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Démocratie directe / participative

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Démocratie directe / participative

Message  niouze le Dim 14 Sep - 12:49

A Saillans, dans la Drôme, une liste collégiale a remporté les municipales. Les habitants ont entièrement repensé le fonctionnement de la mairie, en s’appuyant sur les méthodes d’animation de l’éducation populaire. Depuis six mois, ils mettent en place des groupes action projet où se retrouvent élus et habitants, pour débattre des principales questions de la vie du village. Une petite révolution participative !

http://www.bastamag.net/Saillans-la-revolution


Dernière édition par ivo le Mar 4 Nov - 7:50, édité 1 fois (Raison : édition du titre)

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Re: Démocratie directe / participative

Message  Nyark nyark le Dim 14 Sep - 13:37

niouze a écrit:
A Saillans, dans la Drôme, une liste collégiale a remporté les municipales. Les habitants ont entièrement repensé le fonctionnement de la mairie, en s’appuyant sur les méthodes d’animation de l’éducation populaire. Depuis six mois, ils mettent en place des groupes action projet où se retrouvent élus et habitants, pour débattre des principales questions de la vie du village. Une petite révolution participative !

http://www.bastamag.net/Saillans-la-revolution
Tiens, moi qui me demandais où m'exiler... Vais voir s'ils ont une bibliothèque dans le coin ^^
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Mar 21 Oct - 8:15

La machine à créer du discrédit politique n'a pas été remise en cause
Pourquoi accordez-vous une place aussi importante au numérique ?
Parce que ça ne coûte rien. Les mouvements citoyens sont par nature des mouvements pauvres, et les réseaux sociaux leur donnent une arme extraordinaire. Les Zèbres ne bénéficient d’aucune aide publique. On fait ça par civisme et par conscience. Et sans les réseaux sociaux, jamais nous n’aurions pu monter cela. Mais ce qui reste fondamental, c’est le terrain.
>>>
http://www.liberation.fr/evenements-libe/2014/10/20/alexandre-jardin-la-machine-a-creer-du-discredit-politique-n-a-pas-ete-remise-en-cause_1125635?xtor=rss-450
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Mar 4 Nov - 7:49

La Bosnie enfin unie... contre les privatisations
Pauvreté, chômage, corruption, népotisme, incompétence de la classe politique... Presque vingt ans après la fin de la guerre, le désir de résoudre les difficultés communes transcende les clivages communautaires. Début février, après avoir longtemps été réduits au silence par un système clientéliste, les citoyens de Bosnie-Herzégovine ont laissé éclater leur exaspération. Ils s’essaient désormais à la démocratie directe.
>>>
http://www.monde-diplomatique.fr/2014/03/DERENS/50201
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Mar 4 Nov - 12:28

Saillans, sept mois après : « On fait peur et ça nous pose un gros souci »
Rue89 est retourné à Saillans où, depuis les municipales, des habitants ont mis en place leur démocratie participative. S’ils trébuchent sur les premières difficultés, leur expérience attire d’autres communes.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/10/30/saillans-sept-mois-apres-fait-peur-ca-pose-gros-souci-255722
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Lun 10 Nov - 9:32

En finir avec la démocratie ?
http://www.humanite.fr/blogs/en-finir-avec-la-democratie-557064
A quelques jours d'intervalle, un ancien Président de la République dont on rend publiques les bordées d'insultes vulgaires à l'encontre de ses adversaires et de ses propres amis, sûr de préparer son retour au pouvoir arrogant et autoritaire, se permet d'invoquer quatre-vingt fois la République en moins d'une heure de discours. La même semaine, un Président en fonction répète deux heures durant à la télévision, comme seule politique, sa prétention à tout décider lui-même de la politique du pays. Étrange paysage que celui de notre monde. Des exigences financières venues d'ici ou d'ailleurs imposent aux innombrables foules qui produisent les richesses des sacrifices qui abreuvent les caisses de quelques-uns.

Et dans chaque pays, des gouvernants élus possèdent l'incroyable pouvoir de le décider malgré l'hostilité de leurs peuples. Miracle institutionnel de la « démocratie représentative ». Quant à ceux qui protestent et défilent dans les rues, qualifiés aussitôt de « populistes », ils se voient curieusement accusés de remettre en question la « démocratie ».
Du coup, par une mystérieuse alchimie des actes et des mots, ceux qui gouvernent sans le peuple ou contre lui se réclament de la démocratie, tandis que ceux qui subissent l'absence de démocratie, et au nom de la démocratie eux aussi, sont tentés d'en venir à des formes d'action plus ou moins violentes (routiers ou agriculteurs un jour, intégristes de toutes confessions ou anarchistes un autre jour) ou à voter pour les pires ennemis de la démocratie. Il semblerait donc que la « démocratie » bénéficie d'une sorte de « consensualité » selon l'expression du philosophe Alain Badiou, qui parle à ce propos d' « idéologie démocratique » : idéologie des gestionnaires du système en place qui ne cessent d'invoquer l' « état de droit » et les élections pour imposer leurs décisions ; idéologie de celles et ceux qui, faute de perspective politique, organisent des actions immédiates en rassemblant autour d'objectifs précis, sans programme global, sans leader, sans stratégie.
C'est ce qu'Alain Badiou qualifie d' « idéologie des libertés formelles ou réelles (…), organisation de l'inexistence politique ». Et il n'est pour lui de perspective que dans « la capacité d'imposer une vision stratégique » c'est-à-dire « un système fort d'axiomes politiques ».
C'est un débat théorique et politique fondamental qui est ainsi relancé. Relancé, car ce débat n'est pas nouveau, et il peut surprendre qu'un philosophe que l'on présente car l'un des disciples les plus éminents de Marx développe très précisément ce qu'en son temps Marx avait pourfendu. En effet, contre tous ceux qui proposaient de tracer noir sur blanc les contours d'un futur souhaitable de la société, Marx soulignait dès 1843 : « Nous ne nous présentons pas en doctrinaires avec un principe nouveau: voilà la vérité, à genoux devant elle ! Nous apportons au monde les principes que le monde a lui-même développés en son sein », idée que reprendra le Manifeste de 1848. Le « communisme » sera ainsi défini par lui non comme "un idéal sur lequel la réalité devrait se régler", mais comme "le mouvement réel qui abolit l'état actuel". Il s'agit donc de rendre manifeste le contenu latent de l’ensemble des pratiques sociales qui résistent à la logique de l’état des choses existant.
Dès lors, c'est bien le mouvement multiforme de résistance à toutes les dominations et oppressions qui crée les « axiomes » qu'évoque Alain Badiou, et non un « leader » ou un stratège. Cela s'appelle la démocratie, non pas « formelle », non pas « représentative », non pas « socialiste » comme on l'a jadis caricaturée, mais au sens premier d'activité du peuple pour construire lui-même, pas à pas, par les actes, les mots et les votes, son propre destin. Il y a quatre décennies, tandis que dans les forces « révolutionnaires » dominait encore une tendance à réduire la « démocratie » à une exigence seconde, malgré des innovations d'un type nouveau, les puissances dominantes de la planète s'était bien organisées autour de cette question nodale. Ce fut en 1975 la fameuse réunion de la « Commission trilatérale », qui regroupait les représentants les plus éminents du grand capitalisme et des forces politiques de droite et d'une certaine gauche des Etats-Unis, d'Europe et du Japon. Le rapporteur, français, concluait sur l'urgence de donner à la démocratie des « limites souhaitables », car plus de démocratie reviendrait à « jeter de l'huile sur le feu ». Le présent montre le résultat social et politique catastrophique de cette démarche. Et tout ce qui laisse entendre que la démarche démocratique conduit à l' « inexistence politique » risque de désarmer ceux qui aspire à un dépassement de cette logique sociale.
Pourtant, depuis plus d'un demi siècle, les plus grands philosophes français, traités alors de « traîtres », avaient bien lu Marx : Maurice Merleau-Ponty, Jean-Paul Sartre, Claude Lefort, Michel Foucault par exemple. Mais quand donc et qui tirera les leçons de cet aveuglement ? En fait, comme ne cesse de l'explorer un philosophe comme Jacques Rancière, la démocratie est la politique elle-même, dérangement permanent, contestation de tous les pouvoirs, révélation de la pure contingence de l'ordre établi.
C'est bien dans ce sillon que dans le monde émergent des nouveautés politiques, comme processus infini de démocratie, laquelle est toujours à venir.
Autrement dit, renoncer à l'action et la réflexion pour imposer un sursaut démocratique serait renoncer à la politique elle-même.
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Mar 18 Nov - 10:51

De la dictature de l’audimat au règne de l’insignifiance
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere/2014/11/17/de-la-dictature-de-laudimat-au-regne-de-linsignifiance-233806
Le frénétique zapping de l’information auquel se livrent les chaînes de « flux » et les réseaux sociaux ressemble à une opération d’enfumage permanent qui nous empêche de cerner l’essentiel.

Depuis deux semaines, nous voyons déferler sur nos écrans les commentaires les plus crus sur un « dîner de cons » entre deux VIP de la noblesse d’Etat, messieurs Jouyet et Fillon... Quand ce n’est pas le couteau de Nabilla, cette starlette de la téléréalité, qui fait la une des magazines ou le buzz sur Twitter.

A côté de cette écume du rien, la mort de Rémi Fraisse – qui aurait fait descendre des dizaines de milliers de personnes dans la rue il y a encore deux décennies – est traitée comme un fait divers.


Le festival de l’insignifiance

Il y a près de trente ans, je dénonçais « la dictature de l’audimat » (éd. La Découverte, 1988). Aujourd’hui, loin d’être abattue, elle n’est plus seulement le métronome des télévisions et de l’ensemble des médias, mais de toute la société. La fiction se confond avec la réalité et la médiocrité envahit la sphère de la vie sociale et politique. En 1996, Cornelius Castoriadis dénonçait cette montée de l’insignifiance. Nous y sommes. Tout se vaut dans le monde rêvé de la « mediaklatura ».

Le capitalisme a provisoirement gagné, parce qu’il a fait de la course à la consommation illimitée la seule valeur montante à la bourse des idées. Si les religions et l’irrationnel reviennent en force, c’est qu’ils fonctionnent comme un placébo, un substitut à cette crise du sens provoquée par la société de marché qui s’est étendue au monde entier.

Les aspirations à l’égalité, à la fraternité, à la solidarité apparaissent comme ringardes. La liberté du renard libre dans le poulailler libre, la loi de la jungle, se sont substituées à la liberté des hommes libres. L’individualisme a remplacé l’autonomie de la personne.

En quelques semaines, nous avons connu un véritable festival de l’insignifiance : livre de Valérie Trierweiler, affaire Thévenoud, dîner Fillon-Jouyet... Sans parler du retour sans fin de Nicolas Sarkozy et de ses « off » brutaux, de l’interview intimiste de François Hollande sur sa cravate et son scooter...

L’agenda de la politique est passé de la petite phrase au déballage permanent qui ramène l’action des élus, des partis, des militants, des citoyens, à un flux ininterrompu de fausses informations ne signifiant plus rien. Et tandis que nos médias « grand public » braquent leurs projecteurs sur la futilité du monde, deux personnalités hors du commun, Alexandre Grothendieck et Serge Moscovici, deux des principaux fondateurs de l’écologie politique, qui avaient critiqué cette société où la vanité et la futilité ont suppléé la raison et l’histoire, disparaissent dans l’ignorance.

Comment résister à ce lavage de cerveau ?

L’esprit public est atteint au plus profond. Dès lors, la seule question qui vaille, alors que les crises sociale, écologique, identitaire, démocratique, saisissent le monde, est de savoir comment résister à ce lavage de cerveau permanent et de restituer un sens et une hiérarchie à ce que nous voyons.

Dénoncer la « non-pensée » est devenu un préalable pour reconstruire l’espoir, pour pouvoir « survivre et vivre », comme le titrait la revue lancée au début 1970 par Alexandre Grothendieck et d’autres mathématiciens.

Son but était « la lutte pour la survie de l’espèce humaine, et même de la vie tout court, menacée par le déséquilibre écologique croissant causé par une utilisation indiscriminée de la science et de la technologie et par des mécanismes sociaux suicidaires, et menacée également par des conflits militaires liés à la prolifération des appareils militaires et des industries d’armement ». Nous en sommes toujours là.

Survivre et vivre dénonçait la compétition sociale entre savants, la recherche éperdue des honneurs, au détriment de l’intérêt général.

La politique, bouillie pour les chats

Cette analyse peut s’appliquer à tous les autres domaines et en particulier à la politique. Sa professionnalisation à outrance a fusionné avec une industrialisation des médias et a fini par constituer une société de connivence et de la démesure, qui transforme le contenu de la politique en bouillie pour les chats dont le seul enjeu réel est la redistribution des places et dont la seule fonction est de savoir qui sera le meilleur fondé de pouvoir du capitalisme.

Mais comme tout a une fin, le recul généralisé de l’intelligence et le règne de l’insignifiance trouveront leurs limites. Plusieurs signes ne trompent pas : les mouvements altermondialistes, les « indignés » des places publiques, ont redonné à l’activité citoyenne un rôle politique majeur. En France, les « zadistes » se coordonnent, de Sivens à Notre-Dame-des-landes, faisant émerger une nouvelle génération de militants désireuse de construire un monde dégagé des faux-semblants et de l’hypocrisie qui règne dans le paysage politique traditionnel.

Contrairement aux idées reçues, les mouvements de jeunes dans les quartiers populaires ne se résument pas aux barbus ou au clientélisme. L’« empowerment », cette pollinisation des initiatives qui vise à prendre ses affaires en main dans la cité, est en train de devenir une tendance durable dans le mouvement associatif. Cette demande d’une profonde réforme de notre système politique trouve aussi son sens dans l’aspiration croissante à une VIe République. Nous avons besoin de pratiques et de principes nouveaux pour en finir avec l’oligarchie qui gouverne l’Etat. Les hommes et les femmes qui se « cramponnent » au pouvoir, pour reprendre un mot malheureux (un de plus !) du Président de la république, ont fait leur temps.

La question est de savoir s’ils seront remplacés par le chaos et la barbarie ou par l’émancipation humaine issue de l’autonomie des citoyens.

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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Dim 10 Mai - 8:56

Bonapartisme ou Constituante
http://www.monde-diplomatique.fr/2014/04/BELLON/50294
C’est devenu une évidence : le fossé se creuse entre les citoyens et leurs représentants. La « crise de la démocratie » traduit un changement de modèle politique. Adopté en violation de la volonté exprimée par les électeurs le 29 mai 2005, le traité de Lisbonne a signalé la tentation autoritaire d’une partie des élites. L’élection d’une Assemblée constituante en France permettrait-elle de la juguler ?


Le rejet du traité constitutionnel européen (TCE), le 29 mai 2005, restera un tournant dans l’histoire de France. Une légitimité démocratique a tenté de s’affirmer. Elle a été bafouée. Depuis, et de façon sporadique, des révoltes émergent sans cohérence apparente, mais dans une volonté commune de rejet des pouvoirs en place (grandes manifestations, « bonnets rouges »...) (1). Sont-elles les signes avant-coureurs d’une violence plus générale, d’une profonde crise de régime ?

Paradoxe apparent : au moment où les principaux dirigeants politiques ne souhaitent pas remettre en cause la légitimité des institutions sur lesquelles repose leur pouvoir, tous sont contraints de reconnaître que les citoyens se sentent de moins en moins représentés.

Le mot d’illégitimité était jusqu’alors tabou. Mais, le 11 novembre 2013, le président de la République se faisait huer lors de sa visite à Oyonnax, ville symbole de la Résistance. Le lendemain, le premier ministre Jean-Marc Ayrault, s’affrontant à M. Christian Jacob, chef de file de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) lors des questions d’actualité à l’Assemblée nationale, l’accusa en ces termes : « Vous êtes en train de faire croire qu’il y a une crise institutionnelle. Mais de quoi parlez-vous ? Remettez-vous en cause la légitimité de l’élection présidentielle au suffrage universel ? » Accusation ferme, certes. Il n’empêche : la question de la légitimité avait été posée.

Voilà plusieurs décennies que le régime de la Ve République se fragilise. Il est fondé sur un pilier présidentiel sans contrôle, d’ailleurs renforcé depuis l’an 2000 par le quinquennat et la prééminence de l’élection du président par rapport à celle des députés (désignés au scrutin majoritaire uninominal à deux tours, ce qui renforce encore la domination du parti du président). Ce pouvoir s’éloigne de plus en plus des citoyens. Il s’en écarte encore davantage sous la pression de la force réglementaire des institutions de Bruxelles, grand aspirateur de toute souveraineté nationale et populaire. Il ne reste, pour faire croire à la valeur démocratique des institutions, que l’alternance entre UMP et Parti socialiste (PS), alternance qui tente de masquer l’unisson sur l’essentiel. Plus légal que légitime, le pouvoir se maintient grâce à cette règle du jeu. D’où la question qui chemine : comment la remettre en cause ?

Le Front national (FN) apparaît à un nombre important d’électeurs comme l’instrument possible pour atteindre cet objectif, et des citoyens de plus en plus nombreux refusent de voler au secours du tandem UMP-PS face au danger FN au nom d’un hypothétique front républicain. Voir dans ces attitudes de simples réflexes racistes ne rend compte que d’une partie du phénomène. L’aspiration à l’ordre traduit peut-être aussi une aspiration à la protection face à la dégradation de la qualité de la vie et des droits sociaux depuis trente ans. L’insécurité est autant, sinon plus, sociale que physique.

Reconquête de la vie publique

C’est ainsi que se construit une option de gouvernement musclé censé écouter les citoyens, comprendre leurs difficultés et se démarquer des recettes utilisées depuis des décennies. Le souvenir de Bonaparte resurgit avec celui de l’Etat garant de la communauté nationale. Cette option ne circule pas seulement dans les arcanes du parti de Mme Marine Le Pen. Ce n’est pas un hasard si un mouvement de réhabilitation de Napoléon III a rassemblé depuis une vingtaine d’années des personnages tels que le député-maire de Nice Christian Estrosi — « Je suis bonapartiste comme Napoléon III, c’est un état d’esprit, c’est un état d’âme (2) » — ou le Prix Goncourt Didier Van Cauwelaert (3). On l’avait retrouvé, lors de l’hommage rendu à Philippe Séguin, le 12 janvier 2010, dans la bouche de M. Bernard Accoyer, alors président de l’Assemblée nationale. Sa déclaration appelant à rompre avec la « tradition héritière de Victor Hugo », critique de Napoléon III, et à magnifier la « vision d’un empereur moderniste et soucieux du bien commun, qui équipa et enrichit la France », ne suscita à l’époque aucune réaction de l’opposition socialiste, prétendue héritière des républicains victimes du coup d’Etat de 1851 qui rétablit l’Empire. Lorsque l’esprit républicain n’est plus dominant, faut-il s’étonner de voir ainsi apparaître l’ombre d’un 2 Décembre (4) ?

Car les rappels à l’ordre républicain n’ont aucun sens si le contrat social et l’unité républicaine se dissolvent sous le coup des intérêts particuliers, si la citoyenneté, fondamentale dans l’histoire politique de la France, n’est plus qu’un argument de congrès, si les citoyens ne sont pas acteurs de leur propre destin. Sans doute ont-ils perdu leurs repères, mais n’est-ce pas parce que tout pousse à les faire disparaître ?

En particulier, la volonté affirmée de revaloriser le rôle du Parlement, victime expiatoire du système, ne sert souvent qu’à enterrer le problème posé par la légitimité chancelante des institutions. Après la réforme constitutionnelle du président Nicolas Sarkozy, le 23 juillet 2008, la commission Jospin « de rénovation et de déontologie de la vie publique », nommée par le président François Hollande le 16 juillet 2012, n’a pas dérogé à ce scénario. Symptomatique des progrès de la thématique de l’ordre, elle a surtout cherché à « moraliser » les élus (interdiction du cumul des mandats, levée de l’immunité pénale du président de la République), tentant ainsi de faire croire que l’importance du Parlement se mesurait non à son rôle institutionnel ou au contrôle qu’il peut exercer sur l’activité politique du président, mais à la seule vertu de ses membres.

Peu commentée publiquement, l’offense faite au suffrage universel par la signature, le 13 décembre 2007, du traité de Lisbonne, jumeau du TCE rejeté par les Français (et les Néerlandais), a néanmoins frappé les esprits. D’abord parce qu’elle est révélatrice du peu de cas que font les pouvoirs successifs de la souveraineté populaire. Mais aussi, et bien plus, parce que ce vote, loin d’être un amalgame de mécontentements, avait réussi à créer, au travers des débats qui l’avaient précédé, une réelle volonté collective : celle du peuple souverain dessinant l’ébauche d’un nouvel intérêt général, fondement de la République.

On peut évidemment regretter que la dynamique démocratique ainsi créée n’ait pu se développer. Il aurait fallu employer des mots en accord avec cette volonté collective, par exemple par un appel à la démission du chef de l’Etat favorable au « oui », ou à la dissolution de l’Assemblée nationale, elle aussi ultramajoritairement acquise au « oui » — mots d’ordre particulièrement démocratiques. On ne peut donc que déplorer les tentatives de récupération de ce vote à des fins uniquement partisanes (par exemple autour du candidat du « “non” de gauche » à l’élection présidentielle), tentatives qui l’ont rabaissé à des niveaux politiciens, transformant un élan majoritaire en mouvements parcellaires. Il reste que l’événement a prouvé qu’au-delà de tous les discours de fatalité, de la pression des médias et des chantages économiques, la volonté collective pouvait s’exprimer de manière construite lorsqu’elle en trouvait l’occasion.

C’est dans cette volonté que doit résider l’issue pacifique et démocratique à la crise actuelle. Et l’élection d’une Assemblée constituante au suffrage universel en offre un aboutissement.

Cette perspective peut sembler trop institutionnelle pour résoudre les difficultés sociales. Bien sûr, le changement ne se fera pas sans le mouvement social ; mais celui-ci a peu de chances de vaincre dans le cadre politique qui impose actuellement sa loi d’airain. Les oppositions internes à la société ne peuvent pas s’exprimer indépendamment de l’existence même d’une société. L’ancienne première ministre britannique Margaret Thatcher avait bien compris l’enjeu lorsque, sous l’égide de l’économiste libéral Friedrich Hayek, elle déclarait qu’il n’existait rien qui s’apparente à une société (« There is no such thing as society (5) »). Si la lutte est plus que jamais nécessaire face aux attaques contre les acquis sociaux, au chômage, à l’extension de la misère et de la précarité, peut-elle s’affranchir de la reconquête du corps politique ? C’est là l’objectif principal de la Constituante, cette refondation de la société autour de la réappropriation de ce bien collectif qu’est la vie publique. La recréation de cet être politique est évidemment nécessaire pour donner sens à la Constituante, et celle-ci confère un but à cette recréation.

Ce débat n’est pas neuf. En son temps, Jean Jaurès avait développé l’idée que l’histoire du mouvement ouvrier était en même temps celle de la participation des ouvriers à la construction de l’espace public grâce à leur capacité d’autonomie au sein même de la société capitaliste. Jaurès insistait alors sur la pertinence de la démocratie comme instrument de libération et de lutte, estimant qu’elle était « le milieu où se meuvent les classes », se révélant ainsi « dans le grand conflit social une force modératrice » (6).

Non seulement ce débat est toujours actuel, mais il est renouvelé et amplifié par la construction européenne, par la thématique du dépassement de l’Etat, par la mondialisation. L’abandon des concepts de peuple ou de nation est par exemple présenté comme progressiste par une figure d’une certaine gauche, Antonio Negri, qui ne craint pas de déclarer que « les concepts de nation, de peuple et de race ne sont jamais très éloignés (7) », thèse qui doit ravir l’extrême droite. Plus nuancés, d’autres ne voient le mouvement social et l’action politique qu’au niveau européen, voire mondial, sans tenir compte du fait que les plus grandes mobilisations ont toujours lieu dans le cadre national. Déjà, le 18 janvier 1957, l’ancien président radical du Conseil Pierre Mendès France, expliquant à l’Assemblée nationale son vote contre le traité de Rome, avait dénoncé cette probable dérive : « L’abdication d’une démocratie peut prendre deux formes : soit le recours à une dictature interne par la remise de tous les pouvoirs à un homme providentiel, soit la délégation de ces pouvoirs à une autorité extérieure, laquelle, au nom de la technique, exercera en réalité la puissance politique. »

Vouloir une « mondialisation sociale » ou une « Union européenne républicaine » n’a aucun sens, dans la mesure où l’objet idéologique de ces constructions est justement la destruction des valeurs républicaines et sociales. Comment, au contraire, ne pas voir que les dynamiques de contestation de l’ordre dominant ont débouché sur des Constituantes nationales tant en Bolivie ou en Equateur qu’en Islande, ce qui n’a pas entraîné un quelconque isolement de ces pays, mais au contraire une dynamique internationale intense, comme le prouvent les nouvelles alliances en Amérique latine ?

La crise actuelle en France n’est pas seulement celle d’une majorité, mais aussi celle de l’organisation politique et sociale ; c’est pourquoi la confiance entre citoyens et responsables politiques se dissout année après année. Alors que le monde se trouve en mutation profonde, tant géopolitique qu’économique, l’Europe et les pays qui la composent s’enferment dans des certitudes — affaiblissement systématique des Etats, accord de libre-échange transatlantique (Cool, etc. — qui ôtent toute capacité d’action spécifique. Le soutien actif du peuple aux choix politiques est nécessaire face aux défis de la période, à la fois pour mobiliser sur le terrain national et pour configurer de nouvelles solidarités internationales. C’est pourquoi seules deux voies s’ouvrent à nous : bonapartisme ou élection d’une Constituante. Deux chemins qui sollicitent le peuple, mais sur des valeurs opposées et sur des visions différentes de l’avenir.

L’option bonapartiste s’est affirmée dans l’histoire comme fondée sur le peuple, mais dans une vision dépolitisée, infantilisante pour les citoyens, éventuellement validée par des plébiscites. La Constituante, pour sa part, ne prendra son sens démocratique qu’en laissant s’exprimer le dissensus d’où doit émerger à nouveau l’intérêt général. Elle permet d’œuvrer à la reconstruction du corps politique et social en gestation depuis des années, comme ce fut le cas en 1789, dans le cadre révolutionnaire, et en 1946, avec le programme du Conseil national de la Résistance (CNR) (9). Cette reconstruction était en ébauche lors du référendum du 29 mai 2005. Elle présuppose la réaffirmation du citoyen libre, humain et social en tant que membre du corps politique, contre l’individu indistinct au sein d’une communauté unanime. C’est à cela qu’appelle George Orwell lorsqu’il fait dire à Big Brother : « Tant que votre but sera de rester vivants, non de rester humains, rien ne changera. Mais, à la qualité d’êtres humains, vous avez préféré celle d’êtres vivants, vous confinant ainsi dans un éternel présent et vous assurant que je serais toujours là. Ne vous en plaignez pas (10). »

André Bellon
Président de l’Association pour une Constituante, ancien président de la commission des affaires étrangères de l’Assemblée nationale.
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Re: Démocratie directe / participative

Message  ivo le Dim 21 Juin - 9:03

"Notre démocratie ignore le peuple"
Le facteur représentation contrarie la démocratie en ceci que ce sont alors les représentants qui parlent, et qui pour parler demandent au peuple de se taire. Et la démocratie est contrariée par le marché dans la mesure où le marché demande aux citoyens de se taire afin de permettre au consommateur de parler. Dans les deux cas, il y a disparition du peuple.
Aujourd'hui, le Tiers état, ce sont les citoyens concrets qui n'ont pas d'assemblée et donc ne peuvent pas peser dans la fabrication des lois.
la nation, ça n'existe pas. C'est un concept, une idée. Vous ne pouvez pas déjeuner avec la nation. Or, vous pouvez déjeuner avec le peuple. Il suffit de mettre 65 millions de chaises et le peuple déjeune. Le peuple existe physiquement. Pas la nation.
si vous partez de la nation, celle-ci ne peut parler que par des représentants. Elle a besoin de quelqu'un pour l'incarner. Le peuple, lui, peut parler directement. Dans ma conception de la démocratie, je pars du peuple, avec une minuscule, celui de l'homme de la rue. Cet homme-là, il a été oublié dans la construction des systèmes politiques.
Ce n'est pas la nation qui donne le bien commun. La nation divise, et nécessairement, à un moment donné, les nationalismes s'affrontent entre eux.
Que nous dit Camus à la fin de l'introduction de l'Homme révolté ? Il dit : « Je me révolte, donc nous sommes. » Et non pas « Je me révolte, donc je suis » ! Les individus sont reliés les uns aux autres, parce que par ma révolte j'atteins les autres. Tous les droits acquis ont été précédés de révoltes, et sont devenus communs.
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