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Message  ivo le Lun 24 Mai - 10:48

Début du "dialogue stratégique et économique" sino-américain
24/05/2010-[03:18] - AFP

PEKIN, 24 mai 2010 (AFP) - La secrétaire d’Etat Hillary Clinton et le secrétaire au Trésor Timothy Geithner ont ouvert lundi avec de hauts responsables chinois un "dialogue stratégique et économique" sino-américain de deux jours, a constaté l’AFP.


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Message  ivo le Lun 24 Mai - 11:27

AFP, Mise a jour : 24/05/2010 07:32
Début à Pékin du dialogue stratégique et économique annuel entre Etats-Unis et Chine

Le "Dialogue stratégique et économique" sino-américain, un tour d'horizon politique et économique entre les deux pays, a débuté lundi sur fond de crise dans la péninsule coréenne dans laquelle les Etats-Unis recherchent activement le soutien de Pékin.

Cette rencontre annuelle n'est que la deuxième depuis que les discussions économiques ont été élargies à la politique par l'administration Obama. Elle doit permettre avant tout aux délégués d'aborder la relation économique entre la 1e et la 3e économie mondiale et d'aplanir de nombreux différends.

"Nos économies sont devenues inséparables", a déclaré le vice-Premier ministre Wang Qishan.

Face à la crise, la Chine et les Etats-Unis doivent profiter de leur rencontre pour "bien évaluer la situation et coordonner leurs politiques, afin que nous puissions maintenir l'élan de la reprise dans nos deux pays", a-t-il ajouté, jugeant nécessaire de promouvoir "une croissance équilibrée de l'économie mondiale".

"Nos deux pays ont largement bénéficié de l'ouverture du commerce et des investissements", a déclaré de son côté le secrétaire américain au Trésor Timothy Geithner, appelant toutefois à "un système de commerce mondial plus ouvert (...) dans lequel les pays peuvent se livrer une concurrence à armes égales".

Pour le seul côté américain, 200 délégués sont présents, "le plus grand nombre de responsables gouvernementaux à se rendre à une rencontre (...) dans le monde", a souligné la secrétaire d'Etat américaine Hillary Clinton.

"Nous ne serons pas d'accord sur toutes les questions, mais nous en parlerons ouvertement", a promis Mme Clinton, évoquant notamment les droits de l'homme.

"La relation sino-américaine est un tandem", a commenté lundi le quotidien chinois Global Times: "Le mener lentement n'est pas facile, mais plus sûr que de rouler vite. Et le tandem n'avance convenablement que si les deux cyclistes font un effort concerté".

Dimanche, Mme Clinton avait plaidé la nécessité d'un accès équitable des entreprises aux marchés, l'une des pommes de discorde entre Washington et Pékin.

Washington critique aussi le maintien d'un taux de change rigide entre le yuan et le dollar depuis l'été 2008.

Mais lundi le président chinois Hu Jintao a réitéré la volonté de Pékin de poursuivre la réforme de son taux de change, sans toutefois fixer de calendrier.

L'énergie et le climat devraient aussi être âprement débattus, à mi-chemin du fiasco de la conférence climat de Copenhague et de celle attendue à Mexico.

Côté stratégique, la crise coréenne, provoquée par le naufrage d'une corvette sud-coréenne en mars, s'est invitée aux entretiens.

"Nous devons travailler ensemble pour répondre à ce défi", a dit Mme Clinton, alors que la Corée du Sud venait d'annoncer qu'elle allait demander des sanctions contre la Corée du Nord au Conseil de sécurité de l'ONU.

Le président Barack Obama a soutenu pleinement Séoul lundi, après les conclusions de l'enquête internationale accusant Pyongyang d'avoir coulé le Cheonan le 26 mars, provoquant la mort de 46 marins sud-coréens.

Pékin, en revanche, réclame davantage de preuves avant de condamner son voisin et allié. Les Etats-Unis ne paraissent pas s'attendre que la Chine condamnera la Corée du Nord dans l'immédiat.

La Chine et les Etats-Unis doivent aussi discuter en profondeur du projet de sanctionner l'Iran à l'ONU en raison de son programme nucléaire.

"Le projet de résolution sur lequel se sont mis d'accord tous les partenaires du groupe des 5+1", les cinq membres permanents du Conseil de sécurité et l'Allemagne, "envoie un message clair à la direction iranienne: respectez vos obligations ou affrontez un isolement croissant et les conséquences", a déclaré Mme Clinton.
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Message  ivo le Jeu 3 Fév - 20:23

Tunisie, Egypte : les errements de la diplomatie française
FRANCE INFO - 16:04
La diplomatie française peine à trouver sa voie face aux événements récents en Egypte et en Tunisie.
Le gouvernement français a été sévèrement critiqué pour avoir tardé à condamner la répression des manifestations en Tunisie. Ce n’est que le 15 janvier, au lendemain de la chute de l’ex-président Ben Ali, que Paris a explicitement appuyé le soulèvement populaire.
Des errements de la diplomatie française qui peuvent s’expliquer.
Ambassadeur, c’est un mandat impossible dans les conditions actuelles. Jean-Christophe Rufin, ancien ambassadeur de France au Sénégal et Dominique de Villepin avec Bernard Thomasson. (6'15")

En position d’observateur jusqu’à présent, Nicolas Sarkozy a souhaité “qu’un processus de transition concret s’engage sans tarder” en Egypte. Un communiqué qui faisait écho à l’intervention du président américain Barack Obama, quelques heures plus tôt.
Lors de son discours au sommet de l’Union africaine, à Addis-Abeba en Ethiopie, Nicolas Sarkozy s’était contenté d’une phrase sur le sujet. “La France se tient avec amitié et respect aux côtés des Tunisiens et des Egyptiens dans cette période absolument cruciale, pas seulement pour ces deux pays, cruciale pour le monde”, avait-il affirmé.

Le gouvernement se montre d’autant plus prudent sur l’Egyptequ’il a dû reconnaître, il y a un peu plus de deux semaines, une “ erreur de jugement ” sur la situation en Tunisie, par la voix du ministre de la Défense Alain Juppé.
Le 17 janvier, Michèle Alliot-Marie a admis avoir “ sous-estimé ”l’exaspération du peuple tunisien.

Quelques jours après un mea-culpa public du président Nicolas Sarkozy, Paris a annoncé le remplacement de son ambassadeur à Tunis, Pierre Ménat, par son collègue de Bagdad, Boris Boillon.
Le remplacement de l’ambassadeur ne faisait guère de doutes. “La raison de la rapidité de son départ est bien entendu qu’on considère au gouvernement que les informations n’étaient pas remontées ” jusqu’à Paris, a expliqué le président de la commission des Affaires étrangères à l’Assemblée nationale, Axel Poniatowski. “Les derniers télégrammes diplomatiques des derniers jours avant le départ de Ben Ali ne manifestaient pas un degré d’inquiétude et une description de la situation telle qu’elle était”, a-t-il ajouté.

Un télégramme diplomatique français, datant du 14 janvier et envoyé de Tunis à Paris quelques heures avant la fuite en Arabie saoudite de Ben Ali, estimait que ce dernier avait plus ou moins repris le contrôle de la situation. A la fin du texte, il évoquait toutefois la possibilité que l’ex-président tombe sous la pression de la rue, selon une source ayant eu accès à ce document.

Certains diplomates refusent de porter seuls la responsabilité des erreurs de la France et renvoient la balle vers la classe politique, dont la proximité avec le régime de Ben Ali a été maintes fois soulignée ces dernières semaines.
Un ex-ambassadeur en Tunisie a assuré que les autorités politiques françaises étaient “parfaitement informées des dérives du système Ben Ali” et de l’évolution de la société, notamment du “mal-être de la jeunesse tunisienne”.
Pour Dominique de Villepin, ancien chef de la diplomatie française, “la règle non écrite pour les ambassadeurs du monde arabe c’est qu’ils ne prennent pas des contacts avec l’opposition. C’est qu’ils sont extrêmement vigilants dans l’attitude qu’ils ont vis-à-vis des pouvoirs” a expliqué Dominique de Villepin ce matin sur France Inter. “Il faut éviter de rajouter des tensions dans les politiques locales”.

Tunisie, Egypte : Le gouvernement français a été sévèrement critiqué. Dominique de Villepin, ancien chef de la diplomatie française, estime que les ambassadeurs ne doivent pas prendre des contacts avec l’opposition. (0'51")

Une vision que partage Jean-Christophe Rufin.
Il a été ambassadeur de France au Sénégal et en Gambie. Il a quitté Dakar et le Quai d’Orsay.
Pour lui, il faut faire preuve de “ neutralité ” et “être capable de parler avec tout le monde et malheureusement ca n’est pas le cas ”. Ambassadeur, “c’est un mandat impossible dans les conditions actuelles”.

Un rempart contre l’islamisme
Selon Yves Aubin de La Messuzière, en poste à Tunis de 2002 à 2005, l’expertise des diplomates a été “négligée”. “L’analyse diplomatique privilégiait le risque de mouvements sociaux à la menace islamiste”, a ajouté l’ex-ambassadeur, en rappelant que Nicolas Sarkozy, en visite en 2008 à Tunis, s’était félicité des “progrès de l’espace des libertés publiques”.
Les responsables français, de droite comme de gauche, affirmaient régulièrement que Zine El Abidine Ben Ali était “un rempart contre l’islamisme”.
Philippe Moreau-Defarges, de l’Institut français des relations internationales, juge “excessives” les critiques même si la proposition de MAM pouvait sembler “maladroite”. “Lorsqu’un gouvernement malgré tout ami est plus ou moins en difficulté, on ne tire pas sur une ambulance”, a-t-il dit.
“Qu’il y ait pu y avoir des maladresses ou des incompréhensions, après tout cela est possible” “mais imaginez que la France intervienne dans les affaires d’un pays qui est un ancien protectorat français, qu’aurait-on dit ?”, a justifié Henri Guaino, conseiller spécial du chef de l’Etat.

Mikaël Roparz
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Message  ivo le Ven 4 Fév - 17:51

Il faut appeler un dictateur un dictateur
| 01.02.11 | 13h00
http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/01/il-faut-appeler-un-dictateur-un-dictateur_1473461_3232.html
Les événements d'Egypte et de Tunisie posent aux démocraties occidentales une question importante : doivent-elles pratiquer une diplomatie publique d'engagement au service de valeurs "universelles" ? En somme, le drapeau des libertés publiques et des droits de l'homme, faut-il le garder en poche, le sortir à moitié ou le déployer en permanence ? Faut-il être discret ou incisif sur le sujet ?

Ce n'est pas seulement une affaire de morale ou de fidélité à ses convictions. Il en va aussi de la défense de nos intérêts - matériels et stratégiques. Pour s'être refusée à pointer publiquement la nature du régime tunisien - une kleptocratie brutale -, la France paiera un prix dans la Tunisie de demain. Pour avoir soutenu à bout de bras le régime d'Hosni Moubarak, les Etats-Unis seront sur la défensive dans l'Egypte de demain.

Américains et Européens ont évolué sur cette question. Dans la foulée de la présidence Jimmy Carter (1976-1980), la défense des droits de l'homme, en URSS et ailleurs, était devenue un des éléments ouvertement affichés des diplomaties occidentales. C'était la transposition officielle d'un courant d'idées d'abord porté par des ONG comme Médecins sans frontières, puis qui déboucha, à la fin de la guerre froide, sur une réflexion sur le devoir ou le droit d'ingérence.

Au nom de la défense des droits de l'homme, on bousculait le sacro-saint principe de la souveraineté des Etats : en paroles, en disant leur fait aux dictateurs de la planète ; voire en actes, en les boycottant à des degrés divers.

Dans son expression la plus radicale, cette attitude - que Le Monde défendit souvent - est celle des néoconservateurs américains. Bien avant les attentats du 11 septembre 2001, ils n'ont eu de cesse de stigmatiser la complaisance des Etats-Unis à l'égard des régimes saoudien, égyptien ou chinois.(...)

Il y eut un retour de balancier. Il prit la forme d'une critique du "droit de l'hommisme". La diplomatie de pays comme la France ou les Etats-Unis ne pouvait être guidée par le seul souci des droits de l'homme.

La politique étrangère d'un Etat qui prétend défendre ses intérêts et même ses valeurs d'un bout à l'autre du globe, cette politique commande d'être en mesure de parler à tout le monde - même aux régimes les plus détestables. Le "droit de l'hommisme" fut vite qualifiéd'" occidentalisme" ; c'était une vision du monde "ethnocentriste" qui conduisait à adresser des leçons de morale à la terre entière.

Et la diplomatie publique occidentale replia très largement le drapeau des droits de l'homme. Au nom du réalisme, des intérêts économiques, de la stabilité stratégique et d'un relativisme culturel porté par le sentiment que l'"homme blanc" avait trop péché durant l'ère coloniale pour prêcher quoi que ce soit à qui que ce soit.

Le balancier est allé trop loin. Les manifestants du Caire et de Tunis adressent un message à l'école diplomatique "réaliste" : il faut appeler un dictateur un dictateur, toujours et tout haut.

Article paru dans l'édition du 02.02.11
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Message  ivo le Sam 12 Fév - 20:36

Les maladresses des démocraties devant les révoltes populaires
http://www.lepoint.fr/chroniqueurs-du-point/michel-colomes/les-maladresses-des-democraties-devant-les-revoltes-populaires-12-02-2011-1294768_55.php
Les grandes démocraties ont trop longtemps prêté une oreille indulgente aux régimes en place en Égypte et en Tunisie.

L'histoire dira quelle part Washington a pris dans l'ultimatum que les militaires ont adressé au président égyptien. © afp photo / Khaled Desouki

C'est fou ce que les États démocratiques, coincés entre, d'une part, la bien-pensance de leurs élites et, d'autre part, le réalisme qu'impose la géopolitique à n'importe quelle grande puissance, peuvent être maladroits avec les peuples qui se révoltent contre les régimes autoritaires dont on pensait que, par fatalisme, ils avaient accepté une fois pour toutes le joug. Les soulèvements populaires en Tunisie et en Égypte viennent d'en administrer la preuve. Elle n'est pas à l'avantage de Sarkozy. Elle l'est encore moins à celui d'Obama.

Sur les clameurs venues de Tunis, et alors que les manifestations avaient pris de l'ampleur dès avant Noël, Paris, s'en souvient-on encore, a pris son temps et attendu que Ben Ali soit poussé dehors par la rue pour concocter, vendredi 14 janvier, un communiqué que l'on peut qualifier de service minimum, prenant acte de "la transition constitutionnelle annoncée par le Premier ministre Ghannouchi". Avant que l'Élysée n'ose, le lendemain, un autre communiqué dans lequel la France apporte enfin son soutien à "la volonté démocratique du peuple tunisien et appelle à des élections libres dans les meilleurs délais". Rendant visite à Washington à son collègue Robert Gates, Alain Juppé, ministre de la Défense, a eu le mérite de reconnaître sans langue de bois les raisons pour lesquelles nous avions traîné les pieds : "Nous avons tous sous-estimé l'exaspération des populations. Peut-être parce qu'une certaine forme de statu quo nous arrangeait." Et il a ajouté : "Nous avons prêté une oreille trop indulgente aux régimes en place."

Couacs et cacophonie

Ceux qui ont applaudi à la réaction d'Obama, qui a pris de vitesse Paris en saluant dès le 14 janvier "le courage et la dignité du peuple tunisien", ont eu également des raisons de déchanter lorsque l'Égypte, à son tour, a connu des manifestations populaires qui, dix-huit jours plus tard, devaient conduire Hosni Moubarak à une piteuse démission. Car la partition de Washington devant cette lame de fond inattendue, qui, cette fois, concernait l'un de ses piliers dans la région, est devenue une cacophonie frisant "l'effet Larsen". Après une première déclaration d'Obama appelant à "une transition démocratique immédiate", mais dont il s'est bien gardé de dire si elle impliquait ou non le départ du président égyptien, il y a eu une explication de texte plus franche de son vice-président Joe Biden : "Non, le temps n'est pas venu pour Moubarak de partir." Et la secrétaire d'État Hillary Clinton a renchéri quelques jours plus tard : "La démission immédiate de Moubarak pourrait compliquer plutôt que simplifier le chemin vers la démocratie."

Certes, la mobilisation de la rue continuant de plus belle et réclamant, toujours avec plus d'insistance, le départ de Moubarak, il a bien fallu que les États-Unis se résignent et lâchent celui auprès duquel, il y a quelques mois, Obama avait prononcé son grand discours programme sur l'avenir du Proche-Orient. Mais, là aussi, les couacs se sont multipliés au point de ridiculiser le président américain annonçant le 10 février au soir que "l'histoire (était) en marche en Égypte" alors qu'une heure plus tard Moubarak, dans un dernier sursaut, annonçait à la grande fureur de la foule égyptienne qu'il se délestait de quelques prérogatives de plus, comme un aérostier en difficulté jette quelques sacs de sable, mais qu'il restait au pouvoir.

Ultimatum des militaires

Quelle part Washington a pris dans le départ du président égyptien, l'histoire le dira sans doute. Ce que des sources proches du département d'État ont confirmé, en revanche, c'est que l'armée a bien adressé à Moubarak un ultimatum. Le ministre de la Défense et le chef d'état-major égyptien l'ont rencontré, au moment où commençait la manifestation de vendredi qui s'annonçait pleine de périls, et lui ont donné le choix soit de démissionner, soit d'être démis par la force. Quelle que soit la confiance accordée par Washington à l'armée égyptienne et à des généraux, dont les plus jeunes ont été biberonnés dans les écoles d'état-major américaines, ce coup d'État militaire, qui ne veut pas dire son nom, n'était certainement pas le scénario préféré d'Obama. Ni celui du peuple égyptien.
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Message  ivo le Dim 13 Fév - 10:12

Les États-Unis avancent sur la corde raide au Proche-Orient
http://www.lepoint.fr/monde/les-etats-unis-avancent-sur-la-corde-raide-au-proche-orient-13-02-2011-1294814_24.php
Après la démission de Moubarak, Washington craint l'émergence d'un gouvernement moins "réceptif" aux priorités des États-Unis.

Après le départ du président égyptien Hosni Moubarak, l'administration américaine avance sur la corde raide au Proche-Orient, où elle se voit contrainte de continuer à soutenir les appels à la démocratie sans s'aliéner de précieux alliés, soulignent des experts. "Tunis a été une onde de choc, Le Caire sera un tsunami, et tous les autocrates du monde arabe et d'Iran doivent maintenant s'inquiéter de leur avenir", résume Bruce Riedel, ancien responsable de la CIA qui a conseillé trois présidents américains sur le Proche-Orient et l'Asie centrale. "Le problème pour les États-Unis, c'est que nous avons très peu d'influence en la matière", ajoute cet expert de la Brookings Institution à Washington. "Le génie est sorti de la bouteille et il va falloir jouer intelligemment pour rester en phase avec l'histoire, ne pas être à la traîne tout en n'allant pas trop vite."

Barack Obama est "obligé de marcher sur une corde raide qui ne fait que prendre de l'altitude, et cela devient de plus en plus difficile", dit-il. Si, par exemple, des révoltes populaires menacent la Jordanie et l'Arabie saoudite, Washington va devoir faire en sorte que ces régimes "ne soient pas plus secoués qu'ils ne le sont déjà", car "ces régimes, ces armées, sont très nerveux actuellement", insiste-t-il. "Et nous ne sommes pas le moins du monde sortis d'affaire avec l'Égypte", ajoute Bruce Riedel, pour qui la révolution égyptienne constitue la "première crise de politique étrangère importante" de l'administration Obama.

Craintes

Nathan Brown (Carnegie Endowment for International Peace) rappelle qu'en Égypte le pouvoir est entre les mains de généraux qui ont longtemps soutenu Hosni Moubarak : "Cela a l'allure d'une victoire énorme pour l'opposition, mais il n'est pas sûr qu'elle ait obtenu quoi que ce soit sinon le départ de Moubarak." Pour lui, Washington doit adresser un message aux militaires égyptiens, leur demandant comment ils comptent intégrer les représentants de l'ensemble des Égyptiens dans la transition. "Cela doit venir de la Maison-Blanche, en termes clairs et sans ambiguïté."

Pour Hillary Mann Leverett, qui a fait partie du Conseil de sécurité nationale de l'ex-président George W. Bush et qui s'exprimait récemment sur la chaîne MSNBC, les États-Unis doivent soutenir un large éventail d'opposants en Égypte plutôt qu'une personnalité unique et s'abstenir d'aider les Frères musulmans. Ils doivent aussi prendre leurs distances avec le général Omar Souleiman, nommé vice-président par Hosni Moubarak pour assurer la transition, et qui est "honni par la population", et moins critiquer Mohamed El Baradei, principale figure de l'opposition. "L'issue probable en Égypte est un gouvernement plus indépendant en matière de politique étrangère, et qui ne soutiendra pas la politique des États-Unis et d'Israël concernant Gaza, l'Irak, l'Afghanistan, l'Iran", selon Hillary Mann Leverett.

David Kenner, du magazine Foreign Policy, reconnaît que les responsables américains craignent beaucoup de voir un gouvernement égyptien moins "réceptif" aux priorités des États-Unis. Mais "d'une certaine manière, c'est une occasion à saisir", car l'Égypte a vu son influence régionale "décliner de manière vertigineuse" sous le régime Moubarak. Selon lui, les États-Unis craignent l'issue de révoltes populaires parmi leurs alliés comme le Yémen, où l'influence d'al-Qaida est forte. En revanche, pour l'Iran, leur ennemi juré, les États-Unis misent sur le vent de révolte qui souffle sur la région.
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