Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze

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Message  Invité le Lun 2 Jan - 12:18

Je mets désormais les chroniques de Daniel Schneidermann que je reçois tous les jours dans un post-it à part. Si ça ne vous convient pas, libre à vous de déplacer dans chaque topic concerné.

Ma douche avec la TVA sociale
Allez, encore quatre mois à tenir. Quatre petits mois. Le grand binz, le machin capital, l'Objet Médiatique Unique, c'est demain -vous avez remarqué comme en quelques heures, dans la nuit du 31 au 1er, l'échéance s'est rapprochée ? C'était l'an prochain; c'est demain: très curieuse accélération temporelle. Reprendre les réflexes, donc. Traquer dès le matin le fumigène sournois, l'élément de langage plus ou moins grossier. L'attraper à la racine. Pendant que vous faisiez bombance, les artisans de l'élément de langage ne chômaient pas. Ils assuraient la permanence de fin d'année, la machine tournait à plein régime. Et les revoilà, avec de beaux outils tout neufs.

Tiens, l'astuce sarkozyenne du début d'année semble être le retour du serpent de mer de la TVA sociale, mais une TVA sociale à la sauce "produisons français". Taxer les importations, donc. Ne riez pas: l'idée est bien avancée par les mêmes qui vous expliquaient l'an dernier que le protectionnisme, c'était la damnation éternelle. Le "projet de loi rectificatif", donc, est prévu en février. Rectifions rectifions: le président est au travail. Pas un jour ne doit être perdu (ne riez pas, j'ai dit). Une phrase de NKM sur France Inter, attrapée au vol dans la douche, vantant la future réforme: "plutôt que de taxer le travail des Français, taxons les produits importés, et consommés". Vous êtes sous la douche. Vous captez un mot sur deux. Vous pouvez parfaitement ne rien remarquer, vous seriez excusables. Mais un élément de langage est pourtant caché dans cette phrase.

Réécoutez-la à tête reposée. D'un côté "le travail des Français". Connotation doublement positive. Les Français, c'est nous. Et le travail, c'est sacré. De l'autre, "les produits importés, et consommés". Connotation sournoisement négative. Taxer "les produits consommés", c'est ne taxer personne, surtout si ces produits sont "importés", auquel cas ce sont les Chinois que l'on taxe. Un adversaire de la réforme pourrait, inversement, regretter qu'elle pèse "sur le pouvoir d'achat des consommateurs français les plus pauvres". D'ailleurs, il l'a peut-être dit ainsi, sur une autre antenne, un peu plus tôt ou un peu plus tard. Ce serait une autre manière de dire la même chose. C'était la première leçon de l'année. Une sorte de remise en jambe. J'allais oublier: très belle année à toutes et à tous !

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Ceci n'est PAS une barrière douanière


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Message  Groucho Marx le Lun 2 Jan - 14:16

Ceci n'est PAS une barrière douanière
bah nan! ça me parait évident! Rolling Eyes What a Face :pfffff: Evil or Very Mad
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Message  Invité le Mar 3 Jan - 20:10

09h15 le neuf-quinze
SeaFrance, le coup de poker

A quoi reconnait-on un animal politique aux abois ? A la magnifique manoeuvre de Sarkozy dans le dossier SeaFrance, par exemple. En quelques minutes, lundi matin, Sarkozy a amené deux de ses ministres, Mariani et Kosciuzko-Morizet, à se dédire, et à soutenir le plan de création d'une coopérative ouvrière par la CFDT de l'entreprise maritime de Calais, plan qu'ils jugeaient irréaliste quelques heures plus tôt. Mais tout est dans le détail supplémentaire: avec cynisme, le pouvoir fait aux salariés le cadeau empoisonné d'une indemnité de licenciement "supra-légale", à charge pour eux de la réinvestir dans la future éventuelle SCOP. JTs de lundi soir, et informations radio du mardi matin, ont repris l'information, insistant comme il se doit sur le reniement de Mariani, parfait dans le rôle du mangeur de chapeau, et laissant déjà entrevoir l'embarras des salariés. Au-dessus du coup de poker, plane une image-souvenir: Jospin, en 2002, étalant son impuissance devant les ouvriers licenciés de Lu. Tout, plutôt qu'être pris en flagrant délit d'impuissance.

Encore le tam-tam audiovisuel a-t-il, comme d'habitude, gommé les détails. D'autres informations soulignent encore mieux l'ampleur du reniement gouvernemental. Ainsi, il faut bien chercher dans les coins (1), pour apprendre que la CFDT a refusé une offre de reprise, qui aurait préservé 460, voire 600, des 880 emplois de l'entreprise. Et il faut encore mieux chercher (2), pour lire le détail d'un rapport de la Cour des comptes, sévère pour la même section CFDT de SeaFrance (accusée de porter une lourde responsabilité dans la déconfiture de la filiale de la SNCF, notamment pour avoir favorisé les recrutements de complaisance, etc). Ce rapport avait pourtant été publié dès octobre dernier. (3)

En période ordinaire, on imagine quelle utilisation de ce rapport de la Cour des comptes aurait été faite par le pouvoir et ses relais, pour justifier leur intransigeance. Mais on n'est pas en période ordinaire: par exemple, Le Figaro de ce jour ne fait même pas état du rapport cité par Atlantico, dont il se fût pourléché dans un autre contexte. Dans cette manoeuvre, le cynisme est partout: dans le cadeau, dans le poison, dans le tempo. Le plus fascinant, dans la manip, c'est que rien n'est caché, ni ce cynisme ni les pièges, pour peu que l'on fouille un peu. Mais peu importe. Sarkozy compte désormais sur le rythme du sprint, pour ne laisser dans l'oeil des électeurs que l'impression rétinienne du président qui tente tout pour sauver l'emploi. Cela fonctionnera-t-il ? Impossible à discerner déjà. C'est le propre des coups de poker: ça passe ou ça casse.


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(1) http://www.challenges.fr/entreprise/20120102.CHA8697/les-salaries-de-seafrance-peuvent-ils-vraiment-eviter-le-naufrage.html

(2) http://www.atlantico.fr/decryptage/seafrance-rapport-cour-comptes-role-syndicats-sureffectifs-scop-tribunal-commerce-paris-258652.html

(3) http://www.challenges.fr/entreprise/20111014.CHA5729/comment-la-sncf-peut-elle-eviter-a-seafrance-de-sombrer-une-fois-pour-toutes.html

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Message  Invité le Jeu 5 Jan - 21:39


Les sales mecs, et leurs complices
Bien. Arrivés à ce point de la première semaine de l'année, si l'on s'arrêtait deux minutes, pour faire fonctionner ce qui nous reste de cerveaux ? Quel est le point commun entre la proposition de Sarkozy aux salariés de SeaFrance (1), son initiative sur la TVA sociale (2), et "l'affaire sale mec" (3) ? Toutes trois peuvent paraître individuellement incompréhensibles. Pourquoi tendre aux Calaisiens un piège si grossier ? Est-ce par pur masochisme (4) que l'on propose bruyamment une augmentation des impôts à deux mois des élections ? Pourquoi monter une affaire contre Hollande à propos d'une citation grossièrement tronquée par Le Parisien (qui les accumule (5), ces jours-ci) ?

Si l'on devait trouver un point commun, c'est celui-ci: l'énergie du désespoir. Tout se passe comme si les aboyeurs du pouvoir, et leur commanditaire évidemment, avaient désormais intégré l'inéluctable défaîte, et n'avaient plus d'autre solution que de tenter des sorties désespérées, en défouraillant dans tous les sens, et en espérant le miracle. Miser sur l'apparence grossière du courage. Tenter de crever Hollande sous la mitraille. C'est une petite bande de despérados, qu'il va falloir gérer encore pendant plus de trois mois.

Dans cette opération désespérée, ils ne peuvent clairement plus compter sur la complicité consciente de l'élite de l'éditocratie française qui, disons-le, n'est pas épouvantée par l'idée d'une victoire de Hollande. En témoigne la promptitude des convives du déjeuner fatal, mercredi, crême de la crême des éditorialistes de la vieille presse, à voler dès la mi-journée au secours du candidat PS, pour rectifier l'exactitude de ses propos. Mais ils peuvent toujours compter sur l'imbécillité aveugle du système de l'information continue qui, plusieurs heures après ces rectifications, continuait à matraquer de "l'affaire sale mec", à grands coups de bandeaux et de mazerolades moralisantes (6). De la twittosphère à l'univers de l'info continue industrielle, que relie un fil direct, ce système se prête parfaitement aux opérations orchestrées de saturation par les sales mecs de la Sarkozie, comme nous le montrions hier (7). Ce n'est sans doute pas très grave pour Hollande, à qui on ne parviendra pas à refaire le coup du "veilli, usé, fatigué", qui contribua à démolir Jospin en 2002. Ce l'est beaucoup plus pour le débat lui-même. Dans un système idéal, le feuilleton de mercredi aurait dû porter sur le brutal renchérissement du coût de l'énergie nucléaire, après le rapport de l'ASN exigeant des milliards d'investissements de sécurité dans les centrales françaises. Reste-t-elle compétitive ? Cela ne plaide-t-il pas pour la relance des énergies de substitution ? On n'en parlera pas. Ou à la Saint Glin Glin.



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(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4579

(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4578

(3) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4584

(4) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4581

(5) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4582

(6) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4584

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Message  Invité le Lun 9 Jan - 13:54


Tout compris ?

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.44773.demiLisez attentivement ce qui suit. Ca vous dit
quelque chose ? efb7929e6a5b7dcc6ebb79aa3c45af13. Si cette phrase
éloquente ne vous dit rien, alors,
désespérément, vous n'êtes pas geek. Ce
code est "l'indice" livré aux internautes, sur un site encore
vide
(1), par une entreprise française de
téléphonie mobile dont on ne donnera pas le nom ici,
à propos de la date de sortie du nouveau produit, avec laquelle
elle se propose de révolutionner le marché.
L'élite du décryptage des geeks s'étant
penchée sur le code, l'a ainsi décrypté,
selon Libération de ce matin: le message
caché,"en «hash MD5», sorte
d’empreinte numérique servant à identifier des
fichiers ou des phrases"
, serait "jesaispas". En d'autres termes,
cette entreprise joueuse signifierait ainsi à l'univers que
nul, hormis elle, ne sait quand elle publiera le détail de son
offre, ni quel sera ce détail. Mais cette incertitude
elle-même, et la manière de la meubler, est manifestement
un événement considérable.

Ainsi, de forum en forum, depuis un mois, se poursuit un jeu
de piste
, dont Libé retrace les grandes
étapes, à destination des infortunés qui en
auraient manqué quelques unes. Jeu de piste qui, en tout
état de cause, prendra fin jeudi prochain, date limite
fixée par le régulateur des télécoms
(l'ARCEP) à l'entreprise en question, pour dévoiler
enfin ses petits secrets.


De lancement en
lancement
, cette entreprise florissante, qui a décidément "tout compris" (2),
comme le claironnait un de ses précédents slogans (et
dont notre site, signalons-le aux petits nouveaux, est le glorieux
partenaire
(3)), continue, à la manière de feu Steve
Jobs, de démontrer sa capacité à
économiser des millions en placards publicitaires
traditionnels, ou en cadeaux divers aux journalistes
spécialisés, en s'appuyant sur la connivence
fiévreuse de milliers de technophiles. Car le technophile,
habile à repérer un "hash MD5", ne l'est pas
forcément à déjouer une magnifique
opération de publicité gratuite. Tout le monde n'a pas
forcément toujours tout compris.




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(1) http://live.free.fr/

(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3612

(3) http://www.arretsurimages.tv/



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Message  Invité le Mar 10 Jan - 20:24

09h15 le
neuf-quinze
Cantona, le quotient familial, et le
buzzomètre


Au registre politico-économique, deux
informations se trouvent ce matin en concurrence: l'ex-footballeur
Eric Cantona recherche les cinq cent signatures, pour attirer
l'attention sur la question du logement (mais sans pour autant
souhaiter se présenter à la présidentielle,
croit-on comprendre). Seconde information, Hollande proposerait de
supprimer le quotient familial dans l'impôt sur le revenu. Selon Les Echos (1), citant une
étude du Trésor, cette réforme aboutirait au
reversement, par la moitié la plus riche de la population, de
3,5 milliards d'euros, à la moitié la plus pauvre.

Deux informations. L'une, dont l'impact envisageable
sur la vie réelle des gens tangente la nullité
absolue
, mais portée par une figure médiatique
familière. L'autre, concrète, concernant tout le monde,
riches et pauvres, mais complexe, hérissée de
statistiques chausse-trappe, et illustrable seulement par...


des schémas ingrats Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Pictofleche

Sur laquelle de ces deux informations Aphatie interroge-t-il son
invité Arnaud Montebourg ? Sur laquelle de ces deux
informations Patrick Cohen interroge-t-il son invitée
Cécile Duflot ? A laquelle de ces deux informations
Libé consacre-t-il sa Une ? Poser la question, c'est y
répondre.
Au buzzomètre, Cantona écrase le
quotient familial (soyons juste: le journal de 8 heures de France
Inter s'est ouvert sur le quotient familial, et Libé,
en page intérieure, y consacre un article).

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.44807.demi


La suppression du quotient familial, et son
remplacement par un crédit d'impôt égal pour tout
le monde, serait pourtant une vraie réforme, lourde,
significative. Pas un fumigène genre TVA sociale ou taxe Tobin.
La France a le pouvoir d'en décider seule, sans attendre que
Merkel veuille bien bouger (la redistribution fiscale est même,
en gros, un des derniers pouvoirs laissés en propre aux Etats,
dans le domaine économique). C'est une véritable
(attention, gros mot) idée. Vous savez bien, ces
idées dont on manque tellement. Croit-on que
l'éditocratie thomalegrandienne, qui file depuis des semaines
la complainte de l'absence
d'idées-dans-cette-campagne-c'est-bien-regrettable-c'était-tellement-mieux-au-temps-de-Jaurès-et-des-préaux-d'école,
va s'en emparer, la disséquer, en débattre ? Non. Trop
compliqué, ces histoires d'impôts. Pas assez sexy. A la
limite du vulgaire. Et puis, de gauche, vraiment de gauche, alors que
nous avons tellement investi, depuis des années, dans nos
belles tenues de deuil de la gauche, de la vraie gauche,
réaliste mais généreuse,
généreuse mais réaliste! Allez Canto
!

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(1) http://www.lesechos.fr/economie-politique/election-presidentielle-2012/ps/0201826878451-suppression-du-quotient-familial-le-projet-du-ps-couterait-cher-aux-menages-aises-272429.php



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Message  Invité le Jeu 12 Jan - 22:51


Accoyer, Morano du jour

On parle toujours de Morano. C'est injuste. Cela doit faire des jaloux. Il existe, dans l'ombre, de nombreux Morano de rechange. Les bonnes volontés moranoïdes sont innombrables, et trop souvent sous-exploitées. La preuve: le Morano du jour s'appelle Accoyer, Bernard, président de l'Assemblée Nationale. A cent jours du premier tour, Accoyer n'existait pas. Invisible sur les écrans radar. Eu égard à ses hautes fonctions, c'était intolérable. Le pays grondait: mais que fait Accoyer ? Mais que pense Accoyer ? Mais pourquoi, en ces temps
troublés, n'entend-on pas sa voix puissante ?

Donc, Accoyer parle de "guerre", en cas de victoire de Hollande. "Ne nous y trompons pas: si nous ratons ce rendez-vous de la responsabilité et du courage, les conséquences économiques et sociales pourraient être comparables à celles provoquées par une guerre" déclare-t-il exactement lors de ses voeux à
la presse (car Accoyer, lui aussi, a présenté ses "voeux". Pourquoi chacun aurait-il le droit de régaler les
journalistes accrédités, et pas lui ?) Résultat éclatant: dans les radios du matin, il n'est question que d'Accoyer, sa guerre et ses voeux.
Aphatie appâté invite Accoyer, et le bombarde de sermons aphatesques. Franchement, là, n'êtes-vous pas allé trop loin ? Ne regrettez-vous pas ? Patrick Cohen demande à Bayrou de réagir à Accoyer. La guerre d'Accoyer est le café du matin, le socle sur lequel on va bien attaquer la journée.


Accessoirement, quelques minutes plus tard, on apprend que Bayrou est opposé à la suppression du quotient familial (1). Avec les mêmes arguments, exactement, que l'UMP accusant Hollande de vouloir tuer les petits enfants (2). Au moins, cela clarifie les choses. C'est inimaginable, combien cette affaire du quotient familial aura fait, pour tracer aux yeux de ceux qui veulent bien voir, une ligne de partage, au-delà de ce qu'imaginent tous ceux qui se prononcent sur la question.
Si j'étais taquin, et que je voulais animer un peu nos forums, je dirais que ce débat ressuscite la vieille, la très vieille ligne de partage, entre ceux qui demandent un peu de justice ici-bas, et ceux qui estiment que la chose, somme toute, peut bien attendre le jugement dernier.

(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4598

(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4601

Daniel Schneidermann

Moi j'vous l'dis, si Hollande passe, c'est les chars soviétiques !!! Ah merde, ça existe plus...
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Message  Groucho Marx le Ven 13 Jan - 5:32

on peut remplacer les chars soviétiques par la Bombe iranienne? What a Face
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Message  Invité le Lun 16 Jan - 15:50


D'un naufrage l'autre

Il tombe à pic, si j'ose dire, ce
Titanic italien, son équipage débordé, ses
chaloupes prises d'assaut, cette panique sur le pont principal,
où seul manquait l'orchestre. Trop belle, cette silhouette de
l'orgueilleux Costa Concordia échoué, si près des
côtes toscanes. Trop belle, en plein naufrage
général des notations européennes, cette image de
classes moyennes comblées, attablées devant le
dîner "upper middle class" de la grande salle à manger
illuminée, et précipitées en quelques minutes
dans l'eau glacée. Et ce capitaine abandonnant son navire, et
mentant effrontément devant les caméras ! Comment, dans
la séquence suivante du 20 Heures, voyant un Sarkozy
rescapé, éclopé, casquette à l'envers,
promettre des "décisions urgentes" pour "la fin du
mois"
, comment résister aux surimpressions ? Et les radios
du matin s'en sont données à coeur joie, multipliant les
allusions au capitaine Sarkozy, ou au capitaine Hollande.


Par comparaison, le naufrage du Costa Concordia précise
notre image de l'autre naufrage
, celui de l'euro. L'orgueil
est le même, qui inspira les deux chantiers. Et sans doute
à l'arrivée le bilan sera-t-il comparable: gros
dégâts matériels, film impressionnant
rejoué en boucle, énormément de peur, mais moins
de mal. Pour le reste, ce sont les différences qui frappent. Si
quelques minutes ont suffi à couler le paquebot, le naufrage de
l'euro, lui, n'en finit pas. C'est une catastrophe à
épisodes, permanente, interminable. La coque n'en finit pas de
se déchirer sur le récif, centimètre par
centimètre, tandis que l'équipage multiplie les
consignes incohérentes, ébloui par le phare des
naufrageurs de Standard and Poor's.

Que faire ?
Oui, elles peuvent paraître ridicules, ces 250
personnes
, rassemblées devant le siège parisien
de Standard and Poor's, par un Mélenchon cohérent avec sa stratégie de "foutre la trouille" aux
marchés
(1). On sent bien la condescendance suinter des
commentaires, devant le rassemblement minuscule, censé
terrifier le mastodonte. Oui, mais en face, quoi ? En face, de
Hollande à Sarkozy, en passant par Bayrou, rien d'autre qu'une
soumission plus ou moins aveugle à la tenaille infernale,
à l'éternelle sommation schizophrène des agences:
réduisez vos dépenses, et faîtes de la croissance
! On ne sait pas où nous mènerait un équipage de
rechange, mais on ne sait que trop où celui-ci nous
emmène. On en est encore là.


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(1) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2967



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Message  Invité le Jeu 19 Jan - 13:24



09h15 le
neuf-quinze

La spirale de la déroute

Honte sur le matinaute ! J'avais
laissé passer sans la voir une interview fondamentale,
celle de Bruno Le Maire, ministre de l'agriculture, à Libération lundi dernier
(1). Oui, lundi dernier. Patrick Cohen la citait ce jeudi matin, sur
France Inter, au ministre de l'intérieur Claude Guéant.
Il est exceptionnel qu'une interview survive quatre jours à la
frénésie des agendas. Que disait donc Le Maire, qui
justifie ce passage à la postérité ? "Il faut
avoir l'humilité de reconnaître que dans ce que nous
avons fait, il y a eu de vraies réussites, mais aussi des
échecs"
. Waowww ! Le Maire ne précisait pas quels
sont ces échecs, et on ne le lui demandait pas. Mais cette
seule reconnaissance est assez transgressive, pour servir de coin aux
journalistes qui le voudront, afin de faire craquer la Sarkozie en
déroute.



Des coins, on pourrait en trouver d'autres, comme
cette vidéo virale de la campagne 2007 (2)
qui resurgit, et dans laquelle Sarkozy reconnaissait à l'avance
comme un échec de ne pas faire redescendre le chômage
à 5% de la population active. "Et c'est aux Français
d'en tirer les conséquences"
, reconnaissait-il alors avec
un admirable fair play. Chiche qu'on la lui repasse ! Et il est
probable qu'on en découvre encore beaucoup d'autres, tant est
irrésistible la dynamique de la déroute.

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Player_l.45103

Les plus vieux matinautes, familiers des
présidentielles
, savent reconnaître et
apprécier la spirale familière de la fin janvier, celle
de la déroute du favori déchu. Giscard en 81, Barre en
88, Balladur en 95: certitudes qui se craquèlent, suffisance
qui sonne soudain creux, déballonnement des entourages,
confidences ravageuses de moins en moins "off", sauve-qui-peut
général. Compte tenu de la personnalité de
l'actuel titulaire, la déroute 2012 promet une saveur
particulière, dont donne un avant-goût l'escamotage en
catastrophe, lors du "sommet social" (3) de mercredi, des deux
fusées de détresse du début d'année, la
"TVA sociale", et le fameux "pacte compétitivité
emploi". Cohen demandait à Guéant quel serait le
principal sujet de fierté de Sarkozy. Surprise: il
n'était ni économique ni sécuritaire,
c'était "l'autonomie des universités". Et le principal
échec, donc ? Débat sur l'identité nationale ?
Discours de Grenoble ? Guéant éludait encore, prêt
à mourir droit dans ses bottes. Tiens, un grand geste
d'altruisme. Si le pouvoir acculé cherche à tâtons
l'impossible discours, nous avons un modèle pour lui. Il est là. (4) Et pour passer commande, c'est ici. (5)

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(1) http://www.liberation.fr/politiques/01012383605-il-y-a-eu-des-vraies-reussites-mais-aussi-des-echecs

(2) https://www.youtube.com/watch?v=ZcgQvZZeBVU

(3) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4620

(4) http://www.arretsurimages.net/interview_impossible/

(5) http://www.lepublieur.com/evement/arretsurimages_3/ITV.html



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Message  Invité le Mer 25 Jan - 20:07

09h15 le
neuf-quinze
Noyade de Sarkozy, virage de Bayrou

Noyade, suite. Maintenant, c'est le
noyé qui parle. Après la panne de mots sur la perte du triple A (1),
après les accès de masochisme (2), après
les premiers aveux voilés d'erreurs passées
(3)par l'entourage, le film de la noyade au ralenti se poursuit,
implacable. Le Monde d'aujourd'hui reproduit de longues citations (4) (accès
payant) dans lesquelles Sarkozy, en privé, envisagerait sa
défaite, et ce qui s'ensuivrait. " En cas d'échec,
j'arrête la politique, oui c'est une certitude. Je suis avocat,
j'ai toujours eu un cabinet et je suis passionné de tas de
choses, explique aujourd'hui le président à son
entourage. En tout cas, je changerai de vie complètement, vous
n'entendrez plus parler (5) de moi !"
Voyez comme l'heure est
grave: le ci-devant copain des vedettes cite désormais Pascal.
Pas Obispo, non. Blaise: "L'homme est ainsi fait pour que tout est
organisé pour qu'il oublie qu'il va mourir"
.

Evidemment, comme souvent, cet article omet le plus
intéressant
, à savoir: comment ces citations
désabusées sont-elles parvenues aux oreilles d'Arnaud
Leparmentier et de Vanessa Schneider, du Monde ? De la bouche
de Sarkozy lui-même, qui se serait confié en "off", comme
on l'a vu à de nombreuses reprises dans le passé ? Ou
bien rapportées par l'entourage ? Directement ? Indirectement,
avec risques de déformations ? Et si elles sont
rapportées par l'entourage, le sont-elles avec l'accord de
Sarkozy, ce qui signifierait que non seulement il envisage, mais
souhaite sa propre défaite ? Ou bien sans son accord, ce qui
signifierait au contraire que l'entourage le plus proche se
prépare à planter les poignards ?

Dans toutes les hypothèses, ces citations
accélèrent la spirale de la déroute
, que
chacun est désormais forcé d'observer. Et d'abord les
politiques les plus affûtés. C'est sans doute parce qu'il
pronostique désormais un second tour contre Hollande, que l'on
voit aujourd'hui Bayrou prendre un virage en épingle à
cheveux vers la droite. Il fallait l'entendre, ce matin, devant un
Aphatie en extase, expliquer que les banques n'étaient pour
rien, strictement pour rien dans la crise de la dette, laquelle crise
était exclusivement imputable à nos fautes, à nos
très grandes fautes passées de dépensiers
inconséquents. Et pas au renflouement des banques; et pas aux
lacunes de l'Europe politique; et pas à la surenchère
désordonnée d'agences de notation schizophrènes
et myopes. Non, à nos fautes. Je serais curieux de savoir
comment Bayrou s'imagine l'électeur sarkoziste
bayrouo-compatible. Croit-il que la droite profonde brûle chaque
semaine un cierge aux profits bancaires ? Le risque des virages en
épingle à cheveux, c'est qu'on y augmente les risques de
foncer dans le décor.


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(4) http://www.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/24/nicolas-sarkozy-evoque-l-hypothese-de-sa-defaite_1633545_1471069.html

(5) http://conjugaison.lemonde.fr/conjugaison/search?verb=parler



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Message  Invité le Mer 25 Jan - 20:24

Et aujourd'hui :
09h15 le
neuf-quinze
Noyade, Carmel, et énonciation

Palpitant feuilleton. J'adorerais parler
d'autre chose, et résister à la spirale infernale
de l'alainduhamelisation qui guette cette chronique, mais rien
à faire, je suis accro, il me saute chaque matin à la
gorge. Noyade mode d'emploi, voici l'épisode du jour:
c'était donc lui. Une fois de plus (1). C'est Sarkozy directement,
s'adressant à 14 journalistes politiques, en "off", en Guyane,
au cours d'un entretien de trois heures, qui avait distillé les confidences personnelles
et narcissiques sur son après-défaite
(2). C'est
Libération
qui le dévoile, prolongeant le
strip-tease initié par Le Monde de la veille.

"Vous voulez que j'anime des sections UMP
?
Je ne mérite pas ça. Je préfère
encore le Carmel, au Carmel au moins, il y a de l'espérance
!"
Cette remarque (parmi d'autres) hautement mobilisatrice pour
l'UMP, il ne l'a pas tenue "à un ministre", comme le prétendait Le Monde
d'hier
(3), mais bien devant le journaliste du Monde
lui-même, lequel a grillé le "off", en reproduisant les
citations, mais à moitié, c'est à dire sans en
indiquer précisément le contexte. Fascinantes questions
d'énonciation: qu'est-ce qui rend une citation plus percutante
? L'identification du locuteur ? Le détail du contexte ? Un
"off" est-il davantage grillé si le journaliste identifie le
locuteur sans le contexte, ou le contexte sans le locuteur ? On en
débattrait des heures, faute de parler d'autre chose.

Les choses ainsi précisées (sachant
parfaitement que le "off" serait grillé, Sarkozy souhaite donc
que l'on sache qu'il doute, et que l'on sache même qu'il
souhaite qu'on le sache), la corporation des journalistes politiques
s'évertue aussitôt à en imaginer les raisons. S'il
souhaite qu'on sache etc, c'est forcément un stratagème.
Il a un but caché: créer le désir, se glisser
dans la peau du challenger, du candidat anti-système, qui va
renverser la table. Peut-être. Sans doute multiplier gaffes et
erreurs, créer dans son propre camp panique et
démobilisation, comme il s'y emploie depuis le début du
mois, constitue-t-il une stratégie
hyper-élaborée, hyper-sophistiquée, aux ressorts
inaccessibles au commun des mortels.
C'est peut-être aussi
simplement le signe que l'on perd les pédales, hypothèse
dont je déplore moi-même le désolant simplisme,
bien peu propice à une alainduhamelisation efficace, mais que
je persiste tout de même à livrer aux matinautes que le
feuilleton tient en haleine.


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(3) http://abonnes.lemonde.fr/election-presidentielle-2012/article/2012/01/24/nicolas-sarkozy-evoque-l-hypothese-de-sa-defaite_1633545_1471069.html



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Désolée pour la mise en page, mais j'ai vraiment pas la patience de tout reprendre...
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Message  Invité le Mar 14 Fév - 20:35

09h15 le
neuf-quinze

La défaite en chantant


Comme les choses se révèlent
! Vous vous souvenez de la fameuse interview de Sarkozy au Fig
Mag (un référendum anti-chômeurs, un
référendum anti-immigrés) qui nous occupa au
tournant du week-end ? Dans le feu de l'action, on avait moins
remarqué deux autres propositions: un recul sur le mariage gay
(c'était presque oui, finalement ce sera non), et une prise de
position contre l'euthanasie. Eh bien voilà: c'était
pour préparer le ralliement qui bouleverse le jeu, qui renverse
la table, qui va tout changer, qui va insuffler à la campagne
une dynamique nouvelle, celui de Christine Boutin, annoncé hier
soir sur TF1. En attendant, coup de maître
supplémentaire, celui de Hervé Morin prévu
à l'agenda d'aujourd'hui.

Donc, c'est
désormais clair: Sarkozy veut perdre.
C'est
évident. De l'incroyable feuilleton de la TVA sociale à
l'exhibition télévisée en caniche de Merkel, le
doute n'est plus permis. Ce que nous suggérons ici depuis le
début de l'année sans oser être trop
catégoriques, effarés par les abîmes que cette
découverte ouvre sous nos pas, un blogueur l'affirme de manière réjouissante
(1): "Il a sans aucun doute passé les trente ou quarante
premières années de son existence à rêver
de devenir chef de l’Etat mais il est évident que, le
jour même où il est entré à
l’Elysée, il a brusquement compris qu’il
s’était trompé, qu’il avait fait fausse
route, que ce n’était pas « son truc ».
Depuis, il n’a plus qu’une peur : être
réélu, être condamné à un second
mandat et devoir faire pendant cinq ans de plus ce boulot dans lequel
il s’était fourvoyé par erreur"
. Dans cette
optique, le ralliement de Boutin est un coup de maître: elle lui
a donné le baiser qui tue (2), celui qui lui fera perdre
des voix de gauche, sans lui apporter aucune voix de droite. Ce
blogueur s'appelle Thierry Desjardins. Pour nos très jeunes
@sinautes, Desjardins est une ancienne grande plume du
Figaro. Pour autant que je me souvienne, du temps qu'il
écrivait dans ce qui était alors le quotidien de Robert
Hersant, avant rachat par Dassault, Desjardins était beaucoup
plus révérencieux à l'égard des dirigeants
de la droite. Comme quoi, une certaine contrainte politique ne nuit
pas forcément et produit, le jour venu, de réjouissants
papys flingueurs. De quoi se plaint-on ?


Si Sarkozy va désormais déployer toute sa
considérable énergie
à se faire
écrabouiller, ça ne doit tout de même pas trop se
voir.
L'irremplaçable Arnaud Leparmentier, du Monde,
nous apprend ainsi (3) que son ancienne et
nouvelle conseillère, Emmanuelle Mignon (celle qui,
après son départ de l'Elysée, s'était
recasée sous l'aile du producteur Luc Besson dans
d'étranges conditions, comme raconté dans notre dernier D@ns le texte (4)), Mignon, donc,
réécrit le futur livre du futur candidat, qui
apparemment poussait trop loin la confession intime. C'est bien
dommage. Mais si vous voulez lire la version initiale, avant
réécriture, je me permets de vous rappeler que nous
l'avons publiée en première mondiale l'an dernier. Ne le
répétez pas à Emmanuelle Mignon: elle est ici (5).

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(1) http://www.thierry-desjardins.fr/2012/02/une-chose-est-sure-il-ne-veut-pas-etre-reelu/

(2) http://www.thierry-desjardins.fr/2012/02/le-baiser-de-boutin/

(3) http://elysee.blog.lemonde.fr/2012/02/14/1765/

(4) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4674

(5) http://www.arretsurimages.net/nos-publications.php


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Message  niouze le Ven 17 Fév - 0:30

bien vu ...

Arrêt sur images 16/02/2012 à 10h54
Questions mesquines sur l'intermittent de l'Elysée

Daniel Schneidermann | Fondateur d'@rrêt sur images



Soyons mesquins quelques minutes, ça fait du bien. Un passage de la déclaration de candidature de Sarkozy semble être resté inaperçu, mercredi soir. Deux fois, le nouveau candidat a répété qu'entre ses meetings et ses visites de fromageries, il resterait Président « chaque fois qu'il le faudra ». En service minimum, donc.

Ah tiens ? Ce n'est donc pas un job à plein temps, Président ? C'est une succession de prestations ponctuelles, une réception par-ci, un sommet de la dernière chance par-là ? Si l'on peut être sans dommage, deux mois durant, un intermittent de l'Elysée, quel aveu, pour les cinq ans écoulés !

Accessoirement, on peut se demander à qui incombera la lourde responsabilité de le biper, en cas d'urgence. Mais passons, il y a mieux.
Le candidat Président, payé en piges ?

Persévérons dans la mesquinerie. S'étant déclaré candidat, il n'aura plus droit aux avions ni aux cortèges officiels, nous annonçait ce jeudi matin triomphalement France Inter, et voyagera en avion de location (trois heures de TGV pour Annecy, il faut croire que c'est trop long pour un candidat Président) ou même en voiture, prêtée par les militants locaux. Parfait.

Terminés également, les bouclages par la gendarmerie d'une ville entière, ou d'un demi-département, quand le cortège présidentiel devait le traverser en trombe. Quel courage, même tardif, de braver ainsi les risques !

Mais pourquoi ne pas l'avoir manifesté plus tôt ? Les risques sont-ils moins importants aujourd'hui ? Touchons le fond de la bassesse : va-t-il conserver son salaire à plein temps, ou bien être cohérent, et insister pour être payé en piges, en cachets, ou en prestations ? Et alors facturera-t-il au forfait, ou au temps passé ?

Quant aux multiples déplacements présidentiels depuis début janvier, va-t-il insister pour qu'ils soient imputés sur ses comptes de campagne, puisqu'il a admis avoir déjà pris sa décision « il y a quelques semaines » ?

Autant de graves questions touchant à la marche de l'Etat que les journalistes qui entourent le candidat, soyons certains, vont maintenant oser lui poser, puisqu'ils sont désormais déliés du sacro-saint respect légitimement dû au Président de la cinquième puissance mondiale.

_________________
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Message  Invité le Lun 20 Fév - 13:09

09h15 le
neuf-quinze

Borloo : l'opération "calibre"


Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.46227.demiDans la série "comment perdre en
beauté ?" il les accumule manifestement. Dans
l'opération "Borloo à la tête de Veolia", c'est
d'abord l'affaire en elle-même, qui est intéressante. A
quelques semaines de la fin de son mandat, le candidat du peuple, anti
élites, anti-corps intermédiaires,
enfin-délivré-des-pesanteurs-du-protocole, etc etc, ce
candidat-là a donc déployé une bonne partie de
son énergie de candidat à aider son copain Proglio,
président d'EDF, à caser Borloo à la tête
de Veolia, comme révélé par
Libération. Une partie des négociations, selon Eric Decouty de Libé (1), se
serait déroulée dans l'avion qui ramenait les deux
compères de leur visite à l'usine Photowatt,
rachetée par EDF à la demande pressante de Sarkozy. Une
opération typique du "capitalisme à la
française", estimait France Inter ce matin, dans une de ces
inimitables litotes, par lesquelles les journalistes locaux
désignent les combines de l'oligarchie française, pour
truster envers et contre tout des postes auxquels seule les qualifie
leur incompétence.

Incompétent ? Pardon pour l'offense envers Borloo, qui déclare sans rire à Libération: "je suis chassé par deux grands groupes internationaux, qui ne sont pas Veolia". Mais tout de même, serait-il intéressé par le job ? "un certain nombre d'actionnaires pensent que le groupe a besoin d'un calibre à sa tête" Un calibre ? On comprend que le groupe, dans ces conditions, se soit tourné comme un seul homme vers l'ancien avocat, ancien maire de Valenciennes, ancien ministre sans bilan (2), gestionnaire hors pair du Parti radical et de l'USVA (Union Sportive ValenciennesAnzin), et qui n'a jamais dirigé d'entreprise. Le suspense est insoutenable.

Mais ce qui est intéressant aussi, c'est que la combine fuite dans la presse de ce matin. Sans être un stratège hors pair, on peut estimer que cette fuite réduit singulièrement les chances de succès de l'opération "calibre". Qui a donc bien pu vouloir la faire capoter ? Sans bénéficier de secret particulier (que de précautions matinales, décidément), on peut supposer que la fuite provient
possiblement d'un des administrateurs de Veolia, démarchés par Proglio pour voter en faveur du calibre(la liste des suspects potentiels est ici (3)), et dont au moins un aurait émis "de froides réserves". Ces gens ne sont pas fous: faisant capoter une opération téléguidée par de si considérables super-calibres, ils savent qu'ils s'exposent à des représailles. Mais apparemment, ils ne semblent ne rien craindre. Et peut-être même espèrent-ils, en cas de victoire de Hollande, tirer profit du petit fait d'armes. Ce type de défections au sommet porte un nom: la dynamique de la déroute.



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(1) http://www.liberation.fr/politiques/01012391033-borloo-a-veolia-l-accord-secret-proglio-sarkozy

(2) http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=3481

(3) http://www.veolia.com/fr/groupe/gouvernance/conseil-administration/


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Message  Invité le Lun 27 Fév - 13:42

09h15 le
neuf-quinze

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.46511.demi
Travaux d'artistes
C'est un édifiant portrait d'homme
d'affaires à la française, que brossait Le
Monde
ce week-end. Un portrait de
tueur sans scrupule ni limites, délinquant récidiviste
dans les affaires et dans le privé, condamné pour avoir
frappé un intermédiaire qui lui annonçait qu'une
de ses propositions de rachat avait été rejetée,
re-condamné à quatre mois de prison avec sursis pour
avoir frappé sa femme qui voulait le quitter; un requin qui a
lancé un projet en sachant parfaitement qu'un projet concurrent
était déjà sur les rails, mais avec la ferme
intention de le torpiller, un parrain qui a dépensé 50
000 euros en cocaïne et en prostituées sur un grand
chantier, en opposant simplement un "consommation personnelle"
à toutes les curiosités, pour couvrir ses
lieutenants.

Et sinon, ses affaires vont bien ? Mais oui, très bien, et les hommages vont pleuvoir sur lui toute la journée : ce portrait, c'est celui de Thomas Langmann (1), le producteur de The Artist (cinq oscars dans la nuit, pour les matinautes endormis). Et miracle: l'auteure du portrait s'arrange pour que le sujet n'en ressorte pas totalement antipathique, en noyant ces aspectsdésagréables de sa personnalité (qui n'arrivent qu'au neuvième paragraphe sur onze) dans le récit circonstancié de tous les drames (suicides aux
médicaments, défenestrations dans les palaces, accidents de la route) qui frappent la dynastie des parrains du cinémafrançais Langmann-Berri, de génération en génération. Heureusement pour Langmann et The artist, ceportrait sera arrivé trop tard pour que l'exploitent les adversaires américains du film aux Oscars, dont on imagine le profit qu'ils auraient pu en tirer.


Si ce portrait est un sommet du journalisme à la française dans ce qu'il a de meilleur (célébration du succès, certes, mais avec rappels stylisés des crapuleries ayant jalonné la route triomphale), on ne saurait en dire autant de The Artist, tourné en Californie, hommage à Douglas Fairbanks, vedette du muet américain, dontseuls les comédiens, et l'argent, sont français. Maisqui l'a dit ainsi, jusqu'à cette nuit ? Les agents américains du film, bien entendu, pour arracher une à une les voix aux Oscars. Vendu aux Français comme une success story française, aux Américains comme un hommage à leur cinéma: du travail d'artiste.
Daniel Schneidermann

Je me disais qu'on allait peut-être enfin cesser d'en entendre parler, mais finalement, rien n'est moins sûr...
Et les américains n'ont plus qu'à écrire la success story d'un petit acteur frenchie, médiocre, dépourvu de tout talent et de tout charisme, débutant dans une série pour semi-adultes décervelés, pour en arriver aux plus hauts sommets de la gloire hollywoodienne et être le sujet d'ouverture des JT du 20 h, aussi important qu'une coupe du monde de foot, en somme...
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Message  Invité le Jeu 1 Mar - 14:06

09h15 le
neuf-quinze

L'apocalypse des talents


Il n'aura pas fallu longtemps: témoin
Dujardin, Jean, à la barre ! Nom prénom
qualités. Alors témoin Dujardin, que pensez-vous de la
dernière idée, de l'horrifique proposition du candidat
bolchevique Hollande, de taxer les revenus supérieurs à
un million à 75% ? Vous qui venez de gagner à la sueur
de votre front, par votre travail méritant, ce magnifique Oscar
qui honore notre pays tout entier ? Ah, Jean Dujardin, ce n'est pas en
travaillant 35 heures que vous l'auriez gagnée, n'est-ce pas,
la statuette magique ! Alors ? Maintenant que l'on veut vous
matraquer, vous priver du fruit de votre travail, quelle est votre
réaction ?
Merci Dujardin. Vous n'avez même pas besoin de
parler. La seule évocation de votre nom suffira sans doute
à convaincre le public. Vous pouvez vous rasseoir.

Depuis trois jours, se multiplient les évocations de
Dujardin
(réquisitionné ce matin encore par
Sarkozy lui-même sur France Inter, entre les Steve Jobs et Bill
Gates virtuels que la mesure tuera dans l'oeuf, l'écrivain
Emmanuel Carrère, ou même Bernard Arnault, qui vient de
sauver Lejaby, "comme on l'a entendu sur votre antenne"). Et
quand ce n'est pas Dujardin, ce sont les joueurs de foot
français. Inter encore: au journal de 8 heures, interview d'un
joueur du PSG ("on nous tire dans les pattes, moi j'ai
braqué personne"
, etc). A la revue de presse, citation
d'une interview d'un président de club de foot dans
L'Equipe
: si la mesure fatale était mise en oeuvre,
"jamais un joueur comme Beckham ne viendrait en France" (sans
rire, apparemment). Faut-il faire un dessin ? L'agonie du foot
français, les stades reconvertis en champs de patates, etc
etc.

Dans chacune de ces peintures
d'apocalypse
, revient jusqu'à la nausée le mot
"talent". Au-delà du procédé de communication
(mettre en avant comédiens et footballeurs, plus populaires que
les patrons ou les banquiers), il est frappant de voir comme le
maniement de cet argument, sous l'apparence de l'objectivité,
présuppose deux choses. D'abord, qu'il est de l'ordre d'une
fatalité météorologique que le talent soit
surpayé au-delà du raisonnable. Ensuite, que seul
l'argent motive comédiens, réalisateurs, ou
écrivains.
Ce seul présupposé suffit à
dépeindre eux-mêmes les peintres de l'apocalypse, et
leurs porte-pinceaux.

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Daniel Schneidermann


Quand je pense à tous les gens de talent que je connais et qui gagnent à peine de quoi bouffer...
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Message  Invité le Ven 2 Mar - 14:54

09h15 le neuf-quinze
Sarkozy / Hollande : un match, vraiment ?

C'est tout de même un jeu avec de drôles de règles, cette campagne. Ainsi, Arnaud Leparmentier, du Monde, explique (1) que Sarkozy a passé une semaine catastrophique (note de blog que repompait mot pour mot le journal de 8 heures de France Inter). C'est possible, c'est même probable, mais examinons les éléments avancés par notre confrère du Monde. Cette semaine serait catastrophique pour le sortant, parce qu'il a perdu un point dans un sondage d'intentions de vote au premier tour, tandis que Hollande en gagnait un. Bien. Avec cette petite perte et ce petit gain, notons qu'on reste largement au-dessous de la marge d'erreur des sondages, ce qui est de nature à relativiser la catastrophe, mais passons.

La semaine sarkozyenne serait en outre catastrophique, parce que Hollande a réussi à confisquer le débat de la semaine, avec sa fameuse proposition des 75%, celle qui va conduire Jean Dujardin à s'expatrier en Suisse, et reconvertir le Parc des princes en champ de luzerne (2). Autrement dit, selon Leparmentier, il suffit de sortir de son chapeau une proposition fracassante, indépendamment de toute considération sur son efficacité ou sa faisabilité, et au prix d'une incohérence totale (3) avec ses discours passés, pour remporter la manche de la semaine. C'est reconnaître à quel point le match n'est pas un match de projets, de cohérences de personnes, mais un match d'occupation d'espace médiatique. Quand on y réfléchit bien, ce n'est pas très gai, quel que soit par ailleurs le résultat du match.

Si l'on tente, en dépit de l'heure matinale, d'approfondir encore la réflexion, le meilleur allié de chaque camp, dans ce match pour les colonnes de journaux et les minutes d'antenne, est la surréaction effarée du camp d'en face. Plus vif sera l'effroi promotionnel de l'adversaire, plus sûre sera la victoire. Si ce sont bien les règles de la partie, alors soyons cohérents, et reconnaissons que Sarkozy a in extremis sauvé sa semaine en accusant Hollande de mijoter une "épuration" des policiers et des magistrats, ce qui amène la presse de gauche à condamner son énervement, son dérapage, etc. Retranché dans son bar de Bayonne, il a magnifiquement retourné la partie. Bravo !

A notre confrère du Monde, glissons une autre lecture de ce qui se passe. Si Sarkozy est aujourd'hui en très mauvaise posture, ce n'est pas à cause du Fouquet's, ni du Paloma, ni des Rolex, ni des défaites d'étape que commentent brillamment les journalistes politiques. C'est tout simplement parce qu'il est le sortant et que son bilan économique est mauvais. Depuis de Gaulle en 1965, ce qui ne nous rajeunit pas, aucun sortant n'a jamais gagné la présidentielle (Giscard a perdu, Mitterrand et Chirac ont été réélus après des cohabitations). C'est évidemment moins amusant pour les commentateurs de matches, ça tue le suspense, et j'ai bien conscience que cela troublera jusque dans nos forums, aussi me contentai-je de suggérer à mi-voix cette explication rabat-joie. Quoiqu'il en soit, suite du match la semaine prochaine.
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Message  Invité le Lun 12 Mar - 9:56

09h15 le
neuf-quinze

Arithmétique des rassemblements


20 000 ? 30 000 ? 60 000 ? Combien
étaient-ils exactement ? Ne chipotons pas. Ils étaient
des dizaines de milliers, venus de tous les coins de France. Le
rassemblement était certes prévu depuis longtemps, mais
peu importe: il faut toujours saluer une mobilisation réussie,
une belle démonstration de force, même un peu
inférieure aux attentes des organisateurs.

Il est d'autant plus étonnant que les chaînes
d'information continue
, et les journaux du soir, n'en aient
pas parlé: j'évoque bien entendu la chaîne
humaine, rassemblée entre Lyon et Avignon, sur la Nationale 7
par le réseau Sortir du nucléaire, à l'occasion
du premier anniversaire de la catastrophe de Fukushima. Les
caméras de l'info continue, si promptes à se braquer sur
la plus petite "marche blanche" rassemblant quelques poignées
de participants à l'occasion de tel ou tel fait-divers,
peuvent-elles vraiment ignorer des dizaines de milliers de
manifestants ? Eh oui, elles peuvent. En économie
télé, un manifestant n'est pas un manifestant. Pour
établir les équivalences, il faut avoir recours à
des coefficients compliqués.

Il est vrai
qu'à la même heure, les chaînes d'info
étaient braquées
sur une autre manifestation de
masse, le meeting dans la banlieue parisienne d'un candidat en vue
à la présidentielle. Manifestation certes importante
aussi, même si les estimations ne varient ici que du simple au
double, de 40 000 à 80 000 personnes.
Elles y avaient
délocalisé leur studios, meublant l'antenne de longues
heures avec les lieutenants du candidat. Mais alors ? Comment
expliquer cette différence de médiatisation ?
Très simple. Les anti-nucléaires auraient dû
s'assurer de la présence parmi eux d'un candidat à la
présidentielle, et prendre soin de fabriquer de belles images
médiatisables. Comment donc ? On me souffle que ces deux
éléments étaient aussi réunis. On comptait
même dans la chaîne humaine, parait-il, pas moins de deux
candidats à la présidentielle. Alors, c'est qu'il doit y
avoir une autre raison. Mais laquelle donc ?

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Message  Invité le Jeu 15 Mar - 19:53

09h15 le
neuf-quinze


L'Ui, le dénommé

Comment l'appeler ? Depuis cinq ans, la plupart de mes confrères ne se posent pas la question. Dans leurs papiers, écrits, ou radiophoniques, ils le nomment selon les codes en vigueur, par son prénom et son nom lorsqu'ils parlent simplement de lui, et sinon par sa fonction, président de la République, chef de l'Etat. Face à lui, en studio, ils lui donnent du "Monsieur le président", comme si de rien n'était. Depuis sa déclaration de candidature, tout a changé. Le reçoivent-ils sur leurs plateaux, ils lui balancent du "Nicolasarkozy" long comme le bras, histoire de bien marquer la différence, ça n'a plus rien à voir, c'est désormais le citoyen que nous recevons, le simple citoyen qui est arrivé à pied en passant par la boulangerie, un parmi d'autres, tous égaux, quelle belle chose que la République, etc etc. Même lorsque (comme Europe 1 hier) ils décalent le carillon de 8 heures de trois minutes, parceque le simple citoyen arrivé à pied conserve tout de même le pouvoir de retarder la marche du temps et qu'il a débordé de trois minutes (si si je vous jure, ils ont décalé le carillon), même là, ils lui donnent du "Nicolasarkozy".

Je ne sais pas comment ils font pour l'appeler "Monsieur le président".
Personnellement, je n'aurais jamais pu. Vous me direz que je ne me suis jamais, en cinq ans, trouvé face à lui. C'est vrai. Mais même à distance, je ne peux pas. S'agissant de lui, je n'ai jamais pu écrire "le président de la République" (les plus pointilleux peuvent plonger dans les archives du matinaute (1), un prolongement d'abonnement gratuit à celui qui me démentira). Même là, en tête à tête avec les touches du clavier, les mots ne seraient pas passés. Parce que je n'ai jamais vu en lui "le président", mais simplement un gars qui fait président, comme il ferait autre chose (des gaufres, des petites tour Eiffel, du business, etc). Je ne prétends pas que ce soit très professionnel. Mais c'est
mon droit.

Tout ça pour parler de la tentative de Libé de ce matin. Salon du livre oblige, ils ont confié les clés à desécrivains. Rien que des écrivains. Et comme l'écrivain est joueur, plus joueur que le journaliste, les écrivains ont décidé de faire tout le journal
sans écrire une seule fois son nom. Ils l'appellent "l'Ui" (Hélène Cixous, qui signe l'édito, explique
pourquoi). Cela donne des phrases assez drôles, tout au long du journal (un journal bourré de pépites, d'ailleurs, bien plus inattendu que d'habitude, faudrait faire ça plus souvent...) Et non seulement c'est drôle mais, même tôt le matin, ça fait réfléchir. A la
sommation qui nous est faite, à nous journalistes, de nommer les choses, les phénomènes, les crises, les doctrines, les institutions, ou les gens, comme ils ont toujours été nommés, comme on veut que nous les nommions. Et à l'incroyable et subversif pouvoir qui consiste à les dé-nommer, à les autre-nommer, quand ça nous chante, pouvoir que nous devrions exercer plus souvent.


Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.47096
(1) http://www.arretsurimages.net/chroniqueur.php?id=12


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Message  Invité le Lun 19 Mar - 12:51

09h15 le
neuf-quinze

Ma vie avec Audrey et Cécile


Vous croyez peut-être que je vais vous
parler de Mélenchon à la Bastille ? Mais non. Je
n'ai pas du tout le coeur à vous parler de Mélenchon.
Une sourde inquiétude m'étreint. Ce matin, Audrey Pulvar
était fatiguée. Oui, une fatigue lourde, là, juste derrière les oreilles et les
cervicales
(1). Comment je suis au courant, sachant que je
n'écoute pas son émission, trop matutinale pour moi ? Je
vais vous donner un scoop people: je vis avec Audrey Pulvar. Je
m'endors avec elle. Je me réveille avec son humeur du matin.
Enfin, plus précisément (apaisons immédiatement
l'inquiétude légitime d'Arnaud Montebourg) je vis avec
son
compte Twitter
(2).
Quand, le matin, la présentatrice du
6-7 de France Inter, la chroniqueuse de Ruquier, la
persécutrice de Copé, vient déposer un baiser sur
le front de ses chouchous, de ses doudous et de ses roudoudous, c'est
sur mon front brûlant qu'elle le dépose. Quand le soir,
elle prend congé de ses twittas et de ses twittos, c'est comme
si elle me bordait dans mon lit.

Un bonheur
n'arrivant jamais seul
, j'ai aussi la joie de partager la vie de
Cécile Duflot
(3). Enfin, avec Cécile, nos moments
sont moins intimes. Moins encline que Audrey à partager ses
biorythmes, Cécile a essentiellement à coeur de me faire
vivre son épopée quotidienne en transports en commun.
Quand Cécile est bloquée dans le RER, je suis
immédiatement prévenu. Quand le bus 82 est ralenti par
les embouteillages faute de couloir de bus, je suis alerté dans
la minute.
Et je parle pas des démêlés de
Cécile avec son ami le TGV, qu'elle emprunte beaucoup, ces
temps-ci.

Audrey et Cécile, personnages
publics modernes
, twittent comme elles respirent.
Evidemment
Twitter leur est d'abord une arme multi-usage, qui leur sert à
ferrailler, ou, court-circuitant l'AFP, à réagir la
toute première aux événements du jour.
(4)
Mais on ne peut pas ferrailler toute la journée. Et je ne vais
pas m'en plaindre, et faire semblant de ne lire que leurs tweets de
fonction. J'ai pris goût à vivre au gré de leurs
retards de bus. Si Audrey cessait de m'entretenir quotidiennement de
l'état des ascenseurs de Radio France, ma journée
n'aurait pas le même sel. Et ne venez pas me dire que le tweet
est, pour ces combattantes de la politique et des médias, une
manière d'adoucir leur image, de jouer la proximité, les
femmes comme les autres, qui prennent le RER et se tapent les
ascenseurs en panne en arrivant au boulot, de faire de la com' en
somme. Ne venez pas me dire que les people-twittos ont inventé
l'alternative gratuite et autogérée aux doubles pages de
Match.
Ne cassez pas mon rêve du matin. D'autant que je suis
toujours inquiet. Pas de nouvelle des cervicales d'Audrey, depuis
trois heures.

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.47208.demi


Certains clients de courrier électronique bloquent l'accès direct
aux liens. Aussi, vous trouverez ci dessous et en clair l'ensemble des
adresses web de ce présent message :



(1) https://twitter.com/#!/67franceinter/status/181607185921490945

(2) https://twitter.com/#!/67franceinter

(3) https://twitter.com/#!/cecileduflot

(4) https://twitter.com/#!/CecileDuflot/status/181649277938966528


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Message  niouze le Ven 6 Avr - 11:47

Arrêt sur images 06/04/2012 à 10h25
L’appartement de Sarkozy, le temps d’un rêve avec Mediapart
Arretsurimages.net"
Daniel Schneidermann



Il y a du mieux, mais peu. On regarde d’un œil la conférence de presse de Sarkozy, retransmise par BFM-TV. Et une fraction de seconde, on est saisi d’effroi. Comme si la retransmission avait été piratée.

Dans la litanie des journalistes qui enchaînent les courtoises questions à la française, apparaît soudain un jeune visage :

« Michaël Hajdenberg, de Mediapart. Vous avez déclaré que vous aviez acheté votre appartement de l’île de la Jatte grâce à un prêt de 3 millions de francs de l’Assemblée nationale... »

La conférence de presse de Nicolas Sarkozy, le 5 avril 2012

Expérience limite. Téléportation immédiate dans une autre dimension. Mediapart et Sarkozy face à face ? Dans un même espace ? L’un posant une question, et l’autre répondant ? A l’ère de l’ « elkabbachisme » triomphant, sentiment d’irréalité qui rappelle celui qu’ont dû éprouver nos parents et grands-parents, lors de la présidentielle de 1965, voyant apparaître à l’écran des martiens qui, sacrilège inimaginable, informulable, critiquaient De Gaulle !

Mais ce n’est pas du piratage. Et le micro a bien été tendu par le porte-parole de l’Elysée, Franck Louvrier, à un journaliste de Mediapart. Qui pose, en effet, la question triviale et sacrilège, sur le prêt que prétend avoir contracté Sarkozy pour l’achat de son ancien appartement, et dont Mediapart ne trouve pas trace dans l’acte de vente.
Vous avez le micro, gardez-le !

Heureusement, ensuite, la réalité reprend ses droits. Sarkozy articule une non-réponse en bois massif. Et le jeune vandale ayant commis l’erreur de rendre sagement le micro (il ne faut pas ! Jamais ! Vous l’avez, gardez-le ! Lisez le mode d’emploi d’un journaliste irlandais), aucun de ses confrères, évidemment, ne le relaie pour tenter, à l’usure, d’obtenir une réponse. Comme si, par consensus général, l’ensemble de la presse française et étrangère avait délégué à Mediapart, et à ce seul site, la tâche des investigations sur les diverses malversations du personnel politique.

Il est d’ailleurs temps pour BFM-TV, équité oblige, de cesser la retransmission. Retour au studio, où personne n’a évidemment entendu la question sacrilège, et où chacun se garde bien d’insister sur la non-réponse de Sarkozy. Chaque chose retrouve sa place. L’espace d’une minute quarante, on aura sans doute rêvé.

_________________
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Message  Invité le Ven 6 Avr - 19:58

Ah, c'est cool que tu aies pris le relais. Merci niouze !
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Message  Invité le Lun 7 Mai - 10:00

09h15 le
neuf-quinze


Un lendemain normal


Se réveiller normalement dans un pays
normal. Constater par la fenêtre que le temps est
normalement gris. Ecouter aux radios les voix habituelles poser des
questions normales. Prendre acte, en soi, non pas vraiment de la joie
attendue, mais plutôt d'une étrange tranquillité.
Comprendre qu'on n'aura pas à craindre, aujourd'hui, une
provocation, une rodomontade, une injure. Se demander où est
passée la monstruosité, le monstrueux carnaval.
Déjà les chars bariolés, remisés dans un
coin, se délavent sous la pluie. Morano, Besson, Guéant:
et si on avait rêvé ? Constater qu'au fond, on s'en moque
déjà.




Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.48850.demiQue
surnage-t-il des souvenirs de la veille ?

L'obscénité normale de la télé
majoritaire, cet essaim de motos autour du nouveau pouvoir, ce
harcèlement de questions à chaque instant. Et puis cette
fascination imbécile, éternelle, envers un prolongement
affectif de ce nouveau pouvoir, une entité
dénommée "Thomas Hollande". Que ressent Thomas Hollande
? Thomas Hollande va-t-il rire ou pleurer ? Thomas Hollande, sur son
portable, vient de recevoir un appel de "papa" (gros plan sur
l'écran). Que se sont-ils dits ? Cette obscénité
qui, en quelques jours, transformerait le garçon le plus sain
d'esprit en Jean Sarkozy.


Se décaler, se déporter quelques
instants.


Connaissez-vous ce visage ? Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Pictofleche

Il s'appelle Alexis Tsipras, c'est le chef du Syriza, le Front de
gauche grec, depuis hier soir le deuxième parti en
Grèce, devant le PASOK de Papandreou. Il est
crédité de 50 sièges au nouveau parlement (contre
21 pour l'extrême-droite). Les deux partis favorables à
l'austérité ne recueillent pas à eux deux la
majorité absolue qui serait nécessaire pour constituer
un gouvernement. Autant dire qu'on va entendre parler de lui. Vous
a-t-on montré ce visage hier soir, au milieu des cotillons ?
S'est-on demandé s'il a reçu un appel de papa ? Non. Pas
d'inquiétude: c'est normal. L'Histoire continue. Elle ne s'est
jamais arrêtée.

Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.48854.demi
Arrêt sur images - Daniel Schneidermann - le neuf-quinze Original.48847.demi








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