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Message  ivo le Mer 7 Avr - 15:55

Le Kirghizstan en proie au chaos
France Info - 15:19

Situation est révolutionnaire au Kirghizstan, ex-république soviétique frontalière de la Chine. Depuis ce matin, les forces de l’ordre et plusieurs milliers de militants de l’opposition s’affrontent. 17 manifestants auraient été tués dans la capitale, Bichkek. Le ministre de l’Intérieur, Moldomoussa Kongantiev, aurait été abattu dans le nord-ouest du pays et le vice-Premier ministre est détenu en otage par des manifestants.

Le point de non-retour semble avoir été atteint au Kirghizstan, ex-république soviétique limitrophe de la Chine. Depuis plusieurs semaines déjà les tensions s’aggravaient entre le pouvoir et l’opposition. Elles ont éclaté ce matin. Plusieurs milliers de manifestants, 3.000 à 5.000, ont investit les rues de la capitale, Bichkek (cliquer ici pour visionner une webcam installée sur la place centrale de Bichkek).

Ils se sont rapidement heurtés à la police et les affrontements, parfois à l’arme automatique, ont fait au moins 17 morts. Les manifestants ont mis la main sur plusieurs véhicules blindés de police, poursuivant les forces de l’ordre, incapables de résister. Des incendies ont éclaté en ville.
Des manifestants ont aussi investit le siège de la télévision de Bichkek, détruisant tout le matériel et coupant les émissions.

L’opposition demande la démission du président du Kirghizstan.  
 

Des troubles se sont aussi produits dans d’autres villes du pays, comme à Naryn (centre), Tokmok (près de la capitale) et Talas, dans le nord-ouest. Le ministre de l’Intérieur, Moldomoussa Kongantiev, y a été tué, alors qu’il était l’otage de manifestants qui l’ont passé à tabac. Un autre membre du gouvernement est pris en otage dans cette ville, il s’agit du vice-premier ministre, Akylbek Japarov, qui aurait également été lynché, sans qu’il soit pour l’instant possible de savoir s’il a survécu.

Les manifestants et l’opposition réclament la démission du président Kourmanbek Bakiev. Il a pris le pouvoir il y a cinq ans, en mars 2005, à l’issue, déjà, d’une révolution. Il avait promis d’instaurer la démocratie, mais l’opposition lui reproche de ne pas avoir tenu cette promesse et d’avoir au contraire progressivement dérivé vers un régime autoritaire.

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Dernière édition par ivo le Mar 22 Sep - 8:30, édité 1 fois
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Message  Invité le Mer 7 Avr - 20:19

Les manifestants ont mis la main sur plusieurs
véhicules blindés de police, poursuivant les forces de l’ordre,
incapables de résister.

Le jour où on sera capable de faire ça...
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Message  ivo le Jeu 8 Avr - 10:13

Kirghizstan : l’opposition affirme avoir pris le pouvoir
France Info - Hier, 23:28

Au terme d’une journée d’affrontements très meurtriers entre la police et les militants anti-gouvernementaux, l’opposition assure avoir désormais le contrôle du pays. Le président serait en fuite. Le Parlement et le siège de la présidence ont été pris d’assaut.

Est-ce une nouvelle révolution ? Les opposants au gouvernement ont-ils, comme ils l’affirment, pris le pouvoir ? Difficile de savoir avec précision quelle est la situation dans le pays d’Asie centrale, plongé dans le chaos depuis ce mercredi matin.

Au terme de cette journée d’affrontements entre forces de l’ordre et manifestants anti-gouvernementaux, le bilan de la journée est très lourd : 47 morts et 400 blessés selon un responsable du ministère de la Santé. Une centaine de morts, selon un leader de l’opposition.

Les opposants ont envahi le Parlement, le siège de la présidence, le siège de la télévision publique, contraignant les autorités à battre en retraite.
Le président Kourmanbek Bakiev, qui était lui-même arrivé au pouvoir par une révolution en mars 2005, aurait quitté dans la soirée la capitale Bichkek pour une destination inconnue, selon un responsable aéroportuaire. Le chef d’Etat était très critiqué pour sa dérive autoritaire et son népotisme.


Quant au Premier ministre, Daniar Oussenov, il aurait "remis une lettre de démission" à l’un des chefs de l’opposition, Temir Sariev. C’est ce dernier qui l’a affirmé à la radio.
Plusieurs sources ont par ailleurs affirmé que le ministre de l’Intérieur aurait été tué lors de heurts.

Dans la foulée, l’opposition a formé son propre gouvernement.

La Russie et les Etats-Unis, qui ont chacun une base militaire dans l’ex-république soviétique, ont appelé les parties au calme.
Kirghizstan Kir
Les affrontements ont été très violents dans la capitale, Bichkek.
©️ REUTERS
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Message  niouze le Jeu 8 Avr - 11:19

rue 89
Comment en est-on arrivé là ?

On excusera le riverain qui ne sait pas où mettre le Kirghizstan sur la carte du monde. Cette République ex-soviétique d'Asie centrale, l'un des « istans » issus de l'éclatement de l'URSS en 1991, fait généralement peu parler d'elle. Même si, en bientôt vingt ans d'indépendance, le Kirghizstan a eu une histoire assez mouvementée.

Il était passé sans préavis de l'état de république soviétique, c'est-à-dire dans laquelles les particularismes locaux étaient congelés sous l'autorité du Parti, au statut d'Etat indépendant dans une Asie centrale en plein réveil nationaliste et islamique.

En 1991, voyageant avec le ministre français des Affaires étrangères Roland Dumas, nous avions dû atterrir de nuit à Frounzé, la capitale kirghize à peine rebaptisée Bichkek, alors que notre avion n'avait pu se poser au Kazakhstan voisin pour cause de tempête de neige.

Heureusement, la France avait reconnu le Kirghizstan une semaine plus tôt, mais Bichkek n'était pas sur l'itinéraire du voyage et le ministre des Affaires étrangères fut réveillé pour apprendre qu'un ministre français était en ville.

Depuis, le Kirghizstan, 5 millions d'habitants dans un territoire enclavé et très montagneux, a tenté de trouver un équilibre politique et économique complexe dans une région agitée par des vents contraires.

L'actuel président avait lui-même pris le pouvoir après une des « révolutions de couleurs » qui ont traversé l'ex-espace soviétique, en l'occurence une révolution « des tulipes » en 2005, renversant l'ex-président Askar Akaev.

Mais, élu sur des promesses de démocratisation, Kurmanbek Bakiyev, se retrouva à son tour accusé de corruption, de népotisme au profit de son clan originaire du sud du pays, et de manipulations politiques, s'attirant à son tour une vive opposition.

Le président Bakiyev a commencé à museler la presse et la société civile, et à réprimer l'opposition. La plupart des compagnons de Bakiyev lors de la révolution des tulipes l'ont depuis abandonné et rejoint l'opposition.

Quelques jours avant les derniers événements, la justice kirghize interdisait un journal, Forum, accusé d'avoir cité les vers d'un poète kirghize :

« En période de troubles, chaque fils de sa Patrie doit se transformer en foudre. »

« Le pouvoir ferme les publications indésirables à la veille des manifestations prévues le 7 avril », avait alors déclaré Yryskeldy Mombekov, rédacteur en chef de Forum.
Une région stratégique

Au-delà des événements tragiques qui s'y déroulent, le Kirghizstan retient l'attention en raison de sa situation stratégique. Ce petit Etat abrite en effet une base américaine qui constitue une escale vitale de soutien aux forces de l'Otan en Afghanistan, par laquelle transitent quelque 35 000 soldats occidentaux chaque mois.

La base avait failli être fermée l'an dernier, sur décision du président Bakiev, mais à la suite d'un délicat marchandage, dans lequel les considérations financières n'ont pas été les dernières à être débattues, le chef de l'Etat kirghize accepta de prolonger le bail de la base ouverte en 2001, au lendemain des attentats du 11 septembre, lors du compte à rebours de l'invasion de l'Afghanistan.

L'opposition politique kirghize a plusieurs fois dénoncé cette présence militaire américaine, en estimant qu'elle permettait aux dirigeants du pays de violer les droits de l'homme en toute impunité, comme prix à payer pour le maintien de la base. L'agence russe RIA Novisti se faisait encore l'écho de cette opposition mardi. Si le changement de pouvoir à Bishkek est confirmé, cela pourrait relancer les discussions sur le statut de cette base et une nouvelle période d'incertitude pour la logistique de l'Otan en Afghanistan.

Les Américains avaient vu dans cette menace de fermeture la main de Moscou, l'ancienne puissance tutélaire du Kirghizstan à l'époque soviétique, qui n'a pas renoncé à ses ambitions d'influence dans cette région.

L'Asie centrale est en effet prise en tenaille entre l'influence russe persistante (la Russie dispose aussi d'une base militaire au Kirghizstan), la nouvelle puissance chinoise voisine qui est extrêmement active auprès des « stans » tant sur le plan économique que politique et militaire (par le biais de l'Organisation de coopération de Shanghai), notamment afin de contrer les « indépendantistes » ouigours du Xinjiang, et enfin les courants islamistes très actifs dans ce « ventre mou » de l'Asie.

Dans cette région encore instable, le Kirghizstan a un moment fait figure de pôle de stabilité, voire même de principal espoir démocratique. Cet espoir a depuis longtemps disparu, et a plongé mercredi dans le cauchemar.

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Message  niouze le Ven 9 Avr - 14:31

(De Bichkek) A 13 heures ce mercredi, une foule, calme, est massée sur la Place Ala-Too, près du palais présidentiel de Bichkek. Entourée d'un cordon de policiers anti-émeutes coiffés de casques blancs, la foule arbore nonchalamment des banderoles et scande quelques slogans contre la vie chère et l'augmentation récente du prix de l'énergie.

Un quart d'heure plus tard, sans motif apparent, la police commence à tirer, d'abord des balles à blanc, puis très vite de vraies munitions sur des manifestants certes en colère, mais pacifiques et soucieux d'éviter tout débordement. Des gens commencent ici et là à tomber.

Je m'éclipse alors rapidement de la place, dans le sillage d'une foule paniquée. Quelques rues plus loin, le calme régne encore et les jeunes gens plaisantent, pensant que les coups de feu resteront encore limités à la place centrale.
Des périodes d'accalmie, puis les échanges de tirs reprennent

Mais, très vite, d'autres crépitements de balles se font entendre. Les casernes partout en ville se soulèvent, soldats révoltés et loyalistes s'affrontent.

L'après-midi se poursuit ainsi, avec de longues périodes d'accalmie durant lesquelles les gens rentrent précipitamment du travail, mais dans une atmosphère insouciante. Pas de scènes de pillage ou d'émeutes, contrairement à ce qui s'était passé lors du précédent soulèvement, en 2005.

Comme eux, je rentre chez moi. Mais régulièrement des coups de feu, ponctués d'explosions de grenades assourdissantes, viennent nous rappeler qu'aujourd'hui n'est pas un jour comme un autre à Bichkek.
Un pouvoir à bout de souffle

Depuis quelques mois, la tension se faisait plus palpable en Kirghizie. La multiplication par deux du prix de l'électricité et par trois du prix de l'énergie, décidées en mars par le président Bakiev, a servi de détonateur, auprès d'un peuple ecrasé d'injustices bien plus profondes.

Bakiev, parvenu au pouvoir a la suite de la révolution des Tulipes de 2005, avait durci son régime. L'élection présidentielle du 23 juillet avait été largement entachée de fraudes, dénoncées par l'opposition, l'OSCE et les pays occidentaux.

Depuis, son pouvoir s'était resserré sur sa base tribale, la tribu bassyz de l'aile gauche, issue de la region de Souzak, près de Djalal Abad, dans le sud du pays.

Son fils Maksim, nommé par son père a la tête de l'Agence centrale pour le développement, les investissements et l'innovation, avait profité de son nouveau poste pour s'enrichir et développer des liens sulfureux avec les milieux véreux de la finance, parmi lesquels les mafias russe et napolitaine.
En mars, pouvoir et opposition tenaient conseil

En mars, Bakiev réunissait un « kurultai », assemblée de notables, et prônait la concorde nationale, rudoyant l'opposition comme un père réprimande son enfant qui a fait une bêtise.

L'opposition avait tenu son propre « kurultai », loin des caméras mais en présence de nombreux agents du pouvoir infiltrés. Elle avait nommé un comité directeur de 15 personnes. Mais qu'il était difficile pour elle de promouvoir ses idées !

Cet îlot de démocratie qu'était la Kirghizie dans les premières années de son indépendance a en effet bien changé : presse censurée, journalistes et opposants arrêtés, bastonnés ou exécutés, parfois sur ordres de proches de la présidence, opposition intimidée -y compris ses leaders, harcelés par les tracasseries administratives ou judiciaires.

Aussi, depuis quelques mois, la colère grondait. En catimini, tout le monde ne parlait que de la chute du pouvoir, dans les rues ou sur les forums Internet, notamment sur Facebook. L'opposition y avait une longueur d'avance. Mais la même question restait toujours sur les lèvres de chacun : quand ?
La victoire de l'opposition

Les événements se sont donc accélérés mercredi après-midi, et le Président a fini par fuir en avion, vers 20 heures, on ne sait pour quelle destination. Sa maison personnelle a Bichkek a été pillée et incendiée. Daniar Ousenov, le Premier ministre, assumait le pouvoir depuis la Maison Blanche, de plus en plus esseulé.

Après les premiers tirs dans les casernes du début de l'après-midi, la foule, essentiellement masculine, reste compacte et se renforce autour des principaux bâtiments officiels, ne craignant ni la forte pluie, ni les balles sifflantes.

A 14 heures, les chaînes de télévision diffusent encore des programmes dénigrant l'opposition. A 15 heures, les programmes sont partout interrompus. Puis, à 16 heures, l'opposition prend la parole sur les écrans, via des débats populaires animés, ou les images des événements présentées en boucle, sans commentaires.

Ces mêmes images montrent, à partir de 17 heures, des opposants paradant sur des chars dans les rues « prises » à l'armée, en même temps que leurs dirigeants, fraîchement libérés, rejoignent la foule, portés a bout de bras. A 18 heures, le Parlement est investi par les opposants.
La foule maintient la pression autour de la Maison Blanche

Mais les coups de feu continuent, de plus en plus sporadiques et concentrés autour de la Maison Blanche, ou se retranche un Premier ministre jusqu'au-boutiste, appelant chacun a la lute contre les « bandits ivrognes ».

Vers 19 heures, l'opposition prend officiellement le pouvoir. Le comité directeur formé lors du « kurultai » du 17 mars déclare assurer la gouvernance du pays et appelle à des négociations avec le parti présidentiel jusque-là au pouvoir à la Maison Blanche.

La foule maintient toujours la pression autour du bâtiment ou des snipers fidèles au Premier ministre tirent toujours depuis les toits. C'est ici que les victimes sont les plus nombreuses. On cite tantôt le chiffre de 47 victimes, tantôt 100 et plus.

La nuit approchant, l'opposition nomme alors en toute urgence des comités de vigilance, qu'elle place autour des supermarchés de la ville, afin d'éviter les pillages.

Pour les mêmes causes, des troubles ont aussi éclaté ces dernières semaines en province. Mercredi, l'opposition s'y emparait progressivement du pouvoir.

Dans la capitale, la situation est redevenue calme en soirée, sauf aux abords de la Maison Blanche, où se livrent toujours les derniers combats. Pas question de se rendre pour le Premier ministre, car il sait qu'il risque le même sort que son ministre de l'Intérieur, lynché mercredi par la foule à Talas.
Pris de court, le nouveau pouvoir s'organise

L'opposition, prise au dépourvu par des événements plus rapides qu'elle n'avait espéré, n'a pas encore défini de « leader » et de programme a tenir d'ici l'échéance de nouvelles élections présidentielles prochainement organisées. Rassemblés avec divers autres partis au sein du Mouvement populaire uni, les partis social-démocrate et socialiste semblent cependant en position de force.

► A 2 heures du matin ce jeudi, la Maison Blanche tombe entre les mains de l'opposition. Roza Otounabeva, ancienne ministre des Affaires étrangères et ex-Ambassadrice de la Kirghizie au Royaume-Uni, est chargée de former le nouveau gouvernement provisoire.

A 2h30, le président Bakiev est arrivé par avion à Och autour de minuit, espérant rejoindre sa résidence secondaire. Des négociations se seraient engagées avec l'opposition pour la remise du pouvoir, en échange d'une éventuelle amnistie.

Par ailleurs, le premier président, Akaev, chassé du pays en 2005 par Bakiev, a évoqué dans un discours « son désir de rentrer au plus vite en Kirghizie pour se retrouver au plus près de son peuple ». Mais il renonce à reprendre toute activité politique.

A 12h30, l'affaire n'est pas finie. Alors que le gouvernement provisoire se met progressivement en place à Bichkek, Bakiev parle dans un meeting au milieu de ses partisans a Jalal-Abad, tandis qu'un meeting parallèle se tient dans la même ville, organise par l'opposant Tourgounaliev.

Il semblerait que le Président se constitue une base dans le sud, pour essayer ensuite de reprendre le pouvoir. Mais, connaissant les mentalités dans la région, je pense que cette tâche est irréalisable.

En revanche, si l'ordre n'est pas rétabli dans le sud du pays par le nouveau pouvoir d'ici la fin de la semaine, un risque de partition de la Kirghizie ne serait alors pas exclu, à partir des bases tribales traditionnelles.

A 13h30, l'ancien Parlement vient d'être dissous par le nouveau Premier ministre intérimaire, Roza Otounbaeva. Des élections législatives anticipées devraient avoir prochainement lieu.

A 16h20, la Russie vient de reconnaître le nouveau pouvoir issu de l'opposition à Bichkek.

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Message  niouze le Sam 12 Juin - 19:36

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Kirghizstan: état d'urgence dans le Sud, aide humanitaire russe

MARKHAMAT — Le Kirghizstan a décrété samedi l'état d'urgence dans une deuxième ville du sud de ce pays d'Asie centrale, à la suite des violences interethniques meurtrières et la Russie lui a accordé une aide humanitaire mais refusé une assistance militaire.

L'état d'urgence a été décrété à Djalal-Abad par le gouvernement intérimaire, "contraint de prendre cette décision car la zone de déstabilisation s'étend", a déclaré son chef adjoint, Azimbek Beknazarov, à la télévision nationale.

"Depuis hier (vendredi), la situation est devenue hors de contrôle", a renchéri la présidente par intérim du Kirghizstan, Rosa Otounbaïeva, après une deuxième journée de violences. Celles-ci ont au total fait au moins 69 morts et plus de 850 blessés dans la région d'Och, selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

Le gouvernement provisoire, qui s'est emparé du pouvoir après un soulèvement populaire début avril à l'origine de la fuite du président Kourmanbek Bakiev, a appelé les officiers retraités de la police et de l'armée à se rendre dans la région d'Och, afin d'"empêcher la guerre civile".

"Les autorités seront reconnaissantes envers tous les volontaires qui sont prêts à aider à prévenir la guerre civile dans le sud du Kirghizstan", a déclaré M. Beknazarov.

Vendredi, le gouvernement a décrété l'état d'urgence et un couvre-feu à Och et dans plusieurs districts voisins.

Aux yeux du président russe, Dmitri Medvedev, "il s'agit d'un conflit interne et la Russie ne voit pas, pour le moment, les conditions pour participer à sa résolution", a déclaré sa porte-parole, Natalia Timakova, en allusion à l'assistance militaire sollicitée plus tôt dans la journée par Mme Otounbaïeva.

En revanche, le Kremlin a décidé d'"accorder une aide humanitaire" à cette ancienne république soviétique où la Russie dispose d'une base militaire. Un avion médicalisé du ministère russe des Situations d'urgence, avec dix médecins à bord, s'est déjà envolé vers le Kirghizstan, a indiqué un responsable du ministère.

Sur le terrain, "les policiers et les militaires déployés sur place tombent déjà de fatigue, ils dorment sur les routes qu'ils surveillent (...). Nous n'aurons pas assez de forces (pour assurer la sécurité, ndlr) dans les deux jours à venir, si on n'a pas d'aide supplémentaire", a-t-il affirmé.

Des milliers de femmes et d'enfants ouzbeks ont fui les violences en se rendant à Markhamat à la frontière proche de l'Ouzbékistan voisin, ce qui pourrait déboucher sur une crise humanitaire. Tandis que l'Ouzbékistan se disait "extrêmement alarmé", le comité international de la Croix rouge s'est déclaré "profondément inquiet".

L'organisation de défense des droits de l'homme Human Rights Watch (HRW), basée à New York, a appelé la communauté internationale à soutenir le gouvernement kirghiz, pour empêcher que les troubles ethniques ne dégénèrent.

"Il n'y a pas de temps à perdre", a dit Andrea Berg, une responsable de HRW retranchée dans une maison à Och depuis le début des violences.

"Il y a de nombreux blessés dans les quartiers mahallas (ouzbeks) d'Och. Leur nombre pourrait atteindre plusieurs milliers", a-t-elle dit dans un communiqué.

Les violences à Och ont commencé dans la nuit de jeudi à vendredi par des bagarres entre Ouzbeks et Kirghiz qui ont dégnéré. Des voitures ont été cassées et brûlées, des immeubles d'habitation incendiés.

La stabilité du Kirghizstan est primordiale, notamment pour les Etats-Unis qui y disposent d'une base militaire essentielle au déploiement des troupes américaines en Afghanistan.

Depuis la révolution d'avril, qui avait fait 87 morts et conduit à la chute du régime de M. Bakiev, le Kirghizstan a connu plusieurs vagues de violences.

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Message  spike le Dim 13 Juin - 12:10


Kirghizstan: l'armée mobilisée et les tirs sans sommation autorisés
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Des soldats kirghizes sur un blindé passent devant un groupe de personnes à Osh le 11 juin 2010. (©️ AFP photo AFP)

Le Kirghizstan mobilisait dimanche son armée et a autorisé ses forces à tirer sans sommation dans le sud de ce pays stratégique d'Asie centrale pour tenter d'y endiguer des violences ethniques qui ont fait au moins 86 morts et 1.000 blessés depuis vendredi.

Le ministère de la Défense a annoncé qu'il mobilisait les réservistes de l'armée âgés de 18 à 50 ans. Les forces de l'ordre ont, elles, été autorisées à tirer sans sommation samedi soir.

«Le ministère de la Défense appelle tous les réservistes âgés de moins de 50 ans à se présenter aujourd'hui, 13 juin, avant 15 heures aux points de recensement, a annoncé le ministère dans un communiqué. L'organisation de la mobilisation partielle de la population civile commence dans les bureaux de recrutement militaire des villes et des districts du pays.»

Le gouvernement provisoire a décrété un couvre-feu 24 heures 24 à Och, deuxième ville du pays, et dans deux districts avoisinants, prolongeant cette mesure qui était jusqu'à présent en vigueur durant la nuit.

L'état d'urgence était maintenu dans une partie de la région voisine de Djalal-Abad où les violences se sont propagées samedi, alors que les affrontements ethniques entre Ouzbeks et Kirghiz a été porté à 86 morts et 1.000 blessés selon un nouveau bilan du ministère de la Santé.

Selon des témoins interrogés par l'AFP, la situation à Och était loin de se pacifier et ces derniers font état d'un bilan beaucoup plus lourd que celui annoncé par les autorités.

«On ne nous laisse pas ramasser les corps dans les rues. Les autorités cachent l'ampleur de la tragédie et la vérité. Le centre ville est sous le contrôle de bandits enragés», raconte un habitant de Och.

A Djalal-Abad, la représentante du médiateur de la république pour les droits de l'Homme, Alima Amanova a indiqué qu'environ 2.000 personnes, dont certains armés, s'étaient rassemblés à l'hippodrome de la ville.

La communauté internationale et les ONG ont appelé au calme, alors que des milliers de réfugiés ont déjà fui les affrontements, se rassemblant à la frontière ouzbèke, non loin de l'épicentre des violences.

«Les Etats-Unis surveillent de près la situation dans la république du Kirghizstan et appellent à un rétablissement rapide de la paix et de l'ordre public dans la ville d'Och et là où des violences ethniques sont en cours», a indiqué le département d'Etat dans un communiqué.

La stabilité du Kirghizstan est primordiale pour Washington qui dispose près de Bichkek, d'une base importante pour ses troupes déployées en Afghanistan.

Amnesty international a appelé le gouvernement à protéger «tous les citoyens kirghiz, en particulier ceux d'origine ouzbèke qui ont été visés par la violences».

L'organisation appelle l'Ouzbékistan à ouvrir ses frontières pour accueillir les réfugiés, qui seraient entre 2.000 et 6.000, alors que Tachkent s'est dit samedi «extrêmement alarmé».

«Les choses empirent d'heure en heure», a estimé Séverine Chappaz, numéro deux du Comité international de la Croix rouge (CICR) au Kirghizstan.

La Russie, qui a aussi une base militaire au Kirghizstan, a rejeté samedi la demande kirghize d'envoyer des troupes et annoncé l'envoi d'aide humanitaire.

Ces affrontements sont les pires violences depuis la révolution du mois d'avril (87 morts) qui a chassé le président Kourmanbek Bakiev et porté au pouvoir l'actuel gouvernement provisoire. Des violences avaient déjà ensanglanté en mai la région de Djalal-Abad, bastion du président déchu.

Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20% de la population du Kirghizstan) et les Kirghiz sont tendues, notamment en raison de disparités économiques qui frustrent en particulier les Ouzbeks. De puissants groupes mafieux sont également actifs dans cette région.

(Source AFP)

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Message  spike le Mer 16 Juin - 13:50


La Croix-Rouge déplore «plusieurs centaines de morts» au Kirghizistan
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Des réfugiés à la frontière avec l'Ouzbékistan (REUTERS/Shamil Zhumatov)

Les violences au Kirghizistan ont fait «plusieurs centaines de morts», a estimé mardi dans un communiqué le Comité international de la Croix-Rouge (CICR), citant des informations de ses équipes sur le terrain.

«Nos équipes sur le terrain ont constaté en visitant la morgue de Och (sud), entre autres, que le nombre de morts était supérieur au chiffre officiel» de 170 morts donné par le ministère kirghiz de la santé, a indiqué à l'AFP Christian Cardon, porte-parole du CICR.

«Il est encore trop tôt pour dire précisément combien de corps ont déjà été enterrés et ont pu ne pas être identifiés ou décomptés, tandis que d'autres n'ont pas encore été ramassés», selon l'organisation humanitaire basée à Genève.

«Cela a été un peu plus calme à Och au cours des dernières 24 heures, même si les tensions et la peur sont toujours très fortes et que la situation reste instable, spécialement à Jalalabad», a déclaré Séverine Chappaz, la déléguée adjointe du CICR au Kirghizistan en indiquant cependant ne pas avoir «une vue claire de ce qui se passe en dehors de Och».

Crainte d'une escalade de la violence

Le Haut commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) a indiqué pour sa part mardi craindre une escalade de la violence dans la «poudrière ethnique» du Kirghizistan, où les récents affrontements auraient poussé quelque 275.000 personnes à fuir leur maison.

Des milliers de personnes, dont des centaines de malades et de blessés, cherchent refuge dans des mosquées ou des cliniques à Och, ont rapporté les équipes du CICR.

«Nous avons eu des contacts avec une mosquée de Och où, selon un médecin, 6.000 personnes d'origine ouzbèke, dont près de la moitié sont des enfants, ont cherché refuge depuis un seul quartier de la ville», a indiqué Séverine Chappaz. «Ces personnes ont besoin de nourriture, d'insuline, de sérum physiologique, de seringues, d'antibiotiques, de savon et de pansements», a poursuivi Séverine Chappaz en précisant qu'il y aurait beaucoup de brûlés.

Le CICR a également eu des informations sur des dispensaires, et même une maison de retraite, qui sont submergés par des centaines de personnes qui ont besoin de soins médicaux.

(Source AFP)

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Message  spike le Ven 18 Juin - 17:50


MONDE 18/06/2010 À 12H35

Le nombre de victimes au Kirghizistan pourrait être «dix fois» plus important que prévu
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(REUTERS/Vladimir Pirogov)

La présidente par intérim du Kirghizstan, Rosa Otounbaïeva, s'est rendue vendredi dans le Sud du pays pour tenter d'apaiser les tensions interethniques et a reconnu que le nombre de victimes des violences serait dix fois plus élevé que les 192 morts officiels.

Portant un gilet pare-balles, Rosa Otounbaïeva a atterri en hélicoptère au centre d'Och, deuxième ville du pays particulièrement touchée par les violences qui avaient éclaté en fin de semaine dernière, a constaté un journaliste de l'AFP.

«Je suis venue ici pour parler avec les gens et écouter ce qu'ils disent sur ce qui s'est passé», a déclaré Rosa Otounbaïeva devant un petit nombre de personnes sur la place centrale d'Och.

192 morts et plus de 2.000 blessés

Avant de quitter la capitale Bichkek, à environ 300 km au Nord, la présidente par intérim a reconnu que le nombre de victimes des violences était nettement supérieur au bilan officiel, comme l'avaient déjà indiqué à l'AFP des habitants des régions dévastées.

«Je multiplierais par dix les chiffres officiels» qui font état, selon un nouveau bilan, de 192 morts et plus de 2.000 blessés, a déclaré Rosa Otounabaïeva au quotidien russe Kommersant.

Au cours d'une réunion à Och avec des représentants de la société civile, elle a atténué ses propos en disant que le bilan final serait «au minimum plusieurs fois supérieur» aux chiffres communiqués jusqu'ici. «Ce n'est pas qu'on cache la vérité, c'est qu'on n'a pas non plus les chiffres. Les gens ont enterré et enterrent les corps sur place», sans le signaler aux autorités, a expliqué Rosa Otounbaïeva.

Tensions «toujours élevées»

Elle a rejeté les critiques selon lesquelles le gouvernement provisoire, arrivé au pouvoir après le soulèvement d'avril, était incapable de faire cesser les violences interethniques et de gérer la crise humanitaire. L'Organisation mondiale de la santé a indiqué vendredi travailler «sur un scénario d'un million de personnes, dont 300.000 réfugiés, qui auraient été affectées directement ou indirectement» par les violences au Kirghizistan.

«Laissez nous un peu d'espoir! Arrêtez de répéter que nous ne faisons rien», a lancé Rosa Otounbaïeva. La présidente par intérim avait appelé la Russie à fournir une aide militaire après l'explosion des violences mais le gouvernement avait fait savoir par la suite qu'il pouvait gérer seul la situation.

Interrogée par des habitants sur les conflits entre Kirghiz et la minorité ouzbèke de ce pays de 5,3 millions d'habitants, Rosa Otounbaïeva a reconnu que les tensions étaient «toujours élevées» et qu'il y avait déjà eu «par le passé des échauffourées. Mais on a cru que la situation allait tenir», a-t-elle dit.

Demande d'«enquête indépendante»

Historiquement, les relations entre la minorité ouzbèke (15 à 20% de la population) et les Kirghiz sont tendues, notamment en raison de disparités économiques. Dans les années 1990, de violents affrontements entre les deux communautés avaient déjà fait des centaines de morts dans la région d'Och.

A l'issue de la réunion, Rosa Otounbaïeva a été accueillie par une centaine de manifestants kirghiz en colère, exhibant des photos de proches disparus à la suite des violences et accusant les Ouzbeks d'avoir commencé. La présidente par intérim, qui ne s'est pas rendue dans les quartiers ouzbeks dévastés, où de nombreuses maisons ont été incendiées, a ensuite quitté la région d'Och.

L'aide humanitaire internationale a commencé à être livrée aux dizaines de milliers de personnes réfugiées en Ouzbékistan, pays voisin où se trouvait vendredi le sous-secrétaire d'Etat américain chargé de l'Asie Centrale et du Sud, Robert Blake. Ce dernier a appelé à une «enquête indépendante» sur les violences au Kirghizistan.

(Source AFP)

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