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Message  ivo le Jeu 30 Déc - 22:23

Le Parti communiste, nonagénaire sans avenir
http://www.lemonde.fr/politique/article/2010/12/27/le-parti-communiste-nonagenaire-sans-avenir_1458024_823448.html
Dans la nuit du 29 au 30 décembre 1920 naissait le Parti communiste français. Au terme de débats fiévreux, le vote décisif du congrès de Tours était sans appel : 3 208 délégués approuvaient l'adhésion à l'Internationale communiste, créée par Lénine, à Moscou, un an auparavant ; 1 022 délégués seulement préféraient, avec Léon Blum, garder la "vieille maison" socialiste.

S'il mérite le respect dû aux nonagénaires, il faut bien dire que le PCF a connu des anniversaires plus glorieux. Et pour cause. Après avoir dominé la gauche française pendant près d'un demi-siècle, entre les années 1930 et 1970, après avoir constitué un pôle majeur de la vie politique nationale, le PCF décline inexorablement depuis. Comme le notait sans fard L'Humanité, en annonçant les deux journées discrètes de commémoration organisées les 11 et 12 décembre, "le Parti communiste français ne prétend plus depuis longtemps incarner une avant-garde autoproclamée du mouvement ouvrier".

Le contraire serait surprenant. Premier parti de France au lendemain de la guerre (28,6 % des voix aux élections de novembre 1946), encore soutenu par un électeur sur cinq jusque dans les années 1970, le PCF n'a connu, depuis, qu'une longue dégringolade électorale. Il a touché le fond lors de l'élection présidentielle de 2007 : Marie-George Buffet, alors secrétaire générale, n'a recueilli que 700 000 voix, soit 1,9 % des suffrages, loin derrière le candidat trotskiste, Olivier Besancenot.

En trente ans, le parti a également perdu les trois quarts de ses adhérents (officiellement 100 000 cartes, dont 60 000 à jour de cotisation) et la plupart de ses parlementaires (17 députés élus en 2007).

Incapable de prendre la mesure des transformations profondes de la société française, le PCF est également en panne de base sociale et il a perdu l'essentiel des relais qui ont longtemps fait sa force. Le "parti de la classe ouvrière" ne l'est plus : 4 % seulement des ouvriers ont soutenu Mme Buffet en 2007. La CGT, ancienne "courroie de transmission" syndicale, a pris ses distances depuis dix ans. Quant aux villes et aux "banlieues rouges" du communisme municipal, elles ne sont guère qu'une survivance : le Parti communiste ne dirige plus que 28 villes de plus de 30 000 habitants (contre 72 il y a trente ans).

Enfin, privé de modèle de référence depuis la disparition de l'Union soviétique au début des années 1990, le PCF est, à l'évidence, en panne de stratégie. Ses hésitations à l'approche de l'élection présidentielle de 2012 en témoignent : ou bien il se contente d'être une force d'appoint du Parti socialiste, en espérant sauver ainsi ses derniers bastions ; ou bien il accepte l'OPA que Jean-Luc Mélenchon entend faire sur ses dernières troupes, ce qui revient à remettre son sort entre les mains d'un tribun venu du PS.

Dans les deux hypothèses, on voit mal le PCF capable de "relever le défi d'un nouveau siècle d'émancipation", comme l'y invitait récemment son nouveau secrétaire général, Pierre Laurent. Sombre alternative. Pour ne pas dire impasse totale.
ivo
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Message  Invité le Mar 4 Jan - 16:20

Bien que non communiste, je trouve cette chute inexorable assez désolante. Pour connaître plusieurs élu(e)s cocos, je reconnais en eux des vrais militants, dévoués et sincères, sans avidité de pouvoir comme c'est généralement le cas dans les autres partis électoralistes.
Qui plus est, les collectivités (villes, conseils généraux) dirigées par le PCF ont souvent été à la pointe du progrès social et culturel (Aubervilliers, Nanterre, Montreuil, etc) depuis la décentralisation. Une preuve vient encore d'en être donnée dans le domaine culturel : le Conseil Général du 93 a été perdu par le PCF au bénéfice du PS. Depuis, il a fallu se battre pour conserver le Salon du livre et de la presse jeunesse de Montreuil et les professionnels du livre de jeunesse viennent de perdre :Livres au trésor dont Bartolone (nouveau président PS du Conseil Général) a coupé les crédits.
Je pense que, dans vos diverses régions, vous devez connaître d'autres exemples.
Non, tout ça n'a rien d'une bonne nouvelle, même si j'ai peu de sympathie pour beaucoup d'apparatchiks, bien entendu, ceux-là même qui ont mené le PCF à sa perte...
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