Derniers sujets
» homophobie dans le monde ...
par ivo Hier à 8:59

» la police s'étonne qu'on ne l'aime pas
par ivo Hier à 8:44

» No Futur - la terre au 21° siecle
par ivo Hier à 8:36

» petits business entre amis
par ivo Hier à 8:31

» agriculture
par ivo Dim 19 Nov - 8:26

» immigration ...
par ivo Dim 19 Nov - 8:23

» <<< Santé >>>
par ivo Dim 19 Nov - 8:21

» droites extremes
par ivo Sam 18 Nov - 11:01

» les photos d'actus - l'info en résumé
par ivo Sam 18 Nov - 10:36

» Birmanie
par ivo Sam 18 Nov - 10:35

» enfance ...
par ivo Sam 18 Nov - 10:33

» U.E.
par ivo Sam 18 Nov - 10:10

» pologne
par ivo Sam 18 Nov - 8:44

» Révolution russe
par niouze Ven 17 Nov - 12:17

» No Futur - l'espace au 21° siecle
par ivo Ven 17 Nov - 8:36

» Réunionnais de la Creuse
par ivo Ven 17 Nov - 7:56

» macronie
par ivo Ven 17 Nov - 7:49

» la phrase du jour
par ivo Ven 17 Nov - 7:13

» rwanda
par ivo Jeu 16 Nov - 9:49

» médias ? quels médias ??
par ivo Jeu 16 Nov - 9:27

» flicage total du net
par ivo Jeu 16 Nov - 8:19

» internet , technologie, ...
par ivo Jeu 16 Nov - 8:07

» blancs comme neige ^^
par ivo Mer 15 Nov - 8:30

» Infos insolites.
par ivo Mer 15 Nov - 8:04

» ZAD partout ?
par niouze Mar 14 Nov - 17:54

» Nucléaire mon amour ...
par ivo Mar 14 Nov - 10:01

» pape, cathos, vatican et autres ....
par ivo Mar 14 Nov - 9:00

» Necronomacron
par ivo Lun 13 Nov - 7:46

» pesticides / fongicides
par ivo Dim 12 Nov - 8:42

» monde - stupéfiants
par ivo Dim 12 Nov - 8:20

» état d'urgence et autres restrictions....
par ivo Dim 12 Nov - 8:16

» conditions de travail ...
par ivo Dim 12 Nov - 8:10

» ... 14/18 ...
par ivo Dim 12 Nov - 8:07

» Combien d’autres murs à faire tomber ?
par ivo Sam 11 Nov - 10:23

» salaires
par ivo Sam 11 Nov - 9:15

» impots
par ivo Sam 11 Nov - 9:12

» contre l'esclavage moderne
par ivo Sam 11 Nov - 9:01

» démocratie et justice ...
par ivo Sam 11 Nov - 8:33

» Today's joke
par ivo Ven 10 Nov - 9:49

» Les prisons: questions.
par ivo Ven 10 Nov - 9:04

» Affaire de Tarnac
par ivo Mer 25 Oct - 11:20

» vite, je vais vomir ...
par ivo Mer 25 Oct - 10:13

» [Deutschland- Österreich] Allgemeine Informationen. [Allemagne- Autriche] Informations générales.
par ivo Mer 25 Oct - 10:00

esclavage

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Aller en bas

esclavage

Message  ivo le Ven 10 Mai - 9:35

Abolition de l'esclavage à Haïti : le Cran assignerait la Caisse des dépôts
fr info
A l'occasion de la commémoration de l'abolition de l'esclavage, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) annonce qu'il va assigner une banque française en justice. Il s'agirait de la Caisse des dépôts et consignations, chargée à l'époque de recueillir l'argent que l'Etat français demandait aux esclaves haïtiens, prix de leur liberté. Cette action judiciaire a peu de chances d'aboutir mais veut relancer le débat.


En 1849, lors de l'abolition de l'esclavage, le gouvernement français prévoit une indemnisation : non pas pour les 250.000 esclaves libérés, mais pour leurs propriétaires, au nom du "préjudice subi". Plus de 160 ans plus tard, le Conseil représentatif des associations noires (Cran) entend demander des comptes.

Le "rôle d'intermédiaire" de la Caisse des dépôts

Dans son viseur, sans doute : la Caisse des dépôts et consignations, institution financière publique chargée de gérer des fonds privés. A cette époque, la banque a pour mission de recueillir les indemnités versées par les anciens esclaves haïtiens, pour le compte de l'Etat français.

Quelque 90 millions de francs-or sont ainsi payés, prix de l'indépendance d'Haïti. "Cette Caisse des depôts a joué un rôle d'intermédiaire", explique l'historien Gilles Manceron (auteur de "Marianne et les colonies"). "Cette somme n'a pu être remboursée que très très longtemps plus tard, au prix d'emprunts d'Haïti, et cela a considérablement grevé les possibilités de développement de cet Etat", explique-t-il.

"Le dépôt d'une plainte à son égard a le mérite d'attirer l'attention sur cette page d'histoire" - Gilles Manceron, historien

"Cet argent ignoble doit être restitué au peuple haïtien par le trésor français"

"Le couteau sous la gorge, Haïti a du accepter l'inacceptable et payer l'équivalent de 21 milliards de dollars", explique également Louis-Georges Tin, président du Cran. "C'est une double peine qu'Haïti a subi en matière de crime contre l'humanité : esclavage + rançon. Cet argent ignoble doit être restitué au peuple haïtien par le trésor français", ajoute-t-il.

Le Cran veut relancer le débat avec cette plainte, les explications de Louis-Georges Tin, président du Cran

Inspiré d'une action américaine

La Cran s'inspire en fait d'une démarche lancée il y a une dizaine d'années aux Etats-Unis. En 2002, une class action (une plainte collective) avait été déposée contre une banque, une société d'assurance, et une compagnie ferroviaire qui avait utilisé des esclaves pour construire ses lignes.

En justice ce fut un échec mais ces procédures ont eu un impact symbolique, et parfois un peu plus : à Chicago, la banque JP Morgan qui a reconnu s'être enrichie grâce à l'esclavage a financé des bourses d'études pour des jeunes des ghettos noirs.

Le mouvement a aussi incité à des opérations transparence. De grandes villes américaines imposent aux entreprises qui briguent des marchés publics de révéler si elles ont bénéficié de l'esclavage, une mesure que le Conseil représentatif des associations noires aimerait aussi transposer en France.
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Mer 26 Fév - 8:54

L'Etat français et Spie poursuivis pour crime contre l'humanité
http://www.franceinfo.fr/societe/l-etat-francais-et-spie-poursuivis-pour-crime-contre-l-humanite-1331247-2014-02-25
Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a assigné ce mardi l'Etat et le groupe Spie, pour "crime contre l'humanité". Il les accuse d'avoir recouru au travail forcé au Congo, dans les années 20, pour construire la ligne ferroviaire Congo-Océan.

La France a-t-elle utilisé des esclaves pour construire une ligne de chemin de fer au Congo dans les années 20 ? La justice française va devoir se pencher sur la question car le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a assigné ce mardi l'Etat et le groupe Spie Batignolles (chargé des travaux) pour "crime contre l'humanité".

Les travaux ont eu lieu entre 1921 et 1934 pour le compte de l'Etat. La ligne ferroviaire Congo-Océan (CFCO), reliait Brazzaville au port de la Pointe-Noire (500 km). Selon l'historien Olivier Le Cour Grandmaison "des civils ont été embarqués de force pour alimenter les chantiers", expliquant, qu'"au moins 17.000 indigènes sont morts en raison des conditions de transport et de travail". Il estime que "l'essentiel des infrastructures réalisées dans les colonies l'ont été en recourant au travail forcé, qui a vraisemblablement concerné des millions de personnes".

Esclavage déguisé

L'association agit sur la base de la loi Taubira de 2001 qui qualifie l'esclavage de crime contre l'humanité et le rend imprescriptible. "Nous demandons au président du TGI de nommer un collège d'experts judiciaires aux frais de Spie pour évaluer l'ampleur du préjudice subi", a expliqué Me Norbert Tricaud, avocat de l'association.

Le Cran demande aussi la création "d'un fonds d'indemnisation des victimes", qui finance un travail de mémoire. Selon son président, Louis-George Tin, "le travail forcé était de l'esclavage déguisé". Le travail forcé n'a été interdit qu'en 1946 par une loi portée par Félix Houphouët-Boigny, le futur président ivoirien.

Le président du Cran, Louis-George Tin, parle "d'esclavage déguisé"
32 réactions
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Dim 11 Mai - 9:56

Le Cran demande réparation à des banques et familles bordelaises
http://www.liberation.fr/societe/2014/05/10/le-cran-demande-reparation-a-des-banques-et-familles-bordelaises_1014452?xtor=rss-450
Le Conseil représentatif des associations noires de France estime qu'ils ont joué «un rôle central dans la traite négrière».

Le Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) a demandé réparation à des institutions bancaires et familles bordelaises qu’il accuse d’avoir profité de la traite des Noirs, lors d’un rassemblement à Paris samedi, jour de commémoration de l’abolition de l’esclavage.

Une centaine de personnes, en gilet jaune fluo, avaient bravé la pluie pour se rassembler à son appel dans le centre de Paris, place de la Sorbonne.

Le président du Cran, Louis-George Tin, a notamment accusé le Crédit suisse, la Banque de France, l’ancienne banque Mallet et plusieurs familles bordelaises d’avoir «joué un rôle central dans la traite négrière».

MULTIPLES CIBLES

«C’est le travail des esclaves qui a permis de constituer la Banque de France et c’est la Banque de France qui a permis de constituer la France», a-t-il ajouté.

Le Cran, qui a déjà engagé des poursuites en justice contre l’Etat, la CDC et le groupe Spie Batignolles, les accusant d’avoir profité de l’esclavage, a cette fois choisi «d’interpeller publiquement» ces banques et familles, de leur «tendre la main» dans une «démarche de dialogue».

«Nous les invitons à rentrer en contact avec des associations ou des municipalités pour voir comment elles pourraient contribuer d’une manière ou d’une autre à des réparations», a déclaré à l’AFP Tin. «En fonction, nous verrons si nous donnons des suites judiciaires».

Il y a un an le président François Hollande avait fermé la porte à toute compensation financière, citant le poète martiniquais Aimé Césaire qui évoquait une «impossible réparation».

«L'IMPOSSIBLE RÉPARATION»

Tin a de nouveau demandé à Hollande de s’excuser publiquement pour la responsabilité de la France dans la traite négrière, d’engager une réforme agraire outre-mer, de rembourser la rançon que la France a touchée d’Haïti à son indépendance et de créer un musée en métropole dédié à la colonisation.

Par ailleurs, le président du Cran a jugé «très choquant» un tweet du député UMP Thierry Mariani sur l’esclavage, estimant qu’on n’était «pas loin du négationnisme». Il a demandé son exclusion de l’UMP.

Le vice-président de l’UMP a envoyé mercredi le tweet suivant: «L’enlèvement par la secte Boko Aram rappelle que l’Afrique n’a pas attendu l’Occident pour pratiquer l’esclavage», y ajoutant le hashtag (mot-dièse) «déculpabilisation».
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Sam 17 Mai - 9:44

L'histoire de France pour les nuls du FN
http://www.marianne.net/L-histoire-de-France-pour-les-nuls-du-FN_a238460.html
Lors de l’élection de maires appartenant au Front National, tout le monde s’attendait à des dérapages. Pour ne pas décevoir cette attente, le maire de Villers Cotterêts refuse de commémorer l’abolition de l’esclavage, pour ne pas participer, dit-il, « à l’auto culpabilisation de la France ». L’argument pourrait se comprendre à Bordeaux, à Nantes et partout où des fortunes furent bâties sur la traite négrière. Nul n’imaginait cependant que le maire de Villers Cotterêts, lui même ancien militaire, refuserait de célébrer la mémoire d’un général qui partit en Orient pour combattre les cohortes de l’Islam. Car les Mameluks qui dominaient alors l’Egypte se voulaient cavaliers de Mahomet et ils imposaient une Charia impitoyable sur les bords du Nil.

Le général Dumas, aujourd’hui, eût soulevé l’indignation de tous les bien-pensants, car il osa entrer à cheval dans une mosquée pour annoncer le triomphe de la raison. Ce général était né à la Dominique, alors colonie française, aujourd’hui République de Haïti. Il était tout à la fois fils d’esclave et d’esclavagiste. Son père, le marquis Davy de la Pailleterie s’était rendu à la Dominique, pour y refaire sa fortune. Il acheta des esclaves, et c’est en usant de son droit de propriété qu’il donna naissance à un fils, qu’il revendit avec sa mère. N’ayant point de descendance mâle avec son épouse légitime, il racheta le petit mulâtre, le reconnut et l’éduqua comme un aristocrate, destiné au métier des armes.

Engagé en 1786 au régiment des dragons de la reine, Thomas Alexandre Davy de la Pailleterie n’était que brigadier en 1792 quand il épousa la fille d’un aubergiste de Villers Cotterêts. A la faveur de la Révolution autant que d’une brouille avec son père, il jeta noblesse et particule par dessus bord pour prendre le nom de Dumas. Formidable cavalier, combattant intrépide, il se distingua en Belgique, prît rapidement du galon, au point d’être promu général de brigade en septembre 1793, à l’aube de l’an II de la République. A cette date, la Convention ignore que la colonie de la Dominique a aboli l’esclavage et la traite, car ce sont les bourgeois et les soldats de la colonie qui adoptent la première loi d’abolition. La Convention jusque-là s’en était tenue à des mesures fiscales frappant les armateurs négriers. Les Jacobins se souciaient moins alors de l’émancipation des noirs que de châtier les marchands de Nantes et de Bordeaux, qui avaient le défaut d’être Girondins. Elle se décida à abolir l’esclavage le 16 pluviôse An II.

Le général Dumas qui continuait de grimper dans la hiérarchie militaire était déjà général de division et fut nommé commandant en chef de l’armée des Alpes, le 1er fructidor An II. Il était alors l’un des plus hauts gradés des armées de la République. Nommé aux armées de l’Ouest, n’ayant guère de goût pour la répression et les massacres, il obtint un congé et rejoignit sa femme, Marie-Louise Labouret, à Villers Cotterêt. Car Dumas refusait de combattre des Français, ce qui devrait lui valoir d’être apprécié du maire de la ville qui fut la résidence du général de 1792 à sa mort en 1806.

Dumas retourna combattre les puissances qui prétendaient dominer l’Europe. Reprenant la direction de l’armée des Alpes, quand Bonaparte combattait en Italie, il se distingua dans le Haut Adige et au Tyrol. Il suivit Bonaparte en Egypte, en tant que commandant de la cavalerie. A ce titre, il était le supérieur de Murat et de Davout. L’Egypte vivait alors sous un régime de terreur religieuse, imposé par les Mamelouks. Les charges commandées par le général Dumas, à Alexandrie et aux Pyramides, anéantirent ces cavaliers de Mahomet. Chargé par Bonaparte d’annoncer à la population du Caire la victoire des Français qui mettait fin au pouvoir islamique, le général Dumas entra donc dans la mosquée du Caire, à cheval et à l’heure de la prière.

Parce qu’il voulait servir la France et non l’ambition de Bonaparte le général Dumas demanda obtint son rappel. Capturé, prisonnier à Naples, il revint à Villers Cotterêts sous le Consulat. Mis à la retraite et privé de ses arriérés de soldes en 1802, il eût, comme l’on sait, un fils cette année là. C’est peu dire qu’Alexandre Dumas contribua à la renommée de son pays et de sa ville natale. Il est non seulement l’écrivain français le plus lu dans le monde, mais aussi l’auteur, tout pays confondus, le plus adapté au cinéma.

Tant qu’à célébrer l’histoire en refusant la culpabilité, la ville de Villers Cotterêts, devrait s’enorgueillir tant du général que de l’écrivain, et même des deux, Dumas fils ayant lui aussi battu, avec sa Dame au Camélia, tous les records d’adaptation au théâtre et l’opéra. Avec un peu d’imagination, la mairie de Villers Cotterêts aurait pu se servir des commémorations de mai pour montrer qu’en France, les descendants d’esclaves ne sont pas les parias des banlieues, mais de grandes figures nationales, comme les Trois Dumas. Si prompte à récupérer tout et son contraire, Marine Le Pen aurait même pu faire le déplacement et célébrer cette France glorieuse qui ne craignait point les Mameluks !
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Ven 27 Juin - 11:42

Malgaches, domestiques et esclaves
fr info
Elles sont Malgaches, souvent illettrées, et par milliers réduites en esclavage dans les pays du Golfe, en Arabie Saoudite, au Koweit mais aussi au Liban.

Ces mères de familles, attirées par la promesse d’un travail de domestique bien payé, quittent leur pays via des agences de placement privées. Une fois sur place, passeport confisqué, salaires non versés, elles vivent des conditions de travail très difficiles, quand elles ne sont pas victimes de mauvais traitements.

L'été dernier, le gouvernement malgache a adopté un décret interdisant le départ des travailleurs non qualifiés vers le Golfe mais un an plus tard, le trafic de domestiques se poursuit, dans l'illégalité
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Ven 12 Juin - 7:52

Les Spartacus de Saint-Domingue
http://www.monde-diplomatique.fr/2015/06/WARGNY/53092
Une vraie révolution dans la révolution haïtienne (1791-1804), ou du moins dans la connaissance que nous croyons en avoir : c’est l’apport du travail de l’historienne américaine Carolyn E. Fick (1). Elle fait descendre de leur piédestal les dirigeants qui gouvernèrent tour à tour, François-Dominique Toussaint Louverture, Jean-Jacques Dessalines, Alexandre Pétion ou Henri Christophe. A la manière d’Albert Soboul accompagnant les sans-culottes parisiens ou de Georges Lefebvre analysant les masses rurales de la Révolution française, elle suit pas à pas les esclaves dans leur lutte. Qui est d’abord un combat contre la maltraitance et l’horreur quotidienne, avant de se définir un avenir, dans l’âpreté de l’apprentissage révolutionnaire.

Les esclaves : ils sont un demi-million quand éclate la révolution de 1791 à Saint-Domingue, la colonie la plus riche du monde. Des Africains venus au rythme de trente-six mille par an dans les années 1780, qui remplacent leurs devanciers morts à la tâche. Profits maximalisés, violence extrême. A côté d’eux, des Créoles, esclaves plus anciens, trente-cinq mille mulâtres et Noirs libres, et autant de Blancs. Contre les planteurs, ce sont les derniers arrivés qui constituent les troupes de choc de la lutte pour l’émancipation ; les généraux viennent des autres catégories.

Toussaint, généralissime, se proclame président à vie. Et promeut, avec son armée, son projet économique : maintien de la plantation, distribution des terres à ses lieutenants, parcellisation interdite, négociation avec la métropole et élimination des opposants. Devenus libres en 1793, les esclaves refusent, eux, le travail forcé prévu par le code rural — un esclavage édulcoré — et réclament le partage des terres au profit de tous. Ce n’est pas la liberté, au sens de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen, qui les motive en priorité, mais le refus de travailler pour autrui. Volonté d’autonomie et refus de l’autoritarisme : leur modèle économique d’autarcie vivrière tourne le dos à la modernité des élites blanches ou noires ! Hommes et femmes partent la fleur au fusil, ou à la machette, préférant la mort en embuscade à celle, plus lente, du servage.

Quand arrivent en 1802 les troupes expédiées par Napoléon Bonaparte, ce ne sont pas les chefs de l’insurrection d’après 1791 qui résistent : ce sont les masses qui se soulèvent, créant leur propre organisation et définissant leurs buts. Leur rage de liberté est telle que l’armée française redéfinit son objectif : non plus rétablir l’esclavage, mais exterminer la « race bâtarde et dégénérée », devenue irrécupérable. On la remplacera grâce à la traite !

Nouveaux soldats de l’an II réunis en bandes mal équipées, mais fraternelles, et connaissant bien le terrain, les révoltés sont mobiles et obstinés. Tournant casaque, les généraux noirs finiront par les rejoindre, reprendront le commandement et, l’armée française chassée, renoueront avec le modèle économique occidental contre celui des masses rurales. Un combat qui n’a jamais cessé en Haïti.

Aucune histoire de la Révolution française, celle de Jean Jaurès mise à part, ne mentionne la révolution haïtienne, encore moins son idéal égalitaire. Comme on le voit dans L’Armée indigène (2), l’historiographie a même oublié l’ultime défaite du corps expéditionnaire français dans la bataille de Vertières, où un îlien sur cinq a laissé sa peau.

Cette révolution et son contenu ont été si radicalement oubliés qu’il a fallu le séisme de 2010 pour que les Latino-Américains eux-mêmes découvrent Haïti. Dans Haïti par lui-même (3), les Brésiliens s’interrogent sur l’Etat le plus pauvre des Amériques, et sur son indépendance volée. Pourtant, Simón Bolívar, isolé, trouva en Haïti réconfort et renforts. Le livre, largement illustré, imagine des relations Sud-Sud qui pourraient être plus fécondes que celles de dépendance permanente avec les deux rives de l’Atlantique nord. S’ouvrir au voisinage et sortir de l’enclavement : une piste majeure, une chance ?

Christophe Wargny
Maître de conférences au Conservatoire national des arts et métiers (CNAM), Paris. Auteur de Haïti n’existe pas. Deux cents ans de solitude, nouvelle édition, Autrement, Paris, 2008.
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Re: esclavage

Message  ivo le Jeu 1 Oct - 10:00

Jamaïque. Le Royaume-Uni ne paiera pas de réparations pour l’esclavage
Une étude historique, citée dans The Guardian, a révélé qu’un lointain ancêtre du Premier ministre britannique avait fait fortune dans la traite négrière.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/jamaique-le-royaume-uni-ne-paiera-pas-de-reparations-pour-lesclavage
avatar
ivo

Messages : 26686
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Voir le sujet précédent Voir le sujet suivant Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum