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Today's joke

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Re: Today's joke

Message  ivo le Mer 12 Fév - 8:35



LE BOOK QUI PUE (tome I)
http://www.bakchich.info/societe/2014/02/11/le-book-qui-pue-tome-i-63100
Les religions du Livre, ce trio des monothéismes qui deale de la dure depuis trente à quatorze siècles, n’avait pas besoin de cette nouveauté : mais on n’arrête pas le progrès…

Réseau est arrivé-é-é…

La semaine dernière, Facebook a fêté ses dix ans. Comme toutes les catastrophes, on ne peut pratiquement plus, une fois passée la vague, l’éboulement ou l’explosion de la centrale atomique, se souvenir de quoi le paysage avait l’air avant. Un peu plus tôt, c’était le Macintosh d’Apple qui soufflait ses trente bougies. Si vous voulez savoir la différence entre un vrai progrès et une foutaise, comparez seulement ce que l’une et l’autre de ces nouveautés ont apporté au monde. Et pour mémoire, souvenez-vous qu’internet n’a qu’une petite vingtaine d’années, la version française de Wikipédia ne date que de 2001. Comme le temps a passé vite !

Le réseau, il était déjà dans le net, puisque l’un et l’autre impliquent un filet. Pas la partie tendre de bœuf. L’entrelacs de fils noués entre eux, qui configure aussi bien une interconnexion totale (depuis peu) et un piège pour attraper non seulement les poissons, mais aussi les blaireaux et toutes sortes de bêtes – et cela, depuis la plus haute Antiquité. Ne pas avoir senti le piège sous le filet relève donc, d’emblée, de l’inculture, comme d’habitude. Mais le coup de génie aura été de cacher le réseau sous le « social », le poison sous « l’interaction », la trappe sous le miel. Il y a comme ça des mots qui séduisent, parce qu’on ne réfléchit pas à ce qu’ils veulent dire – et encore moins, à ce qu’ils impliquent. « Interaction » en fait partie. On se représente ça comme une sorte de miracle technique qui permet une sorte de copulation voluptueuse entre le medium et son utilisateur – après tout, s’il y a un truc qui est « interactif », c’est bien le câlin-câlin, quand il est bien fait. Mais l’interaction avec le « réseau », cela consiste à l’alimenter spontanément en informations dont on ne maîtrise ni la destination, ni la diffusion, ni l’utilisation.

Blaireauscope

Au départ, le Facebook, c’est le « trombinoscope » d’Harvard. C’est-à-dire un système schématique pour savoir qui est qui dans une communauté étudiante de quelques milliers de types. Avec photo, et indication des études, des hobbies, des « fraternités » - souvenons-nous que dans ces putains d’universités où 10 000 riches nourrissent cinq cents têtes d’œuf, une des fonctions des études à Harvard est de « fédérer les filofax », et donc d’entretenir … des « réseaux ». Un peu comme les rallyes des pomponnés qui défilent pour exhiber leur royalisme et leur haute conception de la famille, un peu aussi comme la chasse à courre ou l’endogamie des noms à particule, base de recrutement bien plus efficace, dans la finance, les conseils d’administration et autres réservoirs à nobliaux. En d’autres termes, un truc pour succéder à Père tout en ayant raté l’X, les Mines et même Sciences-Eco, vu qu’après tout, quand on a réussi à l’X et aux Mines, on a prouvé qu’on a du cerveau, qu’on sait bosser, réussir aux concours le plus hard et mériter sa paie. Ceci pour les détracteurs des universités et des grandes écoles, qui n’ont pas encore compris qu’en aboyant avec les loups contre l’élitisme républicain, c’est la France des Héritiers qu’on flatte et conforte, la vraie France des parasites richement dotés, celle des Parisot, des Bettencourt, des Gattaz (et la liste est longue).

Lire: Patrimoine (commun)

Lire: Bac pour tous volume 1 et volume 2

Et à l’arrivée, c’est quoi ? Une banque de données. Le pari de Zuckerberg, c’est qu’après avoir colonisé le campus de Harvard, puis ceux de l’Ivy League, son réseau privé informatique allait séduire deux catégories absolument indispensables pour faire des billets verts (qu’il ne voit pas bien, puisqu’il est daltonien) : les gogos et les acheteurs de données. Il suffisait de réussir à faire croire qu’en s’inscrivant sur Facebook, on entrait dans un club chic. Un club qui avait vocation à se dilater : au départ, les malins qui ont un ordi récent, une super-connexion, et savent s’en servir pour balancer leur photo, leur autoportrait invérifiable, mais fatalement narcissique, plus la liste de leurs amis ; ensuite, les amis de ces pionniers, qui démultiplient le stock ; et finalement, le premier con venu, parce que tous les cons rêvent de faire partie d’un club de cons. Faire du « lien social », c’est ça, mon bon, regardez le niveau général de cette putain de « vie associative » qui vide les caisses de nos communes et fait chier l’Etat malgré sa non-représentativité pathétique, ses doublons affligeants et ses permanents pas forcément si bénévoles que ça. Fin de la parenthèse. L’essentiel : quand on s’inscrit sur Facebook, ont confère à la société gestionnaire du réseau social le droit d’utiliser toutes les données que l’on met dans son compte. C’est en toutes lettres dans les « conditions d’utilisation ». Que personne ne lit.

Lire: Facebook innove et inquiète (encore)

Jouissance frustrante

Sans être un expert en analyse des médias, il est facile de se rendre compte que le succès planétaire de Facebook repose sur des données bien connues. Et d’abord, les deux cavaliers de l’apocalypse culturelle des mass-médias : Gratuité et Illimité. Depuis sa création, internet (et la téléphonie mobile, qui s’y est liée indissolublement) avance par une logique de l’offre : la demande n’a jamais fait bouger les lignes, dans ce domaine où seule la survenue d’un tournant technologique est susceptible de refaçonner l’offre, en créant une demande qui n’existait pas la veille. Apple et sa gestion de l’ Iphone sont le modèle abouti de cette dialectique économique d’un genre nouveau. La gratuité n’est perçue comme l’estampille même d’un médium « démocratique » que si l’on est assez bête pour oublier que lorsqu’un truc est gratuit, c’est que quelqu’un d’autre paie. Mais allez demander à un ado en train de couler définitivement son peu d’orthographe en bafouillant des nullités sur son smartphone quel est le modèle économique qui assure la rentabilité de Facebook et justifie sa présence au NYSE ? L’ennui, c’est que des adultes avisés, professionnels sérieux, docteurs en sciences ou autres trucs futés ne se posent pas davantage la question quand ils pianotent leurs propres conneries. Quant à l’illimité (dont les socio/psycho/médiologues parlent moins, à tort, que de la gratuité), cela signifie que la mesure n’est plus le besoin ou l’argent (qui sont limités), mais le désir (qui est illimité).



De cette double jouissance, que dire, sinon qu’elle s’aligne sur d’autres principes de consommation post-modernes comme le dépassement de l’utilité objective, le triomphe d’un ludisme infantilisant bien au delà de l’école (qui, non officiellement, l’enseigne avec plus d’efficacité que les maths), le plaisir égoïste enfin du tripotage informatique solitaire, sur lequel il y aurait beaucoup à dire : commencez à noter les points communs entre le jeu vidéo et la masturbation, et vous vous garantissez une nuit blanche… Sur Facebook, que consomme-t-on ? l’image de soi, ou plutôt l’idée que l’on voudrait que les autres se fassent de notre image. Ce n’est plus un travail de miroir, c’est un jeu d’illusion dans lequel l’image, en ricochant de faux miroir en faux miroir, se dilue finalement dans ce qui est le pire échec d’une entreprise de valorisation personnelle : la banalisation la plus médiocre. D’abord, on veut s’exhiber, pour que de voix anonymes s’exclament, façon Blanche-Neige, « Putain que tu es beau ! Vindieu que tu es belle ! » Moyennant quoi, c’est le demandeur qui va faire la pute auprès de ses followers, qui sont comme lui sans cesse fishing for compliments. Jeu de rôle, de posture, de vanité (dans tous les sens du terme : là où il y a miroir, il y a vanité), au risque du harcèlement, de l’insulte, de l’hypocrisie permanente, et du mensonge généralisés.

Lire: Réseau (pas très net)



Chère, l’addition, si en même temps, la liste de tes likes vendue à des magiciens du knowledge management (= la gestion de vos « préférences ») permet à des gougnaffiers de t’adresser dans ta boite à mail douze spams vendant les pompes dont tu es supposé rêver. Fin d’une trajectoire qui avait, au point de départ, un souci d’expression du Moi...




(à suivre)
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mer 12 Fév - 8:51

La traque des escrocs à la taxe carbone se poursuit en France et en Israël
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140211-israel-taxe-carbone-tva-escrocs-arnaque-france/
Une gigantesque fraude à la taxe carbone fait l'objet d'une enquête conjointe en France et en Israël. Un homme, interpellé le 10 janvier à Roissy à son arrivée de Tel-Aviv a été récemment mis en examen dans plusieurs enquêtes françaises, notamment un dossier d'escroquerie à la taxe carbone. Une escroquerie qui se chiffre en milliards d'euros.

Tout commence en 2008 et se poursuit jusqu'en 2009. L'enquête démarre par une fraude classique à la TVA. La nouveauté, c'est qu'elle s'applique au marché européen des quotas de carbone, initialement conçus pour lutter contre le réchauffement climatique.

Les enquêteurs s'aperçoivent que des sociétés fictives achetaient des droits d'émission de CO2 hors taxe dans un pays étranger, puis les revendaient en France à un prix incluant la TVA.

Les sommes ainsi récupérées étaient ensuite investies dans une nouvelle opération. La TVA que devait récupérer l'Etat francais allait dans la poche des escrocs. Résultat, 1,6 milliard de pertes pour le fisc français, selon une estimation de la Cour des comptes. Environ cinq milliards d'euros au niveau européen, selon Europol.


L'un de cerveaux présumés de l'escroquerie, Cyril Astruc, franco-israélien dit «le Maigrichon» a été arrêté le 10 janvier à l'aéroport de Roissy, en provenance d'Israël. Recherché également par les justices française et belge, cet homme de 40 ans a été finalement inculpé à Paris. Mais une quarantaine de ses complices courent toujours.
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Re: Today's joke

Message  ivo le Ven 14 Fév - 10:21

Bercy recadre ses troupes après une nomination contestée à l'AMF
La nomination d'une ancienne dirigeante d'UBS à l'Autorité des marchés financiers a irrité, la banque étant au cœur d'une vaste enquête sur des fraudes et de l'évasion fiscale.
C’est à l’administration de Bercy qu’il revient d’examiner les parcours des candidats à la Commission des sanctions, l’organe de l’AMF chargé d’instruire les affaires de fraude dans le secteur financier et de décider des sanctions, avant que le choix ne soit officialisé par le ministre.
Mais cette nomination interpelle, alors que l’Autorité de contrôle prudentiel, autorité de surveillance du secteur bancaire, a imposé en juin 2013 une amende record de 10 millions d’euros à UBS France pour «laxisme» dans le contrôle de pratiques commerciales pouvant relever du blanchiment de fraude fiscale. Par ailleurs UBS France et sa maison-mère suisse sont sous le coup d’une mise en examen pour démarchage illicite. Elles sont soupçonnées d’avoir incité de riches clients français à ouvrir des comptes en Suisse
.
>>>
http://www.liberation.fr/economie/2014/02/13/bercy-recadre-ses-troupes-apres-une-nomination-contestee-a-l-amf_980009?xtor=rss-450
le loup dans la bergerie, officiellement ^^
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Re: Today's joke

Message  niouze le Ven 14 Fév - 11:40

savais pas trop ou mettre sa

Saint-Valentin : dans les coulisses pas très romantiques du business de la rose
par Ivan du Roy 14 février 2014

Des centaines de millions de roses sont importées en Europe à l’occasion de la fête des amoureux. Elles viennent du Kenya, d’Éthiopie et d’Amérique latine, cultivées dans des fermes géantes. Malgré les efforts réalisés par certains groupes horticoles, les conditions de travail y demeurent pénibles. Et l’irrigation intensive met en péril les ressources en eau. En France, en l’absence de labels clairs, impossible pour le consommateur de faire la différence entre une rose cultivée dans des conditions convenables et les autres.
Plus de 600 millions de roses vont se vendre en France cette année [1]. Près de 10 par habitant, dont une partie non négligeable est offerte à la Saint-Valentin, puis lors de la Fête des mères. Des roses rouges pour l’amour « passionné », blanches pour l’amour « courtois » ou jaunes pour célébrer une amitié… La fête des amoureux est aussi celle du marché de la « transmission florale ». Une journée qui pèse fortement sur le marché international, célébrée en même temps en Europe et en Amérique du Nord. « A partir du moment où une grande partie des roses est vendue sur deux jours dans l’année, une gigantesque production doit s’organiser pour disposer de la quantité de fleurs nécessaires », précise Christophe Alliot, co-fondateur du Bureau d’analyse sociétal pour une information citoyenne (BASIC). Exemple chez un fleuriste parisien qui commande habituellement un millier de tiges de roses par jour d’ouverture. En prévision de la Saint-Valentin, il en achètera 8 500 à son grossiste de Rungis.
D’où viennent ces millions de roses cultivées spécialement pour colorer un dîner romantique ? Environ une rose sur quatre commercialisée en France aura fleuri dans l’Hexagone, principalement dans le Var et le Finistère. Et les autres ? Qu’on les achète directement chez un fleuriste ou que l’on commande un bouquet en ligne, la route de la rose mène aux Pays-Bas. Le secteur horticole s’y porte plutôt bien. Les Pays-Bas en sont les leaders au sein de l’Union européenne, qui reste le premier producteur de fleurs et de plantes ornementales avec 42% de la production mondiale en 2012 [2].
La route de la rose mène en Afrique
Si les Pays-Bas continuent d’alimenter le marché de la rose, le vieux continent en importe la plus grande partie. D’Amsterdam, où arrivent par avion les colis de fleurs, la route de la rose nous emmène ensuite vers les pays qui bordent l’équateur : en Afrique de l’Est d’abord, au Kenya (31% des importations européennes de fleurs coupées, des roses dans leur grande majorité) et en Éthiopie (12%). En Amérique latine ensuite, principalement en Équateur (8%) et en Colombie (7%). L’ensoleillement et l’altitude y permettent de cultiver des roses toute l’année.
Lorsqu’un joli bouquet arrive chez vous, la probabilité est donc grande qu’il soit composé de roses kényanes. Elles auront voyagé environ 72h, et parcouru plus de 7 000 km. Les roses sont d’abord coupées dans un champs à proximité du lac Naivasha (à 2000 mètres d’altitude), où se concentre la plus grande partie des plantations horticoles du pays. Elles sont ensuite transportées dans des camions réfrigérés pour éviter qu’elles ne se dégradent. Puis prennent l’avion, destination Amsterdam. Les deux tiers seront vendus aux enchères à des grossistes qui les revendront à des fleuristes indépendants, à des enseignes comme Interflora, Florajet ou Monceau fleurs, qui les commercialiseront via leur réseau de détaillants, ou à des grandes surfaces. D’autres prendront directement la route vers un atelier, comme celui d’Aquarelle dans l’Oise, où elles seront assemblées en bouquets par une centaine de salariés. Pour être à leur tour livrées à leurs destinataires, quelque part entre Dunkerque et Perpignan, quitte à reprendre l’avion. A chaque étape, la chaîne du froid doit être maintenue pour éviter que les roses ne fanent trop vite.
Fermes et serres géantes de 5 000 ouvrières
C’est dans les années 90 que de grands groupes investissent dans des fermes florales le long de l’équateur : la compagnie fruitière états-unienne Dole Food en Amérique latine, des compagnies britanniques, néerlandaises ou indiennes au Kenya puis plus récemment en Éthiopie. Au bord du lac Naivasha, des fermes géantes peuvent employer jusqu’à 5 000 travailleurs. Ce business mondialisé de la rose a bien évidemment des conséquences sociales et écologiques. Le coût climatique n’est pas forcément le problème le plus grave : même en incluant le transport aérien vers l’Europe, une rose kényane émet six fois moins de CO2 qu’une rose néerlandaise, qui fleurit à l’abri de serres chauffées au gaz naturel [3]. « La dépense énergétique engendrée par l’achat d’un bouquet de 25 roses, équivaut à une balade en voiture de 20 kilomètres », estimait cependant un article de Terra Eco [4].
Au Sud, d’autres problèmes se posent. La ville de Naivasha a ainsi dû faire face à l’afflux de travailleurs pour les plantations et de leurs familles : en deux décennies, sa population est multipliée par 40, passant de 6 000 à 240 000 habitants ! Les infrastructures ne suivent évidemment pas. Les écoles accueillent 80 enfants par classe, les lits d’hôpitaux doivent être partagés à deux. Les tensions s’accroissent entre locaux et migrants. Et les conditions de travail dans les plantations sont particulièrement pénibles. En Colombie, « les heures de travail peuvent être longues, jusqu’à 60 heures par semaine », avec « six à dix heures supplémentaires par jour durant la saison de pointe dans les semaines précédant la Saint-Valentin », décrit en 2010 une ONG québécoise, le Comité pour les droits humains en Amérique latine (la moitié des fleurs importées par le Canada viennent de Colombie).
3 centimes par rose pour les employées des plantations
En Afrique de l’Est, les salaires des employés des serres – principalement des femmes – ne suffisent pas à couvrir les besoins de base, constate une étude de l’organisation Women Working Worldwide réalisée auprès de 38 000 femmes travaillant dans des fermes horticoles en Afrique de l’Est [5] : entre 59 et 94 dollars par mois pour une ouvrière kényane, entre 28 et 46 dollars pour une Éthiopienne. Lorsqu’un consommateur en Europe achète une rose à 1,5 €, seulement 0,03 € arrivera dans la poche de ceux qui l’ont fait pousser, soit 2% du prix de vente final. Une rose est vendue 0,12 € à la sortie de la ferme. Après son arrivée à Amsterdam, elle est achetée 0,8 € par les détaillants. Entre les deux bouts de la chaîne, le coût se répartit entre les marges des éventuels intermédiaires, ainsi que le prix du transport, surtout aérien [6].
A cette faible rémunération du travail, s’ajoutent des risques importants pour la santé, causés par l’usage intensif de pesticides et d’engrais chimiques. « En Colombie, on utilise une moyenne de 200 kilos de pesticides par hectare, soit le double de la quantité utilisée aux Pays-Bas pour la même superficie, et environ 75 fois plus que l’agriculture conventionnelle dans les pays industrialisés », pointent les Québécois. « En Équateur, nous avons observé plusieurs cas de travailleuses atteintes de cancer vers 45 ans. Comme elles n’étaient pas déclarées, elles n’avaient droit à rien », raconte Christophe Alliot, qui s’était rendu sur place dans le cadre d’une mission de Max Havelaar, l’une des principales organisations de commerce équitable. En France, pas moins de 26 herbicides, insecticides et fongicides peuvent être épandus sur les cultures de fleurs.
Vers l’assèchement du lac Naivasha ?
Les roses sont aussi gourmandes en eau : 7 à 13 litres sont nécessaires pour qu’un bouton arrive à maturité. Résultat : le niveau du lac Naivasha, où les fermes puisent leur eau, baisse inexorablement. Une baisse « qui coïncide avec le début des cultures horticoles dans la région en 1982 », estime une étude de l’Unesco, publiée en 2010. Une recherche plus récente menée conjointement par l’Université de Bonn (Allemagne) et de Twente (Pays-Bas) montre que le lac ne serait plus qu’à 60% de son volume initial. Le second lac kényan connaîtra-t-il le funeste destin de la mer d’Aral ? Le péril pèse aussi bien sur l’économie de la rose, sur les habitants de la zone, que sur les tribus pastorales masaï dont les troupeaux viennent s’abreuver sur les rives du lac. En attendant, la situation « crée des tensions entre les éleveurs et les fermes capitalistiques », pointe Christophe Alliot.
Face au risque d’épuisement de la ressource en eau et aux indignations provoquées par les conditions de travail, plusieurs groupes horticoles assurent avoir adopté des pratiques un peu plus responsables. En Suisse, une mobilisation d’organisations non gouvernementales puis un travail entrepris par Max Havelaar, avec le soutien des enseignes de grande distribution et l’appui des pouvoirs publics, ont permis à ce qu’une première ferme importante soit certifiée « commerce équitable », dès 2005 (la ferme Panda Flowers). Au Royaume-Uni, le groupe Flamingo, qui produit chaque année 120 millions de roses à Naivasha destinées au marché britannique, assure avoir diminué de moitié la consommation d’eau, réduit l’épandage de pesticides et amélioré les conditions de travail.
Invisibilité des roses labélisées
Et en France ? La PME Aquarelle, l’une des principales enseignes de vente de fleurs en ligne, se fournit directement auprès d’une demi-douzaine de fermes au Kenya et en Éthiopie [7] « Nous essayons d’être attentifs. Nous allons voir sur place. Nous travaillons avec des fermes qui tentent de ne pas utiliser de pesticides. Et quand nous ne pouvons pas rencontrer le personnel, nous ne retenons pas la ferme parmi nos fournisseurs », répond François de Maublanc, le PDG d’Aquarelle, qui reconnaît cependant ne pas avoir mis en place de charte éthique ni procéder à des évaluations objectives de ses fournisseurs. « Entre les normes objectives et ce que font les gens, il y a toujours un écart », se défend le PDG.
Plusieurs certifications existent en matière de qualité des fleurs, de critères sociaux et environnementaux [8], mais elles sont invisibles pour le consommateur. « Il existe plusieurs labels, qui ne sont pas valorisés par le marché. Dans ces conditions, il est difficile d’avoir un cercle vertueux qui entraînerait les producteurs de fleurs », explique Christophe Alliot. D’autant qu’il faut se méfier des « bonnes pratiques » un peu trop paternalistes. Investir dans des écoles ou des dispensaires autour des fermes, c’est bien. « Mais cela crée un phénomène de dépendance. Un salarié qui est en désaccord avec son employeur risque de tout perdre : son salaire, l’école pour ses enfants, son centre de santé, et parfois sa maison », prévient Christophe Alliot. « Ces certifications n’auront un effet levier que si elles s’accompagnent d’un véritable travail avec le producteur et les employés, et pas seulement d’un audit une fois dans l’année. Pour les fermes certifiées en commerce équitable, trois ans de travail ont été nécessaires pour organiser des réunions avec les salariés, leur expliquer leurs droits, leur donner envie de se syndiquer. » Aujourd’hui, 20 plantations de fleurs sont certifiées Fairtrade/Max Havelaar au Kenya, dont la ferme Oserian qui compte 4 300 salariés.
Des efforts sont donc entrepris. Mais en l’absence de labels clairs, impossible pour le consommateur de faire la différence entre une rose cultivée dans des conditions convenables et les autres. La multinationale indienne Karuturi, qui produit 580 millions de roses par an au Kenya et en Éthiopie, dont une partie est exportée vers l’Europe, a ainsi été accusée d’évasion fiscale par l’administration kényane. Depuis cet hiver, elle est aussi l’objet de grèves et de protestations de ses salariés kényans, qui dénoncent le non-paiement des salaires, l’absence de protection contre les pesticides ou le harcèlement sexuel de la part des managers. « Karuturi veille à ce que ses employés aient de bonnes conditions de travail et une rémunération équitable », a répondu la firme, par publicité interposée. Karuturi fournit-elle le marché français ? « On ne traite pas avec eux. Ce mouvement social, c’est la meilleure nouvelle qui puisse arriver », commente François de Maublanc, pour la société Aquarelle. « Quand bien même une moitié de producteurs seraient vertueux, si l’autre moitié fait n’importe quoi, cela n’est pas suffisant. C’est l’ensemble du secteur qui doit arrêter les pratiques les plus néfastes, par la régulation publique si nécessaire », conclut Christophe Alliot. Alors, quelle sorte de roses offrirez-vous à la personne que vous aimez ?
Ivan du Roy
Photo : CC Frédéric Le Gac
Notes
[1] Selon la dernière étude de référence disponible, publiée par FranceAgriMer en 2009, 190 millions de roses ont poussé en France – une production en déclin depuis 20 ans – et plus de 470 millions ont été importées. 65% des fleurs coupées achetées sont des roses.
[2] En son sein, la France arrive en quatrième position, derrière les Pays-Bas, l’Italie et l’Allemagne, au coude à coude avec l’Espagne.
[3Comparative Study of Cut Roses for the British Market Produced in
Kenya and the Netherlands
, Department of Natural Resources Cranfield University (février 2007).
[4] Article publié en 2007, à lire ici en accès abonné.
[5Achieving a Living Wage for African Flower Workers, printemps 2013.
[6] Source : A Study on the Kenyan-Dutch Horticultural Supply Chain, une étude publiée en mai 2012 par le ministère de l’économie néerlandais.
[7] Nous avons également contacté par courriel Interflora, qui n’a pas répondu.
[8] Florimark MPS, la certification la plus répandue, Fair Flowers Fair Plants (FFP), Ethical Trade Initiative (ETI), Flower Label Program (FLP) et les normes des Fairtrade Labelling Organizations (FLO) avec le label Fairtrade (Max Havelaar) destiné au consommateur.
http://www.bastamag.net/Saint-Valentin

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Re: Today's joke

Message  ivo le Sam 15 Fév - 11:04

"Le néolibéralisme ne tiendra plus très longtemps"
http://www.marianne.net/Le-neoliberalisme-ne-tiendra-plus-tres-longtemps_a235737.html
Auteur du "Travail sans qualités", le philosophe américain, qui fut l'élève d'Hannah Arendt, revient avec un nouveau livre, "Ensemble", réflexion sur la faillite de la coopération dans les sociétés libérales avancées. Sébastien Lapaque l'a rencontré à Paris.

Ensemble est le deuxième volume d'une trilogie dont le sociologue et historien des idées Richard Sennett avait annoncé le plan dans son précédent livre, Ce que sait la main, la culture de l'artisanat (Albin Michel, 2010). Après s'être penché sur le goût du travail bien fait et sur l'élan spontané de solidarité, Richard Sennett s'intéresse au sentiment d'étrangeté. «Si grands sont les changements nécessaires pour modifier les rapports de l'humanité avec le monde matériel, explique-t-il, que ce seul sentiment d'être déplacé et étranger peut inspirer les pratiques effectives du changement et réduire nos désirs dévorants.» Ces «pratiques du changement» sont au cœur de son dernier livre. Comment faire en sorte que le bonheur et l'avantage d'être ensemble prennent le pas sur le repli tribal du «nous contre eux» ? Nous avons posé la question à ce phare de la pensée critique contemporaine, dont l'œuvre riche et variée est publiée en France depuis plus de trente ans.

Marianne : Au début de votre livre, vous évoquez la Politique d'Aristote : «L'homme est un animal social.» Ce retour à des choses très anciennes est-il une façon de rappeler que la coopération est une donnée anthropologique universelle ?

Richard Sennett : Oui. Je voulais d'abord montrer que la mise en relation de chaque individu avec des gens différents, et même étrangers, fonde l'expérience humaine. C'est une réalité qui a été occultée. Je suis un peu troublé par le sous-titre de la version française de mon livre : Pour une éthique de la coopération. Car il ne s'agit pas d'éthique, en fait ! Ce mot fait oublier que la coopération est une chose naturelle. Ce n'est pas un choix. Pour survivre, les animaux coopèrent, les hommes coopèrent... L'important, c'est de regarder comment ils coopèrent.

Et l'important, également, est de comprendre pourquoi ils ne coopèrent plus autant ?

R.S. : Pourquoi cette évolution contre nature ? A cette question, il n'y a pas une seule réponse, mais plusieurs réponses possibles. On ne peut pas se contenter de dire que c'est la faute du capitalisme. J'essaie de comprendre ce qui s'est passé en me souvenant de l'organisation sociale des Grecs et des Romains. Chez eux, la coopération était un devoir et un rituel interactif. A aucun moment, il n'était question de choix. C'est aujourd'hui que la coopération est devenue un choix.

Pourquoi vous intéressez-vous au socialisme français du XIXe siècle ?

R.S. : En France, aux XVIIIe et XIXe siècles, il existait, dans la société civile, un réseau riche et varié d'institutions coopératives, d'ateliers et de petites organisations qui constituaient une sorte de socialisme de fait, même si on n'employait pas alors ce mot-là. Je crois que c'est de là que vient la séparation, au début du XXe siècle, entre la gauche politique, celle des partis, et la gauche sociale, celle des syndicats. La chose qui m'étonne dans votre pays, la France, et que je ne comprends pas, c'est la raison pour laquelle ces institutions sociales et coopératives se sont brutalement effondrées.

Dans un chapitre intitulé «Le grand chambardement», vous esquissez une réponse : l'accroissement des inégalités. Selon vous, c'est ce phénomène qui explique le repli tribal auquel nous sommes confrontés ?

R.S. : Dans une certaine mesure, mais regardez comment étaient autrefois organisées les armées sur les champs de bataille. Il y avait à la fois des soldats et des officiers. Mais l'inégalité n'empêchait pas la coopération. Ce qui est nécessaire, pour que cela fonctionne, c'est une formule qui légitime les relations sociales. Ce que j'ai appelé le «triangle social», dont les trois côtés sont l'autorité acquise, le respect mutuel et la coopération. Le problème, c'est quand l'espace de légitimation est vide. A ce moment-là, l'inégalité est brute et la possibilité de coopération, détruite. C'est une observation pratique. On l'a vu dans les entreprises financières de Wall Street que j'ai étudiées au moment de la crise de 2008. Avec leur mentalité très agressive, très individualiste et très inégalitaire, beaucoup de ces entreprises se sont effondrées par manque de cohésion sociale. Au premier problème, tout le monde a fui. Il manquait le triangle social capable de soutenir l'ensemble. Je dis cela parce qu'on a tendance à le négliger. Nous sommes disposés à considérer que la compétition est plus fondamentale que la coopération. C'est une forme de romantisme. Car la coopération, mêlée avec la compétition individuelle, est nécessaire aux affaires humaines. L'idée que ce serait un choix ou un luxe, et non quelque chose de fondamental, est fausse.

C'est drôle que vous parliez de romantisme. Ne sommes-nous pas plutôt tentés de penser que c'est la morale de l'atelier qui est romantique ?

R.S. : Je ne suis pas d'accord. Regardez ce qui se passe en Asie avec la microfinance et les petites coopératives. Dans ce qu'on appelait autrefois le tiers-monde, on voit émerger tout un réseau de petits artisans extrêmement efficaces. Est-ce que cela va perdurer ? Est-ce que cela va réussir ? Je n'ai pas la réponse, mais on voit bien que c'est un moyen de développement qui suit exactement l'esprit des coopératives du XIXe siècle. Nous avons une réponse extraordinaire au néolibéralisme. Derrière le flux global se dessine un futur possible. Il y a des leçons à prendre dans l'organisation sociale du XIXe siècle et dans ces expériences contemporaines.

Vous parlez vous-même de «bête capitaliste». Comment pouvez-vous croire que cette bête qui privatise le vivant, prétend que les semences et l'eau lui appartiennent, va laisser prospérer des petites mutuelles agricoles ?

R.S. : Parce qu'elles sont trop petites ! Ces associations locales sont invisibles pour le capitalisme prédateur. Elles ne sont pas de taille à intéresser les gens qui travaillent en milliards de dollars. Certains pensent que je rêve, mais j'y crois absolument.

Dans votre livre, ce que vous dites du narcissisme contemporain, notamment à propos de Facebook, des comportements sociaux négatifs, de la «comparaison envieuse», de l'impossibilité, voire de l'interdiction du travail bien fait dans les sociétés libérales avancées, ne laisse-t-il pas l'impression d'un saccage culturel qui rend impossible le retour aux solidarités concrètes ?

R.S. : Pour les autres, oui, mais pas pour moi ! C'est vrai que, parmi les jeunes, les déçus de la gauche politique se sentent vraiment écrasés. Il y a peu de jeunes gens qui croient que l'action politique peut être efficace dans la vie. Mon espoir est dans les associations, les coopératives et les syndicats. Je crois qu'il existe aujourd'hui une alternative pour la gauche, et je ne crois pas que, pour vous, ce soit François Hollande.

Vous évoquez la conversion de la gauche politique au marché et parlez de la puissance d'intégration culturelle du néolibéralisme. Ne faut-il pas discerner quelque chose d'implacable, peut-être même de totalitaire, dans l'évolution actuelle du monde et de la vie ?

R.S. : Peut-être que le néolibéralisme sera une chose très courte dans l'histoire des hommes. Ce n'est pas un système viable. Je persiste à croire qu'il est mauvais pour l'individu, destructeur de soi et des autres. Je suis persuadé que tout cela ne durera pas. Très court, je vous dis. Comptez. Depuis combien de temps vivons-nous sous ce régime ? Trente ans, quarante ans ? C'est restreint. C'est presque fini. Cela ne va pas durer beaucoup plus longtemps. Même le capitalisme va s'épuiser et se détruire. Nier la profondeur du social n'a aucun avenir. Je n'aime pas le mot «naturel», mais c'est bien à cela que nous avons affaire : la négation des dispositions naturelles des individus. Maintenant, le problème sociologique fondamental à résoudre, c'est de comprendre comment deux phénomènes peuvent exister en même temps : l'inégalité et le respect mutuel. Il a existé des sociétés dans lesquelles c'était possible. Pourquoi cela serait-il devenu impossible ? C'est en me posant cette question que je me dis que le néolibéralisme est vraiment à court terme. On voit bien qu'il lui manque quelque chose, que tout cet édifice est fragile et impossible politiquement.

C'est peut-être ici que vous allez me parler d'Hannah Arendt, dont vous avez été l'élève. Ce qui manque aux sociétés humaines, c'est l'autorité ?

R.S. : Je dirais plutôt la légitimité. Et je tiens cela de ma lecture de Max Weber. C'est un de ses principes fondamentaux : un système de pouvoir brut, sans principe de légitimité, est impossible. Voyez ce qu'on observe en ce moment en Afrique, avec des guerres civiles qui éclatent sans cesse. C'est la même chose dans l'entreprise capitaliste moderne. On voit bien qu'il est impossible de se passer de légitimité.

Comment expliquez-vous le fait que le management contemporain, que vous avez longuement étudié dans le Travail sans qualités, a aujourd'hui autant de partisans ? A lire vos livres, par exemple Ce que sait la main, on a vraiment l'impression qu'il est destructeur et contre-productif. Comment éclairer sa permanence dans une société obsédée par le profit et la productivité ?

R.S. :J'y reviens toujours. Cela s'explique directement par le manque d'autorité. Aujourd'hui, le commandement n'est plus un moyen, même pas un but. C'est devenu un objet. Il n'a plus aucun lien avec l'autorité. Pour Hannah Arendt, c'est là qu'on observe la banalité du mal. C'est parce qu'on s'habitue à ne pas y penser que l'absurde est possible. Mais, dès lors qu'il y a une réflexion critique, tout s'effondre et on peut s'en sortir. Je le remarque aujourd'hui chez les jeunes, en France, en Espagne, en Grèce, en Italie, et cela me donne beaucoup d'espoir. Il est impossible d'obéir longtemps sans avenir, sans raison et sans aucune chance d'améliorer son sort. Il est impossible de ne pas penser. Et, dès lors qu'on se met à penser, la proposition néolibérale est finie. Elle n'a tenu jusque-là que parce qu'elle est sans critique.

En valorisant la coopération, n'êtes-vous pas à la recherche d'une organisation sociale qui tiendrait à égale distance le profit, dont on peut bien voir qu'il est négateur de toutes les architectures sociales, et le don, un peu utopique ?

R.S. : C'est vrai que la coopération est différente du don. Contrairement au don, ce n'est pas une expérience totalisante. C'est la raison pour laquelle j'ai choisi dans mon livre l'exemple du guanxi, ce système de réseaux de solidarité et de coopération qui existe en Chine entre les individus, bien au-delà du cercle familial. Et le problème, avec l'idée de l'échange, c'est qu'on veut toujours quantifier ce qui est donné et reçu. La coopération est un phénomène plus complexe et plus ambigu, comme je l'observe chez les Chinois. Et en même temps quelque chose de très efficace. Si je vous aide aujourd'hui, peut-être que vos fils ou vos petits-fils aideront mes fils ou mes petits-fils. C'est pourtant un système qui ne repose sur aucune obligation. Mais je crois que c'était le même système dans la chrétienté d'avant la Réforme.

On en revient donc à Aristote, qui explique dans l'Ethique à Nicomaque que l'altruisme n'est rien d'autre qu'un intérêt personnel bien compris ?

R.S. : Non. Le mutualisme, l'association, la participation, ce n'est pas de l'altruisme. C'est une quête de cohésion sociale. Dépendre des autres, pouvoir les aider n'est ni une chance, comme dans le don, ni un signe de faiblesse. Cela ouvre simplement la possibilité d'un vivre-ensemble où le «combien tu me dois» n'existe plus.


repères bio

1943 naissance à Chicago, le 1er janvier.

1979 les Tyrannies de l'intimité (Seuil).

1980 traduction en français de sa thèse de sociologie intitulée la Famille contre la ville. Les classes moyennes de Chicago à l'ère industrielle (1872-1890), publiée en France par les éditions Encres, avec une préface de Philippe Ariès.

1982 sortie aux Etats-Unis du premier de ses trois romans, The Frog Who Dared To Croak, traduit en français sous le titre les Grenouilles de Transylvanie.

1998 publication aux Etats-Unis de The Corrosion Of Character, livre à l'audience internationale, traduit en français sous le titre le Travail sans qualités (Albin Michel, 2010).

2010 Ce que sait la main (Albin Michel).

2014 Ensemble, pour une éthique de la coopération (Albin Michel).
.............
encore un bisounours qui ne veut pas voir que le pacte social est VOLONTAIREMENT détruit.
que c'est un choix à visée totatlitaire justement et que si,
un système de pouvoir brut, sans principe de légitimité, est possible et patiement mis en place.
par ceux qui en ont les moyens et qui se foutent éperdument de coopération ou d'un carnage planetaire.
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Re: Today's joke

Message  ivo le Sam 15 Fév - 12:05

Anders Breivik crie à la torture et réclame une Playstation 3
Anders Behring Breivik n’est pas content. Le tueur d’Oslo menace d’entamer une grève de la faim pour obtenir une nouvelle Playstation. Pour l’instant, il joue sur une Playstation 2 et aimerait qu’on la remplace par la version 3. On le comprend.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/14/anders-breivik-veut-nouvelle-playstation-quon-laisse-jouer-a-jeux-adultes-249943
......
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Re: Today's joke

Message  ivo le Sam 15 Fév - 13:24

Un quart des Américains ignorent que la Terre tourne autour du soleil
Un quart des Américains (26 %) ignorent que la Terre tourne autour du soleil et plus de la moitié (52 %) ne savent pas que l'homme descend du singe. C'est ce que révèle une enquête aux résultats édifiants, menée auprès de 2 200 personnes par la Fondation nationale des sciences et publiée vendredi 14 février.
>>>
http://www.lemonde.fr/ameriques/article/2014/02/15/un-quart-des-americains-ignorent-que-la-terre-tourne-autour-du-soleil_4367120_3222.html

vaut mieux en rire. tant qu'on peut ...
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Re: Today's joke

Message  ivo le Dim 16 Fév - 8:33



LE BOOK QUI PUE (Tome II)
http://www.bakchich.info/france/2014/02/12/le-book-qui-pue-tome-ii-63104
Les « réseaux sociaux », un nouvel espace de liberté, un instrument de libération, de l’oxygène face aux dictatures ? Et mon cul, c’est de la gelée de framboises ?

Lire: Le book qui pue (Tome I)

Dans le chapitre précédent, on a vu que la mise sur orbite très réussie de Facebook reposait sur un pari à peine osé : l’infinie détresse intellectuelle de l’homo mediaticus contemporain face à son PC ou son smartphone. Ne nous racontons pas d’histoires, nous sommes tous en état de dépendance par rapport à ces machines, mais cette dépendance peut revêtir des aspects très différents. Pour les uns, le net est devenu un instrument de travail indispensable, et nos machines stockent notre propre travail jour après jour. Pour d’autres (qui peuvent être les mêmes !) le net est un jouet permanent, la mémoire exhaustive de leur vie privée, la preuve même de leur appartenance au monde des « branchés », disait-on naguère, en tout cas, à cette « modernité sociale » désincarnée, quantitative, nombriliste et finalement standardisée.

Les paradoxes de la « liberté »

On va pas s’en faire un cours de philo, mais enfin, tout de même, il faut avoir une sacrée complaisance à la political correctness pour mesurer la liberté individuelle à la capacité de dire n’importe quoi à n’importe qui à n’importe quel moment. Ou alors, on avait déjà inventé ça, avec l’éthylisme en prime, avec le zinc du café du commerce, où, toutefois, les « polémiques » pouvaient se régler, in fine, au bourre-pif. Ne nous leurrons pas, toutes celles et tous ceux qui estiment épanouir leur Moi en balançant des « moi je pense que… » sur facebook sont des poujadistes en puissance, point barre. Parce que la politique, pour ne prendre que cet exemple, ce n’est pas l’addition de points de vue et d’intérêts individuels (qui peuvent être infondés ou ridicules), mais l’effort pour dégager des choix, des consentements et un intérêt communs. Cela dit, s’exciter à dire qu’on like ou qu’on like pas Nabila, c’est d’une insignifiance à s’en tordre le poireau sous la douche tiède. A ceci près que, pour véhiculer ces conneries, le trafic est énorme, colossal, impensable, surtout chez notre belle jeunesse qui, paraît-il, a trop d’heures de cours au Collège et se lève fatiguée des le matin, surtout depuis que les livres inutiles du cartable usent ses vertèbres fracassées par le sport.

Lire: Les maux de passe de Facebook

Le nombrilisme, c’est clair, est l’antidote de la démocratie considérée comme un poison, et pas l’inverse : c’est en fabriquant du nombrilisme que l’on vide la démocratie de sa force de décision, qui est par essence collective, et qu’on ne la rend acceptable que comme un moindre mal, en la soumettant à la tyrannie de l’ « opinion ». Regardez comment fonctionnent les « réseaux de résistance » qui, dans toutes les démocraties européennes (et pas seulement en France contre Hollande), s’agitent et manipulent l’opinion contre l’impôt, l’égalité, et la légitimité issue des urnes : via Facebook, Twitter, Instagram (le favori de Sarko) ou d’autres « autoroutes », on caresse les égos dans le sens du poil, comme quand on fait vibrer la ménagère septuagénaire et inculte qui voit écrit sur une enveloppe qu’elle « a été sélectionnée pour le tirage » et qu’elle « a d’ores et déjà gagné une cafetière électrique ». Il suffit de glaner un peu de calomnies, quelques jérémiades traditionnelles, un éloge de « ceux qui travaillent » contre les « autres » (chômeurs, immigrés, fonctionnaires) et vous constituez sans peine un fan club de « coléreux » qui seront l’exact pendant, à droite, de la nébuleuse filandreuses des « indignés », le but étant dans l’un et l’autre cas de contester dans la rue des choix opérés dans les urnes…

Lire: Réseaux (pas très net)

« Suivez-moi… »

L’utilisation des « réseaux sociaux » dans la propagande politique est apparue comme une évidence, dès la mise en place technologique du machin, pour les professionnels du maniement de l’opinion. En 2007, l’investissement dans des ressources informatiques par tous les candidats à la présidentielle culminait à 2,6 millions d’euros, à peine plus qu’en 2002. Cinq ans plus tard, le PS et l’UMP ont dépensé chacun plus de 2 millions d’euros, et tous les candidats ont ouvert et animé des comptes Facebook et Twitter qui ne reviennent pas trop cher, puisque les mécanismes de répercussion des messages sont souvent relayés par les militants, de « followers » à « followers », par des « ambassadeurs » flattés d’être ainsi distingués, ou par des simples moutons passionnés par l’élection. Et tous les analystes ont jugé absolument consternant le niveau du contenu politique diffusé via les « réseaux » : l’argumentation ordinaire est « je vote machin, tu me likes, alors vote machin comme moi », avec une forte variante axée sur la détestation (« je déteste truc, tu me likes, alors vote contre truc comme moi »). Parce que le seul critère de l’ « amitié » sur Facebook, c’est d’aimer et détester les mêmes choses (définition qui se lit, hélas, chez Cicéron) : un peu mince, comme « lien social », mais susceptible de « fédérer » des « tribus » dont on veut unifier les désirs politiques sans réflexion, mais « par contagion ». Exactement comme quand il s’agit de promouvoir un air de musique ou une marque de baskets, et c’est la raison pour laquelle cette démarche d’un vide sidéral n’a absolument pas choqué les « tribus » destinataires de ce non-message politique.

Lire: Candidat

L’assimilation à des « tribus » n’est elle-même pas perçue comme régressive (alors que le tribalisme, en fait de « culture », c’est un motif particulièrement inélégant de se massacrer entre voisins). Mais elle est sans doute, en plus, inadéquate : un tribu a des repères, des signes distinctifs conscientisés, et pas seulement un système approximatif d’attractions/répulsions. Cela ressemble plutôt, à mon avis, à ces bancs de milliers de poissons minuscules, tassés dans les vagues, qui tournent et retournent sans se décoller, par impulsions inexplicables, sans que personne, ni à l’intérieur, ni à l’extérieur du groupe, ne soit capable de dire qui a initié ou dirigé la manoeuvre. Pas de règle apparente, juste une impulsion. Pas de « chef » discernable, mais une fonction : suivre le mouvement. Suivre celui qui suit sans savoir pourquoi l’on suit. On n’est ni dans le rationnel, ni dans l’irrationnel, on est dans cette mécanique aveugle des groupes qu’ont toujours su exploiter des gredins pour se « faire suivre », en se baptisant de noms de chefs de troupeaux : Duce, Fürher, Leader maximo, vous n’avez que l’embarras du choix. Le poisson des Facebookers, c’est du poisson-fourrage. Cherchez qui le bouffe. Dans le troupeau des moutons de l’internet, tout le monde croit être le bélier, mais tout le monde suit.

De l’illusion à la perfusion

Non, Facebook n’est pas un espace de liberté, c’est (comme tous les autres réseaux sociaux) un espace de non-droit. On vous cancanera à l’envi que, sous le poids des dictatures et des régimes totalitaires, il est important que cette zone autorise une circulation incontrôlable de l’information, et même que par ce canal se sont fédérées les forces de la révolte dans tel ou tel pays. Vision romantique de la chose, digne d’un BHL ou de ces défenseurs du peuple tchétchène qui ont mis des années à comprendre que les « libérateurs » étaient pour l’essentiel des talibans locaux, ce qui n’innocente pas du tout la mafia pro-russe, mais donne à penser sur la capacité d’intox qu’est capable de déployer le terrorisme mental. Les accidents successifs des « printemps arabes » ont montré que, dans les espaces de non-droit, ce sont toujours les organisations idéologiquement bétonnées qui ont la main sur les réseaux, jusqu’au jour où le peuple ou les vrais défenseurs de la liberté décident de ne plus alimenter leur information sur internet, et de se défier de toute indication donnée sur les relations entre personnes que ces réseaux peuvent fournir. On se retrouve alors dans le cas d’une criminalité ordinaire sur laquelle mille pages sont écrites chaque mois, sans que la loi démocratique ne parvienne à l’enrayer : Facebook, c’est un supermarché pour pervers et pédophiles, un tremplin idéal pour mille escroqueries, un accès bien graissé pour divers piratages, et dans un pays où des jocrisses chialent chaque jour sur leur sentiment d’insécurité et collent trois verrous à leur porte blindée, on constate que dix millions de gogos laissent la porte de leur vie, de leurs enfants et de leurs comptes en banque ouverte vingt-quatre heures sur vingt-quatre. Car tout le monde le sait : l’illusion de connaître sans connaître, la virtualité du réseau, la mythomanie galopante qui couve chez tout utilisateur permet toutes les impostures, tous les mensonges, toutes les tromperies. Impunément. Eh oui.

Les faits divers s’accumulent. Ici, c’est 1600 personnes invitées à l’anniversaire d’une ado. Là, c’est Facebook qui dénonce à la police un pervers dont il a scanné les chats (ce qui signifie, en clair, que l’on n’a même pas besoin de la NSA pour lire par dessus votre épaule, et que les gestionnaires du réseau espionnent constamment les utilisateurs). Selon une étude britannique, la criminalité sur Facebook a augmenté de 540% entre 2007 et fin 2009. On attend les derniers chiffres. Facebook permet le bashing privé et public, il admet la calomnie, le mensonge, toutes les formes d’agression psychologiques qui peuvent aller jusqu’à causer des suicides sur lesquels, après coup, on verse des larmes de crocodile. Facebook tolère l’exhibition jusqu’à l’intolérable, la mise en ligne de viols, de bastonnades, voire de meurtres, qui font le tour de la planète en un clin d’œil. Facebook enseigne, par les préférences de ses utilisateurs, qu’un handicapé jeté dans un bassin, ça « buzze » moins qu’un chat lancé contre un mur. Facebook est un pipe-line à « hoax » de tout poil : quand il s’agit d’un photomontage montrant un plongeur visitant une station de métro new-yorkaise inondée, ou d’une rafale de « témoignages irréfutables » attestant une scène de ménage violente, avec bris de vases, à l’Elysée, on peut encore sourire. Mais quand on voit avec quelle virtuosité des comploteurs comme le « Printemps français » et les diverses autres succursales de la réaction merdeuse ont monté l’opération « gender studies », et l’inefficacité de tous les honnêtes, profs, gouvernement ou presse, pour enrayer ce tissu de mensonges, on a compris que la partie est déjà perdue (je laisse à Copé l’infamie d’avoir touillé la merde).

Lire: Bashing (pas Alain)

Non, le réseau ne libère pas. Il ligote. Il paralyse surtout des millions d’ados et de jeunes adultes en leur bouffant tout ce qui constitue les vrais chemins de la liberté : le temps, l’envie de savoir, la culture. Le temps ? Que reste-t-il, lorsqu’on passe trois ou quatre heures par jour à échanger des insignifiances ? L’envie de savoir ? Et d’une, l’école devient de plus en plus un obstacle à l’utilisation permanente du smartphone ; et de deux, pourquoi m’intéresser aux livres, puisque j’ai des images ? et de trois : pas besoin d’apprendre les maths et la physique, puisque ces machines marchent sans qu’on sache comment, et pour pas cher. La culture? Rappelons que la culture commence quand on n’aperçoit plus les lacets de ses souliers. Il faut un minimum d’élévation, d’exotisme, de distance. Tout ce qui renvoie au nombril individuel ou collectif est une régression, et le « communautarisme » de Facebook est aussi nocif qu’une religion. L’enlisement dans la « télé-réalité », qui n’appauvrit pas que le langage, la dilution dans les « réseaux sociaux », c’est au moins aussi dangereux que le cannabis – mais c’est légal…
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Re: Today's joke

Message  ivo le Lun 17 Fév - 10:35

Inquiétante série d'incidents à la gare de triage de Drancy
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/02/16/01016-20140216ARTFIG00207-inquietante-serie-d-incidents-a-la-gare-de-triage-de-drancy.php
Chaque année, 250.000 wagons transitent par ce centre, dont 15.000 contiennent des produits toxiques. Inquiets après deux alertes en février, les élus se mobilisent.

Une succession d'incidents dans la gare de Drancy en Seine-Saint-Denis, l'un des plus importants centres de triage de France avec Woippy (Moselle) et Sibelin (Rhône), suscite les inquiétudes des élus.
Chaque année, ce sont 250.000 wagons de fret dont 15.000 (selon les chiffres de la SNCF) contenant des produits toxiques qui transitent par cette gare concentrant 48 voies ferrées et limitrophe de Drancy, du Bourget et du Blanc-Mesnil. Sur ces 15.000 wagons, 70 % renferment des hydrocarbures inflammables, 10 % du chlore et de l'ammoniac et 20 % des substances radioactives, toxiques et explosives.
Dans une étude de dangers réalisée en 2011, l'État estimait qu'en cas de brèche de 2 cm ou de rupture totale sur un wagon de chlore, les effets mortels seraient présents dans un périmètre de 2600 m. Dans cette zone résidentielle faite de petits pavillons se trouvent, à moins de 400 mètres de la gare, l'hôpital privé de la Seine-Saint-Denis, la clinique du Bourget, les stade Maurice Baquet et Paul André à 50 mètres, la paroisse Saint-Louis du Progrès à 100 mètres. Un peu plus loin mais à moins d'un rayon d'un kilomètre, les lycées Jean Moulin et Aristide Briand, les collèges Didier Daurat et Pierre Sémard ou encore l'école élémentaire Dulcie September.

Plusieurs incidents deux nuits de suite


Les maires des communes voisines montent au créneau pour dénoncer les incidents qui se produisent à cet endroit. En pointe dans ce combat, Jean-Christophe Lagarde, le député maire UDI de Drancy qui brigue son troisième mandat municipal. Le 7 février dernier, il adressait une lettre au préfet de Seine-Saint-Denis, Philippe Galli. «Je m'interroge, écrivait-il notamment, sur l'absence totale de communication que ce soit de la part de la SNCF ou de la part de vos services.» En cause, deux incidents qui se sont déroulés dans la gare il y a quinze jours, dans les nuits du 6 au 7 et du 7 au 8 février.
Le jeudi 6 février dernier à minuit 16, «un agent SNCF détecte une odeur nauséabonde sur le site, explique Philippe Galli. La SNCF n'a pas été en mesure de nous dire tout de suite ce que contenait le wagon.» Trois agents seront transportés à l'hôpital d'Avicenne pour un contrôle santé. Ils y resteront quelques heures. En fait, il s'agissait de térébenthine. Sauf que le wagon était vide et nettoyé, affirme de son côté la SNCF.

«30.000 personnes en danger de mort»

«Quand on est sur le terrain, il est parfois difficile d'identifier l'origine des odeurs ressenties. Cela peut venir d'une fuite de wagon ou d'ailleurs. Que la transparence se fasse. Nous n'avons aucune volonté de cacher quoi que ce soit», plaide Jean-Michel Genestier, directeur général adjoint de SNCF Geodis. Ce dernier est par ailleurs leader de l'opposition municipale au Raincy (Seine-Saint-Denis) après avoir été le premier adjoint du maire, Éric Raoult (UMP). Le deuxième incident est une «suspicion de térébenthine», selon la SNCF qui assure que les pompiers n'ont rien détecté sur place. «J'ai appris l'existence de ces deux incidents par la police municipale qui avait croisé la nuit des camions de pompiers dans le secteur de la gare. Sinon, je ne l'aurais pas su», déplore Jean-Christophe Lagarde. Selon lui, «trente mille personnes sont en danger de mort» en cas d'accident grave à Drancy.
Le 11 décembre dernier, un wagon d'acide chlorhydrique vide avait déraillé dans cette gare. Aucune fuite n'avait été constatée. Et le 23 décembre, c'était le tour d'un wagon de déchets nucléaires, sans qu'il y ait de fuite radioactive. Le maire de Drancy avait alors déposé plainte pour mise en danger de la vie d'autrui auprès du procureur de la République. Ce dernier n'a pas encore répondu mais a demandé une enquête confidentielle à un service de police pour évaluer le danger que représente la gare.
Depuis le 22 avril dernier, le préfet interdit toute nouvelle construction dans un périmètre de 620 mètres autour de la gare, ce qui englobe 30 % du territoire de Drancy et 20 % de celui du Blanc-Mesnil. Dans cette zone, il est impossible aux maires de bâtir de nouveaux établissements recevant du public de nouveaux logements. Une interdiction qui vaut aussi pour les particuliers. Une situation ubuesque: ceux qui ont acheté un terrain avant le 22 avril ne peuvent rien construire dessus…
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Ben oui, finalement ça marchait mieux du temps de Pétain...

...........
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mar 18 Fév - 10:20


Couverture de l'hebdomadaire Le Nouvel Obs cette semaine, numéro paru le 13 février 2014

Eurêka: Les réacs!
http://www.marianne.net/Eureka-Les-reacs_a235645.html
Certains semblent découvrir les réacs. Heureusement qu'il reste les enjeux sociétaux pour ressortir du placard un vocabulaire digne de la bronca insurrectionnelle !

Certains semblent découvrir les réacs, à l'image du Monde, qui dénonce «le réveil de la France réactionnaire» à propos du débat sur la famille. Sur le même sujet, Libération retrouve un air de jeunesse soixante-huitarde. Dans l'Express, Jacques Attali y va lui aussi de sa charge contre «les forces les plus réactionnaires du pays». A quand l'Internationale ?

Les questions sociétales sont devenues le seul sujet de friction idéologique entre la gauche et la droite. Sur l'économie, le Monde, Libé et Attali sont aussi réacs que ceux qui brandissent le drapeau néolibéral. Ils reprennent à leur compte les thèses en vogue dans des élites dominantes où l'on change de camp comme de chemise. Ils sont convaincus qu'il n'y a pas d'alternative.

Ils expliquent que le «coût du travail» est le problème numéro un, que la course à la «compétitivité» est la règle, que le carcan de la zone euro est incontournable, et que la concurrence entre salariés est incontournable.

Quiconque ose défendre une thèse contraire est suspect de déviationnisme. Heureusement qu'il reste les enjeux sociétaux pour ressortir du placard un vocabulaire digne de la bronca insurrectionnelle !

C'est comme dans les dîners de famille : plus les enjeux de la discussion sont anecdotiques, plus le ton monte. Mais, en fin de repas, tout rentre dans l'ordre.
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mar 18 Fév - 11:28

Le « captcha » ou l’art de faire travailler sans rémunérer
Vous travaillez pour Google

En effet, quand on numérise des livres, bien souvent, des caractères sont déformés (parce que la page est abîmée, froissée, parce que l’encre a coulé, etc.) et les logiciels de reconnaissance de caractère peinent alors à déchiffrer et retranscrire. En utilisant la retranscription humaine, plus fine, plus souple, plus intuitive, on améliore les logiciels.

Ce qu’a très vite compris…. Google. Eh oui, encore Google. Google qui, avec son projet Google Books, numérise les livres du monde entier par brassée, s’est empressé d’acheter le système Re-captcha à l’université Carnegie-Mellon pour améliorer ses logiciels de reconnaissance textuel. Ce qui signifie une chose toute simple : quand vous transcrivez un captcha, il y a des chances pour que vous participiez à l’amélioration des logiciels de Google. Il y a des chances, donc, que vous travailliez pour Google.

L’informatisation n’abolit pas l’exploitation

Cet exemple minuscule du captcha illustre à mon sens deux caractéristiques du travail à l’ère numérique :

- l’informatisation n’abolit pas l’exploitation d’un sous-prolétariat dévolu à l’exécution de tâches répétitives et sous-payées. Ça n’est pas parce qu’elles s’effectuent derrière un écran, et loin de chez nous, que ces tâches ne sont pas aliénantes ;
- sur Internet, on passe son temps à travailler sans même le savoir : dès qu’on déchiffre un captcha, dès qu’on écrit quelque chose sur Facebook, qu’on fait une recherche sur Google, on produit des données qui seront valorisées par ces entreprises, on fournit donc un travail qui échappe à tout statut et à toute législation.

Le monde du numérique est un monde fascinant
.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/17/captcha-lart-faire-travailler-sans-remunerer-250002
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mar 18 Fév - 11:34

Amis chercheurs, vous vous faites arnaquer trois fois (merci Elsevier)
Le domaine de la recherche n’échappe pas à l’austérité : en dépit de nombreux effets d’annonce, les financements diminuent constamment depuis le début de la crise, le recours aux fonds privés se généralise, et comme ailleurs, les faillites se multiplient.
Et pourtant, la France s’apprête à reconduire un accord avec le géant de l’édition scientifique, Elsevier. Coût de l’opération : près de 190 millions d’euros, versés sur cinq ans. Une somme qui n’était pas censée être révélée au grand jour.
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/les-coulisses-de-wikipedia/2014/02/17/amis-chercheurs-vous-vous-faites-arnaquer-trois-fois-merci-elsevier-232350
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mer 19 Fév - 8:53

"Fadettes" : 5.000 euros requis contre Squarcini
http://www.franceinfo.fr/justice/fadettes-5-000-euros-d-amende-requis-contre-squarcini-1323765-2014-02-18
Une peine d'amende de 5.000 euros a été requise mardi à l'encontre de Bernard Squarcini, l'ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI). Il comparaissait devant le tribunal correctionnel de Paris pour avoir réquisitionné illégalement les factures téléphoniques détaillées ("fadettes") d'un journaliste du Monde.

Il n'a fait que son "devoir". A l'audience mardi, devant le tribunal correctionnel de Paris, Bernard Squarcini s'est positionné en simple exécutant, qui avait reçu un ordre de son supérieur. L'ancien patron de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) comparaissait pour avoir, en 2010, requis les "fadettes" d'un journaliste du Monde sur un volet de l'affaire Bettencourt.

Le procureur a estimé mardi que Bernard Squarcini s'était clairement rendu coupable d'un acte illégal. Mais il a demandé au tribunal de "tenir compte des services rendus par M. Squarcini à la République" pour justifier un réquisitoire clément.

Mise en délibéré au 8 avril

Une peine de 5.000 euros d'amende a finalement été requise. Pour le délit de "collecte de données à caractère personnel par un moyen frauduleux, déloyal ou illicite", Bernard Squarcini encourt une peine maximale de cinq ans de prison et 300.000 euros d'amende. L'affaire a été mise en délibéré au 8 avril.

Bernard Squarcini s'est défendu mardi en indiquant qu'il "s'agissait de débusquer une fuite, un traître dans un cabinet ministériel". Les parties civiles ont estimé que, réputé proche de Nicolas Sarkozy, il avait voulu protéger l'exécutif qui craignait que ces fuites ne déstabilisent Eric Woerth. Bernard Squarcini a répliqué qu'il n'avait "aucune carte politique. J'ai servi la droite, j'ai servi la gauche", a-t-il assuré.

Squarcini jugé pour l'affaire des "fadettes" : Nathalie Hernandez a assisté à cette journée d'audience
3 réactions

il risque 5ans mais va prendre 5000 € et pas de mise en examen du superieur ordonnant .......
tout va tres bien madame la marquise.
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Re: Today's joke

Message  ivo le Jeu 20 Fév - 9:36

Les lois de la conso unique
Tout le marketing de la «marginalité ludique» consiste à nous faire prendre nos déterminations les plus lourdes pour le reflet de notre subjectivité géniale, une espèce de sixième sens. On peut d'ailleurs grosso modo être sûr que, dès que l'on fait appel à notre moi rebelle et indomptable (toutes ces injonctions publicitaires d'«Osez oser» pour nous vendre une voiture ou un téléphone), on rejoint la cohorte des «dandys grégaires» (Finkielkraut). La floraison insensée chez les bourgeoises de pulls en cachemire affichant une tête de mort ou un grand «rock» (c'est la faute à Zadig & Voltaire) dans le dos est à cet égard impayable...
>>>
http://www.marianne.net/Les-lois-de-la-conso-unique_a235058.html
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Re: Today's joke

Message  ivo le Ven 21 Fév - 8:30

Syrie : les islamistes gardent leur amour propre
La plupart des localités aux alentours d'Alep échappent au contrôle du régime syrien, et sont donc soumises aux règles édictées par des comités de la charia [instaurés par les combattants islamistes là où ils peuvent]. Ces comités interdisent en principe le préservatif, puisque, selon eux, celui-ci sert à la "fornication".
Mais partout où les hommes de l'EIIL arrivent, cette interdiction est aussitôt levée
.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/02/20/syrie-les-islamistes-gardent-leur-amour-propre
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Re: Today's joke

Message  ivo le Ven 21 Fév - 9:49

je voudrais poser une question : est-il possible aujourd’hui en France de porter un nom à rallonge d’origine aristocratique, d’être chrétien, et de ne pas être assimilé encore et toujours aux « catholiques intégristes d’extrême droite » ?
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/19/oui-jai-nom-a-particule-non-suis-catho-dextreme-droite-250089

............ ^^
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Re: Today's joke

Message  ivo le Mer 26 Fév - 9:15



Frustrée, la jeunesse française rêve d’en découdre
Une Cocotte-Minute qui n'aurait pas de soupape. Telle est l'inquiétante image choisie par les deux sociologues pour décrire le « fort potentiel de révolte »
Jamais la jeunesse, en France, n'a été aussi éduquée. Lorsqu'ils sont chômeurs, stagiaires, coincés dans l'intérim, ces enfants de la démocratisation scolaire et de la mondialisation culturelle, extrêmement informés, vivent comme une indignité de devoir se contenter de survivre alors que leurs études ont fait naître de forts espoirs. D'où cette frustration existentielle et cette capacité à développer un discours de plus en plus critique sur l'épreuve sociale qu'ils traversent. « Un ‘‘nous'' pourrait se former, croient les sociologues, si les diplômés étaient rejoints par les jeunes en désespérance sociale. »
A la question « Est-ce que tu participerais à un mouvement de révolte type Mai 68 demain ou dans les prochains mois ? », ils sont 61 % à dire oui. Tous quasiment égaux dans la colère, femmes et hommes tirés d'affaire et jeunes en galère… 66 % des intérimaires. 63 % des chômeurs. 60 % des étudiants. Et même 54 % des employés en CDI !
« Les jeunes ne sont pas dans la résignation. Il y a une énergie latente, comme en 1968 », perçoit Cécile Van de Velde. En temps de crise, explique-t-elle, on peut adopter une stratégie d'adaptation au système (loyalty), de départ (exit), ou de révolte (voice). « ‘‘Loyalty'' pourrait bien se transformer en ‘‘voice'' si rien ne bouge… Il suffit d'une étincelle… »
>>>
http://www.lemonde.fr/emploi/article/2014/02/25/frustree-la-jeunesse-francaise-reve-d-en-decoudre_4372879_1698637.html#
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Re: Today's joke

Message  niouze le Jeu 1 Mai - 12:30

quand le patron du medef se prend une fronde des lecteurs..... du figaro ....

«Modérer les salaires des employés? Et pourquoi pas ne les payer qu'un mois sur deux!»

VOS RÉACTIONS - Modérer les salaires, comme le propose le patron du Medef, Pierre Gattaz ? Les internautes du Figaro y sont farouchement opposés.
La première bombe à peine désamorcée, Pierre Gattaz en dégoupille une deuxième. Le 15 avril dernier, le patron du Medef créait la polémique en évoquant l'idée d'un smic jeunes au rabais. Son appel, ce mardi, en faveur d'une «modération salariale pendant deux ou trois ans en France» y compris pour les chefs d'entreprise, a provoqué un important tollé. «Si on ne le fait pas, la baisse des charges prévue dans le pacte de responsabilité n'aura servi à rien», justifie-t-il. Il souhaite que cette mesure soit «accompagnée d'une fiscalité améliorée pour les salariés». Une défense loin de convaincre les internautes du Figaro.
«C'est effrayant, comment peut-on affirmer que le smic est trop élevé?», s'insurge bernard0151. «Ah, parce que les salaires ne sont pas déjà modérés?», demande Mandy. LUCIE ORNIAC aussi, est dubitative: «Croyez-vous qu'un ouvrier payé au smic va se réjouir de voir baisser son salaire pour les beaux yeux de la croissance?». Ce n'est visiblement pas le cas de Sonia, qui interroge: «Dois-je devenir SDF pour la dette publique?» Désabusée, Aurélie affirme: «Modérer son salaire quand on gagne à peine plus que le salaire minimum, ça ne motive pas à se lever le matin.» «Comme d'habitude, on va demander des efforts en promettant que ça ira mieux demain», soupire de son côté eag1966. Passablement agacés, les commentateurs n'ont également pas manqué d'ironiser sur cette proposition. «L'idéal serait de ne payer qu'un mois sur deux les employés!», moque ainsi ressac. «Et pourquoi pas travailler gratuitement?», ajoute Robert.
L'idée de limiter le salaire des chefs d'entreprise fait pourtant l'unanimité. «Que l'on commence par modérer le salaire des grands patrons, après on verra!», lance ainsi Zaza. Abbu propose même l'instauration d'un «salaire maximum». Selon lui, un patron ne doit pas gagner «plus de vingt fois ce que gagne le salarié le plus mal payé». Une mesure déjà mise en place par François Hollande dans les entreprises publiques. Même si elle y est favorable, Elyane rit jaune: «C'est plus facile de rogner un salaire de 200.000 euros par mois que de 1.200 euros.» Salisbury, lui, appartient aux rares soutiens du président du Medef. «Pourquoi pas, après tout. La plupart des salariés du privé approuvent le gel du salaire des fonctionnaires, il faut donc étendre cette mesure au secteur public», estime-t-il.
«Gattaz fait de la surenchère permanente»
Si cette proposition suscite la colère de beaucoup d'internautes, elle est, pour d'autres... simplement inapplicable. «C'est une hausse des salaires qui relancerait l'économie», affirme ainsi Maud. «Pour que ça marche, il faut geler toutes les hausses de prix et d'impôts. Sinon, plus personne ne pourra consommer, se soigner, se chauffer… On ne fera que payer», suggère pour sa part Raymond LEPUY. Pour appuyer leur argumentation, les commentateurs n'hésitent pas à souligner les comparaisons de Pierre Gattaz, qu'ils estiment fallacieuses. Ce dernier rappelle en effet le coût horaire du travail en France, 35,30 euros, parmi les plus élevés d'Europe. Un chiffre que le président du Medef met en comparaison avec l'Allemagne (32,70 euros) et l'Espagne (20,90). «Là même où le chômage vient d'atteindre quasiment 26%», relève brikabroke. Gontran Bonheur prend le contrepied: «Plus de 50% des Suisses gagnent plus de 5.100 euros par mois, et leur taux de chômage est à 3,5%
Avec cette nouvelle proposition choc, Pierre Gattaz a, une nouvelle fois, concentré sur sa personne une bonne partie des critiques des internautes. «Il fait de la surenchère permanente», raille Marie-France. «En voilà un qui favorise l'image de “patron salaud” déjà bien ancrée dans les esprits», analyse grandkharma. Patrick85 choisit de s'adresser directement au patron du Medef: «C'est avec de telles proposition que vous ravivez la lanterne sur laquelle d'autres se sont brûlés avant vous.» Et Carlotine de conclure: «Je crois que le Medef a beaucoup perdu avec le départ de Laurence Parisot…»

http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/04/30/31003-20140430ARTFIG00237-moderer-les-salaires-des-employes-et-pourquoi-pas-ne-les-payer-qu-un-mois-sur-deux.php

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