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Irak .................

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Re: Irak .................

Message  ivo le Mer 6 Mar - 8:55

Irak: Bagdad s'alarme du risque d'extension du conflit syrien
Le conflit syrien risque de se déplacer vers l'Irak après la mort dans une embuscade de 48 soldats syriens qui s'étaient réfugiés en territoire irakien. Selon Bagdad, certains tentent de propager la guerre au delà des frontières syriennes.
>>>
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130305-irak-bagdad-s-alarme-risque-extension-conflit-syrien
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Re: Irak .................

Message  ivo le Ven 8 Mar - 8:21

Le Pentagone derrière les centres de torture en Irak
http://www.courrierinternational.com/une/2013/03/07/le-pentagone-derriere-les-centres-de-torture-en-irak
Le quotidien révèle, le jeudi 7 mars, l'implication du Pentagone dans les actes de torture commis par les "commandos spéciaux de la police" en Irak entre 2004 et 2006.

Ces unités d'élite, formées en 2004 et dont les membres étaient recrutés dans des milices chiites, avaient pour objectif de mater l'insurrection sunnite. Elles ont créé des centres de détention, commis "certains des pires actes de torture sous l'occupation américaine" et "accéléré la plongée du pays dans la guerre civile", assure le quotidien.

Le Pentagone aurait envoyé, toujours d'après The Guardian, un vétéran des "sales guerres" d'Amérique centrale, James Steele, afin de superviser ces commandos. Un autre officier, James H. Coffman, aurait travaillé à ses côtés. Ce dernier dépendait directement du général David Petraeus, chargé de créer et d'organiser les forces armées irakiennes entre 2004 et 2005.
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Re: Irak .................

Message  niouze le Lun 11 Mar - 15:56

L'incroyable histoire du mensonge qui a permis la guerre en Irak
Créé le 08-03-2013 à 10h21 - Mis à jour le 10-03-2013 à 18h06
Vincent Jauvert
Par Vincent Jauvert
ENQUÊTE. Les informations qui ont servi, il y a dix ans, de prétexte à l'invasion de l'Irak, sortaient de l'imagination d'un affabulateur.


C'est le plus grand mensonge de l'histoire de l'espionnage - le plus meurtrier aussi. Une mystification imaginée par un quidam qui a servi de prétexte principal à l'invasion de l'Irak, il y a dix ans. Cette extraordinaire affaire est apparue au grand jour le 5 février 2003, à l'ONU.

Ce soir-là, dans un discours resté célèbre, le secrétaire d'Etat américain, Colin Powell, lançait au monde : "Il ne peut faire aucun doute que Saddam Hussein a des armes biologiques" et "qu'il a la capacité d'en produire rapidement d'autres" en nombre suffisant pour "tuer des centaines de milliers de personnes". Comment ? Grâce à des "laboratoires mobiles" clandestins qui fabriquent des agents atroces tels la "peste, la gangrène gazeuse, le bacille du charbon ou le virus de la variole". Sûr de son fait, le puissant Américain ajoute : "Nous avons une description de première main" de ces installations de la mort. Du moins, le croit-il.
Le menteur de Bagdad


La source de cette information effrayante, pièce maîtresse du procès de l'administration Bush contre Saddam Hussein, est, assure Powell aux Nations unies, un "transfuge [qui] vit à l'heure actuelle dans un autre pays, dans la certitude que Saddam Hussein le tuera s'il le retrouve". Il s'agit d'"un témoin direct, un ingénieur chimiste irakien qui a supervisé l'un de ces laboratoires", "un homme qui était présent lors des cycles de production d'agents biologiques". La bonne blague...
Son nom de code "Curveball"

Qui est exactement cet informateur si important ? En février 2003, seule une poignée de personnes une dizaine tout au plus - connaît sa véritable identité, son parcours et son lieu de résidence. Même Colin Powell n'est pas dans la confidence. On ne lui a fourni que son nom de code, "Curveball", et celui de son service traitant, le BND allemand. "A l'époque, je n'avais pas besoin d'en savoir plus, dit aujourd'hui l'ancien secrétaire d'Etat au "Nouvel Observateur". Je pensais qu'évidemment la CIA l'avait interrogé et avait vérifié toutes ses allégations." Quelle erreur !

Dix ans plus tard, on connaît l'identité de cet Irakien qui a fourni le prétexte idéal à ces néo-conservateurs américains obsédés par Saddam Hussein : il s'appelle Rafid al-Janabi. Aux dernières nouvelles, il vit dans un petit appartement avec sa femme et ses deux fils, près de Karlsruhe, en Allemagne. "Le Nouvel Observateur" a reconstitué son histoire hors du commun grâce aux témoignages de plusieurs responsables américains de l'époque, aux rapports de commissions du Congrès sur l'affaire et aux rares interviews que Rafid al-Janabi a accordées ces derniers mois dans quelques médias allemands et anglo-saxons (il n'a jamais répondu à nos multiples demandes d'entretien).
Le menteur de Bagdad
Rafid al-Janabi (Capture d'écran BBC)

Rafid débarque à l'aéroport de Munich en novembre 1999, trois ans avant le discours de Powell. Sorti d'Irak grâce à un passeur, ce solide gaillard a 31 ans et un faux passeport acheté, assure-t-il, à Rabat, au Maroc, l'une des étapes de son long périple vers l'Europe. Arrêté par la police allemande, il est immédiatement envoyé dans un centre d'hébergement pour demandeurs d'asile à Zirndorf, près de Nuremberg.

Le jeune homme devient l'un des 60 000 Irakiens anonymes qui, en Bavière, attendent un titre de séjour permanent. Il comprend vite qu'il a peu de chances (une sur cinq exactement) d'en obtenir un, et encore, pas avant plusieurs années. Entre-temps, il devra végéter dans ce centre surpeuplé. A moins qu'il ne parvienne à sortir du lot.
Premières révélations du petit chimiste

Comme chaque demandeur d'asile, Rafid doit, dès son arrivée, raconter sa vie à un fonctionnaire du centre. "Je suis ingénieur chimiste, diplômé de l'université de Bagdad, dit-il. Je travaillais dans une usine de semences agricoles à Djerf al-Nadaf à 70 kilomètres de Bagdad." A première vue, donc, un jeune Irakien comme tant d'autres, qui étouffait dans un pays écrasé par la dictature et les sanctions internationales. Au bout de quelques jours, il exige de voir un supérieur. Il a des révélations à faire. En réalité, déclare-t-il, les semences ne sont qu'une couverture, le site de Djerf al-Nadaf dépend non du ministère de l'Agriculture, mais de celui de la Défense. L'usine fait partie d'un vaste programme clandestin d'armes biologiques dont il connaît, confie-t-il, tous les détails. Il est prêt à les livrer.

A Zirndorf, c'est le branle-bas de combat. On contacte les services de renseignement, au plus haut niveau. Rafid n'est plus interrogé par un fonctionnaire lambda, mais par un certain Dr Paul, qui se présente comme inspecteur de l'ONU, spécialisé en armes de destruction massive. En fait, c'est le chef de la division contre-prolifération du BND - une huile de l'espionnage.
Un officier "tombé amoureux de sa source"

Au début, cet officier expérimenté est très dubitatif, mais, au bout de quelques jours, il se laisse amadouer par Rafid. Au point de ne plus se méfier, de "tomber amoureux de sa source", comme on dit dans le jargon du renseignement. Le jeune Irakien, qui parle avec enthousiasme, en agitant les bras et en fumant cigarette sur cigarette, est si convaincant ! D'autant plus convaincant que les Occidentaux ne reçoivent plus d'informations sur l'Irak depuis que Saddam Hussein a expulsé les inspecteurs de l'ONU un an auparavant.

A son officier traitant, Rafid assure qu'il est sorti major de sa promotion à l'université de Bagdad en 1994 et que, de ce fait, il a été secrètement embauché, dès la fin de ses études, par la commission de l'industrie militaire, le saint des saints du pouvoir, dirigé par un gendre de Saddam Hussein. "J'ai d'abord travaillé au centre Al-Hakam", dit-il en passant. Al-Hakam ! Le nom fait sursauter Dr Paul. C'est là qu'une équipe des Nations unies chargée de traquer les armes interdites en Irak, l'Unscom, a découvert, quelques années plus tôt, des restes de poulets tués par l'injection de toxines.

Le site était le principal centre clandestin de fabrication d'armes biologiques. Il a été détruit par l'Unscom en 1996. "A Al-Hakam, je me suis occupé pendant deux ans de l'achat des pièces de rechange, assure Rafd. Je peux décrire l'endroit et citer les noms des responsables." On vérifie. Tout concorde.

Le BND envoie un résumé des interrogatoires de la source miracle à son partenaire américain habituel, le service de renseignement de l'US Army, la DIA, qui a une importante base à Munich depuis les années 1950. Là, tout au long de la guerre froide, on a pris l'habitude d'attribuer aux informateurs sur les armes soviétiques un nom de code se terminant par "ball". Comme le pli est pris, Rafid devient donc à la DIA "Curveball" - un surnom que les autres services adopteront sans trouver gênant qu'en argot anglais curveball signifie... "destiné à tromper".
Bel appartement, Mercedes et gardes du corps

Du jour au lendemain, le petit chimiste change radicalement de statut. Fini Zirndorf, le centre d'hébergement surpeuplé. On lui fournit un bel appartement meublé, une télévision câblée, une assurance-maladie, une Mercedes (son rêve !), des gardes du corps et une carte de réfugié politique. Mieux : cinq officiers du BND à la retraite sont chargés de lui rendre la vie le plus agréable possible. Ils lui font visiter la ville et découvrir tous ses plaisirs, ils l'invitent dans les meilleurs restaurants, les boîtes de nuit les plus huppées. Seuls les transfuges de la plus haute importance ont droit à un tel traitement de faveur, à tant de "baby-sitters", comme on dit au BND. Selon le journaliste Bob Drogin, le tout coûtera au service allemand plus de 1 million d'euros en 2000 !

En échange, "Curveball" parle. Beaucoup. Il dit que le projet de laboratoires mobiles est né en 1995. Quand il a compris que l'Unscom allait découvrir le centre d'Al-Hakam, raconte-t-il à Dr Paul, le gendre de Saddam Hussein a décidé de poursuivre le programme biologique dans des unités non repérables par l'Unscom : des camions réfrigérés qui circuleront en ville.
Anthrax, botuline peste... tout y est

Où a lieu l'assemblage de ces effrayants camions labos ? Justement dans la prétendue usine de semences, à Djerf al-Nadaf, dit Rafid. Comment le sait-il ? Parce que c'était lui le responsable du projet, pardi ! Les tests, précise-t-il, ont duré deux ans et les premiers labos sont devenus opérationnels en 1997. Il assure en avoir vu fonctionner sept, qui produisaient des agents létaux tels l'anthrax, la botuline ou la peste.

Il affirme qu'outre Djerf al-Nadaf Saddam Hussein a ordonné la création de six autres sites clandestins de fabrication d'installations mobiles. Le jeune chimiste fournit un détail clé, qui achève de convaincre Dr Paul : avant que les inspecteurs de l'ONU ne soient expulsés d'Irak, les camions de la mort roulaient seulement le vendredi, jour de prière, quand l'Unscom tournait au ralenti.
Première incohérence, "Curveball" s'énerve

Rafid parle, parle... Il parle trop. Au bout de plusieurs mois d'interrogatoire, il confie que le patron de Djerf al-Nadaf, un certain Basil Latif, a un fils et que celui-ci est l'acheteur principal des produits destinés à la fabrication des agents toxiques. Mais Rafid ignore que ce Latif vit désormais à Dubai, où, en octobre 2000, des officiers du BND et du MI6 britannique vont l'interroger. Non seulement Latif dément que le centre qu'il dirigeait produisait des armes biologiques, mais les espions découvrent que son fils unique n'a que 16 ans. Confronté à cette incohérence, "Curveball" s'énerve, jure comme un charretier et refuse de répondre. Dr Paul a compris : sa source bien-aimée lui a probablement menti. En tout cas, il n'est pas fiable.

Le BND rompt tout contact avec Rafid pendant dix-huit mois. L'informateur vedette devient un modeste travailleur immigré comme les autres. Il trouve un job chez Burger King à Karlsruhe. En mars 2002, il se marie avec une jeune Marocaine, qui est très vite enceinte. L'affaire "Curveball" devrait s'arrêter là. Seulement voilà, depuis la rupture entre Rafid et le service secret allemand, il y a eu le 11-Septembre et la prise du pouvoir à Washington par les néo-conservateurs. Et ceux-là entendent se servir de son témoignage, quelle que soit sa valeur.
Questionné de nouveau, Rafid change de version

En mai 2002, la CIA demande au BND de reprendre contact avec le jeune Irakien. Elle a reçu copie de la centaine d'interrogatoires de "Curveball" ; elle veut en savoir davantage. Questionné de nouveau, Rafid change de version. Il dit qu'en fait il n'était pas le chef du projet des labos mobiles, seulement un assistant. Il n'a pas vu la production d'agents biologiques, il a quitté Djerf al-Nadaf avant. Puis il s'énerve et ne répond plus au téléphone. La CIA est mise au courant de ce comportement erratique.

Pourtant, quelques semaines plus tard, en octobre 2002, dans un rapport au Congrès très médiatisé, l'agence affirme avec la "plus haute confiance" que l'Irak dispose d'unités mobiles de production d'armes biologiques. Devant une commission parlementaire, le patron de la CIA, George Tenet, précise que son service tient cela d'un "transfuge crédible".

Le menteur de Bagdad

A l'intérieur de l'agence, des voix s'élèvent contre cette utilisation abusive de "Curveball". Le chef de la division Europe, Tyler Drumheller, veut en avoir le cœur net. Il déjeune avec le chef de l'antenne du BND à Washington. Il lui demande que la source soit interrogée par des officiers de la CIA. A quoi bon, c'est un affabulateur, lui répond son interlocuteur. De toute façon, il refuse d'être questionné par des Américains ou des Israéliens. Donc c'est non. L'Allemand précise que son service a proposé à "Curveball", devenu dépressif, d'aller se faire oublier en Turquie, mais l'Irakien a refusé.
La Maison Blanche veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité...

L'affaire semble entendue. Pourtant, au bureau de la CIA chargé du dossier des armes de destruction massive, on veut croire que, malgré tout, "Curveball" a dit la vérité. Comment aurait-il pu connaître tant de détails ? George Tenet n'a pas le choix : le 18 décembre 2002, il écrit à son homologue allemand, August Hanning. Il lui demande officiellement si la CIA peut utiliser les informations de sa source. Il le prie également d'accepter que "Curveball" soit interrogé par un agent américain. Le patron du BND répond deux jours plus tard. Pour l'interrogatoire, c'est toujours non. Mais pour utiliser ce qu'il dit, c'est oui, à condition de ne pas mentionner le nom du service traitant et en n'oubliant pas que les dires de cette source n'ont pas été "confirmés".

Malgré ces mises en garde, la Maison-Blanche tient à utiliser les allégations de "Curveball" dans le discours sur l'état de l'Union que George Bush doit prononcer le 28 janvier 2003. "W" veut mobiliser les ardeurs guerrières du Congrès et de l'opinion. Washington demande le point de vue du chef de l'antenne de la CIA à Berlin. Celui-ci répond le 27 que "l'utilisation de cette source [serait] très problématique".

Pourtant, le président des Etats-Unis conservera le passage sur les laboratoires mobiles dans son discours. De même que Colin Powell, à l'ONU, quelques jours plus tard. "Tenet ne nous a pas dit qu'il y avait tant de réserves sur "Curveball", explique aujourd'hui le colonel Wilkerson, qui a aidé le secrétaire d'Etat à rédiger son discours. En fait, il était sûr qu'après la guerre l'armée américaine allait trouver des armes de destruction en Irak et que, du coup, ces histoires de source pas fable seraient oubliées."
Le menteur de Bagdad
Après le renversement de Saddam Hussein, le Pentagone a envoyé un équipe chargée de découvrir les armes de destruction massive en Irak. Ils n'ont trouvé aucune preuve... 100.000 civils tués en dix ans de guerre. (Sipa)

Quelques mois après l'invasion de l'Irak, quand il est devenu évident que Saddam Hussein n'avait pas de telles armes, un groupe d'agents de la CIA a entrepris de comprendre l'affaire "Curveball". Ils ont interrogé une soixantaine de personnes qui avaient connu Rafid de près ou de loin. Ils ont découvert que le jeune chimiste n'était pas sorti major de sa promotion mais dernier ; qu'il avait bien travaillé quelques mois à Djerf al-Nadaf mais en tant qu'assistant et non chef de projet ; et surtout que ce site n'était qu'une usine de semences agricoles et rien d'autre. De son plus proche ami d'enfance, ils ont appris aussi que Rafid était un "menteur congénital".

Enfin, il leur a été révélé qu'après Djerf al-Nadaf la source vedette du BND avait travaillé dans une maison de production de films dont il s'était fait licencier pour vol et que, par la suite, il était devenu chauffeur de taxi à Bagdad.
Sa source : un gros rapport des inspecteurs de l'ONU

Comment a-t-il pu berner si longtemps le BND et la CIA ? Comment a-t-il inventé et rendu crédible son histoire de laboratoires mobiles ? Une commission du Congrès a cherché à savoir si, comme d'autres transfuges, Rafid avait été briefé puis envoyé en Europe par Ahmed Chalabi, le chef d'un parti d'opposants à Saddam Hussein qui a réussi à intoxiquer une partie de la presse et des services américains. Bien que l'un de ses frères ait fait partie de ce groupe, il semble que Rafid lui-même n'ait eu aucun contact avec Chalabi et ses sbires.

Les spécialistes pensent plutôt qu'il a agi seul, qu'avant de quitter l'Irak le jeune chimiste devenu chauffeur de taxi a lu sur internet le très gros rapport que les inspecteurs de l'ONU avaient publié après leur expulsion du pays. C'est là qu'il a pu mémoriser les noms des responsables du programme biologique avant son démantèlement et la description précise du site d'Al-Hakam. C'est là aussi qu'il a appris que les inspecteurs de l'ONU avaient mis la main sur une note écrite au début des années 1990, dans laquelle l'un des ingénieurs du programme biologique proposait à ses chefs de créer des laboratoires mobiles, plus faciles à cacher. Rafd ignorait que cette idée, jugée "trop compliquée", n'avait pas été retenue.
Un "menteur" rémunéré par l'Etat

Malgré ces découvertes embarrassantes, ou peut-être à cause d'elles, le BND accorde en 2004 à "Curveball" un salaire mensuel de 3 000 euros. C'est une compagnie bidon montée à Munich par le service secret qui le rémunère en tant que "spécialiste en marketing". En échange, il lui est interdit de parler à la presse. Pourtant son nom est révélé pour la première fois en 2007 par la chaîne américaine CBS. Le public allemand apprend alors que Raifid, qualifié de "menteur" par la CIA en mai 2004, est rémunéré par l'Etat.

Le scandale est tel que Rafid perd son salaire. Il tente alors sa chance en Irak et se présente aux élections législatives de mars 2010, où il ne recueille que 17 000 voix. Il revient, penaud, dans son pays d'adoption, dont il a acquis la nationalité, et accorde sa première interview en février 2011, au quotidien britannique "The Guardian". Il y reconnaît avoir menti sur cette histoire de labos mobiles. "J'ai eu la chance, dit-il, d'avoir inventé quelque chose qui a fait tomber Saddam." Depuis, lors de ses rares apparitions publiques, il se plaint de vivre du minimum social et, surtout, que le BND ne lui paie plus ses notes de téléphone.
http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130308.OBS1260/l-incroyable-histoire-du-mensonge-qui-a-permis-la-guerre-en-irak.html

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Message  ivo le Sam 1 Juin - 12:04

Plus de 1 000 morts en mai dans les violences en Irak
Avec 1 045 morts et près de 2 400 blessés, le mois de mai a été marqué par le plus fort pic de violence depuis la guerre civile de 2006-2007, ont indiqué samedi 1er juin les Nations unies. L'intensité et la fréquence des violences sont certes loin des niveaux de 2006, mais leur augmentation fait craindre un retour du conflit confessionnel.
>>>
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/06/01/les-violences-en-irak-ont-fait-plus-de-1-000-morts-en-mai_3422196_3218.html
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Message  ivo le Mar 11 Juin - 9:09

Massacre d'Halabja: les Kurdes veulent savoir qui sont les Français qui ont aidé Saddam Hussein
Ce lundi 10 juin, vingt Kurdes d'Irak ont déposé au tribunal de grande instance de Paris une plainte contre X pour « complicité de crimes contre l'humanité » et « recel ». Ils demandent une enquête sur le rôle de plusieurs personnes et de sociétés françaises susceptibles d'avoir rendu possible le massacre à l'arme chimique du village d'Halabja, au Kurdistan irakien, en 1988. Il y avait eu près de 5 000 morts.
>>>
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20130610-massacre-halabja-irak-kurdes-france-saddam-hussein-gaz
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Re: Irak .................

Message  ivo le Lun 30 Sep - 8:51

Echec d’une guerre pour le pétrole
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/SERENI/48845
Longtemps, les responsables américains l’ont affirmé : l’invasion de l’Irak n’était pas destinée à s’emparer du pétrole. Pourtant, des documents récemment déclassifiés racontent une autre histoire.

Pour la population irakienne, c’est une évidence ; pour les « faucons » du Pentagone, un contresens. La guerre d’Irak, qui, depuis mars 2003, a fait au moins six cent cinquante mille morts, un million huit cent mille exilés et autant de personnes déplacées, a-t-elle été une guerre pour le pétrole ? Grâce à une série de documents américains récemment déclassifiés (1), et malgré les dénégations de M. George W. Bush, de son vice-président Richard (« Dick ») Cheney, de son ministre de la défense Donald Rumsfeld, ainsi que de leur fidèle allié Anthony Blair, premier ministre britannique au moment de l’invasion, l’historien peut désormais répondre à cette question par l’affirmative.

En janvier 2001, quand il arrive à la Maison Blanche, M. Bush doit faire face à un problème déjà ancien : le déséquilibre entre la demande de pétrole, qui augmente rapidement en raison de la montée en puissance des grands pays émergents comme la Chine ou l’Inde, et une offre qui ne suit pas. La seule solution envisageable se trouve dans le Golfe, qui abrite 60 % des réserves mondiales, avec trois géants, l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Irak, et deux autres producteurs importants, le Koweït et les Emirats arabes unis.

Aucun salarié d’Exxon n’est prêt à « se faire tuer pour un puits »

Pour des raisons soit financières, soit politiques, la production piétine. Dans la péninsule arabique, les trois richissimes familles régnantes, les Al-Saoud, les Al-Sabah et les Al-Nahyane, se contentent du niveau très confortable (compte tenu de leur faible population) de leurs recettes, et préfèrent garder leur brut sous terre. L’Iran et l’Irak, qui disposent ensemble de près du quart des réserves mondiales d’hydrocarbures, pourraient combler l’écart entre l’offre et la demande, mais ils sont soumis à des sanctions — uniquement américaines pour Téhéran, internationales pour Bagdad — qui les privent des équipements et des services pétroliers indispensables. Et Washington, qui les range parmi les « Etats voyous » (rogue state), se refuse à y mettre fin.

Comment, alors, tirer plus de pétrole du Golfe sans mettre en danger la suprématie américaine dans la région ? Les néoconservateurs — à l’origine, des intellectuels démocrates gagnés à un impérialisme décomplexé après la chute de l’Union soviétique — croient avoir trouvé la solution. Ils n’ont jamais admis la décision du président George Bush senior, en 1991, lors de la première guerre du Golfe, de ne pas renverser Saddam Hussein. Dans une lettre ouverte au président William Clinton inspirée par leur « Projet pour un nouveau siècle américain » (PNAC), ils préconisent dès 1998 un changement de régime en Irak. La ligne des néoconservateurs est simple : il faut sortir de force Hussein de Bagdad et faire entrer les majors américaines en Irak. Plusieurs signataires du PNAC se retrouvent à partir de 2001 dans les équipes de la nouvelle administration républicaine.

L’année suivante, c’est l’un d’entre eux, M. Douglas Feith, juriste de profession et second de M. Rumsfeld au ministère de la défense, qui supervise le travail des experts sur l’avenir de l’industrie pétrolière irakienne. Sa première décision est d’en confier la gestion, après la victoire, à Kellog Brown & Root (KBR), une filiale du groupe pétrolier américain Halliburton, que M. Cheney a longtemps dirigé. Sa feuille de route est de maintenir la production irakienne à son niveau du début de l’année 2003 (2,84 millions de barils par jour) afin d’éviter un effondrement qui perturberait le marché mondial.

L’autre grande question qui divise les spécialistes porte sur la privatisation du pétrole irakien. Depuis 1972, les compagnies étrangères sont exclues d’un secteur que les Irakiens pilotent avec succès. Malgré deux guerres — avec l’Iran (1980-1988) et autour du Koweït (1990-1991) — et plus de quinze ans de sanctions, ils sont parvenus début 2003 à un niveau de production égalant celui de 1979-1980, année d’un record atteint dans un contexte normal et pacifique.

Deux options sont proposées aux décideurs de Washington et de Londres : revenir de fait au régime des concessions en vigueur avant la nationalisation de 1972, ou vendre les actions de l’Iraqi National Oil Company (INOC) sur le modèle russe, en donnant à la population des bons (vouchers) cessibles. En Russie, ce système a abouti très rapidement à la mise à l’encan des hydrocarbures de la Fédération au profit d’une poignée d’oligarques devenus richissimes du jour au lendemain.

Le plan mis au point par le Pentagone et le département d’Etat est approuvé par le président Bush en janvier 2003. Un vieux général, couvert de médailles mais passablement dépassé, M. Jay Garner, prend la tête de l’administration militaire (Office pour la reconstruction et l’assistance humanitaire) chargée de gouverner l’Irak de l’après-Hussein. Il s’en tient à des mesures de court terme, sans trancher entre les options proposées par les techniciens.

Pendant ces préparatifs, les grandes compagnies internationales ne restent pas inactives. M. Lee Raymond, patron d’ExxonMobil, la plus grande société pétrolière américaine, est un ami de longue date de M. Cheney. Mais, à l’audace des politiques, il oppose la prudence des industriels. Certes, le projet est tentant et offre l’occasion de regonfler les réserves d’Exxon, stagnantes depuis plusieurs années. Un doute plane cependant sur toute l’affaire : le président Bush est-il capable de créer les conditions qui permettraient à Exxon de s’installer en Irak en toute sécurité ? Personne au sein de la compagnie n’est prêt à « se faire tuer pour un puits ». Les ingénieurs d’Exxon sont très bien payés et rêvent d’une retraite luxueuse sous le soleil de Floride ou de Californie, plutôt que d’une casemate en Irak. La sécurité doit aussi être juridique : que valent des contrats signés par une autorité de fait, quand on investit des milliards de dollars dont l’amortissement prend des années ? Exxon conserve donc une distance prudente.

A Londres, BP (ex-British Petroleum) s’inquiète de la part qui lui sera réservée. Dès octobre 2002, ses représentants font part au ministère du commerce de leurs craintes de voir la Maison Blanche concéder trop d’avantages aux compagnies pétrolières françaises, russes et chinoises, en échange d’un renoncement de leurs gouvernements à user de leur droit de veto au Conseil de sécurité des Nations unies. « Total nous passerait devant ! », s’étrangle le représentant de BP (2). En février 2003, ces inquiétudes ne sont plus de mise : le président Jacques Chirac a annoncé son veto à la résolution soutenue par l’administration américaine, et la troisième guerre du Golfe se fera sans la couverture des Nations unies. Il n’est plus question de respecter les accords signés par Hussein avec Total et d’autres compagnies, qui n’ont jamais pris effet sur le terrain en raison des sanctions, mais dont les plans sont prêts.

Pour rassurer les compagnies anglo-saxonnes, le gouvernement américain nomme à la veille de l’invasion deux de leurs membres pour suivre le dossier : MM. Gary Vogler (ExxonMobil) et Philip J. Carrol (Shell). Ils seront remplacés en octobre 2003 par deux autres professionnels : MM. Robert McKee (ConocoPhilips) et Terry Adams (BP). Il s’agit de contrebalancer la mainmise du Pentagone, et, à travers lui, des néoconservateurs, qui ont placé leurs hommes à tous les postes ou presque, mais qui sont contestés au sein même de l’administration. Cela n’aidera pas à clarifier les ambitions américaines, qui oscilleront en permanence entre deux pôles. D’un côté, les idéologues multiplient les idées extravagantes : ils veulent construire un oléoduc pour acheminer du brut irakien vers Israël, démanteler l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (Opep), ou encore faire de l’Irak « libéré » le banc d’essai d’un nouveau modèle pétrolier destiné à s’appliquer ensuite à tout le Proche-Orient. De l’autre, les ingénieurs et les hommes d’affaires, en quête de profits et de résultats, manifestent un réalisme plus terre à terre.

Le choc de l’invasion sur l’industrie pétrolière irakienne s’avère dévastateur. Moins du fait du déluge de bombes et de missiles largués par l’aviation américaine que du pillage généralisé dont est victime l’Etat dans toutes ses incarnations : administrations, écoles, universités, archives, bibliothèques, banques, hôpitaux, musées, entreprises sont systématiquement dépouillés, vidés, saccagés. Les appareils de forage sont démantelés pour les hypothétiques bouts de cuivre qu’ils renferment, laissant des carcasses désossées et inutiles. Les pillages durent dix semaines, du 20 mars à la fin mai 2003. Un tiers des dommages infligés à l’industrie pétrolière l’ont été pendant les combats, les deux tiers ensuite.

« Le pillage a été général, le matériel a été volé, les bâtiments ont été incendiés »

Tout se déroule au nez et à la barbe de la Task Force RIO (Restore Iraq Oil), encadrée par le prestigieux US Army Corps of Engineers (corps des ingénieurs) et de ses cinq cents sous-traitants, pourtant spécialement préparés et entraînés à protéger les installations pétrolières. Seule la brièveté des opérations militaires a empêché les fidèles de Hussein de faire sauter les puits ; mais, dès le début du mois de juin 2003, les sabotages ont commencé.

Seul bâtiment protégé, le complexe qui abrite le gigantesque ministère du pétrole, où travaillent quinze mille fonctionnaires contrôlant vingt-deux filiales. Pourquoi défendre les gisements et le ministère, mais pas la State Oil Marketing Organization (SOMO), qui commercialise le brut exporté, ou les équipements ? Les réserves pétrolières constituent pour les occupants le seul vrai trésor de l’Irak. Ni les installations ni le personnel ne les intéressent. Le ministère n’échappe à leur incurie, in extremis, que parce qu’il abrite les données géologiques et sismiques des quatre-vingts gisements connus, renfermant cent quinze milliards de barils de brut. Le reste pourra toujours être remplacé par des équipements plus récents made in USA, et par le savoir-faire des compagnies internationales, que le saccage rend encore plus indispensables.

M. Thamir Abbas Ghadban, le plus jeune directeur général du ministère, se présente trois jours plus tard aux portes du bâtiment vide et devient — à défaut de ministre du pétrole en titre, puisqu’il n’y a pas de gouvernement irakien — le numéro deux de l’institution, sous la direction tatillonne de M. Michael Mobbs, autre néoconservateur qui a la confiance du Pentagone. Un proconsul prétentieux, M. Paul Bremer, qui s’est vu confier les pleins pouvoirs pour un an (mai 2003 - juin 2004), préside à la pire année que le secteur pétrolier ait connue depuis son démarrage soixante-dix ans auparavant. La baisse de la production d’un million de barils par jour, soit le tiers de son niveau d’avant-guerre, représente un manque à gagner de plus de 13 milliards de dollars.

Les installations, gardées par à peine trois mille cinq cents vigiles sans moyens, font l’objet de sabotages ininterrompus (cent quarante entre mai 2003 et septembre 2004) dont le coût est estimé à 7 milliards de dollars. « Le pillage a été général, le matériel a été volé et les bâtiments ont été le plus souvent incendiés », nous confie M. Ghadban. La raffinerie de Daura, près de Bagdad, n’était plus approvisionnée que de manière intermittente, en raison des dommages infligés aux milliers de kilomètres de canalisations qui parcourent le territoire. « Il n’y avait qu’une chose à faire : laisser brûler jusqu’au dernier litre le brut contenu dans la section de l’oléoduc sabotée, puis réparer… » Malgré tout, Daura continue à fonctionner. Une véritable prouesse, alors que le personnel n’est plus payé.

Le coup le plus rude sera porté contre le groupe dirigeant de l’industrie pétrolière. Jusqu’en 1952, pratiquement tous les cadres de l’Iraq Petroleum Company (IPC) étaient étrangers. Un « apartheid » de fait régnait sur les chantiers ; les villas et les pelouses impeccables des compounds (ensembles d’habitations) soigneusement clôturés et gardés leur étaient réservées, tandis que la main-d’œuvre irakienne vivait à leurs portes dans des bidonvilles. En 1952, la tension avec l’Iran voisin de Mohammad Mossadegh conduisit l’IPC à réviser quelque peu ses relations avec Bagdad. L’une des clauses du nouveau traité portait sur la formation de cadres irakiens. Vingt ans après, les trois quarts du millier de postes de travail qualifiés sont tenus par des locaux, ce qui explique que la nationalisation soit une réussite : en 1972, la compagnie nationale, l’INOC, récupère la totalité des gisements du pays. La production atteindra des niveaux inconnus du temps de l’IPC.

Soutenu par l’opinion publique, le Parlement se mobilise et résiste à la privatisation

Obnubilé par le précédent de la dénazification de l’Allemagne après sa défaite en 1945, Washington impose une « débaassification » plus rigoureuse que la purge réservée en son temps aux dignitaires nazis. La simple appartenance au parti unique, le Baas, au pouvoir de 1968 à 2003, est sanctionnée par un licenciement, un départ à la retraite ou pis. Dix-sept des vingt-quatre directeurs généraux de la compagnie nationale sont chassés, ainsi que plusieurs centaines d’ingénieurs, ceux-là mêmes qui ont maintenu la production dans des circonstances épouvantables depuis vingt-cinq ans. Le groupe des pères fondateurs de l’INOC est liquidé par la commission de débaassification dirigée par des exilés, dont l’actuel premier ministre Nouri Al-Maliki, absent de son pays depuis vingt-quatre ans, qui les remplace par ses affidés, aussi partisans qu’incompétents.

M. McKee, qui a succédé à M. Carrol au poste-clé de conseiller pétrolier du proconsul américain, constate à son arrivée, à l’automne 2003 : « Les gens en place sont nuls et ont été nommés par le ministère pour des raisons religieuses, politiques ou de copinage. Ceux qui ont fait tourner l’industrie pétrolière sous Saddam Hussein, puis qui l’ont ramenée à la vie après la libération du pays, ont été systématiquement poussés dehors (3). »

Sans surprise, l’épuration ouvre une voie royale aux conseillers de tout poil, venus pour l’essentiel d’outre-Atlantique. Ils squattent les directions du ministère du pétrole et multiplient notes, circulaires et rapports inspirés directement des façons de faire de l’industrie pétrolière internationale, sans trop se préoccuper de leur application sur le terrain...

La rédaction de deux textes fondamentaux, la nouvelle Constitution et la loi pétrolière, va leur donner l’occasion inespérée de bouleverser les règles du jeu. La survie d’un Etat centralisé est a priori condamnée : Washington n’en veut pas, au nom de la lutte contre le totalitarisme et des crimes perpétrés contre les Kurdes au temps de Hussein. Le nouveau régime, fédéral ou même confédéral, sera donc décentralisé au point d’en être déstructuré. Il suffit de rassembler deux tiers des voix dans l’une des trois provinces du pays pour exercer un droit de veto sur les décisions du gouvernement central.

Mais seul le Kurdistan en a les moyens et l’envie. Le pouvoir en matière pétrolière va être de fait divisé entre Bagdad et Erbil, siège du gouvernement régional du Kurdistan (Kurdistan Regional Government, KRG), qui impose « sa » lecture de la Constitution en la matière : les gisements en cours d’exploitation resteront sous la coupe du gouvernement fédéral, mais l’octroi de nouveaux permis relève de la compétence des provinces. Une intense chicaya (querelle) se développe entre les deux capitales, d’autant que le KRG consent aux compagnies étrangères des conditions beaucoup plus favorables que Bagdad : les majors qui investissent sur le sol kurde jouiront d’un droit sur une partie de cette production qui peut être très important au cours des premières années d’exploitation. C’est la formule que les Américains, politiques comme pétroliers, voulaient imposer dès leur arrivée. Ils n’y arriveront pas.

Soutenu par une opinion publique qui n’a pas oublié le précédent de l’IPC, le Parlement, tant décrié par ailleurs, s’y oppose. M. Tariq Shafiq, le père de la compagnie nationale INOC, a expliqué devant le Congrès des Etats-Unis les raisons techniques de ce refus (4). Les gisements sont connus et délimités ; il n’y a donc aucun risque pour les compagnies étrangères : par définition, les coûts de prospection n’existent pas, et l’exploitation est l’une des moins chères du monde. A partir de 2008, Bagdad va offrir aux majors des contrats de service beaucoup moins intéressants : 2 dollars par baril pour les plus grands gisements, et aucun droit sur les gisements eux-mêmes.

ExxonMobil, BP, Shell, Total, mais aussi des groupes russes, chinois, angolais, pakistanais ou turcs, se précipitent néanmoins, dans l’espoir que les choses évolueront dans le bon sens pour eux. Newsweek titre le 24 mai 2010 sur le « miracle irakien » et écrit : « Ce pays a le potentiel pour devenir la prochaine Arabie saoudite. » Deux ans après, si la production augmente (plus de trois millions de barils par jour en 2012), les pétroliers s’irritent des conditions qui leur sont faites : les investissements sont lourds, la rentabilité demeure médiocre et les champs pétroliers n’entrent pas dans leurs réserves propres, ce qui déprime leurs cours de Bourse.

Compagnies étrangères et gouvernement turc tentent de jouer la carte du Kurdistan

Malgré l’oukase du gouvernement fédéral, qui menace de déchoir de leurs droits les compagnies qui se laisseraient séduire par des contrats de partage de production au Kurdistan, ExxonMobil puis Total passent outre. Pis, la compagnie américaine répond à la menace par une provocation supplémentaire : la mise en vente de son contrat de service sur West Qurna, le plus grand gisement du pays, où elle devait investir 50 milliards de dollars et doubler la production actuelle du pays. Bagdad est sous pression : si son refus des conditions persiste, le Kurdistan lui sera préféré, même si ses réserves sont trois fois moins importantes que celles du sud du pays…

La Turquie, qui ne fait rien pour arranger les choses avec Bagdad, promet un oléoduc direct entre le Kurdistan et la Méditerranée. Chantage ? Pour une part, sans doute. Mais, sans la guerre, les compagnies auraient-elles eu le loisir de mettre les Irakiens en concurrence entre eux ? Quoi qu’il en soit, on est loin des objectifs que s’étaient fixés les Etats-Unis. Dans le domaine pétrolier aussi, la guerre fut pour eux un énorme échec.

M. Alan Greenspan, qui a dirigé la Réserve fédérale, la banque centrale américaine, de 1987 à 2006, et qui est donc bien placé pour connaître l’importance du pétrole dans l’économie internationale, a sans doute formulé ce qui s’approche le plus de la vérité sur cette sanglante affaire : « Je déplore qu’il soit politiquement déplacé de reconnaître ce que tout le monde sait : l’un des grands enjeux de la guerre d’Irak était le pétrole de la région (5). »

Jean-Pierre Séréni
Journaliste.
(1) Les documents (livres, rapports, etc.) que nous avons utilisés sont consultables à l’adresse : www.monde-diplomatique.fr/48797

(2) Greg Muttitt, Fuel on the Fire. Oil and Politics in Occupied Iraq, Vintage Books, Londres, 2011.

(3) Ibid.

(4) « Reconstruction in Iraq’s oil sector : Running on empty ? », déposition de M. Tariq Shafiq devant la commission parlementaire américaine des affaires étrangères sur le Proche-Orient et l’Asie du Sud, Washington, DC, 18 juillet 2007.

(5) Alan Greenspan, Le Temps des turbulences, J.-C. Lattès, Paris, 2007.
Dix ans après, que devient l’Irak ?
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/HARLING/48806
Si l’invasion de l’Irak par les Etats-Unis avait bien comme objectif le contrôle du pétrole, ainsi que le confirment des documents récemment déclassifiés (lire « Echec d’une guerre pour le pétrole »), elle se solde par un échec cuisant. La guerre a également fait des centaines de milliers de victimes et déstabilisé l’Etat. Sous le masque d’une étonnante normalité persistent à Bagdad les tensions politiques et confessionnelles.

Après d’effroyables violences, brisant des centaines de milliers de vies et ne laissant quasiment personne sans histoire tragique à raconter, l’Irak s’installe dans une nouvelle normalité, mais sans prendre de direction intelligible, sans permettre aux Irakiens de se projeter. « Comment raconter les dix dernières années ?, s’interroge un romancier qui justement s’y essaie. Le problème n’est pas le point de départ, mais le point d’arrivée. Pour écrire l’histoire de la guerre d’Algérie, il a fallu attendre qu’elle se termine. Ici, nous sommes toujours dans une succession d’événements dont on ne voit pas la fin. » La structure même de son livre en chantier, dont chaque chapitre situe le récit par rapport aux temps forts d’une année en particulier, le rend tributaire d’un système politique qui ne cesse d’entretenir le suspense.

Une décennie après l’invasion américaine qui mit fin au règne de Saddam Hussein, l’Irak reste en crise. Mais, pour s’en rendre compte, Bagdad est le dernier endroit à visiter. Les attentats sanglants, sans lesquels ce pays cesserait pour ainsi dire d’exister dans les médias, y deviennent beaucoup plus rares qu’il y a quelques années, quand la résistance face à l’occupation et les milices confessionnelles faisaient grand usage de voitures piégées, de kamikazes et de bombes en tous genres.

La circulation, rendue cauchemardesque par la prolifération des checkpoints et des murs de béton, s’améliore. Les Irakiens qui, en 2006 notamment, avaient fui les violences et s’étaient réfugiés au Kurdistan ou hors des frontières sont de retour en nombre. Ceux qui ont « collaboré » avec les Etats-Unis retrouvent une place ordinaire en société. La cherté de la vie n’empêche pas de nouveaux contingents de bénéficiaires de la manne pétrolière de s’adonner à une consommation frénétique. Aussi l’activité semble-t-elle plus intense dans les rues commerçantes que dans les coulisses du monde politique, où des figures de tout bord paraissent aborder le dernier conflit en date avec une nonchalance d’habitués.

Le premier ministre, M. Nouri Al-Maliki, voit se multiplier ses détracteurs à mesure qu’il s’impose comme l’homme fort du pays. Son bras de fer avec le leadership kurde, qui domine le nord-est du pays, sur le partage des revenus pétroliers et l’attribution de territoires disputés (1) l’a bien servi pour rallier des soutiens dans la population arabe, chiite comme sunnite, en le posant comme le défenseur de ses intérêts et, plus généralement, de l’intégrité nationale. Mais voilà, il a abusé de l’argument du « terrorisme » pour écarter des politiciens comme M. Rafi Al-Issaoui, l’adjoint sunnite accolé à une primature chiite dans un système politique reposant sur la répartition ethnoconfessionnelle des postes. Une vaste mobilisation populaire a depuis soudé la scène sunnite contre lui, la multiplication des manifestations forçant les figures politiques cooptées par M. Al-Maliki à se dissocier de lui.

En découle presque mécaniquement une crispation identitaire chiite, dans une société qui vit encore sous le choc des violences interconfessionnelles qui ont sévi particulièrement entre 2006 et 2008. Pour autant, M. Al-Maliki ne compte pas que des alliés dans une sphère chiite pluraliste (2) car son pouvoir personnel enfle en diminuant l’influence de ses rivaux, sur le mode des vases communicants.

Le premier ministre se retrouve donc étonnamment isolé : fragile face aux Kurdes, ramené vers un jeu sectaire, et en même temps peu sûr de ses arrières communautaires, dont il a cherché à se distancier en jouant la carte du nationalisme. Il lui reste néanmoins des atouts : son contrôle des ressources étatiques ; l’incapacité de ses adversaires disparates à s’accorder sur un successeur ; une curieuse concordance américano-iranienne sur la primauté de la stabilité (les uns voulant oublier leurs déboires en Irak, et les autres craignant d’aggraver leurs pertes en Syrie) ; la loi d’airain de l’opportunisme cynique qui structure le système politique peut-être davantage que tout autre facteur ; et une grande fatigue populaire qui pourrait conduire à l’épuisement de la mobilisation.

Quand les Etats-Unis font de l’Irak une parodie de lui-même

Inversement, une confrontation n’est pas impossible, étant donné l’intensité des frustrations dans le monde sunnite, la polarisation sectaire qui resurgit et les déficiences à la fois matérielles et morales d’un appareil de sécurité inapte à la contre-insurrection et dépourvu d’une légitimité nationale. Un scénario de vide politique dans lequel M. Al-Maliki serait paralysé ou même forcé au départ sans accord sur sa succession n’est pas à exclure.

La nature du régime politique reste en outre indéfinissable. Le premier ministre met en œuvre une logique que ses adversaires ne manquent pas de dénoncer comme autoritaire, en concentrant les pouvoirs exécutifs, au point qu’une simple demande de visa est susceptible de transiter par ses bureaux. Son style viril d’homme providentiel s’inscrit dans une longue tradition à laquelle les Irakiens demeurent sensibles. Sous sa responsabilité, les abus contre les droits humains répètent une grammaire qui emprunte à la syntaxe infernale de l’ancien régime. Mais il fait malgré tout face à un pluralisme désormais bien ancré, qui rend à peu près illusoire toute ambition tyrannique.

La puissance de M. Al-Maliki s’oppose en même temps à l’émergence d’un véritable parlementarisme, et s’appuie plutôt sur l’ambiguïté des règles du jeu politique comme base d’une redistribution fluide des ressources et des alliances dans un climat de conflictualité permanente. Pour l’ancien vice-président Adel Abdel Mahdi, « on ne peut plus imaginer un système où régnerait une secte, un parti ou un homme. Les sunnites ont essayé, et les chiites peuvent en faire autant, mais ça ne marchera pas. A ce stade, on ne peut pas miser non plus sur un système reposant sur une citoyenneté déconfessionnalisée. Le pluralisme, la décentralisation, voire le fédéralisme sont inévitables dans la phase actuelle. Il nous faut donc un système parlementaire. Mais aujourd’hui nous ne sommes dans aucun système en particulier. Les institutions fonctionnent mal, et la Constitution n’est pas vraiment appliquée. »

Cette situation est une des deux dimensions surdéterminantes du legs américain en Irak. Entre une invasion conçue comme une « frappe chirurgicale », sans responsabilités attenantes, et le départ accéléré souhaité par le président Barack Obama afin de se dégager au plus vite des engagements malencontreux de son prédécesseur George W. Bush, on a assisté à quelques années d’ingénierie politique qui mériteraient, au mieux, l’appellation de bricolage. Passons sur les péchés originaux : criminalisation et démantèlement intégral des structures de l’ancien régime, conception sectaire du système politique, promotion exclusive de politiciens exilés détachés de la société, négociation dans les coulisses d’une Constitution reflétant un accord entre chiites et Kurdes au détriment des sunnites, et multiplication d’élections consacrant la marginalisation de ces derniers.

Tous ces errements auraient pu lentement être corrigés, mais les Etats-Unis ont surtout péché par omission. Leur retrait s’est fait, contrairement aux objectifs qu’ils s’étaient eux-mêmes fixés, sans aucun accord sur toutes les questions qui hanteront l’Irak encore longtemps : la révision de la Constitution, l’allocation des territoires disputés, la répartition des ressources, les rapports entre pouvoir central et provinces, les prérogatives du premier ministre, l’institutionnalisation des contre-pouvoirs, le fonctionnement interne du Parlement, la structure de l’appareil répressif, etc. Tout reste à négocier et à renégocier, de crise politique en crise politique. Cette indétermination est du reste parfaitement intériorisée par les personnes concernées. « Les troubles que nous traversons sont l’expression normale de circonstances anormales, résume un proche conseiller de M. Al-Maliki. Nous poursuivons notre processus de transition. »

Le second volet de l’héritage américain concerne l’architecture identitaire, bancale et incomplète, dans laquelle les Irakiens sont provisoirement empêtrés. En projetant une vision rudimentaire de la société, en plaquant sur les Irakiens des concepts grossiers de baasisme, « saddamisme », terrorisme, sectarisme ou tribalisme, et en échafaudant une construction politique fondée sur ces clichés, les Etats-Unis ont fait de l’Irak une parodie de lui-même (3). Ce phénomène évoque l’effet performatif d’un imaginaire colonial, quoique l’invasion américaine n’ait jamais eu vocation à « coloniser » à proprement parler.

C’est en traitant les sunnites comme s’ils étaient tous des partisans de Hussein que l’occupant les a regroupés contre lui et les a marginalisés dans le système politique, les poussant à regretter une ère dont ils avaient pourtant souffert eux aussi. Sur la scène chiite, les Américains ont également voulu voir des « bons » et des « méchants », aggravant un simple clivage de classe en s’aliénant le mouvement prolétaire, dit « sadriste (4) », accusé à tort d’être un suppôt de Téhéran. Les Kurdes, eux, sont apparus comme des alliés naturels, renforçant leur autonomisation et leurs ambitions dans les territoires disputés.

Les Irakiens restent en partie prisonniers d’une image d’eux-mêmes façonnée aux Etats-Unis, et que les Américains ont laissée derrière eux. De fait, les identités qui s’affichent le plus ostensiblement sont souvent caricaturales. Les islamistes de tout poil proclament leurs appartenances spécifiques par leur style capillaire — barbe courte ou longue, avec ou sans moustaches, cheveux rasés ou non. Les soldats et les policiers ont gardé de leurs « partenaires » une préoccupation coquette pour leur « look », ce qui, à la mode irakienne, se traduit notamment par des protège-genoux portés systématiquement sur les chevilles. Quasiment tous les quartiers de Bagdad arborent une abondance de marqueurs identitaires — portraits de « martyrs », drapeaux et graffitis — qui annoncent sans ambiguïté possible leur couleur communautaire, désormais homogène. Les institutions étatiques ne sont malheureusement pas à l’abri d’un tel phénomène, dans un pays où les symboles nationaux sont éclipsés par des emblèmes plus particularistes. Aussi des bannières chiites flottent-elles sur la plupart des barrages de contrôle de la capitale.

Des affichages identitaires qui renforcent les idées reçues

Les discours sont également empreints d’un sectarisme ostentatoire, qui avant 2003 n’était pas absent de la société, mais de l’espace public. Les préjugés réciproques s’expriment désormais ouvertement. Loin des interminables propos convenus tenus naguère sur la fraternité nationale, un interlocuteur pris au hasard ne prendra que quelques minutes pour tomber le masque, accuser les manifestants dans l’ouest de l’Irak d’être un mélange de baasistes, de membres d’Al-Qaida et d’agents infiltrés, et décréter que « chaque ère a son homme, et maintenant c’est à nous, chiites, de régner ». Les drapeaux et les chants de l’opposition n’étaient pas pour le contredire, puisqu’ils ont mobilisé au début des référents liés à l’ancien régime, à une culture djihadiste et à l’esprit de revanche confessionnelle. Souvent, ce répertoire relève moins de la profession de foi que de la provocation gratuite, mais qu’importe : les affichages identitaires des uns comme des autres viennent confirmer et renforcer les idées reçues de chacun.

Pourtant, dans un espace public saturé d’images d’Epinal, les rappels des enchevêtrements identitaires irakiens sont foison. Ainsi ce groupe de jeunes hommes qui se retrouvent chaque soir autour de conversations parfois sectaires, constitué d’un mélange solidaire de sunnites, de chiites et de Kurdes. Un artiste photographe qui a dû fuir les violences de 2006 et se réfugier dans un quartier exclusivement chiite reste aussi explicitement athée que jamais. Un médecin chiite raconte son calvaire aux mains d’une milice de même confession, tandis qu’un collègue sunnite se rappelle les risques qu’il devait prendre en empruntant des axes contrôlés par Al-Qaida. Dans certains cas, les logiques de classe sociale transcendent encore les réflexes communautaires et, jusqu’à ce jour, la pratique des mariages mixtes n’a pas entièrement disparu.

Incarnation du clivage entre discours incantatoires et pratiques effectives, un homme d’affaires au sunnisme paroxystique, qui appelle les manifestations à devenir pleinement sectaires et surtout violentes, ne se donne pas la peine de les suivre aux informations… parce qu’il ne s’y intéresse pas vraiment, au fond. Les amitiés durables permettent aussi d’intéressants rapprochements : un intellectuel devenu islamiste modéré et partisan de M. Al-Maliki, rendant visite à d’anciens camarades, priera le plus naturellement du monde au siège du Parti communiste.

« Aujourd’hui, ils sont nombreux au pouvoir et leur faim est insatiable »

En somme, de nombreux facteurs peuvent venir aplanir les identités les plus hyperboliques. Ce qui manque pour que ces modulations s’expriment plus puissamment, c’est un peu de temps, de calme, de relâchement. Le spectre des « journées noires » ou des « événements sectaires », c’est-à-dire d’une violence souvent très intime que les euphémismes tentent d’exorciser, plane sur la ville. En chacun s’inscrit une carte des lieux familiers, rassurants, « consolidés », et des zones inquiétantes où l’on n’ose plus retourner. Les habitants d’un quartier désormais tranquille s’étonnent de sa réputation de coupe-gorge auprès de ceux qui n’y viennent plus, tout en projetant leurs propres craintes sur d’autres districts, généralement apaisés eux aussi. Cette distance et cette méconnaissance se retrouvent au niveau politique, puisque les déplacements se font rares vers des provinces affiliées au camp adverse. Elles sont aussi une ressource et un ressort du jeu politique, qui ne manque pas de mobiliser la peur de l’Autre, les crispations identitaires et tout le répertoire de la protection des intérêts communautaires.

En attendant une normalisation réelle, lointaine, les Irakiens se bricolent un quotidien, et s’orientent remarquablement bien dans le dédale d’un système politique alambiqué, d’une société bouleversée, d’une ville déstructurée et d’une économie compliquée par mille et une formes de prédation. Par exemple, la plupart des maisons s’alimentent à trois sources d’électricité — le réseau gouvernemental, à hauteur de quelques heures par jour, le générateur privé du quartier et le petit moteur d’appoint pour faire face aux nombreuses pannes — dans un système aussi aberrant que parfaitement rodé. La corruption aux checkpoints — dont la finalité n’est autre, parfois, que le racket — est entrée dans les habitudes. Dans ce pays accoutumé aux ruptures et aux incongruités, le vocabulaire vernaculaire continue de s’enrichir de tous les mots nécessaires pour rendre compte des nouveautés et apprivoiser l’absurde — comme le terme fondateur et intraduisible de hawasim, dérivé de la propagande de Hussein en 2003, exprimant à l’origine une notion de « caractère décisif », mais décrivant depuis les innombrables comportements délictueux rendus possibles par le désordre ambiant. L’humour est de la partie, aussi. Mais cette créativité n’enlève rien à la résistance de vieux repères auxquels les Irakiens semblent plus attachés que jamais. Les bonnes adresses de pâtisseries restent les mêmes, et les cafés en vue s’avèrent indémodables. Quant à la tradition du poisson grillé façon masguf, elle vire presque à l’obsession.

Plus troublante est l’attitude de la classe politique, qui s’accommode de la situation plus qu’elle n’essaie de la changer. Le nouveau régime s’est comme coulé dans les vêtements de l’ancien. Les responsables squattent les résidences opulentes de leurs prédécesseurs, qu’ils se sont appropriées au lendemain d’une période à laquelle ils entendaient mettre fin. A Bagdad, presque aucune infrastructure n’a été construite en dix ans, à l’exception du siège de la municipalité, de la route de l’aéroport et de quelques passerelles automobiles. Des stands censés abriter les policiers aux carrefours sont estampillés « cadeau de la mairie », dans une logique qui évoque les largesses (makarim) d’un Hussein — substitut personnalisé à ce qui devrait relever d’une politique anonyme. Les salaires de la fonction publique demeurent insuffisants, poussant ses membres à rechercher des revenus supplémentaires, légaux ou non. La corruption à haut niveau est tolérée, prouvée et utilisée comme moyen de pression au besoin. L’arrivisme, le népotisme, l’incompétence gangrènent les institutions.

Au cœur de Bagdad, le palais républicain, devenu « zone verte » lorsque l’occupation américaine en fit son centre névralgique, incarne les pires aspects du nouvel ordre comme il le faisait de l’ancien. Immense périmètre plus ou moins sécurisé, il s’agit surtout d’un champ politique exclusif, d’un espace de privilèges, d’un univers qui fait son possible pour se dissocier du reste de la société. Toute une gamme de cartes d’accès s’est développée, définissant une nouvelle élite et des statuts hiérarchisés. La fermeture de l’axe Karrada-Mansour, qui traverse la zone verte, oblige les gens du commun à d’invraisemblables détours. Sa réouverture exigerait des aménagements vraisemblablement réalisables, mais l’enjeu est ailleurs : la zone verte semble être devenue, pour ainsi dire, la prérogative inaliénable d’une caste qui tient justement à n’avoir de comptes à rendre à personne.

Tout ceci rappelle ce qui pour beaucoup constituait la réalité insupportable de l’ancien régime. Les critiques exprimées par les Irakiens épousent d’ailleurs souvent les formules utilisées naguère. Le parallèle n’est pas tabou, y compris chez ceux qui pour rien au monde ne reviendraient en arrière. Ainsi de cet homme qui affirmait que « maintenant, c’est à nous : Saddam était seul et repu. Le problème, c’est qu’aujourd’hui ils sont nombreux au pouvoir et leur faim est insatiable ».

Au final se pose une question douloureuse : l’Irak a-t-il subi une nouvelle décennie de souffrance pour rien ? Certes, la chute du régime était nécessaire pour sortir de l’impasse, et a introduit une forme de redistribution des cartes. Le quartier d’officiers de Yarmouk tombe en déshérence, tandis que celui, autrefois misérable, de Hay Al-Jawadein inaugure un jardin d’enfants et, qui l’eût cru, un terrain de tennis. Mais quel prix à payer pour échanger quelques balles… ou même quelques postes dans l’appareil d’Etat. Trop souvent, l’émigration ou l’enrichissement personnel restent le seul horizon d’une société qui peine à se définir une ambition collective. La nouvelle élite n’est pas tant coupable de cette situation qu’elle n’en est le produit, dans ce pays dont le présent s’inscrit dans une trop longue série de ruptures.

Pour autant, les nostalgiques de l’ancien régime ont la mémoire défaillante. Ils ne se souviennent pas, par exemple, des rabatteurs employés par Oudaï Hussein, le fils dégénéré du tyran, pour capturer sur les sites de villégiature fréquentés par les Irakiens des filles de bonne famille à violer en toute impunité. Il fallait aller de l’avant, ce dont Saddam Hussein et son entourage n’avaient assurément ni les moyens ni l’intention. Aujourd’hui encore tout est à espérer, parce que tout est à faire. Le potentiel, les ressources au moins sont là. Le pays est riche en pétrole, bien que la corruption veille à ce qu’il n’en paraisse rien ; la fuite des cerveaux pourrait un jour s’inverser, quand l’appareil d’Etat se nourrira à nouveau des compétences plus qu’il n’engraissera les fidèles, les amis et les cousins. Reste à sortir de la nouvelle impasse d’un système politique dont l’indétermination est la condition d’un provisoire qui dure.

Peter Harling
Chercheur, a vécu à Bagdad de 1998 à 2004.
(1) Des zones de population mixte, comprenant notamment des Arabes et des Kurdes, sont l’objet d’un conflit larvé entre le gouvernement de Bagdad et les autorités locales, largement autonomes, du Kurdistan irakien. Les tensions portent notamment sur le statut de la ville de Kirkouk et sur l’exploitation des ressources pétrolières dans les sous-sols des territoires en question.

(2) Lire « Unité de façade des chiites irakiens », Le Monde diplomatique, septembre 2006.

(3) Cf. « Les dynamiques du conflit irakien », Critique internationale, n° 34, Paris, 2007/1.

(4) Le sadrisme est un courant qui s’est formé autour de la figure de Mohamed Sadek Al-Sadr, leader religieux populiste qui, dans les années 1990, s’est fait le représentant des milieux défavorisés et délaissés par l’establishment chiite. Son opposition courageuse au régime a conduit à son assassinat en 1999. Un de ses fils, Moqtada, s’est efforcé depuis 2003 de reprendre le flambeau.
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Re: Irak .................

Message  ivo le Jeu 3 Oct - 8:45

Citations et extraits
http://www.monde-diplomatique.fr/2013/03/A/48846
Le précédent de 1991

Signé notamment par Alain Finkielkraut, Pierre-André Taguieff et Alain Touraine, un texte collectif regroupe les principaux arguments de ceux qui approuvent l’intervention militaire (Libération, 21 février 1991).

En tant qu’intellectuels nous disons : la guerre menée contre l’Irak par la coalition internationale est nécessaire, elle est juste, elle doit être conduite jusqu’à son terme. (…) Croire qu’il était possible d’éviter cette guerre, c’est se bercer d’illusions munichoises ; (...) le refus de combattre revient à différer un affrontement inévitable, pour y être contraint plus tard dans de pires conditions. (…) Que la coalition internationale soit dirigée par les grandes puissances occidentales et tournée contre un pays du tiers-monde ne change rien à l’affaire. (...) Le droit ne s’identifie pas forcément à celui du « pauvre », du « plus faible ». (...) L’intervention contre l’Irak de Saddam Hussein s’avère à la fois légale (autorisée par le Conseil de sécurité de l’ONU) et légitime (destinée à libérer le Koweït). (…) Il serait politiquement irresponsable d’abandonner les ressources [pétrolières de la région] aux mains d’un despote qui (...) tente de se doter d’armes nucléaires et promet d’anéantir Israël. (…) [L’« humiliation » et le « désespoir des masses arabes »] n’excusent en rien ces rêves de pogroms, cette passion qui les fait acclamer un tyran, pourvu qu’il promette de gazer des Juifs.

Tous Américains ?

Directeur du quotidien Libération, Serge July dénonce l’antiaméricanisme des opposants à la guerre (Libération, 26 mars 2003).

Une hystérie antiaméricaine se répand qui finit par mettre sur le même plan Saddam et Bush, quand ce n’est pas une pure et simple inversion, c’est-à-dire Bush encore pire que Saddam. (…) Dans la globalisation, les défaites politiques de l’Amérique sont des défaites de la démocratie, qui a contrario renforcent ses adversaires, et spécialement tous les intégrismes. Qu’à la suite d’une défaite politique succède après-demain à cette Amérique unilatéraliste une Amérique isolationniste, et nous regretterons amèrement son absence dans les combats décisifs du monde.

Conviction granitique

Le déroulement calamiteux de l’opération américaine (absence d’armes de destruction massive, morts de civils, torture, etc.) ne change pas l’analyse des intellectuels va-t-en-guerre (Marianne, 17 mai 2004).

L’immense majorité des Irakiens sont heureux qu’on les ait débarrassés de Saddam Hussein. Ce qui se passe ne modifie pas mon analyse. Il y a toujours des saloperies comme ça dans les guerres. Il fallait être aux côtés des Américains, comme au Kosovo, pour les influencer.

Bernard Kouchner

Les Européens n’agissent jamais, ce qui donne des résultats déplorables, amenant les Américains à intervenir seuls, perpétrant ainsi ce qui s’est perpétré dans nos guerres françaises, en Algérie et en Indochine.

Jean-François Revel

Je n’ai jamais cru aux armes de destruction massive. Le plus important pour moi était de renverser un régime à l’image de ce que furent les dictatures fascistes européennes. Le fait que les Américains aient délivré l’Europe du fascisme rend d’autant plus difficile à croire aujourd’hui que les dérapages de ses soldats aient été effectués sur commande.

Robert Redeker

Un « vieux pays » s’oppose au conflit

Le 14 février 2003, M. Dominique de Villepin, alors premier ministre français, prend la parole devant le Conseil de sécurité de l’Organisation des Nations unies pour expliquer pourquoi la France refuse la guerre.

Il y a deux options. L’option de la guerre peut apparaître a priori la plus rapide. Mais n’oublions pas qu’après avoir gagné la guerre, il faut construire la paix. Et ne nous voilons pas la face : cela sera long et difficile, car il faudra préserver l’unité de l’Irak, rétablir de manière durable la stabilité dans un pays et une région durement affectés par l’intrusion de la force.

Face à de telles perspectives, il y a l’alternative offerte par les inspections, qui permet d’avancer de jour en jour dans la voie d’un désarmement efficace et pacifique de l’Irak. Au bout du compte, ce choix-là n’est-il pas le plus sûr et le plus rapide ? (…) Monsieur le président, à ceux qui se demandent avec angoisse quand et comment nous allons céder à la guerre, je voudrais dire que rien, à aucun moment, au sein de ce Conseil de sécurité, ne sera le fait de la précipitation, de l’incompréhension, de la suspicion ou de la peur.

Dans ce temple des Nations unies, nous sommes les gardiens d’un idéal, nous sommes les gardiens d’une conscience. La lourde responsabilité et l’immense honneur qui sont les nôtres doivent nous conduire à donner la priorité au désarmement dans la paix. Et c’est un vieux pays, la France, d’un vieux continent comme le mien, l’Europe, qui vous le dit aujourd’hui, qui a connu les guerres, l’occupation, la barbarie. Un pays qui n’oublie pas et qui sait tout ce qu’il doit aux combattants de la liberté venus d’Amérique et d’ailleurs. Et qui pourtant n’a cessé de se tenir debout face à l’histoire et devant les hommes. Fidèle à ses valeurs, il veut agir résolument avec tous les membres de la communauté internationale. Il croit en notre capacité à construire ensemble un monde meilleur.

Les lobbyistes de Washington

Dans ses Mémoires, l’ancien président français Jacques Chirac relate les pressions dont il a fait l’objet lors du déclenchement des opérations américaines (Le Temps présidentiel. Mémoires, tome 2, en collaboration avec Jean-Luc Barré, Nil, Paris, 2011).

En ce qui concerne notre pays, la position que j’ai prise et défendue sans relâche depuis le début de la crise bénéficie d’un soutien massif et quasi unanime du peuple français, rassemblé comme il sait l’être dans les circonstances majeures de son histoire.

C’est du côté des élites ou présumées telles que se font entendre, en revanche, des voix plus discordantes. Chez certains de nos diplomates, une inquiétude feutrée mais perceptible tend à se propager quant aux risques d’un isolement de la France. Du Medef [Mouvement des entreprises de France] et de certains patrons du CAC 40 parviennent des messages plus insistants, où l’on me recommande de faire preuve de plus de souplesse à l’égard des Etats-Unis, sous peine de faire perdre à nos entreprises des marchés importants. Je me souviens du baron Seillière [M. Ernest-Antoine Seillière, alors président du Medef] venant se faire l’interprète auprès de moi des doléances de ses pairs. Les courants les plus atlantistes au sein de la majorité comme de l’opposition ne sont pas en reste, où l’on dénonce, à visage plus ou moins découvert, mon obstination à paraître défier les Américains.

Compter les morts

Pour la seule année 2012, et malgré le retrait américain, on a dénombré plus de quatre mille cinq cents morts civils irakiens. Mais le bilan des dix années du conflit reste difficile à établir.

On sait, à l’unité près, le nombre de soldats américains tombés en Irak entre le début de l’invasion (mars 2003) et le retrait des GI (fin 2011) : 4 484. En revanche, le chiffre des civils irakiens tués reste très incertain. Il varie entre un peu plus de cent mille et un million. L’Iraq Body Count Project a tenté une évaluation ne recensant que les morts qu’il a pu documenter de manière précise : c’est dire que l’on est très en dessous de la réalité. Le bilan se situerait entre cent quinze mille et cent trente mille. A cela, il faudrait ajouter vingt-quatre mille militaires et insurgés. Le 28 mars 2007, le quotidien britannique The Guardian citait une étude de l’université Johns Hopkins de Baltimore selon laquelle six cent cinquante mille Irakiens étaient morts des suites de l’intervention américaine.

Une lente agonie

Après les opérations militaires, les morts précoces continuent (Agnès Stienne, « Irak : après les feux de la guerre, les cancers », Les blogs du Diplo, Visions cartographiques, 5 décembre 2012).

En 2009, les médecins de l’hôpital général de Fallouja, effrayés par ce qu’ils constataient au fil des ans, adressèrent un courrier commun aux Nations unies pour réclamer des investigations indépendantes : « En septembre 2009, sur cent soixante-dix nouveau-nés, 24 % sont morts dans leur première semaine, parmi lesquels 75 % présentaient des malformations importantes. » Des enquêtes partielles seront menées à Fallouja et à Bassora quelques mois plus tard, et les résultats publiés dans le Bulletin of Environmental Contamination and Toxicology de l’université du Michigan. Les auteurs résument leurs observations en une phrase, qui veut tout dire : « Le taux de cancer, de leucémie et de mortalité infantile observé à Fallouja est plus élevé qu’il le fut à Hiroshima et Nagasaki en 1945. » Il est rappelé que l’exposition aux métaux toxiques (dont les effets morbides sont reconnus) est source de complications sévères pour les femmes enceintes et le développement du fœtus. Il est plus que probable que les munitions utilisées pour les bombardements dans ces deux villes soient à l’origine de ces tragédies.

Impunité

Peut-on être acquitté après le meurtre de vingt-quatre civils ? Si le coupable est un soldat américain et les victimes des civils irakiens, cela devient possible (Le Monde, 27 janvier 2012).

L’arrangement judiciaire qui a permis au sergent des marines américain Frank Wuterich, accusé de la mort de vingt-quatre civils irakiens (dont dix femmes et enfants tués à bout portant), en novembre 2005 à Haditha, d’échapper à la prison a provoqué l’écœurement en Irak. En plaidant coupable devant une cour martiale de Camp Pendleton, M. Wuterich n’encourt que la dégradation et une peine maximale de trois mois aux arrêts [finalement, il n’a été condamné à aucune peine de prison]. Le président de la commission des droits humains du Parlement irakien, M. Salim Al-Joubouri, a dénoncé une « atteinte à la dignité des Irakiens ».

Légalisation de la torture

Dans leur enquête Au nom du 11 septembre... Les démocraties à l’épreuve de l’antiterrorisme (La Découverte, 2008), les chercheurs français Didier Bigo, Laurent Bonelli et Thomas Deltombe analysent les remises en cause des libertés individuelles qu’ont justifiées les attentats du 11 septembre 2001 à New York et Washington. Ils évoquent notamment les détentions indéfinies et l’usage de la torture.

Concernant Guantánamo, ce sont souvent des individus « ordinaires », victimes des circonstances, qui ont payé le prix de ces détentions indéfinies. Parmi ceux qui ont été relâchés, la plupart étaient non pas des combattants liés à Al-Qaida, mais des étrangers arrêtés sur place, en Afghanistan (où ils se trouvaient pour le tourisme, ou pour des raisons de mariage, de religion et, pour quelques-uns, d’engagement politique), qui ont été vendus aux Américains pour toucher des primes. Ce fut le cas de M. Murat Kurnaz, un jeune Allemand d’origine turque, arrêté à Peshawar (Pakistan) lors d’un simple contrôle routier et remis par la police pakistanaise aux forces américaines pour la modique somme de 3 000 dollars. Ou encore de M. Abdullah Al-Ajmi, Koweïtien renvoyé dans son pays en novembre 2005. Sur les huit Koweïtiens libérés de Guantánamo et transférés dans leur pays d’origine, cinq ont été acquittés de toutes les accusations qui pesaient sur eux.

En janvier 2002, le juriste américain Alan Morton Dershowitz a tenté de justifier la torture « légale » en invoquant — comme avant lui les militaires français pendant la guerre d’indépendance algérienne — le scénario du terroriste connaissant la localisation d’une bombe qui va exploser et refusant de la révéler. Un scénario fort peu réaliste, mais dont la simple évocation a servi à légitimer des pratiques où l’information que l’on cherche à « extraire » est « inconnue ». Parfois, il n’y a même plus l’objectif de connaître, mais une simple routine.

Information « juste et équilibrée »

La grande chaîne d’information américaine Fox News ne feint pas l’objectivité. Ses directeurs distribuent des mémorandums expliquant comment il faut présenter l’actualité du jour. Certains ont fuité.

Le président fait ce que peu de ses prédécesseurs ont tenté : il exige qu’un sommet arabe se prononce sur la question de la paix au Proche-Orient. Son courage politique et son habileté tactique devront être soulignés lors de nos reportages de la journée (3 juin 2003).

Le carnage persistant en Irak, et surtout la mort de sept soldats américains à Sadr City, ne laisse guère d’autre choix à l’armée américaine que de punir les coupables. Quand cela interviendra, il faudra que nous soyons capables de rappeler le contexte ayant conduit à ces représailles (4 avril 2004).

Ne tombez pas dans le piège de déplorer les pertes américaines et de vous demander ce que nous pouvons bien faire en Irak. Les Etats-Unis sont en Irak pour aider un pays qui a été maltraité pendant trente ans et le mettre sur le chemin de la démocratie. Certains Irakiens ne veulent pas que cela se produise. Et c’est pour cela que des GI meurent. Et c’est cela que nous devons rappeler à nos téléspectateurs (6 avril 2004).

Quand nous montrons des marines, appelons-les « tireurs d’élite » plutôt que snipers. Sniper a une connotation négative (28 avril 2004).

DOSSIER BAGDAD, DIX ANS APRÈS

Dix ans après, que devient l’Irak ?
Peter Harling
Echec cuisant, l’invasion de l’Irak a également fait des centaines de milliers de victimes et déstabilisé l’Etat. Sous le masque d’une étonnante normalité persistent à Bagdad les tensions politiques et (...)
Echec d’une guerre pour le pétrole
Jean-Pierre Séréni
Longtemps, les responsables américains l’ont affirmé : l’invasion de l’Irak n’était pas destinée à s’emparer du pétrole. Pourtant, des documents récemment déclassifiés racontent une autre (...)
Nadir Dendoune et « l’œil de la vérité »
Alain Gresh
Des documents désormais accessibles
J.-P. S.
La télévision loin des fronts
Ignacio Ramonet
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Message  ivo le Ven 7 Fév - 9:15

Des milliers d’Irakiennes «détenues, torturées, violées»
http://www.rfi.fr/moyen-orient/20140206-irak-milliers-irakiennes-detenues-torturees-violees-hrw-droits-homme-femme-violences-al-maliki
Dans un rapport, Human Rights Watch dénonce la détention illégale de femmes irakiennes et les mauvais traitements dont elles sont victimes. L’organisation de défense des droits humains, qui a pu s’entretenir avec vingt-sept d’entre elles, dénonce l’attitude des forces de sécurité irakiennes ainsi que le système judiciaire du pays.

« Une des ces femmes est arrivée en s’aidant de béquilles […] Elle a affirmé que neuf jours de passage à tabac, d’électrochocs et de falaqa [coups portés sur la plante des pieds] l’avaient rendue définitivement infirme. Human Rights Watch a pu constater qu’elle avait le nez éclaté, des cicatrices sur le dos et des traces de brûlures sur un sein ». La femme irakienne mentionnée dans cet extrait du dernier rapport de Human Rights Watch était condamnée à mort. Elle a été exécutée en septembre 2013, sept mois après son entretien avec l’organisation de défense des droits de l’homme.

Violences sexuelles et menaces

Personne n’est à l’abri : femmes maltraitées par le système judiciaire irakien, c’est le titre du rapport publié ce jeudi 6 février par Human Rights Watch et qui met en cause les forces de sécurité irakiennes ainsi que le système judiciaire du pays.

Jointe par RFI, Tamara Al Rifaï, de Human Rights Watch, cite les mauvais traitements dont sont victimes les détenues irakiennes : « Torture, violences sexuelles mais aussi menace de violences sexuelles. Le tout aboutissant souvent à des aveux forcés, extorqués. »

Selon le rapport, la plupart des arrestations illégales et des mauvais traitement visent à faire pression sur les proches des femmes concernées.

Majorité de femmes sunnites

Human Rights Watch recense plus de 4 200 femmes actuellement détenues dans des installations dépendant des ministères de l’Intérieur et de la Défense. Une grande majorité d’entre elles sont des sunnites. « Mais nous avons interrogé des femmes de toutes les confessions irakiennes », précise Tamara Al Rifaï. Le comportement des forces de sécurité irakiennes est régulièrement critiqué alors que les violences sont quotidiennes dans le pays et surtout dans la province sunnite d’Al Anbar. La minorité sunnite irakienne dénonce la mise à l’écart dont elle est victime de la part du gouvernement chiite de Nouri al-Maliki.

En janvier 2013, le Premier ministre al-Maliki avait promis de réformer le système pénal en commençant par libérer un certain nombre de femmes détenues. « Mais un an plus tard, les méthodes brutales des forces de sécurité demeurent essentiellement inchangées et des centaines de femmes sont toujours détenues illégalement », regrette Human Rights Watch.
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Message  ivo le Jeu 12 Juin - 9:03

IRAK • La deuxième ville du pays sous contrôle des djihadistes
http://www.courrierinternational.com/une/2014/06/11/la-deuxieme-ville-du-pays-sous-controle-des-djihadistes
“L'armée s'effondre sur une ligne Mossoul-Kirkouk-Tikrit”, titre le journal irakien. L'armée a en effet abandonné Mossoul, deuxième ville du pays, dans le nord-est kurde. Les djihadistes de Daech [l'Etat islamique en Irak et au Levant], affilié à Al-Qaïda, ont hissé leur drapeau sur les bâtiments publics. Le journal note toutefois que les combattants semblent mêlés, “certains brandissant le drapeau de Daech, d'autres la photo de l'ancien vice-président de Saddam Hussein, Izzat Al-Douri”, qui reste un symbole du baasisme ainsi que de la répression antikurde. Par ailleurs, les djihadistes progressent dans la province kurde de Kirkouk, une région stratégique en raison de ses ressources pétrolières.
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Re: Irak .................

Message  ivo le Jeu 12 Juin - 11:22



L’offensive djihadiste en Irak qui redessine le Moyen-Orient
Les Etats-Unis assument une responsabilité historique indéniable dans la crise irakienne actuelle. C’est l’administration Bush qui, en renversant la dictature de Saddam Hussein, a déclenché un processus politique totalement incontrôlé qui a permis l’émergence de groupes djihadistes jusque-là marginaux.

L’armée américaine a quitté l’Irak en 2011, fermant l’un des épisodes les plus douloureux de son histoire depuis la guerre du Vietnam, sans avoir réussi à stabiliser durablement le régime issu de son intervention.

Le rêve des « neo-cons » de l’administration Bush, de reproduire en Irak ce que l’armée américaine avait fait au Japon et en Allemagne, c’est-à-dire bâtir une démocratie sur les décombres de la défaite militaire de ces deux pays en 1945, s’est révélé une chimère.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/06/12/loffensive-djihadiste-irak-redessine-moyen-orient-252872




bâtir une démocratie sur les décombres de la défaite militaire
sauf que ce débile de journaliste se trompe (volontairement ?).
depuis au moins l'afghanistan periode sovietique c'est une "guerre de religion" mondiale que nous ont soigneusement préparé ces ordures pour imposer leur fascisme ....
(en plus de proteger leurs interets strategiques et energetiques)

charognes maudites.
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Re: Irak .................

Message  ivo le Jeu 12 Juin - 11:37

Irak : les rebelles jihadistes avancent vers Bagdad
http://www.liberation.fr/monde/2014/06/11/invasion-jihadiste-washington-promet-d-aider-bagdad_1038988?xtor=rss-450
Le Parlement irakien doit se réunir jeudi pour décréter l'état d'urgence dans le pays. Les Etats-Unis cherchent comment aider le pays sans renvoyer de troupes au sol.

Les rebelles jihadistes sunnites avançaient jeudi vers la capitale Bagdad après s’être emparés de larges territoires du nord-ouest de l’Irak face à une armée en déroute, les Etats-Unis n’excluant pas de frappes aériennes pour enrayer l’offensive extrémiste.

Le Parlement irakien doit se réunir en milieu de journée pour décréter, à l’appel du gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, l’état d’urgence dans le pays, plongé dans la tourmente depuis la prise mardi de la deuxième ville du pays, Mossoul, de sa province, Ninive, et de régions des provinces voisines de Kirkouk et Salaheddine.

Le Premier ministre Nouri al-Maliki, honni par les jihadistes, a appelé mercredi «toutes les tribus» à apporter leur soutien armé aux forces de sécurité et à «former des unités de volontaires» pour combattre les insurgés.

Face à cette offensive d’envergure de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), et l’impuissance de l’armée à la contenir, le Conseil de sécurité de l’ONU se réunira à huis clos à partir de 15h30 GMT, avec une intervention de l’envoyé spécial de l’ONU en Irak, Nickolay Mladenov, par vidéo-conférence.

Cette avancée des combattants de l’Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), face à des forces gouvernementales en déroute et un pouvoir chiite impuissant, a poussé environ un demi-million d’habitants à fuir. Le porte-parole de l’EIIL, Abou Mohammed al-Adnani, a exhorté les insurgés à «marcher sur Bagdad» et a critiqué Nouri al-Maliki pour son «incompétence», dans un enregistrement sonore daté de mercredi et traduit par le réseau américain de surveillance des sites islamistes SITE.

L'ONU APPELLE À LA SOLIDARITÉ INTERNATIONALE

Depuis mardi, ces combattants islamistes – exclus du réseau Al-Qaeda car jugés comme trop radicaux – se sont emparés, dans le nord du pays, de la deuxième ville d’Irak, Mossoul, de sa province, Ninive, et de secteurs dans deux provinces proches, Kirkouk et Salaheddine, majoritairement sunnites. Mercredi ils ont pris Tikrit, à 160 km au nord de Bagdad, et avançaient vers la capitale. Ils ont en outre tenté, en vain, de prendre Samarra, à une centaine de kilomètres de Bagdad, selon des témoins. L’EIIL a en outre pris en otages 49 Turcs au consulat de Turquie à Mossoul, parmi lesquels le consul et des membres des forces spéciales, de même que 31 chauffeurs de poids-lourds turcs dans cette province.


Le Conseil de sécurité des Nations unies se réunira à huis clos à partir de 11h30 (17h30 en France) pour discuter de la situation en Irak. L’envoyé spécial de l’ONU en Irak, Nickolay Mladenov, y interviendra par vidéo-conférence. Le secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, a lancé un appel à la solidarité internationale avec l’Irak. Il a également réclamé la libération immédiate et sans conditions de la cinquantaine de citoyens turcs pris en otage au consulat de Mossoul.

Le ministre turc des Affaires étrangères Ahmet Davutoglu a menacé l’EIIL des «représailles les plus sévères» s’il leur est fait le moindre mal. L’Iran chiite mais aussi les Etats-Unis ont apporté leur soutien au gouvernement de Nouri al-Maliki face au «terrorisme». «Les Etats-Unis soutiendront les dirigeants irakiens alors qu’ils forgent l’unité nationale nécessaire pour remporter le combat contre l’EIIL», a affirmé le porte-parole de la Maison Blanche Jay Carney dans un communiqué.

PAS DE SOLDATS AMÉRICAINS RENVOYÉS EN IRAK

L’Irak a de son côté officieusement indiqué aux Etats-Unis qu’il était ouvert à l’idée de frappes aériennes américaines afin d’enrayer l’offensive jihadiste, a affirmé mercredi un responsable américain, confirmant une information du Wall Street Journal. L’administration du président Obama envisage plusieurs options pour aider Bagdad, éventuellement par le biais de frappes effectuées par des drones, selon ce responsable qui s’exprimait sous couvert de l’anonymat.

La diplomatie américaine s’est défendue d’avoir été prise par surprise, affirmant avoir exprimé depuis des mois ses «inquiétudes» à propos de la «menace terroriste» que pose l’EIIL pour toute la région. En conséquence, Washington «se tient prêt» à venir en aide à Bagdad face à «l’agression» de l’EIIL, a déclaré la porte-parole du département d’Etat Jennifer Psaki, annonçant «une augmentation de l’assistance» américaine. Mais en aucun cas les Etats-Unis «n’envisagent» de renvoyer des troupes au sol en Irak, selon Jennifer Psaki, après le départ le 31 décembre 2011 du dernier soldat américain, au terme d’un très lourd engagement militaire des Etats-Unis pendant huit ans.

En 2011, Bagdad et Washington n’étaient pas parvenus à s’entendre sur le maintien d’un contingent américain en Irak et beaucoup s’étaient alors alarmés d’une nouvelle poussée des violences une fois les Américains partis. Washington a par la suite englouti des dizaines de milliards de dollars pour former et équiper les forces arméesirakiennes, celles-là mêmes qui ont visiblement fui devant les jihadistes.

LE GOUVERNEMENT IRAKIEN IMPUISSANT

L’EIIL, qui ambitionne d’installer un Etat islamique, a prévenu qu’il «n’arrêtera pas la série d’invasions bénies». Le groupe contrôlait déjà des secteurs de la province occidentale d’Al-Anbar à la frontière syrienne. Accusé d’abus en Syrie, il y tient de larges secteurs de la province pétrolière de Deir Ezzor (nord-est), faisant craindre une unité territoriale avec le nord-ouest irakien. Symboliquement, le groupe a diffusé mercredi sur internet des photos de jihadistes créant une route entre la Syrie et l’Irak en aplanissant au bulldozer un mur de sable.

Impuissant et miné par des clivages confessionnels, le gouvernement irakien a appelé le Parlement, qui se réunit jeudi, à décréter «l’état d’urgence». Mais face à l’avancée dans le Nord des combattants jihadistes aguerris, soldats et policiers ont montré peu de résistance, le gouverneur de Ninive, Athil al-Noujaïfi, accusant les commandants militaires d’avoir abandonné le champ de bataille.

Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), «plus de 500 000 personnes ont été déplacées à l’intérieur et autour de Mossoul», qui compte habituellement deux millions d’habitants. A 50 km de Mossoul, des files interminables d’hommes, femmes et enfants attendaient à un barrage kurde pour obtenir un permis de séjour pour passer au Kurdistan autonome. Arrivée avec sa famille, Zahra Chérif, 39 ans, explique avoir «quitté la ville par peur des massacres si l’armée lance un assaut sur la ville» pour la reprendre à l’EIIL.

Dans Mossoul, les combattants, vêtus d’uniformes militaires ou de tenues noires, le visage découvert, étaient positionnés près des banques, des administrations publiques et au siège du Conseil provincial, selon des témoins. Selon des experts, l’EIIL est constitué en grande partie en Irak d’ex-cadres et membres des services de sécurité de Saddam Hussein ayant rejoint la rébellion après l’invasion américaine de 2003.

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Message  ivo le Ven 13 Juin - 8:22

Mossoul : les djihadistes accueillis en libérateurs
Dans la ville irakienne de Mossoul, tombée aux mains des islamistes de l'Eiil, de nombreux sunnites excédés par le comportement de l'armée et par la corruption qui sévit dans le pays ont réservé un bon accueil aux djihadistes.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/12/mossoul-les-djihadistes-accueillis-en-liberateurs


Pourquoi l'armée s'est effondrée
La débandade de l'armée irakienne devant les islamistes de l'Eiil s'explique par le fait que les soldats n'étaient pas prêts à se sacrifier pour un régime corrompu qui a encouragé l'émergence de l'extrémisme.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/12/pourquoi-l-armee-s-est-effondree


L'Iran s'érige en rempart contre les djihadistes
"L'Iran envisagerait d'intervenir à Mossoul", titre le journal de Bagdad, qui rapporte que Téhéran renforce la surveillance de ses frontières.
>>>
http://www.courrierinternational.com/une/2014/06/12/l-iran-s-erige-en-rempart-contre-les-djihadistes


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Message  ivo le Sam 14 Juin - 8:26

Vers une intervention iranienne ?
Alors que l'Irak vole en éclats, que le gouvernement de Bagdad perd son autorité sur les zones sunnites et voit son territoire grignoté par les Kurdes, Téhéran, bien plus que Washington, semble seul capable d'affronter les djihadistes de l'Eiil.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/13/vers-une-intervention-iranienne

Le groupe terroriste Eiil est millionnaire
L’Etat islamique en Irak et au Levant (Eiil), qui a pris la ville irakienne de Mossoul et déclenché une guerre civile, est devenu le groupe djihadiste le plus riche au monde.
>>>
http://www.courrierinternational.com/article/2014/06/13/le-groupe-terroriste-eiil-est-millionnaire
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Message  ivo le Sam 14 Juin - 8:35

Irak : vers un embrasement religieux
http://www.humanite.fr/irak-vers-un-embrasement-religieux-544523
Face à la progression des intégristes sunnites de l’EIIL, le plus haut dignitaire chiite d'Irak appelle la population à prendre les armes. L’Iran se dit également prêt à intervenir.

Les intégristes de l'Etat islamique en Irak et au Levant Etat poursuivent leur marche vers Bagdad. Présents à moins de 100 km de Bagdad, les djihadistes avancent vers la capitale à partir de la province d'Al-Anbar à l'ouest, de celle de Salaheddine au nord et de celle de Diyala à l'est. Très affaiblie par les désertions, l’armée tente de reprendre la main. Le grand ayatollah Ali Al-Sistani, plus haute autorité religieuse chiite d'Irak, a appelé ce vendredi ses fidèles à prendre les armes. "Les citoyens qui peuvent porter les armes et combattre les terroristes pour défendre leur pays, leur peuple et leurs lieux saints, doivent se porter volontaires et s'enrôler dans les forces de sécurité pour mener cet objectif sacré". "Celui qui meurt au service de la défense de la partie, de sa famille et de son honneur, sera considéré comme un martyr", a-t-il ajouté dans une mosquée de la ville sainte chiite de Kerbala, au sud de Bagdad.

L'un des dirigeants de l'EIIL, Abou Mohammed al-Adnani, avait appelé ses troupes à "marcher sur Bagdad" et également spécifiquement contre les villes saintes chiites de Kerbala et Najaf.

Chiffres et repères

Au moins 500 000 civils ont fuit Mosul, soit un tiers de la population, l’ONU évoque plusieurs centaines de morts. 40000 personnes ont fui les villes de Tikrit et Samarra
90 000 militaires irakiens ont désertés cette semaine, laissant armes et matériels

60 % des Irakiens sont chiites, 37 % sunnites
Les kurdes, au Nord de l’Irak, sont sunnites et représentent 15 % de la population

En outre l'Iran, principale nation chiite, s’alarme de la progression des djihadistes sunnites à tel point qu'il envisage coopérer avec les Etats-Unis pour lutter contre cette menace. "Le danger du terrorisme extrémiste sunnite en Irak et dans la région se développe (...) Il y a eu depuis hier à Téhéran plusieurs réunions à haut niveau sur les questions de sécurité", a expliqué un haut responsable de l’armée iranienne à Reuters. Un autre membre de l’Etat major iranien, le général Mohammad Hejazi a déclaré que l'Iran était prêt à fournir à son voisin "des équipements militaires et des conseils".
Le président américain Barack Obama n'a pas exclu jeudi de faire procéder à des frappes aériennes pour aider le gouvernement irakien face aux djihadistes

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Message  ivo le Mar 17 Juin - 12:10





En Irak, les jihadistes veulent briser les frontières de 1916
En perçant le mur de sable entre la Syrie et l'Irak, l'EIIL s'attaque symboliquement à un tracé occidental vieux d'un siècle.
>>>
http://www.liberation.fr/monde/2014/06/17/en-irak-les-jihadistes-tracent-leurs-propres-frontieres_1043230?xtor=rss-450


Les Etats-Unis déploient 275 militaires pour protéger leur ambassade en Irak
Barack Obama a annoncé lundi que 275 militaires américains étaient en cours de déploiement en Irak pour protéger l’ambassade des Etats-Unis à Bagdad et les citoyens américains qui s’y trouvent.
>>>
http://www.liberation.fr/monde/2014/06/17/les-etats-unis-deploient-275-militaires-pour-proteger-leur-ambassade-en-irak_1043080?xtor=rss-450
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Message  ivo le Lun 30 Juin - 8:59

Djihadistes en Irak et en Syrie: l'État islamique en Irak et au Levant annonce l'établissement d'un "califat islamique"
les djihadistes de l’État islamique en Irak et au Levant (EIIL), ont annoncé dimanche 29 juin l'établissement d'un "califat islamique" dans les régions conquises. Le calife désigne depuis sa mort (632) le successeur du prophète Mahomet dans le monde musulman, mais ce régime a disparu avec le démantèlement de l'Empire ottoman.
Dans un enregistrement audio diffusé sur internet au premier jour du ramadan, l'EIIL, qui se fait désormais appeler "État islamique" pour supprimer toute référence géographique, a désigné son chef Abou Bakr Al-Baghdadi comme "calife" et donc "chef des musulmans partout" dans le monde.

"Musulmans (...) rejetez la démocratie, la laïcité, le nationalisme et les autres ordures de l'Occident. Revenez à votre religion. Vous n'avez aucune excuse religieuse pour ne pas soutenir cet Etat. Sachez qu'avec l'établissement du califat, vos groupes ont perdu leur légitimité. Personne ne peut ne pas prêter allégeance au califat".

L'annonce de ce califat "est le développement le plus important dans le djihad international depuis le 11 Septembre" 2001, a affirmé Charles Lister, chercheur associé à Brookings Doha, en référence aux attentats d'Al-Qaïda aux États-Unis. "Cela pourrait marquer la naissance d'une nouvelle ère de djihadisme transnational (...)
>>>
http://www.huffingtonpost.fr/2014/06/30/jihadistes-irak-syrie-etat-islamique-califat_n_5542510.html?utm_hp_ref=france&ir=France
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Message  ivo le Mar 1 Juil - 10:30

2 000 morts en Irak en juin, un record depuis 2007
Près de 2 000 personnes ont été tuées en juin en Irak, théâtre d’une offensive fulgurante de jihadistes sunnites qui ont proclamé la création d’un califat à cheval sur la Syrie voisine. Une démarche ne signifiant «rien» selon Washington.
>>>
http://www.liberation.fr/monde/2014/06/30/2-000-morts-en-irak-en-juin-un-record-depuis-2007_1054390?xtor=rss-450
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Message  ivo le Mar 1 Juil - 11:08


Depuis des mois, dans les milieux proches de l'EIIL, des idéologues religieux radicaux annonçaient le passage à l'étape du califat, qui combine pouvoir temporel et religieux.
Il y a une idée répandue qui veut que cela peut permettre de créer des troubles internes dans les Etats ennemis qu'il pourrait exploiter. Il espère soulever la rue arabe et voir des groupes se mettre en action à l'idée que le « grand soir » est arrivé.
Le chef de l'Etat islamique, Abou Bakr Al-Baghdadi, a une autorité politique et religieuse sur les musulmans du monde entier. C'est une fonction universelle. Son approche de la politique va être plus exclusive et sectaire qu'elle ne l'était déjà. Toute personne qui ne se soumet pas à sa volonté politique est désormais considérée comme rebelle. La sanction pour les rebelles dans le droit islamique est la peine de mort
.
>>>
http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/06/30/la-proclamation-du-califat-islamique-peut-generer-beaucoup-d-opposition_4448155_3218.html
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Message  ivo le Mer 2 Juil - 8:29

Blackwater en Irak : la sécurité sans foi, ni loi
http://www.marianne.net/Blackwater-en-Irak-la-securite-sans-foi-ni-loi_a239862.html
Plusieurs années après sa disparition, les conditions d’exercice des missions de sécurité irakiennes de la société militaire privée Blackwater continuent de faire des vagues. Le "New York Times" dévoilait lundi un document qui prouve l'impunité dont jouissait la société de sécurité américaine lors de ses missions en Irak. Un pouvoir exorbitant pas étranger à la déliquescence de l'armée irakienne dont les effets se font encore sentir aujourd'hui.

Surtout connue pour ses bavures et ses contrats mirifiques sous l’ère George W. Bush, qui ont permis à l’entreprise de prospérer, le New York Times dévoilait lundi 30 juin un document qui prouve l’impunité dont jouissait Blackwater en terre irakienne alors que s’est ouvert le 11 juin dernier le procès de quatre membres de Blackwater accusés d’homicides volontaires lors de la fusillade de Nisour square qui a causé la mort de 17 civils irakiens, le 16 septembre 2007.

Le mémorandum dévoilé par le journal américain, rédigé par un enquêteur du département d’Etat américain, Jean Richter, montre qu’en août 2007, l’administration militaire américaine connaissait parfaitement les dérives des missions de sécurité confiées à la société Blackwater. Arrivé en Irak le 1er août, 2007, pour évaluer les « performances » de la société Blackwater chargée d'y protéger les diplomates américains, l’enquêteur liste les fautes commises par les employés de la société : défaut d’entretien des véhicules, emplois de sous-traitants étrangers dans des conditions difficiles, comportement inapproprié des employés, etc. « Le but de cette note est de vous informer d’un incident survenu le 21 août 2007 en Irak. Cet incident déconcertant souligne le manque de professionnalisme et de discipline en vigueur parmi certains des “contractants” » écrit l’enquêteur du ministère de la Défense américain.

Blackwater, l'armée la plus puissante du monde

Jean Richter explique alors être entré en contact avec Daniel Carroll, responsable de Blackwater en Irak. La première prise de contact est rude : « Daniel Carroll m’a fait savoir qu’il n’était pas techniquement sous la responsabilité du département d’Etat et qu’il n’avait pas à répondre à mes questions. Monsieur Carroll a précisé ses menaces en expliquant qu’il pouvait "me tuer" et que personne ne pourrait ni ne voudrait rien faire puisque nous étions en Irak. J'ai pris la menace de M. Carroll au sérieux. Nous étions dans une zone de combat où ce genre de choses peuvent arriver sans prévenir, et particulièrement quand il est question de sujets pouvant avoir un impact négatif sur un contrat lucratif de sécurité ».

Le rapport décrit surtout une société de sécurité toute puissante à Bagdad, ayant même pris la main sur l’administration policière, militaire et diplomatique américaine : « Les structures de management sur place pour surveiller et gérer nos contrats sont devenus subordonnées aux contractants eux-mêmes. Les contractants sont aux commandes et en situation de contrôle. Ils ont pris la place des représentants de l’Etat ». En clair, en 2007, Blackwater « règne » sur l’Irak. On y trouve plus de contractuels privés (180 000) que de soldats réguliers (160 000). Auteur d’une enquête sur la société Blackwater, le journaliste américain Jeremy Scahill l’avait baptisée « l’armée la plus puissante du monde », décrivant précisément la privatisation des affaires militaires après les attentats du 11 septembre 2001 et le jackpot décroché par Blackwater en 2006 qui obtiendra le contrat de sécurisation des fonctionnaires et institutions américaines dans 27 pays.

Le rapport de Jean Richter, lui, est transmis au département d’Etat le 31 août 2007. Quinze jours à peine avant le carnage qui va commencer à attirer l’attention des médias et des autorités militaires sur la société Blackwater.

Le 16 septembre 2007, cinq gardes privés américains, salariés par Blackwater, ouvrent le feu en plein centre de Bagdad sur des civils désarmés. On relèvera 17 morts et 24 blessés parmi les civils irakiens. Les gardes affirment qu'ils ont été attaqués, ce que démentent tous les témoins irakiens. Le premier ministre irakien, Nouri Al-Maliki, avait qualifié la fusillade de « massacre » et Bagdad souhaite alors officiellement le départ « dans les six mois » de la firme.

En 2009, un juge américain avait prononcé un non-lieu contre cinq ex-employés de Blackwater parce que certaines de leurs déclarations juste après la fusillade n'auraient pas dû être utilisées contre eux par le ministère public. Deux ans plus tard, une Cour d'appel avait rétabli l'inculpation contre 4 employés, ouvrant la voie au procès actuel.

Blackwater aux origines de la déliquescence de l'armée irakienne ?

La direction de la compagnie démentira toute faute soutenant que ses agents impliqués dans la fusillade de Bagdad se sont sentis menacés. Mais d’autres incidents impliquant des membres de Blackwater seront découverts. Tous ont été « traités » discrètement. Le massacre de Nisour square constituera néanmoins un tournant dans la guerre en Irak, qui a vu prospérer le sentiment anti-américain en Irak. Mais c’est aussi l’impunité dont bénéficiaient les membres de Blackwater qui explique les raisons de l’échec des pourparlers entre Washington et Bagdad sur le maintien d’un contingent de 3 000 instructeurs américains pour former des soldats irakiens.

Washington exigeait en effet une immunité totale pour ses militaires, les mettant à l'abri de toute poursuite judiciaire en Irak, ce que Bagdad refusait.
Impossible en 2011 pour Bagdad d’accorder l’immunité juridique à des soldats américains alors qu’aucun des mercenaires de Blackwater n’a alors encore été jugé. Ce point constituait « un obstacle majeur », selon un haut responsable américain de la Défense.

La débandade récente de l'armée irakienne devant les islamistes de l'EIIl s'explique notamment par l’état de déliquescence dans lequel les Etats-Unis ont laissé l’armée irakienne comme l’explique sur son blog le colonel Michel Goya qui dirige actuellement le bureau Recherche du Centre de doctrine d'emploi des forces et décrit « l’armée de sable » irakienne : « Malgré son volume apparent, plus de 300 000 hommes, l’armée irakienne post-Saddam Hussein souffre de nombreuses faiblesses. (...) Sa nouvelle reformation, sous la direction du département de la Défense, a été laborieuse (...). Formée toujours exclusivement de volontaires (l’idée d’une armée de conscription pouvant souder les différentes communautés était étrangère aux réformateurs américains), mal payés et souvent absents des rangs, cette armée a de plus perdu beaucoup de son efficacité avec la fin de l’appui massif des forces américaines, mal remplacées par des sociétés privées ».

Blackwater a, elle, été rebaptisée Xe Services en 2009 puis Academi en 2011 qui développe ses activités dans la protection de PDG et dignitaires étrangers. A son arrivée au pouvoir en 2009, l'administration de Barack Obama a rompu son contrat liant l'entreprise au Département d'Etat. Le fondateur de Blackwater, Erik Prince, continue ses aventures capitalistiques en créant des sociétés dans l’aéronautique et la sécurité. Il a aujourd'hui plutôt délocalisé ses activités en Asie et dans le Golfe et a publié, en novembre 2013, un livre de réhabilitation de son armée privée : « Guerriers civils : la véritable histoire de Blackwater et des héros méconnus de la guerre contre le terrorisme ». Rien que ça.
liens sur la page.
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