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étude du fascisme

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Re: étude du fascisme

Message  spike le Mer 29 Déc - 0:22

^o as-tu un but précis en postant tous ces textes?
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Re: étude du fascisme

Message  Groucho Marx le Mer 29 Déc - 5:04

"tous ces textes"?... yen a que deux
si le 2me est effectivement hors-sujet (il parle plus de reich que de fascisme), le 1er correspond à ma demande de résumé/analyse. d'ailleurs merci Ivo
...
oops Embarassed mais j'avais pas fait gaffe qu'ivo en avait effectivement posté pas mal! :pfffff:
Tous ceux qui suivent ce qui se passe sur le forum auront compris qu'ici, Ivo est un représentant de la Secte Reichienne lol! Wink
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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Mer 29 Déc - 11:01

spike m'attrappe, G.M me confond.

damned !!!


oui j'avoue, je suis un clone de reich ^^



sinon plus sérieusement spike, à mon sens, c'est reich qui a developpé la critique la plus complete du fascisme.
c'est tout.
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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Mar 11 Jan - 12:21

Larry Portis - Qu'est-ce que le fascisme ?

http://www.pavillon-noir.info/t1815-larry-portis-qu-est-ce-que-le-fascisme#15908

l’auteur relève une constante : son lien nécessaire et systématique avec le capitalisme. Le fascisme n’est jamais accidentel ou spontané : il est la réponse du capitalisme à la crise, lorsque parlementarisme, puis autoritarisme « ordinaire » ne permettent plus au système de se maintenir. Il est la réponse d’une oligarchie pour rester au pouvoir « quand plus rien d’autre ne marche »


Dernière édition par ivo le Lun 14 Fév - 13:53, édité 1 fois
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Re: étude du fascisme

Message  alangaja le Mar 11 Jan - 13:23

j'ai adopté pas mal de concepts chez Reich aussi...
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http://www.freewebs.com/alangaja/fascisme2.html

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Re: étude du fascisme

Message  niouze le Mer 30 Mar - 22:51

tient j'ai vu que Larry Portis etait par chez moi pour une conf' mais j'ai oublier la date :pfffff:

_________________
"Il paraît que la crise rend les riches plus riches et les pauvres plus pauvres. Je ne vois pas en quoi c'est une crise. Depuis que je suis petit, c'est comme ça." coluche
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Re: étude du fascisme

Message  Invité le Jeu 14 Avr - 19:20

Entretien avec Larry Portis : « Qu’est-ce que le fascisme ? »


Larry Portis, ancien professeur à l’université de Montpellier, étasunien et auteur de plusieurs ouvrages d’histoire sur le syndicalisme et le fascisme, publie en décembre Qu’est-ce que le fascisme ? aux éditions Alternative libertaire. Il nous explique ses motivations et les idées clés de l’ouvrage.

Larry, après un premier livre intitulé Histoire du fascisme aux Etats-Unis, tu en proposes un deuxième sur la question, mais en situant plus largement le sujet. Pourquoi cette nouvelle exploration ?

Larry Portis : Je m’intéresse à l’extrême droite depuis que j’ai commencé à me préoccuper sérieusement de politique, il y a 45 ans. La raison principale : j’ai vécu une grande partie de mon enfance dans le Montana aux Etats-Unis où la pensée et les organisations d’extrême droite sont très présentes. De fait, mes premiers articles dans l’hebdomadaire de l’université concernaient le financement par de grands groupes de ces mouvances. Anecdote amusante : ces articles m’ont valu la visite d’un lobbyiste envoyé par l’un des groupes mis en cause. Mais, pour l’avoir éconduit, j’ai retrouvé le pare brise de ma voiture mystérieusement pulvérisé !

Au delà des raisons personnelles, mon but est de montrer que le jeu des partis politiques est en grande partie un écran de fumée dissimulant les influences occultes et la violence permanente contre toute instauration d’une démocratie participative directe. Enquêter sur le fascisme mène forcément dans les coulisses de la scène politique, d’habitude invisible au grand nombre.

J’ai fait ce deuxième livre sur le fascisme pour deux raisons. Tout d’abord : je pense qu’on vit un moment où les idées et les mouvements fascisants ressurgissent dans le monde capitaliste et en conséquence, qu’il faut en parler et se préparer à les combattre, et les présenter d’une manière claire, débarrassée de certaines élucubrations universitaires ou autres. Deuxièmement, et puisque mon premier livre n’abordait pas d’une manière soutenue la question de la définition de fascisme, j’ai pensé qu’il fallait le faire. Je vois beaucoup de confusion sur la question, autant chez les militants progressistes que dans la population générale.

Tu demandes : « Qu’est-ce que le fascisme ». Quelles difficultés pour y répondre ?

Larry Portis : La première est qu’il s’agit d’un mot contesté dès ses origines. Comme d’autres mots en isme – « socialisme », « populisme » – celui de « fascisme » désigne un phénomène complexe touchant à toutes les dimensions de la vie sociétale contemporaine. Ils aident à identifier les processus qui structurent notre vie personnelle et notre devenir collectif. Mais s’ils sont essentiels, les mots sont toujours défaillants. « Fascisme » fait appel à l’imagination analytique tout en démystifiant un processus existant dans la réalité, processus historiquement situé dont les significations s’ancrent dans des idéologies.

L’autre difficulté est que le mot « fascisme » est réifié, c’est-à-dire que le mot devient un objet représentant une réalité en soi, un peu comme « classe sociale ». Alors, comment continuer de l’utiliser tout en maintenant un minimum de rigueur conceptuelle ?

Enfin : la vulgarisation du terme. On appelle trop souvent « fasciste » une manifestation de violence ou d’autorité quelconque. Oui, le fascisme use de violence, mais toutes les manifestations de violence ne sont pas proprement « fascistes ». L’intervention politique exige une plus grande clarté d’expression. Sinon on ne peut pas espérer changer les choses.

A te lire, il ressort qu’il y a un véritable enjeu à définir avec précision le fascisme. Pourquoi ça ? Et laquelle retiens-tu au final ?

Larry Portis : Oui. L’enjeu est de taille parce que les idéologues capitalistes s’attachent à nier l’existence du fascisme, ou à en rejeter la responsabilité sur les victimes. Il est souvent avancé qu’en France ou aux Etats-Unis par exemple, un véritable fascisme n’a jamais existé, que le phénomène est spécifique à l’Italie de l’entre-deux guerres, ou que le nazisme n’était pas un « vrai » fascisme ! On fait aussi l’amalgame entre stalinisme et fascisme.

Or, il est faux de dire que les phénomènes sont identiques, ce qui serait fausser notre compréhension des dérives proprement socialistes. En disant qu’il n’y a pas de différence entre fascismes « brun » et « rouge », on n’est pas loin de dire que le fascisme a été enfanté par les révolutionnaires libertaires. Et c’est ce que dit un idéologue notoire dont les livres sont vendus dans les librairies libertaires !

Quant à moi, je propose une définition simple et « générique » comme point de départ : le fascisme est un mode de contrôle politique autoritaire et totalitaire qui émerge dans les sociétés industrielles capitalistes en réponse à une crise économique. Il existe comme idée et mouvement, et non seulement comme régime politique. Phénomène social à la fois simple et complexe, il faut en accepter l’ambiguïté pour en comprendre la dialectique.


Peux-tu préciser pourquoi le rapport fascisme-capitalisme est si étroit ?

Larry Portis : Le lien est direct entre, d’une part, le système de représentation politique développé avec l’émergence du capitalisme industriel et d’autre part, le fascisme.

Une certaine forme de liberté est au cœur du capitalisme : libre concurrence, mouvements libres des biens, des ressources, du capital et de la propriété, sont essentiels à son fonctionnement.

Parallèlement, le système politique qui sert à arbitrer entre les différents intérêts capitalistes est la démocratie représentative. Mais puisque ce système de production est aussi fondé sur l’exploitation, le système de représentation permet aux dominants, via les communications de masse et les institutions éducatives, de manipuler et contrôler l’apparence d’une égalité civique.

Il y a pourtant des moments où la production capitaliste entre en crise et ne peut plus subvenir aux besoins du plus grand nombre. C’est le moment où le système des institutions politiques devient dangereux, et si la masse des travailleurs devient trop exigeante et incontrôlable, des moyens exceptionnels de contrôle – autoritaires et totalitaires – sont appliqués. Les idées, les appareils politiques et leurs personnels sont toujours prêts, en attente, et soutenus par des possédants soucieux de garder leurs privilèges et leur pouvoir. C’est ainsi que le fascisme existe à l’état latent, ou larvé, à l’intérieur même des institutions politiques libérales, dites démocratiques.

Pour toi, racisme d’état, dérive autoritaire et sécuritaire ne suffisent pas pour parler de fascisme « réel ». Quelle est la situation aujourd’hui ?

Larry Portis : Le racisme est une idéologie qui a ces origines dans l’essor du capitalisme commercial moderne impulsé par les conquêtes européennes des XVe et XVIe siècles. La notion de races conçues comme espèces humaines biologiquement inégales, a émergé pour justifier la domination et l’exploitation des « inférieurs ». Que cette idée persiste pendant l’ère industrielle et même « post-industrielle » n’est pas particulièrement étonnante.

Si dans la plupart des « démocraties » libérales, la discrimination implicite dans l’idée de « race » n’est pas acceptée formellement par les institutions, elle reste utile pour stigmatiser une partie de la population et mobiliser les autres. Diviser pour renier, créer des boucs émissaires en temps de « crise », autant des pratiques employées depuis toujours par patrons et politiques. Les fascistes pousseront la logique jusqu’au bout. Il y a de nos jours en France une « xénophobie d’État » s’appuyant sur des sous-entendus racistes sans pour autant affirmer de thèses racistes.

Mais les conditions se réunissent pour favoriser l’acceptation des attitudes et des idées exploitables par le fascisme. Si, comme je le pense, nous n’en sommes qu’au début d’une crise économique et politique capitaliste, il faut se préparer à lutter contre un renouveau du fascisme sous toutes ses formes.

Propos recueillis par Cuervo AL95

* Larry Portis est notamment l’auteur de Les Classes sociales en France. Un débat inachevé (1988) ; IWW. Le syndicalisme révolutionnaire aux États-Unis (2003) ; La Canaille ! Histoire sociale de la chanson française (2004) ; Histoire du fascisme aux Etats-Unis (2008).

* Larry Portis, Qu’est-ce que le Fascisme ? édition Alternative libertaire, 9 euros, 120 pages

Cet ouvrage est aussi disponible sur la boutique en ligne des éditions d’AL.
... et dans toutes les bonnes bibliothèques !
@ niouze : si tu as l'occasion d'aller le voir, ne le loupe pas, il est, en plus, passionnant à écouter.
Source :
Alternative libertaire

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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Jeu 21 Avr - 11:31

Si, comme je le pense, nous n’en sommes qu’au début d’une crise économique et politique capitaliste, il faut se préparer à lutter contre un renouveau du fascisme sous toutes ses formes.

.........................
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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Sam 28 Mai - 11:58

Du mensonge economique au fascisme financier
http://www.agoravox.fr/actualites/economie/article/du-mensonge-economique-au-fachisme-94934
Qu'est ce que le capitalisme ? C'est un systeme économique qui prétend créer de la richesse en opposant ses participants par la concurrence. Un jeu en quelque sorte, comme le monopoly par exemple. Elle induit deux choses : l'obligation absolue d'un concurrent (essayez de jouer au monopoly tout seul), un gagnant et un perdant. Le capitalisme est donc un systeme binaire gagant-perdant basé sur l'opposition de deux parties.

Le premier mensonge : "le systeme capitaliste crée de la richesse." est idéologie pronée par les pouvoirs en place. Or aucun système quelqu'il soit ne crée de la richesse. Et même si c'était le cas, ça n'a aucun intérêt car seul l'homme donne de la valeur à une chose. En d'autres termes, le systeme capitaliste sans l'humain n'a aucune valeur. Ce qui veut dire que tout pensée politique, économique et sociale qui tend à fondée sa société sur autre chose que l'humain est vouée à l'echec et conduit irrémédiablement à l'écroulement de ce système. Elle nous amène à une vérité absolue : que seul l'humain crée de la richesse.

Ainsi toute société qui n'envisage sa structure que sous l'angle capitaliste et financier est appelée à disparaitre en implosant par l'épicentre : l'argent . En ne reconnaissant plus de valeur à ce qu'est l'humain, en dévaluant sans cesse l'humain et ce qu'il apporte par sa création, l'humain décroche de cette société, et sans humain il n'y a plus de société qui tienne.
Ainsi toutes les sociétés occidentales sont appelées à disparaitre, ainsi que toutes les sociétés qui auront suivi leur modèle basé uniquement sur la valeur argent par morcellement et éclatement de ce modèle....

La crise économique que nous venons de traverser n'en ai que le reflet, c'est un seisme qui nous prévient du danger, tout comme les autres seismes économiques que nous traversons depuis trentes ans... Il va y en avoir d'autres, de plus en plus forts, de plus en plus impactant sur nos sociétés, de plus en plus mortels pour les plus démunis....La violence de nos sociétés dites modernes en est l'autre témoin : des humains prônant leurs propres règles de vie, redéfinissant leurs propres territoires, recréant leurs propres sociétés à l'interieur de la société, car le système économique, social et politique les a rejeté à l'extérieur de ses frontières...

Le second mensonge idéologique est la concurrence. Le système capitaliste s'appuye l'opposition de deux parties au minimum. C'est à dire que sans concurrent, le systeme capitaliste s'écroule, irrémédiablement, puisqu'il na plus lieu d'être...J'en veux pour preuve, que celui ci traverse des crises successives depuis la chute du mur de berlin, symbole de la fin du modele s'opposant au capitalisme. J'en veux pour preuve la nécessité absolue pour Bush d'inventer des armes de destructions massives afin de créer un opposant, j'en veux pour preuve 15 ans de chasse à l'homme...Tant qu'il n'était pas arrété, tant qu'il était en vie, il y avait un opposant...Pourquoi a t'on déja trouvé un remplaçant ?

Le troisieme mensonge est les ressources illimitées. Or notre vie et notre survie dépend de notre environnement. Elle constitue dès lors une forme de richesse. Nous le savons tous aujourd'hui, La Nature n'a pas de ressources illimitées. De ce fait le système capitaliste n'est pas basé sur la création de richesses mais sur le fait d'acquerir les richesses de l'autre. On déshabille Paul pour habiller Jacques, non dans le partage juste et équitable mais dans l'anéantissement de l'autre. De ce fait nous pouvons dire qu'il y aura toujours un perdant, un pauvre, un dépossédé qui sera exclu car justement il n'a plus de richesse à mettre dans le jeu capitaliste.

Ainsi le modèle économique libéral n'oeuvre pas pour le bien de l'humanité. Il ne peut engendrer que de la rancoeur, de l'exclusion, et au final des guerres entre ceux qui ont et ceux qui n'ont pas...Dés lors, nous pouvons voir dans le jeu capitaliste un systeme binaire gagnant-perdant, qui conduit systématiquement au chiffre 1, a celui qui a tout les pouvoirs, à la dictature. Maintenant que j'ai battu tous mes concurrents, que je suis au sommet, que je possède tout, que faire ? Il ne peut y avoir que deux alternatives :

Soit vous imposez aux autres votre pouvoir, votre suprématie, c'est a dire que vous vassalisez les populations, vous leur imposez votre pouvoir, vous imposez aux pauvres ce qu'il doit etre et faire... c'est la dictature, le fascisme financier... Idéologie qui semble remporter beaucoup de suffrage politique actuellement, en particulier dans tous les pays occidentaux...

Soit vous redistribuez votre richesse accumulée, pour ne pas que ceux qui n'ont plus viennent vous menacer, tout simplement parce que vous vous retrouvez tout seul, isolé tout en haut de votre pouvoir absolu. L'histoire ne manque pas d'exemples de pouvoirs absolus et de ce qu'ils sont advenus...Tout simplement parce que c'est un non sens, c'est une négation de la vie et de l'humanité.
Vous remarquerez quel choix a fait Bill Gates qui a amené Microsoft au sommet. Vous remarquerez de la même façon quel choix prétend faire le gouvernement français actuel ou ce que sous entend les propos de Monsieur Wauquiez ou la politique européenne menée par la banque centrale...

Ainsi dans tous les cas de figures, le systeme capitaliste et liberal ne pourra jamais apporter la paix car il est basé sur une violence faite à l'autre. Le systeme capitaliste est violent et s'appuye sur l'opposition. Donc toute forme d'opposition violente au système capitaliste, ne permet pas de lutter contre ce système, bien au contraire, il le justifie. Ce qui veut dire que le terrorisme qui prétend lutter contre le systeme capitaliste ne fait que le renforcer et permet de justifier sa propre violence....c'est pas pour rien que des entreprises capitalistes fournissent des armes aux terroristes, puisque ça permet au capitalisme non seulement d'exister, mais aussi de véhiculer l'idée du besoin de sécurité et de contrôle des libertés individuelles et collectives... A partir de là, la porte est ouverte à tous les abus...

Nous avons pu voir l'inéfficacité du pouvoir politique face la crise financière mondiale que nous traversons, incapable de réguler les marchés. Le systeme financier ne disposait alors que du pouvoir sur nos salaires qui doivent passer obligatoirement par les banques...Alors que le gouvernement français est en cours de démantellement du socle social français, il brise le ciment de notre société. En privatisant la santé mais aussi les retraites et l'education qu'il donne au systeme financier, il nous rend encore plus dépendant d'un modele irréaliste, nous transforme en esclave de ce systeme, met en place tous les mécanismes nécessaires au fachisme financier, à la dictature capitaliste, tout comme dans le modele americain ou plus de la moitié des américains viennent de perdre leurs retraites, et dont plus de 30% de la population ne dispose d'aucune couverture médicale, pres de 25% de la population ne peut accéder à l'éducation et ou les laissers pour compte, les bandes, la violence et les territoires de non droits sont exponentiels. Où le pays est au bord de l'abîme financière...
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Re: étude du fascisme

Message  spike le Jeu 18 Aoû - 16:54



Un bon article du blog Luftmenschen au sujet d’un fait divers copieusement relayé par la presse, censer prouver le « racisme anti-blanc » (disponible en cliquant sur l’image).

D’ailleurs, le concept de racisme anti-blanc est constitutif de l’extrême droite actuelle. Il est très important de le comprendre car il vise à faire croire à une « oppression de la majorité par les minorités ».

Evidemment, le racisme institutionnel est complètement nié. Il n’y aurait qu’une opposition entre des « envahisseurs » barbares et une « nation française » incapable de se défendre à cause d’une « bien-pensance culpabilisatrice de gauche ».

Cette vision du monde est fausse et réactionnaire. La vérité, c’est que la question est beaucoup plus complexe.

D’un côté, il y a un état français profondément raciste: le passé colonial a de beaux restes, les comportements des médias, de la police, des institutions (négation des cultures différentes à l’école par exemple) nous le rappellent au quotidien. Une partie de la gauche « républicaine » est raciste elle aussi, sans s’en apercevoir, voulant intégrer de force par la négation, niant les identités régionales et les minorités nationales, leurs droits, leurs spécificités. Cette vision ne tient pas non plus la route, c’est seulement le dernier soubresaut de la république bourgeoise se pensant progressiste.

De l’autre, il y a une part de la société française issue de l’immigration (européenne, nord-africaine, africaine). Ces populations ne sont pas arrivées ici par hasard, ni à cause d’un quelconque « complot mondialisto-gauchiste » ou autre connerie.

Elles sont venues en France pour de multiples raisons: pour reconstruire le pays après la seconde guerre mondiale, parce que les pays d’origine sont exploités par l’impérialisme (français surtout) qui empêche tout développement, par la suite de guerres coloniales…

A qui l’extrême droite en veut-elle tant alors? Aux immigrés de première génération, n’étant surement pas partis avec plaisir de leurs pays pour (sur)vivre en France? Ou aux générations suivantes n’ayant pas non plus eu le choix, à qui on n’offre qu’un quotidien morne, dépolitisé, dans des tours construites sur le modèle des prisons, où les seules échappatoires offertes sont la réussite individuelle, la défonce, voire le service dans l’armée pour être la chair à canon de l’impérialisme?

Ces banlieues pourtant, sont caractérisées par un grand métissage, la dépolitisation n’empêchant pas la solidarité et le refus de l’autorité étatique, et un dynamisme culturel.

La « haine du blanc » que nous vend la droite, ne serait-ce pas en grande partie une haine de classe, une haine des exploiteurs, apparue dans un contexte de rejet total de ce monde des quartiers?

Bien sûr, les insultes racistes contre les blancs existent, tout comme des agressions. Le problème est de le mettre sur le même pied que (puis de le faire remplacer) le racisme institutionnel, généralisé, que subissent les populations de banlieues (qu’elles soient noires, blanches, arabes, peu importe) et les immigrés, les pauvres en général.

On les accuse d’être le produit du désert humain dans lequel on a voulu les enfermer. La vraie haine, c’est celle du peuple qu’a la classe dominante.

Deux choses encore: la place du patriarcat, qui ne vient pas exclusivement d’une « culture musulmane brutale » contrairement à ce que disent nos ennemis. Elle est très importante, comme dans toutes les sociétés capitalistes. L’extrême droite est d’ailleurs bien mal placée pour en parler, au vu de la place qu’ils réservent à tous les êtres jugés faibles, les femmes pour commencer… Le patriarcat explique beaucoup de comportements violents contre les « faibles ».

Ensuite, la place des fiertés nationales; toute la droite aime s’indigner dès qu’elle voit des t-shirts aux couleurs de pays du Maghreb. Beaucoup de pseudo gauchistes et de bobos républicains ont le même discours. Ça en arrive immanquablement à « …eux ils ont le droit, alors que nous on ne peut pas porter de drapeau tricolore ni chanter la marseillaise ». Ce genre d’argumentaire oublie que la France est un des premiers pays impérialistes au monde, qu’elle continue d’exploiter ses anciennes colonies d’Afrique, qu’elle nie les droits des peuples intérieurs (Corses, Bretons, Basques…). Lever n’importe quel autre drapeau face à ça, c’est un geste populaire de défi face au système. Le chauvinisme doit être détruit là où il se trouve. Si la « gauche » avait fait son travail en banlieue, ce seraient des drapeaux rouges ou noirs qui se lèveraient. Et au vu des productions de rappeurs (de Ape à Médine, de Public Enemy à Calavera, de 2 bal à Brav), le peuple n’a pas attendu le messie pour se conscientiser.

Donner le pouvoir au peuple c’est permettre à chacun de vivre décemment là où il est né si il le veut, c’est donner une place dans la société et une liberté que nous refusent ce système.

Ceux qui ont vécu en banlieue, ceux qui sont victimes du système – les femmes, les immigrés, les exploités – savent déjà tout ça.

L’intérêt commun, le vecteur de rassemblement, ce sera donc la révolution: tous ont intérêt à ce qu’une révolution populaire, internationale, totale, vienne renverser cet ordre barbare.

D.
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Re: étude du fascisme

Message  spike le Dim 4 Sep - 1:22



Il est très agaçant d’entendre répété par les sympathisants du Front National sur les forums ou à la télévision que voter FN serait le geste suprême de rébellion contre la « bien pensance » et le « système UMPS » (ça va chercher loin…). Feu de Prairie a été intrigué par ce postulat car il ne trouvait pas évident que beugler « vive la France » dans un système tenu par la droite la plus chauvine soit particulièrement subversif, ni que Marine Le Pen, égérie des plateaux télé et des médias du système, soit une figure underground de la résistance contre le libéralisme. Il était donc intéressant de creuser un poil cette question, notamment du côté de l’Histoire et en particulier de De Gaulle.

On ne peut pas évoquer l’Histoire de la droite française sans passer par la figure du Général, qui occupe une place immense dans l’imaginaire populaire français, avec tous les « héros nationaux » reliés , le mythe de l’unité nationale, le patriotisme bon teint, le fantasme de la France faisant cavalier seul en politique internationale, etc. C’est aussi pour cela que des gens se pensant sincèrement de gauche s’identifient à De Gaulle, alors qu’il n’a fait que maquiller l’impérialisme français pour le faire perdurer.

Comme Jaurès ou Camus, ce personnage servant de caution intouchable au colonialisme doit être particulièrement visé et critiqué. Il est temps de renverser les idoles.

Petit rappel des faits historiques : en 1945, alors que le plus grand conflit qu’ait connu le monde se termine, notre De Gaulle est représenté comme le sauveur de la France, qui a héroïquement résisté (enfin, à Londres, quand les réseaux de résistance communiste subissaient au quotidien répression, torture et assassinats) et qui unit tous les français (comprendre : la gauche modérée et la droite, les principaux partis bourgeois).

Le Parti Communiste est ménagé : il est puissant, mais surtout inoffensif, miné par une faiblesse idéologique le travaillant depuis les années 30, qui l’a poussé par exemple à rendre les armes en 1945.

Toute la France est-elle donc gaulliste ? Non ! Des irréductibles résistent encore et toujours : les inconditionnels de Pétain. Normalement, ce nom doit être autant honni par la droite que De Gaulle est adoré. Et pourtant, il n’y a pas de fossé extrême entre les deux, osons le dire. La théorie pétainiste dite de l’épée et du bouclier, selon laquelle les deux hommes ont défendus la France à leur manière, n’est pas complètement fausse : ce sont deux représentants d’une même classe sociale, la bourgeoisie patriote/militaire, qui se forme aux mêmes écoles (l’école de cadre d’Uriage par exemple, fondée par Pétain et qui alimentera le régime gaulliste), ayant une vision politique semblable.

Seulement, Pétain a été « sacrifié » par la bourgeoisie impérialiste au profit de De Gaulle, l’homme de la situation. Les apparences sont sauves. Les pétainistes ne pardonneront jamais ce reniement, notamment la branche dure de la bourgeoisie coloniale qui avec l’OAS combattra par les armes la branche modérée. Il y a toujours une lutte de ligne, n’oublions pas.

Pendant vingt bonnes années De Gaulle aura donc les mains libres pour restaurer le patriotisme français en développant… l’anticommunisme (avec sa milice, le SAC), l’antisémitisme (« un peuple d’élite sûr de lui et dominateur »), le racisme (la fameuse identité blanche et catholique). Rien de nouveau sous le soleil.

L’extrême droite pendant toutes ces années ne s’est pas remise idéologiquement de l’indépendance de l’Algérie (à part peut-être le courant nationaliste-révolutionnaire). Il faut attendre les années 80-90 et la montée du FN, qui dans un long processus trouvant sa conclusion dans Marine Le Pen, réhabilite De Gaulle par une pirouette dialectique qui ne manque pas de culot mais a en fait sa logique.

Dans son discours, les « résistants » sont les patriotes ; la France est envahie par les « islamo-fascistes » ; quant aux collabos, ce sont… les « gauchistes », bien sûr. C’est le grand écart avec les origines du front national, dans le discours du moins. Nous revoilà en 39-45, avec le Maréchal à Londres et un imam à Berlin…

Bien sûr les pétainistes s’organisent à la droite du FN (avec le comité du 9 mai par exemple), car le fascisme étant un mouvement et non un parti, ce genre de contradiction n’est pas antagonique.

Quelle différence avec la droite française modérée alors ? Le rejet des immigrés ? Mais voyons, écouter cinq minutes le discours de Guéant suffit à comprendre que l’UMP partage ces « valeurs ». Les Rroms ? Idem. L’Identité Nationale ? Pareil. L’économie ? Presque pareil. Le programme du FN, en bon parti pré-fasciste, s’est légèrement socialisé par soucis de populisme, mais il a toujours été très fluctuant, passant de l’ultra-libéralisme du début à une version « droite sociale » actuellement. Fidélité aux principes nationaux sans doute ?

Bref, les seules différences entre l’UMP et le FN sont quantitatives (le FN fait « plus »), pas qualitatives (le FN n’envisage pas l’économie politique différemment). D’où le recours abusif aux faits divers pour masquer le vide. Chômage, précarité, délocalisations, catastrophe écologique ? On vous répond quick halal et prières de rue pour mobiliser la communauté nationale contre « l’ennemi intérieur ».

C’est également pour ça que Marine n’a pas eu de soucis à se rapprocher de l’extrême droite israélienne (pays où elle a voyagé récemment), très proche de ses idées une fois l’antisémitisme provisoirement mis de côté (il ne reste que le tabou américain ; le FN est séparé de la droite américaine ultra uniquement par une conception différente de l’état, qui selon leurs cousins d’outre-atlantique devrait être réduit à ses fonctions régaliennes).

En comprenant la nature des différentes composantes de la droite et leurs liens, on peut donc prévoir leurs lignes politiques. Par exemple quand le FN s’opposait à l’intervention en Libye, ce n’était pas pour refuser héroïquement de vendre des armes ou de piller le pétrole, mais parce que selon eux le jeu était trop risqué pour les intérêts français (pertes militaires probables, paranoïa de la solution islamique, etc). Deux possibilités pour une même classe impérialiste.

Revenons finalement à l’autre exemple de taille, l’économie : le FN n’a pas une vision cohérente du capitalisme comme système économique. Il se base sur un prolétariat en voie de déclassement – auquel il offre des solutions illusoires – mais surtout sur les artisans, petits commerçants, petits patrons (la famille Le Pen elle-même est très bourgeoise)… Pour ces classes sociales, il défend exactement la ligne fasciste traditionnelle : rejet apparent du « libéralisme » opposé à un bon petit capitalisme « bien de chez nous », dans une pure vision moraliste, métaphysique des rapports sociaux. Il y a d’un côté les multinationales apatrides et bien sûr étrangères (les fanas d’antisémitisme trouvent ici leur place), de l’autre le courageux entrepreneur français. Et les salariés ? Eh bien, ils n’ont qu’à se serrer la ceinture, s’en prendre aux arabes (remplacé par « musulmans », c’est plus à la mode) , aux « extra-européens », aux rroms, à la gauche, etc. Le tout est d’obtenir une pleine collaboration des travailleurs avec leur patron dans l’intérêt souverain de la France, en étouffant toute contestation sociale.

Le premier ennemi du FN, ce sont les travailleurs. Si on peut accuser ce parti d’être des collaborationnistes, c’est bien de collaboration de classe qu’il s’agit.

Rien de nouveau à droite, donc.

D.
http://feudeprairie.wordpress.com/2011/09/02/droite-et-extreme-droite-la-figure-de-de-gaulle-et-la-construction-du-discours-du-fn/
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Re: étude du fascisme

Message  spike le Dim 23 Oct - 16:00



L'extrême droite: mieux la connaitre pour mieux la combattre !
À quoi ressemble l’extrême droite aujourd’hui ? Quelle est la place du Front national ? Combien de groupes y a-t-il à sa marge, et que représentent-ils vraiment ? Pas facile aujourd’hui de répondre. Face à une extrême droite en perpétuelle évolution, cherchant de plus en plus souvent à brouiller les cartes pour mieux se refaire une virginité et apparaître plus forte qu’elle ne l’est, il vaut mieux connaître les histoires, les alliances et les positionnements de ces différents mouvements pour mieux anticiper leurs actions et leurs politiques. Le schéma que vous trouverez aux pages suivantes, ainsi que les repères historiques ci-dessous, permettent d’y voir plus clair.
L’extrême droite à l’automne 2011 apparaît comme extrêmement morcelée, avec un nombre de groupuscules et des alliances parfois contre-nature entre certains courants ou groupes politiques. Cela s’explique par une grande confusion idéologique qui règne dans le milieu nationaliste. À travers cet organigramme, qui ne peut qu’être éphémère, nous avons tenté de dresser le bilan de cette extrême droite, en terme d’alliance et de positionnement, afin de permettre à chacun(e) de s’y retrouver. Avec les présidentielles de 2012, il y a pourtant fort à parier que la situation exposée ici aura évolué d’ici quelques mois, probablement avec des rapprochement inédits. Nous avons essayé d’être les plus exhaustifs possible, mais en ne nous intéressant qu’aux partis et groupuscules ayant une activité, même réduite, dans le monde réel et pas seulement sur internet, et de ce fait pouvant représenter un danger physique ou politique pour les militants. Ainsi, nous avons volontairement mis de côté les sites internet comme François de Souche, à l’audience proche de certains grands sites d’info, mais dont l’activité se limite finalement au relais d’informations sur des faits divers glanés ici et là et à la libre expression d’un racisme qui trouve là son exutoire.
Mais pour bien comprendre la situation actuelle, il est nécessaire de replacer cette distribution des rôles dans une perspective historique : car si la très grande majorité des groupes nationalistes ici présentés sont nés dans les années 2000, ils sont tous, de par l’histoire de leur formation ou celle de leurs dirigeants, ancrés dans l’histoire contemporaine de l’extrême droite telle qu’elle s’est construite à partir des années 1980, avec l’émergence du FN.
Les années 1980-1990
Si aujourd’hui une chatte n’y retrouverait pas ses petits, du début des années 1980 au début des années 2000, l’extrême droite française était organisée de façon assez simple. Le Front National (FN), qui regroupait plusieurs familles de la mouvance nationaliste (catholiques, anciens de l’Algérie française, nostalgiques du fascisme et du nazisme, anticommunistes, ultra-libéraux…) occupait la plus grande partie de l’espace politique et public de ce courant de pensée, laissant à sa périphérie divers groupuscules dont la marge de manœuvre était très limitée : l’Œuvre française, le GUD, le Parti Nationaliste Français et Européen (PNFE), Troisième Voie, Unité Radicale (UR)… Si certains finissaient par rallier le FN, d’autres choisissent la surenchère idéologique et la violence comme moyen d’expression, voir le terrorisme (cf. les attentats du PNFE contre des foyers Sonacotra). La mainmise de Le Pen sur le FN et sa réussite médiatique ne laissent alors que peu deplace à une autre personnalité ou mouvement venu le concurrencer, obligeant les autres formations à se soumettre ou à engager une longue traversée du désert.
Le FN connaît ses meilleures années au milieu des années 1990, que ce soit sur le plan électoral ou au niveau de son appareil militant. C’est alors une machine de guerre, avec un service d’ordre composé en grande partie d’anciens professionnels de la sécurité, mais surtout avec de nombreux militants capables de se mobiliser pour n’importe quel événement.
Les années 1990 sont également marquées par une recrudescence de la violence d’extrême droite, avec plusieurs morts, les victimes étant toutes des Français d’origine étrangère. Plusieurs militants du FN sont impliqués dans des meurtres à caractère raciste. La fin des années 1990 marque la fin de l’hégémonie du FN sur l’extrême droite française, avec en 1998 la scission provoquée par Bruno Mégret, alors n°2 du FN, qui quitte le parti avec de très nombreux cadres et militants pour créer une nouvelle structure, le Mouvement National Républicain (MNR). Cette brèche, ouverte dans la suprématie frontiste, permet à certains mouvements nationalistes de récupérer des cadres et militants du parti lepéniste, déçus par les tensions existant entre le FN et le MNR.

Les années 2000
Le 11 septembre 2001, le conflit israélo-palestinien et l’émergence de certains communautarismes radicaux bouleversent profondément le champ politique à l’extrême droite, avec d’un côté une extrême droite traditionnelle, restant sur ses bases, et de l’autre des mouvements prêt à passer ponctuellement des alliances inédites : on voit alors des groupes nationalistes s’allier avec militants en perdition venus de la gauche (Dieudonné, Riposte laïque) ou se prétendant venir de la gauche (Alain Soral).
Parallèlement, l’émergence de Marine Le Pen à la tête du FN et ses orientations stratégiques ont entraîné un important désintérêt des jeunes d’extrême droite et des militants nationalistes radicaux pour le FN, même si le parti, surtout lors des périodes d’élections, attise toujours les ambitions et les intérêts de nombreux nationalistes. Alors que le parti n’est plus capable de recouvrir les murs des villes de France d’affiches ou de mettre dans la rue des milliers de gens comme par le passé, faute de militants de terrain, le FN enregistre de nombreuses adhésions de sympathisants, qui ne sont cependant pas prêts à se salir les mains. La nouvelle stratégie du FN version Marine est basée essentiellement sur lesmédias. Bête médiatique comme son père, Marine est présente quotidiennement à la télé ou la radio. Elle a réussi à rallier à elle des
personnalités médiatiques comme Gilbert Collard, ce que son père n’avait jamais réussi à faire. En interne, elle organise la chasse aux sorcières de tous ceux et celles qui pourraient s’opposer à elle ou dont les positions trop radicales pourraient la gêner dans sa quête médiatique et politique de normalisation du FN.

NOTRE ANTIFASCISME
La lutte antifasciste se résume trop souvent à une simple opposition à l’extrême droite, ce qui l’empêche de prendre une véritable dimension politique. Pour nous, l’antifascisme se définit avant tout par des pratiques : l’information, la confrontation, la solidarité. Mais l’expérience nous a appris que certains principes sont fondamentaux, car tout antifascisme cohérent ne peut être qu’autonome, révolutionnaire et internationaliste. L’antifascisme n’est à nos yeux ni une posture, ni uneposition de principe, mais quelque chose de dynamique, un engagement réel. Il existe bien des façons de lutter contre l’extrême droite, à condition de n’en négliger aucune.

Informer
C’est un préalable à tout travail antifasciste, tant l’extrême droite est un objet de fantasmes. Presque toujours sous-estimée ou surestimée, l’extrême droite provoque chez ceux qui s’y confrontent à la fois un sentiment de rejet viscéral et de fascination, deux réactions compréhensibles, mais qui ont tendance à développer respectivement la mauvaise foi et l’extrapolation. C’est également un sujet sur lequel il est permis de dire n’importe quoi, puisque tout serait bon pour lui nuire. Pour les médias de masse, l’extrême droite est avant tout un sujet à scandale : c’est donc surtout sa violence, son folklore et sa marginalité qui sont mis en avant. Dans les publications militantes, l’extrême droite est souvent présentée comme une absurdité politique, dont le discours et les pratiques sont avant tout stupides et « haineux », ou comme l’incarnation du mal absolu. Ce travail de recherche d’information se fait à plusieurs niveaux : dans la presse, en particulier locale, dans les publications universitaires ou politiques, mais aussi et surtout sur le terrain, en collectant des informations à la source. C’est ce travail de terrain qui permet aussi de contourner la contre-information que fait l’extrême droite sur ses propres activités, en particulier sur Internet. Une fois l’information collectée et traitée, il reste à la diffuser, afin de tenter de contrecarrer cette désinformation et de dissiper les représentations erronées.

S’opposer
Mais la simple dénonciation ne suffit pas, et ce n’est d’ailleurs pas l’objectif du travail de recherche antifasciste. Son but est de permettre à l’action antifasciste de définir des objectifs à la fois pertinents et réalistes, d’apprécier le rapport de force et d’utiliser les moyens les mieux adaptés. Il est évident que tous les moyens d’actions (manifestations, harcèlement, attaques directes, campagnes de presse...) ne se valent pas selon le groupe ciblé (parti institutionnel comme le FN, groupes informels violents, associations religieuses…) et l’objectif visé (provocation, dénonciation, interdiction…). Mais réfléchir sur l’utilisation des moyens ne veut pas dire hiérarchiser ces différentes formes d’actions, en opposant par exemple actions publiques non violentes et actions de rue plus radicales. La question de la violence ne doit pasêtre prise comme prétexte pour moraliser l’antifascisme, et condamner les antifascistes qui s’opposent physiquement aux fachos, au nom d’un consensus mou qui assimile légitimité et légalité. Cependant, les affrontements de rue, vus de l’extérieur, peuvent donner l’idée que fascistes et antifascistes sont deux groupes antagonistes uniquement préoccupés l’un de l’autre. C’est pourquoi il faut toujours lier la confrontation avec l’extrême droite à d’autres formes de lutte. L’action directe n’empêche d’ailleurs pas la démarche unitaire, à condition qu’elle ne soit pas une simple alliance de circonstance.

Être solidaire
Enfin, la lutte antifasciste ne se définit pas uniquement par rapport aux activités de l’extrême droite : elle doit aussi se montrer solidaire, non seulement à l’égard des victimes de l’extrême droite, mais aussi entre les antifascistes eux-mêmes. Organiser la solidarité antifasciste est une nécessité, car comme toutes les luttes de résistance, elle se retrouve en butte à la répression et ce d’autant plus qu’elle est parfois, par la force des choses, à la limite de la légalité. Cette solidarité passe bien entendu par un soutien concret en cas de poursuites judiciaires mais pas seulement.
Car la solidarité antifasciste ne doit pas s’organiser uniquement face à la répression, mais aussi en multipliant les rencontres et les actions communes, afin de permettre aux groupes antifascistes de partager des informations et d’échanger sur leurs pratiques, mais aussi de se rencontrer afin de mieux se connaître ; c’est une autre façon de montrer à l’extrême droite qu’une résistance organisée se met en place et que les antifascistes ne sont pas isolés.

Autonome, révolutionnaire et internationaliste
Lutter contre l’extrême droite, d’accord, mais pas n’importe comment. En premier lieu, notre antifascisme est autonome, à l’égard de l’État comme des partis électoralistes. La société française contemporaine s’est constituée, à la Libération, sur l’antifascisme, et pour cette raison tous les partis politiques sont « antifascistes ». Pour affirmer sa distance à l’égard de cet antifascisme républicain et pour être capable d’analyser l’extrême droite dans toutes ses dimensions (et pas seulement comme simple ennemi de la démocratie libérale), notre antifascisme est très clair sur ses positions quant aux opérations répressives de l’État contre l’extrême droite : toutes les opérations policières contre les groupes fascistes peuvent tout aussi bien être utilisés contre d’autres contestataires, en l’occurrence les antifascistes eux-mêmes. Les procédures judiciaires (interdiction, dissolution…) ne sont pas des armes politiques au service de l’antifascisme, mais des outils au service de l’État qui protège ainsi le modèle de société qu’il représente. De même, le vote n’est pas une arme efficace contre l’extrême droite, car il délègue à d’autres le soin de lui faire barrage : pas question de signer un chèque en blanc aux partis de droite comme de gauche qui ont montré des années durant de quelle façon ils recyclaient les idées du Front national une fois arrivés au pouvoir.
Ensuite, notre antifascisme est révolutionnaire : être antifasciste aujourd’hui dans nos sociétés libérales, c’est placer la critique de l’État et du capitalisme au cœur de l’analyse du processus de fascisation. L’antifascisme est donc le pire produit du fascisme s’il ne vise que l’ennemi désigné par l’État libéral : pour mener un antifascisme digne de ce nom, il faut donc que sa fin et ses moyens soient clairement replacés dans un projet global de changement social. À nous de trouver, à partir delà, les formes de lutte les plus susceptibles de leur infliger un maximum de dégâts.
Enfin, notre antifascisme est internationaliste, car c’est évidemment la meilleure réponse aux logiques nationalistes : abolition des frontières, libre circulation, solidarité internationale, rejet des logiques de guerre, telles sont les revendications indissociables de notre lutte antifasciste. L’extrême droite se développe dans chaque pays de façon différente, parce qu’elle est le produit de la société qui la voit naître : c’est par la connaissance de la diversité des situations que l’on peut mettre en perspective sa propre situation, les enjeux de l’antifascisme ici et là-bas et organiser des réseaux de solidarité antifasciste internationale.


ORGANIGRAMME VISIBLE SUR LE SITE!
http://redskins-limoges.over-blog.org/article-l-extreme-droite-mieux-la-connaitre-pour-mieux-la-combattre-86410752.html
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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Mar 27 Jan - 10:08

Du fascisme et de ses regurgences comtemporaines
http://www.humanite.fr/du-fascisme-et-de-ses-regurgences-comtemporaines-563715
Par Jean-Yves Mollier, professeur d’histoire contemporaine à Université de Versailles Saint-Quentin-en-Yvelines.


Le ventre est encore fécond d’où a surgi la bête immonde, écrit Bertolt Brecht dans l’épilogue qui clôt La résistible ascension d’Arturo Ui en 1941. Songeant au fascisme et, plus particulièrement au nazisme, le dramaturge ne pouvait sans doute imaginer que soixante-dix ans plus tard le totalitarisme se couvrirait du masque de la religion pour ressurgir de façon foudroyante et menacer à nouveau les populations soumises à sa domination. En voyant des jeunes femmes et des jeunes hommes quitter la France pour la Syrie, certains n’ont pas hésité à proposer une comparaison avec la guerre d’Espagne et la formation des Brigades Internationales. C’est oublier un peu vite que ceux qui abandonnèrent famille, travail et amis pour risquer leur vie sur le front de l’Ebre le faisaient pour aider une République, celle du Frente Popular, menacée par un soulèvement nationaliste et encouragée militairement par l’Italie mussolinienne et l’Allemagne nazie. Si l’on veut esquisser un parallèle historique avec cette époque et cette guerre dont la toile de Picasso, Guernica, dit l’horreur, c’est aux troupes étrangères qui rallièrent la Phalange que l’ont doit penser. Dans les deux cas en effet, c’est au nom de valeurs inspirées par une certaine idée de leur religion, hier le catholicisme intransigeant exacerbé par sa phobie du marxisme, aujourd’hui le fondamentalisme islamique refusant toute autre conception de l’Islam, y compris le chiisme, que des combattants étrangers se sont mobilisés ou acceptent de tuer tous ceux qui ne pensent pas comme eux. En ajoutant immédiatement que dans l’Espagne de 1939, tant à Madrid qu’à Barcelone, les troupes franquistes pratiquèrent des autodafés pour faire disparaître toute trace de pensée hétérodoxe, on aura compris que, si comparaison n’est pas raison, il est légitime de s’interroger sur une possible parenté entre le fondamentalisme du XXIe siècle et le fascisme ou le totalitarisme qui ensanglantèrent le précédent.

S’il est vrai que le fascisme installa le parti unique au centre de sa conception de l’Etat, lui confia des pouvoirs policiers et militaires considérables, qu’il élimina toutes les oppositions pour imposer sa vision du monde, qu’il encadra la jeunesse et les femmes de façon à forger un homme nouveau et porta la guerre hors de ses frontières pour étendre son empire, alors la plupart des ingrédients observables au Moyen Orient, au Maghreb et en Afrique en 2014 se retrouvent presque à l’identique. Certes l’Etat islamique en Syrie et en Irak ne s’appuie pas sur un parti politique mais son organisation y ressemble comme l’encadrement absolu des consciences, l’imposition d’une loi à laquelle nul ne peut échapper, si ce n’est par la mort, en l’occurrence la charia, détournée du contexte qui la vit naître, et rendue de la sorte intemporelle. Alors que depuis le XVIIIe siècle, le mouvement des Lumières avait tenté de libérer l’homme et la femme des servitudes qui l’entouraient et l’opprimaient, monarchies absolues, religion du prince étendue à ses sujets, superstitions, dogmes, et qu’Emmanuel Kant s’écriait dans son grand texte intitulé Was ist Aufklärung ? (Qu’est-ce que les Lumières ?) : Sapere Aude ! (Osez penser), l’humanité semble entrée en léthargie et ne plus avoir le courage d’appeler un chat un chat (Louis Aragon lors de l’entrée des troupes soviétiques en Tchécoslovaquie en août 1968). Si l’on veut dissuader les quelques centaines de candidats au djihad de quitter la France et de partir perdre leur âme en Syrie, il faut d’abord leur dire que ce choix éventuel est celui du fascisme, du totalitarisme et de la barbarie et que la liberté n’est pas du côté de cet « Etat islamique » qui affirme vouloir imposer son Islam personnel au monde entier et rétablir un califat dont la plupart de ses membres ignorent tout, sauf qu’il régna sur un territoire immense remontant jusqu’au sud de l’Espagne. Oublieux des conditions réelles de son extension, et principalement de la tolérance philosophique et religieuse qui l’accompagna, à Grenade ou à Cordoue comme au Maroc ou en Algérie, ceux qui prétendent le faire revivre n’en sont pas les héritiers mais les enfants d’Hitler et de Mussolini.

Dire cela, ce n’est pas jeter l’anathème et fermer les yeux sur les conditions objectives qui peuvent permettre d’expliquer leur geste, mais c’est inviter ceux qui les entourent à sortir de leur mutisme ou de leur prudence et, comme dans les années Trente, à prendre conscience que seule une levée en masse de la jeunesse et des adultes contre ces avatars du fascisme que constituent tous les fondamentalismes, catholique comme musulman ou encore hindouiste, permettra de les réduire. Au nom du respect dû aux religions, on interdit aujourd’hui aux artistes de les mettre en scène et toute prise de distance avec elles relève du blasphème, terme commode qui écarte toute discussion. Au nom d’une conception étrange de la liberté humaine, on prétend, dans certains pays, punir de la peine de mort ce que l’on nomme l’apostasie, c’est-à-dire le droit fondamental d’un être humain de renoncer en conscience à une religion imposée à la naissance au bénéfice d’une autre, ou encore d’un agnosticisme et d’un athéisme qui semblent redevenus des maladies honteuses. Si nul ne songe plus à interdire les religions, on ne peut que s’effrayer de ces résurgences d’une intolérance que l’on croyait l’apanage du passé et des totalitarismes qui n’acceptaient précisément ni les différences entre les êtres humains ni les conceptions philosophiques opposées aux leurs. Rappeler ces quelques évidences nous paraît indispensable en cette fin d’année 2014 qui vit, en France, les opposants au mariage pour tous prétendre conserver pour eux le bénéfice d’une loi qui n’enlève évidemment rien aux hétérosexuels qui étaient les seuls, jusqu’ici, à pouvoir s’en réclamer. Si nous ne sommes plus capables de comprendre que la tolérance fut l’un des apports majeurs de l’esprit des Lumières qui souffla en Europe dans la deuxième moitié du XVIIIe siècle et que le nazisme comme le fascisme italien ainsi que le franquisme ou les dictatures qui fleurirent dans leur entourage au Portugal, en Hongrie ou en Roumanie, entendirent rompre avec tout ce qui rappelait l’idéologie des Droits de l’Homme et les grands principes de Liberté, d’Egalité et de Fraternité portés par la Révolution française, alors nous ne pourrons nous opposer au fondamentalisme prôné par l’Etat islamique en Irak et en Syrie.

Oui, le fascisme est à nos portes ; il est même dans nos cités et nulle complaisance ne doit accompagner les tentatives destinées à contraindre des citoyens, quel que soit leur âge, à adopter une tenue vestimentaire, un régime alimentaire ou à aller prier au temple, à la synagogue, à l’église ou à la mosquée, s’ils ne l’ont pas décidé eux-mêmes. Affirmer très haut que ces pratiques sont, non seulement des délits, mais des crimes contre l’esprit, c’est remettre les religions à leur exacte place, celle du for privé qui, en démocratie, ne saurait s’installer dans l’espace public ni, encore moins, le saturer. C’est aussi réaffirmer que l’esprit critique et la capacité à introduire le doute dans son raisonnement sont les vertus mêmes qui fondent l’activité scientifique et qu’elles ne peuvent disparaître, sauf à craindre une régression qui ferait revenir l’humanité plusieurs siècles en arrière. Le beau film d’Ettore Scola, Une journée particulière, nous rappelle le danger secrété par les régimes, politiques ou religieux, qui font de l’uniformité la règle et envoient en exil ou vers la mort ceux qui ne marchent pas au même rythme que la foule. Le livre de Jonathan Littell, Les Bienveillantes, prix Goncourt 2006, fait d’un intellectuel nazi le personnage principal de la fiction, balayant ainsi l’idée que seuls des brutes ou des esprits faibles purent adhérer à cette idéologie qui, elle aussi, prétendit exclure de la cité toute forme d’hétérodoxie. En Italie, on utilisa l’huile de ricin et le gourdin contre les opposants, la torture systématique puis les camps d’extermination en Allemagne. En Syrie et en Irak, les Yazidis sont traqués et éliminés comme le furent Juifs et Tziganes pendant la Deuxième Guerre mondiale, ou Arméniens de Turquie en 1915 et Tutsis du Ruanda en 1994. Ailleurs, au Nigéria ou en Afghanistan, on brûle des écoles pour être sûr que les filles ne déchireront pas un jour le voile de l’ignorance qui assure la domination de leurs pères sur leurs mères ou de leurs frères sur leurs soeurs. Il est donc grand temps de réaffirmer ces rares vérités et de redire avec force que le fascisme ne passera pas si les citoyens en décident autrement et si chacun consent à appeler un chat un chat et un djihadiste façon Al Qaida ou DAECH un assassin de la liberté et un fasciste du XXIe siècle.
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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Dim 10 Mai - 11:02

en lien avec "la psychologie de masse du fascisme" de W.Reich

Commémorer le 8 Mai ? Pas avec des élèves au garde-à-vous
« L’éducation que j’avais reçue de mes parents m’imposait une attitude respectueuse à l’égard de tous les adultes et surtout des personnes très âgées, indépendamment du milieu dont ils sortaient.

Je considérais comme mon premier devoir de porter secours en cas de besoin et de me soumettre à tous les ordres, à tous les désirs de mes parents, de mes instituteurs, de monsieur le curé, de tous les adultes et même des domestiques. A mes yeux, ils avaient toujours raison, quoi qu’ils disent. Ces principes de mon éducation ont pénétré tout mon être. »

Ces paroles tenues par Rudolf Höss, ancien commandant du camp d’Auschwitz, ne passent pas inaperçues dans les abondants et riches travaux d’Alice Miller (psychologue, sociologue et philosophe suisse, 1923-2010) avec cette question pour elle centrale des « racines de la violence dans l’éducation de l’enfant ».

Que l’éducation puisse conduire à Auschwitz et aux pires catastrophes de l’histoire des hommes, c’est ce qu’elle a cherché à montrer à travers des analyses toujours d’une grande actualité, et qui n’ont guère à voir avec les médiocres commémorations officielles très prisées à l’Education nationale.

De la « pédagogie noire »…

De ses patientes recherches sur les habitudes éducatives en vigueur dans l’Allemagne du XIXe siècle et du début du XXe siècle – guère différentes de ce qu’elles étaient ailleurs en Europe –, Alice Miller a dégagé le tableau de ce qu’elle appelle une « pédagogie noire », faite de violences physiques et psychologiques exercées sur les enfants, se transmettant à travers toutes les familles de générations en générations, à base de préceptes alors considérés comme la norme :

« Les adultes sont les maîtres de l’enfant encore dépendant ; ils tranchent du bien et du mal comme des dieux […] ; il faut le plus tôt possible ôter à l’enfant sa volonté […] ; tout cela doit se faire très tôt de manière à ce que l’enfant ne s’aperçoive de rien et ne puisse pas trahir l’adulte. »

Pour Alice Miller, c’est dans ce cadre éducatif fait de coercition, de répression des sentiments, qu’ont grandi les générations qui deviendront adultes avec le nazisme, dès lors bien incapables de se situer par rapport à des valeurs humaines toutes simples à l’écart desquelles elles ont été élevées ; comme par exemple : « Le respect des faibles, et par conséquent des enfants en particulier, le respect de sa vie et de ses lois, sans quoi toute créativité est étouffée. »

Et Alice Miller de préciser :

« Dans aucune de ses variantes, le fascisme ne connaît ce respect, son idéologie répand la mort psychique et la castration de l’esprit. Parmi tous les grands personnages du IIIe Reich, je n’en ai pas trouvé un seul qui n’ait subi une éducation dure et sévère. »
>>>
http://blogs.rue89.nouvelobs.com/journal.histoire/2015/05/08/commemorer-le-8-mai-pas-avec-des-eleves-au-garde-vous-234545
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Re: étude du fascisme

Message  niouze le Dim 10 Mai - 17:33

http://editionslibertalia.com/daniel-guerin-fascisme-et-grand-capital

pas lu ...
mais a l'air interressant extrait 
 

Si le fascisme n’est pas progressif politiquement, il ne l’est pas davantage, contrairement à ce que pensent certains, économiquement. Dégagé de toutes les apparences, de toutes les contradictions qui en obscurcissent le vrai visage, de tous les aspects secondaires qui en dissimulent à tant de gens les aspects essentiels, compte tenu enfin des particularités de chaque pays, le fascisme consiste en l’instauration d’un État fort destiné à prolonger artificiellement le régime économique basé sur la propriété privée des moyens de production et sur le profit. Suivant la formule imagée de Radek, la dictature fasciste, « ce sont des cercles de fer avec lesquels la bourgeoisie essaie de consolider le tonneau défoncé du capitalisme »1.
Ici il n’est pas inutile de répéter cette précision : le « tonneau » n’a pas été défoncé, contrairement à ce qu’on croit souvent, par l’action révolutionnaire de la classe ouvrière ; le fascisme n’est pas la « réponse de la bourgeoisie à une attaque du prolétariat », mais bien plutôt « l’expression de la décadence de l’économie capitaliste »2. Le tonneau s’est défoncé lui-même.
Le fascisme est un réflexe de défense de la bourgeoisie, sans doute, mais de défense contre la désagrégation de son propre régime beaucoup plus que contre une attaque prolétarienne, à peu près inexistante. La classe ouvrière, en effet, à l’heure de la décomposition de l’économie capitaliste, n’a pas su, paralysée par ses organisations et par ses chefs, conquérir le pouvoir, afin de substituer le socialisme à un régime économique dont ses défenseurs mêmes admettent qu’il a du plomb dans l’aile.
Sur la nature de cette crise, le fascisme, en effet, ne se fait aucune illusion. « La crise, avoue Mussolini, a pénétré si profondément dans le système qu’elle est devenue une crise de système. Ce n’est plus un trauma, c’est une maladie constitutionnelle »3. Bien qu’il promette démagogiquement la résorption du chômage, la reprise des affaires, le fascisme est, en fait, moins ambitieux. Il s’efforce seulement d’enrayer, par des moyens artificiels, la chute des profits d’un capitalisme privé devenu parasitaire ; il n’a pas, malgré sa verbeuse démagogie, de grands desseins ; il vit à la petite semaine ; il ne vise qu’à renflouer – grâce aux réductions de salaires, aux commandes et aux subventions de l’État, à la mainmise de l’État sur la petite épargne et à l’autarcie – une poignée de magnats monopolisateurs, de grands propriétaires fonciers. Et pour prolonger le règne de cette oligarchie, au prix d’une limitation de la libre entreprise, il accélère la ruine de toutes les couches de la population : salariés, consommateurs, épargnants, paysans-travailleurs, artisans et jusqu’aux industriels produisant des biens de consommation.
Les gens naïfs qui, hors d’Italie et d’Allemagne, sont tombés dans le piège de la démagogie fasciste et nous ont présenté le fascisme ou le national-socialisme comme une sorte de « révolution anticapitaliste », auraient dû méditer la lettre suivante d’un ouvrier, publiée, si extraordinaire que cela puisse paraître, par le Völkischer Beobachter, quotidien du parti nazi : « Personne au courant des questions économiques ne croira que le système capitaliste a disparu. Il est vrai que les méthodes de financement public ont pris un caractère différent – un caractère de coercition. Mais le capital, ou tout au moins ce que l’on comprend généralement par ce mot, n’a jamais été aussi puissant et privilégié qu’à présent […]. L’économie accumule d’énormes profits et réserves ; les travailleurs sont invités à attendre […]. Les gros font des bénéfices, les petits reçoivent des traites sur l’avenir. Si ce n’est pas là du capitalisme dans le sens exact du terme, je voudrais bien savoir ce que capitalisme signifie. Un groupe réalise d’énormes profits aux dépens du reste de la population. C’est ce qu’on est accoutumé d’appeler exploitation capitaliste »4. Un autre correspondant écrit au même journal :
 « Ce n’est pas du national-socialisme ; c’est tout simplement du capitalisme. » Et l’organe officiel du parti nazi répond cyniquement que, si le gouvernement s’était avisé de répartir entre les travailleurs les deux milliards et quelques de profits accrus du grand capital, il se serait mis « en opposition flagrante avec l’Économie » [c’est-à-dire le grand capital]5.
Économiquement, le fascisme n’a donc rien de « progressif ». Il ne « dépasse » pas le capitalisme ; il est, au contraire, une forme de ce que Lénine appelait le capitalisme dépérissant6. Cette période de décomposition du système capitaliste, qui « traîne en longueur »7, le fascisme la fait durer par tous les moyens ; il entretient l’abcès au lieu de l’ouvrir d’un coup de bistouri. Loin de conduire au socialisme, c’est-à-dire à la collectivisation des moyens de production et à l’autogestion, il consacre tous ses efforts et toutes ses ressources à contrecarrer le mouvement qui, à la faveur de la crise, tend à faire passer toute l’économie privée entre les mains de l’État. Il pousse à son plus haut degré le conflit entre le caractère social de la production et la propriété privée des moyens de production : alors qu’il lui serait possible de socialiser sans coup férir des secteurs entiers de l’économie, il respecte et renfloue, le plus qu’il peut, le capitalisme privé. Il ne conduit pas, même par une voie détournée, au socialisme. Il est l’obstacle suprême au socialisme.
 
Par ailleurs, le fascisme ne fait, sur le plan international, qu’aggraver la tendance de l’ensemble du système capitaliste au repliement national, à l’autarcie. En arrachant l’économie à la division internationale du travail, en adaptant les forces productives « au lit de Procuste de l’État national », il introduit « le chaos dans les relations mondiales ». Il crée pour le travail futur de planification socialiste « de colossales difficultés supplémentaires »8.
En même temps, le fascisme porte à leur plus haut degré de tension les contradictions résultant de l’inégal développement du système capitaliste et hâte ainsi l’heure d’un nouveau partage du monde par la force des armes, l’heure de cette « chute dans la barbarie » que Rosa Luxemburg prévoyait pour le cas où le prolétariat tarderait à remplir son devoir de classe et à édifier le socialisme9.
Toutefois, il n’est pas exact de dire que le fascisme, c’est la guerre. Le bolchevik Bela Kun dénonçait, il n’y a pas si longtemps, ce mensonge intéressé : « Le mot d’ordre que le fascisme, qui est une des formes politiques de la domination bourgeoise, est la guerre, n’a pas d’autre but que de dégager une fois pour toutes de toute responsabilité un des groupes de puissances impérialistes qui masquent leurs préparatifs de guerre sous des apparences démocratiques et des phrases pacifistes. Le vieux mot d’ordre de l’antimilitarisme marxiste, celui de la lutte révolutionnaire contre la guerre impérialiste, était conçu autrement : Le capitalisme, c’est la guerre »10.
 
Une dernière illusion serait à dissiper, si le triomphe du national-socialisme en Allemagne ne lui avait porté le coup degrâce : l’illusion que le fascisme serait un phénomène local, un phénomène « spécifiquement italien » ou « particulier aux pays retardataires à prédominance agricole », contre lequel les grandes nations industrielles, les « grandes démocraties occidentales » se trouveraient prémunies.
Le temps n’est plus où l’Italien Don Sturzo pouvait écrire « qu’en Angleterre, en France, en Allemagne, existe une classe politique résistante et à la hauteur de la tâche » et qu’on n’assisterait « sans doute jamais à une marche sur Londres, sur Paris ou sur Berlin »11, et où Nitti affirmait sérieusement : « Toute entreprise fasciste, dans les pays qui ont atteint un degré élevé de civilisation économique, ne pourrait être qu’une vaine expérience […]. En Allemagne, les partis démocratiques et la république se sont solidement affermis »12.
Le temps n’est plus où les sociaux-démocrates allemands pouvaient écrire : « Le fascisme, dans sa forme italienne, correspond aux circonstances italiennes. La force organisatrice et la plus haute éducation politique de la classe ouvrière allemande, ainsi que la faiblesse relative des masses non prolétariennes en Allemagne, par comparaison avec l’Italie, rendent impossible chez nous un écrasement aussi brutal de la démocratie »13. Et le bolchevik Martynov : « Le fascisme de type pur sera notre principal ennemi seulement dans les pays arriérés et à moitié agricoles »14.
En Italie comme en Allemagne, le fascisme a été bien plutôt le produit spécifique du capitalisme le plus évolué, de l’industrie lourde monopolisatrice. Cependant, dans ces deux pays, certaines causes particulières en ont hâté le développement ; en particulier le fait que l’Italie et l’Allemagne se sont trouvées, au lendemain de la guerre, dans la position de nations « prolétaires » en face des nations nanties. Il en est résulté : d’une part, qu’elles ont dû se débattre dans des difficultés économiques aiguës bien avant les puissances industrielles plus favorisées ; d’autre part, que, dans ces pays, il a été particulièrement aisé de greffer l’idée nationale sur l’idée sociale et de fanatiser ainsi les masses populaires.
Il n’est pas absolument exclu que les mêmes causes profondes qui ont poussé les magnats italiens et allemands à financer les bandes fascistes, puis à porter au pouvoir le fascisme, reproduisent ailleurs les mêmes effets. Çà et là dans le monde, les trusts confient à l’État renforcé – sinon à l’« État fort »– le soin de restaurer leurs profits. On assiste à l’effritement progressif des institutions « démocratiques », à la prolifération d’un fascisme larvé.
Quant à une dictature fasciste ouverte, la bourgeoisie, instruite par les précédents de l’Italie et de l’Allemagne, hésite à y recourir. Mais peut-on affirmer qu’elle y ait définitivement renoncé ?
        
De toute façon, la leçon des drames italien et allemand est que le fascisme n’a aucun caractère de fatalité. Le socialisme eût pu et dû l’exorciser s’il s’était arraché à son état de paralysie et d’impuissance ; s’il avait gagné de vitesse son adversaire ; s’il avait conquis, ou pour le moins neutralisé, avant lui, les classes moyennes paupérisées ; s’il s’était emparé, avant le fascisme, du pouvoir – non pour prolonger tant bien que mal le système capitaliste (comme l’ont fait trop de gouvernements portés au pouvoir par la classe ouvrière), mais pour mettre hors d’état de nuire les bailleurs de fonds du fascisme (magnats de l’industrie lourde et grands propriétaires fonciers) : en un mot, s’il avait procédé à la socialisation des industries-clés et à la confiscation des grands domaines. En conclusion, l’antifascisme est illusoire et fragile, qui se borne à la défensive et ne vise pas à abattre le capitalisme lui-même.
Mais telle n’est pas l’optique des « fronts populaires ». Leurs bonimenteurs se cramponnent à la planche pourrie de la démocratie bourgeoise et font risette aux groupes capitalistes les « moins réactionnaires », pour se préserver des « plus réactionnaires ». Ils attendent leur salut d’un Giolitti ou d’un Brüning qui, finalement, les livrera, pieds et poings liés, à un Mussolini ou à un Hitler. S’ils ont le goût du suicide, c’est leur affaire.
Entre fascisme et socialisme, les autres, ceux qui veulent vivre, ont fait leur choix.
 

  • 1. Article de Karl Radek, cité par Lu, 12 mars 1933.
  • 2. Clara Zetkin, rapport à la session du Comité exécutif élargi de l’Internationale communiste, Moscou, juin 1923.
  • 3. Mussolini, discours du 14 novembre 1933.
  • 4. Völkischer Beobachter, 7 juin 1936.
  • 5. Ibidem, 13 juin 1936.
  • 6. Lénine, L’Impérialisme, stade suprême du capitalisme, 1916.
  • 7. Trotski, La IVe Internationale et l’URSS, 1933. (Cette brochure a été reprise dans : Léon Trotski, La nature de l’URSS, François Maspero, 1974 [NDE].
  • 8. Ibidem.
  • 9. Rosa Luxemburg, Discours sur le Programme, 1918 (ce texte figure en annexe du livre d’André et Dori Prudhommeaux, Spartacus et la Commune de Berlin, Spartacus, 1977 [NDE]).
  • 10. Bela Kun, Internationale communiste, 15 août 1933.
  • 11. Don Sturzo, L’Italie et le fascisme, 1927.
  • 12. Francesco S. Nitti, Bolchevisme, Fascisme et Démocratie, Éditions du Progrès civique,1926.
  • 13. Article de Decker dans Gesellschaft, organe théorique de la social-démocratie, 1929, II.
  • 14. Alexandre Martynov, au Xe Plenum de l’Internationale Communiste, juillet 1929.


http://www.contretemps.eu/lectures/lire-extrait-fascisme-grand-capital-daniel-gu%C3%A9rin

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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Mar 6 Oct - 12:24


La bataille de Cable Street
https://lundi.am/La-bataille-de-Cable-Street
Il y a 79 ans à Londres, on maltraitait le fascisme.

Nous fêtions hier, le 79e anniversaire de la bataille de Cable Street. Le 4 octobre 1936, l’Union Britannique des Fascistes prétend organiser une manifestation dans les quartiers juifs de Londres. Environ 5000 « chemises noires » s’apprêtent à battre le pavé.



Mais 100 000 anarchistes, communistes, juifs et irlandais se retrouvent dans les rues de Londres pour empêcher la manifestation. Des barricades sont érigées afin d’empêcher la marche. 7 000 policiers mobilisés pour défendre les fascistes sont pris à parti par la foule. Les fascistes menés par Oswald Mosley sont contraints d’annuler leur manifestation pendant que des jardinières, des poubelles et pots de chambre pleuvent des immeubles sur la police.

https://youtu.be/-AQDOjQGZuA

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ivo

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Re: étude du fascisme

Message  ivo le Lun 15 Mai - 7:36

Les origines patronales du fascisme italien
http://www.monde-diplomatique.fr/publications/manuel_d_histoire_critique/a53170
La naissance du fascisme en Italie apparaît comme une conséquence de la première guerre mondiale. A la fin du conflit, frappé par l’inflation et le chômage, le pays est saisi par une forte agitation sociale. Pour se protéger, les industriels et les propriétaires fonciers font appel aux escouades fascistes créées par Benito Mussolini en 1915, lui ouvrant la voie vers la prise du pouvoir.

Quand la guerre éclate en 1914, l’Italie est alliée, depuis la fin du XIXe siècle, à l’Allemagne et à l’Autriche-Hongrie. Cependant, son gouvernement choisit de rester neutre. Les « interventionnistes », peu nombreux, qui veulent se battre aux côtés de la Triple-Entente (France, Royaume-Uni et Russie), trouvent alors un porte-parole : Benito Mussolini, qui dirige l’organe du Parti socialiste, Avanti ! Cette prise de position lui vaut d’être exclu de son parti. Mais, le 14 novembre 1914, financé par la France, il fonde un autre journal, Il Popolo d’Italia. Il y appelle, le 1er janvier 1915, à lancer « la révolution contre la monarchie inerte » grâce au soutien des Fasci autonomi d’azione rivoluzionaria, les Faisceaux autonomes (ou milices) d’action révolutionnaire.

Le 23 mai 1915, retournement de l’Italie. Mussolini et ses Fasci n’y sont pas pour grand-chose. Un accord est intervenu entre le gouvernement italien et la Triple-Entente pour que, en cas de victoire, l’Italie bénéficie d’avantages territoriaux.

Bilan de la guerre : le déficit de l’Etat a été multiplié par huit, quand, de leur côté, les industriels ont vu leurs profits augumenter de plus de 20 %. Les Italiens doivent subir à la fois l’inflation et le chômage. Dans les usines du Nord, on compte 200 000 grévistes. Autant dans le Sud, sur les exploitations agricoles. Des révoltes éclatent, les magasins sont pillés. Au lieu de laisser agir l’Etat, les industriels et les propriétaires fonciers en appellent aux escouades fascistes, sous prétexte de « menace bolchevique ». Les Faisceaux italiens de combat, instaurés par Mussolini le 23 mars 1919 pour remplacer les Faisceaux d’action révolutionnaire, attaquent les syndicats et les Bourses du travail.

Contrôle de la presse, instauration d’une police secrète, suppression de l’impôt sur les profits.

Jusque-là, le « fascisme » était selon Mussolini un « état d’esprit ». Mais le 12 novembre 1921 est fondé le Parti national fasciste, dont le mélange de conservatisme et de nationalisme satisfait pleinement les milieux industriels. Ils subventionnent donc les organisations fascistes. Les Faisceaux de combat, qui comptaient 17 000 membres en octobre 1919, en affichent trois ans plus tard plus de 300 000.

Pour Mussolini, l’heure de montrer sa force est arrivée. Le 28 octobre 1922, c’est la marche sur Rome de ses Chemises noires. Redoutant une guerre civile, le roi Victor-Emmanuel III refuse de signer le décret qui permettrait à l’armée de réprimer le coup de force. Le 30 octobre 1922, il se résigne à demander à Mussolini de constituer le nouveau gouvernement.

Une fois que le Parlement lui a accordé les pleins pouvoirs, Mussolini, promu guide (duce) de la nation italienne, s’attaque aux institutions démocratiques. Contrôle de la presse, instauration d’une police secrète, emprisonnements, assassinats... Le pouvoir économique des classes possédantes est renforcé. Les impôts et taxes sur les biens vendus ou hérités, sur les profits des capitalisations financières et sur les articles de luxe sont supprimés. Les participations de l’Etat dans des entreprises sont transférées à des sociétés privées.

La politique sociale est également modifiée. La durée hebdomadaire du travail, qui pouvait dépasser 50 heures, est limitée à 40 heures en 1923. Une organisation de loisirs, le Dopolavoro, est instituée en avril 1925. En 1927, un programme de santé publique est mis en place. Mais la promulgation, la même année, d’une charte du travail, aboutit à une réduction des salaires de 20 % pour 2 millions de travailleurs.

Quand la crise économique mondiale atteint l’Italie, en 1931, Mussolini vient au secours des banques en faillite, mesure sans effet sur l’emploi. En deux ans, alors que plusieurs millions d’Italiens ont déjà dû émigrer pour trouver du travail, le nombre des chômeurs passe d’une centaine de milliers à plus d’un million.

Avec le régime fasciste, un nouveau type de dictature apparaît. Dans toute l’Europe, devant la perspective de changements sociaux que leurs adversaires estiment d’inspiration « com­­­muniste », des groupes d’action se forment sur le modèle des Faisceaux de combat.


manuel scolaire italien

Quoique sévèrement réprimée, l’opposition au régime fasciste n’en a pas moins été active. Ainsi, comme le montre ce manuel italien publié en 2008, les communistes n’ont cessé, vingt ans durant, de défier le Duce.

Pour qui voulait s’opposer activement au fascisme, il n’existait que deux possibilités : l’exil à l’étranger ou l’agitation clandestine en Italie. Ceux qui employèrent, depuis le début, cette dernière forme de lutte furent surtout (mais pas exclusivement) des communistes – les seuls à être préparés à l’activité clandestine, par la structure de leur organisation ou du fait d’avoir été victimes de la répression systématique des autorités. Pendant vingt ans, le Parti communiste italien (PCI) a réussi à maintenir sur pied et à alimenter, de l’intérieur comme de l’étranger, un réseau clandestin, à diffuser des brochures et des journaux de propagande, à placer ses hommes dans les syndicats et les organisations de jeunesse fascistes. Tout cela nonobstant des résultats immédiats modestes et les immenses risques que couraient ces militants : plus des trois quarts des 4 500 condamnés par le tribunal spécial et des 10 000 personnes assignées à résidence entre 1926 et 1943 furent en effet des communistes.
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