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vite, je vais vomir ...

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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Ven 23 Jan - 11:26

Pour Philippe Tesson, la solution du seau et du chiffon
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/22/philippe-tesson-solution-seau-chiffon-257254
Tous les cerveaux malades ne sont pas condamnés à l’indignité médiatique. Après sa tirade islamophobe sur Europe 1, et alors que le parquet vient d’ouvrir une enquête, le chroniqueur octogénaire Philippe Tesson est l’invité de Léa Salamé, sur France Inter. Il est tancé fermement, sermonné, rappelé à l’ordre.

« Qu’est-ce qui vous a pris ? Vous avez dit que les musulmans foutent la merde en France ! »

« Je n’ai pas dit qu’ils foutent la merde »

Ah non. Attention. Ne pas déformer. Ne pas trahir sa pensée.

« Je n’ai pas dit qu’ils foutent la merde, j’ai dit qu’ils amènent la merde. »


Et vous le maintenez ? Tesson sort les rames, pour une opération traduction, à destination des chastes oreilles des auditeurs de France Inter :

« S’il y a des désordres aujourd’hui en France, il y a quand même davantage de musulmans que de chrétiens qui amènent ces problèmes, non ? »

En effet. Ça change tout.

Pour sa défense, Tesson explique que les temps ont changé. Au siècle dernier, période bénie, avant que les serres du politiquement correct s’abattent sur la délicieuse liberté française, on pouvait parler clair, dru, joyeux, exprimer sa pensée telle qu’elle jaillissait de nos cerveaux vigoureux, dire tout haut ce qu’on pensait tout bas. Aujourd’hui, hélas...

« Qu’est-ce qui vous a pris ? » Quoiqu’il fasse, quoiqu’il dise, Tesson fait partie de la famille. On ne va tout de même pas encabaner papy, aujourd’hui, à son âge. La saillie islamophobe est certes inacceptable, mérite rappel à l’ordre, réprimande, tape sur les doigts, tout ce qu’on voudra, mais tout de même moins que l’apologie des frères Kouachi sous l’emprise de l’alcool. « Une boulette », dit Joffrin, pour excuser Tesson.

Pas tous des circonstances atténuantes

Ces circonstances atténuantes ne sont donc applicables qu’aux éditorialistes multicartes, honorablement connus du milieu. Pas la moindre indulgence, en revanche, pour la collection de semi-débiles, sur qui pleuvent les condamnations à de la prison ferme, depuis deux semaines :

- « Ils ont tué Charlie, moi j’ai bien rigolé. Si je n’avais pas de père ni de mère, j’irais m’entraîner en Syrie », par un déficient mental, bénéficiaire de l’allocation adulte handicapé, à Bourgoin-Jallieu (Isère) : six mois ferme ;
- à Paris : « Quand je vois des bombes qui explosent et des policiers qui crèvent, je rigole. » Peu importe s’il s’autoproclame fils de Ben Laden, avec lourds antécédents psychiatriques : trois mois ferme ;
- sur Facebook : « On a bien tapé, mettez la djellabah, on ne vas pas se rendre, il y a d’autres frères à Marseille » : trois mois ferme.

Etc, etc. Et aucune invitation de repêchage à France Inter.

Ne me faites pas dire ce que je ne dis pas : ceci n’est pas un appel à l’incarcération de Philippe Tesson. J’aurais trop peur qu’il se radicalise en prison. Mais le code pénal, dans sa grande sagesse, a prévu des peines de substitution, que les tribunaux ont d’ailleurs parfois (mais trop peu) appliquées ces derniers jours. Vive l’éducation ! Il n’est jamais trop tard pour les solutions éducatives !

De même que les semi-débiles à la Kalachnikov en carton pâte pourraient, avec profit, effectuer quelques menus travaux au bénéfice d’associations de victimes du terrorisme, de même on pourrait envoyer le semi-débile Tesson, avec son seau et son chiffon, nettoyer les tags islamophobes qui se multiplient sur les mosquées. Et tout serait pardonné.

Au tribunal, il y a la salle de Charlie et la salle d’en face
Laure Heinich-Luijer
Avocate

A Paris, la justice qui tranche les limites de ce qu’on peut dire est créative et prend son temps. Quand on regarde cette justice-là, on peut en être fier, au moins jusqu’à ce qu’on se demande au détriment de qui elle est rendue dans ces conditions là ? Peut-être au détriment de ceux qui comparaissent dans la chambre d’à côté, là où se tient la justice des limites de ce qu’on peut faire ?
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/derriere-le-barreau/2015/01/22/au-tribunal-il-y-la-salle-de-charlie-et-la-salle-den-face-234117

Voltaire et la liberté d’expression : on se trompe de référence
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http://blogs.rue89.nouvelobs.com/deja-vu/2015/01/22/voltaire-et-la-liberte-dexpression-se-trompe-de-reference-234119

« Mobilisation » de l’école : il faut sauver le soldat Hollande
Transmettre des savoirs, mission première de l’école ? Une formule qui fait sens et qui vient de loin, puisqu’il s’agit de l’incantation martelée depuis près d’un demi-siècle par toute une mouvance bruyante qui travaille inlassablement par médias interposés à une « restauration intellectuelle » (Serge Audier, « La Pensée anti-68 », éd. La Découverte, 2008), destinée à ramener l’école et la société à ce qu’elles étaient avant 1968.

Détestation de la pédagogie, vision simpliste et étriquée des « savoirs » qu’il suffit de « transmettre » pour que les élèves magiquement les acquièrent, élèves désincarnés, protégés du monde par une école sanctuarisée, autorité confondue avec obéissance, nostalgie d’une époque qui savait sélectionner ses élites, etc. Cette idéologie politique rudimentaire qui s’exprime par la voix des Brighelli, Gauchet, Polony, Finkielkraut et de beaucoup d’autres, se trouve aujourd’hui récupérée par la gauche à la faveur d’une circonstance extérieure – des attentats terroristes – habilement et malhonnêtement exploitée.

Quelque chose d’obscène

Au fil des jours, l’implication de l’école à son corps défendant dans un événement dont on veut à toutes forces la rendre coupable ne peut plus cacher d’où elle vient. Qu’y avait-il d’obscène mercredi dans le discours du Président devant un parterre de hauts fonctionnaires dociles ?

Tout simplement, la volonté obstinée du pouvoir politique de se décharger de ses propres erreurs pour en faire porter la responsabilité à l’ensemble des jeunes et au système éducatif : silence obligé sur les failles du renseignement, sur des interventions militaires ruineuses et aventureuses, sur une politique moyen-orientale qui depuis toujours fait passer l’approvisionnement en pétrole avant les droits de l’homme.

Avec la complicité des médias, la totalité de la classe politique, de l’extrême gauche à l’extrême droite (cf. Mélenchon, main dans la main avec Le Pen pour réclamer le rétablissement du service militaire), verrouille le débat et le détourne sur l’école qui fait ici figure de victime expiatoire, venant ainsi confirmer cette vérité éducative : quand les adultes perdent la raison, ce sont les enfants qui trinquent.

Laïcité, République, patriotisme, obéissance
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/journal.histoire/2015/01/22/mobilisation-de-lecole-il-faut-sauver-le-soldat-hollande-234123

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Message  ivo le Sam 24 Jan - 7:54

LIBERTÉ D’EXPRESSION : RIPA BIEN QUI RIRA LE DERNIER
Les actes terroristes boostent la popularité des dirigeants des pays dits démocratiques qui les subissent, qu’ils parviennent à les déjouer ou pas, et éviscèrent les libertés fondamentales : c’est la double peine, voire la triple avec l’autocensure, pour les peuples condamnés à soutenir à perpétuité les mesures liberticides supposées garantir leur « sécurité nationale »…
>>>
https://www.bakchich.info/international/2015/01/23/liberte-d-expression-ripa-bien-qui-rira-le-dernier-63859

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Message  ivo le Sam 24 Jan - 8:19

Paris se veut en pointe dans la lutte contre l'antisémitisme
Le secrétaire d’État aux Affaires européennes, Harlem Désir, qui s'exprimait à l'ONU jeudi, a appelé la communauté internationale à se mobiliser pour purger Internet et imposer des responsabilités aux diffuseurs.
>>>
http://www.france24.com/fr/20150123-paris-reseaux-sociaux-atttaque-charlie-antisemitisme-harlem-desir-onu-twitter-facebook-propagande-censure-internet/
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Message  ivo le Sam 24 Jan - 9:03

Est-il bien raisonnable de déchoir les terroristes de leur nationalité ?
Suite aux attentats de Paris et au démantèlement d'une cellule terroriste, le gouvernement belge envisage d'étendre la déchéance de nationalité aux immigrés de deuxième et troisième générations. Au risque de créer des "sous-catégories de Belges".
...
seuls les démocrates chrétiens flamands (CD&V) sont réticents à l'extension de la déchéance de nationalité, exlique La Libre Belgique.
"Ils estiment que cela "envoie un mauvais signal en ce qui concerne l’intégration des immigrés. En quelque sorte, cette extension des possibilités de déchéance de la nationalité postule qu’il y a des sous-catégories de Belges : ceux 'de souche' et puis les autres…
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2015/01/23/est-il-bien-raisonnable-de-dechoir-les-terroristes-de-leur-nationalite
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Message  ivo le Sam 24 Jan - 9:40

Vous ne pouvez pas d'un côté défendre la liberté d'expression, et de l'autre parler de limiter internet et essayer de blâmer Google, YouTube, Yahoo ou n'importe quel autre groupe internet pour des questions qui ont avoir avec l'intégration en France.
http://www.rfi.fr/economie/20150123-davos-francois-hollande-appelle-investir-economie-verte/
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Message  ivo le Sam 24 Jan - 11:27

Plenel au « Petit Journal » sur la une de Charlie : c’est la fin de la récré
Fin de la récré. Retour aux hymnes, au drapeau, aux cérémonies patriotiques, à la recherche désespérée de causes communes. On n’aimerait pas être à la place « des Charlie », à la reparution, avec cette injonction schizophrène qui va peser sur eux. Continuez, mais surtout calmez-vous. Soyez sereins, au milieu des escadrons de CRS qui vont vous protéger. Transgressez tranquillement, sous le regard angoissé du monde entier. On n’a pas fini de rire.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/23/plenel-petit-journal-charlie-cest-fin-recre-257274

Charlie Hebdo : qui sont ces sites qui vous parlent de complot ?
Nous avons parcouru les réseaux sociaux à la recherche d’articles véhiculant des thèses complotistes. Puis nous avons contacté Conspiracy Watch pour nous assurer que nos repérages recoupaient à peu près leur recensement.
la frontière avec d’autres communautés, notamment la « fachosphère », est souvent poreuse
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/23/charlie-hebdo-sont-sites-parlent-complot-257284

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Message  ivo le Dim 25 Jan - 10:36

Manuel Valls dit que la France en guerre....
Notre pays a pris l'inquiétante habitude, au moins depuis 1870, de ne pas être prêt lorsque la guerre survient. Le vocabulaire employé par M.Valls a le mérite de la clarté. «Guerre» est un mot que l'Etat n'employait même pas pendant la guerre d'Algérie, préférant l'euphémisme mensonger, «événements». C'est dire la force de cette déclaration. Nous sommes donc dans un état de guerre. Parler de guerre c'est reconnaître et désigner un ennemi. C'est une situation nouvelle pour les jeunes générations qui ont été élevées dans le sentiment de l'impossibilité de l'ennemi. Ce vocabulaire et la réalité qu'il désigne sonnent un réveil, la fin d'un doux songe: un retour au réel de l'histoire. Ce n'est pas un vocabulaire anodin car l'état de guerre entraîne des conséquences réelles, palpables, aussi bien dans la politique que dans la vie quotidienne. C'est une forme inédite, pour nous, de guerre: une guerre asymétrique sur le territoire métropolitain. Les ennemis voudraient que nous détruisions nous-mêmes, sous l'effet de la peur, ce qu'ils veulent détruire: la liberté d'expression, la laïcité, et, sans doute, notre mode de vie. Ainsi, ils veulent nous transformer en armes à leur service. Ils souhaitent nous transformer en soldats au service de leurs objectifs sans que nous nous en rendions compte. Toute guerre peut être gagnée. A terme les bénéfices politiques de la guerre peuvent se révéler inespérés: renaissance du sentiment national, renforcement de l'unité, de la solidarité, retour du sens (alors qu'on ne cesse de déplorer la perte du sens), renaissance des valeurs civiques

La France n'est pas simplement une société, elle est une nation. Dans une nation le lien politique est un lien amoureux, qui est autant le lien qui attache entre eux les citoyens que celui qui les attache au passé. Amour de ce que la nation est et amour de ce qu'elle fut. Deux éléments construisent cet amour: l'histoire et la langue. C'est cet amour de son histoire, de ce que la nation fut dans le passé, qui forme le socle de l'amour de la nation. Pour que ce lien amoureux perdure, l'éros politique, la France a besoin que le roman national soit enseigné, qu'à travers cet enseignement l'Ecole donne à aimer la nation. Jeanne d'Arc, Charles Martel, du Guesclin, Louis IX, Michel de l'Hospital, et cent autres, doivent être donnés en exemples à admirer pour nourrir l'imaginaire des écoliers.
.
>>>
http://www.lefigaro.fr/vox/politique/2015/01/23/31001-20150123ARTFIG00161-robert-redeker-la-guerre-c-est-un-retour-au-reel-de-l-histoire.php

Une écrasante majorité des Français pour le retour d'un service national
>>>
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/01/25/01016-20150125ARTFIG00032-une-ecrasante-majorite-des-francais-pour-le-retour-d-un-service-national.php
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Mar 27 Jan - 9:37

L’injustice et le terrorisme, l’universel et le sacré
http://www.humanite.fr/linjustice-et-le-terrorisme-luniversel-et-le-sacre-563716
Par Brahim Senouci, écrivain et physicien, à l'Université de Cergy-Pontoise


Je choisis délibérément dans ce papier de ne pas évoquer de manière explicite les assassinats tragiques dont Paris a été le théâtre durant ces trois journées de janvier 2015. Pour autant, je ne les oublie pas. Ils sont là, en toile de fond invisible. Simplement, j’ai essayé de m’en détacher pour essayer, en dépit du bruit assourdissant alentour, en dépit des peurs et des tentations de schématisation que laisse entrevoir une trop belle unanimité, de retrouver un sens, une grille de lecture…

Il y a danger à accoler les termes d’injustice et de terrorisme. Cela peut donner l’impression de justifier celui-ci par celle-là. Cela n’empêche pas d’évoquer une relation causale évidente. Je songeais à cela en écoutant les parents d’un otage britannique décapité. D’une extrême dignité, ils s’interrogeaient sur les raisons de la haine qui avait produit des individus capables d’une telle cruauté. Ils énonçaient comme une évidence qu’il n’y aurait pas de retour à la paix si ces raisons n’étaient pas correctement identifiées. Contrairement à l’écrasante majorité des commentateurs patentés, ils ne croyaient pas à l’existence d’une génération spontanée porteuse de l’ADN du meurtre dès la naissance…

Question : Un monde injuste est-il viable ?

La réponse est contenue dans la question. Dans une dialectique diabolique, l’injustice produit la haine qui produit le terrorisme qui engendre la répression aveugle qui fait grossir les rangs des terroristes. Le seul moyen d’en sortir est d’en finir avec l’injustice. Nous n’en prenons pas le chemin, c’est le moins qu’on puisse dire. Ceux qui sont responsables de l’injustice ne sont pas conscients de leurs responsabilités et continuent de faire comme si le monde extérieur à l’Occident n’existait pas, ou alors seulement au titre de pourvoyeur servile des moyens d’assurer la pérennité de son mode de vie. Ebola menace l’Afrique depuis plusieurs mois. Au moment de son apparition, Jean-Marie Le Pen l’avait salué en y voyant le moyen de se débarrasser d’une bonne partie de la « surpopulation » mondiale, comprendre « africaine ». Le virus n’a fait la une que quand la menace sur l’Occident est devenue patente. Les rares malades européens ou étatsuniens ont été soignés à l’aide de médicaments expérimentaux qui les ont guéris pour la plupart. Je n’ai entendu personne, homme ou femme politique ou journaliste, s’interroger sur les raisons qui empêchent ces mêmes médicaments, qui ont fait preuve de leur efficacité, d’être produits à grande échelle et distribués en Afrique… Pas étonnant : les quelques milliers d’Africains infectés sont trop pauvres pour constituer un pôle d’intérêt pour les grands laboratoires pharmaceutiques. Si les immenses réserves de l’Afrique, en minerais, pétrole, bois…, avaient été mises au service de ses peuples au lieu d’être cédées à vil prix aux pays riches, à cause des potentats locaux corrompus, Ebola aurait été étouffé dans l’œuf. Le paludisme, qui tue cent fois plus qu’Ebola chaque année depuis des décennies, aurait été vaincu depuis longtemps.


Non, un monde injuste n’est pas viable. On peut certes ériger des murs, contrôler les aéroports, les mers ; on peut mener des expéditions militaires. Mais on ne peut pas empêcher à terme la propagation des virus qui se jouent des obstacles. On ne peut empêcher la sanction écologique qui finira par s’abattre sur l’ensemble de notre minuscule planète, et qui finira par compromette son existence même. Bertrand Russell (oui, le Russell qui a créé le Tribunal sur le Vietnam, et dont le Tribunal sur la Palestine porte le nom) a dit un jour que, à force de violence et d’atteinte aux équilibres naturels, l’humanité finirait par disparaître et la Terre retrouverait enfin la paix.

Question : la perte du sacré est-elle un progrès ?

En Occident, sous l’influence notamment des positivistes, l’humanité a vécu dans la croyance en une amélioration continue de sa situation. Convaincue de la toute puissance de l’homme et de sa capacité à modeler le monde au seul prisme de son bien-être, elle a abandonné l’idée d’immanence au profit d’une toute puissante rationalité. En particulier, Elle a créé des codes de vivre-ensemble dont elle a cru qu’ils pouvaient se substituer aux croyances communes, à l’irrationalité de mémoires fluctuantes, à l’attachement aux terroirs… Elle a surtout érigé l’homme en absolu, débarrassé des liens qui l’entravent, sacralisant ses droits et sa liberté. En ce qui concerne celle-ci, la question de sa limitation s’est posée ; à l’évidence, son champ ne peut être infini puisque les libertés individuelles doivent être compatibles entre elles. A défaut, ce serait la loi du plus fort. Cette question a été résolue par l’instauration d’une instance d’arbitrage indépendante qui forme aujourd’hui le système judiciaire. Ces deux éléments, associés à une lecture résolument profane du monde et à la relégation du spirituel dans la sphère intime, fondent le modèle de la démocratie occidentale. La religion a cédé la place à une croyance infinie dans la supériorité de ce modèle. C’est cette conviction qui a fourni le soubassement philosophique aux expéditions coloniales, présentées comme étant essentiellement l’apport d’un message de civilisation aux peuplades « sauvages ». Il n’était pas question de questionner le mode de vie desdites peuplades, leurs cultures, leurs croyances. Il fallait les faire disparaître, les dissoudre en somme, réduire l’Autre au Même. Cela commençait d’ailleurs par un massacre méthodique, un « nettoyage » en quelque sorte qui permettait aux colonialistes de retirer des dividendes bien terrestres de leurs équipées en s’accaparant des terres les plus riches. Mais l’idée de fond demeurait la construction d’un monde débarrassé de ses « vieilles lunes », de ses « superstitions », un monde fondé sur le primat de l’homme, occidental bien entendu mais dans lequel les non occidentaux pourraient se fondre, un monde « parfait » en somme, guidé par la seule boussole de la raison et des Lumières. Gadamer, philosophe allemand, élève de Heidegger, démontre que « le plus grand préjugé des Lumières, c’est le préjugé contre les préjugés et que l’explicitation du préjugé peut mener à un plus grand niveau de compréhension. C’est dans ce sens, ajoute-t-il, que « le préjugé peut être vu de façon positive ». On ne saurait mieux dire la tyrannie de l'universel et de l'impersonnel, ordre inhumain. Contre lui, s'affirme l'homme comme singularité irréductible, extérieure à la totalité dans laquelle il est contraint de se fondre. Notons toutefois qu’il ne relève pas le paradoxe apparent entre le caractère absolu de l’homme-individu que confère le modèle occidental et la réalité de sa solitude. En revanche, ses travaux sur l’intersubjectivité, soit l'idée que les hommes sont des sujets pensants capables de prendre en considération la pensée d'autrui dans leur jugement propre, montrent que celle-ci ne peut être atteinte par un processus d’intégration, encore moins d’identification avec l’Autre, mais « par la création d’un langage temporaire commun qui permet au Soi et à l'Autre de regarder un objet extérieur aux deux », un processus que Gadamer nomme « fusion des horizons ». L’attitude des « anges civilisateurs » venus investir l’Afrique et l’Asie était on ne peut plus éloignée de cette notion. Les généraux de la coloniale se seraient probablement esclaffés à l’idée de prendre en considération la pensée d’un indigène, à chercher à établir avec lui un langage temporaire commun !

Le rejet de cet universalisme décharné, dépourvu de magie, froidement rationnel, n’est pas seulement le fait des peuples colonisés. Les résistances sont aussi venues d’Europe, pour le meilleur et pour le pire. Heidegger refusait un monde impersonnel, regrettait la disparition de l’irrationnel et appelait à retrouver le monde, « une enfance pelotonnée mystérieusement dans le Lieu, s'ouvrir à la lumière des grands paysages, à la fascination de la nature, au majestueux campement des campagnes ». C’est, toujours selon Heidegger, « sentir l'unité qu'instaure le pont reliant les berges de la rivière et l'architecture des bâtiments, la présence de l'arbre, le clair-obscur des forêts, le mystère des choses, d'une cruche, des souliers éculés d'une paysanne, l'éclat d'une carafe de vin posée sur une nappe blanche. » Heidegger plaidait pour l’enracinement, défini comme éminemment positif.

Lévinas, tout en rendant hommage à Heidegger, est profondément allergique à cette idée d’enracinement. Irriguée par les nombreux penseurs juifs qui ont contribué à son développement en Europe, la philosophie moderne est marquée par la tradition juive, qui ignore l’enracinement dans un sol natal. Il voit dans cette sorte de nostalgie d’un monde ancien qu’exprime Heidegger la tentation du paganisme, débarrassé de son avatar idolâtre, la recherche du « sacré filtrant à travers le monde », vision que nie dans son essence le judaïsme. Levinas prône la destruction des « bosquets sacrés » et appelle à la levée du mystère des choses, à l’origine selon lui de toute cruauté à l’égard des hommes.

A rebours de Heidegger, il encense la technique, celle qui permet à Gagarine de s’affranchir de la pesanteur, celle qui nous délivre des attachements terrestres, des «dieux du lieu et du paysage » dont elle nous a montré « qu'ils sont des choses, et qu'étant des choses ils ne sont pas grand-chose ». Levinas va jusqu'à énoncer un certain parallélisme entre technique et judaïsme, l’absence d’enracinement de celui-ci le rendant apte à accueillir celle-là, qui lui permet de se libérer des contraintes et des attachements au Lieu.

On ne peut ignorer la proximité, voire la compromission de Heidegger avec le nazisme. Cela n’enlève rien à sa qualité de grand penseur, ce que Lévinas lui-même reconnait. Les différences entre ces deux philosophes abondent. Il en est une, précisément, qui me semble particulièrement importante et qui nous fournira un lien avec l’approche des philosophes arabo-musulmans du Moyen-âge. Lévinas est une figure représentative du grand mouvement européen qui a commencé avec les Lumières et qui fonde l’Occident d’aujourd’hui. Le paradigme principal de ce mouvement est le caractère absolu de l’homme, de l’être, placé au cœur de toutes les spéculations. Il a débouché sur le système démocratique européen (et étasunien), fondé sur la garantie des libertés et l’indépendance de la justice. Constatons aujourd’hui que ce système connait de sérieuses difficultés, économiques mais pas seulement. L’Occident affronte ce qui ressemble de plus en plus à une crise morale, une crise du sens. Les préoccupations environnementales, le reflux de la vague consumériste, les interrogations sur la pérennité du modèle occidental, la peur de disparaître, de se dissoudre dans un monde dans lequel des nations non occidentales émergent comme puissances alternatives, l’envie d’ « autre chose », créent un sentiment de trouble, de précarité. Il y a une sorte de disjonction latente entre l’occidental et l’universel. Les réactions sont de l’ordre du rejet de l’étranger non assimilé, celui qui veut maintenir les signes extérieurs de son altérité, son nom, ses coutumes, voire son habillement. Ce rejet s’accompagne de crispations, de tentations de retour à une sorte de fontaine originelle, un chemin métaphysique qui remonterait de la situation actuelle vers les sources qui lui ont permis de s’établir. Il y a un désir de retrouver ce « quelque chose » qui a été perdu en route, ce que la philosophie moderne a écarté ou déprécié, cette science des réalités qui échappent au sens commun, Dieu, l’âme. Ce « quelque chose » se nomme le sacré, non pas le sacré contingent, tel celui que porte l’absolutisation de l’homme, mais le sacré qui l’interroge depuis sa naissance jusqu’à sa mort, la présence de Dieu, l’immortalité, les fins de l’existence. L’expulsion du sacré de la sphère collective a permis la constitution de la société consumériste, tendue vers la satisfaction matérielle et l’hédonisme. Dans cette société, la mort est taboue, le mot d’ordre est « carpe diem », profite du jour, de l’instant. Ne te préoccupe pas de ce qui va t’arriver à l’heure dernière. Ne t’occupe pas de savoir si une raison supérieure a présidé à l’avènement du monde. Heidegger n’était pas croyant. Sa tentation le poussait plutôt vers le paganisme dans lequel il voyait le reflet d’une sorte d’enfance de l’Allemagne. Sa religion était celle du Lieu, du sacré dont la Nature nous donne des signes quotidiens tels que la beauté d’une forêt ou la lumière diffuse au travers d’un bosquet. Il n’est pas interdit d’établir un parallèle entre la quête du sacré de Heidegger et le tourment des sociétés occidentales actuelles taraudées par le désir inconscient de se libérer d’une vision trop terrestre et s’inscrire dans le mystère du mouvement cosmique du monde.

Un mot sur la philosophie arabo-musulmane : Al Farabi, Ibn Roshd, Al Razi et quelques autres, nourris des œuvres des philosophes grecs, principalement Aristote et Platon, plaident pour une approche rationnelle de la foi. Al Farabi s’inscrivait dans une approche résolument politique, assignant aux gouvernants la tâche de déterminer l’ordre politique qui assurera l’accomplissement du bonheur humain. Il engage toutefois ces mêmes gouvernants à connaître l’âme humaine aussi bien que la vie politique. Il laisse un maître ouvrage, Kitâb al-siyâsa al-madaniyya, ou Le livre du régime politique, qui inspirera grandement Ibn Khaldoun. La controverse qui opposa Al Ghazali aux philosophes n’avait rien d’un procès en sorcellerie. Al Ghazali soutenait simplement que la foi pouvait être acquise par la sensibilité, pouvait être le résultat d’un élan du cœur, ce à quoi Ibn Roshd ne s’opposa pas vraiment, se contentant d’appeler à limiter l’étude et l’usage de la philosophie à une élite intellectuelle.

Attardons-nous un instant sur Ibn Toufaïl et sur son aura de mystère. C’était un touche-à-tout, médecin, mathématicien, poète et philosophe. Tout ce que nous savons de lui est ce qui est rapporté par ses commentateurs et ses contemporains. Son œuvre a en effet disparu. Il n’en reste qu’un petit ouvrage émouvant, un roman philosophique, Le philosophe autodidacte, qui raconte le long cheminement d’un jeune garçon, Hay Ibn Yakdhân, (Le Vivant, fils du Vigilant), abandonné à la naissance (ou sorti de terre ?) sur une île déserte, vers la connaissance. Il fait l’expérience de la fin de la vie en voyant mourir la gazelle qui l’a nourri. Il commence par connaître le monde sensible qui l’entoure et acquiert des notions de physique. Il découvre la dichotomie entre UN et MULTIPLE et il a la prescience de l’existence d’une essence, ce qui l’amène à la distinction entre la matière et la forme. Son regard se porte sur les sphères célestes, corps finis, et il y perçoit l’unité de l’univers. Il s’interroge sur le fait que l’univers ait eu un commencement dans le temps ou s’il est éternel. Il n’a pas la réponse mais il est plutôt en faveur de la seconde hypothèse. Il cherche derrière l’ordonnancement du monde l’être supérieur qui y a présidé. Son aptitude à la réflexion intellectuelle l’amène à la conviction que cette aptitude ne peut pas être enfermée dans un corps. L’être humain doit se détacher de la matière qui le leste et parvenir ainsi à s’approcher de l’Etre Suprême. Hay arrive à l'âge de cinquante ans à s'élever par la force de la seule pensée à la connaissance de la vérité. Ibn Tofaïl le met alors en rapport avec un homme, Asâl, qui est parvenu au même résultat au moyen de la religion. Asâl, qui vient du monde habité, est la première créature humaine que rencontre Hay. Il lui apprend la parole, l'instruit dans la religion et lui fait connaître les devoirs et les pratiques qu'elle impose à l'humain. Ils réalisent tous deux que les vérités enseignées par la religion et par la philosophie sont absolument identiques mais que, dans la religion, elles ont revêtu des formes qui les rendent plus accessibles au peuple.

Ce long développement est révélateur de la particularité de l’Islam d’offrir ces deux voies vers la foi, celle d’Ibn Roshd ou celle d’Al Ghazali, celle de la raison ou celle de l’émotion. La culture musulmane a donc cette double dimension, celles du sacré non contingent et de l’universalité de la raison. Ces deux dimensions ont toujours coexisté. L’irruption de l’intégrisme les a mises à mal. En fait, le fondamentalisme musulman est né de la même matrice que l’universalisme désincarné qui a cours en Occident. Tous deux sont le produit d’un monde désenchanté, cynique, peu porté à la quête d’un sens, qui méprise l’affect autant que la spéculation intellectuelle. Tous deux enferment l’homme dans un corps de dogmes intangibles. La pratique religieuse actuelle en terre d’Islam a perdu sa bienveillante sollicitude envers les derviches tourneurs et les mausolées des gens de bien. Elle rejette dans le même mouvement tout questionnement et impose un mode de fonctionnement unique, fondé sur l’observance littérale des dogmes et peu regardante sur les valeurs morales. L’Occident a rompu avec la spiritualité en la troquant contre une religion qui se donne pour seul horizon la satisfaction ici-bas de tous les désirs, la suppression de toutes les barrières ; deux tendances mortifères… Il est frappant que la « religion » impersonnelle des droits de l’homme et de l’absolu de la liberté d’expression, en vigueur en Occident, rencontre celle de l’absolu du littéralisme, marque de fabrique de l’intégrisme musulman dans sa version extrême, mortelle, dans le rejet du sacré et la négation du mystère. Les millions de morts des expéditions coloniales menées au nom des Lumières trouvent un écho sinistre dans le bal des décapitations télévisuelles…
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Mar 27 Jan - 12:16

Abdallah d’Arabie, al-Sissi, et autres amis Charlie
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/27/abdallah-darabie-al-sissi-autres-amis-charlie-257337
Avec cette affaire grecque, je m’aperçois que j’ai perdu de vue, quelques heures, mes amis Charlie. Ils vont bien, je vous rassure. Quelques-uns étaient rassemblés, le week-end dernier, à Riyad, charmante localité d’Arabie saoudite, pour présenter leurs condoléances après la mort d’un vrai pote Charlie, le roi Abdallah.

Comme tous les défunts, il était évidemment pourri de qualités, dont une éminente : c’était un discret soutien de la cause des femmes, comme l’a affirmé une connaisseuse, la directrice générale du FMI, Christine Lagarde.

Le roi Abdallah, 91 ans, était-il vraiment Charlie ? Il n’avait envoyé à la manif parisienne du 11 janvier que le numéro deux du ministère des Affaires étrangères saoudien. C’est mieux que rien. Mais on peut accepter ses excuses, pour cause de problème de santé.

Vraiment rigolos, ces Saoudiens

A Riyad, réunis dans l’affliction, il y avait les vrais amis. Il y avait Obama. Il y avait aussi François Hollande, qui ne sait plus où donner de la tête. Il n’a cessé d’être Charlie que pour devenir Syriza. Bref, tout va si vite qu’il n’est pas sûr qu’il ait eu le temps, à Riyad, avec ses amis, d’évoquer le cas d’un autre ami Charlie.

C’est un blogueur. Il s’appelle Raif Badawi. Oui, il y a des blogueurs, en Arabie saoudite. Sans doute pas énormément. Car c’est une activité à risque. Badawi vient d’être condamné à une peine de 1 000 coups de fouet, pour différentes raisons, dont une blague assez salée : il a remercié les autorités religieuses du pays d’interdire la célébration de la Saint-Valentin, permettant ainsi à tous les Saoudiens d’accéder au paradis. Pas très responsable, cette blague. Surtout qu’il subsiste, dans les tribunaux saoudiens, quelques non-Charlie.

Ils l’ont condamné, donc, à 1 000 coups de fouet. Mais pour plus d’efficacité, par paquets de cinquante. Après chaque paquet, on attend que le dos du condamné ait cicatrisé, et puis on reprend. Le dos du blogueur cicatrisant plus lentement que prévu, la peine est pour l’instant suspendue. Ils sont vraiment rigolos, ces Saoudiens. On comprend que Hollande, qui apprécie l’humour, se soit précipité là-bas.

Pas en reste, les Egyptiens !

A Riyad, Hollande a aussi croisé un autre ami : le chef de l’Etat égyptien, le maréchal al-Sissi. Ils se sont entretenus trois quarts d’heure. Souvenirs souvenirs : quatre ans déjà, depuis le Printemps arabe, qui a fait passer l’Egypte de l’ombre de la dictature, à la lumière de la démocratie, un pays où il fait bon vivre, où on respire mieux. Ce qui n’interdit pas de respecter les convenances.


Dans sa grande sagesse, et pour observer le deuil de circonstance après la mort du roi Abdallah, le maréchal al-Sissi a fait interdire en Egypte toutes les manifestations commémorant la révolution. Les Egyptiens ont bien compris. Sauf quelques-uns, qui se sont obstinés à vouloir manifester dimanche. Bilan : douze morts. Presque tous des Frères musulmans.

Je dis presque tous, car il y a aussi le cas de Salma el-Sabbagh, dirigeante d’un petit parti de gauche laïc, qui avait décidé de manifester la veille, justement pour ne pas défiler avec les Frères. L’idée était d’aller fleurir la place Tahrir
.




Salma el-Sabbagh est décédée d'un tir de chevrotine de la police.
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Mer 28 Jan - 10:51

Après les attentats, l’école mise au pas
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/journal.histoire/2015/01/27/apres-les-attentats-lecole-mise-au-pas-234144
Vendredi dernier, Manuel Valls, désormais ministre auto-promu de l’Education nationale, accompagné de son adjointe, Najat Vallaud-Belkacem, se rend en visite promotionnelle dans un lycée de Seine-et-Marne pour une réception digne d’un village Potemkine. Les élèves, soigneusement cornaqués, sont autorisés à « dialoguer » avec lui, à condition, bien sûr, que les questions lui fassent plaisir.

C’est ainsi qu’en réponse à l’interrogation d’un lycéen se demandant si la France était vraiment « en guerre », Valls a pu délivrer son désormais célèbre message : « Votre génération doit s’habituer à vivre avec le danger du terrorisme […] et les enseignants doivent le savoir. » Cette mâle résolution étant dans la minute reprise par tous les médias, le chef du gouvernement, aux anges, peut alors quitter la salle pendant que les élèves entonnent une Marseillaise aussi spontanée que le débat qui a précédé…

Heureux effet des attentats – parmi d’autres – personne n’aura songé à l’interpeller sur le chômage des jeunes ; on ne va quand même pas importuner un chef de guerre ni troubler l’union nationale avec de telles futilités. Patriote et disciplinée, c’est ainsi que, dorénavant, l’Education nationale rêve la jeunesse. Et pour y arriver, en plus de la fidélité sans faille de sa hiérarchie, elle s’est dotée d’un outil à la mesure de l’objectif, une sorte de bible (ou de Coran) en 11 points, au titre magique : « Grande mobilisation de l’Ecole pour les valeurs de la République ». Tout est dans le titre.

Un tri dans les valeurs républicaines

Ce qui frappe d’abord avec ce document, après le choc des couleurs – bleu, blanc, rouge – c’est le poids des mots : pas moins de 34 occurrences pour « république », 25 pour « valeurs de la république » ou « valeurs républicaines », 28 pour « laïcité ». En comparaison, « justice » n’apparaît que six fois, non pas d’ailleurs, en référence au principe moral mais pour désigner l’administration à laquelle auront à faire les élèves qui ne respecteront ni la république et ses valeurs ni la laïcité. « Liberté » et « fraternité » ont droit chacune à une occurrence, « égalité » ne fait pas partie de la liste.

La république a fait son tri. Et, de fait, si la réduction des inégalités et l’exigence de mixité sociale sont mentionnées, il faut bien reconnaître que c’est pour en rester aux généralités et aux vœux pieux : maîtrise du français, lutte contre le décrochage scolaire, autant d’incontournables des discours ministériels depuis plusieurs dizaines d’années.

De même, alors qu’une réforme de la carte scolaire avait été à plusieurs reprises évoquée, elle se trouve ici réduite à un « diagnostic partagé avec les collectivités scolaires », ce qui, de facto, en reporte la charge sur le bon vouloir des autorités locales, tout en continuant d’en exclure les établissements privés qui, aux termes de la loi Debré, sont pourtant censés participer au « service public d’éducation ». Traduction : en dépit des grands principes, la république continuera pendant longtemps encore à s’accommoder de la sélection précoce des élèves basée sur le revenu des parents. La république et ses oripeaux, c’est tout ce qui reste lorsqu’un régime politique renonce à rendre plus justes l’école et la société.

Laïcité très contrôlée

En comparaison, l’intransigeance manifestée dès lors qu’il est question de « la laïcité et de la transmission des valeurs républicaines » prend ici tout son sens. Car l’important avec ces valeurs n’est pas qu’elles se concrétisent au quotidien mais qu’on les affiche ; quand bien même elles ne jouiraient d’aucune crédibilité, il faut faire semblant d’y croire.

Un peu comme autrefois lorsque, dans l’Eglise catholique, les fidèles étaient tenus de manifester leur foi en latin, un jargon dont ils ne comprenaient pas un traître mot. On voit d’ici toute la modernité du catéchisme républicain…

Pour éviter de tomber dans le terrorisme, les élèves auront donc droit, à partir de la prochaine rentrée, à un « enseignement moral et civique », à ne surtout pas confondre avec l’éducation morale et civique en vigueur jusqu’à présent. Car, grande nouveauté : cette morale sera « laïque », ce qui, dans le contexte actuel, pourrait laisser la porte ouverte à toutes sortes d’interprétations, si, heureusement, l’Education nationale, jamais à court de moyens dans la promotion de ses gadgets, n’avait eu l’idée de former en toute urgence, avant l’été, 1 000 formateurs qui auront ensuite pour mission d’aller porter la bonne parole dans leurs provinces. L’opportunité du coût de cette initiative dans le contexte de coma avancé où se trouve actuellement la formation continue des personnels ne sera pas évoquée ici.

Mouche ton nez et chante ta Marseillaise

Le dogme étant ainsi défini, les élèves seront tenus de s’y tenir strictement :

« Les comportements mettant en cause les valeurs de la république [seront] traités, systématiquement signalés au chef d’établissement avec, le cas échéant, une sanction disciplinaire. »


Une formulation qui laisse perplexe surtout au regard de la subtile confusion entretenue sur « la valorisation des rites républicains » : on apprend en effet que :

« Le rétablissement de l’autorité du maître passe par la compréhension et la célébration des rites et symboles républicains (hymne national, drapeau etc). »

Autrement dit, écorcher la Marseillaise ou ne pas se signer devant le drapeau, ces cas flagrants d’atteinte à l’autorité du maître, seront dorénavant punis. C’est vrai que recopier 100 fois l’hymne national sera l’occasion pour l’élève d’apprécier à leur juste valeur les notions de libertés de conscience et d’expression ou encore les capacités « de jugement et d’argumentation » que cet enseignement prétend lui faire acquérir.


Ce n’est pas tout : outre la journée de la laïcité « célébrée » le 9 décembre, l’année scolaire sera parsemée de participations obligatoires aux « commémorations patriotiques », qui ne manquent pas dans le calendrier, le tout formant « un parcours citoyen », de l’école élémentaire à la terminale, « articulé, notamment autour de la Journée défense et citoyenneté » (Rappel : la JDC est l’opération de recrutement des armées). S’il reste du temps, les élèves pourront toujours se livrer à l’apprentissage de la lecture, de l’écriture du calcul et des autres matières scolaires…

Quelle guerre contre quel ennemi ?

Voilà, en quelques mots, la réponse apportée par l’Education nationale à la menace terroriste contre laquelle la France serait, paraît-il, en guerre, une guerre qui, effectivement, donne tout son sens à cette « mobilisation ». Mais si guerre il y a, le préalable – et l’honnêteté – consisteraient quand même à dire de quels adversaires il s’agit. Et comme on a du mal à croire qu’un pays de 65 millions d’habitants soit menacé, dans sa survie, par trois terroristes ou même par quelques centaines, il faut alors convenir que l’ennemi est ailleurs et que la question posée est d’une autre nature.

Ce document surréaliste, censé dorénavant régenter les mœurs et les croyances écolières, est tout entier organisé autour d’un grossier amalgame entre civilités, nationalité, laïcité, ce qui, dans les écoles peut se traduire ainsi : je respecte les enseignants, je suis fier d’être français, je ne porte pas de voile sur la tête. Mais alors que la première prescription va de soi et ne pose pas de problèmes majeurs en dépit des descriptions apocalyptiques abondamment relayées par la presse, la seconde relève d’un choix éthique personnel – on reste libre ou pas de se « sentir français » – et la troisième ne s’adresse en réalité qu’à l’Etat, chargé, depuis 1905, de garantir la liberté religieuse et le libre exercice des cultes.

Or, si la première est bien légitime dans un cadre scolaire, il est clair que la « mobilisation de l’école » cible en fait les élèves musulmans considérés comme insuffisamment francisés. Ainsi, la vision identitaire de la laïcité, aux relents colonialistes, bruyamment initiée ces dernières années par les milieux d’extrême droite avant de gangréner une large partie de la classe politique, prend pied aujourd’hui à l’école, le plus officiellement du monde avec ce mot d’ordre : éradiquons la menace barbare de nos écoles.

Faire peur pour faire marcher droit

Comme dans toute guerre, les dégâts collatéraux ne manqueront pas : si une partie des élèves est tout spécialement visée, les autres ne seront pas épargnés, notamment à travers l’intention, pesamment affichée, de punir, comme autant de déviances, les écarts à la pensée officielle.

Les enseignants, singulièrement silencieux jusqu’à présent, voire complaisants – à quelques notables exceptions près – devraient se rendre compte qu’ils sont concernés par ce vent punitif : notamment lors des concours de recrutement où seront évaluées « leurs capacités à faire partager les valeurs de la République », une formulation suffisamment large pour laisser la porte ouverte à tous les arbitraires. Et les sanctions brutales prononcées ces derniers jours, aussi bien contre des élèves que contre des enseignants, donnent déjà l’image de ce que pourrait être une école fondée sur la surveillance généralisée, les menaces et la peur.
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  Nyark nyark le Mer 28 Jan - 19:50

Franchement, t'exagères de poster des trucs aussi moches. Tiens, j'préfère ça moi :
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Jeu 29 Jan - 10:50

intelligente et gentille ^^
Charlie Hebdo utilise un humour "bête et méchant" qui "banalise et blesse"
les dessinateurs de Charlie Hebdo avaient aussi un problème avec leur virilité.
Je n'ai sincèrement jamais vu l'utilité d'être bête et méchant. Je ne peux pas dire que ce sont mes valeurs, puisque mes valeurs sont exactement le contraire de ça.
>>>
http://www.huffingtonpost.fr/2015/01/28/charlie-hebdo-humour-bete-mechant-banalise-blesse-nancy-huston_n_6564978.html

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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Ven 30 Jan - 11:07

« Charlie, ils l’ont bien cherché » : le « témoignage » choc était inventé
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2015/01/29/charlie-ils-lont-bien-cherche-temoignage-choc-etait-invente-257401
du coup méa culpa perso pour l'avoir relayé.

A 8 ans au commissariat : le retour de l’école-caserne
Un enfant de 8 ans dénoncé à la police par son école et auditionné pour une affaire d’apologie de terrorisme... Bien sûr que c’est grotesque, pathétique, sidérant mais ce n’est pas une bavure, ce n’est pas le fruit d’un malencontreux cafouillage administratif. A Nice, chacun des protagonistes n’a fait que son devoir, qu’obéir aux consignes. Et c’est bien là le problème.
Lorsque des adultes, consciemment ou non, cherchent dans le cadre de leur activité professionnelle à glisser un coin entre des enfants et leurs parents, lorsque la sanction précède la réflexion et que la loi menace potentiellement toute une population, lorsque l’intimidation tient lieu de pédagogie, lorsque le discours, à force de tourner à vide, se ridiculise, on voit bien que c’est un paysage nouveau qui se dessine, pour l’école comme pour la société.
Pour les jeunes, l’obéissance par la contrainte avant l’encasernement que de tristes parlementaires socialistes sont en train de leur préparer ; pour tout le monde, la tentation d’un régime de surveillance généralisée, d’un régime policier.

Signe complémentaire d’une démocratie en perdition, le silence qui alourdit encore ce climat délétère : les enseignants sont-ils tétanisés au point de ne pas réagir ? Ou bien faut-il comprendre qu’eux aussi ont des comptes à régler avec les élèves ? Quant aux syndicats, ils sont à cette heure aux abonnés absents.
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/journal.histoire/2015/01/29/8-ans-au-commissariat-le-retour-de-lecole-caserne-234168
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Re: vite, je vais vomir ...

Message  ivo le Mar 3 Fév - 11:11

La France cache sa politique de ségrégation derrière le vocabulaire de la Révolution française
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/chez-noel-mamere/2015/02/02/la-france-cache-sa-politique-de-segregation-derriere-le-vocabulaire-de-la-revolution-francaise-234189
La déclaration de Manuel Valls sur l’apartheid territorial, social et ethnique a déclenché un débat sur les quartiers populaires qui mérite d’être poursuivi. Pour une fois, je ne serai pas en désaccord sur les termes employés par le Premier ministre. Il y a effectivement un apartheid, c’est à dire la ségrégation organisée d’une partie de la population de notre pays. Ce terme se justifie de deux manières :

. Une partie des quartiers populaires, notamment dans la jeunesse d’origine immigrée, se considère comme reléguée, victime d’une accumulation de discriminations et parquée dans des cités stigmatisées médiatiquement.

. Ce « développement séparé » est le produit de politiques publiques décidées par l’Etat. Force est de constater aujourd’hui que les énormes budgets consacrés à la politique de la ville ont principalement servi à repeindre les cages d’escaliers plutôt qu’à s’attaquer de façon globale aux questions de formation, d’emploi, d’éducation, de logement. Or ces questions sont centrales.

L’apartheid urbain ne date pas d’aujourd’hui. Il est le produit de la désindustrialisation des banlieues depuis la fin des Trente Glorieuses, de l’instauration d’un chômage de masse et du développement de l’emploi précaire. Des dizaines de milliers de familles sont passées dans l’ère de la grande pauvreté. Des générations de chômeurs se succèdent, de père en fils, produisant une société parallèle avec son économie souterraine.

L’Etat laisse les élus locaux gérer de manière clientéliste une situation sur laquelle ils n’ont pas les moyens d’agir. Il est plus facile d’organiser la gentrification et la constitution de zones résidentielles que de répondre aux besoins des couches les plus déshéritées de la population. Le « Plan Marshall » revendiqué par les candidats à chaque présidentielle n’a jamais été mis en œuvre. On a laissé pourrir sur pied les grands ensembles de plus en plus paupérisés, poussant les quartiers populaires à se replier sur eux-mêmes pour mieux exorciser un fort sentiment d’abandon renforcé par un discours idéologique aussi irresponsable que dangereux.

Manuel Valls, pompier pyromane

De ce point de vue, Manuel Valls est un pompier pyromane. Faut-il rappeler sa contribution célèbre à la lutte contre les discriminations ? Dans une séquence diffusée le 8 juin 2009 sur Direct 8 (dans une émission de Valérie T. !) le député-maire d’Evry, en campagne dans les allées d’une brocante de sa ville, soupire : « Belle image de la ville d’Evry... » Il demande à l’homme qui l’accompagne : « Tu me mets quelques Blancs, quelques White, quelques Blancos. »


Faut-il rappeler ses attaques anti-Roms, qui creusèrent le fossé avec EELV à l’automne 2012 ? Manuel Valls est le spécialiste des provocations sémantiques à l’égard de groupes sociaux qu’il transforme en boucs émissaires. Si l’on décernait une récompense aux responsables de l’apartheid en question, il serait en bonne place, mais largement distancé par Sarkozy, Besson, Hortefeux, Copé et autre Pasqua. « La racaille », « le Karcher », « le pain au chocolat », « les odeurs »... Oui, certains responsables politiques ont créé les conditions d’un apartheid à la française.

La révolte de 2005 n’est pas le produit de l’immigration ou de l’impact de la religion musulmane, mais la réponse logique à la manière dont l’immigration et la jeunesse d’origine immigrée ont été traitées. La gauche a autant de responsabilités que la droite dans cette situation. Les lois restrictives à répétition sur l’immigration ou ciblées sur la religion musulmane (voile, burqa...) ont servi de cache-sexe à l’abandon social des banlieues.

Cantonner les classes dangereuses

A défaut de résoudre les questions d’emploi et de logement, on les a déplacées, soit en dispersant les couches populaires dans des ghettos de plus en plus loin dans la périphérie, soit en les assignant à résidence idéologique et religieuse. Nous n’avons fait qu’importer des Etats-Unis la stratégie dite du « containment », qui consiste à cantonner et à contenir les classes dangereuses à l’intérieur de zones livrées à elles-mêmes.


La différence avec la tradition anglo-saxonne, c’est que la France cache sa politique de ségrégation derrière le vocabulaire issu de la Révolution française. Ici, on ne discrimine pas à ciel ouvert, mais à l’ombre des valeurs de la République : liberté, égalité, fraternité, laïcité.

Au nom de l’égalité des citoyens devant la loi, la classe politique refuse l’instauration de statistiques ethniques, ce qui permet de ne rien faire en se voilant la face. L’Etat paie au même tarif un enseignant de Neuilly que celui d’un lycée du « 9-3 », alors que chacun sait les difficultés d’enseigner dans les ZEP. Il envoie les enseignants les moins expérimentés dans les collèges de la périphérie et a cautionné toutes les dérives de la carte scolaire... Bref, il construit de fait une ghettoïsation que ses responsables sont les premiers à dénoncer quand il est trop tard.

Des quartiers riches qui se referment sur eux-mêmes

Le haro sur la discrimination positive est pratiqué de manière consensuelle à l’UMP et au Parti socialiste. Sur le plan politique, ce n’est pas mieux. Combien y a-t-il d’ouvriers, de jeunes d’origine arabe parmi nos députés ou sénateurs ? Pourquoi s’obstine-t-on à refuser le droit de vote aux étrangers non communautaires, qui vivent sur notre sol depuis si longtemps et que l’on est allé chercher dans nos anciennes colonies pour contribuer à la richesse de la France, alors qu’il s’agit d’une des conditions pour que ces quartiers soient respectés par les élus qui ne s’investissent pas dans des quartiers sans électeurs ?

La droite qui a dénoncé les déclarations du Premier ministre ferait mieux de se taire. Le refus obstiné de ses élus d’appliquer la loi SRU sur le logement social a conforté la politique d’apartheid territorial. Car le développement séparé, c’est aussi celui des quartiers riches qui se referment chaque jour un peu plus sur eux-mêmes. François Hollande et Manuel Valls tireront-ils les leçons du 11 janvier, trente ans après la Marche de l’égalité, dix ans après les émeutes de 2005 ?

Le 5 février, recyclage et gadgets ?

On en saura plus le 5 février, date de la conférence de presse du président de la République. Nous en attendons autre chose que des effets d’annonce et nous risquons d’être déçus. Par exemple, le président aura-t-il le courage de proposer la légalisation contrôlée du cannabis pour lutter contre les mafias et l’économie parallèle qui mine nos banlieues ? D’annoncer l’installation des services publics dans chaque quartier de la politique de la ville ? De mettre en œuvre sa promesse électorale de suppression du contrôle au faciès ? D’obliger les entreprises du service public à embaucher dans les quartiers populaires ? De conduire une politique de grands travaux qui rende effectif le droit opposable au logement ?

Je crains que nous devions nous contenter de l’habituel recyclage du discours sur l’éducation et l’urbanisme, agrémenté de quelques gadgets en vogue telle l’institution d’une garde de réserviste du service civique... Jusqu’à la prochaine crise.
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ivo

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