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dictature

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dictature

Message  ivo le Dim 23 Jan - 10:51

Le top 10 des dictateurs les mieux élus du monde
http://www.slate.fr/story/32901/top-10-dictateurs-elus

Pour les chefs d'État autoritaires, rien de mieux qu'une élection «démocratique» pour asseoir leur légitimité. Voici les dix présidents les plus efficaces dans l'art de se faire élire sur des scores indiscutables.

De plus en plus de pays dans le monde organisent des élections au suffrage universel pour élire leur président. Mais derrière ce signe encourageant pour la diffusion de la démocratie se cachent des élections qui n’ont de démocratiques que le nom. Intimidation des opposants, médias contrôlés par le pouvoir, électeurs menacés, votes truqués, candidat unique: les régimes autoritaires rivalisent d’inventivité pour s’assurer des résultats électoraux qui asseyent leur légitimité. Voici notre Top 10 des dictateurs les mieux élus de la planète au 19 janvier 2011, un classement bouleversé notamment par la chute de Ben Ali en Tunisie, qui occupait la 4e place du dernier Top 10 (octobre 2009). [La méthode du classement est détaillée en bas d’article]

10- Hosni Moubarak (Egypte), 88,6%

Moubarak a remporté la première présidentielle multipartite du pays en 2005 avec 88,6% et une participation très faible de 23%. Au pouvoir depuis presque 30 ans et doyen du Top 10 du ahut de ses 82 ans, il avait gagné en 1987, 1993 et 1999 avec des scores supérieurs à 95%. Cette baisse de régime s’explique par le changement constitutionnel de 2005: avant cette date, le seul et unique candidat à la présidence était choisi par l’Assemblée du peuple et validé par un référendum national. Les observateurs internationaux n’ont pas eu l’autorisation de surveiller le scrutin, et les associations nationales ont obtenu ce privilège la veille de l’élection. Ayman Nur, le leader du parti d’opposition Ghad, a obtenu 7% des suffrages, mais a estimé que son vrai score était quatre fois supérieur: «Cette fraude a pour but d’éliminer le seul candidat qui sera encore vivant pour l’élection présidentielle de 2001», a déclaré cet avocat, qui avait 40 ans à l’époque.

9- Ilham Aliev (Azerbaïdjan), 88,7%

lham Aliev a été réélu sur un score de 88,73% en 2008, selon les résultats proclamés par la Commission électorale centrale au cours d’une élection jugée non démocratique par les observateurs de l'Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe (OSCE). Malgré des «progrès considérables» par rapport aux précédentes élections, le scrutin «n'a pas reflété les principes d'une élection véritablement pluraliste et démocratique» ont déclaré les observateurs. Aliev avait succédé en 2003 à son père Heydar, ex-responsable du KGB qui avait dirigé le pays jusqu'à sa mort, de 1993 à 2003. Les observateurs du Parlement européen ont souligné l’omniprésence du président sortant et de son père dans la vie publique et le parti pris des médias du pays. Le pays est un important producteur de gaz et de pétrole. La Russie a publiquement félicité Aliev pour sa réélection, et les États-Unis maintiennent de bonnes relations avec le régime.

8- Gurbanguly Berdimuhamedow (Turkménistan), 89,2%

Berdimuhamedow a été élu après le décès en 2006 du premier président du pays, l’autoritaire Saparmyrat Nyýazow qui avait développé un omniprésent culte de la personnalité durant ses 20 ans au pouvoir. La dernière élection du pays datait de 1992, quand Nyyazow avait récolté 99,5% des voix avant d’être désigné président à vie en 1999. Berdimuhamedow a donc été élu en 2007 en battant cinq autres candidats, dont aucun issu de l’opposition. La participation a atteint, selon les chiffres officiels, 95%. Dans la province de Lebap, les autorités ont menacé la population, déclarant que ceux qui ne voteraient pas n'allaient pas recevoir leur ration mensuelle de farine. Ceux qui votaient pour la première fois et les personnes âgées se sont au contraire vus promettre des cadeaux. Un jeune votant a ainsi reçu un exemplaire du livre du président défunt Nyyazov. De nombreux représentants étrangers, notamment des Russes et des Américains, étaient présents lors de l’investiture de Berdimuhamedow. Le Turkménistan dispose lui aussi d’importantes réserves de gaz naturel.

7- Abdelaziz Bouteflika (Algérie), 90,2%

Le président algérien, doyen du Top 10 du haut de ses 73 ans, est sur une pente positive: il a été réélu dès le 1er tour, le 9 avril 2009, pour un troisième mandat avec plus de 90% des voix, contre seulement 85% en 2004. La participation, qui était le seul enjeu d’un scrutin boycotté par les ténors de l’opposition, a atteint 74,24%, également en progression par rapport à 2004. Sur les 57 recours reçus par le Conseil constitutionnel, 53 ont été déclarés irrecevables sur la forme, et les quatre qui ont été acceptés sur la forme ont été rejetés sur le fond car dépourvus de preuves.

Le Conseil a estimé que les conditions électorales «ont permis aux électeurs de choisir, en toute liberté, leur candidat habilité à conduire le destin du pays, attestent de la régularité du scrutin, de sa sincérité et de sa transparence». Pendant la campagne, Bouteflika a déclaré: [color:2433=red]«Votez contre nous, votez même avec un bulletin blanc, mais votez.» Selon l’opposition, des habitants des bidonvilles ont été menacés d’expulsion et les salariés de licenciement s’ils ne prouvaient pas qu’ils avaient voté.

6- Noursoultan Nazarbaïev (Kazakhstan), 91,1%

Le premier et seul président de l'histoire du Kazakhstan a été réélu en 2005 avec 91,15% des suffrages, lors d'un scrutin qualifié par l'OSCE de non conforme aux normes internationales en matière d'élections démocratiques. Mais Nazarbaïev est soutenu par la communauté internationale, qui applaudit la santé économique du Kazakhstan, encore un pays riche en ressources naturelles. Lors de la campagne, l'ancien ministre et principal opposant de Nazarbaïev, Zamanbek Nurkadilov, est retrouvé mort à son domicile, gisant avec deux balles dans la poitrine et une dans la tête. La justice a conclu à un suicide pour raisons familiales.

En 2010, dans une lettre où il lui souhaite bon anniversaire pour ses 70 ans, Nicolas Sarkozy vante «un des pays les plus développés de l’espace postsoviétique» et se réjouit de la prochaine visite de son «cher ami» Nazarbaïev, à qui il a décerné la grand-croix de la Légion d’honneur, à Paris.

5- Pierre Nkurunziza (Burundi), 91,6%

Pierre Kkurunziza, ancien prof de sport et ex-chef rebelle aujourd’hui à la tête du bien nommé Conseil national pour la défense de la démocratie-Forces de défense de la démocratie (CNDD-FDD), a été réélu président en 2010 avec plus de 91% des voix, un score à première vue impressionnant mais qui devient faible quand on sait qu’il était le seul candidat. Les candidats de l’opposition s’étaient retirés pour protester contre les irrégularités du scrutin. L’observateur de l’Union européenne a déploré «l’absence d’une compétition multipartite» mais souligné que «malgré un contexte tendu et parfois violent, le peuple burundais a pu exercer son droit de vote». De nombreux opposants ont été arrêtés dans les semaines qui ont précédé le scrutin, où les explosions de grenades étaient fréquentes dans le pays.

4- Paul Kagame (Rwanda), 93%

Le président Paul Kagame, qui avait été élu avec 95% des voix en 2003, n’a obtenu que 93% pour sa réélection en 2010. Le groupe d’observation du Commonweatlh a estimé que l’élection s’est déroulée dans une atmosphère «pacifique» étant donné le passé récent extrêmement violent du pays, même s’il souligne que des limites existent sur la liberté d’association et de participation et que «le fait que les quatres candidats étaient issus de la coalition au pouvoir signifie qu’il y avait un manque de voix d’opposition critiques». Aucun des trois partis d’opposition n’a pu présenter de candidat aux élections.

3- Teodoro Obiang Nguema Mbasogo (Guinée Equatoriale), 95,4%

Au pouvoir depuis le coup d’Etat qui a renversé son oncle en 1979, Nguema a été élu pour la cinquième fois en 2009. Avant ce scrutin, il avait promis de faire mieux que lors de la présidentielle de 2002, où il avait récolté plus de 97% des suffrages. C’est raté. Nguema a dû se contenter d’un petit 95,4%. L’ONG Human Rights Watch qualifie Nguema de «dictateur déterminé à rester au pouvoir et à garder le contrôle de l’argent du pétrole», et estime que le gouvernement du pays «est un des plus corrompus et répressifs du monde».

Le journaliste Peter Maass, dans un article pour Slate.com, le qualifiait de «pire dictateur d’Afrique» en 2008. Nguema a promis (encore) lors de sa dernière cérémonie d’investiture, en présence de représentants officiels de la France, «la participation de toutes les forces politiques de la Nation dans la gestion de la chose politique, afin d'avoir un consensus» pouvant garantir «la paix, la stabilité et le développement économique». Le président, âgé de 68 ans, souffre d’un cancer de la prostate et de problèmes cardiaques, mais la Guinée Equatoriale, troisième producteur de pétrole de l’Afrique sub-saharienne, n’en a sans doute pas fini avec la famille Nguema. Le fils Teodorin, qui a un penchant pour tout ce qui brille et qui coûte (très) cher, devrait prendre la succession de son père.

2- Bachar el-Assad (Syrie), 97,6%

Bachar el-Assad a été réélu en 2007 pour un second mandat de sept ans au cours d’un référendum boycotté par l’opposition, qui estimait que les Syriens devraient pouvoir choisir l’homme qui les gouverne. Plus de 11 millions de personnes ont voté pour le «oui», contre 19.653 pour le «non» et autour de 253.000 votes blancs, avec un taux de participation de 96%. Le ministre de l’Intérieur a déclaré lors de l’annonce des résultats: «Ce grand consensus montre la maturité politique de la Syrie et l’éclat de notre démocratie.»

Un avis pas vraiment partagé par un porte-parole du Département d’Etat américain de l’époque: «Je pense qu’il est assez difficile de dire qu’une élection est libre, juste et crédible quand il n’y a qu’un candidat, et que ce candidat reçoit 98% des votes. […] Je suis sûr que le président Assad se prélasse dans l’éclat de sa capacité à n’avoir battu aucun candidat et à continuer de sa mauvaise gestion de la Syrie.»

El-Assad est le plus régulier de nos dictateurs: il avait succédé à son père Hafez el-Assad à la mort de ce dernier en 2000 sur un score de 97,29%. Âgé de 45 ans, il est également un des plus jeunes.

1- Ismail Omar Guelleh (Djibouti), 100%

C’est le dictateur le mieux élu du monde, avec un score imbattable de 100% des suffrages lors de l'élection présidentielle du 8 avril 2005. Comme Bachar el-Assad, Guelleh a opté pour la méthode infaillible: il était le seul candidat à sa réélection. Les partis de l’opposition ont boycotté l’élection à la suite du refus du pouvoir de réformer le système électoral pour le rendre plus transparent, la décrivant comme «ridicule, truquée et en pacotille». Le candidat de l’opposition, Mohamed Daoud Chehem, ne s’est pas présenté parce qu’il manquait d’argent pour faire campagne. Guelleh n’est que le 2e président de l’histoire de Djibouti, ancienne colonie française, depuis l’indépendance du pays en 1977. Il avait lui aussi succédé à un membre de sa famille, son oncle Hassan Gouled Aptidon, en 1999 en remportant «seulement» 74% des voix. Mise à jour: Le parlement a récemment voté une réforme constitutionnelle pour permettre à Guelleh de se présenter une troisième fois en 2011 (la limite était ficée à 2 mandats jusque là).

Méthode

Certains régimes ne s'embarrassent pas de simulacres de démocratie. Il y a ceux comme le Maroc ou le Swaziland qui ont des rois. Dans d’autres pays c’est le parlement qui élit le Président, tandis que dans les pays communistes comme la Chine, la Corée du Nord, Cuba ou encore le Vietnam, c’est le parti qui se charge en petit comité de décider qui gouverne. Ces pays n'entrent pas dans ce classement.

Les dirigeants qui ne sont pas à la tête de régimes autoritaires ne sont pas davantage inclus. Pour comparaison, l'ancien président français Jacques Chirac aurait fait bonne figure avec ses 82,21% au deuxième tour de 2002.

Les sources utilisées dans l’article sont insérées dans le texte sur les mots correspondants. Les résultats des élections sont les résultats officiels publiés par les autorités compétentes dans chaque pays, et vérifiées sur la base de données Election Guide mise à jour par l’International Foundation for Electoral Systems, une ONG qui promeut la stabilité démocratique à travers le monde.

Grégoire Fleurot


Les dictateurs ont changé de recette, par Moisés Naím
http://www.slate.fr/story/8971/nouvelles-recettes-pour-dictateurs-par-moises-naim
Comment rester au pouvoir indéfiniment en maintenant des apparences de démocratie.

En guise de marmitons, choisissez des juristes plutôt que des lieutenants-colonels et comme ingrédients principaux, plutôt le référendum et l'amendement constitutionnel que le tank ou l'assaut sur le palais présidentiel. Les modes changent, surtout en cuisine, mais le résultat est toujours le même: les dictateurs parviennent à maintenir l'apparence de la démocratie tout en restant au pouvoir aussi longtemps qu'ils le peuvent.

Bien sûr, cette constante ne saurait effacer les particularismes culturels et chaque pays accommode la recette au goût des élites locales. Ainsi, au Zimbabwe, la recette des élections qui maintiennent Robert Mugabe au pouvoir depuis 29 ans émet un bouquet plus relevé que celle appliquée en Russie, où l'élection d'un nouveau président ne change rien au fait que Vladimir Poutine continue de tirer toutes les ficelles. En Iran, où on apprécie un zest de religion et où le chef suprême du pays, Ali Khamenei, a affirmé que la victoire écrasante du président Mahmoud Ahmadinejad était un «signe du ciel», les milices autorisées à tabasser les manifestants constituent une garniture des plus appréciées.


En Amérique latine, la grande nouveauté est la manipulation de la constitution. Au Honduras, Manuel Zelaya a essayé de suivre cette recette en modifiant la loi afin de rester au pouvoir pour un second mandat, mais il n'a réussi qu'à provoquer une indigestion chez les plus riches qui pourrait lui être fatale.
Voici donc la recette qui fait aujourd'hui le succès des autocrates de tout poil.


Ingrédients

Des millions de citoyens très pauvres.
Des inégalités abyssales.
Une pauvreté inimaginable cohabitant avec une richesse obscène.
De l'injustice, de l'exclusion et de la discrimination raciale.
Une corruption omniprésente.
Une élite politique et économique arrogante, persuadée que «nous contrôlons la situation, rien n'arrivera ici.»
Des partis politiques discrédités.
Une classe moyenne apathique, déçue par la démocratie, la politique et ceux qui la font.
Un parlement, une justice et des forces armées ramollies par un bain prolongé dans une marinade à base d'indolence, de gaspillage et de corruption. Il doit être facile d'acheter un juge, un sénateur ou un général.
Des médias que leurs propriétaires utilisent pour promouvoir leurs intérêts économiques ou politiques.
Une superpuissance étrangère neutralisée, distraite par d'autres priorités ou empêtrée dans trop d'aventures militaires.
Une opinion internationale atteinte de troubles de l'attention aigus et ne s'intéressant pas vraiment à la manière dont les autres pays sont gouvernés.
Un ennemi extérieur que l'on peut pointer du doigt. La CIA est l'exemple idéal, mais un pays voisin peut également faire l'affaire. Ou des immigrés ayant une couleur de peau différente. Si rien ne marche, essayez les Juifs et le Mossad.
Des «milices du peuple» bien armées, bien entraînées et prêtes à briser les membres de ceux qui s'opposent au régime. Il n'est pas nécessaire que ces milices soient très nombreuses. Il suffit que les brutes qui les composent intimident la population en pratiquant le tabassage, l'assassinat, l'enlèvement ou d'autres formes de violence.

Préparation

1. Secouez bien les populations les plus pauvres grâce à une campagne qui monte certaines catégories contre d'autres. Saupoudrez de ressentiment, de rancœur électorale et de populisme économique. Faites évaporer toute harmonie en faisant bouillir la marmite sociale.
2. Prenez le pouvoir au cours d'élections démocratiques. Vous y arriverez plus facilement si vos rivaux sont corrompus et discrédités et si vous savez acheter les votes. Au cours de la campagne, proclamez votre volonté de lutter contre la corruption et de reprendre aux riches ce qu'ils ont volé aux pauvres.
3. Après avoir remporté les élections, organisez-en d'autres, mais ne les perdez pas. Les élections ne servent pas à défendre la démocratie, mais à décorer votre assiette.
4. Rafraîchissez le haut commandement militaire en nommant des officiers loyaux au président. Récompensez-les en leur faisant des cadeaux de toute sorte et punissez ceux qui manquent d'enthousiasme. Espionnez-les tous, tout le temps.
5. Faites la même chose avec la magistrature.
6. Lancez une campagne visant à obtenir la modification de la constitution par référendum. Obligez les employés des services publics à voter et assurez-vous que certains membres de l'opposition sont contre cette initiative. Persuadez le reste de l'opposition que son vote n'a aucun poids.
7. La nouvelle constitution doit garantir tous les droits des citoyens, surtout les plus pauvres, tout en ramenant leurs devoirs et leurs obligations au minimum. Promettez de réduire la pauvreté et de faire disparaître les inégalités. Dans le texte lui-même, insérez des provisions, rédigées dans un langage incompréhensible pour l'homme de la rue, qui affaiblissent ou suppriment la séparation des pouvoirs, concentrent l'autorité dans les mains du président et lui permettent de se représenter indéfiniment.
8. Discréditez, rabaissez, cooptez, achetez et réprimez l'opposition.
9. Contrôlez les médias. Tolérez quelques voix critiques que personne n'écoute, cela vous permettra de faire taire ceux qui vous reprochent de museler la presse.
10. Répétez le point trois, indéfiniment.


Bon appétit !

Moisés Naím est rédacteur en chef du magazine Foreign Policy.

Cet article a été publié par le Washington Post le 2 août 2009. Traduit par Sylvestre Meininge.


Dernière édition par ivo le Mer 2 Fév - 17:51, édité 1 fois
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Re: dictature

Message  ivo le Mer 2 Fév - 17:50

Cinq règles à suivre pour "sauver" une dictature
http://www.lepost.fr/article/2011/01/29/2387210_5-regles-a-suivre-pour-sauver-une-dictature.html

Le guide du tricard, pour dictateur en exil | Montages Le Post

Voilà une question que bon nombre de chefs d'Etat aux quatre coins du monde se posent actuellement. Comment faire taire une révolution populaire ? Voici par exemple, une liste exhaustive des "meilleures" solutions trouvées par les chefs d'état dictatoriaux au travers du globe pour y arriver.

Règle n°1 : Censurer la presse Locale et Internationale

Censurer la presse est un moyen sûr et efficace d'atténuer tout mouvement révolutionnaire. Un moyen permettant de ne pas laisser se propager des mouvements de grognes susceptibles au travers de la presse de gonfler et prendre une ampleur trop importante. Le meilleur moyen par ailleurs restant de nationaliser bon nombre de médias importants tout en faisant "couler" les plus petits avec l'aide notamment de sabotages, d'intimidations en tous genres, ou encore d'attentats envers les locaux de récalcitrants, voire en piratant les médias concernés.
Dans toute guerre populaire, la gangrène redoutée par les chefs d'état est la presse. Et d'autant plus la presse internationale, qui relayant d'une façon ou d'une autre les informations sur les évènements d'un pays, crée une mauvaise image dudit pays et par la même occasion du gouvernement en place, avec en tout premier lieu, une (très?) mauvaise image du leader politique national. En Irak, Corée du Nord, Egypte, etc.. cette méthode porte ses fruits et écarte à coup sûr du lieu des manifestations les journalistes imprudents qui voient là le risque de se retrouver arrêtés pour des contrôles de visas et gentiment emmenés dans des postes de polices ou de contrôles loin des mouvements. Une méthode qui a fait ses preuves, certaines nations n'hésitant pas par ailleurs, à directement condamner les journalistes puis à les exécuter pour "troubles à l'ordre public", ou encore "espionnage". Les spécialistes du genre étant notamment la Corée du Nord et l'Iran.
Des préceptes mis en place notamment par feu le "Président" Ben Ali, ou encore le Général Kadhafi, voire même les présidents Bouteflika et Moubarak. Des valeurs sûres donc, qui n'ont pas hésité à mettre cette règle n°1 en application, mais attention il arrive parfois que certains médias changent de camp en cours de route, et là tout devient plus compliqué pour les gouvernements.

Règle n°2 : Couper les communications cellulaires

Contrôler les communications cellulaires, une idée intéressante, permettant de ne pas voir les informations aller trop vite d'une région à l'autre ou encore d'un pays à l'autre. Une méthode permettant de désunifier les mouvements qui peuvent poindre à divers endroits d'une même citée, tout en déséquilibrant la corrélation populaire liée à l'accession aux communications cellulaires.
Une méthode mise notamment en place par le Président Moubarak en Egypte sur les lieux des manifestations, permettant ainsi de mieux refouler par exemple les médias occidentaux qui étaient dans l'impossibilité de transmettre les "directs" à leur employeurs et à leur spectateurs.

Règle n°3 : Imposer un couvre-feu

Quel meilleur moyen pour avoir un semblant de calme que d'imposer aux rues de se vider sous peine de représailles ? Aucun. La meilleure façon pour cela est de décréter un couvre-feu. En effet, grâce à cette mise en application du couvre-feu, toutes les personnes présentent dans la rue passé l'horaire de mise en application sont déclarées hors la loi. Dans ce cadre, il est donc "légal" d'arrêter ces personnes ou encore de les détruire, ces dernières ayant volontairement outrepassé les directives nationales en bravant l'autorité judiciaire. Une méthode souvent utilisée, mais qui présente beaucoup de limites, car si beaucoup se mettent d'accord au sein de la population pour braver la loi, alors il devient plus que difficile pour le gouvernement de faire taire les opposants. Cela ferait bien trop de monde à arrêter ou tuer sans que cela ne soit repris ensuite par les médias de tous horizons.
Une méthode à utiliser donc avec parcimonie car les limites sont importantes, et vraiment risquées pour les dictateurs.

Règle n°4 : Censurer la Toile et les Réseaux Sociaux

Internet est devenu un formidable outil de cohésion pour les peuples opprimés. Un outil permettant de se réunir, de discuter, de s'organiser, de se mobiliser, et de débattre sur les évènements de tel ou tel pays. Un moyen aussi de s'informer sur ce qu'il se passe au sein d'une nation sans que les médias tributaires des règles n°2 et n° 3 n'en soient informés. La toile, ou la vie en 2D, est devenue plus qu'une arme de destruction massive de dictats à travers le monde, et beaucoup commencent vraiment à la craindre, celle-ci ne pouvant réellement être contrôlée en toute discrétion par personne. Une méthode qui a notamment porté ses fruits en Libye, où le général Kadhafi est passé maître dans l'application de cette règle. Un poison pour les chefs d'états dictateurs qui est plus dangereux encore pour eux qu'une arme atomique.
Twitter, Facebook, etc... des noms qui font trembler les pires gouvernements du monde. Des noms encore inconnus il y a quelques années qui aujourd'hui ont réussi grâce à des jeunesses fougueuses à renverser les dictatures les plus installées. Ben Ali par exemple, le président dictateur tunisien avait sous-estimé cette force de frappe populaire, et a fini par s'enfuir de Tunisie face à la pression populaire. En Egypte, le président Moubarak n'a pas fait la même erreur et a censuré directement, dès les prémices des mouvements populaires, ces moyens d'expression pour ne pas avoir lui aussi à migrer en direction de l'Arabie Saoudite. Les réseaux sociaux sont une réalité fictive ayant découlé sur une vérité réelle, une vie en 2D qui a fait des ravages en 3D.

Règle n°5 : Ne pas perdre la puissance militaire

La puissance militaire. Cette force de frappe armée et surentraînée, capable à elle seule de remporter tous les combats. Une force essentielle à la pérennité d'un gouvernement et à la protection de ses acquis. Une force permettant à elle seule de ne pas craindre les révoltes populaires et de gérer sans difficultés aucune toutes les situations de crise à l'intérieur d'une nation. Perdre le soutien et l'appui de cette force est automatiquement signe de défaite pour un dictateur, comme le Président Ben Ali a pu le prouver en Tunisie. Or s'attacher et fidéliser les services d'une armée sous l'égide de son gouvernement permet de garantir la quiétude du chef en place. En Corée du Nord, Egypte, Algérie, Libye, etc, l'armée agit pour le compte du gouvernement en place et cela sans vergogne ce qui permet aux leaders de tout bords de ne pas craindre réellement de renversement politique. Pour faire une bonne dictature, bien solide, l'essentiel est donc d'avoir une armée puissante.


Vous l'aurez compris, pour être un bon dictateur et annihiler toute menace populaire, l'essentiel est de "Censurer la Presse Locale et Internationale", "Couper les Communications Cellulaires", "Imposer un Couvre Feu", "Censurer la toile et les Réseaux Sociaux", et "Avoir la confiance de l'armée". Grâce à ces 5 règles plus que simples, il est impossible de gagner une guerre civile, d'autant plus si toutes les règles sont appliquées en même temps, et que vous êtes à la tête d'un état réputé pour sa qualité d'exportation, le mieux étant d'être une nation productrice de pétrole, et/ou encore de représenter un vrai intérêt diplomatique pour les autres nations du globe. Être dictateur ne s'improvise pas, et pour faire un bon dictateur il y a certaines règles qu'il faut absolument connaître sans quoi votre pouvoir n'en sera que plus éphémère.

Voici donc la liste des 5 règles appliquées en Tunisie (en son temps), Algérie, Libye, Mauritanie, Egypte, Cisjordanie, Corée du Nord, Iran, etc...et qui ont fait la force des dirigeants politiques en place. Des règles qui, appliquées à la lettre, seront gages de succès pour nos dictateurs en devenir. Comme quoi, la dictature tient vraiment à peu de choses.
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