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démocratie et justice ...

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démocratie et justice ...

Message  ivo le Mar 3 Mai - 13:06

Tuer Oussama Ben Laden était-il légal?
http://www.20minutes.fr/article/716751/monde-tuer-oussama-ben-laden-etait-il-legal

Ossama Ben Laden, sur la liste des 10 fugitifs les plus recherchés par le FBI. DR

DEBAT - La loi américaine laisse place à l'interprétation...

De notre correspondant à Los Angeles

«Justice a été faite», a lancé Barack Obama en annonçant la mort de Ben Laden, dimanche soir. Avec deux balles logées dans la tête du terroriste le plus recherché de la planètes, les 3.000 victimes du 11-Septembre ont été vengées. Mais justice a-t-elle été rendue? La question divise les juristes américains.

>> Tous les événements en direct par ici

Les rapports divergent sur le déroulé de la mission exécutée par une équipe d'une vingtaine de Navy SEALs (l'élite de l'armée US). Selon les premiers éléments révélés par ABC News, les membres de la Team6 auraient donné l'opportunité à Ben Laden de se rendre. Il aurait refusé, ses gardes du corps ouvrant le feu tandis que le leader d'Al-Quaïda se servait d'une femme comme bouclier humain. L'équipe américaine l'aurait alors tué d'une balle dans la tête (puis d'une 2e, ou «double tap» pour ne pas prendre de risques).

Mais lundi, un officiel américain a affirmé à Reuters qu'il s'agissait d'une «opération to kill», dont le but était bien d'éliminer Ben Laden. John Brennan, le Monsieur antiterrorisme de la Maison Blanche a réfuté, expliquant que Washington s'était préparé pour «l'infime possibilité de le capturer vivant».

Assassinat vs acte de guerre

Bush, puis Obama, avaient annoncé qu'ils voulaient Ben Laden «mort ou vif». Problème, depuis un ordre exécutif signé par Gerald Ford en 1976, les assassinats politiques sont interdits par la loi. «Aucun employé du gouvernement des Etats-Unis ne peut conduire un assassinat politique», dit l'ordre, renouvelé sous Reagan.

George W. Bush, avec sa «guerre contre la terreur», a changé la donne. Selon le «Terrorist Elimination Act», de 2001, il est possible «de bombarder de larges zones en espérant éliminer un leader terroriste», mais interdit «de mener une opération ciblée cherchant à obtenir le même résultat». Selon l'expert Anthony Rosania, il s'agit-là «d'une porte dérobée» permettant de contourner la législation en vigueur.

Sur le blog de droit constitutionnel The Volok Conspiracy, des experts débattent de «la moralité» des assassinats politiques. L'avocat spécialiste de droit constitutionnel Jeff Toobin relève cependant que le terme «assassinat» n'a jamais véritablement été défini. Il précise: «Ben Laden n'a pas eu droit à un procès et il ne le méritait pas. Mais le nombre de personnes pour qui cela est vrai est minimal». Avant de conclure, comme l'ensemble de la presse américaine: «Ben Laden est mort. Personne ne va verser de larmes.»

================
Suite à des dérapages racistes ce lundi, cet article est fermé aux commentaires. Merci de votre compréhension.


Non, la Justice n'est pas "Fête" !
http://www.lepost.fr/article/2011/05/03/2483545_non-la-justice-n-est-pas-fete.html
Publié par C'est Nabum - post non vérifié par la rédaction

De la complexité des choses.


Je n'ai nullement l'intention de me faire l'avocat du diable, fut-il un abominable Djinn qui sema la mort et la peur dans les quinze derniers années, mais il est bon parfois de porter une parole qui n'est ni facile ni de circonstance. Non, monsieur Obama, vous ne pouvez déclarer que Justice a été faite, en annonçant la mort de l'ennemi public numéro pour les foules occidentales.

La mort de Ben Laden n'est pas un fait anodin. Son annonce, son accueil dans les médias, les réactions qu'elle suscite sont autant d 'éléments qui peuvent engendrer une suite de conséquences que nous ne pouvons maîtriser. Dans la guerre que se livrent deux visions du monde, deux manières d'interpréter ce qui est juste ou pas, ce qui relève de la justice des hommes ou des actions des fous de Dieu, les mots qui entourent cette annonce peuvent être les ferments de nouvelles catastrophes.

Prétendre aux yeux du Monde que la justice est faite parce qu'un commando a abattu un personnage que je n'ai jamais trouvé sympathique, je puis vous l'assurer, c'est se ranger dans la logique de ceux que la démocratie s'évertue à combattre à armes inégales. Oui, nous sommes liés par notre conception de la justice, nos lois, nos principes humanistes. Oui, nous devons au pire criminel le droit inaliénable à la défense, au jugement. Une démocratie ne peut instaurer la loi du Talion ni celle de la jungle.
`
C'est en écartant les penchants naturels de l'homme, que la société a petit à petit acquis ses lettres d'humanité. Que l'homme dont on a tué la femme ou l'enfant crie « Vengeance », rien de plus naturel, de plus légitime. Que le corps social ne laisse agir au????? nom de ses pulsions de mort, c'est ne plus reconnaître la nécessité d'une régulation qui échappe à nos plus bas instincts.

C'est en dépassant ce qu'il y a de plus animal au fond de nous, que nous avons réussi à fonder des civilisations. C'est justement ce que combattent des intégristes, des fauves qui ne reconnaissent pas la valeur de la vie humaine, qui nient les souffrances, qui méprisent la vie. C'est d'ailleurs au nom d'une logique absurde qu'ils se font kamikazes, martyrs de leur cause, dévaluée immédiatement par la manière employée. C'est avec ces mêmes logiques que l'Occident avaient porté le glaive et le feu au nom d'un Dieu qui valait bien quelques croisades et de jolis massacres !

Mais nous avions retenu les leçons d'une histoire douloureuse, d'un passé qui fut écrit de bien plus de lettres de sang que d'actions héroïques dont il y a lieu d'être fiers. Mais c'est de ces dernières que nous nous sommes construits pour avancer vers les lumières. (J'use à dessein de ce pluriel !). Aujourd'hui, nous faisons un pas vers les ténèbres, vers la conception des adversaires du Bien, vers une conception manichéisme du monde !

Et le pire est arrivé, des américains ont bombé le torse, célébré un assassinat d'état ou une mort lors d'un opération militaire (chacun mettra le vocable qu'il entend). Ils rendent en écho, les cris de joie des foules islamiques lors de la funeste opération du 11 septembre. Œil pour œil, dent pour dent et le reste ne va pas tarder à suivre …

Il faut revenir en arrière et observer comment les alliés avaient réussi à mettre un terme symbolique à l'ignominie nazi. Il me semble que le procès de Nuremberg avait le mérite de poser des mots devant l'horreur absolue, de fournir une trace, une ligne à ne plus dépasser dans l'histoire de l'humanité. (Oui, d'autres l'ont franchi ensuite mais l'idée de crime contre l'humanité a sans doute puisé sa légitimité dans cet acte fondateur de notre renouveau au sortir de cette guerre affreuse.)

Pour complexe, dangereux, impossible peut-être qu'eut été le procès de ce monstre sanguinaire, il manquera toujours ce moment du procès devant les hommes. La décence est de ne point célébrer la mort de celui qu'on ne regrettera pas, l'honneur est de se recueillir dans la dignité, en mémoire des innombrables victimes innocentes qui ont jalonné sa folie meurtrière.



Nuancement vôtre


MORT DE BEN LADEN : L’ÉTRANGE COMMUNICATION DE L’ÉLYSÉE
http://owni.fr/2011/05/02/mort-ben-laden-etrange-communication-elysee/
Un dialogue tiré du dernier western des frères Cohen ? Une réplique d’un film de Charles Bronson ? Non : un message laissé sur le compte Twitter officiel de l’Élysée ce lundi 2 mai un peu avant 9 heures, à propos de la mort de Ben Laden.


Que s’est-il donc passé ? Le community manager de l’Élysée se serait-il lâché ? Au service communication de la présidence, se dirait-on que sur Twitter on peut oublier la réserve habituelle de la communication officielle dans laquelle, généralement, on ne prêche pas la loi du talion ?

Même pas puisque si l’on regarde de plus près le site de l’Élysée, on se rend compte que cette phrase se retrouve dans le communiqué officiel mis en ligne :
http://www.elysee.fr/president/les-actualites/communiques-de-presse/2011/mort-d-oussama-ben-laden.11290.html


Une étonnante conception de la justice

Serais-je donc le seul choqué lorsque je lis que la présidence de la République estime que la mort de Ben Laden permet d’affirmer que « Justice est faite » ? La conception de la justice dans un pays qui s’apprête à célébrer le 30ème anniversaire de l’abolition de la peine de mort (le 9 octobre prochain) aurait-elle évolué à ce point ?

A moins, me souffle-t-on ici ou là, qu’il ne s’agisse que d’une maladresse commise en voulant traduire les propos d’Obama ? C’est effectivement ce qui semble s’être passé, Obama ayant effectivement bien prononcé ces paroles – qui m’ont de prime abord échappé – dans son discours d’hier soir. (Au temps pour moi, et merci à ceux qui m’ont corrigé)

Malgré tout, le fond de mon billet ne change pas, et je reste très surpris de retrouver ces mots dans la réaction officielle de l’Élysée. Surtout lorsque je lis, ailleurs dans le discours d’Obama ces autres mots :
Et finalement, la semaine dernière, j’ai déterminé que nous avions suffisamment de renseignements pour agir, et ai autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice

Finalement, c’est donc le président américain, pays ayant été la victime du 11 septembre et dont plusieurs États appliquent toujours la peine de mort, qui appelait à traduire Ben Laden en justice. Pendant ce temps, en France, l’Élysée se contentait donc pour sa part d’estimer que « Justice est faite ». Non en traduisant les mots du président américain, non pas en les commentant, mais en donnant en ces quelques simples et terribles mots, son avis.

C’est tout, et c’est déjà beaucoup.


Article initialement publié sur le blog de Erwann gaucher Cross Media Consulting


Ben Laden : justice ou "loi du talion" ?
http://www.europe1.fr/France/Ben-Laden-justice-ou-loi-du-talion-523509/

"Pour les victimes du 11 septembre 2001, justice est faite" a déclaré l'Elysée © Reuters

La communication de l’Elysée après l’annonce de la mort de l’ennemi public numéro fait polémique.

"Pour les victimes du 11 septembre 2001, justice est faite". Cette petite phrase, lancée lundi sur le compte Twitter de l’Elysée après l’annonce de la mort d’Oussama Ben Laden, a mis le feu aux poudres sur le site de microblogging.

En reprenant les termes utilisés par le président des Etats-Unis, Barack Obama, la présidence de la République a provoqué l’ire du web. Beaucoup estiment que l’emploi du mot "justice" est inapproprié. Certains internautes n’hésitent pas à parler de "vengeance". "Twitter qui peut être ange ou démon, n'en est pas moins un canal tout à fait étrange pour la position officielle de la France devant un tel fait historique", lit-on sur le site Agoravox.

"On ne peut absolument pas déclarer que la justice est faite quand un homme est tué par un commando dans un pays étranger au sien. Tout juste peut-on parler de vengeance, mais de justice au grand jamais", poursuit le site.

L'indignation se propage sur Twitter

Sur le site de microblogging Twitter, de nombreuses réactions abondent dans ce sens. "Sur l'affaire #BenLaden, "justice est faite", assure l'Elysée. Mince, la peine de mort a été rétablie en France, et on me l'a même pas dit ?", ironise un utilisateur.

"@Elysee La justice, c'est de passer devant les tribunaux. Pas la loi du talion", poursuit un autre usager de Twitter. "De quelle justice parlez-vous ?", souligne un autre. "Damned, la réaction de Sarko à la mort de OBL a été indigne", dit encore un autre microbloggueur.

"Pas de justice divine"

Côté politique, seul le PS a réagi. Le Parti socialiste a estimé par la voix de son porte-parole, Benoît Hamon, que "s'il est de la tradition des Etats-Unis ‘d'invoquer le bien et le mal’ et ‘de considérer qu'à travers ce type d'opération militaire on rend la justice’, ‘ce n'est pas la tradition de la République Française’ ".

"Ce n’est pas la tradition de la République française ni de son président que de considérer qu’il s’agit de rendre la justice par une opération militaire où une exécution comme celle-là", souligne Benoît Hamon sur Europe 1. "Je ne crois pas qu’il faille invoquer je ne sais quelle justice divine dans une opération comme celle-là".

Il ne faut pas "invoquer la justice divine" :


Il ne faut pas "invoquer la justice divine" par Europe1fr

Un avis que ne partage cependant pas Laurent Fabius. Invité d'Europe 1 lundi soir, le député socialiste de la Seine-Maritime, a refusé de polémiquer. "On imagine la difficulté extrême d’aller chercher Ben Laden, entouré de personnes en arme. Si on avait entendu qu’il se livre au commissariat, et encore, aux heures ouvrables, c’est ridicule", a réagi Laurent Fabius depuis Washington, sur Europe 1.

"L’idée fondamentale, c’est que cet homme était le chef du terrorisme international depuis des années, il est responsable de milliers de morts. Les services secrets ont agi, dans des conditions extrêmement difficiles, et voilà, il est mort. Les polémiques, s’il en existe, seraient déplacées." Benoît Hamon, qui avait lancé le débat lors du point-presse du Parti socialiste, appréciera.


Justice n'est pas faite
http://www.lavie.fr/actualite/monde/justice-n-est-pas-faite-03-05-2011-16452_5.php

Wanted. Depuis le 11 septembre 2001, les Américains recherchaient l'instigateur des attentats contre le World Trade Center et le Pentagone (3711 morts). Le FBI avait promis une récompense de 25 millions de dollars à qui communiquerait toute information menant à son arrestation. Les Etats-Unis voulaient mettre la main sur Ben Laden, comme un shérif traque un meurtrier.
"J'ai autorisé une opération visant à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice", a déclaré le 1er mai le président Obama lors de son allocution visant à informer ses compatriotes de la nouvelle. Puis, parce que l'ennemi public numéro un a "finalement été tué", Obama a commenté : "Justice a été rendue."
Il paraît que la plus grande hantise de Ben Laden était de tomber vivant aux mains des Américains. Il aurait un temps confié à l'un de ses sbires la mission de lui tirer deux balles dans la tête si jamais il était en passe d'être capturé. Pas sûr pourtant que la Maison Blanche ait eu envie de voir celui qui avait coopéré avec la CIA, à l'époque de la guerre entre l'Afghanistan et les Soviétiques, s'exprimer devant un tribunal. En mars 2010, le général Stanley McChrystal, patron des forces internationales en Afghanistan, avait déclaré qu'il espérait remettre un jour Ben Laden à la justice de son pays. Devant le congrès, la réponse de Eric Holder, ministre américain de la Justice, avait été claire : "Oussama Ben Laden ne sera jamais traduit devant un tribunal américain car il sera tué au moment de son arrestation. On lira ses droits à son cadavre", avait osé le ministre.
Ainsi en va-t-il de la plus grande démocratie du monde. Le 2 mai, des manifestations de liesse ont eu lieu dans les rues du pays pour saluer la mort de Ben Laden, tué avec quatre de ses proches, dont l'un de ses fils et l'une de ses épouses. Comme si le sang versé aujourd'hui pouvait aider à sécher les larmes d'hier.
De rares voix se sont alors élevées pour souligner l'indécence de ces cris de joie. A Strasbourg, la présidente de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen, Heidi Hautala, a regretté une action sanglante et expéditive. Parce que, selon l'élue écolo finlandaise, il aurait été bien mieux que cet homme soit "traduit, vivant, en justice".


Mort de ben Laden : justice a-t-elle vraiment été faite ?
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20110502-mort-ben-laden-justice-elle-vraiment-ete-faite

Barack Obama annonçant la mort d'Oussama ben Laden en direct à la télévision, ce 2 mai 2011
REUTERS/Jason Reed

La mort d’Oussama Ben Laden ce lundi 2 mai 2011 lors d'une opération commando américaine au Pakistan a suscité de nombreuses réactions. Les pays occidentaux notamment se félicitent de la disparition du cerveau des attentats du 11-septembre. « Justice est faite », a déclaré Barack Obama en annonçant la nouvelle. Mais tout le monde n'est pas d'accord avec cette interprétation.

C’est une des premières phrases qu’a prononcée Barack Obama pour réconforter les familles des victimes des attentats du 11-septembre. Des mots repris par plusieurs chancelleries. Dans son communiqué diffusé ce lundi matin par exemple, l’Elysée mentionne aussi cette phrase pour ses victimes : « Justice est faite ».

Pour Bernard Valéro, porte-parole du ministre des Affaires étrangères, il n’y a pas lieu de s’apitoyer. « Dans les circonstances présentes et lorsqu’on se souvient des milliers de victimes qui ont perdu la vie à cause de cet homme, sans avoir peur des mots, on peut effectivement dire que justice a été faite », a-t-il soutenu.

Une affirmation que conteste Dan Van Raemdonck, vice-président de la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH) et spécialiste du terrorisme. « J’aurais préféré que justice soit faite devant un tribunal, a-t-il ainsi déclaré. Pour moi, justice n’est pas faite pour les victimes. La chose est beaucoup plus complexe que l’élimination d’un individu ». Pour Dan Van Raemdonck, si l'on peut considérer qu’un ennemi a été défait de manière définitive dès lors que l’Afghanistan est un pays en guerre, on ne peut pas affirmer que justice a été faite. « On ne peut pas se satisfaire du principe d’exécution extra-judiciaire comme mode d’administration de la justice », a-t-il poursuivi.

Des associations de victimes d’attentat ont, elles aussi exprimé leurs inquiétudes : l’élimination d’un homme ne signifie pas l’élimination du terrorisme.
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mar 3 Mai - 21:16

"Se féliciter de la mort de Ben Laden, c'est s'exposer à des représailles"
http://www.lexpress.fr/actualite/monde/se-feliciter-de-la-mort-de-ben-laden-c-est-s-exposer-a-des-represailles_988334.html

De l'allégresse à la pondération, la nouvelle de la mort de Ben Laden fait rapidementréagir les gouvernements. Le peuple Américains, lui, est en liesse.

REUTERS
Les réactions à l'annonce de la mort du chef d'Al-Qaïda sont nombreuses. Si les Américains sont en pleine célébration, les réactions sur LEXPRESS.fr sont plus mitigées.

L'information avait fuité sur Twitter bien avant l'annonce de Barack Obama: Oussama Ben Laden est mort. Le chef d'Al-Qaïda a été tué à quelques kilomètres d'Islamabad par les services spéciaux américains. De l'allégresse à la pondération, la nouvelle fait rapidement réagir les gouvernements ainsi que les organisations internationales. Le peuple américain, lui, est en liesse. De votre côté, vous êtes nombreux à avoir réagi, en étant toutefois plus pondéré à la suite de cette annonce.

Freddo71 ressent la même chose que les Américains, mais s'interroge tout de même: "C'est la première fois de ma vie que la mort de quelqu'un me remplit de joie. Reste à connaître le niveau d'organisation d'Al Qaïda pour savoir s'ils peuvent continuer sans lui. Idéologiquement c'est une perte, mais quel discours va remplacer le sien?" Charline reste plus pragmatique et y voit "une bonne nouvelle pour Obama qui était en perte de vitesse avec ses électeurs".
Justice est faite? Non, la justice réclame des explications, des justifications et des preuves.
Pour Arthur cette joie non contenu est un "mauvais calcul. Se féliciter de la mort d'Oussama Ben Laden, c'est s'exposer et exposer son pays à d'inévitables représailles. Une pudeur et une discrétion intelligente aurait pu permettre d'éviter le bain de sang que ne manqueront malheureusement pas d'engendrer les liesses simpsonesques de milliers d'hallucinés du 11 Septembre. Ils s'imaginent que la mort, et la tête fichée sur une pique, de ce sinistre personnage apaiseront le lointain monde musulman déjà fort remonté ces temps derniers."
Mais Pedrolexpress fait une remarque qui revient souvent depuis l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden: "Justice est faite? Non, la justice réclame des explications, des justifications, des preuves et des éléments mettant en lumière tel ou tel comportement de la part des différents services secrets. Qui a participé à l'émergence du 'monstre' Ben Laden? Que savaient les services américains de la préparation des attentats du 11 Septembre? On ne le saura probablement jamais désormais. Une chose est sûre, nous dormirons un peu mieux, mais certainement pas en raison d'un sentiment de 'justice'. Juste une égoïste sensation de menace en moins."

Et vous, quelle a été votre réaction après l'annonce de la mort d'Oussama Ben Laden?
Que vous ont inspiré les méthodes américaines?
La mort du chef d'Al-Qaïda annonce-t-elle un répit?


Ben Laden: Le difficile exercice de communication d'Obama
http://www.lejdd.fr/International/Actualite/Ben-Laden-Le-difficile-exercice-de-communication-d-Obama-308341/?from=features
Avec l'annonce de la mort du chef d'Al-Qaïda, Barack Obama veut incarner depuis dimanche l'image d'une Amérique unifiée face à la menace terroriste. Mais, devant le manque de preuve et quelques incohérences de communication, son administration doit désormais faire face à la pression médiatique.

Lundi matin, la conférence de presse de Barack Obama sur les circonstances de la mort, annoncée dimanche soir, d'Oussama Ben Laden avait des allures de rendez-vous historique. Pour l'occasion, la East room, la plus grande pièce de la Maison-Blanche réservée aux importantes conférences de presse, avait été réaménagée. Le podium, d'où le président américain effectuait son discours, était notamment situé sous le célèbre portrait de George Washington peint par Gilbert Stuart. "Le monde est plus sûr, c'est un endroit meilleur après la mort d'Oussama Ben Laden", a ainsi annoncé Barack Obama, surplombé par le premier président des Etats-Unis:

Un symbole relayé par la seconde prestation de l'actuel locataire de la Maison-Blanche, donnée lundi soir devant des élus des deux bords, républicains et démocrates. "Je suis conscient que le sentiment d'unité que nous avions ressenti le 11-Septembre s'est un peu étiolé avec les années et je ne me fais aucune illusion quant aux défis et débats que nous allons devoir affronter dans les semaines et mois à venir", a-t-il d'abord déclaré. Avant de lancer: "Ce soir, j'ai l'ardent espoir que nous pourrons retrouver un peu de cette unité et de cette fierté pour affronter les défis qui nous attendent". Et pour capter "cette unité", le Président se rendra jeudi à Ground-Zéro, le site new-yorkais des attentats du 11-Septembre.

Les talibans demandent des preuves

L'exercice de communication est toutefois loin de la perfection. Pendant trois jours, l'administration Obama a réussi à garder le silence et malgré son programme chargé, le locataire de la Maison-Blanche a livré un impressionnant numéro de bluff. Mais désormais, les médias et certains gouvernements étrangers demandent de plus amples explications. Le Pakistan a exprimé mardi sa préoccupation devant l'opération américaine de la nuit de dimanche à lundi, estimant que de telles "actions unilatérales non autorisées" ne devraient pas se reproduire. A travers leur communiqué, les talibans, eux, doutent: "Faute de preuve, il est prématuré de commenter l'éventuel décès de Ben Laden".

Si des images de Barack Obama suivant en direct depuis la Maison-Blanche l'opération d'Abbottabad circulent, celles qu'il regardait sont toujours inconnues. ABC News a diffusé lundi des images vidéo du repaire présumé de Ben Laden après l'assaut. De l'opération elle-même, seule une série de photographies floues des lieux montrent la résidence du chef d'Al-Qaïda en train d'être attaquée:

Un manque de visuels mais aussi des incohérences gênantes de la Maison-Blanche. Dimanche soir, John Brennan, conseiller à la sécurité intérieure de Barack Obama, a effectué le premier débriefing avec des journalistes de plusieurs grands titres de la presse américaine. Il a alors déclaré qu'une femme de Ben Laden était morte après avoir été utilisée comme "bouclier humain" par les terroristes. Lundi soir, après plusieurs démentis de personnes ayant participé à l'opération, la Maison-Blanche a fait machine arrière: la femme a été tuée par une balle perdue, en marge d'un échange de tirs entre américains et fidèles du chef d'Al-Qaïda.

La question du corps d'Oussama Ben Laden pose également problème. Des tests ADN, une rapide autopsie et des photographies ont été réalisées selon la Maison-Blanche. Mais ces documents sont toujours classés secret-défense et l'administration Obama a refusé d'évoquer leur contenu précis aux médias, mais aussi aux chefs d'Etat qui ont contacté Barack Obama depuis dimanche soir. Les prochaines semaines seront décisives.


"Le moment venu, Obama produira les preuves de la mort de Ben Laden"
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/mort-de-ben-laden/20110503.OBS2332/le-moment-venu-obama-produira-les-preuves-de-la-mort-de-ben-laden.html
La version américaine du raid contre Ben Laden est-elle vraisemblable ? L'analyse d'un cadre d'un service de renseignement français. Par Céline Lussato.

Comment le gouvernement pakistanais pouvait-il ne pas être au courant de la présence de Ben Laden, surtout au regard de l'endroit où il se trouvait, Abbottabad, une ville à forte concentration militaire ?

Il était connu depuis longtemps de la part des services qu'Oussama Ben Laden se réfugiait au Pakistan. Mais où ? Il a sans doute bénéficié d'une aide d'une partie des services secrets pakistanais (ISI) et de l'armée dans sa fuite : c'est historique!

Si le secteur bénéficie d'une forte présence de militaires (parfois de hauts gradés retraités), les islamistes sont également très présents. De plus, nous sommes relativement proches de la frontière afghane et des zones tribales. Aussi, les élites d'Al Qaida, réfugiées dans ces zones font, depuis plusieurs mois, l'objet de tirs mortels. Ces tirs les ont contraints à se replier dans des régions moins exposées. Des zones où les conséquences politiques auraient été encore plus catastrophiques pour les autorités pakistanaises, car elles auraient été considérées comme des atteintes flagrantes et répétées à leur souveraineté. Ces éléments ont joué, de même que le fait qu'Oussama Ben Laden ait eu besoin de soins réguliers.

Savoir qu'Oussama Ben Laden se cachait au Pakistan est une chose, le débusquer dans des conditions de sécurité acceptables en est une autre !

Il est vraisemblable que les services secrets américains ont bénéficié d'un appui de la part des autorités pakistanaises. Je ne saurais dire à quel point. De toute évidence, la nature du terrain l'impose. En revanche, je n'ai aucune idée du "deal" éventuel réalisé entre les Etats-Unis et le Pakistan. On peut simplement dire que si l'affaire profite à Barack Obama, le Pakistan a du souci à se faire.

Peut-être que, le moment venu, il faudra saluer le courage d'Islamabad.



Peut-on, en aussi peu de temps (24h à peine) mener une opération telle que décrite par les Américains ? Le scénario vous parait-il vraisemblable ?

- L'opération proprement dite aurait duré moins d'une heure. C'est long (repérage, infiltration, assaut, contrôle, repli), d'autant qu'ils ont eu un hélicoptère HS. Le reste peut se gérer en parallèle. La presse a précisé que le président américain suivait en direct l'assaut.

Cette opération a été préparée durant plusieurs mois. Les vérifications et recoupements ont pris plusieurs semaines. De même que les négociations. Le choix du moment de l'entrée en action est, lui, défini par une fenêtre de tir réduite qu'il faut saisir en un éclair.



Enfin, n'est-il pas impossible que les États-Unis aient décidé de se débarrasser ainsi du corps ? Obama aurait-il pris une décision qui empêche à tout jamais tout test de reconnaissance ?

- La décision de l'immersion du corps d'Oussama Ben Laden est un acte qui a été décidé préalablement. Je comprends qu'aujourd'hui on doute de tout. Ce n'est pas légitime mais un signe des temps. Je pense que le moment venu, les autorités américaines produiront des éléments probants. Obama n'a aucun intérêt à empêcher un test de reconnaissance, au contraire.



Interview d'un cadre d'un service de renseignement français par Céline Lussato.

Le mardi 3 mai

Nouvelobs.com


Mort de Ben Laden: les détails de l'opération commencent à faire surface
http://www.branchez-vous.com/info/actualite/2011/05/mort_de_ben_laden_les_details.html
Les détails quant aux circonstances de l'opération ayant mené à la mort d'Oussama Ben Laden continuent de faire surface ce mardi.

Plusieurs médias américains et internationaux traitent de long en large de l'opération qui a permis l'élimination du leader du réseau Al-Qaida.

Il semble que l'opération, observée en direct depuis la Maison blanche par les hauts responsables de l'administration Obama grâce à un lien vidéo, a duré une quarantaine de minutes. Une image diffusée sur le site Internet de la Maison blanche montre d'ailleurs Barack Obama, la secrétaire d'État Hillary Clinton et le vice-président Joe Biden réunis dans une salle avec les autres responsables de la sécurité nationale pour assister au déroulement de l'opération.

De 15 à 25 Navy Seals y auraient participé. À un certain moment, un des soldats d'élite impliqués dans l'opération aurait crié «Geronimo E KIA», ce qui signifiait que Ben Laden avait été tué. Geronimo était le nom de code pour Ben Laden, alors que E KIA signifie «Enemy Killed in Action».

Par ailleurs, plusieurs médias indiquent que d'énormes tensions ont pesé sur le président Obama au moment de prendre la décision d'aller ou pas de l'avant avec cette mission à haut risque. John Brennan, conseiller d'Obama en matière de contre-terrorisme, a soutenu qu'il s'est agi d'une des décisions les plus audacieuses prises par un président dans l'histoire récente.

John Brennan a aussi soutenu que le commando était préparé à capturer Ben laden vivant, si ce dernier n'avait présenté aucun danger. Il a soutenu que Ben Laden a été tué lors d'échanges de coups de feu. Le gouvernement américain n'a cependant pas confirmé que Ben Laden avait lui-même fait feu. Il aurait été tué de deux balles, une dans la tête et une à la poitrine, alors qu'il se trouvait dans sa chambre.

Rappelons que le fait qu'aucune image du corps de Ben Laden n'a été diffusée, ajouté au fait que les forces américaines ont disposé de la dépouille en mer d'Oman après l'opération, a soulevé certains doutes quant à la mort du leader d'Al-Qaida. Plusieurs médias indiquent que le gouvernement américain envisagerait de diffuser certaines images de la dépouille de Ben Laden.

Trois autres hommes ont été tués lors de l'opération, soit un des fils de Ben Laden, un de ses messagers et le frère du messager. Une femme a aussi perdu la vie. Il avait été d'abord rapporté qu'il s'agissait d'une des femmes du leader d'Al-Qaida, mais il a été indiqué par après que celle-ci avait été blessée.

17 ou 18 personnes se seraient trouvées dans le complexe au moment de l'opération, dont huit ou neuf enfants selon BBC News. Les personnes qui se trouvaient dans le complexe, dont certains membres de la famille Ben Laden, auraient été prises en charge par les autorités pakistanaises. Certaines de ces personnes seraient hospitalisées.

Il a aussi été révélé que les autorités du Pakistan n'étaient pas au courant de la tenue de l'opération. Le Pakistan s'est d'ailleurs dit fort préoccupé qu'une opération non autorisée ait eu lieu sur son territoire.

L'opération s'est déroulée dans un complexe d'habitation fortifié à l'extérieur d'Abbottabad, dans le nord-ouest du Pakistan. Elle serait survenue vers minuit (heure locale) lors de la nuit de dimanche à lundi.

Les résidents du secteur ont soutenu qu'au moins trois explosions espacées de plusieurs minutes ont eu lieu lors de l'opération, puis que celles-ci ont été suivies d'une explosion de plus grande puissance qui a secoué les résidences environnantes. Des coups de feu ont aussi été entendus, mais les échanges de tir auraient été brefs.

Les résidents du complexe auraient fait feu vers les hélicoptères américains et un de ces appareils s'est écrasé. Aucun militaire américain n'a été blessé.

Des informations contradictoires circulent quant à la base de laquelle ont décollé les hélicoptères. Certains soutiennent qu'ils sont partis des bases aériennes de Jalalabad ou de Bagram en Afghanistan, alors que d'autres médias affirment que les appareils ont décollé de la base de Ghazi, au Pakistan.

Le New York Times diffuse ce mardi un reportage exhaustif sur les circonstances ayant mené à l'opération militaire.
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mar 3 Mai - 21:29

Ben Laden n’était pas armé lors de l’assaut des Américains
FRANCE INFO - 21:19
Oussama ben Laden n’était pas armé lors de l’assaut dimanche du commando américain dans sa résidence à Abbotabad.
C’est ce qu’a déclaré aujourd’hui le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney.
L’épouse d’Oussama ben Laden "s’est précipitée au-devant des membres du commando" et a été blessée à la jambe.

La mort de ben Laden ne devrait pas affecter le calendrier de retrait d’Afghanistan des forces américaines.

Oussama ben Laden n'était pas armé lors de l'assaut des commandos américains

Oussama ben Laden n’était pas armé lorsque les commandos américains ont fait irruption dans sa cache du Pakistan a révélé aujourd’hui la Maison blanche. Mais le chef d’Al Qaïda a opposé une résistance avant d’être abattu.
Selon le porte-parole de la présidence américaine, Jay Carney, l’épouse d’Oussama ben Laden “s’est précipitée au-devant des membres du commando” et a été blessée à la jambe. Elle n’a pas été tuée, contrairement à ce qu’avait affirmé hier un responsable de la Maison blanche.

Le porte-parole de la présidence a refusé de fournir des précisions supplémentaires sur le comportement d’Oussama ben Laden pendant l’assaut.“ Résister ne requiert pas nécessairement une arme à feu”, a-t-il pris soin de préciser.
“Nous nous attendions à une résistance très vive et c’est ce qui s’est passé. Il y avait beaucoup de gens armés dans le complexe”, a dit Jay Carney.


Par ailleurs, il a ajouté que la disparition de l’“ennemi public n°1” des Etats-Unis depuis les attentats du 11 septembre 2001 ne modifierait en rien le calendrier de retrait des forces américaines d’Afghanistan, qui doit débuter en juillet.

Pas de décision de publier la photo de sa mort

La photo de la dépouille d’Oussama Ben Laden est “atroce”, a affirmé Jay Carney. Le porte-parole de la présidence américaine a souligné que l’administration américaine n’avait pas encore décidé si elle diffuserait ou non un cliché du corps du chef d’Al-Qaïda tué dimanche.
“Je serai franc, la publication de photos d’Oussama Ben Laden après cette fusillade est une affaire sensible, et nous évaluons s’il est nécessaire de le faire”, a déclaré Jay Carney.
La question est de savoir, selon M. Carney, si une telle publication “sert ou dessert nos intérêts, pas seulement ici mais dans le monde entier”.


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Message  ivo le Mer 4 Mai - 9:23

L’administration américaine hésite à publier la photo du cadavre de Ben Laden
FRANCE INFO - 08:02
Difficile pour certains de croire à la mort du chef d’Al Qaida en l’absence de preuves. Aucune photo du corps d’Oussama ben Laden n’a été diffusée par le gouvernement américain. Washington dit craindre l’effet "incendiaire" de ces images jugées "atroces". Mais pour beaucoup, l’absence de photos est synonyme d’absence de cadavre.
L’administration américaine hésite à diffuser la photo du cadavre de Ben Laden A Washington, les précisions de Fabienne Sintès (1'02")

De nouveaux détails continuent de filtrer sur l’opération qui a couté la vie à Oussama Ben Laden. Washington reconnait notamment désormais que le chef d’Al Qaïda n’était pas armé. Mais l’administration américaine hésite toujours à publier des photos de son corps. "Je serai franc, la publication des photos d’Oussama Ben Laden après cette fusillade est sensible, et nous évaluons la nécessité de le faire", a indiqué le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney. La question est de savoir si une telle publication "sert ou dessert nos intérêts, pas seulement ici mais dans le monde entier", a-t-il expliqué. " On peut dire que c’est une photo atroce ". Atroce parce que le chef d’Al Qaïda, qui aurait été tué d’une balle dans la tête, serait défiguré.

Mais le gouvernement américain l’affirme. Oussama Ben Laden a été abattu au Pakistan par des commandos d’élite de la Navy dans la nuit de dimanche à lundi. L’annonce de sa mort a été faite par le président américain en personne dimanche soir. L’information a été relayée par les médias du monde entier. Et des test ADN attestent que l’homme tué dans sa résidence d’Abbottabad, au nord d’Islamabad, est bien Oussama Ben Laden. Cela devrait suffire à convaincre tout le monde... ou presque.

Pourquoi le corps du leader historique d’Al Qaïda a-t-il été si rapidement immergé en mer ? Comment les résultats des tests ADN ont-t-il pu être obtenus dans un délai aussi bref ? Et pourquoi maintenant hésiter à diffuser des images du cadavre ? ... Autant de questions restées en suspens et qui alimentent les hypothèses conspirationnistes.
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Re: démocratie et justice ...

Message  Invité le Mer 4 Mai - 12:01

Quelques petites observations tout à fait perso sur ce que tu as posté (non dans les infos internationales, mais dans "débats théoriques", ce que tu n'as certainement pas fait au hasard) :
- D'un point de vue de principe c'est scandaleux : si immonde que soit l'individu, il devait être jugé. D'autres, tout aussi peu sympathiques l'ont été avant lui. D'autres ne l'ont même pas été, et malgré plusieurs arrestations, n'ont jamais été jugés et sont morts... dans leur lit à un âge avancé (Pinochet, responsable de combien de morts, mais soutenu par les USA lui).
- D'un point de vue plus réaliste et plus cynique : c'est, soit idiot, ce que je ne crois pas, car même si Obama n'a pas inventé l'eau tiède, il est tout de même entouré et conseillé, soit prémédité et volontaire. Ils ne voulaient pas qu'il soit jugé, donc ils ne voulaient pas qu'il dise ce qu'il avait à dire et qui aurait pu gêner les USA. Sans tomber dans la théorie du complot, il faut donc en déduire que le gendarme du monde avait des choses à cacher... Ça alors !
Là où ça redevient scandaleux, c'est quand on songe au risque que cet acte, ainsi que leurs manifestations de joie débiles font prendre au reste du monde. Il est vraisemblable (comme tu le dis quelques posts plus haut) que les USA vont trouver les moyens de prévenir de nouveaux attentats, sur le dos des contribuables certes, mais ils sauront le faire. Par contre, quid des autres pays dits "ennemis" et dont les troupes se trouvent toujours en Afghanisthan, c'est-à-dire, notamment nous ? Rien à cirer visiblement. Et ce connaud de Fabius qui se réjouit : quand on se sera pris une bombe sur la tronche ou des attentats dans le métro aux heures de pointe, tu verseras des larmes de crocodile, tête de noeud ?
Oui, si immonde qu'il fût OBL aurait dû être jugé, mais on ne va pas réécrire l'histoire : il ne reste plus qu'à attendre les conséquences...

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Re: démocratie et justice ...

Message  Invité le Mer 4 Mai - 12:06

09h15 le neuf-quinze

Oussama Ben Lapsus
[Fox 40 Obama] Dix ans de notre vie. Dix ans sous son portrait, son effigie, sa barbe, ses vidéos, sa menace. Que la mort de l'Ennemi Public ait déstabilisé, en chacun de nous, dix ans d'automatismes, de représentations, de réflexes, d'habitudes, c'est l'évidence. Déstabilisation trahie par la floraison de lapsus médiatiques (1) dans l'annonce de la nouvelle. De Fox News annonçant la mort d' "Obama Ben Laden", au Parisien légendant aussi une photo sur la "mort d'Obama", en passant par ce site, et plus précisément par ma petite tête de matinaute embrumé, qui évoquais hier tranquillement (2) les aveux "ayant permis de localiser Obama", ce fut une chaîne de faux-pas.

C'est trop, en trop peu de temps, et allant toujours dans le même sens, pour ne pas être révélateur. Mais de quoi ? L'interprétation de lapsus est un art bien difficile quand on n'est pas spécialiste, surtout si l'on en a commis un soi-même. Mais rien n'interdit d'essayer. On peut toujours plaider l'insignifiance: Obama Oussama, au fond, ça se ressemble, un prénom vient sous la plume à la place d'un autre, pas de quoi fouetter un Sigmund. Peut-être. Mais remarquons que les lapsus vont tous dans le même sens. Aucun journaliste n'a parlé "du président Oussama", encore moins du président Ben Laden. Ce n'est jamais le reclus, le traqué, que l'on place en majesté. C'est toujours Obama que traquent, ou tuent, les inconscients en effervescence. C'est toujours "l'homme le plus puissant du monde", qui se trouve dans leurs viseurs, dans la lueur des infra-rouges.

On en parlait hier avec Guy Birenbaum, avec qui nous préparions la Ligne j@une sur le foot, que nous allons tourner cet après-midi, en échangeant comme d'habitude des propos de très haute tenue (quel dommage que nos déjeuners de travail ne soient pas enregistrés par une taupe, et publiés sur les sites d'investigation. La réflexion sur le journalisme mondial y gagnerait). Guy racontait qu'il a failli lui-même, lundi matin, au micro d'Europe 1, dire "Obama" à la place de Ben Laden. L'erreur figurait dans le manuscrit de sa chronique. Mais son surmoi, plus vigilant que le mien, l'a retenu au dernier moment, en direct. Et Guy, entre deux bouchées d'ailerons de poulet: "c'est parce que tout le monde, au fond, est certain qu'Obama finira assassiné". L'explication est brutale. Elle est même glaçante. Mais je n'en vois pas d'autre. Il est vrai que je ne suis pas psychanalyste.

Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des adresses web de ce présent message :

(1) http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=11004

(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3977

Daniel Schneidermann

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Message  ivo le Jeu 5 Mai - 11:07

Barack Obama ne diffusera aucune photographie du corps d’Oussama ben Laden
FRANCE INFO - 20:29
Barack Obama a décidé de ne pas diffuser de photographies de la dépouille d’Oussama ben Laden.
Le président américain a fait part de cette décision lors d’un entretien accordé à l’émission "60 Minutes" de la chaine américaine CBS.
La Maison blanche ne diffusera aucune photographie du corps d’Oussama ben Laden. A Washington, la correspondance de Pierre-Yves Dugua. (0'52")

Le président américain a tranché Barack Obama sur CBS. Traduction assurée par nos confrères d’i-Télé (0'40")

La question d’une éventuelle diffusion de ces images fait débat au sein de l’administration américaine depuis que le fondateur d’Al Qaïda a été tué par un commando des forces spéciales américaines dans la nuit de dimanche à lundi au Pakistan.

Hier, le directeur de la CIA, Leon Panetta, avait déclaré sur NBC que des discussions étaient en cours autour du président mais, ajoutait-il,“ personne n’a douté un seul instant qu’au bout du compte, une photographie sera présentée au public”.

Jay Carney, porte-parole de la présidence, avait expliqué pour sa part que la photo prise peu après la mort de Ben Laden était “ atroce ” et qu’il fallait ménager“ les susceptibilités en ce qui concerne la publication de photographies de Ben Laden”.
La publication de photos de la dépouille d’Oussama ben Laden constituerait un“ risque pour la sécurité nationale ” et pourraient être utilisées à des fins de propagande, a précisé le porte-parole de la Maison Blanche.

Les tests ADN et les méthodes de reconnaissance faciale ont confirmé que le corps immergé en mer d’Oman après le raid était bien celui de Ben Laden, assurent les autorités américaines. En l’absence de preuves, les taliban ont cependant jugé “prématuré” de parler du décès d’Oussama ben Laden.
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Message  niouze le Jeu 5 Mai - 11:10

les prochains adeptes du complot seront taliban ou ne serons pas ....

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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Jeu 5 Mai - 11:52

Obama explique pourquoi il refuse de publier les photos de Ben Laden
http://www.leparisien.fr/mort-ben-laden/obama-explique-pourquoi-il-refuse-de-publier-les-photos-de-ben-laden-04-05-2011-1434924.php
Après trois jours de réflexion, Barack Obama a pris sa décision. Le président des Etats-Unis estime que publier les photos de la dépouille d'Oussama ben Laden mettrait la sécurité du pays en jeu et que ces images pourraient être utilisées à des fins de propagande. Il a ainsi répondu aux élus du Congrès qui réclamaient la diffusion de ces images, pour faire taire ceux qui douteraient de la mort du chef d'Al-Qaïda.

Atteint par des balles, dont une au visage, Ben Laden est mort lors de l'assaut de la propriété où il se cachait au Pakistan, à Abbottabad, une ville où vivent de nombreux militaires et retraités de l'armée. Son corps a été ensuite emmené et laissé à la mer, selon le compte-rendu des autorités américaines. Des photos de la dépouille ont été prises pour identification et des élus du Congrès ont affirmé mercredi en avoir vues. Trois sénateurs américains sont cependant revenus mercredi sur leurs affirmations, les clichés ayant circulé parmi eux étant manifestement des faux.

Saxby Chambliss, principal membre républicain de la commission du Renseignement du Sénat, également membre de la commission de la Défense, avait déclaré que ces photos «correspondent à ce qu'on attend quand quelqu'un est touché par balle à la tête. Ce n'est pas beau». Sa porte-parole Bronwyn Lance-Chester corrige cependant : «Il a été très clair à ce propos: il n'a pas vu les photos officielles». Deux autres membres de la commission de la Défense, les républicains Kelly Ayotte et Scott Brown avaient affirmé avoir vu des photos du cadavre de Ben Laden. Ils ont finalement mis en doute leur authenticité.

«Il y a eu des prélèvements et des analyses ADN»

Mercredi, dans un entretien à la chaîne CBS, Barack Obama a expliqué que la diffusion de ces images aurait présenté davantage de risques que de bénéfices. «Nous avons discuté cela en interne, et souvenez-vous que nous sommes absolument certains que c'était lui. Il y a eu des prélèvements et des analyses ADN. Donc, il n'y a aucun doute sur le fait que nous avons tué Oussama ben Laden». Le président américain a ajouté : «Il est très important de ne pas laisser des preuves photographiques dans la nature comme un outil d'incitation (à la violence) ou de propagande. Ce n'est pas dans notre genre. Nous n'arborons pas ce genre de choses comme des trophées». La chaîne diffusera l'entretien en intégralité dimanche dans l'émission "60 minutes".

«La vérité, a conclu Barack Obama, est que c'était quelqu'un qui méritait ce qu'il a eu. Et je pense que les Américains et les gens dans le monde entier sont heureux qu'il soit mort». Mais «étant donné la nature violente de la photo, (sa publication) créerait un risque pour la sécurité nationale». «Il n'y a aucun doute sur le fait que Ben Laden est mort. Il n'y a certainement pas de doutes parmi les membres d'Al-Qaïda sur sa mort. Et donc nous ne pensons pas qu'une photographie en soi fasse quelque différence que ce soit, a argumenté le président. Il y aura des gens qui le nieront. La vérité est que Ben Laden ne marchera plus jamais sur cette terre».

Plus tôt mercredi, le chef de la commission du renseignement à la Chambre des représentants, le républicain Mike Rogers, avait affirmé avoir vu une des photos et dit ne pas souhaiter qu'elles soient publiées, affirmant nourrir des inquiétudes pour la sécurité des soldats américains stationnés à l'étranger.

Des photos Reuters prises après l'assaut

L'agence de presse Reuters est en possession de photographies de trois hommes morts non identifiés, dont aucun ne ressemble à Ben Laden. Reuters explique les avoir achetées à un responsable de la sécurité pakistanaise qui est entré dans la maison de Ben Laden peu après le raid américain lundi dernier. Les morts gisent dans de larges flaques de sang. L'un habillé d'un T-shirt, a du sang qui lui coule de l'oreille droite.

Selon l'indication horaire, cette photo a été prise à 02H30 du matin (heure locale), environ 50 minutes après l'annonce par les responsables américains de la fin du raid. Les deux autres cadavres portent des vêtements pakistanais traditionnels. L'un d'entre-eux a du sang coulant de la bouche et du menton. Un cable d'ordinateur et vraisemblablement un pistolet à eau pour enfant se trouvent près de son épaule droite. Le troisième homme a du sang lui coulant du nez et une large tâche de sang au milieu de sa tunique blanche.

D'autres photographies prises dans la lumière du petit jour montrent la queue d'un hélicoptère accidenté et les sols recouverts d'ordure dans la propriété de Ben Laden. Selon Reuters, la résolution identique de ces différentes photos indique qu'elles n'ont pas été manipulées, les données des fichiers numériques correspondant en outre aux indications horaires figurant à l'image, de 02H30 à 06H43 locales.


Les zones d’ombre d’une opération éclair
http://www.leparisien.fr/mort-ben-laden/les-zones-d-ombre-d-une-operation-eclair-04-05-2011-1434503.php
Barack Obama triomphe aux Etats-Unis après l’exécution d’Oussama ben Laden. Mais après l’opération des forces spéciales américaines, de nombreuses questions restent en suspens.


WASHINGTON (ÉTATS-UNIS), DANS LA NUIT DE DIMANCHE À LUNDI. Barack Obama (deuxième à gauche), au côté de Joe Biden, le vice-président (premier à gauche), et en présence d’Hillary Clinton (à droite), la secrétaire d’Etat, a suivi l’opération antiterrotiste minute par minute dans la « situation room », la cellule de crise. | (reuters.)

Cela faisait des mois que les Américains surveillaient la localité d’Abbottabad, au Pakistan, où se cachait le chef d’Al-Qaïda. Mais tout n’est pas clair après ce raid.

Les Etats-Unis voulaient-ils capturer Ben Laden vivant ?

C’est ce qu’a affirmé John Brennan, le conseiller de Barack Obama pour le contre-terrorisme.
Mais de nombreux experts militaires doutent de cette version. D’abord parce que les Navy Seals sont une unité spécialisée dans les liquidations ciblées. Ensuite parce que politiquement, un procès de Ben Laden aurait eu plus d’inconvénients que d’avantages. « Les Etats-Unis ne voulaient sans doute pas revivre le scénario de Saddam Hussein en Irak, juge un diplomate français. Un procès interminable, une exécution faite dans des conditions douteuses, un risque d’attentats et de représailles accru. » Dans un premier temps, la Maison-Blanche a affirmé que Ben Laden s’était servi d’une femme comme bouclier humain. Avant de démentir. Les Américains affirment qu’il a été tué dans les cinq à dix dernières minutes du siège, abattu d’une balle dans la tête et d’une autre dans la poitrine.


Pourquoi avoir immergé le corps ?

Quelques heures à peine après sa mort, la dépouille d’Oussama ben Laden aurait été embarquée à bord du porte-avions « USS Carl Vinson » en mer d’Oman. Les Américains ont procédé, disent-ils, au rituel de l’islam et un officier aurait lu des paroles religieuses traduites en arabe. Un officiel américain légitime la méthode : « Nous voulions éviter une situation telle que sa tombe devienne un lieu de pèlerinage. » Mais le procédé soulève des protestations dans le monde musulman : on n’immerge pas les corps dans le rituel de l’islam, on les inhume.

Qu’est-ce qui prouve que les Américains disent vrai ?

Aucune preuve n’existe que l’opération ait été menée comme l’expliquent les Etats-Unis. Déjà, des thèses conspirationnistes fleurissent sur le Web. Pour prouver leurs dires, les Américains affirment que l’une des épouses de Ben Laden a confirmé l’identité de son mari après l’assaut. Le cadavre aurait été transporté en Afghanistan, où les Américains auraient pris ses empreintes digitales, effectué une reconnaissance faciale et des tests ADN. Pour contrer les esprits sceptiques, l’administration Obama va sans doute devoir montrer les photos du corps. « C’est inévitable, explique un expert français. Sinon il y aura toujours un doute. »

Pourquoi l’opération s’est-elle déroulée maintenant ?

Les Américains traquent Ben Laden depuis dix ans. Mais depuis quelque temps, les services de renseignement suivaient la piste d’un messager et homme de confiance du chef d’Al-Qaïda. Obama a-t-il agi par calcul politique, lui qui vient juste d’annoncer sa candidature pour un second mandat? Personne ne l’accuse vraiment de cela aux Etats-Unis. Mais jusqu’à présent, ses prises de décision étaient souvent jugées lentes. Grâce à cette opération, il redore son blason et apparaît clairement comme un commandant en chef inspiré. D’ailleurs, la plupart de ses opposants républicains se sont inclinés devant la réussite de l’intervention.

Le Pakistan a-t-il joué double jeu ?

Plus les jours passent, plus le rôle du Pakistan dans la mort de Ben Laden reste obscur. Le gouvernement pakistanais a toujours nié la présence du chef terroriste sur son sol. Comment l’homme le plus recherché de la planète pouvait-il se cacher sous le nez des militaires sans être repéré? Selon des témoignages recueillis à Abbottabad, la maison de Ben Laden appartenait à deux hommes, Tariq et Arshad Khan, qui disaient venir de Charsadda, près de Peshawar. Leurs liens avec Ben Laden ne sont pas clairs. Du côté du gouvernement pakistanais, on assure que l’endroit était sous la surveillance de l’ISI, la principale agence de renseignement, depuis 2009. Seule certitude : peu après l’opération américaine, les soldats pakistanais sont arrivés sur place et ont arrêté un habitant dont la maison se trouve en face de celle de Ben Laden. Ils ont aussi récupéré la carcasse d’un hélicoptère de combat américain Apache qui s’était écrasé dans la cour intérieure de la propriété au moment de l’assaut.


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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Jeu 5 Mai - 14:10

Ben Laden est mort, pas les rumeurs
JEAN LEYMARIE - HIER, 12:40
Oussama Ben Laden n’a jamais existé ou s’il a existé, il est mort depuis bien longtemps. En plus, il n’a jamais vécu dans cette ville d’Abbottabad, au Pakistan.
Le chef terroriste a alimenté les rumeurs toute sa vie... et cela continue, même après sa mort.

Le 10|12 de France Info est présenté cette semaine par Mathilde Munos.

Pascal Froissart analyse la polémique sur la mort de Ben Laden (10'53")

Les fausses informations ont d’abord concerné sa maison.
Contrairement à la description donnée par les Américains juste après la mort d’Oussama Ben Laden, le bâtiment n’était pas huit fois plus gros que les autres. L’envoyé spécial de France Info à Abbottabad, Sébastien Paour, l’a constaté : "Certes la maison est grande, mais pas si protégée que cela. Les portes d’entrée ne sont pas blindées. Ce n’est pas la forteresse qui avait été décrite". Et les Pakistanais rencontrés par notre grand reporter doutent beaucoup. "Je ne crois pas que Ben Laden soit mort, on n’a jamais vu la photo. Et je ne crois pas qu’il ait vécu ici", disent ses voisins.

Ces réactions n’étonnent guère Pascal Froissard, chercheur en sciences de l’information et de la communication (à l’université Paris VIII-Vincennes-Saint-Denis) et spécialiste de la rumeur.
Il n’est pas surpris car la mort de Ben Laden est un événement récent. Il faut du temps pour "digérer" la nouvelle. Et l’absence de photo alimente ces rumeurs, tout comme l’absence de corps.
Mais Pascal Froissard explique que les rumeurs ne circulent pas seulement dans les pays pauvres en informations. Dans les pays riches aussi. Et parfois sciemment. Il donne en exemple les Etats-Unis qui avaient menti sur l’existence d’armes de destruction massive pour justifier l’intervention de la guerre en Irak.

Avec la télévision, la radio, Internet, tout va plus vite. Le moindre fait est commenté, analyse Pascal Froissard. "On est dans une société où les médias ont une importance fondamentale. Le terrorisme est un problème de média : le terrorisme, c’est comment faire une guerre avec très peu de moyens militaires et un énorme retentissement grâce aux medias."
Avec les rumeurs sur la mort de Ben Laden, "on est là aussi dans la problématique désirée par les terroristes. Ils nous ont enfermés".

Alors comment faire taire une rumeur ? Est-ce que c’est possible ?
"Plus on en parle, plus on la diffuse", répond Pascal Froissard. Mais certaines rumeurs meurent d’elles-mêmes, avec le temps… le flot d’informations en remplace un autre.
Toutefois, certaines restent comme celle sur la mort de Kennedy ou de Napoléon. On se demande toujours si "Napoléon a été empoisonné ou pas".

Conclusion : quelles qu’elles soient, ces rumeurs nous "donnent matière à penser l’Histoire. C’est intéressant car l’Histoire n’a pas de sens en elle-même. C’est nous qui lui apportons du sens."
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Jeu 5 Mai - 18:19

Pourquoi avoir fait de Ben Laden un chef apache?
http://washington.blogs.liberation.fr/great_america/2011/05/pourquoi-avoir-fait-de-ben-laden-un-chef-apache.html
La question pourrait être aussi : comment transformer une superbe opération militaire en désastre de communication ? De toutes les –assez étonnantes- erreurs de com alignées par l’administration Obama depuis l’assaut réussi contre Ben Laden, le nom donné à la mission et à sa cible, « Geronimo », est sans doute la plus choquante et révélatrice. Rappel, pour ceux qui ont fait l'armée plutôt que d'étudier l'histoire: Geronimo est le nom d’un chef apache, né en 1829 sur des terres relevant aujourd’hui du Nouveau-Mexique, qui a vaillamment résisté à la colonisation américaine. Son épopée fut sanglante elle aussi mais, à la différence de Ben Laden, Geronimo était un valeureux combattant lui-même, dont le courage était reconnu par ses ennemis. « Il était l’un des hommes les plus brillants, les plus résolus et déterminés que j’ai jamais rencontré » avait décrit le général Nelson A. Miles, qui avait finalement obtenu sa reddition. Ce profil n’est certainement pas celui de Ben Laden et surtout pas celui que l’administration Obama veut donner de lui. En un mot : ce nom de Geronimo accolé à Ben Laden est d'une parfaite stupidité qui révèle l'ignorance des militaires qui l'ont choisi.

A juste titre, les Indiens qui ont survécu à la colonisation américaine sont furieux et le font savoir. Les conséquences de ce choix pour la perception des enfants indiens et non-indiens seront « dévastatrices » s’est insurgée la conseillère en chef du Comité aux affaires indiennes du Sénat, Loretta Tuell. « C’est la chose la plus raciste qui nous soit jamais arrivée, s’indigne aussi un ancien combattant, Lloyd Goings, sur le site de nativetimes.com. Cela nous place dans la même catégorie que les terroristes les plus recherchés au monde. Ils nous ont utilisés pour servir et mourir pour le pays et ils nous affublent d’une telle étiquette ». Les Indiens rappellent à cette occasion, aux militaires qui semblent l’ignorer, qu’ils servent aujourd’hui dans les rangs de l’armée américaine plutôt que dans les bataillons terroristes : selon des chiffres de 2007, les Indiens représentent 0,7% de la population américaine et 2,7% de ses forces armées.

Pour tenter de se disculper, les militaires et les services secrets américains peuvent faire valoir qu’ils sont coutumiers des noms de code grotesques pour baptiser leurs opérations. Le Christian Science Monitor en rappelle ici quelques uns, de « Sunburn » (Edward Kennedy) à « Halo » (le pape Jean Paul II)…
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Ven 6 Mai - 9:39

De nouveaux détails sur le raid contre Ben Laden apparaissent
http://www.lemonde.fr/mort-de-ben-laden/article/2011/05/06/de-nouveaux-details-sur-le-raid-contre-ben-laden-apparaissent_1517738_1515627.html
De nouveaux détails sur l'opération militaire américaine qui a tué Oussama Ben Laden sont apparus, jeudi 5 mai, après l'audition par des élus américains de membres du commando présents lors de l'assaut à Abbottabad. Plusieurs des 79 soldats déployés ont ainsi décrit le déroulement de l'opération, son ampleur et sa préparation minutieuse. Ils ont également confirmé plusieurs informations que la Maison Blanche avait, dans un premier temps, livrées avant d'être obligé de démentir.

L'arrivée. Un nombre indéterminé d'hélicoptères transportant 79 soldats américain, membres pour la plupart de la Team Six, une unité d'élite des Navy Seals, approchent de la résidence d'Oussama Ben Laden à Abbottabad après avoir volé en dessous de la couverture radar depuis un lieu non précisé. Deux des hélicoptères libèrent une trentaine de soldats derrière les murs de plus de cinq mètres. L'un des appareils, un MH-60 Blackhawk, est victime d'une "défaillance mécanique" et doit se poser en catastrophe, selon des responsables américains. Les soldats se déploient immédiatement. Le lieu, rapporte le Washington Post, était surveillé par une antenne clandestine de la CIA basée à Abbottabad depuis un certain temps.

>> Lire notre récit La fin de Ben Laden (1/4) : la traque

Le déploiement. Selon les témoignages des soldats, deux équipes se constituent et se séparent : la première se dirige vers un bâtiment annexe, la deuxième vers le bâtiment principal. La première équipe tombe sur un émissaire de Ben Laden résidant dans le bâtiment annexe. Ce dernier ouvre le feu avant d'être abattu avec sa femme. Il sera le seul occupant de la résidence à tirer sur les Américains, contrairement à un premier compte rendu diffusé par Washington.

La deuxième équipe, elle, tombe sur un autre homme, le frère de l'émissaire, qui est également abattu. Selon la chaîne NBC, il avait une main derrière le dos quand les soldats sont arrivés, laissant penser qu'il avait une arme, ce qui n'était pas le cas. En remontant les cinq étages du bâtiment principal, les soldats américains tombent sur un fils de Ben Laden, Khalid, qui est aussi abattu. Selon le New York Times, il aurait tenté de se jeter sur des membres du commando.

>> Lire notre récit La fin de Ben Laden (2/4) : l'assaut

Face à Ben Laden. C'est au dernier étage du complexe d'Abbottabad que les Navy Seals tombent sur Oussama Ben Laden. Lorsqu'ils pénètrent dans sa chambre, sa femme tente de s'interposer. Contrairement à ce qu'affirmaient les Etats-Unis dans un premier temps, Ben Laden ne l'aurait pas utilisée comme bouclier humain. Elle est blessée par une balle à la jambe.

Selon les témoignages des soldats, Ben Laden aurait refusé de se rendre immédiatement et aurait alors été abattu d'une balle en pleine tête. Selon certains médias américains, il est également atteint d'une balle à la poitrine. Là aussi, les autorités américaines s'étaient quelque peu précipitées en affirmant en début de semaine que Ben Laden était armé, avant de devoir se rétracter. Toutefois, selon des membres du commando, un fusil d'assaut AK-47 et un pistolet russe 9 mm se trouvaient dans la chambre de Ben Laden.

>> Lire notre récit La fin de Ben Laden (3/4) : un mort sans cadavre

Le départ. Une fois les cibles neutralisées, le commando rassemble tout ce qui peut constituer une source de renseignements : calepins, cinq ordinateurs, dix disques durs, une centaine de dispositifs de stockage ainsi qu'un nombre indéterminé d'armes retrouvées dans les deux bâtiments de la résidence. Une vingtaine d'autres personnes présentes dans le complexe, des femmes et des enfants, sont confiées aux autorités pakistanaises. Trente-huit minutes après être arrivés, les Navy Seals partent, emportant avec eux le cadavre d'Oussama Ben Laden.

Selon Washington, le corps sera enseveli dans la mer d'Oman, lundi à 6 heures du matin (heure GMT), depuis le porte-avions américain USS Carl-Vinson. Depuis, les autorités américaines ont longuement hésité à rendre publiques des preuves de la mort de Ben Laden. Tout en affirmant qu'elles étaient en possession d'ADN et de clichés prouvant qu'Oussama Ben Laden était bien mort, elles ont finalement refusé de les diffuser. Pour la Maison Blanche, il s'agit d'un "risque pour la sécurité" des Etats-Unis car ces photos pourraient être utilisées à des fins de propagande

>> Lire notre récit La fin de Ben Laden (4/4) : l'image manquante

LeMonde.fr
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Ven 6 Mai - 20:13

La mort de Ben Laden expliquée aux enfants
FRANCE INFO - 16:01
Les juniors reviennent cette semaine sur l’épilogue de dix années d’une chasse à l’homme sans précédent : Oussama Ben Laden a été abattu au Pakistan lors d’une opération commando des forces spéciales américaines, les Navy Seals.
Dix ans que le milliardaire-terroriste échappait à la traque lancée par les Américains, une traque destinée à capturer le cerveau des attentats du 11-Septembre.


Sur le site du FBI, l'annonce de la mort de Ben Laden, l'un des terroristes "les plus recherchés"

Le 11 septembre 2001 - certains juniors de cette semaine n’étaient pas encore nés - 19 kamikazes prennent le contrôle de quatre avions de ligne aux Etats-Unis. Ils réussient à en précipiter trois sur des bâtiments symboles de la puissance financière et militaire des Etats-Unis : les tours jumelles du World Trade Center et le Pentagone, ministère américain de la Défense.

Ces attentats, les plus meurtriers de l’Histoire, font près de 3.000 morts.

Ce 11-Septembre, le monde entier bascule dans l’horreur et prend conscience de la fragilité des Etats face au terrorisme.

Quelques semaines plus tard, nous découvrons le visage d’un homme devenu depuis une triste célébrité mondiale : Oussama ben Laden. Le milliardaire-terroriste, fondateur du réseau Al-Qaïda, fécilite les auteurs des attentats et menace le monde occidental de nouvelles actions terroristes.


Durant dix ans, des milliers d’agents secrets et des dizaines de milliers de soldats américains et pakistanais vont le traquer en Afghanistan et au Pakistan, où il sera abattu le 1er mai par un commando des forces spéciales des Marine’s américains.

Fallait-il abattre Ben Laden ou impérativement le capturer pour le juger ?
Peut-on être certain que Ben Laden a été tué ? Pourquoi avoir jeté son corps à la mer ?
Le réseau Al-Qaïda continuera-t-il à exister après la mort de Ben Laden ?



G. à d. : Kevin, 14 ans, Célia, Anissa et Elliott, 9 ans, posent leurs questions sur la mort d'Oussama ben Laden
© PLAYBAC PRESSE / Ugo Emprin

Pour répondre aux questions des abonnés à L’Actu et à Mon Quotidien : Hervé Toutain, du service Monde de France Info.

Au micro cette semaine : Kévin, de Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), Célia, de Clichy, Elliot, de La Garenne-Colombe, et Anissa, de Puteaux (Hauts-de-Seine).

(Ré)écoutez France Info junior consacré à la mort d’Oussama ben Laden (4'00")

BONUS WEB : encore plus de questions-réponses avec Hervé Toutain (4'02")


La villa où vivaient, retranchés, Ben Laden et ses proches au Pakistan
© RADIO FRANCE / Gilles Gallinaro


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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Ven 6 Mai - 21:02

Mort de Ben Laden : la communication chaotique de la Maison Blanche
http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2011/05/06/mort-de-ben-laden-la-communication-chaotique-de-la-maison-blanche_1517950_3216.html
Lundi, version 1 : Ben Laden vivait dans une luxueuse villa évaluée à 1 million de dollars. Il aurait été tué lors d'un échange de tirs nourris, et il aurait utilisé une femme, la sienne, comme bouclier humain, qui aurait également été tuée. Mardi, version 2 : Ben Laden n'était pas armé, et n'a pas utilisé sa femme comme bouclier : elle s'est jetée au devant des assaillants. Elle n'est pas morte mais blessée à la jambe. Mercredi, version 3 : il n'y a pas eu d'échange de tirs. Seul un des messagers de Ben Laden, qui vivait dans la villa, a ouvert le feu dans les premières minutes de l'attaque et a été rapidement abattu. Il est le seul résident à avoir tiré sur les commandos.

Le récit officiel des circonstances de l'assaut d'Abbottabad a connu, depuis dimanche 1er mai au soir, de multiples rétro-pédalages et démentis. Une communication chaotique surprenante pour une opération préparée depuis plus de huit mois.

Ancien correspondant à Bagdad, le grand reporter Georges Malbrunot, rompu à la communication officielle américaine, s'étonne ainsi, sur son blog, de cette "cacophonie médiatique mal orchestrée, erratique, incohérente". "Des informations sporadiques essentielles filtrent dans la presse, ou pire sont présentées officiellement au compte-gouttes, sans fil directeur et visiblement non préparées, par des intervenants qui semblent improviser", écrit-il. "Pourquoi, en outre, cet événement (...) n'a-t-il pas été traité au plus haut niveau de l'Etat par la communication du président, ou a contrario directement et intégralement par le Pentagone, une fois l'opération bouclée et exploitée par les militaires ?"

"DONNER À MANGER À DES MÉDIAS AFFAMÉS"

Dans un article intitulé "Le compte rendu du raid, trop vite raconté, s'avère bancal", le New York Times revient longuement sur les couacs dans la communication des derniers jours : "Selon des responsables des présidences passées et actuelles, nous avons assisté à la collision classique entre le désir de la Maison Blanche de mettre en avant un triomphe éblouissant pour la sécurité nationale – et de donner à manger à des médias affamés – et la collecte compliquée des faits après une opération militaire chaotique à l'autre bout du monde."

Plusieurs responsables avancent ainsi que, loin d'une volonté de tromper l'opinion, les cafouillages initiaux sont dus au fait que la Maison Blanche elle-même ne détenait pas toutes les informations, ni dimanche, ni lundi.

Revenons sur la chronologie de l'annonce : alors que la rumeur court sur les télévisions américaines depuis 22 h 30 environ, Barack Obama informe officiellement de la mort d'Oussama Ben Laden en direct à la télévision vers 23 h 15 dimanche soir, heure de Washington (5 h 15 heure française) Il est alors 8 h 15 lundi, au Pakistan. Grâce au tweet d'un Pakistanais vivant à Abbottabad, on sait que le raid nocturne a commencé sept heures plus tôt, vers 1 heure du matin (22 h en France).

L'assaut ayant duré 38 minutes, selon les informations – non démenties – publiées depuis le début de la semaine, il s'est donc passé environ six heures et demi avant la prise de parole du président américain. Un peu rapide pour "débriefer" les 79 commandos qui ont participé à l'opération. Ils ne le seront en fait que lors de leur retour sur le sol américain. De même, si l'information sur l'abandon en mer du corps de Ben Laden ne parvient que plusieurs heures plus tard, c'est avant tout parce qu'au moment où Barack Obama prend la parole, l'événement n'a pas eu lieu : les dernières informations communiquées vendredi indiquent que le corps a été immergé à 11 heures (heure pakistanaise). Il était 2 heures à Washington, soit près de trois heures après la prise de parole du président.

Pourquoi alors avoir choisi de communiquer si vite, en l'absence de détails précis ? "Voulez-vous nous demander par là si nous pensions que c'était une bonne chose que ce soient les services secrets pakistanais qui révèlent l'information ?" a répondu, ironique, un responsable américain à la question posée par le New York Times.

"DIFFÉRER LA RÉVÉLATION DE L'INFORMATION ÉTAIT PLUS RISQUÉ ENCORE"

"L'administration américaine a fait le choix de parler rapidement, dans le temps des médias contemporains. C'était prendre le risque évident d'être amené à se reprendre, à se contredire par la suite. Mais différer la révélation de l'information était plus risqué encore", explique Eric Maigret, sociologue des médias à l'université Paris 3-Sorbonne nouvelle, qui a notamment travaillé sur la communication de l'OTAN pendant la guerre du Kosovo. "D'abord, cela n'aurait pas empêcher la suspicion. Cela aurait au contraire fait penser qu'ils avaient besoin de temps pour dissimuler des choses. On leur aurait reproché leur manque de transparence. Ensuite, le crash d'un hélicoptère, laissé sur place, et le fait qu'un voisin ait tweetté cet 'événement rare' aurait forcément attiré l'attention des autorités pakistanaises".

La victoire était trop belle. La Maison Blanche ne pouvait pas prendre le risque qu'on lui vole la vedette. "La réussite de l'opération est aussi une occasion unique de légitimer la figure d'Obama comme futur candidat, lui qui a souvent été accusé d'être un démocrate relativement faible sur le plan militaire", indique Eric Maigret.

La plupart des paroles démenties n'ont d'ailleurs pas été prononcées par le président américain. C'est en effet au seul John Brennan, son conseiller pour l'antiterrorisme, que l'on doit les mauvaises informations concernant le bouclier humain ou le luxe de la villa, vite démenties par les premières images tournées sur place. Le porte-parole de la Maison Blanche, Jay Carner, avait lui évoqué "un échange de tirs qui a duré pendant toute l'opération".

"LA MÉMOIRE COLLECTIVE OUBLIE LES CAFOUILLAGES"

Le débriefing des commandos a finalement eu lieu en début de semaine. De nouvelles informations, plus claires, plus précises ont été diffusées jeudi. "Mais il y a également des zones que les Américains laisseront volontairement floues. C'est la limite du secret d'Etat et il y a des informations sur lesquelles ils veulent garder la main. Ainsi, parce que cela pose des questions de légalité, ils ne diront jamais clairement quel était l'objectif réel : tuer ou capturer Ben Laden ? Ils resteront également flou sur le crash de l'hélicoptère, dont il se murmure dans les milieux militaires qu'il s'agissait d'un modèle inconnu, de dernière technologie, dont il aurait pu être particulièrement embêtant qu'il soit laissé à la vue de tous, à Abbottabad", précise Eric Maigret.

Le chercheur rappelle ainsi des précédents : le bombardement de l'ambassade de Chine en ex-Yougoslavie en mai 1999. "Les Américains ont fourni plusieurs versions différentes, sans qu'au final, on n'ait jamais su ce qui s'était réellement passé". Ou le crash d'un avion furtif F117, au Kosovo. "Il a d'abord été dit qu'il s'agissait d'un incident mécanique. En réalité, il avait été abattu par les Serbes. Un énorme revers pour la technologie américaine, qu'il était difficile d'admettre publiquement".

Mais selon lui, la mémoire collective oublie, la plupart du temps, les cafouillages initiaux pour ne retenir que l'ultime version officielle. Sauf bien sûr chez les adeptes des théories du complot.
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mar 10 Mai - 13:38

Noam Chomsky: ma réaction à la mort d’Oussama Ben Laden
http://blog.emceebeulogue.fr/post/2011/05/08/Noam-Chomsky:-ma-r%C3%A9action-%C3%A0-la-mort-d%E2%80%99Oussama-Ben-Laden
Après avoir rédigé le billet précédent, j’ai trouvé la réaction de Noam Chomsky, dont j’ai fait la traduction ci-dessous.

Source du texte original. 6 mai 2011
http://www.guernicamag.com/blog/2652/noam_chomsky_my_reaction_to_os/

On pourrait se demander comment on réagirait si des commandos irakiens atterrissaient sur la résidence de George W. Bush, l'assassinaient et jetaient son corps dans l'Atlantique.

Noam Chomsky

Il est de plus en plus clair que cette opération consistait en un assassinat prémédité qui viole de multiples façons les lois internationales.
Il n'y a, semble-t-il, eu aucune tentative d'appréhender la victime non armée, comme, j’imagine, aurait été capable de le faire un commando de 80 membres face à pratiquement aucune résistance – sauf, selon eux, de la part de son épouse qui s'est précipitée vers eux. Dans les pays qui disent se conformer quelque peu aux lois, un suspect est censé être appréhendé, traduit en justice et bénéficier d'un procès équitable. Je souligne "suspects".
En avril 2002, le directeur du FBI, Robert Mueller, informait la presse qu'après l'enquête la plus approfondie de l'histoire, le FBI n'avait pas trouvé grand chose, si ce n'est que, « selon lui » le complot avait été conçu en Afghanistan, mais mis sur pied dans les Emirats Arabes Unis et en Allemagne.
Ce qu'ils ne faisaient que croire en avril 2002, ils ne le savaient manifestement pas 8 mois plus tôt, quand Washington rejetait les offres timides des Taliban (à quel point elles étaient sérieuses, on ne sait pas puisqu'elles ont été rejetées d'emblée) d'extrader Ben Laden si on leur apportait des preuves - que, comme nous l'avons vite su, Washington n'avait pas. Et donc Obama mentait tout simplement quand il a dit, dans sa déclaration depuis la maison Blanche, qu'ils "avait rapidement appris que les attentats du 11/9 avaient été perpétrés par al Qaeda". Aucun renseignement sérieux n'a, depuis, été fourni. Il est beaucoup question des « aveux » de Ben Laden mais c'est un peu comme quand j'ai avoué avoir remporté le Marathon de Boston.

Il s'est vanté d'avoir accompli quelque chose qu'il considérait comme un grand exploit.
On a également beaucoup parlé du fait que le Pakistan n'avait pas livré Ben Laden, alors que certains éléments de l'armée et des forces de sécurité étaient sans doute au courant de sa présence à Abbottabad. On a moins épilogué sur la colère des Pakistanais suscitée par l'invasion de leur territoire pas les Etats-Unis pour commettre un assassinat politique. L’anti-américanisme était déjà très répandu au Pakistan, or, ces évènements ne peuvent que l'exacerber.
La décision de jeter le corps en pleine mer provoque déjà, comme on peut l'imaginer, à la fois la colère et le scepticisme dans pratiquement tout le monde musulman.

On pourrait se demander comment on réagirait si des commandos irakiens atterrissaient sur la résidence de George W. Bush, l'assassinaient et jetaient son corps dans l'Atlantique.
Il est indéniable que ses crimes dépassent largement ceux de Ben Laden, et, dans son cas, il ne s’agit pas seulement de "soupçons" , mais, c'est, sans conteste, lui le "cerveau' qui a donné l'ordre de commettre "le crime international suprême qui ne diffère des autres crimes de guerre que parce qu'il comprend tous les maux que contiennent tous les autres " (citation tirée du Procès de Nuremberg) et pour lequel ont été pendus des criminels nazis: les centaines de milliers de morts, les millions de réfugiés, la destruction d'une grande partie du pays, les violences entre factions rivales se sont actuellement étendues à tout le reste de la région.
Il y aurait beaucoup à dire sur Orlando Bosch (le terroriste qui a fait sauter l'avion cubain), qui vient de s'éteindre paisiblement en Floride, et sur les mesures antiterroristes qui comprennent, entre autres, la "doctrine Bush ” selon laquelle les pays qui abritent des terroristes sont aussi coupables que les terroristes eux-mêmes et doivent être traités de la même façon. Personne n'a relevé que Bush en appelait à l'invasion et à la destruction des Etats-Unis, et à l'assassinat de son président criminel.
C’est comme pour le nom "Opération Geronimo". La mentalité de l'empire est tellement ancrée dans l'esprit de toute la société occidentale que personne ne réalise qu'ils encensent Ben Laden en l'identifiant à la résistance courageuse contre les envahisseurs génocidaires. C'est comme si on donnait à nos armes meurtrières le nom de victimes de nos crimes: Apache, Tomahawk … C’est comme si la Luftwaffe appelait ses avions de combats "juif" ou "tzigane".
Il y a encore beaucoup à dire sur tout ça, mais même les faits les plus évidents, les plus élémentaires doivent nous donner matière à réfléchir.


Noam Chomsky, professeur émérite au Massachussets Institute of Technology, chaire de Linguistiques et de Philosophie

Traduction emcee, des bassines et du zèle
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Ven 13 Mai - 9:42

Le dalaï lama trouve la mort de Ben Laden "plutôt triste"
france-info
Lors d’une conférence de Presse à New-York, le chef spirituel tibétain le dalaï lama a jugé la mort de Ben Laden "plutôt triste".

"Je pense que c’est mal", a-t-il ajouté. "C’est comme pour Saddam Hussein quand il a été pendu : j’ai ressenti beaucoup de tristesse".

Interrogé la semaine dernière à Los Angeles, le dalaï lama avait donné l’impression de penser que le sort de Ben Laden était mérité. Adepte de la non-violence, le chef spirituel vient donc de clarifier sa position.
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Sam 14 Mai - 10:07

Mort de Ben Laden. Les images virtuelles de sa fuite devant les balles
http://www.letelegramme.com/ig/generales/france-monde/monde/mort-de-ben-laden-les-images-virtuelles-de-sa-fuite-devant-les-balles-13-05-2011-1300102.php
Surpris sur un palier par le commando américain, Oussama Ben Laden s'est réfugié dans une chambre occupée par ses épouses et ses filles lors du raid qui a abouti à son élimination, rapporte aujourd'hui la chaîne de télévision CBS.



Le commando américain qui a donné l'assaut le 2 mai à la résidence pakistanaise du chef d'Al-Qaïda a d'abord tenté sans succès de lui tirer dessus alors qu'il se trouvait sur le palier du deuxième étage de sa maison, relatent à la chaîne des responsables américains qui ont pu voir des images du raid filmées par des mini-caméras fixées sur les casques des soldats d'élite.

Les filles écartées

Le chef d'Al-Qaïda s'est ensuite enfui dans une chambre où se trouvaient ses épouses et ses filles. Le premier soldat américain à pénétrer dans la pièce a écarté les filles de Ben Laden, tandis qu'un deuxième repoussait une des épouses qui s'est ruée sur lui ou a été poussée vers lui, ajoute CBS.

Touché à la poitrine puis à la tête
Ce dernier soldat a ensuite tiré sur Ben Laden, le touchant à la poitrine, avant qu'un troisième membre du commando lui tire une balle dans la tête
.


Des tirs à l'extérieur
Toujours selon les responsables américains interrogés par la chaîne, les seuls échanges de coups de feu qui ont visé le commando américain au cours de l'opération se sont produits près d'un bâtiment annexe de la maison principale.
Des messagers de Ben Laden ont ouvert le feu sur les membres du commando américain avant d'être la cible à leur tour de tirs mortels, selon CBS.

La femme d'un des émissaires a également été tuée dans l'opération ainsi qu'un fils de Ben Laden, tandis qu'une de ses femmes a été blessée, avaient déjà annoncé des responsables américains.


si c'est pas une execution en regle ça ....
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mar 17 Mai - 10:32

Le gouvernement des Etats-Unis impliqué dans les attentats du 11 septembre ?
http://www.agoravox.fr/actualites/international/article/le-gouvernement-des-etats-unis-93823
Le 1er mai 2011, quatre-vingt commandos des forces spéciales US exécutaient Oussama ben Laden dans sa tanière au Pakistan. Manifestations de joie à New-York lorsque Barack Obama a annoncé la mort du terroriste. « Justice a été faite » déclarait le président sur les antennes. Pourtant, certains responsables de la tragédie du 11 septembre courent toujours.


Des cadres dynamiques virevoltent gaiement sur le chemin du travail. Carpette sous le bras, une famille épanouie emménage dans une banlieue paisible et verdoyante alors qu’un gamin à bicyclette distribue les journaux avec entrain. Ailleurs, un jeune couple se jure fidélité sous le regard myope mais attendri de mère-grand. Et sous un soleil resplendissant, des citoyens de tous horizons, exaltés par l’ivresse patriotique, hissent la bannière étoilée, l’étendard de cette nation où tout peut réussir. « Le Jour se lève à nouveau sur l’Amérique. »

Après la tourmente des années 70, son choc pétrolier, sa crise économique, sa révolution iranienne et son invasion soviétique de l’Afghanistan, il fallait bien un slogan mielleux et un spot de campagne tout aussi sirupeux pour que le candidat Reagan rassure les citoyens des Etats-Unis.

Trente ans plus tard, des travailleurs sans-emploi s’agglutinent aux portes des bureaux de chômage. Les banlieues chatoyantes ont laissé place à des terrains vagues où s’amoncèlent les expropriés victimes des subprimes, sorte de bidonvilles où le bambin à bicyclette ne s’aventure pas pour distribuer les journaux.

Pourtant, avec l’annonce de la mort d’Oussama ben Laden, il semble que le jour se lève à nouveau sur l’Amérique. La foule amassée autour de Ground Zero parait empreinte de cette même euphorie béate qui animait les clichés sur pattes du clip reaganien. L’Axe du Bien a triomphé du mal incarné, l’ennemi public numéro un est mort et immergé.

Mais au risque de jouer les trouble-happy-end, il serait peut-être bon de souligner que la saga de la guerre contre le terrorisme ne peut se conclure avec la mort du méchant à la fin. En effet, pour certains responsables de cette tragédie moderne, justice n’a pas encore été faite. Pire, ils poursuivent tranquillement leur folie meurtrière du côté de la Maison Blanche et du Pentagone.


Les différentes vies de ben Laden

Il ne sera pas ici question de savoir si les attentats du 11 septembre sont une opération montée de toute pièce par la CIA. Certes, la version officielle comporte de nombreuses zones d’ombre qui alimentent le soupçon. Cependant, comme le remarquait Jean Bricmont sur notre site, organiser un tel attentat sous faux pavillon impliquerait un trop grand nombre de personnes à divers échelons des institutions US pour pouvoir garder le secret.

Difficile donc de faire la lumière sur les mystères du 11 septembre tout comme sur ceux qui planent autour de la mort de ben Laden. Selon un journal pakistanais, le célèbre terroriste aurait succombé à des complications pulmonaires en décembre 2001. Six ans plus tard, Benazir Bhutto, alors Première ministre du Pakistan, indiquait dans une interview que le célèbre terroriste était mort. Et aujourd’hui, Barack Obama nous annonce son exécution mais pas de cadavre donc pas de crime. Il faudrait simplement croire le président des Etats-Unis sur parole, ce qui demande un certain effort.



Mais finalement, le fait que ben Laden était vivant ou pas n’est pas le plus important. Tout comme le fait de savoir quel rôle a pu jouer l’administration Bush dans les attentats du 11 septembre. Certes, si conspiration il y a eu, il serait utile que la vérité éclate au grand jour. Mais si nous avions eu la preuve irréfutable que les attentats du World Trade Center avaient bien été commis par Al-Qaïda et uniquement par Al-Qaïda, qu’auraient fait les instigateurs du 11 septembre ? Se seraient-ils inclinés devant les campagnes guerrières du chevalier Bush ? Auraient-ils applaudi à l’invasion de l’Afghanistan ?

En fait, soit on adhère aux théories du complot et la responsabilité des autorités US est d’une infamie évidente. Soit on s’en tient à la version officielle, celle rapportée par les dirigeants politiques, matraquée par les médias de masse et largement répandue auprès de l’opinion publique. Or, dans ce deuxième cas, la responsabilité du gouvernement des Etats-Unis dans les attentats du 11 septembre prend une autre forme mais reste engagée. Il suffit de démystifier les diatribes sur le soi-disant choc des civilisations, replacer les événements dans leur contexte historique et analyser les enjeux tant du côté des attentats que de la guerre contre le terrorisme.



Il était une fois, le choc des civilisations

Depuis dix ans maintenant, dirigeants politiques, professionnels du storytelling et autres griots médiatiques nous content l’histoire de ce fanatique religieux parti en guerre contre les valeurs progressistes que représentent les Etats-Unis.

Le soir du 11 septembre 2001 déjà, le président Georges W. Bush jetait les bases de l’interprétation qui devait prévaloir : « Aujourd'hui, nos concitoyens, notre mode de vie, notre liberté même ont été attaqués dans une série d'actes terroristes meurtriers et délibérés. (…) L'Amérique a été visée parce que nous sommes la lanterne de la liberté et des opportunités dans le monde. Et personne n’empêchera cette lumière de briller. » Le président poursuivait sur une note religieuse : « Ce soir je vous demande de prier pour toutes les personnes affligées, pour les enfants dont le monde est brisé (…). Et je prie pour qu’ils soient soulagés par une puissance plus grande que nous dont nous parle le psaume 23 : “Bien que je marche dans la vallée de l'ombre de la mort, je ne crains aucun mal car tu es avec moi.” »

Le 20 septembre 2001, Georges W. Bush popularisait le concept du choc des civilisations sur les antennes de la planète : « Ce n'est cependant pas toutefois le combat de la seule Amérique. Ce qui est en jeu n'est pas seulement la liberté de l'Amérique. C'est le combat du monde entier. C'est le combat de la civilisation. C'est le combat de tous ceux qui croient au progrès et au pluralisme, à la tolérance et à la liberté. »

Presque dix ans plus tard, le 1er mai 2011, Barack Obama clôturait l’épopée dans la même veine, commentant l’exécution sommaire de ben Laden en ces termes : « Rappelons-nous que nous pouvons accomplir ces choses non pas seulement pour des raisons de richesse ou de puissance, mais à cause de ce que nous sommes : une seule nation bénie de Dieu, indivisible et vouée à la liberté et à la justice pour tous. »

A notre gauche donc, la lanterne des opportunités, l’Amérique libre, le monde civilisé qui récite des psaumes pour les enfants brisés. Et à notre droite ? Oussama ben Laden, le champion de l’obscurantisme, le barbare fanatique, le Dark Vador de l’islam, qui hait l’Occident parce que l’Occident est l’Occident.

Le problème est que cette version des faits qu’on nous a servie ne correspond pas à la réalité. Oussama ben Laden était-il un terroriste coupable d’actes ignobles ? Bien-sûr. A-t-il agi parce que l’American Way of Life lui était insupportable ? Certainement pas.



L’ennemi public numéro un

Oussama ben Laden est issu d’une des familles les plus fortunées d’Arabie saoudite. Au début des années 80, avec l’appui indirect de la CIA et des services de renseignements saoudiens, il participe au recrutement de moudjahidines pour combattre les troupes soviétiques en Afghanistan. L’opération est un succès : les Etats-Unis voulaient offrir à l’URSS son Viêt-Nam et, après dix ans de combats stériles et dispendieux, Moscou retire ses soldats du bourbier afghan.

Kalachnikov sous le bras, ben Laden retourne alors en Arabie saoudite où la tension est palpable. En effet, Saddam Hussein, criblé de dettes suite à la guerre contre l’Iran, a envahi le Koweït. Le petit émirat pétrolier est l’un des plus importants créanciers de l’Irak. L’autre grand bailleur de fonds de Saddam, c’est l’Arabie saoudite.

Ben Laden propose alors aux dirigeants saoudiens de lever une armée pour combattre les soldats irakiens qui portent la menace aux frontières du royaume. Les Saoud refusent mais autorisent l’armée US à stationner en Arabie saoudite dans le cadre de l’opération Tempête du Désert. En réalité, le risque d’une attaque irakienne est très faible. Par contre, en récupérant le Koweït (que les colonialistes britanniques lui avaient enlevé), l’Irak deviendrait le premier producteur de pétrole au monde. Ni l’Arabie saoudite, ni les Etats-Unis ne peuvent l’accepter.

La présence de soldats US sur le sol saoudien soulève une vague de protestations dans le royaume : la population apprécie très peu que des boots infidèles viennent souiller les terres saintes de l’islam. Beaucoup de citoyens ne comprennent pas non plus pourquoi le régime est incapable de se défendre seul alors qu’il a dépensé sans compter ses pétrodollars dans l’achat de matériel militaire. De son côté, Oussama ben Laden est furieux, dénonce la corruption du régime et les sanctions imposées à l’Irak qui causent des milliers de victimes.

Comme le souligne Mohamed Hassan dans Comprendre le monde musulman, un livre d’entretiens à paraître en septembre 2011 chez Investig’Action, ben Laden est un homme pieux qui utilise la religion pour mobiliser les masses et confronter la famille royale. Il demande, par exemple, pourquoi le pays n’a pas de Constitution alors que le prophète Mahomet en a établi une à Médine définissant des droits égaux pour les musulmans, les chrétiens et les juifs. En opposition à cette famille royale totalement dépendante du soutien des Etats-Unis, le riche ben Laden représente en fait un courant de la bourgeoisie nationale saoudienne qui exige des réformes politiques et plus d’indépendance pour le pays.

Dans les années 90, l’ancien recruteur de moudjahidines engage des actions terroristes contre les dirigeants saoudiens avant de s’en prendre directement à la puissance qui les supporte : en 1996, Oussama ben Laden lance un appel à attaquer les intérêts US partout dans le monde.

Il est intéressant de noter qu’au-delà de l’aspect religieux, les actions menées par ben Laden comportent une dimension politique. Le terroriste dénonce les visées hégémoniques des Etats-Unis dans le monde musulman, fustige le soutien de Washington aux régimes tyranniques et condamnent les pressions exercées pour maintenir le pétrole à bas prix. Ben Laden trouve ainsi un écho favorable auprès d’une partie des masses dans certains pays musulmans, qui considère le milliardaire terroriste comme une espèce de Robin des bois. C’est ce que relève dans plusieurs ouvrages Michael Scheuer, un ancien officier de la CIA chargé du dossier ben Laden durant près d’une dizaine d’années et qui remit son tablier en 2004 pour marquer son désaccord avec les méthodes employées par l’administration Bush dans la lutte contre le terrorisme.

Scheuer explique que ben Laden n’est pas un terroriste aveuglé par le fanatisme religieux qui attaque les Etats-Unis parce que les valeurs occidentales sont contraires à celles de l’islam. Le spécialiste de la CIA précise au contraire que ben Laden mène un djihad défensif en réaction à la politique guerrière menée par Washington dans le monde musulman. C’est n’est pas un islamiste radical qui le dit, ni un militant atteint d’anti-américanisme primaire et encore moins un pourfendeur de l’impérialisme « yankee ». Juste quelqu’un qui connait bien son sujet.

On ne peut pas non plus soupçonner Scheuer d’être tombé sous l’emprise d’une fascination malsaine pour l’homme qu’il a étudié de nombreuses années : l’officier de la CIA regrette que le président Clinton n’ait pas fait liquider ben Laden dans les années 90, lorsque c’était possible.



Combattre le terrorisme par le terrorisme ?

Visiblement, l’analyse de Michael Scheuer n’a pourtant eu que peu d’impact sur les décisions de l’administration Bush. Le soir du 11 septembre, le président des Etats-Unis aurait pourtant pu s’adresser en ces termes à la nation : « Nos hommes ont rapidement identifié les auteurs des attentats qui ont frappé notre pays aujourd’hui. Il s’agit d’une organisation islamiste dirigée par un saoudien du nom d’Oussama ben Laden. Je me suis entretenu avec la personne qui, au sein de nos services de renseignements, suit les agissements de ce dangereux terroriste depuis des années. C’est notre meilleur spécialiste sur le sujet, le genre de type qui, chaque matin, en buvant son café, fixe intensément la photo du criminel pour tenter de comprendre sa manière de fonctionner. Eh bien, figurez-vous que ces terroristes sont motivés par un profond ressentiment à l’égard de notre politique de domination au Moyen-Orient. Le temps est venu pour l’Amérique de bâtir des relations plus respectueuses avec le reste de la planète. Nous ne pouvons imposer notre leadership par la force sans nous faire des ennemis. Nous en payons le prix aujourd’hui mais cela va changer. Par ailleurs, nous allons tout mettre en œuvre pour arrêter et juger les criminels qui nous ont attaqués. Je suis en contact avec les autorités d’Afghanistan où ben Laden est caché. Le gouvernement afghan attend que nous fournissions les preuves de la culpabilité de ben Laden pour le livrer à la justice. Nous allons fournir ces preuves le plus rapidement possible. Dieu bénisse l’Amérique. »

Evidemment, Georges W. Bush n’a jamais prononcé un tel discours. Il a parlé de lanternes et de combat du Bien contre le Mal. En octobre 2001, il engageait les Etats-Unis et les forces de l’OTAN dans une guerre contre l’Afghanistan. Alors que les Talibans s’étaient vraiment dits prêts à négocier la livraison de ben Laden. Et alors que les raisons qui avaient poussé Al-Qaïda à commettre des attentats étaient justement liées à la politique guerrière menée par les Etats-Unis dans les pays musulmans. Au lieu d’attaquer le problème à la racine, Georges W. Bush jetait donc de l’huile sur le feu. Comme si cela n’était pas suffisant, en mars 2003, le président des Etats-Unis lançait une nouvelle attaque contre l’Irak, prétextant des liens entretenus par Saddam Hussein avec Al-Qaïda.

Quel est le bilan de cette guerre contre le terrorisme ? En Afghanistan, des milliers de civils ont été tués, les divisions ethniques ont été exacerbées et ont plongé le pays dans le chaos, l’économie et de nombreuses infrastructures ont été détruites mais le commerce de l’opium a connu un regain d’activité intense avec l’aide de la CIA (plus de 60% de l’héroïne vendue dans le monde viendrait d’Afghanistan, contre 0% du temps des Talibans). Enfin, Washington a placé Hamid Karzaï à la tête du pays. Ce président n’a aucune base sociale en Afghanistan mais est parvenu à se faire réélire dans le silence et la fraude en 2009.

Pour l’Irak, sur base d’une étude du journal médical « The Lancet » , on estime que plus d’un million de vies ont déjà été arrachées, sans compter les victimes de la première guerre du Golfe et de l’embargo meurtrier imposé à ce pays durant une douzaine d’années. A l’instar de l’Afghanistan, l’Irak est plongé dans le chaos. La politique d’occupation des Etats-Unis a ravivé les tensions confessionnelles. En 2010, Dirk Adriaensens du BRussels Tribunal dressait un bilan de l’invasion de l’Irak et apportait ces quelques chiffres : « Depuis 1990, début du régime de sanctions imposé par l’ONU, le taux de mortalité infantile a augmenté de 150% en Irak. (…) En 2007, les statistiques gouvernementales officielles dénombraient 5 millions d’orphelins en Irak. Plus de 2 millions d’Irakiens sont réfugiés hors du pays et près de 3 millions sont réfugiés (ou déplacés) à l’intérieur du pays. 70% des Irakiens n’ont plus accès à l’eau potable. Le nombre de chômeurs (sans indemnités) atteint officiellement les 50%, il est de 70% officieusement. (…) 4 millions d’Irakiens sont sous-alimentés et ont un urgent besoin d’assistance humanitaire. 80% des Irakiens ne disposent plus d’aucun système sanitaire (égouts et eaux usées) »



L’enjeu de la guerre contre le terrorisme : remodeler le Moyen-Orient

L’administration Bush baignait-elle donc dans l’inconscience la plus totale lorsqu’elle s’est engagée dans cette guerre contre le terrorisme ? Pourquoi aggraver le problème plutôt que de chercher à la résoudre ? Difficile de répondre si on s’en tient aux discours idéologiques des autorités US. La vérité se trouve au-delà des mots, dans les intérêts objectifs qu’avaient les faucons de Washington à intervenir militairement en Asie centrale et au Moyen-Orient.

Après la chute du bloc soviétique en 1991, les Etats-Unis voyaient s’effondrer leur principal concurrent et prenaient le leadership mondial. Maintenir une telle position nécessite de se renforcer et d’empêcher les autres concurrents de vous rattraper. C’est pour remplir cet objectif que les néoconservateurs de l’administration Bush ont développé le concept du Grand Moyen-Orient : un remodelage de l’espace s’étendant du Maghreb au Pakistan en passant par la péninsule arabique. Officiellement, il s’agit de promouvoir la démocratie et d’aider ces pays à s’insérer dans l’économie mondiale. En réalité, ce projet était déjà étudié bien avant les attentats du 11 septembre. L’objectif ? Mettre au pas les régimes récalcitrants de la région pour contrôler ce vaste espace stratégique et riche en matières premières, notamment en pétrole et en gaz. En effet, à travers le contrôle des ressources énergétiques, c’est le développement de ses concurrents économiques que Washington peut contrôler : Chine, Inde, Brésil, etc.

D’ailleurs, si les Etats-Unis n’avaient pas rencontré une telle résistance tant en Irak qu’en Afghanistan, l’Iran aurait probablement été la prochaine cible. Il est intéressant de noter sur ce point que les campagnes militaires ont été un véritable fiasco pour les néoconservateurs. Le remodelage du Grand Moyen-Orient se révèle être un gribouillage géopolitique dont les Etats-Unis n’ont pu tirer de véritable bénéfices. Au contraire, la guerre contre le terrorisme a ruiné l’économie US, ce qui constitue une victoire pour Al-Qaïda. En effet, Michael Scheuer souligne dans Imperial Hubris que l’organisation terroriste avait décidé d’attaquer son ennemi à son centre de gravité : l’économie.



Le gouvernement des Etats-Unis se soucient-ils de la sécurité de ses citoyens ?

La guerre contre le terrorisme n’était donc qu’un prétexte pour rencontrer des objectifs stratégiques et économiques. Evidemment, il faut présenter à l’opinion publique un raison valable pour partir en guerre et envoyer des tas de jeunes au casse-pipe. Les attentats d’Al-Qaïda ont offert le mobile rêvé. Peu importe si l’invasion de l’Afghanistan n’était pas nécessaire pour capturer ben Laden. Peu importe si Saddam Hussein n’entretenait aucune relation avec Al-Qaïda. Les esprits étaient chauffés à blanc et prêts à s’engager dans la croisade du Bien contre le Mal.

Pourtant, les citoyens qui ont poussé des cris de joie lorsque Barack Obama a annoncé la mort de ben Laden, devraient se poser quelques questions aujourd’hui. Si le chef d’Al-Qaïda est bien mort, le gouvernement des Etats-Unis n’a pas montré le moindre signe de remise en question de cette politique dévastatrice qui avait servi de terreau à l’islamisme radical : coups d’Etat, agressions militaires, violations du droit international, utilisation de bombes au phosphore blanc ou à l’uranium appauvri, financement d’organisations terroristes et de régimes dictatoriaux, pillage des richesses… Les dirigeants US ont poursuivi leurs crimes en toute impunité.

On ne pourrait justifier d’aucune manière les actes terroristes de ben Laden. En revanche, on peut tenter d’en comprendre les fondements pour éviter que des tragédies semblables aux attentats du 11 septembre ne se reproduisent. Cette démarche nous renvoie inévitablement à la politique étrangère menée par les Etats-Unis. Or, non seulement les dirigeants US n’ont pas tenté d’enrayer le phénomène, mais ils l’ont gracieusement alimenté en déclenchant de nouvelles guerres.

Les citoyens des Etats-Unis doivent comprendre que leur gouvernement se soucie très peu de leur sécurité. Les terroristes de la Maison Blanche répondent à des intérêts économiques qui sont contraires à ceux du peuple.

Le chef d’Al-Qaïda est mort mais peut-être que le prochain ben Laden sera l’un des ces 5 millions d’orphelins qui errent en Irak, ou bien un Afghan qui aura vu ses parents tués par les drones de l’armée US. Il pourrait venir d’Indonésie où la répression du dictateur Suharto, soutenu par les Etats-Unis, a provoqué 1,2 millions de morts. Il sera peut-être somalien ou chilien. Les Etats-Unis maintiennent le pays du premier dans le chaos depuis dix ans. Et ils ont renversé le président démocratiquement élu du second en 1973 pour installer la dictature sanglante du général Pinochet.
Bref, des ben Laden pourraient voir le jour aux quatre coins de la planète, partout où les Etats-Unis ont semé la désolation. Les intérêts des multinationales ne sont pas favorables à la paix dans le monde ni à la sécurité des citoyens, qu’ils soient de New-York, Bagdad ou Santiago. Pour ces terroristes aussi, il est nécessaire que justice soit rendue. Celle des tribunaux et non celle des exécutions sans procès.




source : michelcollon.info
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mer 18 Mai - 11:25

L"'emmerement" d'Oussama Ben Laden risque de le transformer en mythe
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/05/18/l-emmerement-d-oussama-ben-laden-risque-de-le-transformer-en-mythe_1523494_3232.html

La "liquidation" d'Oussama Ben Laden par les forces spéciales américaines la nuit du 1er au 2 mai était probablement d'une grande précision technique. L'histoire nous dira si les Pakistanais faisaient partie de l'opération ou s'ils ont été doublés par leurs partenaires américains. Il est de plus en plus évident que la mort de Ben Laden constitue le prélude de grands changements stratégiques en Afghanistan et qu'elle initiera le retrait américain du pays. Le régime taliban pur et dur a été défait voici dix ans, et "justice a été faite" selon Obama, avec l'élimination de Ben Laden. Formellement, l'Amérique est en quitte pour elle-même.



Quant aux autres, c'est une autre histoire. Si l'opération d'Abbottabad s'est montrée d'une grande complexité, exigeant de très lourdes préparations techniques de la part de la crème des crèmes des forces spéciales américaines, elle s'est néanmoins soldée par une piètre couverture médiatico-politique étonnamment contradictoire. Certes, nous savons peu de choses sur le déroulement de l'opération, mais les premières déclarations américaines montrent une incohérence frappante : il y aurait eu une résistance militaire de la part du camp Ben Laden, sauf que 24 heures après, l'on nous dit que la seule résistance notable fut une balle tirée par l'un de ses adjoints-messagers au rez-de-chaussée.

De même, le fils de Ben Laden aurait été abattu d'abord en raison de ses ripostes, et plus tard on apprend qu'il était désarmé, et ici, difficulté sur l'identification du fils, l'on se mélange sur le fait de savoir s'il s'était agi de Khalid ou de Hamza. Aussi, la plus jeune épouse yéménite de Ben Laden, donnée au départ pour morte pour avoir été utilisée par son mari comme bouclier selon les sources américaines, a finalement été touchée au pied sur instruction directe d'Obama (ce dernier aurait ordonné qu'on ne tue pas les femmes). Quant à "Geronimo" – Oussama Ben Laden –, il se serait montré dans un premier temps résistant, belliqueux, brandissant des armes, mais en dernier ressort, et d'après le porte-parole de la Maison Blanche, il aurait été abattu à bout portant et désarmé. Toute l'opération, photos à l'appui, a été conduite en temps réel à partir de la salle dite Situation Room à la Maison Blanche.

La troisième partie du récit américain, et la plus difficile à suivre, comprend le transport du corps vers le nord, en Afghanistan, sur la base américaine de Bagram. Là, des analyses d'ADN auraient été effectuées montrant à 99,99 % qu'il s'agissait bien d'Oussama Ben Laden. On apprend ensuite que le défunt aurait été transporté, sans préciser par quelle voie (mais très probablement dans ce cas-là, en traversant de nouveau tout le Pakistan), d'Afghanistan vers la mer d'Oman sur un porte-avion américain.

A quoi s'ajoute la dernière phase, sans doute la plus fragile de cette partie du récit, et qui nous intéresse parce que non achevée et toujours en réécriture. C'est sans conteste, celle qui touche à l'immersion du corps de Ben Laden (certains ont d'ailleurs qualifié à l'aide d'un néologisme teinté de dérision cette opération "d'emmerement"). Le prétexte avancé par Washington repose sur le "fait" qu'aucun pays au monde n'ait accepté que soit ensevelie la dépouille d'Oussama Ben Laden dans son sol – pas même l'Arabie saoudite où vit la famille Ben Laden. Le problème dans ce choix de l'immersion, c'est qu'il a été présenté par l'administration américaine comme respectueux de l'islam parce que soumis au préalable à l'accomplissement des rites funéraires qui conviennent.

Or, à notre connaissance, il semble que ce soit pourtant la première fois dans l'histoire qu'un musulman mort ou tué sur la terre ferme soit ensuite officiellement "emmeré". Les conseillers d'Obama, saisissant certainement le malaise, déclarèrent à qui voulait l'entendre que faire disparaître le corps en mer avait pour objet d'éviter que la sépulture du terroriste ne devienne un lieu de pèlerinage pour ceux qui voudraient suivre sa voie. Sans aller jusqu'à douter de la sincérité de ces affirmations, cela révèle une très grande naïveté à l'égard de l'islam en général, et vis-à-vis des salafites-djihadistes en particulier. Car ces derniers se refusent à la visite des tombes et rejettent viscéralement le culte des morts. La charia version Maison Blanche risque ainsi de transformer Ben Laden en mythe errant et omniprésent reproduit par l'imaginaire djihaddiste
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mer 18 Mai - 12:19

Le meurtre de Ben Laden: "Quand un peuple fête la mort !"
http://www.lepost.fr/article/2011/05/10/2490057_le-meurtre-de-ben-laden-quand-un-peuple-fete-la-mort.html
Ce texte est de Jean-Marie Muller écrit le 4 mai 2011 qui est parvenu à la rédaction de Réveil-FM International. Jean-Marie Muller est un philosophe français, spécialiste de Gandhi et de la non-violence. Il est directeur des études à l'Institut de recherche sur la résolution non-violente des conflits. Il est aussi un membre fondateur du Mouvement pour une alternative non-violente, et membre du comité de parrainage de la Coordination française pour la Décennie de la culture de paix et de non-violence. Il soutient, depuis sa création en 2001, le fonds associatif Non-Violence XXI.qui est philosophe, écrivain et porte parole du Mouvement pour que Alternative Non-violente ( MAN : www.nonviolence.fr ).

Tard dans la soirée du 1er mai 2011, le Président Obama déclare à la télévision : « Je suis en mesure d’annoncer aux Américains et au monde que les États-Unis ont mené une opération qui a tué Oussama Ben Laden. (…) Justice a été faite. Justice has been done. » Oui, mais quelle justice a été faite ?

Le Président américain précise qu’il avait « autorisé une opération destinée à capturer Oussama Ben Laden et à le présenter devant la justice. » Si tel était bien l’objectif recherché, alors l’opération conduite par les militaires des forces spéciales américaines a échoué. La mort de Ben Laden signifie au contraire qu’il ne rendra jamais compte de ses actes devant la justice. Ben Laden n’a pas été capturé, il a été tué. Il n’a pas été jugé, il a été exécuté. On nous dit que la photo de son cadavre est « atroce ».

Son meurtre est un acte de violence, il n’est pas un acte de justice. La justice des hommes civilisés est un acte d’humanité et non de violence.

Il y a tout lieu de penser que l’objectif des Américains n’était pas de capturer Ben Laden, mais de le tuer. Détenir comme prisonnier le leader d’Al Quaïda aurait posé à l’État américain des problèmes ingérables. Et pouvait-il se permettre d’instruire le procès de Ben Laden devant un tribunal dont il aurait fait une tribune ? Tout compte fait, sa disparition l’arrange bien. Trop bien. Le 16 mars 2010, Eric Holder, le ministre de la Justice américain, avait déclaré devant le Congrès qu’Oussama Ben Laden ne serait « jamais traduit devant un tribunal américain » parce qu’il serait tué au moment de son arrestation. « La réalité, avait précisé le ministre, est qu’on lira ses droits au cadavre d’Oussama Ben Laden. »

La mort de Ben Laden correspond à une certaine logique, mais c’est seulement la logique de la vengeance. Ce n’est pas la justice qui a été faite, mais la vengeance. Quelle autre motivation à ce meurtre que la seule recherche de la vengeance ? Quel autre bénéfice le peuple américain peut-il espérer de cette mort que la satisfaction de son désir de vengeance ?

Quand la plus grande puissance militaire du monde tue un homme désarmé qui vit dans une maison de campagne, où est le progrès de la justice ? Où le progrès de la liberté ? Où celui des droits de l’Homme ? Où l’avancée de la civilisation ? Où celle de la paix ? Où celle de la démocratie ? Tuer un homme, ce n’est pas défendre une cause, c’est tuer un homme.

L’immersion en mer du corps de Ben Laden, quelles que soient les précautions qui ont pu être prises, est non seulement contraire aux règles de l’islam, elle est contraire aux lois de l’humanité. Comme si le meurtre de l’ennemi ne suffisait pas et qu’il fallait pourvoir à son anéantissement.

Certes, nul ne peut avoir oublié l’horreur des attentats du 11 septembre 2001 qui a traumatisé le peuple américain. Ben Laden, comme l’a souligné Barack Obama, était « responsable du meurtre de milliers d’hommes, de femmes et d’enfants innocents ». Mais en quoi le meurtre de Ben Laden rend-il justice aux victimes et à leurs familles ?

Ce meurtre ne satisfait que la justice archaïque de la loi du talion dont la caractéristique est précisément de redoubler la violence. Ce meurtre ne fait que banaliser la mort.

Certes, le terrorisme islamiste fait peser une réelle menace sur les démocraties et celles-ci ont le droit et le devoir de se défendre. Mais le meurtre de Ben Laden mérite-t-il d’être salué comme une grande victoire de la démocratie sur le terrorisme ?

Est-il de nature à renforcer la sécurité des démocraties ? Rien n’est moins sûr. L’élimination de Ben Laden ne saurait affaiblir l’idéologie du terrorisme. D’aucuns vont certainement vouloir venger la mort de celui qui a été martyrisé.

Point n’est besoin d’être un grand expert pour penser qu’une radicalisation des réseaux terroristes est fort probable et que, de ce fait, les risques d’attentats sont accrus. Là encore, tout cela est conforme à la logique de la violence. Aussitôt, peu après minuit, de Washington à New York des milliers d’Américains sont descendus dans la rue et se sont rassemblés pour fêter cette mort comme on fête une magnifique victoire. La télévision américaine nous a montré des images de foules en liesse chantant et dansant pour hurler leur joie. « USA, USA ! », criaient en riant à gorge déployée ces femmes et ces hommes pour exprimer leur fierté d’être Américains.

En France, tous ceux qui s’appliquent à tenir un langage politiquement correct ont affirmé qu’ils se réjouissaient de la mort de Ben Laden qui signifiait à leurs yeux une victoire de la démocratie sur le terrorisme.

Tous semblent s’accorder avec le communiqué publié le 2 mai par la Présidence de la République française : « Justice est faite ». Et tous semblent se satisfaire de cette justice expéditive.

Certes, il suffit d’un peu de psychologie pour comprendre la satisfaction et le soulagement ressentis par ceux-là mêmes qui ont été douloureusement meurtris par les agissements criminels de Ben Laden.

C’est « humain », « bien humain ». Mais cette compréhension compatissante ne saurait venir donner raison aux manifestations exorbitantes qui ont eu lieu.

La décence aurait voulu que cette satisfaction soit retenue au lieu qu’elle laisse place à une explosion débridée de jouissance.

En ces circonstances, il faut nous ressouvenir des paroles d’humanité du poète : « Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse… » Si j’osais, j’ajouterais : danser, chanter, crier, est également lâche…

Comment l’homme peut-il fêter la mort en criant de joie ? Ne faut-il pas pour cela que la violence soit profondément ancrée dans son cœur et dans son esprit ? Ne faut-il pas pour cela que la violence ait détruit toute une part de l’humanité en lui ?

Comment l’homme peut-il respecter l’humanité en lui s’il ne respecte pas l’humanité en l’autre, fut-il son pire ennemi ? Le sang de l’ennemi est toujours le sang de l’humanité. Le meurtre est toujours un échec, un drame et un malheur. La tragédie de la violence c’est précisément qu’elle enferme chacun des deux adversaires dans un engrenage où l’un et l’autre finissent par perdre le sens sacré de la vie. Chacun reste prisonnier de la logique de la violence qui est une logique de mort.

Dans un texte écrit au début de la seconde guerre mondiale et intitulé Considérations actuelles sur la guerre et sur la mort, Freud écrit : "Lorsqu'une décision aura mis fin au sauvage affrontement de cette guerre, chacun des combattants victorieux retournera joyeux dans son foyer, retrouvera sa femme et ses enfants, sans être occupé ni travaillé par la pensée des ennemis qu'il aura tués dans le corps à corps ou par une arme à longue portée ." Ainsi l'homme civilisé n'éprouve-t-il aucun sentiment de culpabilité vis-à-vis du meurtre de ses ennemis. Freud fait remarquer qu'il n'en était pas ainsi de l'homme primitif.

"Le sauvage, note-t-il, n'est nullement un meurtrier impénitent. Lorsqu'il revient vainqueur du sentier de la guerre, il n'a pas le droit de pénétrer dans son village ni de toucher sa femme avant d'avoir expié ses meurtres guerriers par des pénitences souvent longues et pénibles ." Freud conclut en soulignant que l'homme primitif faisait ainsi preuve d'une "délicatesse morale qui s'est perdue chez nous hommes civilisés ".

Le sage chinois Lao Tseu exprime, dans le chapitre 31 du Tao Té King, la même obligation de prendre le deuil pour celui qui a dû, sous la contrainte de la nécessité, recourir à la violence contre son adversaire :

"Aussi brillantes qu'elles soient, les armes ne sont jamais qu'instruments de malheur ;

Ceux qui vivent les ont justement en horreur.

C'est pourquoi l'homme du Tao point ne s'en mêle. (...)

Pour le noble, il n'est point d'armes qui soient heureuses ;

L'instrument du malheur n'est point son instrument.

Il y recourt contre son gré, si nécessaire,

Aimant par-dessus tout la quiétude et la paix ;

Même dans la victoire, il ne se réjouit ;

Car pour s'en réjouir, il faut aimer tuer,

Et celui qui se plaît au massacre des hommes,

Que peut-il accomplir dans le monde des hommes ? (...)

Deuil et lamentation pour le massacre des hommes,

Rite funèbre pour donner rang au vainqueur."

Ces considérations de Lao Tseu et de Freud sur l'obligation du deuil pour l'homme meurtrier de son adversaire ne doivent pas être regardées avec la désinvolture amusée que l'on prête volontiers aux anecdotes édifiantes relatives aux us et coutumes d'un temps révolu. Il convient non seulement de les prendre au sérieux, mais il faut les prendre à la lettre.

L'homme véritablement "civilisé", s'il s'est trouvé pris au piège de la nécessité qui l'a contraint à tuer son adversaire, n'a pas le goût de fêter une quelconque victoire, il ne cherche pas à se disculper par une quelconque justification, mais il veut prendre le deuil de celui qui est mort de ses mains.

Les assertions de Lao Tseu et de Freud sont irrécusables :

après le meurtre de l'ennemi, la "civilisation" exige le port du deuil, tandis que la "sauvagerie" incite à fêter la victoire.

Certes, il serait probablement déraisonnable d’attendre du peuple américain qu’il prenne de deuil de la mort de Ben Laden. Il faut tenir cependant avec Lao Tseu que, « pour s’en réjouir, il faut aimer tuer".


L’Assemblée nationale du Québec ne doit pas cautionner l’assassinat de Ben Laden
http://yclljc-magazine.blogspot.com/2011/05/lassemblee-nationale-du-quebec-ne-doit.html
Communiqué du Collectif Échec à la Guerre

Montréal, le 10 mai 2011. Le Collectif Échec à la guerre considère que l’Assemblée nationale du Québec devrait s’abstenir de cautionner l’assassinat extra-judiciaire d’Oussama Ben Laden de quelque façon que ce soit. La motion présentée par Gérard Deltell de l’ADQ ainsi que la reformulation sur un ton « plus sobre », souhaitée par le PQ, cautionneraient une opération contraire au droit international.

Un ennemi des États-Unis a été abattu, en dehors de tout cadre judiciaire, confirmant ainsi la tendance à l’érosion de l’état de droit et à l’érosion du droit international associées à la guerre « contre le terrorisme ». On a ainsi assisté à des détentions indéfinies sans procès, au recours à la torture, à la multiplication des assassinats ciblés menés par des « forces spéciales » ou des drones en violation de la souveraineté des États, au détournement de l’ONU pour avaliser les actions des pays envahisseurs en Irak et en Afghanistan, etc. L’adoption de la résolution 1973 du Conseil de sécurité autorisant les pays qui le veulent à utiliser « tous les moyens nécessaires » soi-disant pour protéger les civils en Libye est un autre exemple de ce détournement, cette résolution menant immédiatement l’OTAN à appuyer l’un des deux camps dans une guerre civile et à tenter d’assassiner le chef d’État libyen.

Depuis 2001, le discours officiel de la guerre « contre le terrorisme » sert de paravent pour justifier les avancées militaires au Moyen-Orient et en Asie centrale de l’empire étasunien et de ses proches alliés. Il est aussi invoqué par des régimes dictatoriaux à l’encontre des velléités démocratiques de leurs populations. Or, dans sa résolution, l’ADQ présente la mort de Ben Laden comme une avancée qui doit encourager l’OTAN à poursuivre sa guerre d’occupation en Afghanistan. À l’évidence, vu son rôle de représentativité, l’Assemblée nationale du Québec devrait s’abstenir de tout appui à une guerre que la grande majorité de la population québécoise désapprouve de façon non équivoque.

Contrairement à la député péquiste Louise Beaudoin, nous n’approuvons pas non plus le ton du président Obama sur la question, qui est loin de la sobriété : discours à la nation, visite à Ground Zero, et même, une rencontre avec le commando qui a abattu Ben Laden. Mais c’est davantage sur le fond de la question que nous divergeons. Contrairement au président Obama, nous ne pensons pas que « justice a été faite ». La justice aurait exigé de véritables efforts pour capturer Ben Laden vivant et lui intenter un procès public observant toutes les règles du droit. Un procès qui aurait pu se révéler embarrassant... L’assassinat sélectif nous ramène au contraire au « Far West » où chacun, à son gré, se « fait justice ».

Si l’Assemblée nationale du Québec veut réfléchir sur des enjeux qui ne relèvent pas immédiatement de sa juridiction mais qui nous concernent toutes et tous, elle devrait s’interroger sur cette dérive inquiétante.
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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Mer 1 Juin - 13:11

Lettre ouverte au Point
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/lettre-ouverte-au-point-95116


Voilà un texte qui sera envoyé à une grande partie de la presse française dans le cadre d'un communiqué de presse.


Chers collègues,

La couverture du Point du 5 mai 2011 nous a vivement intrigués : « AMERICA IS BACK » y titrez vous en grandes lettres capitales. A l'affiche, un Barack Obama souriant, l'air résolu, et pointant l'index vers nous, la bannière étoilée flottant en arrière-plan. En-dessous, vous annoncez que votre numéro propose à ses lecteurs le « récit secret de la traque de Ben Laden ».

Alléchés par cette couverture prometteuse et destinée à frapper les esprits, nous avons voulu nous rendre compte des faits et des arguments par lesquels vous justifiez, 4 jours seulement après l'événement, le fait que l'élimination de Ben Laden signifiait le « retour de l'Amérique ».

Nous avons décidé de vous écrire cette lettre ouverte parce que nous nous sommes rendus compte que le long article associé à la couverture, rédigé par Pierre Beylau et Hélène Vissière constituait, eût égard à l'importance du sujet traité (la mort de Ben Laden et ses conséquences), un exemple de dévoiement journalistique particulièrement scandaleux, et une insulte grave au bon sens le plus élémentaire de vos lecteurs.

Cet article est moins l'oeuvre de journalistes savants dans les questions géopolitiques, que de romanciers engagés, et nous sommes sidérés qu'aucun responsable éditorial de votre journal n'ait jugé utile d'ajouter quelques bémols à la présentation dithyrambique que vous faites de cet événement dans votre magazine.

Disséquer toutes les erreurs et approximations contenus dans cet article prendrait trop de place dans une missive que nous voulons dense. Nous limiterons donc notre critique aux points qui nous ont paru les plus propres à porter atteinte à votre réputation de « magazine d'information ».

« Magistral » commencez vous en fanfare. la spectaculaire élimination de Ben Laden restaure le mythe de l'Amérique invincible, vous félicitez-vous dans la foulée. Inouï, vous exclamez-vous même plus loin. Commentant l'opération commando ayant mené à l'élimination de Ben Laden, vous exultez : Quelle maestria ! Plus loin, vous avancez que les adversaires de l'Amérique sont désormais admiratifs ; depuis 4 jours, assurez vous, informés sans doute par un vaste réseau d'indicateurs, la bannière étoilée n'est plus que rarement brûlée. Le président Barack Obama reçoit de votre part force louanges : l'homme, tout paisible et adepte du soft power(puissance douce) soit-il, viendrait de démontrer qu'il ne dédaignait pas, quand il le fallait, utiliser la manière forte. En effet, en visionnaire qu'il est, il sait que la démocratie ne s'impose pas par la force des baïonnettes, mais émerge par une lente maturation des sociétés. Le portrait que vous tracez de Ben Laden donne un curieux effet de miroir inversé : nous aurions là affaire à la bête noire de l'Amérique, le diable inspirateur de la tuerie du 11 septembre, l'homme le plus haï des Etats-Unis ; c'est pour fêter la mort du démon que les Américains descendent fous de joie dans les rues.

Débordants d'enthousiasme, comme des spectateurs devant un film de propagande à grand spectacle, vous vous enflammez : L'opération, telle qu'elle est décrite par les autorités, pourra figurer dans les scénarios de Hollywood. Tout y est : la longue traque, la localisation minutieuse de l'objectif, le commando héliporté des forces spéciales frappant au coeur de la nuit en territoire pakistanais avant de se replier en bon ordre sur un porte-avions, mission accomplie.



Nous n'avons évidement rien contre la poésie, les panégyriques, ou le romanquête, cela donne à l'occasion des textes distrayants et agréables à lire. Cependant quand il s'agit de traiter un sujet au retentissement historique aussi considérable 4 jours après qu'il soit survenu, il faut qu'aux qualités littéraires (que nous vous reconnaissons bien volontiers), s'ajoutent celle d'une connaissance minimale de l'histoire, du respect des faits, et d'un minimum de retenue.

Au premier paragraphe vous spéculez :Engagée dans trois conflits incertains, aux prises avec des problèmes économiques ravageurs, la première puissance du monde vacillait dans ses certitudes, semblait ne plus croire à son destin. Fichtre ! La mort de Ben Laden suffirait donc à gommer d'un trait les coûts matériels et humains colossaux de l'invasion de l'Irak et de l'Afghanistan, que 44 millions d'Américains sont aujourd'hui obligés de vivre de coupons alimentaires, ou que le trésor public ait dû le 6 janvier dernier se porter garant de la totalité des actifs pourris de la FED dont cette dernière s'était portée acquéreur pour sauver le système bancaire ?

Dans l'avant dernier paragraphe vous faites la leçon : Historiquement, ce sont souvent les circonstances qui ont conduit les Etats-Unis à intervenir dans les affaires planétaires. Ils ne sont entrés dans la Grande Guerre (14-18) qu'en 1917 et dans le second conflit mondial que fin 1941, après avoir été attaqués par le Japon à Pearl Harbor. Ce sont, chaque fois, les Européens qui ont entraîné l'Amérique dans la guerre et non le contraire. La règle vaut aussi pour les Balkans après l'éclatement de la Yougoslavie. Et ce ne sont pas les Etats-Unis, mais la France et la Grande-Bretagne qui ont été en pointe dans l'actuelle crise libyenne.

Curieuse liste que celle que vous faites là. Que d'oublis, et d'imprécisions, que d'affirmations à l'emporte-pièce ! Nulle trace de la guerre du Vietnam, déclenchée après les incidents du Tonkin de 1964, rien sur l'invasion de l'Afghanistan sans qu'à ce jour aucune preuve n'ait jamais été fournie pour la justifier, et rien sur l'incroyable campagne de propagande qui a précédé celle de l'Irak en 2003. Quant à l'épisode de Pearl Harbor, pour ne reprendre que cet exemple, il est beaucoup plus controversé que ce que votre présentation simpliste sous-entend.

Il est vrai, comme vous le soulignez en plusieurs endroits, que les deux " sales guerres " de la décennie écoulée ont été initiées par l'administration Bush et non celle d'Obama. Ce dernier ne peut donc être tenu comptable, suggérez-vous, des excès et errances de l'administration précédente. L'homme serait en train d'opérer de l'intérieur une révolution du système à lui tout seul... Vraiment ? Alors la prison de Guantanamo a été démantelée ? Les terroristes qui y sont emprisonnés depuis 9 ans ont ils enfin été jugés devant un tribunal civil ? le Patriot Act a-t-il être abrogé ? Les whistleblowers comme Sibel Edmonds ont ils plus de liberté d'expression que sous la présidence de George W. Bush ? Et l'état du Delaware a-t-il cessé d'être le plus grand paradis fiscal de la planète ?



Au vu du compte-rendu sommaire que nous venons de faire de votre article, vous aurez bien compris que pour nous le compte est très loin d'y être au regard de ce que vous promettiez dans votre couverture. Pas le moindre fait solide, aucune source. Ah si... Vous relevez sans faire d'erreur l'heure à laquelle la nouvelle de la mort a été rendue publique : 21h50 ; vous avez recopié avec exactitude le nombre de morts étasuniens de la guerre en Irak : 4452 ; pour le reste... le seul fait sur lequel vous vous étendez un peu est l'incertaine version décrite par les autorités, que vous rapportez avec la vénération et la crédulité d'enfants buvant les propos de leurs parents... Nous regrettons au passage que vous ayez omis d'évoquer, ne serait-ce qu'en passant, le million de victimes consécutives à l'invasion de l'Irak, où précisément les Etasuniens ont prétendu imposer la démocratie à la force des baïonnettes, remplacées pour l'occasion par des bombes à l'uranium appauvri.

La charte de Munich recommande notamment aux journalistes de publier seulement les informations dont l’origine est connue ou les accompagner, si c’est nécessaire, des réserves qui s’imposent, et de ne jamais confondre le métier de journaliste avec celui du publicitaire ou du propagandiste. A l'évidence, cet article et la couverture qui lui est associée, constituent une grave entorse à ce que vous devriez suivre comme votre code de conduite.



Nous voudrions pour finir revenir un peu au sujet sur lequel est basé cet article... Du temps a passé depuis votre numéro enthousiaste du 5 mai, et un certain nombre de questions de bon sens demeurent :

Si Ben Laden dans sa maison n'était pas armé, n'était-ce pas l'occasion formidable de le faire prisonnier pour le traduire en justice, plutôt que de l'abattre à bout portant d'une balle dans la tête ?

Une telle élimination, au regard des valeurs de justice, ne devrait elle pas être regardée comme une exécution sommaire extra-judicaire ?

Ne trouvez-vous pas étonnant que parmi toutes les vidéos retrouvées dans la maison, n'ait été rendue publique que celle où on le voit de dos, passant en revue des séquences de lui, avec une bande son retirée ?

Ne trouvez-vous pas d'un cynisme absolu d'avoir désigné Ben Laden du nom de Geronimo, alors que la spoliation des indiens d'Amérique constitue l'un des plus grands crimes contre l'humanité de l'histoire ?

N'est-ce pas une provocation d'avoir fait disparaître le corps de Ben Laden dans l'océan, au prétexte du nécessaire respect des règles d'inhumation en Islam ?



Nous vous invitons pour finir à consulter cette interview de ben Laden parue le 28 septembre 2001, dans laquelle il dément toute implication dans les attentats du 11 septembre. L'authenticité de ce document n'a jamais été remise en cause. Serez vous les premiers à le faire ?



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Re: démocratie et justice ...

Message  ivo le Sam 1 Oct - 10:20

Le meurtre d'Aulaqi d'al-Qaida légal
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/10/01/97001-20111001FILWWW00321-le-meurtre-d-aulaqi-legal.php
L'élimination de l'imam extrémiste américano-yéménite Anwar al-Aulaqi au Yémen a été approuvée par un document secret du département américain de la Justice, a indiqué le Washington Post hier. Aulaqi a été tué hier par une frappe d'un drone de la CIA, ont rapporté CNN et le Washington Post. La Maison Blanche a refusé de donner des détails sur l'opération couverte par le secret qui entoure les actions anti-terroristes.

Un haut responsable des services secrets a cependant affirmé au Washington Post que la CIA n'aurait pas tué un citoyen américain sans un accord écrit du département de la Justice. Le document a été rédigé après que des juristes de l'administration de Barack Obama ont examiné les questions légales concernant l'élimination d'un citoyen américain. Les responsables ont indiqué au quotidien qu'il n'y avait pas eu de désaccord sur la légitimité de l'élimination d'Aulaqi, le premier citoyen américain à figurer sur la liste "à tuer ou capturer" de la CIA.

L'élimination de l'iman a soulevé une controverse aux Etats-Unis sur le droit ou non du président d'autoriser le meurtre d'un ressortissant américain à l'étranger au nom de la lutte contre le terrorisme. "D'un point de vue général, il serait tout à fait légal pour les Etats-Unis de prendre pour cible des dirigeants haut placés de forces ennemies, de quelque nationalité que ce soit, qui conspirent pour tuer des Américains", a indiqué un haut responsable sous couvert de l'anonymat.

Pardiss Kebriaei, avocate auprès de l'association Center for Constitutional Rights, a cependant déclaré que "si cela s'est fait en l'absence d'une menace imminente ou d'un danger de mort, c'est un meurtre illégal au regard de la constitution américaine et du droit international".


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