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islande le pays un peu moins con que les autres

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islande le pays un peu moins con que les autres

Message  niouze le Dim 7 Mar - 15:32

Par référendum, l'Islande a réfusé le règlement de ses dettes au Royaume-Uni et au Pays-Bas. Récit.


Un peuple qui rejette un remboursement de dettes de son pays, l'affaire n'est pas banale. Les citoyens islandais étaient appelés samedi à se prononcer par référendum sur le remboursement de l'argent prêté par le Royaume-Uni et les Pays-Bas au plus fort de la crise financière, en octobre 2008. La proposition a été rejetée par plus de 93% des voix.

Interrogés sur place par France Info, les fondateurs de l'association à l'origine d'une pétition réclamant le référendum ne s'attendaient pas un tel score. L'un d'eux commente le résultat :

« Les Islandais veulent bien être raisonnables, mais pas se faire avoir. »

Un autre nuance :

« Dites bien que la victoire du non ne signifie pas que nous ne voulons rien payer. »


Pourquoi un tel référendum a-t-il été organisé ?

Des Islandais attendent pour voter à Reyhjavik, le 6 mars (Bob Strong/Reuters)En octobre 2008, l'Islande est au bord du gouffre. Un riverain de Rue89 nous livre alors un témoignage sur l'état du pays et sur celui de ses finances personnelles :

« Notre pouvoir d'achat fut cryogénisé en l'espace de quelques semaines à peine. La couronne a perdu près de 50% de sa valeur par rapport au dollar en l'espace de 30 jours et le pays enregistre une inflation de l'ordre de 15%. »

La faillite de la banque sur Internet Icesave pèse lourdement dans la crise. Sa maison-mère, l'une des plus grandes banques du pays, est nationalisée avec d'autres.

Les dépôts des clients d'Icesave sont gelés. Or, la banque en ligne avait, en peu de temps et en promettant des taux d'intérêt élevés, réussi à séduire plus de 320 000 clients au Royaume-Uni et aux Pays-Bas.

Face à la situation, ces deux pays acceptent alors de prêter 3,9 milliards d'euros à l'Islande pour que leurs citoyens puissent être indemnisés.
Comment et quand rembourser cette somme ?

Le Parlement islandais finit par voter fin décembre 2009 une loi, dite Icesave (du nom de la banque), prévoyant un remboursement échelonné entre 2016 et 2024, avec un taux d'intérêt de 5,5%. Mais après le vote de la loi, le Président refuse de la promulguer et décide de convoquer un référendum pour l'avaliser, suivant la demande d'une pétition signée par près d'un tiers de la population.

Ces décisions contradictoires reflètent les deux exigences irréconciliables auxquelles sont confrontés les dirigeants islandais :

* La pression internationale. Un retard dans le règlement de la situation affaiblit la position du pays devant le FMI et risque de repousser des prêts qui doivent lui être versés. Le ministre islandais de l'Economie, Gylfi Magnusson, a estimé qu'un tel report de l'aide du FMI pourrait entraîner une baisse du PIB de 5% en 2010 (au lieu d'une baisse prévue de 2% ou 3%) et coûter ainsi « plus que l'accord lui-même ». Les Pays-Bas viennent également de lier l'adhésion de l'Islande à l'Union européenne au dossier Icesave.

* La pression populaire. Certains citoyens islandais sont d'accord pour rembourser cette dette, mais avec des conditions moins défavorables. D'autres se demandent pourquoi payer pour les erreurs des dirigeants des banques. D'autant qu'à l'échelle du pays, la note est lourde, l'équivalent de 40% du PIB islandais. Pour renflouer ses caisses et limiter l'impact du remboursement sur les impôts, l'Islande mise sur la vente d'une grande banque, la maison-mère d'Icesave nationalisée pendant la crise.

En prélude au référendum, les opposants à la loi manifestent à Reykjavik, arborant des pancartes sur lesquelles ont peut lire « Vive la Revolution » (dans le texte), « Icesave my ass » (« Je sauve mes fesses », jeu de mot subtil avec le nom de la banque) ou « Power to the people » (« Le pouvoir au peuple »).

Pressentant l'échec du référendum, le gouvernement islandais poursuit ses négociations avec le Royaume-Uni et les Pays-Bas. Selon la Première ministre Johanna Sigurdardottir, l'Islande se voit alors offrir un accord plus favorable que celui soumis à la consultation populaire.

Vendredi, dans une interview au quotidien Frettabladid, cette dernière appelle à ne pas aller voter :

« Je pense que [le référendum] est sans signification et c'est très triste que le premier référendum national depuis la création de la république d'Islande porte sur une loi déjà dépassée. »

Aujourd'hui, les négociations entre les trois pays sont à reprendre, « dès la semaine prochaine », espère le ministère des Finances.

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  spike le Dim 7 Mar - 23:42

Notre pouvoir d'achat fut cryogénisé en l'espace de quelques semaines à peine. La couronne a perdu près de 50% de sa valeur par rapport au dollar

J'ai jamais compris en quoi c'est grave ce genre de trucs?
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spike

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http://anarchietotale.free.fr

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Lustforlife le Mar 25 Jan - 15:40

L'autre formidable révolution dont les Médias se gardent bien de parler [...]

Révolution pacifique en Islande, black-out des Médias


Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n'en parle, aucun média ne relaie l'information, vous n'en trouverez presque pas trace sur « Google »: bref, le black-out total .

Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :

Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s'il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d'orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » :
l'élection d'une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d'écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.


Alors que gronde dans l'Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l'actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l'Europe une perspective :

la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.


Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, *à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place*.


http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
Depuis le samedi 27 novembre, l'Islande dispose d'une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.


Depuis cette crise dont elle est loin d'être remise, l'Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l'Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d'ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C'était une première pour l'Islande, tout comme la nomination d'une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

http://www.pavillon-noir.info/post?t=986&mode=reply
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Lustforlife le Mar 25 Jan - 15:41

Erf desolé le link a pas marché mea culpa http://www.mediapart.fr/node/108909
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  ivo le Mar 25 Jan - 17:13

Wink (oui ça doublonne mais ça le mérite ^^)

ISLANDE: L'Autre FORMIDABLE REVOLUTION !... 93% du Peuple IMPOSENT le NON-Remboursement des Banques !...
24 Janvier 2011 Par Jean REX

L'autre formidable révolution dont les Médias se gardent bien de parler
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article112101

Lundi 24 janvier 2011 1 24 /01 /Jan /2011 00:25

Révolution pacifique en Islande, black-out des Médias



Aussi incroyable que cela puisse paraître, une véritable révolution démocratique et anticapitaliste a lieu en Islande en ce moment même, et personne n'en parle, aucun média ne relaie l'information, vous n'en trouverez presque pas trace sur « Google »: bref, le black-out total .

Pourtant, la nature des évènements en cours en Islande est sidérante :

Un Peuple qui chasse la droite au pouvoir en assiégeant pacifiquement le palais présidentiel, une « gauche » libérale de remplacement elle aussi évincée des « responsabilités » parce qu'elle entendait mener la même politique que la droite, un référendum imposé par le Peuple pour déterminer s'il fallait rembourser ou pas les banques capitalistes qui ont plongé par leur irresponsabilité le pays dans la crise, une victoire à 93% imposant le non-remboursement des banques, une nationalisation des banques, et, point d'orgue de ce processus par bien des aspects « révolutionnaire » :
l'élection d'une assemblée constituante le 27 novembre 2010, chargée d'écrire les nouvelles lois fondamentales qui traduiront dorénavant la colère populaire contre le capitalisme, et les aspirations du Peuple à une autre société.



Alors que gronde dans l'Europe entière la colère des Peuples pris à la gorge par le rouleau-compresseur capitaliste, l'actualité nous dévoile un autre possible, une histoire en marche susceptible de briser bien des certitudes, et surtout de donner aux luttes qui enflamment l'Europe une perspective :

la reconquête démocratique et populaire du pouvoir, au service de la population.



Plus bas, vous trouverez deux articles traitant de cette révolution en marche, *à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place*.


http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
Depuis le samedi 27 novembre, l'Islande dispose d'une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.


Depuis cette crise dont elle est loin d'être remise, l'Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l'Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d'ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C'était une première pour l'Islande, tout comme la nomination d'une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

http://www.parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html


>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>>


Quand l’Islande réinvente la démocratie
http://sos-crise.over-blog.com/ext/http://www.cadtm.org/Quand-l-Islande-reinvente-la
16 décembre 2010 par Jean Tosti

Depuis le samedi 27 novembre, l’Islande dispose d’une Assemblée constituante composée de 25 simples citoyens élus par leurs pairs. Son but : réécrire entièrement la constitution de 1944 en tirant notamment les leçons de la crise financière qui, en 2008, a frappé le pays de plein fouet.

Depuis cette crise dont elle est loin d’être remise, l’Islande a connu un certain nombre de changements assez spectaculaires, à commencer par la nationalisation des trois principales banques, suivie de la démission du gouvernement de droite sous la pression populaire. Les élections législatives de 2009 ont amené au pouvoir une coalition de gauche formée de l’Alliance (groupement de partis composé des sociaux-démocrates, de féministes et d’ex-communistes) et du Mouvement des Verts de gauche. C’était une première pour l’Islande, tout comme la nomination d’une femme, Johanna Sigurdardottir, au poste de Premier ministre.

Très vite, le nouveau gouvernement se trouve face à un problème épineux : le règlement aux Pays-Bas et au Royaume-Uni d’une dette de 3,5 milliards d’euros suite à la faillite d’Icesave, banque en ligne dont les opérations étaient tournées principalement vers ces deux pays. Sous la pression de l’Union européenne, à laquelle les sociaux-démocrates souhaiteraient adhérer, le gouvernement fait voter en janvier 2010 une loi autorisant ce remboursement, ce qui reviendrait, pour chaque Islandais, à débourser pendant huit ans une somme d’environ 100 euros par mois. Mais le président de la République refuse de ratifier la loi, dont le texte est alors soumis à un référendum. À plus de 93%, les Islandais votent contre le remboursement de la dette (6 mars), et depuis le problème reste en suspens.

C’est dans ce contexte que l’Islande décide de modifier sa constitution, qui en fait n’a jamais été vraiment rédigée : lorsqu’en 1944 la république avait été proclamée, on s’était contenté de recopier dans les grandes lignes la constitution du Danemark, pays dont l’Islande dépendait depuis plusieurs décennies, en remplaçant simplement le terme de “roi” par celui de “président de la République”. C’est donc une nouvelle constitution qu’il s’agit d’écrire entièrement, et pour cela on a décidé de faire confiance au peuple souverain. Il y a eu d’abord un appel à candidatures (tout le monde pouvait se présenter à l’exception des élus nationaux, à condition d’avoir dix-huit ans révolus et d’être soutenu par au moins trente personnes) auquel ont répondu 522 citoyennes et citoyens. C’est parmi eux qu’ont été élus les 25 constituants.

Ces derniers commenceront à se réunir à la mi-février et rendront leur copie avant l’été. Parmi les propositions qui reviennent le plus souvent, on peut noter la séparation de l’Église et de l’État, la nationalisation de l’ensemble des ressources naturelles et une séparation claire des pouvoirs exécutif et législatif.

Certes, l’Islande n’est qu’un petit pays d’environ 320 000 habitants. Elle donne cependant là une belle leçon de démocratie aux grands États dont la France : songeons que, dans notre pays, la réforme constitutionnelle de 2008 a été entièrement rédigée à l’Élysée, et que les parlementaires ne l’ont adoptée qu’à deux voix près après avoir été soumis pendant des semaines à des pressions intolérables de la part du chef de l’État.



Révolution
Quand l’Islande réinvente la démocratie

http://sos-crise.over-blog.com/ext/http://parisseveille.info/quand-l-islande-reinvente-la,2643.html
l’Assemblée constituante a été élue en novembre
Un jour, il y a quelques mois, un anglais passant par Paris, rencontré à la librairie Lady Long Solo, nous alertait sur la révolution en Islande. Quelle révolution ? On n’en entend parler nulle part. Une rapide recherche google ne donne rien du tout, aujourd’hui, ni en associant le mot « révolution », ni même « crise », où l’on ne trouve que des détails sur la crise financière, effectivement à l’origine de cette révolution, qui a eu lieu en 2008, dans ce pays d’à peine plus de 300 000 habitants, classé au deuxième rang mondial sur l’indice du développement humain, l’IDH, derrière la Norvège, à la veille de cette crise, en 2006.
Confronté alors à la faillite brutale du système bancaire, le peuple était descendu dans la rue. Du jamais vu au pays des jeysers d’eau chaude. La droite avait aussitôt dû céder la place à la gauche. Et, pour commencer, les banques avaient été nationalisées. Notre informateur anglais en avait entendu parler pour les projets législatifs de liberté totale pour internet, tels que des sites anglais pensaient à s’héberger là. Plus encore, il insistait pour parler d’une véritable révolution, sans pouvoir la décrire plus, mais s’étonnant qu’on n’en ait jamais entendu parler.
Cherchant alors avec obstination, on a fini par voir des images du palais présidentiel assiégé par une foule qu’on qualifierait ici sans hésiter d’anarcho-autonome. En plus des drapeaux noirs, on pouvait deviner dans la foule une forte composante de citoyenneté de type écologiste. Et on comprenait que le pauvre malheureux flic, tout seul devant le palais présidentiel, ait rapidement dû se rendre sous la pression de la foule. Celle-ci, néanmoins pacifique, n’usait que de casseroles et autres objets bruyants, selon la méthode argentine du cacerolazo, qui a su s’avérer très payante aussi là-bas.
Le président avait plié bagage. Un nouveau gouvernement s’était institué. Mais, quelques temps plus tard, celui-ci avait la mauvaise idée de proposer le remboursement de la dette des banques vis-à-vis du Danemark ou de la Grande Bretagne. Le peuple est de nouveau descendu dans la rue. Un référendum sur la question était imposé par volonté populaire, et une petite majorité de 93% rejetait l’accord prévu par les gentils gouvernants.
Parmi les informations glanées, cette image saisissante de l’agora dans les bains publics chauds, où le peuple s’assemble tous les matins pour débattre de comment refaire le monde.
Consécration de cette révolution, l’élection d’une Assemblée constituante, le 27 novembre 2010, événement peut-être plus considérable que la nuit du 4 août 1789 où était votée l’abolition des privilèges, dont on ne se serait pas aperçu sans la vigilance de Truks en vrac, de notre ami B.Bec, du Gers, relayant le CADTM, ou de Jean-Luc Mélenchon, qui trouve là une similitude avec ses propres thèses constitutionnalistes, mais ne semble pas voir plus loin que le bout de son nez anti-capitaliste.
Merveille de la désinformation. Un événement aussi considérable qu’une véritable révolution démocratique, telle qu’on n’en a jamais vue en Europe, peut se produire sans que la presse, ni google, ne permettent d’en savoir quoi que ce soit. C’est sûr qu’à l’heure de la consolidation anti-démocratique que vivent la plupart des pays européens, l’exemple islandais ne fait pas vraiment l’affaire de nos régimes policiers, qui montrent là encore leur aptitude à verrouiller rigoureusement la conscience collective.
On aimerait assurément en savoir plus sur cette révolution islandaise. Voilà des mois que Paris s’éveille rêve de téléporter sa rédaction pour un reportage approfondi au pays des chasseurs de baleines et d’utopie. S’immerger dans les bains chauds de la révolution démocratique fait certes envie, surtout vu du cœur de notre hiver sécuritaire.
Il faut s’imaginer les 25 « simples citoyens » qui vont plancher sur la constitution idéale. Le souffle de l’humanité devrait se retenir. Où l’on verra probablement qu’il n’est pas difficile de faire mieux que toutes les figures de pseudo-démocraties qui se sont déclinées jusqu’ici sur les cinq continents.
Cet article se voudrait un appel à qui aurait plus d’informations sur cette extraordinaire histoire islandaise. On peut m’écrire à : michelsitbon@gmail.com, et je relayerai avec plaisir. Un dossier sur la révolution islandaise tente de rassembler les articles qu’on peut trouver sur le sujet.




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Dernière édition par ivo le Mar 25 Jan - 17:17, édité 1 fois
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Lustforlife le Mar 25 Jan - 17:16

Cet article m a donné du baume au coeur . Comme diraient les americains It makes my day .
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Lustforlife le Mar 25 Jan - 17:22

Au pire si on y arrive pas on demande la nationnalité Islandaise . On fondra une communauté et on mangera de requin pourri a tous les repas .



Je rigole . We can , of course ^^
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  niouze le Mar 25 Jan - 20:52

voila un texte que j'ai du retrouver (je savait que j'avait lu un truc la dessus )et qui va peut etre calmer un peu les ardeurs
http://paris.indymedia.org/spip.php?article5119
A l’attention de tou-te-s, et en particulier de celles et ceux qui ont lu le récent article "Islande, la révolution silencieuse" paru d’abord sur Paris S’éveille, puis relayé sur différents médias n’ayant pas pris le temps de vérifier la véracité des propos tenus par le journaliste. Je le lui jette pas la pierre, mais cette apologie de l’Islande n’est certainement qu’un voeu pieux. Au risque de décevoir tout le monde, me voilà dans l’obligation de vous révéler que l’Islande n’est qu’une autre oligarchie ultra capitaliste où la répression sévit aussi durement qu’ailleurs, tandis que les ressources naturelles sont pillées sans vergogne dans la plus belle démonstration de capitalisme "vert". Maintenant, il s’y passe des choses réelles et sérieuses, particulièrement en matière de répression. Le seul avantage d’un si petit pays, c’est le retentissement considérable qu’auront les moindres actions que nous pourrons organiser cette semaine. A bon entendeur !

Semaine internationale d’actions en solidarité avec les Neuf de Reykjavik du 10 au 16 janvier 2011

Un appel a été lancé pour une semaine d’actions en soutien aux Neuf de Reykjavik (RVK9), du 10 au 16 janvier 2011. Ces neuf individus, anarchistes et gauchistes radicaux, risquent jusqu’à 16 ans de prison ferme pour avoir manifesté contre le parlement islandais.

En décembre 2008, la balle qui tua Alexandros Grigoropoulos mit le feu aux rues d’Athènes, un feu qui se propagea rapidement à toutes les villes de Grèce. Ce même mois de décembre, à l’autre bout de l’Europe, en Islande, une autre révolte était en route, née des décombres de l’économie qui s’était effondrée à l’automne. Au cours de l’hiver 2008, l’Islande, première victime de la crise mondiale, assistait à la plus large mobilisation de son histoire. Des manifestations, rassemblements de masse et assemblées populaires, actions directes et confrontations quotidiennes, et pour finir des émeutes, réussirent à faire tomber le gouvernement de droite de l’époque. Pourtant, tout comme en Grèce cette balle n’était qu’une seule des causes d’une révolte qui tenait à des milliers de raisons, en Islande la bulle qui éclata cet automne n’était que l’étincelle nécessaire à la rage et à la frustration refoulées au cours de deux décennies contre le gouvernement néo-libéral – et plus largement, contre le système politique et économique tout entier.

A l’heure actuelle, l’Etat islandais menace d’emprisonnement neuf individus, choisis comme bouc-émissaires de l’insurrection qui mena à la chute du gouvernement en janvier 2009. Ils et elles sont les Neuf de Reyjavik.

Le 8 décembre 2008, pendant qu’en Grèce des milliers de personnes descendaient dans la rue, à Reyjavik, en Islande, un groupe d’une trentaine de personnes prenait d’assaut le parlement. Elles entrèrent dans le but d’interrompre l’assemblée et de lire un communiqué de protestation. Malgré le fait que l’accès aux tribunes publiques est ouvert à tous, la police, secondée par les gardes, bloqua l’entrée et arrêta le groupe dans l’escalier. Seuls deux des trente personnes parvinrent à accéder à la tribune. Après une légère échauffourée, plusieurs personnes furent arrêtées et les autres forcées de se disperser.

Un an plus tard, les autorités ciblèrent 9 de ces 30 personnes. Ils et elles sont principalement accusé-e-s, entre autres, d’avoir menacé l’autonomie du parlement. La peine associée est d’un an de prison minimum, jusqu’à la perpétuité (soit 16 ans en Islande) !

Cette action n’en était qu’une parmi une pléthore d’actions qui eurent lieu quotidiennement en Islande au cours de l’hiver 2008 : manifestations massives, visites aux domiciles des ministres et banquiers, sabotages de propriétés de l’Etat, perturbations des réunions gouvernementales et sabotage massif du système de transmission en direct du débat annuel des partis politiques. Une part intrinsèque de cette insurrection fut le mouvement anarchiste en pleine expansion, qui trouve son origine dans des années de luttes contre l’industrie lourde et la destruction environnementale qui en résulte, toujours au nom d’un « développement vert » ! Les racines de cette insurrection apparurent clairement lorsqu’elle adopta en masse et pour la première fois des tactiques de confrontation, comme lors de l’attaque sans précédent du commissariat central de Reykjavik par une foule de 500 personnes répondant à l’arrestation d’un anarchiste.

La révolte atteint son paroxysme les 20 et 21 janvier 2009, lorsque des milliers d’individus se rassemblèrent devant le parlement afin d’empêcher sa première assemblée de l’année. Le début de la fin pour ce gouvernement fut signé par un nouveau groupe formé d’étudiant-e-s, Oskra, lorsque celui-ci brisa les lignes de police devant le parlement. Cette action fut suivie de 48 heures de rage et de furie, accompagnées de bruit, de feu et de pierres. Le sapin de Noël fut sacrifié sur le feu et toutes les vitres du parlement furent brisées sans exception. Pour la première fois en 60 ans les gazs lacrymogènes se répandirent dans l’air de Reykjavik. La police à bout de nerfs, il restait deux options pour l’Etat : faire appel à l’armée danoise (colons historiques de l’Islande) qui attendait depuis 3 mois dans le port extérieur de Reykjavik, ou dissoudre le gouvernement.

Le procès de Neuf de Reykjavik est un cas flagrant de persécution politique. Les enregistrements des caméras de vidéo-surveillance utilisés comme preuves ne prouvent rien d’autre, et sans que le moindre doute soit possible, que le fait que la violence était du côté de la police et des gardes. Le gouvernement actuel « de gauche » a prit le pouvoir en mai 2009 sur le dos du mouvement populaire qui avait renversé le précédent. Ce gouvernement refuse de se mêler de ce procès. Il ne s’agit pas d’un manque de volonté politique, mais bien d’une volonté politique claire de criminaliser les éléments radicaux de la révolte, après avoir utilisé cette même révolte et ignoré les exigences populaires de rétribution à l’encontre des politiciens et des banquiers responsable de la crise, dont aucun n’a été amené devant la justice !

Tout comme dans d’autres pays d’Europe, le « socialisme » semble être le médium le plus approprié pour la plus vicieuse restructuration néo-libérale de l’économie. En Islande, le gouvernement de gauche, avec la bénédiction des syndicats vendus et sous la surveillance stricte du FMI, est celui qui réalise les réductions budgétaires massives, la privatisation et la grande braderie des ressources naturelles pour développer plus avant l’industrie lourde. Tout ceci bien sûr au nom de « la crise » et dans un climat de nationalisme, néo-fascisme et xénophobie qui en sont la conséquence. Il est à noter que des groupes néo-nazis ont soudain émergé et participé aux récentes manifestations « contre la crise » à Reykjavik en 2010 ! Ils ont heureusement été attaqués par des manifestants anarchistes.

L’audience finale du procès de Neuf de Reykjavik aura lieu au tribunal de Reykjavik les 18, 19, et 20 janvier 2011. Un appel a été lancé pour une semaine d’actions internationales en soutien aux Neuf de Reykjavik, la semaine précédant le procès, soit du 10 au 16 janvier.

Pour cette petite île-Etat à la périphérie de l’Europe, toute attention négative venant de l’étranger a un impact fort sur les autorités, l’élite et les médias institutionnels. Pour cette raison il est impératif que nous leur donnions toute l’attention négative qu’ils méritent. Que les autorités islandaises sachent que le monde les regardent, qu’elles sachent qu’il y aura des conséquences sérieuses si les Neuf de Reykjavik sont condamné-e-s !

Nous appelons à TOUT TYPE D’ACTIONS en solidarité avec les RVK9 et contre l’Etat islandais !

LA SOLIDARITE EST NOTRE ARME !

Merci d’envoyer des photos, communiqués ou autres informations à propos d’actions à rvk9@riseup.net pour permettre la traduction et diffusion des informations sur place.

Une liste des ambassades islandaises : www.mfa.is/diplomatic-missions/icelandic-missions

Plus d’informations sur le procès (en anglais) se trouvent sur : www.rvk9.org/in-english Des informations sur le mouvement anarchiste et activiste en Islande se trouvent sur : www.savingiceland.org (en anglais et un peu en français) et www.aftaka.org/tag/english (en anglais)

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  ivo le Mar 25 Jan - 21:01

>>>>>

seule réponse de ggl actu , à part bcp de foot ... ^^


Icesave : 56% des Islandais favorables à l'accord avec Londres er La Haye
http://www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/afp_00316796-icesave-56-des-islandais-favorables-a-l-accord-avec-londres-er-la-haye.htm
Plus de 56% des Islandais sont favorables à l'adoption finale par Reykjavik du nouvel accord obtenu sur l'ex-banque Icesave réglant un litige financier de près de 4 milliards d'euros avec Londres et La Haye, selon un sondage paru mardi.
Selon l'enquête d'opinion réalisée et publiée par le quotidien Frettabladid, 56,4% des personnes interrogées souhaitent que l'Islande adopte l'accord, contre 43,6% qui souhaitent que l'île nordique le rejette.
Le texte, actuellement soumis à l'approbation des députés islandais, doit aussi passer l'obstacle du président Olafur Grimsson qui avait mis son veto à un précédent accord très impopulaire début 2010, entraînant un net rejet par référendum.
Le nombre de partisans d'un accord définitif est plus élevé chez les moins de 50 ans (59%) que chez les plus de 50 ans (53%), selon le sondage, réalisé le 19 janvier auprès de 800 personnes.
L'Islande, plongée dans la crise par l'effondrement de ses banques fin 2008, a obtenu le mois dernier un nouvel accord lui permettant d'étaler ses remboursements entre juillet 2016 et au maximum 2046, à un taux d'intérêt de 3% pour le 1,3 milliard d'euros dû à la Haye et de 3,3% pour le reste dû à Londres.
Le précédent accord, rejeté à 93% par référendum début mars 2010, prévoyait un remboursement entre 2016 et 2024 seulement, à un taux d'intérêt de 5,5%.

Le remboursement concerne des fonds avancés par le Royaume-Uni et les Pays-Bas à quelque 340.000 de leurs épargnants lésés par la faillite d'Icesave en octobre 2008.
Un précédent sondage paru le 13 janvier avait suggéré que l'opinion était favorable à une ratification du nouvel accord: 47% des personnes interrogées y étaient favorables, contre 35% opposés, le reste étant sans opinion.
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  ivo le Mar 25 Jan - 21:07

en fouillant un peu plus ...



La « révolution démocratique » en Islande tient du fantasme
http://www.rue89.com/2011/01/09/la-revolution-democratique-en-islande-tient-du-fantasme-184214
S'il a choisi des solutions originales après l'effondrement de son économie, le pays n'est pas devenu un paradis anticapitaliste.

Nationalisations du système bancaire, chute de la droite, pressions de la haute finance repoussées par référendum, assemblée constituante… Depuis quelques jours, bizarrement, nous sommes bombardés d'e-mails s'enthousiasmant sur la « révolution démocratique anticapitaliste » qui aurait lieu en Islande, et dont les succès seraient déjà palpables.

Dans ces courriers, on nous renvoie à certains articles enflammés, comme cette note qui décrit pas moins qu'une « révolution en marche, à faire circuler le plus largement possible, puisqu'on ne doit compter sur aucun média pour le faire à notre place ». Bigre.

Les Islandais que j'ai appelés sont assez surpris de cette présentation. Ils s'accordent pour qualifier de fantasme ce prétendu rejet du capitalisme par le peuple.

La population de cette île reste attachée à l'économie de marché, et l'économie et la constitution sont bouleversées, m'expliquent-ils, ce n'est pas pour abandonner le système existant, c'est pour le régénérer : « Mes compatriotes sont plutôt schumpéteriens de nature, adeptes de la destruction créatrice », précise l'un d'entre eux.

Le président de l'association France-Islande, Jean Le Tellier, relativise en outre l'intérêt de présenter en modèle les initiatives islandaises :

« L'Islande, c'est 300 000 habitants, c'est moins que la ville de Metz. Comparer sa gouvernance à celle de la France ou des Etats-Unis n'a pas grand sens ».

Economie : une timide reprise, pas de miracle
Aujourd'hui, l'Islande, dont l'économie a été entièrement ravagée par la crise financière, retrouve un peu d'espoir. Mais le pays n'est pas encore sorti de la récession.


Au troisième trimestre, pour la première fois depuis 2008, l'Islande a certes affiché un PIB supérieur à celui du trimestre précédent : 1,2%. Cependant, la croissance, qu'on mesure d'une année sur l'autre, n'est pas encore au rendez-vous : le PIB a baissé de 2,1% pendant ce même trimestre si on le compare au même trimestre de l'année précédente…

Personne n'attend des miracles à court terme, notamment en raison des difficultés que rencontrent les entreprises pour se financer. Le FMI, en novembre 2008, avait injecté 2,1 milliards de dollars pour aider au redémarrage, une somme très insuffisante.

Mais ce qui est intéressant, ce sont les recettes utilisés, différentes des autres pays européens, à commencer par l'Irlande et la Grèce. Elles tiennent en deux termes qui n'ont pas bonne presse : nationalisation et dévaluation.


Trois grandes banques en faillite et nationalisées
L'Islande, en octobre 2008, n'a pas sauvé la peau des actionnaires de ses trois grandes banques : Kaupthing, Glitnir et Landsbanki. Elles se sont effondrées, et l'Etat les a purement et simplement nationalisées.


L'Etat a indemnisé les déposants islandais, mais pas les étrangers. Ce qui a fâché deux pays : la Grande Bretagne et les Pays Bas, dont de nombreux épargnants (400 000) avaient investi dans les produits de la banque en ligne Icesave, filiale de Landesbanki. En jeu : près de 2,7 milliards d'euros.

Les gouvernements britanniques et néerlandais ont indemnisé « leurs » épargnants, pour éviter leur ruine. Mais ils ont envoyé la note à Reykjavik, en lui proposant un crédit rémunéré à 5,5%. En octobre 2009, un accord a été trouvé et a été approuvé par le Parlement islandais.

Surprise, le président de la République, Olafur Ragnar, auquel la constitution donne pourtant très peu de pouvoir, a tiqué : il a refusé de promulguer la loi. En mars, un référendum a été organisé sur le sujet : 60% des électeurs se sont déplacés et 93% d'entre eux ont rejeté les modalités du remboursement de la dette aux Britanniques et Néerlandais.

Un nouvel arrangement a depuis été trouvé avec Londres et Amsterdam. Car l'Islande, candidate à l'adhésion à l'Union européenne, ne veut pas se fâcher à jamais avec deux de ses membres… L'accord porte désormais sur un prêt à environ 3%. Il doit encore être avalisé par le parlement islandais.


La monnaie dévaluée pour relancer les exportations
L'Islande a laissé filer sa monnaie, la couronne. Elle a perdu près de 50% face au dollar. Les exportations sont donc reparties : le poisson, bien sûr, mais aussi l'aluminium -une grande spécialité industrielle de l'île : sa production demande des ressources énergétiques importantes, ce dont dispose le pays.

Le tourisme aussi va mieux : ses recettes se sont accrues de 7%. Il a été bien aidé, il est vrai, par le volcan Eyjafjallajökull, dont le panache a attiré l'attention de la planète en avril 2010.


Un pouvoir qui passe à gauche
La crise a bousculé le jeu politique islandais. En janvier 2009, des milliers d'Islandais manifestent autour de leur parlement, l'Althing, armés de bruyants ustensiles de cuisine : des gens qui perdaient leur emploi, leur logement, pendant que leurs élus débattaient du fait de savoir si les supermarchés pouvaient ou non vendre de l'alcool.
(Voir la vidéo)



Déjà affaibli par l'effondrement des banques, ces manifestations achèvent de déstabiliser le gouvernement ; le Premier ministre annonce alors sa démission, invoquant des raisons de santé.

Lors des élections d'avril 2009, une majorité de gauche, composée de socio-démocrates et du parti « gauche verte », est élue. C'est une première en Islande, pays traditionnellement gouverné au centre droit. Une femme, Johanna Siguroardottir, prend la tête du gouvernement, une autre première dans ce pays (qui a cependant eu une présidente pendant 16 ans, Vigdis Finnbogadottir).

Mais le coup de barre est modéré : les socio-démocrates sont pro-marché et pro-Europe. Le programme discuté avec le FMI se poursuit, et le gouvernement engage en juillet des négociations pour adhérer à l'Union européenne.


Une réforme de la Constitution
Dans le programme de la gauche, il était question d'une réforme de la constitution, notamment pour redéfinir les pouvoirs du président de la République. Cette initiative n'est pas une grosse surprise politique, comme l'explique au téléphone le politologue Eirikur Bergmann, directeur du centre pour les études européennes à l'université de Bifröst :

« Notre constitution de 1944 était calquée sur celle du Danemark ; depuis des années, nous prévoyions de la changer, pour nous doter d'une constitution propre à l'Islande. Nous avons repoussé le projet plusieurs fois. La crise de nos banques a servi d'opportunité pour se lancer.


C'est un peu comme dans la vie, les crises vous forcent à la réflexion sur vous-même. Mais ce travail constituant n'a rien à voir, sur le fond, avec la crise financière. »

Une assemblée constituante, composée de 25 personnes, est élue le 27 novembre 2010. N'importe qui pouvait se présenter à cette élection.
Plus de 520 candidats l'ont fait, de tous horizons. Les élus sont des universitaires, des juristes, des journalistes ; on compte aussi un syndicaliste, un agriculteur, un pasteur, un metteur en scène…


La participation à l'élection de cette assemblée des 25, cependant, n'a pas été énorme : seulement 36% des électeurs se sont déplacés, ce qui a été analysé comme un revers pour le nouveau gouvernement, et comme le signe d'un désintérêt pour ce toilettage constitutionnel.

La commission doit plancher sur la réforme à partir de mi-février et fournir un texte dans le courant de l'été. Il devra être voté par le parlement et sera soumis au réferendum en 2012.


Remous autour des règles du FMI et de l'adhésion à l'UE
Pendant ce temps, le gouvernement de Johanna Siguroardottir s'escrime à respecter les règles dictées par le FMI, ce qui ne fait rien pour accroître sa popularité. Mais ces « ajustements », comme dit pudiquement le fonds, ne s'accompagnent pas de manifestations : la population semble s'être résignée à avaler la potion amère.


Le gouvernement de gauche connait cependant de nombreuses turbulences et tiraillements. En ce moment, c'est la candidature à l'Union européenne qui crée des remous : selon les sondages, la population n'y est pas favorable (« mais dans les sondages, l'adhésion à l'UE est très erratique en Islande, variant selon les périodes de 30% à 90% », tempère Bergmann).

Au parlement, à plusieurs reprise, les « verts de gauche » se sont désolidarisés d'un pouvoir jugé trop centriste sur la question européenne comme sur d'autres. « Ce gouvernement est en crise depuis sa prise de fonction », résume Bergmann.

On est donc loin du conte de fée qui circule sur le net. L'Islande ne vit pas une alternative réussie et harmonieuse au capitalisme, mais une suite de tâtonnements confus, douloureux et résignés… en restant dans les rails du FMI.

Photo : Johanna Siguroardottir, premier ministre islandais, lors d'un meeting après l'élection législative (Bob Strong/Reuters)

A lire aussi sur Rue89 et sur Eco89
► L'Islande transforme la crise financière en art
► Les Islandais se rebellent contre la haute finance internationale (le Yéti)


La révolution démocratique islandaise comme réponse à la "crise"
http://www.lepost.fr/article/2011/01/06/2362275_la-revolution-democratique-islandaise-comme-reponse-a-la-crise.html
L'Islande mène une révolution sans précédent depuis la "crise" bancaire qui a ravagé les économies mondiales. Pour se faire une idée de ce qui s'y passe, voici un petit résumé:

- 1er acte: la "crise" frappe durement le pays. Premières réactions: les trois principales banques du pays, très sévèrement jugées pour leur gestion irresponsable, sont nationalisées, et la droite au pouvoir, accusée d'avoir laissé faire les banques au nom du libéraslime économique, est chassée, suite au siège pacifique du palais présidentiel.

- 2ème acte: un gouvernement de centre-gauche est élu pour le remplacer. Mais face à la volonté de ce gouvernement d'appliquer la même politique que la droite (à savoir, faire porter la dette des banques par le contribuable - dette dûe à deux pays européens, le Royaume-Uni et les Pays-Bas ), le peuple se soulève à nouveau, et décide de soumettre cette décision à un referendum populaire.

- 3ème acte: à 93%, les Islandais refusent de payer pour les erreurs commises par des banques privées. Et ils n'en restent pas là: ils chassent le gouvernement de centre-gauche qui était de l'avis contraire, et décident de former une Assemblée constituante. L'objectif est de réécrire la Constitution, afin de protéger le peuple : tout doit désormais être fait dans l'intérêt du peuple, et non dans celui d'un contexte extérieur néfaste pour le pays.

La perte de crédibilité des hommes politiques islandais est totale, et le peuple confie la rédaction de cette nouvelle Constitution à des personnes issues de ses rangs: on ne fait plus confiance aux partis et aux anciennes figures de la politique, qui se voient de facto exclues de la vie politique. Des élections sont organisées, plus de 500 candidats se proposent de rédiger la nouvelle Constitution, 25 sont élus démocratiquement.

- 4ème acte (à suivre): les 25 Constituants doivent proposer un texte d'ici l'été, qui sera à nouveau discuté, avant d'être approuvé.

Superbe leçon de démocratie, à opposer aux discours anxiogènes que les politiciens français distillent dès qu'il s'agit de remettre en cause leur petite cuisine. Aucune fortune islandaise n'a fui le pays, l'Islande ne s'est pas isolée du monde, bien au contraire: le peuple islandais a pris son destin en mains, en cessant de croire aux agitateurs de catastrophe qui lui prédisait l'abysse.


Sources : La Dépêche, Le Devoir.com, La Tribune.fr, Parti de gauche


Pourquoi la France est incapable d'une révolution
http://www.lepost.fr/article/2011/01/16/2372979_pourquoi-la-france-est-incapable-d-une-revolution.html
La Tunisie l'a fait. La Grèce l'a fait. L'Islande l'a fait. Et nous ?

Et bien nous, on a Sarko, Royal, Aubry, Marine, Chérèque, Valls, Menenchon, Cohen-Bendit, DSK, Bayrou, Villepin... bref de la pacotille télévisuelle.

Pour ne pas que les miséreux se révoltent, on a le RSA, le logement social, la console de jeu

Pour ne pas que les classes laborieuses réfléchissent, on parle de la pluie et du beau temps à la télé.

Du pain, des jeux, de la manipulation de masse, l'illusion d'être encore dans un pays riche, puisque on a des dettes, donc du crédit.

Et puis, c'est toujours la faute des autres, puisque ils ne font rien alors que nous on voudrait bien, mais...


Les dirigeants ont eu peur d'un Cantona, comme ils ont peur aujourd'hui d'un Stéphane Hessel. Heureusement, X millions de ménagères occupées à torcher les gosses, X millions de footeux qui ne savent se révolter que contre le nombre de noirs dans une équipe qui ne gagne pas, X millions de jeunes désabusés qui se droguent, boivent ou baisent comme des lapins mais avec capote, et surtout X millions de vieux qui, lorsque ils osent quitter France Télécom, installent le logiciel orange pour utiliser internet afin de faire coucou par mail, parce qu'un chat, ils savent pas ce que c'est, et il ne reconnaissent que les lettres et les chiffres sur le clavier...

On rajoute à ça les portes sans sonnette, les portails fermés, les noms absents des boites aux lettres, la vue basse et la surdité pour ne pas parler de neurones défectueux, et le tableau est complet : tant qu'on n'aura pas faim, tant qu'on pourra être entre quatre murs même sordides, personne ne bougera et ceux qui voudront s'en sortir continueront d'être exploités par les vautours des multinationales.

Enfin, si certains veulent bouger, il reste, outre les insultes dans les medias quand il n'y a pas de censure possible, la désinformation et la repression policière, avec des moyens non léthaux très efficaces (ce qu'il n'y avait pas en Tunisie, ce qui obligeait à tirer sur la foule : mauvais en terme d'image) .

Alors, vous allez voter pour qui ? C'est la seule voie permise par la Démocratie pour changer de dirigeant mais, pas un candidat ne représente le peuple, et le summum de l'escroquerie, c'est qu'on voudrait nous faire croire que DSK pourrait être le sauveur de la gauche (N'est-ce pas Daniel ?)... du genre tout continue pendant que la droite recharge ses batteries. La mielleure preuve ? A qui appartiennent les régions qui soutirent proportionnellement aux simples citoyens bien plus qu'aux riches, bien plus que l'impôt sur le revenu, et une part des amendes des radars automatiques ?

Voilà, quand vous devez vous serrer la ceinture et payer des frais bancaires, le budget des villes augmente de 5% minimum par an, les assurances obeissent aux "directives européennes" et augmentent leurs fonds propres (c'est à dire leurs économies) en augmentant les cotiz et en remboursant moins. Et en changeant de députés ou de ministres, ils touchent le chomage alors qu'ils sont cumulards et auront systématiquement pour 5 ans de "présence théorique" une retraite égale au double de ce que touchera un smicard ayant cotisé 42 ans.

Révoltant ? Et bien...moi aussi j'attends. Je vous attends. Jusqu'au jour où, de guerre lasse, j'irai me faire sauter avec une ceinture d'explosifs contre un batiment administratif. Pas question de m'immoler connement sur la chaussée ou de me suicider aux tranquilisants...


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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Invité le Mar 25 Jan - 21:27

Décidément, on a tellement pris l'habitude de l'ultra libéralisme à toutes les sauces, y compris les sauces des gouvernements dits "de gauche" qu'on parle un peu facilement de révolution.
C'est quoi la révolution ? Un moyen ? Un but ? Une émeute qui a réussi ? Ça dure combien de temps ? À partir de quel moment peut-on considérer que c'en est vraiment une ? À partir de quand est-elle finie parce qu'on a enfin atteint la société que l'on voulait ? À partir de quand peut-on considérer qu'elle ne risque plus d'être confisquée ?

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  alangaja le Mer 26 Jan - 20:17

une révolution est définie par un changement brusque et radical d'une société dans tous les domaines : économique, politique, organisation sociale, etc. les historiens renâclent à utiliser ce terme car ils voient souvent de la continuité derrière des changements de façade ; ou bien ils estiment que les changements observés ont été très progressifs, bien que perçus autrement.
ça ne laisse pas beaucoup de place pour la révolution.
c'est un peu comme l'amalgame entre démocratie, république et parlementarisme. on ne connaît souvent pas la saveur du premier.
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  alangaja le Mer 26 Jan - 23:25

ça m'irait.
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Lustforlife le Jeu 27 Jan - 18:38

En tous cas j ai été deçu par mediapart sur ce coup la . J aurais espéré que le sujet du topic ait un sens au niveau de la revolte populaire en Islande . On a du pain sur la planche pour faire reconnaitre a nos concitoyens que l economie de la mondialisation , a savoir , celle qu on suit eperdument , reduisant notre propre condition a celle d une minorité pensante au milieu de gens regardant Tf1 matin midi et soir , est un echec que cautionne les politiques sortant de l ena ou Science Po où on leur apprend a faire de la langue de bois un art et du pouvoir un but . Je pense que le fait que l opinion generale totalement desinterresée de lopsi et des ecarts policiers est un indicateur du travail qu il va falloir pour faire bouger les choses .
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  ivo le Dim 20 Fév - 19:23

Icesave: le président islandais veut un nouveau référendum
http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/02/20/04016-20110220ARTFIG00166-icesave-le-president-islandais-veut-un-nouveau-referendum.php
Les Islandais s'étaient déjà prononcés massivement contre le plan de remboursement des quatre milliards d'euros perdus par la banque.

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas peuvent s'attendre à un nouveau rejet massif. Malgré l'adoption définitive par le parlement islandais de l'accord prévoyant le plan de remboursement de près de quatre milliards d'euros perdus dans la faillite de la banque Icesave, le président islandais Olafur Ragnar Grimsson a appelé dimanche à un nouveau référendum. Le président islandais a essentiellement des missions honorifiques, mais a le pouvoir de décider de convoquer un référendum... procédure qu'il avait déjà enclenchée après le vote par les parlementaires du précédent accord en début d'année 2010. Les Islandais s'étaient alors prononcés contre, à plus de 93%.

«Les citoyens d'Islande seront appelés à voter sur ce nouvel accord sur Icesave» avec les gouvernements britannique et néerlandais, a déclaré Olafur Grimsson qui s'était réjouit en mars du rejet massif du précédent plan auquel il était opposé.

Accord plus favorable

Le nouveau texte adopté par les parlementaires islandais mercredi dernier est pourtant plus favorable à l'Islande que celui de l'année dernière. Il prévoit que l'Islande, plongée dans la crise par l'effondrement de ses banques fin 2008, pourra étaler ses remboursements entre juillet 2016 et 2046, à un taux d'intérêt de 3% pour le 1,3 milliard d'euros dû à la Haye et de 3,3% pour le reste, dû à Londres. L'année dernière, l'accord prévoyait un remboursement entre 2016 et 2024 seulement, à un taux d'intérêt de 5,5%.

La Grande-Bretagne et les Pays-Bas souhaitaient ainsi montrer leur bonne volonté dans la recherche d'une solution. Lors d'un récent sondage, le texte avait été approuvé par 57% des Islandais.

Le premier ministre islandais Johanna Sigurdardottir s'est dite très «déçue» par l'appel du président. «C'est décevant. Nous avions anticipé que le président allait signer l'accord sur Icesave», a-t-elle déclaré. «L'accord a été approuvé à la majorité au Parlement et ce n'est pas commun qu'un président s'oppose à un accord adopté à une telle majorité», a-t-elle dit, ajoutant qu'il y avait «peu de chance que la Grande-Bretagne et les Pays-Bas soient prêts à renégocier cet accord». Le 10 janvier 2011, le Fonds monétaire international avait finalement annoncé avoir débloqué la cinquième tranche de son prêt à l'Islande, pour un montant de 160 millions de dollars. Le versement des fonds était jusqu'alors bloqué par l'affaire Icesave.

Aucune date n'a été avancée pour ce scrutin, qui selon le premier ministre, devrait se dérouler «le plus tôt possible. Peut-être dans un mois».

(Avec AFP)

LIRE AUSSI :

» Icesave: L'Islande signe l'accord

» Islande: accord en vue avec Icesave

» Les Islandais rejettent l'accord Icesave
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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  niouze le Mar 12 Avr - 14:15

quand même ...
Référendum en Islande : seconde torgnole à la finance mondiale
Par Le Yéti | yetiblog.org | 11/04/2011 | 14H21



Et paf, seconde torgnole ! Près de 60% de « non » sans condition ! Après une première claque retentissante en mars 2010, nos volcaniques amis islandais ont réitéré par référendum, le samedi 9 avril, à la finance internationale et à leur gouvernement, leur refus de payer les pots cassés de la Grande Crise.

Ou plus précisément ceux de la brochette d'imprudents clients anglais et néerlandais lors de la faillite de la banque Icesave en 2008. La population islandaise persiste et signe : pas question d'éponger les pertes d'une banque privée avec des fonds publics.


Tête des dignitaires de la haute finance interlope devant l'affront fait à leur toute-puissance, tête de leurs zélés défenseurs (Fonds monétaire international), tête du gouvernement islandais de centre-gauche, sorte de PS local, qui n'avait pas ménagé ses efforts en faveur du « oui », avec le soutien empressé des élites et des médias du coin (un classique ! ).
Les cris d'orfraies des (mauvais) perdants

Après cette nouvelle dérouillée, plaintes vénéneuses et menaces à peine voilées des perdants :

« La pire option a été choisie. Le vote a coupé le pays en deux. Nous devons tout faire pour éviter un chaos politique et économique après ce résultat. » (Johanna Sigurdardóttir, premier ministre islandais).

« Le temps des négociations est passé. C'est désormais une affaire pour les tribunaux. » (Jan Knees de Jager, ministre néerlandais des Finances).

« Nous avons l'obligation de récupérer cet argent, et nous poursuivrons nos efforts jusqu'à ce que nous y parvenions. » (Danny Alexander, ministre britannique du Trésor).

Il faut dire qu'ils s'étaient donné du mal, nos confits déconfits, pour essayer de sauver leurs joueurs de billes en péril. Ils avaient même sorti les sondages de circonstance annonçant la victoire à quelque 61,3% du « oui » au plan concocté par Johanna Sigurdardóttir.
« Vos créances pourries, vous vous les gardez ! »

Mais repaf ! Le syndrome du référendum sur la constitution européenne ressurgit ! Avec juste un peu plus de constance que celle manifestée par les cousins irlandais.

Est-ce à cause de ceux-là, mais aussi des Grecs et des Portugais, avant les Espagnols et les Italiens, que l'annonce des résultats de ce second référendum est passée assez inaperçue dans nos unes médiatiques ?

Le symptôme d'une maladie tenace avec fort risque de propagation virale est flagrant. Imaginez que les premières victimes expiatoires de la grande débandade européenne se sentent gagnées par la révolte islandaise et entonnent avec la vigueur tempétueuse d'une Björk survoltée cet infernal couplet :

« On s'en fout de votre aide ! On n'en veut pas et on n'en peut plus ! Vos créances pourries, vous vous les gardez ! On reprend nos billes et on se débrouille tout seuls ! »

Les Portugais, Irlandais, Grecs devraient s'inspirer des Islandais

De fait, il y a fort à parier qu'ils y seront tôt ou tard contraints. Car il est de plus en plus évident que le monde court tout droit à UN INEVITABLE BLOCAGE SYSTEMIQUE !

Celui-ci ne menace pas seulement l'Europe. Les Etats-Unis républico-obamiens viennent une nouvelle fois de sentir le vent du boulet passer tout près et usent de ficelles de plus en plus improbables pour reculer l'échéance. Les pays asiatiques voient déjà la surchauffe mettre en péril leur fragile émergence.

Les pénitents actuels, portugais, irlandais, grecs (si mal en point, ceux-là, qu'ils vont bientôt devoir demander une seconde aide pour rembourser la première ! ) gagneraient à s'inspirer de l'exemple islandais.

Et s'épargner cette période pénible d'humiliations à laquelle leurs « partenaires » encore rescapés les contraignent en pure inutilité. Arrêter enfin cette interminable agonie ubuesque.


garfield
http://www.rue89.com/yeti-voyageur/2011/04/11/referendum-en-islande-seconde-torgnole-a-la-finance-mondiale-199458

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  niouze le Dim 1 Mai - 14:34

Depuis 2009, j’ai vécu avec l’idée fixe qu’il fallait aller absolument en Islande parce qu’il devait forcément s’y produire une sorte de révolution culturelle, à commencer au sein de la jeunesse. Un an avant, l’Islande s’était mangée dans la gueule la crise économique la plus violente de son histoire, un séisme qui en l’espace de quelques semaines embrasa tous les recoins et toutes les âmes de ce petit pays de 320 000 habitants.

L’histoire est on ne peut plus banale. Pendant une quinzaine d’années, de 1991 à 2004, le Parti Indépendant – la droite du pays – sous l’impulsion du Premier ministre David Oddsson, libéralise tout ce qui peut l’être, à commencer par la pêche, l’énergie et les capitaux. Quand Oddsson laisse sa place de Premier ministre, c’est pour prendre la tête de la banque centrale du pays dans la foulée. Il supervise alors avec bienveillance la folie des banquiers qui consentent des crédits à tout va aux Islandais grâce à quelques montages foireux à l’étranger. En 2008, ce socle de crédits spéculatifs vole en éclat et les banques islandaises – très interdépendantes – s’écroulent une à une. Incapables d’assurer leurs obligations à l’égard de leurs clients, celles-ci sont nationalisées en catastrophe, histoire d’éviter que le pays n’implose.

La crise qui s’ensuit est sans précédent et pour la première fois de mémoire d’Islandais, des dizaines des milliers d’individus descendent dans les rues en décembre 2008 et janvier 2009, érigent des barricades et traquent même physiquement ces banquiers et hommes politiques qu’ils estiment – à raison – être responsables de la catastrophe qui leur tombe dessus.

Un an et demi plus tard, le 17 juin 2010, je débarque donc en terre de glace, à la recherche de la progéniture islandaise, accompagné de David Arnoux, ami et fidèle photographe. L’avion atterrit à Keflavik, l’aéroport de Reykjavik à deux heures du matin, mais à cette période de l’année, la nuit ne tombe plus. C’est le jour de la fête nationale.

Arrivé dans le centre-ville, je me retrouve plongé dans l’ivresse de ceux que je suis venu chercher. La jeunesse est là, complètement défoncée. Le sol est jonché de bouteilles en verre et de vomi. Les individus se déplacent par petit groupe, passent d’un bar à l’autre et ressemblent à la jeunesse de n’importe quel État occidental. D’autres, trop jeunes pour rentrer dans les bars, remontent Laugavegur – l’artère principale – et friment comme des tocards, picolant à bord d’énormes 4×4 peut-être achetés par leurs parents avec un de ces crédits foireux.

Le temps de poser nos affaires dans une auberge du centre que nous voilà déjà dans un bar à descendre des shots d’un alcool sombre infâme en compagnie de Philippe, un Français installé là-bas depuis cinq ans. Le garçon travaille dans un bar branché du centre, connait un peu tout le monde à Reykjavik (une ville de 120 000 habitants) et nous explique rapidement que nombre de jeunes entre 20 et 35 ans ont à peu près tout arrêté pour se concentrer sur la création artistique.

La nuit avance et il nous traine à Bakkus, haut lieu du cocon artistique local. Nombre de jeunes gens que je fréquenterai dans les jours suivants y travaillent; tous sans exception y squattent pour picoler. J’y finirai régulièrement mes nuits, croisant même quelques illustres personnalités locales comme Jónsi, le chanteur de Sigur Rós. Au delà de son statut de lieu de socialisation et de débauche, Bakkus est un premier indicateur de la situation et cristallise le refus de ces jeunes de se construire une carrière classique, préférant à peine subsister économiquement pour se concentrer sur leur art.

Frikki entouré de ses œuvres

L’art (de faire) du fric

Deux jours après notre arrivée, Philippe nous introduit auprès de Frikki, un plasticien d’une trentaine d’années, chez qui on créchera pendant une dizaine de jours. Étonnant au premier abord, il voit des motifs de satisfaction politiques et sociaux dans la crise. Faire tabula rasa du passé s’impose comme une idée très populaire parmi la jeunesse. Artiste depuis toujours, Frikki est ainsi plus optimiste aujourd’hui qu’il y a deux ans. Tout d’abord parce que la crise a changé les esprits et engendré un rejet de la politique telle qu’elle est pratiquée partout dans le monde.

Avant, les gens dans mon genre qui pensaient différemment du gouvernement étaient regardés de haut et se faisaient même parfois insulter. Le terreau est désormais plus fertile pour penser différemment. J’ai toujours détesté cette folie capitaliste et je me suis toujours demandé si j’étais stupide ou pas. Je savais qu’il y avait une logique derrière ce système, mais je ne l’aimais pas. J’avais ce sentiment qu’ils étaient dans l’équipe gagnante et que moi j’étais avec les perdants. Depuis, ce sentiment n’est plus aussi fort.

Du point de vue artistique, la crise a joué un rôle primordial également. Jusqu’en 2008, certains artistes vivaient sur le dos des banquiers, ne se privant pas de vendre leur production à ceux qu’ils se plaisent à détester aujourd’hui. Il n’était pas rare à l’époque qu’un artiste ait son propre mécène. Pour Mundi Vondi – un jeune designer de 23 ans à la réputation internationale naissante – les artistes se sont laissés complètement abuser par le pognon qui inondait le milieu de l’art, et ont cessé d’être des garde-fous de la société pour devenir des clowns à la solde des banquiers. Tous s’entendent sur le fait que la crise a permis aux artistes d’évacuer la dimension monétaire pour se concentrer sur le travail exclusivement.

Mundi Vondi

Solla et Porgerdur, deux jeunes femmes artistes de 25 ans ont ainsi profité de la crise pour récupérer une vieille maison du centre et la transformer en une galerie. Plus qu’un moyen de gagner de l’argent – à part quelques étrangers de passage, personne ou presque n’achète d’art ces jours-ci – la galerie Crymo est une façon de donner de la visibilité à de jeunes artistes et surtout l’endroit idéal pour se retrouver autour d’un thé, d’un café ou d’un pétard afin de discuter d’art et de s’interroger sur l’évolution de la société islandaise.

Tous ont participé aux manifestations de décembre 2008 et janvier 2009, et tous s’accordent sur le fait que la jeunesse a acquis une conscience politique qui faisait cruellement défaut jusque là. Avant cette crise, la jeunesse islandaise a toujours été profondément consumériste et peu nombreux étaient ceux qui s’interrogeaient sur les conséquences durables de quinze années d’ultra libéralisation de l’économie. Aucun ne semblait particulièrement choqué que leurs parents puissent acheter sur un coup de tête une baraque ou un Range Rover à crédit. Comme le raconte Mundi en pleine redescente de l’alcool ingurgité la veille, affalé dans le canapé rouge de son studio, la plupart des artistes n’a pas souffert à proprement parler de la crise car ils ne possédaient rien ou presque, et n’avaient pas croqué dans la pomme empoisonnée du crédit.

Mais ce n’est pas le cas de leurs parents qui ont souvent dû revendre des biens qu’ils n’avaient même fini de payer. Les jeunes comme Mundi en veulent aux banquiers et aux hommes politiques mais ne sont pas dupes de la situation qui prévalait avant la crise. Solla, cette jolie galeriste-artiste de 25 ans tire ainsi un constat sans pitié.

Ce qui se tramait était évident pour qui voulait bien le voir. Sauf que 90% de la nation a choisi de ne pas faire de vagues, de faire semblant de dormir. J’ai été élevée par des gens de gauche, je savais donc que ce n’était pas une situation saine. Je suis en colère contre les politiques de droite et David Oddsson qui ont fait péter toutes les barrières, ont tout libéralisé et rendu la tâche si facile aux banquiers pour faire n’importe quoi. Rien que les quotas sur le poisson. Ca a fait mourir ces petites villes et c’était sans doute le point de départ à toute cette merde.

L’histoire des quotas sur le poisson illustre à merveille le ressentiment et le malaise de ces jeunes vis à vis de leurs politiques. En 1984, le gouvernement de droite instaure un système selon lequel chaque propriétaire de bateau possède le droit théorique d’acheter une quantité de poisson proportionnelle à sa taille. Puis en 1990, sous l’impulsion des politiques économiques agressives menées par le Parti Indépendant, ces quotas deviennent transférables. Les propriétaires de gros chalutiers rachètent alors leurs quotas aux petits pêcheurs et en l’espace de quelques années à peine, l’ensemble des ressources en poissons de tout le pays se retrouve concentré dans quelques mains, une aberration et un motif de colère pour chaque Islandais.

Solla sur les marches de la galerie CRYMO
De la politique comique au comique politique

Ce voyage en Islande a été l’occasion de louer une caisse et de remonter un bout pays du Sud au Nord en sillonnant à travers mer et montagne pour aller jusqu’à Flateyri, un des ces minuscules villages de pêcheurs situé au fin fond des fjords de l’Ouest qui paient les conséquences de cette libéralisation sauvage. Là-bas, la petite usine de poissons est en cessation de paiement, mais depuis la crise, une nouvelle population est apparue. Des artistes encore et toujours. Ne voulant plus assumer la vie chère propre à Reykjavik, ils viennent ici se consacrer à leur art et passer du bon temps. On se lève à l’aube quand on ne se déchire pas trop la tête la veille pour aller pêcher quelques soles, faire de la confiture ou du pain.

Là-bas, j’ai atterri chez Malgorzata, une Polonaise de 27 ans qui vit en Islande depuis quatre années. Mélange d’écrivain, de peintre, de designeuse et de guide touristique francophone, pour gagner un peu de thunes en été, Mao – son surnom – est devenue Islandaise d’adoption. Elle maitrise parfaitement la langue et fait partie de ces électrons libres de la scène islandaise. Au chômage, elle a pris le parti de quitter Reykjavik notamment parce qu’avec les 35% d’inflation consécutive à la crise, acheter du vin, du café, des cigarettes ou de l’essence devenait très compliqué pour elle. Pas pessimiste pour autant, Mao considère que la crise a aidé à se recentrer sur des valeurs moins capitalistes, des valeurs de partage et d’écoute.

Malgorzata AKA Mao

Beaucoup des amis islandais de Mao viennent passer des périodes indéterminées dans ce petit paradis naturel du bout du monde. C’est le cas de Lili, une productrice freelance de films publicitaires et de séries. Au détour d’une clope et d’un café dans le jardin de Mao, cette jeune fille pas tout à fait trentenaire me raconte que beaucoup de gens de sa famille sont aujourd’hui dans la merde mais que les Islandais ont été enivrés par l’argent.

Comme tant d’autres, Lili est en colère et espère que banquiers et les politiciens devront payer un jour pour le mal qu’ils ont fait à ce pays. Elle concède pourtant que le fait de participer aux manifestations et de voir ses proches morfler lui a fait prendre conscience de l’importance de participer à la vie politique. Comme à peu près tous ces jeunes avec qui j’ai trainé durant deux semaines, elle a voté pour Jon Gnarr, le comique le plus connu du pays devenu contre toute attente maire de Reykjavik en juin 2010.

De retour à Reykjavik, j’ai eu l’occasion de parler longuement de cette élection avec Frikki et Kristján Freyr – le manager du label Kimi Records – qui connaissent tout deux très bien cet ovni qui a fait rentrer des femmes au foyer et des chanteurs punk au conseil municipal de la ville. Pour eux, l’élection de Jon Gnarr traduit en fait le ras le bol vis-à-vis de la corruption des hommes politiques locaux, et met sur le devant un mec honnête, à l’esprit non sclérosé par le bullshit habituel qui sied si bien aux gouvernants.

Dans une société minuscule où tout le monde se connait, les collusions entre politiques, banquiers et journalistes étaient souvent outrageantes en raison de réseaux d’influence sont très resserrés. Les élites ont fréquenté les mêmes écoles et possèdent des intérêts professionnels et personnels irrémédiablement mêlés. Pour que les banquiers soient formellement accusés du fiasco dans la presse, il a fallu que WikiLeaks la mette devant le fait accompli en juin 2009, nombre de journalistes ayant jugé préférable de ne pas se mouiller ; une minorité ayant tout bonnement été censurée. C’est le cas de Jon Bjarki Magnusson – un jeune journaliste devenu figure nationale en faisant quelques révélations – qui passera un bout d’après-midi à me raconter comment le patron de DV – le journal pour lequel il travaillait – fit sauter une de ses enquêtes mettant en cause une des huiles de Landsbanki.

Kristj†n Freyr chez KIMI RECORDS
“La gauche doit nettoyer la merde laissée par la droite”

Aujourd’hui encore, le journalisme islandais baigne dans ses mauvais travers. David Oddsson est ainsi devenu rédacteur en chef de Morgunbladid, le principal journal du pays. Cette réalité hallucinante, tous les jeunes de la scène artistiques de Reykjavik la déplorent évidemment. Si ces Islandais ne font pas confiance à leurs médias, c’est également valable en ce qui concerne le gouvernement de gauche de Johanna Sigurdardottir, élue à la tête du pays après la crise. Tous savent, selon une expression récurrente, que la gauche “doit nettoyer la merde laissée par la droite“.

Mais tous ou presque – même s’ils apprécient souvent le personnage – considèrent que son élection n’a pas changé grand-chose. Comme me le confieront Tómas et Magnus – les membres du duo electro Quadruplos – au détour d’une énième bière chez Bakkus, on leur a parlé de transparence, mais celle-ci tarde à se faire sentir, quasiment deux ans après le tsunami politique et économique.

Tómas et Magnus, les membres du duo electro Quadruplos

Au cours de ces deux semaines passées en Islande, j’ai cru comprendre que cette jeunesse trouve cette crise salvatrice sous certains aspects, sans pour autant la considérer comme un bien absolu, la visibilité sur les conséquences en matière d’éducation, d’économie ou de politique étant encore très incertaine.

Cette incertitude face à l’avenir couplée au rejet des valeurs capitalistes et politiques qui ont façonné la première partie de leur existence explique sans doute le fait que nombre de jeunes se soient aujourd’hui tournés vers des activités artistiques et créatives. Véritable famille, cette jeune scène artistique s’organise comme une communauté, se partage ateliers et locaux de répétition et se serre les coudes, les uns étant toujours prêts à payer à bouffer ou à boire à ceux qui sont fauchés.

Pour autant, l’art ne semble pas vraiment s’imposer comme un moyen de protestation crédible. Tous ou presque ont participé à la révolution des casseroles en décembre 2008 et janvier 2009, mais sans doute plus au titre de citoyen qu’en qualité d’artiste. Quelques heures avant mon départ, j’ai pourtant rencontré une voix quelque peu dissonante. Jón Örn Lodmfjord est poète de 27 ans. Pendant et après la crise, il a tapé sur les hérauts du système à travers son journal Nyhil – un terme assez dur à traduire, contraction de nihilisme et de nouveauté. Courant 2010, le Parlement a rendu public le premier rapport sur la crise, un rapport massif de 2000 pages censé analyser et tirer les conséquences des mécanismes foireux qui ont plongé ce petit pays dans le chaos. Moquant ouvertement un document qui à aucun moment ne prend la peine de réfléchir à l’avenir, Jón l’a détourné et en a fait un livre, une satire poétique singeant le vocabulaire des hommes politiques.

Jon Orn Lodmfjord

Terrassé par une monumentale gueule de bois, ce grand brun barbu aux yeux sombres dissimulés derrière des lunettes ne mâche pas ses mots à l’égard des politiques mais aussi ses jeunes compatriotes auxquels il reproche d’avoir fait de la crise une bataille trop tournée vers des individus mais pas assez vers le système lui-même. Jón dénonce le nationalisme qui a gagné le cœur de beaucoup de jeunes et à la différence de tous les autres ne fait pas preuve d’optimisme pour l’avenir.

Mnt et l’après la cralheureusement, il n’y a pas assez de débats. Beaucoup de gens essaient de créer cette distinction temporelle de “l’avaise” mais dans le fond, rien n’a vraiment changé. On entend souvent qu’on est revenu aux vieilles valeurs – la famille, l’entraide – mais compare avec d’autres pays et tu verras que ça a toujours été très important ici. Il faut arrêter avec cette histoire de vieilles valeurs traditionnelles de l’Islande, parce qu’il n’y en a pas. Quand j’y pense, je ne trouve pas vraiment de trucs positifs à ressortir de cette crise si ce n’est que Jon Gnarr n’aurait jamais gagné avant la crise. Mais si les gens sont en colère ils n’ont jamais trouvé de moyens crédibles pour l’exprimer concrètement.

Le constat de Jón, ce révolutionnaire dans l’âme, est critique, mais toujours est-il que pour la première fois depuis longtemps, les facs d’économie et les écoles de commerce ne sont plus pleines à craquer et la politique, domaine si longtemps laissé à quelques élites, connaît un regain d’intérêt populaire. On ne peut pas reprocher à Jon Gnarr et Johanna Sigurdardottir d’essayer de faire leur boulot, de tenter de faire changer les mentalités et de travailler à expliquer à leur nation que l’opulence d’hier n’est désormais qu’un lointain souvenir.

Mundi, Frikki, Solla, Lili, Mao, les deux Jón, Tomas ou Magnus, eux semblent l’avoir déjà compris. Alors ils avancent, à leur rythme, au gré de leur art et de leurs états d’âme, avec l’espoir sans doute de reconstruire une Islande plus saine, pas pourrie par ce capitalisme qui a désormais inondé la planète entière. Poétique et honorable, leur combat n’est pas vain et il souffle sur l’Islande un doux vent idéologique qui fait chaud au cœur quand on vit parmi ces jeunes, au contact de leurs espoirs et de leur ambition. Mais au regard de l’économie qui semble enfin repartir, il paraît bien difficile à croire que l’histoire ne se réécrira pas de la même façon en Islande comme ailleurs.

http://owni.fr/2011/04/20/la-jeunesse-islandaise-deux-ans-apres-la-crise/

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  niouze le Ven 19 Oct - 15:15

Islande: une « révolution citoyenne » qui fait pschitt

La mode s’est un peu calmée, mais dans les milieux proches du Front de Gauche, chez les « antilibéraux » divers et variés, on a beaucoup parlé de l’Islande en tout cas sur internet.

Pour ce petit monde en quête d’états forts qui résistent à la finance, la petite île a prise un temps des allures de nouveau modèle. L’Islande, portée par un immense élan populaire, aurait refusé de payer ses dettes. Elle serait en train de reconstruire une démocratie plus humaine, basée sur une constitution rédigée par des braves gens sélectionnés via un processus de démocratie directe, etc.

Et puis surtout, la raison profonde censée prouver que l’Islande est en pleine révolution ( lire rêve-olution, bien sûr, on est chez les poètes) c’est que les médias n’en parlent JA-MAIS. Le souci, avec cette jolie histoire citoyenne, c’est que c’est du pipeau. Détaillons

Afin de comprendre les tenants et les aboutissants, mieux vaut avoir une idée de la situation islandaise en général, et de l’activité économique et financière de ces dernières années en particulier.

(Si ça vous gonfle, ou que vous connaissez déjà, passez direct à la deuxième partie, qui commence par « en 2008, la crise financière arrive… »)

L’Islande est une île de l’océan Atlantique Nord d’une population d’environ 320 000 habitants. Sa capitale, et plus grande ville, est Reykjavik.

Bien qu’associé économiquement à l’Europe, et faisant partie de l’espace Schengen, le pays n’est pas membre de l’UE, encore moins de la zone euro. Il possède sa propre monnaie, la couronne islandaise.

En plus de la manne touristique, le pays exporte du poisson, et de l’aluminium, dont la transformation constitue la principale industrie du pays.

En plus de cette (petite ) économie locale, on trouve un important secteur bancaire: au cours des années 2000, les banques islandaise déploient une importante activité financière internationale. Une croissance sans précédent avec un volume passant de 100% du PIB à plus de 1000% en 2003. Elles empruntent aux autres banques (à l’international) pour spéculer sur les marchés, de manière extrêmement massive. (Selon un rapport du FMI de l’époque, » l’Islande fonctionnait intrinsèquement comme un fonds spéculatif, empruntant à l’étranger pour acquérir des avoirs extérieurs ») .

Le crédit intérieur est aussi fortement encouragé, et beaucoup d’islandais empruntent, en particulier pour acheter leurs maisons (ils sont proprio a 80%). En 2007, les ménages islandais sont endettés à près de 250% de leurs revenus (contre par exemple près de 85% en France en 2012).

Cette augmentation importante de la masse monétaire participe à provoquer une forte inflation .

→ [ Un petit paragraphe pour expliquer la création monétaire en quelques mots ci dessous: ]

Les dettes sont comptabilisées comme de la monnaie, car elles correspondent à une création monétaire des banques. Celles-ci nous prêtent de l’argent qu’elles créent, dans les limites d’un pourcentage de leur réserve obligatoire auprès de la Banque Centrale. Par exemple, disons que le taux de « réserves obligatoires » est de 2% pour la zone euro : cela veut dire que les banques de la zone doivent déposer sur un compte qu’elle possèdent auprès de la Banque Centrale Européenne au moins 2% de la somme totale de leurs prêts. Si elles prêtent 100 milliards, elles doivent en avoir 2 dans leurs réserves. Cela dit, si elles prêtent 100 milliards, elles auront ajouté ces 100 milliards à la masse monétaire totale de la zone euro. (Mais on écrira prochainement un article et une petite BD pour mieux comprendre ce truc un peu compliqué)

La banque centrale islandaise répond à cette inflation d’une manière classique : elle augmente fortement ses taux d’intérêts directeurs, pour tenter de restreindre la création monétaire. Le montant des taux d’intérêts islandais est porté à 15,5 %.

Cela veut dire que les banques islandaises empruntent à ce taux auprès de leur banque centrale et doivent répercuter cette hausse sur les taux qu’ils demandent à leurs clients, ce qui a pour effet de peser sur les crédits.

On appelle ça une politique de l’argent cher, car emprunter de l’argent coûte cher. Le souci de cette politique à l’heure de la mondialisation des échanges, c’est qu’elle rend la monnaie d’un pays (surtout à la marge de manœuvre limitée comme l’Islande) attractive pour la spéculation internationale.

En résumé, cela consiste pour les traders à une démarche en deux temps:

Emprunter de l’argent dans une devise à faible taux d’intérêts (comme le yen japonais dont le taux d’intérêt oscille autour de 0%)
Utiliser cet argent pour acheter les devises d’un pays à fort taux d’intérêts.

Il n’y a plus qu’à engranger… ( Pour ceux que ça intéressent, cette technique s’appelle le carry trade)

Dans les années 2000, la monnaie islandaise est donc énormément utilisée par les traders. Elle monte, monte… En 2007, selon le magazine the economist, la couronne islandaise serait même la monnaie la plus surévaluée au monde!

En 2008, la crise financière arrive. Panique à bord.

C’est l’effondrement brutal. Les banques islandaises ne trouvent plus à emprunter sur le marché interbancaire (un marché où les banques se prêtent quotidiennement du pognon, à des taux très faibles), et s’effondrent. La banque centrale islandaise n’a pas les moyens de couvrir les banques : elles sont trop endettées, l’activité financière est tout simplement sans commune mesure avec l’économie islandaise! Les banques sont nationalisées, et la question se pose d’indemniser les épargnants.

Cela se pose tout particulièrement pour l’affaire de la banque Icesave. Une part très importante des détenteurs de compte dans cette banque ne sont pas Islandais. Faut-il les indemniser, quitte à s’endetter encore plus? Non, répondent par référendum les islandais…

Voilà ce qui excite à ce point nos sociaux démocrates radicalisés: « l’État modèle » Islandais a refusé de garantir les dépôts des non-islandais qui possédaient un compte à la banque Icesave. Les dépôts ont été garantis (et remboursés) par Londres et La Haye à leurs épargnants, qui les avait perdus, du fait de la faillite de cette banque privée. Il s’agissait d’une somme assez importante, de 3,9 milliards d’euros.

Mais cela n’a rien à voir avec le fait de refuser de rembourser la dette publique! Et les islandais qui sont massivement sortis dans la rue, se sont mobilisés pour refuser de payer? Eh bien leurs colère a été détournée contre les seuls épargnants (capitalistes) de Icesave , et le vague espoir de condamner en justice leur ex-premier ministre…

Pendant ce temps là, l’Islande est encore endettée, et elle continue à payer ses dettes. Chez les journalistes politicards qui montent ça en épingle, il y a en fait confusion entre la dette publique islandaise (qui atteint les 100% du PIB contre 22% en 2007) et que l’Etat rembourse rubis sur ongles, et cette fameuse affaire Icesave.


Pour rembourser sa dette publique, le gouvernement islandais a fait comme les autres: Reykjavik a demandé et obtenu un prêt de 2,25 milliards d’euros au Fonds monétaire international (FMI). En échange, le gouvernement a imposé une série de mesures d’austérité équivalentes à 10% du PIB du pays.

Résumons: l’Islande paie sa dette publique, pratique l’austérité, mais ( courage suprême) a refusé le paiement du à une faillite bancaire.

Par ailleurs, la monnaie islandaise s’est effondrée, le pays connaissant une importante inflation (jusqu’à 18%), ce qui constitue une baisse nette des salaires réels.

Cela a contribué à étrangler encore plus les prolétaires islandais d’autant que nombres d’entre eux avaient contractés des prêts immobiliers avant 2008, prêts indexés sur l’inflation… Qui ont donc vu leurs taux d’intérêts exploser entre 2008 et 2012!

Aujourd’hui, le taux d’endettement des ménages est de 225%.
Pour pouvoir le rembourser, les Islandais ont été autorisés (merci l’État-sympa) à puiser dans leurs retraites complémentaires : tant pis pour les économies…

Terminons sur cette histoire de « constitution citoyenne« , censée être l’aboutissement de la mobilisation populaire:

Elle n’a tout simplement pas attiré les foules : la participation aux élections qui devait élire l’assemblée constitutionnelle n’a finalement été que de… 36%.

De plus, le 25 janvier 2011, la Cour suprême a invalidé ces résultats de l’élection de l’Assemblée constitutionnelle. Finalement, ils ont dû être “désignées” par le Parlement. Voilà pour leur fameuse « démocratie nouvelle »…

La composition de cette assemblée , censée être « à l’image du peuple » parle d’elle-même:

- 5 profs d’Université,
- 4 journalistes et présentateurs télé,
- 3 médecins,
- 2 mathématiciens,
- 2 directeurs de musée,
- 1 manager,
- 1 pasteur,
- 1 directeur de théâtre,

- 1 chef d’entreprise,
- 1 président de syndicat,
- 1 juriste,
- 1 porte-parole d’association de consommateurs
- 1 fermier
- 1 étudiant.

Et que dire de la « e-participation » tant vantée par les démocrates : même en comptant tous les réseaux sociaux, le débat n’a suscité que 3 600 commentaires et 370 propositions, soit respectivement 1,1 % et 0,12 % de la population de l’île (si on part du principe de 1 commentaire et une propositions par personne)! Tout ce flan pour ça…

Bref, pas de pays modèles, ni de solutions nationales.

Bien sûr, à y regarder de près, on a l’impression que les islandais se sont particulièrement fait avoir. Mais c’est hélas le cas des prolos du monde entier. Et les politiciens locaux peuvent toujours agiter le chiffon rouge, parler de la souveraineté nationale, et cetera et cetera: c’est la même blague, et le même résultat.


La crise de la dette, porte en elle le risque de l’effondrement possible des capitaux mis en banque, et donc du système bancaire. On ne parle pas de 3 ou 4 milliards, mais de millier. Le capital peut laisser passer un défaut de quelques milliards, ( s’il n’ a pas le choix, et il en grattera le plus possible) comme le montre aussi le défaut partiel uruguayen dont nous reparlerons dans un autre article de cette rubrique.

Mais pas l’effondrement des banques. Pas la déstabilisation massive des principales devises (Euro, Dollars). Là, on touche au cœur même du système. Et c’est pas un gouvernement de socs-dems qui y fera quelque chose!
http://www.tantquil.net/2012/09/24/islande-une-revolution-citoyenne-qui-fait-pschitt/

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Re: islande le pays un peu moins con que les autres

Message  Invité le Ven 19 Oct - 20:51

Intéressant ce lien : je le pique pour le FAR. Je sais je sais... Pas sur la tête !

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