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Cyber-criminalité

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Cyber-criminalité

Message  Hostyr le Lun 15 Mai - 15:24

Cyberattaque mondiale: la riposte s'organise



Les conséquences de la cyberattaque sans précédent qui a fait plus de 200.000 victimes dans au moins 150 pays se faisaient toujours sentir lundi, mais les mises à jour opérées au cours du week-end semblaient contenir la menace d'un "cyberchaos"


«Le nombre de victimes semble ne pas avoir augmenté et la situation semble stable en Europe», a déclaré à l'AFP le porte-parole d'Europol, Jan Op Gen Oorth, saluant la mise en place de nombreux correctifs de sécurité au cours du week-end.



«Il est encore un peu tôt pour dire qui est derrière tout ça, mais nous travaillons sur un outil de décryptage» des fichiers affectés par le virus, a-t-il ajouté.


Cette attaque informatique, non revendiquée et dont l'ampleur a été détectée vendredi, a été lancée via un logiciel malveillant surnommé «WannaCry», qui exploite une faille dans les systèmes d'exploitation Windows du géant américain Microsoft, touchant aussi bien des entreprises que des administrations.



En France, l'usine Renault de Douai (Nord), l'une des plus importantes du constructeur automobile dans le pays, était «préventivement» à l'arrêt lundi matin, a indiqué un porte-parole.


L'attaque informatique a également fait d'autres victimes dans le pays, a déclaré le patron de l'Agence française de la sécurité des systèmes d'information (ANSSI), Guillaume Poupart, tout en indiquant ne «pas vraiment» redouter un «cyberchaos».




«Dans les pays qui ont recommencé à travailler, il n'y a pas de déclenchement catastrophique», a-t-il expliqué sur la radio France Inter.


Toutefois, a-t-il mis en garde, «il faut s'attendre à avoir dans les jours, les semaines à venir, des répliques régulières».


Poutine intervient


La cyberattaque touchait également les pays asiatiques, premiers à se réveiller lundi, et premiers à constater les conséquences de l'infection.


Au Japon, le réseau informatique du conglomérat Hitachi était «instable», a déclaré un porte-parole. En Chine, des «centaines de milliers» d'ordinateurs et près de 30 000 institutions ont été touchés, selon Qihoo 360, fournisseur de logiciels antivirus.


L'organisme national chargé de la cybersécurité, citée lundi par la presse d'État, a indiqué que l'attaque continuait de se propager dans le pays, mais à un rythme extrêmement ralenti.


En attendant d'éventuelles nouvelles victimes, le bilan de cette cyberattaque mondiale est déjà imposant, de la Russie à l'Espagne, en passant par le Mexique et le Vietnam.


«Le dernier décompte fait état de plus de 200 000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays», a déclaré dimanche le directeur d'Europol, Rob Wainwright, sur la chaîne ITV.


Le service public de santé britannique NHS semble avoir été l'une des premières et principales victimes avec des centaines de structures touchées, dont plusieurs contraintes d'annuler ou de reporter des interventions médicales.


Au cours du week-end, des équipes ont travaillé d'arrache-pied pour mettre à jour les ordinateurs de l'organisation, a indiqué lundi le secrétaire d'État à la Sécurité Ben Wallace sur la BBC, mais des perturbations étaient toujours constatées dans la journée.


L'attaque a également affecté le système bancaire russe, le groupe américain de logistique FedEx, la compagnie de télécoms espagnole Telefonica ou encore des universités en Grèce et en Italie, et provoquait son lot de remous politiques.


Alors que les pirates russes sont régulièrement pointés du doigt, le président russe Vladimir Poutine a assuré que son pays n'avait «absolument rien à voir» avec «WannaCry».


«On cherche toujours les coupables là où il n'y en a pas», a-t-il dit, en rappelant que même selon Microsoft «les services spéciaux américains étaient la première source de ce virus».


L'affaire agitait aussi la classe politique britannique, en pleine campagne électorale pour les législatives du 8 juin, l'opposition travailliste accusant le gouvernement conservateur de Theresa May de négligence.


L'exécutif s'est défendu en mettant en avant le montant de son budget annuel consacré au secteur technologique: 4,2 milliards de livres, complétés par une enveloppe de 50 millions de livres dédiée à la cybersécurité.


La piste criminelle


«WannaCry», un logiciel de rançon («rançongiciel») combinant pour la première fois les fonctions de logiciel malveillant et de ver informatique, verrouille les fichiers des utilisateurs et les force à payer 300 dollars (275 euros) pour en recouvrer l'usage.


La rançon est demandée en monnaie virtuelle bitcoin, particulièrement difficile à tracer.


Selon Rob Wainwright, «il y a eu étonnamment peu de paiements jusque-là». La société de sécurité informatique Digital Shadows a fait état dimanche d'un montant total de 32 000 dollars versés.


«Payer la rançon ne garantit pas la restitution des fichiers», a de son côté mis en garde le département américain de la Sécurité intérieure.


Si les auteurs de l'attaque n'ont pas été identifiés et étaient activement recherchés, «manifestement, on a affaire à de la criminalité», a estimé M. Poupart.


«Certaines mafias qui avant faisaient des trafics de drogues ou différents types de trafics, aujourd'hui font de l'attaque informatique car c'est plus facile, cela coûte moins cher, c'est beaucoup moins risqué et cela rapporte énormément».


Microsoft a mis en garde les gouvernements contre la tentation de cacher des failles informatiques qu'ils auraient repérées, comme cela a été fait dans le cas de cette attaque où la faille dans le système Windows utilisée par les pirates avait été décelée depuis longtemps par la NSA (l'agence de sécurité nationale américaine) avant de tomber dans le domaine public via des documents piratés au sein de la NSA.


Ce que l'on sait

(LONDRES) - Des ordinateurs dans au moins 150 pays ont été touchés depuis vendredi par une attaque informatique «sans précédent», mais dont la progression semblait contenue lundi en Europe. Voici ce que l'on sait sur cette attaque :


Que s'est-il passé ?


De la Russie à l'Espagne et du Mexique au Vietnam, des dizaines de milliers d'ordinateurs, surtout en Europe, ont été infectés depuis vendredi par un logiciel de rançon exploitant une faille dans les systèmes Windows, divulguée dans des documents piratés de l'agence de sécurité nationale américaine NSA.


Le logiciel malveillant, surnommé «Wannacry», verrouille les fichiers des utilisateurs pour les forcer à payer une somme d'argent sous forme de monnaie virtuelle bitcoin, difficile à tracer, afin d'en recouvrer l'usage : on l'appelle le «rançongiciel».


Selon des experts en informatique, le virus fonctionne dans des dizaines de langues, ce qui montre la volonté des pirates de s'en prendre à des réseaux dans le monde entier.


Europol, qui estime qu'aucun pays en particulier n'a été visé, a insisté sur la rapidité inédite de la propagation du virus, qui combine pour la première fois les fonctions de logiciel malveillant et de ver informatique.


Le cyberchaos redouté a-t-il eu lieu ?


Pas pour le moment. «Le nombre des victimes semble ne pas avoir augmenté et la situation semble stable en Europe», a déclaré lundi matin à l'AFP le porte-parole d'Europol, Jan Op Gen Oorth.


Le patron de l'Agence nationale française de la sécurité des systèmes d'information (Anssi), Guillaume Poupart, a estimé de son côté qu'il ne fallait «pas vraiment» redouter un «cyberchaos».


Mais il a également dit s'attendre à «avoir dans les jours, les semaines à venir, des répliques régulières».


Combien de pays touchés ?


Selon Europol, la cyberattaque a fait plus de 200 000 victimes, essentiellement des entreprises, dans au moins 150 pays. «Nous n'avions encore jamais rien vu de tel», a déclaré le directeur d'Europol, Rob Wainwright, à la chaîne de télévision britannique ITV.


Parmi les principales cibles figurent les hôpitaux britanniques, l'entreprise de téléphonie espagnole Telefonica, le constructeur automobile français Renault, la société américaine de livraison de colis Fedex, le ministère russe de l'Intérieur et la société des chemins de fer allemands Deutsche Bahn.


En Chine, des «centaines de milliers» d'ordinateurs et près de 30 000 institutions, dont des agences gouvernementales, ont été affectés, selon Qihoo 360, l'un des premiers fournisseurs de logiciels antivirus dans ce pays.


Qui est derrière ces attaques ?


À l'heure actuelle, les pirates n'ont pas été identifiés.


«Il est très difficile d'identifier et même de localiser les auteurs de l'attaque. Nous menons un combat compliqué face à des groupes de cybercriminalité de plus en plus sophistiqués qui ont recours à l'encryptage pour dissimuler leur activité. La menace est croissante», a souligné Rob Wainwright, le directeur d'Europol.


«Manifestement, on a affaire à de la criminalité», a estimé Guillaume Poupart. «Certaines mafias qui avant faisaient des trafics de drogue ou différents types de trafics, aujourd'hui font de l'attaque informatique car c'est plus facile, cela coûte moins cher, c'est beaucoup moins risqué et cela rapporte énormément».


Combien demandent les pirates ?


Les victimes se voient demander 300 dollars sous trois jours, sinon la rançon double. Le montant n'est pas énorme mais vu l'ampleur de l'attaque, la somme totale pourrait être importante.


Experts et autorités conseillent de ne pas payer, car rien ne dit que les fichiers pourront être récupérés par la suite.


L'ancien pirate espagnol Chema Alonso, devenu responsable de la cybersécurité de Telefonica, a estimé samedi sur son blogue que malgré «le bruit médiatique qu'il a produit, ce "ransomware" n'a pas eu beaucoup d'impact réel» car «on peut voir que sur le portefeuille bitcoin utilisé le nombre des transactions» est faible.


La société de sécurité informatique Digital Shadows a fait état dimanche d'un montant total de 32 000 dollars versés.


Comment protéger son ordinateur ?


Initiative inhabituelle, Microsoft a décidé de réactiver une mise à jour de certaines versions de ses logiciels pour contrer ce type d'attaque. Le virus s'attaque notamment à la version Windows XP, dont Microsoft n'assure plus en principe le suivi technique. Le nouveau logiciel d'exploitation (OS) Windows 10 n'est pas visé par l'attaque, souligne Microsoft.


Europol a dit travailler sur «un outil de décryptage» des fichiers contaminés.


http://www.lapresse.ca/techno/201705/15/01-5098018-cyberattaque-mondiale-la-riposte-sorganise.php
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