Derniers sujets
» narcotests
par ivo Lun 10 Juin - 19:55

» GRAVOS & FRIENDS
par ivo Sam 8 Juin - 10:49

» la police s'étonne qu'on ne l'aime pas
par niouze Ven 12 Avr - 22:09

» étude du fascisme
par ivo Ven 14 Déc - 9:46

» [Toulouse - 07-12-2018] GRAVESITE + ALL BORDERS KILL + VOMI NOIR
par vegan31 Ven 9 Nov - 14:32

» [Toulouse - 02-07-2018] TRAVOLTA + guests
par vegan31 Lun 11 Juin - 9:28

» [Toulouse - 09-07-2018] KNUR + guests
par vegan31 Lun 11 Juin - 9:27

» [Toulouse - 18-07-2018] SPEED-NOISE-HELL + OSSERP + MUTILATED JUDGE
par vegan31 Lun 11 Juin - 9:26

» [Toulouse - 20-08-2018] HIRAX + EVILNESS + VARKODYA + SCORCHED EARTH
par vegan31 Lun 11 Juin - 9:24

» À la lanterne
par krépite Lun 7 Mai - 22:31

» [Toulouse - 12-05-2018] SICKSIDE + JEANNOT LOU PAYSAN + AHURI
par vegan31 Lun 16 Avr - 0:34

» vite, je vais vomir ...
par niouze Ven 12 Jan - 13:23

» Tunisie >>>>>>>
par ivo Lun 18 Déc - 8:29

» la phrase du jour
par ivo Lun 18 Déc - 8:09

» [中国- Chine] 一般信息- Informations générales
par ivo Sam 16 Déc - 8:38

» les photos d'actus - l'info en résumé
par ivo Sam 16 Déc - 8:34

» macronie
par ivo Sam 16 Déc - 8:23

» enfance ...
par ivo Ven 15 Déc - 9:27

» démocratie et justice ...
par ivo Ven 15 Déc - 9:19

» internet , technologie, ...
par ivo Ven 15 Déc - 8:41

» sexisme ... encore et toujours ...
par ivo Ven 15 Déc - 8:19

» [Toulouse - 03-01-2018] HASSIG + TROTZ + PESTCONTROL
par vegan31 Ven 8 Déc - 10:42

» flicage total du net
par niouze Lun 4 Déc - 10:06

» état d'urgence et autres restrictions....
par niouze Jeu 30 Nov - 22:32

» pesticides / fongicides
par ivo Mer 22 Nov - 9:02

» contre l'esclavage moderne
par ivo Mer 22 Nov - 8:54

» Sur les rives du Jourdain
par ivo Mer 22 Nov - 8:52

» petits business entre amis
par ivo Mer 22 Nov - 8:41

» No Futur - la terre au 21° siecle
par ivo Mer 22 Nov - 8:36

» blancs comme neige ^^
par ivo Mer 22 Nov - 8:34

» homophobie dans le monde ...
par ivo Mer 22 Nov - 8:19

» immigration ...
par ivo Mer 22 Nov - 8:16

» Nucléaire mon amour ...
par ivo Mar 21 Nov - 9:19

» Afrique coloniale belge
par ivo Mar 21 Nov - 8:50

» Révolution russe
par ivo Mar 21 Nov - 8:01

» agriculture
par ivo Dim 19 Nov - 8:26

» <<< Santé >>>
par ivo Dim 19 Nov - 8:21

» droites extremes
par ivo Sam 18 Nov - 11:01

» Birmanie
par ivo Sam 18 Nov - 10:35

» U.E.
par ivo Sam 18 Nov - 10:10

» pologne
par ivo Sam 18 Nov - 8:44

» No Futur - l'espace au 21° siecle
par ivo Ven 17 Nov - 8:36

» Réunionnais de la Creuse
par ivo Ven 17 Nov - 7:56


Le système scolaire dans une société libertaire.

Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Sam 21 Nov - 16:44

Je lance un nouveau débat mais j'en attend rien...

A quoi ressemblerais selon vous le système scolaire dans un société anarchistes?

Pour moi:

-Pas de contrôle noté / Pas de contrôle du tout.
-Diplome obtenu avec prise en compte du mérite.
-Mettre en application concrète ce qu'on apprend à l'école RAPIDEMENT.
-Distribution de photocopie des cours pour tous les élèves, pas obligé de gratter comme des tarés.
-Gratuité totale.
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Cernunnos le Sam 21 Nov - 17:29

Il y aurait encore UN système scolaire dans une société anarchiste ?

Chacun fera ce qu'il voudra. Les gens enverront, ou pas, leurs enfants à l'école qu'ils désirent, et les enfants quitteront immédiatement la salle de classe s'ils perdent leur temps.

Un diplôme ne signifiera rien du tout, car qui décidera de leur validité ou de leur supériorité ?

Un système scolaire obligatoire est la pire chose qui soit, la première chose à supprimer dans une société libre, après les gens font ce qu'ils font, si certains veulent se donner des notes c'est leur problème.
Cernunnos
Cernunnos

Messages : 46
Date d'inscription : 27/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  niouze le Sam 21 Nov - 17:46

fait tes recherche du coté de l'ecole bonaventure ou bien des lycée autogerer (un ou deux en france me rappelle plus les noms ) sa ne te donnera pas La reponse mais ouvre a certaine idée de ce que serait l'ecole dans une société anarchiste
pour bonaventure :
Bonaventure : mode d'emploi.

Ecole libertaire, centre d'éducation libertaire, république éducative libertaire, BONAVENTURE fait assurément partie de ces trop rares petits perce-neige têtus qui taraudent inlassablement le grand manteau blanc de l'hiver éducatif pour y mettre quelques touches de couleur antiautoritaire et faire des pieds de nez à un système qui conjugue la réussite (et l'échec) scolaire au temps lourd de l'origine sociale et qui envoie des générations entières se faire couper les ailes.
Mais Bonaventure ce n'est pas que cela !
En brandissant haut et clair le drapeau de la laïcité, de la gratuité, d'un financement social, de l'égalité des salaires, de la propriété collective...
En tissant des liens avec des alternatives sociales, culturelles, syndicales, politiques... anticapitalistes et antiautoritaires...
En affirmant la nécessité d'un service social d'enseignement qui soit vraiment celui de l'égalité des chances...
Bonaventure se veut, en effet, l'un des fantassins de cette petite armée de gueux qui labourent inlassablement les terres ingrates d'une transformation sociale radicale.

Bonaventure : cette association (type loi 1901) scolarise des enfants de 3 à 11 ans. Les parents déscolarisent leurs enfants ( loi sur l'instruction).
Bonaventure, c'est qui ?
* Une douzaine d'enfants de 3 à 11 ans ; un(e) instituteur(trice) ; un(e) animateurs(trice)
* des parents ; les membres du réseau ; toutes celles et ceux qui soutiennent le projet à un niveau ou à un autre

Bonaventure, c'est où ?
* Sur l'île d'Oléron en Charente Maritime (France). Depuis septembre 1993.
Bonaventure, ca repose sur quels principes ?
* Sur celui de l'éducation permanente à et par la liberté, l'égalité, l'entraide, l'autogestion et la citoyenneté
* Sur ceux de la laïcité, de la gratuité, de l'égalité des salaires, de la propriété et de la gestion collective... Bonaventure, ça marche comment ?
* Sur le modèle d'une classe unique à pédagogie Freinet mélangeant classes d'âges et groupes de niveaux (petite section de maternelle à CM2).
* En externat. La scolarité se déroule au rythme de cycles d'apprentissage fondamentaux de 2, 3 ans. Chaque cycle s'effectue par le biais de projets élaborés conjointement par les enfants et les éducateurs et faisant l'objet de contrats. Pendant et à l'issue de chaque contrat il y a auto évaluation par l'enfant et évaluation par le groupe. L'école dans son ensemble s'auto évalue en permanence via ses A.G. et est évaluée régulièrement par une commission externe dite de " regard extérieur " qui comprend des sociologues, des psychologues, des enseignant(e)s.. en sympathie avec le projet mais n'y participant pas directement.
* Enseignement des matières " traditionnelles " le matin ; activités artistiques, sportives, manuelles... l'après-midi .
* La participation à la vie institutionnelle de l'école et à sa gestion (sur un mode autogestionnaire) fait partie du processus éducatif (apprentissage de la citoyenneté) et se trouve de ce fait soumise à évaluation.
* Bonaventure cherche à se fédérer avec des écoles libertaires et autogérées étrangères. L'apprentissage d'une langue étrangère et de l'Espéranto est donc dans ses projets. Bonaventure collabore avec des centres éducatifs du mouvement d'éducation populaire au Sénégal.
* Bonaventure est adhérente au mouvement Freinet. Bonaventure participe dans la mesure de ses moyens aux activités de l'I.C.E.M., de l'A.C.E.P.P. 17.
*Le cursus scolaire, comme la vie à l'école, s'effectue au rythme de l'accompagnement, de l'entraide et du marrainage. Dans le cadre de projets Bonaventure effectue régulièrement des séjours dans différentes structures (agricoles, économiques, culturelles, sociales...) alternatives.
* En fin de scolarité Bonaventure prépare les enfants à l'entrée en sixième et en cas de départ avant cette échéance Bonaventure prépare le retour à la norme scolaire.

Bonaventure, c'est géré comment ?
* Chaque année un congrès réunissant l'ensemble des acteurs directs (enfants, éducateurs, parents...) et indirects (membres de commissions, sympathisants...) définit les grands objectifs de l'année à venir. Pendant l'année, dans le cadre des décisions du congrès, les acteurs directs de Bonaventure autogérent leur quotidien pédagogique, éducatif, matériel, financier... Bonaventure, ça appartient à qui ?
* Les biens mobiliers et immobiliers de l'école sont la propriété collective de tous les acteurs(trices) du projet. Bonaventure, c'est financé comment ?
* Les bâtiments et leurs aménagements sont financés par la vente de parts de 5OO F. Le fonctionnement de l'école (dépenses pédagogiques, salaires, électricité...) est financé par souscriptions ( chaîne de prélèvements automatiques, dons,...) et par la vente des productions de Bonaventure ( brochures, livres, affiches, productions enfantines, posters...).

Bonaventure, ça coûte combien ?
* Projet collectif, financé collectivement, la scolarité à Bonaventure est gratuite

- - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - - -

En septembre 1993 s'ouvrait sur l'île d'Oléron une école libertaire: BONAVENTURE.

Des enfants, de 3 à 9 ans, y apprenaient à lire, écrire, compter, et surtout, à apprendre. A construire des savoirs. A s'apprendre. Dans le cadre d'une petite classe unique. Mais aussi en dehors de la classe et de l'école. Et tout cela, au rythme endiablé d'une éducation permanente à et par la liberté, l'égalité, l'entraide, l'autogestion...

Bonaventure taraudait inlassablement l'hiver éducatif pour y apposer quelques touches de couleurs anti-autoritaires.

Mais Bonaventure n'était pas que cela: en brandissant haut et clair le drapeau de la laïcité, de la gratuité, d'un financement social, de l'égalité des salaires, de la propriété collective, en affirmant la nécessité d'un service social d'enseignement et d'éducation qui soit vraiment celui de l'égalité des chances, Bonaventure était fantassin d'une petite armée de gueux qui laboure inlassablement les terres ingrates d'une transformation sociale radicale.

C'était un coup de pied au cul à toutes les résignations, une main tendue aux possibles et un formidable clin d'oeil à l'espoir.
On peut retrouver l'histoire de l'école libertaire Bonaventure dans 2 livres: "Bonaventure, une école libertaire" et "La Farine et le son".
Une vidéo (en VHS) existe également.

L'école Bonaventure a du fermer en 2001 mais ses locaux s'oriente vers d'autres aventures prochaines (bibliothèque sociale et anarchiste, maison de repos pour anarchistes fatigués...)


j'avait vu aussi un reportage ou on interrogeait des anciens eleves d'une ecole du meme type ouverte dasn les années 70 ou 80 dans paris et fermé depuis mais fort interressant si jamais je le retrouve ...;



sinon pour repondre a ce que t'as mis pas de diplome pas de note pas de merite mais juste un echange entre des gens qui ont des connaissance a partager et des qui veulent acquir ses connaissances (du moins a partir d'un certain niveau, et ce tout au long de sa vie )

pour cernunoss oui pas d'obligation stricte c'est sur mais faire en sorte tout de meme que personne ne puisse se retrouver sans savoir ni lire ni ecrire (c'est le minimum de base a la reflexion)

_________________
"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
niouze
niouze

Messages : 5054
Date d'inscription : 18/05/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Cernunnos le Sam 21 Nov - 21:18

mais faire en sorte tout de meme que personne ne puisse se retrouver sans savoir ni lire ni ecrire
Dans la société actuelle c'est très important, mais dans l'absolu, ça se discute.
Cernunnos
Cernunnos

Messages : 46
Date d'inscription : 27/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Dim 22 Nov - 0:00

Ca fait plaisir que ce forum serve à quelquechose.... (fin du hs)

Sinon je pense qu'il faudrait tout de même que les gens ai une formation minimum....
On ne veut tout de même pas construire une société avec des gens bêtes...
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Cernunnos le Dim 22 Nov - 9:34

On ne veut tout de même pas construire une société avec des gens bêtes...
Tu penses que notre société, dotée d'un système scolaire moderne, affiné durant des décennies, se compose principalement de gens intelligents ? Les faits montrent que c'est tout le contraire.

Je l'ai constaté avec mes enfants: ils adorent apprendre, durant les cinq premières années de leur vie ils apprennent énormément de choses, avec beaucoup de plaisir. Je suis persuadé qu'il en irait ainsi pendant des années où il suffirait de répondre à leurs questions, leur permettre d'expérimenter (ils veulent toujours faire comme nous, toujours tout essayer) et leur donner des compléments théoriques lorsqu'ils le demandent.

Malheureusement, cette belle lancée dans l'auto-formation et l'autonomie se perd dès qu'ils entrent à l'école, lieu de formatage et de contrainte.

L'école idéale est, selon moi, l'école où les enfants choisissent librement d'y aller ou pas. Et s'ils n'y vont pas, ce n'est pas grave.

Mais bien sur, si on veut un monde dominé par les techno-sciences, l'école est indispensable,
Cernunnos
Cernunnos

Messages : 46
Date d'inscription : 27/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  le_vieux le Dim 22 Nov - 10:51

Pour moi, offrir un accès à la réflexion abstraite, la confrontation collective au savoir, la possibilité d'une communication différée grâce à la lecture et l'écriture, ça ne se négocie pas.

Dans un système sans école, le savoir ne serait plus l'apanage que d'un petit groupe. On peut reprocher à l'école de de reproduire les inégalités sociales, mais ce n'est RIEN par rapport à ce que fait la structure familiale.

Les outils qu'on s'est donné depuis des siècles pour comprendre le monde, la méthode scientifique, l'histoire même de l'humanité sont des outils qu'on ne peut pas laisser perdre comme ça. Une transmission du savoir par la seule structure familiale, c'est ouvrir la porte à l'hégémonie d'explications du monde simplistes, de type religieuses (C'est comme ça parce que Dieu l'a décidé)...

En plus, ne pas avoir les enfants en permanence dans les patte, c'est aussi un progrès ^^
le_vieux
le_vieux

Messages : 321
Date d'inscription : 16/05/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Cernunnos le Dim 22 Nov - 13:51

Qui dit que l'acquisition du savoir doit être restreinte au cadre de la structure familiale ? D'ailleurs dans une société libertaire, puisqu'on parle de ça, rien ne force les enfants à obéir à leurs parents ou n'écouter qu'eux.

Sur le reste, je ne réagis pas, chacun sa conception de ce qui est bien ou non.
Cernunnos
Cernunnos

Messages : 46
Date d'inscription : 27/08/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Dim 22 Nov - 15:34

le_vieux a écrit:Pour moi, offrir un accès à la réflexion abstraite, la confrontation collective au savoir, la possibilité d'une communication différée grâce à la lecture et l'écriture, ça ne se négocie pas.

Dans un système sans école, le savoir ne serait plus l'apanage que d'un petit groupe. On peut reprocher à l'école de de reproduire les inégalités sociales, mais ce n'est RIEN par rapport à ce que fait la structure familiale.

Les outils qu'on s'est donné depuis des siècles pour comprendre le monde, la méthode scientifique, l'histoire même de l'humanité sont des outils qu'on ne peut pas laisser perdre comme ça. Une transmission du savoir par la seule structure familiale, c'est ouvrir la porte à l'hégémonie d'explications du monde simplistes, de type religieuses (C'est comme ça parce que Dieu l'a décidé)...

En plus, ne pas avoir les enfants en permanence dans les patte, c'est aussi un progrès ^^

Je suis globalement d'accord avec toi.
Question peut être un peu naïve, toi en tant qu' instit t'es obligé de noter tes élèves?
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  le_vieux le Dim 22 Nov - 17:28

Non, aucune obligation de note, mais il y a quand même une attente d'évaluation. Les instits sont par contre libres sur la façon de mettre en place ces évaluations, et il existe en France des écoles publiques sans notes.

Les appréciations de type A, B, C, D qui sont finalement des "notes déguisées" sont le cas les plus fréquents, mais y a moyen de bidouiller d'autres chose.

Difficile par contre de couper à l'évaluation, même avec la pédagogie Freinet par exemple.

En soi, ce n'est pas la note qui posent question. Qu'un enfant sache qu'il a réussi 6 calculs sur les 10 qui lui étaient proposés, je ne vois pas le problème.

Le problème vient du tri effectué par l'école, de son rôle d'appareil de sélection sociale. Si la note n'était qu'un outil parmi d'autre pour mesurer ses progrès, y aurait pas à la condamner. C'est tout le contexte de l'école qui fait de la note un enjeu d'exclusion sociale et qui transforme la mauvaise note en signe de future exclusion sociale, et qui fait donc de l'évaluation une "épreuve" à l'enjeu démesuré, source de stress et d'angoisse.




@ Cernunnos : si on veut justement que tout ça ne reste pas dans la structure familiale, y aura quand même intérêt à mettre en place un service public de l'enseignement et à ce que l'on ne se désintéresse pas de la question.




Pour compléter la réflexion, une vieille revendication ouvrière, que l'on retrouve dans les pratiques des Bourses du travail de la fin du XIXè siècle comme dans les projets de la CNT espagnole, c'est la possibilité pour les adultes de continuer à se former et à apprendre, et pas seulement dans le cadre étroit de la "formation professionnelle".
le_vieux
le_vieux

Messages : 321
Date d'inscription : 16/05/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Tartar le Dim 22 Nov - 19:19

Cernunnos a écrit:
Un système scolaire obligatoire est la pire chose qui soit, la première chose à supprimer dans une société libre, après les gens font ce qu'ils font, si certains veulent se donner des notes c'est leur problème.
Dans l'idéal il faudrait encourager les gens à envoyer leurs morpions à l'école. C'est important d'etre intelligent, surtout dans une société anar
Tartar
Tartar

Messages : 24
Date d'inscription : 04/09/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  ivo le Dim 22 Nov - 19:39

l'école, cette photocopieuse de la société

michel serres - france info
ivo
ivo

Messages : 26731
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Dim 22 Nov - 22:38

>>> Cernunos: Je pense que le dédain de l'école par les enfants et jeunes adultes s'explique par le fait qu'on apprend des tas de choses (surtout en maths, genre... les matrice par ex) qu'on ne mets JAMAIS en application!!!
Moi franchement je me dit que les maths servent à comprendre la physique qui elle sert à comprendre une version simplifiée du monde, mais c'est tout! ('scusez pour m'étaller sur ma vision des choses ^^)

>>>Ivo: Certes, mais encore?
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  ivo le Lun 23 Nov - 9:37

Ivo: Certes, mais encore?
rien.
simple citation.
ivo
ivo

Messages : 26731
Date d'inscription : 17/05/2009

http://gravos.110mb.com/

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Zanzi le Mer 16 Déc - 15:06

L'école devrait, et si société libertaire il y avait serait, un lieux ou l'individu pourra se construire pleinement individu, qu'il ne soit pas cantonner à un matière pendant un certain temps, ce sera à lui et à lui seul de savoir si oui ou non il veut continuer par lui même et pour lui même, si il sait comment il s'accomplira en tant qu'individu dans une société libertaire et comment il réussira à se sentir complet et heureux.
Zanzi
Zanzi

Messages : 95
Date d'inscription : 06/09/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Mer 16 Déc - 17:31

Zanzi a écrit:L'école devrait, et si société libertaire il y avait serait, un lieux ou l'individu pourra se construire pleinement individu, qu'il ne soit pas cantonner à un matière pendant un certain temps, ce sera à lui et à lui seul de savoir si oui ou non il veut continuer par lui même et pour lui même, si il sait comment il s'accomplira en tant qu'individu dans une société libertaire et comment il réussira à se sentir complet et heureux.

Tu crois qu'on peut demander ça à un môme de 6 ans? J'en doute...
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Al Salam le Ven 18 Déc - 17:24

Je pense que dans une société libertaire l'éductation à une place très importante. Je pense que l'on devra apporter trois choses à l'eleve, tous d'abord la soif d'apprendre et la soif de connaissance, l'homme juste est l'homme qui sait (cf socrate). Ensuite il faudra lui apporter de la culture, et puis finalement le plus important, comme disait le philosophe Max Striner, il faut que l'école apprenne aux élève à reflechir par eux même, à crée.... chose que l'ecole à l heure actuel ne fait pas.
Al Salam
Al Salam

Messages : 11
Date d'inscription : 14/12/2009

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Dim 20 Fév - 12:28


Nouveau Hors série de Courant Alternatif



L’école : entre domination et émancipation


L’histoire de l’éducation et de l’école, c’est une suite sans fin de tentatives pour faire passer les codes et les messages dont les nouvelles formes de pouvoir ont besoin, tout en faisant croire qu'ils ont une valeur universelle.
L’éducation de masse fut mise en place à la fin du XIXe siècle pour contribuer à la paix sociale en évitant les conflits de classe et en « civilisant » le peuple des villes, perçu comme un danger, et celui des campagnes, vu encore alors comme l’une des figures marquantes des lumières, Voltaire, le considérait : « Des rustres vivant dans des cabanes avec leurs femelles et quelques animaux (...), parlant un jargon qu’on n’entend pas dans les villes. »
L’école s’est construite en niant les cultures populaires au nom de la citoyenneté et de la nation, et elle continue de le faire à travers toutes les réformes que le Capital réclame. Instrument de domination, donc, c’est certain !
Le mouvement ouvrier est né à la même époque et, sans qu’il y ait la moindre filiation entre lui et l’institution scolaire, il a donné naissance à des courants qui ont œuvré à saper la domination pour promouvoir l’émancipation à travers de multiples expériences dans et en dehors de l’école de la République. Cela dure encore. Et comme les institutions à 100 % totalitaires n’existent pas plus que celles qui seraient à 100 % émancipatrices, on peut avoir la certitude qu’une certaine schizophrénie se perpétuera.
Mais c’est précisément au cœur de cette ambiguïté que les questions de la transmission des connaissances et du savoir-être progresseront, avec la mise à l’écart de cette idée saugrenue (qui servit de conducteur aux idéologies dites progressistes) selon laquelle éduquer serait « éclairer le peuple par le haut ».
Enterrons aussi définitivement l’idée qu’une élévation du niveau scolaire rendrait les êtres humains… plus humains. Combien d’intellectuels, de savants, de médecins furent les supports du nazisme, servirent avec zèle le régime de Staline ou celui de Mao et de tant d’autres dictatures ?
Ni Dieu ni maître d’école, il n’est pas de sauveur suprême !


SOMMAIRE

page 3  L’éducation, moyen d’intégration
ou d’émancipation ?

page 6  L’école de la citoyenneté
et vice versa !

page 10 L’éducation populaire, une histoire
en contradiction avec le rêve
qu’elle énonce

page 15  L’école, la langue et la citoyenneté

page 17  Le fichage de toute une jeunesse
passe par l’éducation nationale

page 20  Des réformes en profondeur
dans l’éducation nationale

page 24  Opposition entre les tenants
de l’idée professionnaliste
et les «scolaristes»

page 26  L’entreprise
comme nouveau modèle éducatif

page 28  Compétences individuelles
contre culture commune

page 30  Sociologie du corps enseignant :
L’influence des classes en classe

page 31  Education libertaire :
panorama des expériences

page 34  Eduquer à la maison ?

page 35  Le lycée expérimental
de Saint-Nazaire

page 37 Les paradoxes de l’école émancipée

page 39  Savoir et pouvoir :
contre le pédagogisme


Les abonnés vont le recevoir.
Les autres peuvent le commander (4 euros port compris) à
OCL égregore, B.P 1213- 51058 Reims cedex
Chèque à l’ordre de “La Galère”
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Mar 22 Mar - 20:51

Pas encore lu...



«La punition n'a jamais incité un élève à travailler»
TCHAT
Sylvie Ayral est professeure d'espagnol au collège et docteur en science de l'éducation. Elle publie «La fabrique des garçons» (Ed.PUF), une analyse de 6000 punitions infligées à des collégiens. Elle a répondu à vos questions.
289 réactions

Des collégiens. (AFP/Jeff Pachoud)

Idée. Quel a été pour vous le point de départ de cette recherche?
Sylvie Ayral. J'ai été institutrice pendant quinze ans, avant d'être enseignante au collège. A l'époque, j'enseignais dans des classes uniques, dans lesquelles je travaillais par pédagogie coopérative - c'est-à-dire, les élèves avaient des âges différents, donc des niveaux différents. Ils s'entraidaient, participaient à l'élaboration des projets, ainsi qu'à des ateliers de réflexion -. Ensuite, je suis arrivée en collège où j'ai été carrément choqué de voir que les élèves travaillaient constamment sous la menace. Qu'ils étaient punis s'ils ne faisaient pas leur travail, s'ils ne le remettaient pas à temps, s'ils avaient un comportement inadapté. En fait, ce qui m'a interpellé. On aurait dit que la seule solution, c'était: la punition.

KimJongStin. Quelles méthodes utilisiez-vous pour remplacer la punition, dans des cas ou un autre enseignant aurait puni l'élève?
Pour ma part, j'ai toujours essayé de privilégier le dialogue et l'analyse de la situation, ou du conflit.

Dalila 09. Que faudrait-il faire pour obliger un élève à travailler s'il n'y a plus de punitlons?
La punition n'a jamais incité un élève à travailler, tout au plus à copier sur ses copains pour ne pas être puni. On n'apprend jamais sous la menace, on ne fait que se soumettre.

Rachida. Les punitions sont efficaces, ne vous en déplaise, sinon un procédé qui est employé depuis la nuit des temps dans toutes les écoles du monde aurait disparu depuis bien longtemps. Qu'en pensez-vous?
Toute la pédagogie Freinet, et la pédagogie institutionnelle a démontré le contraire. On apprend quand on a envie d'apprendre et certainement pas sous la menace.

Delia95. Si un élève vous insulte, comment réagir avec distance sans passer par la punition?
Je le prends tout seul, pas devant le groupe classe qui constitue un public, et qui pousse à sauver la face. J'essaye de travailler avec lui sur ce qu'il a ressenti, son émotion. J'essaye de lui faire formuler sa colère, pour l'amener vers le décalage qui existe entre son émotion de départ, et le mot qu'il a prononcé, qui, en général, est de connotation sexiste. Il a le droit d'être en colère, je ne remets pas en question ce sentiment, mais j'essaye de lui faire comprendre qu'il peut l'exprimer autrement que par des injures.

KimJongStin. Comment les élèves, habitués aux méthodes traditionnelles, réagissent aux méthodes dont vous parlez?
En général, très bien. Cela apaise tout le monde, cela apaise considérablement les relations. Cela libère la parole dans les deux sens. Les élèves aiment parler des relations humaines, et des émotions qui les concernent.

Oahn. Cette méthode marche-t-elle à tous les coups?
Je ne suis pas un pompier de l'éducation. Ce n'est pas une méthode miracle, une solution toute faite. C'est un processus très long de déconstruction de nos façons de fonctionner. C'est quelque chose sur du très long terme. On ne peut plus continuer à fonctionner de cette façon-là, on n'est plus dans la même société. L'enseignant n'est plus détenteur d'un savoir qu'il transmet de façon vertical. Internet en sait beaucoup plus que n'importe quel enseignant, il faut fonctionner de façon horizontal, c'est-à-dire accompagner les élèves dans l'accès à toutes ces informations. Les guider, être une référence, mais non plus un prof surplombant et dominant, tous ces modèles ne fonctionnent plus. On se détruit tous à vouloir continuer à fonctionner comme cela, c'est un carcan qui génère d'immenses souffrances aussi bien chez les élèves que chez les enseignants.

Delia95. Et si l'enfant refuse ce dialogue, refuse tout échange...
Il faut essayer, rééssayer... C'est parfois très, très, long. Cela peut parfois prendre plusieurs mois, voire une année, mais notre métier est d'essayer, et de réessayer encore, jusqu'à arriver à créer un pont, une accroche. En sachant que certains cas très graves ne sont pas de notre compétence, et relèvent d'une prise en charge extérieure (psychiatrique ou éducative).

Kiki. Certains élèves ne recherchent-ils pas une vraie sanction pour apprendre les limites? La force n'est -elle pas inconsciemment demandée par ses garçons en perte de père et donc de repères?
La société a changé. On continue à fonctionner sur un modèle patriarcal, issu du modèle freudien avec un père qui est là pour arracher l'enfant à la mère, alors que la société a complètement évolué, qu'il y a des familles monoparentales, des familles homoparentales qui vont parfaitement bien. Ce cadre d'analyse ne correspond plus à la société. On ne parle que des garçons en manque de père, ce qui prouve bien que l'on est dans le domaine de la construction sexuée. On ne parle jamais des filles en manquent de père, on ne parle que des garçons. Comme si, finalement, seuls les garçons avaient besoin de limites, et qu'elles ne pouvaient être posées que par un homme: le père. Plus que de limites, il me semble que les jeunes filles et les jeunes garçons ont, avant tout, besoin de références, sur lesquelles s'appuyer pour devenir adulte.

Feuille. Professeure d'EPS, les problèmes posés dans l'interview m'intéressent beaucoup (je n'ai pas lu encore le livre de Sylvie Ayral). J'ai deux questions:
Le travail fait autour, non de la sanction, mais de la faute commise par l'élève est-il susceptible de changer l'ordre sexué que vous évoquez?
Il me semble que la construction du sens de la responsabilité chez les collégiens s'associe à celle du narcissisme: or, pour reconnaître une faute, il faut que ce narcissisme soit assez solide. Les garçons sont-ils plus fragiles de ce point de vue dans l'école ?
Sur le long terme oui, si ce travail est fait tout au long des années de scolarité, ça a des effets extrêmement positifs. Et cela apaise les tensions, parce que ça évite une surconstruction de la virilité ou de la féminité au moment de la puberté. Je pense que la vulnérabilité des garçons vient de la construction de leur identité sexuée. C'est-à-dire qu'ils doivent en permanence, aux yeux de tous et de toutes, donner la preuve de leur virilité, et surtout de l'hétérosexualité. C'est-à-dire de se démarquer de tout ce qui est associé au féminin, y compris à l'intérieur de la catégorie garçon. D'où un narcissisme extrêmement fragile, et lié à l'approbation par les pairs

Lulu. Vérifier si les élèves ont préparé leur travail, leur donner un travail supplémentaire, les inciter certes au début à copier le travail, mais petit à petit aussi à le faire. On ne rend pas service aux élèves qui ne sont pas encadrés chez eux en ne les encadrant pas à l'école. Qu'en pensez-vous?
Je suis tout à fait d'accord, il faut que les élèves puissent compter sur nous, à tout point de vue, pas seulement dans le travail scolaire, mais aussi, et peut-être surtout, dans leur construction d'être humain.
http://www.liberation.fr/societe/1201434-colleges-faut-il-arreter-de-donner-des-punitions-aux-garcons
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  spike le Jeu 5 Juil - 16:50



Nous reproduisons ici le texte du site Tantquil (“La lutte des classes, c’est beau comme une école qui brûle”) sur l’école publique, mythe républicain aux racines encore solides. Il nous semble intéressant car il contribue à faire tomber les vieilles idoles qu’une partie de la gauche entretient toujours, avec comme perspective l’émancipation de classe. Qui plus est ce texte est court et abordable. Feu de Prairie encourage ce genre de démarche. Bonne lecture!

En regardant tous les programmes de la campagne présidentielle, on observe un consensus sur l’école. Les partis de gauche (PS, Modem, Europe écologie) et le FN veulent plus de moyens, plus de postes, pour une école en mesure d’assumer pleinement ses missions. Nous ne nous étonnons pas de voir les partis bourgeois défendre cette institution. Mais dans les partis dits d’extrême gauche, cette idée est aussi présente, voire fondamentale. Même dans des organisations prétendues communiste révolutionnaire, communiste libertaire ou anarchiste, la défense de l’école (en tant qu’institution) est présentée comme une lutte à mener dans l’intérêt du prolétariat. Nous allons donc présenter notre position sur ce «faux ami» qu’est l’école.

Bref Historique

On ne peut pas remettre en question l’éducation aujourd’hui en France, sans parler de ses débuts, du moins du début de l’école républicaine pour tous ou presque. Avant, nous étions des sauvages qui ne savaient ni lire ni écrire et l’Etat s’est mis, par charité (suite au siècle des lumières), à vouloir nous instruire pour notre plus grand bonheur. Et un grand merci à ce gentil Jules Ferry. Bon ça c’est la version qu’on apprend à l’école. La réalité est bien différente :

Création de l’école et lutte des classes

La généralisation de l’école commence au début du 19ième siècle, avec les lois Guizot de 1833 et Falloux de 1850. Durant cette période, les intérêts de la bourgeoisie étaient de former la main d’œuvre qui bossera plus tard dans ses usines.

La fin du 18ième et le début du 19ième fut une période de lutte intense entre la bourgeoisie et le prolétariat nouvellement formés, avec notamment la tentative révolutionnaire de la Commune de Paris. Même si le processus était déjà engagé, les révoltes populaires rendirent plus pressante la nécessité pour la bourgeoisie de renforcer son contrôle sur le prolétariat par l’école. La preuve par les mots de Jules Ferry, idole de l’école républicaine :

« Dans les écoles confessionnelles, les jeunes reçoivent un enseignement dirigé tout entier contre les institutions modernes. [...] Si cet état de choses se perpétue, il est à craindre que d’autres écoles ne se constituent, ouvertes aux fils d’ouvriers et de paysans, où l’on enseignera des principes totalement opposés, inspirés peut-être d’un idéal socialiste ou communiste emprunté à des temps plus récents, par exemple à cette époque violente et sinistre comprise entre le 18 mars et le 24 mai 1871. »

(Discours de Jules Ferry au Conseil général des Vosges en 1879.)

Nationalisme

Par ailleurs, suite à la déculottée militaire de 1870 la bourgeoisie française, prépare la guerre de 1914-1918. Pour se faire, les bourgeois développent le sentiment national et républicain du peuple qui sera amené à se battre (notamment par l’utilisation du français au détriment des langues régionales). De même, l’idée de revanche, pour récupérer l’Alsace et la Lorraine, devait être insufflée dans l’esprit des prolétaires et des paysans. Et à qui a-t-on confié la tâche ? A l’école bien sûr.

Rôles de l’école

Reproduction des classes sociales

Ça peut paraître évident pour certains, mais c’est toujours bon de le rappeler : l’école reproduit les classes sociales. En effet, quand on y entre enfant d’ouvrier, y a peu de chance d’intégrer les grandes écoles qui fabriquent nos dirigeants. Sûr que y’en a toujours qui passent au travers, mais si on regarde des statistiques, on se rend vite compte que les chances sont très minces (les inégalités face au langage par exemple, sont un exemple de handicap en milieu scolaire).

Pour masquer la reproduction de classe, les profs (et malheureusement les parents souvent) ressortent toujours la même rengaine : si tu te casses le cul à l’école tu t’en sortiras ! Ce qui suppose que nous sommes tous égaux à l’entrée de l’école et que c’est pour des raisons individuelles (personnalité, aptitude, ténacité…) qu’on s’en sort bien ou pas.

Confusion de classe

L’école se veut l’institution citoyenne par excellence, celle qui crée les bons citoyens républicains de demain. L’école nous fait oublier qu’il y a le prolétariat et la bourgeoisie, en nous faisant croire que nous sommes tous des citoyens. Cette confusion ne sert que la bourgeoisie.

Les partis politique de gauche, voire d’extrême gauche, prétendent que l’éducation nationale est au service du peuple et que ce sont les gouvernements de droite qui la pervertissent. En défendant cette institution, ces partis soutiennent directement les intérêts de la bourgeoisie.

Formation de main d’œuvre

En effet, voir l’école juste comme le lieu de transmission du savoir et de l’acquisition/développement de l’esprit critique est une erreur. C’est nier le rôle économique de formation de la main d’œuvre. Les savoirs dispensés seront différents d’une filière à l’autre selon la nécessité économique de leur futur emploi. Avec l’essor du travail ouvrier (industriel) au cours du 19ième siècle, la bourgeoisie a eu besoin d’apprendre aux prolétaires à lire, à écrire et à compter. Depuis la situation économique de la France a évolué. Le développement du secteur tertiaire et du travail avec des machines de plus en plus complexes, les a obligés à élever le niveau minimum de l’enseignement. Ce qui explique la forte progression des filières générales dans les pays « développés ». C’est une des raisons qui explique au Pakistan ou en Indonésie par exemple, le taux élevé d’analphabétisme, vu que le travail est essentiellement concentré sur des métiers peu qualifiés (textile, agriculture…). Il n’y a donc pas nécessité pour la bourgeoisie d’augmenter le niveau de qualification de ses futurs ouvriers que sont les écoliers issus du prolétariat.

Quelle que soit la filière suivie, la première leçon de l’école est la discipline.

Dés la maternelle l’obéissance et le respect de la hiérarchie sont au cœur de l’enseignement : on lève la main avant de parler, on ne coupe pas la parole au prof (qui lui ne se gêne pas), on se met en rang… Pourquoi cet apprentissage ? L’argument souvent avancé est que la discipline est essentielle pour bien apprendre. Elle est surtout nécessaire pour le fonctionnement d’une société capitaliste : la soumission au patron est la suite logique de cette soumission au prof.

Reproduction des genres

L’école c’est aussi le lieu où les genres sont reproduits. Les inégalités de genre se cumulent avec les inégalités de classe.

L’école est un des lieux de socialisation pour les enfants. De nombreuses recherches ont montré que la socialisation scolaire contribue à la transmission des stéréotypes de sexe : en groupe masculin dominant et groupe féminin dominé.

D’une part, les jeux proposés aux jeunes enfants à l’école maternelle reproduisent cette division sexuelle. Cette division répond à la division sexuée du travail et à la division de classes. D’autre part, les enseignants n’ont pas les mêmes conduites ni les mêmes attentes envers les filles et les garçons.

Un des rôles de l’école est de reproduire les inégalités et de transmettre les savoirs dominants. Ainsi de nombreux auteurs et savoirs ne sont pas transmis, et particulièrement lorsqu’il s’agit de l’histoire des femmes, de leurs luttes…

Risque contrôlé de formation du prolétariat

L’école peut aussi apprendre aux gens à réfléchir par eux même ou avoir du sens critique etc…, mais si nous nous en servons aujourd’hui pour justement critiquer cette éducation et ses inégalités intrinsèques, ce n’est pas « grâce » à cette école républicaine, égalitaire etc… Le risque que prend la bourgeoisie de former le prolétariat est un risque calculé. Certains finiront en effet par utiliser une partie de ce que l’école leur a appris pour la critiquer (un peu comme le service militaire qui peut se retourner contre l’état et la bourgeoisie). Mais ce risque reste minime, comparé au bénéfice pour la bourgeoisie de former idéologiquement, politiquement et économiquement la population.

Quand des écoles brûlaient en 2005 pendant les révoltes de certains quartiers populaires, de l’extrême gauche à l’extrême droite, presque tous pleuraient de voir ces « temples du savoir » disparaître dans les flammes. Pas nous. Outre le fait qu’on n’est pas persuadé que le savoir pousse dans les temples, si on commence à gémir à chaque fois que la lutte des classes prend une forme un peu énervée, on n’a pas fini. Nous ne pensons pas que maintenir ou réformer l’école soit dans notre intérêt: l’école fait partie problème, pas de la solution. Sinon, ça fait longtemps qu’on l’aurait interdite…
Source: Tantquil.net
http://feudeprairie.wordpress.com/2012/06/16/au-sujet-de-lecole/
spike
spike

Messages : 3721
Date d'inscription : 19/05/2009

http://anarchietotale.free.fr

Revenir en haut Aller en bas

Le système scolaire dans une société libertaire. Empty Re: Le système scolaire dans une société libertaire.

Message  Contenu sponsorisé


Contenu sponsorisé


Revenir en haut Aller en bas

Revenir en haut


 
Permission de ce forum:
Vous ne pouvez pas répondre aux sujets dans ce forum