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ZAD du Testet

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Dim 2 Nov - 0:24

manif de nantes vue de l'interieur encore une fois sa change de la versions des journaflics

Anti démocratique le PS a beau jeu de nous le dire

Publié le samedi 01 novembre 2014, 22:14 - Notre Dame des Landes - Lien permanent

Jour des morts

Antidémocratique, l’anti-hommage de Rémi Fraisse selon eux mais ce jeune homme serait dans nos pas et marcherait avec nous ensemble démocratiquement et pacifiquement, si on n’avait pas une une fois encore été noyé sous vos lacrymos et vos tirs tendus de flashballs qui ont encore défiguré un jeune, n’est-il pas interdit de tirer au visage avec pareil engin. La mort de Rémi Fraisse ne vous a  donc  rien appris. La manifestation a démarré de la préfecture dans un silence, nous  avons remonté le cours ces cinquantes otages , à droite et à gauche d’importantes forces de police en armes ferment tous les accès au Bouffay et vers la rue de l’arche sèche.


Nous continuons vers la croisée des trams et tournons  pour aller vers la place du Bouffay, les forces se déplacent bloquant tout le Bouffay. Pour l’instant tout se passe bien à part quelques pétards. Nous remontons vers la rue de Strasbourg pour terminer la manifesation dans le calme et sans trouble. Trop beau, nous attendais au milieu de la rue de Strasbourg , un rideau bleu braquant leurs flasball sous nos yeux. Des Bouteilles d’eau ont volé vers les forces de l’ordre. Dès lors se sentant agressés, menacés et en usant graduellement de leur bon usage de la force , ils ont commencé a balancé les gaz et les assourdissantes et les flasballs, dont des blessés. Tiens, ils ne voulaient donc pas que cette manif se passe calmement. Vu l’armada en place.


Nous sommes revenus calmement vers le cours des 50 otages où on a été accueillis pas d’autres gaz et ainsi de suite jusqu’)à la charge de la cavalerie ver s 20 heures , le tour est joué, maintenant au maire et l’ex-maire de parler , c’est intolérable, ces violences , c’est anti démocratique, ce n’est pas honorer la mort de Rémi Fraissse. "la même ritournelle bien rodée ....qui s’use.

Nous continurons à marcher vers un futur qui ne vous appartient plus.

http://kalzadud.fr/perche/index.php?post/2014/11/01/Anti-d%C3%A9mocratique-le-PS-a-beau-jeu-de-nous-le-dire

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Dim 2 Nov - 11:28

puisque vall's fanfaronne partout sur les violences rappelons lui qui sont les violents dans cette affaire

petit tour par mediapart des violence subit par les "zadiste " au testet depuis le mois de septembre (lien pdf )
https://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/11/article_466543.pdf

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Dim 2 Nov - 12:19


Conflit de pouvoirs : pour Rémi Fraisse



02 novembre 2014 |  Par arié alimi

Je ne connaissais pas Rémi Fraisse. Et je ne pensais pas en acceptant de défendre ses parents, en qualité de parties civiles, que j’aurai également à le défendre.
Car depuis une semaine, depuis le moment où il s’est effondré, touché par une grenade lancée par un membre de la gendarmerie mobile, il ne se passe pas un moment sans que l’on fasse offense à sa personne et à sa mémoire. Casseur, djihadiste vert, ecoloterroriste…. Le discours du gouvernement ou de certains syndicats agricoles s’est établi et n’a cessé de monter en puissance. D’abord pour tenter de nier l’existence même des origines de sa mort. Rappelons-nous que dans les premiers moments, on ne parlait que d’un corps découvert dans la foret. On apprendra plus tard que le parquet, la direction de la gendarmerie et le gouvernement savaient déjà ce qu’il s’était passé puisque les gendarmes avait quelques instants après sa mort ramassé le corps de Rémi.
Alors pourquoi  pendant deux jours, ce silence assourdissant, pourquoi cette absence de réaction du parquet, du gouvernement, pourquoi le refus de dire cette vérité que l’on connait depuis le début ? Pourquoi le parquet a-t-il tenté de semer une confusion indécente sur les circonstances de sa mort en ne donnant que des bribes d’informations, en ne parlant lors de la première conférence de presse que d’une explosion, laissant croire à la possibilité d’un décès dû à un Cocktail Molotov, pourquoi avoir lancé de fausses pistes, comme celles du sac à dos disparu, volontairement récupéré par les manifestants, et qui aurait pu contenir des substances explosives ? Simplement pour discréditer un jeune homme pacifiste, militant de la fédération Nature Environnement, botaniste, qui n’a jamais fait usage de violence ou eu maille à partir avec les forces de l’ordre. Salir l’image d’un jeune homme mort qui militait pour l’environnement et pour les générations avenir?
Y a-t-il attitude plus basse et plus veule ?
Pourquoi ne pas assumer ses responsabilités et dire : nous l’avons tué. Notre politique l’a tué. Nous n’avons pas voulu choisir la voie du dialogue, nous avons voulu montrer que nous sommes forts aux yeux des Français, et cela passe par des démonstrations de violences contre ces militants majoritairement pacifistes. Nous les avons harcelés, frappés, nous avons brulé leurs effets personnels, les avons délogés sans autorisations judiciaires, puis nous avons fait usage de Flash balls, de grenades fumigènes et de désencerclement. Et comme ils ne partaient toujours pas, nous avons fait lancer des grenades contenant des explosifs, en les jetant sans sommations, sans respecter les règles élémentaires d’usage de ces grenades, en l’air directement sur les manifestants, ou même dans des lieux clos, comme dans une caravane occupée. Nous les avons blessés, alors qu'ils tentaient simplement de sauver notre patrimoine naturel, eux qui ont cette conscience que nous n’avons plus, à force de vouloir produire et gagner toujours plus.
Je suis désolé de dire cela, je ne suis qu’avocat. Je ne devrais pas parler de ce qui me dépasse, de ce qui dépasse mon champ d’action, le droit. Mais c’est plus fort que moi. Je me dois aujourd’hui de défendre Rémi Fraisse, ou plutôt ce qu’il en reste. Un corps dans une morgue. Un corps au centre d’un conflit de pouvoir. De tous les pouvoirs, politiques, judiciaires, militaires, médicaux, médiatiques. Un corps autopsié, malmené, disséqué par la France entière qui se le déchire, comme Damien supplicié en place publique, objet de la toute-puissance de la souveraineté. Un corps auquel le pouvoir refuse de redonner un nom, une dignité. Un corps que le pouvoir refuse de rendre à ses parents qui à ce jour n’ont toujours pas pu voir leur enfant, auquel ils ont donné naissance, qu’ils ont vu faire ses premiers pas, dire ses premiers mots, crier ses premières révoltes, et qu’ils ne pensaient pas devoir inhumer, envers et contre toute logique générationnelle.
Ce n’est pas qu’un drame ou une tragédie qui s’est nouée autour de Rémi. Il est mort parce qu’il s’est retrouvé par hasard au milieu d’une déflagration de pouvoir et d’expression de la violence publique. Ce qui a tué Rémi Fraisse, ce n’est pas seulement un gendarme jetant une grenade offensive en pleine nuit en direction de jeunes manifestants, quelle que soit la violence de ceux-ci. Ce qui a tué Rémi, c’est la violence Etatique. Un Etat gouverné par des hommes dont la boussole n’est orientée que vers la prochaine échéance électorale,  des hommes motivés par leur stratégie de communication, et qui en ont oublié que l’Etat dont ils sont les représentants n’était finalement qu’une simple fiction destinée en premier lieu à protéger ceux qui avaient accepté de se soumettre à sa violence légitime. Mais lorsque la violence n’est plus légitime, lorsque l’on utilise des armes de guerre non pas contre un autre Etat belligérant, mais contre sa propre population,  lorsque l’Etat tue ceux qu’il est sensé protéger, alors la question de l’Etat, de son fonctionnement, de ses intérêts et de ses représentants doit inéluctablement être posée.
 Dimanche à 16H00, je serais devant le mur de la paix, avec une renoncule à feuille d’ophioglosse sur le torse, et je penserai aux parents de Rémi Fraisse, je penserai à Rémi, et à toute cette vie, plus importante que tout le reste, qui s’est en allée. Pour Rémi Fraisse.
http://blogs.mediapart.fr/blog/arie-alimi/021114/conflit-de-pouvoirs-pour-remi-fraisse

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Dim 2 Nov - 23:01


SUIVI DE LA MANIFESTATION
21h 58 : Et voila une vidéo du moment ou les dangereux manifestants ont tenté de charger les pauvres policiers désarmés comme nous l’expliquent les journalistes vendus du parisien...
20h 06 : Les gardé-e-s à vue sont emmené-es au commissariat du 14ème.
19h 49 : 18 gardes à vue notifiées aux dernières nouvelles.
19h42 : Grosse ambiance dans les paniers à salade cette après-midi !
En direct des fourgons de flics pendant la manifestation pour Remi Fraisse
18h 55 : Le rassemblement devant le commissariat rue de l’Evangile a grossi. Les copains et les copines sont près d’une centaine et ont été repoussé-es à coup de gaz lacrymogènes. Il y a au moins 13 personnes placées en garde à vue.
18h 25 : Le rassemblement devant le commissariat de l’Evangile se passe dans le calme. Il y a une soixantaine de personnes qui chantent "Libérez nos camarades !". Quelques personnes sont déjà sorties. Par contre, d’autres ont été envoyées en garde à vue. Il est important de noter que certaines personnes ont été placées en garde à vue alors qu’elles n’avaient rien à voir avec la manifestation : exemple, une personne qui faisait son déménagement et qui avait le malheur d’avoir sur lui un couteau de boucher et un vieux drapeau du PCF (sic) a été embarqué. C’est pas beau la démocratie ?
18h15 : Les manifestants comptent 85 personnes dont l’interpellation a été constatée. Un rdv est lancé à 19h au CICP pour débriefer la manifestation de cet après-midi.
17h40 : Un dispositif répréssif impressionnnant aura été déployé aujourd’hui : 97 fourgons, plus de 600 gardes mobiles, CRS et de très nombreux policiers en civil ont quadrillé toute la journée le quartier de Stalingrad, contrôlant et fouillant les passants.
17h30 : Les interpellations se poursuivent à Stalingrad. Environ 100 personnes ont déjà été embarquées.
17h20 : Tous les interpellé-es du jour sont conduits au comissariat de rue de l’Evangile. Plusieurs personnes convergent vers le commissariat pour soutenir les embarqué-es.
17h10 : Les embarqué-es en bus sont conduit-es au commissariat rue de l’Evangile. Les interpellations se poursuivent place Stalingrad. Une nouvelle nasse d’environ 40 personnes est retenue près de la rotonde.
17h00 : Une charge est en cours sur le boulevard au niveau de la station de métro Stalingrad. La nasse devant le cinéma s’est vidée, les gens se dispersent par petits groupes.
16h40 : Tandis qu’un bon groupe occupe encore la place, les manifestant-es qui se sont dispersés continuent d’être contrôlés une fois sortis de la manifestation. Dans le quartier, la police tourne et contrôle encore les passants.
16h30 : 3 personnes interpellées pour avoir distribué des tracts.
La nasse a été mise en place alors que les gens se dispersaient. La police empêche les gens de partir et gaze les manifestant devant le cinéma.
16h20 : Une première charge est en cours côté quai de Seine. La police divise la manifestation et tente d’encercler environs 50 personnes du côté du MK2.
16h10 Le dipsositif est refermé par 20 camions quai de Loire et quai de Seine. Les gardes mobiles semblent se mettre en position pour disperser.
16h00 : Aux vues du dispositif policier, l’ambiance sur la place est lourde. Quelques prises de parole par des manifestants sont en cours sur la place : ils revendiquent le droit à manifester en hommage à Rémi Fraisse et contre les violences policières.
15h40 : Les premiers interpellés seraient conduits vers le commissariat de la rue de l’Evangile.
15h20 : Contrôles systématiques et fouilles des sacs aux abords de Stalingrad. Environ 500 personnes ont finalement réussi à rejoindre le rassembelement sur la place après avoir subit plusieurs fouilles. D’autres copains et copines essayent de rejoindre la place en cortège.
15h10 : Les controles de la police s’intensifient : 9 interpellations à Stalingrad, 12 au métro Mairie de Montreuil et 15 interpellations au métro Croix de Chavaux.
14h50 : Le numéro légal team pour la manifestation : 0605669345
14h36 : 3 interpellations à Stalingrad et une douzaine de personnes embarquées au métro Mairie de Montreuil. A Stalingrad près de 80 fourgons de CRS et une quinzaine de fourgons de Gardes Mobiles.
14h15 : Les camarades commencent à être contrôlés aux alentours de Montreuil.
13h00 : Manifestation non autorisée par la préfecture.

https://paris-luttes.info/appel-a-manifester-dimanche-2

nb le gars qui déménageait n'avait non pas un couteau de boucher mais un couteau a jambon ! ainsi qu'une tringle a rideau et des instrument de cuisine type cocotte

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Lun 3 Nov - 10:58


« Rémi Fraisse est mort pour préserver l’intérêt supérieur des générations futures »
par Benoît Biteau 3 novembre 2014
« Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête. » Dixit Thierry Carcenac (PS), président du Conseil général du Tarn, après la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre sur le chantier du barrage de Sivens. Consterné, le Vice-président de la Région Poitou-Charentes, Benoît Biteau (PRG), lui répond, et revient sur les motivations profondes qui ont amené des milliers de citoyens à se mobiliser contre ce projet. Il invite Thierry Carcenac à utiliser l’argent public, non pas pour aggraver la pollution et la raréfaction de l’eau, mais pour soutenir une alternative agricole vertueuse.
Monsieur Thierry Carcenac, vous êtes à la fois pathétique et consternant !
Consternant, en tant que maitre d’œuvre pour la réalisation du barrage de Sivens, sur le fond de ce dossier. Comment peut-on porter un projet public, mobilisant 100 % de crédits publics sur un projet sans se poser les bonnes questions, dès le départ ?
Le projet de barrage vient du fait que la rivière Tescou subit, depuis 30 ans, des étiages (le débit le plus bas atteint par un cours d’eau, à cause d’une sécheresse ou de trop grands prélèvements par exemple) sévères. Monsieur Carcenac, vous êtes-vous interrogé sur les causes de ces étiages sévères et quelles évolutions de pratiques pourraient en être à l’origine ? Visiblement non, car vous auriez rapidement pu faire le lien entre ces étiages sévères et le développement important des surfaces en maïs hybride sur le bassin versant du Tescou.
Le Conseil Général du Tarn devait-il donc, face à cette situation, avec 100 % d’argent public, accepter de réaliser, un équipement qui ne vient qu’en soutien de ces pratiques agricoles peu respectueuses de la ressource en eau, tant sur le plan quantitatif que qualitatif d’ailleurs, ou explorer, avec cette même enveloppe, de 8,5 millions d’euros, des alternatives à ce modèle agricole qui touche le fond ?
La réponse ne peut que trouver ses fondements dans le bon sens paysan !
Monsieur Carcenac, vous invoquez le nécessaire soutien à ce projet au motif que cette agriculture est plus « rentable » grâce à l’irrigation.

8,5 millions d’euros pour 20 exploitations agricoles



Mais comment expliquer alors, que ces maïsiculteurs, grands bénéficiaires des aides publiques de la PAC (Politique Agricole Commune), expliquant d’ailleurs la majeure partie de la rentabilité de cette culture, ne puissent pas, au nom de cette rentabilité, financer eux-mêmes, un tel projet ?
Faisons maintenant un peu de mathématiques.
Monsieur Carcenac, vous expliquez que les exploitations moyennes concernées, pourraient irriguer environ 40 hectares chacune grâce au 1,5 millions de mètres cubes stockés dans le barrage de Sivens. Contrairement à ce que vous dites, la grande majorité des surfaces qui seraient irriguées grâce ce projet (cf. l’enquête publique) sont des surfaces en maïs ! Pour irriguer 1 hectare de maïs hybride, il est nécessaire de mobiliser en moyenne 2 000 m3 d’eau. Ce barrage permettrait donc l’irrigation d’environ 800 hectares de ce maïs. Pour une moyenne de 40 hectares par exploitation, le projet ne peut donc concerner qu’environ 20 exploitations ! Ce qui signifie qu’un projet de 8,5 millions d’euros, d’argent public, pour stocker de l’eau, ne va bénéficier qu’à 20 exploitations agricoles, parmi celles d’ailleurs les mieux dotées en aides publiques de la PAC ! Belle logique vertueuse !
En gros, sans trop caricaturer, 20 exploitations agricoles, parmi les mieux dotées d’aides publiques, vont se voir attribuer une nouvelle aide publique indirecte d’un peu plus de 400 000 euros chacune ! 400 000 euros qu’elles ne peuvent pas financer seules et qui pourtant va servir à irriguer une plante, parait-il très rentable, à laquelle elles ne peuvent donc renoncer, et qui justifie donc la réalisation de ce barrage.
Qui parlait de bon sens paysan ?

300 litres de pétrole par hectare de maïs



Sur le fond toujours, Monsieur Carcenac, vous convoquez le changement climatique, et vous avez raison. Ce que vous ne dites pas, Monsieur Carcenac, c’est que le scénario Garonne 2050 (une étude sur les ressources en eau du bassin de la Garonne), occulte le poids de l’agriculture dans ce changement climatique, et le rôle qu’elle peut jouer pour le limiter !
En effet, l’agriculture est émettrice, en moyenne, de 20 % des gaz à effet de serre. Et ce n’est pas les moteurs des tracteurs les responsables, pas davantage d’ailleurs que les vaches qui pètent dans les prairies ! La contribution majeure de l’agriculture à la fourniture de gaz à effet de serre est liée à sa dépendance aux substances chimiques de synthèse, dérivées du pétrole, que sont pesticides et engrais azotés, dont on connait par ailleurs, les dégâts considérables dont ils sont responsables, sur cette même ressource en eau, mais aussi sur les équilibres, la biodiversité, et la santé.
Pour produire 1 kilo d’azote, il faut mobiliser 1,5 litres de pétrole. Sur un hectare de maïs, de blé ou de colza, le modèle agricole dominant apporte environ 200 à 250 kilos de cette azote de synthèse, induisant une dépendance au pétrole (et donc alimentant la fourniture de gaz à effet de serre) de 300 à presque 400 litres de pétrole par hectare, avant même d’avoir tourné la clef du tracteur !
L’agriculture occupe environ 70 % des surfaces de nos territoires et c’est une activité économique qui mobilise énormément d’argent public via la PAC.

La France, premier utilisateur mondial de pesticides



Ne devriez-vous pas, Monsieur Carcenac, puisque ce changement climatique vous tracasse visiblement, accompagner, avec autant d’argent public, un modèle agricole qui, d’une part, renonce aux substances de synthèse et qui, d’autre part, redécouvre les vertus d’une agronomie qui sait s’en affranchir en mobilisant les ressources parfaitement gratuites et inépuisables que sont, l’azote atmosphérique, le carbone, la lumière, la vie des sols ?
Ne devriez-vous pas intégrer, qu’avec autant d’argent public fléché vers cette activité économique, il est urgent de restaurer un contrat moral décent avec la société civile, avec les contribuables, et faire en sorte que ces 70 % d’espaces occupés par l’agriculture soient des espaces de séquestration du carbone, ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, tant l’usage massif de ces substances de synthèse – la France reste le premier utilisateur mondial de pesticides, en dose par hectare ! – ont dévasté la vie et donc, la fertilité, et par conséquent, la faculté des sols à séquestrer le carbone ? Les prairies humides semblables à celles que vous dévastez sur le Testet sont d’ailleurs unanimement reconnues comme de remarquables puits de carbone, contrairement à la culture du maïs, qui elle, émet du carbone !
Ces deux paramètres fondamentaux, sont parfaitement occultés dans les différents scénarii de Garonne 2050 ! Et c’est pourtant là que sont les plus grandes marges de manœuvre pour lutter contre le changement climatique, plutôt que dans une posture fataliste, passive, qui ne prend pas le sujet à bras le corps, et qui préfère les fuites en avant en tentant de résoudre des équations, impossibles à résoudre justement !
Comment pensez-vous, au motif de ce changement climatique, pouvoir répondre à des augmentations de températures, associés à des régimes hydrographiques sévères, nécessitant l’irrigation toujours plus exigeantes des cultures vidées de toute rusticité par la sélection génétique de plantes homogénéisées et standardisées, à partir d’une ressource de plus en plus rare et pour laquelle les priorités de gestion en bon père de famille, restent, d’abord l’eau potable, ensuite le bon état des milieux et enfin l’irrigation (article 2 de la loi sur l’eau) ?
Le stockage de l’eau n’est donc pas la bonne réponse ! Même Garonne 2050 le dit !

Utiliser l’argent public pour un autre modèle agricole



Savez-vous, Monsieur Carcenac, qu’avec autant d’argent public, vous pourriez soutenir un modèle agricole, basé sur l’agronomie, apte à limiter et s’adapter au changement climatique, sachant s’affranchir des substances de synthèse (engrais et pesticides), sachant produire en s’appuyant sur des ressources parfaitement gratuites et inépuisables, préparant l’après pétrole, préservant les équilibres, les ressources et l’eau en particulier, la biodiversité (sauvage et domestique, animale et végétales), le climat et la santé ?
Que ce modèle, en respectant les capacités de la terre (avec un petit t) et la Terre (avec un grand T) à produire demain, garantit un avenir décent pour les générations futures ?

Savez-vous qu’il existe des variétés de maïs, mais aussi de tournesol, de blé, d’orge, d’avoine, et dans toutes les espèces, qu’on appelle « variétés populations » obtenues par une sélection convergente des hommes et du milieu, comme le faisaient déjà avant nous les mayas et les aztèques, il y a des millénaires, qui ont des caractéristiques techniques redoutables – fort taux de protéines par exemple – et qui permettent d’obtenir des rendements surprenants en cultures sèches, justement parce qu’elle sont parfaitement adaptées à leur zone de production, qui n’ont rien à voir avec les variétés standardisées proposées par les firmes semencières, et qui, de surcroit, redonnent aux paysans leur autonomie alimentaire, semencière et génétique ?
Savez-vous encore que l’arbre – que le modèle agricole de ces dernières décennies s’est acharné à faire disparaître et que vous vous acharnez à faire disparaître sur la zone humide du Testet – est l’acteur central de ce modèle vertueux (agroforesterie, associant arbres et productions agricoles), qui fonctionne partout dans le monde en général, et en particulier, dans le Tarn et qui « nous garantira demain la possibilité d’atteindre la souveraineté alimentaire sur toutes les zones de la planète » (Olivier de Schutter, rapporteur spécial pour l’agriculture et l’alimentation à l’Onu) ?
Que ce modèle agricole vertueux est aussi la meilleure réponse économique pour les agriculteurs eux-mêmes qui voient leurs coûts de production diminuer de façon spectaculaire tout en faisant progresser leur rendement de 40 %, en moyenne, en France, selon l’Inra ?

54 milliards d’euros par an pour dépolluer l’eau



Réalisez-vous que dans un contexte où l’argent public se fait rare, que d’autres activités sont impactées négativement par ce modèle agricole chimique, comme la pêche ou la conchyliculture sur notre littoral. Que les contribuables sont mis à contribution à hauteur de 54 milliards d’euros par an pour financer le retrait dans l’eau des seules pollutions agricoles pour obtenir de l’eau potable. Qu’engager des politiques, des logiques préventives, coûtent, en moyenne, 26 à 27 fois moins que s’acharner sur les logiques curatives. Comme par exemple, le stockage de l’eau qui vient en soutien de ce modèle agricole qui refuse de se remettre en cause et transfert le coût des dégâts de ses pratiques sur le plus grand nombre ? A savoir les contribuables, comme vous le faites vous-même en finançant ce projet de barrage. Ce sont déjà les contribuables qui alimentent l’enveloppe de la PAC (11,5 milliards d’euros en France), distribuées à ces mêmes agriculteurs.
Ne pensez vous pas qu’il est désormais urgent de changer, d’avoir un peu de créativité, d’audace et de courage politique pour porter avec l’argent public les vraies bonnes solutions, celles qui allument des cercles vertueux, qui préparent l’avenir des générations futures, loin des logiques corporatistes qui aveuglent à grands coups de propagandes et nous éloignent des véritables approches globales ?

Rémi aurait pu être l’un de mes enfants



Sur la forme maintenant, Monsieur Carcenac, vous êtes cette fois pathétique. J’ai pris le temps de rédiger ce long courrier pour que la mort de Rémi ne soit pas vaine, ne soit pas inutile. Pour vous expliquez ce que vous n’avez visiblement toujours pas compris, et que vous sachiez que ce jeune étudiant de 21 ans, lui l’avait compris et que c’est pour ça qu’il était là-bas sur place, au Testet, pour préserver l’intérêt supérieur des générations futures !
Oui, il est mort, pour des idées, parce qu’il avait compris ce qu’en humble et modeste ambassadeur, j’essaye de vous expliquer dans ce courrier. J’aurais pu être Rémi, car je me suis également rendu sur place, où j’y ai d’ailleurs pu constater l’extrême violence des forces de l’ordre face à des militants pacifiques. Rémi aurait également pu être l’une de mes deux filles ou l’un de mes trois fils, tant ils sont également convaincus que de telles politiques publiques sont suicidaires pour les générations futures !
Rémi, jeune toulousain étudiant en biologie de 21 ans, a donc donné sa vie pour tenter de préserver l’intérêt supérieur qu’est l’avenir des générations futures ! Et cette mort, ne sera ni stupide, ni bête, comme vous le dites, si vous prenez maintenant conscience du message qu’il était venu porter sur la zone humide du Testet, lui et tous les nombreux autres citoyens opposants, si vous cessez immédiatement de tels travaux, si vous replantez des arbres au Testet, et si vous utilisez l’argent public du projet pour accompagner et pour soutenir une alternative agricole vertueuse, animée par une véritable approche globale, pour en faire un projet remarquable et exemplaire !
Et je suis prêt, si vous avez (enfin !) cette étincelle de lucidité, de conscience et d’humanisme, à mettre à votre service, gracieusement, en la mémoire de Rémi, de sa clairvoyance et de son engagement, mes connaissances, mes compétences, mes expériences et les réseaux capables d’accompagner un tel projet pour en garantir la réussite ! Faisons le ensemble Monsieur Carcenac, pour qu’effectivement la mort de Rémi ne soit ni vaine, ni stupide, ni bête !
Benoît Biteau (Vice Président de la Région Poitou-Charentes et membre du Parti radical de gauche) [1].
http://www.bastamag.net/Barrage-de-Sivens-pour-que-la-mort

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Lun 3 Nov - 12:51


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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Lun 3 Nov - 13:09


Cet homme est-il un « casseur » ? Non, c’est un policier
Vladimir Slonska-Malvaud (Reporterre)
lundi 3 novembre 2014

La police se déguise de plus en plus en « casseurs », dont l’image violente est utilisée ensuite par les médias. Samedi après-midi, une nouvelle manifestation s’est tenue à Nantes suite à la mort de Rémi Fraisse. Les provocations policières ont rapidement donné lieu à des affrontements, alors que la manifestation était majoritairement pacifique. Et les policiers en civil, déguisés en manifestants, jouent un rôle trouble.


 Nantes, reportage
Samedi 1er novembre, à Nantes, la manifestation en hommage à Rémi Fraisse, militant écologiste tué par une grenade explosive de la gendarmerie le 26 octobre 2014 sur le lieu du barrage de Sivens, dans le Tarn, a une nouvelle fois donné lieu à un déchaînement de brutalités policières contre les 1.500 manifestants présents, dans leur grande majorité non violents.
Avant même le début de la manifestation, la quasi-totalité de la presse locale titrait sur les violences à venir, fournissant la liste du vocabulaire de circonstance — « casseurs », « dégradations », « guérilla urbaine » — et déroulant la litanie des lamentations de commerçants et de Nantais nécessairement « excédés » par les événements. La précédente manifestation nantaise pour Rémi Fraisse, lundi 27 octobre, avait, il est vrai, fourni du grain à moudre aux annonciateurs de désastres : vitrines et banques démolies devant des policiers passifs. Les petits commerces avaient été globalement épargnés.
Ce samedi, un tract appelait cette fois à faire « ce qu’ils n’attendent pas de nous » : « Aujourd’hui, cela sent davantage le guet-apens qu’une insurrection qui vient », notait le texte signé par « quelques occupants de la ZAD ». Une consigne dans l’ensemble respectée, les destructions ayant été minimes tout au long de la journée.
La marche, commencée à 14 heures devant la préfecture, se déroule d’abord dans le calme. Des banderoles et pancartes « naturalistes en lutte » ou « ils mutilent, ils tuent nos enfants. Surarmement, impunité de la police, stop » sont posées sur le monument aux morts des 50 Otages.

Deux hélicoptères survolent la ville. Alors que le cortège remonte la rue de Strasbourg, les rangées de CRS sont de plus en plus proches. Les manifestants scandent « assassins » en passant devant les policiers.
Les premiers incidents démarrent avec la présence d’un CRS visant les manifestants avec son flashball.

- Le tireur se distingue entre les deux policiers casqués.-
Une provocation, puisque la manifestation se déroulait jusque-là dans le calme. Quelques œufs et bouteilles vides volent en direction du fonctionnaire, et servent de prétexte pour tirer les premières grenades lacrymogènes et pour charger.

Le cortège est coupé en deux. Une quinzaine de membres de la Brigade anti-criminalité (BAC), à l’apparence et au vocabulaire plus proche de braqueurs de banque que de policiers, surgit en courant du haut de la rue.

- Des "casseurs" ? Non. Des policiers...-

- Précisons : des "casseurs" ? -

- Le foulard qui lui dissimule le visage dessine... une tête de mort. -
Cagoulés, matraques télescopiques en main, ils arrêtent une première personne.

L’homme, au sol, est frappé dans le dos.

Un autre lance « casseur de merde » à un jeune manifestant, pourtant calme. Un habitant du quartier qui souhaite rentrer chez lui s’avance vers les policiers, qu’il gratifie d’un « fascistes ».

Il est emmené manu militari.

Mais notez, à gauche, ces policiers à l’allure de "casseurs" :

Un peu plus loin, un premier blessé, touché au niveau de l’arcade, est pris en charge par un secouriste de la manifestation.
Alors que le cortège rebrousse chemin en direction de la place du Commerce,

le scénario du reste de la journée se met en place. Un front, constitué des manifestants favorables à l’affrontement – essentiellement des militants anarchistes et autonomes – se positionne face aux gendarmes mobiles ou aux CRS. Le reste du cortège se situe en retrait, mais ne se disperse pas. Aux tirs de la police, les premiers répondent par des charges sporadiques, parfois protégés par des barrières de chantier, par des jets de pavés, de bouteilles vides et parfois de fusées de détresse.

Deux poubelles sont incendiées cours des 50 Otages, au niveau de la place de l’Ecluse. Des pavés sont arrachés des voies de tram.
L’auteur de ces lignes n’a, en revanche, pas été témoin de lancers de bouteilles contenant de l’acide, comme l’a affirmé plus tard le préfet de Loire-Atlantique lors d’une conférence de presse.






Peu à peu, la composition de la manifestation change, avec l’arrivée de jeunes moins politisés, attirés par les affrontements. Un camion à eau est stationné dans une rue adjacente.

De nouvelles charges dissolvent une partie de la manifestation peu après 17 h 30, mais le rassemblement se reconstitue. Un sitting est organisé face à un cordon de plusieurs centaines de CRS et de gendarmes mobiles.

Vers 18 h 30, le cordon avance et les policiers frappent à coup de pied les militants assis au sol. Le mouvement est accompagné de tirs de gaz lacrymogène, de flashball, de grenades assourdissantes. Une jeune manifestante non violente, blessée à la jambe par une grenade de désencerclement (tirée par des policiers encerclant les militants…), s’enfuit en hurlant et s’effondre au sol. « L’endroit où ils ont enlevé les arbres au Testet, c’est là où j’habitais quand j’étais petite », nous raconte-t-elle plus tard, après avoir repris ses esprits.
À ce moment, un nombre non négligeable de manifestants pacifiques se trouve encore sur place.
La dissolution définitive a lieu vers 19 h 30, en particulier après une charge d’un groupe d’une quinzaine de personnes, probablement d’extrême droite, sur des jeunes (tabassage, jets de pierre) qui venaient de renverser un conteneur à verre place de la petite Hollande.
La manifestation s’est soldée par l’arrestation de vingt-et-une personnes, dont cinq étaient toujours en garde à vue dimanche midi selon la presse locale. Nous avons par ailleurs pu constater un nombre de blessés supérieur au bilan de cinq à six personnes annoncé dans la presse. L’un d’eux a notamment été blessé au nez par un tir de flashball.
Malgré la présence d’une majorité de militants non violents, l’ensemble des personnes présentes à Nantes ce samedi ont été systématiquement qualifiées de « casseurs » dans la plupart des médias et par les partis politiques, du Parti socialiste jusqu’à l’extrême droite. Des casseurs n’ayant pas cassé grand-chose et dont il restera donc à préciser la définition. De son côté, Europe Ecologie Les Verts s’est contenté de condamner les violences, sans un mot sur la responsabilité de la police. Une prise de position qui aura une fois de plus abandonné de nombreux militants dans la rue sans aucun soutien politique.


Source et photos : Vladimir Slonska-Malvaud pour Reporterre.

http://www.reporterre.net/spip.php?article6522

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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Mar 4 Nov - 8:33

Derrière Sivens, une question de démocratie
http://www.liberation.fr/societe/2014/11/03/derriere-sivens-une-question-de-democratie_1135249?xtor=rss-450
La mort de Rémi Fraisse marque un tournant dans le mouvement écologiste mais souligne surtout le fossé de plus en plus béant entre une démocratie de façade et la démocratie réelle.

La mort violente du botaniste Rémi Fraisse, lors de la manifestation contre la construction du barrage de Sivens, marque un tournant dans le mouvement écologiste. Celui-ci semble d’ailleurs s’éloigner chaque jour davantage des institutions de la politique écologique, d’EELV au projet ministériel d’une transition énergétique de surface. L’écologisme contemporain s’en prend directement aux projets d’un Etat qui, droite et gauche libérale confondues, ne reconnaît même pas à la fameuse «société civile» le droit de manifester son opinion quant aux projets d’aménagement du territoire. En opposant les mouvements violents et non-violents, en condamnant, souvent arbitrairement, les «désobéissants», en multipliant des déclarations musclées et inefficaces, le gouvernement tente de déplacer l’attention du public sur les fractures sociales.

En l’occurrence, ce n’est pas de cela dont il s’agit, mais plutôt du fossé de plus en plus béant entre une démocratie de façade et la démocratie réelle que les opposants aux GP2I (1) semblent appeler de leurs vœux. Si la loi du 13 juillet 1983 relative à la démocratisation des enquêtes publiques et à la protection de l’environnement ne confère à l’Etat qu’une obligation d’information du public quant aux projets d’aménagement d’envergure, et à l’enquête une valeur consultative. D’autres mesures juridiques, plus récentes, parmi lesquelles la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbains) du 13 décembre 2000 visant entre autre à renforcer les mesures de «démocratie participative» ou la réforme du Grenelle II, datant du 12 juillet 2012 et relative à «l’engagement national pour l’environnement», se sont succédées dans cette direction.


Il semblerait pourtant qu’un nombre toujours croissant de personnes ne se reconnaisse pas dans ces définitions de la démocratie ou de la participation. Au-delà du cadre des mouvements contre les GP2I, l’actualité récente des mobilisations – mouvement du 15 mai espagnol, parc Gezi à Istanbul, Occupy Wall Streat – montre que, en France comme ailleurs, les modalités de participation mise à disposition de la population sont au mieux obsolètes, au pire une mascarade et que seule une réforme en profondeur du droit à l’engagement permettra réellement de parler de démocratie.

(1) GP2I est le sigle utilisé par les opposants aux Grands Projets Inutiles et Imposés.
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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Mar 4 Nov - 13:51


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Message  ivo le Mer 5 Nov - 8:53

Minute de silence des écologistes à l’Assemblée pour Rémi Fraisse
Refusée par le président de l’Assemblée, la minute d’hommage a été observée par les députés verts tandis que Claude Bartolone pressait Cécile Duflot de poser sa question.

L’ancienne ministre Cécile Duflot a commencé une question au gouvernement sur cette mort, avant d’annoncer qu’elle et ses collègues allaient observer une minute de silence. Le président de l’Assemblée nationale, Claude Bartolone a alors rappelé que les minutes de silence à l’Assemblée étaient observées pour les décès «dans nos forces armées ou nos otages».

«Chacun a compris votre émotion, mais maintenant il faut poser votre question», a-t-il lancé à Cécile Duflot, qui a obstinément gardé le silence pendant une minute, debout ainsi que les autres députés écologistes. Elle a repris la parole au moment où Claude Bartolone allait la lui retirer.
>>>
http://www.liberation.fr/politiques/2014/11/04/minute-de-silence-du-groupe-ecolo-a-l-assemblee-pour-remi-fraisse_1136028?xtor=rss-450

ben oui.
un gamin déchiqueté à la grenade par les charognes on s'en fout......
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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Mer 5 Nov - 10:54

Il ne fait pas bon être jeune sous Hollande
http://www.lesinrocks.com/2014/11/04/actualite/deraison-detat-11533636/
Rémi Fraisse est le premier manifestant tué en France depuis Malik Oussekine, poursuivi rue Monsieur-le-Prince, à Paris, puis frappé à mort dans un hall d’immeuble par des membres du peloton des voltigeurs-motocyclistes, dissous peu après. Malik Oussekine n’avait même pas manifesté ce 6 décembre 1986, jour de mobilisation lycéenne et étudiante contre la loi Devaquet : il sortait d’un club de jazz. Il avait 22 ans, Rémi Fraisse 21. Il ne faisait pas bon être jeune et arabe sous Chirac-Pasqua-Pandraud ; il ne fait pas bon être jeune tout court sous Hollande-Valls-Cazeneuve.

Au célèbre et ignoble “Si j’avais un fils sous dialyse, je l’empêcherais de faire le con la nuit” du ministre de la Sécurité d’alors, Robert Pandraud, répondent aujourd’hui les brillantes conclusions du dénommé Thierry Carcenac, sénateur socialiste du Tarn, président du conseil général, donc promoteur du barrage de Sivens : “Mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête.” Ce monsieur est un élu de la République et c’est là sa façon de présenter ses condoléances à la famille de Rémi Fraisse. De son côté, après plusieurs jours d’un silence assourdissant, le toujours plus martial Manuel Valls a fini par s’exprimer devant l’Assemblée nationale : “Avant même qu’une enquête n’ait été conclue, je n’accepterai pas la mise en cause de l’action des policiers et des gendarmes qui ont compté de nombreux blessés dans leurs rangs.”


Une déclaration qui augure parfaitement de l’impartialité, de la transparence et de l’indépendance de l’enquête en question. Sans mettre en cause quiconque, comment expliquer qu’un manifestant aux mains nues ait été tué nuitamment par les gendarmes mobiles ? Comment expliquer qu’il ait eu le haut du dos arraché par une grenade offensive ? De quelle guerre s’agissait-il ? Après le traumatisme de Notre-Dame-des-Landes, puis le fiasco de l’écotaxe, l’exécutif est désormais si faible sur les questions environnementales que la présence de quelques dizaines de zadistes sur le site de Sivens a suffi à lui faire perdre complètement les pédales.

D’un côté, harcèlement policier et violence disproportionnée, déclenchés sans discernement pour nettoyer la zone humide du Testet de toute opposition qui empêcherait de bétonner en rond ; de l’autre, l’aveu contraint de la démesure, voire de l’absurdité, d’un ouvrage qui sera finalement qualifié de “périmé” par Ségolène Royal, ministre en charge du dossier, aux abonnés absents durant toute la crise.

L’Etat aura donc tué Rémi Fraisse avant de lui donner raison. Un Etat en bien piteux état, en vérité, arcbouté sur ses dernières prérogatives régaliennes, celles qu’il n’a pas encore abandonnées de lui-même aux flux libéraux de l’économie mondialisée : les grands projets déclarés d’utilité publique et le “monopole de l’usage légitime de la force physique”, la définition même de tout Etat moderne selon Max Weber. En France, en 2014, force est de constater que la Ve République ne parvient plus à imposer ses infrastructures colossales (aéroport, barrage…) à des citoyens de mieux en mieux informés, parfaitement capables de faire dissidence de la petite politique politicienne, en s’abstenant aux élections européennes, par exemple, pour mieux réinvestir le vaste champ du politique. Alors elle s’énerve, cette Ve République finissante, et manifeste son impuissance à faire entendre sa raison d’Etat en faisant plein usage d’une violence de plus en plus aveugle et illégitime.
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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Mer 5 Nov - 11:38

Qui est à l'origine du projet du barrage de Sivens ?
Cette initiative est pilotée de longue date par plusieurs acteurs locaux du Tarn et des départements voisins. Au cœur du projet, la Compagnie d'aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), une société d'économie mixte, pilotée par des élus locaux, souvent les mêmes, qui étaient chargés au sein du conseil général du Tarn de prendre la décision politique de construire ou non ce barrage.

>>>
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/11/05/qui-est-a-l-origine-du-projet-du-barrage-de-sivens_4518076_4355770.html

Le barrage de Sivens, un dossier entaché de conflits d’intérêts
Cette région – et plus généralement la vaste zone couverte par les bassins de l'Adour et de la Garonne –, n'échappe pas à la règle générale de l'entre-soi : ce sont les mêmes élus qui choisissent dans leurs collectivités locales de sacrifier tel cours d'eau ou au contraire d'alimenter tel autre, et qui votent ensuite les subventions nécessaires au sein de l'agence de l'eau.
A la tête des institutions qui comptent, on retrouve un cercle restreint de décideurs. Ainsi la CACG est-elle présidée par Francis Daguzan (divers gauche), vice-président du conseil général du Gers, où il est chargé des dossiers de l'eau. Il siège aux côtés des vice-présidents des autres conseils généraux concernés, des conseils régionaux, des dirigeants des chambres d'agriculture… Retraité agricole, Francis Daguzan est aussi vice-président du comité de bassin Adour-Garonne – l'instance politique de l'agence de l'eau dont il est en outre administrateur, entre autres mandats. La presse locale l'appelle « Monsieur eau ».
Autre exemple, André Cabot (PS) est à la fois vice-président du département du Tarn, veillant lui-aussi sur les dossiers hydriques, tout en siégeant comme vice-président de la commission de l'agence Adour-Garonne, qui a eu à examiner la demande de 50 % de subventions pour la retenue de Sivens. Il se trouve de fait dans une telle situation de porte-à-faux qu'il avait lui-même décidé de ne pas prendre part au vote à ce sujet.
On pourrait noter quelques casquettes supplémentaires de cet ancien technicien chef en agriculture qui représente également les communes au sein du collège ad hoc de l'agence de l'eau en tant que maire de Valderiès (800 habitants). Pour compléter la panoplie, il est l’un des administrateurs de la CACG. En retour, le directeur de cette SEM, Alain Ponce, siège parmi les usagers à l'agence de l'eau, « une particularité du droit français », reconnaît celui-ci.
Jusqu'à présent, peu de voix s'élevaient pour exprimer leur émoi face à cette consanguinité prononcée, ou alors on ne tendait pas assez l'oreille en leur direction pour les entendre.

« AUCUN APPEL D'OFFRES »
« La CACG s'est autodésignée, il n'y a eu aucun appel d'offres, accuse Alice Terrasse, avocate du Collectif antibarrage et de plusieurs associations environnementales. Nous dénonçons depuis deux ans ces conflits d'intérêts. La délégation d'utilité publique qui lui revient est un summum d'incompétences, d'imprécisions et de contournements de la loi. »
>>>
http://www.lemonde.fr/planete/article/2014/11/03/barrage-de-sivens-un-dossier-entache-de-conflits-d-interets_4517419_3244.html
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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Jeu 6 Nov - 11:10


Sivens: selon un témoin, les gendarmes ont relancé les affrontements
05 novembre 2014 |  Par Jade Lindgaard
Les gendarmes ont-ils relancé les affrontements qui ont entraîné la mort de Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre sur le site du projet de barrage de Sivens ? C’est ce qu’affirme un nouveau témoignage recueilli par Mediapart.





Cet article est en accès libre.
Les forces de l’ordre ont-elles relancé les affrontements qui ont entraîné la mort de Rémi Fraisse, dans la nuit du 25 au 26 octobre ? C’est ce qu’affirme un nouveau témoin à Mediapart. Zac, 18 ans, jeune travailleur (lire notre boîte noire), se trouvait sur le site de la zone humide du Testet le samedi soir, après une après-midi de manifestation contre le barrage de Sivens et de heurts quasi ininterrompus avec gendarmes et CRS. Son récit de la soirée et de la nuit du samedi au dimanche a les fragilités de tout témoignage mais il est en partie corroboré par d'autres éléments et d'autres manifestants. Zac se dit prêt à témoigner de ce qu’il a vu ce soir-là devant les enquêteurs et la justice.
Vers 21 heures, « je suis sur le front », nous raconte-t-il mardi 4 novembre, « on allumait des feux pour faire une ligne de pression et on avançait vers les flics ». Selon lui, « il n’y avait pas d’attaque de notre côté, pas d’envoi de pétards, peut-être deux ou trois cailloux, mais ce n’était pas une attaque ». Au bout d’un moment, les gendarmes menacent de faire usage de gaz lacrymogène.
« Et là, ça s’est échauffé d’un coup : ils ont balancé une dizaine de grenades lacrymogènes et assourdissantes. Ça a volé de partout, et ça ne s’est plus arrêté jusqu’à 4 heures du matin. » Selon une source proche de l’enquête interrogée par Mediapart, quelque 400 grenades au total ont été utilisées dans la nuit du 25 octobre. Les opposants ripostent en envoyant des pierres et des « bâtons enflammés » selon Zac, mais pas de cocktails Molotov, ni d’acide.


Vers 1 h 30 du matin, Zac dit se trouver « tout près des gendarmes », à environ dix mètres, estime-t-il. Ceux-ci sont regroupés sur un terre-plein, entouré par un grillage, à l’extrémité de la zone déboisée, devant les restes d’un générateur et d’un Algeco incendiés le vendredi soir. Ils sont séparés des manifestants par de profondes douves creusées dans la terre, encore visibles une semaine plus tard. « Il y avait un énorme fossé, on ne pouvait pas les assaillir, a expliqué par ailleurs une jeune femme rencontrée sur place par Mediapart le 31 octobre. Ils n’étaient pas en danger. On ne pouvait pas les attaquer. »

De l’autre côté de ces douves, plusieurs dizaines de contestataires se déplacent de gauche à droite. Certains allument des feux sur les flancs boisés de la vallée, selon Christian, un jeune homme également présent cette nuit-là. Des gendarmes se cachent dans les arbres et envoient des tirs de flashball, selon le récit de cet autre témoin.   

Face aux gendarmes, Zac dit voir Rémi Fraisse, rencontré quelques heures plus tôt vers la métairie, une bâtisse de ferme occupée par les zadistes. Le jeune homme se trouve avec un ami, « sans cagoule, sans rien dans les mains », selon Zac. « Des lacrymos et des assourdissantes sont lancées. J’entends des explosions. Dans le nuage de gaz, je vois Rémi tomber devant moi. Un copain essaie de le tirer par les jambes. Ce copain se fait tirer dans le dos par un LBD (« lanceur de balles de défense », une arme permettant l'envoi de balles en caoutchouc - ndlr). On essaie de tirer le copain. Et là, on voit des policiers, des CRS, récupérer Rémi et le tirer par les bras sur cent mètres. Sa tête rebondit sur le sol. Ça se calme. Toutes les lumières s’éteignent. On ne voit plus rien. »

Zac n’a pas vu de grenade tomber sur la victime et explique ne pas savoir faire la différence entre grenades assourdissantes et offensives : « Je n’en ai pas vu beaucoup. » En revanche, il se souvient que quand Rémi était au sol, « les CRS lui ont foutu deux, trois coups de tonfa (matraque équipée d’une poignée - ndlr) avant de le tirer ».

Puis, selon la chronologie décrite par Zac, les gendarmes rallument alors les projecteurs posés sur les toits de leurs deux camions garés devant eux. « Et là, ils recanardent jusqu’à environ 4 h 30. J’ai attendu qu’ils partent. »
Autel en hommage à Rémi Fraisse, sur la Zad (JL).
Cette version des faits diffère sensiblement du premier récit fait par le procureur d’Albi, Claude Dérens, dimanche soir : « Les gendarmes ont repéré un corps gisant au sol, ils ont fait une sortie pour rapatrier la personne et la soigner. » Elle diffère aussi du scénario avancé par la préfecture, et révélé par RTL le 30 octobre, selon laquelle les gendarmes auraient « porté secours au jeune homme victime d’une plaie de dix à dix-huit centimètres entre les omoplates » avant de constater son décès. Selon la dernière version de la préfecture, les gendarmes mobiles auraient immédiatement porté secours à la victime après avoir tiré, « et ce sous les projectiles, afin d’emporter son corps et lui donner les premiers secours ».
Mais selon un autre témoignage recueilli par Arte Radio, « on était là. Ils nous chargeaient. Ils continuaient à charger pendant qu’ils ramassaient le mort. Ils ont fait venir les pompiers derrière notre dos et ils continuaient à nous charger quand même ».
Des témoignages décrivent une agressivité particulière des forces de l’ordre à l’encontre des manifestants voulant aider les blessés lors de la nuit du 25 au 26 octobre. « Il y avait des gens qui secouraient les blessés, ils se sont fait tirer dessus au flashball », décrit un zadiste rencontré par Mediapart. Une membre de la « legal team » de la zad raconte avoir vu des personnes qui portaient secours à un opposant mal en point après avoir reçu une grenade « se faire grenadifier et gazifier. C’est un des trucs les pires que j’aie vus. C’était révoltant »
Selon le témoignage d’Anna, la compagne de Rémi Fraisse, publié sur le site Reporterre : « Vers deux heures moins le quart, dans la nuit, des amis sont allés plus loin voir ce qui se passait. À leurs dires, ça avait l’air impressionnant, on entendait encore les explosions fortes. Rémi a voulu y aller. Le temps de faire le trajet, nous sommes arrivés sur les lieux des affrontements. Les flics tiraient en rafale. Le spectacle était très violent, l’ambiance très particulière, nous n’avions jamais vécu ça. » Puis « je l’ai vu partir d’un coup en criant "Allez, faut y aller !" Il a commencé à courir devant. Il n’avait rien pour se protéger, il n’a pas mesuré ce qui l’attendait. Les flics ont tiré en rafale, je me suis écartée pour me mettre à l’abri. Quand je me suis retournée, Rémi n’était plus là. »
Le déroulé précis de cette nuit dramatique reste à établir. Pour ajouter à la confusion, c’était une nuit de passage à l’heure d’hiver. Si bien que les souvenirs horaires des manifestants ne sont pas toujours clairs.


Le 2 novembre, sur TF1, le capitaine qui a donné l’ordre d’utiliser les grenades offensives s'est justifié par la violence des « assaillants ». Il a indiqué que son escadron de 72 gendarmes mobiles a été la cible de « fusées de détresse, de fusées très puissantes assourdissantes, de tirs de mortier artisanaux et de bombes incendiaires avec de l’acide et de l’aluminium ». Après le tir de « plus de 200 grenades lacrymogènes », « la pression est telle » selon Denis Favier que les gendarmes passent aux grenades offensives. C’est l’une d’entre elles qui tuera Rémi Fraisse, atteint dans le dos vers 2 heures du matin.
« Il faut savoir que lorsque le gradé lance sa grenade, il fait nuit, on bénéficie d’un éclairage sommaire et les assaillants sont très mobiles », a indiqué le capitaine de gendarmerie sur TF1. D’après plusieurs récits recueillis par Mediapart, ce soir-là, les gendarmes éteignaient et allumaient régulièrement leurs lumières (projecteurs, phares de camions, torches Maglite). Cette nuit-là, au moins cinq autres personnes ont été blessées parmi les zadistes, selon le décompte en cours de leur avocate. Il y aurait plusieurs blessés côté forces de l’ordre, sans qu'il soit possible d’obtenir des chiffres.
http://www.mediapart.fr/journal/france/051114/sivens-selon-un-temoin-les-gendarmes-ont-relance-les-affrontements

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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Ven 7 Nov - 11:23

Ce que disent les témoignages de gendarmes présents le soir de la mort de Rémi Fraisse
http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/11/06/01016-20141106ARTFIG00428-ce-que-disent-les-temoignages-de-gendarmes-presents-le-soir-la-mort-de-remi-fraisse.php
Mediapart a eu accès à plusieurs témoignages de gendarmes mobiles présents au moment où la grenade offensive qui a provoqué la mort de Rémi Fraisse a été lancée.

Les circonstances dans lesquelles Rémi Fraisse est mort restent à éclaircir. Cet étudiant a été tué par l'explosion d'une grenade offensive lancée par des gendarmes le 26 octobre dernier sur le site du barrage de Sivens lors d'affrontements avec des militants écologistes. Des témoignages de gendarmes présents sur place recueillis dès le lendemain apportent quelques précisions. Ils ont établi que le chef J. a lancé sa grenade en l'air, au lieu de la jeter à terre conformément au règlement, avancent à la fois Mediapart qui a eu accès à ces éléments d'enquête et l'avocat de la famille de la victime. Le projectile «a été dirigé directement contre un petit groupes de quatre à cinq jeunes (dont Rémi Fraisse), qui leur lançait des pierres et des mottes de terre, car ils étaient à court de fussées éclairants et de cocktails Molotov». Immédiatement après l'explosion, plusieurs gendarmes équipés de vision nocturne reconnaîtront avoir vu tomber le jeune militant et compris ce qui venait de se passer, écrit Mediapart citant des sources proches du dossier.

Sur le procès verbal, le gradé auteur du lancé a expliqué son geste par «l'intensité des incidents de cette nuit-là», précisant que c'était un «choix personnel». Le supérieur de son escadron de gendarmes mobiles (EGM) 28/2, venu de Gironde, aurait pourtant assumé avoir donné cet ordre lui-même, détaille le pure player. Contactée par Le Figaro, la gendarmerie n'a pas souhaité commenter ces éléments tirés d'une enquête en cours.

40 grenades offensives tirées ce soir-là

L'autopsie, réalisée deux heures à peine après le décès de Rémi Fraisse, conclura sans équivoque à une mort provoquée par une explosion. Les deux médecins légistes estiment que «Le décès de Monsieur Fraisse Rémi est compatible avec une lésion par blast secondaire (NDLR: consécutif) à une explosion en regard de la région thoracique postérieure haute», écrit Mediapart. Pourtant, le gouvernement a gardé le silence pendant 48 heures, avant que François Hollande, puis le premier ministre Manuel Valls n'évoque le décès et assurent les forces de l'ordre de leur soutien. Conformément à la procédure, les ministères de l'Intérieur et de la Justice ont été, assure Mediapart, immédiatement été mis au courant par le préfet du Tarn, qui avait été lui-même informé par le commandant d'escadron juste après la récupération du corps de Rémi Fraisse.
Ce soir-là, 40 grenades de type OF(grenades offensives) ont été lancées par les militaires, sur un total de plusieurs centaines d'engins divers utilisés. Après les premières conclusions de l'enquête, le ministre de l'Intérieur Bernard Cazeneuve a décidé de suspendre leur utilisation par les gendarmes et la police.
177 commentaires dans le style:
L'ultra gauche , violente et réactionnaire , déclenche une intifada à la française .
une émeute cela se réprime, point barre.
Bravo et merci aux gendarmes qui ont été et sont courageux !
Pourquoi ne révèle t’ont pas, le taux d'alcool est de drogue dans le sang
etc ...
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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Ven 7 Nov - 13:17

comment : l'extreme droite s'en donne coeur joie pour instiller sa haine a longueur de commentaire sur cette affaire .....

sinon l'article de mediapart en pdf : (la source c'est mieux ) https://tantquilyauradesbouilles.files.wordpress.com/2014/11/article_468155.pdf

edit d'ailleurs interressant de prendre le figaro en plein delit de mensonge
, qui leur lançait des pierres et des mottes de terre, car ils étaient à court de fussées éclairants et de cocktails Molotov»


par contre chez mediapart il est dit
Les gendarmes n’étaient pourtant pas en danger.
Protégés, suréquipés, ils étaient en outre séparés des
jeunes manifestants par un grillage et un fossé (lire nos
articles ici et là). Autant dire qu’avec leurs casques,
boucliers, armure et protections diverses, ils auraient
pu tenir leur position sans dommage pendant des
heures. Selon plusieurs témoignages, les manifestants
étaient d’ailleurs à court de fusées éclairantes et de
cocktails Molotov.
sa change un peu le sens de la phrases non ?

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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Sam 8 Nov - 9:24



Sivens : “La gendarmerie locale avait carte blanche depuis un mois”
http://www.lesinrocks.com/2014/11/07/actualite/sivens-gendarmerie-locale-avait-carte-blanche-depuis-mois-11534264/
Rédacteur en chef de Reporterre.net, Hervé Kempf analyse la montée de la violence policière, l’exploitation médiatique de l’image du casseur et les tensions entre le pouvoir et les mouvements écologistes.

Depuis le 1er septembre, une vingtaine de plaintes liées à des violences supposées des gendarmes ont été déposées par des opposants au barrage de Sivens, bien avant la mort de Rémi Fraisse le 26 octobre. Ces violences policières sont-elles plus dures qu’avant ?

Depuis une dizaine d’années il y a une montée en violence de la police en général. A Nantes, le 22 février, trois personnes ont perdu leur oeil, il y a de plus en plus de tirs tendus, de policiers en civil qui mettent leurs brassards au dernier moment, et qui sont armés. En comparaison, la violence des opposants est faible. Il me semble que les règles qui encadrent les opérations de maintien de l’ordre, et qui visent à limiter au maximum les dommages causés aux civils, se sont relâchées, comme s’il y avait eu un changement de doctrine policière au niveau de l’Etat.


Au Testet depuis un mois, la gendarmerie locale avait carte blanche, elle savait qu’elle était couverte par sa hiérarchie quoi qu’il arrive. La mort dramatique de Rémi Fraisse permet de tourner le projecteur sur ce phénomène et de le documenter.

Les médias de masse et les représentants du gouvernement mettent beaucoup l’accent sur la violence des opposants. Comment expliquez-vous que l’image du “casseur” soit aussi forte ?

Mis sous pression par des résistances de plus en plus fortes, le pouvoir oligarchique, qui réunit les pouvoirs politique, économique et médiatique évolue vers un autoritarisme de plus en plus grand. Pour justifier le recours à la violence, il profite du contrôle global qu’il exerce sur les médias. A partir du moment où il contrôle les images de la violence, il s’en sert pour faire accepter à la majorité de nos concitoyens qui s’informent en regardant la télévision le choix d’une politique de plus en plus sécuritaire, autoritaire, et de moins en moins démocratique.

C’est une illustration de la “stratégie du choc” décrite par Naomi Klein. Quand Xavier Beulin, le président de la FNSEA, et PDG de Sofiproteol, traite de “djihadistes verts” les opposants au barrage de Sivens, il révèle l’inconscient actuel du capitalisme, c’est-à-dire que celui-ci est en guerre contre la société. C’est pourquoi il projette des images d’ennemis, pour justifier la destruction, notamment écologique, qu’il met en oeuvre. Il s’agit pourtant d’une inversion, car au Testet qui a cassé, qui a tué ? L’Etat et le conseil général du Tarn.

Comment qualifiez-vous les opposants qui font usage de la violence ?

Il y a des situations, comme à Nantes le 22 février ou au Testet les 25 et 26 octobre, où des gens viennent se confronter aux policiers. Qui sont-ils ? Il y a d’abord une partie de la population errante qui ne trouve plus de moyens d’expression, et pour qui la violence est un moyen d’exprimer l’inconfort de leur situation sociale. Il y a également des insurrectionnistes, qui ont une vision politique dans la lignée du Comité invisible, selon laquelle il est pertinent de susciter une violence à l’égard de l’Etat pour enclencher des mouvements insurrectionnels qui permettront le renversement du capitalisme. Il peut aussi y avoir des gens d’extrême droite qui participent aux affrontements, eux aussi dans une logique de renversement de l’ordre établi. Enfin il y a des provocateurs policiers infiltrés, qui ont pour objectif de mettre au service du pouvoir – qui a le contrôle des médias – l’image de la violence.

Pourquoi selon vous la violence policière s’exerce-t-elle en particulier sur des mouvements écologistes depuis quelques années ?

Les mouvements écologistes sont plus dangereux pour le pouvoir que les mouvements sociaux. La gauche a déserté le terrain de la critique radicale du système, les lambeaux de la classe ouvrière s’asphyxient lentement, et la majorité des luttes sociales sont défensives, à quelques exceptions près, comme la belle bataille qui a été menée par les ouvriers de Fralib. Dans ce contexte de baisse de la radicalité de la protestation et de la critique sociales, qui met vraiment en danger dans son idéologie le système capitaliste, croissanciste et inégalitaire ? L’écologie politique, dès lors que, pour une large partie du mouvement écologiste, l’articulation entre justice sociale et crise écologique est clairement établie. Par ailleurs les conflits environnementaux remettent en cause des intérêts financiers forts. De ce point de vue, les luttes écologiques sont très gênantes pour le système, d’autant plus qu’elles proposent des alternatives concrètes.
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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Sam 8 Nov - 12:37

Je ne te veux pas de mal. Il y a soixante-dix ans, il y avait ici un maquis. J’ai tardé avant de le rejoindre, je ne supportais plus de rester passive – car rester passif, c’est collaborer, c’est faire le jeu des autorités qui ont la force de leur côté. Finalement, je me suis lancée dans la Résistance, et je suis tombée ici – les arbres m’ont accueillie parmi eux.
http://lignesdeforce.wordpress.com/2014/11/07/un-barrage-contre-le-pacifisme-par-aurelien-berlan/

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Dim 9 Nov - 20:31


A Toulouse, sous les lacrymos de la manif contre « les violences policières »
Photographe : Jacob Chetrit / La France VUE D'ICI
Samedi 8 novembre à Toulouse, des centaines de personnes ont manifesté contre « les violences policières » et la mort de l'écologiste Rémi Fraisse dans la nuit du 25 au 26 octobre. La manifestation, interdite par la préfecture car annoncée « hors délai », s'est heurtée à un important dispositif de sécurité, en place dès la matinée pour empêcher les protestataires de se retrouver au centre-ville. 21 personnes ont été interpellées.

superbe photo et recit sur http://www.mediapart.fr/portfolios/toulouse-sous-les-lacrymos-de-la-manif-contre-les-violences-policieres

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Re: ZAD du Testet

Message  niouze le Lun 10 Nov - 0:44

Nous étions, mon mari et moi en train de faire nos achats à la Biocoop quand les premières lacrymogènes ont été lancées, vers 16h. Le magasin à fermer ses portes et le caissiers nous a fait sortir par la porte de derrière (rue des 7 troubadours). Arrivés sur le Boulevard Carnot, beaucoup de passants et "badauds" comme nous avons commencé à s'attrouper. Une centaine de personnes, peut être 150 au plus.

Constatant que les manifestants étaient bloqués (pris en sandwich) dans les allées Jean Jaurès et excessivement gazées, quelques personnes ont commencés à s'indigner et à lâcher de petites phrases de mécontentement : "votre métier c'est de protéger et d'assurer la sécurité, pas de réprimer les gens!" "vous êtes en train de les asphyxier" "c'est à Auswitch qu'on gazait les gens!" etc.

Mon mari est photographe de métier, il a toujours un peu de matériel dans son sac, alors nous avons décidé de rester pour filmer l'évènement.

Puis quelqu'un a crié "laissez-les sortir", et tout le monde a repris en coeur en tapant dans les mains. Une sorte de mini-manifestation spontanée était née! Au bout de 30 minutes environ de protestations pacifiques, 2 camions de CRS et un camion "canon à eau" sont arrivés dans notre dos.

Parmi les passants attroupés, il y avait aussi quelques manifestants qui n'avaient pas été coincé dans les allées, car ils se sont mis devant le camion pacifiquement. 5 CRS sont sortis, matraque et bonbonne lacrymogène à la main. Ils n'ont pas eu à s'en servir, car personne n'a géné leur action (qui été, je suppose, de conduire le canon à eau sur les allées). Cependant, aucun policier/gendarme/CRS n'a expliqué ou demandé à la foule de s'écarter pour laisser passer les camions derrière nous (camions qui étaient à l'arrêt), ils nous l'ont fait "comprendre" en fonçant/forçant avec un camion dans la foule.... (c'est ce qu'on voit dans la vidéo)

Les gens ont alors protesté verbalement, ont hué l'action de la police, mais sont restés pacifique tout en continuant à scander "laissez-les sortir" ou "la police avec nous". (Le "tout le monde déteste la police" est scandé par les manifestants en face).

Après ça, la foule s'est écarté pour laisser passer le canon à eau, sous des applaudissements plutôt "indignés" qu'"encourageants". Nous sommes repartis vers 17h et avons traversé le centre-ville (direction Esquirol/Carmes/Palais de Justice), où tout était calme. Nous n'avons pas vu de policiers. Je suppose que quand des groupes minoritaires de casseurs ont atteints le centre-ville plus tard, les forces de l'ordre n'etaient pas en place pour les arrêter avant qu'ils ne cassent.... ils leur ont donc "courru après" ... c'est regrettable.
http://www.youtube.com/watch?v=_FqYgD2wstg

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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Lun 10 Nov - 10:03

Sivens, la double révolution
http://www.liberation.fr/terre/2014/11/03/sivens-la-double-revolution_1135307
On peut emmerder le monde, en France, mais avec des tracteurs. Couvrir la cité administrative d’Albi de lisier et de fumier. Et, à Morlaix, allumer le feu aux impôts et à la Mutualité sociale agricole. Les autorités avaient excusé ces débordements. Mais pas ceux des «jihadistes verts» de Sivens, pour reprendre le doux mot de Xavier Beulin, accessoirement président de la FNSEA et, surtout, président du groupe financier milliardaire Sofiprotéol. La comparaison vaut explication : il y a un «deux poids deux mesures» symptôme d’une société à l’agonie.
Sivens, c’est la révélation de l’abyssal déni par les élus de la nature profonde de leur fonction. La glaçante déclaration du président du conseil général du Tarn - «mourir pour des idées, c’est une chose, mais c’est quand même relativement stupide et bête» - en constitue l’éclatante démonstration. Certes, le seul fait qu’un notable professionnel puisse insulter en direct tous les combattants de la République, sans lesquels ce hiérarque n’aurait jamais été fait roitelet du Tarn, n’aurait pas dû surprendre. Car chez ces élus-là, presque tous vieux, mâles, socialistes, CSP + et multirécidivistes des mandats électifs fruits de tractations entre partis, seule la contestation de leur légitimité parvient encore à susciter une réponse nerveuse.



Quand on tance un mort à la façon de M. Carcenac, comme un oncle déplore, le dimanche midi en découpant le rôti, la chevelure trop longue du neveu qui n’a pas réussi son droit, en vérité on ne dit rien. On ne fait qu’avouer sa peur. Certes, le projet de Sivens a été approuvé et voté par les voies légales. Mais le vote, messieurs, n’a rien d’une onction. L’écharpe tricolore n’est pas le saint chrême, pas plus que la circonscription n’est un fief. Un vote n’offre que la légalité. La légitimité, c’est autre chose. Il s’agit de la mériter, par la justesse et l’équité de l’exercice du mandat. La légalité passe, la légitimité demeure : elles ne sauraient être synonymes.

C’est bien cela que reprochent les «anti» à ce genre de projet qui, ici et ailleurs, est décidé en vase clos, entre amis du même monde d’élus
professionnels. Avant Sivens, le Tarn avait déjà eu le barrage surdimensionné de Fourogue. Un même organisme chargé de la «maîtrise d’ouvrage déléguée» et de la concession d’aménagement, la Compagnie d’aménagement des coteaux de Gascogne (CACG), était déjà responsable de la construction, de l’exploitation et de l’étude d’impact ! Pas de mise en concurrence, on reste entre soi. On rejette les objections et on se dépêche de faire les travaux avant que la justice ne constate l’illégalité de la procédure. Un grand classique. Malheureusement, cela n’a pas fonctionné à Sivens : fort du fait déjà accompli de Fourogue, des citoyens ont contesté, légalement. Les élus leur ont répondu «légalité». Ils en ont perdu leur légitimité : ce barrage, pas plus que celui de Fourogue, n’est légitime.

L’autre grande révélation de Sivens est précisément là. Pour justifier que in fine, une vingtaine de céréaliculteurs - déjà largement bénéficiaires des aides publiques, les promoteurs de ce projet ont évoqué le «changement climatique». Certes, l’eau sera de moins en moins disponible en été alors que les besoins augmentent. En particulier ceux du maïs, qui ne boit pas plus que le blé, mais n’a soif qu’en juillet-août. Donc, la solution pour venir en aide aux maïsiculteurs nécessiteux - et, vernis social, afin que l’on ait encore à boire et de quoi se baigner - serait de creuser une grande retenue d’eau. Face à une question difficile, en France, l’élu convoque l’ingénieur qui pense toujours gros. Une multitude de petites retenues collinaires ? Non ! Il faut être plus ambitieux, bâtisseur, il faut donc un bon gros barrage. L’agronome, l’agriculteur pas trop perfusé par la PAC, le pédologue et, depuis peu l’Inra auraient pu suggérer une idée à ces élus soi-disant terriens, faussement ruraux : quid du sol !

Cet impensé français est pourtant la clé. La France est un pays dont la richesse vient de son agriculture et de ses paysages - forgés par l’agriculture - mais qui méprise tout autant ses agriculteurs (sauf ceux qui cassent) que sa terre. Or, un sol bien travaillé, bien couvert, pas trop gavé, est un sol qui absorbe beaucoup d’eau et la conserve longtemps. C’est un sol qui fabrique lui-même sa fertilité, ne tombe pas sur la route à la première pluie. Un sol pas ou délicatement labouré - pas trop profond. Un sol couvert de plantes en permanence, pour que l’eau s’évapore le moins possible, et qu’il ne reste pas, tout nu, en hiver, face aux intempéries. Un sol sans engrais, de manière à ce que les plantes puissent continuer leur fascinant dialogue avec les champignons, dont la présence multipliepar dix la surface d’absorption de l’eau par les racines. Mais le sol, tout le monde s’en moque. Il n’est que le réservoir de l’étalement urbain, nourri chaque année par la pathologie française de la propriété, l’absence de régulation et de planification foncière, doublée de ce pouvoir aristocratique de dire l’usage du sol conféré au maire par le permis de construire. Un terrain de foot perdu toutes les cinq minutes. Elus du Tarn, vous souhaitez économiser l’eau ? Alors soutenez les agriculteurs qui, tout conventionnels qu’ils sont, ont décidé de faire autrement par mesure d’économie, ont redécouvert que le sol n’est pas qu’un support de culture. Sans perdre de rendement en été. En augmentant leur niveau de vie.

Ainsi, le barrage de Sivens n’est-il que l’enfant ultime d’une féodalité élective et productiviste qui ne représente qu’elle-même. Il sera le dernier. Car une double révolution, sympathique et calme, est en cours, agricole et politique. Celle de la légitimité. Qu’a-t-on le droit de faire, en définitive ? Ce qui est juste pour demain.
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Re: ZAD du Testet

Message  ivo le Mar 11 Nov - 8:01

[soutien11novembre.org] Le plateau de Millevaches appelle à bloquer les gendarmeries
http://www.dailymotion.com/video/x29seuw_le-plateau-de-millevaches-appelle-a-bloquer-les-gendarmeries_news
Bonjour,

Nous relayons l'appel du plateau de Millevaches à bloquer les gendarmeries :
http://www.dailymotion.com/video/x29seuw_le-plateau-de-millevaches-appelle-a-bloquer-les-gendarmeries_news


En voici une transcription partielle :

====

extrait
[…]
Considérant que depuis des années maintenant, elles appliquent une doctrine de maintient de l'ordre consistant à blesser, éborgner, larder la chair des manifestants d'éclats de métal, et cela à dessein;

Considérant qu'un telle stratégie - "en blesser un pour en effrayer cent" - vise essentiellement à dissuader quiconque de manifester, à établir comme normal le fait que désobéir puisse se payer d'un oeil, d'un nez, d'une mâchoire, voire désormais d'une vie;

Considérant que la mort de Rémi Fraisse n'est en effet pas le fruit d'une bavure, mais la conséquence logique d'une telle stratégie;


[….]

Considérant que même après le meutre au Testet, les forces de l'ordre ont continué à utiliser des armes similaires à celle qui a causé la mort de Rémi, comme en témoignent les manifestants attaqués ou blessés par des grenades offensives ou des grenades de désencerclement ce samedi 1 novembre à Nantes et à Toulouse;

Considérant qu'il est plausible que de tels évènements puissent se reproduire;

Considérant que la stratégie de communication cyniquement mise en oeuvre par le gouvernement dans de telles occasions consiste d'une part à contrôler la circulation des informations afin de contenir l'émotion populaire, d'autre part à mettre en cause de "petits groupes organisés d'émeutiers" là même où c'est toute la population qui, par sa présence résolue, appuie l'émeute;

Considérant que ce n'est bien évidemment pas les émeutiers qui sont complétement isolé de la population, mais bel et bien le gouvernement et sa police,

Considérant que cette stratégie de communication est à la fois grossière et constante dans sa grossièreté, et qu'elle a assez duré;

Considérant que les forces de police n'ont de légitimité que celle de l'ordre politique qu'elles conspirent à maintenir;

Considérant en l'espèce que le présent ordre politique n'a lui-même plus un gramme de légitimité, et que par voie de conséquences les forces de police non plus;

Considérant qu'à peu près tout le monde déteste la police (y compris les policiers eux-mêmes);

Considérant que la gendarmerie est partout comme un corps étranger qu'il convient d'extirper de la population;

Considérant enfin que ces gens sont armés et dangereux, et qu'ils sont finalement assimilables à une milice au service d'intérêts tout autres que ceux du peuple;

Considérant que l'humanité a vécu sans police pendant assez de siècles et en assez de lieux pour trouver en elle toutes les ressources d'une vie débarassée de pareille verrue;

Considérant que nous sommes bien assez grands pour trancher nos conflits et penser nos façons de vivre par nous mêmes;

Nous, assemblée populaire du plateau de Millevaches, appelons tous et chacun dans les jours qui viennent à se rendre en masse devant les commissariats, gendarmerie et casernes afin d'y bloquer par tous les moyens nécessaires - piquets, soudure, cadenas, murets, etc. - la sortie des uniformes globalement inutiles, malfaisants et régulièrement assassins qui les peuplent.


====

Faites tourner si le coeur vous en dit,

A bientôt !
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