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nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  Invité le Dim 29 Mai - 12:36

Mouvement des "indignés" en Espagne : l'avenir appartient à la classe ouvrière !
Publié par ICConline le 28 May, 2011 - 17:26
in

Luttes de classe
Espagne
Au moment où, dans beaucoup de pays, les médias font, jour après jour, leurs gros titres sur le "séisme" du "scandale DSK", un autre "séisme", réel, frappe l'Europe : celui d'un vaste mouvement social en Espagne qui se cristallise, depuis le 15 mai, par l'occupation jour et nuit de la Plaza Del Sol à Madrid par une marée humaine composée essentiellement de jeunes, révoltés par le chômage, les mesures d'austérité du gouvernement Zapatero, la corruption des politiciens. Ce mouvement social s'est répandu comme une trainée de poudre à toutes les villes du pays grâce aux réseaux sociaux (Facebook, Twitter…) : Barcelone, Valence, Grenade, Séville, Malaga, León… Mais les informations n'ont pas franchi la barrière des Pyrénées. En France, seuls les réseaux sociaux Internet et certains médias alternatifs ont largement diffusé les images et les vidéos de ce qui se passait en Espagne depuis la mi-mai. Si les médias bourgeois ont fait un tel black-out sur ces événements, en préférant nous intoxiquer avec la "série américaine" de l'affaire DSK, c'est justement parce que ce mouvement constitue une étape très importante dans le développement des luttes sociales et des combats de la classe ouvrière mondiale face à l'impasse du capitalisme.

Les prémices du mouvement

Le mouvement des "indignés" en Espagne a mûri depuis la grève générale du 29 septembre 2010 contre le projet de réforme des retraites. Cette grève générale s'est soldée par une défaite tout simplement parce que les syndicats ont négocié avec le gouvernement et accepté le projet de réforme (les travailleurs actifs de 40-45 ans toucheront, à leur départ à la retraite, une pension inférieure de 20% à leur pension actuelle). Cette défaite a provoqué un profond sentiment d'amertume au sein de la classe ouvrière. Mais elle a suscité un profond sentiment de colère parmi les jeunes qui s'étaient mobilisés et avaient participé activement au mouvement, notamment en apportant leur solidarité dans les piquets de grève.

Début 2011, la colère commence à gronder dans les universités. En mars, au Portugal, un appel à une manifestation du groupe Jeunes Précaires est lancé sur Internet et débouche sur une manifestation regroupant 250 000 personnes à Lisbonne. Cet exemple a eu un effet immédiat dans les universités espagnoles, notamment à Madrid. La grande majorité des étudiants et des jeunes de moins de 30 ans survit avec 600 euros par mois grâce à des petits boulots. C'est dans ce contexte qu'une centaine d'étudiants ont constitué le groupe "Jeunes sans futur" ("Jovenes sin futuro"). Ces étudiants pauvres, issus de la classe ouvrière, se sont regroupés autour du slogan "sans soins, sans toit, sans revenus, sans peur". Ils ont appelé à une manifestation le 7 avril. Le succès de cette première mobilisation qui a rassemblé environ 5000 personnes, a incité le groupe "Jeunes sans futur" à programmer une nouvelle manifestation pour le 15 mai. Entre temps est apparu à Madrid, le collectif "Democracia Real Ya" (Démocratie Réelle Maintenant !) dont la plateforme se prononçait aussi contre le chômage et la "dictature des marchés", mais qui affirmait être "apolitique", ni de droite ni de gauche. Democracia Real Ya a lancé également des appels à manifester le 15 mai dans d'autres villes. Mais c'est à Madrid que le cortège a connu le plus grand succès avec environ 25 000 manifestants. Un cortège bon enfant qui devait se terminer tranquillement sur la place de la Puerta del Sol (la "Porte du Soleil").

La colère de la jeunesse "sans futur" gagne l'ensemble de la population

Les manifestations du 15 mai appelées par Democracia Real Ya ont connu un succès spectaculaire : elles exprimaient un mécontentement général, notamment parmi les jeunes confrontés au problème du chômage à la fin de leurs études. Tout aurait dû apparemment s'arrêter là, mais à la fin des manifestations à Madrid et à Grenade des incidents provoqués par un petit groupe de "black blocks" sont réprimés par les charges de la police et se sont soldées par plus d'une vingtaine d'arrestations. Les détenus, brutalisés dans les commissariats, se sont regroupés dans un collectif et ont adopté un communiqué dénonçant les violences policières. La diffusion de ce communiqué a suscité immédiatement une réaction d'indignation et de solidarité générale face à la brutalité des forces de l'ordre. Une trentaine de personnes totalement inconnues et inorganisées décident d'occuper la Puerta del Sol à Madrid et d'y établir un campement. Cette initiative a fait immédiatement tâche d'huile et a gagné la sympathie de la population. Le même jour, l'exemple madrilène s'étend à Barcelone, Grenade et Valence. Une nouvelle flambée de répression policière met le feu aux poudres et depuis lors, les rassemblements de plus en plus massifs sur les places centrales se sont étendus à plus de 70 villes du pays et n'ont fait que croître à toute allure.

Dans l'après-midi du mardi 17 mai, les organisateurs du "mouvement du 15 Mai" avaient prévu des actions silencieuses de protestation ou des mises en scène ludique "défouloir", mais la foule rassemblée sur les places publiques ne cessait de croître en réclamant à grands cris la tenue d'assemblées. A 20 heures, commencent à se tenir des assemblées à Madrid, Barcelone, Valence et dans d'autres villes. A partir du mercredi 18, ces assemblées prennent la forme d'une véritable avalanche. Les rassemblements se transforment en Assemblées générales ouvertes sur les places publiques.

Face à la répression et dans la perspective des élections municipales et régionales, le collectif Democracia Real Ya lance le débat autour d'un objectif : la "régénération démocratique" de l'État espagnol. Il revendique une réforme de la loi électorale afin d'en finir avec le bipartisme PSOE/Parti Populaire en réclamant une "vraie démocratie" après 34 ans de "démocratie imparfaite" suite au régime franquiste.

Mais le mouvement des "indignés" a largement débordé la seule plateforme revendicative, démocratique et réformiste, du collectif Democracia Real Ya. Il ne s'est pas cantonné à la seule révolte de la jeune "génération perdue des 600 euros". Dans les manifestations et sur les places occupées à Madrid, comme à Barcelone, Valence, Malaga, Séville etc., sur les pancartes et banderoles, on pouvait y lire des slogans tels que : "Démocratie sans capital!", "PSOE et PP, la même merde", "Construisons un futur sans capitalisme !", "Si vous ne nous laissez pas rêver, nous ne vous laisserons pas dormir", "Tout le pouvoir aux Assemblées !", "Le problème n'est pas la démocratie, le problème, c'est le capitalisme !", "Sans travail, sans maison, sans peur", "ouvriers, réveillez-vous !" "600 euros par mois, voilà où est la violence !".

A Valence, des femmes criaient : "ils ont trompés les grands-parents, ils sont encore trompés les fils, il faut que les petits enfants ne se laissent pas avoir !".
Les Assemblées massives, une "arme chargée de futur"

Face à la démocratie bourgeoise qui réduit la "participation" au fait de "choisir" tous les quatre ans le politicien qui ne tiendra jamais ses promesses électorales et mettra en œuvre les plans d'austérité exigés par la l'aggravation inexorable de la crise économique, le mouvement des "indignés" en Espagne s'est réapproprié spontanément une arme du combat de la classe ouvrière : les Assemblées générales ouvertes. Partout ont surgi des assemblées massives de villes, regroupant des dizaines de milliers de personnes de toutes les générations et de toutes les couches non exploiteuses de la société. Dans ces assemblées, chacun peut prendre la parole, exprimer sa colère, lancer des débats sur différentes questions, faire des propositions. Dans cette atmosphère d'ébullition générale, la parole se libère, tous les aspects de la vie sociale sont passés en revue (politique, culturel, économique…). Les places sont inondées par une gigantesque vague collective d'idées discutées dans un climat de solidarité et de respect mutuel. Dans certaines villes, on installe des "boîtes à idées", des urnes où chacun peut déposer des idées rédigées sur un bout de papier. Le mouvement s'organise avec une très grande intelligence. Des commissions se mettent en place, notamment pour éviter les débordements et les affrontements avec les forces de l'ordre : la violence y est interdite, l'alcoolisation proscrite avec le mot d'ordre "La revolución no es botellón" (La révolution n'est pas une beuverie). Chaque jour, des équipes de nettoyage sont organisées. Des cantines publiques servent des repas, des garderies pour enfants et des infirmeries sont montées avec des volontaires. Des bibliothèques sont mises en place ainsi qu'une "banque du temps" (où son organisés des enseignements aussi bien scientifiques que culturels, artistiques, politiques, économiques). Des "journées de réflexion" sont planifiées. Chacun apporte ses connaissances et ses compétences.

En apparence, ce torrent de pensées ne semble déboucher sur rien. Il n'y a pas de propositions concrètes, pas de revendications réalistes ou immédiatement réalisables. Mais ce qui apparaît clairement, c'est d'abord et avant tout un énorme ras-le-bol de la misère, des plans d'austérité, de l'ordre social actuel, une volonté collective de briser l'atomisation sociale, de se regrouper pour discuter, réfléchir tous ensemble. Malgré les nombreuses confusions et illusions, dans les bouches comme sur les banderoles et pancartes, le mot "révolution" est réapparu et ne fait plus peur.

Dans les Assemblées, les débats ont fait apparaître des questions fondamentales :

- faut-il se limiter à la "régénération démocratique" ? Les problèmes n'ont-ils pas leur origine dans le capitalisme, un système qui ne peut être réformé et doit être détruit de fond en comble ?

- Le mouvement doit-il s'arrêter le 22 mai, après les élections, ou faut-il le poursuivre pour lutter massivement contre les attaques des conditions de vie, le chômage, la précarité, les expulsions ?

- Ne devrait-on pas étendre les assemblées aux lieux de travail, aux quartiers, aux agences pour l'emploi, aux lycées, aux universités ? Doit-on enraciner le mouvement chez les travailleurs qui sont les seuls à avoir la force de mener une lutte généralisée ?

Dans ces débats au sein des Assemblées, deux tendances sont apparues très clairement :

- l'une, conservatrice, animée par les couches sociales non prolétariennes semant l'illusion qu'il est possible de réformer le système capitaliste à travers une "révolution démocratique et citoyenne";

- l'autre, prolétarienne, mettant en évidence la nécessité d'en finir avec le capitalisme.

Les assemblées qui se sont tenues le dimanche 22 mai, jour des élections, ont décidé de poursuivre le mouvement. De nombreuses interventions ont déclaré : "nous ne sommes pas ici à cause des élections, même si elles ont été le détonateur". La tendance prolétarienne s'est plus clairement affirmée à travers les propositions d'"aller vers la classe ouvrière" en mettant en avant des revendications contre le chômage, la précarité, les attaques sociales. A la Puerta del Sol, la décision est prise d'organiser des "assemblées populaires" dans les quartiers. On commence à entendre des propositions d'extension vers les lieux de travail, les universités, les agences pour l'emploi. A Malaga, Barcelone et Valence, les assemblées ont posé la question d'organiser une manifestation contre les réductions du salaire social, en proposant une nouvelle grève générale, qui soit "véritable" comme l'a affirmé l'un des orateurs.

C'est surtout à Barcelone, capitale industrielle du pays, que l'Assemblée centrale de la place de Catalogne, apparaît comme la plus radicale, la plus animée par la tendance prolétarienne et la plus distante par rapport à l'illusion de la "régénération démocratique". Ainsi, des ouvriers de la Telefónica, des travailleurs des hôpitaux, des pompiers, des étudiants mobilisés contre les coupes sociales, ont rejoint les assemblées de Barcelone et ont commencé à leur insuffler une tonalité différente. Le 25 mai, l'Assemblée de la place de Catalogne décide de soutenir activement la grève des travailleurs des hôpitaux, tandis que l'Assemblée de la Puerta del Sol à Madrid décide de décentraliser le mouvement en convoquant des "assemblées populaires" dans les quartiers afin de mettre en pratique une "démocratie participative horizontale". A Valence, les manifestations des chauffeurs de bus ont rejoint une manifestation d'habitants contre les coupes budgétaires dans l'enseignement. A Saragosse, les conducteurs de bus se sont joints aux rassemblements avec le même enthousiasme.

A Barcelone, les "indignés" décident de maintenir leur campement et de continuer à occuper la place de Catalogne jusqu'au 15 juin.

L'avenir est entre les mains des jeunes générations de la classe ouvrière

Quelle que soit la direction dans lequel va se poursuivre le mouvement, quelle que soit son issue, il est clair que cette révolte initiée par les jeunes générations confrontée au chômage (en Espagne, 45 % de la population des 20-25 ans n'a pas de travail), se rattache pleinement au combat de la classe ouvrière. Sa contribution à la lutte internationale de la classe ouvrière est indiscutable.

C'est un mouvement généralisé qui a impliqué toutes les couches sociales non exploiteuses, notamment toutes les générations de la classe ouvrière. Même si celle-ci a été noyée dans la vague de colère "populaire" et ne s'est pas affirmée de façon autonome à travers des grèves et manifestations massives, en mettant en avant ses propres revendications économiques immédiates. Ce mouvement exprime en réalité une maturation en profondeur de la conscience au sein de la seule classe qui puisse changer le monde en renversant le capitalisme : la classe ouvrière.

Ce mouvement révèle clairement que, face à la faillite de plus en plus évidente du capitalisme, des masses importantes commencent à se lever dans les pays "démocratiques" d'Europe occidentale, ouvrant la voie à la politisation des luttes du prolétariat.

Mais surtout, ce mouvement a révélé que les jeunes, en grande majorité des travailleurs précaires et chômeurs, ont été capables de s'approprier les armes de combat de la classe ouvrière : les assemblées générales massives et ouvertes, qui leur ont permis de développer la solidarité et de prendre eux-mêmes en main leur propre mouvement en dehors des partis politiques et des syndicats.

Le mot d'ordre "Tout le pouvoir aux assemblées !" qui a surgi dans le mouvement, même si de façon encore minoritaire, n'est qu'un remake du vieux mot d'ordre de la Révolution russe "Tout le pouvoirs aux conseils ouvriers !" (soviets).

Même si, aujourd'hui, le mot "communisme" fait encore peur (du fait du poids des campagnes déchainées par la bourgeoisie au lendemain de l'effondrement du bloc de l'Est et des régimes staliniens), le mot "révolution" n'a effrayé personne, bien au contraire.

Ce mouvement n'est nullement une "Spanish Revolution" comme le présente le collectif Democracia Real Ya. Le chômage, la précarité, la vie chère et la dégradation constante des conditions d'existence des masses exploitées ne sont pas une spécificité espagnole ! Le visage sinistre du chômage, notamment le chômage des jeunes, on le voit autant à Madrid qu'au Caire, autant à Londres qu'à Paris, autant à Athènes qu'à Buenos Aires. Nous sommes tous unis dans la même chute dans l'abîme de la décomposition de la société capitaliste. Cet abîme, ce n'est pas seulement celui de la misère et du chômage, mais aussi celui de la multiplication des catastrophes nucléaires, des guerres et d'une dislocation des rapports sociaux accompagnée d'une barbarie morale (comme en témoigne, entre autres, l'augmentation des agressions sexuelles et des violences faites aux femmes dans les pays "civilisés").

Le mouvement des "indignés" n'est pas une "révolution". Il n'est qu'une nouvelle étape dans le développement des luttes sociales et des combats de la classe ouvrière à l'échelle mondiale, qui seuls, peuvent ouvrir une perspective d'avenir pour cette jeunesse "sans futur" comme pour l'ensemble de l'humanité.

Ce mouvement (malgré toutes ses confusions et ses illusions sur la "république indépendante del Sol"), révèle que, dans les entrailles de la société bourgeoise, la perspective d'une autre société est en gestation. Le "séisme espagnol" révèle que les nouvelles générations de la classe ouvrière, qui n'ont rien à perdre, sont d'ores et déjà les acteurs de l'histoire. Elles sont en train de creuser les galeries pour d'autres tremblements de terre sociaux qui finiront par ouvrir la voie vers l'émancipation de l'humanité. Grâce à l'utilisation de réseaux sociaux Internet, de la téléphonie mobile et des moyens modernes de communication, ces jeunes générations ont montré leur capacité à briser le black-out de la bourgeoise et de ses médias pour commencer à développer la solidarité au-delà des frontières.

Cette nouvelle génération de la classe ouvrière a émergé sur la scène sociale internationale à partir de 2003, d'abord face à l'intervention militaire en Irak de l'administration Bush (dans de nombreux pays, les jeunes manifestants protestaient contre la "busherie"), puis avec les premières manifestations en France contre la réforme des retraites en 2003. Elle s'est affirmée au printemps 2006 dans ce même pays avec le mouvement massif des étudiants et lycéens contre le CPE. En Grèce, en Italie, au Portugal, en Grande-Bretagne, la jeunesse scolarisée a fait également entendre sa voix face à la seule perspective que le capitalisme est capable de lui offrir : la misère absolue et le chômage.

Le raz de marée de cette nouvelle génération "sans futur" a frappé récemment la Tunisie et l'Égypte, conduisant à une gigantesque révolte sociale qui a provoqué la chute de Ben Ali et de Moubarak. Mais il ne faut pas oublier que l'élément déterminant qui a obligé la bourgeoisie des principaux pays "démocratiques" (et notamment Barak Obama) à lâcher Ben Ali et Moubarak, ce sont les grèves ouvrières et la menace d'une grève générale face à la répression sanglante des manifestants.

Depuis, la place Tarhir est devenue un emblème, un encouragement à la lutte pour les jeunes générations de la classe ouvrière dans de nombreux pays. C'est sur ce modèle que les "indignés" en Espagne ont établi leur campement à la Puerta del Sol, ont occupé les places de plus de 70 villes et ont agrégé dans les assemblées toutes les générations et toutes les couches sociales non exploiteuses (à Barcelone, les "indignés" ont même renommé la place de Catalogne, "Plaza Tahrir").

Le mouvement des "indignés" est, en réalité, beaucoup plus profond que la révolte spectaculaire qui s'est cristallisée au Caire sur la place Tahrir.

Ce mouvement a explosé dans le principal pays de la péninsule ibérique, et qui constitue le pont entre deux continents. Le fait qu'il se déroule dans un Etat "démocratique" d'Europe occidentale (et, de surcroit, dirigé par un gouvernement "socialiste" !), ne peut que contribuer, à terme, à balayer les mystifications démocratiques déployées par les médias depuis la "révolution de jasmin " en Tunisie.

De plus, bien que Democracia Real Ya qualifie ce mouvement de "spanish revolution", aucun drapeau espagnol n'a été exhibé, alors que la place Tahrir était inondée de drapeaux nationaux1.

Malgré les illusions et confusions qui jalonnent inévitablement ce mouvement initié par les jeunes "indignés", ce dernier constitue un maillon très important dans la chaîne des luttes sociales qui explosent aujourd'hui. Avec l'aggravation de la crise mondiale du capitalisme, ces luttes sociales ne peuvent que continuer à converger avec la lutte de classe du prolétariat et contribuer à son développement.

Le courage, la détermination et le sens profond de la solidarité de la jeune génération "sans futur" révèle qu'un autre monde est possible : le communisme, c'est-à-dire l'unification de la communauté humaine mondiale. Mais pour que ce "vieux rêve" de l'humanité puisse devenir réalité, il faut d'abord que la classe ouvrière, celle qui produit l'essentiel des richesses de la société, retrouve son identité de classe en développant massivement ses combats dans tous les pays contre l'exploitation et contre toutes les attaques du capitalisme.

Le mouvement des "indignés" a commencé à poser de nouveau la question de la "révolution". Il appartient au prolétariat mondial de la résoudre et de lui donner une direction de classe dans ses combats futurs vers le renversement du capitalisme. C'est uniquement sur les ruines de ce système d'exploitation basé sur la production de marchandises et le profit que les nouvelles générations pourront édifier une autre société, rendre à l'espèce humaine sa dignité et réaliser une véritable "démocratie" universelle.

Sofiane (27 mai 2011)



1 On a même vu, au contraire, apparaître des slogans appelant à une "révolution globale" et à l'"extension" du mouvement au-delà des frontières nationales. Dans toutes les Assemblées une "commission internationale" a été créée. Le mouvement des "indignés" a essaimé dans toutes les grandes villes d'Europe et du continent américain (même à Tokyo, Pnom-Penh et Hanoï, des regroupements de jeunes espagnols expatriés déploient la bannière de Democracia Real Ya !).

Courant communiste internationaliste

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  Invité le Dim 29 Mai - 19:03

Ça va mieux en le disant^^ :
Concernant le post précédent : je partage ce qui est dit dans l'article, par contre, je pense qu'il est inutile de préciser que je ne partage absolument pas les idées du CCI dans son ensemble. Par contre, je ne pense pas que le fait d'avoir mis un lien direct pose un problème. Si vous pensez que c'est le cas, dites-le et je le retirerai (ou faites-le).

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Dim 29 Mai - 20:06

Quelques centaines d’"indignés" parisiens manifestent à la Bastille
FRANCE INFO - 18:00
Ils sont près de 800 (selon les organisateurs) à s’être rassemblés ce dimanche sur la place de la Bastille, à Paris, avec les mêmes mots d’ordre que los indignados : restaurer une véritable démocratie et dénoncer la précarité et le chômage.
Mots d’ordre qui peinent néanmoins à mobiliser, même si la contestation commence à durer. Les indignés parisiens ont débuté le siège des marches de l’Opéra-Bastille le 19 mai.

Quand les indignés de France se mobilisent à la Bastille Reportage de Justine Leclercq (1'19")

"Réelle démocratie maintenant". Le message a été déployé en version française et espagnole sur le fronton de l’Opéra-Bastille. Une autre banderole sur le parvis clame "Paris, réveille-toi". Les manifestants, plutôt jeunes, cherchent depuis dix jours à imiter le mouvement espagnol qui lui rassemble des milliers de manifestants depuis deux semaines surtout sur la Puerta des Sol à Madrid.

Des jeunes et des moins jeunes parmi les "indignés" réunis à la Bastille Christian, 70 ans, veut lui aussi "occuper la rue" (0'38")


Les indignés à la Bastille cet après-midi © AFP/Bertrand Guay

Des étudiants d’autres nationalités, grecque ou britannique notamment, ont d’ailleurs contribué à grossir le parterre parisien, discrètement surveillé par les forces de l’ordre.

Un manifestant espagnol Jorge mêlé aux indignés parisiens "les politiques sont presque pareils en France et en Espagne" (2'02")
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http://gravos.110mb.com/

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  Invité le Dim 29 Mai - 20:10

Pas encore très convaincant en fRance, le mouvement. 800 à la Bastille c'est pas terrible...
Pour l'instant...

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  niouze le Dim 29 Mai - 20:43

clip ^^


BAYONNE - Campement permanent place Chaho-Pelletier
Toute la journée
LYON - Campement permanent Place Bellecour
12:00
LILLE, Place de la République
15:00
LE HAVRE, Préfecture
18:00
CLERMONT FERRAND, Place de Jaude
18:00
MONTPELLIER Place la Comédie à l’esplanade
19:00
BORDEAUX, Place de la Victoire
19:00
BREST, Place de la Liberté
19:00
PERPIGNAN Place République
19:00
RENNES Place de la Mairie
19:00
STRASBOURG Place de la République
19:00
TOULOUSE Place du Capitole
19:00
TOURS Place Anatole France
19:30
NANCY Place Maginot
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GRENOBLE, Place Victor Hugo
mardi, 31 mai
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RENNES Place de la Mairie
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TOULOUSE Place du Capitole
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TOURS Place Anatole France
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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Dim 29 Mai - 20:53

Inspirés par les «indignés» espagnols, des jeunes se mobilisent à Paris
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/05/29/01016-20110529DIMWWW00177-inspiree-par-les-indignes-espagnols-la-jeunesse-francaise-dans-la-rue.php
EN IMAGES - Quelques milliers de manifestants se sont réunis dimanche place de la Bastille à Paris. Ces jeunes appellent à suivre l'exemple espagnol en dénonçant la précarité et le chômage.


Restés d'abord en retrait, des gendarmes mobiles ont installé un cordon de sécurité sur la chaussée en milieu d'après-midi pour empêcher la foule qui grossissait sur le trottoir, devant les marches de l'Opéra, de trop déborder et de bloquer totalement la circulation. AP


A l'image des «indignés» espagnols, quelques milliers de personnes, essentiellement des jeunes, se sont rassemblées dimanche place de la Bastille à Paris pour soutenir l'occupation de la Puerta del Sol à Madrid. Les manifestants se sont retrouvés sur les marches de l'Opéra dans une ambiance d'assemblée générale permanente, au milieu d'une forêt de banderoles et pancartes : «Le partage sauvera le monde», «Nous ne voulons pas la lune. Démocratie!», ou encore «Si vous nous empêchez de rêver, nous vous empêcherons de dormir», pouvait-on par exemple lire. AFP


Cette manifestation avait pour objectif de donner plus d'ampleur aux rassemblements de quelques dizaines à quelques centaines de personnes qui se tiennent tous les soirs depuis le 19 mai place de la Bastille. Des appels à manifester, à Paris comme en province, circulent depuis le 19 mai sur internet via Facebook et Twitter, centralisés par un site appelé «Réelle démocratie maintenant», reprenant le slogan du mouvement espagnol. Alors que la mobilisation reste l'initiative de «simples citoyens» non-militants, des mouvements comme «Génération précaire» ou «Jeudi Noir» soutienne ce mouvement. AP


Comme leurs homologues espagnols ou grecs, des jeunes Français dénoncent les plans d'austérité, le chômage et la précarité de leur situation. Ils réclament «une vraie démocratie». AP


A Madrid, des milliers de personnes se sont encore réunis dimanche sur la place Puerta del Sol pour soutenir le mouvement des «indignés». Samedi, les jeunes manifestants avaient organisé des assemblées dans 120 quartiers et communes voisines de Madrid et projettent maintenant des assemblées hebdomadaires, sous le mot d'ordre «toma los barrios» (prends les quartiers). Ils devaient décider dimanche de maintenir ou non le village alternatif de la Puerta del Sol, devenu le coeur d'une contestation qui s'est étendue à toute l'Espagne. Reuters
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Message  ivo le Dim 29 Mai - 21:08

Espagne: des milliers de manifestants à Madrid pour soutenir les "indignés"
http://www.lexpress.fr/actualites/1/monde/espagne-des-milliers-de-manifestants-a-madrid-pour-soutenir-les-indignes_997688.html

Des manifestants place Puerta del Sol, le 29mai 2011 à Madrid afp.com/Pedro Armestre

MADRID - Une foule de manifestants a envahi dimanche la Puerta del Sol à Madrid pour soutenir le mouvement des jeunes "indignés" qui devaient décider s'ils y maintenaient leur village de tentes ou poursuivaient leur mouvement sous d'autres formes.
Simultanément, des rassemblements calqués sur le mouvement espagnol se tenaient à Athènes, avec quelque 20.000 personnes massées dans le centre de la capitale, et à Paris, avec un millier de jeunes sur la place de la Bastille.

"Ca suffit!", "Ils ne nous feront pas taire", "Gagner 600 euros par mois, c'est du terrorisme": de tous âges et de tous horizons, les manifestants de Madrid se sont rassemblés par milliers sur la place, autour du campement, sous une marée d'ombrelles de toutes les couleurs pour se protéger du soleil.
Samedi, les jeunes "indignés" avaient organisé des assemblées dans 120 quartiers et communes voisines de Madrid, qui ont attiré des milliers de personnes. Ils projettent maintenant des assemblées hebdomadaires, sous le mot d'ordre "Toma los barrios" ("Prends les quartiers").
Ils devaient décider dimanche de maintenir ou non le village alternatif de la Puerta del Sol, devenu le coeur d'une contestation qui s'est étendue à toute l'Espagne, où des centaines de manifestants se sont encore relayés nuit et jour toute la semaine malgré une mobilisation en baisse.
Une nouvelle assemblée générale était convoquée à partir de 20h00 (18h00 GMT).
"Nous voulons établir les bases du mouvement. Après nous verrons", a expliqué un porte-parole, Pablo Lopez, étudiant ingénieur de 21 ans.
Spontané, inédit en Espagne, ce mouvement qui se veut citoyen et apolitique a démarré le 15 mai, regroupant des jeunes, des retraités, des chômeurs ou des salariés exaspérés par le chômage, qui touche un Espagnol de moins de 25 ans sur deux, et la précarité sociale.
Relayé par les réseaux sociaux, le mouvement s'est rapidement amplifié dans les jours qui ont précédé les élections locales du 22 mai.
Les revendications, hétéroclites, prennent pour cible le chômage, les excès du capitalisme, les politiciens "corrompus" ou le système électoral accusé de ne pas laisser de place aux petits partis.
Mais en l'absence de leader identifié, d'organigramme et de plate-forme lisible, le mouvement se cherche maintenant une nouvelle direction.
"Bien sûr que nous devons continuer, sinon tout cela n'aura servi à rien", a estimé Rita Sainz, une étudiante en littérature de 22 ans.
"Il y a un avant et un après ce campement. Maintenant il y a une masse de gens qui sont conscients des problèmes, du pouvoir de l'action commune. J'aimerais que nous restions à Sol jusqu'aux élections législatives" de mars 2012, "même si ce n'est qu'avec un stand d'information", a-t-elle ajouté.
Toute la journée, les représentants des assemblées de quartier ont défilé au micro pour énumérer leur liste de propositions, très éclectiques, du développement des espaces verts aux réformes politiques les plus improbables, comme l'abolition de la monarchie.
Pendant ce temps, des volontaires distribuaient de la crème solaire, aspergeaient la foule avec des vaporisateurs, offraient des gobelets d'eau.
Quant à l'avenir du village de Sol, certains proposent de le maintenir, d'autres de le démonter.
Alberto Montero, un professeur de gymnastique de 37 ans, qui a participé à la vie du village en travaillant à la cuisine et à l'atelier de construction, explique qu'il aimerait le voir rester: "Ce que nous demandons touche tout le monde. La crise, les coupes salariales. J'aimerais que le campement reste".
"Je suis là parce que je dois avoir deux emplois pour survivre, payer les emprunts", témoigne José Ortiz, qui à 57 ans cumule les emplois de gardien et de chauffeur.
"Une fois que cela a commencé, nous ne pouvons pas nous arrêter. Nous devons continuer même si c'est seulement avec des manifestations toutes les semaines", ajoute cet homme, portant une pancarte avec les mots "Un toit et un travail, sans être esclave".
En Grèce, les Athéniens affluaient par milliers dans la soirée sur la place centrale de la capitale, devant le parlement, au cinquième jour d'une mobilisation contre l'austérité calquée sur le modèle espagnol des "Indignés".
La place de Syndagma était noire de monde, jeunes, couples et familles se pressant autour d'un campement d'une cinquantaine de tentes en pleine organisation.
Selon la police, quelque 20.000 personnes avaient répondu en milieu de soirée à l'appel,
également relayé via les réseaux sociaux pour des rassemblements à travers toute l'Europe en revendication d'une "vraie démocratie".
A Paris, un millier de jeunes, selon la police et les organisateurs, se sont rassemblés place de la Bastille pour protester contre "le chômage, la précarité et la corruption" ainsi que contre les "dérives de la démocratie".
Des banderoles proclamaient "Démocratie réelle maintenant", "Paris, réveille-toi".
Interrogé sur la chaîne de télévision Canal +, le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, a déclaré ne pas croire à un "été européen" qui ferait suite au "printemps arabe".
"Il y a un point commun, c'est le chômage. La grosse différence, c'est la démocratie. Nous, nous l'avons, eux (les manifestants des pays arabes) ne l'ont pas, ils se battent pour ça", a-t-il dit.
Par AFP
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Message  niouze le Dim 29 Mai - 21:58

via rezosozio
ILS SONT DES MILLIERS A PARIS !!! La police charge à la Bastille ya 13 minutes !!!

(bon y a de l'abus sur des milliers
La #FrenchRevolution de la Bastille est encerclée par les gendarmes. Appel général pour création urgente d'une double ceinture.
""Le campement a été voté. Sitting. Mais Ça se complique. Ya un blessé" #frenchrevolution #acampadaparis" message recu il y as 30 mn c est le deuxieme que je recois

les premieres images


http://yfrog.com/h0ztzmdj

http://www.yfrog.com/user/Acampadaparis/profile

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Message  niouze le Dim 29 Mai - 22:54

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Paris
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Mouvement des Indignés : la police évacue la place de la Bastille

Publié le 29.05.2011, 21h03 | Mise à jour : 22h08

PLACE DE LA BASTILLE, PARIS, 29 MAI 2011. Un millier d'«Indignés» ont manifesté avant d'être délogés par les forces de l'ordre vers 21h30.



La police a entrepris dimanche soir d'évacuer la place de la Bastille où s'étaient regroupés un millier de jeunes sur le modèle des «indignés» espagnols, contre «le chômage, la précarité et la corruption». Sous les huées des manifestants, ils ont démonté peu avant 21h30 les tentes qui y avaient été installées et fait descendre les jeunes qui s'étaient juchés sur les marches de l'Opéra Bastille, selon un journaliste de l'AFP.



Les forces de l'ordre tentaient également d'encercler les groupes de protestataires et de les évacuer de la place.

«Paris debout, soulève-toi», «Démocratie réelle maintenant», «Mai 1968 demandait l'impossible, mai 2011 réalisera l'impossible» : voici quelques slogans qu'on pouvait lire un peu plus tôt sur les marches de l'opéra, alors qu'au moins 20 000 personnes manifestaient à Athènes et que la place de la Puerta del Sol était envahie par les protestataires à Madrid. En France, d'autres manifestations ont eu lieu en province.

La mobilisation parisienne a débuté le 19 mai faisant écho au mouvement de contestation spontané, né le 15 mai à la Puerta del Sol à Madrid, les jeunes Espagnols exprimant leur ras-le-bol face à la crise économique et au chômage, qui touche près de la moitié de 25 ans. «Le souverain c'est vous, ce n'est pas les élus qui adoptent les directives européennes sans se poser de questions, encore moins les dirigeants de la BCE (Banque centrale européenne, ndlr) et du FMI que personne n'a élus», a lancé sous un tonnerre d'applaudissements Céline Meneses, venue d'Espagne.

A Toulouse, une trentaine de personnes et une douzaine de tentes ont assuré la permanence des «indignés» place du Capitole. Ils devaient organiser une assemblée générale en début de soirée comme tous les soirs depuis une semaine.
A Bayonne, sur la côte basque, une centaine de personnes, essentiellement des jeunes, ont continué dimanche d'animer un «village des indignés»installé depuis mercredi.
A Lyon, ils étaient une soixantaine à s'être rassemblés en début de soirée place Bellecour.

http://www.leparisien.fr/paris-75/mouvement-des-indignes-la-police-evacue-la-place-de-la-bastille-29-05-2011-1471993.php
A Bastille, les «indignés» veulent «une insurrection civique et pacifique»

209 réactions

Par LUC PEILLON


Manifestation des "indignés" place de la Bastille, à Paris, le 29 mai 2011.
Le gosse regarde la pancarte, puis sa mère: "Maman, c'est quoi le capitalisme?" "Et bien... C'est que les gens qui ont peu d'argent travaillent pour ceux qui en ont déjà beaucoup". Regard dubitatif du môme, qui s'éloigne avec sa génitrice au milieu de la foule.

Place de la Bastille, dimanche après-midi, à Paris. Ils sont près de cinq cents "indignés", la plupart des jeunes, à avoir répondu à l'appel de l'"assemblée générale" du 27 mai pour "une insurrection civique, pacifique, et apartidaire". Leur modèle: le mouvement espagnol de la Puerta del Sol à Madrid, qui depuis le 15 mai exige une "démocratie réelle", et dénonce les mesures d'austérité liées à la crise.

A Paris, ils sont encore peu nombreux, mais dans un joyeux bazar autogestionnaire se retrouvent chaque soir depuis dix jours sur cette place symbolique de la capitale. A la sono cet après-midi, les intervenants se relaient pour dénoncer le système financier international, la "fausse" démocratie, ou encore la loi Lopsi 2 sur la sécurité intérieure.

"Ils cassent les services publics de la santé, de l'école, ou encore les retraites, dénonce Kamel. Mais la vraie démocratie, elle est là, pas au Parlement". Nicole, militante à Attac, en veut, aux "banksters", qui "depuis 2008 continuent de se gaver". Avec ses copines, elle chante au micro, sur l'air les "copains d'abord", une chansonnette contre la finance internationale.

Les militants politiques, souvent d'extrême gauche, sont bienvenus, mais sans étiquette ostentatoire. "Grèce générale", ou "Paris, réveille-toi", peut-on lire sur les pancartes posées sur les marches de l'Opéra.

Après dix jours d'occupation diurne, l'organisation aussi se met en place. Des commissions ont été instituées, qui préparent les décisions soumises à l'assemblée générale quotidienne. Comme sur la place Tahrir en Egypte ou sur la Puerta del Sol en Espagne, de l'eau et de la nourriture sont mis gratuitement à disposition des manifestants. On occupe les enfants dans des ateliers ad-hoc tandis que d'autres volontaires briefent les journalistes.

Ce qui se déroule sur la place est également retransmis en direct, selon les organisateurs, sur la Puerta del Sol en Espagne. "Sur écran géant", hurle un homme à la sono, sous les applaudissements. Aux manettes de ce mouvement, le plus souvent: de jeunes Espagnols, qui ont lancé l'occupation à Paris suite à une manif, le 19 mai, devant leur ambassade afin de soutenir leurs compatriotes.

En fin de journée, les "indignés" devaient décider ou non de planter les tentes. "On va voir si on peut rester cette nuit, espère un manifestant. Mais c'est peut-être un peu tôt, nous ne sommes pas encore assez nombreux". Un peu plus tôt, la police a stoppé net la volonté des manifestants de couper la circulation sur la place. Encerclés par les forces de l'ordre, "les indignés" sont confinés, pour l'instant, devant l'Opéra et une partie de la chaussée.

A 21h30, la police a décidé d'évacuer les "indignés" de la place de la Bastille, à coup de lacrymogènes.

http://www.liberation.fr/societe/01012340226-a-bastille-les-indignes-veulent-une-insurrection-civique-et-pacifique
L’évacuation expéditive des "indignés" de la Bastille
France Info - 22:08


Vent de panique sur Twitter ce soir. La manifestation des "indignés" à la française qui avait démarré dans le calme et sous le soleil s’est terminée dans l’agitation et l’odeur des gaz lacrymogènes. "Besoin de renfort !", a-t-on alors lu en boucle sur le site de micro-blogging, alors que les forces de l’ordre avait entamé l’évacuation de la place occupée quelques heures plus tôt par un millier de manifestants.

C’est après 21 heures que les CRS sont entrés en action, sur la place de la Bastille qui avait cet après-midi de légers airs de Puerta del Sol. Les manifestants avaient installé des tentes, espérant pour certains passer la nuit sur place, comme les indignados madrilènes. Mais les forces de l’ordre les ont démontées sous les huées de la foule.

Une évacuation rapide, avec gaz lacrymogènes, après une journée à refaire le monde et à rêver de démocratie directe. Ce dimanche, les "indignés" français, après dix jours de rassemblements confidentiels, avaient enfin réussi à réunir un bon millier de personnes. (Lire article)

Le mouvement des "indignés" français a été lancé le 19 mai, directement inspiré des manifestations des Indignados en Espagne, et fédéré par le site french-revolution.fr ce soir inaccessible. Mot d’ordre : "yes we camp".

http://www.france-info.com/france-societe-2011-05-29-l-evacuation-expeditive-des-indignes-de-la-bastille-539963-9-12.html


Dernière édition par niouze le Dim 29 Mai - 23:24, édité 2 fois

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  niouze le Dim 29 Mai - 22:59


1ere Partie: « La police a embarqué une quinzaine de gars et le Samu vient d’arriver »:
Reportage #frenchrevolution "La police vient de charger 1" by MonsieurJo
2e Partie du reportage: « j’ai failli me faire taper par les flics! Ca devient chaud! »
#frenchrevolution "La police vient de charger 2" by MonsieurJo

http://monsieurjo.com/2011/05/29/exclu-les-1eres-reactions-et-images-de-la-charge-de-la-police-sur-les-indignes-de-la-frenchrevolution/

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Message  ivo le Lun 30 Mai - 9:59

Une nuit avec les "indignés" de la Puerta del Sol à Madrid
http://www.lemonde.fr/europe/article/2011/05/30/une-nuit-avec-les-indignes-de-la-puerta-del-sol-a-madrid_1529152_3214.html

Vers 21 heures, samedi 28 mai, les "indignés" de la place Puerta del Sol, à Madrid, tiennent leur assemblée générale quotidienne.Le Monde.fr/Audrey Garric


MADRID ENVOYÉE SPÉCIALE - L'appel résonne à travers les hauts-parleurs installés à tous les coins de la place. Ce samedi 28 mai, comme chaque soir à 21 heures depuis le début du mouvement, il y a deux semaines, les "indignés" de la Puerta del Sol, à Madrid, tiennent leur assemblée générale quotidienne. Plusieurs milliers de personnes s'installent dans le centre emblématique de la ville suivant une organisation maintenant parfaitement rodée : on s'assoit en lignes en ménageant des couloirs réservés au passage ; on lève les mains de différentes manières pour signifier son approbation, son désaccord ou son incompréhension ; on peut aussi à tout moment demander de la nourriture ou de l'eau aux membres de l'organisation qui arpentent les rangées. Mais on n'interrompt pas les orateurs, doublés en langue des signes.

Ce soir-là, le campement de Madrid reçoit une invitée d'honneur : une manifestante de Barcelone. L'"indignée" catalane est là pour témoigner des violences policières de la veille, lors de l'évacuation brutale de la place de Catalogne pour que puissent être préparées les festivités de la finale de la Ligue des champions de football. La voix tremblante, encouragée par des "Nous sommes tous de Barcelone", elle se dit "heureuse d'être soutenue" et de constater la "solidarité entre les 'indignés' de toutes les villes". La foule l'acclame.

TOUR À TOUR DEVANT LE MICRO

Le rituel se poursuit : les représentants de chaque commission – juridique, action, environnement, art ou encore extension du mouvement – prennent tour à tour le micro pour informer des dernières avancées de leurs activités. Puis, chacun peut venir apporter sa contribution et créer le débat après en avoir fait la demande.

De l'autre côté de la place, la session du "micro est ouvert" se prolonge : les "indignés" se succèdent sans relâche à la tribune pour livrer leurs humeurs et susciter l'émotion, la joie ou la colère parmi un auditoire toujours fidèle. "Je veux faire des études supérieures pour faire un métier qui me plaît et non alimentaire", lance une adolescente. "Vous êtes les rayons du soleil, l'avenir de ce pays. Battez-vous !", renchérit un retraité.


Plus tard dans la soirée, la session "micro ouvert" se poursuit : chacun est invité à partager ses colères, ses émotions, ses indignations. Le Monde.fr/Audrey Garric

Deux semaines après le début du mouvement de contestation du 15-Mai, le besoin d'expression et d'écoute demeure vivace dans la capitale espagnole et les revendications n'ont pas changé : un système plus égalitaire incluant moins de chômage pour les uns et de privilèges pour les autres, une loi électorale modifiée afin de favoriser l'émergence de nouveaux partis, et un engagement des institutions à diminuer la corruption au profit de la transparence.

"PLUS IMPORTANT QUE LE FOOT"

Vingt-trois heures. Le FC Barcelone vient de battre Manchester United en finale de la Ligue des champions. Pas de klaxons, de portables qui sonnent ou d'exclamations de joie. Il y a certes moins de monde que la veille sur la place, sans doute en raison du match. Mais happés par la gravité des sujets qu'ils abordent, les manifestants ne prêtent aucune attention aux résultats. D'autant que la rencontre est la cause indirecte des violences à l'encontre des "frères catalans".

"Jusqu'alors, les gens ne parlaient jamais de questions politiques ou sociales mais seulement de problèmes personnels et de foot, s'exclame Nicolas Manzano Hildalgo, 21 ans, étudiant en philosophie. Aujourd'hui, le ballon rond est renvoyé au second plan. On a plus urgent à régler !" Puis, le jeune homme confie, chuchotant : "Ici, les gens espéraient même une défaite du Barça pour qu'il n'y ait pas de célébration et donc pas de risque de débordements qui pourraient devenir un prétexte, pour les autorités, à évacuer les campements."


Durant ces grands rassemblements nocturnes, les représentants des commissions juridique, art, environnement... créées par le mouvement exposent les avancées, les questions, les idées qui ont émergé au cours de leurs travaux. Le Monde.fr/Audrey Garric

Peu après minuit, l'assemblée générale prend fin. Consigne des organisateurs : les micros doivent être éteints à 2 heures dernier carat pour épargner les riverains. La place se vide lentement. Si certains rentrent chez eux, beaucoup préfèrent encore flâner, écouter quelques riffs de guitare, palabrer, danser. La nuit avançant, c'est aussi le moment où la population des "indignés" rajeunit.

DES COSTARDS-CRAVATES AUX HIPPIES

"La sociologie de la place a évolué, estime Pablo Barez, musicien de 27 ans. Les premiers jours, il n'était pas rare de voir des gars en costard-cravate, à 4 heures du matin, venir se renseigner auprès des commissions. Maintenant, on croise essentiellement des hippies, des junkies ou des SDF. Bien sûr, tout le monde a le droit de venir ici. Mais si le camp perd de vue ses objectifs, cela pourrait mal finir."

Certes, la marijuana et la bière prospèrent dans le campement, contrairement au règlement. Malgré tout, on est loin des botellóns, ces grands rassemblements festifs traditionnels où l'alcool coule à flot, que redoutaient les organisateurs au début du mouvement : les "indignés" ne ménagent pas leur peine pour travailler et faire progresser la réflexion. A 3 heures du matin, sous les tentes, on débat encore entre commissions, on trie et classe les courriers de revendications des citoyens, on élabore des programmes, affiches et autres slogans, on renseigne les quidams et la presse, on prépare la nourriture, on joue aux cartes ou aux échecs.

Pourtant, les yeux se cernent chaque jour davantage à mesure que se succèdent les nuits sur le pavé. "Une partie des manifestants voudraient que le campement prenne fin car ils se sentent très fatigués. Mais une autre préfèrerait qu'il y ait davantage de rotations, afin que le mouvement continue, et que l'on puisse toujours se réunir et échanger", précise Nicolas Manzano Hildalgo.

A CINQ HEURES, LE CAMP S'ENDORT

Cette nuit, c'est la question que tous se posent : le campement va-t-il perdurer au-delà du dimanche 29 mai ? Les "indignés" sont divisés. "Je pense que c'est la dernière nuit sur la place mais en aucun cas la fin du mouvement, estime Cristina Ortega, 29 ans, documentaliste. Il a fait évoluer les mentalités des jeunes, leur a donné d'autres valeurs. Même s'il n'y avait plus de tentes ici, on continuerait néanmoins les assemblées générales, notamment dans les banlieues."


A cinq heures du matin, le camp des "indignés" de la Puerta del Sol trouve enfin le sommeil. Avant que la reprise de l'activité madrilène le réveille dans deux petites heures. Le Monde.fr/Audrey Garric

En revanche, Miguel Lobo Camiches, 50 ans, à la tête d'une petite entreprise de bâtiment "en difficulté", assure : "Le campement doit rester ! S'il perd la place, il perd sa force, son unité, sa visibilité. On doit continuer à se regrouper jusqu'à ce qu'on ait créé un parti politique pour prendre le relais." Le débat occupera la fin de la nuit. Ce n'est finalement que vers 5 heures du matin que la place se met en veille, avant de se réveiller deux heures plus tard, alors que la journée démarre. Plus tard dans la journée de dimanche, les "indignés", réunis pour une nouvelle assemblée générale, approuveront massivement la proposition : "Nous restons et nous déciderons plus tard pour combien de temps."


"Indignés" français : la police évacue la place de la Bastille
http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/30/indignes-francais-la-police-evacue-la-place-de-la-bastille_1529150_3224.html#ens_id=1271383

Un millier de personnes environ se sont rassemblées place de la Bastille dimanche 29 mai. AFP/BERTRAND GUAY

Alors qu'un millier de jeunes s'étaient rassemblés sur le modèle des "indignés" espagnols pour protester contre le chômage, la précarité et la corruption, la police a procédé dimanche 29 mai à leur évacuation, place de la Bastille à Paris.

Sous les huées des manifestants, les policiers ont démonté peu avant 21 h 30 les tentes qui y avaient été installées et fait descendre les jeunes qui s'étaient juchés sur les marches de l'Opéra-Bastille. Cette évacuation s'est déroulée dans le calme. Les forces de l'ordre ont également tenté d'encercler les groupes de manifestants et de les évacuer de la place. La mobilisation parisienne avait commencé le 19 mai, faisant écho au mouvement de contestation spontané né le 15 mai à la Puerta del Sol à Madrid, les jeunes Espagnols exprimant leur exaspération face à la crise économique et au chômage.

"SUIVRE L'EXEMPLE"

Entamé le 19 mai à "la Bastoche" pour faire écho au mouvement espagnol, ce regroupement quotidien, jusqu'alors confidentiel, a pris une ampleur inédite dimanche avec un millier de jeunes selon la police et les organisateurs. Le tout dans une ambiance bon enfant, en musique et sous l'œil de forces de police longtemps discrètes, réunies à quelques mètres de la place.

Les cibles privilégiées des manifestants, ce sont le FMI, la Banque centrale européenne, la Commission européenne et les dirigeants nationaux. Les banderoles et les slogans sont autant d'appels à une révolte : "Démocratie réelle maintenant", "Paris, réveille-toi", "Paris debout, soulève-toi", "Mai 1968 demandait l'impossible, mai 2011 réalisera l'impossible".

Militant associatif, Yannick Comenge espère que cette journée ne sera pas un feu de paille : "Nous devons suivre l'exemple des Espagnols, dénoncer la corruption sociale comme ils le font depuis plusieurs semaines."
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Message  ivo le Lun 30 Mai - 10:35

Madrid : « Les jeunes réinventent les principes libertaires »
http://www.rue89.com/restez-assis/2011/05/29/en-espagne-un-mouvement-qui-reinvente-les-principes-libertaires-206513

Je vous avais parlé de Tomas Ibanez, l'« inventeur » du symbole anarchiste le « A cerclé », à l'occasion de la sortie de son dernier livre, « Fragments épars pour un anarchisme sans dogmes ». Professeur de psychologie sociale à l'université autonome de Barcelone (où il vit), il revient sur origines de la « spanish revolution » et commente les modes d'action choisis par les jeunes de la Puerta del Sol et des autres villes mobilisées.

A ton avis, y avait-il des signes avant-coureurs laissant présager ce mouvement ?

Rien ne permettait de prévoir que les manifestations convoquées le 15 mai dans plusieurs villes d'Espagne donneraient naissance au mouvement actuel, ni dans son ampleur, ni dans ses formes concrètes. Cette journée aurait très bien pu s'achever sur la satisfaction d'avoir réuni des milliers de manifestants, en attendant une prochaine mobilisation.

Cependant, de nombreux signes avant-coureurs permettaient de penser que, tôt ou tard, un mouvement de ce type pourrait cristalliser. Il y a eu ces dernières années toute une série d'initiatives et de luttes venant d'en dehors des organisations politiques classiques. Elles ont pris la forme d'occupations, de manifestations ou d'assemblées sur les thèmes du logement, des banques, de l'université, de la précarité…


Mais pour s'en tenir aux signes les plus récents, il y eut par exemple, en dehors de toute organisation politique traditionnelle et pendant plusieurs jours avant la grève générale du 29 septembre, des assemblées massives de jeunes dans un énorme édifice occupé en pleine place Catalunya, à Barcelone.

Son évacuation par la police le jour même de la grève se solda par des affrontements violents, et quelques mois après il y eut une nouvelle tentative d'occupation pour maintenir à nouveau des assemblées massives.

Au début du mois d'avril, une manifestation convoquée à Madrid sous l'appellation de « Jeunesse sans futur » réunit plusieurs milliers de personnes qui scandaient : « Sans maison, sans boulot, sans retraite, sans peur », et qui faisait écho aux grandes manifestations convoquées le mois d'avant au Portugal par la « génération désespérée » sous le titre la « révolution précaire ».

Quelles sont, selon toi, au-delà des causes immédiates, les racines qui ont produit une insurrection de cette forme ?

Elles sont nombreuses :

*45% de chômage chez les jeunes
*une crise économique qu'on prévoit longue
*l'absence de perspectives d'avenir
*des mesures de restrictions économiques et sociales
*des appels au sacrifice et à l'austérité
*le spectacle de l'impunité de la corruption des politiciens
*le scandale des hauts revenus dans les conseils d'administration et des bénéfices des banques
*l'attitude conciliatrice des syndicats
*le discours vide des partis politiques et leurs magouilles


Il y a là un ensemble de circonstances qui expliquent suffisamment le mécontentement, l'indignation et l'écœurement d'une partie de la jeunesse, mais il y a aussi d'autres éléments qui ont rendu possible ce que tu appelles l'insurrection actuelle :

*la crise de la représentation, c'est-à-dire le sentiment de n'être reconnu par personne dans une démocratie dite représentative
*l'abandon de la peur : c'est elle qui, dans des situations de récession, bloque la combativité ; les gens ont peur de perdre leur travail, d'encourir des représailles…
*le sentiment d'un manque d'éthique généralisé, dans les relations internationales, dans les partis politiques, dans les milieux financiers
*le sentiment qu'alors que des manifestations de résistances se produisaient un peu partout, Grèce, Angleterre, Portugal… la jeunesse espagnole était anesthésiée
*la capacité de vaincre, très présente dans la force de l'imaginaire récent, manifestée par la détermination des occupants de la place Tahrir, au Caire.


En même temps, il est probable que pour ce qui est des formes concrètes prises par le mouvement, auto-organisationnelles, autogestionnaires, « assembléaires », sans leaders, avec des rotations permanentes, une certaine influence provienne des traditions libertaires ancrées dans l'imaginaire espagnol, et des réminiscences d'un Mai 68 que l'on retrouve dans l'ingéniosité des phrases écrites sur les affiches.

Ce qui a fourni au mouvement l'énergie nécessaire pour pouvoir s'affirmer, c'est l'expérience, constituée ces derniers temps, d'avoir la capacité de rassembler des milliers de personnes en dehors des organisations traditionnelles, et l'expérience de la force qui surgit de la mise en commun de volontés toutes différentes entre elles, mais tendues par le sentiment qu'« ensemble nous pouvons ».

Quelle est l'influence des différentes organisations politiques traditionnelles impliquées dans le mouvement ?

Même si des membres des organisations politiques traditionnelles participent au mouvement, ces organisations n'y sont pas impliquées.

Les assemblées n'acceptent pas que l'on puisse parler au nom d'une organisation et ils s'en tiennent fermement au principe que chaque participant n'intervient qu'en son nom et ne représente que lui-même.

Le slogan « personne ne nous représente » abonde sur les affiches et le mouvement a même refusé de se placer sous la dénomination des organisateurs des manifestations du 15 Mai « Démocratie réelle, maintenant ».

Les drapeaux, sigles, signes distinctifs… des organisations politiques ou syndicales sont bannis de l'espace occupé, et l'attitude est d'un respect extrême envers les intervenants, quitte à ce que l'assemblée manifeste sans bruit l'accord ou le désaccord.

L'organisation même du mouvement rend difficile qu'il puisse être chapeauté par une structure politique, parlementaire ou pas, car les propositions sont discutées dans les assemblées ouvertes de chaque commission, puis portées chaque jour devant l'assemblée générale, et les membres de la commission générale de coordination sont soumis à rotation.

Comment vois-tu la suite, après l'intervention de la police à Barcelone, et cette « offensive » des commerçants de Sol, sans parler des appels du Parti populaire au « nettoyage » des campements ?

La suite immédiate est difficile de prévoir, car les rebondissements sont incessants. Vendredi, la police intervenait à Barcelone : le résultat, c'est que ça a relancé et fortifié le mouvement, qui a regroupé dans la soirée des milliers de participants.

Les interventions des autorités ont toujours eu jusqu'à présent le même effet : évacuation de la Plaza del Sol à Madrid, retour en force du mouvement ; interdiction des occupations la veille des élections du 22 mai, renforcement du mouvement ; intervention musclée du 27 mai, relancement du mouvement.

Les agissements des autorités étant imprévisibles, il n'est pas exclu qu'une nouvelle décision ravive une fois de plus la mobilisation. Ceci dit, le plus probable est que les occupations des places espagnoles prennent bientôt fin et le mouvement se pose bien sûr la question de sa continuité.

Il y aura sans doute une certaine délocalisation en créant des collectifs de quartier et en maintenant les contacts entre collectifs au niveau des villes et du pays dans son ensemble, mais en maintenant des structures souples et en évitant la forme parti.


Il est possible qu'à la longue, seuls fonctionnent vraiment les réseaux Internet, mais ils garderont la possibilité de réinitier des occupations de places publiques, des manifestations, et des actions diverses qui n'auront d'autre garantie de succès que la réceptivité qu'elles trouveront chez les concernés.

Ce qui sans nul doute laissera des traces profondes c'est le processus enclenché, c'est l'expérience vécue par des milliers de jeunes et les transformations qu'ils auront éprouvées.

J'ai l'impression que ce mouvement confirme les thèses que tu développes dans ton livre, dont j'ai rendu compte sur Rue89.
Mais alors, pourquoi s'affirmer encore anarchiste, comme tu le fais avec toute la confusion trimbalée par le vocable ?

Oui, il s'agit d'un mouvement qui se coule difficilement dans le moule des organisations et des idéologies classiques. Mais tout en rejetant les étiquettes politiques identitaires, il réinvente dans la pratique bon nombre de principes organisationnels et politiques libertaires, ou en tout cas antihiérarchiques, horizontaux et soupçonneux envers les rapports de pouvoir.

Ce genre de mouvement a bien sûr toutes mes sympathies, et cependant j'ai du mal à renoncer à mes références anarchistes. Il se pourrait que ce soit une inertie liée à ma biographie, trop d'années vécues dans cette identité pour pouvoir la changer maintenant, peut être… mais je ne le crois pas.

Je crois que tout en ne mettant pas en avant cette étiquette, en demeurant critique envers bien de ses aspects et en sachant quelle est sa charge de confusions, la référence au bagage d'expériences historiques, de réflexions et de débats que charrie l'anarchisme continue à être utile pour se maintenir vigilant face aux mille ruses du pouvoir.

Photo : un jeune manifestant de la Puerta del Sol, à Madrid, samedi (Andrea Comas/Reuters)

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► La police matraque des manifestants en Espagne
► « Le printemps est là » : nos riverains témoignent d'Espagne
► La « French Revolution » à travers le pays, carte des indignés


Place de la Bastille, la révolution française n'aura pas lieu, dommage
http://www.rue89.com/2011/05/29/place-de-la-bastille-la-revolution-francaise-naura-pas-lieu-dommage-206558


Depuis le 20 mai, rendez-vous est donné à ceux qui le souhaitent tous les soirs sur la place de la Bastille, à Paris, pour un rassemblement citoyen inspiré des campements mis en place dans plusieurs villes d'Espagne afin de réclamer l'instauration d'une vraie démocratie.

Lorsque je me suis rendu pour la première fois place de la Bastille, mercredi, je suis tombé exactement au moment où, symboliquement, les participants faisaient leur première action : s'allonger par terre.

Ensuite ont été mises en place des commissions afin que chacun puisse apporter des idées, celles-ci étant ensuite centralisées – du moins, c'est la théorie. Après les commissions vient le temps de l'assemblée générale, où tous les participants, assis sur les marches de la Bastille, peut prendre la parole et donner son sentiment.

La première chose qui m'a frappé, c'est d'entendre autant parler espagnol ; en effet, quelques Espagnols vivant à Paris et encouragés par l'expérience vécue par leurs compatriotes sur la Puerta del Sol madrilène, participent vigoureusement à l'organisation et aux débats.

Et là, une question se pose : ne sommes-nous pas capables en France d'organiser nous-mêmes notre propre mouvement, voire notre propre révolution ?

Au fil des jours, plusieurs sentiments et observations me sont venus.

Contrairement à ce qui se passe en Espagne, il n'y a aucune tente sur la place de la Bastille. Donc aucune installation, aucune « prise de la Bastille » ! Pour info, en 1789, les révolutionnaires prirent les armes, vinrent délivrer sept prisonniers et couper la tête au directeur de la prison d'Etat. Pas grand-chose à voir avec aujourd'hui, les mots ont un sens.
Le rassemblement souhaite interpeller les Français, mais à Bastille, ceux qui vont au théâtre ou boire un coup à côté n'y posent même pas un regard.
Le travail formidable effectué par les Espagnols est très remarqué, mais il met plus en avant l'absence et le manque d'engagement réel des Français.
Beaucoup de paroles au sein des commissions et de l'assemblée générale, mais peu d'actions car peu d'engagement.
Cela, ainsi que d'autres observations et de choses entendues, m'ont beaucoup interrogé et laissé pensif. C'est tout d'abord un sentiment de désespoir profond dû à une certaine répétition de l'histoire ; tout du moins en ce qui concerne les récentes mobilisations en France.

Mou, manquant de passion, d'engagement, d'envie, de recul

Pour avoir suivi quelques mouvements en France, dont celui des Enfants de Don Quichotte et celui de Jeudi noir, en comparaison, celui de la place de la Bastille me semble vraiment mou, manquant de passion, d'engagement, d'envie, de recul, de médias, de personnes charismatiques prêtes à devenir porte-parole… Et j'en oublie sûrement.

Un secrétariat, chargée de recueillir les idées qui ressortent des commissions et des assemblées générales, a été élu sans qu'il y ait présentation des candidats, et sans aucun vote : est-ce cela la démocratie réelle ?

J'ai suivi de près les révolutions qui ont eu lieu dernièrement dans le monde arabe, et je me souviens aussi parfaitement de celles qui ont eu lieu en Géorgie ou en Ukraine. En repensant à chacune d'elles, il m'est clairement apparu que le rassemblement parisien était non seulement mal parti, mais surtout qu'il n'irait pas bien loin… Hélas.

En France, pas d'organisation réelle, pas d'installations, pas de programme, pas de leader(s), pas d'actions, pas de vraie communication médiatique. Bref, pas un seul élément pour pouvoir amorcer ne serait-ce que la création d'un mouvement.

« Chacun a sa vie », philosophe un Espagnol croisé à Bastille
J'en étais à peu près là de mes interrogations, samedi, voyant que l'étincelle n'avait pas vraiment jailli, malgré la qualité des débats. Je n'étais même pas assez inspiré pour sortir mon appareil photo, je discutais çà et là avec ceux dont je croise le regard.

Notamment un Espagnol bien investi dans la mobilisation. il m'explique que les Français, c'est vrai, participent peu à l'organisation, mais davantage aux débats. Et puis « chacun a sa vie », ajoute-t-il.

Peu après, je tombe sur une femme un peu grande gueule mais beaucoup du Sud, qui me fait observer justement que même si le rassemblement est apolitique, certains n'hésitent pas à défendre des idées partisanes, ce qui se sent très facilement dans leur discours.

Pour terminer, je lui parle d'un jeune homme très engagé en France et très médiatique, présent au début du rassemblement à Bastille, mais que je ne voyais plus depuis lors.

Et là, elle m'apprend quelque chose qui finit de me convaincre que la révolution n'aura pas lieu en France, en plus du manque de réel engagement ; ce jeune homme aussi appréciable qu'actif, aurait été rappelé à l'ordre car on le soupçonnait de faire de la récupération politique.

Pour ma part, je n'espère qu'une seule chose… Me tromper !

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► D'Espagne en France, un petit air de révolution social-démocrate
► Madrid : la dynamique révolutionnaire qui touche l'Europe
► La « French revolution » qui vient d'Espagne
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Message  ivo le Lun 30 Mai - 11:56

Indignados : vous êtes tous des arabes !
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/indignados-vous-etes-tous-des-94938
Une pensée à nos amis catalans et autres qui ont reçu hier la visite de la police barbare comme toutes les polices anti-émeutes dressées pour frapper dès que l’ordre est donné. Que les hommes reçoivent quelques coups de matraques ce n’est pas terrible tant qu’il n’y a pas de dégât physique autre qu’une douleur militante sans conséquence, mais voir des femmes, des jeunes filles se faire tabasser par des robocops, ça c’est insupportable ! On aurait dit les polices des tyrannies du tiers-monde.


Bilan, ils n’étaient pas plus d’un millier ou moins avant les coups barbares, ils sont ce soir 5000 si on en croit l’AFP. Le soutien fantastique vient de Madrid ; quand on connaît les rapports entre les catalans et Madrid, on ne peut qu’être ému de voir qu’à la puerta del sol les madrilènes scandaient face au sort des catalans « Barcelone n’est pas seule ». Ça c’est vraiment formidable !

Pour le reste, c’est très dur de voir ces jeunes, ces moins jeunes, tout une frange de la population indignée sortir et se faire matraquer alors que les manifestants ont toujours dit qu’ils ne sont pour aucun parti, qu’ils sont non-violents et qu’ils ne réclament que la démocratie maintenant ! Quand on est africain ou même européen, on se demande ce qu’ils veulent dire en réclamant la démocratie car si elle n’existe pas chez eux, où existe-t-elle ?

En vérité, ces jeunes qui sortent sentent que quelque chose ne va plus dans ce monde. Ils savent qu’on leur ment ! que le monde peut être tout autre, ils savent que la crise est due à des facteurs inavouables dont profite une minorité de criminels en cols blancs, ils savent que le monde politique est complice, réduit à des marionnettes de forces plus puissantes celles de l’argent sans frontières ; petit à petit ils comprennent qu’on les endort depuis longtemps comme les petits américains sont enfumés, infantilisés, baladés par un système complexe sans pitié, fait d’hypocrisie, de mensonge, de soif d’appâts du gain, de profits, de crimes économiques, de tout ce qui fait que le peuple européen est devenu misérable.

Aussi misérable que les gueux à l’époque des monarchies absolues à ceci près qu’à l’époque on pouvait se rassembler et se révolter contre un pouvoir bien défini, un pouvoir physique, siégeant dans la même terre, ayant un visage et un château ; aujourd’hui le gueux est toujours aussi misérable par rapport à ceux qui tiennent le vrai pouvoir et qui vivent en exploitant leur condition car même leurs dettes rapportent à ces gens-là ; aujourd’hui le gueux est toujours aussi misérable mais on lui fait croire qu’il est libre alors qu’il n’a pas accès à l’information véritable et surtout son ennemi n’est plus physique, il est invisible et insaisissable.

Comment se révolter et contre qui quand le pouvoir vous explique que c’est la faute à la mondialisation à laquelle on ne peut échapper ? Que faire quand on vous dit que les entreprises appartiennent à des fonds de pensions dont les dirigeants sont à des milliers de kilomètres de là ? Qui peut croire qu’un gouvernement ne voudrait pas faire ce qu’il faut pour être réélu ? Il paraît que Zapatero aurait dit que s’il avait 25 ans, il serait à la puerta del sol ! En vérité, il sait qu’il ne peut rien ! Ni lui ni personne sans un mouvement social mondial.

Tout mouvement régional, national, est condamné sauf peut-être à faire élire des extrêmes or la population n’est pas toute logée à la même enseigne et même avec 20% de chômage pour l’Espagne reste 80% d’actifs. Même avec 40% de jeunes entre 25 et 18 au chômage, restent 60% actifs ! Alors en cas de révolte, il arrive ce moment où la partie qui travaille a peur de se retrouver comme celle qui ne travaille pas et bientôt on verra celle qui travaille demander à la police de chasser celle qui ne travaille pas !

C’est ce qui est arrivé à Barcelone où au-delà des préparatifs de la place en vue d’une victoire hypothétique au foot, c’est les commerçants qui commencent à se plaindre car ils veulent travailler. C’est ce qui arrive aussi quand les grèves justifiées gênent les autres qui réclament de pouvoir aller travailler. Tout ça pour dire que sans solidarité, rien n’avance or le monde est devenu égoïste, individualiste, cela a été voulu par les dirigeants qui pendant que les entreprises fusionnent et grossissent, ils ont divisé la population pour mieux l’exploiter.

Habemus indignados ! N’ayez pas peur…


http://www.google.com/hostednews/af...


Révolution : naissance d’un parlement citoyen à la Bastille
http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/revolution-naissance-d-un-95015
Suite à l'appel des militants espagnols Democracia Real YA ! et de nombreux mouvements citoyens en France depuis plus d'une semaine, des milliers de personnes se sont réunies à la Bastille le 29 mai et le flot des militants ne fait qu'augmenter au fil des heures. Des orateurs prennent la parole au micro à tour de rôle pour exprimer leur idées, leurs coups de gueule et leurs propositions. C’est un véritable parlement citoyen qui se tient sur la place. Le site du mouvement Démocratie Réelle retransmet d’ailleurs en ce moment les images en direct sur internet.


Un cahier des doléances a été mis à la disposition des citoyens pour qu'ils puissent faire part de leurs revendications. Celles-ci seront utilisées pour rédiger la charte du mouvement. Ce dernier prône une prise en main de la politique par le peuple. Ce sont des milliers de gens qui sont sortis dans les rues et qui revendiquent des libertés élémentaires et une volonté grandissante de remettre le citoyen au centre des préoccupations. Face aux atrocités de la guerre, des dictateurs financiers, face aux décisions unilatérales et inhumaines de la classe dirigeante, l’indignation est passée à l’étape suivante : agir. Les multiples intervenants font part de la nécessité de coordonner les mouvements européens et de pratiquement mettre sur pied des actions concrètes et productives. Je vous invite à prendre connaissance des nombreuses chartes récemment mises en lignes et qui définissent clairement les revendications des mouvements actuellement mobilisés un peu partout en Europe. C’est une volonté citoyenne qui est en train de naître. C’est à chacun de nous d’y joindre la nôtre pour l’amplifier et lui donner corps.

A l'image des campements espagnols et autres, les militants ont organisé des mini-concerts et des distributions d'eau et de nourriture. Outre les différents sites web récemment créés, des millions de tweets relaient les informations au moment où j'écris ces lignes. Certains sont exagérés ou approximatifs, d'autres plus précis. Mais l'important est qu'ils existent et contribuent à ce que le mouvement populaire - au sens propre du terme - s'amplifient. Un flux continu de messages circulent depuis l'Espagne également, saluant et encourageant l'écho qu'à eu leur soulèvement en France.

Encore une fois, il est de notre responsabilité de partager ces informations pour qu'elle atteignent le plus grand nombre. Ce ne sont plus les politiques qui défendent les interêts du peuple, car contrairement aux apparences, nous ne vivons plus en démocratie. A nous de défendre nos droits, les politiques ont définitivement prouvé leur incompétence et leur complicité. Car la question est évidente : est-ce dans l'intérêt des gouvernements, des multinationales et des médias de relayer les revendications des mouvements qui les mettent en cause et d'activer les institutions parlementaires en conséquence ? La réponse est évidente ! L'omerta et le silence des médias est plus que révélateur.

Ce que je constate, c'est que vu de l'extérieur, le tableau est clair : d'un côté le peuple fatigué par les promesses, les injustices, l’impunité, et qui soucieux de son avenir, tente de s'organiser pour reconstruire une vraie démocratie, et puis de l'autre, les médias et les politiques qui pratiquent la langue de bois et l'indifférence. Entre les deux, une masse de gens lobotomisés dans leur fragile confort matériel et leurs relatifs sentiments de sécurité et d’insécurité. Comment pourrait-on se contenter d’un monde où le pouvoir et les ressources seraient détenus par une oligarchie économique et financière ? Le mouvement est indispensable et inévitable.

Les médias en parlent à peine, sans doute de peur de voir le mouvement prendre de l'ampleur et surtout de peur de voir ce mouvement passer les frontières des villes et des pays. Notre génération n'a pas besoin de traité ni de lois pour communiquer et partager ce que nous avons tous en commun : cette soif de liberté, d'égalité et de justice. Ouvrir les yeux devient très urgent. L'avenir nous dira si ce qui se produit en ce moment dans nos rues est une véritable révolution. En tout état de cause, elle en a toutes les composantes. Partager, expliquer, sensibiliser, se mobiliser est devenu vital.
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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Lun 30 Mai - 18:29

Les Indignés espagnols font des émules
http://fr.reuters.com/article/topNews/idFRPAE74T06920110530
MADRID (Reuters) - Les Indignés espagnols ont voté la poursuite de l'occupation de la Puerta del Sol, dans le centre de Madrid, et leur mouvement contre la gestion de la crise économique et financière fait des émules en France et en Grèce.

La prolongation de l'occupation, au moins jusqu'à jeudi, a été décidée tard dimanche soir par les centaines de personnes qui se trouvaient sur la place.

Le mouvement, dont l'organisation s'inspire du "printemps arabe", est apparu lors de la campagne pour les élections locales et régionales du 22 mai.

Organisé pour dénoncer la politique d'austérité et le chômage, conséquence selon les manifestants d'une "séquestration des démocraties européennes par les marchés financiers internationaux", il a mobilisé des dizaines de milliers de personnes à travers l'Espagne.

"Los Indignados" reprochent aux gouvernements d'avoir renfloué les pertes du secteur financier après la crise de 2008-2009 et d'en faire payer le prix aux peuples, victimes de l'austérité et du chômage, qui dépasse les 20% en Espagne et 45% chez les jeunes.

Les élections du 22 mai ont tourné à la déroute pour le Parti socialiste, au pouvoir, qui a perdu notamment ses bastions de Barcelone et de Séville.

"RÉVOLUTION EUROPÉENNE"

Le gouvernement de José Luis Rodriguez Zapatero, qui ne briguera pas de nouveau mandat lors des élections législatives de 2012, va devoir trouver un juste milieu entre les revendications contradictoires de ce mouvement social, d'une part, et, d'autre part, des investisseurs et des marchés financiers qui réclament une réduction de la dette publique.

Le mouvement espagnol, qui se présente sous le nom de "Democracia Real Ya" (Démocratie réelle maintenant), a essaimé ces derniers jours dans d'autres capitales européennes.

A Paris, où un mouvement "Réelle démocratie" affirme qu'une "révolution européenne" est en cours, des manifestants ont été dispersés dimanche soir place de la Bastille.

Un millier de personnes, des jeunes pour la plupart, ont pris part au rassemblement, selon les manifestants, moitié moins selon la police.

"On a commencé ces rassemblements spontanément il y a une dizaine de jours et ils prennent de l'ampleur. Au début, on n'était que quelques-uns et, maintenant, des centaines de personnes viennent chaque jour et il y a de gros pics le week-end", a déclaré un manifestant.

Le mouvement, qui n'a pas encore de réel mot d'ordre, s'est répandu dans 31 autres villes de France, a-t-il poursuivi, annonçant une journée européenne de protestation le 19 juin.

Invité dimanche de Canal+, Alain Juppé, ministre français des Affaires étrangères, a dit ne pas croire à un "été européen" qui ferait suite au "printemps arabe".

A Athènes, où les autorités ont dû se résoudre à mettre en oeuvre une sévère politique d'austérité en contrepartie du soutien financier du Fonds monétaire international et de l'Union européenne, plusieurs dizaines de milliers de Grecs ont exprimé leur colère dimanche contre la classe politique.

Avec Nicholas Vinocur à Paris, Henri-Pierre André et Jean-Philippe Lefief pour le service français, édité par Gilles Trequesser


Après le «printemps arabe», un «été européen» ?
http://www.rfi.fr/europe/20110530-apres-le-printemps-arabe-ete-europeen

Manifestation des « Indignés » grecs à Athènes, le 29 mai 2011.
REUTERS/John Kolesidis

Ils s'appellent les « Indignés ». Que ce soit en Espagne, au Portugal, en Grèce ou en France, les jeunesses européennes se mobilisent pour dénoncer la crise économique dont elles sont les premières victimes. La révolte reste encore timide, mais se fait de plus en plus entendre un peu partout en Europe. Y aura-t-il un « été européen » après le « printemps arabe » ? Le ministre français des Affaires étrangères, Alain Juppé, ne le croit pas.

« Je ne crois pas à un été européen », a dit Alain Juppé à la chaîne de télévision Canal+, tout en admettant que les mouvements se ressemblent : « Il y a un point commun, c’est le chômage. Grosse différence, c’est la démocratie. Nous, nous l’avons, eux (les pays arabes) ne l’ont pas, ils se battent pour ça ».

Le chômage est en effet l’une des principales raisons de la colère des jeunes. Que ce soit en Espagne, en Grèce, au Portugal, en Grande-Bretagne ou bien en France, les taux de chômage des moins de 25 ans dépassent amplement les 20%. La lanterne rouge revient à l’Espagne, avec un taux de 44% pour cette même tranche d'âge.

Révolution à l'espagnole ?

Depuis deux semaines, la Puerta del Sol, la place centrale de Madrid, est devenue le théâtre d'une étonnante révolte, nourrie par la contestation d’une classe politique incapable de sortir le pays de la crise, et surtout incapable de faire baisser le chômage. Si l’on en croit le porte-parole des « Indignés » espagnols, Juan Lopez, cette « Spanish Revolution » spontanée, sans le soutien des partis politiques ni des syndicats, va s'installer dans la durée : « Nous avons le soutien d’une grande partie de la société espagnole. »


« Maintenant ou jamais » annonce le panneau, Puerta del Sol, le 30 mai 2011, alors que des milliers de protestataires se sont joints au village de tentes des « Indignados ».
Reuters / Juan Medina

Le vent de révolte qui souffle sur l’Europe reste encore timide, mais il est palpable dans plusieurs pays, surtout là où les citoyens refusent de faire les frais de la crise économique. C’est l’Islande qui a ouvert le bal – avec sa « révolution des casseroles », après l’effondrement du secteur bancaire. Aujourd’hui, la protestation prend de l’ampleur dans l’Europe du Sud, notamment en Espagne, au Portugal et en Grèce.

A Athènes, 30 000 manifestants

A Athènes, la place de la Constitution devant le siège du Parlement était noire de monde ce dimanche 29 mai. La police a estimé à 30 000 le nombre de manifestants, au cinquième jour d’une mobilisation à succès contre l’austérité qui fait écho au modèle espagnol des « Indignés ». Marianna, elle, a rejoint le mouvement à Thessalonique. La jeune Grecque a rejoint les manifestations dans le centre de la ville, grâce aux réseaux sociaux. Elle trouve qu’il est temps de se réveiller pour répondre à l'appel des Espagnols et des Portugais. A 30 ans et après plusieurs années d’études, la jeune Grecque a du mal à joindre les deux bouts : « Je travaille comme serveuse dans un bar. Je gagne 15 euros au noir, pour cinq heures de travail. On ne peut pas vivre comme ça, trouver un emploi est absolument impossible. »

La Grèce, le Portugal, l’Espagne, l’Italie, mais aussi la Grande-Bretagne et maintenant la France, où plusieurs centaines « d'Indignés » ont manifesté place de la Bastille ce dimanche soir, 29 mai : les mouvements sont le fruit d’une précarité grandissante parmi les jeunes.

Le syndicaliste Joël Decaillon trouve la situation extrêmement préoccupante : « Pour passer de la précarité à un contrat à durée indéterminée, l’âge moyen en Espagne est de 36 ans. En fait, on a une génération qui est quasiment astreinte à vivre chez ses parents et qui n’a pas la possibilité de vivre de son propre métier. »

Si les gouvernements européens ne réussissent pas le pari d’intégrer les jeunes dans le marché du travail, les mouvements de protestations risquent de prendre de l’ampleur, puisque les jeunes ne sont pas prêts à payer la facture que la génération de leurs parents leur a laissée.
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Message  Invité le Lun 30 Mai - 19:31

Le refus de tout parti officiel, bien entendu, est une bonne chose mais en Italie, le refus de la présence des "centres sociaux", par exemple, trahit la regrettable illusion d’être "les premiers" comme s’il n’y avait pas eu avant eux des gens qui se sont posés les mêmes questions et ont exploré des réponses. Tirer des leçons des réussites et des échecs des tentatives précédentes devrait quand même être un des moments d’approfondissement de ce genre de mouvement. Par exemple, reprendre à son compte l’imagerie de la résistance que colporte Hessel avec son "Indignez-vous", sans critiquer ce que fut, historiquement, la résistance, est une faiblesse.
Un peu de recul. Pour voir le contexte :
Voir en ligne : http://quadruppani.blogspot.com/
ou : http://www.article11.info/spip/Le-monde-est-l-avenir-de-la

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Message  niouze le Lun 30 Mai - 20:11

ultra rapide il paraitrait qu'a paris la police tienne la bastille Shocked et empeche les gens de ce réunir pas vraiment plus que ses rumeurs pour l'instant


edit @ nyark j'ai pas eu le temps de lire ce que tu a mis mais des critiques c'est vrai qu'il y en a a la pelle a faire ...nous même avons du mal a nous entendre sur plein de truc ,
mais pour l'instant le temps n'est pas encore a la critique, le temps est a l'unité pour crier notre refus de cette société (et au manque de monde ...)

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  Invité le Lun 30 Mai - 20:19

Disons que moi, pour résumer vraiment à l'extrême, j'ai du mal à croire à la non-violence. La preuve d'ailleurs...

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  spike le Mar 31 Mai - 0:20

Nyark nyark a écrit:Disons que moi, pour résumer vraiment à l'extrême, j'ai du mal à croire à la non-violence. La preuve d'ailleurs...

C'est pas parce qu'un mouvement commence par la non-violence, qu'il restera non-violent par la suite....
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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Mar 31 Mai - 9:22

Grèce: les manifs se poursuivent
http://www.journalmetro.com/monde/article/875358--grece-les-manifs-se-poursuivent
ATHÈNES, Grèce - Des dizaines de milliers de personnes se réunissent depuis près d'une semaine, à Athènes et dans d'autres villes de la Grèce, pour exiger du changement après un an de dures mesures d'austérité appliquées par le gouvernement grec.

La plupart des commentateurs, de même que certains ministres, ont applaudi les démonstrations de solidarité dans ce pays croulant sous le poids des dettes, davantage reconnu pour ses manifestations syndicales qui tournent souvent en émeute.

Ces rassemblements massifs, calqués sur ceux ayant cours en Espagne, ont résulté d'appels spontanés lancés sur les réseaux sociaux tels que Facebook. Les soirées ont surtout attiré des jeunes sans emploi, alors que le taux de chômage en Grèce frôle les 16 pour cent.

Les foules écoutent les discours nocturnes, où une série de mesures pour remettre sur pied le pays sont proposées. Le soutien aux chômeurs, de même que la radiation de la dette du pays, de 514 milliards $, figurent parmi les suggestions émises pendant ces soirées.

Le matin venu, des bénévoles nettoient les places et fournissent de la nourriture et des soins, tout en maintenant à distance les équipes de chaîne télévisée et les extrémistes politiques.

Les protestataires s'opposent aux coupes annoncées par le gouvernement socialiste, des mesures qui devraient assurer le versement du plan d'aide internationale d'environ 158 milliards $ (110 milliards d'euros).

Le premier ministre grec, George Papandréou, en chute dans les sondages, a néanmoins fait le serment de poursuivre sa réforme fiscale.

Plusieurs critiquent également les décennies de corruption qui ont prévalu en Grèce, ainsi que la mauvaise gestion qui a acculé le pays au pied du mur et exigent un changement radical de la façon de faire.


Inattendue par l’Establishment européen donneur de leçons aux pays du Sud
La cybergénération occidentale fait trembler l’ordre économique mondial

http://www.latribune-online.com/suplements/international/52754.html


N’est-ce pas le même discours que tenaient et tiennent toujours les régimes dit dictatoriaux ou non démocratiques. Eux aussi disent : «nous sommes en démocratie, notre démocratie est différente de la démocratie européenne, nous avons notre spécificité…». Chacun justifie sa situation à sa convenance et refuse d’admettre l’essentiel : tout régime, tout système, tout modèle politique et économique a ses limites et il arrive un moment où l’on doit changer radicalement d’approche et de mode de gouvernance. L’Occident n’est pas le modèle absolu et encore moins l’exception. Car si les systèmes despotiques du Sud on survécu toutes ces années, c’est, d’une part, pour préserver les intérêts occidentaux et, d’autre part, parce que les Occidentaux eux-mêmes ont grandement contribué à l’avènement de ces potentats et à leur pérennité. Car, si le système dictatorial vise à préserver les intérêts d’une caste parasitaire au détriment de l’intérêt général d’une nation, la démocratie occidentale vise à préserver le modèle capitaliste et mercantiliste et à l’imposer à tous les humains alors qu’il est responsable de la misère des milliards d’humains. Les révoltes arabes ne datent pas d’aujourd’hui. Les luttes pour l’indépendance nationale avaient aussi comme objectif l’émancipation sociale, politique et économique. A travers son attitude vis-à-vis des révoltes arabes, l’Occident se donne bonne conscience et oublie qu’il a pillé les richesses du Sud, dominé et opprimé les nations du Sud et continue à spolier les ressources du Sud, grâce à un ordre économique aussi inhumain que les dictatures qu’il a soutenues avant de les lâcher.

Retour de boomerang

Les révoltes arabes bouleversent les petits et grands ordres établis, et brouillent toutes les cartes des puissances occidentales dont certaines commencent déjà à redouter une «contagion du Sud». Aujourd’hui, la conscience des jeunes révoltés dans la région arabe est au seuil des revendications démocratiques. Le besoin de liberté est aussi instinctif que le besoin alimentaire. D’ailleurs, les deux besoins sont indissociables, d’où l’évolution inéluctable de cette conscience pour aller au-delà des revendications démocratiques pour une remise en cause de l’ordre économique national et mondial antinomique avec la liberté, la démocratie et la dignité humaine. Certains peuvent rétorquer que la démocratie et le capitalisme débridé sont compatibles en Occident. Pourquoi ne peuvent-ils pas l’être dans les pays du Sud ? Si en Occident la démocratie s’est élargie et a atteint des niveaux de praxis appréciables, c’est en raison du passé colonial et son présent hégémonique et impérialiste qui l’aide à acheter la paix sociale dans ses espaces politiques au détriment des besoins minimum des peuples du Sud. Mais à chaque crise économique générée par les limites du système capitaliste injuste, les révoltes sociales éclatent au cœur même du paradis démocratique. Pour faire taire les légions d’«indignés» occidentaux, le système capitaliste occidental homogène réagit en bloc pour appauvrir plus les pays du Sud afin de répondre aux besoins de ses populations, de ses déclassés, de ses marginaux… Ces derniers ont toujours manifesté leur ras-le-bol, leur exclusion et leur misère sociale. Mais c’est la première fois qu’il l’exprime d’une façon empruntée aux mouvements des révoltes arabes. Aujourd’hui, l’Occident est face à un risque d’explosion sociale dont les prémices sont perceptibles dans ses maillons faibles comme la Grèce, l’Espagne, le Portugal et l’Italie. Initié en mai en Espagne, le mouvement des indignés fait tache d’huile et trouve un écho en Grèce et en France. Les «Indignés» se réclament ouvertement du best-seller éponyme Indignez-vous ! d’un ancien diplomate français, Stéphane Hessel. Les jeunes «indignés» de Madrid, portés par les soutiens venus de l’étranger, ont décidé, dimanche dernier, de poursuivre l’occupation de la Puerta del Sol, où leur village de tentes est devenu le cœur du mouvement de contestation né il y a deux semaines.

Un été européen chaud

Des milliers de manifestants, pour beaucoup des jeunes, ont participé à l’assemblée générale qui a massivement approuvé la proposition : «Nous restons, et nous déciderons plus tard pour combien de temps.» «Nous ne partons pas, nous ne partons pas», a alors scandé la foule. Le mouvement spontané, inédit en Espagne, apparu le 15 mai et largement relayé par les réseaux sociaux, avait décidé une première fois, dimanche dernier, de poursuivre pour une semaine l’occupation de la Puerta del Sol, dans le centre de Madrid. Toute la semaine, malgré des signes d’essoufflement et de fatigue, des centaines de jeunes se sont encore relayés nuit et jour dans le campement. Le même jour, un porte-parole a expliqué que «le succès des assemblées de quartier» organisées samedi dernier à Madrid, ainsi que «le soutien» venu de France, où un millier de jeunes étaient rassemblés au même moment, avaient donné un élan nouveau au mouvement. «Paris, résiste, Madrid est avec toi», ont hurlé les jeunes rassemblés à Madrid à l’annonce de l’évacuation par la police de la place de la Bastille à Paris, où des tentes avaient également été installées. Puis la foule assise, les mains levées au ciel, a observé une minute de silence «pour Paris». Ce mouvement, qui se veut citoyen et apolitique, regroupe des jeunes, mais aussi des retraités, des chômeurs ou des salariés exaspérés par le chômage, qui touche un Espagnol de moins de 25 ans sur deux, la précarité sociale ou encore la «corruption» de la classe politique. Les revendications, hétéroclites, prennent pour cible le chômage, les excès du capitalisme, les politiciens «corrompus» ou le système électoral accusé de ne pas laisser de place aux petits partis. Mais en l’absence de leader identifié, d’organigramme et de plate-forme lisible, la «Spanish Revolution» se cherche maintenant une nouvelle direction. Toute la journée de dimanche dernier, des milliers de personnes ont débattu à la Puerta del Sol de la forme que devrait prendre la contestation. «Nous pensons que nous devons rester jusqu’à ce que nous soyons bien organisés», a lancé l’un des intervenants au micro, avant le vote final. Un consensus s’est dégagé sur le maintien du village de Sol, mais aussi sur la nécessité de le «restructurer» pour prendre en compte les multiples problèmes logistiques. «Les problèmes de cohabitation et d’infrastructure ne suffisent pas pour lever le campement», a affirmé un des orateurs. D’autres énuméraient la liste des problèmes quotidiens dont «la fatigue, l’approvisionnement en nourriture, la fourniture d’électricité, les vols et la présence d’armes blanches» ainsi que des cas de «harcèlement». Et pourtant, malgré les risques d’essoufflement, des milliers de personnes avaient participé samedi dernier à des assemblées populaires organisées dans 120 quartiers et communes de la région de Madrid. Dimanche dernier, les «indignés» ont aussi manifesté à l’étranger, à Paris ainsi qu’à Athènes où 20 000 personnes se sont rassemblées. «Le succès des assemblées dans les quartiers donne de l’élan au mouvement (...) ainsi que le soutien que nous recevons de France», a expliqué dimanche dernier un porte-parole, Carlos qui, à 27 ans, vient de finir des études de physique. Parmi les objectifs du mouvement à partir de maintenant, il a cité «l’extension à l’étranger, les contacts avec les pays où la mobilisation a commencé, comme la France et la Grèce», ainsi que «la consolidation du mouvement dans les quartiers». «Bien sûr que nous devons continuer, sinon tout cela n’aura servi à rien», estimait Rita Sainz, une étudiante en littérature de 22 ans venue manifester à la Puerta del Sol. «Il y a un avant et un après ce campement. Maintenant, il y a une masse de gens qui sont conscients des problèmes, du pouvoir de l’action commune». En Grèce, les Athéniens ont afflué par milliers dans la soirée sur la place centrale de la capitale, au cinquième jour d’une mobilisation contre l’austérité calquée sur le modèle espagnol des «indignés». A Paris, un millier de jeunes, selon la police et les organisateurs, se sont rassemblés place de la Bastille pour protester contre «le chômage, la précarité et la corruption» ainsi que contre les «dérives de la démocratie». Ce mouvement «inattendu» par les establishments européens donneurs de leçons aux pays du Sud risque de prendre de l’ampleur et de toucher les derniers venus à l’Union européenne, en l’occurrence les pays de l’Europe centrale et de l’Est qui découvrent la face cachée du capitalisme sauvage.


29 mai : la crise nous a donné raison
http://www.altermonde-sans-frontiere.com/spip.php?article16824
Il y a six ans, le peuple français – massivement le peuple de gauche – rejetait le « traité établissant une Constitution pour l’Europe ». Pendant les longs mois qui avaient précédé le référendum, en fait depuis octobre 2004 et « l’appel des 200 », peu à peu le peuple s’était réapproprié son destin.

Comme on l’a vu rarement dans le passé, on a assisté à un intense travail de prise de connaissance et d’analyse du texte proposé – en fait, la collection des différents traités européens adoptés depuis 1957 auxquels s’ajoutaient de nouvelles dispositions. Je garde le souvenir ému de gens venant, au terme d’une réunion, demander mon opinion sur l’interprétation de tel ou tel paragraphe de l’un ou l’autre article. Ce qui fut remarquable, c’est que la préoccupation principale des protagonistes de la campagne du « non » fut d’appeler non pas à la passion, mais à l’intelligence du peuple, à sa raison. Loin des slogans, loin des manipulations du texte par les partisans du « oui », nous nous sommes efforcés de présenter le texte et d’en expliquer la portée. Ce fut un formidable exercice de pédagogie populaire.

Ce fut aussi une démonstration éclatante de la dynamique et de la mobilisation que crée l’unité lorsque les forces de gauche se rassemblent. Deux leçons qui restent valables pour 2012, même si elles ne furent pas retenues en 2007. Il en est une troisième dont 2008 a révélé la pertinence, c’est la leçon tirée du travail de décodage des textes européens en 2005 : la crise qui a éclaté en 2008 a donné raison à ceux qui dénonçaient ce qu’imposent ces textes européens adoptés par nos gouvernements de droite comme de gauche : la dictature des marchés, la privatisation des services publics, le démantèlement du droit du travail, la concurrence de tous contre tous conduisent au désastre social et à la catastrophe écologique. Nous avions repris la formule de Pierre Bourdieu : « la construction européenne s’apparente à une destruction sociale ». La suite, depuis 2005, l’a amplement vérifié.

Nous n’avons pas rejeté l’union des peuples d’Europe. Nous avons dit : cette Europe-là n’est pas conforme aux valeurs de solidarité et de justice que prétend porter l’Europe. Ce n’est pas une Europe pour les peuples, mais contre eux. Elle aliène les peuples à la dictature de l’argent. Elle privilégie les intérêts particuliers animés par la seule logique du profit. Elle conduit à la catastrophe sociale et écologique. Les révoltes que nous observons depuis en Grèce, en Irlande, au Portugal, en Espagne, mais aussi les manifestations en Grande-Bretagne et en Italie témoignent des souffrances infligées par des idéologues au service de la finance et du monde des affaires. Le repli national n’est d’aucune efficacité pour inverser le cours des choses. Mais le cadre national peut être le départ d’une résistance qui doit se coordonner pour manifester son efficacité au seul niveau pertinent : l’Europe. Résistance des peuples, résistance des organisations syndicales, résistance des forces de gauche qui refusent d’accompagner un système qui est la négation du socialisme.

En ce jour anniversaire, à moins d’un an d’une échéance majeure dans un pays en capacité de changer l’Europe, il s’impose de prendre en compte toutes les leçons du 29 mai 2005.
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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Mar 31 Mai - 9:29

La peur du jeune
http://www.lesechos.fr/opinions/edito/0201407358152-la-peur-du-jeune-170431.php
Prenez quelques centaines de jeunes qui s'agitent en province et à Paris depuis ce dimanche ; ajoutez-y le contexte européen avec les manifestations massives de la jeunesse espagnole qui occupe la Puerta del Sol au centre de Madrid depuis le 15 mai ; vous obtiendrez alors le cocktail qui terrorise la classe politique française depuis les premiers grands mouvements étudiants de Mai 1968 : la peur du jeune. Cette hantise est à l'origine de bien des reculs dont nous payons encore aujourd'hui le prix. En son nom, combien de décisions non prises, de réformes repoussées, de statu quo imposés, de contournements mal assumés pour, finalement, parvenir à ce que chacun brandit comme l'un des échecs majeurs de nos sociétés : le chômage des jeunes. Avec un taux de 23,2 % en 2011 pour la tranche d'âge des 15-24 ans, il se situe encore en France à plus de 4 points au-dessus de la moyenne de l'Union européenne (20,6 %). Et plus de la moitié des jeunes de moins de 25 ans qui travaillent le font sous forme de contrats précaires. On pourra contester sans fin ces chiffres. Dire par exemple que la base d'actifs sur laquelle ils sont calculés est très faible puisqu'une proportion croissante de jeunes poursuit le plus longtemps possible ses études. Faire remarquer aussi que parmi les contrats précaires figurent les stages ou l'apprentissage, qui sont, pour la plupart, d'excellents tremplins pour l'emploi.
Il reste cette réalité, incontournable : en France, le taux de chômage des jeunes est plus de deux fois plus élevé que celui des adultes. Pis, cette situation dure depuis la fin des années 1970. Et, tout au long de cette période, les plans destinés à éradiquer ce fléau ont été aussi innombrables qu'inefficaces. Tous ont reposé sur le traitement de la maladie plutôt que sur celui du symptôme. Décréter des emplois-jeunes ou des contrats aidés est certes moins explosif que d'instaurer la sélection à l'université afin d'éviter la sortie de jeunes mal formés au sortir d'études inadaptées. Accepter, depuis des années, l'idée que les 25-54 ans, qui ne représentent que 41 % de la population, accaparent 79 % des emplois du pays est certes plus confortable que de revoir le Code du travail afin de l'adapter à la situation des jeunes non qualifiés, fût-ce au prix d'une déréglementation. Par peur de la rue, les adultes que nous sommes ont trop tardé à prendre les décisions qui s'imposaient. Il est encore temps de le faire. Car tout vaut mieux que d'entendre cette terrible expression qui claque ces jours-ci comme une sentence dans les dîners en ville : « génération sacrifiée ».
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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Mar 31 Mai - 11:29

Sans dirigeant, point de salut ?
http://www.courrierinternational.com/article/2011/05/26/sans-dirigeant-point-de-salut
Si le mouvement des “indignés” n’est pas comparable aux “révolutions arabes”, il s’assimile volontiers à celui des “5 étoiles” sous la houlette de l’Italien Beppe Grillo, estime le quotidien de droite. A une différence près : l’absence de leader.

“Los indignados” (“les indignés”) qui protestent à Madrid contre la classe politique ressemblent aux “grillini” italiens [du nom de Beppe Grillo, figure de la satire politique italienne et leader d’un mouvement contestataire, apolitique et citoyen dont la vitrine politique est le “Movimento 5 stelle” – Mouvement 5 étoiles –, qui a fait de bons scores aux dernières élections locales], mais sans dirigeant. Ils n’ont rien à voir avec les révoltes arabes. Les “indignés” sont descendus dans la rue pour la première fois dimanche dernier, le 15 mai, d’où leur nom de mouvement du 15-M. Ils étaient 20 000 : une manifestation importante, mais qui n’a d’abord eu, sans surprise, qu’un retentissement limité. L’Espagne est en effet habituée à des manifestations de grande ampleur : l’année dernière, la manifestation contre l’extension de la loi sur l’avortement a rassemblé 250 000 personnes à Madrid ; le 29 septembre, les syndicats ont mobilisé un million et demi de manifestants, essentiellement dans la capitale. Le phénomène a émergé les jours suivants, quand les manifestations se sont prolongées. Il a surtout grandi à mesure que certains politiques commençaient à entrevoir la possibilité de se servir de la contestation comme d’un outil électoral.

Instrumentalisation

Le candidat socialiste à la présidence de la région madrilène s’est empressé de déclarer sa sympathie aux manifestants, dans l’espoir de les instrumentaliser contre sa rivale Esperanza Aguirre. Dans le même temps, des représentants de la droite soulignaient que ces manifestations n’étaient pas dirigées contre le système, mais contre le gouvernement, contre la crise économique, à laquelle Zapatero n’a pas su donner de réponse adéquate. En somme, les hommes politiques ont cherché à caresser les “rebelles” dans le sens du poil et à se montrer sous leur meilleur jour, rien de plus. La comparaison avec les manifestations arabes avancée par certains journaux semble donc hors de propos. Le mouvement espagnol n’affronte pas un régime totalitaire prompt à serrer les rangs pour mieux l’écraser, mais un régime démocratique qui cherche instinctivement à l’absorber. Comme tout système démocratique en pareil cas : peut-être légèrement dépassé au début, mais capable peu à peu de s’adapter pour mieux l’englober, susceptible d’accueillir certaines de ses exigences et de neutraliser les autres. A y regarder de plus près, le mouvement du 15-M de la place de la Puerta del Sol rappelle, plus que celui de la place Tahrir [au Caire], le Mouvement 5 étoiles italien, lui aussi né d’une ­manifestation antipartis, le “V-Day” de 2007 [ou “Vaffanculo-Day”, une journée de contestation populaire qui avait eu lieu avec succès le 8 septembre 2007 dans de nombreuses villes italiennes à l’initiative de Beppe Grillo].

Une révolte spontanée

Les deux mouvements veulent en outre éviter toute récupération et se présentent comme des mouvements antipartis et antisystème. Enfin, le Mouvement 5 étoiles s’est petit à petit fait l’écho d’autres luttes sur des sujets disparates (des lignes à grande vitesse aux incinérateurs de la région napolitaine). Le mouvement du 15-M a lui aussi déjà ajouté à ses revendications l’abrogation d’une série de lois : le processus de Bologne sur la réforme du système universitaire, la toute récente loi sur l’économie durable, et même la loi antitabac qui interdit depuis janvier de fumer dans les espaces publics. Pour synthétiser, ces mouvements rassemblent des déçus de la politique, des “indignés” qui se limitent à manifester un malaise général envers la classe politique au pouvoir sans proposer d’alternative organisée.

Il manque cependant au mouvement espagnol un meneur à la Beppe Grillo et la force mobilisatrice qu’a pu avoir le V-Day auprès des célébrités et des intellectuels. Voilà toute la différence entre les deux mouvements. La révolte espagnole n’en est que plus spontanée et authentique, mais elle pourrait avoir du mal à se structurer en comités et en listes électorales sur le modèle italien. Est-ce un bien ou un mal pour les jeunes et pour la politique espagnole ? Difficile de répondre : si le Mouvement des 5 étoiles est désormais installé depuis quatre ans dans le paysage politique italien et a remporté des succès électoraux intéressants, les progrès sont presque nuls en regard des exigences initiales. Mais ce sont les règles de la démocratie, et mieux vaut s’en accommoder : les révolutions arabes qui ont renversé des régimes entiers ont causé des milliers de morts et provoqué un grand chaos politique et social, des situations complexes dont les conséquences ne seront ni simples ni rapides. Souhaitons que les mouvements rebelles de ce côté de la Méditerranée finissent par emprunter d’autres voies pour peser politiquement, sans relâcher la pression. Ce serait un succès et non un échec pour leur action, et, somme toute, pour nos démocraties.

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Re: nous sommes TOUS des arabes [revoltes dans le monde]

Message  ivo le Mar 31 Mai - 13:33

Un mouvement visionnaire : les indignés
http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/un-mouvement-visionnaire-les-95066
Depuis maintenant deux semaines un mouvement inédit en Europe a vu le jour : des milliers d'Européens, jeunes, vieux, parents, enfants, occupent la rue et réclament de vraies démocraties.

Ce mouvement est d'une importance particulière car il est novateur pour plusieurs raisons :

*Les formes de contestation ne sont pas habituelles, en effet, les campements sur les places publiques, les assemblées quotidiennes et l'appropriation de l'espace public sont choses très rares dans les contestations européennes.

*De plus, le mouvement est apartisan, ne se situe ni à droite ni à gauche. Cette remise en cause du système politique et donc aussi du système électoral est aussi majeure. L'initiative citoyenne rejette toute appartenance politique. Elle refuse de rentrer dans la politique traditionnelle truquées, même si elle n'appelle ni à l'abstention ni au vote.

*C'est aussi un des premier mouvement qui puisse prétendre à l'universalité. En effet la plupart des mouvements sociaux ont pour cause des particularités propres à un seul pays, et, de fait, sont difficilement exportables à l'étranger. En rejetant le système politique qui permet les crises et les injustices, le mouvement s'attaque à un sujet qui est présent sur tout le globe, l'oligarchie. Aussi bien dans les dictatures que dans les "démocraties", une minorité dirige la majorité. Cette minorité est soit "consentie" par le peuple à l'aide de manipulations électorales qui, avec un système médiatique aidant, contraignent le peuple à choisir entre des candidats choisis qui ne remettent pas en cause le système.

*Le mouvement citoyen peut attirer à droite comme à gauche, au FN comme au NPA. En effet, le lien entre tous les sympthisants du mouvement c'est la recherche d'une vraie démocratie et la critique de notre système politico-médiatique. Tous critiquent la tournure de la société, mais tous ne sont pas d'accord sur les mesures à prendre pour régler les problèmes, tous doivent donc trouver ce qui les lie : la véritable démocratie. Il n'est donc question ni de gauche ni de droite. Un mouvement démocratique, à l'image des révolutions arabes, voilà ce qu'est le mouvement, sauf qu'en Europe, nous connaissons les erreurs à ne pas faire et l'oligarchie ne pourra pas nous avoir encore une fois.


Les hommes politiques et journalistes que l'on entend à la télévision nous rabachent que le mouvement devra se politiser pour pouvoir marquer l'essai. Problème, le mouvement n'est pas apolitique mais bien politique, et la politique du mouvement c'est justement de rejeter le système politique injuste et oligarchique. Le mouvement n'a donc aucun intérêt à se transformer en parti et en présentant des candidats.

Le futur du mouvement se verra dans sa capicité à révéler la nature oligarchique du système politique de notre état. Il faut remettre en cause la légitimité de nos dirigeants pour pouvoir ensuite mettre l'alternative démocratique, la "vraie" démocratie, au devant de la scène, et l'exiger, car, ne nous voilons pas la face, la caste au pouvoir ne nous donnera jamais raison.

Il ne faut pas se le cacher, le mouvement est bien plus avancé en Espagne et en Grèce. Cependant, la France n'est pas loin de la tête de peloton quand à la mobilisation, et elle en est encore à ses débuts. Alors je vous dis quelque chose :

Faut-il vraiment attendre que nous soyons dans une situation grecque ou espagnole, pire que la notre mais pas de manière incroyable, pour nous mobiliser ?

Profitons de l'élan européen pour nous lancer dans la création de vraies démocraties et dans l'invention d'un nouveau monde ou le citoyen serait un décideur et non pas un mouton qui choisisse son berger.

"Nous réclamions le pouvoir au peuple, ils nous ont donné la démocratie représentative, et nous, nous nous en contentons"

"Nous réclamions la pomme qui nous revenait, ils nous en ont donné un quartier, et nous, nous croquons dedans"


Un bouleversement en marche
http://www.agoravox.fr/actualites/citoyennete/article/un-bouleversement-en-marche-94996


Les récents événements sont le signe d’un bouleversement fondamental.

L’actualité bousculée fait tourner l’histoire. Nous entrons peut-être dans une nouvelle ère. Celle de la démocratie auto-organisationnelle, succédant à la démocratie représentative
.


La contradiction fondamentale du socialisme serait ainsi dépassée par une solution issue du réel. L’impossible émancipation du peuple via un appareil d’État qui finit par devenir oppressant, voire totalitaire, n'est définitivement plus une option viable.

De la même façon, la vérité absolue d'un système rationnel via les expert s’avère mortifère car se trouvant de fait forcée par ceux qui y trouvent intérêt. La raison Fmistique par exemple est au-delà, ou en deçà, de toute raisonnable.

Cette apparition du raisonnable est une émanation de la société inter individuelle, sans organisation a priori, sans personnalité dominante, sans hyper-expert représentant les intérêts de ceux qui le payent, sans démarche marketing visant à faire accepter l’inacceptable.

Par une somme de réflexions et d’échanges, la société auto-organisationnelle crée un sens a posteriori, sans démarche préalable, par l’intégration successive des échecs et des réussites, dans un état ouvert constamment en apprentissage.

Bien entendu, la société auto-organisationnelle est renforcée par les échecs de l’appareil d’État, ainsi que des appareils, ou des structures financières et industrielles, fusionnant au final dans une seule hyper structure. Celle-ci, dans son but ultime d’auto-enrichissement, est aveugle aux conséquences catastrophiques de ses actes. Si autrefois les victimes étaient passives, elles peuvent désormais réagir, mais au-delà, construire une autre logique sociétale, indépendante des thanato-décideurs.

C’est la survie même de l’humanité qui est conditionnée par l’apport, et le succès des avancées en matière d’auto-organisation. Mais celle-ci a plus d’imagination, de ressorts, et au final d’intelligence que l’hyper-structure. De plus, celle-ci, du fait même de son vecteur fondamental, ses intérêts, n’a pas la possibilité de critique au-delà justement de la conservation de ces intérêts, ce qui la rend rigide, donc fragile.

Bien sûr, l'hyper-structure, via ses appareils financiers, médiatiques, et méta-institutionnels, a une capacité de nuisance et de destruction considérable, et joue à fond des divisions, via une manipulation dont elle a depuis longtemps la maîtrise. Sauf que celle-ci, au moment où elle cesse d’être efficiente, se dévoie elle-même comme étant pure manipulation, pur mensonge auquel personne ne croît plus.


Elle peut aller jusqu’à présenter l’abolition de la démocratie formelle comme un bienfait, le gouvernement des experts remplaçant en mieux la décision populaire. Mais la ficelle est grosse. Cette régression risque de ne pas être aussi facile qu’il n’y paraît.

L’auto-organisation, comment ça fonctionne ? justement, ça fonctionne sans but a priori, ni plan préétabli, ni système prédéfini. Et c’est justement sa force. Ça fonctionne sans fonctionnement, sans fonction, ou plutôt par des fonctions implicites sans cesse changeantes.

Comme à la Puerta del Sol, c'est en s'organisant que se développe le mouvement, et c'est dans le mouvement que se crée l'organisation.

Tel un hydre polymorphe, ça se développe à mesure de sa croissance, ça englobe, détourne, s’oppose, récupère, rejette, contourne, retourne, aboutit dans sa perte et se perd en aboutissant. L’aléa est son moteur, la contradiction son énergie.

La circulation est là, de Madrid à Barcelone, de la Puerta del Sol à la Bastille, de Tunis à Athènes.

C’est l’apparition de la dialectique stochastique dans le réel.

Dans le concret, cela se traduit par une capacité de résistance des populations, même si bien entendu cette capacité est combattue par les élites, et l’ensemble des moyens mis à disposition des tenants de l’ordre établi. Mais justement, plus les populations sont conscientes d’elles-mêmes, plus les élites s’opposent à cette prise de conscience par des moyens de plus en plus grossiers, plus la population ouvre les yeux.

Les déboires gouvernementaux, avec des propos ministériels de plus en plus absurdes et incohérents, ou l’utilisation de l’extérieur pour résoudre l’intérieur, illustrent cette mécanique. Ce qui était autrefois garanti, l’utilisation d’une guerre, par exemple, à des fins électorales (Thatcher et les Malouines), est aujourd’hui plus risquée dans la mesure où on voit derrière une réalité qui eut être sinistre, à savoir utiliser ces conflits comme thérapie de choc pour l’application sans borne du libéralisme, profitant aux entreprises nationales ou multinationales. Le revers de la médaille est plus visible, les populations, comme celles de la Tunisie, ou de l’Égypte, ou en Europe de la Grèce ou de l'Espagne, apprenant en cours de processus historique à se méfier des faux amis.

Pour le cas du Maghreb, il faut espérer que cette capacité critique collective va leur faire éviter les écueils occidentaux. On voit bien qu'un appareil d'Etat, est contesté par une population, mais que d'autres appareils soi-disant démocratique, peuvent imposer des mesures de "démocratisation" qui consistent essentiellement dans la privatisation de l'espace public et le libre pillage des richesses du pays par les occidentaux. Entre Charybde et Scylla, le champ est étroit de la vraie liberté.

De même en Europe, la libération des peuples du joug ploutocrate passe par une prise de conscience collective face à des dirigeants dénués de tout scrupule et oeuvrant pour une minorité contre les peuples. Ce sont les crises réelles qui font devenir les peuples intelligents et les amènent vers l’autonomie.

La dialectique en acte est telle que l’oppression crée par son mouvement destructeur une force de résistance qui finit par la vaincre. Mais cette résistance, lorsqu’elle devient institution, ou pouvoir, peut devenir elle-même force d’oppression qui demande alors à être abolie.
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