fin de parcours d'un personnage auréolé, sous Sadate, d'un passé de vaillant soldat de l’armée égyptienne, qui termine sans gloire une carrière politique avec pour seul soutien… celui d’Israël, l’ennemi honni d’hier !

Le raïs « a décidé de renoncer à ses fonctions de président de la République », a déclaré de manière laconique, M. Souleiman, celui-là même qu’il a nommé il y a quelques jours à la vice-présidence de la République, un fauteuil prévu par la Constitution mais que le dictateur avait oublié de pourvoir, trente années durant.

C’est un Conseil militaire suprême qui a été chargé de conduire les affaires publiques « dans les circonstances difficiles que traverse le pays » en attendant des élections démocratiques.

A vrai dire Moubarak n’avait plus d'autre choix que la démission ou la fuite à l'étranger : le palais présidentiel venait d’être assiégé par des manifestants furieux de la décision annoncée la veille par le raïs de se maintenir à la présidence jusqu'à la fin de son mandat en septembre... Sans compter que l’Amérique d’Obama, qui « nourrit » l’armée égyptienne souhaitait le voir faire place nette.

Sale temps pour les dictateurs. Au suivant !


il reste bcp bcp de travail sur cette planete.
et pas que ... "làbas" ....

!! YALLA !!
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  niouze le Sam 12 Fév - 19:10

Sale temps pour les dictateurs. Au suivant !

phrase a double sens ; au suivant pour degager ou au suivant pour prendre le pouvoir a la place Wink

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niouze

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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  niouze le Sam 12 Fév - 19:51

j savais pas trop ou mettre sa, à déplacer si sa vous semble opportun
Tunisie, Egypte: le spectre de la Terreur?
Le 27 juillet 1794 (9 thermidor an II), Robespierre est mis en accusation. Après une nuit de confusion il est arrêté puis guillotiné avec ses proches. La France va enfin pouvoir sortir de la Révolution. En tout cas, c’est ce que ses amis de la veille tentent de faire croire, grâce à une géniale invention : la Terreur.

Dans les jours qui suivent l’exécution de l’ « Incorruptible », Barère puis Fréron et Tallien réussissent à imposer l’idée que depuis plusieurs mois, la Révolution a dégénéré en une politique volontariste de violences systématiques, entièrement organisées par la faction au sommet de l’Etat et perpétrées par des sans-culottes sanguinaires. Les historiens ont montré combien la réalité avait été plus compliquée.

Qu’importe. La « Terreur » est une formidable machine à raconter des histoires : en rejetant la responsabilité des violences sur Robespierre et ses séides, les hommes de thermidor peuvent se dédouaner des exactions commises entre 1793 et 1794 et ainsi présenter leur coup d’Etat comme un acte salvateur. Terminer la Révolution, c’est arrêter la Terreur.
La grande confusion

La Terreur et la Révolution sont aujourd’hui toujours confondues. La Révolution est sans cesse suspectée de dériver vers la Terreur. Cet effrayant amalgame entre les grands moments d’émancipation et les pires actes de violence inspira à Jean-François Copé, en pleine affaire Woerth-Bettencourt, ce confondant lapsus :

" il règne actuellement une ambiance malsaine de nuit du 4 août."

La fin des privilèges était ainsi assimilée à un traumatisme de l’histoire.

" Je dis « admiration » mais je dis aussi « vigilance », car ce qu’on sait surtout aujourd’hui, c’est qu’on ne sait pas comment ça va tourner."

(Alain Finkielkraut, Le Monde (édition abonnée), 6-7 février 2011).

Le silence gêné d’intellectuels de gauche comme de droite devant les révoltes et révolutions des pays arabes s’explique par cette pensée commune. Au-delà du précédent iranien, la peur de voir ces révolutions dégénérer en dictature islamiste cache la conviction que toute Révolution dérive nécessairement en Terreur.

Il est impossible de nier les violences qui accompagnent les évènements depuis plusieurs semaines. Mais d’où viennent-elles ? Des manifestants ? En Tunisie, ils se sont exprimés par des immolations, actes retournés contre eux-mêmes, ou par des pillages ciblés, visant les biens du clan Ben Ali. En Egypte, les insurgés manifestent, parfois au prix de leur vie, sur la place Tahrir.

L’alibi du peuple barbare

Il est triste de devoir rappeler cette évidence : à Tunis comme au Caire, la révolte, la révolution n’a pas engendré la terreur mais a été provoquée par celle de l’Ancien régime. Nombre d’occidentaux se sont laissé piéger par la propagande de Ben Ali, qui dénonçait des “actes terroristes impardonnables perpétrés par des voyous cagoulés” ou de celle de la télévision égyptienne d’Etat, annonçant étrangement le 2 février que le seul décès dû aux violences de la journée était “celui d’un conscrit des forces armées”. Des sans-culottes buveurs de sang diabolisés par les thermidoriens en 1794 aux “casseurs” du Caire, à chaque fois, l’Etat tente d’imposer l’image du peuple barbare pour disqualifier la Révolution tout entière.

Mais justement. Ce qui se passe dans les pays arabes n’a rien de commun avec les violences et massacres qui ont bel et bien émaillé la Révolution française. Pour le moment, le terroriste n’est pas le peuple mais bien l’Etat. A Tunis et au Caire, des milices et des policiers en civil ont été envoyés commettre des meurtres et des pillages pour liguer la population contre les insurgés. Les soit-disant “pro-Moubarak” arrivés “spontanément” pour mater les manifestants, laissant plusieurs morts et des centaines de blessés, étaient en réalité de véritables mercenaires recrutés dans les quartiers pauvres et faisant partie de la clientèle habituelle du régime.

Les régimes autoritaires tunisien et égyptien ont instrumentalisé les clichés sur la violence du peuple pour semer la terreur, discréditer les insurrections et Révolutions. Qu’en France, beaucoup ne l’aient pas vu (“A Paris, l’intelligentsia du silence”, Le Monde (édition abonnée), 6-7 février 2011, article de Thomas Wieder), voilà qui en dit autant sur la radicale nouveauté du “printemps arabe”, que sur la méfiance des intellectuels français à l’égard de toute forme de révolution depuis les désillusions du communisme.

>> Article initialement publié sur le blog de Guillaume Mazeau

http://owni.fr/2011/02/10/tunisie-egypte-le-spectre-de-la-terreur/

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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Mar 15 Fév - 11:10

Après l'Egypte, un vent de contestation souffle au Moyen-Orient
http://www.liberation.fr/depeches/01012319882-yemen-nouvelle-manifestation-contre-le-pouvoir-a-sanaa

Plusieurs pays du Moyen-Orient ont été le théâtre lundi de manifestations contre les régimes en place, dans la foulée de celles ayant abouti en Egypte au départ du président Hosni Moubarak. (© AFP Mohammed Huwais)

NICOSIE (AFP) - Plusieurs pays du Moyen-Orient ont été le théâtre lundi de manifestations contre les régimes en place, dans la foulée de celles ayant abouti en Egypte au départ du président Hosni Moubarak.

Des manifestations ont eu lieu au Yémen, en Iran, à Bahreïn et en Irak.

Au Yémen, plusieurs personnes ont été blessées lors de la mobilisation.

Dans la capitale Sanaa, des milliers d'étudiants et d'avocats ont scandé "Après Moubarak, Ali", en référence au président Ali Abdallah Saleh, au pouvoir depuis 32 ans.

Les protestataires ont tenté de marcher sur la place Tahrir (Libération) --qui porte le même nom que celle du Caire-- mais les forces de sécurité ont installé des barbelés pour les en empêcher.

Des centaines de partisans du Congrès populaire général (CPG, parti au pouvoir) ont alors attaqué les manifestants à coups de bâton et de pierres, selon un correspondant de l'AFP.

Quelques manifestants ont été légèrement blessés. Le correspondant de la BBC en arabe, Abdallah Ghorab, le visage en sang, a affirmé à l'AFP avoir été battu "par des hommes du parti au pouvoir".

La manifestation était organisée à l'initiative d'étudiants et de composantes de la société civile. L'opposition parlementaire, qui a décidé de reprendre le dialogue avec le régime, ne s'y est pas associée.

A Taëz, au sud de la capitale, plusieurs milliers de personnes ont également réclamé un changement de régime, et huit personnes ont été blessées lorsque la police a dispersé cette manifestation, selon des témoins.

En Iran, une personne a été tuée et plusieurs ont été blessées par des tirs lundi à Téhéran lors de la première manifestation anti-gouvernementale organisée depuis un an par l'opposition réformatrice.

'Alors que ces rassemblements étaient silencieux au départ, certains manifestants ont commencé à crier des slogans anti-gouvernementaux, comme "mort au dictateur" ou "Ya Hossein, Mir Hossein" (allusion au leader d'opposition Mir Hossein Moussavi) et ont incendié des poubelles, selon des témoignages rapportés par des sites d'opposition ou recueillis par l'AFP.

Des incidents ont éclaté en plusieurs endroits de Téhéran entre des milliers de manifestants et les forces de l'ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogènes.

"Plusieurs centaines de personnes" auraient été arrêtées, selon le site Kaleme.com de M. Moussavi, qui cite des "témoignages non confirmés".

A Bahreïn, malgré l'interdiction, quelques centaines de personnes ont manifesté dans plusieurs villages chiites, où des heurts ont fait au moins un blessé, selon le ministère de l'Intérieur et des témoins.

"Il n'y a pas eu d'arrestations lors de la dispersion des manifestations, émaillées parfois de heurts avec les forces de sécurité", a déclaré à l'AFP une source policière.

Un homme a été blessé à Nouidrat, a indiqué le ministère, ajoutant qu'il "avait été hospitalisé".

Les forces de sécurité avaient été déployées en force sur les principaux accès de la capitale, Manama, pour prévenir un rassemblement auquel avaient appelé des internautes.

En Irak, la manifestation se voulait romantique, à l'occasion de la Saint-Valentin: quelques centaines de jeunes se sont rassemblées, avec des roses et des ballons rouges, dans le centre de Bagdad, pour exprimer "l'amour de leur pays" et critiquer la cupidité des dirigeants.

Le Premier ministre irakien Nouri al-Maliki a affirmé que les demandes des manifestants étaient "légitimes" et qu'il fallait que les ministres agissent pour les satisfaire.

Des appels à manifester jeudi contre la corruption et le népotisme en Libye ont par ailleurs été lancés depuis quelques semaines sur Facebook.

En Algérie, où une marche de l'opposition, interdite, s'était heurtée le 12 février à un dispositif de sécurité très renforcé, une nouvelle manifestation est prévue samedi prochain.

© 2011 AFP


Les leçons de l'Egypte : les despotes tremblent, partout
http://www.rue89.com/2011/02/11/les-lecons-de-legypte-les-despotes-tremblent-partout-190168
Comment ne pas être transporté par les images en provenance du Caire ? Comment ne pas partager la joie de ces millions d'Egyptiens de toutes catégories sociales et de toutes croyances qui ont abattu en dix-huit jours, à mains nues, un dictateur qui semblait inamovible, si sûr de lui qu'il se préparait même à une succession dynastique ?
Comment, aussi, ne pas être impressionné par cette deuxième révolution pacifique en l'espace d'un mois, renversant des présidents au pouvoir depuis trois décennies, autoritaires et corrompus, protégés et cajolés par les puissances occidentales pour leur rôle de rempart contre l'islamisme radical ?

La Tunisie avait pris tout le monde par surprise, mais les experts avaient mis en garde contre la théorie des dominos en soulignant que ce pays ne pesait pas lourd géopolitiquement, que l'Egypte c'était autre chose… Rien n'y a fait, les mêmes causes ont produit les mêmes effets, et le plus grand pays arabe, celui qui a toujours donné le « la », a basculé plus vite encore que la petite Tunisie.

Ces révolutions ne ressemblent à aucune autre. Pas de leader charismatique, pas d'organisation secrète, pas d'armée clandestine…

Mais plutôt des groupes sur Facebook, des tweets, des vidéos sur YouTube, et beaucoup d'idéalisme d'une jeunesse qui aspire à vivre autrement. Les réseaux sociaux n'ont pas « fait » la révolution, ils ont permis à une génération de s'inventer un espace de liberté virtuelle qu'elle n'a eu de cesse de vouloir faire passer dans le monde réel. Et de faire la liaison avec les exclus du système, comme Mohamed Bouazizi, le jeune vendeur de légumes qui s'est immolé le 17 décembre à Sidi Bouzid, déclenchant involontairement un mouvement d'ampleur historique.

Deux questions après l'exploit des Egyptiens. Que se passe-t-il une fois le tyran parti ? Et que se passera-t-il dans les autres pays arabes dont aucun, absolument aucun, ne peut être à l'abri de l'onde de choc des événements de Tunis et surtout du Caire ?

Egypte et Tunisie : difficile transition
En Tunisie comme en Egypte, la difficile transition est lancée. Dans un cas comme dans l'autre, les manifestants ne veulent pas voir survivre des pans entiers du régime du dictateur sans le dictateur. Et ils ne veulent pas voir « leur » révolution confisquée par ceux qui ont les moyens de la leur voler : l'armée ou les islamistes, les seuls à être structurés et relativement cohérents en l'absence de grande force d'opposition démocratique.

Mais la première, vraie question brûlante est : à qui le tour ? C'est celle que se posent les peuples arabes, c'est celle que se posent les autocrates qui les gouvernent.

Le calendrier des protestations s'échafaude au rythme des groupes Facebook : l'Algérie dès samedi, Bahrein le 14, le Maroc le 20 février… Et au-delà du monde arabe, l'Iran, le Pakistan bougent au rythme de l'Egypte.

Chaque manifestation ne provoquera pas une révolution : Bahrein n'est pas l'Egypte, le Maroc n'est pas la Syrie ou la Libye. Mais aucun pays n'échappe au cocktail qui a provoqué les révolutions de Tunisie et d'Egypte : une soif de liberté d'une jeunesse ouverte sur le monde, un rejet du népotisme, de la corruption, de la censure, de l'abêtissement érigés en système.

Et des pouvoirs tétanisés, qui se croyaient à l'abri en raison de la peur des « barbus » au couteau entre les dents, et découvrent que ceux-ci ne font plus aussi peur.

Un message universel
Reste enfin l'impact géopolitique, immense, de cet événement. Qui prend l'Occident par surprise, tétanise Israël qui redoute rien de moins que la rupture du statu quo qui pourrait favoriser ses ennemis, fait trembler toutes les dictatures, tous les pays autoritaires, quelles que soient leur latitude et leur culture, au-delà du monde arabe et de l'islam.

J'en veux pour preuve ce magnifique message lu sur Twitter, par dessus les continents, les langues et les cultures. C'est un dissident chinois, dont l'avatar est orné d'un ruban jaune en l'honneur du prix Nobel de la paix emprisonné Liu Xiaobo, qui retweete (retransmet) un message de Wael Ghonim, le « héros » de la jeunesse égyptienne, l'homme qui a fait basculer la situation avec son intervention télévisée à sa libération de détention. Son message (sur la capture d'écran ci-dessous) est limpide :

« Les vrais héros sont les jeunes Egyptiens de la place Tahrir et du reste de l'Egypte. »



Ce message est devenu universel.


L'étrange « front du refus » contre les révolutions arabes
http://www.rue89.com/2011/02/10/letrange-front-du-refus-contre-les-revolutions-arabes-189856

Photo : Hosni Moubarak, Benyamin Netanyahou, Barack Obama et Mahmoud Abbas, à Washington, le 1er septembre 2010 (Jason Reed/Reuters).

Un nouveau « front du refus » est apparu au Moyen-Orient. Il n'a pas pour objet, comme son prédécesseur des années 70 et 80, l'opposition à la paix avec Israël, mais à la vague de révolutions qui secoue le monde arabe. Et, tout en déplorant d'être « la seule démocratie du Moyen-Orient », Israël fait partie de ceux qui redoutent les conséquences de ce printemps des peuples arabe.
L'objectif commun des membres de ce « front du refus » : éviter un effondrement du régime de Hosni Moubarak, même si ce dernier se retire. Leur préférence : un changement de visage à la tête de l'Egypte, en poussant le nouveau vice-président Omar Souleiman à sa place, une manière de « tout changer pour que rien ne change », selon le mot célèbre issu du « Guépard » de Lampedusa.

Leur cible : l'administration Obama, objet de toutes les pressions et toutes les attentions, pour qu'elle cesse d'exiger le départ « immédiat » (« now ») du président Moubarak. Et, selon le New York Times, ces pressions ont porté leurs fruits puisque la Maison Blanche et le Département d'Etat ont mis en sourdine leur exigence, comme l'a signifié, le premier, l'émissaire américain au Caire, Frank Wisner.

« La pression a payé », écrit le New York Times, puisque Hillary Clinton estime désormais qu'un départ immédiat de Moubarak, comme le réclament les manifestants de la place Tahrir, « compliquerait » la voie vers la démocratie en Egypte.

La peur d'Israël, en paix froide avec l'Egypte de Moubarak
La présence d'Israël parmi ceux que le soulèvement des Egyptiens inquiète le plus n'est surprenante qu'à première vue. Certes, l'antienne israélienne sur « la seule démocratie du Moyen-Orient » aurait pu faire penser que l'évolution du plus grand pays arabe vers la démocratie aurait dû combler de joie son voisin hébreu.

Mais Israël ne redoute rien de plus que la fin du statu quo qui dure depuis plus de trois décennies, avec une paix froide avec l'Egypte, depuis le traité de paix conclu en 1979 par Anouar el-Sadate, le prédécesseur assassiné de Hosni Moubarak. Cette paix décevante permet toutefois à Israël de ne plus redouter une guerre sur son flanc sud avec le pays le plus peuplé et le plus important du monde arabe.

Cette paix n'est pas populaire parmi les Egyptiens de la rue, qui voient dans le même temps le conflit palestinien s'enliser dans une impasse durable.

Les Israéliens sont pris dans une contradiction : une Egypte démocratique à côté d'un Israël démocratique ressemble à un scénario idéal pour garantir la paix, mais les dirigeants et l'opinion de l'Etat hébreu y voient surtout le risque d'une victoire des Frères musulmans, et de tensions potentiellement mortelles sur la paix israélo-égyptienne.

Le choix des Israéliens : une passation du pouvoir en douceur entre Moubarak et Souleiman, avec un semblant d'ouverture politique qui garderait solidement les Frères musulmans à l'écart de toute influence. Les Israéliens connaissent bien Souleiman, ancien chef des services secrets égyptiens, et, comme l'ont montré les télégrammes diplomatiques américains de WikiLeaks, ils l'apprécient.

Le ministre de la Défense israélien, Ehud Barak, se trouvait mercredi à Washington pour marteler ce message auprès des responsables américains.

Arabie saoudite, Jordanie… Un « front du refus » aussi arabe
Les Israéliens ne sont pas les seuls à refuser un changement brutal au Caire, et à la faire de moins en moins discrètement savoir à Washington. L'Arabie saoudite, les Emirats arabes unis et la Jordanie sont, eux aussi, du côté de ceux qui redoutent l'onde de choc d'un changement de pouvoir au Cair
e, traditionnellement la capitale la plus importante du monde arabe.

Si la petite Tunisie a été capable de déclencher cette lame de fond parmi les peuples arabes, avec des manifestations et soubresauts du Yémen à l'Algérie en passant par la Jordanie, que dire de l'impact prévisible d'un changement de régime dans la grande Egypte provoqué par la rue ?

Grand allié des Etats-Unis, l'Arabie saoudite, pays le plus riche avec ses réserves de pétrole et de gaz, le plus peuplé de la péninsule arabique avec 28 millions d'habitants, et le plus conservateur avec le régime de monarchie absolue d'inspiration wahhabite, se sent particulièrement menacée par les événements de Tunisie et d'Egypte.

Les dirigeants saoudiens, qui imposent à leur société un islamisme encore plus rigoriste que celui d'Iran pourtant plus décrié dans le monde, redoutent la contagion contestataire au sein d'une jeunesse tout aussi connectée que celles du reste du monde arabe, et qui étouffe dans un pays où les femmes n'ont toujours pas le droit de conduire, où les différences sociales sont immenses malgré un clientélisme qui redistribue une partie des richesses pétrolières, où toute idée novatrice est considérée comme subversive.

Pas un seul régime arabe ne peut aujourd'hui se sentir en sécurité si la révolte des Egyptiens peut abattre un régime aussi fort que celui de Hosni Moubarak en quelques semaines de protestations. Les mêmes causes peuvent produire les mêmes effets, même si les conditions sont différentes sous le règne de dictateurs militaires à la Moubarak ou à la Ben Ali, de despotes politico-policiers à la Assad, ou des monarchies plus ou moins éclairées, du Golfe au Maroc en passant par la Jordanie.

Ce « front du refus » n'a aujourd'hui de prise que sur les Etats-Unis, seule puissance extérieure influente sur l'ensemble de la région, et qu'il pousse à freiner plutôt qu'à accélerer le changement réclamé par les peuples. Il n'en a guère, toutefois, sur l'opinion de leurs sujets, dont la moyenne d'âge est aujourd'hui de 24 ans, et qui aspirent à vivre autrement.

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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Mer 16 Fév - 13:25

Le vent de fronde au Moyen-Orient s'étend
http://www.challenges.fr/actualites/monde/20110216.CHA3247/le_vent_de_fronde_au_moyenorient_setend.html
Dans le sillage des révolutions égyptienne et tunisienne, les contestations populaires ont gagné de nouveaux pays: l'Iran, Bahreïn et la Libye notamment.

Voici la situation au Moyen-Orient, pays par pays, mercredi 16 février.


A Manama, capitale du Bahrein

A Bahreïn :
Le chef de l'opposition chiite, cheikh Ali Salmane, réclame l'établissement d'une "monarchie constitutionnelle" où le Premier ministre serait "élu par le peuple". Des milliers de Bahreïnis continuent de manifester contre le gouvernement, au lendemain de la mort de deux manifestants dans ce petit Etat du Golfe à majorité chiite, gouverné par une dynastie sunnite.
Le ministre de l'Intérieur a présenté dans la nuit de mardi à mercredi des excuses après la mort de deux manifestants, lors des défilés antigouvernementaux de lundi et mardi, qui sont tombés sous les balles de la répression policière.

En Iran,
après les manifestations de plusieurs milliers de personnes lundi à Téhéran, qui ont fait au moins deux morts, les chefs de l'opposition Mir Hossein Moussavi et Mehdi Karoubi ont appelé le gouvernement à "écouter le peuple", dans deux déclarations publiées par plusieurs sites d'opposition. Ds incidents ont éclaté ce credi entre des participants aux funérailles d'une des victimes des manifestations antigouvernementales de lundi et "un petit nombre de personnes apparemment liées" à l'opposition, a indiqué le site internet de la télévision d'Etat.

En Libye,
quatorze personnes ont été blessées mardi dans des affrontements à Benghazi, entre des manifestants et les forces de l'ordre qui sont intervenues, selon un journal libyen, qui cite des sources médicales. Les violences faisaient suite à une contestation réclamant la libération d'un avocat défendant des prisonniers tués lors d'une fusillade en 1996, sans doute victimes du régime. Dans la nuit, la police libyenne a dispersé par la force un sit-in contre le pouvoir dans la même ville, la deuxième plus grande du pays. Un appel à une "journée de colère" jeudi a été lancé sur Facebook par un groupe dont les membres sont passés de 4.400 à 9.600 en deux jours.

(Challenges.fr)
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Re: "émeutes de la faim": un début ?

Message  ivo le Mer 16 Fév - 20:50

Bharein, Lybie, Iran, Yémen : poursuite des manifestations
http://www.info-palestine.net/article.php3?id_article=10177
Bahrein : les protestataires occupe une place au milieu de la ville de Manama, la capitale.

Les manifestations anti-gouvernementales continuent dans le tout petit royaume, en dépit des excuses présentées par le roi après la mort de deux manifestants.

Les manifestants s’opposant au gouvernement continuent à occuper une place dans la capitale de Bahreïn, Manama, après deux jours de violents affrontements qui ont entraîné la mort d’au moins deux manifestants.

Les manifestants, qui souhaitent des réformes politiques et plus de droits civiques dans le royaume, refusent de se disperser, en dépit des exceptionnelles excuses faites par le roi après les décès dus aux tirs de la police.


Un correspondant d’Al Jazeera à Bahreïn, qui ne peut être nommé pour sa propre sécurité, a déclaré que des milliers de manifestants occupaient un espace encore plus grand ce mercredi matin.

« Ils sont bien organisés et disent qu’ils vont faire du centre de Manama la version pour le Bahreïn de la place Tahrir en Egypte. »

Notre correspondant a affirmé que certains des manifestants voulaient organiser une marche à partir du rond-point, tandis que d’autres avaient l’intention de rester su place et de le tenir occupé.

Ce mardi, le souverain de Bahreïn, cheikh Hamad bin Isa Al-Khalifa a fait une rare apparition à la télévision dans laquelle il a exprimé ses condoléances pour « la mort de deux de nos chers fils » et a indiqué qu’un comité enquêtera sur les meurtres.

« Nous demandons aux députés de se pencher sur cette question et de proposer des lois nécessaires pour la résoudre », a-t-il dit, ajoutant que les manifestations pacifiques étaient légales.

Soucis des Etats-Unis

Les États-Unis ont dit être "très préoccupés" par la récente violence lors des manifestations à Bahreïn, un proche allié de Washington, et ils ont exhorté toutes les parties à faire preuve de retenue.

« Les Etats-Unis sont très préoccupés par la récente violence lors des protestations à Bahreïn, » a déclaré PJ Crowley, le porte-parole du Département d’Etat américain. « Nous appelons également toutes les parties à faire preuve de retenue et s’abstenir de toute violence. »

Des milliers de manifestants ont envahi les rues du minuscule royaume depuis ce lundi, inspirés par les récents soulèvements en Tunisie et en Egypte.

Une personne a été tué mardi lorsque la police a ouvert le feu sur un groupe de manifestants rassemblés en un cortège funèbre pour un homme tué lors des manifestations un jour plus tôt.

La victime, Ali Fadhel Almatrook, a été abattue par une arme de chasse, a déclaré à Al Jazeera Maryam Alkhawaja, responsable des relations extérieures au Centre du Bahreïn pour les droits de l’homme.

« Des milliers de personnes ont défilé dans les rues, demandant la fin du régime, mais la police a tiré des gaz lacrymogène et utilisé des armes de chasse - c’est pourquoi les gens ont été blessés », a déclaré Alkhawaja.

« Brutalité policière »

Au moins 25 personnes auraient été soignées à l’hôpital pour des blessures.


Des personnes de toutes origines et religions participent aux manifestations - Photo : Mahmood Nasser Al-Yousi

La foule chantait « Le peuple demande la chute du régime ! » alors qu’elle se déversait dans Manama Pearl [le rond-point central] après la marche pour les funérailles à la périphérie de la ville.

Selon le correspondant d’Al Jazeera, la police a adopté une approche très dure envers les manifestants.

« La police a tiré sur les manifestants, ce matin, mais ils ont montré une résistance très forte », a déclaré notre correspondant.

« Il semble que le cortège funèbre avait été autorisé à poursuivre sa route, mais la police a joué au jeu du chat et la souris avec les manifestants. »

Opposition en colère

Irrité par les deux meurtres, al-Wefaq, le groupe principal d’opposition musulman chiite au Bahreïn, a annoncé qu’il suspendait sa participation au parlement.

« C’est la première étape. Nous voulons voir un dialogue », a dit Ibrahim Mattar, un parlementaire d’al-Wefaq. « Dans les prochains jours, nous allons décider de soit démissionner du conseil soit d’y rester. »

Al-Wefaq a une forte présence à l’intérieur du parlement et au sein de la communauté chiite.

Les manifestants disent que leur principale revendication est la démission de Cheikh Khalifa bin Salman al-Khalifa, le Premier ministre qui a gouverné Bahreïn depuis son indépendance en 1971.

Oncle du roi, il est considéré comme un symbole de la richesse de la famille régnante.

Les manifestants disent qu’ils exigent aussi la libération des prisonniers politiques, ce qui avait été promis par le gouvernement, et la mise en place d’une nouvelle constitution.

Les chiites, qui sont estimés être la majorité à Bahreïn, sont sous l’autorité d’une famille royale sunnite.

La pauvreté, le niveau élevé de chômage et les tentatives présumées de la part de l’Etat d’accorder la citoyenneté aux étrangers sunnites pour modifier l’équilibre démographique, ont aggravé le mécontentement chez les chiites.

Environ la moitié des 1,3 million d’habitants du royaume sont originaires du Bahreïn, le reste étant des travailleurs étrangers.

16 février 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
http://english.aljazeera.net/news/m...

Manifestations violentes en Lybie

Des affrontements ont été signalés dans la ville orientale de Benghazi, mettant aux prises la police et des partisans du gouvernement face à des manifestants.

Les manifestants se sont rassemblés dans les premières heures de mercredi matin devant le siège de la police et scandaient des slogans contre les « dirigeants corrompus du pays », selon les témoignages recueillis par Al Jazeera.

La police a tiré des gaz lacrymogènes et a violemment dispersé les manifestants, selon la même source mais qui n’a pas donné plus de détails.

L’édition en ligne du journal privé lybien Quryna, qui est basé à Benghazi, a déclaré que les manifestants étaient armés de cocktails Molotov et avaient jeté des pierres.

Selon le journal, 14 personnes ont été blessées dans les affrontements, dont trois manifestants et 10 policiers.

Dans un entretien téléphonique avec Al Jazeera, Idris Al-Mesmari, un romancier et écrivain libyen, a déclaré que des agents de sécurité en civil sont arrivés sur les lieux et ont dispersé les manifestants en utilisant des gaz lacrymogènes, des matraques et de l’eau brûlante.

Al-Mesmari a été arrêté quelques heures après l’interview, selon des nouvelles non encore confirmées.


Appel à un « Jour de colère »

Les manifestants anti-gouvernementaux ont également appelé les citoyens à transformer la journée de jeudi en « Jour de colère ». Ils ont l’espoir d’égaler les récents soulèvements populaires en Égypte et en Tunisie pour mettre fin au règne vieux de 41 ans du colonel Mouammar Kadhafi.

Ces manifestations, exceptionnelles, auraient commencé après que des proches des personnes tuées dans un massacre dans une prison il y a 15 ans soient descendus dans la rue. Ils ont été rejoints par des dizaines de sympathisants.

Tous ces parents auraient été mis en colère par la détention de Fathi Terbil - avocat des droits de l’Homme et porte-parole officiel des familles des victimes - après qu’il ait été arrêté par les forces de sécurité libyennes, sans raison apparente.

Toutefois, Terbil aurait été depuis libéré, selon certaines informations.

Douze cents prisonniers ont été tués dans le massacre de la prison d’Abou Slim le 29 Juin 1996, après qu’ils se soient opposés à leurs conditions inhumaines dans la prison.

Certaines des personnes tuées ont été enterrées dans la cour de la prison et dans des fosses communes à Tripoli. Les familles des victimes ont exigé que les coupables soient punis.

Mohammed Maree, un blogueur égyptien, dit que le « régime de Kadhafi n’a pas écouté ces réclamations et continue de traiter le peuple libyen avec le plomb et le feu. »

« C’est pourquoi nous annonçons notre solidarité avec le peuple libyen et les familles des martyrs jusqu’à ce que les criminels soient punis, en commençant par Muammer [Khadafi] et sa famille. »

La télévision d’Etat libyenne a indiqué que des rassemblements avaient lieu dans tout le pays tôt ce matin « en appui au gouvernement du peuple par le peuple ».

Déclaration signée

Un groupe de Libyens en vue et les membres des organisations des droits de l’homme ont également exigé la démission de Kadhafi.

Ils ont déclaré que les Libyens ont le droit de s’exprimer à travers des manifestations pacifiques, sans devoir être menacés de harcèlement de la part du régime.

Les revendications ont été formulées dans une déclaration signée par 213 personnalités de différents secteurs de la société libyenne, dont des militants politiques, des avocats, des étudiants et des représentants du gouvernement.

Pendant ce temps, un militant local des droits de l’homme à déclaré à l’agence Reuters que les autorités ont décidé de libérer 110 prisonniers incarcérés pour appartenance à une organisation interdite, le Groupe islamique combattant libyen.

Les prisonniers devant être libérés ce mercredi sont les derniers membres du groupe encore détenus et sortiront de la prison d’Abou Salim à Tripoli, a déclaré Mohamed Ternish, président de l’Association lybienne des droits de l’homme.

Des centaines de membres présumés du groupe ont été libérés de prison après avoir renoncé à la violence l’an dernier.

16 février 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
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Iran : les funérailles d’un étudiant tué à Téhéran déclenchent de nouveaux affrontements


Sane’e Zhaleh est revendiqué comme appartenant à leurs rangs aussi bien par les partisans du gouvernement que ceux qui y sont opposés - Photo : Reuters

Des affrontements ont éclaté entre les partisans du gouvernement iranien et des membres de l’opposition lors de l’enterrement d’un étudiant tué lors des récentes manifestations, a signalé la télévision d’Etat.

« Les étudiants et les personnes participant aux funérailles du martyr Sane’e Zhale à Téhéran, étudiant des Beaux-Arts à l’Université, se sont affrontées avec quelques personnes, apparemment du mouvement de sédition », a déclaré le site Web de l’agence IRIB, ce mercredi.

Zhaleh a été abattu lors d’un rassemblement de l’opposition à Téhéran, la capitale, ce lundi, un meurtre que le gouvernement impute à des manifestants anti-gouvernementaux. Mais les groupes d’opposition disent que ce meurtre a été commis par les forces de sécurité.

Les violences ont éclaté au cours des funérailles à la faculté des Arts à l’université de Téhéran, où Zhaleh était étudiant, a déclaré IRIB.

Le radiodiffuseur a ajouté que les partisans du gouvernement scandaient « Mort à Monafeghin », une référence à un groupe d’opposition interdit.

Toutefois, les blogueurs iraniens ont rapporté que les forces loyalistes se sont introduites dans le campus, puis ont ensuite occupé la faculté, tandis que la police anti-émeute était déployée à travers la ville.

D’autres ont aussi écrit sur le réseau Twitter que certaines routes de la ville ont été bloquées et que des milliers de personnes étaient dans les rues de Téhéran, manifestant soit pour soit contre le gouvernement.

Il y a aussi des informations selon lesquelles les autorités ont empêché les médias étrangers de faire leur travail.

Les partisans du gouvernement ont insisté sur le fait que Zhaleh était membre de la milice Basij - une force de volontaires liés aux Gardiens de la révolution, tandis que les groupes d’opposition disent qu’il est issu de leurs rangs.

Rahesabz.net, un site d’opposition, a déclaré que Zhaleh était « pro-Moussavi et un membre du Mouvement vert », en référence au groupe dirigé par Mir Hossein Moussavi qui refuse de reconnaître la présidence de Mahmoud Ahmadinejad.

« Sa famille était sous pression pour dire qu’il était Basiji et pro-gouvernement », indique le site.

Appels à manifester vendredi

Les partisans du gouvernement ont appelé à un rassemblement vendredi à Téhéran pour exprimer « la haine » contre le mouvement d’opposition.

« Le noble peuple de Téhéran sera à Enghelab Square après la prière du vendredi, avec une présence solide et éclairée », la propagation de l’islam , a déclaré mercredi le Conseil de coordination pour la diffusion de l’Islam.

Ce conseil a déclaré également que ceux qui rejoignent la marche « crieront leur haine, leur colère et leur dégoût contre les crimes sauvages et les manoeuvres des dirigeants de la sédition, des Monafeghin [hypocrites] et de leurs alliés monarchistes. »

Le procureur général iranien Gholam Hossein Mohseni Ejeie a averti que des mesures seraient prises contre Moussavi et Mehdi Karroubi, un autre leader de l’opposition.

« Les chefs des séditions sont les personnes qui devraient être punis pour leurs actes criminels et des actions, si Dieu le veut, à cet égard sont prises », a dit Mohseni Ejeie, selon l’agence Fars.

Pendant ce temps Moussavi et Karoubi ont fait deux déclarations en ligne ce mercredi, critiquant les autorités et appelant à de nouvelles manifestations contre le gouvernement.

Karroubi, dans un communiqué publié sur son site ahamnews.org, s’est dit « prêt à payer n’importe quel prix » dans sa lutte.

« Je vous avertis avant qu’il ne soit trop tard, sortez les bourgeons de vos oreilles et écoutez la voix du peuple. Imposer la violence et s’opposer aux volontés du peuple ne durera qu’un certain temps », dit-il.

Dans une déclaration séparée sur son propre site Kaleme.com, Mousavi a salué les manifestants pour la marche de lundi à Téhéran.

« La marche glorieuse du 25 Bahman [14 Février] est une grande réalisation pour le grand peuple d’une grande nation et pour le Mouvement Vert », a-t-il dit.

Menaces d’exécution

Les commentaires de M. Moussavi et Karoubi, qui sont en résidence surveillée depuis la dernière semaine, ont été faites un jour après que des hommes politiques iraniens ont appelé à leur exécution.

« Moussavi et Karoubi doivent être exécuté ! Mort à Moussavi, Karroubi et Khatami ! » ont crié des ministres au Parlement.

Ils ont également accusé les Etats-Unis, la Grande-Bretagne et Israël d’avoir orchestré les manifestations à travers les leaders de l’opposition.

Deux personnes, dont Zhaleh, ont été tuées dans la capitale ce lundi et des dizaines d’autres blessées, après que la police anti-émeute ait tiré des gaz lacrymogènes et de balles de peinture sur les manifestants.

Neuf policiers ont été blessés, d’après la télévision d’Etat, tandis que entre 150 et 1500 personnes ont été arrêtées, selon les médias officiels et les groupes de défense des droits humains.

Dans un communiqué publié mardi soir, le président Ahmadinejad a déclaré que les « ennemis » qui ont planifié les manifestations anti-gouvernement de Téhéran ne parviendront pas à atteindre leurs objectifs.

« Il est évident et clair que la nation iranienne a des ennemis parce que c’est un pays qui veut briller et atteindre son apogée, et veut changer les relations [entre les pays] dans le monde », a-t-il dit dans une interview en direct à la télévision d’Etat.

16 février 2011 - Al Jazeera - Vous pouvez consulter cet article à :
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Répression des manifestations au Yémen

Les protestations au Yémen sont hors de contrôle alors qu’elles entrent dans leur sixième jour consécutif. Des manifestants pro-démocratie et des partisans du gouvernement s’affrontent à Sanaa, la capitale.


Les manifestants scandaient des slogans contre le président Saleh, comme : "A bas les voyous du président" - Photo : Reuters

Malgré des milliers de policiers déployés à travers la ville, des dizaines d’étudiants exigeant l’éviction du président se sont affrontés avec des partisans du gouvernement à l’université de Sanaa, ce mercredi.

Les manifestants ont été pris à partie par des centaines de loyalistes armés de bâtons, de pierres et de poignards, peu de temps après qu’ils aient quitté l’université pour se diriger vers la place al-Sabiine.

Certains manifestants ont fui tandis que d’autres lançaient des pierres, et les affrontements se sont ensuite étendus au campus universitaire.

La police a tiré des coups de semonce pour tenter de disperser la foule après avoir été incapable de séparer les deux côtés l’un de l’autre.

L’agence Reuters a déclaré qu’un étudiant avait été blessé dans les affrontements tandis que l’AFPS déclarait que trois journalistes avaient été battus par des partisans d’Ali Abdullah Saleh, le président, près de l’université.

Les manifestants ont accusé les « voyous » du gouvernement de les avoir « brutalement attaqués » et accusé aussi des policiers en civil.

« Les voyous et les partisans du parti au pouvoir ... [veulent] massacrer » les étudiants, a déclaré Radwan Masud, représentant du syndicat étudiant de l’université.

Il a promis que les étudiants « continueront leur révolte et ne se laisseront pas entraver par les actions du parti au pouvoir ».

Poursuite des manifestations

Des affrontements similaires ont eu lieu sur une base quotidienne cette semaine, alors que les manifestants, inspirés par les soulèvements en Tunisie et en Egypte, veulent l’éviction de Saleh.

Mardi la police à Sanaa a empêché des affrontements, qui ont fait cependant fait trois blessés, entre partisans du régime et une foule de manifestants anti-gouvernementaux .

Des scènes semblables se sont également produites dans Taez, au sud de la capitale.

Ce lundi, des pierres ont volé dans la capitale, les manifestants, principalement des étudiants et des avocats, affrontant la police et les partisans de Saleh. La police a également affronté des manifestants à Sanaa ce dimanche.

Un sit-in - organisé par des centaines de juges exigeant une plus grande indépendance du pouvoir judiciaire et l’éviction du Conseil supérieur de la magistrature - est entré dans sa deuxième journée consécutive devant le ministère de la justice à Sanaa.

Les juges qui se sont réunis dans Sanaa venant de tout le Yémen, ont dit qu’ils voulaient que tous les membres du Conseil supérieur de la magistrature, y compris le ministre de la Justice, soient licenciés. Ils exigent aussi des salaires plus élevés.

Plusieurs points de contrôle ont fait leur apparition dans les rues menant au palais présidentiel à Sanaa, et beaucoup de rues ont été bloquées par des barbelés.

Les protestations se sont poursuivies malgré la promesse de Saleh de ne pas demander un autre mandat en 2013.

Lundi, une foule forte de 3000 manifestants, vêtus de robes noires, ont affronté la police et les partisans du gouvernement dans Sanaa.

Les relations militaires entre les Etats-Unis et l’administration Saleh se sont renforcées ces derniers mois, alors que le pays se débat avec un mouvement sécessionniste de plus en plus implanté dans le sud, ainsi qu’avec l’agitation provoquée par les prix des denrées alimentaires, un taux de chômage atteignant 40%, et une exigence de reconnaissance des droits de l’homme.

Les États-Unis, il y a peu de temps, se sont lancés dans un projet de 75 millions de dollars pour former une unité de contre-terrorisme au Yémen, ont déclaré des responsables américains.

Saleh est devenu le chef du Yémen du Nord en 1978 et a dirigé la République du Yémen depuis que le nord et le sud ont fusionné en 1990.

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Traduction : Info-Palestine.net
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