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Les prisons: questions.

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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Sam 16 Jan - 19:23

http://www.liberation.fr/societe/0101613938-le-parallele-detenu-animal-peut-choquer-mais-c-est-une-realite

Le parallèle détenu-animal peut choquer, mais c'est une réalité»
INTERVIEW
Retour sur la campagne d'appel aux dons de l'Observatoire international des prisons (OIP), avec Gabriel Mouesca, ex-président de l'association.
RECUEILLI PAR MARIE PIQUEMAL






Un jeune homme, le teint pâle, derrière des grilles. Et cette phrase, en lettres blanches: «Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien».

Vous avez peut-être vu cette affiche de l'Observatoire international des prisons (OIP), diffusée depuis le 20 décembre dans le cadre d'une campagne d'appel aux dons. Entretien avec Gabriel Mouesca, ex-président de l'OIP et membre du conseil d'administration, sur les raisons et les effets de cette campagne délibérément provocatrice.

En 1996, l'OIP lançait un appel à la générosité, avec un message également fort: «Pour passer du vol au crime, il suffit parfois de passer par la prison». Mal perçue par la population, cette affiche avait suscité de vives réactions. Qu'en est-il cette fois?

On craignait un flot d'appels et d'e-mails de réactions négatives, et au final, il y en a eu très peu. C'est sans commune mesure avec la précédente campagne. Et cela montre une chose importante: les mentalités ont évolué. Depuis dix ans, il y a eu une réelle prise de conscience de l'état de délabrement de nos prisons. Aujourd'hui, plus personne n'oserait dire, comme on l'entendait autrefois, que nos cellules sont 4 étoiles. Nos prisons françaises sont en dessous de tout, c'est un fait incontesté... Dommage que cette prise de conscience ne se traduise pas à l'Assemblée par une loi pénitentiaire, capable d'inverser la tendance.

«Si ça peut vous aider à donner, dites vous que cet homme est un chien»: pourquoi ce parallèle entre les détenus et les animaux ?

Il n'y a qu'à voir les termes employés par les responsables politiques ! Et en premier lieu, le président Nicolas Sarkozy qui n'hésite pas à qualifier certains détenus de «prédateurs». C'est inacceptable. Ce n'est pas une façon de traiter un être humain, quel qu'il soit, même s'il a commis l'irréparable.

L'assimilation animaux/détenus peut choquer, mais elle traduit une réalité. Aujourd'hui des milliers de détenus ont moins d'espace dans leur cellule que les animaux dans leur cage. Des textes internationaux imposent des cages de minimum 5,4 m2 pour les animaux... Et bien, avec la surpopulation carcérale, des détenus en France n'ont même pas cet espace vital de 5,4 m2 !

L'affiche interpelle. Mais suscite-t-elle les dons ?

Il est encore trop tôt pour faire le point sur les dons récoltés. Mais, je vais vous dire, ce qui est primordial pour nous, c'est d'abord d'interpeller la population. Les gens que l'on met aujourd'hui en prison sont par définition voués à ressortir un jour et à réintégrer la société. On a tout intérêt à ce que leur droits, leur dignité soient respectés... Si cette affiche suscite une prise de conscience, notre objectif sera atteint.
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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Jeu 28 Jan - 23:25

un riverain a reçu ce mail du responsable de la section Travail et Emploi de la Direction interrégionale des services pénitentiaires de Lille (Disp), Jean-Gabriel Cuvillez.

« Lille, lundi 25 janvier 2010,

Chère Madame, cher Monsieur,

Savez vous que la prison est aussi une entreprise ?

Une entreprise qui dispose de 200 000 m² d'ateliers, emploie
quotidiennement 10 000 personnes, et fait réaliser aux sociétés qui y
interviennent ou passent leurs commandes un chiffre d'affaire annuel
d'environ 100 millions d'euros.

Logo d'ISP

La prison a acquis un réel savoir-faire industriel qu'elle met au
service d'autres entreprises : vous pouvez assurément lui confier vos
travaux de sous-traitance d'activités techniques et industrielles de
main-d'œuvre.

Parce que rester compétitif implique de se recentrer sur ses métiers : bénéficiez vous aussi d'une délocalisation de proximité, réactive,
flexible, aux conditions financières avantageuses.

Parce que notre mission est de favoriser l'insertion des personnes
dans la vie active au terme de leur détention, parce que vos
impératifs d'entrepreneur sont la performance et la réussite, nos
équipes sont à votre écoute pour gérer et vous aider à développer vos
productions selon vos critères particuliers de qualité et de délais.

Dans chaque région, des collaborateurs de l'administration
pénitentiaire étudieront avec vous la solution la plus adaptée à vos
productions. La présentation interactive accessible via le lien
ci-dessous vous indiquera tous les contacts utiles et vous présentera
l'ensemble de nos dispositifs.

Restant à votre disposition pour toute information, nous vous prions
d'agréer, Madame, Monsieur, l'assurance de nos sentiments distingués. »

Un lien est ajouté, pour diriger le correspondant vers un site proposé par la Disp (mais pas facile à trouver par Google).
LE SITE DE LA DISP



Vous y retrouverez la même prose commerciale glorifiant les atouts de la prison, sous-traitant idéal. Jean-Gabriel Cuvillez, que j'ai joint hier au téléphone, assume le vocabulaire :

« Le travail en prison, cela concerne 10 000 personnes en France. Faire un parallèle avec l'entreprise est possible ».

Mais il met vite fin à la conversation : « Prenez rendez-vous si vous avez des questions ».

Ce que j'en pense ? Il est certes nécessaire de ne pas couper la prison du monde du travail, afin de faciliter la réinsertion des détenus à leur sortie. En revanche, je ne suis pas sûr qu'il soit très décent de « vendre » la prison en la présentant comme une « entreprise » qui tire sa « compétitivité » de sa « flexibilité » et de sa parfaite « maîtrise des coûts »…
http://www.rue89.com/mon-oeil/2010/01/28/la-prison-un-sous-traitant-exemplaire-pour-votre-entreprise-135906

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Re: Les prisons: questions.

Message  Invité le Ven 29 Jan - 10:49

Nous sommes en mesure de traiter tout type de commande, de la petite commande à des commandes demandant une centaine d’opérateurs grâce à une main d’œuvre disponible en permanence.


L'esclavage n'avait donc pas été aboli...
C'est terrible, tous ces trucs-là : on a beau le savoir, on ne s'y habitue pas...

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Ven 5 Fév - 14:53

libélyon
PRISONS - C'est souvent prometteur, la visite d'une nouvelle prison, tant qu'on n'imagine pas des hommes enfermés à l'intérieur. L'administration pénitentiaire présentait hier son tout nouvel établissement. Quelque 690 places théoriques à Bourg-en-Bresse (Ain), dans des bâtiments vastes et lumineux, dont les peintures, choisies dans une palette très inhabituelle, rend un peu moins sinistre l'univers carcéral. Quelques leçons semblent retenues des multiples incidents observés lors de l'ouverture des plus récentes prisons...

En pénétrant dans celle de Bourg-en-Bresse (64 millions d'euros d'investissement), les couleurs sautent aux yeux, éblouissent légèrement par endroits. On croirait celles d'une crèche. En descendant du camion, à son arrivée, le détenu découvrira d'abord, dans le couloir qui mène au greffe, où se remplissent les formalités de placement sous écrou, ces portes oranges et ces murs mauves, ces sols crème. Premières touches d'une palette débridée, déclinée dans les deux maisons d'arrêt (l'une pour les prévenus, l'autre pour les peines de moins d'un an) et les deux centres de détention (pour les plus longues peines). A l'entrée du premier bâtiment, dans la cour, un rouge incandescent borde un vert amande. Puis dans les locaux de détention, un bleu lavande répond au vert vif. Tant que personne n'est enfermé là, cela parait gai. D'autant que l'architecte a pris soin de casser cubes et rectangles fonctionnels, pour proposer des arrondis, et quelques fantaisies comme ces drôles de postes de contrôle, construits en saillie contre les bâtiments, et surmontés de très hauts toits pentus, comme des maisonnettes alsaciennes, ou des postes de garde moyenâgeux.

Avant son ouverture, en mai 2009, la prison de Corbas, près de Lyon, paraissait nettement plus sinistre, toute en béton brut et gris. Les cellules en revanche sont les mêmes. Au maximum 10,5 m2 pour deux personnes. Un coin douche, un écran plat, un bouton d'alarme. Mais derrière les barreaux, toujours ces caillebotis, sortes de grilles en acier empêchant le yoyotage (la transmission d'objets au bout de tissus utilisés comme des lianes). Leur maille constituée de lamelles trop profondes obstrue la lumière et restreint l'horizon. Elles ferment en effet la vue vers la droite, vers la gauche, vers le sol et le ciel. Le regard ne peut plus s'échapper que tout droit. Dans les couloirs en revanche, des puits de lumière éclaboussent les couloirs, dans le bâtiment des parloirs notamment, donnant à l'air quelque chose de maritimes.

Le centre de détention compte trois unités de visites familiales. Ce sont toujours les endroit les plus fascinants d'une prison (une dizaine d'établissements en France en comptent). Peut-être parce que brutalement, le visiteur découvre un univers pensé pour l'intimité. Ici, ce sont des petits appartements de deux pièces, décorés de façons différentes. Les condamnés qui ne bénéficiant pas encore de permissions de sortie peuvent y recevoir leur famille, sur décision du directeur, pendant six, vingt-quatre ou quarante-huit heures chaque trimestre, et soixante-douze heures une fois par an. Passé la lourde porte, sur une coursive, un petit patio avec quelques plantes grasses dans la terre, une table de jardin en bois, un banc, deux chaises. Un petit coin pique-nique que surplombe quand même d'une grille.

Dans l'appartement lui-même, un salon-cuisine décoré comme l'appartement témoin d'une résidence pour cadre supérieur. Une jolie cuisine intégrée, une chambre avec un grand lit et des petites tables de nuit où sont posés les globes élégants de deux lampes de chevet... Le détenu pourra recevoir au total quatre personnes et les gardiens ne feront pas de rondes inopinées, ils préviendront par interphone de leurs passages. A l'arrivée puis au départ, la famille fera un état des lieux contradictoire avec un gardien.

"L'objectif est de reprendre pour quelques heures une vie familiale, explique Sophie Gonssolin, l'une des directrices adjointes du centre. Ce n'est pas un parloir sexuel ! C'est un lieu qui doit permettre le maintien des liens familiaux. Le détenu prépare un pécule pour acheter ce qu'il faut pour manger, puis le couple reprend l'habitude de faire la cuisine, de mettre la table en semble." En poste jusque-là à Avignon, dans un établissement qui compte deux unités de visites familiales, la directrice adjointe raconte que les détenus avaient fini par s'auto-réguler. Un prisonnier qui avait dégradé l'un des appartement avait été placé en quarantaine, dit-elle, par les détenus eux-mêmes.

Anticipant les critiques sur cette génération de nouvelles prisons immenses et déshumanisées, le directeur de Bourg, Bertrand Pic, jusque-là secrétaire général de la direction inter-régionale Rhône-Alpes et Auvergne de l'administration pénitentiaire, souligne qu'il y a plus de portes électriques, plus de caméras, mais aussi plus d'activités professionnelles et sportives. Des vitres sans tain seulement sur certains postes de contrôle, par sécurité. "Nous avons un outil soucieux de la personne humaine", insiste-t-il.

A Corbas, la taille de l'établissement (690 places comme à Bourg) avait rendu les mouvements (déplacements de prisonniers) bien trop longs, obligeant à choisir entre activités, promenades et parloirs. A Bourg, les surveillants (180 sur 250 personnels) effectuent ces jours-ci des simulations, certains d'entre eux jouent le rôle de détenus pour chronométrer tous les temps de déplacements.

La montée en charge sera aussi plus progressive qu'à Corbas, dont l'ouverture avait coïncidé avec la fermeture des prisons de Lyon. "Nous accueillerons 10 à 15 détenus chaque semaine durant toute l'année 2010, pour atteindre la capacité théorique en fin d'année", promet Bertrand Pic.

A Corbas, il n'avait pas fallu six mois pour atteindre la surpopulation.

Olivier BERTRAND

ne nous y trompons pas c'est pas parcequ'il mettront des mur mauve et des portes orange que la prison sera un lieu ou il fait bon vivre
c'est pas parcequ'ils mette un lieu ou tu peut voir ta famille 48h / trimestre qu'il y aura moins de suicide en prison
c'est pas parceque y a une douche dans ta cellule de 10,5m2 qu'il n y aura plus de tension (d'ailleurs il parle de 2/ cellule mais on peut bien etre sur qu'avec les lois actuelle elle se rempliront bien vite et qu'a nouveau c'est 3 voir 4 personne qui se retrouveront par cellule

il peuvent en faire un lieu qui ressemble a bisounoursland mettre des petit nuage et des elephant rose
une prison reste une prison(vous avez remarquer comment petit a petit il ne disent plus prison mais centre de detention ) un lieu loin de toute humaniter qui ne sert qu'a enfermer
cassons toute les prisons !!!!!

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prisons françaises

Message  ivo le Lun 26 Avr - 9:29

Comment humaniser les premières heures en prison ?
France Info - 06:13
La garde des Sceaux Michèle Alliot-Marie a confié une mission à Pierre Botton, l’ancien homme d’affaires qui a passé vingt mois derrière les barreaux au début des années 90, après avoir été condamné pour abus de biens sociaux. Il a livré son regard d’ancien détenu pour améliorer l’accueil des prisonniers. Ses préconisations sont en train d’être testées à la maison d’arrêt des Hauts-de-Seine, à Nanterre. Visite guidée du quartier des arrivants...

Tous les détenus - ils sont 880 à Nanterre pour 593 places - sont obligatoirement passés par le quartier des arrivants. Une petite pièce fermée par de larges barreaux verts. Au mur, Pierre Botton a fait peindre la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen. "Tout un symbole", confie-t-il.

DEDRAMATISER

Cette pièce est en fait l’endroit où le nouvel arrivant va patienter le temps de son inscription. Un endroit que Pierre Botton connaît bien puisqu’il a séjourné à la maison d’arrêt des Hauts-de-Seine. Il connaît surtout le choc carcéral, ce traumatisme que peuvent représenter les premières heures derrière les barreaux : la mise à nu, la fouille intégrale, l’attente et l’angoisse du détenu placé dans une mini cellule.

Ces "cages" comme les détenus les appellent parfois, Pierre Botton les a fait réaménager. Des bancs ont été installés pour permettre aux détenus de s’allonger. Sur les murs blancs, des prisonniers ont peint des fresques de couleurs vives. Les dessins représentent des scènes de matches de football ou de basket. "Cela est moins angoissant et les observer permet au détenu de tuer le temps", assure Pierre Botton. Au mur, deux écrans géants ont été installés. Ils diffusent un petit film destiné aux arrivants, qui devrait permettre à la fois d’informer et de "dédramatiser" les étapes de l’entrée en prison, notamment celle de la fouille intégrale. "Contrairement aux idées reçues, il n’y a aucun contact physique entre le surveillant et le détenu", assure Stéphane Scotto, de l’Administration pénitentiaire. Mais il est important de le rappeler aux arrivants.

Pierre Botton a également commandé des kits vestimentaires pour les nouveaux arrivants. A l’intérieur, une paire de tongs, une serviette, des vêtements propres et de l’eau parfumée sans alcool, “essentiel”, selon l’homme d’affaires, pour que les prévenus retrouvent un peu de dignité au moment du premier parloir.

LUTTER CONTRE LE SUICIDE

Ces initiatives ne vont pas révolutionner l’univers carcéral. Mais elles permettront peut-être d’adoucir un peu le premier contact du détenu avec la prison. Plusieurs études ont montré que les premières semaines sont les plus difficiles : un tiers des suicides en prison auraient lieu au cours du premier mois d’incarcération, 12% des passages à l’acte se feraient durant la toute première semaine.

Durant son incarcération Pierre Botton a tenté de mettre fin à ses jours. Une autre fois, c’est un surveillant qui l’en a empêché, l’homme est arrivé in extremis, et à l’encontre de toutes les règles pénitentiaires, il est resté dans la cellule et a pris l’homme d’affaires dans ses bras.

Pierre Botton a aussi demandé qu’un téléphone soit installé dans le quartier des arrivants à Nanterre, afin que les nouveaux arrivants puissent prévenir leur famille et parler à leurs enfants. "Vous connaissez un détenu qui s’est suicidé juste après avoir parlé à ses enfants ? Aucun !", affirme-t-il.

Ces initiatives sont suivies de près par la Garde des Sceaux. Michèle Alliot-Marie doit se rendre à la maison d’arrêt de Nanterre dans les prochaines semaines.
Si la mission confiée à Pierre Botton est concluante, la ministre pourrait décider de faire appliquer ces mesures dans les 191 prisons françaises.
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Re: Les prisons: questions.

Message  ivo le Lun 26 Avr - 9:47

Suicide d'un détenu au centre pénitentiaire du Pontet
25/04/2010-[19:27] - AFP

MARSEILLE, 25 avr 2010 (AFP) - Un détenu de 29 ans s’est donné la mort par pendaison vendredi après-midi au centre pénitentiaire du Pontet (Vaucluse), a-t-on appris dimanche auprès du parquet d’Avignon.

Le jeune homme, qui avait écopé d’une sanction disciplinaire pour cause de bagarre avec un autre détenu, avait été placé cinq jours à l’isolement. Il venait de "rejoindre sa cellule quand on l’a retrouvé pendu", a précisé cette source. Il avait été condamné à plusieurs reprises pour trafic de stupéfiants, séquestration et outrage et était libérable en 2017, selon le parquet. Une information judiciaire va être ouverte pour recherche des causes de la mort et une autopsie sera pratiquée mercredi. En 2009, 115 détenus se sont suicidés en prison, selon les chiffres officiels, contre 109 en 2008.
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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Lun 26 Avr - 12:09

Botton risque de retourné en taule pour affaire louche!
Soyons honnête on ne peut pas humaniser les prisons, surtout aujourd'hui ou tous les contact humains y sont déhumaniser justement. Beauoup de détenus préfère la compagnie des rats à leurs nouvelles prisons, c'est pour dire....
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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Mer 28 Avr - 13:57

Pour le Conseil d'Etat, le mitard, ça ne peut pas faire de mal
Par Laurent Burlet | LyonCapitale | 26/04/2010 | 16H00


Détenu à la prison de Lyon-Corbas, Annice M. demandait seulement une cellule individuelle. Il a pris plus de deux mois de mitard. Le Conseil d'Etat vient de confirmer la sanction.

La scène se passe à la maison d'arrêt de Lyon-Corbas, au début du mois de février 2010. Annice M., 46 ans, à la fois condamné et en attente de jugement pour des affaires de vol, refuse de regagner sa cellule qu'il partage avec un autre détenu.

Aux surveillants, il explique qu'il ne « supporte plus » la présence d'une autre personne et qu'il veut être seul dans une cellule. La direction de Corbas, qui fait face à un surpeuplement chronique, n'accède pas à se demande. Au contraire. La commission de discipline le condamne à trente jours de quartier disciplinaire même si elle ne lui reproche aucune violence ou insulte.
Plus de deux mois au sein du quartier disciplinaire

Le quartier disciplinaire, autrement appelé mitard, c'est l'enfermement vingt-trois heures sur vingt-quatre, dans une cellule qui a pour seul mobilier un lit et une table fixée au sol. Le prisonnier n'a accès ni à la radio, ni à la télé. Et la promenade se fait seul dans une minuscule cour grillagée.

Cette réalité, Annice M., va la vivre pendant près de deux mois. En effet, à la fin de ses trente jours de cellule disciplinaire, il ne veut toujours pas regagner une cellule doublée. Il reprend sept puis deux jours de mitard. La direction de Corbas finit par le placer dans une cellule individuelle du quartier « arrivants ». Le 25 mars, Annice M. refuse de nouveau de partager une cellule avec un codétenu. La commission de discipline prend la même sanction de trente jours que lors de son premier refus.

Via l'Observatoire international des prisons (OIP), il saisit la justice administrative d'un référé-liberté. Une mesure d'urgence en cas d'« atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale ». Le 8 avril, le tribunal administratif de Lyon, dans son ordonnance, donne raison à Annice M. qui est alors transféré dans la nouvelle prison de Bourg-en-Bresse pour y être détenu seul.

Le tribunal de Lyon a jugé « disproportionnée » une sanction disciplinaire contre une demande « légitime » d'encellulement individuel que le législateur a inscrit dans la loi. L'ordonnance souligne que cette cette « sanction » est la plus sévère est qu'elle peut avoir des « effets » sur l'état physique et psychique d'un détenu.
Le Conseil d'Etat restreint la portée de la loi pénitentiaire

Mais le Conseil d'Etat, saisi en appel, a annulé le 22 avril la décision du tribunal administratif en estimant qu'Annice M. « n'invoque aucune circonstance propre à sa situation physique ou psychique de nature à caractériser une situation d'urgence ».

Alors que la loi pénitentiaire du 24 novembre 2009 a réaffirmé la possibilité pour un détenu d'utiliser un référé-liberté, le Conseil d'Etat en réduit profondément la portée puisqu'il ne retient pas, contrairement au tribunal administratif, que la longueur de la durée du placement en quartier disciplinaire peut comporter un risque pour le détenu.

Céline Reimeringer, coordinatrice Rhône-Alpes de l'OIP, analyse :

« Le Conseil d'Etat enferme le référé-liberté dans des conditions drastiques. Il faudrait que le détenu produise des certificats médicaux !

En agissant de la sorte, il le rend sans effet. Il faut prendre en compte les risques en amont et pas attendre des passages à l'acte suicidaires. »

L'association cite notamment un rapport du ministère de la Justice de 1996 qui note que « la mise en quartier disciplinaire accroît de façon majeure le risque de suicide ». Annice M. va prochainement saisir la Cour européenne des droits de l'homme.

en même temps le mitard c'est une cellule individuel (humours vraiment pas bon )

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Mer 28 Avr - 14:16

rebellyon.info
Préavis de grève avant l’ouverture sur Lyon du premier hôpital-prison au Vinatier

Publié mercredi 28 avril 2010



Désormais la dérive sécuritaire envahit la sphère du soin ! Mais les atermoiements de nos gouvernants dans cette ouverture ne révèlent-ils pas un profond malaise ?

Le premier hôpital-prison en France… ?

L’UHSA (Unité Hospitalière Spécialement Aménagée) de Lyon devrait être le premier hôpital psychiatrique-prison en France. Sa construction est achevée au fond du Vinatier, à Bron, avec des hauts murs d’enceinte en béton de six mètres de haut et des douves, qui doivent être surveillés par des matons qui pourront faire feu à tout moment en cas d’évasion. Cela ne va sans doute pas rassurer les patients des autres pavillons de l’immense hôpital du Vinatier situés à proximité, et n’est-ce pas un très « mauvais signal envoyé à la population », selon Marc Auray, délégué CGT du Vinatier, alors que le gouvernement parle d’un "hôpital psychiatrique ouvert sur la société“ ?

Mais alors que cet établissement devait recevoir initialement une soixantaine de prisonniers de Rhône-Alpes, Bourgogne et Auvergne, ayant de graves troubles mentaux, et ce dès le 6 avril 2010, avec dans la foulée une inauguration de Sarkozy, la date d’ouverture est reportée à on-ne-sait-quand… En effet le décret d’application n’a pas été encore promulgué. C’est vrai que le Conseil d’État a émis quelques réserves, mais est-ce la seule raison ?
Préavis de grève

Et déjà une partie du personnel prévu pour travailler dans cet hôpital-prison vient de déposer un préavis de grève pour… le jour de l’ouverture de cet établissement. Ils protestent contre l’opacité et le manque d’information de la part des autorités ainsi que la réduction de moitié de la prime mensuelle de 234 € qu’on leur avait promis. Cela révèle le malaise énorme actuel de l’administration pénitentiaire à l’égard de la gestion de cette structure et des personnels !
Le vertige de la peur sécuritaire

C’est dans un contexte de faits divers fort médiatisés et de dérive sécuritaire que devait intervenir l’ouverture de cet hôpital-prison, qui participe à la destruction d’une conception humaniste de la prévention au profit de structures à gestion sécuritaire de crises. Pendant des années, la prison a joué un rôle asilaire. Aujourd’hui, ne parvenant plus à maîtriser la situation, on a trouvé en cet hôpital-prison une autre conception du contrôle social de la maladie mentale.
Nuit de résistance

C’est pour dénoncer ces dérives et le tournant sécuritaire pris par la psychiatrie que la CGT, avec une trentaine d’organisations, a organisé le 9 mars 2010 une fameuse “nuit blanche de résistance” au Vinatier. Voir ces deux articles de Rebellyon :
- Nuit de résistance du Vinatier face à la prison dans l’hôpital psy ;
- Vinatier : retour sur la Nuit blanche de résistance du 9 mars 2010.
N’est-ce pas d’abord notre société qui est malade ?

Environ un quart de toutes celles et de tous ceux qui se retrouvent en prison ne devraient pas s’y trouver car ce sont d’abord des malades. Et ces nouveaux hôpitaux-prisons risquent au contraire de légitimer l’incarcération de malades mentaux.

Tout comme pour les mineurs, on s’aperçoit dans la prison de Meyzieu qu’il est impossible d’éduquer et de punir dans un même lieu, pourquoi serait-il possible de soigner et punir au même endroit ? Ce n’est certes pas du tout souhaitable. Il vaudrait mieux que notre société prenne en charge bien en amont les malades qu’elle fabrique en se donnant les moyens nécessaires. Ils seraient alors des malades traités comme tels, et il y aurait alors beaucoup moins de malades incarcérés !

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Message  niouze le Mar 15 Juin - 14:34

Rouen : l'Etat condamné pour les cellules indignes de sa prison
Par Rémi Martin | Journaliste | 15/06/2010 | 11H23


L'administration pénitentiaire vient d'être condamnée à indemniser 38 détenus de la maison d'arrêt de Rouen à hauteur de 67 000 euros, pour des conditions de détention jugées contraires au principe de la dignité humaine. « Les personnes incarcérées ont reçu entre 250 et 4 000 euros en fonction de leur durée d'emprisonnement », rapporte Etienne Noël, l'avocat à l'origine du recours.

Les juges administratifs ont décidé que l'avocat était « fondé à soutenir qu'ils ont été détenus dans des conditions n'assurant pas le respect de la dignité inhérente à la personne humaine ».

Sur la base de témoignages de détenus et d'une expertise réalisée à l'intérieur de la maison d'arrêt de Rouen en 2005, les juges ont donné raison à l'avocat.

L'ordonnance précise que la plupart des prisonniers sont ou ont été incarcérés dans des cellules de 10 à 13 m² « en présence d'un ou deux codétenus ». Des espaces qui ne présentaient pas de ventilation au niveau des cabinets de toilettes.

Pis encore, il n'existe pas de cloisonnement avec la pièce à vivre ce qui, selon le juge, « constitue un manquement aux règles d'hygiène et de salubrité ».

Le conseil rouennais n'en est pas à son premier coup. Déjà, à deux reprises en 2008 et 2009, il avait obtenu le même type de condamnations. Mais pour seulement quatre détenus. Là, il est passé à la vitesse supérieure.
La garde des Sceaux met en avant des « efforts financiers »

En se basant toujours sur la même expertise, il ne cesse d'introduire des recours en fonction des témoignages qu'il recueille. Une autre demande attend déjà sur le bureau du tribunal administratif de Rouen. Elle concerne 25 détenus. Etienne Noël précise :

« J'en prépare une autre, on sera surement autour de vingt personnes. »

Depuis quelques années, les condamnations de l'administration pénitentiaire se multiplient notamment à Nantes et à Caen.

A Rouen, grâce aux précédents jugements obtenus, Etienne Noël avance en position de force. Pour s'opposer aux indemnisations, le ministère de la Justice se prévaut des « importants travaux » réalisés depuis 2005. Argument qui n'a pas fait varier les juges.


La chancellerie a annoncé qu'elle allait faire appel de cette décision. Comme elle l'avait déjà fait en 2009. Sa condamnation avait alors été confirmée. De quoi être optimiste pour Etienne Noël. Même si, pour le moment, il préfère rester prudent.

Lui continue de poursuivre son travail de sape contre la maison d'arrêt Bonne Nouvelle de Rouen. Une prison amenée à disparaître à l'horizon 2015, comme annoncée au mois d'avril dernier.

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Message  niouze le Mer 30 Juin - 21:16

Grande-Bretagne : « La prison, ça ne marche pas »
Par Sylvain Biville | Journaliste | 30/06/2010 | 18H17

Le ministre de la Justice britannique, Ken Clarke, veut vider les prisons et encourager les peines alternatives. Un revirement de politique pour les conservateurs.

Le gouvernement britannique de centre droit va-il mener une politique pénale de gauche ? Les projets du ministre britannique de la Justice, Kenneth Clarke, pour réduire la surpopulation carcérale et lutter contre la récidive provoquent déjà une petite révolution.


Avec 85 000 détenus, l'Angleterre et le pays de Galles ont l'un des taux d'incarcération les plus élevés d'Europe. C'est deux fois plus qu'en 1992, lorsque Ken Clarke était ministre de l'Intérieur. Ce doublement est « sidérant », a estimé le vieux routier conservateur, mercredi 30 juin, devant le Centre d'études sur la criminalité et la justice, à Londres :

« Cette approche coûteuse et inefficace a échoué à transformer des criminels en citoyens respectueux de la loi. Ma priorité est la sécurité des Britanniques. Mais se contenter d'enfermer de plus en plus de gens plus longtemps sans chercher activement à les changer est digne de l'Angleterre victorienne. »

Ken Clarke veut en finir avec la politique du chiffre. Il s'apprête à annuler la construction de cinq nouvelles prisons approuvée par le précédent gouvernement travailliste. Il veut aussi revoir la politique pénale pour les courtes peines, en privilégiant la réinsertion à travers des peines alternatives, du style travaux d'intérêt général.
Après la prison, 60% de récidivistes

60% des personnes condamnées à moins d'un de prison retournent derrière les barreaux dans les douze mois. Pour lutter contre ce taux de récidive particulièrement élevé, les organisations caritatives et entreprises privées qui réussiront à réinsérer d'anciens détenus recevront des incitations financières.

Pour les Tories, c'est un virage à 180°C. Depuis 1993, ils prônaient une politique d'impunité zéro, incarnée par le fameux slogan du ministre de l'Intérieur de l'époque, Michael Howard :

« La prison, ça marche. Elle nous assure la protection contre les meurtriers, les agresseurs et les violeurs. »

Soucieux de ne pas afficher la moindre faiblesse sur les questions de sécurité, le New Labour de Tony Blair a fait dans la surenchère, en construisant à tour de bras des nouvelles prisons.
Le New Labour et la base conservatrice grondent

Ce n'est pas un hasard si les travaillistes sont aujourd'hui les plus véhéments contre les projets du nouveau gouvernement. Jack Straw, prédécesseur de Ken Clarke à la justice, s'est fendu d'une tribune dans le Daily Mail pour défendre son bilan :

« Kenneth Clark montre qu'il n'a tiré aucune leçon des dix-sept dernières années. Quelqu'un peut-il sérieusement croire que la criminalité aurait pu diminuer sans ces places de prison supplémentaires ? »

Les travaillistes ne sont pas les seuls à protester. La base conservatrice, déjà ébranlée par la réduction du budget des forces de l'ordre, déplore de voir la politique de sécurité des Tories (« Tough on crime », dur sur le crime) sacrifiée sur l'autel de la coalition.
L'influence des Lib Dem

Les propositions de Ken Clarke empruntent largement au programme des libéraux-démocrates, désormais partenaires au gouvernement. La promesse électorale conservatrice de porter à 100 000 le nombre de places de prison est en revanche jetée au panier.

Poster de campagne Tory (DR)Il y a encore quelques semaines, David Cameron, en campagne électorale, raillait le laxisme de la politique carcérale de Gordon Brown (voir affiche ci-contre). Devenu Premier ministre d'un gouvernement de coalition, il se laisse séduire par une approche beaucoup plus progressiste.

Abandon de la construction de nouvelles prisons, réforme des courtes peines, réinsertion : la nouvelle politique sécuritaire du Royaume-Uni annonce-t-elle un basculement idéologique ?

Il se pourrait bien que les motivations soient beaucoup plus terre à terre. Le budget drastique présenté par le ministre des Finances, George Osborne, impose à chaque ministère des coupes de 25% -à l'exception de la santé et de l'aide internationale.
Les prisons britanniques coûtent trop cher

A la Justice, il faut trouver 2,5 milliards d'euros d'économies. Les prisons, avec un budget de près de 5 milliards d'euros, sont donc les premières dans le collimateur. Pour illustrer le poids financier du système carcéral, Ken Clark a même osé une comparaison hasardeuse :

« Ça coûte plus cher de mettre quelqu'un en prison que d'envoyer un garçon à Eton [établissement secondaire très coûteuse, ndlr] -38 000 livres par an en moyenne. Le contribuable fournit le gîte et le couvert à 85 000 personnes au prix d'un hôtel cher -bien que dans des conditions de surpopulation scandaleuses. »

A 130 euros par jour, un détenu britannique coûte trop cher ? Et si, pour résoudre les problèmes budgétaires britanniques, on ouvrait grand les portes des prisons ? La solution est testée en ce moment par Arnold Schwarzenegger en Californie, où 6 500 prisonniers vont être remis en liberté cette année pour renflouer les caisses de l'Etat.

c'est le monde a l'envers .....a moins que sa cache autre choses ....

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Message  spike le Jeu 1 Juil - 13:19

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Message  spike le Jeu 1 Juil - 13:31



Encore un suicide de détenu à Loos

Un détenu du centre de détention de Loos, près de Lille, s'est suicidé par pendaison dans la nuit de mardi à mercredi, a-t-on appris de source syndicale. Condamné pour assassinat, ce détenu de 55 ans a été découvert par les surveillants, pendu dans sa cellule à un câble électrique, peu avant 7h mercredi. La mort remontait à plusieurs heures. Fragile psychologiquement, il avait annoncé dans une lettre son intention de mettre fin à ses jours.

Un dispositif de surveillance renforcée avait été mis en place mais il venait d'être levé. L'homme était libérable en novembre 2018. Le 16 juin, le directeur de l'Administration pénitentiaire, Jean-Amédée Lathoud, avait annoncé que 51 détenus s'étaient suicidés depuis le début de l'année. Sur l'ensemble de 2009, 115 détenus se sont suicidés en prison, contre 109 en 2008, selon les chiffres officiels annoncés en janvier. (AFP)
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Message  spike le Lun 5 Juil - 14:01


Prison de Draguignan: les directeurs retenus par le personnel.

Les personnels de la prison de Draguignan (Var), inondée par les intempéries du 15 juin et évacuée le lendemain, ont cadenassé lundi matin les grilles de l’établissement et retenaient les deux directeurs à l’intérieur des locaux.

Le mouvement, décidé lors d’une assemblée générale à l’appel de l’intersyndicale (FO, UFAP, CFDT, CGT), vise à obtenir des autorités une réponse sur le devenir de la prison.

«Nous maintenons les directeurs sur place avec interdiction de sortir et nous demandons que le préfet vienne nous rencontrer», a déclaré à l’AFP Philippe Abime, secrétaire du syndicat FO-pénitentiaire et porte-parole de l’intersyndicale.

Mutation du personnel

Le 22 juin, le personnel avait obtenu de la direction de l’administration pénitentiaire une promesse d’un maintien de l’activité de la prison, selon l’intersyndicale, mais rien n’a été confirmé officiellement. Il avait d’abord été question de muter les personnels à partir du 15 juillet, selon les syndicats.

Jusqu’au redémarrage du centre, les agents doivent être employés au nettoyage, à la garde des murs et effectuer des missions de soutien sur des établissements de la région.

Le 16 juin, au lendemain des intempéries, l’ensemble des détenus (environ 450) de la prison de Draguignan avaient été évacués vers d’autres établissements de la région.

La prison compte près de 230 employés auxquels s’ajoutent les vacataires (éducation nationale, médecins, infirmiers).

Mise en service en 1984, elle dispose de quatre quartiers: la maison d’arrêt des hommes, des femmes, le centre de détention et le quartier de fins de peine.

Le préfet du Var accompagne lundi matin la secrétaire d’Etat à l’environnement, Chantal Jouanno, venue rencontrer des sinistrés des inondations, qui ont fait 23 morts et 2 disparus. Mme Jouanno devait notamment se rendre au hameau de Rebouillon, sur la commune de Chateaudouble, avant de présider une réunion avec les élus des communes sinistrées à la sous-préfecture de Draguignan.

(Source AFP)

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Lun 5 Juil - 14:22

Un détenu se suicide trois jours après un refus d'hospitalisation
Par Laure Heinich-Luijer | Avocate | 04/07/2010 | 18H13

L'effet de vases communicants est flagrant : les hôpitaux psychiatriques se vident de leurs lits et les prisons se remplissent de personnes atteintes de troubles mentaux. Les psychiatres défroquent-ils leur blouse blanche ?

Ils semblent en tous cas s'accorder avec les politiques sur le fait que les pathologies mentales ne doivent pas permettre l'immunité judiciaire. A peine 1% des expertises psychiatriques concluent à l'abolition du discernement des mis en cause et donc à leur irresponsabilité pénale.

Les experts deviennent ainsi la caution « scientifique » des décisions d'emprisonnement comme les avocats sont l'alibi de la procédure pénale.

La société, informée par quelques faits divers sur-médiatisés et utilisés à des fins sécuritaires, porte le fantasme du tout carcéral contre le rien psychiatrique que représenterait l'hospitalisation d'office. Cela arrange nécessairement quelques praticiens qui ont, et on les comprend, peur des agressions et des évasions à l'hôpital.

Le centre pénitentiaire de Liancourt serait-il le reflet de ce tout carcéral, de ses dérives et de ses drames ? La prison est en tout cas à l'image de la statuette des trois singes que l'on voit dans le bureau de la DRH de l'hôpital de Clermont-de-l'Oise, dont dépend la centre pénitentiaire, avec les mains sur les yeux, la bouche et les oreilles. Pour les psychologues qui y travaillent, cette statuette symboliserait-elle le seul moyen de conserver leur emploi ?
Neutraliser le détenu, plutôt que soigner le patient

Un quart du centre pénitentiaire est sur liste d'attente pour voir un psychiatre ou un psychologue. Il faut compter quatre à six mois pour les premiers entretiens d'évaluation sans que ceux-ci ne soient encore une prise en charge.

A Liancourt, comme dans tous les établissements pénitentiaires, il s'agit de neutraliser des détenus plutôt que de soigner des patients.

Les traitements sont régulièrement renouvelés sans voir les individus. Les médicaments se cumulent dans des sachets sans que les infirmiers soient bien certains de leur compatibilité car il n'y a pas de préparateur en pharmacie à Liancourt.

Dans les prisons françaises, en manque d'effectif médical, on ne peut pas être patient et détenu, il faut choisir.

Le numéro 5669 est mort. Il avait un numéro d'écrou au lieu d'un lit d'hôpital. Il est mort et il avait prévenu. Autant qu'un suicidaire puisse le faire.

En tournant les pages de son dossier, il n'y a pas une feuille sans les initiales TS, pour « tentative de suicide ».

* Avant d'être incarcéré : TS.
* Grille de vulnérabilité : TS.
* Notice individuelle : TS.
* Fiche d'observation : TS.
* Fiche audience arrivant : TS.

Et quand il n'est pas écrit TS, on lit « risque auto-agressif », le mot est plus recherché.


5669 avait fait quatre tentatives de suicide préalables desquelles il avait été sauvé in extremis en service de réanimation.

Le risque suicidaire était si évident que l'administration pénitentiaire l'avait placé sous surveillance spéciale. Il faisait également l'objet d'un traitement psychiatrique et psychologique.
Un refus d'hospitalisation sans entretien préalable

A partir du 1er mars 2010, tout convergeait pour indiquer qu'une nouvelle tentative était imminente : il stockait son traitement médical, sa femme introduisait une procédure de divorce, une confrontation avec la partie civile était prévue, le juge d'instruction refusait finalement d'accorder un permis de visite à son fils après lui avoir annoncé le contraire.

Il avait, par ailleurs, perdu trente kilos en six mois de détention et avait été hospitalisé d'office trois jours en novembre 2009. Devant ce tableau accablant, le psychologue qui le suivait en détention a demandé à la psychiatre de le faire bénéficier d'une hospitalisation d'office.

Le conseiller d'insertion et de probation signalait lui aussi le risque accru de suicide. La psychiatre a refusé l'hospitalisation le 5 mars 2010 sans même prendre le soin de rencontrer le patient -le détenu ? le numéro d'écrou ?

Effectivement, bien qu'en détention provisoire et donc présumé innocent, le numéro 5669, incarcéré pour inceste, n'avait pas grand chose pour plaire. Il s'est suicidé le 8 mars 2010.

La Commission nationale de déontologie saisie

A Liancourt, a-t-on oublié le droit à la vie tel qu'il résulte de l'article 2 de la Convention européenne ?

C'est sur ce fondement que le Conseil d'Etat considère qu'un détenu est une personne particulièrement vulnérable, entièrement dépendante de l'administration, laquelle doit par conséquent prendre les mesures nécessaires à protéger sa vie :

« En vertu d'un principe rappelé notamment par la première phrase de l'article 2 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l'Homme et des libertés fondamentales, au terme de laquelle le droit de toute personne à la vie est protégé par la loi, eu égard à la vulnérabilité des détenus et à leur situation d'entière dépendance vis-à-vis de l'administration, il appartient tout particulièrement à celle-ci, et notamment au garde des Sceaux, ministre de la Justice et aux directeurs des établissements pénitentiaires, en leur qualité de chefs de service, de prendre les mesures propres à protéger leur vie. » (Conseil d'Etat, arrêt du 17 décembre 2008 rendu à l'initiative de la section française de l'Observatoire international des prisons)

Si la société d'aujourd'hui considère qu'elle n'a pas à tout mettre en œuvre pour garder les auteurs d'infraction en vie pour ce qu'ils sont, peut-être devrait-elle au moins le faire au nom des victimes et de leur droit
à un procès et ce, bien que l'on sache que celui-ci demeure toujours sans rapport avec leur douleur et sans effet sur elle.

Le psychologue a averti la hiérarchie du refus opposé par la psychiatre à l'hospitalisation d'office. Il a également fait saisir la Commission nationale de déontologie de la sécurité pour que des explications soient données sur les conditions de ce passage à l'acte.

Psychologue diligent, fort bien noté jusque là, il recevait un avis défavorable à sa titularisation. Il s'était manifestement trompé de serment. Au centre pénitentiaire de Liancourt on n'est pas fidèle à Hippocrate, on l'est à la statuette : ne rien dire, ne rien entendre, ne rien voir.

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Jeu 15 Juil - 13:05

Les avocats braquent l’Etat (II)
zonzon / jeudi 15 juillet par Anthony Lesme


Deux maisons d’arrêt d’Ile de France ont été expertisées suite aux requêtes de Maître Arakelian. Résultat : nourriture froide, manque de ventilation et d’hygiène. L’Etat pourrait indemniser les détenus.

Ne rien faire risque de coûter cher ! Le 11 juin dernier, l’Etat a été condamné à indemniser 38 détenus ou anciens détenus pour leurs conditions d’emprisonnement à Rouen. Des amendes allant de 350 à 17 500 euros. Un joli pactole donnant des premières suées au Ministère de la justice, qui pour première réaction a décidé de faire appel. En attendant, en Ile de France, Maître Arakelian mène la bataille pour deux de ses clients incarcérés à la maison d’arrêt de Bois D’Arcy et de Nanterre. Lorsque Bakchich l’avait rencontré en avril dernier, il venait d’obtenir la désignation d’experts judiciaires. Mandaté par le tribunal administratif de Versailles, les experts du cabinet Vayssier Consultant ont inspecté en mai dernier les établissements et ont rendu cette semaine leurs rapports dont Bakchich a pris connaissance avec volupté.
Une prison qui envoie le Bois d’Arcy

Les prisonniers se plaignent d’être dans des prisons glaciales l’hiver et surchauffées l’été. Les experts ont conclu « une déficience de ventilation ». Sympathiquement, les services pénitenciers leur ont appris que « le système de ventilation mécanique ne fonctionne plus depuis 25 ans… » Raison évoquée, « il faisait trop froid ». Sobre explication qui a pour résultat aujourd’hui un système « rouillé », hors d’usage et perméable à la pluie qui inonde certaines cellules. Un des détenus explique : « Lors des grosses pluies, les murs suintaient vers l’extérieur au point que la pièce était extrêmement humide, la peinture se décollait et nous devions disposer des serviettes sur le sol et au niveau des fenêtres pour éponger l’eau qui coulait » .

Pour aérer, les prisonniers ont qu’une seule solution, ouvrir les fenêtres. Pour d’autres, pas de problème, les fenêtres ne peuvent pas se fermer… Pour rappel, les détenus passent 22h/24 dans leurs petit 10m². Seul, à deux ou même à trois comme ce fut le cas dans la maison d’arrêt de Rouen. Impossible pour Maître Arakelian d’avoir le détail de la population totale des prisons où sont incarcérés ces clients. Et de conclure oui ou non à une surpopulation carcérale, susceptible de créer des dysfonctionnements. L’administration est restée muette aux demandes des experts.

Simple remarque du rapport, « les lavabos des cellules n’ont pas d’eau chaude ». Un détail. Pour ce qui est des sanitaires, outre la température ambiante parallèle à celle de l’extérieur, il arrive que l’eau soit quelque peu « brunâtre ». « Une cause accidentelle » selon les autorités. Qui affirment avec tact que les douches « sont nettoyées chaque jour » sans pour autant en fournir la preuve et venir contredire les accusations d’insalubrité des prisonniers.
Nanterre minable

A peu de choses près, les mêmes déficiences qu’à Bois d’Arcy. Ventilation bouchée, manque d’aération y compris dans les douches. Cependant la maison d’arrêt a précisé qu’elle changerait les portes des douches permettant une meilleure ventilation. Les clients de M. Arakelian se plaignent aussi tous les deux de manger des repas froids. Rien ne dément les prisonniers. Mieux, Nanterre s’est dit prête à changer les unités de mesure pour la température des aliments qui n’était pas aux normes. Un signe de bonne volonté qui confirme la conviction d’Arakelian, « Faut les contraindre, d’une manière ou d’une autre. Je constate que ça produit déjà des effets. Rendez-vous compte que ces maisons d’arrêt sont presque neuves, Bois d’Arcy datent des années 80 et Nanterre de 90 et leur état est déjà hors des normes. J’ai bon espoir que mes clients soient indemnisés. Et un devrait l’être lourdement puisqu’il n’a rien à faire en maison d’arrêt puisqu’il a déjà été condamné. Il devrait se trouver en centre de détention où en règle générale les prisonniers sont mieux traités ».

Arakelian ajoute que le combat ne fait que commencer et tant que les prisons françaises ne sont pas aux normes légales, il poursuivra son combat. Il prévient « J’ai beaucoup de clients qui sont prêts à attaquer. »

A lire ou relire sur Bakchich.info

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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Mer 21 Juil - 12:04

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Prisons: le constat alarmant de la Cour des comptes

La santé et la formation professionnelle des détenus sont les deux principaux points noirs de la vie dans les prisons françaises, selon un rapport de la Cour des comptes qui formule des recommandations, notamment pour le suivi des malades psychiatriques.

«La santé est un secteur très défaillant en prison», a noté Alain Pichon, président de chambre à la Cour des comptes qui a présenté le rapport à la presse mardi.

L'administration pénitentiaire avait en charge près de 235.000 personnes au 1er janvier 2010, un chiffre qui a augmenté de 26% en dix ans: 61.000 détenus et 174.000 personnes en milieu ouvert.

«Surveillance psychiatrique»

D'après le rapport, l'état de santé des détenus est déjà «préoccupant» à leur arrivée, l'incarcération générant elle-même une «dégradation».

Le principal problème est l'inadéquation entre l'offre et la demande de soins psychiatriques. D'ici à 2012, neuf unités hospitalières pour malades mentaux devraient prendre en charge 600 prisonniers. Insuffisant selon M. Pichon, qui estime qu'«un tiers des détenus devraient normalement bénéficier d'une surveillance psychiatrique».

Par ailleurs, l'environnement pénitentiaire n'est pas adapté à l'accueil des personnes en fin de vie ou en situation de dépendance, alors que la population carcérale vieillit, a déploré la Cour.

L'autre faille des prisons françaises pointée par le rapport est l'accès au travail et à la formation professionnelle.

«En principe, tout détenu a droit au travail. C'est un facteur essentiel de la vie carcérale et un moyen de réinsertion future. Or, seulement 20.000 à 22.000 détenus sur 61.000 ont effectivement la possibilité de travailler», a ajouté M. Pichon.

«Tout détenu a droit au travail»

Concrètement, les prisonniers qui travaillent touchent à temps plein entre 233 euros par mois pour le service général (servir les repas, nettoyer les locaux) et 525 euros pour l'emploi pénitentiaire (coudre les uniformes des gardiens, fabriquer le mobilier). Une partie de cette somme est mise de côté pour préparer la sortie.

«Le travail est un acteur de socialisation important. Cela permet de s'occuper le corps et l'esprit, confirme Jean-François Forget, secrétaire général de l'UFAP, le principal syndicat de gardiens de prisons. Aujourd'hui, la majorité des détenus vont, viennent et végètent.»

La Cour a notamment dénoncé des «lacunes en matière de formation professionnelle» et demandé des «investissements techniques et des formations qualifiantes» pour acquérir des compétences et mieux préparer les détenus à la vie hors des murs.

L'institution a également mis en garde contre le risque d'un système de prisons à deux vitesses. En effet, le développement des établissements gérés en partie par des prestataires privés (environ un tiers du parc aujourd'hui, 50% en 2012) engendre des coûts supplémentaires dus au paiement de loyers. La Cour redoute donc qu'un arbitrage dans le budget global des prisons (2,7 milliards d'euros) se fasse en défaveur des prisons publiques.

En conclusion du rapport, la Cour a établi une liste de 28 recommandations, dont 16 sont prioritaires, pour que le service public pénitentiaire gagne en «efficacité» et en «dignité» et ainsi qu'il «supporte mieux» les comparaisons internationales.

En matière de densité carcérale par exemple, la France se situe au 24e rang sur 27 au sein de l'Union européenne, avec un taux de surpopulation de 131%.


(Source AFP)

Article intéressant mais qui n'explique pas grand chose.
La population carcérale vieillit cat les peines sont de plus en plus lourdes, pour les même "fautes" la durée des peine à doubler depuis les années 80.
15% ont des troubles psy en rentrant en prisons, environ 50% je crois sortent avec des problèmes psys parce que rien est fait pour les prendres en charges, on les bourre de cachetons et c'est tout.
Enfin, le travail en prison est une arnaque: les employés n'ont pas le droit de grève, pas de droits syndicaux, il ne leur reste RIEN en sortant car les prix en cantine (magasin de prison) sont 2 à 3 fois plus cher que dehors, ou bien leur fric leur est dérobé... Les prisonniers constituent de la main d'oeuvre bon marché pour les entreprises privées, qui peu à peu s'emparent du système carcéral, pour augmenter le capital de leurs entreprises. En travaillant on peut bénéficier de remise de peines, donc le travail devient une "carote", "si tu travailles tu pourras sortir plus vite..." De manière générales les entreprises n'emploient pas les détenus qui ont travaillés pour elles lors de leur incarcération
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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Mar 27 Juil - 17:36



«Que le gouvernement arrête de faire croire qu'il lutte contre l'insécurité»

Par MARIE PIQUEMAL


La ministre de la Justice, Michèle Alliot-Marie, a pris de court élus et responsables syndicaux lundi en annonçant la liste de 23 prisons vétustes qui vont fermer leurs portes d'ici 2017. A la place seront construites de nouvelles structures plus grandes, plus impersonnelles aussi et souvent éloignées des centres-ville. Céline Verzeletti, secrétaire générale de la CGT-pénitentiaire, est furieuse.

La France est régulièrement pointée du doigt pour la vétusté de ces prisons. Fermer les plus insalubres est une bonne chose, non?

On est les premiers à dénoncer l'état de certaines prisons en France. Je pense par exemple à la prison de Béthune, dans un état catastrophique. Donc, évidemment, on est favorable à des mesures, à l'ouverture d'une réflexion. Mais pas dans ces conditions.

Que voulez-vous dire ?

Il n'y a eu aucune concertation. Le ministère a publié hier la liste des prisons qui allaient fermées sans même nous prévenir avant. Ce sont pourtant des choix lourds de conséquences! Fermer une prison dans une petite ville pour en reconstruire une grande à plusieurs centaines de kilomètres, ce n'est pas rien. Les conséquences sont lourdes, que ce soit pour le personnel pénitentiaire ou pour les familles des détenus obligés de faire des kilomètres pour les visites. Sans parler de toutes les associations qui gravitent autour de la prison, souvent précieuses pour la réinsertion des prisonniers. Le gouvernement n'a pris aucun de ces éléments en compte. Tout a été décidé uniquement en fonction de critères économiques, de rentabilité. Qu'on ne nous parle pas ensuite de qualité du service public!

L'idéal, selon vous, serait de rénover les vieilles prisons plutôt que d'en créer de nouvelles ?

Regardons ce qui se passe à la nouvelle prison de Corbas, près de Lyon. C'est une catastrophe. Le personnel communique avec les détenus par interphone, il n'y a plus de rapport humain, l'atmosphère est stressante, oppressante pour le personnel comme les détenus. Du coup, les incidents se multiplient, tout le monde se sent en danger. A l'inverse, dans les maisons d'arrêt plus petite où le personnel connaît les détenus, c'est bien plus facile de travailler, de repérer les situations de violence, les changements de comportements...

Michèle Alliot-Marie le sait, elle a même reconnu récemment qu'il ne fallait pas faire des prisons déshumanisées. C'est pourtant ce qu'elle fait... Elle supprime des prisons à taille humaine, consommatrices en personnel, pour créer des structures accueillant 700 ou 800 détenus. Cela permettra de réduire les coûts de fonctionnement mais qu'on ne s'étonne pas ensuite de la hausse de la récidive. Et que le gouvernement arrête de faire croire qu'il lutte contre l'insécurité.
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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Mar 27 Juil - 17:44


«On est arrivés dans une prison propre, sans rats, sans cafards, sans humanité»
INTERVIEW
Ancien détenu à Lyon-Corbas, Alain Cangina raconte la terrible modernité des nouvelles maisons d’arrêt.
2 réactions
Par OLIVIER BERTRAND Lyon, de notre correspondant.

Dans une petite chambre paroissiale de la banlieue lyonnaise, Alain Cangina, 57 ans, prépare sa réinsertion et prend le temps de témoigner. Il a découvert la prison sur le tard, voilà trois ans. D’abord à Saint-Joseph, maison d’arrêt insalubre du centre de Lyon. Puis à Lyon-Corbas, immense prison neuve ouverte en février 2009. Libéré en octobre, il raconte ce passage de la «marmite du diable» à l’ultramoderne solitude carcérale des prisons nouveau modèle.

«En arrivant à Corbas, j’ai d’abord apprécié de me retrouver dans une petite pièce hygiénique, avec une porte insonorisée et une douche que je pouvais prendre quand je voulais. C’est après que j’ai réalisé. Cette porte m’enfermait un peu plus. Vous pouvez toujours taper dedans, personne ne vous entend.

«Et quand vous sortez de cellule, plus un espace n’échappe aux caméras. Quand ils arrivent dans une nouvelle prison, la première chose que regardent les détenus, c’est les angles morts, les endroits qui échappent aux caméras. A Corbas, il n’y en a pas. Du coup, les matons les plus sympas, ceux qui à Saint-Joseph prenaient le temps de discuter, de savoir comment ça va, ils n’osent plus le faire sous l’œil des caméras.

«Dans cette prison, toutes les portes s’ouvrent sur commande, à distance. Tout est automatique. Vous ne voyez presque plus de surveillants. Vous passez devant des postes de contrôle aux vitres sans tain. Eux vous voient. Vous, vous ne les voyez pas. Il y a des interphones, ils ne se déplacent plus. A Saint-Joseph, quand tous les détenus tapaient ensemble dans leurs portes, ça faisait du bruit dans la coursive, les matons venaient. Là, avec la porte insonorisée…

«Moi, j’avais de la chance : j’étais au deuxième étage. En regardant tout droit, je voyais les coteaux du Lyonnais. Ils ont installé ce qu’ils appellent des caillebotis. Des grilles fixées derrière les barreaux, pour empêcher de s’envoyer des trucs d’une cellule à l’autre. C’est des grilles tellement profondes qu’elles vous bouchent complètement la vue vers les côtés et vers le haut et le bas. Comme des œillères: vous ne pouvez plus regarder que tout droit. Donc ceux qui sont au rez-de-chaussée et au premier, ils ne voient plus que le mur.

«Dans cette prison, tout est immense [11,5 hectares contre 4,5 pour les maisons d’arrêt Saint-Paul et Saint-Joseph, ndlr]. Les mouvements prennent un temps fou. Pour aller aux parloirs, il faut passer deux grilles et une dizaine de portes, il faut une vingtaine de minutes. Tout commence en retard, les cours, les activités… Alors, ils ont réduit les mouvements. Il a fallu choisir entre parloirs, activités ou promenade.

«Pareil pour le dentiste ou le médecin. A Perrache, on pouvait les voir dans la semaine. A Corbas, on peut parfois attendre un mois. Comme tout est immense, tout est très fractionné, on ne sait jamais qui est responsable de quoi. Il arrive souvent qu’on ne reçoive pas de lettre de la semaine, puis cinq le vendredi. Si un courrier se perd, personne ne sait si c’est la faute du vaguemestre ou du surveillant d’étage. Le courrier qui arrive par erreur au bâtiment D au lieu du B met un mois pour refaire le chemin. C’est terrible car, avec le parloir famille, c’est votre seul lien à l’extérieur, à la vie.

«Pareil avec la cantine [les produits que les détenus peuvent acheter sur commande]. Depuis qu’ils l’ont refilée au privé, c’est le bordel. On reçoit des choses à la place d’autres, ou vous êtes débité sur votre compte sans être livré. C’était déjà le cas à Lyon, mais, à Corbas, vous n’avez plus d’interlocuteur. Vous ne savez plus qui est responsable de quoi. Les bons se perdent dans la prison, ou entre la prison et Eurest [société de restauration collective]. Vous devenez fou et les surveillants n’ont pas de solution.

«Le privé gère de plus en plus de choses et ça complique tout. Les plombs, par exemple, sautent souvent en prison, parce que ceux qui n’ont pas les moyens de s’acheter une plaque électrique à 40 euros ou un thermoplongeur à 8 euros se fabriquent un «toto» : deux fils électriques qu’on met dans la prise avant de les plonger dans l’eau, pour la faire bouillir. Quand les fils se touchent, ça saute. A Perrache, on tapait dans la porte pour que le surveillant remette les plombs. A la prison de Corbas, ils n’ont pas le droit. Ils doivent appeler la boîte qui gère la taule. Souvent, il faut attendre une demi-journée avant que quelqu’un vienne appuyer sur le disjoncteur.


«Finalement, on a quitté un lieu où l’humanité survivait, pour arriver dans un lieu où il n’y en plus. A Saint-Joseph, c’était vieux et sale, il y avait des rats, des souris, des pigeons. Mais au moins c’était vivant. On est arrivés dans une prison propre, sans rats, sans cafards. Mais au bout de quelques jours, derrière ma porte insonorisée, j’ai eu l’impression de devenir fou. J’ai compris qu’à Saint-Joseph, les rats étaient mes amis.»

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Re: Les prisons: questions.

Message  spike le Dim 1 Aoû - 12:21


Deux ans de prison pour les parents de mineurs délinquants?

Le secrétaire national de l’UMP en charge de la Sécurité, Eric Ciotti, qui prépare un texte sur la responsabilité pénale des parents des mineurs délinquants, propose deux ans de prison ferme quand ceux-ci n’auront pas fait respecter les obligations auxquelles seront soumises leurs enfants condamnés.

«Les parents du mineur encourront alors une condamnation pénale qui pourra aller jusqu’à deux ans de prison», a annoncé Eric Ciotti dans une interview au Journal du Dimanche à paraître dimanche.

«La phrase exacte de la proposition de loi sera»: "Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30.000 euros d’amende, le fait par le père ou la mère de laisser son enfant mineur, lorsque celui-ci a été poursuivi ou condamné pour une infraction, violer les interdictions et les obligations auxquelles il est soumis"», a précisé le député des Alpes-maritimes.

L’objectif de la proposition de loi que Eric Ciotti prépare avec son collègue Edouard Courtial est que, «systématiquement, en cas de condamnation d’un mineur, le magistrat mette en place un plan de probation sous la responsabilité» des parents.

Le jeune aura alors des interdictions claires, souligne Eric Ciotti, comme celle de paraître dans certains lieux, ou d’entrer en relation avec certaines personnes, et aussi des obligations en termes de résultats scolaires.

Exemple du Canada

«Ce plan de probation fonctionne déjà avec succès dans certains pays, notamment au Canada», assure Eric Ciotti.

«Si cette probation n’est pas respectée, alors les parents risquent alors jusqu’à deux ans de prison», a-t-il souligné.

Pour le responsable UMP, cette loi doit «réaffirmer au sein de l’édifice familial cette responsabilité dont les bases ont été sapées depuis mai 1968».

Le code pénal prévoit deux ans d’emprisonnement et 30.000 euros d’amende pour tout parent qui n’aurait pas satisfait à ses obligations légales au point de compromettre la santé, la sécurité, la moralité ou l’éducation de son enfant mineur, a rappelé Eric Ciotti. «A ces dispositions pourra être ajouté le fait de violer les obligations ou interdictions auxquelles il est soumis par une décision de justice».

Qualifiant d’«enjeu essentiel» la délinquance des mineurs, Eric Ciotti a relevé qu’elle a tendance à augmenter, et que «des enfants de plus en plus jeunes sont concernés par des faits de plus en plus graves». «Il est essentiel de remettre les parents démissionnaires face à leurs responsabilités».

Eric Ciotti, qui était déjà en charge du texte prévoyant la suspension des allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme scolaire, a aussi estimé que «l’opposition est dans le déni de réalité» face aux problèmes de sécurité.

En recevant fin juin les députés UMP à l’Elysée, Nicolas Sarkozy avait indiqué qu’il «verrait avantage à ce que le groupe UMP prépare une proposition de loi pour sanctionner les parents d’enfants mineurs délinquants». Il avait ensuite annoncé qu’il avait demandé au gouvernement de préparer un texte de loi permettant «la mise en cause de la responsabilité de parents» dans des cas où leurs enfants mineurs seraient impliqués dans des faits de délinquance.

(Source AFP)
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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Jeu 19 Aoû - 0:03

Malade, il se suicide en prison: sa famille porte plainte contre l'Etat



L'homme avait été incarcéré à la prison de Fresne pour conduite sans permis. Son état de santé était connu et déclaré incompatible avec son incarcération par le médecin qui le suivait. Il avait demandé un aménagement de peine qui lui a été refusé.

Il s'est suicidé par pendaison le 28 juillet à la prison de Fresne dans le Val-de-Marne.

Pour Me Gueguen-Carroll, le retraité "n'avait pas sa place en prison. Tout ce qu'il cherchait à faire, c'était préserver sa santé. Il n'était pas un danger public",selon RTL.

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Re: Les prisons: questions.

Message  Invité le Jeu 19 Aoû - 0:11

Son permis lui avait été retiré parce qu'il roulait sans... sa ceinture de sécurité, et ce à cause de problèmes de santé. Ou comment un système policier et judiciaire peut broyer un homme.

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Jeu 19 Aoû - 0:15

merci pour la precision encore plus kafkayenne , mais deja mettre un gars en taule (qui plus est malade) juste parcequ'il roule sans permis c'est abbérant , mais sa n'a plus l'air de choquer grand monde ... bientot on trouvera normal de fe retrouver en taule pour avoir traverser hors des clous ah douce reich !

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Re: Les prisons: questions.

Message  ringostare le Jeu 19 Aoû - 6:55

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Re: Les prisons: questions.

Message  niouze le Mer 29 Sep - 16:35


Prisons : des détenus au profil inattendu

La semaine dernière, la garde des Sceaux répondait à la question d’un député sur la population du milieu carcéral. Et plutôt qu’une explication laconique, comme c’est souvent le cas à l’Assemblée nationale, dans le petit jeu des questions-réponses, elle a étalé les statistiques trimestrielles.

Surprise ! Alors qu’après le discours de Grenoble, on pouvait imaginer nos prisons remplies d’étrangers, pour beaucoup Roms, et de jeunes provenant de cités cosmopolites qui ne pensent qu’à vendre de la dope et à flinguer des flics, il n’en est rien.

Et, loin des annonces politiques, devant ces statistiques, dans la froide logique des chiffres, on retrouve enfin un peu de sérénité.

Au 1er avril 2010, il y avait 67 757 personnes en prison (dont 8 020 condamnés à une peine criminelle). Soit une augmentation de près de 10% en quatre ans. Or, d’après le ministère de l’Intérieur, la délinquance est en recul depuis plusieurs années. On peut donc en conclure que, contrairement à une idée toute faite, la justice ne se montre pas laxiste, mais au contraire de plus en plus répressive. Aussi, lorsque le ministre de l’Intérieur déclare : « La chaîne de sécurité s’interrompt brusquement après l’interpellation », je me demande sur quels critères objectifs il base cette affirmation…

Il y a 697 mineurs de 18 ans en prison, dont 68 ont moins de 16 ans. 58% d’entre eux n’ont pas été condamnés. Ils sont en attente de jugement, comme d’ailleurs près du quart des détenus. Les moins jeunes, ceux de 18 à 21 ans, sont 5 080 derrière les barreaux.

Quant aux étrangers, ils représentent environ 17.5 % de la population carcérale, soit un pourcentage en diminution de plus de 3% en quatre ans. Bien loin des chiffres qu’on a l’habitude d’entendre au comptoir du café du Commerce.

tableau-detenus-selon-origines.JPG


Mais ce qui est le plus marquant, à mon avis, c’est le niveau d’instruction des détenus. Si l’on pense que délinquance va de pair avec illettrisme, c’est raté : 72.5% des personnes écrouées ont reçu une éducation secondaire ou supérieure.

tableau-detenus-selon-instruction.JPG


La prison se trouve au bout de la chaîne pénale, c’est donc son meilleur marqueur. Et à la vérité, ce n’est ni pire ni mieux qu’avant. Si le sentiment d’insécurité semble plus grand, c’est que notre époque est à l’inquiétude. À moins que l’influence des femmes… Elles ne représentent que 3.4 % de l’ensemble des détenus.

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