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Message  ivo le Mar 20 Oct - 12:26

Rififi chez les japonologues
http://passouline.blog.lemonde.fr/2009/10/17/rififi-chez-les-japonologues/
Ilnankin-1937.1255814255.jpg semble que ces derniers temps, aussitôt lancés, les débats entre historiens tournent en polémiques. Encore faut-il préciser qu’il s’agit d’affrontements entre chercheurs sur des questions relevant de leur compétence et non, comme l’illustra l’affaire Pétré-Grenouilleau sur les traites négrières, de la mise en accusation d’un historien par des associations mémorielles. Il arrive alors que les arguments volent bas et que fusent les attaques ad hominem. L’atmosphère s’est soudainement tendue ces derniers temps. Si c’est un signe de l’air du temps, c’est un mauvais signe. Pourquoi tant de haine ?

   Cette crispation de la profession ne concerne pas que les contemporanéistes. On se souvient de l’affaire Gouggenheim et de la bronca internationale de collègues qui l’alignèrent avec force tribunes libres, droits de réponse et pétitions. Mais de véritable débat, point, en l’absence de rencontres. Puis il y eut il y a quelques mois l’affaire Desbois du nom du prêtre qui depuis des années effectue avec son équipe des travaux sur le terrain en Ukraine sur ladite « Shoah par balles ». Pour avoir critiqué, dans un article très documenté de la revue Vingtième Siècle, sa méthodologie de recherche, les effets pervers de sa médiatisation et de sa « rhétorique de la ceremonie.1255814348.jpg« révélation » qui constitue un exemple inquiétant de vulgarisation sensationnaliste »,les historiens Christian Ingrao et Jean Solchany se sont retrouvés embarqués dans une polémique qui dérapa en leur échappant dans les journaux, sur les sites et à la radio. Puis on assista en juin dernier à des échanges très vifs  dans le cadre de l’affaire Geisser, du nom de ce politologue spécialiste du monde arabo-musulman soupçonné d’islamophilie par le fonctionnaire de sécurité et de défense en poste au CNRS, et menacé de sanction. Et là encore, pétitions et contre-pétitions, comme si c’était devenu le mode naturel de la discussion entre historiens.

  Il y a enfin depuis peu un échange à couteaux tirés entre Jean-Louis Margolin, auteur de L’Armée de l’empereur (479 pages, Armand Colin) sur les violences de guerre japonaises (le massacre de Nankin, les femmes de réconfort (expression consacrée pour désigner les Coréennes, les Taiwanaises et les Chinoises contraintes de se prostituer par l’armée japonaise), le procès de Tokyo) et un groupe de japonologues regroupés autour de la revue savante Cipango qui en a publié un compte-rendu sous-forme d’éditorial radicalement hostile de 27 pages ! Outre “une litanie d’horreurs”, il lui était reproché à la fois de nourrir une hostilité de fond envers les Japonais et d’être complice des nationalistes nostalgiques de la période militariste ; peu avant, le même avait déjà reçu une volée de bois vert dans un compte rendu de la revue Vingtième siècle lui reprochant une vision culturaliste, essentialiste et donc racialiste des Japonais qui en faisait rien moins qu’un nanjing-massacre-whitewash7.1255814303.jpgcomplice des “négationnistes” pour avoir osé réviser ces questions gênantes. Sa réaction fut publiée. L’historien attaqué a également envoyé un droit de réponse à Cipango en menaçant de poursuites judiciaires en cas de refus (en attendant, on peut le lire en lien sur le blog de l’historien Edouard Husson). Aurait-il appuyé là où ça fait mal ou a-t-il mal jugé la complexité d’un pays dont il n’est pas spécialiste (l’Asie orientale est sa spécialité) ? Le fait est que les livres tentant une évaluation globale de la criminalité de guerre au Japon sont rares en français. Les japonologues n’auraient pas supporté que Jean-Louis Margolin fasse du Japon en guerre un cas à part dans le registre des atrocités de masse ; il est vrai qu’il présente les forces impériales comme ayant été exceptionnellement “trangressives” entre 1937 et 1945, et la complicité et la responsabilité des populations japonaises même dans ce crime de masse comme particulièrement étendues. Jean-Louis Margolin s’en explique :

   “Les réactions auxquelles je fais face me font un peu penser à celles que j’ai connues à propos du Livre Noir du Communisme. A peu près tout le monde (communistes inclus) voulait bien admettre toutes sortes d’errements, ou même de crimes, dans l’aventure communiste. Mais, pour beaucoup, à condition que cela porte sur un pays et un moment particuliers. On ne supportait par contre pas une dénonciation globale du système lui-même. (…) On a aussi connu, à propos de l’histoire du nazisme, semblables débats centrés sur l’évaluation de la responsabilité de tel ou tel dirigeant, ou sur la mesure de tel crime précis, mais qui évacuaient l’idée d’une configuration criminelle d’ensemble de l’Etat national-socialiste, ainsi que la prise en compte de ses liens symbiotiques avec les différentes sections de la société allemande. Cela se passait dans les années cinquante et soixante…”

   L’affaire n’est pas close ; elle sera certainement relancée le 12 novembre avec la parution du livre de Jean-Louis Margolin en poche chez Hachette/Pluriel, une édition augmentée, comme on s’en doute, mais sous un nouveau titre (Violences et crimes du Japon en guerre 1937-1945) pour éviter tout malentendu : en effet, les lecteurs auraient pu croire que L’Armée de l’empereur concernait celle de Napoléon, seul empereur à leurs yeux. Ce qui n’aurait pas manqué de susciter une nouvelle querelle ! Le fond de l’air est désormais si électrique chez les historiens qu’il y a court-circuit à la moindre étincelle, et scandale au moindre embryon d’affaire. Cette brutalisation du débat historique risque de se traduire désormais par le refus de débattre.

P.S. du 19 octobre : La revue Cipango vient de faire savoir à Jean-Louis Margolin qu’elle publierait son droit de réponse dans son intégralité dans le prochain numéro “au nom de cette courtoisie que le milieu universitaire essaie de faire vivre”.

(”Scènes de massacre lors de la prise de Nankin (?) en 1937″ et “Cérémonie du 70ème anniversaire à Nankin”, photos D.R.)
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Message  ivo le Sam 21 Sep - 9:33

Kim Bok-dong, 87 ans et ex-«femme de réconfort», attend des excuses officielles du Japon
http://www.rfi.fr/asie-pacifique/20130920-kim-bok-dong-87-ans-ex-femme-reconfort-attend-excuses-officielles-japon-droit-femmes
Kim Bok-dong, Sud-Coréenne de 87 ans, a été « femme de réconfort » pendant huit ans durant l’occupation japonaise (1932 -1945). Après avoir témoigné à la fin des années 1980 auprès du « Conseil coréen des femmes réduites à l’esclavage sexuel par les militaires japonais », elle attend aujourd'hui des excuses officielles de Tokyo. Un entretien poignant.

Comment doit-on vous présenter ?

Je m'appelle Kim Bok-dong, j'ai 87 ans, mais l'âge sud-coréen c'est 88 ans. Quand j'avais 14 ans (15 ans pour l'âge sud-coréen), la Corée a été colonisée par le Japon. Nous étions très faibles. Cela signifie que tous les citoyens, tous les habitants coréens vivaient en état d'esclavage. Tous les hommes ont été réquisitionnés par l'armée japonaise, même les étudiants. Pour les femmes, le Japon n'a pas fait de distinction d'âge, il a utilisé et forcé toutes les femmes, beaucoup de jeunes filles.

Et vous-même?

Moi aussi j'ai été emmenée par les soldats japonais, mais ce n'est pas au Japon que je suis allée, c'était dans les endroits où il y avait la guerre, parfois je ne savais même pas dans quel pays on était. La première fois, je suis arrivée à Taiwan, mais après je suis passée à Hong Kong, en Malaisie, à Sumatra, Java en Indonésie, à Bangkok, j'ai fait le tour de tous ces pays, utilisée par les soldats japonais.

Ce calvaire a duré huit ans, que s’est-il passé, et comment avez-vous retrouvé les vôtres ?

J'ai été utilisée ainsi pendant huit ans. Mais je n'ai même pas su que la libération s'était produite en Corée, je n'ai pas su à quelle date ça avait eu lieu ! Même si à l'issue de ce calvaire on nous a renvoyées dans nos différents pays. Mais même après ces huit années de calvaire, les Japonais ne voulaient pas qu'apparaisse le fait que nous avions été femmes de réconfort. Ils nous ont placées dans un hôpital militaire, et ont déclaré que nous y travaillions. Après le retrait des Japonais, nous avons été orientés vers la base américaine, dans le camp de concentration américain. Dans ce camp, j'ai été identifiée comme Coréenne, donc on m'a renvoyée en Corée.

Est-ce que vous avez pu retrouver votre famille ?

Oui, j'ai pu retrouver ma famille, mais je n'ai pas osé dire la vérité. J'ai menti. Je n'ai rien dit de ce qui s'était passé, même si ce qui m'est arrivé n'était pas de ma faute. Le problème, c'est que le gouvernement japonais jusqu'à présent n'a fait aucun geste pour présenter ses excuses.

Vis-à-vis de votre famille et de votre entourage, il y avait un sentiment de honte, de ne pas oser dire ce qu'il s’était passé ?

A ce moment-là en Corée, la société était très rigide et intolérante. Vous savez, le système social sud-coréen est très hiérarchisé. On considérait que les femmes ne pouvaient pas se marier deux fois dans leur vie. A cette époque-là, c'était un sentiment général dans la société. Moi j'ai menti : j'ai dit que j'avais dû travailler à l'usine pendant huit ans. Mais je n'ai pas pu me marier, jusqu'à aujourd'hui, je ne me suis jamais mariée.

Il a fallu attendre longtemps pour que vous vous engagiez auprès d'associations qui dénonçaient ce qui s’était passé, vous l’avez fait à partir des années 1980, très longtemps après la fin de la Seconde Guerre mondiale ?

Nous avions besoin de beaucoup de temps, à cause des mentalités et des idées reçues de l'époque. J'ai finalement osé dire que j'avais été « femme de réconfort » parce que j'ai réalisé que si je ne le disais pas, de fausses informations auraient couvert la vérité. J'ai osé raconter mon histoire, car il y avait un centre d'appel téléphonique qui recevait les témoignages des femmes de réconfort, et on m'a promis que mon témoignage resterait secret et anonyme, le centre d'appel s'est engagé à ne pas le diffuser.

Donc vous vous êtes confiée auprès de ce centre, et finalement vous avez osé sortir dans la rue, vous y allez tous les mercredis à visage découvert ?

La première fois, ça a été grâce au « Conseil coréen pour les femmes réduites en esclavage sexuel », qui voulait que nous coopérions, pour nous aider. Et depuis vingt ans, nous manifestons chaque mercredi devant l'ambassade du Japon en Corée du Sud.

Est-ce que vous vous êtes retrouvée face à un responsable du gouvernement japonais pour lui demander ses excuses?

Non, jamais. Il n'y a jamais eu de reconnaissance des crimes de guerre par le Japon. Moi-même je suis allée à plusieurs reprises au Japon pour dire la vérité et raconter ce qui s'est passé, transmettre la véritable histoire. Mais le gouvernement japonais, y compris le Premier Ministre Shinzo Abe ne reconnaît pas ces crimes de guerre. Ils disent qu'effectivement il y a eu des femmes de réconfort mais qu'elles étaient volontaires ou que ces actes n'ont pas été commis par les Japonais... Bien entendu, je ne suis pas d'accord avec ça ! Selon toutes les recherches effectuées par le « Conseil coréen des femmes de réconfort », on a toutes les preuves et les informations historiques, et pourtant le Japon jusqu'à aujourd'hui ne les reconnaît pas. Certaines villes l’ont reconnu, par exemple la ville de Kyoto l’a fait en mars dernier, mais il n’y a pas de reconnaissance du gouvernement au niveau national... Oui, effectivement, certaines collectivités territoriales ont reconnu ces crimes, et des villes ont adopté des déclarations appelant le gouvernement à les reconnaître. Mais le gouvernement de Shinzo Abe ne les reconnaît pas et continue de mentir. Je pense que cette lutte ne doit pas seulement être menée par les Coréens mais aussi au niveau international. C'est pour cette raison que je me déplace dans plusieurs pays comme aujourd'hui à Paris, pour faire connaître ces expériences.

Le Japon a eu des recommandations prononcées par le Conseil des droits de l’homme de l’ONU. Vous êtes allée au Conseil des droits de l'homme pour prendre la parole et demander au Japon qu’il présente des excuses... à 87 ans, vous allez continuer ce combat ?

Je vais continuer jusqu'au bout, jusqu'à ce que le gouvernement japonais reconnaisse ses crimes de guerre et qu'il octroie des réparations légales et des indemnisations. Aujourd'hui, de par l'article 9 de sa Constitution, le Japon ne peut plus envoyer de soldats dans le monde... Mais tous les pays qui ont été victimes de leur occupation auparavant n'osent toujours pas parler et dénoncer ce qu'ils ont subi, et c'est ce que je conteste.

Les manuels d'histoire aujourd’hui au Japon ne mentionnent presque rien concernant les femmes de réconfort, vous demandez aussi que les futures générations soient informées ?

Oui, c'est vrai que les jeunes Japonais ne connaissent pas bien leur histoire, ni l'histoire du monde entier. Ils ne transmettent donc pas la vérité de ce qui s'est passé. Et justement le gouvernement japonais ne reconnaît toujours pas ses crimes. Je suis vraiment très triste de cette situation. Donc je ne peux pas faire autrement que de continuer à lutter.

Est-ce que vous vous sentez soutenue par votre propre gouvernement sud-coréen dans cette lutte ?

(rires) Non, je ne pense pas. D'un côté le gouvernement coréen dit qu'il soutient notre combat pour régler le problème des femmes de réconfort, mais je ne le sens pas sincère... Moi-même, personnellement, je ne veux pas critiquer le gouvernement actuel de mon pays. Mais il faut dire la vérité : le gouvernement sud-coréen n'ose pas hausser le ton vis-à-vis du gouvernement japonais pour régler le problème au niveau juridique et international. C'est pour ça que moi aussi je travaille au niveau international. Comme le gouvernement sud-coréen ne bouge pas, je dois agir pour le faire réagir face au Japon.

Et vous comptez sur des soutiens d’autres pays ?

Oui, il y a les Etats-Unis, la France, et même le Japon avec des militants d'associations qui nous soutiennent. Mais je ne sais pas ce qu'il faut faire de plus pour régler cette question.

Concrètement, qu'attendez-vous maintenant ?

C'est très simple : il faut que le gouvernement japonais présente ses excuses officielles, mais aussi accorde des indemnisations juridiques. Les Japonais doivent reconnaître leurs crimes historiques. Je ne ressens aucune haine envers les Japonais, je veux juste cette reconnaissance de la vérité historique.

Le Japon semble très en retrait concernant ce passé et souhaiterait même faire retirer les recommandations émises lors de l'examen universel du Conseil des droits de l'homme de l'ONU…

C'est pour cela que nous avons besoin de la solidarité internationale et d'un soutien au niveau mondial pour exiger que le gouvernement japonais reconnaisse ces crimes de guerre, car nous-mêmes sommes des victimes. Mais aujourd'hui il y a encore beaucoup de victimes, de femmes violées, abusées sexuellement dans des situations de guerre. Il faut donc déjà régler nos problèmes anciens, cela servira de socle pour régler toutes ces questions qui touchent aux droits des femmes dans le monde.

Vous avez lancé un appel, « A toutes les femmes du monde entier : soyez fortes ». Vous vous adressez aux femmes qui ont subi la même chose et qui doivent oser dénoncer, comme vous ?

Cet appel s'adresse à toutes les victimes du monde entier qui ont vécu des violences sexuelles, et pas seulement par des militaires. Et pour tenter de réparer ces violences, nous avons créé un système de dons, qu'on a appelé « Papillon », un papillon qui peut traverser le monde entier. Nous demandons aux citoyens de Corée et du monde de faire des dons, puis nous envoyons cet argent aux femmes qui ont été, ou qui continuent d'être, violées pendant la guerre dans d'autres pays, au Vietnam, ou actuellement en République démocratique du Congo. Les victimes, ce ne sont pas seulement les Coréennes, mais beaucoup de femmes du monde entier. Il faut arrêter nos luttes solitaires et se tourner vers le monde entier. C'est pour cela que nous avons besoin de la solidarité internationale.
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Message  ivo le Dim 2 Fév - 10:59

A Angoulême, la BD sud-coréenne agace le Japon
Le chiffre de 200 000 est majoritairement admis par les historiens. Ces femmes, exploitées sexuellement, dont la plupart sont mortes, sont longtemps restées dans l’ombre. Une cinquantaine seulement serait encore en vie, mais beaucoup n’ont jamais osé témoigner. «Elles ont été kidnappées, on leur disait qu’elles allaient devoir travailler au Japon dans des usines»
>>>
http://www.liberation.fr/culture/2014/02/01/a-angouleme-la-bd-sud-coreenne-agace-le-japon_977154?xtor=rss-450
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Message  ivo le Sam 28 Mai - 9:03

Pourquoi le Japon refuse de se pencher sur les crimes de son passé impérialiste
les responsables sont restés au pouvoir, car s’il y a eu des simulacres de procès, un grand nombre de criminels de guerre n’ont pas été inquiétés.
>>>
http://www.france24.com/fr/20160527-japon-crimes-guerre-passe-imperialiste-guerre-mondiale-chine-coree-empire
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