la police s'étonne qu'on ne l'aime pas

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Message  ivo le Sam 10 Mai - 11:53

Des policiers chinois à Paris, un symbole dérangeant
http://rue89.nouvelobs.com/2014/05/09/policiers-chinois-a-paris-symbole-derangeant-252064
Depuis 2008, des policiers européens viennent chaque été renforcer les patrouilles de police dans les lieux touristiques. Cet été il y aura aussi... des Chinois.

Cet été, ne soyez pas surpris si vous croisez un policier chinois en uniforme sous la Tour Eiffel. En Chine, le budget annuel du maintien de l’ordre dépasse celui de l’armée pour écraser toute velléité de révolte. En France, ces policiers viendront « faire de la prévention » face aux pickpockets.

Cette semaine, le ministère de l’Intérieur a annoncé cette mesure surprenante – voire choquante, compte tenu de la nature du régime chinois – dans le cadre de son plan annuel pour la sécurité des touristes. « Des patrouilleurs chinois, – policiers pour la plupart – effectueront des rondes sur les sites touristiques », en collaboration étroite avec la police française.

Les voyageurs chinois en visite à Paris sont régulièrement victimes de vols, souvent accompagnés de violences, à la sortie des boutiques de luxe, devant les monuments ou au restaurant. Les autorités françaises préféreraient éviter que Paris traîne une sale réputation dans toute l’Asie.

La préfecture de police de Paris doit détailler ce plan d’ici quelques jours, mais d’ici là elle refuse d’en dire plus. Heureusement, la version francophone du très officiel Quotidien du peuple chinois donne quelques détails : il s’agirait de « huit à dix policiers chinois pouvant parler français », qui « ne seront pas armés et n’auront pas de pouvoirs d’exécution de la loi en France ».

Un rôle de traduction et d’accompagnement

Sur ce point, les syndicalistes policiers que nous avons interrogés sont formels : si les policiers chinois porteront sans doute leur uniforme habituel, pour être visibles et reconnaissables par leurs compatriotes, ils devront laisser leur arme dans leur commissariat chinois. Ils ne peuvent disposer d’aucune autorité sur le territoire français.

Comme tout le monde, ils ont le droit d’interpeller l’auteur d’une infraction pris en flagrant délit pour le confier à un officier de police judiciaire, mais rien de plus.
Ils travailleront en permanence sous la tutelle de policiers français chargés de toute la procédure. A quoi servent-ils alors ?

‘A créer un pont culturel’
, avance Patrice Ribeiro, du syndicat Synergie Officiers.

‘Informer leurs compatriotes sur la nature des dangers, même si Paris n’est pas non plus un coupe-gorge.’

Le porte-parole d’Unité-SGP Police, Nicolas Comte, complète :

‘C’est une bonne chose pour que les collègues ne soient pas trop démunis quand des ressortissants chinois souhaitent déposer plainte. Le contact peut être plus facile.’

Christophe Crepin, du syndicat Unsa-Police, est convaincu que cette idée peut ‘améliorer notre image de marque’ et de surcroît se révéler ‘une très bonne mesure pour le travail policier’ :

‘Même s’ils ne disposent pas de la coercition, ils peuvent aller au devant des collègues dans la prise en charge d’une victime. Certains touristes ne parlent aucune autre langue que le chinois. Ils pourront traduire, avoir les bons gestes, poser les bonnes questions, aller droit au but pour interpeller rapidement l’auteur des faits. La police française a tout à gagner à collaborer avec des polices étrangères pour lutter contre la criminalité organisée.’

Déjà des policiers roumains, espagnols, belges

Avant les policiers chinois, d’autres fonctionnaires étrangers ont déjà été accueillis sur le territoire pour des actions du même type.

Le traité de Prüm, signé par sept Etats de l’Union européenne en 2005 (puis élargi), autorise depuis 2008 des policiers allemands, néerlandais, roumains, belges, espagnols, etc. à patrouiller en France et assister les ressortissants de leurs Etats respectifs.

Ils étaient 28 en 2010, 43 en 2012. Cette année-là, douze policiers français se sont quant à eux rendus à Londres pour les Jeux olympiques. A l’été 2013 par exemple, sept policiers étrangers ont assisté vingt gendarmes pour sensibiliser les conducteurs européens aux règles de conduite françaises sur une autoroute, au moment des grands départs.

Pendant les dernières vacances de Noël, Manuel Valls (alors ministre de l’Intérieur) a voulu rassurer les commerçants en mettant en avant ces renforts un peu particuliers :

‘Le ministre a notamment rencontré des policiers néerlandais, espagnols ou roumains qui assistent leurs collègues français pendant les fêtes, période durant laquelle est mis en place un dispositif exceptionnel’ et ‘européen’ en direction des touristes étrangers, a-t-il précisé. Au total, vingt policiers roumains sont déployés dans la capitale afin de combattre la délinquance de ‘réseaux d’exploitation de mineurs’, selon Manuel Valls.”

Les policiers d’un régime autoritaire ?

Seule différence, les pays de l’UE qui envoient habituellement leurs troupes ont une régime démocratique... pas la Chine. Interrogés sur cette question, les syndicalistes policiers ne voient pas là de barrière éthique.


“A partir du moment où on ne leur confie pas de missions de maintien de l’ordre, ça ne pose pas de problème”, estime Nicolas Comte.

Même réponse pour Patrice Ribeiro :

Est-ce que la France a rompu ses relations diplomatiques avec la Chine ? Non. Aux yeux de l’Union européenne, ce n’est pas une dictature. Nous, on n’est pas là pour faire de l’exégèse.”

Et Christophe Crépin, qui n’a “pas à juger les décisions du ministre ou à se prononcer sur ‘le fait que des Etats soient démocratiques ou non’”.


L’ARTICLE 73 DU CODE DE PROCÉDURE PÉNALE
« Dans les cas de crime flagrant ou de délit flagrant puni d’une peine d’emprisonnement, toute personne a qualité pour en appréhender l’auteur et le conduire devant l’officier de police judiciaire le plus proche. “ (Lire dans son contexte)
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Message  niouze le Mar 24 Juin - 16:19


Communiqué politique suite à l’agression policière dans le quartier du Hédas – Pau, Occitània
juin 22, 2014 par AAF - Pau
En Français puis en Occitan.
COMMUNIQUÉ POLITIQUE
SUITE À L’AGRESSION POLICIÈRE
DANS LE QUARTIER DU HÉDAS
(21 JUIN 2014)
 
la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 Hesta-de-la-musica-2014-pendant-les-concerts
Pendant les concerts à la Tor deu Borrèu.
Local associatif autogéré (sans subventions) et lieu de métissage culturel et générationnel, la Tor deu Borrèu, depuis 22 ans, s’implique dans la vie culturelle, sociale et associative du quartier du Hédas, à Pau. Nous participons notamment à la vie du quartier avec le Méliès, la Maison des Femmes, à la diffusion de films, des repas populaires, des cantèras (chants béarnais), des danses béarnaises, des soirées traditionnelles, cours d’Occitan (béarnais), soirées de soutien, aide aux sans papiers, grillades et débats pendant les mouvements sociaux, jeux occitans. Nous avons également pris part aux travaux de rénovation du quartier. Bref, nous sommes un lieu qui a toujours su établir le lien entre la lutte politique et la culture populaire.
la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 Hesta-de-la-musica-2014-arrivc3a3c2a9e-des-flics
La police commence à encercler le Hédas.
Le 21 juin au soir, des concerts variés, à l’image de l’association et accessibles à tous publics, avec une programmation réfléchie et respectueuse de la tranquillité du voisinage, avaient lieu à la Tor deu Borrèu dans le cadre de la fête de la musique (slam / poésie, rock, jazz manouche, funk). Cet événement avait pour but de faire vivre notre quartier. Alors que le dernier groupe finissait de jouer, les forces de police font irruption sur le fronton et, sans la moindre sommation, commencent à porter atteinte au matériel des groupes, tentant ainsi de stopper la musique. Avant même que le public ne réagisse, des jets de bombe lacrymogène partent et les coups pleuvent. Les personnes présentes, surprises et choquées, se défendent alors face à cette agression. Ce fut là l’occasion d’un déchaînement de violence de la part des différents corps de police présents (Police Municipale, Police Nationale, CRS et BAC), qui ont tiré au flashball, blessant passantEs et spectateurs/trices, et ont lancé des dizaines de grenades lacrymogènes dans tout le quartier. Dans cette attaque policière, plusieurs personnes (au moins 4) ont été interpellées alors que leur seul crime était de se trouver au mauvais endroit au mauvais moment. Alors que certaines personnes tentaient de dialoguer avec la police, ces dernières se sont retrouvées rouées de coups par les agents, qui semblaient agir de leur propre chef, sans aucune autorité hiérarchique et avec une rage exacerbée. Rapidement, le Hédas baigne dans un nuage de gaz lacrymogène, réveillant et incommodant ainsi le voisinnage et mettant en grave danger la santé d’une enfant de 3 ans, asmathique, et qui dormait la fenêtre ouverte. L’enfant se trouve encore – au moment où nous rédigeons ce communiqué – à l’hôpital. Selon les témoignages de nombreuses personnes présentes sur les lieux, le Hédas était en réalité encerclé par plus d’une dizaine de fourgons de police depuis 1h du matin. S’agissait-il donc d’un acte prémédité ? Alors que nous collections les témoignages le lendemain des événements, de nombreuses patrouilles de police passaient devant la Tor deu Borrèu.
la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 Hesta-de-la-musica-2014-les-flics-entrent-dans-le-quartier
La police assiège le quartier.
Depuis 22 ans aussi, la Tor deu Borrèu subit les provocations policières, les attaques démesurées et la volonté claire et affirmée de l’administration de fermer notre lieu de lutte et de culture. Arrestations, convocations au tribunal font aussi partie du déchaînement répressif auquel nous devons trop souvent faire face. Contre cela, nous avons toujours sû mobiliser nos militantEs ainsi que notre entourage, afin de faire respecter notre simple droit démocratique à exister. Il faut dire aussi que notre local associatif dérange l’Etat. En effet, nous avons toujours porté les revendications internationalistes, du droit à l’autodétermination pour tous les peuples et fédérons de nombreux courants progressistes (de gauches), en tant que militantEs occitanistes. Dans une société où l’on nous pousse à toujours plus d’individualisme et d’égoïsme, nous nageons à contre-courant afin de faire (re)naître une solidarité entre les personnes. Cela serait-il si dangereux, justifiant alors la répression à laquelle nous avons dû faire face, notamment dans la nuit du 21 juin 2014 ?
la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 Hesta-de-la-musica-2014-fumc3a9es-lacrymogc3a8nes
La fumée des gaz lacrymogènes se propage dans le Hédas.
Suite à cette agression policière, notre but sera, dans les prochains jours, de faire connaître les faits survenus dans notre quartier. Dans ce cadre, nous lançons un appel aux témoignages, qu’ils soient oraux, photo et vidéo. Vous pouvez nous joindre à l’adresse libertat.bearn@gmail.com. Nous appelons également les organisations, qu’elles soient politiques, syndicales, culturelles ou associatives, mais aussi les individus à nous soutenir après l’attaque que nous avons subit, et à se tenir prêts à y apporter la réponse adéquate. Pour cela, les organisations et associations peuvent co-signer ce communiqué en nous contactant à l’adresse mentionnée ci-dessus. Les individus peuvent quant à eux/elles nous envoyer un e-mail afin d’être tenuEs au courant.
Volem viver, hestejar e decidir au Hédas !
Non aux agressions policières, vive le Hédas populaire !
Co-signataires : Libertat !, Action Antifasciste – Pau.
Ailleurs dans la presse : Sud Ouest (assez fiable), La République des Pyrénées (très peu fiable), France 3 Aquitaine (pas fiable du tout)*, Le Parisien (pas fiable du tout), BFM TV (pas fiable du tout).
* Le lien risque de ne plus fonctionner à cause du changement des contenus du site.

http://aafpau.wordpress.com/2014/06/22/communique-politique-suite-a-lagression-policiere-dans-le-quartier-du-hedas-pau-occitania/

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"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
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Message  niouze le Ven 27 Juin - 16:07


L'Etat m'a tabassé, il a fait son travail
par Mathieu Rigouste, Docteur en Sciences Sociales
Nuit du 22 juin 2013, Toulouse, France. Au pays qui forgea l'Etat-nation à
partir de la monarchie absolue, en le fondant sur l'esclavage et le
génocide des femmes, à travers la colonisation, toutes les exploitations
et une suite presque ininterrompue de guerres impérialistes. Dans une
région qui fabrique des gaz et des poudres pour des polices et des armées
engagées dans le monde entier contre les peuples qui gênent le règne du
capitalisme. Avec quelques ami.e.s, nous tentons de calmer une bagarre à
Arnaud Bernard, un des derniers quartiers populaires du centre ville. Pour
accélérer sa transformation en quartier chic, les autorités y déploient la
police en permanence. Des CRS en journée et la BAC la nuit. Ces bandes de
virils franchouillards sont payées pour assurer un «nettoyage
socio-ethnique» du quartier en pourrissant la vie des damnés de la terre
qui y galèrent. Ils sont formés et payés pour maintenir le
socio-apartheid. Pour cela, ils exécutent des démonstrations de guerre et
mènent des chasses aux pauvres durant lesquelles ils jouissent ensemble de
maltraiter leurs proies.
Une bande de types colériques et mal sapés, tout à fait dans leur style,
surgit hors de la pénombre d'où ils devaient comploter. L'un de ces
ratonneurs compulsifs attrape le plus « Nord-Africain » d'entre nous comme
ils continuent à dire, et le colle dans un mur par la gorge. Nous
comprenons qu'ils sont en fait de valeureux fonctionnaires de police en
civil lorsque trois d'entre eux m'attrapent et m'écrasent au sol. Le
premier me comprime la cage thoracique en m'enfonçant la colonne
vertébrale avec son genou. Pendant ce temps un second me serre les
menottes jusqu'à l'os. Tandis qu'un troisième me maintient les pieds. Je
ne peux pas me débattre, je suffoque en suppliant qu'on me laisse
respirer. Le catcheur-fou resserre alors l'étreinte, je suis au bord de
m'évanouir. Une trentaine de personnes assistent à la scène, certaines
demandent qu'on me laisse respirer et reçoivent des coups et des insultes.
Elles ont témoigné par écrit qu'à ce moment-là, juste avant mon
arrestation, j'avais bien la tête et le corps d'un mec qu'on n'a pas
encore tabassé dans le couloir principal d'un commissariat central.
L'un de ces beaufs suant la testostérone et régulièrement humiliés par des
enfants dans nos quartiers, se reprend pour l'inspecteur Harry et me
traîne par la chaîne des menottes, passées dans le dos, sur plusieurs
mètres jusque dans un véhicule de la Police Nationale. Cette vénérable
institution qui, trop humble pour s'en vanter, s'illustrait dans
l'histoire de l'humanité en déportant systématiquement et sans broncher
juifs et communistes avant de torturer et de faire industriellement
disparaître tous les colonisés et les révolutionnaires qui gênaient l'Etat
et le nationalisme français, il y a quelques dizaines d'années.
Menotté dans le dos et face contre terre, cette technique fait peser tout
le poids du corps sur les poignets. J'ai hurlé et mon poignet gauche s'est
cassé à ce moment-là. Un an plus tard, j'ai encore les marques des
menottes autour des poignets et une grande cicatrice pas trop swag en
travers.

On m'a ensuite enfoncé dans la voiture en me cognant la tête contre le
bord de la carrosserie ; une convention dans le milieu. Un policier pas
vraiment créatif m'a extrait de la même manière en tirant encore sur la
chaîne des bracelets. Arrivés dans le couloir principal du commissariat
central de l'Embouchure, l'une de ces « personnes dépositaires de
l'autorité publique dans l'exercice ou du fait de ses fonctions » a placé
sa main derrière ma nuque et a envoyé de toutes ses forces ma tête contre
un mur. Puis un autre ou le même - je ne sais pas, on m'a toujours frappé
par derrière et menotté - a écrasé ma tête avec sa main contre de lourdes
portes battantes qui ne lui avaient rien fait non plus. Il a utilisé ma
tête pour ouvrir des portes. Je l'écris en souriant car je sais que Dieu
pardonne peut-être, mais pas le prolétariat.

Qui sème la hoggra, récolte l'intifada.
La répétition de ces gestes et l'absence de réaction de tous les policiers
présents dans le commissariat indiquent leur banalisation et leurs
caractères habituels, normalisés dans cette enceinte dirigée alors par le
commissaire divisionnaire Laurent Syndic. J'ai enfin été jeté à terre, en
avant, menotté dans le dos, sur le carrelage de ce couloir de garde-à-vue
où l'on m'a laissé jusqu'à l'aube étalé, toujours menotté et hurlant de
douleur. Quelques-uns de ces justiciers errants m'ont aussi placé de
petits coups de pieds mesquins dans les côtes, en passant. J'aurais pu
être en train de mourir, aucun policier n'est jamais venu s'inquiéter de
mon état, pas plus qu'ils n'ont protesté lorsque leurs collègues
brutalisaient des briques avec mon crâne.
Il sont tous responsables. C'est
bien la police qui m'a fait ça. All Cops Are Brutal. Photos prises le 22
juin 2013 à l’hôpital Purpan
J'ai été largué à l'hôpital Purpan par des agents en uniforme à 6h du
matin. J'avais la tête violette par endroits, la lèvre ouverte, une main
explosée, une cheville défoncée, des bleus sur tout le corps. Ils sont
partis vers 9h en m'indiquant que « la garde-à-vue » était levée. J'étais
rassuré. Vu qu'on avait omis de m'en parler, j'avais cru qu'une milice de
nationalistes armés m'avait défoncé, enlevé, cogné dans des murs, laissé
KO par terre puis refilé à une autre bande pour me déposer aux urgences.
J'ai passé trois jours à l'hôpital, on m'a opéré le poignet (fracture et
luxation). On y a posé une vis que je garderai toute ma vie et qui
m'handicape. On a soigné les multiples ecchymoses et plaies sur toute la
tête et les côtes. Les super-Dupont m'avaient aussi percé le tympan comme
l'a relevé le médecin légiste qui m'a ausculté à la sortie de l'hôpital.
On m'a reconnu 60 jours d'ITT à l'hôpital, transformés en 3 jours « au
sens pénal du terme » par la médecine « légale ».
Avec mes proches, nous avons d'abord hésité à porter plainte car nous
savions trop bien que la Justice couvrirait la police puisqu'elle le fait
toujours, même chaque fois que la police tue. Et la justice n'a pas besoin
d'être corrompue. Elle applique normalement les lois faites par les
dominants pour protéger les dominants. Il ne sert à rien de s'indigner
face à la violence d'Etat. Il est tout à fait normal qu'un Etat opprime le
peuple ainsi que celles et ceux qui lui résistent. C'est son boulot. Et
c'est la lutte des classes. Nous pensons qu'il vaut mieux s'organiser
collectivement pour arracher les racines de ce carnage.
Mais le tribunal du maître est tout de même un champ de bataille. Alors
nous avons décidé de porter plainte en juillet 2013, pour tenter de
fissurer un peu ce sentiment d'impunité des milices d'Etat au pays des
droits de l'homme blanc et riche. Pour contre-attaquer, en accusant non
pas quelques policiers mais l'Etat. Car la violence des shtars c'est bien
lui qui la fabrique. Et c'est aux classes dominantes qu'elle profite.
Nous l'accusons de gérer un système d'exploitation, d'humiliation, de
contrôle et d'oppression, de brutalisation, d'incarcération et de meurtre
dans les quartiers et contre les classes populaires pour maintenir l'ordre
capitaliste et la ségrégation socio-raciste. Car cette férocité est érigée
en industrie rationalisée et quotidienne dans les cités de France comme
dans tous les ghettos et les favelas du monde. L'Etat harcèle, brutalise
et mutile aussi de plus en plus férocement celles et ceux qui prennent
part aux luttes, aux mouvements sociaux et aux mouvements
révolutionnaires.
Bien conscient de tout ça, le procureur Michel Valet a tabassé aussi notre
plainte en février 2014, jugeant que " l'examen de cette procédure ne
justifie pas de poursuite pénale au motif que les plaintes ou les
circonstances des faits dont vous vous êtes plaint n'ont pu être
clairement établis par l'enquête. Les preuves ne sont donc pas suffisantes
pour que l'affaire soit jugée par un tribunal".

Malgré les pages de blessures fournies par le médecin légiste - assermenté
par l'Etat luimême - les photos, les récits des témoins, malgré le fait
que la police ne nie pas m'avoir déposé elle-même à l'hôpital à l'aube, la
Justice ne veut pas avoir à vérifier publiquement si des policiers font
réellement à Toulouse ce dont nous les accusons. C'est que le proc la
connaît la vérité lui, et comme eux, il sait que la férocité fait partie
intégrante du boulot des condés.
Ce n'est pas un enlèvement avec
séquestration et actes de barbarie, c'est le travail de la police, parce
que c'est fait par des policiers. L'institution judiciaire valide ainsi
elle-même ce dont nous l'accusons : elle est chargée par l'Etat de couvrir
la police et ses violences, elle n'a rien à voir avec aucune notion de
justice, elle a pour fonction de maintenir l'ordre

capitaliste-raciste-patriarcal en punissant les opprimé.es, en réprimant
les révolté.e.s et en remplissant les prisons d'un nouveau genre
d'esclaves.
Pour ne rien lâcher, nous portons maintenant plainte avec constitution de
partie civile auprès du doyen des juges d’instruction.
C'est tout aussi systématique, lorsque la police brutalise quelqu'un,
c’est elle qui s’empresse de porter plainte pour outrage, rébellion et
parfois violences, ce qui permet de couvrir les agents et qu'ils
s'octroient par la même occasion des vacances en jours d'ITT et parfois
des primes à la sortie des tribunaux qui les cajolent. En plus du refus
d'ouvrir une affaire concernant ma plainte, j'ai eu l'honneur de recevoir
une convocation à comparaître pour "violence aggravée et outrage" à mon
encontre, lors d'une quarantaine d'heures de garde-àvue « cadeau », fin
avril 2014, presque un an après les faits.
La GAV, c'est l'abolition de
l'espace et du temps, dans un cachot puant la merde, où il faut essayer de
dormir sous un projecteur et une caméra, sur un lit en pierre avec une
couverture dégueulasse, où l'on vous jette une mixture déjà vomie et des
brimades régulières comme seuls contacts humains. La police a failli me
tuer en me tabassant, la justice a classé ma plainte sans même ouvrir de
procédure et les deux m'accusent ensemble de « violences ». Selon le
Brigadier Anthony Capdecomme de la BAC, qui a joué un rôle de premier plan
dans cette affaire, je serais apparu, j'aurais crié "La BAC fils de pute,
bande de facho, allez niquer vos mères, allez vous faire enculer" puis
j'aurais sauté "les deux pieds en avant " sur le brigadier de la BAC
Stephane Lecoq, je me serais ensuite relevé et l'aurait frappé au visage,
tout ça sans motif et sans John Wu. De mon côté, je tiens à affirmer que
je ne traite jamais les mères, les putes et les homosexuels, c'est une
vieille conviction. Toutes leurs dépositions sont pleines de
contradictions. D'ailleurs le policier Lecoq, prix spécial au festival du
rire de Montréal, indique que Capdecomme s'est fait un lumbago et une
hernie dans le dos en me passant les menottes. Stéphane Normand, le
troisième policier qui témoigne contre moi, m'aurait arrêté en « me posant
la main sur l'épaule ». Ces trois-là doivent avoir une idée sur l'identité
de ceux qui m'ont défoncé contre les portes et les murs du commissariat.
Mais c'est bien moi qui serait jugé en février 2015. Et nous disons que
tout est dans l'ordre des choses. Le système a fonctionné normalement,
nous ne voulons pas le réformer, ni le réparer, ni l'améliorer, nous
disons qu'il faut en changer complètement et définitivement. Pendant que
l'armée massacre à l'extérieur au profit des capitalistes, la police mène
la guerre sociale à l'intérieur contre le peuple. Il existe une continuité
de pouvoirs et de profits entre les guerres de la bourgeoisie française en
Afghanistan, au Mali, ou en Centrafrique et celles qu'elle mène contre les
classes dominées en métropole, dans le cadre de la restructuration urbaine
notamment. Il n'y a pas de « bavures », l'Etat opprime et assassine les
pauvres méthodiquement, et en particulier les non-blancs. Il écrase de
manière encore plus insidieuse et invisible les femmes pauvres et encore
plus intensément les non-blanches. Il n'est pas une solution mais une
partie du problème. L'Etat est à l' émancipation des peuples, comme un SS
à Treblinka, un Para au Rwanda, Tzahal à Gaza.
Nous disons que cette pyramide où les riches et les puissants sont assis
sur le peuple en chaînes et lui font élire ses maîtres parmi des
bourreaux, devrait être remplacée par quelque chose d'autre. Il est
possible d’abolir tous types de relations sociales basées sur la
hiérarchie. On peut imaginer des formes de communes libres, autonomes et
solidaires où les peuples s'auto-organisent horizontalement, c'est-à-dire
sans chefs et sans rapports de domination, où ils partagent ensemble les
activités créatrices, les richesses et les décisions sur leurs propres
vies, où chacun.e peut s'émanciper dans l'entraide, la liberté et
l'égalité réelles et concrètes. On peut imaginer des assemblées de maison,
de quartier et de communes associées où toutes celles et ceux qui sont
concerné.e.s s'organisent et coopèrent ensemble. Il n'est pas difficile de
faire mieux que le désastre actuel mais pour cela il faut rompre
collectivement les structures qui le produisent.
Nous pouvons forcer les tribunaux à cesser de nous humilier en rendant des
non-lieux ou des sursis pour les policiers assassins. Non-lieu en octobre
2012 pour les policiers qui ont tué Ali Ziri, ce retraité décédé à la
suite d’une suffocation provoquée lors de son interpellation par la police
à Argenteuil. Non-lieu en décembre 2012 pour les policiers qui ont tué
Mohamed Boukrourou dans un fourgon à Valentigney en 2009. Non-lieu encore,
en octobre 2012, pour les meurtriers de Mahamadou Marega, décédé après
avoir été gazé et tazé 17 fois à Colombes en 2010. Enfin, non-lieu en
septembre 2012, dans le cas d’Abou Bakari Tandia, tombé dans le coma
pendant sa garde à vue, fin 2004, à Courbevoie. La cour d’appel de
Versailles a confirmé trois de ces ordonnances de non-lieu ces derniers
mois. Un non-lieu vient aussi d’être rendu dans l’affaire Lamine Dieng tué
dans un fourgon de police à Paris en juin 2007. Soutenons sans faille les
révoltes populaires et soyons présent.e.s massivement, déterminé.e.s et
offensi.ve.s dans et devant les tribunaux, pendant les marches et les
rassemblements contre la violence d’Etat et l’impunité judiciaire de la
police. Ce sont des bases pour nous rassembler et nous renforcer, nous
coordonner, mettre en commun nos stratégies, nos analyses et nos
pratiques. Car ce n’est pas un Tribunal mais bien la force et la volonté
collective de celles et ceux d’en bas qui peut changer nos conditions de
vie.
En mémoire de tou.te.s les victimes de la police, de la justice et de
l'Etat, en soutien à leurs familles, à leurs proches, et à tou.te.s les
réprimé.e.s, prisonnier.e.s et martyr.e.s de la guerre sociale, continuons
à nous auto-organiser sans rémission face toutes les formes de domination.
Coordonnons nos forces et formons des alliances dans l’intérêt des plus
dominé.e.s. De la solidarité entre les luttes contre toutes les formes
d'oppression, découlent les conditions de nos libérations respectives. La
révolution a déjà commencé en Afrique et se répand en criant « Ash-shaab
yurid isqat an-niddam ». « Le peuple veut la chute du système ».
Préparons-nous pour ne plus jamais revenir en arrière. Une société
d'émancipation est en train de naître aux croisements de nos luttes. Et
nous sommes capables de lui donner vie.
Avec tendresse et rage.
Mathieu Rigouste
Toulouse, le 22 juin 2014
Le docteur Michel Rongieres qui m'a opéré au service de traumatologie
certifie et décrit les lésions suivantes :
1-une fracture trans-scapho-peri-lunaire
au niveau de son poignet gauche.
2- Une contusion cheville droite.
3-Un traumatisme facial avec hématome de l'hemi-face droite.
4- Oedème peri-orbitaire.
5- Une plaie quasi-transfixiante de la lèvre inférieure.
Il a certifié que ces lésions entrainaient
-une incapacité temporaire totale de 60 jours
- une incapacité provisoire partielle de 8 jours,
« sous réserve de complications ».
Le médecin du service de Médecine légale (médecin légiste) à l'hôpital
Rangueil, Dr M. Minier, consulté à ma sortie de Purpan, le 24 juin 2013,
atteste : « aucun antécédent médical ne pouvant interférer avec les faits».
A l'examen clinique, elle note :
*extrémité céphalique :
-région temporale droite : lésion ecchymotique érythémateuse
ovalaire de 3 cm de diamètre,
- sur la paupière inférieure et supérieure de l'oeil droit :
visualisation d'hématome violacé, débutant à l'angle interne et se
terminant à l'angle externe avec présence d'une hémorragie
sous-conjonctivale dans le quadrant externe de l'oeil droit,
- pommette gauche : plaque parcheminée horizontale, rectangulaire,
mesurant 5 cm de long x 1,5 cm de haut,
- oreille gauche, sur l'ensemble du cartillage de l'oreille et sur
la face postérieure de celle‐ci : visualisation de multiples lésions
à type d'hématomes violacés,
- une perforation du tympan gauche,
- au cuir chevelu, en région occipitale gauche : lésion
ecchymotique érythémateuse de 5 cm de diamètre,
- lèvre branche supérieure droite de l'extrémité distale :
visualisation d'une plaie oblique vers le bas et la gauche sur laquelle
sont positionnés des points de suture. A noter une contusion de l'ensemble
de cette lèvre.
*membre supérieur gauche :
- le patient présente le bras en immobilisation par une attelle
thermoformée antérieure,
-visualisation d'un pansement sur la face dorsale du poignet et
de l'extrémité inférieure de l'avant-bras que nous ne retirons pas pour
les besoins de l'examen,
-présence d'un oedème diffus sur l'ensemble de la main.
*membre supérieur droit :
- en regard de la face dorsale du poignet : un liseré érosif,
croûteux, linéaire de 8 cm de long,
-sur la face dorsale de la main, en regard des têtes des
articulations des IVème, IIème et IIIème rayons de la main : visualisation
de lésions croûteuses infracentimétriques. Ces mêmes lésions sont
présentes en regard des articulations interphalangiennes proximales des
IIème, IIIème, IVème et Vème rayons.
*région dorsale :
- en région lombaire gauche, à 15 cm de la ligne médiane :
importante plaque érythémateuse avec des érosions croûteuses punctiformes
s'étendant sur une zone de 10 cm de diamètre, compatibles avec un
mécanisme de production par griffure.
*membre inférieur droit :
-présence d'un volumineux hématome en regard de la maléole interne
et externe, visualisation d'un hématomeérythémateux débutant
audessus du talon et s'étendant jusqu'au tiers moyen de la face
latérale latero externe du pied.
- sur le sur le tiers distal de la face externe de la jambe droite
: volumineux empattement avec présence d'un hématome verdâtre oblique vers
le bas et la gauche, mesurant 15 cm de long X 5 cm de haut,
--- la marche est réalisée avec des douleurs à l'appui. Le pied peut être
posé en totalité.
http://www.citizen-nantes.com/article-l-etat-m-a-tabasse-il-a-fait-son-travail-par-mathieu-rigouste-docteur-en-sciences-sociales-124010417.html

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Message  niouze le Jeu 10 Juil - 14:38

j'etait passé a coté de celui la ....

« Police. Garez-vous. On va s’expliquer » - Tabassage en règle d’un retraité
Publié le 8 mars 2014 |
Paris | violences policières
"Aidez-moi ! Aidez-moi !" Malgré ses appels au secours, Didier L. n’a pas obtenu de secours à temps.
Un retraité de 65 ans a porté plainte après avoir reçu, au début de février, une douzaine de violents coups de poing de la part d’un policier en civil lors d’un contrôle routier à Paris.
Didier L. explique n’avoir pas cru, dans un premier temps, que cet homme, «  très agressif  », selon lui, soit policier, et redémarre. Mais le motard, rejoint par d’autres fonctionnaires, le rattrape, passe le buste par la fenêtre, coupe le contact, saisit les clés et frappe fort : une dent cassée et six jours d’interruption temporaire totale de travail (ITT).
A l’appui de sa plainte déposée le 13 février, Didier L. a produit une vidéo, filmée d’un étage par un riverain.
* La vidéo ici *
Sur la fin de la vidéo, on entend un témoin dire : « Vous n’avez pas le droit de le tabasser comme ça !  » sur quoi le policier répond " Si je veux l’étrangler, je l’étrangle ".
Que fait la police ? Cherchez pas, le retraité a trouvé pour nous... .


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Message  niouze le Jeu 10 Juil - 14:52

et en belgique aussi .....

Une nouvelle bavure policière à la police de Bruxelles: des policiers auraient frappé à de multiples reprises un détenu menotté sur un lit d'hôpital qui avait été amené à l'hôpital Saint-Pierre. Deux agents de police ont été inculpés.
La scène a été filmée et transmise à la justice. Le parquet de Bruxelles a confirmé ce jeudi que 2 policiers avaient été inculpés pour "traitement inhumains par agent de la fonction publique". Ils ont été laissés en liberté. Mais ils sont suspendus de leurs fonctions.
Un troisième agent (une femme) n’est pas poursuivi, mais est aussi suspendu de ses fonctions.
RTBF  http://www.rtbf.be/info/belgique/detail_bavure-policiere-a-l-hopital-st-pierre-de-bruxelles?id=8311895

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Message  niouze le Mar 15 Juil - 20:25


Au tribunal pour un tir de flashball : que risquent vraiment les policiers ?
Camille Polloni | Journaliste la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 Journaliste-rue89

Joachim Gatti a perdu un œil le 8 juillet 2009, lors d’une manifestation contre l’expulsion du squat La Clinique à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Une balle en caoutchouc l’a atteint en plein visage. Il avait 34 ans à l’époque. Rue89 avait publié le témoignage de son père, le réalisateur Stéphane Gatti.
Après cinq ans d’enquête, la justice vient de trancher : trois policiers sont renvoyés devant un tribunal correctionnel. Le procureur avait réclamé les assises pour l’un d’entre eux, le non-lieu pour les autres. Ils iront donc au tribunal et encourent une peine maximale de dix ans de prison et 150 000 euros d’amende.
26 blessés, la plupart des hommes jeunes
Depuis 2005, 26 personnes ont été gravement blessées par un tir de flashball, selon le décompte le plus précis à ce jour, effectué par Mediapart (article payant). La plupart sont touchés au visage, treize d’entre eux ont perdu un œil. L’un d’entre eux est décédé, à Marseille.
Point commun entre toutes ces victimes : ce sont des hommes plutôt jeunes (à l’exception d’une fillette de 9 ans), dont huit mineurs. Ils vivent souvent dans des quartiers populaires de région parisienne : Les Mureaux (Yvelines), Clichy-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), Villiers-le-Bel (Val d’Oise), Villetaneuse (Seine-Saint-Denis), etc.
Deux procès, une seule condamnation
Les circonstances varient : échauffourées avec la police, manifestations étudiantes ou lycéennes, évacuation de squats, fêtes de rue, contrôle d’identité, match de foot...
Mais ce qui ne change pas, c’est que les policiers à l’origine de ces tirs sont très rarement inquiétés. A ce jour, seul deux dossiers ont abouti à un procès :

  • celui de Pierre Douillard, lycéen éborgné à Nantes en 2007 lors d’une manifestation contre la réforme LRU des universités. Au bout de cinq ans, le policier tireur a été relaxé. Si son geste est bien à l’origine de la blessure, sa responsabilité pénale ne saurait être engagée, selon le tribunal, puisqu’il a tiré à l’initiative de son chef, une « autorité légitime » dont l’ordre n’était pas « manifestement illégal » ;


  • celui d’un adolescent de 14 ans, blessé aux Mureaux (Yvelines) en 2005, lorsqu’un policier du commissariat, à la poursuite de jeunes cambrioleurs en fuite, appuie sur la détente de son flashball. Lors de son procès, le fonctionnaire explique que le coup est parti tout seul sous l’effet du stress, tout en reconnaissant ne pas avoir respecté les consignes de sécurité : le cran d’arrêt était désactivé. Le policier est condamné en 2011 à six mois de sursis et 186 000 euros de dommages et intérêts. Sa peine n’étant pas inscrite à son casier judiciaire, il peut continuer à exercer sa profession « dans un service de police judiciaire ». Il n’a pas fait appel.

7 900 euros de dédommagement
Les autres affaires se sont conclues par des classements sans suite ou des non-lieux, soit faute de pouvoir identifier avec certitude l’auteur des tirs, soit parce que la légitime défense des policiers a prévalu. Certains cas sont encore à l’instruction.
Une démarche inédite a eu plus de succès pour l’instant : Clément Alexandre, un jeune Rouennais blessé au visage par un tir de flashball lors de la Fête de la musique à Paris, en 2009, a engagé une procédure au tribunal administratif pour faire reconnaître la responsabilité de l’Etat. L’avocat Etienne Noël et un collectif, Face aux armes de la police, ont soutenu son initiative.
En décembre 2013, la préfecture de police a été condamnée à lui verser 7 900 euros pour réparer son préjudice :  mâchoire cassée, deux dents fêlées et des plaies à la joue. Avec ses 45 jours d’ITT, ça fait du 175 euros la journée.
http://rue89.nouvelobs.com/2014/07/15/tribunal-tir-flashball-risquent-vraiment-les-policiers-253719

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Message  niouze le Mer 16 Juil - 16:29

polices fascistes justice complice !!!!!



Un manifestant propalestinien condamné à quatre mois ferme pour rébellion

Ondine MILLOT 16 juillet 2014 à 12:44

la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 663405--Lors de la manifestation propalestinienne à Paris, dimanche 13 juillet. (Photo Kenzo Tribouillard. AFP)
À LA BARRE
Mohamed S., 23 ans, a été condamné suite à un contrôle de police musclé après la manifestation parisienne de dimanche.

Un moment, on a cru à une caricature, un mauvais film. La présidente du tribunal (blanche, la cinquantaine, fort accent bourgeois, coupe au carré) harangue le prévenu (jeune, arabe, des marques des coups infligés par la police encore sur le visage), lui coupant sans cesse la parole, lui reprochant chaque mot qu’il tente : «Vous dites que le contrôle d’identité était abusif, mais est-ce à vous d’en juger ? Vous n’êtes pas ici pour vous exprimer, mais pour répondre à mes questions.»
De l’entrée en matière, où elle se moque de son nom de famille, à la conclusion – une peine de quatre mois ferme avec mandat de dépôt (incarcération immédiate) pour avoir refusé un contrôle d’identité et s’être débattu – chaque minute de l’affligeante et courte scène qui s’est jouée mardi devant la 23e chambre du tribunal correctionnel de Paris faisait croire à une triste farce.
Un petit groupe de journalistes était venu, ce mardi après-midi, assister à l’audience des comparutions immédiates, pensant y retrouver peut-être quelques-uns des hommes placés en garde à vue suite aux affrontements devant la synagogue de la rue de la Roquette (1), pensant y glaner quelques clés pour comprendre ces violences.
Loi antiburqa
Mais le seul homme dans le box à avoir un rapport avec la manifestation propalestinienne de dimanche a été arrêté bien loin de la synagogue du XIe arrondissement, à la station de métro Barbès, et il n’a la clé de rien, pas même de son propre malheur. Le tort de Mohamed S., 23 ans, manutentionnaire, est d’avoir marché en compagnie de son petit frère et d’un autre ami, Renaud, qui tous deux avaient enroulé un keffieh autour leurs visages. Leurs traits étaient masqués, et c’est donc au nom de la «loi antiburqa» que trois policiers ont dit avoir arrêté leur véhicule à leur hauteur, et avoir voulu interpeller le petit frère de Mohamed. L’aîné a protesté : «Ils ne sont pas descendus de leur voiture en mode contrôle, tente-t-il de décrire à l’audience. Ils sont descendus en mode sauvage, ils nous ont poussés direct, à base de coups de pied et de poing, c’était pas un contrôle normal.»
La présidente l’interrompt à nouveau. «Et vous alors, vous étiez en mode comment en allant à cette manifestation ?» Mohamed essaie d’expliquer qu’il a participé au cordon de sécurité visant à séparer manifestants et gendarmes, que son rôle «était justement d’éviter les violences», rien n’y fait, seule la version policière intéresse la présidente. Lorsqu’il ose demander que l’on évoque les auditions de son petit frère et de son ami «blanc» Renaud, qui lui n’a pas été contrôlé, elle le coupe d’un ton sec : «Je lis les témoignages que je veux. On n’est pas à la cour d’assises ici.» La présidente parle de la djellaba que portait Mohamed dimanche en disant «accoutrement».
Contrôles au faciès
Absents à l’audience, les policiers ont déclaré sur procès-verbal que Mohamed était «agressif» et «vociférait». «Ce monsieur ne se laissait pas menotter, il se débattait sans cesse», ont-ils affirmé. L’un d’eux assure avoir reçu un coup de poing. Les constats faits par les médecins des urgences médicojudiciaires de Paris indiquent plutôt l’inverse : aucune trace de coups reçus et aucun jour d’ITT (incapacité totale de travail) pour le policier, un visage encore tuméfié et un jour d’ITT pour Mohamed. Il montre sa doudoune déchirée : «Ils m’ont plaqué au sol, ils m’ont étranglé. Ils m’ont dit: tu n’as rien à faire en France, si tu veux te battre pour la Palestine, va en Palestine.»
Dans les rares instants où il a pu aligner deux phrases, Mohamed a expliqué qu’il subissait environ un contrôle d’identité au faciès par semaine. Le procureur en profite pour rebondir et lui reprocher d’avoir osé protester. «S’il subit régulièrement des contrôles, il sait très bien comment ça peut se passer, et que ça peut déraper rapidement.» Il réclame cinq mois de prison ferme.
L’avocat de Mohamed, Nicolas Putman, retrace le parcours d’un jeune homme, ancien délinquant, condamné à un an de prison ferme pour avoir projeté un braquage, parfaitement réinséré et à la conduite exemplaire depuis sa libération il y a un an. A peine dehors, il a trouvé un emploi, et le patron le qualifie d'«employé modèle». «Les trois policiers ne s’en sont pris qu’aux personnes de type maghrébin, on a l’impression d’une bavure policière, au racisme latent, plaide l’avocat. Quand mon client vous dit qu’il est contrôlé toutes les semaines, ce qu’on peut surtout retenir, c’est que malgré ces humiliations répétées, c’est la première fois qu’il est arrêté pour rébellion.»
La présidente dit à Mohamed qu’il a la parole en dernier. Il se lève et ne dit rien. Il pleure.
(1) Quatre d’entre eux seront finalement jugés ultérieurement par le tribunal correctionnel pour violences volontaires sur personne dépositaire de l’autorité publique et rébellion, a-t-on appris mardi soir. Deux autres ont fait l’objet d’un rappel à la loi du délégué du procureur.
Ondine MILLOT 
http://www.liberation.fr/societe/2014/07/16/un-manifestant-propalestinien-consamne-a-quatre-mois-ferme-pour-rebellion_1064751

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Message  niouze le Dim 27 Juil - 14:37


10 mai 2014, une nouvelle personne blessée gravement suite à un tir policier au flashball

Le 10 mai 2014, aux abords du stade de la Beaujoire, à Nantes, juste avant la tenue du match de Ligue 1 de football Nantes/St-Etienne, Davy Graziotin, 34 ans, a été la victime d'un tir policier au "flashball".

Davy Graziotin est désormais en convalescence, après un mois d'hospitalisation à Nantes, puis à Bordeaux. Il a souffert d'un traumatisme crânien avec hémorragie interne, œdème cérébral modéré, fracture temporale gauche et désormais soumis à un traitement contre l'épilepsie. Davy souffre également de dysarthrie et de troubles aphasiques. Davy est en arrêt de travail jusqu'en septembre, sans pouvoir conduire un véhicule motorisé pendant un an avec des rendez-vous hebdomadaires en orthophonie et en kinésithérapie pour traiter des troubles de l'équilibre.

Davy Graziotin s'était déplacé au stade de la Beaujoire avec un groupe d'amis supporters du club de St-Etienne. En aucune manière il n'avait alors participé aux "échauffourés" entre supporters (voir : http://www.presseocean.fr/actualite/nantes-bagarres-avant-le-match-du-fc-nantes-7-interpellations-4-gardes-a-vue-11-05-2014-1 et http://www.foot01.com/equipe/nantes/une-baston-et-des-interpellations-avant-nantes-asse,143935) et c'est lorsque la situation s'était calmée et régulée par les forces de police qu'il a été l'objet d'un tir de flashball par un policier "en civil" à une distance de 4 ou 5 mètres.

Davy Graziotin a déposé plainte et l'IGPN a recueilli sa déposition.

Une fois de plus, les modalités du "maintien de l'ordre" à Nantes sont clairement en cause et le flashball ou LBD est encore une fois une arme manipulée en dehors des règles qui régissent son utilisation.

C'est dans ce contexte que le cas de Davy s'ajoute désormais à la longue liste des blessés nantais (Pierre, Emmanuel, Damien, Quentin, Davy) et plus largement à celle des nombreuses villes françaises.
(Voir la liste des victimes réactualisée)

http://27novembre2007.blogspot.fr/

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Message  niouze le Mer 30 Juil - 10:37


Essonne : un policier tue un homme, le maire évoque la légitime défense
Avec Florian Loisy à Montgeron (Essonne) | Publié le 29.07.2014, 22h37 | Mise à jour : 30.07.2014, 10h11
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Les policiers avaient été appelés en renfort rue du Moulin de Senlis à Montgeron (Essonne) après une plainte pour tapage nocturne. | LP/ FLORIAN LOISY
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Une enquête judiciaire a été ouverte mardi soir après le décès d’un homme, à Montgeron (Essonne), rue du Moulin de Senlis, à la suite d’un tir d’un policier, a confirmé la préfecture de l’Essonne.

Les faits se sont déroulés dans la soirée, vers 20 heures. Alertés par des riverains se plaignant d’un tapage nocturne dans le secteur, des policiers municipaux se rendent sur place.

Face à eux, ils trouvent des individus vindicatifs, en état d’ébriété. Ils appellent aussitôt des renforts de la police nationale.

«Le policier s'est senti menacé, il a tiré»


« Un des hommes avait une bouteille à la main, l’a brisée et s’est avancé alors qu’un policier venait de tomber à terre. Se sentant menacé, ce dernier a tiré»,  indique une source proche de l’enquête. L’homme est décédé sur le coup. Il s'agit d'un homme de nationalité roumaine âgé de 41 ans, atteint d'une balle en plein milieu du thorax.

« Il ne s'agit en aucun cas d'un dérapage ou d'une bavure policière, avance Thierry Mazé, secrétaire régional du syndicat de police Alliance. Il y a certes cette fin tragique, mais c'était une intervention délicate et dangereuse où les policiers sont tombés face à un homme déterminé. Même s'il faut rester extrêmement prudent puisqu'une enquête interne a été ouverte. »

Une enquête auprès de l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) pour déterminer les circonstances du décès a été ouverte par le Parquet.

Le maire dénonce « une zone de non-droit »


Contacté hier soir, le maire (UMP) de Montgeron, François Durovray, a fait part de ses « pensées pour le policier forcément affecté par ce drame, pour la victime, sa famille et ses proches ». « Ce lieu historique (NDLR : le Moulin-de-Senlis) me préoccupe depuis mon élection (NDLR : en mars). Et ce fait divers ne fait que renforcer mon souhait d'en reprendre la gestion. Le quartier est très tranquille, mais le Moulin est une zone de non-droit », estime-t-il.

Le Moulin de Senlis, un édifice érigé à partir du XVIe siècle en bordure de l’Yerres, est géré par une association en difficulté financière. Il abrite actuellement 24 familles dans des conditions aussi aléatoires sur le plan de la salubrité que du droit.

Sur France Info, le maire invoque lui aussi la légitime défense : «le policier national était à terre et a fait usage de son arme. Manifestement le policier était en état de légitime défense, il était  à terre... malheureusement l'homme a été touché au thorax et est décédé».
http://www.leparisien.fr/faits-divers/essonne-un-policier-tue-un-homme-a-montgeron-29-07-2014-4035531.php
tu tombe par terre t'es en etat de légitime défense !!!!!
sur que c'est une zone de non droit si on peut uter pour si peu !!!!!!

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Message  niouze le Jeu 31 Juil - 14:57

bouteille contre flingue la justice tranche

RÉCIT
Le policier qui a tué un Roumain mardi dans l’Essonne est sorti libre de garde à vue mercredi soir. Le parquet estime la légitime défense «vraisemblable».

http://www.liberation.fr/societe/2014/07/30/pourquoi-ne-pas-avoir-utilise-un-taser-ou-tire-dans-les-jambes_1073116

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Message  niouze le Mar 2 Sep - 7:08


Mort d’un Algérien expulsé : la police est gravement mise en cause
Abdelhak Goradia, Algérien de 51 ans, est mort d’« asphyxie » lors de son transfert vers l’aéroport de Roissy dans un fourgon de police, le 21 août. Ses proches affirment avoir vu des hématomes sur son visage. « Même à un animal, on ne fait pas ça ! » dit son neveu, alors que les policiers sont suspectés de mauvais traitements et que les associations s’indignent. Une information judiciaire a été ouverte.
Pourquoi Abdelhak Goradia, 51 ans, est-il mort lors de son transfert vers l’aéroport de Roissy dans un fourgon de police, jeudi 21 août ? Ce ressortissant algérien, sous le coup d’un arrêté ministériel d’expulsion, devait embarquer sur un vol pour l’Algérie jeudi à 21h15, à Roissy.
Une source policière a d’abord affirmé à l’AFP vendredi que l’homme, père d’un enfant français de six ans, était mort « d’une crise cardiaque ». « En arrivant à Roissy, les policiers se sont aperçus qu’il était en train de faire un malaise dans le fourgon et, malgré les secours prodigués, il est décédé », avait déclaré le policier. Mais dès le lendemain, un porte-parole du parquet de Bobigny, confirmant une information du Monde, indiquait que « selon les premiers résultats de l’autopsie, la mort avait été provoquée par une asphyxie due à une régurgitation gastrique ». Une information judiciaire pour homicide involontaire contre X… a été ouverte vendredi.
Contacté lundi, le parquet de Bobigny ne veut désormais plus communiquer et renvoie vers le cabinet du ministre de l’intérieur. Dans son communiqué envoyé vendredi, le ministre Bernard Cazeneuve indique simplement souhaiter « que l’enquête judiciaire permette de faire toute la lumière sur les circonstances de ce décès dramatique ».
Plusieurs proches de la victime, qui se sont rendus samedi à l’Institut médicolégal de Paris (XIIe arrondissement), affirment avoir constaté des hématomes sur son visage. Houari Goradia, l’un de ses neveux, décrit ainsi « un gros bleu au niveau du nez, un bleu sous l’œil gauche, des bosses et un creux au niveau du crâne ». « Nous étions derrière une vitre et il avait un linceul jusqu’aux oreilles qu’ils ont refusé de retirer », dit Houari Goradia, 37 ans, qui est apporteur d’affaires à Paris. Selon lui, la sœur et le frère de la victime, qui habitent en région parisienne, entendent se constituer partie civile.
Détenu depuis 2011 pour plusieurs escroqueries à la carte bancaire, Abdelhak Goradia faisait l’objet d’un arrêté ministériel d’expulsion, notifié le 12 août, au motif d’une « nécessité impérieuse pour la sécurité publique », selon son avocat. Le même jour, ce quinquagénaire avait été placé au centre de rétention de Vincennes, à sa sortie de la maison d’arrêt de Châteaudun. Il aurait déjà fait l’objet de deux tentatives d’expulsion, dont l’une le 16 août, auxquelles il s’était opposé. Selon son neveu, le commandant de bord avait refusé de l’embarquer le 12 août, car il était entravé aux mains et aux jambes.
Ce 21 août, Abdelhak Goradia n’était pas inscrit au tableau des départs, d’après des retenus du CRA de Vincennes joints par téléphone. « Ils lui ont dit qu’il avait une visite pour qu’il les suive », raconte Mouelhi Adnen, un Tunisien qui partageait la chambre de l’Algérien au sein du bâtiment 1 du CRA. « Il ne voulait pas partir car depuis la mort de ses parents, il n’avait plus personne en Algérie, toute sa famille vivait en France », dit Ivan Drajic, un retenu serbe au CRA de Vincennes. Arrivé sur le territoire en 1996, Abdelhak Goradia était le père d’un enfant né en France en 2008. Il était séparé de la mère.
Vers 19 heures, le jeudi soir, il a appelé son avocat et sa famille pour les prévenir qu’une escorte allait l’embarquer. Me Sohil Boudjellal a alors pu parler au chef d’escorte « qui m’a dit qu’il ne faisait qu’exécuter un ordre ». Puis le portable de l’Algérien n’a plus répondu. L’avocat et la famille n’ont plus eu de nouvelles jusqu’à ce qu’ils apprennent sa mort le lendemain matin, après avoir passé en vain plusieurs coups de fil en Algérie et au CRA de Vincennes.
« En sortant de la visite au premier étage (au-dessus de l’accueil du CRA, ndlr), un Chinois a entendu des cris, comme une bagarre, mais il n’a pas vu ce qui se passait », explique Ivan Drajic. Ce sont cinq fonctionnaires de la compagnie de transferts, d’escortes et de protection de la police (Cotep) qui auraient embarqué l’homme. « Comme il était assez virulent, les policiers de la Cotep se sont mis à quatre ou cinq pour l’entraver, explique Cédric Caste, du syndicat Unité Police SGP-FO pour la police aux frontières (PAF) de Roissy. Ils ont écarté une lame de rasoir. Ils ont protégé sa tête avec un casque de boxe et l’ont allongé dans le fourgon, entravé aux mains et aux pieds. »
D’après le syndicaliste policier, ce n’est qu’à l’arrivée à l’unité d’éloignement de l’aéroport de Roissy, à 19h45, que les policiers « se sont rendu compte qu’il était bleu ». « Les policiers de la PAF de Roissy ont essayé de le réanimer et ont appelé les secours qui l’ont entubé par le nez car il avait les voies obstruées. » D’après le ministère de l’intérieur, l’inspection générale de la police nationale était sur place « une heure après la constatation du décès ».
Dans un communiqué, l’Association service social familial migrants (ASSFAM) a souligné que la victime « n’avait jamais fait état de problèmes de santé depuis son arrivée au centre de rétention ». Me Boudjellal, l’avocat de la victime, n’a pas encore eu accès au rapport d’autopsie. « La version de départ est totalement contredite, remarque-t-il. Il n’est pas mort naturellement mais s’est étouffé devant les policiers ou sous l’effet de leurs contraintes. Ce qui suppose des convulsions et une mort atroce. » « Comment peut-on ne pas porter secours à quelqu’un qui s’asphyxie ? » s’interroge l’avocat. « Tout ce qu’on sait est qu’il n’est pas mort de mort naturelle, dit Houari Goradia. On sait comment ça se passe. On attache les pieds et les mains, on met une muselière sur la bouche, on emploie la manière forte… Même à un animal, on ne fait pas ça ! »
Deux décès remontant au début des années 2000
Abdelhak Goradia avait été condamné à plusieurs reprises pour des escroqueries à la carte bancaire. « Avec les récidives, il avait cumulé neuf ans de prison (du fait de la loi sur les peines planchers — ndlr), explique son avocat. Il a fait six ans, il avait travaillé et remboursé les parties civiles. » « Nous savions que la prétendue suppression de la “double peine” sous Sarkozy était une mauvaise plaisanterie et qu’elle reste en vigueur sous la présidence de Hollande », remarque le Réseau éducation sans frontières (RESF).
Un premier recours en référé-liberté avait été rejeté le 20 août par le tribunal administratif de Paris, qui avait estimé que son expulsion ne constituait pas une atteinte « manifestement grave » aux libertés fondamentales. Mais le juge administratif devait se prononcer le 28 août sur un autre recours, cette fois en référé-suspension. Il s’agissait de déterminer s’il était légal ou non d’expulser le père d’un enfant français. D’après son neveu, il était confiant : « On allait le voir tous les jours au CRA : il était en bonne santé, pas en colère, il pensait qu’il allait sortir. » Son avocat affirme avoir envoyé en vain trois fax le jeudi soir, au ministère de l’intérieur, à la direction du centre de rétention ainsi qu’à la préfecture de police chargée de l’escorte pour leur rappeler cette audience. Mais ce type de recours n’est pas suspensif en France.
Selon Cédric Caste, le dossier d’Abdelhak Goradia était « plus que sensible » et suivi de près par la direction centrale de la police aux frontières, le ministère de l’intérieur et la préfecture de police de Paris. « C’est la première fois en vingt ans que je vois un arrêté ministériel au motif d’une nécessité impérieuse de sécurité pour ce type de profil, remarque Me Boudjellal. D’habitude c’est utilisé pour des braqueurs ou des terroristes, pas des petits délinquants non violents. »
En France, les deux derniers cas de décès lors de reconduites remontent à plus d’une dizaine d’années. Ricardo Barrientos, un Argentin de 52 ans, était décédé en décembre 2002 à bord de l’avion qui le ramenait en Argentine, après avoir été maintenu plié en deux par les policiers sur son siège. Mariame Getu Hagos, un Éthiopien de 24 ans, était lui mort en janvier 2003 suite à l’utilisation de la même technique policière. Il avait passé vingt minutes maintenu de force le torse plié, la tête touchant les cuisses, et menotté dans un siège d’avion à la ceinture serrée.
la police s'étonne qu'on ne l'aime pas - Page 10 011
TÉLÉCHARGER LE MANUEL
À la suite de ces deux décès, un manuel, publié par Mediapart en 2009 (lire l’article et l’intégralité du manuel ici), avait été mis à disposition des 180 agents de l’unité nationale d’éloignement, de soutien et d’intervention (Unesi), rattachée à la direction centrale de la police aux frontières. Tout en exposant le cadre législatif des « éloignements », ce manuel vise surtout à délivrer des « conseils techniques utiles aux fonctionnaires » afin d’« escorter efficacement les reconduits aux frontières internationales ». Y sont répertoriés les moyens de coercition à leur disposition : les menottes textiles ou métalliques, les bandes velcro et la « ceinture d’immobilisation ».
« Toute forme de bâillonnement est strictement prohibée », précise le manuel, pour tenter de mettre fin à une pratique employée il y a quelques années. À l’aide de schémas et de photographies « en situation », les gestes visant à maintenir la personne expulsée sont explicités. Comme la « régulation phonique » qui consiste en un étranglement et dont l’objectif est de « déstabiliser physiquement » la personne, de « diminuer sa résistance » et de « diminuer ses capacités à crier ». Les risques sont listés : « détresse ventilatoire et/ou circulatoire », « défaillance de l’organisme » et « risque vital ».
Pour protester, une vingtaine des retenus du bâtiment 1 du CRA de Vincennes se sont mis en grève de la faim depuis vendredi. Ouvert en 1995, ce centre est l’un des plus importants de France avec 168 places réparties en trois ensembles. Dans un communiqué, ils réclament la possibilité pour des journalistes de « venir voir les conditions de vie dans le centre » (un accès promis par Manuel Valls en janvier 2014) ainsi qu’une punition pour « les acteurs des violences envers M. Goradia, car ils l’ont tabassé à mort ». « Une partie de la police est très agressive verbalement et fait des provocations, affirment-ils. Ils vont jusqu’à dire des insultes dans le micro. Ils hurlent et font des gestes obscènes. »
Leur presse (Louise Fessard, Mediapart, 26 août 2014)

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Message  ivo le Mer 24 Sep - 8:44

Sursis requis contre trois policiers après la mort d'un autiste à Marseille
Des « peines d'avertissement » de six à dix mois de prison avec sursis ont été requises, mercredi 23 septembre devant le tribunal correctionnel de Marseille, contre trois policiers jugés pour « homicide involontaire ». Le 20 septembre 2011 au matin, l'intervention de cet équipage de police secours s'était soldée par la mort de Serge Partouche, un autiste âgé de 49 ans, des suites d'un arrêt cardio-respiratoire.
L'expertise évoque la combinaison d'un étranglement par une clé de cou ayant provoqué la fracture des cartilages du larynx et d'une asphyxie consécutive au maintien au sol sur le ventre durant une dizaine de minutes avec compression thoracique
.
>>>
http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/09/23/sursis-requis-contre-trois-policiers-apres-la-mort-d-un-autiste_4493093_3224.html

meurtre inutile et légal .................................................................................................
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Message  niouze le Mar 30 Sep - 11:45



Raymond Gurême, 89 ans, rescapé des camps, victime de violences lors d’une intervention policière

29 septembre 2014



Après une intervention policière, le mardi 23 septembre 2014 sur son terrain et des terrains voisins appartenant à sa famille, Raymond Gurême, âgé de 89 ans, présente des marques de coups et des traumatismes physiques et psychologiques importants.Quatre membres de sa famille – deux de ses fils, un petit-fils et une petite-fille – qui se sont interposés ont également subi des violences, ont été placés en garde à vue et sont passés en comparution immédiate mercredi pour « outrage et rébellion » contre des policiers.
Si ce type de violences contre une personne âgée choque dans tous les cas, l’affaire prend un relief particulier étant donné le profil de la victime: Raymond Gurême est l’un des derniers survivants de l’internement des tsiganes et forains en France pendant la Seconde Guerre mondiale.
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Il a été interné arbitrairement à l’âge de 15 ans avec ses parents et ses huit frères et soeurs. Les coups, la faim, l’enfermement étaient alors infligés par l’administration et la police françaises. 
Pour survivre à cette police et à cette administration qui collaboraient avec l’Occupant nazi, le petit acrobate s’est échappé loin des siens. A de multiples reprises il a connu les camps allemands. Il a été résistant aussi. Puis il s’est tu pendant 70 ans. A eu de nombreux démêlés avec la justice et la police alors que l’internement, qui a brisé sa vie et celle des siens, restait tenu soigneusement à distance de la mémoire collective. 
A partir de 2011, avec la parution du livre « Interdit aux nomades » (Calmann-Lévy), que j’ai eu l’honneur d’écrire sur la base de son témoignage oral détaillé et précis sur ce parcours de vie traversant le 20ème siècle, il s’est réapproprié son histoire et a voulu la transmettre à ses descendants mais aussi aux tsiganes, aux voyageurs et aux gadjé. 
Il a pour cela parcouru la France inlassablement, de collège en studio de radio, de rassemblement de résistants en manifestations pour les droits des Roms et des voyageurs. Il a aussi été à l’étranger – le livre a été traduit en italien, en Belgique et cet été à Cracovie et à Auschwitz-Birkenau pour un rassemblement de centaines de jeunes Roms venus de toute l’Europe. 
Les violences qu’il a subies lors de cette opération policière en région parisienne ont donc immédiatement généré une page de soutien sur Facebook et un flot de commentaires indignés venus de France et du monde entier. Et ce aussi bien chez des voyageurs, que chez des Roms, des sédentaires, des historiens, des rescapés du génocide tsigane en Europe, des responsables associatifs, des artistes ou encore des professeurs, des collégiens, des lycéens devant lesquels Raymond témoigne régulièrement… 
Face à un tel émoi et à la violence du traitement qui a visiblement été infligé à M. Gurême, les Dépêches tsiganes sont restés prudentes, ne se contentant pas de reprendre des éléments fragmentaires sur Facebook et cherchant à recueillir en face à face le témoignage le plus exhaustif possible de Raymond et de membres de sa famille qui ont été témoins directs. C’est ce qui a été fait le vendredi 26 septembre sur le terrain familial sans que cela ne nous dispense de tenter d’obtenir, ultérieurement, le point de vue de la police et de la justice sur ces évènements et de faire état, très prochainement, d’une série de réactions.
Témoignage de Raymond Gurême:
« Il était autour de 15H30. Je me reposais dans ma camping. J’ai entendu crier. Je me lève pour voir ce qui se passe. C’est alors que la porte s’ouvre. Un flic entre chez moi, la matraque en l’air. Il avait la trentaine. Je ne l’avais jamais vu sur mon terrain. Il était baraqué, les cheveux blonds coupés en brosse et avait de grandes oreilles. Je n’étais pas très réveillé, c’était comme un cauchemar. Il me repousse vers le fond de la caravane. Je lui dis +pourquoi tu viens chez moi ?+ Il me répond pas. Je laisse pas tomber et le questionne encore: +t’as un mandat pour perquisitionner+. Il me dit: +on n’en a pas besoin, on n’est pas en Amérique ici+. Je lui dis: +moi non plus je suis pas en Amérique et ma caravane non plus alors sors de chez moi+. Il a crié +Ferme ta gueule+ plusieurs fois et puis c’est comme s’il avait pété les plombs, il a commencé à me taper dessus avec la matraque, une matraque en fer, télescopique. Ca faisait très mal et puis, comme j’ai que la peau sur les os, ça résonnait comme une grosse caisse. Il y a un policier plus âgé qui lui a crié +attention, vas-y doucement c’est un vieux !+, mais le jeune flic qui s’acharnait sur moi ne l’a pas écouté et l’autre a paru avoir peur et s’est mis en retrait. J’avais très mal partout mais le pire, c’est quand il a tapé sur l’arrière de l’épaule, presque derrière le cou. Ca m’a comme paralysé. C’est à ce moment là que ça m’a fait repenser… (la voix de Raymond Gurême se brise dans un début de sanglot vite étouffé par un raclement de gorge)…Ca m’a fait repenser au trajet de la gare de Brétigny au camp de Linas-Montlhéry (dans l’ancienne Seine-et-Oise, aujourd’hui en Essonne) que des policiers français nous ont forcés à faire à pied à coups de matraque et de crosse quand j’avais 15 ans – le 27 novembre 1940. J’ai revu le visage de mes parents et de mes frères et soeurs frappés comme moi, sans raison, par la police française. On en a pris tellement des coups ce jour-là ! On les comptait même plus. A la fin, tu ne sens plus rien tellement la douleur est forte.
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Et ça recommence, 74 ans après, alors que j’ai presque 90 ans, j’ai été frappé sans raison par un policier français. J’ai eu peur qu’il me tue dans ma caravane, cette caravane que j’ai installée face à la colline où nous avons souffert. Ce policier a aussi cassé des objets auxquels je tenais et a tout renversé dans ma camping. J’ai essayé de sortir de la caravane, de m’évader, comme je me suis nachave (« sauvé, enfui » en romanes) du camp. Quand je suis arrivé vers la porte, il m’a pris par le cou et la peau des reins et il m’a jeté du haut de la caravane vers le bas (la caravane de Raymond Gurême est situé en hauteur et trois marches servent à y accéder, le terrain familial étant ensuite en pente jusqu’au portail ndrl). Je partais pour m’écraser le nez par terre mais comme je suis acrobate depuis que je suis petit, j’ai donné un coup de rein et j’ai réussi à retomber sur les pieds. Le flic m’a regardé partir en vrille. Comme il a vu que je retombais sur les pieds, il est revenu il m’a retapé à l’extérieur et après, ils étaient à deux sur moi. J’ai reçu des coups de pied en plus des coups de matraque. C’est là que certains de mes enfants (Raymond Gurême a eu 15 enfants et un total de 250 descendants) ont cherché à me défendre. Mais un tas de policiers leur sont tombés dessus et ne leur ont laissé aucune chance. Ils étaient déchaînés. Moi je me suis mis dans la maison (qui est au centre du terrain et dans laquelle se trouve notamment la cuisine collective et la pièce où dormait la femme de Raymond avant son décès, en 2011). Les flics ont même fouillé la pièce qui est à la mémoire de Pauline. Ils ne respectent même pas nos morts. Ils ont tapé sur tout le monde, même des femmes, qu’ils ont traitées de +salopes+ et +d’ordures+. Avant de partir comme on était sur le pas de la porte, ils ont commencé à lancer des gaz lacrymogènes. Ils m’en ont mis en pleine figure, plein les yeux. Je ne pouvais plus respirer. Mais heureusement au moins le vent était avec nous car il leur en a renvoyé aussi. Quand j’ai pu aller vers le portail, j’ai demandé à une femme policier qui est la supérieure de tout ce monde-là si elle avait vu dans quel état m’avaient mis ses hommes. Je lui ai demandé aussi de les calmer pour qu’ils arrêtent de frapper mes enfants. Elle n’a rien fait et elle m’a dit alors qu’elle n’était pas sur place quand j’ai été tabassé +on ne vous a pas frappé, on vous a juste un peu molesté+. Mes enfants ont été embarqués et condamnés alors qu’ils n’ont fait que me défendre. Ca pour moi c’est inacceptable.
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J’ai la couenne dure mais le premier soir j’avais tellement mal partout que je n’ai pas pu enlever mes habits pour dormir et m’allonger. Je suis resté sur une chaise toute la nuit. J’ai encore du mal à bouger plusieurs jours après et surtout à tourner la tête. J’ai aussi les boyaux qui me font mal. Et puis c’est comme si je perdais l’équilibre par moment. J’avais jamais eu ça avant. J’ai été chez mon docteur qui m’a fait un  certificat médical. Je suis allé porter plainte à la gendarmerie d’Egly, où ils ont été très gentils mais ils m’ont demandé de laisser l’original du certificat médical en me disant qu’ils me le ramèneraient En tout cas je veux porter plainte et que ces policiers soient punis pour ce qu’ils m’ont fait. Il faut que ça cesse. Depuis que j’ai 15 ans, j’ai des képis sur le dos. J’ai presque 90 ans, je voudrais pouvoir vivre tranquillement sur mon terrain et que la police me laisse en paix ».
Témoignage de l’un des fils de Raymond Gurême qui a tenté de le défendre et présente aussi des traces de coups, notamment une blessure proche du cou et une large ecchymose à la cuisse. La vitre de sa caravane a été brisée et elle présente de nombreuses traces de coups également à la suite de l’intervention policière:
« Quand les flics sont arrivés, mon père dormait dans sa camping. Ils étaient nombreux, plusieurs dizaines et nous ont dit qu’ils cherchaient un jeune de chez nous, qui a autour de 13 ans, et qui n’habite pas sur ce terrain mais beaucoup plus haut. Ca n’avait donc rien à voir avec nous et encore moins avec mon père. Mais les flics fouillaient tout le secteur. L’un d’entre eux est monté en haut du terrain de mon père, jusqu’à ma camping. Heureusement mes gamines n’étaient pas là mais à l’école. Je lui ai dit: +tu cherches quoi+. Il me dit +ça te regarde pas+. Pour ne pas lui chercher chicane à lui, je suis allé voir un autre flic qui est monté et qui était plus calme. L’autre est alors redescendu vers la camping de mon père comme un enragé. Fallait pas qu’ils repartent au commissariat sans personne, alors ils ont provoqué pour pas repartir bredouille. Ils savaient qu’en s’attaquant au père, on réagirait. J’ai essayé de le défendre mon père. L’un de mes frères est venu avec et un de mes neveux, puis après une gamine de 18 ans de chez nous mais on a eu tout de suite trois ou quatre flics chacun qui nous ont sauté dessus. On s’est pris des coups, on a été plaqués au sol et puis traînés jusqu’au camion de police. La mère de la jeune a essayé de la défendre mais elle s’est fait embarquer aussi. Ma femme qui est enceinte, ils l’ont tapée aussi et c’est elle qui a dû protéger son ventre. Sinon…On a été placés en garde à vue pour +outrage et rébellion+. Avant de nous embarquer, les flics nous ont dit pour nous narguer +ça fait 4-0, quatre pour nous et zéro pour vous+. Ils marchent par but. Ils croient que c’est un match de foot. C’est abuser. Moi j’ai eu bonne conduite quand j’ai fait l’armée, je cherche de chicane à personne mais j’ai déjà trois condamnations pour +outrage et rébellion+ et à chaque fois c’est ici sur notre terrain et la plupart du temps avec les mêmes flics. C’est pas à Brétigny ou à Paris que je suis supposé +agresser+ les policiers. C’est eux qui nous maravent (frapper en romanès ndrl). Je lui ai dit à la juge parce que dès le mercredi, on nous a fait passer en comparution immédiate. J’aurais dû reculer l’audience, j’ai pas eu le temps de réfléchir mais je voulais pas aller en cabane. Moi je sais pas bien lire et écrire, mon frère pas du tout et sur nos deux papiers de comparution, il y a des trucs dont on nous a jamais parlé (une mention « ne souhaite pas d’avocat » et « ne souhaite pas consulter le dossier » ajoutée à la main ndrl). On n’avait pas d’avocat quand l’audience a commencé. C’est mon père qui a été demander un avocat commis d’office. Il a été très bien d’ailleurs. Surtout qu’il y avait un tas de flics en face pour témoigner contre nous. Moi c’est toujours les mêmes noms de flics qui sont à l’origine de mes trois condamnations. Alors elle est où la justice ? Mercredi, j’ai été condamné à plus de 100 heures de travail (d’intérêt général) et à des amendes pour les insultes que j’ai lancées aux policiers mais ils nous ont insultés aussi et mon père a été frappé ! Et dans quel état ils l’ont mis ! Comment je vais faire pour payer les amendes alors que j’ai déjà du mal à m’en sortir ? Il va falloir faire quoi ? Voler pour payer tout ça ? Franchement, c’est à ça qu’on veut nous pousser non ?
Je suis très en colère, surtout pour ce qui s’est passé avec mon père. J’ai des insomnies. Je vais faire appel de ma condamnation. +Outrage et rébellion+, c’est déjà avec ça que mon père a été envoyé en cabane. »
Une des filles de Raymond:
« C’est un flic de 29 ans qui a frappé mon père de 89 ans. Il faut vraiment être une crapule pour taper sur des personnes âgées. A 29 ans, c’est courageux de matraquer un homme de 89 ans ! Quand j’ai trouvé mon père dans cet état, j’ai dit au flic qui l’avait frappé +t’as pas honte ?+. Il m’a rigolé en pleine figure. Mon père a été interné, déporté, résistant. Il en a déjà assez vu, la police pourrait peut-être le laisser tranquille non ? Et mes frères, vous croyez que c’est juste qu’ils soient embarqués et condamnés. N’importe qui se serait énervé de voir traiter son père comme ça ». 
 
Un autre fils de Raymond, qui a aussi cherché à le défendre et a été placé en garde à vue et condamné pour « outrage et rébellion. »
« Une fois qu’il y aura plus mon père, on va casquer encore plus avec la police. Ca va jamais finir. »
Fait chevalier des Arts et Lettres par l’ancien ministre de la Culture Frédéric Mitterrand, Raymond Gurême a gardé sa gouaille et son franc-parler. 
Les signes de solidarité et de soutien après ces violences ont été à la mesure de l’émotion et de l’affection qu’il suscite dans des cercles très divers depuis plusieurs années. Cette mobilisation lui permet de surmonter l’état de choc physique et psychologique dans lesquels les violences qu’ils a subies l’ont plongé. Et d’avoir la force de suivre le chemin fastidieux mais essentiel des plaintes en justice – auprès de la police des polices et du défenseur des droits.
Certains – y compris chez les voyageurs ou dans certains cercles du pouvoir – trouvent pourtant que Raymond Gurême a « mauvaise réputation » puisque lui ou des membres de sa famille ont souvent maille à partir avec la police. 
Ce qui donne l’envie de leur fredonner du Brassens « Au village, sans prétention, J’ai mauvaise réputation…Que je me démène ou que je reste coi, Je pass’ pour un je-ne-sais-quoi. Je ne fais pourtant de tort à personne, En suivant mon ch’min de petit bonhomme ; Mais les brav’s gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…
Et de leur rappeler que cet argument de la « mauvaise réputation » a été employés par les Nazis pendant la Seconde guerre mondiale pour maintenir internée pendant des années la famille Gurême, qui avait des carnets forains et n’aurait jamais dû être raflée par l’administration française, l’ordre d’internement ne concernant normalement que la catégorie administrative des « nomades ».
A l’heure où nous diffusons cet article sur le site des  Dépêches Tsiganes, nous apprenons qu’une voiture de la BAC (brigade anti-criminalité) dans laquelle se trouve le policier qui a frappé Raymond vient de passer à vitesse ralentie devant son terrain…..
Isabelle Ligner
http://www.depechestsiganes.fr/raymond-gureme-89-ans-rescape-des-camps-victime-de-violences-lors-dune-intervention-policiere/

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Message  ivo le Mar 14 Oct - 11:08

Marseille : un policier jugé pour un tir mortel de flash-ball
Un policier marseillais comparaît mardi devant le tribunal correctionnel de Marseille pour un tir mortel de flash-ball. Le premier en France depuis l’apparition de cette arme parfois controversée.
>>>
http://www.metronews.fr/marseille/un-policier-juge-a-marseille-pour-un-tir-mortel-de-flash-ball/mnjn!Yq7wK9C1vzIlQ/
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Message  niouze le Ven 24 Oct - 20:13



Le Jeudi 23 octobre 2014 à 19:49
Un policier de la BAC arrache son téléphone à Montpellier journal
Lors de l’expulsion mouvementée du squat Utopia 001, avenue de Lodève à Montpellier, ce matin, le fonctionnaire de la Brigade anti-criminalité (sic) a empêché Montpellier journal de faire son travail : filmer les brutalités policières. Sa photo ci-dessous et la vidéo de la scène plus bas.
Par Lucie Lecherbonnier







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Message  niouze le Mar 28 Oct - 19:26


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Message  niouze le Sam 1 Nov - 17:35


Mathieu Rigouste : « La mort de Rémi n’est pas une bavure, c’est un meurtre d’Etat »
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À la une | En Aparté avec | Société | par Paul Conge | le 30 octobre 2014

Mathieu Rigouste, militant, chercheur en sciences sociales, travaille à disloquer les mécanismes de domination. Dans La Domination policière (2013), il avance que « la violence policière est rationnellement produite et régulée par l’Etat ». Selon lui, les zadistes du Testet sont face à une « contre-insurrection policière », qui peut dériver en « guerre de basse intensité ». Il distille une lecture iconoclaste des événements qui ont conduit à la mort de Rémi Fraisse. Entretien.

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Des gendarmes au Testet © Metronews
 

Aparté.com : Place du Capitole, lors du premier hommage à Rémi Fraisse, on lisait « la police assassine » sur une banderole. Comment caractérisez-vous la mort de Rémi Fraisse ?

Mathieu Rigouste : Cette banderole disait « Zied et Bouna (27 oct 2005), Timothée Lake (17 oct 2014), Rémi Fraisse (26 oct 2014), RIP, La police assassine, Ni oubli ni pardon !». Parce que ce 27 octobre, c’était l’anniversaire de la mort de Zied et Bouna à Clichy-sous-Bois en fuyant la police, qui déclencha la grande révolte des quartiers populaires de 2005. Parce qu’une semaine avant le meurtre de Rémi, le 17 octobre, c’est Thimothée Lake qui a été tué par la BAC à St-Cyprien (Toulouse), dans une supérette et dans l’indifférence quasi-générale.

« La police distribue la férocité des classes dominantes »

C’était exactement 53 ans après le massacre policier du 17 octobre 1961, durant lequel la police parisienne tua plusieurs dizaines d’Algériens en lutte pour la libération de leur peuple. La propagande de l’Etat et des médias dominants produisent une histoire « nationale » et officielle qui permet de légitimer le fonctionnement de cette violence industrielle.
Dans le cas de Rémi, La Dépêche du midi a ouvert le bal des mythomanes en publiant cette histoire de corps retrouvé dans la forêt, laissant planer l’idée que la police n’avait rien à voir là-dedans, voire même qu’elle l’avait recueilli. Mais nous pouvons démontrer collectivement, par la contre-enquête populaire et des contre-médias auto-organisés que la police assassine régulièrement, que sa violence est systémique, systématique et portée par des structures politiques, économiques et sociales. La police distribue la férocité des classes dominantes.
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© Pascal Pavani / AFP
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La mort de Rémi constitue-t-elle un événement isolé, ou trahit-elle une logique plus générale de la violence policière ?

Il faut replacer le meurtre de Rémi dans une histoire longue où la police apparaît très clairement pour ce qu’elle est : un appareil d’Etat chargé de maintenir l’ordre économique, politique et social (capitaliste, raciste et patriarcal) par l’usage de la violence.

« Face aux ZAD, les polices occidentales expérimentent de nouveaux dispositifs de contre-insurrection »

La police sait reconnaître ses maîtres, et distribue différents degrés et formes de violence selon la classe, la race et le genre des personnes qu’elle contrôle. Elle a ainsi toujours brutalisé, mutilé et tué certaines parties de la « population » de la ville capitaliste (misérables, marginaux, prostituées…). Elle entretient, dans toutes les puissances impérialistes, un rapport particulier avec les quartiers et les classes populaires les plus pauvres, avec les parties du prolétariat les plus ségréguées et les plus exploitées, généralement issues de l’immigration et de la colonisation. Elle est chargée de dominer, bannir et soumettre les couches sociales qui auraient le plus intérêt à se débarrasser de ce système parce qu’elles en bénéficient le moins.

« La police tue entre 10 et 15 habitants des quartiers populaires par an en moyenne »

La police tue ainsi entre 10 et 15 habitants des quartiers populaires par an en moyenne. Avec la prison et le système de harcèlement et d’occupation policière de la rue, il s’agit d’une véritable entreprise de « nettoyage social » et d’écrasement de toutes formes d’autonomie populaire.
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Parallèlement, depuis le début du XXe siècle, la gestion policière des « mouvements sociaux » avait tendance à réduire au maximum les risques de tuer les strates supérieures des classes populaires, les aristocraties ouvrières, les classes moyennes  et les petites-bourgeoisies précarisées et radicalisées.
Le meurtre policier de « militants » reste jusqu’aujourd’hui exceptionnel face à l’industrie des meurtres policiers des non-blancs pauvres. Mais les figures de Carlos Giuliani tué par la police à Gênes en 2001 et d’Alexis Grigoropoulos, tué à Athènes en 2008, montrent que l’assassinat policier de « militants » tend à se développer à mesure que la restructuration néolibérale et sécuritaire du capitalisme opère.
Comme tous les crimes policiers dans les quartiers, le meurtre de Rémi n’est pas une « bavure », pas un dysfonctionnement, mais bien le produit de mécaniques instituées, de formations rationnelles, de tactiques et de stratégies légitimées et justifiées du haut de l’appareil d’Etat jusque dans les gestes des exécutants policiers, c’est un meurtre d’Etat, prémédité par la mise en oeuvre des structures qui l’ont rendu possible, un assassinat.
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À l’entrée de la ZAD du Testet, camions de CRS et de gendarmes © Paul Conge
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Au Testet, CRS et gendarmes sont quasi-omniprésents. Comment comprenez-vous le rôle de la police sur le site du barrage de Sivens ?

La police applique des tactiques et des stratégies établies à l’intersection des pouvoirs politiques, économiques et sociaux. Tant que les industriels et les gouvernants qui investissent dans ce projet de barrage considèrent que « ça vaut le coût » de continuer, malgré la diversification et la montée en puissance des résistances collectives, la police augmente l’intensité répressive.

« Les polices occidentales sont capables de passer instantanément de la répression policière à la guerre de basse intensité »

Face aux ZAD et à leurs formes de reterritorialisations des luttes urbaines et rurales,, les polices occidentales expérimentent aussi de nouveaux dispositifs de contre-insurrection hybrides et modulables, c’est-à-dire où la dimension militaro-policière du quadrillage, de l’enfermement et de la provocation est centrée sur un théâtre d’opération rural et forestier mais est aussi capable de passer rapidement voire simultanément en mode « Azur » (action en zone urbaine). Capable de passer instantanément du « maintien de l’ordre » au « contrôle des foules », de la répression policière à la guerre de basse intensité.
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Un hélicoptère de CRS survole le Testet, peu après que des grenades lacrymogènes aient éclaté © Paul Conge
C’est l’occasion d’expérimenter ces dispositifs mais aussi de les mettre « en valeur » médiatiquement, c’est-à-dire de faire d’une expérience de répression, la vitrine d’une « excellence » du « savoir-faire français » en direction du marché international de la sécurité et du maintien de l’ordre. L’hybridité des doctrines, des matériels et des personnels constitue une valeur ajoutée très forte sur le marché de la défense et de la sécurité.

« Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste »

La contre-insurrection repose aussi sur des méthodes d’action psychologique, parmi lesquelles des protocoles visant à diviser les résistances en désignant des « ennemis intérieurs » dont il faudrait se méfier voire purger. En l’occurrence, la figure des « casseurs » et des « violents » (« le braqueur furieux » dans le cas de Timothée Lake) permet de diaboliser les actions directes non conventionnelles, de masquer la violence structurelle du pouvoir et de promouvoir face à cela des mobilisations inoffensives et facilement gérables.
Les doctrines de contre-insurrection appellent ce mécanisme « schismo-genèse » : développer un schisme, une séparation dans la « population » résistante. Cette forme d’« action psychologique » rénovée repose sur l’existence de caisses de résonance pour cette propagande dans les médias dominants et parmi les appareils politiques et syndicaux supplétifs.
Au Testet comme dans les quartiers populaires, la police est chargée de soumettre tout ce qui résiste à l’expansion du système impérialiste. Elle doit balayer tout ce qui gène le mouvement de conquêtes ainsi que les programmes de déplacements et de dépossession des territoires et de leurs habitant.e.s, que le capitalisme met en oeuvre pour se restructurer.

Propos recueillis par Paul Conge

Tags: barrage, la dépêche du midi, mathieu rigouste, rémi fraisse, sivens, testet, violence d'Etat, ZAD



http://www.aparté.com/2014/10/mathieu-rigouste-mort-remi-nest-pas-bavure-cest-meurtre-detat/

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Message  niouze le Sam 1 Nov - 18:20


Tir de flashball à Blois : un jeune homme perd un œil
Publié le 31 octobre 2014 | Mise à jour le 1er novembre
Blois |
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Lors d’affrontements avec la police dans une ZUP le 30 octobre au soir, un blésois a reçu un tir de flashball dans l’œil, qu’il a perdu. La nouvelle a été suivie par un large déploiement policier dans le quartier et quelques manifestations de la colère des habitants. Quelques rappels sur le systématisme des violences policières envers les habitants des quartiers populaires.

http://larotative.info/tir-de-flashball-a-blois-un-jeune.html

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Message  niouze le Lun 3 Nov - 10:38


Lettre ouverte à la mère de Rémi
Publié le 3 novembre 2014 |
Meurtres de la police
La lettre qui suit est adressée par Farid El Yamni, frère de Wissam - assassiné par la police le 1er janvier 2012 - à la mère de Rémi Fraisse. Il a voulu qu’elle soit rendue publique, mais elle sera également envoyée dés que possible à l’adresse des parents de Rémi Fraisse.
À l’heure où sur Paris on condamne les manifestations violentes et où on loue les sit-in pacifiques, je vous écris cette lettre.
J’ai perdu mon frère dans des conditions très proches de celles dans lesquelles vous avez perdu votre fils. Mon frère qui prenait tant soin de ma mère nous a quitté, il ne reviendra plus. La perte de mon frère était sur le coup une douleur immense que je ressens à chaque fois que l’État assassine à nouveau. « Là où croît le danger croît aussi ce qui sauve » disait quelqu’un. À chaque fois que l’État assassine on a aussi l’opportunité de l’arrêter, de le contraindre à changer et de rendre la dignité perdue à tous les autres.
Par la mort de Rémi se noue beaucoup plus que l’histoire d’une vie, il se noue notre vie à tous, individuellement et collectivement. La criminalisation qui a été opérée est terrible, ça a été la même chose pour nous. J’ai compris plus tard qu’elle était voulue. Je ne voulais qu’une chose, que la Justice fasse la vérité et rende la dignité que méritait mon frère, dans le calme, et que cette histoire profite à tous, à nous les gouvernés pour mieux nous aimer et à la police pour la réconcilier avec la nation. Je pensais que la police ne pouvait accepter dans ses rangs des assassins, je ne la connaissais à l’époque pas assez. Je me trompais. Les quartiers ont brûlé, on a appelé au calme : chaque voiture ou chaque poubelle brûlée était vécue comme une insulte, comme une épine en plein cœur, une épine sur laquelle on appuyait.
Puis le temps est passé, on nous a promis la vérité, mais on n’a eu que des mensonges, que des fausses promesses, comme tant d’autres avant nous. On nous avait prévenu, mais on n’y croyait pas. François Hollande, lui-même, avait pris ma mère dans ses bras et lui avait promis qu’il nous aiderait à faire la lumière sur la mort de son fils. Sans la justice et la vérité, on vivait le temps qui passait comme une condamnation. Nous étions toujours en prison, à suffoquer et à appeler la Justice à l’aide.
Et puis on a compris que notre cas n’était pas isolé, que tant d’autres familles vivaient et vivent la même chose. Il y a tant d’humiliations et de mutilations commises consciemment par la police et couvertes par la justice, tant !
On a aussi découvert la manière de penser des policiers, ça fait froid dans le dos. Voici un exemple : Mercredi dernier, suite à la manifestation sur Paris, un des policiers m’a dit « 1-0 » devant ses autres collègues au commissariat, qui ricanaient lorsqu’ils me voyaient arborer le tee-shirt « Urgence Notre Police Assassine ». Aucun ne l’a repris, aucun… Des exemples de ce genre, tant de français en vivent quotidiennement, ils n’en peuvent plus de cette police et n’en voient pas le bout.
Je comprends l’appel au calme, on l’a également fait. Comprenez également que de nombreuses personnes ne croient plus en ce système qui donne une impunité de facto à la police. Comprenez que l’on ne peut concevoir la non-violence qu’à condition de supposer que le camp d’en face est capable de se remettre en cause : ils en sont humainement incapables, parce qu’ils considèrent que remettre en cause la police, ce serait remettre en cause l’État. Depuis 40 ans, la police tue impunément, à répétition. Depuis 40 ans, on assiste à la même démarche pour noyer les meurtres de l’État, malgré les vidéos, les témoins, les évidences. Depuis 40 ans, il y a des sit-in, des manifestations, des livres, des prises de positions d’hommes politiques, des tribunes adressées au ministre de l’intérieur. Depuis 40 ans, ça ne fonctionne pas.
Voici comment ça se passe : dépêche AFP, mensonge du procureur, enquête de mauvaise qualité et tronquée pour aboutir sur une condamnation ridicule après de nombreuses années, voire à une absence de condamnation. Le pire, c’est que ceux qui vont enterrer l’affaire auront des promotions et ceux qui ont tué nos frères, nos fils ou amis, eux seront traités comme des champions par leurs collègues. Telle est la réalité que vous vivrez vous aussi.
Manuel Valls dit que les violences sont des insultes à la mémoire de Rémi, mais sachez que Manuel Valls, par son inaction à combattre l’impunité policière, est le premier meurtrier de votre fils. C’est un criminel récidiviste. Il est venu à Clermont-Ferrand une semaine avant le rendu du rapport de contre-autopsie bidon dont il connaissait les aboutissants, et il n’a parlé de l’affaire que pour mieux condamner les violences de ceux que la mise à mort de mon frère révoltait.
Madame, les gens se battent pour Rémi, pour leur dignité et pour leurs idéaux. Ils se battent pour vous, pour nous tous, pour que la fraternité soit effective. Ceux qui se battent connaissent assez la malveillance de nos gouvernants pour comprendre qu’on tente de nous fait croire que nous sommes dans un État de droit, alors que nous sommes dans un État de devoir. L’État ne respecte pas la loi qu’il demande qu’on respecte. Il se joue de notre corps, de notre confiance, de notre argent et de notre dignité. Il nous demande d’être à genoux, c’est un impératif catégorique.
Je vous ai écris cette lettre à vous comme à tous ceux qui me liront pour vous faire savoir que je comprends aujourd’hui plus que jamais combien la non violence dans les affaires de crimes d’État a ses limites. La non-violence, par son impuissance, est parfois plus condamnable, plus meurtrière que la violence elle même. Les gens qui nous gouvernent sont malveillants, arrivistes, sadiques et récidivistes. Ils doivent partir par tous les moyens nécessaires.
Farid El Yamni, frère de Wissam El Yamni, assassiné par la police le 1er janvier 2012 à Clermont Ferrand.

https://paris-luttes.info/lettre-ouverte-a-la-mere-de-remi

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Message  ivo le Mer 5 Nov - 8:58

Prison avec sursis pour trois policiers qui avaient tué un autiste
Le tribunal correctionnel de Marseille a reconnu la culpabilité des agents qui avaient étouffé Serge Partouche à Marseille lors de son interpellation.
L’audience n’avait laissé guère de doute. Mal formés ou peu rigoureux, les trois policiers, âgés de 26 à 33 ans, qui avaient tué Serge Partouche, 48 ans, en tentant de l’interpeller, le 19 septembre 2011, ont été reconnus coupables d’homicide involontaire. Ils écopent de six mois de prison avec sursis.
>>>
http://www.liberation.fr/societe/2014/11/04/prison-avec-sursis-pour-trois-policiers-qui-avaient-tue-un-autiste_1136019?xtor=rss-450

Sursis pour les policiers, solitude pour les parents
>>>
http://marseille.blogs.liberation.fr/henry/2014/11/sursis-pour-les-policiers-solitude-pour-les-parents.html

volez une pomme vous prendrez 3 fois plus ....
lui, remi fraisse, etc ...
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Message  ivo le Ven 7 Nov - 9:43

Viol présumé au "36" : des photos et des vidéos effacées par les policiers
L'homme mis en cause est alors au 36 quai des Orfèvres en compagnie de la Canadienne. Il envoie un message à son collègue : "C'est une partouzeuse. Dépêche !". Quelques minutes plus tard, le collègue arrive au siège de la police judiciaire. Il enregistre alors une vidéo qui est effacée, elle aussi, dès le lendemain.
l'ADN de deux d'entre eux avait été retrouvé sur les sous-vêtements de la jeune femme.
>>>
http://www.franceinfo.fr/actu/justice/article/viol-presume-au-36-des-photos-et-des-videos-effacees-par-les-policiers-597167

....
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Message  niouze le Ven 7 Nov - 13:44


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Message  niouze le Ven 7 Nov - 20:38


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Message  niouze le Dim 9 Nov - 23:39


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Message  ivo le Lun 10 Nov - 10:39

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Intouchables gendarmes
http://www.liberation.fr/chroniques/2014/11/07/intouchables-gendarmes_1138764
«Je n’accepterai pas la mise en cause des policiers et des gendarmes, qui ont compté de nombreux blessés dans leurs rangs.» Ainsi s’est exprimé le Premier ministre, Manuel Valls, devant l’Assemblée nationale, un jour et demi après l’annonce du décès d’un manifestant, Rémi Fraisse, sur le site du barrage contesté de Sivens, dans le Tarn. Au moment où il prononçait ces mots, on ignorait encore, dans l’Hémicycle, ce que le juge d’instruction d’Albi allait annoncer deux heures plus tard : la mort du jeune homme semble avoir été causée par une grenade offensive lancée par un gendarme. Mais qu’importe : pour le Premier ministre, le dossier de la responsabilité des fonctionnaires, impliqués dans le drame, semblait pouvoir d’ores et déjà être refermé. Car quoiqu’il ait pu se passer à Sivens cette nuit-là, et quoique puissent apprendre, à ce propos, les conclusions de l’enquête en cours, Manuel Valls venait d’énoncer son credo : un citoyen, quand il est responsable, ne met pas en cause l’action des forces de l’ordre.
En raison de sa fermeté prétendument «républicaine», ce credo fut accueilli par des applaudissements sur les bancs socialistes. Mais aux quatre coins du pays, c’est un autre credo, et un sens différent de la République, qu’ont exprimé des manifestants écologistes et des sympathisants d’extrême gauche et aussi, tout simplement, des citoyens soucieux des libertés publiques. Ceux-là, sur les réseaux sociaux et dans la rue, ont crié leur révolte et leur dégoût, devant ce qui leur semble une évidence : si le gendarme, qui a causé la mort de Rémi Fraisse, n’a pas été sanctionné par sa hiérarchie, il ne le sera pas davantage pénalement. Une impunité vécue comme une injustice insupportable.


Comment expliquer une divergence de vue aussi abyssale ? Peut-être en se tournant vers la sociologie des professions. Comme l’a souligné, en effet, dans les années 50 le sociologue américain Everett Hughes, une question décisive pour les professionnels d’un secteur donné est celle de leur degré de maîtrise sur la définition de ce qu’est une erreur dans leur activité (1). «Le groupe des collègues, écrit Hughes, considère qu’il est le seul à connaître les aléas techniques et que, par conséquent, il devrait se voir reconnaître le droit exclusif de dire si une erreur a été commise.» Ainsi, les plombiers estiment généralement que c’est aux plombiers, et non pas à leurs clients, de dire si un travail de plomberie a été correctement effectué. De même que les enseignants pensent qu’ils sont les seuls à pouvoir vraiment juger si une erreur pédagogique a été commise vis-à-vis d’un élève. La plupart du temps, ajoute Hughes, les professionnels pensent que les profanes ne peuvent tout simplement pas comprendre les aléas de leur métier : «Les profanes, se disent les professionnels, ne sont pas aptes à comprendre ce qu’est réellement notre métier. Ils ne tolèrent pas que nous commettions la moindre erreur. Mais nous savons, nous, que commettre un jour ou l’autre une erreur, dans un métier comme le nôtre, est inévitable.» Selon Hughes, ce raisonnement conduit parfois les membres de certains groupes professionnels à faire preuve, en public, d’un silence absolu sur les erreurs de leurs collègues, parce qu’en parler publiquement pourrait suggérer aux profanes qu’ils ont leur mot à dire sur de telles erreurs.

De ce point de vue, l’attitude de Manuel Valls a de quoi rassurer les forces de l’ordre. Ses propos, comme la très forte probabilité que l’enquête en cours n’aboutira à aucune poursuite pénale, leur démontrent que l’Etat contribue à placer quasi exclusivement du côté des professionnels qu’ils sont, et non pas du côté des profanes qu’ils administrent, le pouvoir de définir ce que sont les erreurs qu’eux-mêmes peuvent commettre. L’objectif - permettre aux forces de l’ordre de travailler sereinement - semble être atteint. Cependant, c’est au prix d’un message assez étrange adressé à la population. Un message qu’on pourrait formuler ainsi : «Il est vrai que les gens chargés de votre sécurité peuvent porter atteinte à votre intégrité physique et même, vous ôter la vie, ou l’ôter à votre enfant ou à l’un de vos proches. Mais cela ne veut pas dire qu’ils commettent ce faisant une erreur. Sachez en tout cas que vous n’êtes pas les mieux placés pour savoir s’ils en commettent vraiment une». Pas sûr qu’un tel message contribue à créer, entre les forces de l’ordre et la population, un climat aussi serein que ça.

(1) Everett C. Hughes, «le Regard sociologique», éditions de l’EHESS, 1996.

Cyril Lemieux est sociologue, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS).

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