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pesticides / fongicides

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Message  niouze le Mer 5 Mai - 10:57

L'office parlementaire d'évaluation des choix scientifiques et technologiques vient de livrer un très étrange rapport d'information sur les pesticides et la santé. Signé du député Claude Gatignol et du sénateur Jean-Claude Etienne, il marque un retour en force de la promotion d'une agriculture inféodée à l'industrie chimique.

Et il fait fi de la préservation des écosystèmes, des ressources en eau et en sol, de la qualité des aliments, des revenus et de la santé des paysans.

Au moment du vote de ce texte, il n'y avait plus que 10 parlementaires présents sur 36. Je suis la seule à avoir voté contre. Je vous livre ici mes réflexions après avoir feuilleté avec assiduité le rapport, que les parlementaires n'ont découvert que le jour de sa présentation.
Comme par hasard, juste avant le Grenelle 2

Déposé sur la table une semaine avant l'examen du Grenelle 2 à l'Assemblée nationale, il participe au retour de flamme dont la prise en compte de l'environnement est victime depuis quelques mois.

Son sujet, les pesticides, est abordé par la juxtaposition d'auditions, et d'opinion contradictoires.

Mais les alertes des scientifiques sur les éventuels risques de ces produits ne sont pas prises en compte. L'incertitude, quand elle est mise en avant, l'est toujours au bénéfice des mêmes.

Le ton est donné dès l'introduction :

   « L'agriculture s'est construite autour de l'utilisation des produits phyto-pharmaceutiques, moyen de proposer des produits végétaux de qualité et d'aspect irréprochables tels qu'attendus par le consommateur. »

Les abeilles ne seraient pas menacées de disparition

Le rapport est truffé de conclusions intermédiaires à la rédaction ambiguë. Par exemple, il est écrit :

   « En France, les statistiques nationales ne permettent pas à ce jour de chiffrer précisément un phénomène de surmortalité touchant les ruchers du territoire national. »

Certes. Mais ainsi écrit, sans aucune conclusion tirée des morts d'abeilles et des doléances des apiculteurs, le lecteur pourra en déduire qu'il n'y a pas d'hécatombe visible.

La publication sert de cheval de Troie aux dispositifs de l'agriculture des grands groupes. L'agriculture dite « raisonnée » y est promue comme modèle, alors que chacun sait qu'elle repose sur des engagements a minima, qui équivaudraient pour un automobiliste à certifier qu'il ne brûlera pas les feux rouges et qu'il s'arrêtera au stop.
Attention à ne pas baisser trop brutalement les pesticides

Une vingtaine de pages présentent les OGM comme alternative, alors que leur implantation favorise l'usage de pesticides associés, comme les céréales « Roundup ready » ou bien qu'elles sécrètent en elles-mêmes les insecticides.

Le ton est donné :

   « L'engagement du Grenelle de l'environnement de réduire l'usage des pesticides de 50% dans un délai de dix ans impliquerait, selon une simulation, que toute l'agriculture française passe en mode intégré. »

Mais si cet objectif était respecté, voici les menaces énoncées par le rapport : baisse des rendements, malnutrition dans le monde, hausse des prix agricoles, résistance des ravageurs, signal négatif pour la recherche, disparition des productions de fruits et légumes…

Les rapporteurs « rappellent les bénéfices de l'usage des pesticides et invitent les pouvoirs publics à anticiper les conséquences d'une diminution trop brutale de l'utilisation des pesticides en France ».
Le rôle cancérigène des pesticides est minoré


Tout cela fait le terrain des amendements de la majorité, qui prévoient de conditionner la réduction de ces substances à une évaluation des potentiels effets économiques.

Après avoir minoré la qualité comparée d'un aliment biologique et d'un aliment chargé de pesticides, ainsi que le rôle cancérigène des pesticides, le rapport évoque toutes les autres sources de perturbateurs endocriniens pour mieux dédouaner les pesticides.

Quant aux maladies professionnelles avérées des agriculteurs, un opportun tableau de leurs expositions quotidiennes flèche d'autres sources de pathologie : le fuel de leur tracteur, les fumées, les poussières du champ, et même les UV, puisqu'ils travaillent en plein air.

Et si une étude sur l'exposition domestique fait apparaître un surnombre de tumeurs du cerveau, les rapporteurs en concluent :

   « Mais ce résultat est à prendre avec toutes les précautions d'usage d'autant que la question posée “Traitez-vous des plantes d'intérieur ? ” n'était pas assez précise et que les personnes ont très bien pu répondre par l'affirmative, qu'ils utilisent des insecticides, des engrais, des lustrants ou qu'ils ne font qu'arroser leurs plantes. »

Visiblement, quand on ne veut pas entendre, on ne veut pas entendre !

Pourtant, comme le note le Réseau environnement santé, « l'impact sanitaire des pesticides est avéré, il suffit de lire la littérature scientifique de façon non sélective. »

Les recommandations ont sans doute été beaucoup plus éclairées par le médecin Etienne que par le vétérinaire Gatignol. Elles accompagnent le travail et comportent beaucoup plus d'éléments intéressants, comme l'augmentation de la recherche en toxicologie ou les registres cancers.

Mais elles dissimulent des tentatives de déréglementation, la culpabilisation des apiculteurs -pour lesquels n'a pas été retenue ma proposition de les associer aux protocoles de recherche- ou encore la promotion des OGM.
le rapport : http://asset.rue89.com/files/rapport_OPECST.pdf
que j'ai survoler un petit ex de ce qu'on peut y voir
Ces interdictions[de certain pesticide ndr], parfaitement justifiées d’un point de vue sanitaire, ne
sont pas sans poser des problèmes aux agriculteurs qui, pour lutter contre
certains parasites, ne disposent pas de solution de remplacement


Dernière édition par niouze le Mer 6 Nov - 15:04, édité 1 fois

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Message  ivo le Ven 1 Juin - 20:30

Le ministère de l'Agriculture pour l'interdiction du Cruiser
fr info
Les apiculteurs l'accusent d'affaiblir les abeilles. L'Anses, l'agence de sécurité sanitaire a rendu son rapport et il confirme l'impact de ce pesticide utilisé pour le colza sur la mortalité des abeilles. Le ministre de l'Agriculture envisage de retirer son approbation de mise sur le marché.

pesticides / fongicides 17034327
La molécule du Cruiser perturberait la capacité des abeilles à retrouver leur ruche © Maxppp

Les graines de colza semées cet été ne seront peut-être pas traitées au Cruiser. "J'ai averti le groupe qui commercialise le Cruiser que j'envisageais de retirer l'approbation de mise sur le marché", a déclaré ce matin le ministre de l'Agriculture Stéphane Le Foll sur le perron du ministère.

Le dernier rapport rendu par l'Anses semble avoir convaincu le nouveau ministre de l'Agriculture d'être extrêmement prudent avec ce pesticide. Son prédécesseur Bruno Le Maire avait demandé en mars au comité d'experts spécialisé sur les produits phytosanitaires de l'Agence de sécurité sanitaire de l'environnement de réexaminer d'ici fin mai la question de l'autorisation du Cruiser (groupe suisse Syngenta).

"L'avis de l'Anses apporte des éléments nouveaux et montre clairement l'effet néfaste de ce produit sur la mortalité des abeilles" (Stéphane Le Foll)

"Je veux tenir compte de ce qui a été dit", a indiqué le ministre. Ce dernier a également indiqué que la France avait décidé de saisir la commission européenne et l'autorité européenne pour la sécurité alimentaire (EFSA) sur ce sujet.

Une récente étude française, publiée dans la revue scientifique Science, a montré que la molécule du Cruiser perturbait la capacité des abeilles à retrouver leur ruche, multipliant par 2 ou 3 leur risque de mourir. "Ces substances chimiques seraient susceptibles d'effets chroniques importants sur les colonies d'abeilles, à des doses largement inférieures aux doses létales prises en compte par la réglementation" estime Gérard Bapt, député PS, président du groupe santé environnementale à l'Assemblée.

Henri Clément, le porte parole de l'UNAF, l'Union Nationale des Apiculteurs Français est soulagé

Le Cruiser interdit - Reportage de Bruno Rougier
quelle nouveauté .... que de conditionnels .....
15 ans que c'est connu.
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Message  Chabane's rds le Sam 2 Juin - 16:06

niouze a écrit:


Et il fait fi de la préservation des écosystèmes, des ressources en eau et en sol, de la qualité des aliments, des revenus et de la santé des paysans.

... et de leurs voisins... (dont personne n'a rien à foutre et qui eux, ne sont pas pris en charge à 100% par la sécu...)
le champ en face de chez moi a été traité hier soir, j'ai des brûlures aux bras et au visage, alors que je me suis enfermé dès que j'ai vu le dispositif d'épandage et que j'ai passé la soirée enduit d'argile verte...
et ça va être comme ça tous les 15 jours jusqu'à l'hiver...

maladie de parkinson, d'ahlzeimer, dévelopement du cortex cérébral altéré chez le nourrisson, pertes de facultés intellectuelles chez l'adulte exposé de façon prolongée, tout ça est mis en évidence par un paquet d'études...

et les agriculteurs ne savent qu'anôner des listes de produits chimiques comme si c'était la litanie des saints et réciter au mot près les articles de "la france agricole" ( l'agriculture "raisonnée" est bonne pour l'environnement, la pollution vient des jardiniers amateurs , et bla et bla , ad nauseam...)
ce qu'il faut voir, c'est qu'une culture est un système (un peu comme un "système d'arme") comprenant une semence trafiquée, une série de produits chimiques et une marche à suivre à appliquer à la lettre.

je vais plus pleurer sur ces salauds que je ne le ferai sur un type qui s'est engagé dans la SS à cause de la pression sociale.
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Message  ivo le Lun 29 Oct - 9:49

Les raisons de l'addiction française aux pesticides
Au troisième rang mondial derrière les Etats-Unis et le Japon, la France est une championne de la consommation de produits phytosanitaires en tous genres, herbicides en tête. Avec les Pays-Bas et la Belgique, elle forme le trio des pays européens les plus gourmands en pesticides rapporté à l'hectare cultivé.
>>>
http://www.lemonde.fr/planete/article/2012/10/27/les-raisons-de-l-addiction-francaise-aux-pesticides_1782000_3244.html?google_editors_picks=true
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Message  ivo le Jeu 17 Jan - 9:06

Un rapport européen inquiétant sur les dangers des pesticides pour les abeilles
fr info
Pour la première fois, l'agence européenne de sécurité des aliments accable trois pesticides, soupçonnés d'avoir un impact létal sur les abeilles. Si les apiculteurs voient dans ce rapport une raison d'espérer, les fabricants de pesticides dénoncent des "pressions politiques".

La Commission européenne pourrait décider d'interdire certains pesticides au niveau européen. L'autorité européenne de sécurité des aliments, l'EFSA, lui a remis ce mercredi un rapport sur l'impact des pesticides sur les abeilles. Ce rapport présente "des conclusions inquiétantes sur l'impact de trois types de produits sur le nectar et le pollen", explique Frédéric Vincent, porte-parole du Commissaire européen en charge de la santé.

Trois néoincotinoïdes sont visés ; ils sont contenus dans plusieurs pesticides très utilisés, dont le Cruiser, qui sert de traitement de semence notamment pour les plans de colza et de maïs. Ces molécules désorienteraient les abeilles, au point qu'elles ne parviendraient plus à regagner leurs ruches et finiraient par mourir. La mortalité des abeilles, pourtant essentielles à l'écosystème car elles favorisent la pollinisation, a augmenté de 5% à 30% en une quinzaine d'années.

Un rapport "pas digne de l'EFSA" ?

La Commission "prendra les mesures qui s'imposent" lors d'une réunion fixée le 31 janvier prochain. Objectif : arrêter une ligne de conduite sur l'utilisation de ces pesticides au niveau de toute l'UE, alors que certains pays ont déjà règlementé leur usage. En France par exemple, le Cruiser OSR n'est plus autorisé pour le traitement du colza, mais reste disponible pour le maïs. Une interdiction ravirait les apiculteurs, qui ont déjà obtenu l'interdiction de deux autres pesticides.

L'aboutissement de 15 ans de combat pour les apiculteurs reportage d'Anne-Laure Barral

Mais les laboratoires chimiques n'entendent pas se laisser faire. Alors que la Commission européenne doit leur adresser "cette semaine" une lettre, l'allemand Bayer et le suisse Syngenta, principaux fabricants, ont d'ores et déjà critiqué les conclusions de ce rapport. Bayer avance que la mortalité des abeilles est avant tout due à la présence d'un acarien parasite. Du côté de Syngenta, le directeur opérationnel John Atkin affirme que "l'EFSA s'est tourvée sous pression politique pour produire une évaluation hâtive et insuffisante". "Ce rapport n'est pas digne de l'EFSA et de ses scientifiques" ajoute-t-il, précisant que le laboratoire fera tout pour défendre l'utilisation de ses produits.
précisions:
- de multiples analyses ont TOUTES démontrer la causalité des pesticides, depuis plus de 15 ans.
- les taux de mortalité sont passé à plus de 40% en france. avec une proportion due au parasite (varroa jacobsoni) mineure.
- dans sa tres grande qualité d'information fr info illustre une abeille par une photo de ... bourdon ...
pesticides / fongicides B74650623
La disparition des abeilles serait extrêmement grave pour les écosystèmes © Maxppp
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Message  ivo le Mar 30 Avr - 9:20

La France championne des pesticides
Les Français sont davantage contaminés par les pesticides que les Allemands, les Américains ou les Canadiens. C'est ce qui ressort d'une étude révélée vendredi par l'Institut national de veille sanitaire (INVS) et réalisée dans le cadre d'une grande enquête sur la nutrition et la santé des Français réalisée en 2006-2007.
>>>
http://www.franceinfo.fr/sciences-sante/la-france-championne-des-pesticides-970465-2013-04-29


Le ras-le-bol des habitants de Damery dans la Marne privés d'eau depuis trois mois
A l'origine du problème, la pollution aux pesticides des vignes environnantes. La commune est au milieu des vignobles de Champagne.
>>>
http://www.franceinfo.fr/environnement/le-ras-le-bol-des-habitants-de-damery-dans-la-marne-prives-d-eau-depuis-trois-m-970691-2013-04-30
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Message  niouze le Mer 6 Nov - 15:05

DES SCIENTIFIQUES DECOUVRENT CE QUI TUE LES ABEILLES ET...
...C'EST PIRE QU'ON NE LE PENSAIT...

Une nouvelle étude a mis en évidence quelques unes des causes du décès massif d'abeilles polinisatrices et les résultats plutôt effrayants, montrent que la prévention beemageddon sera beaucoup plus difficile qu'on ne le pensait précédemment.

Les scientifiques avaient du mal à trouver l'élément déclencheur de ce qu'on appelle le syndrome d'effondrement des colonies (CCD) qui a éliminé environ 10 millions ruches, une valeur de 2 milliards de dollars, au cours des six dernières années.

Les suspects étaient : les pesticides, les parasites porteurs de maladies et la malnutrition.
Mais une étude (première de son genre) publiée dans la revue PLoS ONE, où des chercheurs de l'Université du Maryland et le ministère américain de l'Agriculture ont identifié un cocktail de pesticides et de fongicides contaminants du pollen que les abeilles recueillent pour nourrir leurs ruches.

Lorsque les chercheurs ont recueilli le pollen des ruches sur la côte canneberge, sur les cultures de pastèques et nourrissant des abeilles saines, les abeilles ont montré une baisse significative de leur capacité à résister à l'infection par un parasite appelé Nosema ceranae.

Le parasite a été impliqué dans le syndrome d'effondrement des colonies si les scientifiques ont pris soin de souligner que leurs conclusions ne lient pas directement les pesticides à CCD. Le pollen a été contaminé en moyenne de neuf pesticides et des fongicides différents que les scientifiques ont découvert 21 produits chimiques agricoles dans un échantillon.

Les scientifiques ont identifié huit chimiques AG associés à un risque accru d'infection par le parasite.

Le plus inquiétant, les abeilles qui ont consommé du pollen contaminé avec des fongicides étaient trois fois plus susceptibles d'être infectées par le parasite. Largement utilisé, les fongicides avaient été crées pour être inoffensifs pour les abeilles car ils sont conçus pour tuer les champignons, pas des insectes, sur les cultures comme les pommes.

«Il ya des preuves concluantes que les fongicides affectent les abeilles et je pense que c’est évident la nécessité de réévaluer la façon dont nous étiquetons ces produits chimiques agricoles," Dennis VanEngelsdorp, principal auteur de l'étude, a déclaré à quartz.

Les étiquettes posées sur les pesticides mettent en garde les agriculteurs à ne pas pulvériser lorsque les abeilles pollinisatrices sont à proximité, mais ces précautions ne sont pas appliqués aux fongicides.

Les populations d'abeilles sont si basses aux Etats-Unis qu'il faut désormais 60% des colonies survivantes dans tout le pays, juste pour polliniser une culture d’amandes en Californie. Et ce n'est pas juste un problème de la côte ouest, la Californie fournit 80% des amandes dans le monde, un marché de 4 milliards de dollars.

Au cours des dernières années, une classe de produits chimiques appelés néonicotinoïdes a été liée à la mort des abeilles et des régulateurs ont interdit l'utilisation du pesticide pour deux ans en Europe, où les populations d'abeilles ont également chuté. Mais VanEngelsdorp, un assistant chercheur à l'Université du Maryland, affirme que la nouvelle étude montre que l'interaction de plusieurs pesticides affecte la santé des abeilles.

"La question des pesticides en lui-même est beaucoup plus complexe que ce que nous avons conduit à croire", dit-il.

«C'est beaucoup plus compliqué que d'un seul produit, ce qui signifie bien sûr la solution ne réside pas dans l'interdiction de tout une classe de produits."


Ce pollen, cependant, a également été contaminé par des pesticides, même si ces plantes ne sont pas la cible de pulvérisation.

"Il n'est pas clair si les pesticides sont à la dérive vers les plantes, mais nous avons besoin de prendre un nouveau regard sur les pratiques de pulvérisation agricoles», explique VanEngelsdorp.

Source: http://qz.com/107970/scientists-discover-whats-killing-the-bees-and-its-worse-than-you-thought/


les verts de rage

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Message  niouze le Ven 22 Nov - 12:41


Pour la première fois à notre connaissance, un viticulteur de Côte d'Or vient d'être assigné chez le Procureur de Beaune.

Le SRAL (police du vignoble, dépendant de la Direction régionale de l'Agriculture) lui reproche de n'avoir pas fait le traitement insecticide préventif imposé à tous les propriétaires de vignes pour tenter de prévenir l'installation de la flavescence dorée, maladie de la vigne.

Nous vous alertons pour que la démarche de ce domaine viticole de Beaune, qui risque (art. L 251-20 du Code rural) 30 000 € et 6 mois de prison pour avoir procédé à la prévention sans porter préjudice à la nature et aux riverains de ses parcelles ne passe .

Voici sa convocation :
pesticides / fongicides Edeefede_51200x1
http://www.vivre-a-chalon.com/lire_Autour-de-CHALON-_-Refus-d_epandre-des-pesticides-_-premiere-procedure-repressive-en-Cote-d_Or,2303fc53174921ea194100abde22e3a0f2dae433.html

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Message  niouze le Mar 26 Nov - 18:06


30 000 euros d’amende pour avoir refusé... de polluer !
par Sophie Chapelle 25 novembre 2013
Emmanuel Giboulot, vigneron en biodynamie à Beaune, encourt jusqu’à six mois de prison et 30 000 euros d’amende. Son délit ? Avoir refusé de traiter son vignoble avec un insecticide pour lutter contre une maladie de la vigne, la flavescence dorée [1], comme en témoigne sa convocation au tribunal. En résumé, le vigneron pourrait être condamné pour avoir refusé de polluer...
Pourquoi ce scénario ubuesque ? En 2011, un foyer de flavescence dorée est identifié en Saône-et-Loire, au cœur des crus de Bourgogne. Branle-bas de combat à la Préfecture qui impose trois applications d’insecticides autour des communes concernées. Parmi les pesticides préconisés figurent des produits réputés pour leur toxicité, dont plusieurs perturbateurs endocriniens et un néonicotinoïde... Quant au « Pyrévert », seul produit préconisé en agriculture biologique, il est « photosensible, disparait rapidement, a seulement un effet choc et est toxique pour tous les insectes (dont les régulateurs de la population d’acariens) », souligne le site Veille au Grain.
Spirale infernale
Emmanuel Giboulot vit, lui, en Côte d’Or, département limitrophe, où aucun foyer de la maladie n’est identifié. Mais la Préfecture préfère prendre des précautions : via un arrêté le 7 juin dernier, elle exige « une lutte chimique contre le vecteur » qui doit se traduire par une application d’insecticide. « Je suis très conscient du danger que peut représenter cette maladie, mais ça me paraissait complètement démesuré de faire un traitement systématique alors qu’il n’y avait pas de foyer avéré, témoigne Emmanuel Giboulot, contacté par Basta !.
Ce vigneron cultive 10 hectares de vigne en biodynamie. Pour lui, recourir à un traitement insecticide n’est pas neutre. « Cela revient à détruire une partie de la faune auxiliaire, tout ce qui génère les équilibres de nos vignobles, sachant que nous cultivons des parcelles en bio depuis 43 ans ! » Il constate, amer, les dégâts causés par ces traitements chimiques systématiques en Saône-et-Loire. Le département en est à sa troisième campagne contre la flavescence dorée, avec trois traitements dans la saison. « La faune auxiliaire, qui sont les prédateurs naturels des acariens, a été complètement détruite, souligne t-il. Les vignerons sont obligés de faire deux traitements acaricides supplémentaires. » Une spirale infernale... « Ceux qui prennent ces décisions ne sont pas ceux qui sont sur les tracteurs pour épandre ».
Harcèlement ?
Plutôt que de traiter automatiquement, Emmanuel Giboulot et d’autres vignerons privilégient la « prospection collective ». Ils surveillent les parcelles, recensent les pieds atteints, vérifient en laboratoire que les symptômes sont bien ceux de la flavescence dorée, impossible à diagnostiquer à l’œil nu, avant d’arracher les pieds. « Il faut que chacun fasse une prévention systématique et obligatoire », préconise t-il. Mais le Service régional de l’alimentation, une sorte de « police du vignoble » rattaché à la Direction régionale de l’alimentation, de l’agriculture et de la forêt, ne l’entend pas de cette façon. Il le contrôle le 30 juillet dernier pour vérifier s’il a bien traité ses vignes. « Les viticulteurs en bio en Bourgogne représentent 13 % de la surface en vignoble. Or, 50 % des viticulteurs en bio ont été contrôlés », note t-il. Un de ses collègues dans le Beaujolais vient d’ailleurs lui aussi d’être contrôlé, « après avoir clamé haut et fort sur TF1 qu’il ne traitait pas ses vignes ».
Emmanuel Giboulot a été convoqué une première fois le 12 novembre par le substitut du procureur et attend une seconde convocation. Outre les nombreux témoignages de soutiens individuels reçus, il bénéficie de l’appui de plusieurs associations de protection de l’environnement. En juin dernier dans le Vaucluse, un vigneron bio qui avait fait le choix de ne pas respecter la loi a été reconnu coupable. Mais il a été dispensé de peine pour avoir accepté de reprendre des traitements d’insecticides...
Notes
[1] La flavescence dorée se traduit par le jaunissement de la vigne puis généralement par sa mort. Cette « jaunisse du raisin » est causée par un insecte, la cicadelle, qui, peu reconnaissante envers les souches dont elle se régale, leur transmet une vilaine bactérie appelée le phytoplasme.
http://www.bastamag.net/article3560.html

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Message  Lib le Mar 26 Nov - 19:10

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Voilà le coupable. La cicadelle.
Buvez, mangez, bougez, mais surtout pas bio. Monsanto a le bras long (encore). Sad

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"Quiconque a un jour bloqué une rocade assez longtemps pour entendre à nouveau le chant des oiseaux sait bien quelle sinistre vie s’interrompt avec le blocage de l’économie."
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Message  ivo le Dim 2 Fév - 9:56

Les pesticides seraient jusqu’à 1 000 fois plus toxiques que ce qu'on dit
Le professeur Gilles-Eric Séralini revient à la charge. Après avoir étudié les effets délétères d’un OGM et du Roundup, un pesticide largement utilisé, le chercheur s’attaque cette fois plus largement à neuf pesticides les plus vendus dans le monde qui seraient selon lui de 2 à 1 000 fois plus toxiques que ce qui est généralement annoncé.

L'étude controversée du professeur Gilles-Eric Séralini sur les effets d’un OGM et du pesticide Roundup sur des rats avait frappé les esprits en 2012. Appuyé par des photos des rongeurs déformés par des tumeurs impressionnantes, le travail du chercheur de l’université de Caen n’avait cependant pas convaincu l’Agence européenne de sécurité des aliments (Efsa) pas plus que l’Agence nationale de sécurité sanitaire (Anses).

La revue Food and chemical toxicology, qui avait à l’époque publié l’article du professeur Séralini, l’a retiré en novembre 2013. Le chercheur lie cette décision peu courante à l’arrivée dans le comité éditorial de Richard Goodman, « un biologiste qui a travaillé plusieurs années chez Monsanto », le fabricant du Roundup.

Cela n’a cependant pas entamé la détermination du professeur Séralini qui vient de publier le prolongement de cette première étude dans la revue Biomed Research International. Co-signé avec le Comité de recherche et d’information indépendantes sur le génie génétique (Criigen). « Nous avons étendu les travaux que nous avions faits avec le Roundup et montré que les produits tels qu’ils étaient vendus aux jardiniers, aux agriculteurs, étaient de 2 à 1 000 fois plus toxiques que les principes actifs qui sont les seuls à être testés in vivo à moyen et long terme » précise le professeur.

Effectivement, avant leur mise sur le marché, seuls les effets de la substance active sont évalués et non le produit tel qu’il est commercialisé au final avec tous les composants que les industriels, la plupart du temps, refusent de dévoiler.
>>>
http://www.rfi.fr/france/20140201-france-sciences-pesticides-1-000-fois-toxiques-seralini-inserm-roundup-ogm
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Message  ivo le Lun 10 Fév - 10:21

Les pesticides, « deux à mille fois plus toxiques » qu’annoncé, dit une étude
Les résultats de l’étude de Séralini en mettent à nouveau plein la vue : dans leur composition intégrale, les pesticides seraient de « 2 à 1 000 fois plus toxiques » pour les cellules humaines que lorsqu’ils sont considérés à partir de leur seule substance active.
Elle conclut que sur neuf des « principaux » pesticides utilisés dans le monde (dont le Roundup), « huit formulations sont clairement en moyenne des centaines de fois plus toxiques que leur principe actif ». Et jusqu’à « 1 056 fois plus toxique » pour le pesticide à base de tébuconazole (un fongicide autorisé en France).

Pendant ce temps, François Hollande a dévoilé le plan Cancer 2014-2018 qui « zappe » les facteurs environnementaux, tels que les pesticides.
>>>
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/09/les-pesticides-deux-a-mille-fois-plus-toxiques-quannonce-249637
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Message  niouze le Ven 21 Fév - 13:41


Désobéissance agricole 21/02/2014 à 13h14
Une journée avec le vigneron jugé pour avoir dit non aux pesticides
Antonin Iommi-Amunategui | Journaliste


Emmanuel Giboulot, jugé lundi, risque six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour avoir refusé d’utiliser des pesticides qu’il jugeait inutiles et dangereux pour la santé. Il parle d’« omerta complète ».
pesticides / fongicides Emmanuel_giboulot
Emmanuel Giboulot dans ses vignes à Beaune, le 19 février 2014 (AIA/Rue89)
(De Beaune, Bourgogne) Emmanuel Giboulot sera jugé lundi 24 février au tribunal correctionnel de Dijon. Le vigneron de 52 ans risque six mois de prison et 30 000 euros d’amende pour avoir refusé de pulvériser des pesticides sur ses vignes de Côte-d’Or (Bourgogne).
Selon lui, ce traitement préventif obligatoire (décision par arrêté préfectoral suite aux recommandations des instances agricoles locales) contre une maladie de la vigne – la flavescence dorée – était en l’occurrence non seulement inutile, mais surtout dangereux pour l’environnement et les populations.
Lundi, il demandera la relaxe et espère une importante mobilisation citoyenne sur cette question qui relève d’abord, pour lui, de la santé publique.
A quelques jours de son procès, alors qu’une pétition de soutien a déjà réuni plus de 400 000 signatures, rencontre dans ses vignes sur les hauteurs de Beaune.
« Bio » de père en fils depuis 45 ans
pesticides / fongicides Vignes_giboulot
Emmanuel Giboulot devant sa parcelle de la « combe d’Eve » (AIA/Rue89)
Les vignes d’Emmanuel Giboulot ressemblent à un jardin : endormi en ce mois de février, couvert d’un fin tapis d’herbes rases, il pétarade de fleurs et de touffes d’herbes épaisses dès le printemps et jusqu’à la fin de l’été.
Un schéma de culture volontairement plus libre, qui a mis des années à se mettre en place dans sa famille :
« Dans les années 50, mon grand-père maternel avait compris que l’avenir se jouerait dans les appellations. Il voulait acheter à Pommard mais il est tombé malade, il fumait trop.
Mon père, ensuite, a eu une ferme en polyculture, avec une vigne qui subsistait. A la fin des années 50, il était le premier dans la commune à utiliser les désherbants, les engrais. Il testait des produits chimiques... Un jour, il a fait le choix d’arrêter cette agriculture dite moderne.
Fin des années 60, il se met donc à appliquer une méthode d’agriculture biologique. C’était très dur, parce qu’il y avait peu de références, pas de conseil indépendant, et une forme d’enfermement dans la méthode. En 1978, mon père a repris de l’autonomie et fait évoluer ses pratiques, mais ça a été difficile de maintenir la ferme à flot. »
S’appuyant sur l’expérience de son père, Emmanuel Giboulot a 23 ans quand il se lance à son tour :
« En 1985, j’ai eu l’opportunité de reprendre une parcelle de 80 ares sur la montagne de Beaune. Dès que je récupérais une parcelle, je la passais en bio directement. Première parcelle en 1985. Puis, j’ai repris une partie à côté. 38 ares de mieux en 1991. Et 12 ares de blanc que j’ai replanté sur le coteau opposé. 1993, Rully. Puis Côtes de Nuits. 1997, sur la montagne de Beaune, la parcelle des Pierres blanches... Aujourd’hui, j’ai treize vins différents. Je fais 38 000 bouteilles une année normale. »
Il fera probablement moitié moins en 2012 et 2013, deux millésimes difficiles. Ce qui le mettra dans une situation impossible s’il est condamné à payer une forte amende.
« Le truc à ne pas dire » dans une foule
Pourquoi il ne fallait pas traiter en Côte d’Or
Emmanuel Giboulot explique : « Sur le département de la Côte-d’Or, on n’avait pas de flavescence connue jusqu’en octobre, où on a détecté trois cas liés à des greffes, sans foyer de contagion. Le traitement généralisé n’était pas justifié. Mais toute la Côte de Beaune et la Côte de Nuits ont dû traiter en 2013. Quand je rentrais le soir, ça empestait les traitements chimiques... Moi, je ne suis pas casse-cou. Si demain on a un foyer qui explose près de chez nous, d’accord. Mais il faut que ça se justifie. »
Si Giboulot se retrouve en première ligne aujourd’hui, ce n’est pas par hasard :
« En mai, il y a eu une réunion au lycée viticole de Beaune, l’idée étant d’apporter un éclairage différent sur la problématique de la flavescence. Je suis intervenu pour parler d’approches alternatives dans le Vaucluse.
A un moment, j’ai demandé : “Et si on ne traite pas, qu’est-ce qu’on risque ?”
Et ça, c’était le truc à ne pas dire au milieu de 200 personnes.
J’ai eu la naïveté de croire que je passerais au travers des contrôles. »
Après un premier report, il sera finalement contrôlé le 30 juillet, un mois après l’arrêté préfectoral qui avait imposé le traitement de l’ensemble des vignobles de la Côte-d’Or :
« Il y avait vraiment une volonté de me contrôler. Mais je n’ai pas acheté les produits pour faire semblant, ça n’aurait pas été cohérent. »
Le contrôleur a commencé à passer en revue les différentes installations, le local phyto, le « pulvé »...
« Et là, je lui dis : “Je n’ai pas traité – Pardon ? !” Il s’est un peu étouffé : “Là, ça ne va pas aller.”
Il m’a fait signé un premier document et le 3 août j’ai reçu un recommandé. Dans le bas de la page, il y avait une référence au transfert du dossier au parquet. »
Les premiers soutiens : « Ça fait un bien fou »
Le temps passe, les vendanges arrivent, Emmanuel Giboulot fait son job, a la tête ailleurs.
Il est convoqué au commissariat de police de Beaune le 5 octobre.
« Il n’y a pas de motif. Je me présente, le policier me dit : “Vous savez pourquoi vous êtes là ? Vous êtes convoqué devant le substitut du procureur de la République.” Je ne pensais pas à ça du tout, du tout.
J’ai commencé à échanger avec les collègues, les structures bio. Ils étaient mal à l’aise parce que, eux, ils avaient appelé au traitement...
C’est les gens de la Capen [Confédération des associations de protection de l’environnement et de la nature, ndlr] qui m’ont dit les premiers : “Monsieur Giboulot, bravo.” Et là, ça m’a fait un bien fou. »
La Capen a rapidement diffusé l’info, puis la presse s’en est saisie. Sophie Chapelle de Bastamag a tiré la première. L’Agence France Presse a ensuite appelé Giboulot, et c’était parti : une couverture média impressionnante, et très vite, beaucoup de soutiens.
« Et là on n’est pas seul, enfin. Parce qu’il y a un moment où tu doutes : “Est-ce que c’est moi qui me trompe ? Est-ce que je fais prendre des risques aux autres ?” Plein de questions que tu croyais avoir réglées qui reviennent. »
Une politique de la « peur »
pesticides / fongicides Taille_vignes_emmanuel_giboulot_beaune
La taille dans les vignes d’Emmanuel Giboulot (AIA/Rue89)
Soulagé de se voir soutenu et son affaire relayée dans les médias, Emmanuel Giboulot n’en est pas moins respectueux de ses confrères. Il ne les « stigmatise » pas, quelle que soit leur obédience agricole, bio ou conventionnelle :
« Je n’ai jamais eu une attitude de frondeur vis-à-vis des collègues. C’est par la prise de conscience individuelle que les choses peuvent évoluer, et en aucun cas tel leader qui va donner la direction. Il ne s’agit pas de stigmatiser les uns ou les autres. »
Il déplore en revanche le manque de responsabilisation des viticulteurs. Pour lui, ils n’ont pas tous les éléments en main pour appréhender la situation. On pratique plutôt une politique de la « peur », qui débouche toujours sur le traitement préventif généralisé :
« Il y a eu concertation. Dans chaque village, il y a eu un débat. Sauf que ce débat ne reposait que sur la peur : la peur de la maladie, la peur de la répression... Il y a même un responsable professionnel qui a été capable de dire en public : “Attention, c’est le nouveau phylloxéra !”
Je suis le premier à dire que la flavescence dorée, ça peut être très chiant, dramatique. Mais la solution, ce n’est pas de traiter n’importe comment.
Traitement bio ou pas, le fond du problème c’est que rien n’est fait pour mettre en évidence une interdépendance entre l’apparition de la maladie et les conditions du milieu, les conditions de culture des sols.
Dans notre approche globale [E. Giboulot travaille en biodynamie, ndlr], on considère que la maladie remplit un vide, elle s’exprime parce qu’il y a des déséquilibres, des incohérences dans le système... Est-ce juste ponctuel, lié à nos méthodes de travail ? Est-ce que c’est plus profond, dû à un phénomène de dégénérescence ? Il faut se poser ces questions. Et là, les choses se font sans qu’on se pose de questions. On traite. »
Jean-Michel Aubinel, le président de la Confédération des appellations et des vignerons de Bourgogne (CAVB) vient d’ailleurs de reconnaître avoir « agi sous le coup de l’émotion ».
Des alternatives aux traitements pesticides
Emmanuel Giboulot poursuit :
« L’idée, c’est de mettre en œuvre un ensemble de choses pour éviter que la maladie ne se développe. C’est la base de notre travail, ça s’appuie sur des équilibres biologiques.
Par exemple, on laisse les contours [des vignes] enherbés, on ne les tond plus. Ce sont des idées qui sont véhiculées par la biodynamie, où on parle souvent de rythmes, d’aller au bout d’un cycle. On dit notamment que c’est important qu’il y ait des fleurs dans l’environnement. »
Se référant à une étude [PDF] évaluant l’impact paysager sur le parasitisme, Emmanuel Giboulot explique en effet que les prédateurs des parasites se nourrissent du pollen qu’il y a dans l’environnement des vignes :
« Cette année, je n’ai pas tondu du tout les contours, pour avoir des plantes. Tu as des fleurs jusqu’en août dans ton environnement de vignes, et même au-delà dans les rangs, où il y a des fleurs de fin de cycle. Les fleurs contribuent à un équilibre global en maintenant certains prédateurs dans les vignes. »
C’est « omerta complète »
pesticides / fongicides Emmanuel_giboulot_chais_beaune
Emmanuel Giboulot dans son chai à Beaune (AIA/Rue89)
Le problème, c’est que ces tentatives de faire différemment n’ont, selon le vigneron, pas la moindre chance d’être considérées sérieusement. Un blocage dû à une « omerta » généralisée :
« J’ai des témoignages de gens à Sauternes qui traitent quatre fois par an et ils ont toujours de la flavescence, toujours de la cicadelle. Et l’impact sur l’environnement et sur la santé ? Il y a des couples qui n’arrivent pas à avoir d’enfant. Les médecins leur disent : “Changez de région si vous voulez avoir des enfants.”
Francois Veillerette [de l’association Générations futures, ndlr] est venu à la réunion en mai dernier pour présenter les résultats d’une étude sur les résidus de pesticides détectés dans les cheveux des travailleurs et des riverains des vignes. Il n’y a eu aucun retour sur cette intervention. Zéro commentaire de Claude Magnien, directeur au Service régional de l’alimentation (Sral). C’est l’omerta complète.
C’est irresponsable au possible. Qui va assumer les responsabilités dans cinq, dix ans ? Qui va payer demain ? Le directeur du Sral, le sous-directeur, le préfet ? Ils vont laisser une part de leur salaire pour indemniser les victimes des pesticides, de ces traitements obligatoires même quand ils sont pas nécessaires ? »
Une direction régionale « fondue de traitement »
Il prône un « temps de réflexion » :
« Le Sral va bientôt faire ses propositions pour la prochaine campagne de traitement... On ne doit pas avoir le même comportement si on a quelques pieds flavescents ou s’il y a un foyer avec des centaines de pieds. On revendique aussi un zonage de traitement limité à 500 mètres autour du foyer. Aujourd’hui, l’arrêté ministériel évoque la commune touchée et toutes les communes proches... Chez nous, pour un seul pied touché, ils déclenchent deux traitements.
C’est parce qu’on a un directeur de Sral fondu de traitement. Il reste sur un modèle agricole d’il y a 40 ans. L’écologie, ça lui passe au dessus. Mais il y a des régions où ce n’est pas du tout comme ça, comme le Rhône, parce que le directeur du Sral local fait une interprétation différente...
Les choses ne sont pas simples, c’est pour cette raison qu’il faut prendre le temps de la réflexion, ne pas faire de l’insecticide à tout va. »
De même, Emmanuel Giboulot ne comprend pas que les prises de position « courageuses » du ministre de l’Agriculture, Stéphane Le Foll, ne soient pas suivies d’effets :
« Le ministre de l’Agriculture a fait des communications sur l’agroécologie, sur le plan ecophyto. Moi, je fais le constat suivant : on a un ministre qui a une vision courageuse sur l’agriculture, mais derrière rien n’est mis en place sérieusement. Les services de l’Etat, l’administration, restent campés sur leurs positions.
Il est où le blocage ? Je ne sais pas. Ou on considère que le ministre est fourbe et sait très bien ce qui se passe derrière, ou effectivement il n’arrive pas à faire passer le message. »
Mobilisation citoyenne sans précédent
Aujourd’hui, sans l’avoir recherché, Emmanuel Giboulot se retrouve en position de porte-parole, de lanceur d’alertes :
« J’espère une mobilisation citoyenne, c’est ce qu’il y a de plus important : que chacun puisse être acteur de ce qui va se passer dans les années à venir.
Le système me semble tellement noyauté... A part une mobilisation citoyenne très forte, je ne vois pas ce qui fera bouger les choses. »
Et en effet, la pétition lancée la semaine dernière par l’Institut pour la protection de la santé naturelle (ISPN) a déjà réuni plus de 400 000 signatures (à en faire crasher le compteur, « en raison du très grand nombre de connexions simultanées »).
A quoi on peut ajouter les 67 000 soutiens exprimés sur Facebook. C’est sans précédent.
Procès : « On demande la relaxe »
pesticides / fongicides Emmanuel_giboulot_convocation_tribunal_dijon_pesticides
Extrait de la convocation au tribunal (AIA/Rue89)
Le procès d’Emmanuel Giboulot débutera ce lundi 24 février, à 13h30.
Le vigneron est déterminé, plutôt zen même s’il ne sait pas ce qui peut arriver :
« On demande la relaxe. L’avocat est assez confiant. La prison, ce serait le comble. L’amende, c’est une possibilité... Mais si c’est 30 000, non, je ne pourrai pas faire face. Impossible. Et accepter une amende forte, ça veut dire qu’on accepte la sanction.
C’est un moment fort, il faut garder la tête froide. Mon avocat va argumenter sur les aspects juridiques, et moi je vais exprimer ma position publiquement. Mais je pense qu’il n’y aura pas de décision prise le jour même. »
Sur place, devant le tribunal, on attend aussi une mobilisation physique d’associations, de vignerons et de citoyens solidaires :
« Il peut y avoir 50 personnes comme il peut y en avoir 500. Des copains vignerons vont amener des bouteilles, des tables...
Il y a des gens qui disent que je me fais un coup de pub. Ce sont de petites irritations de vignerons. Et puis les bio qui ont appelé au traitement, ça les énerve. »
« Quel que soit le résultat, je ferai pression »
Débat à Paris avec Emmanuel Giboulot
Emmanuel Giboulot participera au débat organisé à Paris le 27 avril prochain, dans le cadre du deuxième salon Rue89 des vins.
Le thème de la désobéissance civile (ici appliquée à l’agriculture) sera notamment abordé.
Le procès n’est d’ailleurs pas une fin en soi pour Emmanuel Giboulot, qui y voit aussi un levier pour porter plus loin une « autre voix » :
« J’attends la fin du procès et son résultat pour communiquer auprès des structures professionnelles. Je pense que c’est le moment d’envoyer un signal fort de la Bourgogne, à s’engager dans une voie plus respectueuse de l’environnement.
Quel que soit le résultat lundi, je ferai pression. Je ferai référence à l’image que ça donne de la région, à la mobilisation citoyenne. »
Le Bureau interprofessionnel des vins de Bourgogne (BIVB) semble vouloir prendre les devants : il vient tout juste d’annoncer qu’en 2014 « les traitements [contre la flavescence] seront plus ciblés grâce à la prospection de 2013 par plus de 3000 personnes mobilisées ».
Il faudra vérifier si ces intentions sont suivies d’effets. Emmanuel Giboulot espère quant à lui à une vraie prise de conscience dans le vignoble :
« Je ne veux pas donner de leçons, ni qu’on m’en donne. Mais ce n’est pas acceptable qu’on nous considère comme des exécutants, sans se soucier des répercussions sur l’environnement et la santé des travailleurs, des riverains et des consommateurs.
On n’est plus dans les années 70. On ne peut pas avoir d’un côté un plan écophyto, un ministre qui revendique une approche plus responsable des pratiques agricoles, et de l’autre une administration qui oblige à traiter alors que ce n’est pas justifié.
Et si nous, producteurs bio, on n’est pas capables de porter une autre voix, qui va le faire ? »
Sorti de ses vignes de la montagne de Beaune, Emmanuel Giboulot rejoint l’arrière de sa camionnette pour se déchausser de ses bottes crottées.
Il se courbe en souriant, me souffle qu’il a hâte de reprendre son vrai métier. Justiciable, c’est un boulot à plein temps.
http://rue89.nouvelobs.com/2014/02/21/journee-vigneron-juge-avoir-dit-non-pesticides-250124

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Message  ivo le Lun 24 Fév - 7:52

Le vigneron bio, qui n'a pas traité sa vigne, risque la prison
Les faits remontent à juin 2013. Le préfet ordonne de traiter tous les vignobles de la région contre la cicadelle, un insecte responsable de la propagation d'une grave maladie de la vigne, la flavescence dorée.
Emmanuel Giboulot refuse d'appliquer l'arrêté préfectoral et lors d'un contrôle de la Direction régional de l'agriculture, il est signalé à la justice. Il comparaît donc ce lundi à Dijon et risque six mois d'emprisonnement et 30.000 euros d'amende.
>>>
http://www.franceinfo.fr/environnement/il-avait-refuse-de-traiter-sa-vigne-le-vigneron-bio-est-juge-lundi-1329315-2014-02-23
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Message  ivo le Jeu 8 Mai - 10:42

Hécatombe des abeilles : un étonnant refus de savoir
La Commission européenne vient de publier un rapport d'étude épidémiologique qui concerne les mortalités de colonies d'abeilles dans 17 Etats européens, dont la France. Dans ce rapport, un facteur de mortalité a été omis par Bruxelles : les pesticides.
>>>
http://www.marianne.net/Hecatombe-des-abeilles%C2%A0-un-etonnant-refus-de-savoir_a238266.html
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Message  ivo le Ven 16 Mai - 10:58

23 enfants intoxiqués aux pesticides : « Attention, la presse est aux aguets »
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/no-wine-is-innocent/2014/05/15/23-enfants-intoxiques-aux-pesticides-attention-la-presse-est-aux-aguets-232899
Dans la matinée du 5 mai, 23 élèves et leur enseignante d’une école primaire de Villeneuve, en Gironde, ont été intoxiqués après le traitement aux pesticides de vignes proches de l’école. La maire de la commune – propriétaire de l’une des parcelles de vignes en question – a cherché à minimiser l’affaire, parlant d’enfants « impressionnés ».

De leur côté, les autorités sanitaires ont indiqué n’avoir « aucun doute » sur le lien entre l’épandage des pesticides (en l’occurrence, un fongicide) et les symptômes (toux, irritations, nausées) manifestés par les enfants.

« Attention la presse est aux aguets »

Dans la foulée, voyant que l’affaire prenait des proportions nationales, l’interprofession viticole bordelaise a envoyé un courrier aux viticulteurs de la région les mettant en garde contre « la presse aux aguets ». Voici cette lettre :

« Si vous êtes questionné par des journalistes, nous vous recommandons de les renvoyer vers le service communication du CIVB [Conseil interprofessionnel du vin de Bordeaux, ndlr] afin qu’une position commune de la filière soit communiquée.

Nous invitons instamment les viticulteurs qui ont des vignes à proximité des écoles à prendre les plus grandes précautions : traiter si possible le mercredi ou les jours fériés et utiliser de préférence des produits classés bio.

Pour les parcelles situées à proximité des zone habitées, respecter strictement les préconisations en matière de vitesse maximale du vent pour éviter les dérives.

Attention, la presse est aux aguets : un comportement individuel irresponsable peut pénaliser toute la profession. »

Pas un mot sur la santé des enfants ; leurs craintes s’adressant en priorité à la profession (laquelle, précisons-le, ne se sent pas forcément représentée par le CIVB).

A noter enfin que cette communication interne de la puissante interprofession bordelaise (30 millions d’euros de budget annuel) « invite instamment » les viticulteurs à privilégier les traitements bio... mais seulement à proximité des écoles.

Pour le reste de la population, notamment les ouvriers agricoles qui sont les plus exposés, no comment.

Pesticides : juste un scandale national de plus

Les cas d’intoxications, de maladies professionnelles pouvant entraîner la mort, de pollutions environnementale et sanitaire, de résidus détectés dans l’eau ou les aliments, liés à l’emploi des pesticides en agriculture, sont avérés, documentés et récurrents, depuis des années.


Pourtant, alors que la politique gouvernementale actuelle de promotion de l’agroécologie vise à réduire l’usage des pesticides, des députés et sénateurs (principalement UMP) continuent à vouloir faire sauter des textes de loi toute mention positive de l’agriculture biologique, comme dans cet amendement déposé le 15 avril dernier, et adopté.

Quand les pesticides de synthèse, probablement la plus grande escroquerie agricole du XXe siècle, seront perçus pour ce qu’ils sont – à savoir le plus grand scandale sanitaire et environnemental du XXIe –, alors peut-être des mesures plus radicales seront-elles prises pour accélérer la transition « agroécologique » nécessaire.

En bref, le tout bio.
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Message  ivo le Lun 23 Juin - 9:24

Les pesticides pourraient avoir un lien avec la survenue de l'autisme
Touchant un enfant sur 68 en 2014, au lieu d'un sur 150 en 2000, l'autisme a fortement augmenté ces dernières décennies aux Etats-Unis. Une progression qui serait en partie corrélée au développement des pesticides. D'après une étude de chercheurs californiens publiée lundi 23 juin, une femme enceinte qui vit près d'une ferme utilisant ces produits chimiques a un risque 66 % plus élevé de voir son enfant développer la maladie.
>>>
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/06/23/les-pesticides-pourraient-avoir-un-lien-avec-la-survenue-de-l-autisme_4443252_3244.html
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Message  ivo le Mer 25 Juin - 10:51

Pesticides : l'étude qui révèle leur impact sur les animaux
fr info
C’est une étude qui ne va pas plaire aux agriculteurs français qui manifestent aujourd’hui contre la réglementation sur les pesticides. Un groupe international d’une cinquantaine de scientifiques indépendants s’est penché pendant 5 ans sur les effets des phytosanitaires sur la faune.

Escargots, grenouilles, puces d’eau, papillons, serpents, fourmis, poissons, oiseaux...Tous sont exposés à ces substances appelées néonicotinoïdes que ce soit par le sol ou par l’eau. Leurs effets mortels sur les abeilles domestiques ont été plusieurs fois analysés à la demande des apiculteurs mais les scientifiques indépendants comme Noa Simon-Delso vétérinaire à l’université de Louvain en Belgique voulaient montrer que toute une biodiversité en est également victime.
Des espèces qui ont aussi un rôle dans la croissance des plantes, le stockage du carbone dans le sol et donc un rôle utile pour l’agriculture notamment.

Utilisation préventive des pesticides

Pour Jean-Marc Bonmatin, du CNRS et membre du groupe, l’usage systémique de ces produits et leur mauvaise évaluation depuis 20 ans entraine déclin brutal de ces espèces: "On n'est pas opposé à l'utilisation de ces pesticides mais le fait de les utiliser de manière préventive nous semble exagérée"
Certains produits, ont été encadrés voir interdit comme le fipronil depuis l’an dernier dans l’Union Européenne mais pour les scientifiques, ce n’est pas encore suffisant. Ils devraient reprendre leur recherche pour un prochain rapport cette fois sur les effets de ces substances chez l’homme.

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Mobilisation des agriculteurs contre un excès de normes
fr info
Les agriculteurs protestent en particulier contre un amendement sur l'interdiction des épandages de pesticides à moins de 200 mètres des lieux publics.

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Message  ivo le Jeu 18 Sep - 11:30

Pourquoi un tel écart de traitement entre les pesticides et le vin naturel ?
Deux informations – l’une révélant que les pesticides de synthèse sont mis sur le marché de manière pour le moins légère, l’autre se rapportant à l’emploi illégal de l’expression « vin naturel » – sont tombées quasi-simultanément ; et les mettre en regard peut s’avérer éclairant (sinon sidérant).
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/no-wine-is-innocent/2014/09/17/pourquoi-un-tel-ecart-de-traitement-entre-les-pesticides-et-le-vin-naturel-233508
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Message  ivo le Dim 28 Sep - 9:26

La contamination des rivières par les pesticides s’est durablement généralisée
http://www.lemonde.fr/ressources-naturelles/article/2014/09/25/la-contamination-des-rivieres-par-les-pesticides-s-est-durablement-generalisee_4494305_1652731.html
Ça ne s’arrange pas sur le front des pesticides. La contamination des cours d’eau et des nappes souterraines s’est généralisée en France. L’agence de l’eau Rhône-Méditerranée-Corse (RMC) a le courage de le dire : elle en a recensé 150 produits différents dans les près de 3 000 cours d’eau du Sud-Est de la France – majoritairement des herbicides –, soit à peu près autant tous les ans depuis 2008.

« Non seulement leur nombre reste stable, mais les concentrations ne faiblissent pas non plus, souligne Martin Guespereau, directeur général de cet établissement public. Leurs taux atteignent parfois jusqu’à 200 fois la norme de l’eau potable. Je veux insister sur ce constat inquiétant. »

L’agence de l’eau RMC couvre 25 % du territoire français et 13 000 km de cours d’eau, elle représente 14 millions d’habitants, 20 % de l’activité agricole et industrielle nationale, ce qui la rend relativement représentative du territoire français. Or son constat est irréfutable : alors que la pollution venue des agglomérations diminue grâce à l’amélioration des stations d’épuration, le chantier des pesticides en revanche est en panne : 15 millions d’analyses réalisées régulièrement pendant ces six dernières années le montrent.

36 PESTICIDES INTERDITS

Mais il y a pire : dans un quart des analyses, on retrouve des substances prohibées, pour certaines depuis dix ans. Sur cette palette de pesticides, l’agence en a identifié 36 interdits depuis au moins 2008. Et il apparaît clairement qu’il ne s’agit pas de quelques traces persistantes, mais bien d’utilisations renouvelées. Les prélèvements effectués six à douze fois par an indiquent en effet des pics au moment des épandages d’herbicides.

Les concentrations records de terbuthylazine, de simazine et d’atrazine correspondent systématiquement à la saison de traitement des vignobles et des grandes cultures. Dans certaines stations des zones viticoles du Beaujolais et de Bourgogne, ainsi que du Languedoc-Roussillon, ces substances sont présentes dans plus de la moitié de leurs analyses.

On trouve en particulier du glyphosate dans les trois quarts des rivières du Sud-Est ! Pas étonnant puisqu’il s’agit du principe actif du Roundup, un produit-phare en tête des ventes de pesticides dans les bassins Rhône-Méditerranée et de Corse où il s’en vend… plus de 4 000 tonnes par an.


Le sous-sol n’échappe pas à la contamination. Ces six dernières années, les pesticides ont rendu 58 nappes souterraines impropres à la fourniture d’eau potable. Principal accusé cette fois : l’atrazine pourtant interdite depuis 2003.

Or rappelle Martin Guespereau : « Les herbicides continuent leur vie dans les cours d’eau, où ils ont un effet dévastateur sur les petits invertébrés et la flore aquatique. Ils sont donc dévastateurs pour les fonds de rivière qui ne peuvent plus remplir leur rôle de filtre vis-à-vis de la pollution. Ces phytosanitaires peuvent en outre générer des proliférations de bactéries toxiques, » alerte-t-il.

DÉSÉQUILIBRES BIOLOGIQUES

Les pesticides sont les principaux responsables du déclassement des cours d’eau dans ce vaste secteur du Sud-Est, juste avant l’altération physique des cours d’eau. Lorsqu’une rivière perd son régime naturel, lorsque ses rives sont bétonnées, lorsqu’elle est coupée par de multiples ouvrages et que son débit pâtit d’importants prélèvements hydroliques, la vie de la faune et de la flore est perturbée. Non seulement ces déséquilibres biologiques apparaissent dans 60 % des cas, selon l’agence, mais la défiguration des lits de rivière aggrave les inondations.

Les comparaisons avec les autres régions françaises sont difficiles, car l’agence RMC est la seule à faire preuve d’autant de transparence. Cette dernière estime cependant que, selon les critères de la directive-cadre européenne sur l’eau de 2000, la moitié de ses cours d’eau peut être considérée comme en « bon état écologique ».

Globalement, 16 % d’entre eux ont progressé en quatre ans. Les poissons sont partiellement de retour dans l’axe rhodanien, notamment des jeunes anguilles. Il y a moins de rivières classées « médiocres » qu’en 2008, mais la catégorie « très bon état » reste bien peu fournie.

Comme il serait dommage de ne pas saluer les efforts accomplis, au risque de décourager tous les acteurs, l’agence RMC lance un label « Rivière en bon état » que les élus locaux ne manqueront pas d’installer au bord de leurs routes à partir du printemps 2015. Si la qualité de leurs rus et torrents le mérite et maintient au moins trois années consécutives.
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Message  ivo le Dim 28 Sep - 9:53

avaaz pour sauver les abeilles ....

Les abeilles sont tombées comme des mouches aux États-Unis (Libération)
http://www.liberation.fr/sciences/2013/05/07/les-abeilles-sont-tombees-comme-les-mouches-aux-etats-unis_901646

Comment le lobby des pesticides se bat pour les néonicotinoïdes (Le Journal de l’Environnement)
http://www.journaldelenvironnement.net/article/comment-le-lobby-des-pesticides-se-bat-pour-les-neonicotinoides,34147

L’EFSA identifie les risques associés aux néonicotinoïdes pour les abeilles (EFSA)
http://www.efsa.europa.eu/fr/press/news/130116.htm

Disparition des abeilles: à quoi ressembleraient nos supermarchés? (Huffington Post)
http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/17/disparition-abeilles-supermarches-produits-pollinisation-_n_3452711.html

Pesticides: les preuves du danger s'accumulent (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2013/06/13/pesticides-les-preuves-du-danger-s-accumulent_3429549_3244.html

En France, la production de miel est en chute libre (Le Monde)
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/02/13/en-france-la-production-de-miel-est-en-chute-libre_4365160_3244.html
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Message  ivo le Sam 7 Fév - 10:21

Les insecticides néonicotinoïdes tuent les abeilles, en voici une preuve de plus
http://www.huffingtonpost.fr/2015/02/06/insecticides-neonicotinoides-abeilles-preuve-de-plus_n_6630360.html
Une preuve de plus que les néonicotinoïdes présents dans certains pesticides sont néfastes pour les abeilles. Selon une étude publiée dans le Journal of the Federation of American Societies for Experimental Biology, de faibles taux de néonicotinoïdes suffisent pour détériorer les cellules nerveuses des abeilles.

Les chercheurs, des universités de St Andrews et Dundee (Ecosse), ont fourni à des bourdons de la nourriture contenant un taux de néonicotinoïdes utilisé en moyenne dans l'agriculture. Puis ils ont mesuré à quel point ces pesticides s'accumulaient dans leur cerveau.

Impossible de reconnaître l'odeur des fleurs

Sans surprise, ils ont constaté que les néonicotinoïdes agissaient rapidement, empêchant les mitochondries des cellules nerveuses de fonctionner correctement.

Résultat, les bourdons ne pouvaient pas vaquer à leurs occupations habituelles. Ils ne pouvaient pas apprendre des techniques essentielles pour reconnaître l'odeur d'une bonne fleur ou mémoriser leur trajet pour retourner dans leur colonie. Ce ne sont pas les seuls dommages causés aux abeilles. Les chercheurs ont également constaté que de faibles taux de néonicotinoïdes entraînaient:

une réduction de 55% du nombre d'abeilles vivantes
une réduction de 71% des couvains (ensemble des œufs, larves et nymphes) en bonne santé
une réduction de 57% de la masse totale d'un nid d'abeille


Ce n'est évidemment pas la première fois que les conséquences des néonicotinoïdes sont pointées du doigt. "Les abeilles doivent apprendre plein de choses sur leur environnement, dont la façon de récolter du pollen sur les fleurs. L'exposition à cet insecticide néonicotinoïde semble empêcher les abeilles d'être capable d'apprendre leurs compétences essentielles", expliquait en juillet 2014 l'auteur d'une étude anglaise.

Empoisonnement du système nerveux

Les abeilles ne sont d'ailleurs pas les seules concernées: oiseaux et vers de terre pourraient également en souffrir.

"Sans aller jusqu'à les tuer directement, ils empoisonnent le système nerveux, entraînant des pertes de l'orientation et des troubles du comportement", soulignait quant à lui Peter Rosenkranz sur Arte, spécialiste de la question. "Bien sûr, cela n'est pas valable pour tous les néonicotinoïdes. Les trois d'entre eux qui sont réellement reconnus toxiques sont utilisés dans les insecticides. Ce sont des substances qui ont été interdites par l'Union européenne par précaution, en attendant d'avoir plus de données sur l'impact négatif des néonicotinoïdes sur les abeilles, les bourdons et l'ensemble de la biodiversité."

Utilisation suspendue dans l'UE pendant deux ans

Depuis fin 2013 en effet, l'Union Européenne a suspendu l'utilisation de trois néonicotinoïdes présents dans des pesticides pour quatre types de cultures: le maïs, le colza, le tournesol et le coton. Il s'agit des clothianidine, imidaclopride (ces deux insecticides sont justement ceux testés par les chercheurs) et thiaméthoxame.

Une mesure qui n'est pas suffisante selon Henri Clément, porte-parole de l'Union nationale de l'apiculture française (UNAF), ces pesticides n'étant interdits "que sur certaines cultures, ils continuent d'être épandus sur d'autres et puis il reste d'autres pesticides de cette famille", déplorait-il dans un entretien donné au Monde.

Le 4 février 2015, le Sénat rejetait une proposition de résolution visant à faire interdire définitivement les néonicotinoïdes dans l'Union européenne, ce qui n'a pas manqué d'indigner les écologistes.
>>>
1970
Moment à partir duquel les abeilles ont commencé à disparaître, même si c'est surtout le cas depuis la fin des années 1990.
En cause, les parasites, virus, bactéries; la dégradation de leurs habitats, mais surtout, le réchauffement climatique, qui modifie la structure des plantes et des fleurs pollinisées.
70 000
C'était le nombre d'apiculteurs en 2008 en France. Treize années plus tôt, ils étaient 15 000 de plus.
84%
Le pourcentage de végétaux cultivés en Europe qui ne seraient plus pollinisés sans les abeilles.
30%
La part "de ce qui est dans nos assiettes est lié à la pollinisation", selon Yves Le Conte, directeur d'unité à l'Institut national de la recherche agronomique (Inra).
Parmi ces produits, la confiture, le jus d'orange, le café...
Un tiers de notre nourriture dépend directement des abeilles.
153 milliards
C'est l'apport, en 2005, des insectes pollinisateurs, dont l'abeille, soit 9,5% de la production alimentaire mondiale.
chiffres un peu aléatoires.
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Message  niouze le Dim 10 Mai - 18:48


Les pertes sont impressionnantes. Dans certaines régions, les apiculteurs ont perdu 50 à 60 % de leurs ruches et la production de miel a chuté en dessous des 10 000 tonnes. En cause, un hiver catastrophique, et surtout l’utilisation de pesticides agricoles. Si le gouvernement continue de ne rien faire, les conséquences pourraient être très graves.
Comme chaque année, à la fin de l’hiver, Loïc Leray, apiculteur professionnel en Loire-Atlantique, vient faire sa visite de printemps. Une à une, il inspecte ses 350 ruches pour savoir si ses abeilles ont bien passé l’hiver. « Sur les douze ou treize premiers ruchers, tout se passait bien. J’avais une mortalité raisonnable, deux à trois ruches perdues sur vingt-cinq », raconte-t-il. Mais dans les derniers ruchers, c’est l’hécatombe. « Plus une seule abeille ! Elles étaient vides, alors qu’il y avait de la nourriture à l’intérieur. »
La mauvaise surprise fait remonter le souvenir d’une autre catastrophe. « Ça me rappelle l’épisode du Gaucho, quand on a été confrontés aux premiers insecticides néonicotinoïdes. »

Phénomène d’ampleur

Loïc n’est pas le seul à faire face à une telle perte. Partout en France, les syndicats d’apiculteurs recueillent des témoignages similaires. « On n’a jamais vu des gens perdre la totalité de leurs ruches. Si ça continue comme ça, dans deux ans on n’a plus d’abeilles en France », déplore Yves Védrenne, président du Syndicat national d’apiculture.
De la Vendée à la Gironde, dans le bassin du Rhône, en Côte d’Azur et dans le nord de la France, les cas de surmortalité se multiplient. S’il est encore trop tôt pour obtenir des chiffres nationaux, Cédric Diot, du Syndicat national d’apiculture, estime, d’après les premières enquêtes, que 50 à 60 % des ruches de ces régions seraient décimées. « Normalement, la mortalité hivernale tourne autour de 10 à 15 %. » Un constat que le syndicat opère aussi bien chez les apiculteurs professionnels que chez les amateurs.
A la PrADE, unité scientifique de protection des abeilles, les scientifiques commencent leurs premières analyses. « On a constaté une perte de la quasi totalité des colonies dans les Bouches-du-Rhône », nous dit le chercheur Axel Decourtye.

Comment expliquer une telle hécatombe ?

Une combinaison de facteurs fragilise les abeilles. D’abord, l’hiver a été particulièrement difficile. Les températures n’ont jamais été stables, alternant journées chaudes ou froides, sans possibilité pour l’insecte de s’adapter. « Dès que le temps est meilleur, la ruche se disloque et doit donc consommer plus de nourriture. Et dès qu’il fait froid, les abeilles se regroupent. Les apiculteurs nous décrivent toujours la même chose : des abeilles amassées ensemble, mortes, et autour, assez de nourriture pour passer l’hiver », explique Cédric Diot. « On n’ a jamais vu ce phénomène à cette échelle. »
Mais les professionnels mettent surtout en cause les pesticides. « Quand on fait une transposition de la carte de la mortalité avec celle des grandes cultures céréalières et maraîchères, tout correspond. »
pesticides / fongicides Apic-59870
Dans ses ruches de Loire-Atlantique, Loïc Leray accuse lui aussi les pesticides d’être à l’origine de ses pertes. « Les apiculteurs ont réussi à faire suspendre les néonicotinoïdes sur certaines cultures, mais ces produits sont toujours autorisés pour les céréales. Après les récoltes, nos collègues agriculteurs font un couvert végétal. Ils sèment de la moutarde ou de la phacélie pour capter l’azote. »
A l’arrivée de l’automne, ces couvre-sols fleurissent. « Les abeilles sont très attirées par cette source de nectar et de pollen, elles font des stocks pour l’hiver. Mais les produits chimiques utilisés précédemment sont suffisamment présents pour les intoxiquer. Quand on revient en mars, tout est mort. »
Face aux pesticides, l’apiculteur ne sait plus quoi faire. Il y a quelques années, il a bien tenté d’installer ses abeilles en ville, à Nantes : « Je voulais prouver que quand elles étaient éloignées des pesticides, elles se portaient mieux. Et c’était le cas ! » Mais aujourd’hui, les apiculteurs font face au frelon asiatique, un redoutable tueur d’abeilles qui a trouvé refuge en ville. Tout aussi féroces, les acariens Varroa parasitent et tuent les insectes. En 2014, ils ont bénéficié d’un hiver chaud et développent des résistances aux insecticides.

Face à la catastrophe, le mutisme du gouvernement

Le 19 mars, l’Assemblée nationale a voté l’interdiction des néonicotinoïdes pour 2016, contre l’avis du gouvernement. « La partie est loin d’être gagnée pour autant », déplore Loïc Leray. « Il faut maintenant que le Sénat adopte le texte. D’où l’intérêt pour nous, apiculteurs, de convaincre nos chers politiques de revenir sur terre et de ne pas écouter les lobbies de l’agroalimentaire et la FNSEA ».
Yves Védrenne, président du Syndicat national de l’apiculture, a averti le ministre de l’agriculture « en ne lui donnant que des faits vérifiables. » Mais il ne s’attend pas à une vraie réaction. « Il ne se passera rien, comme d’habitude. Ils nous disent que des projets sont en cours, mais il n’y a pas d’argent pour les projets. Alors ils sont en train de nous bricoler une modification de la filière pour que ce soit les apiculteurs qui payent la recherche sur les abeilles. »

Quelles sont les conséquences d’une telle perte ?

« Si l’abeille disparaît, elle emporte 47 % de la masse alimentaire avec elle, faute d’insectes pollinisateurs », dit Loïc Leray. Une chute déjà amorcée. En 2014, la production de miel n’a pas dépassé la barre des 10 000 tonnes alors qu’il y a vingt ans, les apiculteurs arrivaient à en produire 40 000 avec la même quantité d’abeilles. La France en consomme chaque année 45 000 tonnes. « Le miel vient de Chine, d’Argentine ou du Chili. Ils sont encore épargnés par l’agriculture moderne, mais ne vont pas tarder à être eux aussi touchés. »
Que demandent les apiculteurs ? Déjà, que le gouvernement tienne ses engagements, comme le classement du frelon asiatique en danger sanitaire de première catégorie. Une décision attendue depuis trois ans et qui rendrait obligatoire la lutte contre le nuisible. Mais aussi qu’il applique un vrai plan de développement durable de l’apiculture, dont la dernière version, qui voulait favoriser l’installation des jeunes sans s’attaquer à la question des pesticides, a été rejetée par les apiculteurs en 2013.
Autant de décisions qui pourraient prévenir le déclin des abeilles et des apiculteurs. Un déclin déjà amorcé, pour Loïc Leray. « Mon fils souhaite reprendre mon exploitation, mais je lui ai déconseillé. Comment dire oui à un jeune qui souhaite se lancer, s’il risque de perdre 40 % de son cheptel chaque année ? »

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